Sougya : Rava demande à Rabba bar Mari d'où viennent des paroles des Sages et des proverbes. La page ouvre sur la fin de la preuve de 92a : le metzora crie son impureté.
Vient le conseil de manger tôt, l'été contre le soleil et l'hiver contre le froid. Rava le lit dans Chemot 23, 25 : Chema, prière, pain dans le sel, cruche d'eau.
Mahala, la bile, vaut 83 en guématria. Puis une suite de proverbes : mettre la selle si l'on vous appelle âne, dire soi-même ce qui fait honte, avancer tête basse tout en visant loin, la dent de celui qui entend et ne mange pas, la gratitude qui va à l'échanson, le chien affamé.
Le mauvais palmier qui va vers les arbres stériles est écrit dans la Torah, répète dans les Prophètes, triplé dans les Écrits, appris dans la michna et dans la baraïta. Les dernières paroles : celui qui ne répond pas à la reprise, le puits où l'on a bu, la charge qu'on ne lève qu'à deux, et le temps où l'on était petit.
La dernière preuve s'arrête au milieu de la phrase.
"Et impur, impur, il criera."
Fin de la preuve ouverte à la fin de 92a. Rava disait le proverbe batar anya azla aniyouta, la pauvreté suit le pauvre, depuis la Torah. Le verset du metzora (Vayikra 13, 45) : il doit crier son impureté.
Rachi : la plaie ne suffit pas au verset. Il ajoute, malgré lui, l'obligation de se faire honte en public.
Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les Sages ont dite : lève-toi tôt et mange, en été à cause du soleil, et en hiver à cause du froid ; et les gens disent : soixante coureurs ont couru, et ils n'ont pas atteint l'homme qui a mangé le matin ? Car il est écrit : "Ils n'auront pas faim et ils n'auront pas soif, et la chaleur brûlante et le soleil ne les frapperont pas."
Une question, deux formules. Les Sages : hashkem va-akhol, lève-toi tôt et mange. L'été, à cause du soleil. L'hiver, à cause du froid. Les gens : soixante coureurs n'atteignent pas celui qui a pris son repas le matin. Le verset (Yechaya 49, 10) : qui n'a ni faim ni soif n'est pas frappé par la chaleur brûlante ni par le soleil.
Tossefot : Rav Mechoulam fait de "soixante" les six saisons de Berechit 8, 22, chacune de deux mois. Tossefot écarte ce compte. Chitine est une habitude de langue, comme le proverbe de la dent, plus bas, et comme Houlin 58b. Les derniers mots de la glose sont l'ouverture du proverbe du vin, expliqué plus loin.
Il lui dit : toi, tu le dis de là-bas, et moi, je le dis d'ici. "Vous servirez Hachem votre D.ieu" : c'est la lecture du Chema et la prière.
"Il bénira ton pain et ton eau" : c'est le pain dans le sel et une cruche d'eau. À partir de là : "J'écarterai la maladie du milieu de toi."
Rava laisse le verset des Prophètes et prend la Torah, Chemot 23, 25. Il le coupe en trois. Va-avadtem : keriat Chema et tefila. Ou-verakh et lahmekha ve-et meimekha : le pain dans le sel, et une kiton d'eau. La suite du verset, ve-hasiroti mahala mi-kirbekha, vient après ce repas.
Et on enseigne : maladie, c'est la bile. Et pourquoi son nom est-il appelé maladie ?
Parce qu'il y a en elle quatre-vingt-trois maladies. Mahala, en guématria, vaut cela.
Et toutes, le pain dans le sel le matin et une cruche d'eau les annulent.
La baraïta : mahala, c'est mara, la bile. Le nom vient du compte. Mem 40, het 8, lamed 30, hé 5 : 83 maladies dans la bile. Le pain dans le sel au matin, puis la cruche d'eau, les annulent toutes.
Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les Sages ont dite : ton compagnon t'appelle âne, mets la selle sur toi ? Il lui dit : car il est écrit : "Il dit : Hagar, servante de Sarai, d'où viens-tu et où vas-tu ?
Elle dit : de devant Sarai ma maîtresse, je fuis."
Haverakh karayakh hamara, okhpa legavakh moch : si l'autre t'appelle âne, place la selle. Rachi : tirer la selle vers soi et la mettre sur son dos, c'est admettre la parole et ne pas répondre. Il rattache moch à "il ne s'écartera pas" et à "écartez-vous".
Hagar fuit, et l'ange l'appelle encore servante de Sarai. Elle répond : Sarai, ma maîtresse. Elle reprend le titre qu'on lui donne.
Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les gens disent : une parole honteuse qui est en toi, dis-la le premier ? Il lui dit : car il est écrit : "Il dit : je suis serviteur d'Avraham."
Milta gena'a de-it bakh, kadim amera : ce qui est honteux en toi, dis-le avant qu'un autre le dise. Eliezer ouvre par "je suis serviteur d'Avraham" (Berechit 24, 34).
Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les gens disent : le fils de l'oie va en se baissant, et ses yeux regardent au loin ? Il lui dit : car il est écrit : "Hachem fera du bien à mon seigneur, et tu te souviendras de ta servante."
Shefil ve-azil bar avaza, ve-eineih metayfei : l'oie avance tête basse, et ses yeux cherchent loin. Rachi : les yeux guettent la nourriture. À cause de la modestie, on demande quand même le besoin : Torah, subsistance, créance à recouvrer.
Avigayil parle en servante. Dans la même phrase, elle demande qu'on se souvienne d'elle quand Hachem fera du bien à David (I Chmouel 25, 31).
Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les gens disent : soixante douleurs atteignent la dent de celui qui entend la voix de son compagnon et ne mange pas ? Il lui dit : car il est écrit : "Et moi, moi ton serviteur, et Tsadok le cohen, et Benayahou fils de Yehoyada, et ton serviteur Chelomo, il n'a pas appelés."
Chitine takhlé matyo le-khaka : soixante douleurs atteignent la dent de celui qui entend son compagnon et ne mange pas. Rachi : takhlé, deuils et douleurs. Le nombre soixante est une façon de parler. Il ne sort d'aucun verset.
Natan rapporte le festin d'Adoniya (I Melakhim 1, 26). Lui, Tsadok, Benayahou et Chelomo n'ont pas été appelés. Rachi : la phrase est une plainte, celle de n'avoir pas été invité.
Il lui dit : toi, tu le dis de là-bas, et moi, je le dis d'ici. "Its'hak la fit entrer dans la tente de Sara sa mère, il prit Rivka, elle fut pour lui une femme, il l'aima, et Its'hak fut consolé après sa mère." Et il est écrit ensuite : "Avraham ajouta et prit une femme, et son nom était Ketoura."
Rava quitte les Prophètes et prend la Torah. Its'hak est consolé par Rivka (Berechit 24, 67). Le verset suivant : Avraham prend Ketoura (Berechit 25, 1). Rachi : nitkane, il a été jaloux d'Its'hak. Voir le fils marié réveille celui qui ne l'est pas, comme entendre un autre manger.
Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les gens disent : le vin est à son maître, la gratitude à celui qui le verse ? Il lui dit : car il est écrit : "Tu appuieras ta main sur lui", "afin qu'ils entendent et qu'ils voient, toute l'assemblée des enfants d'Israël".
Et il est écrit : "Yehochoua fils de Noun était rempli d'un esprit de sagesse, car Moche avait appuyé ses mains sur lui, et tous les enfants d'Israël l'écoutèrent, etc."
Hamra le-mareih, tivouta le-shakyeih : le vin est au maître, la gratitude va à celui qui verse. Rachi : les buveurs remercient l'échanson. Bamidbar 27 : Moche doit appuyer la main, pour qu'Israël entende. Devarim 34, 9 : Yehochoua est plein de sagesse parce que Moche a appuyé ses mains, et Israël l'écoute. Rachi : la sagesse vient de la bouche du Saint, béni soit-Il. Le verset la rattache à Moche.
Tossefot lit l'échanson autrement : il donne be-ayin yafa, d'un œil généreux, à qui il veut. Le midrach sur "l'œil généreux sera béni" (Michlei 22, 9) vise Moche : on lui a dit "ta main", au singulier, et il a posé les deux. Le Kountres, c'est l'explication de Rachi, différente de celle-ci.
Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les gens disent : le chien, dans sa faim, avalé des galalé ? Car il est écrit : "L'âme rassasiée foule le rayon de miel, et l'âme affamée, tout amer lui est doux."
Kalba be-khafneih galalé bala : le chien affamé avalé des galalé. Le mem entre parenthèses marque une variante du verbe. Rachi, d'après son maître : des pierres. Autre leçon : des excréments. Il retient les pierres, parce que les excréments sont déjà la manière du chien : le proverbe de la faim extrême parle d'autre chose.
Michlei 27, 7 : l'âme rassasiée foule le miel. Pour l'âme affamée, l'amer est doux.
Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les gens disent : le mauvais palmier se promène et va vers le nid des sarakhé ? Il lui dit : cette chose est écrite dans la Torah, répétée dans les Prophètes, triplée dans les Écrits ; nous l'avons apprise dans la michna, et nous l'avons enseignée dans la baraïta.
Metayel ve-azil dikla bisha gabei kina de-sarakhé : le mauvais palmier va vers le groupe des arbres stériles. Rabba bar Mari n'apporte pas un seul verset. Il annonce cinq appuis : Torah, Prophètes, Écrits, michna, baraïta. Les textes viennent au segment suivant.
Rachi : sarakhé, arbres sans fruit, comme un homme oisif. Tossefot : kina veut dire un lieu. Trois palmiers dans un même lieu, Bava Kamma 58b. Trois feuilles de myrte dans un même lieu, Souka 32b : le hadas meshoulash. Le Kountres met les trois feuilles sur une seule tige : à ce compte, le myrte kacher manquerait. Sur sarakha, Rabbeinou Tam lit le targoum de Essav, nahchirkhan, comme "qui se repose et qui est oisif". Le Aroukh lit chidkhan, du calme, comme le targoum de "la terre fut tranquille".
Tossefot ne trouve pas dans la Torah le verset "tout oiseau demeure selon son espèce". Il le place peut-être dans Ben Sira, et il joint "Exalte-la, elle t'élèvera".
Écrit dans la Torah, car il est écrit : "Essav alla vers Yichmael." Répété dans les Prophètes, car il est écrit : "Des hommes vides se rassemblèrent vers Yiftah, et ils furent avec lui." Triplé dans les Écrits, car il est écrit : "Tout oiseau demeure avec son espèce, et l'homme avec qui lui ressemble." Nous l'avons appris dans la michna : tout ce qui est attaché à l'impur est impur ; tout ce qui est attaché au pur est pur. Et nous l'avons enseigné dans la baraïta : Rabbi Eliezer dit : le zarzir n'est allé vers le corbeau pour rien : il y est allé parce qu'il est de son espèce.
Les cinq textes. Torah : Essav va vers Yichmael (Berechit 28, 9). Prophètes : des hommes vides rejoignent Yiftah (Juges 11, 3). Écrits : l'oiseau avec son espèce, l'homme avec son semblable. La leçon entre crochets retient ou-ven adam.
Michna Kelim, chapitre Tabaat adam : l'attache suit le support. Rachi décrit l'unkeli, clou de métal en forme de fourche, fiché au mur pour suspendre la bête qu'on dépouille. Sur un candélabre de bois, peshutei kelei ets, le clou est batel et reste pur. Sur un dargach ou une table, qui reçoivent l'impureté, le crochet la reçoit aussi.
Baraïta : Rabbi Eliezer, le zarzir va vers le corbeau parce qu'il est de son espèce. Rachi : pour lui, le zarzir est un oiseau impur. Les Sages contestent dans Houlin 65a. Le laaz estournel désigne l'étourneau.
Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les gens disent : tu as appelé ton compagnon et il ne t'a pas répondu, jette un grand mur, lance-le sur lui ? Il lui dit : "Parce que je t'ai purifié et tu ne t'es pas purifié de ton impureté, tu ne seras plus purifié."
Kerit havrakh ve-lo anakh, remi guda raba shedi beih : tu as appelé, il n'a pas répondu, jette sur lui un grand mur. Rachi : l'appel était une tokhaha, une reprise. On le laisse tomber dans sa méchanceté, on le repousse de la main. Le dibour de Rachi est dahi guda.
Ye'hezkel 24, 13 : la purification a été offerte, elle n'a pas été reçue, elle ne sera plus donnée.
Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les gens disent : un puits dont tu as bu, n'y jette pas une motte ? Il lui dit : car il est écrit : "Tu n'auras pas en abomination l'Edomite, car il est ton frère ; tu n'auras pas en abomination l'Égyptien, car tu as été un ger dans son pays."
Bira de-shetait mineih, la tishdi beih kela : le puits où tu as bu, n'y jette pas de motte. Rachi : tu y as bu dans ta soif. Kela, mota en laaz, une motte. Ce dont on a eu besoin une fois, on ne le méprise plus.
Devarim 23, 8. L'Edomite est un frère. L'Égyptien : Israël y a été ger, résident étranger. On a séjourné dans le pays, on ne le prend pas en abomination.
Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les gens disent : si tu lèves la charge, je la lève, et sinon, je ne la lève pas ? Il lui dit : car il est écrit : "Barak lui dit : si tu viens avec moi, j'irai, et si tu ne viens pas avec moi, je n'irai pas."
I dalit dora, dalina, ve-i la, la dalina : si tu lèves le fardeau, je le lève. Sinon, je ne le lève pas. Rachi : dora, le fardeau. Personne n'entre dans le risque d'une perte, ni sous le joug d'une affaire, que si le compagnon y entre avec lui.
Barak à Dévora (Juges 4, 8) : si tu viens avec moi, j'irai. Si tu ne viens pas, je n'irai pas.
Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les gens disent : quand nous étions petits, parmi les hommes ; maintenant que nous avons vieilli, parmi les enfants ? Il lui dit : au commencement il est écrit : "Et Hachem allait devant eux le jour, dans une colonne de nuée, pour les guider sur le chemin, et la nuit, dans une colonne de feu, pour les éclairer", et à la fin il est écrit :
Kad havinan zutrei, le-gavrei ; hashta de-kashishna, le-dardakei : petits, on nous comptait comme des hommes. Vieux, comme des enfants. Rachi : importants comme des hommes, puis abaissés comme des enfants.
La preuve commence par Chemot 13, 21. Hachem lui-même marche devant eux, colonne de nuée le jour, colonne de feu la nuit. L'amoud s'arrête sur ou-le-vassof ketiv. Le second verset est sur 93a.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).