Sougya : L'amud reprend petza tahat patza : le verset enseigne à la fois la responsabilité du shogeg et de l'oness, et le tsaar payé en plus du nézek. Ve-rapo yerape fait de même pour le ripouy, sans retirer au médecin la permission de soigner.
La Gemara montre ensuite le tsaar, le ripouy, le chevet et le boshèt dans un cas sans nézek, puis le tarif du chevet selon la blessure : concombres, entrée, meule, et le prix de tout l'homme pour la surdité. Rava demande comment estimer des coups successifs non chiffrés, clos par la surdité.
Rabba demande si un chevet qui baisse le prix se paie quand la main doit revenir. La page s'arrête sur l'appel à une mishna : coup au père ou à la mère sans haboura, et blessure le jour de Kippour.
Pour inclure le shogeg (l'acte par inadvertance) au même titre que le mezid (l'acte délibéré), et l'oness (la contrainte) au même titre que le ratzon (le plein gré) ! S'il en est ainsi, que le verset écrive : petza be-fatza, une plaie pour une plaie.
Que vient faire petza tahat patza, une plaie à la place d'une plaie ? Apprends-en deux enseignements.
La page reprend la fin de 85a. Rav Zevid, au nom de Rava, lisait dans petza tahat patza (Shemot 21, 25) le tsaar dû en plus du nézek. L'objection : ce verset est déjà pris, au chapitre 2 (26b, renvoi de Rachi), pour la responsabilité de l'homme, shogeg comme mezid, oness comme ratzon.
Pour ce seul point, le verset dirait petza be-fatza. Tahat, à la place de, ajoute le paiement de la douleur là où le nézek est déjà dû. Les deux enseignements sortent du même verset.
Rav Papa a dit au nom de Rava : le verset dit ve-rapo yerape, il guérira, il guérira, pour accorder le ripouy (les soins) là où il y a un nézek.
Même maître, autre poste. Ve-rapo yerape (Shemot 21, 19) est lu par Rav Papa comme source du ripouy payé en plus du nézek. Le segment suivant demande si le verset n'est pas déjà pris par la permission de soigner.
Ce verset est nécessaire pour l'enseignement de la maison de Rabbi Yishmael. Car la maison de Rabbi Yishmael enseigne : ve-rapo yerape, de là, permission a été donnée au médecin de soigner !
S'il en est ainsi, que le verset écrive ve-rofé yerape, et un médecin guérira ! Apprends-en qu'il faut accorder le ripouy là où il y a un nézek.
L'école de Rabbi Yishmael tire du même redoublement la reshout du médecin : il a le droit de soigner. Si le verset ne disait que cela, il écrirait ve-rofé yerape, avec le participe : un médecin guérira.
La forme retenue, infinitif puis verbe, laisse donc un second enseignement : le ripouy dû en plus du nézek.
Et il reste nécessaire pour ce que nous avons dit : que le verset se répète au sujet de la guérison ! S'il en est ainsi, que le verset dise ou rapo rapo, ou yerape yerape.
Pourquoi ve-rapo yerape ? Apprends-en qu'il faut accorder le ripouy là où il y a un nézek.
Nouvelle objection : la répétition elle-même est prise par l'enseignement déjà dit, la permission de soigner. Réponse : une répétition de la même forme, rapo rapo ou yerape yerape, aurait suffi pour cela.
Ve-rapo yerape change de forme. C'est ce changement qui enseigne le paiement des soins là où il y a déjà un nézek.
Il en ressort qu'on trouve ces indemnités hors d'un cas de nézek. Hors d'un cas de nézek, comment les trouve-t-on ?
La baraita de la fin de 85a disait : tous ces postes se paient aussi là où il y a un nézek. Cette formule implique qu'ils existent aussi sans dépréciation du corps. La Gemara demande le cas concret de chacun.
La douleur : comme la mishna l'enseigne. La douleur : il l'a brûlé avec une broche ou avec un clou, même sur l'ongle, endroit qui ne fait pas de haboura (contusion).
Le ripouy : un endroit lui faisait mal, un autre est allé lui apporter un remède fort, et il a blanchi sa chair. Il doit lui appliquer un remède pour rendre sa teinte à la chair.
Deux cas sans nézek. Le tsaar : brûlure sur l'ongle, ou ailleurs, sans haboura. Il n'y a pas de dépréciation, il y a la douleur.
Le ripouy : la plaie guérissait. Un tiers pose un remède fort, la chair blanchit. Rachi : un aspect de tsaraat. Pas de perte d'usage. On doit le remède qui rend la couleur.
Le chevet : il l'a enfermé dans une indrona (une pièce) et l'a mis au chômage. Le boshèt : il lui a craché au visage.
Le chevet sans blessure : l'homme est bouclé, il ne travaille pas. Rachi : fermé au verrou. Le boshèt sans blessure : un crachat au visage. La honte se paie seule.
Le chevet : on le regarde comme s'il était gardien de concombres. Nos maîtres ont enseigné : le chevet, on le regarde comme s'il était gardien de concombres.
Et si tu dis : la mesure du droit à été lésée. Car lorsque cet homme sera rétabli, il ne prend pas le salaire d'un gardien de concombres : il puise à la seille et prend un salaire.
Ou bien il va en mission et prend un salaire !
La mishna et la baraita fixent le chevet au tarif d'un shomer kishouim, gardien de concombres. L'objection, lakta midat ha-din : la mesure du droit est lésée. Au retour, ou selon Tossefot dès le temps où il était sain, cet homme gagne plus : il puise à la seille, ou il va en mission.
Rachi lit le rétablissement. Tossefot lit l'état d'avant le coup. La suite de la glose : ces tarifs bas visent l'homme sans métier. Un maître d'enfants, un homme à l'aiguille, un perceur de perles gardent un autre chiffre, sinon la mesure du droit serait lésée.
La mesure du droit n'a pas été lésée : il lui a déjà donné le prix de sa main et le prix de sa jambe.
Réponse de la baraita. Le salaire du puiseur et celui du messager sont dans le nézek, le prix de la main ou de la jambe. Rachi : une fois guéri, il ne puise plus et ne part plus en mission. Le chevet ne doit donc pas ce salaire-là. Il couvre le travail qui reste, au tarif du gardien de concombres, le temps de la maladie.
Rava a dit : s'il lui a coupé la main, il lui donne le prix de sa main, et pour le chevet on le regarde comme s'il était gardien de concombres. S'il lui a brisé la jambe, il lui donne le prix de sa jambe, et pour le chevet on le regarde comme s'il était gardien de l'entrée.
Rava sépare les cas. Main coupée : il marche encore, il peut garder les concombres. Le chevet de la maladie est ce salaire. Rachi : tous les jours de la maladie, ce tarif-là.
Jambe brisée : garder les concombres demande de faire le tour du jardin. Il ne le peut plus. Le chevet descend au gardien de l'entrée, qui reste assis. Le prix de la jambe est à part, dans le nézek.
S'il lui a crevé l'œil, il lui donne le prix de son œil, et pour le chevet on le regarde comme s'il tournait la meule. S'il l'a rendu sourd, il lui donne le prix de sa personne entière.
Œil crevé : le nézek est le prix de l'œil. Le chevet est le salaire de la meule, travail qu'un aveugle fait. Surdité : on paie demei koulo, le prix de toute la personne. Dans ce calcul, il ne reste pas de valeur de travail.
Tossefot : la surdité vise un homme encore entier, comme le cas de l'œil vise un autre homme que celui de la main et de la jambe. Le tarif de l'entrée est plus bas que celui de la meule : les cas ne se cumulent pas dans cette phrase. Face à Arakhin 2a, où un sourd a une évaluation, Rabbeinou Tam sépare le sourd par un homme et le sourd venu du Ciel. Ri : ici, pas de métier. Avec un métier, la surdité ne met pas le prix à zéro.
Rava a demandé : il lui a coupé la main et on ne l'a pas estimé, il lui a brisé la jambe et on ne l'a pas estimé, il lui a crevé l'œil et on ne l'a pas estimé, et à la fin il l'a rendu sourd. Qu'en est-il ?
Dit-on : puisqu'on ne l'a pas estimé, une seule estimation suffit, et il lui donne le prix de la personne entière en une fois ? Ou bien estime-t-on chaque blessure à part, et la lui donne-t-on ?
Omed : l'estimation du tribunal, qui fixe la somme. Ici, aucun chiffre n'a été dit entre les coups. À la fin, la surdité appelle le prix de toute la personne.
Deux lectures. Une seule estimation, en bloc. Ou une estimation par blessure. Rachi : sur le seul nézek, les deux lectures donnent le même total, parce qu'on baisse la valeur restante à chaque coup. La jambe brisée retire aussi la garde des concombres.
Il en sort une conséquence pratique : il doit lui donner la douleur et la honte de chaque coup. Admettons que le nézek, le ripouy et le chevet de chaque coup, on ne les lui donne pas, puisque celui qui paie lui verse le prix de la personne entière : il compte comme celui qui l'a tué, et il lui verse bien le prix de la personne entière.
La douleur et la honte, du moins, de chaque coup, les verse-t-il, puisqu'il y a eu douleur et honte ?
La différence n'est pas dans le nezek. Payer demei koulo, c'est le paiement de celui qui a ôté toute la valeur : ke-man de-katleih, il compte comme celui qui l'a tué. Rachi : pas de ripouy à part, il n'a pas guéri entre les coups. Pas de chevet à part : le prix entier est versé, et le blessé est alors compté comme son esclave, le travail est dans ce prix.
Restent le tsaar et le boshet de chaque coup. Tossefot trouve étrange d'englober le ripouy dans ce qui tombe. Ri tient pour acquis le paiement du tsaar, du boshet et du ripouy de chaque coup. Le doute, pour lui, est le mode d'estimation : tout ensemble, ou blessure par blessure. Séparer fait monter le total.
Et si tu en viens à dire : puisqu'on ne l'a pas estimé, il lui donne le prix de la personne entière en une fois. S'ils l'ont estimé, qu'en est-il ?
Dit-on : puisqu'ils l'ont estimé, il doit lui donner chaque indemnité à part ? Ou bien, puisqu'il n'a pas payé, il lui donne le prix de la personne entière ?
Teiku : la question reste en suspens.
Second doute, qui suppose la première branche : sans estimation, un seul paiement, le prix entier. Nouveau cas : le tribunal a déjà estimé chaque coup, l'auteur n'a pas encore payé, puis il rend sourd.
Ou bien chaque somme déjà fixée reste due. Ou bien, faute de paiement effectif, tout se résout dans le prix entier. Teiku : on ne tranche pas.
Rabba a demandé : un chevet qui le diminue en valeur, qu'en est-il ? Quel est le cas ?
Par exemple, il l'a frappé sur la main, sa main s'est contractée, et elle finira par revenir. Qu'en est-il ?
Puisqu'elle finira par revenir, il ne lui donne rien du tout ? Ou bien, maintenant du moins, il l'a diminué ?
Shevet ha-pohato be-damim : le chômage s'accompagne d'une baisse de prix. La main s'est contractée, tzamta. Rachi rattache le mot à tzomet ha-gidin, le nœud des tendons (Houlin 76a), et au français de son temps, destreint. La main doit revenir. À la fin il sera entier : le fond du cas est un chevet.
Question : paie-t-on quand même la baisse actuelle du prix de vente ? Rachi glose ce rien : il ne donne pas le prix de la main. Tossefot explique pourquoi le prix baisse malgré le retour prévu : les acheteurs ne savent pas juger la main, ils refusent le prix d'un homme sain. Si le retour est connu, Abaye, dans la glose, limite le paiement au chevet de chaque jour.
Viens et entends : celui qui frappe son père ou sa mère et ne leur a pas fait de haboura, et celui qui blesse son prochain le jour de Kippour.
Ta chema : la Gemara appelle une mishna, et la page s'arrête au milieu de la citation. Deux cas. Frapper son père ou sa mère sans haboura. Blesser son prochain le jour de Kippour.
Rachi : sans haboura, pas de peine de mort. Le seuil est fixé dans Sanhédrin 84b, chapitre de ceux que l'on étrangle. La suite de la preuve est au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).