Bava Kamma 81a - Les conditions de Yehochoua sur les biens du pays

Bava_Kamma 81a

Sougya : La baraita ouverte en 80b énumère les conditions que Yehochoua a posées au partage du pays. Cet amud donne la liste : pâturage dans les bois, ramassage du bois et des herbes, coupe des pousses, source neuve, pêche au lac de Tverya, soulagement derrière une clôture, sentiers à travers les champs, écart sur le bord du chemin, passage dans les vignes, et la place du met mitsva.

La Guemara commence à borner chaque droit. Rav Papa limite le pâturage selon la taille du bétail et du bois.

Le ramassage du bois ne vaut que pour certains épineux, attachés et encore verts, sans déraciner. Le fenugrec fait difficulté face à la mishna de Kilayim : Rav Yirmeya répond par l'usage de la plante, graine ou tige, puis par la destination, homme ou bête.

Rabbi Tanhum et Rabbi Berayes, au nom d'un ancien, fixent d'où l'on peut couper une pousse.

Conditions de Yehochoua sur cet amud Suite de la baraita ouverte en 80b. La Guemara en précise plusieurs des ici. 1. Paître dans les bois Rav Papa : menu bétail, grand bois seulement 2. Ramasser du bois Hizmei et higi, attachés, humides, sans racine 3. Herbes, partout Sauf le champ de fenugrec (tiltan) 4. Couper une pousse Sauf les grofiot d'olivier. Mesures de l'ancien 5. Source qui sort neuve Les gens de la ville s'y approvisionnent 6. Hameçon au lac de Tverya Sans tendre un kela qui arrête le bateau 7. Derrière la clôture Même un champ plein de karkom (safran) 8. Sentiers de rechout Jusqu'à la seconde revia, 17 Marheshvan 9. Bord du chemin À cause des yetidot, en toute saison 10. Égaré dans les vignes Mafsig : il fraie en montant et en descendant 11. Met mitsva Le mort acquiert l'endroit où il est tombé. Le maître du champ ne s'y oppose pas.
Les stipulations de Yehochoua lues sur cet amud, avec la borne déjà posée par la Guemara.
Ramasser du bois : quatre bornes Chaque lo amaran ela resserre le droit. Le reste est exclu. Hizmei et higi seulement Épines et broussailles Autre bois : exclu Encore attachés au sol Mehubarim Détachés : exclu Le maître y a déjà peiné Encore humides Lahim, non secs Secs : exclu Réservés pour le feu Sans arracher la racine Bilvad she-lo yesharesh Déraciner : exclu Les quatre conditions se cumulent. Une seule manquante, le ramassage tombe.
Bois permis : hizmei et higi, attachés, humides, sans déraciner. Chaque défaut exclut.
Fenugrec : herbes utiles ou nuisibles ? La baraita et la mishna Kilayim parlent de deux usages. Yehochoua On ne ramasse pas dans le champ de tiltan Lecture : les herbes lui profitent Mishna Kilayim Tiltan pousse avec des herbes : on n'oblige pas à arracher Rachi : les herbes lui nuisent Rav Yirmeya : graine ou tige Graine : les herbes affaiblissent Zirin : la plante grimpe dessus Mirkabba, comme une treille Autre réponse : homme ou bête Pour la bête, les herbes servent aussi Signe de Rav Papa : les rangées Mesharei = homme. Sans rangées = bête Où couper la pousse Olivier : laisser la hauteur d'un œuf près du tronc Roseaux et vignes : depuis le nœud (pekek) vers le haut Autres arbres : partie épaisse, rameau neuf, endroit sans soleil
Tiltan : profit selon Yehochoua, nuisance selon Kilayim. Graine ou tige, homme ou bête. Puis les mesures de la coupe.
1
שֶׁיְּהוּ מַרְעִין בָּחֳורָשִׁין; וּמְלַקְּטִין עֵצִים בִּשְׂדוֹתֵיהֶם; וּמְלַקְּטִים עֲשָׂבִים בְּכָל מָקוֹם – חוּץ מִתִּלְתָּן; וְקוֹטְמִים נְטִיעוֹת בְּכָל מָקוֹם – חוּץ מִגְּרוֹפִיּוֹת שֶׁל זַיִת; וּמַעְיָן הַיּוֹצֵא בַּתְּחִילָּה – בְּנֵי הָעִיר מִסְתַּפְּקִין מִמֶּנּוּ; וּמְחַכִּין בְּיַמָּהּ שֶׁל טְבֶרְיָא, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִפְרֹוס קֶלַע וְיַעֲמִיד אֶת הַסְּפִינָה;

Que l'on fasse paître dans les bois ; que l'on ramasse du bois dans leurs champs ; que l'on ramasse des herbes en tout lieu, sauf le fenugrec ; que l'on coupe des pousses en tout lieu, sauf les grofiot d'olivier ; et une source qui sort au commencement, les gens de la ville s'y approvisionnent ; et que l'on pêche à l'hameçon dans le lac de Tverya, à condition de ne pas tendre un kela et de ne pas arrêter le bateau.

📜 Rachi (9)
שֶׁיְּהוּ מַרְעִין בְּהֵמוֹת הַחוֹרְשִׁין וְשֶׁלֹּא יַקְפִּיד בַּעַל הַיַּעַר עַל כָּךְ:
Que l'on fasse paître : les bêtes dans les bois, et que le propriétaire de la forêt n'y fasse pas objection.
וּמְלַקְּטִין עֵצִים מִשְּׂדֵה חֲבֵירוֹ וְכֵן עֲשָׂבִים לְמַאֲכַל בְּהֵמָה:
Et que l'on ramasse du bois : dans le champ de son prochain, et de même des herbes, pour la nourriture de la bête.
חוּץ מִשְּׂדֵה תִּלְתָּן דִּמְעַלּוּ לָהּ עֲשָׂבִים הַגְּדֵילוֹת עִמָּהּ וְהַתּוֹלְשָׁן מַפְסִיד אֶת הַתִּלְתָּן תִּלְתָּן מִין קִטְנִית וּשְׁמָהּ פנגרי"א:
Sauf un champ de fenugrec : car les herbes qui poussent avec lui lui profitent, et celui qui les arrache fait perdre le fenugrec. Le fenugrec est une espèce de légumineuse ; en langue vulgaire, pangria.
וְקוֹטְמִין נְטִיעוֹת מִן הָאִילָן קוֹטֵם בַּד לִיטֹּע אוֹ לְהַרְכִּיב וְלֹא יַקְפִּיד בַּעַל הָאִילָן:
Et que l'on coupe des pousses : on coupe de l'arbre un rameau pour le planter ou pour le greffer, et le propriétaire de l'arbre n'y fera pas objection.
חוּץ מִגְּרוֹפִיּוֹת שֶׁל זַיִת הַקּוֹצֵץ זֵיתָיו לִשְׂרֹוף מַנִּיחַ שְׁתֵּי גְּרוֹפִיּוֹת מָלֵא שְׁנֵי אֶגְרוֹפִין כִּדְאָמַר בְּהַמּוֹכֵר אֶת הַסְּפִינָה (ב"ב דַּף פ.) וְהֵן מַחֲלִיפוֹת וּמוֹצִיאוֹת בַּדִּין וּמִשָּׁם אֵין לִקְטֹום נְטִיעָה מִפְּנֵי שֶׁמַּפְסִיד אֶת הַגְּרוֹפִיּוֹת:
Sauf les grofiot d'olivier : celui qui coupe ses oliviers pour les brûler en laisse deux, de la contenance de deux poings, comme il est dit dans Ha-mokher et ha-sefina (Bava Batra, daf 80). Elles repoussent et produisent des branches. De là on ne coupe pas de pousse, car on abîme les grofiot.
בַּתְּחִילָּה מֵחָדָשׁ וְכָל שֶׁכֵּן מַעְייָנוֹת יְשָׁנִים שֶׁהָיוּ מֵימוֹת יְהוֹשֻׁעַ:
Au commencement : une source neuve. À plus forte raison les sources anciennes, qui existaient depuis les jours de Yehochoua.
וּמְחַכִּין וּמְטִילִין חַכָּה לָצוּד דָּגִים:
Et que l'on pêche à l'hameçon : on lance un hameçon pour prendre des poissons.
בִּימָה שֶׁל טְבֶרְיָא ואע"פ שֶׁבְּחֵלֶק נַפְתָּלִי הָיְתָה כֻּולָּהּ כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן:
Dans le lac de Tverya : bien qu'il ait été tout entier dans le lot de Naftali, comme on le dit plus loin.
שֶׁלֹּא יִפְרֹוס קֶלַע דֶּרֶךְ צַייָּדִים לִתְקֹועַ יְתֵידוֹת וְלַעֲשׂוֹת גִּדְרֵי קָנִים בַּמַּיִם לְהִלָּכֵד שָׁם דָּגִים וְקוֹרִין לוֹ בִּמְקוֹמֵינוּ גְּזַר וּבְאֶרֶץ אַשְׁכְּנַז קוֹרִין לוֹ ווכ"א (שֶׁלֹּא יִפְרֹוס קֶלַע) מִפְּנֵי שֶׁמְּעַכֵּב וּמַעֲמִיד אֶת הַסְּפִינָה:
Qu'il ne tende pas un kela : l'usage des pêcheurs est de ficher des piquets et de faire dans l'eau des clôtures de roseaux, pour que les poissons s'y prennent. Chez nous on appelle cela gazer, et en pays d'Ashkenaz on l'appelle wekha. Parce que cela retient le bateau et l'arrête.
🗂️ Tossefot (1)
חוּץ מִגְּרוֹפִיּוֹת שֶׁל זַיִת. פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס מָלֵא שְׁנֵי אֶגְרוֹפִין וּבֶעָרוּךְ פֵּירֵשׁ מִגְּרוּפִיִּים עֲנָפִים וְעַנְפֵי הַזַּיִת קָרַוְיִין גְּרוֹפִיִּים כְּמוֹ יִחוּר בַּתְּאֵנָה וּזְמוֹרָה בִּגְפָנִים שֶׁכָּל אֶחָד יֵשׁ לוֹ שֵׁם לְבַדּוֹ וְהֵבִיא הָא דְּאָמַר בִּבְרֵאשִׁית רַבָּה וְאַתָּה קַח לְךָ מִכָּל מַאֲכָל אֲשֶׁר יֵאָכֵל זְמוֹרוֹת לִנְטִיעוֹת יִחוּרֵי לַתְּאֵנִים גְּרוֹפִיּוֹת לְזֵיתִים:
Sauf les grofiot d'olivier. Le Kuntres explique : de la contenance de deux poings. Le Arukh explique grofiyim : des branches. Les branches de l'olivier s'appellent grofiyim, comme le yihur pour le figuier et la zemora pour la vigne, chacun ayant son nom. Il cite Berechit Rabba sur le verset Et toi, prends de toute nourriture qui se mange : des zemorot pour les plants, des yihurim pour les figuiers, des grofiot pour les oliviers.
💡 Explication

Suite de la baraita des assara tena'im, les conditions de Yehochoua. Six droits s'ouvrent ici. On fait paître dans les horashim (les bois). On ramasse du bois dans les champs, et des herbes partout, sauf le fenugrec (tiltan). On coupe des pousses pour planter ou greffer, sauf les grofiot d'olivier.

Une source neuve : les gens de la ville y prennent leur eau ; Rachi y joint, à plus forte raison, les sources anciennes. Au lac de Tverya, la pêche à l'hameçon (haka) est ouverte. Le kela, clôture de roseaux fichée dans l'eau, reste interdit : il arrête les bateaux.

Deux lectures du mot grofiot. Rachi : les souches qu'on laisse, pleines de deux poings, quand on coupe l'olivier pour le brûler ; elles repoussent, on n'y prend pas de pousse. Le Arukh : les branches propres à l'olivier, comme la zemora l'est à la vigne.

2
וְנִפְנִין לַאֲחוֹרֵי הַגָּדֵר, וַאֲפִילּוּ בְּשָׂדֶה מְלֵיאָה כַּרְכֹּום; וּמְהַלְּכִים בִּשְׁבִילֵי הָרְשׁוּת, עַד שֶׁתֵּרֵד רְבִיעָה שְׁנִיָּה; וּמִסְתַּלְּקִין לְצִידֵּי הַדְּרָכִים מִפְּנֵי יְתֵידוֹת הַדְּרָכִים; וְהַתּוֹעֶה בֵּין הַכְּרָמִים – מְפַסֵּיג וְעוֹלֶה מְפַסֵּיג וְיוֹרֵד; וּמֵת מִצְוָה קוֹנֶה מְקוֹמוֹ.

Et l'on se soulage derrière la clôture, même dans un champ plein de karkom ; et l'on marche dans les sentiers de la rechout, jusqu'à ce que descende la seconde revia ; et l'on s'écarte vers les côtés des chemins à cause des yetidot des chemins ; et celui qui s'égare entre les vignes fraie en montant, fraie en descendant ; et un met mitsva acquiert sa place.

📜 Rachi (7)
לַאֲחוֹרֵי הַגָּדֵר לְקַמָּן מְפָרֵשׁ לֵהּ לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לִיטּוֹל הֵימֶנָּה צְרוֹר לְקַנֵּחַ ואע"פ שֶׁפּוֹרֵץ אֶת הַגָּדֵר:
Derrière la clôture : plus loin il l'explique. Le cas n'était nécessaire que pour prendre de là un caillou afin de s'essuyer, même en ouvrant une brèche dans la clôture.
וּמְהַלְּכִין בִּשְׁבִילֵי הָרְשׁוּת סְתָם בְּנֵי אָדָם מִשֶּׁהִכְנִיסוּ תְּבוּאָתָם עַד שְׁעַת הַזְּרִיעָה מַפְקִירִים שְׂדוֹתֵיהֶם לִיכָּנֵס בָּהֶן כָּל אָדָם לְקַצֵּר אֶת הַדֶּרֶךְ שֶׁלֹּא יַקִּיף וְהֵן נִקְרָאִין שְׁבִילֵי הָרְשׁוּת לְפִי שֶׁבִּרְשׁוּת עוֹשִׂין וְהִתְנָה יְהוֹשֻׁעַ שֶׁלֹּא יַקְפִּידוּ עַל כָּךְ:
Et que l'on marche dans les sentiers de la rechout : d'ordinaire, une fois leur récolte rentrée, jusqu'au temps des semailles, les gens abandonnent leurs champs pour que chacun y entre, afin de raccourcir le chemin et de ne pas faire le tour. On les appelle sentiers de la rechout, parce qu'on y passe avec permission. Yehochoua a stipulé qu'on n'y fasse pas objection.
עַד שֶׁתֵּרֵד רְבִיעָה שְׁנִיָּה זְמַנָּהּ בי"ז בְּמַרְחֶשְׁוָן כִּדְאָמְרִינַן בְּתַעֲנִית (דַּף טז.) וּמֵאָז וָהָלְאָה הַזְּרָעִים צוֹמְחוֹת וְקָשֶׁה לָהּ דְּרִיסַת הָרֶגֶל:
Jusqu'à ce que descende la seconde revia : son temps est le 17 Marheshvan, comme on le dit à Taanit (daf 16). À partir de là les semences lèvent, et le piétinement leur nuit.
וּמִסְתַּלְּקִין לְצִידֵּי הַדְּרָכִים בְּכָל עֵת וְאַפֵּי' בִּזְמַן שֶׁהַתְּבוּאָה בַּשָּׂדוֹת הִפְקִיר לְכָל אָדָם לְהִסְתַּלֵּק מִן הַדֶּרֶךְ מִפְּנֵי הַיְּתֵידוֹת וְלִיכָּנֵס לִגְבוּל שְׂדֵה חֲבֵירוֹ וְלֵילֵךְ עַל הַמֵּיצַר אֵצֶל הַדֶּרֶךְ:
Et que l'on s'écarte vers les côtés des chemins : en tout temps, même quand la récolte est dans les champs. Il a laissé à chacun de quitter le chemin à cause des yetidot, d'entrer dans la limite du champ de son prochain, et de marcher sur la bande mitoyenne le long du chemin.
מִפְּנֵי יְתֵידוֹת הַדְּרָכִים בִּימוֹת הַחַמָּה יָבַשׁ הַטִּיט וְנַעֲשָׂה כִּיתֵידוֹת מְקוֹם דְּרִיסַת הָאָדָם וּבְהֵמָה שֶׁדָּרְסוּ שָׁם בִּימוֹת הַחֹורֶף וְנַעֲשׂוּ כִּשְׁחִיתוֹת:
À cause des yetidot des chemins : aux jours d'été la boue sèche et devient comme des piquets, à l'endroit où l'homme et la bête ont foulé aux jours d'hiver, et ces places deviennent comme des fosses.
מְפַסֵּיג מְנַתֵּק זְמוֹרוֹת הַנּוֹשְׁבוֹת הַמְעַכְּבוֹת אוֹתוֹ וְעוֹלָה וְיוֹרֵד עַד שֶׁמּוֹצֵא אֶת הַדֶּרֶךְ:
Mafsig : il détache les sarments étendus qui le bloquent ; il monte et il descend jusqu'à trouver le chemin.
מְקוֹמוֹ מָקוֹם שֶׁנָּפַל שָׁם בְּעֵת מוֹתוֹ קְנָאוֹ לִקְבוּרָה וְאֵין בַּעַל הַשָּׂדֶה מְעַכֵּב עָלָיו:
Sa place : l'endroit où il est tombé au moment de sa mort, il l'a acquis pour la sépulture, et le propriétaire du champ ne s'y oppose pas.
💡 Explication

Cinq stipulations ferment la liste de la baraita. Nifnin : se soulager derrière une clôture, même dans un champ de karkom (safran). Rachi réserve le poids du din au caillou pris sur la clôture pour s'essuyer, malgré la brèche.

Les shvilei ha-reshut sont les traverses de champs après la rentrée de la récolte, jusqu'à la seconde revia (17 Marheshvan) : dès lors les semis lèvent. Les yetidot sont la boue d'hiver durcie en bosses et en creux : on peut alors marcher sur le bord du champ voisin, en toute saison. L'égaré dans les vignes mafsig, il coupe les sarments qui barrent le passage.

Le met mitsva, mort sans personne pour l'enterrer, acquiert le lieu de sa chute. Le maître du champ ne refuse pas la fosse.

🖼️ Schéma
Quatre droits de passage et de place Sentiers Après la moisson jusqu'aux semailles On traverse le champ Stop à la 2e revia 17 Marheshvan Bord du chemin En toute saison Yetidot : boue sèche en bosses et fosses On marche sur le metsar du voisin Vignes L'égaré coupe les sarments qui le bloquent Mafsig en montant et en descendant Met mitsva Il acquiert le lieu de sa chute pour la sépulture Le maître du champ ne l'empêche pas
Sentiers jusqu'à la seconde pluie. Bord du chemin toute l'année. Passage dans les vignes. Place du met mitsva.
3
שֶׁיְּהוּ מַרְעִין בָּחֳורָשִׁין. אָמַר רַב פָּפָּא: לָא אֲמַרַן אֶלָּא דַּקָּה בְּגַסָּה, אֲבָל דַּקָּה בְּדַקָּה וְגַסָּה בְּגַסָּה – לָא. וְכָל שֶׁכֵּן גַּסָּה בְּדַקָּה דְּלָא.

Que l'on fasse paître dans les bois. Rav Papa a dit : nous ne l'avons dit que pour le menu dans le gros, mais le menu dans le menu et le gros dans le gros, non.

Et à plus forte raison le gros dans le menu, non.

📜 Rachi (1)
דַּקָּה בְּהֵמָה דַּקָּה בַּיַּעַר גַּסָּה שֶׁאֵינָהּ מְכַלָּה אֶת הָאִילָנוֹת:
Menu : bête menue dans une forêt grosse, qui ne détruit pas les arbres.
💡 Explication

Rav Papa borne le pâturage. Daka be-gasa : menu bétail (brebis, chèvres) dans un bois de grands arbres. Les bêtes ne détruisent pas les troncs : le droit tient.

Menu bétail dans un bois menu, gros bétail dans un bois gros : le pâturage abîme le bois, le droit tombe. Kal va-homer : gros bétail dans un bois menu, à plus forte raison exclu.

🖼️ Schéma
Quel bétail dans quel bois ? Rav Papa Bois gros Bois menu Bétail menu Bétail gros Permis Ne détruit pas les arbres Exclu Exclu Exclu Kal va-homer
Seul le menu bétail dans le grand bois est permis. Les trois autres cas sont exclus.
4
וּמְלַקְּטִין עֵצִים מִשְּׂדוֹתֵיהֶם. לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּהִיזְמֵי וְהִיגֵי, אֲבָל בִּשְׁאָר עֵצִים – לֹא. וַאֲפִילּוּ בְּהִיזְמֵי וְהִיגֵי – לָא אֲמַרַן אֶלָּא בִּמְחֻובָּרִין, אֲבָל בִּתְלוּשִׁין – לֹא.

Et l'on ramasse du bois de leurs champs. Nous ne l'avons dit que pour les hizmei et les higi, mais pour les autres bois, non.

Et même pour les hizmei et les higi, nous ne l'avons dit que pour les attachés, mais pour les détachés, non.

📜 Rachi (1)
אֲבָל בִּתְלוּשִׁין אַחֲרֵי שֶׁטָּרַח עֲלֵיהֶן בַּעַל הַשָּׂדֶה וּתְלָשָׁן אָסוּר לִיטְּלָן דְּדַעְתֵּיהּ עֲלַיְיהוּ:
Mais les détachés : une fois que le propriétaire du champ a pris de la peine pour eux et les a détachés, il est interdit de les prendre, car son intention porte sur eux.
💡 Explication

Première borne du ramassage. Le droit vise les hizmei et les higi, épines et broussailles, dont le maître du champ ne se soucie pas. Les autres bois restent à lui.

Deuxième borne : seulement ce qui est encore mehubar, attaché au sol. Le bois déjà talush, détaché par le propriétaire, est à lui : il a peiné dessus, son daat y est.

5
וַאֲפִילּוּ בִּמְחֻובָּרִין – לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּלַחִין, אֲבָל בִּיבֵשִׁין – לֹא. וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְשָׁרֵשׁ.

Et même pour les attachés, nous ne l'avons dit que pour les humides, mais pour les secs, non. Et à condition qu'il ne déracine pas.

📜 Rachi (1)
יְבֵישִׁין דַּעְתּוֹ עֲלֵיהֶם לְאוֹר:
Les secs : son intention porte sur eux pour le feu.
💡 Explication

Troisième borne : les rameaux encore lahim, humides. Les yebeshim, secs, sont gardés comme bois de feu.

Quatrième borne : she-lo yesharesh. On prélève sans arracher la souche. Déraciner détruit la plante elle-même.

6
וּמְלַקְּטִין עֲשָׂבִים בְּכָל מָקוֹם, חוּץ מִשְּׂדֵה תִּלְתָּן. לְמֵימְרָא דְּתִלְתָּן מְעַלּוּ לַהּ עֲשָׂבִים? וּרְמִינְהִי: תִּלְתָּן שֶׁעָלְתָה עִם מִינֵי עֲשָׂבִים – אֵין מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ לַעֲקֹור!

Et l'on ramasse des herbes en tout lieu, sauf un champ de fenugrec. Est-ce à dire que, pour le fenugrec, les herbes lui profitent ?

On objecte : un fenugrec qui a poussé avec des espèces d'herbes, on ne l'oblige pas à arracher !

📜 Rachi (1)
אֵין מְחַייְּבִין אוֹתוֹ לַעֲקֹור הָעֲשָׂבִים מִמֶּנָּה מִשּׁוּם כִּלְאַיִם לְפִי דִּבְעַל כָּרְחוֹ עָתִיד לִיטְלוֹ שֶׁמַּפְסִיד אֶת הַתִּלְתָּן:
On ne l'oblige pas à arracher : les herbes, à cause des kilayim, parce que malgré lui il finira par les retirer, puisqu'elles font perdre le fenugrec.
🗂️ Tossefot (3)
אֵין מְחַייְּבִין אוֹתוֹ לַעֲקֹור פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס שע"כ עָתִיד לְיִטְּלֵם לְפִי שֶׁמַּפְסִידִין אֶת הַתִּלְתָּן וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁוֹ דְּאֵין מְחַייְּבִין מַשְׁמַע שֶׁאֵין אָסוּר בַּהֲנָאָתוֹ וְעוֹד דְּאִם מִתְיָיאֵשׁ וּמִתְעַצֵּל לְעָוקְרוֹ לָמָּה לֹא נְחַייְּבֶנּוּ דְּהָא אִיכָּא אִיסּוּר כְּשֶׁמִּתְייָאֵשׁ כְּדִתְנַן בְּמַסֶּכֶת כִּלְאַיִם (פ"ה מ"ו) הָרוֹאֶה יָרָק בְּכַרְמוֹ וְאָמַר לִכְשֶׁאַגִּיעַ שָׁם אֲלַקְּטֶנּוּ מֻותָּרִין לִכְשֶׁאֶחֱזֹור אֶלְקְטֶנּוּ וְהוֹסִיף מָאתַיִם אָסוּר וְנִרְאֶה לר"י דְּאֵין מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ לַעֲקֹור דְּלֵיכָּא אִיסּוּרָא שֶׁהֲרֵי הוּא לֹא זְרָעוֹ אֶלָּא מֵאֲלֵיהֶן בָּאוּ וּמִשּׁוּם מְקַיֵּים בְּכִלְאַיִם לֵיכָּא כֵּיוָן דְּקָשׁוּ לְהוּ עֲשָׂבִים ולר"ע אִיצְטְרִיךְ דְּאָמַר בְּפֶרֶק בָּתְרָא דע"ז (דַּף סד.) וּבְמַכּוֹת (דַּף כא:) הַמְקַייֵּם בְּכִלְאַיִם לוֹקֶה וְלָאו מַלְקוּת מַמָּשׁ דְּלָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה הוּא אֶלָּא אִיסּוּרָא בְּעָלְמָא הוּא א"נ אַפֵּי' לְרַבָּנָן אִיצְטְרִיךְ וְהֵיכָא דְּנִיחָא לֵיהּ חִייְּבוּהוּ חֲכָמִים שֶׁלֹּא יַחְשְׁדוּהוּ שֶׁזְּרָעָם וְהָא דִּנְקַט תִּלְתָּן שֶׁעָלְתָה עִם מִינֵי עֲשָׂבִים וְלָא נְקַט תִּלְתָּן שֶׁעָלוּ עִמּוֹ עֲשָׂבִים רְבוּתָא נְקַט אֲפִילּוּ שֶׁמִּתְכַּוֵּין לִזְרֹועַ תְּחִילָּה שְׁאָר זְרָעִים וְהַתִּלְתָּן עָלָה מֵאֵלָיו אַפֵּ"ה כֵּיוָן דְּהַשְׁתָּא מִיהָא לָא נִיחָא לֵיהּ בִּזְרָעִים מֵחֲמַת הַתִּלְתָּן שֶׁעָלָה אֵין מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ לַעֲקֹור:
On ne l'oblige pas à arracher. Le Kuntres explique qu'il finira de toute façon par les retirer, parce qu'elles font perdre le fenugrec. Cette lecture fait difficulté : la formule on ne l'oblige pas indique qu'en tirer profit reste permis. De plus, s'il renonce et tarde à arracher, pourquoi ne pas l'obliger ? Il y a une interdiction dès qu'il renonce, comme l'enseigne Kilayim (chapitre 5, mishna 6) : celui qui voit un légume dans sa vigne et dit : quand j'arriverai là, je le cueillerai, les produits sont permis ; quand je reviendrai, je le cueillerai, et il s'est ajouté un deux-centième, c'est interdit. Le Ri comprend ainsi : on ne l'oblige pas à arracher. L'issour tombe : lui ne l'a pas semé, les herbes sont venues d'elles-mêmes. Le mekayem be-kilayim, maintien de mélanges interdits, tombe aussi, puisque les herbes nuisent. La mishna était nécessaire selon Rabbi Akiva, qui dit au dernier chapitre d'Avoda Zara (daf 64a) et à Makkot (daf 21b) : celui qui maintient des kilayim encourt le malkout. Ce malkout est un issour seul : un lav she-ein bo maaseh, un interdit sans acte, sans coups effectifs. Autre possibilité : même selon les Rabbins la mishna était nécessaire. Là où ces herbes lui conviennent, les Sages lui ont imposé de les arracher, afin qu'on ne le soupçonne pas de les avoir semées. La mishna dit un fenugrec qui a poussé avec des espèces d'herbes, et non un fenugrec avec lequel des herbes ont poussé : elle enseigne une nouveauté. Même s'il avait d'abord l'intention de semer d'autres semences et que le fenugrec a poussé de lui-même, dès lors qu'à présent ces semences ne lui conviennent plus à cause du fenugrec qui a poussé, on ne l'oblige pas à arracher.
וּמַעְיָן הַיּוֹצֵא בַּתְּחִילָּה בְּנֵי הָעִיר מִסְתַּפְּקִין [מִמֶּנּוּ]. לְמַאי דְּאָמַר לְקַמָּן דְּתַנָּאִים שֶׁהִתְנָה יְהוֹשֻׁעַ אַפֵּי' בְּחוּ"ל יֵשׁ לִתְמֹוהַּ הָא דְּאָמַר בְּפֶרֶק כָּל הַצְּלָמִים (ע"ז דַּף מז. וְשָׁם) הַמִּשְׁתַּחֲוֶה לְמַעְיָן מֵימָיו מַהוּ לִנְסָכִים וּפְשִׁיט לֵיהּ מֵהָא דְּאָמַר מַיִם שֶׁל רַבִּים אֵין נֶאֱסָרִים וּמְשַׁנֵּי דְּנִבְעֵי מֵאַרְעֵיהּ וְהַשְׁתָּא אַכַּתִּי שֶׁל רַבִּים הֵם מִתְּנָאֵי יְהוֹשֻׁעַ וְיֵשׁ לְחַלֵּק בֵּין יוֹצֵא מֵאֵלָיו לְטָרַח בּוֹ וַחֲפָרוֹ:
Et une source qui sort au commencement, les gens de la ville s'y approvisionnent. Selon ce qui est dit plus loin, que les conditions stipulées par Yehochoua valent même hors d'Erets Israël, on s'étonne de ce qui est dit au chapitre Kol ha-tselamim (Avoda Zara, daf 47a, et là-bas) : celui qui se prosterne devant une source, que dire de son eau pour les nesakhim ? On tranche par ceci : l'eau du public n'est pas interdite. Et l'on répond : elle a jailli de son sol. Or, par la condition de Yehochoua, cette eau est encore au public. On distinguera une source qui sort d'elle-même d'une source pour laquelle il a peiné et qu'il a creusée.
וּמְחַכִּין בְּיַמָּהּ שֶׁל טְבֶרְיָא. כָּל אָדָם וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִפְרֹושׁ קֶלַע נָמֵי לְכָל אָדָם וְאַפֵּי' הַבְּעָלִים עַצְמָן כִּדְתַנְיָא לְקַמָּן שֶׁהִתְנוּ הַשְּׁבָטִים זֶה עִם זֶה אֲבָל צַד הוּא בְּמִכְמוֹרוֹת וּבְרֶשֶׁת וְהַיְינוּ הַבְּעָלִים שֶׁהוּא שֶׁלָּהֶם:
Et que l'on pêche à l'hameçon dans le lac de Tverya. Tout homme. Et à condition de ne pas tendre un kela : cela vaut aussi pour tout homme, même pour les propriétaires eux-mêmes, comme on l'enseigne plus loin, que les tribus ont stipulé entre elles. Mais on pêche avec des mikhmorot et un filet : il s'agit des propriétaires, car le lac est à eux.
💡 Explication

L'exception du tiltan (fenugrec) se lit ainsi : si Yehochoua interdit d'y ramasser les herbes, c'est qu'elles profitent à la plante et que le maître les veut sur place.

La mishna de Kilayim objecte. Un fenugrec poussé avec des herbes : on n'oblige pas à les arracher. Rachi : les herbes nuisent, l'homme les retirera de lui-même, et l'on n'applique pas ici l'obligation des kilayim. Les deux textes tirent donc en sens contraire : profit d'un côté, nuisance de l'autre.

Tossefot refusent la lecture du Kuntres. Pour le Ri, il n'y a pas d'issour : l'homme n'a pas semé ces herbes, elles sont venues seules, et elles nuisent, donc pas de mekayem. Leurs deux autres gloses, sur la source et sur le kela, portent sur des clauses déjà lues plus haut.

7
אָמַר רַב יִרְמְיָה: לָא קַשְׁיָא; כָּאן לְזֶרַע, כָּאן לְזִירִין. לְזֶרַע – קָשׁוּ לָהּ עֲשָׂבִים, דְּמַכְחֲשִׁי לָהּ; לְזִירִין – מְעַלֵּי לָהּ, דְּכִי קָיְימִי בֵּינֵי עֲשָׂבִים – מִירַכְבָא.

Rav Yirmeya a dit : pas de difficulté. Ici, pour la graine ; là, pour les zirin.

Pour la graine, les herbes lui nuisent, car elles l'affaiblissent. Pour les zirin, elles lui profitent, car lorsqu'elle se tient parmi les herbes, elle grimpe.

📜 Rachi (3)
כָּאן שֶׁהַתִּלְתָּן עוֹמֶדֶת לִיזְרַע:
Ici : le fenugrec est destiné à être semé pour la graine.
כָּאן שֶׁזְּרָעָהּ לֶאֱכֹול הַזִּירִין טודילי"ש בְּלַעַ"ז:
Ici : il l'a semée afin de manger les zirin, todilis en langue vulgaire.
דְּמִירַכְבָא מִתְפַּשֶּׁטֶת וְגֻודַּלְתְּ עַל הָעֲשָׂבִים וְנַעֲשִׂין לָהּ סְמִיכָה כְּעֵין דֶּלֶת שֶׁל כֶּרֶם:
Qu'elle grimpe : elle s'étale et grandit sur les herbes, et celles-ci lui servent d'appui, à la manière d'une treille de vigne.
🗂️ Tossefot (1)
כָּאן לְזִירִין הַהִיא דְּחוּץ מִשְּׂדֵה תִּלְתָּן לְזִירִים דִּמְעַלּוּ לֵיהּ וְא"ת כֵּיוָן דְּאִיכָּא אִיסּוּר כִּלְאַיִם אַמַּאי אָסוּר לְלַקֵּט וְהָאָמַר בפ"ק דמו"ק (דַּף ו:) שֶׁתִּקְּנוּ שֶׁיִּהְיוּ מַפְקִירִין כָּל הַשָּׂדֶה שֶׁיֵּשׁ בּוֹ כִּלְאַיִם וְי"ל דְּהָכָא בִּדְלֵיכָּא שִׁיעוּרָא כְּדִתְנַן בְּמַסֶּכֶת כִּלְאַיִם (פ"ב מ"א) וּמַיְיתִי לָהּ בְּהַמּוֹכֵר פֵּירוֹת (ב"ב דַּף צַד.) כָּל סְאָה שֶׁיֶּשׁ בּוֹ רֹובַע מִמִּין אַחֵר יְמַעֵט:
Ici, pour les zirin. Le cas sauf un champ de fenugrec vise les tiges, auxquelles les herbes profitent. Si l'on objecte : puisqu'il y a un interdit de kilayim, pourquoi est-il interdit de ramasser ? On a enseigné au premier chapitre de Moed Katan (daf 6b) qu'ils ont institué de rendre hefker tout champ qui contient des kilayim. On répond : ici on reste sous le shiur, comme l'enseigne Kilayim (chapitre 2, mishna 1), cité dans Ha-mokher peirot (Bava Batra, daf 94a) : toute se'a qui contient un rova d'une autre espèce, on la diminue.
💡 Explication

Première réponse de Rav Yirmeya. Le fenugrec semé pour la graine : les herbes l'affaiblissent (makhish) et baissent le rendement. C'est le cas de la mishna Kilayim.

Le fenugrec semé pour les zirin, les tiges : les herbes lui profitent. La plante mirkabba, elle grimpe et s'appuie dessus, comme sur une treille. C'est le cas de Yehochoua : on ne les ramasse pas.

Tossefot demandent pourquoi, en cas de kilayim, le ramassage resterait interdit : Moed Katan rend hefker un champ qui contient des kilayim. Réponse : sous le shiur. Une se'a qui contient un rova d'une autre espèce doit être diminuée. En dessous de cette mesure, l'interdit de mélange ne joue pas, et la condition de Yehochoua reste.

8
אִיבָּעֵית אֵימָא: כָּאן לְאָדָם, כָּאן לִבְהֵמָה. דְּכֵיוָן דְּלִבְהֵמָה הוּא דְּזַרְעַהּ, עֲשָׂבִים נָמֵי מִיבְּעֵי לַהּ. וּמְנָא יָדְעִינַן? אָמַר רַב פָּפָּא: שֶׁאַרְיֵה מִשְּׁאָרֵי – לְאָדָם, לָא שֶׁאַרְיֵה מִשְּׁאָרֵי – לִבְהֵמָה.

Si tu veux, dis : ici, pour l'homme ; là, pour la bête. Puisque c'est pour la bête qu'il l'a semée, les herbes aussi lui sont nécessaires.

Et d'où le savons-nous ? Rav Papa a dit : s'il l'a disposé en rangées, c'est pour l'homme ; s'il ne l'a pas disposé en rangées, c'est pour la bête.

📜 Rachi (2)
וּמְנָא יָדְעִינַן אִם זְרָעָהּ לְאָדָם דְּשָׁרֵי לֵיהּ לְמִלְקַט מִן הָעֲשָׂבִים בִּתְנַאי יְהוֹשֻׁעַ:
Et d'où le savons-nous : s'il l'a semée pour l'homme, auquel cas il est permis, par la condition de Yehochoua, de ramasser des herbes.
מִשְּׁאָרֵי עֲשׂוּיִים כַּעֲרוּגוֹת:
En rangées : faits comme des planches de culture.
💡 Explication

Seconde réponse, en ibayit eima. Ici, semence pour l'homme ; là, semence pour la bête. Semé pour la bête, le fenugrec est du fourrage : les herbes qui poussent avec lui servent aussi. On ne les ramasse pas. C'est l'exception de Yehochoua.

Rachi explicite l'autre face : semé pour l'homme, le ramassage des herbes est permis par la condition. Le signe est visible. Mesharei : semé en rangées, comme des planches, c'est pour l'homme. Semis sans rangées : c'est pour la bête.

9
וְקוֹטְמִין נְטִיעָה בְּכָל מָקוֹם, חוּץ מִגְּרוֹפִיּוֹת שֶׁל זַיִת. פֵּירְשׁוּ רַבִּי תַּנְחוּם וְרַבִּי בִּרְייָס מִשּׁוּם זָקֵן אֶחָד: בְּזַיִת – כַּבֵּיצָה. בְּקָנִים וּבַגְּפָנִים – מִן הַפְּקָק וּלְמַעְלָה. וּשְׁאָר כָּל הָאִילָנוֹת – מִן אֻובּוֹ שֶׁל אִילָן, וְלֹא מִן חֻודּוֹ שֶׁל אִילָן;

Et l'on coupe une pousse en tout lieu, sauf les grofiot d'olivier. Rabbi Tanhum et Rabbi Berayes ont expliqué au nom d'un ancien : pour l'olivier, comme un œuf.

Pour les roseaux et les vignes, depuis le pekek et au-dessus. Et pour tous les autres arbres, depuis l'ovo de l'arbre, et non depuis le hod de l'arbre.

📜 Rachi (4)
בְּזַיִת כַּבֵּיצָה כְּשִׁיעוּר גֹּובַהּ בֵּיצָה צָרִיךְ לְהַנִּיחַ מִן הַזַּיִת מִלְּמַטָּה סָמוּךְ לַגֶּזַע:
Pour l'olivier, comme un œuf : il faut laisser de l'olivier, en bas, près du tronc, une hauteur d'un œuf.
מִן הַפְּקָק וּלְמַעְלָה מֻותָּר לִקְטֹום פְּקַק קֶשֶׁר:
Depuis le pekek et au-dessus : il est permis de couper. Pekek : un nœud.
מֵאִיבּוֹ שֶׁל אִילָן מִפִּרְיוֹ כְּלוֹמַר מֵעֲנָפִין הָרַכִּין וְדַקִּין:
Depuis l'ivo de l'arbre : depuis son fruit, c'est-à-dire depuis les branches souples et minces.
וְלֹא מֵחֻודּוֹ מֵעֲנָפִין גְּדוֹלִים וְגַסִּין כְּאִילָן גָּמוּר. ל"א מֵחוֹבוֹ שֶׁל אִילָן מִמַּחֲבוֹאָתוֹ מָקוֹם שֶׁיֵּשׁ עֲנָפִין הַרְבֵּה דְּהַיְינוּ בְּאֶמְצַע גָּבְהוֹ וְלֹא מֵחֻודּוֹ מִלְמַעְלָה עָנָף הָאֶמְצָעִי שֶׁהוּא עֶלְיוֹן וְעִיקַּר הָאִילָן מִתְּשׁוּבוֹת הַגְּאוֹנִים:
Et non depuis son hod : les branches grandes et grosses, comme un arbre fait. Autre version : depuis le hov de l'arbre, depuis sa cache, l'endroit où les branches sont nombreuses, c'est-à-dire au milieu de sa hauteur ; et non depuis son hod, en haut, la branche du milieu, qui est la plus haute et l'essentiel de l'arbre. Des réponses des Gueonim.
💡 Explication

La clause des pousses reçoit sa mesure. Olivier : on laisse près du tronc la hauteur d'un œuf (ke-beitza). Au-dessus, on peut couper ; les grofiot, elles, restent.

Roseaux et vignes : on coupe depuis le pekek, le nœud, vers le haut. Autres arbres : depuis l'ovo, non depuis le hod.

Rachi donne deux lectures. Première : ovo désigne les rameaux fins, hod les branches grosses comme un arbre. Autre version, rapportée des Gueonim : on prend au milieu du tronc, la où les branches se serrent, et l'on épargne la branche haute du milieu, qui est le chef de l'arbre.

🖼️ Schéma
D'où coupe-t-on la pousse ? Olivier Laisser en bas, près du tronc, la hauteur d'un œuf Rachi : ke-beitza Les grofiot restent Roseaux et vignes Depuis le pekek le nœud et vers le haut En dessous : on ne coupe pas Autres arbres Depuis l'ovo partie épaisse, rameaux fins Pas depuis le hod la pointe, le gros bois Rameau neuf sans fruit. Le vieux qui fructifie reste à l'arbre Et depuis un endroit qui ne voit pas le soleil
Olivier : laisser un œuf au tronc. Roseaux et vignes : depuis le nœud. Autres arbres : partie épaisse, pas la pointe.
10
מִן חָדָשׁ שֶׁאֵינוֹ עוֹשֶׂה פֵּירוֹת, וְלֹא מִן יָשָׁן שֶׁהוּא עוֹשֶׂה פֵּירוֹת; מִמְּקוֹם שֶׁאֵינוֹ רוֹאֶה אֶת הַחַמָּה,

Depuis le neuf, qui ne fait pas de fruits, et non depuis le vieux, qui fait des fruits ; depuis un endroit qui ne voit pas le soleil,

📜 Rachi (1)
מִן הֶחָדָשׁ בַּד שֶׁגָּדֵל וְנִיתּוֹסַף בְּשָׁנָה זוֹ שֶׁעֲדַיִין אֵין עוֹשֶׂה פְּרִי:
Depuis le neuf : un rameau qui a poussé et s'est ajouté cette année, et qui ne fait pas encore de fruit.
💡 Explication

Deux bornes encore, sur la même coupe. On prend le 'hadach, le rameau de l'année, qui ne porte pas encore de fruit. Le yashan, le vieux bois qui fructifie, reste à l'arbre.

On prend aussi à un endroit qui ne voit pas le soleil. La phrase s'arrête ici et continue au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).