Sougya : L'amoud ouvre sur Rabbi et Ben Azzai : un klal et un prat éloignés, la brûlure et la meurtrissure, se lisent-ils par la règle du klal u-prat. La Gemara cherche ensuite comment estimer le tsaar là où le nezek est déjà payé : la mesure retenue est la somme qu'un condamné donnerait pour passer de l'épée au sam.
Le reste du daf porte sur le ripouy : excroissances, bandage, le mot rak, et la permission donnée au médecin. Il fixe qui choisit le médecin, puis rappelle que ces indemnités se paient là où il y a nezek.
Ils divergent sur un klal et un prat (général et particulier) éloignés l'un de l'autre.
Suite de 84b. Shemot 21, 25 aligne keviya (brûlure), petza (plaie), haboura (meurtrissure). La brûlure est un klal. La meurtrissure est un prat. Le mot du milieu les éloigne.
Tossefot, Ri : le débat sur un klal et un prat éloignés ne porte que sur un seul inyan. Dans deux sujets, tous s'accordent : on ne dérive pas. Il renvoie à Nida 33a, Pessahim 6b, Menahot 55b, Sanhédrin 46b.
Rabbi tient : on ne le traite pas en klal u-prat. Et Ben Azzai tient : on le traite en klal u-prat.
Et si tu dis : "haboura", pour Rabbi, pourquoi me le faut-il ? Pour des sommes supplémentaires.
Rabbi : la distance empêche le klal u-prat. Toute brûlure ouvre le tsaar. Ben Azzai applique la règle : le klal se réduit au prat, la brûlure qui a une haboura.
Pour Rabbi, le mot haboura reste à expliquer. Rachi : il ajoute un second paiement, brûlure et meurtrissure. Ri refuse d'y lire le tsaar là où il y a nézek, déjà tiré de petza tahat petza. Ri lit un surplus pour la douleur qui laisse une marque, le rochem, parce qu'elle enlaidit.
On estime combien un homme semblable à celui-ci veut prendre, etc. Le tsaar là où il y a nézek, comment l'estime-t-on ?
Retour à la michna du tsaar. On cherche combien un homme de même sensibilité voudrait prendre pour subir cette douleur.
Tsaar be-makom nézek : le nézek de la main est déjà payé, Rachi, on lui a donné sa valeur. La question : comment isoler la douleur, puisque l'argent du nézek suffirait déjà à faire accepter la coupé.
Le père de Chmouel a dit : on estime combien un homme veut prendre pour qu'on lui coupe la main. Pour qu'on lui coupe la main ?
La douleur seule n'y est pas. Les cinq choses y sont toutes.
Et encore, nous occupons-nous de shofetani (insensés) ? Plutôt : pour couper sa main déjà coupée.
Sa main déjà coupée non plus : la douleur seule n'y est pas. La douleur et le boshet (honte) y sont, car la chose lui fait honte, qu'on prenne de sa chair pour la jeter aux chiens.
Première mesure du père de Chmouel : le prix pour laisser couper une main. Elle mêle les cinq indemnités : nézek, tsaar, ripouy, chevet, boshet. Un homme sensé ne vend pas sa main.
Deuxième mesure : la main déjà coupée. Rachi : elle ne tient que par des guidin tsomtin, des tendons secs, et ne travaille plus. Il reste la douleur, et la honte de voir sa chair jeté aux chiens. Le tsaar seul n'est pas isolé.
Plutôt : on estime combien un homme veut prendre pour qu'on lui coupe sa main écrite pour la royauté, entre le sam et l'épée. Ils disent : ici aussi, il ne prend pas, et il ne fait pas souffrir sa personne.
La main est déjà mukhtevet la-malkhout, inscrite pour être coupée par arrêt du roi. Le sam coupe sans douleur. L'épée coupe avec douleur. On demande combien il prendrait pour passer du sam à l'épée.
Objection : personne ne prend de l'argent pour se faire souffrir. Rachi ajoute : dans le cas réel, l'acte est déjà fait. La mesure "combien prendrait-il pour souffrir" ne correspond plus.
Plutôt : on estime combien un homme veut donner pour qu'on lui coupe sa main écrite pour la royauté, entre l'épée et le sam.
La mesure se retourne. La main doit tomber par l'épée. On estime combien il donnerait au messager du roi pour qu'il la coupé au sam, sans douleur.
Cette somme isolé le tsaar. Le nézek est déjà acquis : la main tombe de toute façon. Le boshet de la chair jetée aux chiens n'entre plus.
Ce "prendre" ? Il fallait "donner" !
Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, a dit : prendre, celui-ci de celui-là, ce que celui-ci a donné.
La michna dit litol, prendre. La mesure retenue est un latet, un don au messager. Rav Houna raccorde les deux mots.
Le nizak prend du mazik la somme qu'il aurait donnée au roi pour éviter la douleur. Rachi : du mazik, ce que celui-ci a donné au roi. Le mot de la michna reste.
Ripouy (soins) : il l'a frappé, il est tenu de le soigner, etc. [Nos maîtres ont enseigné :] s'il lui est venu des tsemahim (excroissances) à cause de la plaie, et que la plaie s'est rouverte, il est tenu de le soigner, et il est tenu de lui donner la valeur de son chevet.
Si ce n'est pas à cause de la plaie, il n'est pas tenu de le soigner, et il n'est pas tenu de lui donner la valeur de son chevet.
Nouvelle tête : le ripouy. La baraita ajoute les tsemahim, des excroissances sur la plaie, et la plaie qui se rouvre, nistara ha-maka.
Si elles viennent de la plaie : ripouy, et dmei chevet, le chômage. Rachi : il retombe au lit à cause d'elles. Si elles n'en viennent pas : ni soins, ni chevet. Tossefot : tant qu'on ne l'a pas estimé. Une estimation déjà faite plafonne la somme, même s'il dépérit ensuite, Bava Kamma 91a.
Rabbi Yehuda dit : même à cause de la plaie, il est tenu de le soigner, et il n'est pas tenu de lui donner la valeur de son chevet. Et les Sages disent : son chevet et sa guérison.
Quiconque est tenu pour le chevet est tenu pour le ripouy, et quiconque n'est pas tenu pour le chevet n'est pas tenu pour le ripouy.
Trois avis. Le tanna kamma, au segment précédent : venue de la plaie, les deux ; hors plaie, rien. Rabbi Yehuda sépare : même venues de la plaie, le ripouy reste dû, le chevet tombe.
Les Sages lisent le verset comme un hekesh : chevet et ripouy vont ensemble. Rachi : qui n'est pas tenu pour le chevet n'est pas tenu pour le ripouy. Les premiers rabbins tiennent les deux.
Sur quoi divergent-ils ? Rabba a dit : je les ai trouvés, les rabbins, dans la maison de Rav, assis, et ils disaient : ici, ils divergent sur ceci, une plaie a-t-elle été donnée à l'agd (bandage).
Rabba rapporte l'explication de la maison de Rav. Le débat porterait sur maka nitna le-egd : a-t-on permission de bander la plaie.
Rachi : on bande à cause du froid. La chaleur de l'egd fait monter les excroissances. Toute la suite demande si ces excroissances restent à la charge du mazik.
Les rabbins tiennent : une plaie a été donnée à être bandée. Et Rabbi Yehuda tient : une plaie n'a pas été donnée à être bandée.
Le ripouy, sur lequel le verset a répété, il en est tenu. Le chevet, sur lequel le verset n'a pas répété, il n'en est pas tenu.
Selon cette explication, les rabbins permettent le bandage. Les excroissances qui en sortent restent celles de la plaie. Rabbi Yehuda ne le permet pas. Rachi : la victime a bandé pour son agrément. Le mazik ne répond plus des excroissances.
Reste le ripouy, parce que le verset a doublé, verape yerape (Shemot 21, 19). Le chevet, sans ce double, tombe.
Et moi, je leur ai dit : si une plaie n'a pas été donnée à être bandée, pour le ripouy non plus il n'est pas tenu. Plutôt, selon tous : une plaie a été donnée à être bandée, et elle n'a pas été donnée à un bandage excessif.
Rabba écarte l'explication de la maison de Rav. Si le bandage était interdit, le ripouy tomberait avec le chevet : les excroissances viendraient d'un geste non permis.
L'accord de tous : le bandage simple est permis. L'egd yetera, le bandage excessif, ne l'est pas. Le débat se déplace sur cet excès.
Rabbi Yehuda tient : puisqu'elle n'a pas été donnée à un bandage excessif, le ripouy, sur lequel le verset a répété, il en est tenu ; le chevet, sur lequel le verset n'a pas répété, il n'en est pas tenu. Et les rabbins tiennent : puisque le verset a répété sur le ripouy, pour le chevet aussi il est tenu, car il est mis en hekech avec le ripouy.
Même excès de bandage, les avis se séparent sur le verset. Rabbi Yehuda : le double verape yerape tient le ripouy seul. Le chevet, non répété, tombe.
Les rabbins, Rachi : le tanna kamma. Le chevet est en hekesh avec le ripouy. Le double du ripouy entraîne le chevet.
Et Rabbi Yehuda tient : pour le chevet il n'est pas tenu, car Rachmana (la miséricorde) l'a restreint par "rak". Et les rabbins : "rak" vient pour ce qui n'est pas à cause de la plaie.
Le hekech lierait chevet et ripouy. Rabbi Yehuda répond par rak, "seulement", dans "rak chevto yiten" (Shemot 21, 19). C'est un miout : le chevet est restreint.
Les rabbins réservent ce rak au cas qui ne vient pas de la plaie. Rachi renvoie plus bas : la victime a passé outre au médecin.
Et selon les derniers rabbins, qui disent : quiconque est tenu pour le chevet est tenu pour le ripouy, et quiconque n'est pas tenu pour le chevet n'est pas tenu pour le ripouy, le ripouy sur lequel le verset a répété, pourquoi me le faut-il ? Il est nécessaire pour ce qu'enseigne l'école de Rabbi Yichmael.
Car on enseigne : l'école de Rabbi Yichmael dit : "verape yerape", d'ici qu'on a donné permission au médecin de soigner.
Les rabbins acharonim lient déjà chevet et ripouy par le hekech. Le double verape yerape ne sert plus à obliger le mazik. Il sert à autre chose.
L'école de Rabbi Yichmael : permission donnée au rofé de soigner. Rachi : on ne dit pas que Rachmana frappe et que l'homme soigne à contretemps. Tossefot : un seul verbe aurait suffi pour une plaie d'homme. Le double inclut la maladie venue de la main du Ciel, ou soigner aurait l'air de défaire le décret du Roi.
Nos maîtres ont enseigné : d'où, si des excroissances lui sont venues à cause de la plaie et que la plaie s'est rouverte, qu'il est tenu de le soigner et tenu de lui donner son chevet ? Le verset dit : "rak chevto yiten, verape yerape".
On pourrait dire : même si ce n'est pas à cause de la plaie ? Le verset dit : "rak".
Rabbi Yossi bar Yehuda dit : même à cause de la plaie, il est exempt, car il est dit : "rak".
Deuxième baraita, avec la source. Verape yerape tient le mazik pour les excroissances venues de la plaie, soins et chevet. Rachi : le verset a changé la forme du ripouy pour inclure les excroissances, et le chevet suit par hekech.
Rak vient couper le cas hors plaie. Rabbi Yossi bar Yehuda lit le même rak plus largement : même venues de la plaie, il est exempt. Les deux lectures de ce "exempt" viennent au segment suivant.
Il y en a qui disent : "même à cause de la plaie, exempt", entièrement, comme les derniers rabbins. Et il y en a qui disent : "même à cause de la plaie, exempt" du chevet, et tenu pour le ripouy.
Selon qui ? Selon son père.
Le mot patour de Rabbi Yossi bar Yehuda se lit de deux façons. Legamre : exempt du ripouy et du chevet, comme les Sages qui lient les deux.
Ou bien exempt du chevet seul, et tenu au ripouy. C'est l'avis de son père, Rabbi Yehuda.
Le maître a dit : on pourrait dire, même si ce n'est pas à cause de la plaie ? Le verset dit : "rak".
Ce qui n'est pas à cause de la plaie a-t-il besoin d'un verset ?
La Gemara reprend le yakhol de la baraita. Exclure par rak un mal qui ne vient pas de la plaie paraît de trop : sans lien avec la plaie, le mazik serait déjà dehors.
La réponse, au segment suivant, rétrécit le cas. "Hors plaie" désigne un mal lié à la plaie, mais provoqué par la victime.
Ils disent : que veut dire "qui n'est pas à cause de la plaie" ? Comme on enseigne : voici qu'il a transgressé les paroles du médecin et a mangé du miel ou toutes sortes de douceurs, parce que le miel et toutes sortes de douceurs sont mauvais pour la plaie, et sa plaie a produit une gargouteni.
On pourrait dire qu'il serait tenu de le soigner ? Le verset dit : "rak".
Qu'est-ce que gargouteni ? Abaye a dit : nata krikhta.
Quel est son remède ? Ahala, kira et kalba.
"Hors plaie" veut dire : la plaie est bien là, et la victime a passé l'ordre du médecin. Le miel et les douceurs sont kachin la-maka, mauvais pour la plaie. Il en sort une gargouteni.
Abaye traduit : nata krikhta. Rachi : de la chair morte. On aurait pu tenir le mazik au ripouy. Rak l'en exempte. Tossefot : cet écart n'est pas une négligence assez claire pour dispenser d'un verset. Le remède nommé : ahala, ahalmi en laaz ; la cire ; la rashina des tonneaux de vin.
Et s'il lui dit : "je te soignerai, moi", il lui dit : "tu es à mes yeux comme un lion aux aguets". Et s'il lui dit : "j'amène un médecin de magan (pour rien) (be-magan)", il lui dit : "un médecin de magan (pour rien) (be-magan), magan est sa valeur".
Suite pratique du ripouy. Le mazik veut soigner lui-même, Rachi : sans payer le médecin. La victime répond : arya arba, un lion aux aguets. Elle ne se livre pas à celui qui l'a frappée.
Deuxième offre : un assia de-magan, un médecin gratuit. La parenthèse du texte est la variante be-magan. Réponse : un soin gratuit vaut ce qu'il coûte.
Et s'il dit : "je t'amène un médecin de loin", il lui dit : "un médecin de loin, un œil aveugle".
Troisième offre du mazik : un assia rehika, venu de loin, et moins cher. Rachi : il fait bon marché.
La victime : eina avira, un œil aveugle. Rachi : ce médecin repart. Il ne se soucie plus si l'œil s'abîme une fois son prix pris.
Et si celui-là lui dit : "donne-le moi, à moi, et je me soignerai moi-même", il lui dit : "tu seras négligent envers toi-même, et tu prendras de moi davantage". Et s'il lui dit : "fixe-moi une somme fixée", il lui dit : "à plus forte raison tu seras négligent envers toi-même, et l'on m'appellera : un bœuf qui cause un dommage".
La victime demande l'argent, hav li le-diddi, et veut se soigner seule. Le mazik refuse : pashata be-nafshekh, tu seras négligent, et la dépense grossira.
Kots li mi-kats : un forfait fixé d'avance. Rachi : s'il néglige sa guérison, on traite le mazik de shor ha-mazik. Tossefot lit une version "tu me feras perdre", et limite le cas à l'absence d'estimation préalable.
On a enseigné : et tous se paient là où il y a nézek. D'où ces paroles ?
Rav Zevid a dit au nom de Rava : le verset dit "petza tahat petza" (plaie pour plaie), pour donner le tsaar là où il y a nézek.
Ve-khulan mishtalmin be-makom nézek : ces indemnités se paient aussi quand le nézek est déjà dû. Elles ne remplacent pas le nézek.
Rav Zevid au nom de Rava tire le tsaar de petza tahat petza, Shemot 21, 25. C'est le verset en trop déjà rencontré pour la douleur là où il y a dommage.
Celui-ci, il lui est nécessaire.
Haï mibaei lei : objection coupée au bas de l'amoud. Le verset qu'on vient d'employer pour le tsaar là où il y a nézek est requis pour un autre enseignement.
La phrase ne va pas plus loin sur 85a. La suite est sur 85b.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).