Bava Kamma 82b - Dix statuts de Jérusalem, et le porc sur la muraille

Bava_Kamma 82b

Sougya : L'amoud achève les takanot d'Ezra : hafifa, colporteurs, tevila du baal keri même pour les divrei Torah. Une baraita énumère dix statuts de Jérusalem.

Quatre tombent parce que la ville n'a pas été partagée entre les tribus : la maison n'y devient pas halout, pas de egla arufa, pas de ir ha-nidahat, pas de negaim. Les autres protègent la pureté, les pèlerins et l'aspect de la ville.

Puis la Guemara raconte le siège des Hasmonéens : un porc monte à la place du tamid, et les Sages maudissent celui qui élève des porcs et celui qui enseigne la sagesse grecque à son fils.

Dix statuts de Jérusalem Quatre reposent sur le non-partage entre les tribus. Six tiennent à la ville et aux kodachim. Non partagée aux chevetim Ville, pureté, pèlerins 1. Maison non halout Pas de tsemitut. Rachat, puis yovel. 2. Pas de egla arufa Le verset vise une terre donnée en héritage. 3. Pas de ir ha-nidahat "Tes villes" : on sait à qui elle est réservée. 4. Pas de negaim "Terre de votre possession". 5. Pas de zizin ni de balcons Ohel de tuma, et blessure des olei regalim. 6. Pas de dépotoirs Shekatzim qui meurent et touchent les kodachim. 7. Pas de fours à chaux Kutra : la fumée noircit le rempart. 8. Pas de jardins ni de vergers Sirha. Sauf les roses des premiers prophètes. 9. Pas de poules Elles picorent et rendent les kodachim impurs. 10. On ne laisse pas le mort passer la nuit Gemara : tradition reçue. Rachi : la raison n'est pas transmise. Exception dans le 8 Jardins de roses, depuis les premiers prophètes. Rachi : utiles au ketoret, la Kipat ha-Yarden de Keritot 6a, rose qui pousse au bord du Jourdain. La michna de l'amoud précédent interdit les poules à Jérusalem. La baraita place cet interdit dans la liste des dix.
Les dix statuts. Quatre viennent du non-partage. Six tiennent à la pureté, aux pèlerins et à la ville. Les roses restent l'exception.
Pourquoi quatre lois tombent ensemble Le tanna tient que Jérusalem n'a pas été partagée entre les tribus. Lo nithalka li-chevatim Aucune tribu n'a reçu Jérusalem en part Pas d'ahuza ancestrale d'un particulier Halout tsemitut Vayikra 25 maison du rempart Egla arufa lerishta Devarim 21 terre à hériter Ir ha-nidahat arekha Devarim 13 tes villes Negaim ahuzatkhem Vayikra 14 votre possession Lecture de Tossefot, d'après Yoma 12a "Non partagée" se lit au sens strict. Rabbi Yehouda, lui, dit qu'elle fut partagée et qu'elle reçoit les negaim. Seul le Temple en est exempt : dushna de Jericho.
Sans part de tribu, pas d'ahuza. Halout, egla arufa, ir ha-nidahat et negaim tombent ensemble.
Le siège des Hasmonéens Hyrkanos dedans, Aristobulos dehors. De là vient l'interdit des porcs. Dedans : Hyrkanos Descend des dinars dans une corbeille Dehors : Aristobulos Fait monter les temidim Rachi : dinars de la terumat ha-lichka, pour acheter les temidim Un vieillard connaît la hokhmat yevanit Tant qu'ils font l'avoda, ils ne vous sont pas livrés Le lendemain : un porc monte le long du mur À mi-rempart il plante ses ongles. La terre tremble, 400 parsa sur 400 Arur : élever des porcs En tout lieu, pas seulement à Jérusalem Arur : enseigner le grec Hokhmat yevanit à son fils Même heure, michna de Menahot 64b L'omer vient des jardins de Tserifin. Les deux pains, de la vallée d'Ein Sokher.
Du tamid quotidien au porc sur le mur : malédiction des porcs et de la sagesse grecque, omer lointain.
1
וַאֲתָא אִיהוּ תַּיקֵּן חֲפִיפָה.

Et lui vint et institua la hafifa.

📜 Rachi (1)
חֲפִיפָה בְּמַסְרֵק לְהַרְחָקָה דְּמִילְּתָא:
Hafifa : au peigne, pour éloigner la chose rebutante.
💡 Explication

Suite des takanot d'Ezra, ouvertes sur l'amoud précédent. La Torah demande l'immersion. Ezra ajoute la hafifa : peigner les cheveux, pour écarter nœud et matière qui feraient hatsitsa (interposition).

2
וְשֶׁיְּהוּ רוֹכְלִין מְחַזְּרִין בָּעֲייָרוֹת – מִשּׁוּם תַּכְשִׁיטֵי נָשִׁים, כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְגַּנּוּ עַל בַּעֲלֵיהֶם.

Et que les colporteurs circulent dans les villes, à cause des parures des femmes, afin qu'elles ne deviennent pas repoussantes pour leurs maris.

💡 Explication

Autre takana d'Ezra. Les rokhelin (colporteurs) passent de ville en ville avec les takhchitei nachim, les parures. Le but est que la femme ne devienne pas repoussante aux yeux de son mari.

3
וְתִיקֵּן טְבִילָה לְבַעֲלֵי קְרָיִין – דְּאוֹרָיְיתָא הוּא! דִּכְתִיב: ״וְאִישׁ כִּי תֵצֵא מִמֶּנּוּ שִׁכְבַת זָרַע, וְרָחַץ אֶת בְּשָׂרוֹ בַמַּיִם״! דְּאוֹרָייְתָא הוּא לִתְרוּמָה וְקָדָשִׁים; אֲתָא הוּא, תִּיקֵּן אֲפִילּוּ לְדִבְרֵי תוֹרָה.

Et il institua l'immersion pour les baalei keri. C'êst de la Torah !

Car il est écrit : "Un homme de qui sort une émission de semence lavera sa chair dans l'eau." De la Torah, c'êst pour la terouma et les kodachim. Lui vint, et il institua même pour les paroles de Torah.

📜 Rachi (1)
לְדִבְרֵי תּוֹרָה שֶׁלֹּא יְשַׁנֶּה עַד שֶׁיִּטְבֹּול:
Pour les paroles de Torah : qu'il n'enseigne pas avant de s'être immergé.
🗂️ Tossefot (1)
אֲתָא אִיהוּ וְתִיקֵּן אֲפִילּוּ לְדִבְרֵי תּוֹרָה לָא קַייְמָא לַן הָכִי אֶלָּא כַּר' יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא דְּאָמַר דִבְרֵי תוֹרָה אֵין מְקַבְּלִין טֻומְאָה כִּדְאָמַר בְּרֵאשִׁית הַגֵּז (חֻולִּין דַּף קלו: וְשָׁם) וּבְמִי שֶׁמֵּתוּ (בְּרָכוֹת דַּף כב.) הָאִידָּנָא נְהוּג עָלְמָא כִּתְלָתָא סָבֵי וא"ת דְּהֵיכִי אַלִּים ר' יְהוּדָה לְבַטֵּל תַּקָּנַת עֶזְרָא וי"ל דְּדִלְמָא סָבַר דְּלָא תִּיקֵּן עֶזְרָא דָּבָר זֶה אִי נָמֵי הִתְנָה שֶׁכָּל מִי שֶׁרוֹצֶה לְבַטֵּל יְבַטֵּל דִּבְכִי הַאי גַּוְונָא מֻותָּר כִּדְאָמַר בְּרֵישׁ מוֹעֵד קָטָן (דַּף ג:) אִי נָמֵי לֹא פָּשַׁט אִיסּוּרוֹ בְּרֹוב יִשְׂרָאֵל כִּדְאָמְרִינַן גַּבֵּי שֶׁמֶן בְּפָ' אֵין מַעֲמִידִין (ע"ז דַּף לו.) ואע"ג דְּמַשְׁמַע הָתָם דְּאִי דָּנִיֵּאל גָּזַר עָלָיו לֹא הָיָה ר' יְהוּדָה נְשִׂיאָה יָכוֹל לְבַטְּלוֹ אע"פ שֶׁלֹּא פָּשַׁט הַיְינוּ בְּמִילְּתָא דִּכְתִיב בִּקְרָא אֲבָל תַּקָּנַת עֶזְרָא לָא כְּתִיב בִּקְרָא וְהָא דְּדָרֵישׁ בְּמִי שֶׁמֵּתוּ (בְּרָכוֹת דַּף כא:) מִדִּכְתִיב וְהוֹדַעְתָּ לְבָנֶיךָ וּסְמִיךְ לֵיהּ יוֹם אֲשֶׁר עָמַדְתָּ מַה לְהַלָּן בַּעֲלֵי קְרָיִין אֲסוּרִין כו' אַסְמַכְתָּא הִיא דְּהָא עֶזְרָא תִּיקֵּן וְהָא דְּאָמַר בְּמִי שֶׁמֵּתוּ (שָׁם דַּף יח:) גַּבֵּי בְּנָיָהוּ דִּתְבַר גְּזִיזָא דְּבַרְדָּא וְנַחַת וְטָבַל לֹא לְדִבְרֵי תּוֹרָה דְּאַכַּתִּי עֶזְרָא לָא הֲוָה אֶלָּא לֶאֱכֹול חֻולִּין בְּטָהֳרָה:
Il vint et institua même pour les paroles de Torah. Nous ne tenons pas ainsi, mais comme Rabbi Yehouda ben Beteira, qui dit que les paroles de Torah ne reçoivent pas l'impureté, comme il est dit dans Rechit ha-Gez (Houlin 136b) et dans Mi che-Meto (Berakhot 22a). De nos jours, le monde suit la coutume des trois vieillards. Et si tu dis : comment Rabbi Yehouda a-t-il eu la force d'annuler une takana d'Ezra ? On peut dire que peut-être il estimait qu'Ezra n'avait pas institué cette chose. Ou bien il a stipulé que quiconque veut annuler peut annuler, et dans un tel cas c'êst permis, comme il est dit au début de Moed Katan (3b). Ou bien son interdit ne s'est pas répandu dans la majorité d'Israël, comme nous disons au sujet de l'huile dans le chapitre Ein Maamidin (Avoda Zara 36a). Et même s'il ressort de là que, si Daniel avait décrété dessus, Rabbi Yehouda Nessiya n'aurait pas pu l'annuler bien que l'interdit ne se soit pas répandu, cela vaut pour une chose écrite dans le verset. La takana d'Ezra n'est pas écrite dans le verset. Et ce qu'on dérive dans Mi che-Meto (Berakhot 21b), de l'écrit "tu les feras connaître à tes fils", juxtaposé à "le jour où tu te tins" : de même que là-bas les baalei keri sont interdits, etc., c'êst une asmakhta, puisque c'êst Ezra qui a institué. Et ce qui est dit dans Mi che-Meto (Berakhot 18b) au sujet de Benayahou, qui brisa un bloc de glace, descendit et s'immergea : pas pour les paroles de Torah, car Ezra n'était pas encore, mais pour manger du houlin en pureté.
💡 Explication

Le verset de Vayikra 15 impose la tevila au baal keri. La Guemara limite cette obligation de la Torah à celui qui veut toucher la terouma ou les kodachim. Ezra l'étend aux divrei Torah : étude et enseignement.

Tossefot : la halakha suit Rabbi Yehouda ben Beteira. Les paroles de Torah ne reçoivent pas la tuma. La coutume est celle des trois vieillards, Berakhot 22a. Le derach de "tu les feras connaître à tes fils" reste une asmakhta : l'institution est d'Ezra. L'immersion de Benayahou, avant Ezra, visait le houlin mangé en pureté.

🖼️ Schéma
Tevila du baal keri : Torah, puis Ezra Deoraita Vayikra 15 : il lave sa chair dans l'eau Pour la terouma et les kodachim Takana d'Ezra Même pour les divrei Torah Rachi : il n'enseigne qu'après la tevila Halakha retenue, Tossefot Rabbi Yehouda ben Beteira : les divrei Torah ne reçoivent pas la tuma. Coutume des trois vieillards, Berakhot 22a.
La Torah : tevila pour terouma et kodachim. Ezra : aussi avant les divrei Torah. La halakha suit Rabbi Yehouda ben Beteira.
4
עֲשָׂרָה דְּבָרִים נֶאֶמְרוּ בִּירוּשָׁלַיִם: אֵין הַבַּיִת חָלוּט בָּהּ; וְאֵינָהּ מְבִיאָה עֶגְלָה עֲרוּפָה; וְאֵינָהּ נַעֲשֵׂית עִיר הַנִּדַּחַת;

Dix choses ont été dites au sujet de Jérusalem : la maison n'y devient pas halout ; elle n'amène pas la egla arufa ; elle ne devient pas une ir ha-nidahat ;

📜 Rachi (1)
אֵין הַבַּיִת חָלוּט בָּהּ כְּדִין בָּתֵּי עָרֵי חוֹמָה אֶלָּא גְּאֻולָּה תִּהְיֶה לוֹ אִם יִרְצֶה לִגְאֹול וְאִם יַגִּיעַ יוֹבֵל יוֹצֵא בַּיּוֹבֵל כְּבָתֵּי עָרֵי חֲצֵרִים:
La maison n'y devient pas halout : pas selon le droit des maisons des villes fortifiées. Le rachat lui reste s'il veut racheter, et si le yovel arrive elle sort au yovel, comme les maisons des villes ouvertes.
🗂️ Tossefot (1)
וְאֵינָהּ מְבִיאָה עֶגְלָה עֲרוּפָה וא"ת מַאי אִרְיָא מִשּׁוּם דְּלָא נִתְחַלְּקָה תִּיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם דְּאִית לָן לְמֵיזַל בָּתַר רֻובָּא דְּעָלְמָא כִּדְאָמַר בְּלֹא יַחְפֹּור (ב"ב דַּף כג:) ואע"ג דְּאָמַר הָתָם דִּבְיוֹשֶׁבֶת בֵּין הֶהָרִים לָא אָזְלִינַן בָּתַר רֻובָּא וִירוּשָׁלַיִם הָרִים סָבִיב לָהּ מִכָּל מָקוֹם הָיוּ יִשְׂרָאֵל נִכְנָסִין וְיוֹצְאִין לָהּ לַעֲלוֹת לָרֶגֶל וּבִשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה נָמֵי לְשַׁלֵּם נְדָרִים וּנְדָבוֹת וְגַם אוּמוֹת הָעוֹלָם הָיוּ בָּאִין לָהּ לִסְחוֹרָה שֶׁקְּרוּיָה רוֹכֶלֶת עַמִּים וְי"ל דְּמ"מ הָיוּ שָׁם מְקוֹמוֹת שֶׁלֹּא הָיוּ מְצוּיִים כִּי אִם יוֹשְׁבֵי יְרוּשָׁלַיִם לְבַדָּם אִי נָמֵי בִּימֵי חִזְקִיָּה שֶׁכָּל יִשְׂרָאֵל הָיוּ בִּירוּשָׁלַיִם וְלֹא הָיוּ בָּאִין לִסְחוֹרָה:
Et elle n'amène pas la egla arufa. Et si tu dis : pourquoi justement parce qu'elle n'a pas été partagée ? Qu'on le tire de ce que nous devons suivre la majorité du monde, comme il est dit dans Lo Yahpor (Bava Batra 23b). Et même s'il est dit là-bas que, pour une ville assise entre les montagnes, nous ne suivons pas la majorité, et que Jérusalem a des montagnes tout autour, malgré tout, Israël entrait et sortait pour monter en pèlerinage, et le reste de l'année aussi pour acquitter nedarim et nedavot, et les nations du monde venaient aussi pour le commerce, elle qui est appelée la marchande des peuples. On peut dire que, malgré tout, il y avait là des endroits où ne se trouvaient que les habitants de Jérusalem. Ou bien aux jours de Hizkiya, où tout Israël était à Jérusalem, et l'on ne venait pas pour le commerce.
💡 Explication

La baraita ouvre la liste des dix statuts. Les trois premiers sont développés plus loin, tous à partir du même fond : Jérusalem n'a pas été partagée entre les tribus.

Halout : dans une ville fortifiée, passé un an sans rachat, la vente devient définitive (Vayikra 25). À Jérusalem, le vendeur peut encore racheter, et le yovel fait sortir la maison, comme pour une ville ouverte.

Tossefot, sur la egla arufa : on suit d'ordinaire la majorité des passants (Bava Batra 23b), et Jérusalem est entourée de montagnes. Le flux des olei regalim, des nedarim et du commerce laisse pourtant des lieux où seuls les habitants passent, et le temps de Hizkiya, où tout Israël était dedans. D'où le besoin du motif "non partagée".

5
וְאֵינָהּ מְטַמְּאָה בִּנְגָעִים; וְאֵין מוֹצִיאִין בָּהּ זִיזִין וּגְזֻוזְטְרָאוֹת; וְאֵין עוֹשִׂין בָּהּ אַשְׁפַּתּוֹת; וְאֵין עוֹשִׂין בָּהּ כִּבְשׁוֹנוֹת; וְאֵין עוֹשִׂין בָּהּ גַּנּוֹת וּפַרְדֵּסוֹת – חוּץ מִגַּנּוֹת וְורָדִין שֶׁהָיוּ מִימוֹת נְבִיאִים הָרִאשׁוֹנִים; וְאֵין מְגַדְּלִים בָּהּ תַּרְנְגוֹלִין; וְאֵין מְלִינִין בָּהּ אֶת הַמֵּת.

et elle ne se rend pas impure par les negaim ; on n'y fait pas sortir de zizin ni de gezuztraot ; on n'y fait pas de dépotoirs ; on n'y fait pas de fours ; on n'y fait pas de jardins ni de vergers, sauf les jardins de roses qui dataient des premiers prophètes ; on n'y élève pas de poules ; on n'y laisse pas le mort passer la nuit.

📜 Rachi (5)
זִיזִין קוֹרוֹת יוֹצְאִין מִן הַכְּתָלִים:
Zizin : des poutres qui sortent des murs.
גְּזֻוזְטְרָאוֹת אולדליו"ר בְּלַעַ"ז עַל פְּנֵי הָעֲלִיָּיה מִבַּחוּץ:
Gezuztraot : mot de la langue étrangère, sur la face de l'étage, à l'extérieur.
כִּבְשׁוֹנוֹת מִשְׂרְפוֹת סִיד לִקְדֵירוֹת:
Fours : fours où l'on brûle la chaux pour les poteries.
גִּינַּת וְרָדִין כָּךְ שְׁמָהּ וְהִיא הָיְתָה צְרִיכָה לִקְטֹורֶת וְהַיְינוּ כִּיפַּת הַיַּרְדֵּן כְּרִיתוֹת (דַּף ו.) עַל שֵׁם שֶׁדֶּרֶךְ הַוֶּרֶד לְגַדֵּל עַל שְׂפַת הַיַּרְדֵּן:
Jardin de roses : tel est son nom, et il était nécessaire pour le ketoret. C'êst la Kipat ha-Yarden de Keritot (6a), ainsi nommée parce que la rose a coutume de pousser au bord du Jourdain.
אֵין מְלִינִין בָּהּ אֶת הַמֵּת מֵת בָּהּ אָדָם בְּאוֹתוֹ הַיּוֹם קוֹבְרִים אוֹתוֹ מִיָּד:
On n'y laisse pas le mort passer la nuit : si un homme y meurt, on l'enterre le jour même, aussitôt.
💡 Explication

Suite de la liste, jusqu'à dix. Negaim : plaies de tsaraat des maisons. Zizin : poutres en saillie. Gezuztraot : balcons sur la face de l'étage. Kivchanot : fours à chaux. Pardesot : vergers.

L'exception des roses remonte aux premiers prophètes. Rachi les relie à l'encens : la Kipat ha-Yarden. Les poules et le mort de la nuit ferment la liste. Chaque motif vient dans les segments suivants.

6
אֵין הַבַּיִת חָלוּט בָּהּ – דִּכְתִיב: ״וְקָם הַבַּיִת אֲשֶׁר לוֹ חוֹמָה לַצְּמִתֻת לַקֹּנֶה אֹתוֹ לְדֹרֹתָיו״, וְקָסָבַר לֹא נִתְחַלְּקָה יְרוּשָׁלַיִם לִשְׁבָטִים.

La maison n'y devient pas halout, car il est écrit : "La maison qui a un rempart sera confirmée à perpétuité pour celui qui l'a acquise, pour ses générations." Et il estime que Jérusalem n'a pas été partagée entre les tribus.

💡 Explication

Vayikra 25, 30. La tsemitut, l'acquisition à perpétuité, vise la maison d'une ville fortifiée qui appartient à quelqu'un. Le tanna tient que Jérusalem n'a pas été partagée : personne n'y a de part ancestrale. La vente n'y devient donc pas définitive.

7
וְאֵינָהּ מְבִיאָה עֶגְלָה עֲרוּפָה – דִּכְתִיב: ״כִּי יִמָּצֵא חָלָל בָּאֲדָמָה אֲשֶׁר ה׳ אֱ-לֹהֶיךָ נֹותֵן לְךָ לְרִשְׁתָּהּ״, וִירוּשָׁלַיִם לֹא נִתְחַלְּקָה לִשְׁבָטִים.

Et elle n'amène pas la egla arufa, car il est écrit : "Si l'on trouve un tué sur la terre que Hachem ton D.ieu te donne en héritage." Et Jérusalem n'a pas été partagée entre les tribus.

💡 Explication

Devarim 21. La egla arufa se dit d'un tué trouvé sur la terre donnée en héritage à Israël. Jérusalem, non partagée, n'entre pas dans ce verset. Ses anciens n'amènent donc pas la génisse.

8
וְאֵינָהּ נַעֲשֵׂית עִיר הַנִּדַּחַת – דִּכְתִיב: ״עָרֶיךָ״, וִירוּשָׁלַיִם לֹא נִתְחַלְּקָה לִשְׁבָטִים.

Et elle ne devient pas une ir ha-nidahat, car il est écrit : "tes villes". Et Jérusalem n'a pas été partagée entre les tribus.

📜 Rachi (1)
עָרֶיךָ מַשְׁמַע שֶׁאַתָּה יוֹדֵעַ לְמִי מְיֻוחֶדֶת הִיא:
"Tes villes" : cela implique que tu sais à qui elle est réservée.
💡 Explication

Devarim 13, la ir ha-nidahat, ville gagnée à l'idolâtrie. Le mot arekha, "tes villes", suppose une ville que l'on peut attribuer à quelqu'un. Rachi : tu sais à qui elle est réservée. Jérusalem, hors du partage des tribus, n'est pas de ce compte.

9
וְאֵינָהּ מְטַמְּאָה בִּנְגָעִים – דִּכְתִיב: ״וְנָתַתִּי נֶגַע צָרַעַת בְּבֵית אֶרֶץ אֲחֻזַּתְכֶם״, וִירוּשָׁלַיִם לֹא נִתְחַלְּקָה לִשְׁבָטִים.

Et elle ne se rend pas impure par les negaim, car il est écrit : "Je mettrai une plaie de tsaraat dans une maison du pays de votre possession." Et Jérusalem n'a pas été partagée entre les tribus.

🗂️ Tossefot (1)
וְאֵין מְטַמֵּא בִּנְגָעִים דִּכְתִיב אֲחֻוזַּתְכֶם וִירוּשָׁלַיִם לֹא נִתְחַלְּקָה לִשְׁבָטִים אֵין לְפָרֵשׁ שֶׁנִּתְחַלְּקָה אֶלָּא שֶׁנָּתְנוּ דֻּושְׁנָהּ שֶׁל יְרִיחוֹ תַּחְתֶּיהָ וּלְפִיכָךְ אֵין מְטַמֵּא דבפ"ק דְּיוֹמָא (דַּף יב.) מַשְׁמַע דְּלָמֶ"ד לֹא נִתְחַלְּקָה לֹא נִתְחַלְּקָה מַמָּשׁ וא"ת מִנָּלֵיהּ דְּלָא נִתְחַלְּקָה מַמָּשׁ דִּלְמָא סָבַר נִתְחַלְּקָה אֶלָּא שֶׁנָּתְנוּ דֻּושְׁנָהּ שֶׁל יְרִיחוֹ תַּחְתֶּיהָ כְּמוֹ לְר' יְהוּדָה דְּאָמַר נִתְחַלְּקָה וּמְטַמֵּא וּבֵית הַמִּקְדָּשׁ עַצְמוֹ אֵין מְטַמֵּא אע"ג דְּנִתְחַלֵּק אֶלָּא מִשּׁוּם שֶׁנָּתְנוּ דֻּושְׁנָהּ שֶׁל יְרִיחוֹ תַּחְתָּיו כִּדְאָמַר הָתָם וְי"ל דְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ סְבָרָא הוּא אע"ג דְּנִתְחַלֵּק דְּחָזְרוּ וְקָנוּ אוֹתוֹ כְּדֵי שֶׁיְּהֵא לְכָל יִשְׂרָאֵל חֵלֶק בּוֹ אֲבָל יְרוּשָׁלַיִם אִם מִתְּחִילָּה נִתְחַלְּקָה לָמָּה הָיוּ חוֹזְרִין וְקוֹנִין אוֹתָהּ:
Et elle ne se rend pas impure par les negaim, car il est écrit "votre possession", et Jérusalem n'a pas été partagée entre les tribus. Il ne faut pas l'expliquer ainsi : elle aurait été partagée, sauf qu'on aurait donné la fertilité de Jericho à sa place, et c'êst pour cela qu'elle ne se rendrait pas impure. Car dans le premier chapitre de Yoma (12a) il ressort que, pour celui qui dit qu'elle n'a pas été partagée, elle n'a pas été partagée réellement. Et si tu dis : d'où tient-il qu'elle n'a pas été partagée réellement ? Peut-être estime-t-il qu'elle a été partagée, sauf qu'on a donné la fertilité de Jericho à sa place, comme pour Rabbi Yehouda, qui dit qu'elle a été partagée et qu'elle se rend impure, tandis que le Temple lui-même ne se rend pas impur, bien qu'il ait été partagé, parce qu'on a donné la fertilité de Jericho à sa place, comme il est dit là-bas. On peut dire : pour le Temple, il y a une sevara, bien qu'il ait été partagé : ils sont revenus l'acquérir afin que chaque fils d'Israël y ait une part. Mais Jérusalem, si dès le début elle avait été partagée, pourquoi seraient-ils revenus l'acquérir ?
💡 Explication

Vayikra 14. Les negaim des maisons visent une maison d'ahuzatkhem, votre possession. Sans partage entre les tribus, Jérusalem est hors du verset.

Tossefot, d'après Yoma 12a. Rabbi Yehouda dit que la ville fut partagée et qu'elle reçoit les negaim. Le Temple seul en est exempt : on a donné à sa place la dushna de Jericho, sa fertilité. La baraita, elle, parle d'une absence réelle de partage. Le rachat du Temple se comprend : chaque Israël doit y avoir une part. Pour la ville entière, ce rachat n'aurait pas de motif.

🖼️ Schéma
Partage de Jérusalem : baraita et Rabbi Yehouda Baraita Pas partagée, au sens strict Donc pas de negaim Le verset dit : ahuzatkhem Rabbi Yehouda, Yoma 12a Partagée, et elle reçoit les negaim Le Temple seul en est exempt Dushna de Jericho donnée à sa place Sevara de Tossefot sur le Temple On l'a racheté pour que chaque Israël y ait une part. Jérusalem entière : un rachat pareil n'a pas de motif si le partage initial a eu lieu.
Baraita : Jérusalem non partagée, donc sans negaim. Rabbi Yehouda : partagée, et seul le Temple est exempt par la dushna de Jericho.
10
וְאֵין מוֹצִיאִין בָּהּ זִיזִין וּגְזֻוזְטְרָאוֹת – מִפְּנֵי אֹהֶל הַטֻּומְאָה, וּמִשּׁוּם דְּלָא לִיתַּזְקוּ עוֹלֵי רְגָלִים.

Et on n'y fait pas sortir de zizin ni de gezuztraot, à cause de la tente d'impureté, et afin que les pèlerins ne se blessent pas.

📜 Rachi (1)
אֹהֶל הַטֻּומְאָה שֶׁמָּא יְהֵא כַּזַּיִת מִן הַמֵּת מֻוטָּל בָּאָרֶץ וְהַגְּזֻוזְטְרָאוֹת מַאֲהִילוֹת עָלָיו וְעַל אֲנָשִׁים הַרְבֵּה וְנִמְצֵאת מַרְבָּה אֶת הַטֻּומְאָה:
Tente d'impureté : de crainte qu'un kezayit du mort soit jeté à terre, que les balcons fassent tente sur lui et sur beaucoup de gens, et que l'on multiplie ainsi l'impureté.
💡 Explication

Deux motifs, sans lien avec le partage des tribus. Un kezayit de mort sous la saillie : le balcon fait ohel, et la tuma gagne tous ceux qui passent dessous. Second motif : les olei regalim ne doivent pas se blesser aux poutres.

🖼️ Schéma
Zizin et gezuztra : deux raisons mur balcon, saillie kezayit du mort passant l'auvent fait ohel sur le kezayit et sur les gens 1. Ohel ha-touma La saillie multiplie l'impureté sur beaucoup de personnes 2. Olei regalim Qu'ils ne se blessent pas
La saillie fait ohel sur un kezayit de mort. Elle risque aussi de blesser les pèlerins.
11
וְאֵין עוֹשִׂין בָּהּ אַשְׁפַּתּוֹת – מִשּׁוּם שְׁקָצִים.

Et on n'y fait pas de dépotoirs, à cause des shekatzim.

📜 Rachi (1)
מִשּׁוּם שְׁרָצִים דַּרְכָּן לִיגָּדֵל בָּאַשְׁפָּה וּמַרְבִּים טֻומְאָה לְפִי שֶׁמֵּתִים שָׁם וּמְטַמְּאִים הַקֳּדָשִׁים שֶׁבִּירוּשָׁלַיִם:
À cause des reptiles : ils ont coutume de se développer dans le dépotoir et multiplient l'impureté, car ils y meurent et rendent impurs les kodachim qui sont à Jérusalem.
💡 Explication

Les shekatzim (Rachi : sheratsim, reptiles) naissent dans l'achpa, le dépotoir. Morts, ils sont une source de tuma pour les kodachim consommés à Jérusalem.

12
וְאֵין עוֹשִׂין בָּהּ כִּבְשׁוֹנוֹת – מִשּׁוּם קֻוטְרָא.

Et on n'y fait pas de fours, à cause de la kutra.

📜 Rachi (1)
קֻוטְרָא עָשָׁן שֶׁמַּשְׁחִיר אֶת הַחוֹמָה וּגְנַאי הוּא:
Kutra : fumée qui noircit le rempart, et c'êst une honte.
💡 Explication

Les kivchanot sont des fours à chaux. La kutra, la fumée, noircit le rempart. Rachi : c'êst une honte pour la ville.

13
וְאֵין עוֹשִׂין בָּהּ גַּנּוֹת וּפַרְדֵּסִין – מִשּׁוּם סִירְחָא.

Et on n'y fait pas de jardins ni de vergers, à cause de la sirha.

📜 Rachi (1)
סֵרָחוֹן עֲשָׂבִים רָעִים הַגְּדֵילִים שָׁם וְזוֹרְקִין בַּחוּץ וְעוֹד דֶּרֶךְ גִּנּוֹת לְזַבְּלָן וְיֵשׁ סֵרָחוֹן:
Mauvaise odeur : de mauvaises herbes y poussent et on les jette dehors. De plus, les jardins ont coutume d'être fumés, et il y a une mauvaise odeur.
💡 Explication

La sirha vient des herbes qu'on arrache et qu'on jette, et du fumier des jardins. L'exception des roses, dite plus haut, reste hors de cet interdit.

14
וְאֵין מְגַדְּלִין בָּהּ תַּרְנְגוֹלִין – מִשּׁוּם קָדָשִׁים.

Et on n'y élève pas de poules, à cause des kodachim.

📜 Rachi (1)
מִשּׁוּם קָדָשִׁים שֶׁתַּרְנְגוֹלִין מְנַקְּרִין בָּאַשְׁפָּה וּמְבִיאִים בְּשַׂר שְׁרָצִים בְּפִיהֶם וּמְטַמְּאִין אֶת הַקֳּדָשִׁים:
À cause des kodachim : les poules picorent dans le dépotoir, apportent dans leur bec de la chair de reptiles, et rendent impurs les kodachim.
💡 Explication

C'êst l'interdit de la michna pour Jérusalem seule. La poule fouille l'ordure, ramène un sherets, et la tuma atteint les kodachim.

15
וְאֵין מְלִינִין בָּהּ אֶת הַמֵּת – גְּמָרָא.

Et on n'y laisse pas le mort passer la nuit : tradition.

📜 Rachi (1)
גְּמָרָא מָסֹורֶת הִיא בְּיָדֵינוּ וְאֵין טַעַם לַדָּבָר:
Gemara : c'êst une tradition entre nos mains, et il n'y a pas de raison à la chose.
💡 Explication

Le mot gemara répond ici à la question du motif. Rachi : nous tenons cela par masoret, et aucune raison n'accompagne la tradition. Rachi, plus haut : on enterre le jour même.

16
אֵין מְגַדְּלִין חֲזִירִים בְּכָל מָקוֹם. תָּנוּ רַבָּנַן: כְּשֶׁצָּרוּ בֵּית חַשְׁמוֹנַאי זֶה עַל זֶה, הָיָה הוּרְקָנוֹס מִבִּפְנִים וַאֲרִיסְטוֹבְּלוּס מִבַּחוּץ. וּבְכָל יוֹם הָיוּ מְשַׁלְשְׁלִים לָהֶם בְּקֻופָּה דִּינָרִין, וְהָיוּ מַעֲלִים לָהֶם תְּמִידִים.

On n'élève pas de porcs, en aucun lieu. Les Sages ont enseigné : lorsque les membres de la maison hasmonéenne s'assiégeaient l'un l'autre, Hyrkanos était à l'intérieur et Aristobulos à l'extérieur.

Chaque jour, on leur descendait des dinars dans une corbeille, et ils leur faisaient monter les temidim.

📜 Rachi (2)
הוֹרְקְנוֹס וְאָרִיסְטוֹבְּלוּס אַחִים הָיוּ וּמְרִיבִין עַל דְּבַר הַמְּלוּכָה:
Hyrkanos et Aristobulos : ils étaient frères, et ils se querellaient au sujet de la royauté.
הָיוּ מְשַׁלְּשִׁין אוֹתָם שֶׁבִּפְנִים מוֹרִידִין מֵעַל הַחוֹמָה דִּינָרִין מִתְּרוּמַת הַלִּשְׁכָּה בְּקֻופָּה לְאוֹתָן שֶׁבַּחוּץ לִקְנוֹת תְּמִידִין:
Ils descendaient : ceux de l'intérieur descendaient, du haut du rempart, des dinars de la terumat ha-lichka dans une corbeille, à ceux de l'extérieur, pour acheter les temidim.
💡 Explication

Nouvel interdit de la michna : le porc, en tout lieu, pas seulement à Jérusalem. La baraita en donne l'origine. Deux frères hasmonéens, Hyrkanos dedans, Aristobulos dehors. Chaque jour, la terumat ha-lichka descend, et les temidim montent pour le service.

17
הָיָה שָׁם זָקֵן אֶחָד שֶׁהָיָה מַכִּיר בְּחָכְמַת יְווָנִית, אָמַר לָהֶם: כָּל זְמַן שֶׁעוֹסְקִין בָּעֲבוֹדָה – אֵין נִמְסָרִים בְּיֶדְכֶם. לְמָחָר שִׁילְשְׁלוּ דִּינָרִין בְּקֻופָּה, וְהֶעֱלוּ לָהֶם חֲזִיר. כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ לַחֲצִי הַחוֹמָה, נָעַץ צִפָּרְנָיו בַּחוֹמָה, וְנִזְדַּעְזְעָה אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל אַרְבַּע מֵאוֹת פַּרְסָה עַל אַרְבַּע מֵאוֹת פַּרְסָה.

Il y avait là un vieillard qui connaissait la sagesse grecque. Il leur dit : tant qu'ils s'occupent du service, ils ne sont pas livrés entre vos mains.

Le lendemain, ils descendirent des dinars dans la corbeille, et on leur fit monter un porc. Dès qu'il arriva à mi-rempart, il enfonça ses ongles dans le mur, et la terre d'Israël trembla sur quatre cents parsa par quatre cents parsa.

📜 Rachi (1)
נָעַץ צִפָּרְנָיו תָּקַע שֶׁכֵּן דֶּרֶךְ חֲזִיר כְּשֶׁגּוֹרְרִין אוֹתוֹ:
Il enfonça ses ongles : il planta, car telle est la manière du porc quand on le traîne.
💡 Explication

Le vieillard parle au nom de la hokhmat yevanit. Tant que l'avoda continue, la ville ne tombe pas. Le lendemain, à la place de l'agneau du tamid, un porc. À mi-mur il plante les ongles, comme lorsqu'on le traîne. Le séisme couvre quatre cents parsa sur quatre cents.

🖼️ Schéma
Le porc à mi-mur mur Hyrkanos, dedans Aristobulos, dehors dinars, corbeille porc qui monte mi-mur : les ongles Erets Israël tremble, 400 parsa sur 400
Les dinars descendent, le porc monte. À mi-mur, les ongles, et la terre tremble.
18
בְּאוֹתָהּ שָׁעָה אָמְרוּ: אָרוּר הָאִישׁ שֶׁיְּגַדֵּל חֲזִירִים, וְאָרוּר הָאָדָם שֶׁיְּלַמֵּד אֶת בְּנוֹ חָכְמַת יְוָונִית. וְעַל אוֹתָהּ שָׁעָה שָׁנִינוּ: מַעֲשֶׂה שֶׁבָּא עֹומֶר מִגַּנּוֹת הַצְּרִיפִין, וּשְׁתֵּי הַלֶּחֶם מִבִּקְעַת עֵין סוֹכֵר.

À cette heure ils dirent : maudit l'homme qui élèvera des porcs, et maudit l'homme qui enseignera à son fils la sagesse grecque. Et c'êst au sujet de cette heure que nous avons enseigné : un fait où l'omer vint des jardins de Tserifin, et les deux pains de la vallée d'Ein Sokher.

📜 Rachi (2)
וְעַל אוֹתָהּ שָׁעָה שָׁנִינוּ בִּמְנָחוֹת (דַּף סד:) מַעֲשֶׂה שֶׁבָּא הָעֹומֶר שֶׁהָיָה רָגִיל לָבֹא מִן הַקָּרוֹב לִירוּשָׁלַיִם אוֹתָהּ שָׁעָה בָּא מִגִּנּוֹת צְרִיפִין רָחוֹק מִירוּשָׁלַיִם לְפִי שֶׁהֶחֱרִיבוּ בְּנֵי הַמָּצוֹר אֶת תְּבוּאוֹת הַשָּׂדֶה:
Et c'êst au sujet de cette heure que nous avons enseigné : dans Menahot (64b), un fait où l'omer, qui avait coutume de venir du voisinage de Jérusalem, vint cette fois des jardins de Tserifin, loin de Jérusalem, parce que les assiégeants avaient détruit les récoltes des champs.
מִבִּקְעַת עַיִן סֻוכָּר שֵׁם מָקוֹם:
De la vallée d'Ein Sokher : nom d'un lieu.
🗂️ Tossefot (3)
לֹא יְגַדֵּל אָדָם חֲזִירִין וא"ת ת"ל דְּאָסוּר לַעֲשׂוֹת סְחוֹרָה בְּכָל דְּבָרִים טְמֵאִים כְּדִתְנַן בְּמַסֶּכֶת שְׁבִיעִית (פ"ז מ"ג) אֵין עוֹשִׂין סְחוֹרָה בִּנְבֵילוֹת וּטְרֵיפוֹת וּבְפֶ' כָּל שָׁעָה (פְּסָחִים דַּף כג. וְשָׁם) נָמֵי אוֹמֵר צַייָּדֵי חַיָּה וְעוֹף שֶׁנִּזְדַּמְּנוּ לָהֶם מִינִים טְמֵאִים דַּוְקָא נִזְדַּמְּנוּ אֲבָל לְכַתְּחִילָּה לֹא כִּדְדָרֵישׁ הָתָם יִהְיוּ בַּהֲוָייָתָן יְהֵא ובת"כ נָמֵי דָּרְשִׁינַן שֶׁקֶץ הוּא לָכֶם שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹת סְחוֹרָה בָּהֶן וְתֵירֵץ ר"ת דְּהַייְנוּ דַּוְקָא בְּדָבָר הָעוֹמֵד לַאֲכִילָה אֲבָל אִם מְגַדְּלָן לִמְשֹׁוחַ עוֹרוֹת בְּשׁוּמָנָן אוֹ לְמָוכְרָן לְיִשְׂרָאֵל שֶׁיִּמְשַׁח בָּהֶן שָׁרִי וְכָל חָלָב מֻותָּר לִמְכֹּור הֵיכָא דְּלָא קָאֵי לַאֲכִילָה וּבַיְּרוּשַׁלְמִי נָמֵי מְפָרֵשׁ בְּהַאי פִּירְקָא דְּסוּסִים וַחֲמוֹרִים שָׁרִי לַעֲשׂוֹת בָּהֶן סְחוֹרָה מִשּׁוּם דִּסְתָמָן לִמְלָאכָה:
Qu'un homme n'élève pas de porcs. Et si tu dis : qu'on le tire de l'interdit de faire commerce de toutes les choses impures, comme la michna l'enseigne dans le traité Cheviit (chapitre 7, michna 3) : on ne fait pas commerce de nevelot et de terefot. Et dans le chapitre Kol Cha'a (Pessahim 23a) aussi il dit : les chasseurs de bête et d'oiseau à qui des espèces impures se sont présentées. Précisément lorsqu'elles se sont présentées, et non au départ, comme on dérive là-bas : "elles seront", qu'elles restent dans leur état. Et dans le Torat Kohanim aussi on dérive : "c'êst un shekets pour vous", pour ne pas en faire commerce. Rabbeinou Tam a répondu : cela vise une chose destinée à la nourriture. S'il les élève pour oindre les peaux de leur graisse, ou pour les vendre à un Israël qui s'en oindra, c'êst permis. Et toute graisse est permise à la vente là où elle n'est pas destinée à la nourriture. Et dans le Yerouchalmi aussi on explique, dans ce chapitre, que pour les chevaux et les ânes le commerce est permis, parce que leur statut habituel est le travail.
וְאָסוּר לְאָדָם שֶׁיְּלַמֵּד בְּנוֹ חָכְמַת יְוָונִית וא"ת וַהֲלֹא בְּפֻולְמוּס שֶׁל טִיטוּס גָּזְרוּ כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְסוֹטָה (דַּף מט.) וְטִיטוּס הָיָה בִּשְׁעַת חֻורְבָּן כִּדְאָמְרִינַן בְּהַנִּיזָּקִין (גִּיטִּין דַּף נו:) וּמַלְכוּת בֵּית חַשְׁמוֹנַאי קָדְמִי טוּבָא כִּדְאָמְרִינַן בפ"ק דע"ז (דַּף ט.) וי"ל דְּמֵעִיקָּרָא גָּזְרוּ וְלֹא קִבְּלוּ מִינַּייְהוּ א"נ אִי הֲוָה בָּעֵי לְמֵיקַם בְּאָרוּר לֹא הָיָה מִיקְּרֵי עֲבַרְייָן אֲבָל לְבַסּוֹף אִיכָּא גְּזֵירָה דְּרַבָּנָן וְנִרְאֶה דְּלָא יִגְדַּל דְּמַתְנִי' הִיא הָיְתָה גְּזֵירָה דְּפוּלְמוּס שֶׁל טִיטוּס:
Et il est interdit à un homme d'enseigner à son fils la sagesse grecque. Et si tu dis : n'est-ce pas lors de la guerre de Titus qu'ils ont décrété, comme nous disons dans le dernier chapitre de Sota (49a) ? Et Titus était au temps de la destruction, comme nous disons dans Ha-Nizakin (Gittin 56b). Et la royauté de la maison hasmonéenne est bien antérieure, comme nous disons dans le premier chapitre d'Avoda Zara (9a). On peut dire : au début ils ont décrété, et l'on n'a pas accepté d'eux. Ou bien : s'il voulait demeurer sous la malédiction, il ne serait pas appelé transgresseur ; mais à la fin il y a un décret des Sages. Et il paraît que le "qu'il n'élève pas" de la michna était le décret de la guerre de Titus.
וְעַל אוֹתָהּ שָׁעָה שָׁנִינוּ מַעֲשֶׂה שֶׁבָּא (כֻּולָּהּ) מִשְׁנָה הִיא בִּמְנָחוֹת בְּפֶ' ר' יִשְׁמָעֵאל (מְנָחוֹת דַּף סד: וְשָׁם) וא"ת וְהָא בִּימֵי מָרְדְּכַי הֲוָה הַמַּעֲשֶׂה כִּדְאָמַר הָתָם בגמ' דַּאֲתָא חַרְשָׁא אוֹתִיב יְדֵיהּ אַגַּנָּה כו' אָמַר לָהֶן מָרְדְּכַי וְתֵימַהּ גְּדוֹלָה הִיא אִם חָיָה מָרְדְּכַי כָּל כָּךְ דְּבֵית חַשְׁמוֹנַאי לֹא הָיָה כִּי אִם ר"ס שָׁנִים קֹודֶם הַחֻורְבָּן כִּדְאָמַר בפ"ק דע"ז (דַּף ט.) וְנִרְאֶה לר"י דְּכָל אוֹתָן שֶׁהָיוּ בְּקִיאִים בִּרְמָזִים וּבִלְשׁוֹנוֹת הָיוּ נִקְרָאִים עַל שֵׁם מָרְדְּכַי לְפִי שֶׁהוּא הָיָה רֹאשׁ וְחָכָם לְהַכִּיר וְאוֹתוֹ מַעֲשֶׂה דָּג' נָשִׁים דְּמַיְיתִי הָתָם נִרְאֶה שֶׁהָיָה מָרְדְּכַי מַמָּשׁ דְּקָאָמַר וְהַייְנוּ דִּתְנַן (שְׁקָלִים פֶּרֶק ה' מִשְׁנָה א') פְּתַחְיָה עַל הַקִּנְיָן:
Et c'êst au sujet de cette heure que nous avons enseigné un fait où vint... C'êst toute une michna dans Menahot, au chapitre Rabbi Yishmael (Menahot 64b). Et si tu dis : le fait eut lieu aux jours de Mordokhai, comme il est dit là-bas dans la Guemara : un 'herech (sourd-muet) vint, posa sa main sur le jardin, etc., Mordokhai leur dit. Et c'êst un grand étonnement s'il a vécu si longtemps : la maison hasmonéenne n'existait que deux cent soixante ans avant la destruction, comme il est dit dans le premier chapitre d'Avoda Zara (9a). Et il paraît à Rabbi Its'hak que tous ceux qui étaient experts en signes et en langues étaient appelés du nom de Mordokhai, parce que lui était le chef et le sage pour reconnaître. Et ce fait des trois femmes que l'on cite là-bas, il paraît que c'était Mordokhai lui-même, puisqu'on dit : et c'êst ce que nous enseignons (Chekalim, chapitre 5, michna 1) : Petahya était préposé aux nids.
💡 Explication

Deux malédictions, dites à cette heure : élever des porcs, enseigner à son fils la hokhmat yevanit. La michna de l'omer et des deux pains (Menahot 64b) vise le même siège : les champs proches sont détruits, on va à Tserifin et à Ein Sokher.

Tossefot, sur le commerce des animaux impurs. L'interdit général vise ce qui est destiné à la nourriture. Rabbeinou Tam permet d'élever pour la graisse des peaux, ou de vendre à un Israël qui s'en oindra. Chevaux et ânes : le Yerouchalmi permet le commerce, leur usage habituel est le travail.

Sur le grec : Sota 49a placé le décret à la guerre de Titus, bien après les Hasmonéens. Tossefot : le premier décret n'a pas été reçu ; ou bien la malédiction seule ne fait pas un avaryan, et le décret des Sages vient ensuite. Sur Mordokhai : Rabbi Its'hak dit que les experts en signes et en langues portaient son nom. Le récit des trois femmes vise Mordokhai lui-même, le Petahya des kinim (Chekalim 5, 1).

19
וְחָכְמַת יְווָנִית מִי אֲסִירָא?! וְהָתַנְיָא: אָמַר רַבִּי: בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל –

Et la sagesse grecque, est-elle interdite ? Or on enseigne : Rabbi a dit : en terre d'Israël,

💡 Explication

La question ouvre la suite, sur 83a. Rabbi (Rabbi Yehouda ha-Nassi) commence une baraita sur la langue en terre d'Israël. La phrase s'arrête ici.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).