Bava Kamma 90b - Boshet selon l'honneur, maneh tzouri, témoin-juge, bœuf tam et mouad

Bava_Kamma 90b

Sougya : La mishna achève le boshet. Tout se mesure à l'honneur de la personne, et Rabbi Akiva traite même le pauvre comme un homme libre appauvri, fils des patriarches.

Le récit de la femme dont on a découvert la tête fixe quatre cents zuz : se découvrir pour un issar d'huile ne quitte pas celui qui l'a humiliée. La Gemara demande si le maneh de Rabbi Yosse HaGelili est un maneh tzouri.

L'acte devant Rabbi Yehouda Nessia le montre, puis ouvre la question de savoir si un témoin devient juge. De là, la page passe à l'instrument du coup, entre Rabbi Chimon HaTimni et Rabbi Akiva, puis à l'ordre des jugements d'un bœuf tam ou mouad qui a tué et endommagé.

Boshet : tout selon l'honneur La honte se mesure sur la personne humiliée. Le geste qu'elle fait sur elle-même ne quitte pas l'autre. La règle Tout selon son kavod, son honneur. La Gemara dira si c'est koula ou houmera. Rabbi Akiva Même le pauvre d'Israël est un ben horin tombe de ses biens. Fils d'Abraham, Its'hak, Yaakov. Le récit Tête découverte au marché. Rabbi Akiva : 400 zuz. Délai. Cruche, un issar d'huile. Elle se découvre. Sur soi-même Se blesser : interdit, patour. Couper ses plants : interdit, bal tash'hit, et patour. On ne se doit pas de paiement. Un autre Celui qui blesse : hayav. Celui qui coupe : hayav. Plant d'un an : deux kesef. Les 400 zuz restent dûs.
Boshet selon l'honneur. Le geste sur soi-même laisse l'autre tenu.
Maneh tzouri, et le témoin qui juge Rabbi Yosse HaGelili : une gifle vaut un maneh. Lequel ? Maneh tzouri 25 sela. 100 zuz de Tyr. C'est la leçon retenue. Maneh médina Le huitième du tzouri. Sela médina : demi-zuz. 12,5 zuz tzouri. La preuve Gifle devant Rabbi Yehouda Nessia. Donne-lui un maneh tzouri. Lecture 1 Me voici : je t'ai vu. Voici Rabbi Yosse : le tarif. Un témoin devient juge ? Tarfon partage le Sanhédrin. Lecture 2 Me voici : je tiens comme Rabbi Yosse. Et voici des témoins. Il n'a pas vu le coup. Issue de la lecture 1 : la baraïta vise une vue de nuit. De jour, Rabbi Tarfon juge sur la vue. Rabbi Akiva : tout le collègue a vu, aucun ne juge. Suite : le tient-il vraiment ?
Maneh tzouri contre maneh médina, et les deux lectures de la formule de Rabbi Yehouda Nessia.
L'instrument du coup, puis le bœuf Shemot 21, 18 : pierre ou poing. Ou l'objet doit-il être remis ? Chimon HaTimni Le poing est remis à l'eda et aux edim. Pierre perdue des témoins : patour. Il faut l'estimation. Rabbi Akiva Remis aux edim suffit. Le beit din ne va pas mesurer la bira. Pierre jamais vue : patour. Bœuf tam A tué, puis endommagé. Dinei nefachot seuls. Paie de son corps, et il est lapidé. Bœuf mouad D'abord l'argent. Puis la mort. Il paie de l'aliya, les meilleurs biens. Mort d'abord On ne revient pas à l'argent. École de Rav : avis de Chimon HaTimni. La page s'arrête sur sa formule : remis à la communauté et aux témoins. La suite est au daf suivant.
Pierre et poing : Chimon HaTimni et Rabbi Akiva. Puis l'ordre des jugements du bœuf.
1
זה הכלל – הכל לפי כבודו. אמר רבי עקיבא: אפילו עניים שבישראל, רואין אותם כאילו הם בני חורין שירדו מנכסיהם; שהם בני אברהם יצחק ויעקב.

Voici la règle : tout est selon son honneur. Rabbi Akiva a dit : même les pauvres d'Israël, on les regarde comme s'ils étaient des hommes libres descendus de leurs biens, car ils sont les fils d'Abraham, d'Its'hak et de Yaakov.

📜 Rachi (1)
זה הכלל הכל לפי כבודו בגמרא מפרש קולא היא או חומרא:
Dans la Gemara on explique si c'est une koula (un allègement) ou une houmera (une aggravation).
💡 Explication

Fin de la mishna du boshet, l'indemnité de honte. Le montant suit le kavod, l'honneur de la personne humiliée. La Gemara, plus loin, dira si cette règle allège ou aggrave.

Rabbi Akiva pose un plancher. Même un pauvre est évalué comme un ben horin, un homme libre, qui a perdu sa fortune. La lignée des patriarches reste le titre.

2
ומעשה באחד שפרע ראש האשה בשוק, באת לפני רבי עקיבא, וחייבו ליתן לה ארבע מאות זוז. אמר לו: רבי, תן לי זמן. ונתן לו זמן.

Et il arriva qu'un homme découvrit la tête d'une femme sur la place du marché. Elle vint devant Rabbi Akiva, et il l'obligea à lui donner quatre cents zuz.

Il lui dit : Rabbi, accorde-moi un délai. Et il lui accorda un délai.

💡 Explication

Cas jugé. Découvrir la tête d'une femme en public est un boshet. Rabbi Akiva fixe quatre cents zuz, le tarif le plus haut de la mishna (90a), celui du coup du revers de la main.

L'homme demande du temps. Le délai sert la suite : il va chercher à montrer que cette femme ne tient pas à se couvrir.

3
שמרה עומדת על פתח חצרה, ושבר את הכד בפניה, ובו כאיסר שמן. גילתה את ראשה, והיתה מטפחת ומנחת ידה על ראשה.

Il la guetta alors qu'elle se tenait à l'entrée de sa cour, et il brisa la cruche devant elle. Il y avait dedans de l'huile pour environ un issar.

Elle découvrit sa tête, elle tapotait et posait sa main sur sa tête.

📜 Rachi (2)
שמרה המתין לה עד שראתה עומדת על פתח חצירה:
Il attendit jusqu'à la voir debout à l'entrée de sa cour.
ובו כאיסר שמן שמן קנוי באיסר:
De l'huile achetée pour un issar.
💡 Explication

L'issar est une petite pièce. La cruche n'a presque pas de valeur. Elle se découvre elle-même pour s'enduire les cheveux de cette huile.

L'homme fait dresser la scène. Il veut que le geste d'elle-même serve de mesure à la honte qu'il lui a faite au marché.

4
העמיד עליה עדים, ובא לפני רבי עקיבא; אמר לו: לזו אני נותן ארבע מאות זוז?!

Il fit dresser des témoins contre elle, vint devant Rabbi Akiva, et lui dit : à celle-ci, je donnerais quatre cents zuz ?

💡 Explication

L'argument : puisqu'elle se découvre pour un issar d'huile, la honte de la tête nue ne vaut pas quatre cents zuz. Rabbi Akiva va rejeter la mesure.

5
אמר לו: לא אמרת כלום. החובל בעצמו, אף על פי שאינו רשאי – פטור; אחרים שחבלו בו – חייבים. והקוצץ נטיעותיו, אף על פי שאינו רשאי – פטור; אחרים – חייבין.

Il lui dit : tu n'as rien dit. Celui qui se blesse lui-même, bien qu'il n'en ait pas le droit, est quitte.

D'autres qui l'ont blessé sont tenus. Et celui qui coupe ses propres jeunes plants, bien qu'il n'en ait pas le droit, est quitte.

D'autres sont tenus.

📜 Rachi (2)
אע"פ שאינו רשאי כדמפרש טעמא בגמרא וכן קוצץ בנטיעות אין רשאי דעובר בבל תשחית (דברים כ):
Comme la Gemara en explique la raison. De même, celui qui coupe des jeunes plants n'en a pas le droit, car il transgresse bal tash'hit (l'interdiction de détruire, Devarim 20).
חייבין נטיעה בת שנה שתי כסף כדאמר בהכונס (לעיל בבא קמא נח:):
Un jeune plant d'un an : deux pièces d'argent, comme il est dit dans HaKones (plus haut, Bava Kamma 58b).
💡 Explication

Tu n'as rien dit : la prétention tombe. Se blesser est interdit, et l'auteur reste patour envers lui-même. Un tiers qui blesse est hayav.

Même structure pour les plants. Bal tash'hit interdit de les couper, même les siens. Le tiers qui coupe paie. Rachi : un plant d'un an vaut deux kesef.

🖼️ Schéma
Se blesser, couper ses plants Lui-même Blessure sur soi : patour. Plants à soi : patour. L'interdit demeure. Bal tash'hit, Devarim 20. Les autres Ils l'ont blessée : hayav. Ils ont coupé : hayav. 400 zuz restent dûs. L'huile ne mesure pas la honte.
Sur soi, quitte malgré l'interdit. Un autre qui blesse ou qui coupe reste tenu.
6
גמ׳ איבעיא להו: מנה צורי תנן, או מנה מדינה תנן?

Gemara. On a posé le problème : est-ce un maneh tzouri (de Tyr) que nous avons appris, ou est-ce un maneh médina (de la province) que nous avons appris ?

📜 Rachi (2)
גמ' מנה צורי כ"ה סלעים ק' זוז:
Vingt-cinq sela, cent zuz.
מנה מדינה שמינית שבמנה צורי סלע של מדינה חצי זוז כדאמר בשור שנגח (לעיל בבא קמא לז.) חנן בישא תקע ליה כו':
Le huitième du maneh tzouri. Un sela de médina vaut un demi-zuz, comme il est dit dans Shor shenagah (plus haut, Bava Kamma 37a), au sujet de Hanan Bisha qui le gifla, etc.
💡 Explication

La mishna (90a) : celui qui gifle donne un sela. Rabbi Yehouda au nom de Rabbi Yosse HaGelili : un maneh. Reste à fixer la monnaie.

Le maneh tzouri vaut 25 sela, soit 100 zuz. Le maneh médina en est le huitième : un sela de province vaut un demi-zuz, et 25 de ces sela font 12,5 zuz tzouri.

🖼️ Schéma
Un maneh, deux monnaies Tzouri, Tyr 25 sela = 100 zuz. La gifle de Rabbi Yosse vaut 25 sela du premier tanna. Médina, la province Huitième du maneh tzouri. Un sela médina = un demi-zuz. Soit 12,5 zuz tzouri.
Maneh tzouri : 100 zuz. Maneh médina : le huitième, 12,5 zuz tzouri.
7
תא שמע: דההוא גברא דתקע ליה לחבריה. אתא לקמיה דרבי יהודה נשיאה, אמר ליה: הא אנא, הא רבי יוסי הגלילי, הב ליה מנה צורי. שמע מינה: מנה צורי תנן! שמע מינה.

Viens entendre. Un homme gifla son compagnon.

Celui-ci vint devant Rabbi Yehouda Nessia. Il lui dit : me voici, et voici Rabbi Yosse HaGelili, donne-lui un maneh tzouri.

Déduis-en : c'est un maneh tzouri que nous avons appris. On en déduit.

💡 Explication

Fait rapporté. Rabbi Yehouda Nessia applique le tarif de Rabbi Yosse HaGelili en monnaie de Tyr. La Gemara en conclut pour la mishna, puis elle va ouvrir la formule me voici, et voici Rabbi Yosse.

8
מאי ״הא אנא, הא רבי יוסי הגלילי״? אילימא הכי קאמר ליה: הא אנא – דחזיתך, והא רבי יוסי הגלילי – דאמר מנה צורי, זיל הב ליה מנה צורי. למימרא דעד נעשה דיין?!

Que veut dire : me voici, et voici Rabbi Yosse HaGelili ? Si l'on dit que voici ce qu'il lui a dit : me voici, qui t'ai vu, et voici Rabbi Yosse HaGelili, qui a dit un maneh tzouri, va, donne-lui un maneh tzouri.

Est-ce à dire qu'un témoin devient juge ?

💡 Explication

Première lecture. Me voici = je suis témoin du coup. Voici Rabbi Yosse = son tarif. Une seule personne verrait et jugerait. La Gemara demande si un ed peut devenir dayan.

9
והתניא: סנהדרין שראו אחד שהרג את הנפש – מקצתן נעשו עדים, ומקצתן נעשו דיינין; דברי רבי טרפון. רבי עקיבא אומר: כולם עדים הם, ואין עד נעשה דיין.

Or on a enseigné : un Sanhédrin qui a vu quelqu'un tuer une personne, une partie d'entre eux deviennent témoins, et une partie deviennent juges. Paroles de Rabbi Tarfon.

Rabbi Akiva dit : ils sont tous témoins, et un témoin ne devient pas juge.

💡 Explication

Baraïta de cas capital. Rabbi Tarfon partage le collègue : les uns témoignent, les autres jugent. Rabbi Akiva : la vue fait de tous des témoins, et aucun ne siège.

10
עד כאן לא קאמר רבי טרפון – אלא דמקצתן נעשו עדים ומקצתן נעשו דיינין; אבל עד נעשה דיין – לא קאמר!

Rabbi Tarfon n'a dit cela que là où une partie d'entre eux deviennent témoins et une partie deviennent juges. Mais qu'un témoin devienne juge, il ne l'a pas dit.

💡 Explication

Même l'avis large exige le partage. Une personne seule ne cumule pas les deux rôles. La formule de Rabbi Yehouda Nessia, lue comme vue et jugement dans la même bouche, reste en difficulté.

11
כי תניא ההיא – כגון שראו בלילה, דלא (למעבד) [בני מעבד] דינא נינהו.

Lorsque celle-là est enseignée, c'est par exemple lorsqu'ils ont vu de nuit, car ils ne sont pas aptes à exercer le jugement.

📜 Rachi (1)
שראו בלילה ולמחרת כשבאין לדון אין דנין אלא ע"פ שמועה לפיכך צריך למקצתן להעיד ואם אין שם אלא ג' צריך להושיב אחרים ולהעיד בפניהם אבל ראו ביום עושין ע"פ הראייה לרבי טרפון מיד ורבי יהודה הנשיא כרבי טרפון ס"ל:
Et le lendemain, lorsqu'ils viennent juger, ils ne jugent que d'après une audition. C'est pourquoi une partie d'entre eux doit témoigner. Et s'ils ne sont que trois, il faut en asseoir d'autres et témoigner devant eux. Mais s'ils ont vu de jour, ils agissent d'après la vue, selon Rabbi Tarfon, aussitôt. Et Rabbi Yehouda HaNassi tient comme Rabbi Tarfon.
🗂️ Tossefot (2)
כגון שראוה בלילה אם ראוה ביום דנין ע"פ ראיה דלא תהא . שמיעה גדולה מראייה אבל ראו בלילה אין יכולין לדון ע"פ ראיית לילה דראייה כקבלת עדות וקבלת עדות כתחילת דין כדמוכח בר"ה (ד' כה: ושם ד"ה כגון) ותחילת דין ביום אפי' בדיני ממונות . כדאמר בפ' אחד דיני ממונות (סנהדרין ד' לד:) הלכך צריכין לחזור ולהעיד ביום וכיון שצריכין להעיד אין המעיד נעשה דיין אבל עד הרואה שאין מעיד כגון שיש עדים אחרים מעידין לפניהם נעשה דיין אפי' בדיני נפשות לרבנן ודלא כרשב"ם שפירש ביש נוחלין (ב"ב ד' קיג: ושם) ג' שנכנסו לבקר דוקא לבקר אבל אם נתכוונו . להעיד כותבין ואין עושין דין דהוו ליה עדים ואין עד נעשה דיין ולר"ע אפי' עד הרואה אין נעשה דיין בדיני נפשות כדמשמע הכא וטעמא כדמפרש בפ"ב דמכות (ד' יב.) ר"ע אומר מנין לסנהדרין שראו באחד שהרג את הנפש שאין ממיתין אותו מיד עד שיעמוד בב"ד ת"ל עד עמדו לפני העדה למשפט עד שיעמוד בב"ד אחר וא"ת והא בפרק ראוהו (ר"ה ד' כו. ושם) מפרש טעמא משום דכתיב ושפטו העדה והצילו העדה וכיון דחזו ליה דקטליה לא חזו ליה זכותא וי"ל דההיא דמכות עיקר אבל בר"ה בא לפרש דלא גמרינן מינה דשאני דיני נפשות דבעינן והצילו העדה ובדרבנן אפילו עד המעיד נעשה דיין כדמוכח בפ"ק דגיטין (ד' ה:) ובפרק שני דכתובות (ד' כא: ושם) וטעם דאין המעיד נעשה דיין יש מפרשים משום דה"ל עדות שאין אתה יכול להזימה דכיון שהוא עצמו עד ודיין לא יקבל הזמה על עצמו ועל טעם זה קשה להר"י דאורליינש דאלא מעתה עדים הקרובים לדיינים לא יעידו בפניהם דה"ל עדות שאי אתה יכול להזימה אלא ע"כ יכולין להזימם בב"ד אחר ה"נ בני הזמה נינהו בב"ד אחר ורשב"ם מפרש משום דכתיב ועמדו שני האנשים דאמרינן שבועות (ד' ל.) אלו העדים לפני ה' אלו דיינין משמע שיעמדו העדים לפני הדיינין ולא שיהיו עדים בעצמן יושבין ודנין ועוד פי' ר"י טעם אחר דאין עד נעשה דיין משום דנפקא לן מביום הנחילו את בניו דע"פ הנחלת יום ששמעו מבקרי החולה שנתן לכל אחד מבניו יעמידו כל אחד בחלקו אבל ע"פ שמועתו בלילה לא יעמידו כל אחד בחלקו לפי ששמיעתו בלילה אין ראויה לדון על פיהם כדפי' וכיון שאין יכול לדון ע"פ ראיית לילה עד שיעידו עליהם ביום ה"ל עדים ולכך אין יכול לדון דאין עד נעשה דיין אלמא מהכא הוא דשמעינן דאין עד נעשה דיין והיינו דקאמר בפרק אחד דיני ממונות (סנהדרין ד' לד:) ור"מ דנפקא ליה שאין דנין אפי' גמר דין אלא ביום מדאיתקש דינין לנגעים ביום הנחילו מאי עביד ביה ומוקי ליה ביום אתה מפיל נחלות ואי אתה מפיל נחלות בלילה דבלילה כותבין ואין עושין דין ומסיק ואזיל כולה סוגיא עד ה"ל עדים ואין עד נעשה דיין ולהכי איצטריך לאתויי עלה אמר רב חסדא דכל עיקר לא מייתי דרשה דביום הנחילו אלא משום דבעי לאפוקי מינה דאין עד נעשה דיין כדמפרש רב חסדא דאי לאו דלהכי אתא אמאי איצטריך כלל [ביום הנחילו] לר"מ וא"ש הא דמייתי עלה ואמר רב חסדא ולא קאמר אמר רב חסדא בלא וי"ו:
S'ils ont vu le fait de jour, on juge sur la vue, car l'audition ne saurait être plus forte que la vue. Mais s'ils ont vu de nuit, ils ne peuvent pas juger sur une vue de nuit, car la vue est comme la réception du témoignage, et la réception du témoignage est comme le début du jugement, comme on le prouve à Roch Hachana (25b, et là, dibour hamatchil kegon). Et le début du jugement a lieu de jour, même en dinei mamonot (affaires d'argent), comme il est dit au chapitre Ehad dinei mamonot (Sanhédrin 34b). C'est pourquoi ils doivent revenir témoigner de jour. Et puisqu'ils doivent témoigner, celui qui témoigne ne devient pas juge. Mais un témoin qui a vu et qui ne témoigne pas, par exemple lorsqu'il y a d'autres témoins qui témoignent devant eux, devient juge, même en dinei nefachot (affaires capitales), selon les Rabbanim. Et non comme le Rashbam, qui a expliqué à Yech nohalin (Bava Batra 113b, et là) : trois qui sont entrés pour visiter, c'est précisément pour visiter ; mais s'ils ont eu l'intention de témoigner, on écrit et on ne rend pas le jugement, car ils sont devenus témoins, et un témoin ne devient pas juge. Et selon Rabbi Akiva, même un témoin qui a vu ne devient pas juge en dinei nefachot, comme il ressort d'ici. Et la raison est celle qu'on explique au second chapitre de Makot (12a). Rabbi Akiva dit : d'où apprend-on, pour un Sanhédrin qui a vu quelqu'un tuer une personne, qu'on ne le met pas à mort aussitôt, avant qu'il comparaisse en beit din ? Le verset dit : jusqu'à ce qu'ils se tiennent devant la communauté pour le jugement, jusqu'à ce qu'il comparaisse devant un autre beit din. Et si tu dis : or au chapitre Raouhou (Roch Hachana 26a, et là) on explique la raison parce qu'il est écrit : la communauté jugera, et la communauté sauvera, et puisqu'ils l'ont vu tuer, ils ne voient plus de zekhout (une circonstance favorable) pour lui. On peut dire : celle de Makot est la source principale, tandis qu'à Roch Hachana on vient expliquer qu'on n'apprend pas d'elle pour d'autres cas, car les dinei nefachot sont particuliers en ce qu'il nous faut : et la communauté sauvera. Et en matière rabbinique, même le témoin qui témoigne devient juge, comme on le prouve au premier chapitre de Guitin (5b) et au second chapitre de Ketoubot (21b, et là). La raison pour laquelle celui qui témoigne ne devient pas juge : certains expliquent que ce serait un témoignage que tu ne peux pas soumettre à la hazama, car puisqu'il est lui-même témoin et juge, il n'acceptera pas la hazama sur lui-même. Et sur cette raison, le Ri d'Orléans objecte : dès lors, des témoins parents des juges ne témoigneraient pas devant eux, car ce serait un témoignage que tu ne peux pas soumettre à la hazama. Nécessairement, on peut les soumettre à la hazama devant un autre beit din. Ici de même, ils sont passibles de hazama devant un autre beit din. Et le Rashbam explique parce qu'il est écrit : et les deux hommes se tiendront, comme nous disons à Chevouot (30a) : ce sont les témoins ; devant Hachem : ce sont les juges. Cela implique que les témoins se tiennent devant les juges, et que les témoins eux-mêmes ne siègent pas pour juger. Et le Ri a encore expliqué une autre raison pour laquelle un témoin ne devient pas juge : nous le tirons de : le jour où il fera hériter ses fils. D'après une transmission d'héritage de jour, entendue de ceux qui visitaient le malade, à savoir qu'il a donné à chacun de ses fils, on établit chacun dans sa part. Mais d'après ce qu'on a entendu de nuit, on n'établit pas chacun dans sa part, car une audition de nuit n'est pas propre à ce qu'on juge d'après elle, comme on l'a expliqué. Et puisqu'on ne peut pas juger sur une vue de nuit tant qu'on n'a pas témoigné à leur sujet de jour, les voilà témoins, et c'est pourquoi il ne peut pas juger, car un témoin ne devient pas juge. Il en ressort que c'est de là qu'on apprend qu'un témoin ne devient pas juge. Et c'est ce qu'on dit au chapitre Ehad dinei mamonot (Sanhédrin 34b). Et Rabbi Meir, qui tire qu'on ne juge même pas le gmar din (la clôture du jugement) sinon de jour, du rapprochement des jugements avec les negaïm, que fait-il de : le jour où il fera hériter ? Il l'établit ainsi : de jour tu répartis les héritages, et de nuit tu ne répartis pas les héritages, car de nuit on écrit et on ne rend pas le jugement. Et toute la sougya se poursuit jusqu'à : les voilà témoins, et un témoin ne devient pas juge. Et c'est pourquoi il a fallu rapporter là-dessus : et Rav Hisda a dit. Car on n'apporte la derasha de : le jour où il fera hériter, que parce qu'on a besoin d'en tirer qu'un témoin ne devient pas juge, comme l'explique Rav Hisda. Car si elle ne venait pas pour cela, pourquoi [le jour où il fera hériter] serait-il nécessaire du tout pour Rabbi Meir ? Et cela s'accorde avec ceci : on rapporte là-dessus et Rav Hisda a dit, et on ne dit pas Rav Hisda a dit sans le vav.
כגון שראוה בלילה פי' בקונטרס ורבי יהודה נשיאה כרבי טרפון ס"ל ובחנם פירש כן דאפילו כרבי עקיבא ניחא דלא גמר מדיני נפשות כדפירשתי לעיל:
Rachi a expliqué : et Rabbi Yehouda Nessia tient comme Rabbi Tarfon. Et c'est sans nécessité qu'il l'a expliqué ainsi. Car même selon Rabbi Akiva cela se tient, puisqu'on n'apprend pas des dinei nefachot, comme je l'ai expliqué plus haut.
💡 Explication

La baraïta vise une vue de nuit. Le texte corrige : ils ne sont pas aptes à exercer le jugement. Le lendemain, on juge sur une audition, donc une partie témoigne. S'ils ne sont que trois, on complète le collègue.

De jour, Rabbi Tarfon juge sur la vue, aussitôt. Rachi y rattache Rabbi Yehouda HaNassi. Tossefot : l'aligner sur Tarfon est de trop, car même Rabbi Akiva laisse la gifle à celui qui l'a vue. On n'étend pas au mamon la règle du capital.

La longue glose sépare celui qui témoigne, qui ne juge pas, et celui qui a vu sans témoigner. Trois fondements : la hazama, écartée par le Ri d'Orléans ; le verset des deux hommes debout, selon le Rashbam ; le jour de l'héritage, selon le Ri.

🖼️ Schéma
Vue de nuit, vue de jour Ils ont vu de nuit Pas aptes à juger. Le lendemain : sur audition. Une partie témoigne. Trois seuls : on fait asseoir d'autres. Ils ont vu de jour Rabbi Tarfon : sur la vue, aussitôt. Rachi : HaNassi comme Tarfon. Tossefot : Akiva aussi, hors capital.
Nuit : on retémoigne le lendemain. Jour : Rabbi Tarfon juge sur la vue.
12
ואיבעית אימא, הכי קאמר ליה: הא אנא – דסבירא לי כרבי יוסי הגלילי, דאמר מנה צורי; והא סהדי דמסהדי בך; זיל הב ליה מנה צורי.

Et si tu veux, dis : voici ce qu'il lui a dit. Me voici, qui tiens comme Rabbi Yosse HaGelili, lequel a dit un maneh tzouri.

Et voici des témoins qui témoignent à ton sujet. Va, donne-lui un maneh tzouri.

💡 Explication

Seconde lecture. Rabbi Yehouda Nessia n'a pas vu le coup. Me voici vise son avis, aligne sur Rabbi Yosse. Voici vise les témoins. Le cumul témoin-juge ne se pose plus.

13
וסבר רבי עקיבא דאין עד נעשה דיין?

Et Rabbi Akiva tient-il qu'un témoin ne devient pas juge ?

💡 Explication

La Gemara rouvre l'avis de Rabbi Akiva cité plus haut. Une autre baraïta, sur la pierre et le poing, semble le contredire.

14
והתניא: ״והכה איש את רעהו באבן או באגרף״ – שמעון התימני אומר: מה אגרוף מיוחד – שמסור לעדה ולעדים, אף כל שמסור לעדה ולעדים; פרט לשיצתה מתחת יד העדים.

Or on a enseigné : Un homme frappe son compagnon avec une pierre ou avec le poing. Chimon HaTimni dit : de même que le poing a ceci de particulier qu'il est remis à la communauté et aux témoins, de même tout ce qui est remis à la communauté et aux témoins.

À l'exclusion de ce qui est sorti de la main des témoins.

📜 Rachi (2)
שמסור לעדה ולעדים שיכול להביאו לב"ד לאומדו אם ראוי אגרוף זה לעשות חבלה זו ואם אין ראוי לא ישלם שמחמת חלשותו של זה ורכותו נחבל:
En ce qu'on peut l'apporter au beit din pour estimer si ce poing est apte à produire cette blessure. Et s'il n'est pas apte, il ne paiera pas, car c'est par la faiblesse de celui-ci et par sa fragilité qu'il a été blessé.
לשיצתה אבן מתחת ידי עדים שנאבדה מהן וב"ד לא ראוה אע"פ שראוה עדים פטור דבעינן אומדנא בב"ד:
Elle s'est perdue de chez eux, et le beit din ne l'a pas vue. Même si les témoins l'ont vue, il est quitte, car il nous faut une estimation au beit din.
💡 Explication

Verset de Shemot 21, 18. Chimon HaTimni lit le poing comme modèle : l'instrument reste disponible pour l'eda, le beit din qui estime, et pour les edim qui l'ont vu.

Si la pierre a quitté les témoins, le beit din ne peut pas l'estimer. Rachi : même vue par eux, l'auteur est patour. On craint une blessure due à la faiblesse de la victime et à sa fragilité.

🖼️ Schéma
Où remettre la pierre et le poing Chimon HaTimni Eda et edim. Le beit din estime si le coup pouvait produire la blessure. Perdue des témoins : patour. Les objections Force et endroit du coup. Toit, bira : le din ne se déplace pas. Tombée : on ne rebâtit pas. Rabbi Akiva Remis aux edim. Leur parole suffit sur la hauteur. Jamais vue, sortie de la main du frappeur : patour.
Chimon : beit din et témoins. Akiva : les témoins suffisent. Pierre jamais vue : quitte.
15
אמר לו רבי עקיבא: וכי בפני בית דין הכהו – שיודעין כמה הכהו, ועל מה הכהו – אם על שוקו או ציפר נפשו?

Rabbi Akiva lui dit : est-ce devant le beit din qu'il l'a frappé, pour qu'ils sachent de combien il l'a frappé, et sur quoi il l'a frappé, si c'est sur sa cuisse ou sur le cartilage de sa vie ?

📜 Rachi (4)
א"ל ר"ע ונהי נמי דאבן בא בב"ד:
Et même en admettant que la pierre vienne au beit din.
וכי בפני ב"ד הכהו שיודעין כמה הכהו כלומר חשבון המכות שהכהו שיכול לאמוד:
C'est-à-dire le compte des coups dont il l'a frappé, de façon qu'on puisse estimer.
או על מה על איזה מאבריו:
Ou sur quoi : sur lequel de ses membres.
ציפר נפשו תנוך שכנגד הלב ונוח הוא לחבל משם:
Le cartilage qui fait face au cœur, et de là il est aisé de blesser.
💡 Explication

Première objection. Avoir la pierre au beit din ne dit ni la force ni l'endroit. Kama hikahou : le compte des coups. Tsipor nafsho : le cartilage en face du cœur, zone où la blessure vient vite.

16
ועוד, הרי שדחף את חבירו מראש הגג או מראש הבירה ומת – בית דין הולכין אצל בירה, או בירה הולכת אצל בית דין? ועוד, אם נפלה, חוזר ובונה?!

Et encore : celui qui a poussé son compagnon du haut du toit ou du haut de la bira et qu'il est mort, le beit din va-t-il vers la bira, ou la bira va-t-elle vers le beit din ? Et encore : si elle est tombée, la rebâtit-il ?

📜 Rachi (2)
ב"ד הולכין אצל בירה בתמיה וכי הטריח הכתוב ב"ד לצאת מלשכה ולראות אותה:
Sur le mode de l'étonnement. Le verset aurait-il imposé au beit din de sortir de la chambre pour aller la voir ?
או אם נפלה הבירה קודם שראוה בית דין כלום מצריך הכתוב לחזור ולבנות להראות גבהה לב"ד אלא אעדים סמכינן וכיון דראו עדים סמכינן אעדותייהו שאומרים לנו כך וכך היה ולא בעינן מסור לעדה אלא לעדים:
Ou si la bira est tombée avant que le beit din ne l'ait vue : le verset exige-t-il le moins du monde de revenir la bâtir pour en montrer la hauteur au beit din ? On s'appuie sur les témoins. Et puisque les témoins ont vu, on s'appuie sur leur témoignage, qui nous dit : elle était de telle et telle mesure. Et il ne nous faut pas qu'elle soit remise à la communauté, seulement aux témoins.
💡 Explication

Seconde objection, par l'absurde du déplacement. La bira, la bâtisse, ne vient pas à la chambre du conseil, et le collègue ne sort pas la mesurer. Si elle s'est effondrée, on ne la reconstruit pas pour l'expertise.

Rachi en tire déjà la thèse d'Akiva : on s'appuie sur les témoins. Remis à l'eda n'est pas exigé.

17
אלא מה אגרוף מיוחד – שהוא מסור לעדים, אף כל שהוא מסור לעדים;

Plutôt : de même que le poing a ceci de particulier qu'il est remis aux témoins, de même tout ce qui est remis aux témoins.

💡 Explication

Rabbi Akiva reprend le modèle du poing et en retire l'eda. Il suffit que l'instrument ait été remis aux edim. Leur parole porte la hauteur, la force, l'endroit.

18
פרט לכשיצתה אבן מתחת ידו של מכה – פטור.

À l'exclusion du cas où la pierre est sortie de la main de celui qui frappe : il est quitte.

📜 Rachi (2)
פרט לשיצתה אבן מתחת ידי מכה כלומר שנאבד מיד ולא ראוה עדים:
C'est-à-dire qu'elle s'est perdue aussitôt, et que les témoins ne l'ont pas vue.
והוציא הלה את ראשו וקבלה ל"ג:
Et l'autre a sorti sa tête et l'a reçue : nous ne lisons pas cette leçon.
💡 Explication

Limite d'Akiva. La pierre a quitté la main du frappeur avant que les témoins ne la voient. Personne ne peut dire si elle pouvait causer la blessure. Il est patour.

Rachi écarte une leçon, lo garsinan : et l'autre a tendu sa tête et a reçu le coup. Cette phrase n'est pas dans notre texte.

19
קתני מיהת, אמר לו רבי עקיבא: וכי בפני בית דין הכהו, שיודעין כמה הכהו? הא הכהו בפניהם – עד נעשה דיין!

On enseigne en tout cas que Rabbi Akiva lui a dit : est-ce devant le beit din qu'il l'a frappé, pour qu'ils sachent de combien il l'a frappé ? Dès lors, s'il l'a frappé devant eux, un témoin devient juge !

💡 Explication

La question d'Akiva suppose un cas où le coup a eu lieu devant eux. Dans ce cas, il admettrait qu'ils jugent ce qu'ils ont vu. Un témoin deviendrait juge. Cela heurte sa baraïta du Sanhédrin.

20
לדבריו דרבי שמעון התימני קאמר, וליה לא סבירא ליה.

Il a parlé selon les paroles de Rabbi Chimon HaTimni, et lui-même ne tient pas cela.

💡 Explication

Réponse. Rabbi Akiva argumente ledvarav, à l'intérieur de la position de Chimon HaTimni. La question ne livre pas son avis. Lui tient qu'un témoin ne devient pas juge, y compris lorsque le collègue a vu le coup.

21
תנו רבנן: שור תם שהמית והזיק – דנין אותו דיני נפשות, ואין דנין אותו דיני ממונות.

Les Rabbanim ont enseigné : un bœuf tam qui a tué et qui a causé un dommage, on le juge en dinei nefachot (justice capitale), et on ne le juge pas en dinei mamonot (justice d'argent).

📜 Rachi (2)
שהמית אדם ואחר כך הזיק:
Qui a tué un homme, et ensuite à causé un dommage.
ואין דנין אותו דיני ממונות דתם אין משלם אלא מגופו והרי הוא נסקל:
Car un tam ne paie que de son corps, et le voici voué à la lapidation.
💡 Explication

Nouvelle baraïta. Le tam n'a pas le statut de récidiviste. Rachi fixe l'ordre des faits : il a tué un homme, puis il a endommagé.

On ne mène que le jugement capital, la lapidation. Le tam ne paie le dommage que migoufo, sur son propre corps. Ce corps est pris par la sekila. Il ne reste rien à saisir pour l'argent.

🖼️ Schéma
Ordre des jugements Tam Nefachot. Pas l'argent. Le corps va à la lapidation. Mouad, ordre tenu 1. Mamonot. 2. Nefachot. Paiement : aliya. Mouad, inverse Nefachot d'abord. Pas de retour. La Gemara demande pourquoi.
Tam : capital seul. Mouad : argent puis capital. Capital d'abord : pas de retour à l'argent.
22
מועד שהמית והזיק – דנין אותו דיני ממונות, וחוזרין ודנין אותו דיני נפשות. קדמו ודנוהו דיני נפשות – אין חוזרין ודנין אותו דיני ממונות.

Un mouad qui a tué et qui a causé un dommage, on le juge en dinei mamonot, puis on revient et on le juge en dinei nefachot. S'ils l'ont d'abord jugé en dinei nefachot, on ne revient pas le juger en dinei mamonot.

📜 Rachi (1)
וחוזרין ודנין אותו דיני נפשות ומשלם מן העלייה:
Et il paie de l'aliya (des meilleurs biens).
💡 Explication

Le mouad paie sur les biens du propriétaire, l'aliya, le meilleur du fonds. On peut donc juger l'argent alors que le bœuf sera ensuite mis à mort.

L'ordre compte. Argent, puis capital. Si le capital a été jugé d'abord, on n'ouvre plus le dossier d'argent.

23
וכי קדמו ודנוהו דיני נפשות מאי הוי? ליהדר ולידייניה (נמי) [דיני] ממונות!

Et s'ils l'ont d'abord jugé en dinei nefachot, qu'en est-il ? Qu'ils reviennent et le jugent en dinei mamonot !

💡 Explication

La Gemara poussé. Le mouad paie de l'aliya, non du corps de l'animal. La sentence de mort ne vide pas les biens du maître. Pourquoi l'ordre inverse fermerait-il l'argent ? Le texte hébreu porte ici une leçon corrigée : le juger en dinei mamonot.

24
אמר רבא: אשכחתינהו לרבנן דבי רב, דיתבי וקאמרי: הא מני – רבי שמעון התימני היא, דאמר: ״מה אגרוף מיוחד – שמסור לעדה ולעדים״,

Rava a dit : j'ai trouvé les Rabbanim de l'école de Rav, qui étaient assis et disaient : ceci est l'avis de qui ? C'est l'avis de Rabbi Chimon HaTimni, qui a dit : de même que le poing a ceci de particulier qu'il est remis à la communauté et aux témoins.

💡 Explication

Rava rapporte l'école de Rav. La baraïta du bœuf suit Rabbi Chimon HaTimni : l'instrument doit être remis à la communauté et aux témoins.

La phrase est coupée sur cette formule. Le lien avec l'ordre des jugements, lorsque le bœuf n'est plus disponible devant le beit din, se lit au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).