Sougya : Rav, Shmouel et Rav Assi se cèdent l'entrée d'une maison de chavoua ha-ben, ou de pidyon ha-ben. Pendant qu'ils hésitent, un chat coupe la main d'un enfant.
Rav enseigne quatre dinim : le tuer est permis, le garder est interdit, il n'y a ni gezel ni hachavat aveda. La Guemara départage le chat noir, qu'on élève, et le chat blanc, mouad à nuire ; la lignée tranche entre le fait de Rav et le doute de Ravina.
Suit une chaîne au nom des fils de Rav Papa : alarme le Chabbat pour le hikhoukh, porte qui reste fermée, rédaction d'un acte d'achat en Erets Israël par un goi, à cause du yichouv. Rabbi Yonatan impose quatre chemins à qui achète une ville.
Le daf ouvre les dix conditions de Yehochoua.
Shmouel n'entrait pas devant Rav Assi. Rav Assi n'entrait pas devant Rav.
Ils dirent : qui s'attardera ? Que Shmouel s'attarde, et que viennent Rav et Rav Assi.
Suite du récit de 80a. Ils sont devant une maison de chavoua ha-ben (la semaine du nouveau-né, la circoncision) ou de yechoua ha-ben (le rachat du fils aîné). Chacun refuse de passer devant plus grand que lui. Rav Assi est le maître aux yeux de Shmouel, Rav est le maître de Rav Assi.
Nitrah : s'attarder dehors et entrer le dernier, seul. Ils fixent cet ordre : Rav, puis Rav Assi, Shmouel restant dehors.
Et que Rav s'attarde, ou Rav Assi ! Rav : c'était une simple parole qu'il faisait pour Shmouel.
À cause de cet acte où il l'avait maudit, Rav s'était chargé de lui.
L'objection : pourquoi Shmouel, plutôt que Rav ou Rav Assi, reste dehors ? La réponse vise Rav. Le pas qu'il cède à Shmouel est une milta be-alma, une marque d'égard, à cause de la malédiction de Chabbat 108a. Shmouel reste le plus petit des trois. Adbereh : Rav a pris sur lui de l'honorer.
Pendant ce temps, un chat vint et coupa la main de l'enfant. Rav sortit et enseigna : un chat, il est permis de le tuer, il est interdit de le garder, il n'y a pas en lui d'interdit de vol, et il n'y a pas en lui d'obligation de rendre un objet perdu à ses propriétaires.
Chounra : le chat, en araméen. Quatre dinim. Moutar le-horgo : permis de le tuer, même s'il a un propriétaire. Assour le-kayemo : interdit de le maintenir. Ein bo michoum gazel : le prendre n'est pas un vol. Hachav aveda : un chat perdu ne se rend pas.
Tossefot : Rav rappelle un takana déjà fixé. La baraita plus loin l'aurait moins mise en cause s'il venait de l'inventer sur le fait. Le lion et ses pareils, à Sanhédrin, ne se tuent de plein droit que s'ils ont déjà tué, et on les élève enchaînés. Le chat, on ne sait pas le classer à vue : noir ou fils de blanc.
Et puisque tu as dit " il est permis de le tuer ", que vient encore " il est interdit de le garder " ? On aurait pu dire : il est permis de le tuer, et l'interdit est absent.
Il nous l'apprend.
La hava amina : si on peut le tuer, le garder irait de soi, ou bien la permission de tuer laisserait le gardiennage sans interdit. Ka machma lan : Rav enseigne un interdit distinct, celui de le maintenir chez soi.
Ils dirent : et puisque tu as dit " il n'y a pas en lui d'interdit de vol ", que vient encore " il n'y a pas en lui d'obligation de rendre un objet perdu à ses propriétaires " ? Ravina dit : pour sa peau.
Prendre le chat vivant tombe déjà sous ein bo michoum gazel. La clause sur l'objet perdu aurait l'air en trop. Ravina : elle vise le-oro, la peau. Un chat trouvé mort, on ne rend pas la dépouille. Tossefot note l'ordre du texte : la permission de tuer est dite en tête, les clauses suivantes s'y rattachent.
On objecte. Rabbi Chimon ben Elazar dit : on élève des chiens de village, des chats, des singes et des houldot senaïm, parce qu'ils sont faits pour nettoyer la maison !
Il n'y a pas de difficulté : l'un pour le noir, l'autre pour le blanc.
La baraita permet d'élever des klabim koufrin (chiens de village), des chats, des kofim (singes) et des houldot senaïm (genettes, déjà expliquées en 80a), parce qu'ils débarrassent la maison des nuisibles. Elle heurte l'interdit de garder un chat. Réponse : oukhma, le noir, est celui de la baraita. Hivra, le blanc, est celui de Rav.
Mais le fait de Rav, c'était un noir ! La-bas, c'était un noir fils d'un blanc.
Et Ravina a bien posé cela comme un doute !
Le chat du récit était noir, et il a coupé une main. Le partage noir / blanc ne suffit plus. Réponse : oukhma bar hivra, un noir né d'un blanc. La lignée blanche le rend dangereux. Nouvelle objection : Ravina laisse cette lignée en question, plus bas. Un doute ouvert ne peut pas servir de réponse tranchée.
Car Ravina a demandé : un noir fils d'un blanc, qu'en est-il ? Quand Ravina pose la question, c'est sur un noir fils d'un blanc fils d'un noir.
Le fait de Rav était un noir fils d'un blanc fils d'un blanc.
Deux lignées sur trois générations. Le doute de Ravina : noir, dont le parent est blanc, dont le parent est noir. Le chat de Rav : noir, dont le parent est blanc, dont le parent est blanc. Deux blancs de suite fixent le danger. Un noir dans la génération d'avant laisse la question ouverte.
(Het, bet, dalet ; bet, yod, het ; bet, het, noun : signe.) Rabbi Aha bar Papa a dit au nom de Rabbi Abba bar Papa, au nom de Rabbi Adda bar Papa. Et d'autres disent : Rabbi Abba bar Papa a dit au nom de Rabbi Hiya bar Papa, au nom de Rabbi Aha bar Papa.
Et d'autres disent : Rabbi Abba bar Papa a dit au nom de Rabbi Aha bar Papa, au nom de Rabbi Hanina bar Papa.
Le siman retient la lettre qui distingue chaque nom, sur trois chaînes de transmission. Het-bet-dalet : Aha, Abba, Adda. Bet-yod-het : Abba, Hiya, Aha. Bet-het-noun : Abba, Aha, Hanina. Les trois phrases elles-mêmes viennent au segment suivant.
On sonne l'alarme pour le hikhoukh le Chabbat ; une porte qui est fermée ne s'ouvre pas vite ; et celui qui achète une maison en terre d'Israël, on rédige pour lui l'acte même le Chabbat.
Trois sentences. Matri'in : l'alarme publique, chofar et trompettes dans Taanit. Ici, Tossefot la ramène à la bouche, à Anenou, parce que le chofar du Chabbat est écarté. Hikhoukh : éruption qui démange, le laaz de Rachi est proutir. La porte fermée : l'échec qui dure. Rachi en tire de multiplier les rahamim. L'one : l'acte de vente d'une maison achetée à un non-Juif, en Erets Israël.
La seconde glose de Tossefot porte sur le hagav de la baraita suivante. Elle hésite sur la leçon " govai ". Le govai des champs, dans Taanit, se distingue d'un govai qui atteint les hommes. Le texte de la glose écrit chatoul à côté de l'arbeh.
On objecte : et les autres fléaux qui fondent et viennent sur le public, comme le hikhoukh, le hagav, la mouche, le frelon et le moustique, et l'envoi de serpents et de scorpions : on ne sonnait pas l'alarme, on criait !
La baraita liste des fléaux autres que la sécheresse : hikhoukh, hagav (sauterelle), mouche, tsir'a (frelon), moustique, serpents et scorpions envoyés. Pour eux, pas d'hatra'a, seulement une tsé'aka, un cri. Rachi fixe l'alarme absente au Chabbat, et le cri au particulier, hors du rite public. Cela heurte la sentence : on alarme pour le hikhoukh le Chabbat.
Il n'y a pas de difficulté : ici, c'est humide ; là, c'est sec. Car Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : le chihin que le Saint, béni soit-Il, a amené sur les Égyptiens était humide au-dehors et sec au-dedans, ainsi qu'il est dit : " Et ce fut un chihin, pustule qui éclôt, sur l'homme et sur la bête.
"
Lah : le chihin humide, moins grave, est celui de la baraita, où l'on crie. Yavech : le sec, plus dur selon Rachi, est celui pour lequel on alarme, même le Chabbat. Le verset de Chemot 9, 10 montre les deux plans sur le chihin d'Égypte : l'éclatement extérieur est humide, l'intérieur est sec.
" Et une porte qui est fermée ne s'ouvre pas vite " : qu'est-ce ? Mar Zoutra dit : la semikha.
Rav Achi dit : quiconque on maltraite, on ne lui fait pas du bien vite. Rav Aha de Difti dit : on ne lui fait jamais du bien.
Et il n'en est pas ainsi : Rav Aha de Difti disait une parole à lui.
Trois lectures de la porte fermée. Semikha : l'ordination. Si elle se refuse, elle ne se rouvre pas vite. Rachi, plus haut, en tire de multiplier la prière. Rav Achi élargit : un mauvais traitement annonce que le bon traitement tarde. Rav Aha de Difti va jusqu'au jamais. La Guemara écarte cette formule comme milta de-naficheh : il parlait de son échec à siéger en tête, Bava Batra 12b. Tossefot relie les deux formules au même épisode : " pas vite " tant qu'il espérait le retour, " jamais " une fois le siège perdu.
Et celui qui achète une maison en terre d'Israël : on rédige pour lui l'acte même le Chabbat. Le Chabbat, cela te viendrait à l'esprit ?!
Salika daatakh : écrire le Chabbat est une melakha. La phrase " même le Chabbat " ne peut pas viser la main d'un Juif. La suite donne le procédé.
Plutôt, comme Rava l'a dit là-bas : on dit à un goi, et il agit. Ici de même : on dit à un goi, et il agit.
Et bien que dire à un goi soit un chevout, à cause du peuplement de la terre d'Israël les Sages n'ont pas décrété là-dessus.
Le Juif ne tient pas le calame. Il dit au goi de rédiger l'one. Amira le-goi est un chevout, un interdit des Sages. Pour le yichouv Erets Israël, les Sages n'ont pas étendu ce décret.
Tossefot resserre la permission à cette mitsva. Une autre mitsva, y compris la mila dans un interdit de la Torah, reste sous la règle d'Erouvin 68a : l'eau chaude de l'enfant ne se chauffe par un nokhri qu'à l'occasion de la mère. Les Halakhot Guedolot permettent davantage pour la mila, jusqu'à un interdit de la Torah par un nokhri. Le kal va-homer vers l'enterrement du mort et vers le second jour de Roch Hachana est ensuite démonté : l'enterrement le Chabbat reste écarté parce que l'acte est dégradant, même fait par un nokhri.
Rabbi Chmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yonatan : celui qui achète une ville en terre d'Israël, on le contraint à lui acheter un chemin de ses quatre côtés, à cause du peuplement de la terre d'Israël.
Au-delà de la maison : qui achète une ir (une ville) doit acheter l'accès par les quatre vents. Le tribunal le kofin, le contraint. Le motif reste le yichouv Erets Israël : une ville sans chemins ne se peuple pas.
Les Sages ont enseigné : dix conditions Yehochoua a stipulées.
Ouverture de la baraita des assara tenaïm, les dix conditions que Yehochoua a posées au partage du pays. La liste commence sur l'amud suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).