Bava Kamma 99a - L'artisan, le chvach, et les kiddouchin

Bava_Kamma 99a

Sougya : La page poursuit la michna du teinturier dont la cuve brûle la laine : paie-t-il la laine seule, ou aussi le chvach ? La question est celle de Rav Assi : l'uman acquiert-il par l'amélioration de l'objet ?

Chmouel écarte la preuve tirée de la michna. Une baraïta sur bal talin, le foulage payé à la ma'a, et le messager d'une lettre précisent quand le versement est un salaire.

La fin du daf rapporte les kiddouchin par des bijoux façonnés, et trois lectures du débat entre Rabbi Meir et les Sages : uman kone, moment où le salaire devient dû, ou kiddouchin par une milve.

Cuve du teinturier : qui paie le chvach ? Michna : il rend la valeur de la laine. La question est le moment du brûlage, et à qui sont les teintures. Au moment de la chute La teinture n'a pas encore pris. Pas de chvach. Il paie la laine. Chmouel. Aucune preuve sur uman kone. Après la chute La teinture a pris. Il y a un chvach. La michna ne le fait pas payér. Piste : uman kone be-chvach keli Le chvach serait à l'artisan. Laine et teintures du maître Le teinturier prend le salaire de sa main. Salarié ordinaire. Réponse de Chmouel, puis écartée : la michna dirait laine et teintures. Chmouel ne fait qu'écarter. Teintures de l'uman Rav Assi : l'artisan acquiert le chvach de l'objet. Il ne paie que la laine. Rachi : bois fait coffre, puis brisé : s'il n'acquiert pas, il paie le coffre. Suite du daf : le même principe, hors de la cuve Bal talin sur un manteau, foulage à la ma'a, messager d'une lettre. Puis kiddouchin : bracelets, boucles, bagues. Trois lectures du débat. Halakha monétaire : on suit Chmouel. D'où la gêne si la michna l'oppose à Rav Assi.
Cuve : au moment de la chute, laine seule. Après la chute, la piste uman kone dépend de qui possède les teintures. Chmouel écarte.
Bal talin : salaire, ou rachat du chvach ? Si l'uman a acquis l'objet, le versement est un prix. L'interdit vise un salaire. 1. Baraïta Manteau achevé et notifié : dix jours sans bal talin. Remis à midi : au coucher du soleil, bal talin. 2. Si uman kone : il lui vend le manteau. Pourquoi bal talin ? 3. Rav Mari Foulage d'un sarbela. Pas de chvach à acquérir. 4. Objection On le lui a donné à assouplir. Assouplir, c'est le chvach. 5. Réponse : engagé pour des foulages Chaque foulage, une ma'a. Salaire au compte des coups, sekhirut. 6. Hava amina Pas engagé au nombre de coups. C'est une kablanout. Appui à Rav Chechet : il transgresse. 7. Chmouel bar Aha Rav Chechet parle du messager d'une lettre. Kablanout, et aucun chvach à acquérir. Tossefot : la question de Rav Chechet, dans Bava Metzia, est posée en général. La Guémara l'explique ensuite.
Bal talin sur le manteau. Foulage à la ma'a : salaire. Kablanout : Rav Chechet, puis messager d'une lettre.
Kiddouchin par les bijoux : trois lectures Fais-moi bracelets, boucles et bagues, et je me fiancerai à toi. Rabbi Meir : dès qu'il les fait, fiancée Sages : jusqu'à un bien dans sa main Lecture 1, écartée Tous : salaire du début jusqu'à la fin. Tous : une milve ne fiance pas. Rabbi Meir Uman kone. Il fiance avec son chvach. Sages Il n'acquiert pas. Il faut un autre bien. Lecture 2 Tous : l'uman n'acquiert pas. Rabbi Meir Le salaire n'existe qu'à la fin. Pas une milve. Elle est fiancée. Sages Salaire du début à la fin. C'est une milve. Elle n'est pas fiancée. Lecture 3 Tous : salaire du début jusqu'à la fin. Rabbi Meir Kiddouchin par une milve : elle est fiancée. Sages Kiddouchin par une milve : elle n'est pas fiancée. Tossefot : Kiddouchin 47a milve comme un pikadon. Quel bien, selon les Sages ? Un autre bien. Le bijou lui-même rendrait la phrase de Rabbi Meir sans objet. Ri : remettre le salaire ne fiance pas. On ne peut exiger le salaire avant que l'objet arrive dans sa main. Preuve de yeshna li-skhirut : Avoda Zara 19b, le dernier coup de pioche.
Trois lectures de Rabbi Meir et des Sages : chvach de l'uman, salaire seulement à la fin, ou kiddouchin par une milve.
1
והקדיחו יורה – נותן לו דמי צמרו. דמי צמרו – אין, דמי צמרו ושבחו – לא; לאו שהקדיחו לאחר נפילה, דאיכא שבחא, ושמע מינה אומן קונה בשבח כלי?

Et la cuve l'a brûlé : il lui donne la valeur de sa laine. La valeur de sa laine, oui ; la valeur de sa laine et de son amélioration, non.

N'est-ce pas qu'il l'a brûlé après la chute, où il y a une amélioration, et l'on en apprend que l'artisan acquiert par l'amélioration de l'objet ?

📜 Rachi (2)
והקדיחו יורה נתקלקל הצבע מעצמו:
La teinture s'est abîmée d'elle-même.
לאחר נפילה לאחר שקלט הצבע ונעשה שבח בצמר:
Après que la teinture a pris, et qu'une amélioration s'est faite dans la laine.
💡 Explication

Suite de la michna du teinturier. La cuve (yora) a brûlé la laine : il rend dmei tsamro, la valeur de la laine. La Guémara serre la formule sur la valeur de la laine, à l'exclusion du chvach (amélioration).

Piste : le brûlage est après la chute dans la cuve, quand la teinture a déjà pris. Il y a un chvach. S'il ne le paie pas, l'uman (artisan) l'a acquis : uman kone be-chvach keli, l'enseignement de Rav Assi.

2
אמר שמואל: הכא במאי עסקינן – כגון שהקדיחו בשעת נפילה, דליכא שבחא. אבל הקדיחו לאחר נפילה מאי? נותן לו דמי צמרו ושבחו?! לימא שמואל לית ליה דרב אסי?

Chmouel dit : ici, de quoi s'agit-il ? Par exemple, il l'a brûlé au moment de la chute, où il n'y a pas d'amélioration.

Mais s'il l'a brûlé après la chute, qu'en est-il ? Il lui donne la valeur de sa laine et de son amélioration ?

Dirons-nous que Chmouel ne tient pas l'enseignement de Rav Assi ?

📜 Rachi (1)
לימא שמואל לית ליה דרב אסי הואיל ומהדר לאוקמי בהכי מתניתין ומהשתא לא עבדינן כרב אסי דהא קיימא לן כשמואל בדיני:
Puisqu'il s'emploie à établir la michna ainsi, dès lors nous ne pratiquerions pas comme Rav Assi : la halakha est fixée comme Chmouel dans les dinim (le droit civil).
💡 Explication

Chmouel place la michna au moment de la chute : la teinture n'a pas pris, il n'y a pas de chvach. La formule de la michna ne prouve alors rien sur l'uman.

La Guémara pousse : après la chute, Chmouel ferait-il payer laine et chvach ? Ce serait dire qu'il ne tient pas Rav Assi. Rachi ajoute le poids de la chose : en droit civil, la halakha suit Chmouel.

3
אמר לך שמואל: הכא במאי עסקינן – כגון דצמר וסמנין דבעל הבית, וצבע אגר ידיה הוא דשקיל.

Chmouel te répond : ici, de quoi s'agit-il ? Par exemple, la laine et les teintures sont au maître de maison, et le teinturier ne prend que le salaire de sa main.

📜 Rachi (1)
אמר לך הא מתניתין דמשמע דאי הקדיח לאחר נפילה יהיב ליה נמי דמי שבחיה כגון שצמר וסמנין דבעל הבית דהא ליכא למימר אומן קונה בשבח כלי דסמנין הוא דמשבחי ליה וצבע שכיר בעלמא הוא ודאי אומן שהסמנין שלו קונה בשבח כלי ואין משלם אלא דמי צמרו:
Cette michna, qui laisse entendre que s'il a brûlé après la chute il lui donne aussi la valeur de son amélioration, vise le cas où la laine et les teintures sont au maître de maison. On ne peut pas dire que l'artisan acquiert par l'amélioration de l'objet : ce sont les teintures qui l'améliorent, et le teinturier n'est qu'un salarié ordinaire. Certes, l'artisan à qui les teintures appartiennent acquiert par l'amélioration de l'objet, et il ne paie que la valeur de sa laine.
🗂️ Tossefot (1)
הכא במאי עסקינן בצמר וסמנין דבעל הבית הו"מ למפרך מאי דוחקיה לאוקמי בצמר וסממנין דבעל הבית ודוקא בשעת נפילה לוקמה בסממנין דפועל ואפילו לאחר נפילה אלא משום דאית ליה עדיפות למיפרך:
On aurait pu objecter : quelle nécessité l'oblige à établir le cas dans la laine et les teintures du maître de maison, et seulement au moment de la chute ? Qu'on l'établisse dans les teintures de l'ouvrier, même après la chute. C'est qu'il a un avantage à objecter ainsi.
💡 Explication

Deuxième lecture de Chmouel. Laine et sammanin (teintures) appartiennent au baal ha-bayit. Le teinturier ne prend que agar yadeih, le salaire de sa main. Le chvach vient des teintures du maître. L'uman n'a rien à acquérir.

Rachi réserve uman kone au cas où les teintures sont à l'artisan : il paie alors seulement la laine. Tossefot note qu'on pouvait poser le cas ainsi dès le début, teintures de l'ouvrier, même après la chute. L'objection qui suit a été préférée.

4
אי הכי, ״נותן לו דמי צמרו וסמנין״ מיבעי ליה! אלא שמואל דחויי קא מדחי ליה.

S'il en est ainsi, il aurait fallu dire : il lui donne la valeur de sa laine et des teintures ! Chmouel ne fait donc que l'écarter.

📜 Rachi (1)
דחויי מדחי ליה כלומר ממתניתין לא תסייעיה ולא משום דנשמע מינה דשמואל פליג אדרב אסי:
De la michna, n'en tire pas d'appui, et l'on n'en apprend pas que Chmouel diverge de Rav Assi.
💡 Explication

Si les teintures du maître ont aussi péri, la michna devait dire : valeur de la laine et des teintures. Elle ne dit que la laine. La lecture de Chmouel ne tient pas comme explication retenue.

Dahuyei ka madhi : il écarté la preuve qu'on voulait tirer de la michna contre Rav Assi. Il ne tranche pas le fond.

5
תא שמע: הנותן טליתו לאומן; גמרו והודיעו – אפילו מכאן ועד עשרה ימים אינו עובר עליו משום ״לא תלין״. נתנה לו בחצי היום – כיון ששקעה עליו החמה, עובר עליו משום ״בל תלין״.

Viens et entends. Celui qui donne son manteau à un artisan : il l'a achevé et le lui a fait savoir.

Même d'ici jusqu'à dix jours, il ne transgresse pas à son sujet à cause de lo talin. S'il le lui a remis au milieu du jour, dès que le soleil s'est couché sur lui, il transgresse à son sujet à cause de bal talin.

💡 Explication

Nouvelle preuve, une baraïta. Lo talin / bal talin : l'interdit de laisser passer la nuit sur le salaire d'un salarié.

L'artisan a fini et a notifié, sans remettre le manteau : même dix jours, pas de transgression. Il remet le manteau à midi : au coucher du soleil, si le maître n'a pas payé, il transgresse. Le versement est donc traité comme un salaire.

🖼️ Schéma
Quand bal talin commence Achevé, notifié Le maître n'a pas repris le manteau. Même dix jours. Pas de lo talin Remis à midi L'artisan rend le manteau. Le salaire est dû. Le délai court Coucher du soleil Pas payé. Le salaire est resté chez le maître. Bal talin
Notifié sans remise : pas de lo talin. Remis à midi : bal talin au coucher du soleil.
6
ואי סלקא דעתך אומן קונה בשבח כלי, אמאי עובר משום ״בל תלין״?

Et si tu estimes que l'artisan acquiert par l'amélioration de l'objet, pourquoi transgresse-t-il à cause de bal talin ?

📜 Rachi (1)
אמאי עובר הא זבוני קא מזבן ליה ניהליה ולא שכירות היא:
Voici qu'il le lui vend, et il n'y a pas salariat.
💡 Explication

Si l'uman kone be-chvach keli, le manteau amélioré est à lui. Le maître qui paie le rachète. Rachi : zavonei ka mizban, il le lui vend. Bal talin vise un salaire : le versement serait un prix de vente.

7
אמר רב מרי בריה דרב כהנא: בגרדא דסרבלא, דליכא שבחא.

Rav Mari, fils de Rav Kahana, dit : dans le foulage d'un sarbela, où il n'y a pas d'amélioration.

📜 Rachi (1)
בגרדא דסרבלא פלוקי"ר בגדים:
Fouler des vêtements (laaz : plokir).
💡 Explication

Garda de-sarbela : le foulage d'un manteau épais. Rachi glose par le laaz du foulon. Dans ce travail, dit Rav Mari, il n'y a pas de chvach par lequel l'artisan acquérerait l'objet. Le versement reste un salaire, et bal talin s'applique.

8
סוף סוף, למאי יהבה נהליה – לרכוכי; כיון דרככיה, היינו שבחא! לא צריכא, דאגריה לביטשי – ביטשא ביטשא במעתא, דהיינו שכירות.

En fin de compte, pour quoi le lui a-t-il donné ? Pour l'assouplir.

Dès qu'il l'a assoupli, voilà l'amélioration ! Cela ne vise que le cas où il l'a engagé pour des foulages : foulage par foulage, pour une ma'a.

Et cela, c'est un salariat.

📜 Rachi (1)
לבטושי פלארא"ש בלע"ז ושכרו לדרכה והתנה עמו סכום הדריכות כל דריכה במעה דשכיר יום הוא ולא קבלן דליקני בשבחא:
Flaresh, en langue étrangère. Il l'a engagé pour le fouler, et a convenu avec lui du nombre de foulages, chaque foulage pour une ma'a. C'est un salarié à la journée, et non un kablan qui acquerrait par l'amélioration.
🗂️ Tossefot (1)
דאגריה לביטשי פי' בקונטרס שהתנה עמו סכום הדריכות כל דריכה במעה דשכיר יום הוא ולא קבלן דליקני בשבחא תימה מה ר"ל דמ"מ הרי קבלן הוא ולא שכיר יום ובהמקבל (ב"מ דף קיב. ושם) פירשה בע"א דאגריה לבטשי כשבא לבית הגרדי בוטשין ברגלים בתוך הכלי במים ומיהו לא בקבלנות עסקינן אלא בשכירות בין ישביח בין לא ישביח שכרו לפי מנין בטישות כך וכך בטישות בכך וכך מעות עכ"ל וי"מ דכי אגריה לבטשי עובר משום בל תלין אביטשא קמייתא דבההיא ליכא שבחא וא"ת אמאי לא תירץ דבשכיר יום עסקינן ויש לומר משום דקתני וגמר והודיעו ובשכיר יום מאי הודעה שייכא:
Rachi explique dans son commentaire qu'il a convenu avec lui d'un nombre de foulages, chaque foulage pour une ma'a : c'est un salarié à la journée, et non un kablan qui acquerrait par l'amélioration. Étonnant : que veut-il dire ? De toute façon, c'est un kablan, et non un salarié à la journée. Dans Ha-mekabel (Bava Metzia 112a, et là-bas), on l'explique autrement : il l'a engagé pour fouler. Quand on vient chez le foulon, on foule des pieds dans le récipient, dans l'eau. Toutefois on ne traite pas d'une kablanout, mais d'un salariat : qu'il y ait amélioration ou non, son salaire suit le nombre de foulages, tant de foulages pour tant de pièces. Fin de citation. Certains expliquent : lorsqu'il l'a engagé pour des foulages, il transgresse bal talin pour le premier foulage, car dans celui-là il n'y a pas d'amélioration. Et si tu dis : pourquoi n'a-t-il pas répondu qu'il s'agit d'un salarié à la journée ? On répond : le texte enseigne qu'il a achevé et le lui a fait savoir, et chez un salarié à la journée, quelle notification a lieu d'être ?
💡 Explication

Assouplir (rakhukhei) est déjà un chvach. Rav Mari ne suffit pas. La Guémara resserre : agreih le-vitoushei, engagé pour fouler, une ma'a par foulage. Le paiement suit les coups, pas le résultat. C'est une sekhirut.

Rachi dit : salarié à la journée, pas un kablan. Tossefot trouve la formule difficile, et rapporte Bava Metzia 112a : salaire au nombre de foulages, que le manteau s'améliore ou non. Autre lecture : bal talin porte sur le premier foulage, encore sans chvach. On ne répond pas par le salarié à la journée, car la baraïta dit qu'il a achevé et notifié.

🖼️ Schéma
Foulage : au résultat, ou au coup Kablan Payé pour le manteau assoupli. Le résultat est le chvach. Question : uman kone ? Si oui, le versement est un prix. Bal talin ne vise pas cela Sekhirut Engagé pour fouler. Une ma'a par foulage. Amélioration ou non : le compte des coups paie. C'est un salaire. Bal talin.
Kablan : payé pour le manteau assoupli. Sekhirut : une ma'a par foulage, amélioration ou non.
9
ולמאי דסליק אדעתין מעיקרא דלא אגריה לביטשי, מסייע ליה לרב ששת – דבעו מיניה מרב ששת: קבלנות, עובר עליו משום ״בל תלין״, או אינו עובר? ואמר להו רב ששת: עובר.

Et selon ce qui nous était venu à l'esprit au début, à savoir qu'il ne l'avait pas engagé pour des foulages, cela apporte un appui à Rav Chechet. Car on a demandé à Rav Chechet : une kablanout, transgresse-t-on à son sujet à cause de bal talin, ou ne transgresse-t-on pas ?

Et Rav Chechet leur a dit : il transgresse.

📜 Rachi (2)
ולמאי דסליק אדעתא מעיקרא דלא אגריה למנין בטשי וקבלנות הוא וקתני עובר:
Et c'est une kablanout, et le texte enseigne qu'il transgresse.
מסייע ליה לרב ששת לא גרסינן נימא:
On ne lit pas le mot : dirons-nous.
💡 Explication

Avant le resserrement au foulage payé à la ma'a, on lisait la baraïta comme une kablanout : payé pour l'ouvrage fini. Elle dit pourtant qu'il transgresse bal talin. Cela appuie Rav Chechet, à qui l'on avait demandé si le maître d'un kablan transgresse, et qui a répondu : il transgresse.

Rachi fixe la girsa : le texte dit messaye'a (cela appuie), et l'on n'y lit pas neima (dirons-nous).

10
לימא דרב ששת פליגא אדרב אסי? אמר שמואל בר אחא: בשליחא דאיגרתא.

Dirons-nous que Rav Chechet diverge de Rav Assi ? Chmouel bar Aha dit : dans le cas d'un messager d'une lettre.

📜 Rachi (2)
נימא פליגא דרב ששת אדרב אסי דמדקאמר עובר קסבר אין אומן קונה בשבח כלי ולא זביני נינהו וכיון דלא קני בשבחא היכא דנתן לו עצים לעשות מהן תיבה ועשאה ושיברה משלם תיבה:
De ce qu'il dit qu'il transgresse, il tient que l'artisan n'acquiert pas par l'amélioration de l'objet, et ce ne sont pas des ventes. Et puisqu'il n'acquiert pas par l'amélioration : là où on lui a donné du bois pour en faire un coffre, qu'il l'a fait et qu'il l'a brisé, il paie un coffre.
בשליחא דאיגרתא דקבלנות היא שלא שכרו ליום אלא להוליך לו אגרת למקום פלוני בההיא קאמר רב ששת דעובר דליכא שבחא דליקני:
C'est une kablanout : on ne l'a pas engagé à la journée, mais pour porter une lettre en tel endroit. C'est dans ce cas que Rav Chechet dit qu'il transgresse, car il n'y a pas d'amélioration par laquelle acquérir.
🗂️ Tossefot (1)
בשליחא דאגרתא ההוא דלעיל לא מצי לאוקמי בשליחא דאיגרתא דהא בהדיא קתני הנותן טליתו אבל בענין דרב ששת דהכא ה"מ לאוקמי דאגריה לביטשא וא"ת והיכי מוקי לה בשליחא דאגרתא והא בהדיא בהמקבל (שם) פירש בעייתו דמספקא ליה אי אומן קונה בשבח כלי אי לא דקאמר בעו מיניה מרב ששת קבלן עובר בבל תלין או אין עובר אומן קונה בשבח כלי ואין עובר או אין אומן קונה בשבח כלי ועובר וי"ל שהם שאלו סתם וגמרא הוא שמפרש שאילתו כן שסבור שבזה מסתפק וכן אורחיה דגמרא לעיל בריש פ"ב (בבא קמא דף יט.) ובכמה מקומות ואין להאריך:
Celui d'en haut, on ne peut pas l'établir dans un messager de lettre, car le texte enseigne explicitement : celui qui donne son manteau. Mais dans le sujet de Rav Chechet ici, on aurait pu l'établir : il l'a engagé pour un foulage. Et si tu dis : comment l'établit-il dans un messager de lettre ? Voici qu'explicitement, dans Ha-mekabel (là-bas), on a expliqué leur question : il doute si l'artisan acquiert par l'amélioration de l'objet ou non. Car on dit : on a demandé à Rav Chechet : un kablan transgresse-t-il bal talin, ou ne transgresse-t-il pas ? L'artisan acquiert par l'amélioration de l'objet et il ne transgresse pas, ou l'artisan n'acquiert pas par l'amélioration de l'objet et il transgresse. On répond : eux ont demandé de façon générale, et c'est la Guémara qui explique leur question ainsi, estimant que son doute porte là-dessus. Telle est la manière de la Guémara, plus haut au début du chapitre 2 (Bava Kamma 19a), et en plusieurs endroits, et il n'y a pas lieu de s'étendre.
💡 Explication

Si tout kablan tombe sous bal talin, Rav Chechet tiendrait que l'uman n'acquiert pas le chvach : le versement reste un salaire. Rachi donne la conséquence sur un coffre : du bois confié, coffre fait puis brisé, il paie le coffre fini, faute de kinyan sur le chvach.

Cheliha de-igarta : messager chargé de porter une lettre en un endroit donné. Kablanout, et aucun objet amélioré. Rav Chechet ne tranche pas le cas de l'uman. Tossefot : la baraïta du manteau ne peut pas devenir ce messager. La question rapportée en Bava Metzia est posée en général ; la Guémara, là-bas, l'explique comme un doute sur uman kone.

11
לימא כתנאי? ״עשה לי שירים, נזמין וטבעות, ואקדש לך״, כיון שעשאן – מקודשת, דברי רבי מאיר. וחכמים אומרים: אינה מקודשת עד שיגיע ממון לידה.

Dirons-nous que c'est comme un débat de tannaïm ? Fais-moi des bracelets, des boucles et des bagues, et je me fiancerai à toi.

Dès qu'il les a faits, elle est fiancée : parole de Rabbi Meir. Et les Sages disent : elle n'est pas fiancée tant qu'un bien n'est pas arrivé dans sa main.

📜 Rachi (1)
עשה לי שירין צמידין משלי אקדש לך בשכר פעולתך:
Des bracelets qui sont à moi ; je me fiancerai à toi par le salaire de ton travail.
💡 Explication

Baraïta de kiddouchin. Elle lui donne de l'or à elle : fais-moi chirim (bracelets), nezamim (boucles) et tabaot (bagues), et je serai fiancée à toi. Rachi : fiancée par le salaire du travail.

Rabbi Meir : dès la fabrication, elle est mekoudechet. Les Sages : pas tant qu'un mamon (bien) n'est pas arrivé dans sa main.

12
מאי ״ממון״? אילימא אותו ממון, מכלל דרבי מאיר סבר אותו ממון לא?! אלא במאי [כו] מקדשא? אלא פשיטא, מאי ״ממון״ – ממון אחר;

Quel bien ? Si tu dis : ce bien-là même, il en ressort que Rabbi Meir tient : ce bien-là même, non ?

Mais avec quoi la fiance-t-il ? C'est donc évident.

Quel bien ? Un autre bien.

🗂️ Tossefot (1)
אלא במאי מקדשא אור"י דסברא הוא שאין מקודשת במה שמוחל לה שכרו אפי' לא יהא אומן קונה בשבח כלי אלא מלוה יש לו עליה והוא מוחל לה אין מקודשת שאין דעתה להתקדש עד שיבאו השיראים והנזמים לידה ועוד אור"י ונראה לו עיקר שאפי' שניהם רוצים שיחולו קודם הגעת ממון לידה אינה מקודשת אע"פ שמתחייבת לו ראשון ראשון לפי שישנה לשכירות מתחילה ועד סוף כיון שאין יכול לתובעה בדין שכרו עד שיגיע הממון לידה ואין חשוב כנותן לה כלום בתחילתו עד שתבא שעה שיכול לתובעה בדין:
Le Ri dit que c'est un raisonnement : elle n'est pas fiancée par le fait qu'il lui remet son salaire, même si l'artisan n'acquiert pas par l'amélioration de l'objet. Il n'a sur elle qu'une créance, et il la lui remet : elle n'est pas fiancée, car son intention n'est de se fiancer que lorsque les bracelets et les boucles arriveront dans sa main. Et encore, le Ri, et cela lui paraît l'essentiel : même si tous deux veulent que les fiançailles prennent effet avant que le bien n'arrive dans sa main, elle n'est pas fiancée, bien qu'elle s'engage envers lui au fur et à mesure, puisque le salaire court du début jusqu'à la fin. Puisqu'il ne peut la poursuivre en justice pour son salaire tant que le bien n'est pas arrivé dans sa main, cela ne compte pas comme s'il lui donnait quoi que ce soit au début, jusqu'à l'heure où il peut la poursuivre en justice.
💡 Explication

Mamon, dans la bouche des Sages, ne peut pas désigner les bijoux eux-mêmes. Sinon Rabbi Meir, qui fiance sans attendre ce bien, fiancerait sans rien donner.

C'est un autre bien. Le Ri va plus loin : remettre le salaire, simple milvé (créance), ne fiance pas. Sa daat vise l'arrivée des bijoux. Point principal du Ri : tant qu'il ne peut pas exiger le salaire en justice, le remettre ne compte pas comme un don, même si les deux veulent des kiddouchin plus tôt.

🖼️ Schéma
Quel bien doivent attendre les Sages ? Ce bien-là même Les bijoux qu'il a faits. Alors Rabbi Meir dirait que même eux ne sont pas requis. Avec quoi la fiance-t-il ? Lecture écartée Un autre bien Rabbi Meir : les bijoux suffisent, dès qu'il les a faits. Sages : un bien distinct doit arriver dans sa main. Lecture retenue
Le bien des Sages est un autre bien. Lire les bijoux eux-mêmes vide la phrase de Rabbi Meir.
13
וסברוה דכולי עלמא ישנה לשכירות מתחילה ועד סוף; ודכולי עלמא המקדש במלוה אינה מקודשת.

Et l'on a supposé que tous tiennent : le salaire court du début jusqu'à la fin ; et que tous tiennent : celui qui fiance par une créance, elle n'est pas fiancée.

📜 Rachi (1)
ישנה לשכירות מתחילה ועד סוף כיון שעלה שכרו לפרוטה נתחייבה לו מיד פרוטה והויא ליה מלוה גבה ואי לאו דאומן קונה בשבח כלי משום שכירות לא לימא ר"מ דתתקדש דהמקדש במלוה אינה מקודשת דמלוה להוצאה ניתנה ואינה בעין אלא משום דקסבר אומן קונה בשבח כלי וכי יהיב לה ניהליה מקדשה בשבחא דאית ליה בגוויה אף על פי שלא נתן לה ממון אחר ורבנן סברי לא קני ואינה מקודשת עד שיגיע ממון אחר לידה:
Dès que son salaire atteint une perouta, elle lui est aussitôt engagée d'une perouta, et il a une créance sur elle. Et si l'artisan n'acquérait pas par l'amélioration de l'objet, Rabbi Meir ne dirait pas, à cause du salaire, qu'elle est fiancée : celui qui fiance par une créance, elle n'est pas fiancée, car une créance est donnée pour être dépensée et elle n'est pas en nature. C'est parce qu'il tient que l'artisan acquiert par l'amélioration de l'objet : lorsqu'il le lui donne, il la fiance par l'amélioration qu'il a en cet objet, même s'il ne lui a pas donné un autre bien. Et les Sages tiennent qu'il n'acquiert pas, et elle n'est pas fiancée tant qu'un autre bien n'est pas arrivé dans sa main.
💡 Explication

Deux hypothèses communes à la première lecture. Yechna li-skhirut mi-thila ve-ad sof : dès la première perouta de travail, le salaire est déjà dû. Ce dû est une milvé.

Ha-mekadech be-milvé einah mekoudechet : fiancer en remettant une créance ne prend pas. Une milvé est faite pour être dépensée ; elle n'est pas be-ayin (en nature). Rachi en tire la première lecture : Rabbi Meir ne peut fiancer par le salaire que si l'uman a acquis le chvach, et qu'il donne ce chvach.

14
מאי, לאו באומן קונה בשבח כלי קמיפלגי? דרבי מאיר סבר: אומן קונה בשבח כלי, ורבנן סברי: אין אומן קונה בשבח כלי?

Quoi donc : n'est-ce pas sur ceci qu'ils divergent, à savoir que l'artisan acquiert par l'amélioration de l'objet ? Rabbi Meir tient : l'artisan acquiert par l'amélioration de l'objet.

Et les Sages tiennent : l'artisan n'acquiert pas par l'amélioration de l'objet.

💡 Explication

Première lecture du débat. Rabbi Meir : uman kone be-chvach keli. En remettant les bijoux, il donne son chvach, et elle est fiancée. Les Sages : il n'acquiert pas. Les bijoux restent à elle. Il faut un autre bien.

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לא, דכולי עלמא אין אומן קונה בשבח כלי; אלא הכא בישנה לשכירות מתחילה ועד סוף קא מיפלגי –

Non. Tous tiennent que l'artisan n'acquiert pas par l'amélioration de l'objet.

Ici, ils divergent sur ceci : le salaire court-il du début jusqu'à la fin.

💡 Explication

La Guémara retire le débat de uman kone. Tous tiennent que l'artisan n'acquiert pas le chvach. Le débat porte sur le moment où le salaire devient dû : dès le début du travail, ou seulement à la fin.

16
רבי מאיר סבר: אין לשכירות אלא לבסוף, ורבנן סברי: יש לשכירות מתחילה ועד סוף.

Rabbi Meir tient : le salaire n'existe qu'à la fin. Et les Sages tiennent : le salaire court du début jusqu'à la fin.

📜 Rachi (1)
אינה לשכירות אלא לבסוף כי מהדר להו ניהלה הלכך לאו מלוה הוא:
Car c'est lorsqu'il les lui rend. Dès lors, ce n'est pas une créance.
💡 Explication

Ein li-skhirut ela le-basof, Rabbi Meir : le salaire ne naît qu'à la remise des bijoux. Le remettre alors pour les kiddouchin n'est pas l'abandon d'une milvé déjà née. Elle est fiancée.

Yech li-skhirut mi-thila ve-ad sof, les Sages : la dette a couru pendant le travail. Remettre cette dette, c'est fiancer par une milvé. Elle n'est pas fiancée, tant qu'un autre bien n'arrive pas.

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ואי בעית אימא: דכולי עלמא ישנה לשכירות מתחילה ועד סוף, והכא במקדש במלוה קמיפלגי – דרבי מאיר סבר: המקדש במלוה – מקודשת, ורבנן סברי: המקדש במלוה – אינה מקודשת.

Et si tu veux, dis : tous tiennent que le salaire court du début jusqu'à la fin, et ici ils divergent sur celui qui fiance par une créance. Rabbi Meir tient : celui qui fiance par une créance, elle est fiancée.

Et les Sages tiennent : celui qui fiance par une créance, elle n'est pas fiancée.

🗂️ Tossefot (2)
ואיבעית אימא דכ"ע ישנה לשכירות מתחילה ועד סוף דאי אינה אלא בסוף כיון שנגמרה כל המלאכה שאין מתחייב שכרו אלא הכל יחד ואז מוחל לה בתורת קדושין לא חשיב מלוה ואין לדקדק מכאן דכן הלכה דישנה לשכירות מתחילה ועד סוף כיון דלא מצי למימר בע"א אבל יש להביא ראיה מפ"ק דע"ז (דף יט: ושם) גבי הגיע לכיפה שמעמידין בה ע"ז אסור לבנותה וקאמר בגמרא אם בנה שכרו מותר ומפרש טעמא משום דישנה לשכירות מתחילה ועד סוף אימת מיתסרא במכוש אחרון מכוש אחרון לית בה שוה פרוטה וליכא דפליג התם משמע דהכי הלכתא ואע"ג דקיי"ל דשכירות אין משתלמת אלא לבסוף אפי' למ"ד ישנה מודה דאין משתלמת אלא לבסוף כדנפקא לן באיזהו נשך (ב"מ דף סה. ושם) מדכתיב כשכיר שנה בשנה שכירות של שנה זו אין משתלמת אלא לשנה אחרת והא דאמר נמי דפועל יכול לחזור בו אפי' בחצי היום הוי אפי' למ"ד אינה אלא לבסוף דכשחוזר בו ואין רוצה לפעול יותר אז הוא הסוף ולא נ"מ בפלוגתא דישנה לשכירות ואין לשכירות אלא לענין הך דשמעתא אי הויא מלוה אי לאו ולענין ההיא דע"ז:
Car si le salaire n'existe qu'à la fin, une fois tout le travail achevé, son salaire ne devient dû que d'un seul tenant, et c'est alors qu'il le lui remet à titre de kiddouchin : cela ne compte pas comme une créance. Et l'on ne déduira pas d'ici que la halakha est que le salaire court du début jusqu'à la fin, puisqu'on ne pouvait pas dire autrement. Mais on peut apporter une preuve du premier chapitre d'Avoda Zara (19b, et là-bas), au sujet de : il est arrivé à la voûte où l'on dresse une avoda zara, il est interdit de la bâtir. Et la Guémara dit : s'il a bâti, son salaire est permis. Elle explique la raison : parce que le salaire court du début jusqu'à la fin. Quand l'interdit prend-il ? Au dernier coup de pioche. Le dernier coup de pioche ne contient pas la valeur d'une perouta. Et personne ne diverge là-bas. Il en ressort que telle est la halakha. Et bien que nous tenions que le salaire ne se paie qu'à la fin, même celui qui dit qu'il court du début à la fin convient qu'il ne se paie qu'à la fin, comme on l'apprend dans Eizehou neshekh (Bava Metzia 65a, et là-bas), de ce qui est écrit : comme un salarié, année par année. Le salaire de cette année-ci ne se paie qu'à l'année suivante. Et ce qu'on dit aussi, que l'ouvrier peut se rétracter même au milieu du jour, vaut même selon celui qui dit que le salaire n'existe qu'à la fin : lorsqu'il se rétracte et ne veut plus travailler, ce moment est la fin. Et la conséquence pratique du débat entre salaire qui court et salaire qui n'existe qu'à la fin ne porte que sur ce sujet de notre passage, à savoir si c'est une créance ou non, et sur ce passage d'Avoda Zara.
רבי מאיר סבר המקדש במלוה מקודשת ותימה בפרק ב' דקדושין (דף מז.) אמר רבי שמעון בן אלעזר משום רבי מאיר מלוה הרי היא כפקדון ואם לא נשתייר הימנו כלום אינה מקודשת משום דאין בעין ואין סברא לומר דמה שהחזיר לה הנזמים חשיב כמלוה בעין כיון דאין אומן קונה בשבח כלי ועוד דאם כן אמאי אין מקודשת לרבי מאיר ללישנא דלעיל:
Difficulté. Au chapitre 2 de Kiddouchin (47a), Rabbi Chimon ben Elazar dit au nom de Rabbi Meir : une créance est comme un dépôt ; et s'il n'en reste rien, elle n'est pas fiancée, parce que ce n'est pas en nature. Et il n'y a pas de raison de dire que les boucles qu'il lui a rendues comptent comme une créance en nature, dès lors que l'artisan n'acquiert pas par l'amélioration de l'objet. Et encore : s'il en était ainsi, pourquoi, selon Rabbi Meir, ne serait-elle pas fiancée dans la formulation d'en haut ?
💡 Explication

Troisième lecture. Tous tiennent yechna li-skhirut. Le débat est : ha-mekadech be-milvé. Rabbi Meir : elle est fiancée. Les Sages : elle ne l'est pas.

Tossefot : on ne tire pas d'ici la halakha de yechna, car cette lecture avait besoin de cette hypothèse. La preuve est Avoda Zara 19b : le salaire du dernier coup de pioche sur une voûte d'avoda zara est permis, ce coup ne valant pas une perouta. Le paiement, lui, reste à la fin dans les deux avis. Se rétracter à midi vaut aussi pour celui qui place le salaire à la fin : la rétraction est cette fin. L'écart pratique est ici (milvé ou non) et dans ce passage d'Avoda Zara.

Deuxième Tossefot : à Kiddouchin 47a, au nom de Rabbi Meir, la milvé est comme un pikadon. S'il n'en reste rien be-ayin, pas de kiddouchin. Les boucles rendues ne tiennent pas ce rôle, puisque l'uman n'a pas acquis le chvach.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).