Sougya : L'amoud ferme d'abord le compte des conditions de Yehochoua. Rabbi Yo'hanan ajoute l'arbre qui penche chez le voisin, ou qui est proche de la limite : le propriétaire apporte les bikourim et récite.
La liste des dix vient de Rabbi Yehochoua ben Levi, un amora, dont Rabbi Yo'hanan peut diverger. La Guemara enchaîne avec les dix takkanot d'Ezra : lecture, tribunal, Chabbat, maison, pudeur et immersion.
Elle s'arrête sur la hafifa : de la Torah, on inspecte le cheveu avant la tevila.
Mais quand Rabbi Avin est venu, il a dit que Rabbi Yo'hanan dit : qu'il s'agisse de l'arbre qui penche dans le champ de son prochain, ou de l'arbre voisin de la limite, on apporte et on récite, car c'est à cette condition que Yehochoua a fait hériter la terre à Israël !
La baraita compte dix conditions de Yehochoua. Rabbi Yo'hanan en rapporte une de plus. L'arbre noteh penche dans le champ d'autrui. L'arbre samoukh la-metsar est proche de la limite. Dans les deux cas, le propriétaire apporte les bikourim et récite le passage. Yehochoua a partagé le pays à cette condition.
Rachi : une baraita qui s'arrête à dix fait difficulté à cet amora.
Alors, qui est le tanna des dix conditions que Yehochoua a stipulées ? C'est Rabbi Yehochoua ben Levi.
Rav Gueviha de Bei Katil l'enseigne explicitement : Rabbi Tanhoum et Rabbi Berayes disent au nom d'un certain ancien, et qui est-il ? Rabbi Yehochoua ben Levi.
Yehochoua a stipulé dix conditions.
Rabbi Yehochoua ben Levi est un amora, comme Rabbi Yo'hanan. La liste des dix est son enseignement. Rav Gueviha de Bei Katil le rapporte au nom de Rabbi Tanhoum et de Rabbi Berayes, qui citaient un ancien : c'est lui.
Deux amoraim peuvent diverger. Le chiffre dix ne lie plus Rabbi Yo'hanan.
Ezra a institué dix takkanot (ordonnances) : qu'on lise à minha le Chabbat ; qu'on lise le lundi et le jeudi ; qu'on juge le lundi et le jeudi ; qu'on lave le linge le jeudi ; qu'on mange de l'ail la veille de Chabbat ; qu'une femme se lève tôt et cuise ; qu'une femme ceigne un sinar ; qu'une femme peigne et se trempe ; que les colporteurs circulent dans les villes ; et il a institué une tevila (immersion) pour les baalei keri.
Nouvelle sougya : les dix takkanot d'Ezra. Lecture et tribunal occupent le lundi et le jeudi. Le reste touche le Chabbat, la maison, la tsniout, la tevila, les colporteurs.
La Guemara reprend chaque clause. Les baalei keri sont les hommes qui ont eu une émission séminale. Leur tevila est énoncée ici, sans être développée sur cet amoud.
Qu'on lise à minha le Chabbat : à cause de ceux qui siègent aux coins.
Les yoshevei karnot restent à leur commerce toute la semaine. Ils manquent la lecture du lundi et du jeudi. La lecture de minha, le Chabbat après-midi, est la lecture ajoutée pour eux.
Et qu'on lise le lundi et le jeudi : Ezra l'aurait institué ?! C'était déjà institué dès l'origine !
Car on enseigne : "Ils marchèrent trois jours dans le désert et ne trouvèrent pas d'eau." Ceux qui scrutent les versets ont dit : il n'y a d'eau que la Torah, car il est dit : "Ho, vous tous qui avez soif, allez vers l'eau."
La lecture du lundi et du jeudi précède Ezra. Chemot 15, 22 : trois jours sans eau. Les dorchèi rechoumot lisent l'eau comme la Torah, d'après Yechaya 55, 1. Rachi : rechoumot, ce sont les versets.
Dès qu'ils eurent marché trois jours sans Torah, ils s'épuisèrent. Les prophètes qui étaient parmi eux se levèrent et instituèrent pour eux qu'on lise le Chabbat, qu'on interrompe le dimanche, qu'on lise le lundi, qu'on interrompe le mardi et le mercredi, qu'on lise le jeudi, et qu'on interrompe la veille de Chabbat, afin qu'ils ne demeurent pas trois jours sans Torah.
Trois jours sans Torah, et le peuple est épuisé. Les prophètes fixent la lecture au Chabbat, au lundi et au jeudi. Du jeudi au Chabbat, un jour sans lecture. Du lundi au jeudi, deux jours. On n'atteint pas trois.
Tossefot : ces deux jours suivent la montée de Moché, le jeudi, pour les dernières tables, et sa descente, le lundi. C'était un et ratson. De là vient aussi le jeûne du lundi et du jeudi.
À l'origine, ils ont institué un seul homme pour trois versets, ou bien trois hommes pour trois versets, en correspondance avec les cohanim, les leviim et Israël. Lui est venu et a institué trois hommes et dix versets, en correspondance avec les dix batlanim.
La première institution : trois versets. Un lecteur, ou trois lecteurs, pour les cohanim, les leviim et Israël.
Ezra fixe toujours trois hommes et dix versets. Le compte vise les dix batlanim : dix hommes laissés libres de leur ouvrage, nourris par la communauté, présents tôt pour qu'il y ait un minyan.
Et l'on juge le lundi et le jeudi : parce qu'ils sont nombreux, eux qui viennent pour la lecture du sefer.
Le tribunal siège ces jours-là parce que les gens viennent déjà pour la lecture. L'assemblée est sur place.
Tossefot, Rabbeinou Tam : avant Ezra, un tribunal siégeait chaque jour dans une seule ville. Ezra étend le siège à chaque ville, le lundi et le jeudi.
Et qu'on lave le linge le jeudi : à cause de l'honneur du Chabbat.
La lessive est placée le jeudi, pour arriver au Chabbat en vêtements propres. C'est le kevod Chabbat.
Et qu'on mange de l'ail la veille de Chabbat : à cause de la ona (devoir conjugal). Car il est écrit : "qui donne son fruit en son temps." Et Rabbi Yehouda dit, et certains disent Rav Nahman, et certains disent Rav Kahana, et certains disent Rabbi Yo'hanan : c'est celui qui s'unit à sa femme d'une veille de Chabbat à l'autre.
L'ail de la veille de Chabbat est rattaché à la ona. Tehilim 1, 3, "son fruit en son temps", désigne ici celui qui s'unit à sa femme chaque veille de Chabbat.
Rachi : cette ona est fixée à la nuit de Chabbat, et l'ail multiplie la semence.
Les Sages ont enseigné : cinq choses ont été dites de l'ail. Il rassasie, il échauffe, il éclaire le visage, il multiplie la semence, et il tue les poux des intestins.
Et certains disent : il fait entrer l'amour et il fait sortir la jalousie.
Cinq effets : rassasier, échauffer le corps, éclairer le visage, multiplier la semence, tuer les poux des intestins. Une autre opinion ajoute l'amour et le retrait de la jalousie. Rachi lie cet amour à la joie du cœur.
Le lien avec la ona est le quatrième effet, la semence.
Et qu'une femme se lève tôt et cuise : afin que le pain soit disponible pour les pauvres.
Elle cuit tôt, le matin du jour où elle cuit. Le pain est alors là pour le pauvre. Rachi, plus haut : le ani ha-mehazer, le pauvre qui fait le tour.
Et qu'une femme ceigne un sinar : à cause de la pudeur.
Le sinar est un vêtement de dessous. Rachi : comme un petit caleçon. La takkana vise la tsniout, afin d'éloigner de la faute.
Et qu'une femme peigne et se trempe : cela relève de la Torah !
Objection : la hafifa avant la tevila serait déjà exigée par la Torah, à cause de la hatsitsa. Une takkana d'Ezra suppose un ajout par rapport à la Torah.
Tossefot, Rabbeinou Tam : cette hafifa ne porte que sur la tête. Pour le corps, le mot est hadaha, le rinçage, et Nida ne l'exige que pour les plis.
Car on enseigne : "Il lavera sa chair dans l'eau" : qu'il n'y ait aucune chose qui fasse interposition entre sa chair et l'eau. "Et sa chair" : ce qui est adjoint à sa chair.
Et qu'est-ce ? Le cheveu !
Vayikra 14, 9. "Sa chair dans l'eau" : le contact est direct, sans hatsitsa. Le mot et inclut le tafel, ce qui est adjoint à la chair : le cheveu.
La Torah parle donc du cheveu au moment de la tevila. Rachi : la chair doit toucher l'eau.
On dit : de la Torah, c'est pour inspecter, de peur qu'un cheveu soit noué, ou bien qu'il y ait quelque chose de répugnant, à cause de la hatsitsa (interposition) ;
La réponse commence ici. De la Torah, on inspecte. Un cheveu noué, mikater, ou une saleté, maous, ferait hatsitsa. Rachi : maous, ce qui est souillé.
La phrase s'arrête sur ce point, à la fin de l'amoud.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).