Bava Kamma 85a - Douleur à estimer, soins à payer, médecin à choisir

Bava_Kamma 85a

Sougya : L'amoud ouvre sur Rabbi et Ben Azzai : un klal et un prat éloignés, la brûlure et la meurtrissure, se lisent-ils par la règle du klal u-prat. La Gemara cherche ensuite comment estimer le tsaar là où le nezek est déjà payé : la mesure retenue est la somme qu'un condamné donnerait pour passer de l'épée au sam.

Le reste du daf porte sur le ripouy : excroissances, bandage, le mot rak, et la permission donnée au médecin. Il fixe qui choisit le médecin, puis rappelle que ces indemnités se paient là où il y a nezek.

Estimer le tsaar là où le nezek est déjà payé Le père de Chmouel cherche. Rose : écartée. Vert : retenue. Main saine combien pour la coupér Les cinq indemnités y sont Un shofetani vendrait sa main Écartée Main déjà coupée tendons secs, Rachi Douleur, et boshet On jette sa chair aux chiens Écartée Prendre de l'argent du sam vers l'épée Main déjà écrite pour le roi Il ne prend rien pour souffrir Écartée Donner de l'argent de l'épée vers le sam Somme versée au messager pour couper au sam, sans douleur Retenue Mot de la michna prendre, Rav Houna Il prend du mazik ce qu'il aurait donné au roi Retenue La mesure du tsaar est ce qu'on paie pour éviter la douleur, là où la main tombe déjà.
Quatre mesures du tsaar sont écartées. On retient ce qu'il donnerait pour passer de l'épée au sam, et il le prend du mazik.
Excroissances : ripouy et chevet Après Rabba : bandage simple permis, bandage excessif interdit Tanna kamma À cause de la plaie ripouy et chevet Hors de la plaie : rien Bandage simple permis Hekesh : le chevet suit le ripouy Rak exclut le hors-plaie Shemot 21, 19 rak chevto yiten verape yerape Rabbi Yehuda Même à cause de la plaie ripouy oui, chevet non Bandage excessif interdit Le verbe double tient le ripouy Rak restreint le chevet Le verset répète la guérison, pas le chevet Shemot 21, 19 Sages derniers Chevet et ripouy liés Tenu à l'un : tenu à l'autre Exempt de l'un : exempt de l'autre Le verbe double : permission au médecin R. Yossi b. Yehuda 1. exempt des deux comme ces Sages 2. exempt du chevet, tenu au ripouy : son père École de Rabbi Yichmael : verape yerape, permission donnée au médecin de soigner. Tossefot : le verbe double permet de soigner aussi une maladie venue de la main du Ciel.
Excroissances venues de la plaie : tanna kamma, Rabbi Yehuda, Sages. Rabbi Yossi bar Yehuda se lit des deux façons.
Qui fournit les soins Chaque proposition est refusée. Le mazik reste tenu du ripouy. Le mazik propose La victime répond Je te soigne moi-même sans payer un médecin Tu es un lion aux aguets Un médecin gratuit assia de-magan Le gratuit vaut son prix : rien Un médecin de loin Rachi : il fait bon marché Médecin de loin, œil aveugle Il part, et ne surveille plus La victime propose Le mazik répond Donne-moi la somme, je me soigne Tu seras négligent, tu prendras plus Fixe-moi un forfait À plus forte raison. On m'appellera bœuf nuisible.
Le mazik ne choisit ni son propre soin, ni un médecin gratuit, ni un médecin de loin. La victime ne reçoit pas la somme en mains.
1
בכלל ופרט המרוחקים זה מזה קמיפלגי –

Ils divergent sur un klal et un prat (général et particulier) éloignés l'un de l'autre.

🗂️ Tossefot (1)
כלל ופרט המרוחקין זה מזה נראה לר"י דבכלל ופרט המרוחקין זה מזה דפליגי תנאי דהכא וההוא דפליגי נמי אביי ורבא בריש בנות כותים (נדה דף לג.) היינו דוקא בחד ענינא אבל בתרי עניני לכ"ע אין דנין כדמוכח בפ"ק דפסחים (דף ו: ושם) ובכל המנחות (מנחות נה: ושם) וההיא דנגמר הדין (סנהדרין דף מו: ושם) גבי והומת ותלית אם נחשבנו כתרי עניני לפי שמרוחקין יותר מאותם שבכאן ושבנדה אתיא ההיא דנגמר הדין ככ"ע אבל אם נחשביה כחד ענינא אתי סוגיא דהתם כמ"ד אין דנין:
Klal et prat éloignés l'un de l'autre. Il paraît à Ri que le klal et le prat éloignés l'un de l'autre, sur lesquels divergent les tannaïm d'ici, et aussi celui sur lequel divergent Abaye et Rava au début de Benot Koutim (Nida 33a), c'est précisément dans un seul inyan (sujet). Mais dans deux inyanim, selon tous on ne dérive pas, comme il est prouvé au premier chapitre de Pessahim (6b, et là) et dans Kol ha-menahot (Menahot 55b, et là). Et le passage de Nigmar ha-din (Sanhédrin 46b, et là) au sujet de ve-humat ve-talita (il sera mis à mort, et tu le pendras) : si nous le comptons comme deux inyanim, parce qu'ils sont plus éloignés que ceux d'ici et de Nida, ce passage de Nigmar ha-din s'accorde avec tous. Mais si nous le comptons comme un seul inyan, la sougya de là-bas s'accorde avec celui qui dit qu'on ne dérive pas.
💡 Explication

Suite de 84b. Shemot 21, 25 aligne keviya (brûlure), petza (plaie), haboura (meurtrissure). La brûlure est un klal. La meurtrissure est un prat. Le mot du milieu les éloigne.

Tossefot, Ri : le débat sur un klal et un prat éloignés ne porte que sur un seul inyan. Dans deux sujets, tous s'accordent : on ne dérive pas. Il renvoie à Nida 33a, Pessahim 6b, Menahot 55b, Sanhédrin 46b.

2
רבי סבר: אין דנין אותו בכלל ופרט, ובן עזאי סבר: דנין אותו בכלל ופרט. וכי תימא ״חבורה״ לרבי למה לי? לדמים יתרים.

Rabbi tient : on ne le traite pas en klal u-prat. Et Ben Azzai tient : on le traite en klal u-prat.

Et si tu dis : "haboura", pour Rabbi, pourquoi me le faut-il ? Pour des sommes supplémentaires.

📜 Rachi (3)
רבי סבר אין דנין הכא נמי כויה נאמרה תחילה כלל דכויה משמע בין שיש עמה חבורה בין שאין עמה חבורה ואי הוי חבורה סמיך ליה הוי דרשי חבורה פרט ואין בכלל אלא מה שבפרט יש עמה חבורה אין אין עמה חבורה לא השתא דכתיב פצע בינתים לא דיינינן ולקמן פריך חבורה לרבי למה לי והיינו דקאמר כויה נאמרה תחילה כלומר מתחילת הפסוק אנו למדין שהוא חייב בכויה גרידא ולא נאמר סופו מוכיח שמתחילתו לא חייב אלא כשיש חבורה ואין דנין ומתני' רבי היא:
Rabbi tient : on ne dérive pas. Ici aussi, la brûlure a été dite d'abord : c'est un klal, car brûlure vise aussi bien le cas où une meurtrissure l'accompagne que le cas où elle ne l'accompagne pas. Si la meurtrissure lui était collée, on lirait meurtrissure comme un prat, et le klal ne contient que le prat : avec meurtrissure, oui ; sans meurtrissure, non. Maintenant qu'il est écrit plaie entre les deux, on ne dérive pas. Plus bas on objecte : meurtrissure, pour Rabbi, pourquoi me le faut-il ? C'est le sens de : la brûlure a été dite d'abord. Du début du verset nous apprenons qu'il est tenu pour une brûlure seule, et l'on ne dit pas que la fin prouve sur le début, qu'il ne serait tenu que s'il y a meurtrissure. On ne dérive pas. Et la michna est selon Rabbi.
למה לי הואיל ומרישא שמעינן לתרוייהו:
Pourquoi me le faut-il : puisque du début nous entendons les deux cas.
לדמים יתרים דאי לא כתיב אלא כויה תחת כויה הוה אמרינן בין אית ביה חבורה בין לית ביה חבורה דמי כויה משלם אבל תרתי לא משלם קמ"ל דמשלם תרוייהו:
Pour des sommes supplémentaires. Car s'il n'était écrit que brûlure pour brûlure, nous dirions : qu'il y ait une meurtrissure ou qu'il n'y en ait pas, il paie la valeur de la brûlure, mais les deux, il ne les paie pas. Cela vient apprendre qu'il paie les deux.
🗂️ Tossefot (1)
לדמים יתרים פי' בקונטרס דאי לא כתיב אלא כויה ה"א אפילו אית ליה חבורה דמי כויה הוא דמשלם אבל תרתי לא משלם קמ"ל דמשלם תרוייהו צער במקום נזק ואין נראה לר"י דהא צער במקום נזק נפקא לן מפצע תחת פצע ועוד דלמה היה לנו לומר שהצער יפטר את הנזק ואת הרפוי ונראה לר"י לדמים יתרים שמשלם בצער שיש בו רושם יותר מבצער שאין בו רושם אע"פ שאין מצטער בזה יותר מבזה משלם יותר לפי שמתגנה מחמת הרושם:
Pour des sommes supplémentaires. Explication du Kountres : s'il n'était écrit que brûlure, j'aurais dit que même avec une meurtrissure il ne paie que la valeur de la brûlure, et qu'il ne paie pas les deux. Cela vient apprendre qu'il paie les deux, le tsaar là où il y a nézek. Cela ne paraît pas à Ri, car le tsaar là où il y a nézek, nous le tirons de plaie pour plaie. Et encore : pourquoi aurions-nous dit que le tsaar ferait tomber le nézek et le ripouy ? Il paraît à Ri : des sommes supplémentaires, en ce qu'il paie pour une douleur qui a un rochem (une marque) plus que pour une douleur qui n'a pas de marque. Même s'il ne souffre pas plus dans l'un que dans l'autre, il paie plus, parce que la marque l'enlaidit.
💡 Explication

Rabbi : la distance empêche le klal u-prat. Toute brûlure ouvre le tsaar. Ben Azzai applique la règle : le klal se réduit au prat, la brûlure qui a une haboura.

Pour Rabbi, le mot haboura reste à expliquer. Rachi : il ajoute un second paiement, brûlure et meurtrissure. Ri refuse d'y lire le tsaar là où il y a nézek, déjà tiré de petza tahat petza. Ri lit un surplus pour la douleur qui laisse une marque, le rochem, parce qu'elle enlaidit.

🖼️ Schéma
Shemot 21, 25 : klal et prat éloignés Keviya, klal Brûlure avec ou sans meurtrissure Petza, au milieu Plaie pour plaie éloigne le prat du klal Haboura, prat Meurtrissure brûlure qui laisse une marque Rabbi : on ne dérive pas Tsaar pour toute brûlure Haboura : sommes en plus Ben Azzai : on dérive Klal limité au prat Tsaar seulement avec meurtrissure
Brûlure, plaie, meurtrissure. Rabbi ne dérive pas. Ben Azzai limite le klal au prat.
3
אומדין כמה אדם כיוצא בזה רוצה ליטול וכו׳. צער במקום נזק, היכי שיימינן?

On estime combien un homme semblable à celui-ci veut prendre, etc. Le tsaar là où il y a nézek, comment l'estime-t-on ?

📜 Rachi (2)
צער במקום נזק היכא דקטע את ידו ונתן לו דמיה:
Le tsaar là où il y a nézek : là où il lui a coupé la main et lui a donné sa valeur.
היכי שיימינן את הצער הלא יש לו לקוצצה בשביל הדמים שנוטל:
Comment l'estime-t-on : la douleur. N'a-t-il pas de quoi la faire couper, à cause des sommes qu'il prend ?
💡 Explication

Retour à la michna du tsaar. On cherche combien un homme de même sensibilité voudrait prendre pour subir cette douleur.

Tsaar be-makom nézek : le nézek de la main est déjà payé, Rachi, on lui a donné sa valeur. La question : comment isoler la douleur, puisque l'argent du nézek suffirait déjà à faire accepter la coupé.

4
אמר אבוה דשמואל: אומדין כמה אדם רוצה ליטול לקטוע לו ידו. לקטוע לו ידו?! לא צער לחודיה הוא – הא כולהו חמשה דברים איכא! ועוד, בשופטני עסקינן?! אלא לקטוע ידו הקטועה. ידו הקטועה נמי לא צער לחודיה איכא, הא צער ובושת איכא – דכסיפא ליה מילתא למשקל מבשרו למשדייה לכלבים!

Le père de Chmouel a dit : on estime combien un homme veut prendre pour qu'on lui coupe la main. Pour qu'on lui coupe la main ?

La douleur seule n'y est pas. Les cinq choses y sont toutes.

Et encore, nous occupons-nous de shofetani (insensés) ? Plutôt : pour couper sa main déjà coupée.

Sa main déjà coupée non plus : la douleur seule n'y est pas. La douleur et le boshet (honte) y sont, car la chose lui fait honte, qu'on prenne de sa chair pour la jeter aux chiens.

📜 Rachi (1)
ידו הקטועה ומחוברת בגידין צמותין ואינה ראויה לו למלאכה:
Sa main coupée : elle tient encore par des tendons desséchés, et elle ne lui sert plus au travail.
💡 Explication

Première mesure du père de Chmouel : le prix pour laisser couper une main. Elle mêle les cinq indemnités : nézek, tsaar, ripouy, chevet, boshet. Un homme sensé ne vend pas sa main.

Deuxième mesure : la main déjà coupée. Rachi : elle ne tient que par des guidin tsomtin, des tendons secs, et ne travaille plus. Il reste la douleur, et la honte de voir sa chair jeté aux chiens. Le tsaar seul n'est pas isolé.

5
אלא אומדין כמה אדם רוצה ליטול לקטוע לו ידו המוכתבת למלכות, בין סם לסייף. אמרי: הכא נמי לא שקיל ומצער נפשיה!

Plutôt : on estime combien un homme veut prendre pour qu'on lui coupe sa main écrite pour la royauté, entre le sam et l'épée. Ils disent : ici aussi, il ne prend pas, et il ne fait pas souffrir sa personne.

📜 Rachi (2)
בין סם לסייף ידו המוכתבת למלך לקוצצה בסם שאין שם צער כלל כמה רוצה ליטול לקוצצה בסייף:
Entre le sam et l'épée : sa main est écrite pour le roi, pour la coupér par un sam où il n'y a aucune douleur. Combien veut-il prendre pour la coupér par l'épée.
הא לא שקיל כל ממון שבעולם לצער נפשיה לקוצצה וכאן כבר נעשה מעשה:
Voici qu'il ne prend pas : tout l'argent du monde, pour faire souffrir sa personne en la faisant couper. Et ici, l'acte est déjà fait.
💡 Explication

La main est déjà mukhtevet la-malkhout, inscrite pour être coupée par arrêt du roi. Le sam coupe sans douleur. L'épée coupe avec douleur. On demande combien il prendrait pour passer du sam à l'épée.

Objection : personne ne prend de l'argent pour se faire souffrir. Rachi ajoute : dans le cas réel, l'acte est déjà fait. La mesure "combien prendrait-il pour souffrir" ne correspond plus.

6
אלא אומדין כמה אדם רוצה ליתן לקטוע לו ידו המוכתבת למלכות, בין סייף לסם.

Plutôt : on estime combien un homme veut donner pour qu'on lui coupe sa main écrite pour la royauté, entre l'épée et le sam.

📜 Rachi (1)
כמה אדם רוצה ליתן לשליח המלך מידו המוכתבת למלכות לקוטעה בסייף ויקטענה השליח בסם:
Combien un homme veut donner : à l'envoyé du roi, pour sa main écrite pour la royauté, qu'il devait couper par l'épée, et que l'envoyé la coupé par le sam.
💡 Explication

La mesure se retourne. La main doit tomber par l'épée. On estime combien il donnerait au messager du roi pour qu'il la coupé au sam, sans douleur.

Cette somme isolé le tsaar. Le nézek est déjà acquis : la main tombe de toute façon. Le boshet de la chair jetée aux chiens n'entre plus.

🖼️ Schéma
Main déjà condamnée : la somme du tsaar Épée Coupe avec douleur décret du roi Combien donner au messager du roi pour changer la coupé Sam Coupe sans douleur Rachi : aucune douleur Cette somme, le nizak la prend du mazik. Rav Houna lit ainsi le mot prendre. L'acte est déjà fait. On mesure ce qu'on paie pour ne pas souffrir.
De l'épée au sam : la somme qu'il verse au messager est le prix de la douleur.
7
האי ״ליטול״?! ״ליתן״ מבעי ליה! אמר רב הונא בריה דרב יהושע: ליטול זה מזה, מה שנתן זה.

Ce "prendre" ? Il fallait "donner" !

Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, a dit : prendre, celui-ci de celui-là, ce que celui-ci a donné.

📜 Rachi (1)
ליטול מן המזיק מה שנתן זה למלך:
Prendre : du mazik, ce que celui-ci a donné au roi.
💡 Explication

La michna dit litol, prendre. La mesure retenue est un latet, un don au messager. Rav Houna raccorde les deux mots.

Le nizak prend du mazik la somme qu'il aurait donnée au roi pour éviter la douleur. Rachi : du mazik, ce que celui-ci a donné au roi. Le mot de la michna reste.

8
רפוי – הכהו, חייב לרפאותו וכו׳. [תנו רבנן:] עלו בו צמחים מחמת המכה, ונסתרה המכה – חייב לרפאותו, וחייב ליתן לו דמי שבתו. שלא מחמת המכה – אינו חייב לרפאותו, ואינו חייב ליתן לו דמי שבתו.

Ripouy (soins) : il l'a frappé, il est tenu de le soigner, etc. [Nos maîtres ont enseigné :] s'il lui est venu des tsemahim (excroissances) à cause de la plaie, et que la plaie s'est rouverte, il est tenu de le soigner, et il est tenu de lui donner la valeur de son chevet.

Si ce n'est pas à cause de la plaie, il n'est pas tenu de le soigner, et il n'est pas tenu de lui donner la valeur de son chevet.

📜 Rachi (1)
דמי שבתו דמחמת הצמחים נפל למשכב:
La valeur de son chevet : car à cause des excroissances il est tombé au lit.
🗂️ Tossefot (1)
עלו בו צמחים כו' כשלא אמדוהו מיירי דאי באמדוהו הא אמרינן לקמן (בבא קמא דף צא.) אמדוהו והיה מתנונה והולך אין נותנין לו אלא כמו שאמדוהו:
S'il lui est venu des excroissances, etc. Cela parle du cas où on ne l'a pas estimé. Car si on l'avait estimé, voici que nous disons plus bas (Bava Kamma 91a) : on l'a estimé, et il allait en dépérissant, on ne lui donne que selon ce qu'on a estimé.
💡 Explication

Nouvelle tête : le ripouy. La baraita ajoute les tsemahim, des excroissances sur la plaie, et la plaie qui se rouvre, nistara ha-maka.

Si elles viennent de la plaie : ripouy, et dmei chevet, le chômage. Rachi : il retombe au lit à cause d'elles. Si elles n'en viennent pas : ni soins, ni chevet. Tossefot : tant qu'on ne l'a pas estimé. Une estimation déjà faite plafonne la somme, même s'il dépérit ensuite, Bava Kamma 91a.

9
רבי יהודה אומר: אף מחמת המכה – חייב לרפאותו, ואינו חייב ליתן לו דמי שבתו. וחכמים אומרים: שבתו – ורפואתו; כל שחייב בשבת – חייב בריפוי, ושאינו חייב בשבת – אינו חייב בריפוי.

Rabbi Yehuda dit : même à cause de la plaie, il est tenu de le soigner, et il n'est pas tenu de lui donner la valeur de son chevet. Et les Sages disent : son chevet et sa guérison.

Quiconque est tenu pour le chevet est tenu pour le ripouy, et quiconque n'est pas tenu pour le chevet n'est pas tenu pour le ripouy.

📜 Rachi (1)
ה"ג וחכמים אומרים שבתו ורפואתו כל שישנו כו' הקישן הכתוב וזה שאין חייב בשבת אינו חייב בריפוי ורבנן קמאי מחייבי ליה לתרוייהו:
Ainsi lit-on : Et les Sages disent, son chevet et sa guérison, quiconque est... Le verset les a mis en hekech (rapprochement), et celui qui n'est pas tenu pour le chevet n'est pas tenu pour le ripouy. Et les premiers rabbins le tiennent pour les deux.
💡 Explication

Trois avis. Le tanna kamma, au segment précédent : venue de la plaie, les deux ; hors plaie, rien. Rabbi Yehuda sépare : même venues de la plaie, le ripouy reste dû, le chevet tombe.

Les Sages lisent le verset comme un hekesh : chevet et ripouy vont ensemble. Rachi : qui n'est pas tenu pour le chevet n'est pas tenu pour le ripouy. Les premiers rabbins tiennent les deux.

10
במאי קא מיפלגי? אמר רבה: אשכחתינהו לרבנן בבי רב דיתבי וקאמרי: הכא במכה ניתנה לאגד קמיפלגי –

Sur quoi divergent-ils ? Rabba a dit : je les ai trouvés, les rabbins, dans la maison de Rav, assis, et ils disaient : ici, ils divergent sur ceci, une plaie a-t-elle été donnée à l'agd (bandage).

📜 Rachi (1)
נתנה לאגד נתנה רשות לנחבל לאוגדה ולעטפה מפני צער הצנה ועולין הצמחים מחמת הבל וחום האגד:
Elle a été donnée au bandage : on a donné permission au nishbal (la victime) de la bander et de l'envelopper à cause de la douleur du froid, et les excroissances montent à cause de la vapeur et de la chaleur du bandage.
💡 Explication

Rabba rapporte l'explication de la maison de Rav. Le débat porterait sur maka nitna le-egd : a-t-on permission de bander la plaie.

Rachi : on bande à cause du froid. La chaleur de l'egd fait monter les excroissances. Toute la suite demande si ces excroissances restent à la charge du mazik.

11
רבנן סברי: מכה ניתנה לאגד. ורבי יהודה סבר: מכה לא ניתנה לאגד; ריפוי, דתנא ביה קרא – מיחייב; שבת, דלא תנא ביה קרא – לא מיחייב.

Les rabbins tiennent : une plaie a été donnée à être bandée. Et Rabbi Yehuda tient : une plaie n'a pas été donnée à être bandée.

Le ripouy, sur lequel le verset a répété, il en est tenu. Le chevet, sur lequel le verset n'a pas répété, il n'en est pas tenu.

📜 Rachi (2)
לא נתנה רשות לאגד וזה להנאתו אגד הלכך צמחים שעלו בה אין על המזיק להתחייב עליהן:
Elle n'a pas été donnée : permission de bander. Et celui-ci a bandé pour son agrément. Donc, pour les excroissances qui y sont montées, le mazik n'a pas à en être tenu.
דתנא ביה דשנה עליו הכתוב:
Sur lequel il a répété : le verset l'a redit à son sujet.
💡 Explication

Selon cette explication, les rabbins permettent le bandage. Les excroissances qui en sortent restent celles de la plaie. Rabbi Yehuda ne le permet pas. Rachi : la victime a bandé pour son agrément. Le mazik ne répond plus des excroissances.

Reste le ripouy, parce que le verset a doublé, verape yerape (Shemot 21, 19). Le chevet, sans ce double, tombe.

12
ואמינא להו אנא: אי מכה לא ניתנה לאגד, ריפוי נמי לא מיחייב! אלא דכולי עלמא – מכה ניתנה לאגד, ולא ניתנה לאגד יתירה.

Et moi, je leur ai dit : si une plaie n'a pas été donnée à être bandée, pour le ripouy non plus il n'est pas tenu. Plutôt, selon tous : une plaie a été donnée à être bandée, et elle n'a pas été donnée à un bandage excessif.

💡 Explication

Rabba écarte l'explication de la maison de Rav. Si le bandage était interdit, le ripouy tomberait avec le chevet : les excroissances viendraient d'un geste non permis.

L'accord de tous : le bandage simple est permis. L'egd yetera, le bandage excessif, ne l'est pas. Le débat se déplace sur cet excès.

13
רבי יהודה סבר: כיון דלא ניתנה לאגד יתירה, ריפוי דתנא ביה קרא – מיחייב, שבת דלא תנא ביה קרא – לא מיחייב. ורבנן סברי: כיון דתנא ביה קרא בריפוי – אשבת נמי מיחייב, דאיתקש לריפוי.

Rabbi Yehuda tient : puisqu'elle n'a pas été donnée à un bandage excessif, le ripouy, sur lequel le verset a répété, il en est tenu ; le chevet, sur lequel le verset n'a pas répété, il n'en est pas tenu. Et les rabbins tiennent : puisque le verset a répété sur le ripouy, pour le chevet aussi il est tenu, car il est mis en hekech avec le ripouy.

📜 Rachi (1)
ורבנן ת"ק:
Et les rabbins : le tanna kamma.
💡 Explication

Même excès de bandage, les avis se séparent sur le verset. Rabbi Yehuda : le double verape yerape tient le ripouy seul. Le chevet, non répété, tombe.

Les rabbins, Rachi : le tanna kamma. Le chevet est en hekesh avec le ripouy. Le double du ripouy entraîne le chevet.

14
ורבי יהודה סבר: שבת לא מיחייב, דמעטיה רחמנא ״רק״. ורבנן – ״רק״, לשלא מחמת המכה הוא דאתא.

Et Rabbi Yehuda tient : pour le chevet il n'est pas tenu, car Rachmana (la miséricorde) l'a restreint par "rak". Et les rabbins : "rak" vient pour ce qui n'est pas à cause de la plaie.

📜 Rachi (1)
רק לשלא מחמת המכה אתא שעבר על דברי רופא כדמפרש לקמן:
"Rak", c'est pour ce qui n'est pas à cause de la plaie qu'il vient : il a transgressé les paroles du médecin, comme on l'explique plus bas.
💡 Explication

Le hekech lierait chevet et ripouy. Rabbi Yehuda répond par rak, "seulement", dans "rak chevto yiten" (Shemot 21, 19). C'est un miout : le chevet est restreint.

Les rabbins réservent ce rak au cas qui ne vient pas de la plaie. Rachi renvoie plus bas : la victime a passé outre au médecin.

15
ולרבנן בתראי, דאמרי: כל שחייב בשבת – חייב בריפוי, וכל שאינו חייב בשבת – אינו חייב בריפוי; ריפוי דתנא ביה קרא – למה לי? מיבעי ליה לכדתנא דבי רבי ישמעאל – דתניא, דבי רבי ישמעאל אומר: ״ורפא ירפא״ – מכאן שניתן רשות לרופא לרפאות.

Et selon les derniers rabbins, qui disent : quiconque est tenu pour le chevet est tenu pour le ripouy, et quiconque n'est pas tenu pour le chevet n'est pas tenu pour le ripouy, le ripouy sur lequel le verset a répété, pourquoi me le faut-il ? Il est nécessaire pour ce qu'enseigne l'école de Rabbi Yichmael.

Car on enseigne : l'école de Rabbi Yichmael dit : "verape yerape", d'ici qu'on a donné permission au médecin de soigner.

📜 Rachi (1)
נתנה רשות לרופאים לרפאות ולא אמרינן רחמנא מחי ואיהו מסי:
On a donné permission aux médecins de soigner. Et nous ne disons pas : Rachmana frappe, et lui soigne.
🗂️ Tossefot (1)
שניתנה רשות לרופא לרפאות וא"ת והא מרפא לחודיה שמעינן ליה וי"ל דה"א ה"מ מכה בידי אדם אבל חולי הבא בידי שמים כשמרפא נראה כסותר גזירת המלך קמ"ל דשרי:
Qu'on a donné permission au médecin de soigner. Et si tu dis : de "il soigne" seul nous l'entendons. On peut dire : j'aurais dit que ces paroles ne visent qu'une plaie venue d'une main d'homme. Mais une maladie venue de la main du Ciel, quand il soigne, a l'air de défaire le décret du Roi. Cela vient apprendre que c'est permis.
💡 Explication

Les rabbins acharonim lient déjà chevet et ripouy par le hekech. Le double verape yerape ne sert plus à obliger le mazik. Il sert à autre chose.

L'école de Rabbi Yichmael : permission donnée au rofé de soigner. Rachi : on ne dit pas que Rachmana frappe et que l'homme soigne à contretemps. Tossefot : un seul verbe aurait suffi pour une plaie d'homme. Le double inclut la maladie venue de la main du Ciel, ou soigner aurait l'air de défaire le décret du Roi.

16
תנו רבנן: מנין שאם עלו בו צמחים מחמת המכה ונסתרה המכה, שחייב לרפאותו, וחייב ליתן לו שבתו? תלמוד לומר: ״רק שבתו יתן, ורפא ירפא״. יכול אפילו שלא מחמת המכה? תלמוד לומר: ״רק״. רבי יוסי בר יהודה אומר: אף מחמת המכה פטור, שנאמר: ״רק״.

Nos maîtres ont enseigné : d'où, si des excroissances lui sont venues à cause de la plaie et que la plaie s'est rouverte, qu'il est tenu de le soigner et tenu de lui donner son chevet ? Le verset dit : "rak chevto yiten, verape yerape".

On pourrait dire : même si ce n'est pas à cause de la plaie ? Le verset dit : "rak".

Rabbi Yossi bar Yehuda dit : même à cause de la plaie, il est exempt, car il est dit : "rak".

📜 Rachi (2)
רק לשלא מחמת המכה אתא שעבר על דברי רופא כדמפרש לקמן:
"Rak", c'est pour ce qui n'est pas à cause de la plaie qu'il vient : il a transgressé les paroles du médecin, comme on l'explique plus bas.
תלמוד לומר שבתו יתן ורפא ירפא שינה הכתוב בריפוי לחייבו אף על הצמחים והקיש שבת לריפוי:
Le verset dit : son chevet il donnera, et il guérira, il guérira. Le verset a changé sur le ripouy pour le tenir même pour les excroissances, et il a mis le chevet en hekech avec le ripouy.
💡 Explication

Deuxième baraita, avec la source. Verape yerape tient le mazik pour les excroissances venues de la plaie, soins et chevet. Rachi : le verset a changé la forme du ripouy pour inclure les excroissances, et le chevet suit par hekech.

Rak vient couper le cas hors plaie. Rabbi Yossi bar Yehuda lit le même rak plus largement : même venues de la plaie, il est exempt. Les deux lectures de ce "exempt" viennent au segment suivant.

17
איכא דאמרי ״אף מחמת המכה פטור״ – לגמרי, כרבנן בתראי; ואיכא דאמרי ״אף מחמת המכה פטור״ – משבת, וחייב בריפוי; כמאן? כאבוה.

Il y en a qui disent : "même à cause de la plaie, exempt", entièrement, comme les derniers rabbins. Et il y en a qui disent : "même à cause de la plaie, exempt" du chevet, et tenu pour le ripouy.

Selon qui ? Selon son père.

💡 Explication

Le mot patour de Rabbi Yossi bar Yehuda se lit de deux façons. Legamre : exempt du ripouy et du chevet, comme les Sages qui lient les deux.

Ou bien exempt du chevet seul, et tenu au ripouy. C'est l'avis de son père, Rabbi Yehuda.

18
אמר מר: יכול אפילו שלא מחמת המכה? תלמוד לומר: ״רק״. שלא מחמת המכה בעי קרא?!

Le maître a dit : on pourrait dire, même si ce n'est pas à cause de la plaie ? Le verset dit : "rak".

Ce qui n'est pas à cause de la plaie a-t-il besoin d'un verset ?

💡 Explication

La Gemara reprend le yakhol de la baraita. Exclure par rak un mal qui ne vient pas de la plaie paraît de trop : sans lien avec la plaie, le mazik serait déjà dehors.

La réponse, au segment suivant, rétrécit le cas. "Hors plaie" désigne un mal lié à la plaie, mais provoqué par la victime.

19
אמרי: מאי ״שלא מחמת המכה״ – כדתניא: הרי שעבר על דברי רופא ואכל דבש או כל מיני מתיקה, מפני שדבש וכל מיני מתיקה קשין למכה; והעלה מכתו גרגותני; יכול יהא חייב לרפאותו? תלמוד לומר: ״רק״. מאי ״גרגותני״? אמר אביי: נאתא כריכתא. מאי אסותיה? אהלא וקירא וקלבא.

Ils disent : que veut dire "qui n'est pas à cause de la plaie" ? Comme on enseigne : voici qu'il a transgressé les paroles du médecin et a mangé du miel ou toutes sortes de douceurs, parce que le miel et toutes sortes de douceurs sont mauvais pour la plaie, et sa plaie a produit une gargouteni.

On pourrait dire qu'il serait tenu de le soigner ? Le verset dit : "rak".

Qu'est-ce que gargouteni ? Abaye a dit : nata krikhta.

Quel est son remède ? Ahala, kira et kalba.

📜 Rachi (4)
נאתא כריכתא בשר מת:
Nata krikhta : de la chair morte.
אהלא אהלמ"י בלע"ז:
Ahala : ahalmi, en laaz.
וקירא שעוה:
Et kira : de la cire.
וקלבא רשינ"א שבחביות של יין:
Et kalba : la rashina des tonneaux de vin.
🗂️ Tossefot (1)
עבר על דברי הרופא לא חשיב ליה פושע כ"כ:
Il a transgressé les paroles du médecin. On ne le tient pas pour poshea (négligent) à ce point.
💡 Explication

"Hors plaie" veut dire : la plaie est bien là, et la victime a passé l'ordre du médecin. Le miel et les douceurs sont kachin la-maka, mauvais pour la plaie. Il en sort une gargouteni.

Abaye traduit : nata krikhta. Rachi : de la chair morte. On aurait pu tenir le mazik au ripouy. Rak l'en exempte. Tossefot : cet écart n'est pas une négligence assez claire pour dispenser d'un verset. Le remède nommé : ahala, ahalmi en laaz ; la cire ; la rashina des tonneaux de vin.

🖼️ Schéma
Hors plaie : il a passé outre au médecin Ordre pas de miel ni de douceur Transgression il mange du miel mauvais pour la plaie Gargouteni nata krikhta Rachi : chair morte Rak le mazik est exempt du ripouy Tossefot : on ne le tient pas pour poshea à ce point. Le verset est donc nécessaire. Remède nommé par la Gemara : ahala, kira, kalba.
Miel malgré l'ordre du médecin, gargouteni, puis rak : le mazik ne paie pas ce ripouy.
20
ואי אמר ליה: ״אסייך אנא״, אמר ליה: ״דמית עלי כאריא ארבא״. ואי אמר ליה: ״מייתינא אסיא דמגן (במגן)״, אמר ליה: ״אסיא דמגן (במגן) – מגן שוה״.

Et s'il lui dit : "je te soignerai, moi", il lui dit : "tu es à mes yeux comme un lion aux aguets". Et s'il lui dit : "j'amène un médecin de magan (pour rien) (be-magan)", il lui dit : "un médecin de magan (pour rien) (be-magan), magan est sa valeur".

📜 Rachi (1)
ואי אמר ליה מזיק אסייך אנא אני מרפא אותך ואיני נותן דמי אסייך:
Et s'il lui dit : le mazik, "je te soignerai, moi", je te soigne, et je ne donne pas le prix de ton médecin.
💡 Explication

Suite pratique du ripouy. Le mazik veut soigner lui-même, Rachi : sans payer le médecin. La victime répond : arya arba, un lion aux aguets. Elle ne se livre pas à celui qui l'a frappée.

Deuxième offre : un assia de-magan, un médecin gratuit. La parenthèse du texte est la variante be-magan. Réponse : un soin gratuit vaut ce qu'il coûte.

21
ואי אמר: ״מייתינא לך אסיא רחיקא״, אמר ליה: ״אסיא רחיקא – עינא עוירא״.

Et s'il dit : "je t'amène un médecin de loin", il lui dit : "un médecin de loin, un œil aveugle".

📜 Rachi (2)
אסיא רחיקא ומוזיל גבי:
Un médecin de loin : et il lui fait bon marché.
עינא עוירא שעתיד לילך לדרכו ואין חושש אם עיור עינו של זה:
Un œil aveugle : car il est destiné à partir son chemin, et il ne se soucie pas si l'œil de celui-ci s'aveugle.
💡 Explication

Troisième offre du mazik : un assia rehika, venu de loin, et moins cher. Rachi : il fait bon marché.

La victime : eina avira, un œil aveugle. Rachi : ce médecin repart. Il ne se soucie plus si l'œil s'abîme une fois son prix pris.

22
ואי אמר ליה היאך: ״הב לי לדידי, ואנא מסינא נפשאי״, אמר ליה: ״פשעת בנפשך ושקלת מינאי טפי״. ואי אמר ליה: ״קוץ לי מקץ״, אמר ליה: ״כל שכן דפשעת בנפשך, וקרו לי: ״שור המזיק״.

Et si celui-là lui dit : "donne-le moi, à moi, et je me soignerai moi-même", il lui dit : "tu seras négligent envers toi-même, et tu prendras de moi davantage". Et s'il lui dit : "fixe-moi une somme fixée", il lui dit : "à plus forte raison tu seras négligent envers toi-même, et l'on m'appellera : un bœuf qui cause un dommage".

📜 Rachi (1)
כ"ש דלא ניחא לי בהכי דאי פשעת בנפשך גנאי גדול הוא לי דקרו לי שור המזיק:
À plus forte raison : cela ne me convient pas, car si tu es négligent envers toi-même, c'est une grande honte pour moi, qu'on m'appelle un bœuf qui cause un dommage.
🗂️ Tossefot (1)
פשעת בנפשך ומפסדת לי היכא דלא אמדוהו:
Tu seras négligent envers toi-même et tu me feras perdre : là où on ne l'a pas estimé.
💡 Explication

La victime demande l'argent, hav li le-diddi, et veut se soigner seule. Le mazik refuse : pashata be-nafshekh, tu seras négligent, et la dépense grossira.

Kots li mi-kats : un forfait fixé d'avance. Rachi : s'il néglige sa guérison, on traite le mazik de shor ha-mazik. Tossefot lit une version "tu me feras perdre", et limite le cas à l'absence d'estimation préalable.

23
תנא: וכולן משתלמין במקום נזק. מנהני מילי? אמר רב זביד משמיה דרבא, אמר קרא: ״פצע תחת פצע״ – ליתן צער במקום נזק.

On a enseigné : et tous se paient là où il y a nézek. D'où ces paroles ?

Rav Zevid a dit au nom de Rava : le verset dit "petza tahat petza" (plaie pour plaie), pour donner le tsaar là où il y a nézek.

💡 Explication

Ve-khulan mishtalmin be-makom nézek : ces indemnités se paient aussi quand le nézek est déjà dû. Elles ne remplacent pas le nézek.

Rav Zevid au nom de Rava tire le tsaar de petza tahat petza, Shemot 21, 25. C'est le verset en trop déjà rencontré pour la douleur là où il y a dommage.

24
האי מבעי ליה

Celui-ci, il lui est nécessaire.

💡 Explication

Haï mibaei lei : objection coupée au bas de l'amoud. Le verset qu'on vient d'employer pour le tsaar là où il y a nézek est requis pour un autre enseignement.

La phrase ne va pas plus loin sur 85a. La suite est sur 85b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).