Bava Kamma 83b - Cinq indemnités, et œil pour œil lu comme un paiement

Bava_Kamma 83b

Sougya : La michna ouvre le chapitre ha-hovel : qui blessé son prochain paie cinq choses, le dommage, la douleur, la guérison, le chômage et la honte, et elle fixe la mesure de chacune. La Gemara demande comment cela s'accorde avec le verset œil pour œil.

Une baraita apprend le paiement par une gezera chava entre la frappe de la bête et la frappe de l'homme, puis, si cette preuve est attaquée, par le verset qui réserve l'interdit de la rançon au meurtrier. Les deux preuves restent : la seconde ouvre un kofer pour les membres coupés, la première impose l'argent seul, sans laisser le choix de donner l'œil.

Rabbi Dostai ben Yehouda apporte l'œil grand et l'œil petit. La Gemara commence à répondre par la lumière de l'œil.

La phrase continue sur 84a.

Les cinq indemnités du hovel Michna. Chaque poste a sa mesure. Les versets sont ceux de Rachi. 1. Nezek, le dommage On l'estime comme un esclave vendu au marché : valeur d'avant, valeur d'après. Verset : œil pour œil. L'écart des deux estimations est le nezek. 2. Tsaar, la douleur Brûlure à la broche ou au clou, même sur l'ongle, là où il n'y a pas de haboura. Verset : plaie pour plaie. On estime ce qu'un homme pareil prendrait pour souffrir ainsi. 3. Ripouy, la guérison Il paie les soins. Excroissance due au coup : hayav. Autre cause : patour. Plaie refermée puis rouverte : hayav. Refermée tout à fait : patour. 4. Chevet, le chômage Pendant la maladie, salaire d'un gardien de concombres, jour par jour. La main et la jambe sont déjà payées dans le nezek. On ne paie pas deux fois le métier. 5. Boshet, la honte Tout dépend de celui qui humilie et de celui qui est humilié. Verset : tu couperas sa main, lu comme un paiement. Homme léger, homme important : honte plus grande. Ripouy et chevet, un seul verset Shemot 21, 19 : seulement son chômage il donnera, et il guérira, il guérira. Rachi : les cinq postes sortent de l'Écriture. La Gemara développe la douleur.
Cinq postes. Nezek au marché, tsaar même sans haboura, ripouy selon là cause, chevet au tarif léger, boshet selon les personnes.
Œil pour œil : deux preuves, et pourquoi les deux La baraita. Gezera chava, puis le verset de la rançon. Hava amina Œil pour œil : on prend l'œil réel. Preuve 1. Gezera chava, frappe - frappe Frappe de la bête : paiement. Frappe de l'homme : paiement. Vayikra 24, 18 à côté de 24, 19. Les mots différent. On apprend quand même. On apprend les dommages des dommages La bête est un cas de dégât, et l'on paie. Donc l'homme aussi. On apprend l'homme de l'homme Celui qui frappe un homme meurt. Donc ici, le membre réel. Les deux lectures se tiennent. D'où le second midrach : si tu veux dire. Preuve 2. Bemidbar 35, 31 Pas de kofer pour la vie du meurtrier. Kofer oui pour les membres qui ne reviennent pas, une fois coupés. Ce que le verset fait déjà Deux peines : kedei rish'ato, Devarim 25, 2. Une seule culpabilité. Acquitter le meurtrier : le corps du verset. Le mot en trop Pour la vie d'un meurtrier. Il exclut les rashei evarim : là, on prend un kofer. Pourquoi garder la gezera chava Du kofer seul : il donnerait son œil, ou le prix de son œil, à son choix. La bête enseigne le paiement seul. Pas de peine sur le corps.
Deux preuves du paiement. La gezera chava et le kofer. La première empêche de choisir entre l'œil et son prix.
Rabbi Dostai ben Yehouda, et la réponse par la lumière La phrase de la Gemara s'arrête ici. La suite est sur 84a. Œil grand celui qui a frappé ou l'inverse les deux yeux différent Œil petit la victime Comment lire œil pour œil ? Mishpat ehad Vayikra 24, 22 un seul droit égal pour tous Étape de Rabbi Dostai Si l'œil réel ne se lit que lorsque les yeux sont égaux, la loi se scinde. Le verset demande un jugement égal. Donc le verset parle d'argent, pour tous. Réponse de la Gemara, amorcée sur cet amoud Il a pris la nehora, la lumière de l'œil. On prend cette lumière. La taille de l'organe ne fait pas la difficulté. Derniers mots : car si tu ne dis pas ainsi. La suite est sur 84a.
Rabbi Dostai : yeux de taille différente, puis un seul droit. La Gemara répond par la lumière de l'œil. Suite sur 84a.
1
מתני׳ החובל בחבירו, חייב עליו משום חמשה דברים: בנזק, בצער, בריפוי, בשבת ובושת.

Michna. Celui qui blessé son prochain est tenu envers lui pour cinq choses : le dommage (nezek), la douleur (tsaar), la guérison (ripouy), le chômage (chevet) et la honte (boshet).

💡 Explication

Ouverture du chapitre ha-hovel. Cinq postes distincts. Chacun sera défini dans les segments suivants. Rachi, plus bas, rattache les cinq à un verset.

2
בנזק כיצד? סימא את עינו; קטע את ידו; שיבר את רגלו – רואין אותו כאילו הוא עבד נמכר בשוק, ושמין כמה היה יפה וכמה הוא יפה.

Le dommage, comment ? S'il a aveuglé son œil, coupé sa main, brisé sa jambe : on le regarde comme s'il était un esclave vendu au marché, et l'on estime combien il valait et combien il vaut.

📜 Rachi (1)
מתני' החובל וכמה הוא יפה שהרי הזיקו והפסידו ממון זה שאם . היה נצרך היה מוכר עצמו בעבד עברי:
Car il l'a endommagé et lui a fait perdre cet argent : s'il en avait eu besoin, il se serait vendu comme esclave hébreu (eved ivri).
💡 Explication

Le nezek est l'écart de deux estimations. On le traite comme un esclave mis en vente : valeur avant la blessure, valeur après. La différence est la somme due.

Rachi précise le fond : un Israël, s'il devait trouver de l'argent, se vendrait en eved ivri. La blessure lui retire cette valeur.

🖼️ Schéma
Nezek : deux estimations au marché Avant combien il valait esclave vendu Après combien il vaut œil, main ou jambe Écart c'est le nezek Rachi : eved ivri Rachi : s'il avait eu besoin d'argent, il se serait vendu. Le tribunal mesure cette perte, comme une vente au marché.
Valeur d'avant, valeur d'après. L'écart est le nezek. Rachi : vente en eved ivri.
3
צער – כואו (או) בשפוד או במסמר, ואפילו על ציפורנו מקום שאינו עושה חבורה – אומדין כמה אדם כיוצא בזה רוצה ליטול, להיות מצטער כך.

La douleur : s'il l'a brûlé (ou) avec une broche ou avec un clou, et même sur son ongle, endroit qui ne fait pas de haboura (meurtrissure), on estime combien un homme pareil à celui-ci voudrait recevoir pour souffrir ainsi.

📜 Rachi (2)
במסמר כאב המכה:
Avec un clou : la douleur du coup.
כיוצא בזה לפי מה שהוא מעונג רב צערו וכאיבו:
Pareil à celui-ci : selon qu'il est délicat, sa douleur et sa souffrance sont grandes.
💡 Explication

Le tsaar se mesure même là où le marché ne baisse pas. L'ongle ne fait pas de haboura : pas de nezek de valeur, et la douleur reste due.

L'estimation suit la personne. Rachi : un homme délicat (me'oungan) souffre davantage, et l'on chiffre d'après lui ce qu'il accepterait pour endurer la même chose.

4
ריפוי – הכהו, חייב לרפאותו. עלה בו צמחים, אם מחמת המכה – חייב, שלא מחמת המכה – פטור. חייתה ונסתרה חייתה ונסתרה – חייב לרפאותו. חייתה כל צורכה – אינו חייב לרפאותו.

La guérison : s'il l'a frappé, il est tenu de le soigner. S'il lui vient des excroissances (tsemahim), si c'est à cause du coup, il est tenu ; si ce n'est pas à cause du coup, il est quitte.

Elle s'est refermée et s'est rouverte, elle s'est refermée et s'est rouverte : il est tenu de le soigner. Elle s'est refermée autant qu'il fallait : il n'est pas tenu de le soigner.

📜 Rachi (1)
צמחין מלנ"ט:
Tsemahim : malant (mot français de Rachi, une poussée sur la peau).
💡 Explication

Le ripouy suit là cause. Excroissance venue du coup : le frappeur paie les soins. Excroissance venue d'ailleurs : il est quitte.

Hayeta ve-nistera : la plaie se ferme, puis se rouvre. Tant que la guérison complète (kol tsorkah) n'est pas là, l'obligation demeure. Une fois la plaie fermée pour de bon, les soins ultérieurs sortent de son compte.

5
שבת – רואין אותו כאילו הוא שומר קישואין, שכבר נתן לו דמי ידו ודמי רגלו.

Le chômage : on le regarde comme s'il était gardien de concombres, car on lui a déjà donné le prix de sa main et le prix de sa jambe.

📜 Rachi (1)
שבת כל ימי החולי רואים אותו כאילו הוא שומר קישואין ונותן שכירתו של כל יום שהרי אין ראוי למלאכה כבידה אפילו בלא חולי שהרי נקטעה ידו ורגלו והוא כבר נתן לו דמיהן:
Le chômage : pendant tous les jours de la maladie, on le regarde comme s'il était gardien de concombres, et l'on donne son salaire de chaque jour. En effet, il n'est pas apte à un travail lourd même sans la maladie, puisque sa main et sa jambe ont été coupées, et l'autre lui en a déjà donné le prix.
💡 Explication

Le chevet paie les jours où il ne travaille pas, au tarif d'un shomer kishouim, gardien de champ de concombres : un travail léger.

Le métier que la main faisait est déjà dans le nezek, le prix du membre. Rachi : même hors de la maladie, la main coupée ne reprend pas un travail lourd. Le chevet couvre l'alitement, jour par jour.

🖼️ Schéma
Nezek et chevet ne se recouvrent pas Nezek prix de la main, prix de la jambe perte définitive, au tarif du marché Chevet gardien de concombres salaire de chaque jour de maladie Rachi : même sans la maladie, la main coupée ne fait plus un travail lourd. Ce travail est déjà dans le prix du membre. Le chevet paie les jours d'alitement.
Le nezek paie le membre. Le chevet paie les jours de maladie, au tarif du gardien de concombres.
6
בושת – הכל לפי המבייש והמתבייש.

La honte : tout est selon celui qui humilie et celui qui est humilié.

📜 Rachi (2)
הכל לפי המבייש אדם קל שבייש בושתו מרובה:
Tout selon celui qui humilie : un homme de peu qui a humilié, la honte est grande.
והמתבייש אדם חשוב שנתבייש בושתו מרובה וכולהו חמשה דברים מקרא נפקי נזק דכתיב עין תחת עין צער פצע תחת פצע דהכי דרשינן בגמ' ריפוי ושבת רק שבתו יתן ורפא ירפא בושת דכתיב וקצותה את כפה ממון:
Et celui qui est humilié : un homme important qui a été humilié, sa honte est grande. Et toutes ces cinq choses sortent du verset. Le dommage, car il est écrit "œil pour œil". La douleur, "plaie pour plaie", et c'est ainsi que nous l'exposons dans la Gemara. La guérison et le chômage : "seulement son chômage il donnera, et il guérira, il guérira". La honte, car il est écrit "tu couperas sa main" : de l'argent.
💡 Explication

Le boshet n'a pas de tarif fixe. Il monte si l'auteur est un homme de peu, et si la victime est un homme important.

Rachi relie les cinq postes à l'Écriture. Nezek : œil pour œil. Tsaar : plaie pour plaie, deracha de la Gemara. Ripouy et chevet : Shemot 21, 19. Boshet : Devarim 25, 12, "tu couperas sa main", lu comme un paiement.

7
גמ׳ אמאי? ״עין תחת עין״ אמר רחמנא – אימא עין ממש!

Gemara. Pourquoi ?

"Œil pour œil", a dit Hachem. Je dirais : un œil réel !

💡 Explication

La question porte sur la michna, qui parle d'argent. Le verset de Shemot 21, 24 dit œil pour œil. Lecture immédiate : on prend l'œil lui-même, mamach.

8
לא סלקא דעתך; דתניא: יכול סימא את עינו – מסמא את עינו, קטע את ידו – מקטע את ידו, שיבר את רגלו – משבר את רגלו? תלמוד לומר: ״מכה אדם״ ו״מכה בהמה״; מה מכה בהמה – לתשלומין, אף מכה אדם – לתשלומין.

Cela ne te vient pas à l'esprit. Car on enseigne dans une baraita : on pourrait penser : s'il a aveuglé son œil, on aveugle son œil ; s'il a coupé sa main, on coupe sa main ; s'il a brisé sa jambe, on brise sa jambe.

L'Écriture l'enseigne : "celui qui frappe un homme" et "celui qui frappe une bête". De même que celui qui frappe une bête [est tenu] à des paiements, de même celui qui frappe un homme [est tenu] à des paiements.

📜 Rachi (1)
גמ' מכה אדם ומכה בהמה לקמן מפרש לקראי הי מכה קאמר:
Gemara. "Celui qui frappe un homme" et "celui qui frappe une bête" : plus bas, il explique les versets, et de quelle frappe il parle.
💡 Explication

La baraita formule d'abord la lecture littérale, puis la ferme. Le couple de versets makkeh adam / makkeh behema transporte la règle : la bête se paie, donc l'homme se paie.

Rachi renvoie à la suite : la Gemara va dire quels versets sont visés. Le premier candidat, Vayikra 24, 21, sera écarté parce qu'il parle du meurtre.

9
ואם נפשך לומר, הרי הוא אומר: ״לא תקחו כפר לנפש רצח, אשר הוא רשע למות״ – לנפש רוצח אי אתה לוקח כופר, אבל אתה לוקח כופר לראשי אברים שאין חוזרין.

Et si tu veux dire, voici qu'il dit : "Vous ne prendrez pas de rançon pour la vie d'un meurtrier, lui qui est coupable de mort." Pour la vie d'un meurtrier tu ne prends pas de rançon (kofer), mais tu prends une rançon pour les extrémités des membres qui ne reviennent pas.

📜 Rachi (3)
ואם נפשך לומר ואם יש לך להשיב ולהקשות כלום על טעם זה צא ולמד ממדרש אחר:
Et si tu veux dire : si tu as de quoi répondre et objecter contre cette raison, sors et apprends d'un autre midrach.
הרי הוא אומר כו' ולקמן בעי מאי הוי ליה לאקשויי:
Voici qu'il dit, etc. : et plus bas, la Gemara demande ce qu'il y avait à objecter.
שאין חוזרין לאחר שנקטעו:
Qui ne reviennent pas : après qu'ils ont été coupés.
💡 Explication

Im nafshekha lomar annonce une seconde preuve, pour le cas où la première serait attaquée. Rachi : si tu as une objection, va à un autre midrach. La Gemara, plus bas, dira quelle était l'objection.

Bemidbar 35, 31 interdit le kofer pour le meurtrier. La baraita en tire l'inverse pour les rashei evarim : les extrémités qui, une fois coupées, ne repoussent pas. La, on prend une rançon, c'est-à-dire de l'argent.

10
הי ״מכה״? אילימא ״מכה בהמה ישלמנה, ומכה אדם יומת״ – ההוא בקטלא כתיב!

Quelle "frappe" ? Si tu dis : "Celui qui frappe une bête la paiera, et celui qui frappe un homme sera mis à mort", celui-là est écrit au sujet du meurtre !

📜 Rachi (1)
בקטלא כתיב ותשלומין אין שם:
Il est écrit au sujet du meurtre : et il n'y a pas là de paiements.
🗂️ Tossefot (1)
מתני' החובל מכה בהמה ישלמנה וסמיך ליה ואיש כי יתן. נראה לר"י דל"ג וסמיך ליה דהא מכח סמוכים לא דריש אלא מכח ג"ש כדאמר לקמן אנן הכאה הכאה קאמרינן ואמר נמי לקמן וכי מאחר דכתיב לא תקחו כופר לנפש רוצח האי מכה מכה למה לי משמע דג"ש היא ולא סמוכים ועוד כי פריך בסמוך מאי חזית דילפת ממכה בהמה נילף ממכה אדם ומאי קושיא והלא מכח סמוכים הוא בא ומכה אדם אין סמוך לאיש כי יתן מום וא"ת וכיון דמג"ש קא יליף למה הוצרך לאתויי קרא דמכה נפש בהמה ישלמנה ושביק קרא דמכה בהמה דמייתי לעיל וי"ל דמכה בהמה איצטריך לתנא דבי חזקיה ומאן דלית ליה דריש בריש הנחנקין (סנהדרין דף פד:) מה מכה. בהמה לרפואה פטור כו' א"נ כיון דהדר ליה ממכה אדם דהוי בקטלא הדר ביה לגמרי ונקט האי קרא דמכה נפש בהמה דסמיך לאיש כי יתן מום ולפי זה מצי למגרס וסמיך ליה דמשום דסמיך ליה נקט האי קרא ולא משום סמוכים:
Michna, celui qui blessé. [La Gemara cite :] celui qui frappe une bête la paiera, et à côté de lui : et un homme qui mettra [un défaut]. Il paraît au Ri qu'on ne lit pas "et à côté de lui". Car il n'expose pas par la force des semoukhim (versets voisins), il expose par la force d'une gezera chava, comme il est dit plus bas : nous disons frappe-frappe. Et il est dit aussi plus bas : puisque il est écrit "vous ne prendrez pas de rançon pour la vie d'un meurtrier", ce frappe-frappe, pourquoi me le faut-il ? Cela montre que c'est une gezera chava, et que le procédé est la gezera chava. Les semoukhim ne font pas cette deracha. Encore : lorsqu'il objecte aussitôt "qu'as-tu vu pour apprendre de celui qui frappe une bête ? Apprends de celui qui frappe un homme", quelle est la difficulté ? Cela viendrait par la force des semoukhim, et "celui qui frappe un homme" n'est pas voisin de "un homme qui met un défaut à son prochain". Et si tu dis : puisqu'il apprend par gezera chava, pourquoi a-t-il besoin d'apporter le verset "celui qui frappe l'âme d'une bête la paiera", et de laisser le verset "celui qui frappe une bête" cité plus haut ? On peut dire : "celui qui frappe une bête" est nécessaire au tanna de l'école de Hizkiya. Celui qui ne tient pas cette deracha l'expose au début du chapitre de ceux qui sont étranglés (Sanhédrin 84b) : de même que celui qui frappe une bête pour une guérison est quitte, etc. Autre réponse : puisqu'il s'est retiré de "celui qui frappe un homme", qui vise le meurtre, il s'en retire entièrement, et il prend ce verset "celui qui frappe l'âme d'une bête", voisin de "un homme qui met un défaut". Selon cela, on peut garder la leçon "et à côté de lui" : il retient ce verset parce qu'il en est voisin, et le procédé reste autre que la deracha des semoukhim.
💡 Explication

La Gemara cherche le verset de la baraita. Vayikra 24, 21 met côte à côté le paiement de la bête et la mort de l'homme. Rachi : ce verset parle du meurtre. On n'y trouve pas de tashlumin pour une blessure.

Tossefot, dibour sur la michna, discute la leçon "et à côté de lui". Le Ri lit une gezera chava, frappe-frappe. La deracha des semoukhim est écartée. L'objection "apprends de celui qui frappe un homme" n'aurait pas de prise si l'on ne faisait que juxtaposer, car ce verset de mort n'est pas voisin de "un homme qui met un défaut". Le verset "celui qui frappe une bête" de 24, 21 reste utile au tanna de l'école de Hizkiya, ou, pour qui ne tient pas cette deracha, à la règle du soin (Sanhédrin 84b).

11
אלא מהכא: ״מכה נפש בהמה ישלמנה, נפש תחת נפש״, וסמיך ליה: ״ואיש כי יתן מום בעמיתו, כאשר עשה כן יעשה לו״. האי לאו ״מכה״ הוא! ״הכאה״–״הכאה״ קאמרינן; מה הכאה האמורה בבהמה – לתשלומין, אף הכאה האמורה באדם – לתשלומין.

Plutôt, d'ici : "Celui qui frappe l'âme d'une bête la paiera, âme pour âme", et à côté de lui : "Et un homme qui mettra un défaut à son prochain, comme il a fait, ainsi on lui fera." Celui-ci n'est pas "frappe" ! Nous disons "frappe"-"frappe" : de même que la frappe dite au sujet de la bête est pour des paiements, de même la frappe dite au sujet de l'homme est pour des paiements.

📜 Rachi (1)
הכאה הכאה גמרינן אע"ג דקראי לא דמו גמרינן ג"ש כדתנא דבי ר' ישמעאל ושב הכהן ובא הכהן עירובין (דף נא.) ומכה אדם דקתני הכא הכאה הוא דקאמר ומכי יתן מום גמר דמום ע"י הכאה בא:
Nous apprenons frappe-frappe : bien que les versets ne se ressemblent pas, nous apprenons une gezera chava, comme le tanna de l'école de Rabbi Yichmaël, "et le cohen reviendra", "et le cohen viendra" (Erouvin 51a). Et "celui qui frappe un homme" qu'enseigne ici la baraita, c'est d'une frappe qu'elle parle, et elle l'apprend de "lorsqu'il mettra un défaut", car le défaut vient par une frappe.
🗂️ Tossefot (1)
אף הכאה האמורה באדם לתשלומין י"ס דגרסי בתר הכי והכתיב איש כי יכה כל נפש אדם מות יומת פירוש שימיתו אברו תחת אברו של חבירו ומשני יומת בממון וממאי דבממון אימא מיתה ממש לא ס"ד חדא דהא איתקש למכה נפש בהמה ועוד דכתיב התם כאשר יתן מום באדם כן ינתן בו ש"מ ממון ואין נראה לר"י אותה גירסא כלל חדא דאיש כי יכה כל נפש אדם מוקמינן בהנשרפין (סנהדרין דף עח.) בקטלא גבי פלוגתא דרבי יהודה בן בתירה ורבנן גבי הכוהו י' בני אדם בי' מקלות ועוד דלממון לא אצטריך ועוד מאי פריך מעיקרא והכתיב איש כי יכה כל נפש אדם מי אלים מקרא דעין תחת עין דמוקמינן ליה בממון בג"ש דהכאה הכאה ועוד מכיון דכתיב כאשר יתן מום באדם כן ינתן בו למה לי הך ג"ש דהכאה הכאה ע"כ נראה דל"ג ליה כלל:
De même, la frappe dite au sujet de l'homme est pour des paiements. Il y a des livres qui lisent ensuite : "Or il est écrit : et un homme qui frappera toute âme d'homme, il mourra, il sera mis à mort." Explication : qu'on fasse mourir son membre à la place du membre de son prochain. Et l'on répond : "il sera mis à mort", par de l'argent. Et d'où [sait-on] que c'est par de l'argent ? Je dirais : une mort réelle. Cela ne vient pas à l'esprit. D'une part, ce verset est juxtaposé à "celui qui frappe l'âme d'une bête". D'autre part, il est écrit là : "comme il mettra un défaut dans un homme, ainsi il lui sera mis". On apprend de là : de l'argent. Cette leçon ne paraît pas du tout au Ri. D'une part, "un homme qui frappera toute âme d'homme", nous l'établissons dans le chapitre de ceux qui sont brûlés (Sanhédrin 78a) au sujet du meurtre, dans la discussion de Rabbi Yehouda ben Beteira et des Sages, au sujet de dix hommes qui l'ont frappé avec dix bâtons. D'autre part, pour l'argent ce verset n'est pas requis. Encore : qu'objecte-t-il d'abord par "or il est écrit : un homme qui frappera toute âme d'homme" ? Ce verset l'emporte-t-il sur le verset "œil pour œil", que nous établissons comme de l'argent par la gezera chava de frappe-frappe ? Encore : puisqu'il est écrit "comme il mettra un défaut dans un homme, ainsi il lui sera mis", pourquoi me faut-il cette gezera chava de frappe-frappe ? C'est pourquoi il paraît qu'on ne lit pas ce passage du tout.
💡 Explication

Le bon couple est Vayikra 24, 18 et 24, 19. Le second verset dit "défaut". Le mot "frappe" y manque. La Gemara maintient la gezera chava : la frappe, dans les deux domaines, aboutit au paiement.

Rachi : les mots peuvent différer. Le tanna de l'école de Rabbi Yichmaël apprend ainsi "le cohen reviendra" et "le cohen viendra" (Erouvin 51a). Le défaut dont parle le verset arrive par une frappe : de là, la baraita dit "frappe".

Tossefot signale des livres qui ajoutent ici le passage "un homme qui frappera toute âme d'homme". Le Ri supprime cette leçon. Le texte imprimé de la page la conserve : ce sont les deux segments suivants.

12
והא כתיב: ״ואיש כי יכה כל נפש אדם, מות יומת״! בממון. ממאי דבממון? אימא במיתה ממש!

Or il est écrit : "Et un homme qui frappera toute âme d'homme, il mourra, il sera mis à mort" ! Par de l'argent.

D'où [sait-on] que c'est par de l'argent ? Je dirais : par une mort réelle !

📜 Rachi (1)
והכתיב איש כי יכה כל נפש אדם ולקטלא לא אתא קרא אלא לראשי אברים כדכתיב בתריה עין תחת עין וכתיב יומת כלומר ינטל אברו וימות אותו אבר:
Or il est écrit "un homme qui frappera toute âme d'homme" : le verset ne vient pas pour le meurtre, il vient pour les extrémités des membres, comme il est écrit après lui "œil pour œil". Et il est écrit "il sera mis à mort", c'est-à-dire : on lui enlèvera son membre, et ce membre mourra.
💡 Explication

Vayikra 24, 17. Rachi lit l'objection sur les rashei evarim, parce que la suite du chapitre est "œil pour œil". "Il sera mis à mort" voudrait dire : le membre est retranché, et ce membre meurt.

La réponse tient en un mot : be-mamon, par de l'argent. La Gemara redemande aussitôt la source de cette lecture. Tossefot, au segment précédent, rapporte que le Ri ne lit pas ces lignes. On les traduit comme le texte les donne.

13
לא סלקא דעתך. חדא – דהא איתקש ל״מכה בהמה ישלמנה״. ועוד, כתיב בתריה: ״כאשר יתן מום באדם, כן ינתן בו״ – ושמע מינה ממון.

Cela ne te vient pas à l'esprit. D'une part, il est juxtaposé à "celui qui frappe une bête la paiera".

D'autre part, il est écrit après lui : "Comme il mettra un défaut dans un homme, ainsi il lui sera mis." On apprend de là : de l'argent.

💡 Explication

Deux appuis pour lire "il sera mis à mort" comme un paiement. Le verset est voisin de "celui qui frappe une bête la paiera" (Vayikra 24, 18). Et le verset d'après dit "ainsi il lui sera mis" (24, 20) : le verbe yinated, "il sera donné", porte un don, donc une somme.

14
ומאי ״אם נפשך לומר״? תו קא קשיא לתנא – מאי חזית דילפת ממכה בהמה? לילף ממכה אדם!

Et que signifie "si tu veux dire" ? Encore ceci fait difficulté au tanna : qu'as-tu vu pour apprendre de celui qui frappe une bête ?

Apprends de celui qui frappe un homme !

📜 Rachi (2)
מאי אם נפשך לומר מאי הוה ליה לאקשויי:
Que signifie "si tu veux dire" : qu'avait-il à objecter ?
נילף ממכה אדם שנהרג ממש והכא נמי (כתיב) כי יתן מום מום ממש: אמרי דנין ניזקין כו': כלומר משום האי פירכא לא הוה מדחיק תנא למילף מלא תקחו הא מצי לשנויי הכי דנין ניזקין מניזקין כו':
Apprends de celui qui frappe un homme : qui est tué réellement, et ici aussi (il est écrit) "lorsqu'il mettra un défaut", un défaut réel. On dit : on apprend les dommages, etc. C'est-à-dire : à cause de cette objection, le tanna n'aurait pas été pressé d'apprendre de "vous ne prendrez pas", car il aurait pu répondre ainsi : on apprend les dommages à partir des dommages, etc.
🗂️ Tossefot (1)
מאי חזית דילפת ממכה בהמה נילף ממכה אדם אע"ג דלהא לא איצטריך דממילא הוה אמרינן עין תחת עין ממש מ"מ איצטריך דלא נילף ממכה בהמה:
Qu'as-tu vu pour apprendre de celui qui frappe une bête ? Apprends de celui qui frappe un homme. Bien que ce verset ne soit pas nécessaire pour [enseigner l'œil réel], car de nous-mêmes nous aurions dit "œil pour œil" au sens réel, il reste nécessaire pour que l'on n'apprenne pas [le paiement] de celui qui frappe une bête.
💡 Explication

La Gemara revient sur im nafshekha lomar. L'objection tenue en réserve : pourquoi tirer le paiement de la bête, plutôt que la mort de l'homme, et avec elle le membre réel ?

Rachi ajoute : cette objection, à elle seule, n'obligeait pas le tanna à passer au verset du kofer. Il avait déjà une réponse, celle du segment suivant : on apprend des dommages à partir des dommages. Tossefot : le verset "celui qui frappe un homme sera mis à mort" a justement ce rôle, empêcher qu'on apprenne le paiement depuis la bête. L'œil réel, on l'aurait lu de soi-même dans "œil pour œil".

15
אמרי: דנין ניזקין מניזקין, ואין דנין ניזקין ממיתה. אדרבה! דנין אדם מאדם, ואין דנין אדם מבהמה!

On dit : on apprend les dommages à partir des dommages, et l'on n'apprend pas les dommages à partir de la mort. Au contraire !

On apprend l'homme à partir de l'homme, et l'on n'apprend pas l'homme à partir de la bête !

💡 Explication

Première réponse : le bon modèle est le nézek, le dommage. Un verset de mort ne fournit pas ce modèle. La bête blessée se paie. L'homme blessé se paie.

La Gemara retourne le critère. Le bon modèle est l'homme. Celui qui frappe un homme est mis à mort. On ne calque pas l'homme sur la bête. Les deux critères restent en face. D'où le besoin du second verset.

🖼️ Schéma
Deux gezera chava face à face Dommages, des dommages Source : frappe de la bête Conclusion : paiement On ne tire pas un dégât d'un verset de mort Homme, de l'homme Source : frappe de l'homme, mise à mort Conclusion : membre réel On ne tire pas l'homme d'une bête La Gemara laisse les deux objections debout. C'est le moment du verset : vous ne prendrez pas de kofer.
Dommages tirés des dommages, ou homme tiré de l'homme. Les deux objections restent.
16
היינו דקתני ״אם נפשך לומר״ – הרי הוא אומר: ״לא תקחו כפר לנפש רצח אשר הוא רשע למות, כי מות יומת״ – לנפש רוצח אי אתה לוקח כופר, אבל אתה לוקח כופר לראשי אברים שאינן חוזרין.

C'est pour cela qu'il enseigne "si tu veux dire". Voici qu'il dit : "Vous ne prendrez pas de rançon pour la vie d'un meurtrier, lui qui est coupable de mort, car il mourra, il sera mis à mort." Pour la vie d'un meurtrier tu ne prends pas de rançon, mais tu prends une rançon pour les extrémités des membres qui ne reviennent pas.

💡 Explication

Le second midrach répond à l'objection qui vient d'être posée. Bemidbar 35, 31, cité cette fois avec "car il mourra, il sera mis à mort". L'interdit du kofer vise la vie du meurtrier. Les rashei evarim qui ne repoussent pas entrent dans le kofer : on paie.

17
והאי ״לא תקחו כפר לנפש רצח״ – למעוטי ראשי אברים הוא דאתא? האי מבעי ליה דאמר רחמנא לא תעביד ביה תרתי – לא תשקול מיניה ממון ותקטליה! האי מ״כדי רשעתו״ נפקא – רשעה אחת אתה מחייבו, ואי אתה מחייבו שתי רשעיות.

Et ce [verset] "vous ne prendrez pas de rançon pour la vie d'un meurtrier", est-ce pour exclure les extrémités des membres qu'il vient ? Il m'est nécessaire, car Hachem a dit : tu ne lui feras pas deux [peines], tu ne prendras pas de lui de l'argent et tu ne le tueras pas !

Cela sort de "à la mesure de sa culpabilité" : d'une seule culpabilité tu le rends passible, et tu ne le rends pas passible de deux culpabilités.

🗂️ Tossefot (1)
מכדי רשעתו נפקא פירושו בסוף פ"ב (דף כו:):
Cela sort de "à la mesure de sa culpabilité" : son explication est à la fin du chapitre 2 (26b).
💡 Explication

Première attaque du verset. Il servirait déjà à interdire le cumul : prendre l'argent et mettre à mort. S'il est pris par cette loi, il ne reste plus libre pour exclure les membres.

Réponse : le cumul de deux peines sort de kedei rish'ato (Devarim 25, 2). Le mot est au singulier : une culpabilité, une peine. Tossefot renvoie l'explication à Bava Kamma 26b, fin du chapitre 2.

18
ואכתי מבעי ליה, דקאמר רחמנא: לא תשקול ממון ותפטריה! אם כן, לכתוב רחמנא ״לא תקחו כופר לאשר הוא רשע למות״; ״לנפש רצח״ למה לי? שמע מינה: לנפש רוצח אי אתה לוקח כופר, אבל אתה לוקח כופר לראשי אברים שאינן חוזרין.

Et il m'est encore nécessaire, car Hachem dit : tu ne prendras pas d'argent et tu ne l'acquitteras pas ! S'il en est ainsi, que Hachem écrive : "Vous ne prendrez pas de rançon pour celui qui est coupable de mort." "Pour la vie d'un meurtrier", pourquoi me le faut-il ?

On apprend de là : pour la vie d'un meurtrier tu ne prends pas de rançon, mais tu prends une rançon pour les extrémités des membres qui ne reviennent pas.

📜 Rachi (2)
ואכתי מבעי ליה לא תשקול ממונא ותפטריה מקטלא ולגופיה אצטריך ולא למעוטי אחריני:
Et il m'est encore nécessaire, "tu ne prendras pas d'argent et tu ne l'acquitteras pas" : de la mise à mort. Le verset est nécessaire pour lui-même, et non pour exclure d'autres cas.
לנפש רוצח דלא אצטריך אתי למעוטי ראשי אברים שאינן נפש:
Pour la vie d'un meurtrier : ce qui n'était pas nécessaire vient exclure les extrémités des membres, qui ne sont pas une âme (nefech).
💡 Explication

Seconde attaque. Le verset doit encore enseigner sa loi propre : on ne rachète pas le meurtrier, on ne l'acquitte pas de la mort par de l'argent. Rachi : il est là pour lui-même.

Réponse par les mots en trop. Il suffisait d'écrire "pour celui qui est coupable de mort". "Pour la vie d'un meurtrier" désigne la nefech. Les membres ne sont pas une nefech. Pour eux, le kofer se prend.

19
וכי מאחר דכתיב ״לא תקחו כפר״, ״מכה״–״מכה״ למה לי? אמרי: אי מהאי, הוה אמינא: אי בעי – עינו ניתיב, ואי בעי – דמי עינו ניתיב; קא משמע לן מבהמה, מה מכה בהמה – לתשלומין, אף מכה אדם – לתשלומין.

Et puisque il est écrit "vous ne prendrez pas de rançon", "frappe"-"frappe", pourquoi me le faut-il ? On dit : si [la loi venait] de celui-ci, j'aurais dit : s'il veut, il donne son œil, et s'il veut, il donne le prix de son œil.

Cela nous est enseigné par la bête : de même que celui qui frappe une bête [est tenu] à des paiements, de même celui qui frappe un homme [est tenu] à des paiements.

🗂️ Tossefot (1)
מכה מכה למ"ל וא"ת דרבא דריש מיניה בפרק אלו נערות (כתובות דף לה.) בפירוש ריבתה תורה חייבי מלקיות כחייבי מיתות לתשלומין מג"ש דמכה מכה וי"ל דרבא לטעמיה דדריש לקמן עין תחת עין ממון מקרא אחרינא:
Frappe-frappe, pourquoi me le faut-il ? Et si tu dis : Rava l'expose dans le chapitre Elou naarot (Ketoubot 35a). En propres termes, la Torah a inclus les passibles de coups (malkot) au même titre que les passibles de mort, pour les paiements, par la gezera chava de frappe-frappe. On peut dire : Rava suit son propre raisonnement, car plus bas il expose "œil pour œil" comme de l'argent à partir d'un autre verset.
💡 Explication

Le verset du kofer suffit à ouvrir un paiement pour les membres. Pourquoi la gezera chava ? Sans elle, le frappeur choisirait : livrer son œil, ou livrer le prix. La bête ne laisse que le paiement.

Tossefot : Rava, à Ketoubot 35a, emploie la même gezera chava pour assimiler les passibles de malkot aux passibles de mort, au regard des paiements. Rava peut le faire, parce que plus bas il apprend "œil pour œil = argent" d'un autre verset. La gezera chava lui reste disponible.

🖼️ Schéma
Le kofer laisserait le choix. La bête le ferme. Du verset du kofer seul S'il veut : il donne son œil S'il veut : il donne le prix Hava amina, si la gezera chava manque Enseigne par la bête Frappe de la bête : paiement Frappe de l'homme : paiement Le corps du frappeur reste entier Les deux derachot restent. L'une ouvre le kofer. L'autre impose l'argent seul.
Du kofer seul, il choisirait l'œil ou le prix. La frappe de la bête n'admet que le paiement.
20
תניא, רבי דוסתאי בן יהודה אומר: ״עין תחת עין״ – ממון. אתה אומר ממון, או אינו אלא עין ממש? אמרת, הרי שהיתה עינו של זה גדולה ועינו של זה קטנה, היאך אני קורא ביה ״עין תחת עין״?

On enseigne dans une baraita : Rabbi Dostai ben Yehouda dit : "Œil pour œil", c'est de l'argent. Tu dis : de l'argent.

Ou bien un œil réel seulement ? Tu diras : voici que l'œil de celui-ci était grand et l'œil de celui-là était petit.

Comment lis-je à son sujet "œil pour œil" ?

💡 Explication

Nouvelle baraita. Rabbi Dostai ben Yehouda part du cas où les deux yeux n'ont pas la même taille. Un œil grand ne remplace pas un œil petit. La lecture "œil réel" ne se laisse pas lire sur ce cas.

21
וכי תימא: כל כי האי – שקיל מיניה ממונא; התורה אמרה: ״משפט אחד יהיה לכם״ – משפט השוה לכולכם!

Et si tu dis : dans tout cas pareil, il prend de lui de l'argent. La Torah a dit : "Un seul droit sera pour vous", un droit égal pour vous tous !

💡 Explication

Réplique possible : l'argent ne vaudrait que lorsque les yeux différent, et l'œil réel lorsque ils sont pareils. Vayikra 24, 22, mishpat ehad, ferme cette scission. Le jugement est le même pour tous. Rabbi Dostai en conclut à l'argent dans tous les cas.

22
אמרי: מאי קושיא? דלמא נהורא שקיל מיניה, נהורא אמר רחמנא נישקול מיניה! דאי לא תימא הכי,

On dit : quelle est la difficulté ? Peut-être a-t-il pris de lui la lumière, et la lumière, Hachem a dit qu'on la prenne de lui !

Car si tu ne dis pas ainsi,

💡 Explication

La Gemara déplace l'objet de la peine. On ne prend pas l'organe selon sa taille. On prend la nehora, la lumière que l'œil donnait. Un grand œil et un petit œil portent l'un et l'autre cette lumière.

La dernière ligne, "car si tu ne dis pas ainsi", ouvre une suite qui est sur 84a. L'amoud s'arrête au milieu de la phrase.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).