Sougya : L'amoud achève les takanot d'Ezra : hafifa, colporteurs, tevila du baal keri même pour les divrei Torah. Une baraita énumère dix statuts de Jérusalem.
Quatre tombent parce que la ville n'a pas été partagée entre les tribus : la maison n'y devient pas halout, pas de egla arufa, pas de ir ha-nidahat, pas de negaim. Les autres protègent la pureté, les pèlerins et l'aspect de la ville.
Puis la Guemara raconte le siège des Hasmonéens : un porc monte à la place du tamid, et les Sages maudissent celui qui élève des porcs et celui qui enseigne la sagesse grecque à son fils.
Et lui vint et institua la hafifa.
Suite des takanot d'Ezra, ouvertes sur l'amoud précédent. La Torah demande l'immersion. Ezra ajoute la hafifa : peigner les cheveux, pour écarter nœud et matière qui feraient hatsitsa (interposition).
Et que les colporteurs circulent dans les villes, à cause des parures des femmes, afin qu'elles ne deviennent pas repoussantes pour leurs maris.
Autre takana d'Ezra. Les rokhelin (colporteurs) passent de ville en ville avec les takhchitei nachim, les parures. Le but est que la femme ne devienne pas repoussante aux yeux de son mari.
Et il institua l'immersion pour les baalei keri. C'êst de la Torah !
Car il est écrit : "Un homme de qui sort une émission de semence lavera sa chair dans l'eau." De la Torah, c'êst pour la terouma et les kodachim. Lui vint, et il institua même pour les paroles de Torah.
Le verset de Vayikra 15 impose la tevila au baal keri. La Guemara limite cette obligation de la Torah à celui qui veut toucher la terouma ou les kodachim. Ezra l'étend aux divrei Torah : étude et enseignement.
Tossefot : la halakha suit Rabbi Yehouda ben Beteira. Les paroles de Torah ne reçoivent pas la tuma. La coutume est celle des trois vieillards, Berakhot 22a. Le derach de "tu les feras connaître à tes fils" reste une asmakhta : l'institution est d'Ezra. L'immersion de Benayahou, avant Ezra, visait le houlin mangé en pureté.
Dix choses ont été dites au sujet de Jérusalem : la maison n'y devient pas halout ; elle n'amène pas la egla arufa ; elle ne devient pas une ir ha-nidahat ;
La baraita ouvre la liste des dix statuts. Les trois premiers sont développés plus loin, tous à partir du même fond : Jérusalem n'a pas été partagée entre les tribus.
Halout : dans une ville fortifiée, passé un an sans rachat, la vente devient définitive (Vayikra 25). À Jérusalem, le vendeur peut encore racheter, et le yovel fait sortir la maison, comme pour une ville ouverte.
Tossefot, sur la egla arufa : on suit d'ordinaire la majorité des passants (Bava Batra 23b), et Jérusalem est entourée de montagnes. Le flux des olei regalim, des nedarim et du commerce laisse pourtant des lieux où seuls les habitants passent, et le temps de Hizkiya, où tout Israël était dedans. D'où le besoin du motif "non partagée".
et elle ne se rend pas impure par les negaim ; on n'y fait pas sortir de zizin ni de gezuztraot ; on n'y fait pas de dépotoirs ; on n'y fait pas de fours ; on n'y fait pas de jardins ni de vergers, sauf les jardins de roses qui dataient des premiers prophètes ; on n'y élève pas de poules ; on n'y laisse pas le mort passer la nuit.
Suite de la liste, jusqu'à dix. Negaim : plaies de tsaraat des maisons. Zizin : poutres en saillie. Gezuztraot : balcons sur la face de l'étage. Kivchanot : fours à chaux. Pardesot : vergers.
L'exception des roses remonte aux premiers prophètes. Rachi les relie à l'encens : la Kipat ha-Yarden. Les poules et le mort de la nuit ferment la liste. Chaque motif vient dans les segments suivants.
La maison n'y devient pas halout, car il est écrit : "La maison qui a un rempart sera confirmée à perpétuité pour celui qui l'a acquise, pour ses générations." Et il estime que Jérusalem n'a pas été partagée entre les tribus.
Vayikra 25, 30. La tsemitut, l'acquisition à perpétuité, vise la maison d'une ville fortifiée qui appartient à quelqu'un. Le tanna tient que Jérusalem n'a pas été partagée : personne n'y a de part ancestrale. La vente n'y devient donc pas définitive.
Et elle n'amène pas la egla arufa, car il est écrit : "Si l'on trouve un tué sur la terre que Hachem ton D.ieu te donne en héritage." Et Jérusalem n'a pas été partagée entre les tribus.
Devarim 21. La egla arufa se dit d'un tué trouvé sur la terre donnée en héritage à Israël. Jérusalem, non partagée, n'entre pas dans ce verset. Ses anciens n'amènent donc pas la génisse.
Et elle ne devient pas une ir ha-nidahat, car il est écrit : "tes villes". Et Jérusalem n'a pas été partagée entre les tribus.
Devarim 13, la ir ha-nidahat, ville gagnée à l'idolâtrie. Le mot arekha, "tes villes", suppose une ville que l'on peut attribuer à quelqu'un. Rachi : tu sais à qui elle est réservée. Jérusalem, hors du partage des tribus, n'est pas de ce compte.
Et elle ne se rend pas impure par les negaim, car il est écrit : "Je mettrai une plaie de tsaraat dans une maison du pays de votre possession." Et Jérusalem n'a pas été partagée entre les tribus.
Vayikra 14. Les negaim des maisons visent une maison d'ahuzatkhem, votre possession. Sans partage entre les tribus, Jérusalem est hors du verset.
Tossefot, d'après Yoma 12a. Rabbi Yehouda dit que la ville fut partagée et qu'elle reçoit les negaim. Le Temple seul en est exempt : on a donné à sa place la dushna de Jericho, sa fertilité. La baraita, elle, parle d'une absence réelle de partage. Le rachat du Temple se comprend : chaque Israël doit y avoir une part. Pour la ville entière, ce rachat n'aurait pas de motif.
Et on n'y fait pas sortir de zizin ni de gezuztraot, à cause de la tente d'impureté, et afin que les pèlerins ne se blessent pas.
Deux motifs, sans lien avec le partage des tribus. Un kezayit de mort sous la saillie : le balcon fait ohel, et la tuma gagne tous ceux qui passent dessous. Second motif : les olei regalim ne doivent pas se blesser aux poutres.
Et on n'y fait pas de dépotoirs, à cause des shekatzim.
Les shekatzim (Rachi : sheratsim, reptiles) naissent dans l'achpa, le dépotoir. Morts, ils sont une source de tuma pour les kodachim consommés à Jérusalem.
Et on n'y fait pas de fours, à cause de la kutra.
Les kivchanot sont des fours à chaux. La kutra, la fumée, noircit le rempart. Rachi : c'êst une honte pour la ville.
Et on n'y fait pas de jardins ni de vergers, à cause de la sirha.
La sirha vient des herbes qu'on arrache et qu'on jette, et du fumier des jardins. L'exception des roses, dite plus haut, reste hors de cet interdit.
Et on n'y élève pas de poules, à cause des kodachim.
C'êst l'interdit de la michna pour Jérusalem seule. La poule fouille l'ordure, ramène un sherets, et la tuma atteint les kodachim.
Et on n'y laisse pas le mort passer la nuit : tradition.
Le mot gemara répond ici à la question du motif. Rachi : nous tenons cela par masoret, et aucune raison n'accompagne la tradition. Rachi, plus haut : on enterre le jour même.
On n'élève pas de porcs, en aucun lieu. Les Sages ont enseigné : lorsque les membres de la maison hasmonéenne s'assiégeaient l'un l'autre, Hyrkanos était à l'intérieur et Aristobulos à l'extérieur.
Chaque jour, on leur descendait des dinars dans une corbeille, et ils leur faisaient monter les temidim.
Nouvel interdit de la michna : le porc, en tout lieu, pas seulement à Jérusalem. La baraita en donne l'origine. Deux frères hasmonéens, Hyrkanos dedans, Aristobulos dehors. Chaque jour, la terumat ha-lichka descend, et les temidim montent pour le service.
Il y avait là un vieillard qui connaissait la sagesse grecque. Il leur dit : tant qu'ils s'occupent du service, ils ne sont pas livrés entre vos mains.
Le lendemain, ils descendirent des dinars dans la corbeille, et on leur fit monter un porc. Dès qu'il arriva à mi-rempart, il enfonça ses ongles dans le mur, et la terre d'Israël trembla sur quatre cents parsa par quatre cents parsa.
Le vieillard parle au nom de la hokhmat yevanit. Tant que l'avoda continue, la ville ne tombe pas. Le lendemain, à la place de l'agneau du tamid, un porc. À mi-mur il plante les ongles, comme lorsqu'on le traîne. Le séisme couvre quatre cents parsa sur quatre cents.
À cette heure ils dirent : maudit l'homme qui élèvera des porcs, et maudit l'homme qui enseignera à son fils la sagesse grecque. Et c'êst au sujet de cette heure que nous avons enseigné : un fait où l'omer vint des jardins de Tserifin, et les deux pains de la vallée d'Ein Sokher.
Deux malédictions, dites à cette heure : élever des porcs, enseigner à son fils la hokhmat yevanit. La michna de l'omer et des deux pains (Menahot 64b) vise le même siège : les champs proches sont détruits, on va à Tserifin et à Ein Sokher.
Tossefot, sur le commerce des animaux impurs. L'interdit général vise ce qui est destiné à la nourriture. Rabbeinou Tam permet d'élever pour la graisse des peaux, ou de vendre à un Israël qui s'en oindra. Chevaux et ânes : le Yerouchalmi permet le commerce, leur usage habituel est le travail.
Sur le grec : Sota 49a placé le décret à la guerre de Titus, bien après les Hasmonéens. Tossefot : le premier décret n'a pas été reçu ; ou bien la malédiction seule ne fait pas un avaryan, et le décret des Sages vient ensuite. Sur Mordokhai : Rabbi Its'hak dit que les experts en signes et en langues portaient son nom. Le récit des trois femmes vise Mordokhai lui-même, le Petahya des kinim (Chekalim 5, 1).
Et la sagesse grecque, est-elle interdite ? Or on enseigne : Rabbi a dit : en terre d'Israël,
La question ouvre la suite, sur 83a. Rabbi (Rabbi Yehouda ha-Nassi) commence une baraita sur la langue en terre d'Israël. La phrase s'arrête ici.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).