Bava Kamma 82a - Les dix takkanot d'Ezra

Bava_Kamma 82a

Sougya : L'amoud ferme d'abord le compte des conditions de Yehochoua. Rabbi Yo'hanan ajoute l'arbre qui penche chez le voisin, ou qui est proche de la limite : le propriétaire apporte les bikourim et récite.

La liste des dix vient de Rabbi Yehochoua ben Levi, un amora, dont Rabbi Yo'hanan peut diverger. La Guemara enchaîne avec les dix takkanot d'Ezra : lecture, tribunal, Chabbat, maison, pudeur et immersion.

Elle s'arrête sur la hafifa : de la Torah, on inspecte le cheveu avant la tevila.

Dix takkanot d'Ezra Lecture et tribunal, Chabbat, maison, immersion 1. Lecture à minha Le Chabbat, pour les yoshevei karnot 2. Lecture du sefer Lundi et jeudi 3. Tribunal Lundi et jeudi, jour où l'on vient 4. Lessive Le jeudi, kavod Chabbat 5. Ail Veille de Chabbat, pour la ona 6. Cuisson du matin Pain disponible pour le pauvre 7. Sinar Vêtement de dessous, tsniout 8. Hafifa, puis tevila La Torah demande d'inspecter 9. Colporteurs Parfums. La ville ne les arrête pas 10. Tevila des baalei keri Énoncée dans la liste La hafifa est la clause encore ouverte à la fin de l'amoud
Les dix takkanot d'Ezra. Lecture, tribunal, Chabbat, maison, pudeur, immersion.
Pour ne pas rester trois jours sans Torah Lecture le Chabbat, le lundi et le jeudi. Le plus long trou est de deux jours. Chabbat lecture Dimanche pause Lundi lecture Mardi pause Mercredi pause Jeudi lecture Vendredi pause Les prophètes Un homme, trois versets ou trois hommes, trois versets cohanim, leviim, Israël Ezra Toujours trois hommes Dix versets en tout compte des dix batlanim Tossefot : lundi et jeudi, montée et descente de Moché pour les dernières tables
Lecture le Chabbat, le lundi et le jeudi. Ezra passe à trois hommes et dix versets.
Hafifa : que demande la Torah L'amoud ouvre l'objection et donne la part de la Torah Il lavera sa chair dans l'eau Sa chair dans l'eau Rien entre la chair et l'eau Et sa chair Le tafel : le cheveu De la Torah : inspecter Cheveu noué, mikater. Ou saleté, maous. L'un et l'autre font hatsitsa.
La Torah : rien entre la chair et l'eau, cheveu compris. On inspecte nœud et saleté.
1
וְהָא כִּי אֲתָא רַבִּי אָבִין אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֶחָד אִילָן הַנּוֹטֶה לְתוֹךְ שְׂדֵה חֲבֵירוֹ, וְאֶחָד אִילָן הַסָּמוּךְ לַמֶּצֶר – מֵבִיא וְקוֹרֵא, שֶׁעַל מְנָת כֵּן הִנְחִיל יְהוֹשֻׁעַ לְיִשְׂרָאֵל אֶת הָאָרֶץ!

Mais quand Rabbi Avin est venu, il a dit que Rabbi Yo'hanan dit : qu'il s'agisse de l'arbre qui penche dans le champ de son prochain, ou de l'arbre voisin de la limite, on apporte et on récite, car c'est à cette condition que Yehochoua a fait hériter la terre à Israël !

📜 Rachi (1)
וְהָא כִּי אֲתָא וְכוּ' וּמַתְנִיתָא הָוְיָא תְּיוּבְתָּא דְּקָתָנֵי עֲשָׂרָה וְתוּ לָא וְר' יוֹחָנָן אָמוֹרָא הוּא וְקַשְׁיָא לֵיהּ מַתְנִיתָא:
La baraita est une réfutation, car elle enseigne dix, et rien de plus. Rabbi Yo'hanan est un amora, et la baraita lui fait difficulté.
💡 Explication

La baraita compte dix conditions de Yehochoua. Rabbi Yo'hanan en rapporte une de plus. L'arbre noteh penche dans le champ d'autrui. L'arbre samoukh la-metsar est proche de la limite. Dans les deux cas, le propriétaire apporte les bikourim et récite le passage. Yehochoua a partagé le pays à cette condition.

Rachi : une baraita qui s'arrête à dix fait difficulté à cet amora.

🖼️ Schéma
L'arbre, condition de Yehochoua Noteh Il penche dans le champ voisin On apporte et on récite Samoukh la-metsar Il est proche de la limite On apporte et on récite Rabbi Yo'hanan. La baraita des dix lui fait difficulté. Bikourim : apporter les premiers fruits et lire le passage.
Deux arbres, une même règle : on apporte les bikourim et on récite.
2
אֶלָּא מַאן תָּנָא עֲשָׂרָה תְּנָאִין שֶׁהִתְנָה יְהוֹשֻׁעַ – רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי הוּא. רַב גְּבִיהָה מִבֵּי כְּתִיל מַתְנֵי לַהּ בְּהֶדְיָא: רַבִּי תַּנְחוּם וְרַבִּי בִּרְייָס אָמְרִי מִשּׁוּם זָקֵן אֶחָד, וּמַנּוּ – רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי; עֲשָׂרָה תְּנָאִין הִתְנָה יְהוֹשֻׁעַ.

Alors, qui est le tanna des dix conditions que Yehochoua a stipulées ? C'est Rabbi Yehochoua ben Levi.

Rav Gueviha de Bei Katil l'enseigne explicitement : Rabbi Tanhoum et Rabbi Berayes disent au nom d'un certain ancien, et qui est-il ? Rabbi Yehochoua ben Levi.

Yehochoua a stipulé dix conditions.

📜 Rachi (1)
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אַמְרִינְהוּ וְלָא מַתְנִיתָא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמוֹרָא הֲוָה וְרַבִּי יוֹחָנָן פְּלִיג עֲלֵיהּ:
C'est lui qui les a dites, et non une baraita : Rabbi Yehochoua ben Levi était un amora, et Rabbi Yo'hanan diverge de lui.
💡 Explication

Rabbi Yehochoua ben Levi est un amora, comme Rabbi Yo'hanan. La liste des dix est son enseignement. Rav Gueviha de Bei Katil le rapporte au nom de Rabbi Tanhoum et de Rabbi Berayes, qui citaient un ancien : c'est lui.

Deux amoraim peuvent diverger. Le chiffre dix ne lie plus Rabbi Yo'hanan.

🖼️ Schéma
Qui a enseigné les dix conditions Liste des dix Rabbi Yehochoua ben Levi, amora Rabbi Yo'hanan Amora lui aussi Il peut diverger Rav Gueviha Bei Katil Il le dit en clair
La liste des dix est d'un amora. Rabbi Yo'hanan peut la contester.
3
עֲשָׂרָה תַּקָּנוֹת תִּיקֵּן עֶזְרָא: שֶׁקּוֹרִין בְּמִנְחָה בְּשַׁבָּת; וְקוֹרִין בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי; וְדָנִין בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי; וּמְכַבְּסִים בַּחֲמִישִׁי בְּשַׁבָּת; וְאוֹכְלִין שׁוּם בְּעֶרֶב שַׁבָּת; וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה מַשְׁכֶּמֶת וְאוֹפָה; וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה חוֹגֶרֶת בְּסִינָר; וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה חוֹפֶפֶת וְטוֹבֶלֶת; וְשֶׁיְּהוּ רוֹכְלִין מַחֲזִירִין בָּעֲיָירוֹת; וְתִיקֵּן טְבִילָה לְבַעֲלֵי קְרָיִין.

Ezra a institué dix takkanot (ordonnances) : qu'on lise à minha le Chabbat ; qu'on lise le lundi et le jeudi ; qu'on juge le lundi et le jeudi ; qu'on lave le linge le jeudi ; qu'on mange de l'ail la veille de Chabbat ; qu'une femme se lève tôt et cuise ; qu'une femme ceigne un sinar ; qu'une femme peigne et se trempe ; que les colporteurs circulent dans les villes ; et il a institué une tevila (immersion) pour les baalei keri.

📜 Rachi (7)
וּמְכַבְּסִים בִּגְדֵיהֶם לִכְבוֹד שַׁבָּת:
Et qu'on lave : leurs vêtements, en l'honneur du Chabbat.
וְאוֹכְלִים שׁוּם לְקַמָּן מְפָרֵשׁ טַעְמָא:
Et qu'on mange de l'ail : plus bas, la raison est expliquée.
וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה מַשְׁכֶּמֶת בַּיּוֹם שֶׁהִיא צְרִיכָה לֶאֱפוֹת וְאוֹפָה שַׁחֲרִית כְּדִמְפָרֵשׁ שֶׁתְּהֵא פַּת מְצוּיָה לֶעָנִי הַמְחַזֵּר:
Et qu'une femme se lève tôt : le jour où elle doit cuire, elle cuit le matin, comme on l'explique, afin que le pain soit disponible pour le pauvre qui fait le tour.
סִינָר דֻּוגְמַת מִכְנָסַיִם קְטַנִּים:
Sinar : à la manière d'un petit caleçon.
הָאִשָּׁה חוֹפֶפֶת בְּמַסְרֵק בְּיוֹם טְבִילָתָהּ מִשּׁוּם חֲצִיצָה לְקַמָּן פָּרֵיךְ הָא דְּאוֹרָיְיתָא הִיא:
La femme peigne : au peigne, le jour de son immersion, à cause de la hatsitsa (interposition). Plus bas, on objecte : cela relève de la Torah.
רוֹכְלִין מְבִיאִים בְּשָׂמִים לְנָשִׁים לְהִתְקַשֵּׁט בָּהֶם:
Colporteurs : ils apportent des parfums aux femmes, pour qu'elles s'en parent.
מַחֲזִירִין בָּעֲיָירוֹת וְלֹא יוּכְלוּ בְּנֵי הָעֲיָירוֹת לְעַכֵּב עֲלֵיהֶם:
Ils circulent dans les villes : les habitants des villes ne peuvent pas les en empêcher.
🗂️ Tossefot (2)
וְדָנִין בָּב' וּבָהּ' וא"ת וַהֲלֹא קֹודֶם תַּקָּנַת עֶזְרָא הָיוּ בֵּית דִּין קִבּוּעִין בְּכָל יוֹם כִּדְאָמַר בִּכְתֻובּוֹת (דַּף ג. וְשָׁם) א"כ מַה תִּיקֵּן עֶזְרָא וְכִי תִּיקֵּן שֶׁלֹּא יְהוּ קִבּוּעִין אֶלָּא בָּב' וּבָהּ' וְאוֹמֵר ר"ת שֶׁלֹּא הָיוּ קְבוּעִין תְּחִילָּה בְּכָל יוֹם אֶלָּא בְּעִיר אַחַת וְהוּא תִּיקֵּן בְּכָל עִיר וְעִיר בָּב' וּבָהּ':
Et l'on juge le lundi et le jeudi. Si tu dis : avant la takkana d'Ezra, les tribunaux siégeaient chaque jour, comme il est dit à Ketoubot (3a, et là-bas). Dès lors, qu'a institué Ezra ? Aurait-il institué qu'ils ne siègent que le lundi et le jeudi ? Rabbeinou Tam dit : au début, ils ne siégeaient chaque jour que dans une seule ville. Lui a institué, dans chaque ville, le lundi et le jeudi.
וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה חוֹפֶפֶת אור"ת שֶׁלֹּא תִּיקֵּן חֲפִיפָה אֶלָּא בְּרֹאשׁ וְכֵן מַשְׁמַע מִדְּקָאָמַר בְּסָמוּךְ דְּאוֹרָיְיתָא דִּלְמָא מַקְטַר וַחֲפִיפָה נָמֵי לָא שַׁייְכָא אֶלָּא בָּרֹאשׁ כְּדִתְנַן בְּנָזִיר (דַּף מב.) נָזִיר חוֹפֵף וּמְפַסְפֵּס אֲבָל לֹא סוֹרֵק אֲבָל בִּשְׁאָר הַגּוּף שַׁייָּךְ לְשׁוֹן הֲדָחָה כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּנִדָּה (דַּף סו: וְשָׁם) לְעוֹלָם יִלְמַד אָדָם בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ שֶׁתְּהֵא אִשָּׁה מְדִיחָה בֵּית קַמְטֵיהּ בְּמַיִם וּמֵהָתָם נָמֵי מַשְׁמַע דְּבִשְׁאָר הַגּוּף אֵין צָרִיךְ הֲדָחָה אֶלָּא דַּוְקָא בֵּית קְמָטֶיהָ אַף עַל גַּב דְּאִיכָּא לְמֵימַר דְּבֵית קְמָטֶיהָ נְקַט לִרְבוּתָא דאע"ג דְּבִיאַת מַיִם לָא בָּעֵינַן רָאוּי לְבִיאַת מַיִם בָּעֵינַן מִכָּל מָקוֹם מִדְּלָא קָאָמַר אֲפִילּוּ קְמָטֶיהָ מַשְׁמַע דַּוְקָא לִקְמָטֶיהָ וְלֹא בִּשְׁאָר הַגּוּף וְהַהִיא דְּדוּדֵי חָסַרְתָּ כו' (שָׁם דַּף סח.) אַף עַל פִּי שֶׁאֵין חוֹבָה הָיְתָה רְגִילָה לִרְחֹוץ כְּמוֹ שֶׁנּוֹהֲגִין גַּם עַכְשָׁיו לִרְחֹוץ כָּל גּוּפָהּ בְּמַיִם חַמִּין [וְעִי' תּוֹסְפוֹת נִדָּה סו: ד"ה אִם]:
Et qu'une femme peigne. Rabbeinou Tam dit qu'il n'a institué la hafifa (peignage) que pour la tête. C'est aussi ce qui ressort de ce qu'on dit juste après : de la Torah, de peur qu'un cheveu soit noué. La hafifa non plus ne concerne que la tête, comme on l'enseigne à Nazir (42a) : un nazir peigne et sépare ses cheveux, mais il ne les peigne pas au peigne. Pour le reste du corps, le terme qui convient est hadaha (rinçage), comme on dit au dernier chapitre de Nida (66b, et là-bas) : qu'un homme enseigne toujours dans sa maison que la femme rince les plis de son corps dans l'eau. De là aussi il ressort que, pour le reste du corps, le rinçage n'est pas requis : seulement les plis. On pourrait dire qu'il a cité les plis à titre de ribboui : même là où l'on n'exige pas que l'eau pénètre, on exige que l'endroit soit apte à la pénétration de l'eau. Néanmoins, puisqu'il ne dit pas "même les plis", cela vise précisément les plis, et non le reste du corps. Et le cas de "mes chaudrons, tu les as fait manquer", etc. (là-bas, 68a) : bien qu'il n'y eût pas d'obligation, elle avait coutume de se laver, comme on a aussi maintenant l'usage de laver tout le corps à l'eau chaude. Voir Tossefot Nida 66b, dibbour hamathil "Im".
💡 Explication

Nouvelle sougya : les dix takkanot d'Ezra. Lecture et tribunal occupent le lundi et le jeudi. Le reste touche le Chabbat, la maison, la tsniout, la tevila, les colporteurs.

La Guemara reprend chaque clause. Les baalei keri sont les hommes qui ont eu une émission séminale. Leur tevila est énoncée ici, sans être développée sur cet amoud.

4
שֶׁיְּהוּ קוֹרְאִין בַּמִּנְחָה בַּשַּׁבָּת – מִשּׁוּם יוֹשְׁבֵי קְרָנוֹת.

Qu'on lise à minha le Chabbat : à cause de ceux qui siègent aux coins.

📜 Rachi (1)
מִשּׁוּם יוֹשְׁבֵי קְרָנוֹת יוֹשְׁבֵי חֲנֻיוֹת כָּל יְמוֹת הַחֹול עוֹסְקִין בִּסְחוֹרָה וְאֵין קוֹרִין בִּשְׁנֵי וּבַחֲמִישִׁי תִּקּוּן בְּגִינַיְיהוּ קְרִיאָה יְתֵירָה:
À cause de ceux qui siègent aux coins : ceux qui tiennent boutique. Tous les jours de la semaine ils s'occupent de commerce, et ils ne lisent pas le lundi ni le jeudi. On a institué pour eux une lecture en plus.
💡 Explication

Les yoshevei karnot restent à leur commerce toute la semaine. Ils manquent la lecture du lundi et du jeudi. La lecture de minha, le Chabbat après-midi, est la lecture ajoutée pour eux.

5
וְשֶׁיְּהוּ קוֹרְאִין בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי – עֶזְרָא תִּיקֵּן?! וְהָא מֵעִיקָּרָא הֲוָה מִיתַּקְנָא! דְּתַנְיָא: ״וַיֵּלְכוּ שְׁלֹשֶׁת יָמִים בַּמִּדְבָּר וְלֹא מָצְאוּ מָיִם״ – דּוֹרְשֵׁי רְשׁוּמוֹת אָמְרוּ: אֵין מַיִם אֶלָּא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹי כָּל צָמֵא לְכוּ לַמַּיִם״.

Et qu'on lise le lundi et le jeudi : Ezra l'aurait institué ?! C'était déjà institué dès l'origine !

Car on enseigne : "Ils marchèrent trois jours dans le désert et ne trouvèrent pas d'eau." Ceux qui scrutent les versets ont dit : il n'y a d'eau que la Torah, car il est dit : "Ho, vous tous qui avez soif, allez vers l'eau."

📜 Rachi (1)
רְשׁוּמוֹת מִקְרָאוֹת:
Rechoumot : les versets.
💡 Explication

La lecture du lundi et du jeudi précède Ezra. Chemot 15, 22 : trois jours sans eau. Les dorchèi rechoumot lisent l'eau comme la Torah, d'après Yechaya 55, 1. Rachi : rechoumot, ce sont les versets.

6
כֵּיוָן שֶׁהָלְכוּ שְׁלֹשֶׁת יָמִים בְּלֹא תּוֹרָה, נִלְאוּ, עָמְדוּ נְבִיאִים שֶׁבֵּינֵיהֶם וְתִיקְּנוּ לָהֶם שֶׁיְּהוּ קוֹרִין בַּשַּׁבָּת, וּמַפְסִיקִין בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת, וְקוֹרִין בַּשֵּׁנִי, וּמַפְסִיקִין שְׁלִישִׁי וּרְבִיעִי, וְקוֹרִין בַּחֲמִישִׁי, וּמַפְסִיקִין עֶרֶב שַׁבָּת, כְּדֵי שֶׁלֹּא יָלִינוּ שְׁלֹשָׁה יָמִים בְּלֹא תּוֹרָה.

Dès qu'ils eurent marché trois jours sans Torah, ils s'épuisèrent. Les prophètes qui étaient parmi eux se levèrent et instituèrent pour eux qu'on lise le Chabbat, qu'on interrompe le dimanche, qu'on lise le lundi, qu'on interrompe le mardi et le mercredi, qu'on lise le jeudi, et qu'on interrompe la veille de Chabbat, afin qu'ils ne demeurent pas trois jours sans Torah.

🗂️ Tossefot (1)
כְּדֵי שֶׁלֹּא יָלִינוּ ג' יָמִים בְּלֹא תּוֹרָה וא"ת מ"ש שֶׁתִּיקְּנוּ שֵׁנִי וַחֲמִישִׁי וְי"ל מִשּׁוּם דְּאָמַר בַּמִּדְרָשׁ מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה עָלָה בַּחֲמִישִׁי לְקַבֵּל לוּחוֹת הָאַחֲרוֹנוֹת וְיָרַד בַּשֵּׁנִי וְנִתְרַצָּה לוֹ הַמָּקוֹם וּלְפִי שֶׁהָיָה עֵת רָצוֹן בְּאוֹתָהּ עֲלִיָּיה וִירִידָה קָבְעוּ בְּשֵׁנִי וַחֲמִישִׁי וּלְכָךְ נָמֵי נָהֲגוּ לְהִתְעַנּוֹת בָּב' וָהּ' וְאַף ע"פ שֶׁעָלָה בְּהַשְׁכָּמָה כְּדִכְתִיב (שְׁמוֹת ל״ד:ב׳) וְעָלִיתָ בַּבֹּקֶר שֶׁדּוֹמֶה שֶׁכָּל הָעֲלִיּוֹת הָיוּ בַּבֹּקֶר וְלֹא בַּלַּיְלָה וְלֹא תִּמְצָא כ"א מ' יוֹם חֲסֵירִים לַיְלָה אֶחָד אֵין לְהַקְפִּיד בְּכָךְ וּלְפִי סֵדֶר עוֹלָם נָמֵי כֵּן הוּא דְּתַנְיָא בְּסֵדֶר עוֹלָם נִמְצָא עָלָה בּוֹ' בְּסִיוָן וְיָרַד בי"ז בְּתַמּוּז וְשָׁבַר הַלּוּחוֹת ובי"ח בְּתַמּוּז עָלָה וּבִקֵּשׁ רַחֲמִים עֲלֵיהֶם שֶׁנֶּאֱמַר וָאֶתְנַפַּל לִפְנֵי ה' מ' יוֹם וְגוֹ' ובכ"ט בְּאָב נִתְרַצָּה הַמָּקוֹם וְיָרַד מֹשֶׁה לִפְסֹול הַלּוּחוֹת וְעָשָׂה עוֹד מ' יוֹם מָל' בְּאָב עַד י' בְּתִשְׁרֵי וְנִתְרַצָּה הַמָּקוֹם וְיָרַד מֹשֶׁה בִּי' בְּתִשְׁרֵי וְהַלּוּחוֹת בְּיָדוֹ בְּאוֹתוֹ יוֹם נִתְרַצָּה הַמָּקוֹם לְיִשְׂרָאֵל שֶׁנֶּאֱמַר וַיֹּאמֶר ה' סָלַחְתִּי כִּדְבָרֶךָ לְפִיכָךְ סְלִיחָה וְכַפָּרָה הוּא לְדוֹרוֹת נִמְצָא דְּמ' יוֹם אַחֲרוֹנִים חֲסֵירִים לַיְלָה שֶׁהֲרֵי בְּיוֹם ל'. בְּאָב עָלָה בְּהַשְׁכָּמָה וְיָרַד בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים אִם לֹא תֹּאמַר דְּעִבְּרוּהָ לֶאֱלוּל וְהָא דִּכְתִיב בְּפָרָשַׁת עֵקֶב וְאָנֹכִי עָמַדְתִּי בָהָר כַּיָּמִים הָרִאשֹׁונִים שֶׁהֵן מ' יוֹם וּמ' לַיְלָה הָכִי קָאָמַר כַּיָּמִים הָרִאשׁוֹנִים וְלֹא כְּלִילוֹת דְּאַחֲרוֹנוֹת הָיוּ חֲסֵירִים לַיְלָה אֶחָד וְאַף עַל גַּב דְּאִיצְטְרִיךְ כַּיָּמִים לוֹמַר מֶה הָרִאשׁוֹנִים בְּרָצוֹן אַף הָאַחֲרוֹנִים בְּרָצוֹן אֲבָל הָאֶמְצָעִיִּים בְּכַעַס הו"מ לְמִיכְתַּב כָּרִאשׁוֹנִים וּכְתִיב כַּיָּמִים לוֹמַר כַּיָּמִים וְלֹא כְּלִילוֹת וְאִי לְהַךְ דְּרָשָׁה לְחֻודָּא אֲתָא ה"ל לְמִיכְתַּב וְאָנֹכִי עָמַדְתִּי בָּהָר מ' יוֹם וְתוּ לָא וא"ת וּבְסוֹף כִּי תִשָּׂא כְּתִיב וַיְהִי שָׁם עִם ה' מ' יוֹם וּמ' לַיְלָה וּבְלוּחוֹת אַחֲרוֹנוֹת כְּתִיב וְי"ל דְּאַיָּמִים שֶׁהִתְנַפֵּל קָאֵי וּלְפִי שֶׁלֹּא פִּי' מַעֲשֶׂה דְּאוּלַי אֲכַפְּרָה בְּעַד חַטַּאתְכֶם כַּמָּה עָמַד מֹשֶׁה בִּתְפִלָּה מְפָרֵשׁ לָהּ הָכָא וְהָא דִּכְתִיב בָּתַר הָכִי וַיִּכְתֹּוב עַל הַלֻּוחֹות הַייְנוּ אַחַר אוֹתָם מ' יוֹם וּמ' לַיְלָה דְּאוֹתָם אַחֲרוֹנִים הָיוּ חֲסֵירִים לַיְלָה וא"ת בִּשְׁלָמָא לְר' יוֹסֵי דְּאָמַר בְּשַׁבָּת פֶּרֶק רַבִּי עֲקִיבָא (שַׁבָּת דַּף פז:) דְּסִיוָן דְּהַהִיא שַׁתָּא הֲוָה בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת נִיחָא דְּעָלָה בָּהּ' לְפִי חֶשְׁבּוֹן דְּאֶחָד מָלֵא וְאֶחָד חָסֵר דְּיוֹם ל' בְּאָב יוֹם ה' הֲוָה אֲבָל לְרַבָּנָן דְּאָמְרִי דִּבְיוֹם ב' הֲוָה ר"ח סִיוָן נִמְצָא יוֹם ל' בְּאָב בְּיוֹם ו' אִם לֹא נֹאמַר דִּלְרַבָּנָן בי"ז בְּתַמּוּז שָׂרַף אֶת הָעֵגֶל וְדָן הַחוֹטְאִים וּבוֹ בַּיּוֹם עָלָה וּבְיוֹם כ"ח בְּאָב יָרַד בְּהַשְׁכָּמָה וּפָסַל לוּחוֹת ובכ"ט בְּאָב שֶׁהָיָה יוֹם ה' עָלָה אוֹ נֹאמַר שכ"ט בְּאָב יָרַד וּבוֹ בַּיּוֹם עָלָה וְנֹאמַר שֶׁהָיָה אָב חָסֵר כְּדֵי שֶׁיָּבֹא יוֹם הַיְּרִידָה ביוה"כ כִּדְאָמַר בְּיֵשׁ נוֹחֲלִין (ב"ב דַּף קכא.) שֶׁבּוֹ נִיתְּנוּ לוּחוֹת אַחֲרוֹנוֹת אֲבָל לְפִי מִדְרַשׁ תַּנְחוּמָא. שֶׁאוֹמֵר דבי"ז בְּתַמּוּז יָרַד ובי"ח בּוֹ שָׂרַף אֶת הָעֵגֶל וְדָן אֶת הַחוֹטְאִים ובי"ט עָלָה וְנִמְצָא יוֹם עֲלִיָּיה שֶׁל מ' אַחֲרוֹנִים בָּאָה בֶּאֱלוּל לֹא יָבֹא בָּהּ' לֹא לְרַבָּנָן וְלָא לְר' יוֹסֵי וְגַם לֹא תִּמָּצֵא יְרִידָה בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים אִם לֹא נֹאמַר דְּעִבְּרוּהָ לֶאֱלוּל:
Afin qu'ils ne demeurent pas trois jours sans Torah. Si tu dis : pourquoi a-t-on institué le lundi et le jeudi ? On peut dire : le midrach rapporte que Moché Rabbeinou, alav ha-chalom, est monté le jeudi pour recevoir les dernières tables, est descendu le lundi, et que HaMakom s'est réconcilié avec lui. Cette montée et cette descente étaient un temps de ratson (faveur). On a donc fixé le lundi et le jeudi. C'est pour cela aussi que l'on a l'usage de jeûner le lundi et le jeudi. Il est monté dès l'aube, comme il est écrit (Chemot 34, 2) : "et tu monteras le matin". Toutes les montées semblent avoir eu lieu le matin, et non la nuit, et l'on ne trouve que quarante jours moins une nuit. Il ne faut pas être pointilleux là-dessus. Selon Seder Olam, il en va de même. Car on enseigne dans Seder Olam : il se trouve qu'il est monté le 6 Sivan, descendu le 17 Tamouz, et qu'il a brisé les tables. Le 18 Tamouz, il est monté et a demandé miséricorde pour eux, comme il est dit : "et je me jetai à terre devant Hachem quarante jours, etc." Le 29 Av, HaMakom s'est réconcilié, et Moché est descendu pour tailler les tables. Il a fait encore quarante jours, du 30 Av au 10 Tichri. HaMakom s'est réconcilié, et Moché est descendu le 10 Tichri, les tables à la main. Ce jour-là, HaMakom s'est réconcilié avec Israël, comme il est dit : "Hachem dit : J'ai pardonné selon ta parole." C'est pourquoi le pardon et l'expiation valent pour les générations. Il se trouve que les quarante derniers jours sont diminués d'une nuit, puisqu'il est monté à l'aube le 30 Av.
💡 Explication

Trois jours sans Torah, et le peuple est épuisé. Les prophètes fixent la lecture au Chabbat, au lundi et au jeudi. Du jeudi au Chabbat, un jour sans lecture. Du lundi au jeudi, deux jours. On n'atteint pas trois.

Tossefot : ces deux jours suivent la montée de Moché, le jeudi, pour les dernières tables, et sa descente, le lundi. C'était un et ratson. De là vient aussi le jeûne du lundi et du jeudi.

7
מֵעִיקָּרָא תִּקְּנוּ חַד גַּבְרָא – תְּלָתָא פְּסוּקֵי, אִי נָמֵי תְּלָתָא גַּבְרֵי – תְּלָתָא פְּסוּקֵי, כְּנֶגֶד כֹּהֲנִים לְוִיִּם וְיִשְׂרְאֵלִים; אֲתָא הוּא, תַּיקֵּן תְּלָתָא גַּבְרֵי וְעַשְׂרָה פְּסוּקֵי, כְּנֶגֶד עֲשָׂרָה בַּטְלָנִין.

À l'origine, ils ont institué un seul homme pour trois versets, ou bien trois hommes pour trois versets, en correspondance avec les cohanim, les leviim et Israël. Lui est venu et a institué trois hommes et dix versets, en correspondance avec les dix batlanim.

📜 Rachi (1)
עֲשָׂרָה בַּטְלָנִין בְּנֵי אָדָם כְּשֵׁירִים בְּטֵלִין מִמְּלַאכְתָּן לַעֲסֹוק בְּצָרְכֵי צִיבּוּר וְלָבֹא קוֹדְמִין לְבֵית הַכְּנֶסֶת כְּדֵי שֶׁיְּהוּ מְצֻוִּין עֲשָׂרָה לְעֵת הַתְּפִלָּה וּמִתְפַּרְנְסִים מִשֶּׁל צִבּוּר:
Dix batlanim : des hommes aptes, dégagés de leur travail pour s'occuper des besoins de la communauté, et pour venir en avance à la synagogue, afin que dix soient là à l'heure de la prière. Ils sont entretenus aux frais de la communauté.
💡 Explication

La première institution : trois versets. Un lecteur, ou trois lecteurs, pour les cohanim, les leviim et Israël.

Ezra fixe toujours trois hommes et dix versets. Le compte vise les dix batlanim : dix hommes laissés libres de leur ouvrage, nourris par la communauté, présents tôt pour qu'il y ait un minyan.

8
וְדָנִין בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי – דִּשְׁכִיחִי, דְּאָתוּ לְמִקְרָא בְּסִיפְרָא.

Et l'on juge le lundi et le jeudi : parce qu'ils sont nombreux, eux qui viennent pour la lecture du sefer.

🗂️ Tossefot (1)
וְדָנִין בָּב' וּבָהּ' וא"ת וַהֲלֹא קֹודֶם תַּקָּנַת עֶזְרָא הָיוּ בֵּית דִּין קִבּוּעִין בְּכָל יוֹם כִּדְאָמַר בִּכְתֻובּוֹת (דַּף ג. וְשָׁם) א"כ מַה תִּיקֵּן עֶזְרָא וְכִי תִּיקֵּן שֶׁלֹּא יְהוּ קִבּוּעִין אֶלָּא בָּב' וּבָהּ' וְאוֹמֵר ר"ת שֶׁלֹּא הָיוּ קְבוּעִין תְּחִילָּה בְּכָל יוֹם אֶלָּא בְּעִיר אַחַת וְהוּא תִּיקֵּן בְּכָל עִיר וְעִיר בָּב' וּבָהּ':
Et l'on juge le lundi et le jeudi. Si tu dis : avant la takkana d'Ezra, les tribunaux siégeaient chaque jour, comme il est dit à Ketoubot (3a, et là-bas). Dès lors, qu'a institué Ezra ? Aurait-il institué qu'ils ne siègent que le lundi et le jeudi ? Rabbeinou Tam dit : au début, ils ne siégeaient chaque jour que dans une seule ville. Lui a institué, dans chaque ville, le lundi et le jeudi.
💡 Explication

Le tribunal siège ces jours-là parce que les gens viennent déjà pour la lecture. L'assemblée est sur place.

Tossefot, Rabbeinou Tam : avant Ezra, un tribunal siégeait chaque jour dans une seule ville. Ezra étend le siège à chaque ville, le lundi et le jeudi.

9
וְשֶׁיְּהוּ מְכַבְּסִין בַּחֲמִישִׁי בַּשַּׁבָּת – מִשּׁוּם כְּבוֹד שַׁבָּת.

Et qu'on lave le linge le jeudi : à cause de l'honneur du Chabbat.

💡 Explication

La lessive est placée le jeudi, pour arriver au Chabbat en vêtements propres. C'est le kevod Chabbat.

10
וְשֶׁיְּהוּ אוֹכְלִין שׁוּם בְּעֶרֶב שַׁבָּת – מִשּׁוּם עוֹנָה; דִּכְתִיב: ״אֲשֶׁר פִּרְיוֹ יִתֵּן בְּעִתּוֹ״, וְאָמַר רַבִּי יְהוּדָה, וְאִיתֵּימָא רַב נַחְמָן, וְאִיתֵּימָא רַב כָּהֲנָא, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יוֹחָנָן: זֶה הַמְשַׁמֵּשׁ מִטָּתוֹ מֵעֶרֶב שַׁבָּת לְעֶרֶב שַׁבָּת.

Et qu'on mange de l'ail la veille de Chabbat : à cause de la ona (devoir conjugal). Car il est écrit : "qui donne son fruit en son temps." Et Rabbi Yehouda dit, et certains disent Rav Nahman, et certains disent Rav Kahana, et certains disent Rabbi Yo'hanan : c'est celui qui s'unit à sa femme d'une veille de Chabbat à l'autre.

📜 Rachi (1)
מִשּׁוּם עוֹנָה שֶׁמִּצְוַת עוֹנָה בְּלֵילֵי שַׁבָּת כִּדְרַב יְהוּדָה וְהַשּׁוּם מַרְבֶּה אֶת הַזֶּרַע כְּדִלְקַמָּן:
À cause de la ona : la mitsva de ona se fait dans la nuit de Chabbat, comme le dit Rav Yehouda, et l'ail multiplie la semence, comme plus bas.
💡 Explication

L'ail de la veille de Chabbat est rattaché à la ona. Tehilim 1, 3, "son fruit en son temps", désigne ici celui qui s'unit à sa femme chaque veille de Chabbat.

Rachi : cette ona est fixée à la nuit de Chabbat, et l'ail multiplie la semence.

11
תָּנוּ רַבָּנַן, חֲמִשָּׁה דְּבָרִים נֶאֶמְרוּ בַּשּׁוּם: מַשְׂבִּיעַ, וּמַשְׁחִין, וּמַצְהִיל פָּנִים, וּמַרְבֶּה הַזֶּרַע, וְהוֹרֵג כִּנִּים שֶׁבִּבְנֵי מֵעַיִים. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: מַכְנִיס אַהֲבָה וּמוֹצִיא אֶת הַקִּנְאָה.

Les Sages ont enseigné : cinq choses ont été dites de l'ail. Il rassasie, il échauffe, il éclaire le visage, il multiplie la semence, et il tue les poux des intestins.

Et certains disent : il fait entrer l'amour et il fait sortir la jalousie.

📜 Rachi (2)
מַשְׁחִין מְחַמֵּם אֶת הַגּוּף:
Il échauffe : il réchauffe le corps.
מַכְנִיס אֶת הָאַהֲבָה מִתּוֹךְ שֶׁמְּשַׂמֵּחַ אֶת הַלֵּב:
Il fait entrer l'amour : du fait qu'il réjouit le cœur.
💡 Explication

Cinq effets : rassasier, échauffer le corps, éclairer le visage, multiplier la semence, tuer les poux des intestins. Une autre opinion ajoute l'amour et le retrait de la jalousie. Rachi lie cet amour à la joie du cœur.

Le lien avec la ona est le quatrième effet, la semence.

🖼️ Schéma
Cinq choses dites de l'ail Rassasie machbia Échauffe le corps Éclaire le visage Semence il la multiplie Poux des intestins Certains ajoutent : il fait entrer l'amour et il fait sortir la jalousie
Cinq effets de l'ail. L'amour et la jalousie sont une opinion de plus.
12
וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה מַשְׁכֶּמֶת וְאוֹפָה – כְּדֵי שֶׁתְּהֵא פַּת מְצוּיָה לַעֲנִיִּים.

Et qu'une femme se lève tôt et cuise : afin que le pain soit disponible pour les pauvres.

💡 Explication

Elle cuit tôt, le matin du jour où elle cuit. Le pain est alors là pour le pauvre. Rachi, plus haut : le ani ha-mehazer, le pauvre qui fait le tour.

13
וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה חוֹגֶרֶת בְּסִינָר – מִשּׁוּם צְנִיעוּתָא.

Et qu'une femme ceigne un sinar : à cause de la pudeur.

📜 Rachi (1)
מִשּׁוּם צְנִיעוּתָא לְהִתְרַחֵק מִן הָעֲבֵירָה:
À cause de la pudeur : pour s'éloigner de la faute.
💡 Explication

Le sinar est un vêtement de dessous. Rachi : comme un petit caleçon. La takkana vise la tsniout, afin d'éloigner de la faute.

14
וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה חוֹפֶפֶת וְטוֹבֶלֶת – דְּאוֹרָיְיתָא הִיא!

Et qu'une femme peigne et se trempe : cela relève de la Torah !

🗂️ Tossefot (1)
וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה חוֹפֶפֶת אור"ת שֶׁלֹּא תִּיקֵּן חֲפִיפָה אֶלָּא בְּרֹאשׁ וְכֵן מַשְׁמַע מִדְּקָאָמַר בְּסָמוּךְ דְּאוֹרָיְיתָא דִּלְמָא מַקְטַר וַחֲפִיפָה נָמֵי לָא שַׁייְכָא אֶלָּא בָּרֹאשׁ כְּדִתְנַן בְּנָזִיר (דַּף מב.) נָזִיר חוֹפֵף וּמְפַסְפֵּס אֲבָל לֹא סוֹרֵק אֲבָל בִּשְׁאָר הַגּוּף שַׁייָּךְ לְשׁוֹן הֲדָחָה כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּנִדָּה (דַּף סו: וְשָׁם) לְעוֹלָם יִלְמַד אָדָם בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ שֶׁתְּהֵא אִשָּׁה מְדִיחָה בֵּית קַמְטֵיהּ בְּמַיִם וּמֵהָתָם נָמֵי מַשְׁמַע דְּבִשְׁאָר הַגּוּף אֵין צָרִיךְ הֲדָחָה אֶלָּא דַּוְקָא בֵּית קְמָטֶיהָ אַף עַל גַּב דְּאִיכָּא לְמֵימַר דְּבֵית קְמָטֶיהָ נְקַט לִרְבוּתָא דאע"ג דְּבִיאַת מַיִם לָא בָּעֵינַן רָאוּי לְבִיאַת מַיִם בָּעֵינַן מִכָּל מָקוֹם מִדְּלָא קָאָמַר אֲפִילּוּ קְמָטֶיהָ מַשְׁמַע דַּוְקָא לִקְמָטֶיהָ וְלֹא בִּשְׁאָר הַגּוּף וְהַהִיא דְּדוּדֵי חָסַרְתָּ כו' (שָׁם דַּף סח.) אַף עַל פִּי שֶׁאֵין חוֹבָה הָיְתָה רְגִילָה לִרְחֹוץ כְּמוֹ שֶׁנּוֹהֲגִין גַּם עַכְשָׁיו לִרְחֹוץ כָּל גּוּפָהּ בְּמַיִם חַמִּין:
Et qu'une femme peigne. Rabbeinou Tam dit qu'il n'a institué la hafifa (peignage) que pour la tête. C'est aussi ce qui ressort de ce qu'on dit juste après : de la Torah, de peur qu'un cheveu soit noué. La hafifa non plus ne concerne que la tête, comme on l'enseigne à Nazir (42a) : un nazir peigne et sépare ses cheveux, mais il ne les peigne pas au peigne. Pour le reste du corps, le terme qui convient est hadaha (rinçage), comme on dit au dernier chapitre de Nida (66b, et là-bas) : qu'un homme enseigne toujours dans sa maison que la femme rince les plis de son corps dans l'eau. De là aussi il ressort que, pour le reste du corps, le rinçage n'est pas requis : seulement les plis. On pourrait dire qu'il a cité les plis à titre de ribboui : même là où l'on n'exige pas que l'eau pénètre, on exige que l'endroit soit apte à la pénétration de l'eau. Néanmoins, puisqu'il ne dit pas "même les plis", cela vise précisément les plis, et non le reste du corps. Et le cas de "mes chaudrons, tu les as fait manquer", etc. (là-bas, 68a) : bien qu'il n'y eût pas d'obligation, elle avait coutume de se laver, comme on a aussi maintenant l'usage de laver tout le corps à l'eau chaude.
💡 Explication

Objection : la hafifa avant la tevila serait déjà exigée par la Torah, à cause de la hatsitsa. Une takkana d'Ezra suppose un ajout par rapport à la Torah.

Tossefot, Rabbeinou Tam : cette hafifa ne porte que sur la tête. Pour le corps, le mot est hadaha, le rinçage, et Nida ne l'exige que pour les plis.

15
דְּתַנְיָא: ״וְרָחַץ אֶת בְּשָׂרוֹ בַמַּיִם״ – שֶׁלֹּא יְהֵא דָּבָר חוֹצֵץ בֵּין בְּשָׂרוֹ לַמַּיִם. ״אֶת בְּשָׂרוֹ״ – אֶת הַטָּפֵל לִבְשָׂרוֹ, וּמַאי נִיהוּ – שֵׂעָר!

Car on enseigne : "Il lavera sa chair dans l'eau" : qu'il n'y ait aucune chose qui fasse interposition entre sa chair et l'eau. "Et sa chair" : ce qui est adjoint à sa chair.

Et qu'est-ce ? Le cheveu !

📜 Rachi (1)
בְּשָׂרוֹ בַּמַּיִם מַשְׁמַע שֶׁיִּגַּע בְּשָׂרוֹ לַמַּיִם:
Sa chair dans l'eau : cela implique que sa chair touche l'eau.
💡 Explication

Vayikra 14, 9. "Sa chair dans l'eau" : le contact est direct, sans hatsitsa. Le mot et inclut le tafel, ce qui est adjoint à la chair : le cheveu.

La Torah parle donc du cheveu au moment de la tevila. Rachi : la chair doit toucher l'eau.

🖼️ Schéma
Le verset de la tevila, Vayikra 14, 9 Dans l'eau La chair touche l'eau Hatsitsa Rien ne sépare Et sa chair Le cheveu, tafel
Le verset : contact direct, et le cheveu compris avec la chair.
16
אָמְרִי: דְּאוֹרָייְתָא – לְעַיּוֹנֵי דִּלְמָא מִיקַּטַּר, אִי נָמֵי מְאַוַּס מִידֵּי, מִשּׁוּם חֲצִיצָה;

On dit : de la Torah, c'est pour inspecter, de peur qu'un cheveu soit noué, ou bien qu'il y ait quelque chose de répugnant, à cause de la hatsitsa (interposition) ;

📜 Rachi (1)
דְּמָאוּס מְלֻוכְלָךְ:
Répugnant : souillé.
💡 Explication

La réponse commence ici. De la Torah, on inspecte. Un cheveu noué, mikater, ou une saleté, maous, ferait hatsitsa. Rachi : maous, ce qui est souillé.

La phrase s'arrête sur ce point, à la fin de l'amoud.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).