Bava Kamma 92a - Arbre stérile, pardon après le paiement, paroles de Rava

Bava_Kamma 92a

Sougya : L'amoud achève la discussion sur l'arbre que l'on coupe. Rak restreint la priorité de l'arbre stérile quand il vaut plus cher.

Chmouel et Rav Hisda font arracher les palmiers plantés dans les vignes : les vignes achètent des palmiers, les palmiers n'achètent pas de vignes. Tossefot explique pourquoi, pour le bien d'une femme, l'ordre s'inverse.

La michna enseigne que le paiement ne pardonne pas tant que l'auteur ne demande pas, et que refuser de pardonner est une cruauté. Sur le corps, la clause d'exemption ne sert à rien.

Sur son propre bien, elle exempte. Sur le corps ou le bien d'un tiers, elle ne sert à rien.

La baraita réserve le pardon demandé au tsaar, l'affliction de la honte. La suite lit les versets d'Avraham et d'Avimelekh : toute femme est à rendre, un ben Noah est tenu d'avoir appris, et la maison d'Avimelekh est fermée selon plusieurs décomptes.

Rava demande alors à Rabba bar Mari l'origine de plusieurs paroles : qui prie pour l'autre est exaucé le premier ; le chou est frappé avec l'épine ; les cinq frères présentés à Pharaon ; la pauvreté suit le pauvre. Les ossements de Yehouda roulent quarante ans, jusqu'aux quatre demandes de Moché.

Le verset de la dernière parole commence sur 92b.

Quel bois coupe-t-on, et quel arbre arrache-t-on ? Fin de la sougya de 91b, puis les faits de Chmouel et de Rav Hisda. Arbre stérile et arbre fruitier On a besoin de bois. Le stérile (sarak) passe devant. Hava amina Même si le stérile vaut plus cher. rak - seulement Cette priorité est restreinte. Rachi : poutre plus que les fruits, le stérile ne passe plus devant. Palmiers dans les vignes Chmouel goûte le vin dans les dattes. Les palmiers affaiblissent la vigne. Rav Hisda Les vignes achètent des palmiers. Les palmiers n'achètent pas de vignes. On arrache les palmiers. Tossefot : ailleurs, pour le bien de la femme, le palmier passe devant.
Rak limite la priorité de l'arbre stérile. Les palmiers dans les vignes sont arrachés.
Payer ne suffit pas. La clause d'exemption non plus. Michna. Avraham et Avimelekh, puis les trois cas du consentement. Le paiement Il a donné tout ce qui est dû. Pas de pardon tant qu'il ne demande pas. Verset : rends la femme du prophète. Celui qui refuse de pardonner Il est cruel. Avraham a prié, Avimelekh a été guéri. Guemara : le tsaar reste, même les béliers. Son corps Aveugle mon œil. Coupe ma main. Brise ma jambe. Tenu Même : à condition d'être exempt. La clause ne sert à rien. Son bien Déchire mon vêtement. Brise mon vase. Sans clause : tenu Avec clause : exempt Il a remis son propre bien. Rachi renvoie à la Guemara. Un tiers Fais ainsi à un tel, à condition d'être exempt. Tenu Sur le corps du tiers. Sur le bien du tiers. On ne remet pas le droit d'un autre.
Pardon et clause d'exemption : corps, bien propre, tiers.
Rava interroge Rabba bar Mari Chaque parole a une source. Rava la ramène à la Torah. Parole Rabba bar Mari Rava, depuis la Torah Qui prie pour l'autre est exaucé le premier. Iyov : Hachem ramena sa captivité quand il prie. Avraham prie pour Avimelekh. Ensuite Hachem se souvient de Sara. Le chou est frappé avec l'épine. Yirmeya : vous avez tous fauté. Le prophète est compris. Jusqu'à quand refusez-vous. Moché et Aharon sont compris. Cinq hommes devant Pharaon. Rabbi Yo'hanan : les noms doublés. Dan, Zévouloun, Gad, Acher, Naftali. Yehouda est doublé pour lui. Ses os, puis la prière de Moché. La pauvreté suit le pauvre. Bikourim : le riche reprend sa corbeille. Le pauvre donne aussi le panier. Le verset de Rava est sur 92b.
Quatre questions de Rava à Rabba bar Mari, et la source que chacun donne.
1
יכול אפילו מעולה בדמים? תלמוד לומר: ״רק״.

On pourrait penser : même s'il est supérieur en valeur ? Le verset enseigne : "Seulement" (rak).

📜 Rachi (2)
יכול אפי' מעולה בדמים לקורה יותר מפירות יהא סרק קודם לו:
Même s'il est supérieur en valeur : s'il vaut davantage comme poutre que pour ses fruits, l'arbre stérile (sarak) passerait avant lui.
ת"ל רק מיעט הקדמה:
Le verset dit "seulement" (rak) : il a restreint cette priorité.
💡 Explication

La page s'ouvre au milieu de la discussion sur l'arbre que l'on coupe. Le sarak, l'arbre stérile, passe devant l'arbre fruitier quand on a besoin de bois. La question porte sur le cas où le stérile est méouléh bedamim, supérieur en argent.

Rak, "seulement", restreint cette priorité. Rachi précise le cas : si le stérile vaut plus comme poutre que les fruits de l'autre, il ne passe plus devant.

2
שמואל אייתי ליה אריסיה תמרי. אכיל, טעים בהו טעמא דחמרא. אמר ליה: מאי האי? אמר ליה: ביני גופני קיימי. אמר: מכחשי בחמרא כולי האי? למחר אייתי לי מקורייהו.

Le métayer de Chmouel lui apporta des dattes. Il en mangea, et il y sentit un goût de vin.

Il lui dit : qu'est-ce que cela ? Il lui dit : elles se tiennent entre les vignes.

Il dit : elles affaiblissent le vin à ce point ? Demain, apporte-moi de leur cœur (mekor).

📜 Rachi (4)
כל השבטים יצאו עצמותיהם ממצרים ונקברו בארץ ישראל שנאמר והעליתם את עצמותי מזה אתכם (שמות י״ג:י״ט) משמע שאף עצמותם העלו ולא נכתב יוסף אלא להודיעך שבחו של משה שכל ישראל נתעסקו בביזה והוא עסק במצוה:
Toutes les tribus : leurs ossements sont sortis d'Égypte et ont été enterrés en terre d'Israël, comme il est dit : "vous ferez monter mes ossements d'ici avec vous" (Chemot 13:19). On entend qu'ils ont fait monter aussi leurs ossements. Yossef n'a été écrit que pour te faire connaître l'éloge de Moché : tout Israël s'occupait du butin, et lui s'occupait de la mitsva.
גופני קני דיקלי מדמי היין יכולין אנו לקנות קרקעות ואילו דקלי לא קני גופני אין שבחן עולה אלא לדבר מועט:
Les vignes achètent des palmiers : avec le prix du vin nous pouvons acheter des terres, tandis que les palmiers n'achètent pas de vignes. Leur plus-value ne monte que pour peu de chose.
גמ' כל אלו שאמרו סלע מנה ומאתים וד' מאות דמי בושת הן:
Guemara. Tous ceux-là dont ils ont parlé : un sela, une mine, deux cents et quatre cents, ce sont les indemnités de la honte (boshèt).
מקורייהו מקור שלהן ועיקרן ל"א הבא לי קור שהוא רך לאכול וגדל סביב שרשיו כלומר כלה עיקרם מפני שמפסיד ונאכל את הקור:
Leur cœur (mekoréihou) : leur source et leur principal. Autre lecture : apporte-moi le kor, qui est tendre à manger et qui pousse autour de leurs racines. Autrement dit : achève leur principal, parce qu'il cause une perte, et nous mangerons le kor.
🗂️ Tossefot (1)
למחר אייתי לי מקורייהו משמע דגופני עדיפי מדיקלי ותימה דבהאשה שנפלו לה נכסים (כתובות עט. ושם ד"ה אילני) אמר גבי נפלו לה כספים ילקח בהן קרקע דיקלי ואילני דקלי אילני וגופני אילני אלמא גופני גריעי אפילו מאילני דגריעי מדיקלי וי"ל דבגפנים כשאדם טורח לזמר ולתקן הכרם יש בהן ריוח גדול אבל בנכסי אשתו אם היה קונה גפנים מתוך שצריכים הוצאה מרובה לא היה הבעל חושש להוציא על נכסי' והיו הולכין לאיבוד לפיכך טוב לקנות דקלים שאין צריכין יציאה וממילא אתי בהו שבחא וטוב הוא לשניהם ועוד מפרש ר"ת בהמוכר את הספינה (ב"ב פב ושם ד"ה . מתקיף) דפירי דדיקלא מתקיימין טפי מאילני וגופני ובנכסי מלוג של אשה בעינן דבר המתקיים יותר:
Demain, apporte-moi de leur cœur. On entend que les vignes (goufnéi) valent mieux que les palmiers (dikléi). Difficulté : dans Une femme à qui des biens sont échus (Ketoubot 79a, et là, dibour hamatchil Arbres), il est dit au sujet de l'argent qui lui est échu : on achète avec cela un fonds. Entre palmiers et arbres, on achète des palmiers ; entre arbres et vignes, on achète des arbres. Il en ressort que les vignes sont inférieures même aux arbres, et que les arbres sont inférieurs aux palmiers. On peut répondre : pour les vignes, quand un homme se donne la peine de tailler (zamer) et d'entretenir le vignoble, le profit est grand. Mais sur les biens de sa femme, s'il achetait des vignes, comme elles demandent une forte dépense, le mari ne se soucierait pas de dépenser sur ses biens, et ils iraient à la perte. Mieux vaut donc acheter des palmiers, qui ne demandent pas de dépense : le profit vient de lui-même, et c'est bon pour les deux. Et encore, Rabbeinou Tam explique dans Celui qui vend le bateau (Bava Batra 82, et là, dibour hamatchil Il objecte) que les fruits du palmier se conservent mieux que ceux des arbres et des vignes, et que, pour les biens de melog de la femme, on exige une chose qui se conserve davantage.
💡 Explication

Les dattes ont pris le goût du vin : les palmiers poussent beinei goufnéi, entre les vignes, et les affaiblissent. Chmouel ordonne d'en apporter le mekor, le cœur tendre. Rachi : on achève la souche qui cause la perte, et l'on mange le kor.

Tossefot relève l'ordre inverse de Ketoubot 79a, où le palmier passe devant la vigne pour un achat sur les biens de la femme. La réponse : la vigne ne rapporte que si l'on dépense pour la tailler. Le mari ne fera pas cette dépense sur le bien de sa femme. Rabbeinou Tam ajoute que le fruit du palmier se conserve mieux, et que le melog demande une chose qui dure.

Trois autres gloses de Rachi sont alignées ici. L'une prépare le récit des ossements des tribus, plus bas. Une autre rappelle que les sommes de la michna précédente sont du boshèt.

3
רב חסדא חזא תאלי בי גופני. אמר ליה לאריסיה: עקרינהו; גופני קני דקלי, דקלי לא קני גופני.

Rav Hisda vit de jeunes palmiers (taléi) parmi les vignes. Il dit à son métayer : arrache-les.

Les vignes achètent des palmiers ; les palmiers n'achètent pas de vignes.

📜 Rachi (1)
גופני קני דיקלי מדמי היין יכולין אנו לקנות קרקעות ואילו דקלי לא קני גופני אין שבחן עולה אלא לדבר מועט:
Les vignes achètent des palmiers : avec le prix du vin nous pouvons acheter des terres, tandis que les palmiers n'achètent pas de vignes. Leur plus-value ne monte que pour peu de chose.
💡 Explication

Rav Hisda formule la règle que le fait de Chmouel illustrait. Goufnéi kani dikléi : le produit des vignes suffit à acheter des palmiers. Dikléi lo kani goufnéi : le produit des palmiers ne suffit pas à acheter des vignes. On arrache donc les palmiers qui restent dans la vigne.

4
מתני׳ אף על פי שהוא נותן לו, אין נמחל לו עד שיבקש ממנו. שנאמר: ״ועתה השב אשת וגו׳״. ומנין שאם לא מחל לו, שהוא אכזרי? שנאמר: ״ויתפלל אברהם אל הא-להים, וירפא א-להים את אבימלך וגו׳״.

Michna. Bien qu'il lui donne, il ne lui est pas pardonné tant qu'il ne le lui demande pas.

Comme il est dit : "Et maintenant, rends la femme, etc." D'où sait-on que, s'il ne lui pardonne pas, il est cruel ? Comme il est dit : "Avraham pria vers D.ieu, et D.ieu guérit Avimelekh, etc."

📜 Rachi (1)
מתני' אע"פ שהוא נותן לו כו' סתמא היא ולא ר' עקיבא קאמר לה:
Michna. Bien qu'il lui donne, etc. : c'est une formulation anonyme (setama), et Rabbi Akiva ne la prononce pas.
💡 Explication

Nouvelle michna. L'auteur du dommage a versé ce qu'il doit. Le pardon, lui, attend qu'il le demande. Le verset dit à Avimelekh de rendre Sara, parce qu'Avraham est prophète et priera pour lui.

Second verset : Avraham a prié, et Avimelekh a été guéri. Celui qui refuse de pardonner est appelé akhzari, cruel. Rachi : cette michna est setama, anonyme. Rabbi Akiva ne la dit pas.

5
האומר ״סמא את עיני״; ״קטע את ידי״; ״שבר את רגלי״ – חייב. ״על מנת לפטור״ – חייב.

Celui qui dit : "Aveugle mon œil", "Coupe ma main", "Brise ma jambe", est tenu. "À condition d'être exempt", il est tenu.

💡 Explication

Premier cas de la michna : une atteinte au corps. Même si la victime a dit "fais-le", l'auteur est hayav. La clause al menat liftor, "à condition d'être exempt", ne change rien : il reste tenu.

6
״קרע את כסותי״; ״שבר את כדי״ – חייב. ״על מנת לפטור״ – פטור. ״עשה כן לאיש פלוני על מנת לפטור״ – חייב, בין בגופו בין בממונו.

"Déchire mon vêtement", "Brise mon vase" : il est tenu. "À condition d'être exempt" : il est exempt.

"Fais ainsi à un tel, à condition d'être exempt" : il est tenu, que ce soit sur son corps ou sur son bien.

📜 Rachi (1)
על מנת לפטור בגמ' מפרש לה:
À condition d'être exempt : la Guemara l'explique.
💡 Explication

Sur son propre bien, sans clause, l'auteur est tenu. Avec la clause al menat liftor, il est exempt. Rachi renvoie l'explication à la Guemara.

Troisième cas : l'ordre vise ich ploni, un tiers. La clause d'exemption ne sert à rien, ni pour le corps de cet homme, ni pour son bien.

🖼️ Schéma
À condition d'être exempt : trois issues Il dit : fais-le, à condition d'être exempt Mon corps Œil, main, jambe Tenu Mon bien Vêtement, vase Exempt Un tel Corps ou bien Tenu
Corps : tenu. Bien propre avec clause : exempt. Tiers : tenu dans les deux cas.
7
גמ׳ תנו רבנן: כל אלו שאמרו – דמי בושתו; אבל צערו – אפילו הביא כל אילי נביות שבעולם, אין נמחל לו עד שיבקש ממנו. שנאמר: ״השב אשת האיש כי נביא הוא, ויתפלל בעדך״.

Guemara. Les Sages ont enseigné : tout ce dont ils ont parlé, ce sont les indemnités de sa honte.

Mais sa douleur (tsaar), même s'il apportait tous les béliers de Nevayot qui sont au monde, ne lui est pas pardonné tant qu'il ne le lui demande pas. Comme il est dit : "Rends la femme de l'homme, car il est prophète, et il priera pour toi."

📜 Rachi (2)
גמ' כל אלו שאמרו סלע מנה ומאתים וד' מאות דמי בושת הן:
Guemara. Tous ceux-là dont ils ont parlé : un sela, une mine, deux cents et quatre cents, ce sont les indemnités de la honte (boshèt).
אבל צער שדואג על בושתו אינו נמחל לו:
Mais la douleur : l'affliction qu'il a de sa honte ne lui est pas pardonné.
💡 Explication

La baraita sépare deux choses. Les sommes de la michna précédente, sela, mine, deux cents, quatre cents, sont le boshèt, l'indemnité de la honte. Le tsaar est autre : Rachi, l'affliction d'avoir été humilié.

Pour ce tsaar, même éiléi Nevayot, les béliers les plus précieux, ne tiennent pas lieu de pardon. Il faut demander, comme Avimelekh avait besoin de la prière d'Avraham.

8
דאשת נביא בעי אהדורי, אשת אחר לא בעי אהדורי?

La femme d'un prophète doit être rendue, et la femme d'un autre n'a pas à être rendue ?

💡 Explication

Le verset dit : rends la femme de l'homme, car il est prophète. La Guemara en tire une lecture trop étroite, pour la rejeter : seule la femme d'un prophète serait à rendre.

9
אמר רבי שמואל בר נחמני אמר רבי יונתן: ״השב אשת האיש״ – מכל מקום. ודקא אמרת: ״הגוי גם צדיק תהרג?! הלא הוא אמר לי אחתי היא, והיא גם היא אמרה אחי הוא!״ נביא הוא, וכבר לימד: אכסנאי שבא לעיר – על עסקי אכילה ושתיה שואלין אותו, או על עסקי אשתו שואלין אותו – ״אשתך היא?״ ״אחותך היא?״

Rabbi Chmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yonathan : "Rends la femme de l'homme", dans tous les cas. Et ce que tu as dit : "Une nation, même juste, la tueras-tu ?

Ne m'a-t-il pas dit : elle est ma sœur, et elle aussi a dit : il est mon frère !" Il est prophète, et il a déjà appris : un hôte (akhsénai) qui arrive en ville, l'interroge-t-on sur le manger et le boire, ou l'interroge-t-on sur sa femme : "Est-elle ta femme ?" "Est-elle ta sœur ?"

💡 Explication

Mikol makom : "rends la femme de l'homme" vaut pour toute femme, pas seulement pour celle d'un prophète. La protestation d'Avimelekh est citée ensuite : Avraham et Sara ont dit qu'ils étaient frère et sœur.

La réponse : il est prophète, et il a déjà appris la conduite du lieu. On ne demande pas à un akhsénai, un hôte, si la femme qui l'accompagne est son épouse ou sa sœur. Avimelekh, lui, s'en inquiétait. Avraham a donc parlé en conséquence.

10
מכאן לבן נח שנהרג, שהיה לו ללמוד ולא למד.

De là, au sujet d'un fils de Noé (ben Noah) que l'on met à mort : il avait à apprendre, et il n'a pas appris.

📜 Rachi (1)
שהיה לו ללמוד דרך ארץ ולא למד מדקאמר ליה רחמנא נביא הוא דמשמע אין ממש בדבריך וראוי אתה ליהרג:
Il avait à apprendre : la bienséance (derekh erets), et il ne l'a pas apprise. Car le Miséricordieux lui dit "il est prophète", ce qui implique : tes paroles n'ont pas de consistance, et tu mérites la mort.
💡 Explication

La règle sort du verset adressé à Avimelekh. Un ben Noah est passible de mort même s'il ignorait l'interdit : haya lo lilmod vélo lamad, il avait à apprendre et il ne l'a pas fait. Rachi : ce qu'il devait apprendre, c'est le derekh erets. "Il est prophète" veut dire que l'excuse d'Avimelekh ne tient pas.

11
״כי עצר עצר ה׳״ – אמר רבי אלעזר: שתי עצירות הללו למה? אחת באיש – שכבת זרע, שתים באשה – שכבת זרע ולידה.

"Car Hachem avait fermé, fermé." Rabbi Elazar dit : pourquoi ces deux fermetures ? Une chez l'homme : la semence.

Deux chez la femme : la semence et l'accouchement.

📜 Rachi (1)
שכבת זרע שבמעי אשה לא יכולה לפלוט:
La semence : celle qui est dans le ventre de la femme, elle ne peut pas l'expulser.
💡 Explication

Le verset redouble le verbe : atsor atsar, il a fermé, fermé. Rabbi Elazar répartit ces atsirot. Une chez l'homme : il ne peut pas émettre de semence. Deux chez la femme : la semence, et la leda, l'accouchement.

Rachi glose la semence de la femme : celle qui est déjà dans son ventre, elle ne peut pas l'expulser.

12
במתניתא תנא: שתים באיש – שכבת זרע וקטנים, שלשה באשה – שכבת זרע וקטנים ולידה.

On a enseigné dans une baraita : deux chez l'homme, la semence et l'urine (ketanim) ; trois chez la femme, la semence, l'urine et l'accouchement.

💡 Explication

La baraita ajoute les ketanim, l'urine, chez l'homme et chez la femme. Le décompte passe à deux et à trois.

13
רבינא אמר: שלש באיש – שכבת זרע וקטנים ופי טבעת, ארבעה באשה – שכבת זרע ולידה וקטנים ופי טבעת.

Ravina dit : trois chez l'homme, la semence, l'urine et l'anneau (pi tabaat) ; quatre chez la femme, la semence, l'accouchement, l'urine et l'anneau.

📜 Rachi (1)
פי טבעת נקב הגדולים לפנות:
L'anneau (pi tabaat) : l'orifice des matières solides, pour se soulager.
💡 Explication

Ravina ajoute le pi tabaat. Rachi : l'orifice des matières solides. L'homme a trois fermetures, la femme quatre. Les trois avis se suivent en ajoutant un orifice.

🖼️ Schéma
Combien de fermetures dans la maison d'Avimelekh ? Rabbi Elazar Baraita Ravina Homme 1 semence 2 semence, urine 3 semence, urine, pi tabaat Femme 2 semence, accouchement 3 + urine 4 + pi tabaat
Rabbi Elazar, la baraita et Ravina : le nombre de fermetures chez l'homme et chez la femme.
14
״בעד כל רחם״ – אמרי דבי רבי ינאי: אפילו תרנגולת של בית אבימלך לא הטילה ביצתה.

"À cause de toute matrice." On dit dans la maison de Rabbi Yannai : même une poule de la maison d'Avimelekh n'a pas pondu son œuf.

💡 Explication

Béad kol rehem, "À cause de toute matrice", étend la fermeture au-delà des femmes de la maison. La maison de Rabbi Yannai : la poule elle-même n'a pas pondu.

15
אמר ליה רבא לרבה בר מרי: מנא הא מילתא דאמור רבנן: כל המבקש רחמים על חבירו והוא צריך לאותו דבר, הוא נענה תחילה? אמר ליה: דכתיב: ״וה׳ שב את שבות איוב בהתפללו בעד רעהו״.

Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les Sages ont dite : quiconque demande miséricorde pour son prochain, et qui a lui-même besoin de cette chose, est exaucé le premier ? Il lui dit : car il est écrit : "Et Hachem ramena la captivité de Iyov, lorsqu'il pria pour son compagnon."

💡 Explication

Première question de Rava à Rabba bar Mari. Elle sort de la prière d'Avraham. Qui demande miséricorde pour un autre, sur un sujet où lui-même a besoin, est néénéh téhilah, exaucé le premier.

Rabba bar Mari l'ancre dans Iyov : Hachem ramena sa captivité au moment où il prie pour son compagnon.

16
אמר ליה: את אמרת מהתם, ואנא אמינא מהכא: ״ויתפלל אברהם אל הא-להים, וירפא א-להים את אבימלך ואת אשתו ואמהותיו [וגו׳]״, וכתיב: ״וה׳ פקד את שרה כאשר אמר וגו׳״ – כאשר אמר אברהם אל אבימלך.

Il lui dit : toi, tu le dis de là-bas, et moi, je le dis d'ici : "Avraham pria vers D.ieu, et D.ieu guérit Avimelekh, sa femme et ses servantes [etc.]", et il est écrit : "Et Hachem se souvint de Sara, comme Il l'avait dit, etc.", comme Avraham l'avait dit à Avimelekh.

📜 Rachi (1)
פקד מדלא כתיב ויפקוד את שרה וכתיב פקד משמע פקד כבר תחילה לאבימלך:
Il s'est souvenu (pakad) : puisqu'il n'est pas écrit "vayifkod et Sara", et qu'il est écrit "pakad", on entend qu'Il s'était déjà souvenu d'abord pour Avimelekh.
🗂️ Tossefot (1)
כאשר אמר אברהם אל אבימלך לאו בהריון משתעי שהרי המלאכים בישרו את שרה מפסח שלפניו אלא ילדה בריוח כמו שהתפלל על אבימלך:
Comme Avraham dit à Avimelekh : il ne parle pas de la grossesse, car les anges avaient annoncé à Sara dès la Pâque précédente. Elle enfanta avec aisance, comme il avait prié pour Avimelekh.
💡 Explication

Rava préfère un verset de la Torah. Avraham prie, Avimelekh est guéri, puis Hachem pakad et Sara. "Comme Il l'avait dit" est lu : comme Avraham l'avait dit au sujet d'Avimelekh. La prière pour l'autre est exaucée d'abord pour celui qui prie.

Rachi s'appuie sur la forme pakad, et non vayifkod : le souvenir était déjà accordé d'abord à Avimelekh. Tossefot : l'annonce de la grossesse datait de la Pâque précédente. Le rapprochement vise l'accouchement bérivah, avec aisance, à l'image de la prière pour Avimelekh.

17
אמר ליה רבא לרבה בר מרי: מנא הא מילתא דאמרי אינשי: בהדי הוצא לקי כרבא? אמר ליה, דכתיב: ״למה תריבו אלי? כלכם פשעתם בי נאם ה׳״.

Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les gens disent : avec l'épine (hutsa), le chou (karva) est frappé ? Il lui dit : car il est écrit : "Pourquoi contestez-vous envers Moi ?

Vous avez tous fauté contre Moi, parole de Hachem."

📜 Rachi (2)
בהדי הוצא לקי כרבא קוץ הגדל אצל הכרוב כשבא לעקרו פעמים שנעקר הכרוב עמו ונמצא לוקה בשבילו כלומר שכיני רשע לוקין עמו:
Avec l'épine le chou est frappé : une épine qui pousse près du chou, quand on vient l'arracher, il arrive que le chou soit arraché avec elle, et il se trouve frappé à cause d'elle. Autrement dit : les voisins du méchant sont frappés avec lui.
כולכם פשעתם אף הנביא במשמע:
Vous avez tous fauté : le prophète aussi est compris.
💡 Explication

Le proverbe : bahadéi hutsa laki karva. On arrache l'épine, le chou qui pousse à côté part avec elle. Rachi : les voisins du méchant sont frappés avec lui.

Le verset de Yirmeya dit "vous avez tous fauté". Rachi : le prophète lui-même est dans le "tous", alors qu'il n'a pas fauté.

18
אמר ליה: את אמרת מהתם, ואנא אמינא מהכא: ״עד אנה מאנתם לשמר מצותי ותורתי״.

Il lui dit : toi, tu le dis de là-bas, et moi, je le dis d'ici : "Jusqu'à quand refusez-vous de garder Mes commandements et Mes enseignements ?"

📜 Rachi (1)
עד אנה מאנתם ומשה ואהרן בכלל:
Jusqu'à quand refusez-vous : Moché et Aharon sont compris dans le pluriel.
💡 Explication

Rava reprend le même proverbe depuis la Torah. Après la manne ramassée le Chabbat, le verset dit ad ana me'antèm, "jusqu'à quand refusez-vous", au pluriel. Rachi : Moché et Aharon sont dans ce pluriel, eux qui n'ont pas ramassé.

19
אמר ליה רבא לרבה בר מרי: כתיב: ״ומקצה אחיו לקח חמשה אנשים״ – מאן נינהו חמשה? אמר ליה: הכי אמר רבי יוחנן: אותן שהוכפלו בשמות.

Rava dit à Rabba bar Mari : il est écrit : "Et de l'extrémité de ses frères il prit cinq hommes." Qui sont ces cinq ? Il lui dit : ainsi a dit Rabbi Yo'hanan : ceux dont les noms ont été doublés.

📜 Rachi (1)
אותם שהוכפלו שמותם בברכת משה דן זבולון גד ואשר ונפתלי הודיעך הכתוב שחלשים שבכולן היו וצריכין חיזוק לפיכך כפל את שמם לחזקם ואותן הביא יוסף לפני פרעה כדי שלא יברור אותם להיות ראשי גייסות ולהטריחם:
Ceux dont les noms ont été doublés : dans la bénédiction de Moché, Dan, Zévouloun, Gad, Acher et Naftali. L'Écrit t'apprend qu'ils étaient les faibles d'entre tous, et qu'ils avaient besoin d'être affermis. C'est pourquoi Il a doublé leur nom, pour les fortifier. Et ce sont eux que Yossef a amenés devant Pharaon, afin qu'il ne les choisisse pas comme chefs de troupes et qu'il ne les fatigue pas.
🗂️ Tossefot (1)
אלו הנכפלין בשמות בבראשית רבה יש איפכא שהנכפלים גבורים היו כמו יהודה שנכפל:
Ceux dont les noms sont doublés : dans Berechit Rabba, c'est l'inverse. Ceux qui sont doublés étaient des héros, comme Yehouda, dont le nom est doublé.
💡 Explication

Yossef prend hamicha anachim, cinq hommes, "de l'extrémité de ses frères", et les présente à Pharaon. Rabbi Yo'hanan : les cinq dont Moché double le nom, Dan, Zévouloun, Gad, Acher, Naftali.

Rachi : le doublement montre qu'ils étaient les faibles, et qu'ils avaient besoin d'être affermis. Yossef les présente pour que Pharaon n'en fasse pas des chefs de troupe. Tossefot signale Berechit Rabba, où le doublement marque au contraire les héros, à l'image de Yehouda.

20
יהודה נמי איכפולי מיכפל!

Yehouda aussi, son nom est doublé !

💡 Explication

Objection de Rava. Dans la bénédiction de Moché, Yehouda aussi est nommé deux fois. S'il était fort, le doublement ne désigne pas les faibles.

21
אמר ליה: למילתיה הוא דאיכפל. דאמר רבי שמואל בר נחמני אמר רבי יונתן, מאי דכתיב: ״יחי ראובן ואל ימת, ויהי מתיו מספר – וזאת ליהודה״?

Il lui dit : c'est pour sa propre affaire qu'il a été doublé. Car Rabbi Chmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yonathan : que signifie ce qui est écrit : "Que Reouven vive et qu'il ne meure pas, et que ses hommes soient en nombre", puis : "Et ceci pour Yehouda" ?

💡 Explication

Le doublement de Yehouda n'est pas celui des cinq faibles. Lémiltateih hou de-ikpal : il est doublé pour son propre sujet. La question porte sur la suite des versets : la bénédiction de Reouven est aussitôt suivie de "et ceci pour Yehouda".

22
כל אותן ארבעים שנה שהיו ישראל במדבר, היו עצמותיו של יהודה מגולגלין בארון; עד שבא משה ובקש רחמים – אמר לפניו: רבונו של עולם, מי גרם לראובן שיודה – יהודה!

Toutes ces quarante années qu'Israël fut dans le désert, les ossements de Yehouda roulaient dans le cercueil, jusqu'à ce que Moché vienne et demande miséricorde. Il dit devant Lui : Maître du monde, qui a amené Reouven à avouer ?

Yehouda.

📜 Rachi (2)
מגולגלין בארון לא היה שלדו קיימת ומחוברת מפני נידוי דקאמר ליה ליעקב אם לא אביאנו אליך וחטאתי לך כל הימים (בראשית מ״ג:ט׳) ואע"פ שנתקיים התנאי נפקא לן במסכת מכות (דף יא:) קללת חכם אפי' על תנאי היא באה:
Ils roulaient dans le cercueil : sa charpente n'était pas tenue ni jointe, à cause du nidoui. Car il avait dit à Yaakov : "si je ne te le ramène pas, j'aurai fauté envers toi tous les jours" (Berechit 43:9). Et bien que la condition ait été remplie, nous apprenons dans le traité Makot (11b) : la malédiction d'un sage, même sous condition, vient.
מי גרם לראובן כו' מדרש אגדה הוא בתנחומא מכיון שהודה יהודה ואמר צדקה ממני עמד ראובן ואמר אני בלבלתי יצועי אבי:
Qui a amené Reouven, etc. : c'est un midrach aggada dans le Tan'houma. Dès que Yehouda avoua et dit "elle est plus juste que moi", Reouven se leva et dit : moi, j'ai troublé la couche de mon père.
🗂️ Tossefot (1)
מי גרם לראובן שהודה יהודה אע"ג דאמר במדרש וישב ראובן אל הבור מלמד ששב משקו ומתעניתו שבלבל יצועי אביו וזה היה קודם דמעשה תמר מכל מקום לא הודה ברבים עד אחר שהודה יהודה:
Qui a amené Reouven à avouer, Yehouda. Bien que le midrach dise "Reouven retourna vers la fosse", ce qui enseigne qu'il était revenu de son sac et de son jeûne, pour avoir troublé la couche de son père, et que cela fut avant l'affaire de Tamar, il n'avoua pas en public avant que Yehouda eût avoué.
💡 Explication

Pendant quarante ans, les os de Yehouda sont megoulgalin ba-aron, ils roulent dans le cercueil, sans tenir ensemble. Rachi : c'est le nidoui de sa parole à Yaakov, "j'aurai fauté envers toi tous les jours". Makot 11b : la malédiction d'un sage vient même si elle était conditionnelle, et même une fois la condition remplie.

Moché demande miséricorde. Le mérite de Yehouda : il a avoué pour Tamar, et cet aveu a fait avouer Reouven. Rachi cite le Tan'houma. Tossefot : Reouven était déjà revenu de sa faute avant l'affaire de Tamar. L'aveu public, lui, attend l'aveu de Yehouda.

23
מיד: ״שמע ה׳ קול יהודה״ – על איבריה לשפא. לא הוו קא מסקי [ליה] למתיבתא דרקיעא, ״ואל עמו תביאנו״. לא הוה ידע מאי קאמרי רבנן, ולמשקל ומיטרח בהדי רבנן, ״ידיו רב לו״. לא הוה סליק ליה שמעתתא אליבא דהלכתא, ״ועזר מצריו תהיה״.

Aussitôt : "Écoute, Hachem, la voix de Yehouda." Ses membres entrèrent dans leurs emboîtures (lechafa). On ne le faisait pas monter à la yechiva du firmament : "et vers son peuple Tu l'amèneras." Il ne savait pas ce que disaient les Sages, ni prendre et peiner avec les Sages : "ses mains combattront pour lui." La tradition (chemata) ne lui montait pas selon la halakha : "et une aide contre ses adversaires Tu seras."

📜 Rachi (3)
לשפא נכנס כל עצם ונתחבר למקומו ששף משם לשפא אשלוייה שדונא בלע"ז כמו שף מדוכתיה (חולין דף מב:):
Lechafa : chaque os entra et se joignit à sa place, car il avait glissé de là. Lechafa désigne l'emboîture, dans la langue étrangère, comme "il a glissé de sa place" (Houlin 42b).
אליבא דהלכתא לא הוה מסתייעא מילתא למימר מילתא דתהוי הלכתא כוותיה:
Selon la halakha : la chose ne s'aidait pas, pour qu'il dise une parole dont la halakha soit comme lui.
לא הוה סלקא ליה כלומר לא היה עולה בידו למימר שמעתתא אליבא דהלכתא:
Cela ne lui montait pas : autrement dit, il ne parvenait pas à dire une tradition (chemata) selon la halakha.
💡 Explication

Le verset de la bénédiction est lu membre par membre. Chema Hachem kol Yehouda : les os entrent dans leurs emboîtures. Rachi rapproche lechafa de "il a glissé de sa place", Houlin 42b.

Puis trois manques, et trois suites du verset. On ne le fait pas monter à la metivta de-rakia : "vers son peuple Tu l'amèneras". Il ne suit pas ce que disent les Sages : "ses mains combattront pour lui". Sa chemata ne sort pas aliba de-hilkheta : "une aide contre ses adversaires Tu seras".

🖼️ Schéma
Les quatre demandes de Moché pour Yehouda Chaque membre du verset lève un empêchement. 1. Écoute Les os roulaient dans le cercueil. Entrée dans les emboîtures (lechafa). Le squelette tient. 2. Vers son peuple On ne le monte pas à la yechiva du firmament. Amène-le auprès des siens. Il entre. 3. Ses mains Il ne sait pas ce que disent les Sages. Qu'il puisse peiner avec eux. Il discute. 4. Une aide La chemata ne sort pas selon la halakha. Aide-le contre ses adversaires. La halakha suit.
Quatre degrés : les os, la yechiva du ciel, la discussion, la halakha.
24
אמר ליה רבא לרבה בר מרי, מנא הא מילתא דאמרי אינשי: בתר עניא אזלא עניותא? אמר ליה, דתנן: עשירים מביאין בכורים בקלתות של זהב ושל כסף, ועניים בסלי נצרים של ערבה קלופה. הסלים והבכורים נתונים לכהנים. אמר ליה: את אמרת מהתם, ואנא אמינא מהכא:

Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les gens disent : derrière le pauvre marche la pauvreté ? Il lui dit : car nous avons appris : les riches apportent les prémices (bikourim) dans des corbeilles d'or et d'argent, et les pauvres dans des paniers d'osier de saule écorcé.

Les paniers et les prémices sont donnés aux cohanim. Il lui dit : toi, tu le dis de là-bas, et moi, je le dis d'ici :

📜 Rachi (2)
הסלין והבכורין נותנין לכהן והעשירים לא היו נותנין קלתותיהן לכהן:
Les paniers et les prémices, on les donne au cohen. Les riches, eux, ne donnaient pas leurs corbeilles au cohen.
נצרים שבטים:
Netsarim : des tiges.
💡 Explication

Dernière question de l'amoud. Le proverbe : batar anya azla aniyouta, la pauvreté suit le pauvre. La michna des bikourim : le riche apporte une corbeille d'or ou d'argent, qu'il reprend. Le pauvre apporte un panier de netsarim, tiges de saule écorcé, et le panier reste au cohen avec les fruits.

Rava annonce une preuve depuis la Torah. Le verset est sur 92b. L'amoud s'arrête sur "moi, je le dis d'ici".

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).