Sougya : L'amoud achève le proverbe de 92b : jeunes, Hachem marchait devant Israël ; ensuite un ange est envoyé pour garder le chemin. Rava demande à Rabba bar Mari d'où vient "derrière le maître des biens, traîne des copeaux" : Lot allait avec Avram.
Rav Hanan : celui qui remet le jugement de son prochain est puni le premier, comme Sara, et cela lorsqu'un tribunal existe sur terre. Rabbi Yitshak : malheur à celui qui crie, plus qu'à celui contre qui l'on crie ; et la malédiction d'un hedyot s'accomplit, Avimelekh et les yeux de Yitshak.
Rabbi Abahou : être du côté des poursuivis, comme les tourterelles déclarées valides pour l'autel. Puis la michna.
Rava : on ne remet pas les chefs des membres. Rav Chechet et Rabbi Ochaya : tare de la famille.
Rabbi Yo'hanan : un oui d'étonnement vaut un non, un non d'étonnement vaut un oui. "Brise mon vase" est tenu, et la baraita "pour garder, non pour déchirer" exempte.
Rav Houna sépare selon que l'objet est venu dans la main. Rabba sépare le titre de garde et le titre de déchirure.
La bourse de tsedaka de Poumbedita : les pauvres ont une part fixe, donc il y a garde. Hadran sur HaHovel.
"Voici, J'envoie un ange devant toi, pour te garder en chemin."
Suite de 92b. Le proverbe : quand nous étions petits, on nous comptait parmi les hommes ; maintenant que nous avons vieilli, parmi les enfants. Au début il est écrit que Hachem marche devant eux, le jour dans une colonne de nuée. Le verset d'ici clôt la preuve : un ange est envoyé pour garder le chemin.
Rava dit à Rabba bar Mari : d'où vient cette parole que les gens disent : derrière le maître des biens, traîne des copeaux ? Il lui dit : car il est écrit : "Et Lot aussi, qui allait avec Avram, avait du menu bétail, du gros bétail et des tentes."
Le proverbe : batar mari nikhsei tsivi mechokh. On s'attache au maître des biens, même pour traîner derrière lui des copeaux de bois. Lot est allé avec Avram, et il a eu bétail et tentes.
Rav Hanan dit : celui qui remet le jugement de son prochain est puni le premier. Car il est dit : "Et Sarai dit à Avram : mon tort est sur toi." Et il est écrit : "Et Avraham vint pour mener le deuil de Sara et pour la pleurer." Et ces paroles valent lorsqu'il a un jugement sur terre.
Moser din : il livre l'affaire de son prochain au jugement d'en haut. Sara dit à Avram "mon tort est sur toi". Avraham mène ensuite son deuil : elle est partie la première.
La règle vise celui qui a un dina be-ara, un tribunal sur terre. Tossefot : aux jours de Sara, le bet din de Chem était en place.
Rabbi Yitshak dit : malheur à celui qui crie, plus qu'à celui contre qui l'on crie. Une baraita l'enseigne aussi : celui qui crie et celui contre qui l'on crie sont l'un et l'autre visés.
Mais on se hâte envers celui qui crie plus qu'envers celui contre qui l'on crie.
Rabbi Yitshak serre le cas de Sara. Tso'ek, celui qui crie vers le ciel, est plus exposé que le nitso'ek, celui contre qui il crie. La baraita lit le pluriel "Je vous tuerai" : les deux sont dans le verset. On frappe d'abord celui qui crie. Rachi : ainsi pour Sara.
Tossefot rapporte la version du Sifri : "celui contre qui le pauvre crie, et celui contre qui il ne crie pas". Le gage non rendu tient dans les deux cas. "J'entendrai certes sa clameur" hâte la punition de celui contre qui l'on crie. Selon cette version, l'enseignement suit le verset du gage, et le commentaire suit Sara selon les livres.
Et Rabbi Yitshak dit : que la malédiction d'un homme du commun ne soit jamais légère à tes yeux. Car Avimelekh a maudit Sara, et cela s'est accompli dans sa descendance.
Car il est dit : "Voici, cela t'est une couverture des yeux." Il lui dit : puisque tu as dissimulé à mon égard, que tu n'as pas révélé qu'il est ton mari, et que tu m'as causé cette peine, que telle soit la volonté : que tu aies des fils aux yeux couverts. Et cela s'est accompli dans sa descendance, car il est écrit : "Et ce fut, quand Yitshak fut vieux, que ses yeux s'obscurcirent au point de ne plus voir."
La klalat hedyot, malédiction d'un homme ordinaire, est prise au sérieux. Avimelekh lit "couverture des yeux" (kesout einayim) comme une malédiction : des fils aux yeux couverts. Le verset de Yitshak vieux, les yeux obscurcis, en est l'accomplissement dans la descendance de Sara.
Rabbi Abahou dit : qu'un homme soit toujours du nombre des poursuivis, et non du nombre des poursuivants. Car tu n'as pas, parmi les oiseaux, de poursuivi plus que les tourterelles et les jeunes colombes, et l'Écriture les a déclarées valides pour l'autel.
Nirdafim, les poursuivis. Les torim et les benei yona sont les oiseaux les plus pourchassés, et le verset les rend kacher pour le mizbeah.
Celui qui dit : "aveugle mon œil", etc. Rav Asi bar Hama dit à Rava : qu'est-ce qui distingue le début, et qu'est-ce qui distingue la fin ?
Retour à la michna de 92a. Reicha : "aveugle mon œil, coupe ma main, brise ma jambe", à condition d'être exempt : tenu. Seifa : "déchire mon vêtement, brise mon vase", à condition d'être exempt : exempt. Rav Asi demande la différence.
Il lui dit : le début, parce qu'un homme ne remet pas les chefs des membres.
Rava : pas de mehila sur les rashei evarim, les membres principaux nommés dans la michna. La clause "à condition d'être exempt" ne tient pas pour eux.
Il lui dit : et un homme remet-il sa douleur ? Car on enseigne : "Frappe-moi, blesse-moi, à condition d'être exempt" : il est exempt.
Il se tut.
Rav Asi oppose une baraita. Tsaar, la douleur du coup, sans perte d'un membre : "frappe-moi, blesse-moi, à condition d'être exempt", et il est exempt. Si l'homme ne remettait pas sa douleur, cette baraita tiendrait aussi. Rava se tait.
Il dit : as-tu entendu quelque chose là-dessus ? Il lui dit : ainsi a dit Rav Chechet : à cause d'une tare de la famille.
Rava demande si Rav Asi a une tradition. Rav Chechet : pegam michpaha. La perte d'un membre atteint la famille. Il ne peut pas remettre cela. Tossefot : il paie tout, y compris le tsaar.
On a énoncé : Rabbi Ochaya dit : à cause d'une tare de la famille. Rava dit : parce qu'un homme ne remet pas les chefs de ses membres.
Deux formulations. Rabbi Ochaya : pegam michpaha. Rava reste sur les rashei evarim. Rachi : la baraita "frappe-moi, à condition d'être exempt" ne le gêne pas, car la mehila porte sur le tsaar, la douleur du coup.
Rabbi Yo'hanan dit : il y a un "oui" qui vaut un "non", et il y a un "non" qui vaut un "oui".
Rabbi Yo'hanan sort de la question "remet-il ou non". Hen che-hou ke-lav : un oui dit en témiha, étonnement, compte comme un refus. Lav che-hou ke-hen : un non dit en étonnement compte comme un accord.
Rachi fixe la scène. Le blessé dit "coupe ma main", sans condition. Le blessant demande "à condition que je sois exempt ?". Le "oui" étonne vaut un non : il reste tenu. Pour Rachi, l'homme remet tout ; le ton fait le din.
Tossefot trouve forcée l'idée que la michna aurait pu mettre corps et biens des deux côtés, et n'aurait choisi que la voie ordinaire. Lecture de Ri, ici portée par Tossefot : sur le corps, un "oui" qui a l'air calme (niha) est présumé dit en étonnement. Sur les biens, un "non" qui a l'air calme est présumé dit en étonnement, parce qu'il a lui-même demandé de déchirer. Certains livres ont le mot "comment" (keitzad) ; Tossefot ne lit pas cette leçon.
On enseigne aussi ainsi : "Frappe-moi, blesse-moi." "À condition d'être exempt ?" Et il lui dit "oui" : voici un "oui" qui vaut un "non". "Déchire mon vêtement." "À condition d'être exempt ?" Et il lui dit "non" : voici un "non" qui vaut un "oui".
La baraita donne les deux formules. Sur le coup : question "à condition d'être exempt ?", réponse "oui" en étonnement, et ce oui vaut un non. Sur le vêtement : réponse "non" en étonnement, et ce non vaut un oui.
Rachi sépare les tons. Temiha : étonnement, le oui du blessé laisse le frappeur tenu. Niha : ton calme, il est exempt. La baraita précédente, "frappe-moi à condition d'être exempt : exempt", vise le cas où le blessé a dit lui-même toute la phrase, de façon précise (davka).
"Brise mon vase", "déchire mon vêtement" : il est tenu. Et on oppose : "pour garder", et non pour détruire ; "pour garder", et non pour déchirer ; "pour garder", et non pour partager aux pauvres.
La michna, sans la clause d'exemption : "brise mon vase, déchire mon vêtement", il est tenu. La baraita des gardiens tire de lishmor trois exclusions : pas pour détruire (le'abed), pas pour déchirer (likroa), pas pour partager aux pauvres.
Rachi : le dépôt "pour garder" rend tenu en cas de peshia, négligence. Dépôt à condition de détruire, ou de partager : on ne lit plus "pour garder". Après "partage-le", le déposant n'a plus l'objet. Les pauvres ne réclament pas : à chacun, le détenteur dit qu'il l'a donné à un autre.
Tossefot : le verset exempte de la négligence. La déchirure faite de la main reste à expliquer. La formule "et non pour déchirer" montre que l'enjeu dépasse la peshia. Rabbi Chimon, dans le Mekhilta : la garde naît de "tiens, garde pour moi". "Que ton œil soit dessus" ne suffit pas. La réponse de la Guemara, plus bas : la michna parle de l'objet déjà venu dans la main. Le tanna a surtout voulu enseigner que la clause d'exemption agit sur les biens, et n'agit pas sur le corps. Ri lit autrement : autoriser à déchirer retire le din de chômer sur l'ensemble. Cette lecture suppose que la permission exempte aussi de la déchirure elle-même. Sinon, celui qui reçoit cette permission resterait gardien, comme un dépôt donné seulement "pour garder".
Rav Houna dit : il n'y a pas de difficulté. Ici, il est venu dans sa main.
Là, il n'est pas venu dans sa main.
Rav Houna place les deux textes. Ata leyadeh : l'objet est déjà dans sa main, il le déchire de sa main. C'est la michna, il est tenu, tant qu'on ne lui a pas dit "à condition d'être exempt". Lo ata leyadeh : l'objet n'est pas venu dans sa main. C'est la baraita, il est exempt.
Rachi ajoute la formule "même s'il est venu dès le début à condition de détruire". La clause posée dès la remise reste dans la phrase.
Rabba lui dit : "pour garder" implique qu'il est venu dans sa main.
Objection de Rabba. Lishmôr est écrit avec "lorsqu'un homme donnera" : l'objet a été remis, il est venu dans la main. La baraita qui exempte parle donc d'un objet déjà reçu. On ne peut pas la renvoyér au cas où il n'est pas venu dans la main. Et le verset retranche pourtant, kamemit lei.
Rabba dit plutôt : ici et là, il est venu dans sa main, et il n'y a pas de difficulté. Ici, il est venu dans sa main au titre de la garde.
Là, il est venu dans sa main au titre de la déchirure.
Rabba garde les deux textes dans le cas où l'objet est venu dans la main. La différence est le titre de la remise. Torat chemira : reçu pour garder, puis on lui dit "déchire". Rachi : il est tenu, tant que la clause "à condition d'être exempt" n'a pas été dite. Torat keria : dès la remise, c'est pour déchirer. Il est exempt.
Tossefot déploie les deux étapes. D'abord une lecture : "garde, et si tu veux déchire". Il ménage l'objet, puisqu'il ne parle de déchirer qu'une fois le dépôt fait. La permission de la fin est pitumei milei, des paroles pour qu'il garde sans craindre un procès. La baraita, dans cette lecture, est l'objet encore posé la-bas : "prends-le, garde-le, et si tu veux déchire-le". La permission donnée avant la remise vise l'exemption entière. Rabba objecte que "pour garder" suppose une remise. Sa conclusion : michna, garde d'abord, puis permission de déchirer, et cette permission est mechate, une moquerie. Baraita, le titre de déchirure est posé dès la remise, avant qu'il soit gardien. À plus forte raison s'il dit seulement "déchire mon vêtement posé devant toi".
Une bourse de tsedaka vint à Poumbedita. Rav Yossef la déposa auprès d'un certain homme.
Il fut négligent à son égard. Des voleurs vinrent et la volèrent.
Rav Yossef le rendit tenu. Abaye lui dit : et pourtant on enseigne : "pour garder", et non pour partager aux pauvres.
Fait. Une arnka de-tsedaka arrive à Poumbedita. Rav Yossef, gabaï selon Rachi, la confie. Négligence, vol. Il condamne le détenteur. Abaye cite la baraita : un dépôt destiné aux pauvres ne se lit pas "pour garder".
Il lui dit : les pauvres de Poumbedita ont une part fixée pour eux, et c'est "pour garder".
Mikats kayits lehou : chaque pauvre de Poumbedita a une somme fixée pour la semaine. Rachi : l'argent a des tov'im, des réclamants désignés. On lit "pour garder". Le détenteur négligent est tenu. Sans part fixe, il pourrait dire à chacun : je l'ai donné à un autre.
Nous reviendrons vers toi, HaHovel.
Hadran alakh ha-hovel. Fin du chapitre "Celui qui blesse". Le chapitre suivant, HaGozel, commence en 93b.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).