Sougya : L'amoud poursuit le prêt dont la pièce a été invalidée. Rav fait payer la pièce qui a cours au moment du paiement.
Chmouel permet de renvoyer le créancier la dépenser à Méshan, et Rav Nahman limite cela à celui qui a un chemin vers Méshan. La Guemara confronte ces avis au hilloul du maaser sheni, selon que les royautés laissent sortir une pièce étrangère ou la saisissent, puis décrit les pièces de Jérusalem et d'Abraham.
Elle ouvre enfin le cas où le pouvoir a alourdi la pièce : Rav Hisda maintient la pièce du jour, et Rav Ashi examine si la baisse des fruits vient de cette pièce.
Il lui donne une pièce qui a cours à ce moment-là. Et Chmouel a dit : il peut lui dire : va la dépenser à Méshan.
Rav Nahman a dit : la parole de Chmouel se tient lorsqu'il a un chemin pour aller à Méshan ; mais s'il n'a pas de chemin, non.
Suite du débat ouvert en 97a. La pièce convenue a été invalidée. Rav : l'emprunteur donne la pièce qui a cours au moment du paiement. Chmouel : il peut lui remettre une pièce du même type et lui dire d'aller la dépenser à Méshan, où elle circule encore. Rav Nahman borne Chmouel au cas où le créancier a un orha, un chemin, un trajet prévu vers Méshan.
Rachi réserve l'avis de Rav au prêt d'une pragmatia (marchandise) dont le prix a été fixé en pièces. Un prêt d'argent se rembourse avec les pièces prêtées.
Rava a objecté à Rav Nahman : on ne fait pas le hilloul (transfert de sainteté du maaser sheni) sur les pièces qui n'ont pas cours. Comment ?
S'il avait des pièces kozviot de Jérusalem, ou de rois antérieurs, on ne fait pas le hilloul. Donc, pour celles de rois postérieurs, semblables à celles des antérieurs, on fait le hilloul !
Rava objecte depuis le hilloul du maaser sheni. La baraïta interdit ce transfert sur des pièces sans cours : kozviot, pièces de Jérusalem, rois antérieurs. La Guemara en tire : des pièces de rois postérieurs, invalidées ici mais valables ailleurs, permettent le hilloul, même sans trajet. Cela presse Rav Nahman.
Rachi donne deux leçons. Première : kozviot yerouchalmiot, la pièce de Ben Koziva à Jérusalem, puis les rois antérieurs. Seconde : trois cas, kozviot de Koziv, yerouchalmiot, rois antérieurs. Dans les deux leçons, ces pièces n'ont plus cours. Elles ne portent pas le nom de kesef tzura.
Il lui a dit : ici, de quel cas s'agit-il ? D'un cas où les royautés ne sont pas pointilleuses l'une envers l'autre.
Rav Nahman resserre la baraïta. Les malkhouyot (royautés) ne sont pas makpidot, pointilleuses, l'une envers l'autre. On peut faire sortir la pièce invalidée ici et la dépenser là où elle a cours. Elle garde alors le nom de pièce, y compris pour qui ne voyage pas.
Mais lorsque Chmouel a parlé, c'est lorsque les royautés sont pointilleuses l'une envers l'autre. Comment peut-il les transporter ?
Il les transporte à grand-peine (al yedei ha-dahak) : ils ne fouillent pas, et s'ils trouvent, ils sont pointilleux.
Le cas de Chmouel est l'autre branche : les royautés saisissent la pièce étrangère. La question porté sur le transport jusqu'à Méshan. Réponse : al yedei ha-dahak, à grand-peine. On ne fouille pas (la bahashi) ; si l'on trouve, on est pointilleux.
Qui doit aller à Méshan accepte la pièce et la dépense là-bas. Qui n'y va pas peut la refuser : il ne peut pas la montrer en public aux gens de Méshan de passage.
Viens et entends : on ne fait pas le hilloul sur des pièces d'ici lorsqu'elles sont à Babylone, ni sur celles de Babylone lorsqu'elles sont ici. Celles de Babylone lorsqu'elles sont à Babylone, on fait le hilloul.
En tout cas, on enseigne : on ne fait pas le hilloul sur des pièces d'ici lorsqu'elles sont à Babylone, même s'il finira par monter là-bas !
Nouvelle baraïta, trois cas. Pièces d'ici alors que le propriétaire est à Babylone : pas de hilloul. Pièces de Babylone alors qu'il est ici : pas de hilloul. Pièces de Babylone à Babylone : hilloul. La pointe vise Chmouel et Rav Nahman : même celui qui montera à Jérusalem ne peut pas faire le hilloul tant qu'il est à Babylone.
Rachi rattache l'interdit à matzouï be-yadekha : la pièce doit pouvoir être dépensée sur place. Les fruits du maaser, eux, se rachètent où qu'ils soient, dès lors qu'ils sont hors de Jérusalem.
Ici, de quel cas s'agit-il ? D'un cas où les royautés sont pointilleuses l'une envers l'autre.
Si c'est ainsi, celles de Babylone lorsqu'elles sont à Babylone, à quoi sont-elles propres ? Elles sont propres à ce qu'il achète avec elles une bête, et qu'il la fasse monter à Jérusalem.
Réponse : les royautés sont pointilleuses au point de fouiller. Les pièces de Babylone ne peuvent pas entrer à Jérusalem. Elles restent propres à un autre usage : acheter une behema et la faire monter.
Tossefot, au nom de Ri, demande pourquoi cette objection ne vise que Rav Nahman. Sans sa limite, on distingue une pièce qui a déjà eu cours sur place puis a été invalidée, et une pièce d'ici qui n'a jamais porté le nom de pièce à Babylone. Rav Nahman, lui, ne fait dépendre le nom de pièce que du trajet. La baraïta le presse donc.
Seconde glose : acheter une bête vive avec le maaser sheni est une discussion entre Rabbi Meir et les Sages (Soukka 40b). Ici, faute de pouvoir monter les pièces, l'achat est permis selon tous. Le motif retenu à Soukka est la crainte d'élever des troupeaux à partir des femelles, décret étendu aux mâles.
Et l'on a enseigné : ils ont institué que les pièces aient cours à Jérusalem pour cette raison ! Rabbi Zeira a dit : il n'y a pas de difficulté.
Ici, au temps où la main d'Israël est forte sur les nations du monde ; là, au temps où la main des nations du monde est forte sur eux.
Une baraïta dit qu'on a institué le cours de toutes les pièces à Jérusalem, afin que chacun y dépense la sienne. Rachi en fait une objection à l'interdit du hilloul sur les pièces de Babylone apportées ici.
Rabbi Zeira répartit les temps. Yad Israël tekifa : la main d'Israël est forte sur les nations, l'institution s'applique. Yad ha-umot tekifa : la main des nations est forte sur Israël, le cours étranger ne s'impose pas à Jérusalem. Tossefot renvoie le motif aux shekalim apportés de tous les lieux (Chekalim, daf 8).
Les Sages ont enseigné : quelle est la pièce de Jérusalem ? David et Salomon d'un côté, et Jérusalem la ville sainte de l'autre côté.
Et quelle est la pièce d'Abraham notre père ? Un vieillard et une vieille d'un côté, et un jeune homme et une jeune fille de l'autre côté.
Les pièces sont décrites par ce qui est écrit dessus. Pièce de Jérusalem : David ve-Chlomo d'un côté, Yerouchalayim ir ha-kodech de l'autre. Pièce d'Abraham : zaken ou-zekena, vieillard et vieille, Abraham et Sara ; de l'autre, bahour ou-betoula, jeune homme et jeune fille, Its'hak et Rivka.
Tossefot, depuis Bereshit Rabba, tient le monitin pour une inscription. Une tsourat adam, une forme humaine, est interdite. Rachi dit déjà, pour David et Salomon, que les noms sont écrits.
Rava a demandé à Rav Hisda : celui qui prête à son prochain sur la pièce, et l'on a ajouté sur elle, qu'en est-il ? Il lui a dit : il lui donne la pièce qui a cours à ce moment-là.
Il lui a dit : même comme un nafia (tamis) ? Il lui a dit : oui.
Il lui a dit : même comme un tartya ? Il lui a dit : oui.
Nouveau cas. On a prêté sur une pièce, puis le pouvoir a ajouté sur elle : la pièce du même nom est plus lourde. Rav Hisda répond dans la ligne de Rav : on rend la pièce qui a cours au paiement, même grosse comme un nafia (tamis), même comme un tartya. Rachi glose le tartya : un grand sela qui contient un rova.
Rachi pose la question selon Rav : dès lors qu'il fait payer la pièce du moment lorsque la pièce a été invalidée, que dit-il lorsque le pouvoir a augmenté la pièce ?
Mais les fruits baissent de prix ! Rav Ashi a dit : nous examinons ; si c'est à cause de la pièce qu'ils ont baissé, nous lui déduisons,
Rava objecte : en alourdissant la pièce, les perot (fruits, denrées) baissent face à elle. Le créancier reçoit plus de pouvoir d'achat. Rachi y voit du ribbit, et note que ce cas diffère des précédents.
Rav Ashi ouvre un examen. Si la baisse vient de la pièce, mahmat tibea, on déduit l'écart au débiteur. La phrase s'interrompt en fin d'amoud.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).