Sougya : L'amoud achève la question ouverte en 82b. La langue grecque et la sagesse grecque sont deux sujets : Rabbi et Rabbi Yossi parlent de la langue ; l'interdit vise la sagesse, avec une exception pour la maison de Rabban Gamliel, proche du pouvoir.
La michna du chien est reprise : chaîne, ville de frontière, malédiction de Rabbi Eliezer, et le seuil de vingt-deux mille de Rabbi Dostaï, en dessous duquel un avortement causé par un chien fait partir la Chekhina. Puis les filets à pigeons : Abaye sépare le vol et le ventre plein ; Rav Yossef et Rabba lisent le lieu habité de la baraita comme des vignes ou des colombiers.
L'amoud se ferme sur le hadran du chapitre Merouba.
La langue sursi, pourquoi ? Ou bien la langue sainte, ou bien la langue grecque !
Et Rabbi Yossi a dit : en Babylonie, la langue araméenne, pourquoi ? Ou bien la langue sainte, ou bien la langue perse !
Ils disent : la langue grecque à part, la sagesse grecque à part.
La phrase achève la baraita de Rabbi ouverte en 82b : en terre d'Israël, pourquoi parler sursi ? La langue sainte, ou la langue grecque. Rabbi Yossi dit l'équivalent pour la Babylonie : langue sainte, ou perse, et non l'araméen du lieu.
La réponse sépare deux choses. Lachon yevani, la langue, à part. Hokhmat yevanit, la sagesse grecque, à part. L'interdit de 82b porte sur la sagesse. Rachi : le grec est une langue pure, le sursi une langue balbutiante ; les gens du palais discutent de la sagesse.
Tossefot : sursi et araméen sont une même langue, avec un écart de pureté selon la province. La preuve d'honneur : Yegar Sahadouta dans la Torah, le verset araméen dans les Prophètes, Daniel et Ezra dans les Écrits. Onkelos dit sahid degora haden ; Lavan dit Yegar Sahadouta. Le sursi est l'araméen de Syrie, proche de la terre d'Israël, moins pur.
Et la sagesse grecque, est-elle interdite ? Or Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit au nom de Rabban Chimon ben Gamliel : "Mon œil a malmené mon âme, à cause de toutes les filles de ma ville." Il y avait mille jeunes dans la maison de mon père ; cinq cents d'entre eux ont étudié la Torah, cinq cents ont étudié la sagesse grecque ; et il n'en est resté que moi, ici, et le fils du frère de mon père, à Assia !
L'objection : dans la maison de Rabban Gamliel, cinq cents jeunes ont étudié la hokhmat yevanit. Le verset d'Eikha 3, 51 est mis par Rabban Chimon ben Gamliel sur lui-même. Rachi : on ne lit pas " mai dikhtiv " devant le verset. Yeladim : des bahourim, des jeunes hommes.
De ces mille, il reste deux : lui, ici, et le fils du frère de son père à Assia. La réponse vient au segment suivant : cette maison était proche du pouvoir.
Ils disent : la maison de Rabban Gamliel est différente, car ils étaient proches du pouvoir. Et comme on enseigne : celui qui se coupe en komi, voilà qui est des voies de l'Emori.
On a permis à Avtolmos bar Reouven de se couper en komi, parce qu'il est proche du pouvoir. À ceux de la maison de Rabban Gamliel, on a permis de discuter de sagesse grecque, parce qu'ils sont proches du pouvoir.
Karov là-malkhout, proche du pouvoir : l'exception. La baraita met en parallèle la coupe komi, des voies de l'Emori, permise à Avtolmos bar Reouven, et la hokhmat yevanit, permise à la maison de Rabban Gamliel.
Rachi sur la coupe : le devant du front. Autre version, dans les réponses des Gueonim : raser au-dessus de l'oreille, usage romain, et laisser une belorit, une mèche, derrière. Tossefot : le décret n'a pas pris dès l'origine ceux qui sont proches du pouvoir. À Meila 17a, Avtolmos ben Reouven se coupe ainsi pour ne pas être reconnu comme Juif.
La glose לספר vise le mot de la baraita qui suit, la ville voisine du sefar. Rachi glose par un mot roman, marche : la frontière entre Israël et les serviteurs des astres. Cette ville demande une garde.
Qu'un homme n'élève pas le chien, sauf s'il est attaché par des chaînes, etc. Les Sages ont enseigné : qu'un homme n'élève pas le chien, sauf s'il est attaché par une chaîne.
Mais il en élève dans une ville voisine de la frontière : il l'attache le jour et le lâche la nuit.
Reprise de la michna, puis la baraita. Hors frontière, le chien reste à la chaîne. Dans une ville du sefar, on l'attache le jour et on le détache la nuit. Rachi, sur le mot sefar, est à la glose précédente : une marche à garder.
On enseigne : Rabbi Eliezer le Grand dit : celui qui élève des chiens est comme celui qui élève des porcs. Quelle conséquence en sort-il ?
Pour que le maudit s'applique à lui.
Les deux interdits existent déjà. La nafka mina est l'arur : la malédiction dite en 82b sur celui qui élève des porcs vaut aussi pour celui qui élève des chiens. Rachi cite la formule : maudit l'Israël qui élèvera des porcs.
Rav Yossef bar Minyomi a dit que Rav Nahman a dit : la Babylonie est considérée comme une ville voisine de la frontière. On l'a expliqué : Nehardea.
Bavel ici est le nom de la province. Targuema : on applique le dit à Nehardea, la ville du sefar. Rachi : il y a là-bas une implantation fixe et beaucoup d'Israël, donc la permission de la ville frontalière vaut comme en terre d'Israël.
Rabbi Dostaï de Biri a exposé : "Et à son repos il dira : Reviens, Hachem, myriades des milliers d'Israël" : pour t'apprendre que la Chekhina ne réside pas sur Israël en dessous de deux mille et deux myriades. S'il en manque un, qu'il y avait parmi eux une femme enceinte propre à compléter le compte, et qu'un chien a aboyé contre elle et qu'elle a avorté, celui-ci se trouve causer que la Chekhina se retire d'Israël.
Bamidbar 10, 36, au repos de l'arche. Rabbi Dostaï de Biri en tire un seuil : deux mille et deux myriades, 2 000 plus 20 000, soit 22 000. S'il manque un, et qu'une femme enceinte aurait complété, un aboiement qui fait avorter fait partir la Chekhina.
Tossefot fixe la leçon, avec le vav : deux mille et deux myriades. La leçon " deux mille myriades " ferait vingt millions. Au désert, soixante myriades, six cent mille, et la Chekhina résidait. Sanhédrin 39a, la Chekhina sur un groupe de dix, vise un autre sujet. Ici : prophètes et Michkan.
Une femme entra pour cuire dans une certaine maison. Le chien aboya contre elle.
Son maître lui dit : n'aie pas peur de lui, ses crocs lui ont été retirés. Elle lui dit : ta faveur est retirée et jetée sur les épines ; déjà le foetus a bougé.
Cas du propos de Rabbi Dostaï. Le maître dit que les niv, les crocs, sont déjà retirés. Rachi : autre version, les quatre longues dents avec lesquelles le chien mord. La femme répond par une formule : la faveur est jeté sur les épines. Rachi : la consolation est vaine, le chien n'était pas attaché.
Kvar nad : le foetus a déjà bougé, il a quitté son lieu.
On ne tend pas de filets aux pigeons, etc. Et vont-ils donc si loin ?
Or nous avons appris : on éloigne le colombier de la ville de cinquante coudées ! Abaye a dit : ils volent beaucoup ; leur ventre est plein des cinquante coudées.
La michna, reprise par le וכו׳, interdit les nichbin, les filets, à moins de trente ris du lieu habité. La question : un pigeon va-t-il si loin ? La michna de Bava Batra éloigne le chovakh, le colombier, de cinquante coudées seulement, à cause de la récolte.
Abaye sépare deux mesures. Le vol, michta, va loin. Le ventre, kressa, se remplit en cinquante coudées, par ce que les pigeons glanent au sol. Au-delà, la récolte de la ville n'est plus en jeu. Rachi dit la même chose.
Et volent-ils trente ris, et pas davantage ? Or on enseigne : dans un lieu habité, même cent mil, qu'on ne tende pas !
Rav Yossef a dit : dans un habitat de vignes. Rabba a dit : dans un habitat de colombiers.
Trente ris de la michna semblent un maximum de vol. La baraita dit : dans un yichouv, même à cent mil, on ne tend pas. Rav Yossef : ce lieu habité est un habitat de vignes, le pigeon va de vigne en vigne. Rabba : un habitat de colombiers, où il se repose.
Tossefot, le Ritsba (Rabbi Its'hak ben Avraham). La Tossefta : dans le midbar, au-delà de trente ris, on tend ; dans le yichouv, même à cent mil, on ne tend pas. L'hypothèse de la question visait des semences : le grand vol serait alors pour manger, et le ventre d'Abaye, plein à cinquante coudées, serait en cause. La réponse sort des semences. Vignes, ou colombiers. Le midbar de la Tossefta : l'endroit sans vignes et sans colombiers.
Qu'on le tire donc des colombiers eux-mêmes ! Si tu veux, dis : dans le cas de ceux d'un goy.
Si tu veux, dis : dans le cas de ceux qui sont hefker. Si tu veux, dis : dans le cas des siens.
L'objection vise la lecture de Rabba. S'il y a des colombiers, l'interdit devrait déjà sortir des colombiers eux-mêmes, sans parler d'une ville à cent mil. Trois réponses. De-goy : les colombiers sont à un non-Juif. De-hefker : ils sont sans maître. De-dideh : ils sont à celui qui tend le filet.
Rachi sur la troisième : ses pigeons lui appartiennent, les prendre ne fait pas l'interdit. On craint les pigeons du yichouv, qui passent par ces colombiers et arrivent de loin.
Nous reviendrons à toi, Merouba.
Hadran alakh : formule de clôture du chapitre. Merouba, " plus étendu ", est le septième chapitre de Bava Kamma. Il s'ouvre sur la mesure du paiement du double, plus étendue que le paiement de quatre et de cinq.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).