Bava Kamma 99b - Nofekh, boucher expert, changeur

Bava_Kamma 99b

Sougya : Rava clôt le débat des kiddouchin par les bijoux : Rabbi Meir et les Sages tiennent que le salaire court du début à la fin, que la milvé ne fiance pas, et que l'uman n'acquiert pas le chvach. Le cas est un nofekh ajouté.

Rabbi Meir : l'attention va à la perouta. Les Sages : elle va à la milvé.

La baraita de Rabbi Nathan et de Rabbi Yehouda ha-Nassi sépare deux écarts, la skhirut puis la milvé avec une perouta. La page passe au boucher expert qui rate la chehita.

Chmouel le tient pour tenu selon Rabbi Meir, celui qui trébuche est un poshea. Rabbi Yo'hanan distingue le travail gratuit du travail payé.

Un fait de Rav sur une groumta, puis le changeur qui se trompe sur un dinar : seuls Dankhou et Issour sont exempts. Rabbi Hiya rembourse au-delà de la ligne du droit.

Rava : milvé et perouta, quand il ajoute un nofekh Rabbi Meir et les Sages s'accordent. Leur écart est l'attention de la femme. 1. Yechna li-skhirut Le salaire court du début jusqu'à la fin. 2. Milvé Fiancer par une créance : elle n'est pas fiancée. 3. Uman L'artisan n'acquiert pas par le chvach de l'objet. Tanna kamma J'ai fait : pas fiancée. La milvé est déjà née. Je ferai : fiancée. Salaire seulement à la fin. Rachi : en rendant l'ouvrage, il fiance par ce salaire. Axe : skhirut Rabbi Nathan Je ferai : pas fiancée. Chaque perouta est déjà milvé. J'ai fait : kal va-homer. Même avec nofekh : daata sur la milvé. Rachi : pas fiancée. = les Sages de Rava Rabbi Yehouda ha-Nassi Les deux formules : pas fiancée. S'il ajoute un nofekh de son bien : fiancée. Daata sur la perouta. Bé-émet amerou. = Rabbi Meir Deux écarts dans la baraita Tanna kamma / Rabbi Nathan : la skhirut. Le salaire futur fiance-t-il ? Rabbi Nathan / Rabbi Yehouda ha-Nassi : milvé et perouta. Le nofekh fiance-t-il ? Rava a déjà fermé le premier axe : tous tiennent yechna. Le débat reste le nofekh.
Rava : trois accords, puis le nofekh. La baraita sépare la skhirut et la milvé avec perouta. Rabbi Meir suit Rabbi Yehouda ha-Nassi.
Boucher expert qui rate la chehita Hayav ou patour : le salaire décide, et l'avis de Rabbi Meir aussi. Chmouel : hayav, même l'expert Mazik : tenu pour un oness. Ce mot vise le travail payé. Poshea : la bête peut se débattre. Même gratuit, c'est une peshia. Comme : abats d'ici, et il a abattu de là. Il devait s'en charger. Baraita, Rav Hama Uman, sans salaire : patour. Rachi : il est anous. Hedyot : hayav. Avec salaire : les deux hayav. Chmouel : je suis Rabbi Meir. Quel Rabbi Meir ? Signe kof lamed noun Kacharo : versets. Écarte. Litzboa : il a voulu changer. Écarte. Nichbera : celui qui trébuche est poshea. Sages : patour en dinei adam. C'est cet avis que Chmouel suit. Rabbi Yo'hanan Hayav, même les bouchers de Tsippori. Maon : prouve ton habitude des poulets, et je t'exempte. Accord des deux dires Gratuit : patour. Salaire : hayav. Rabbi Zeira : avance un dinar. Alors le boucher est nose sakhar. Meunier, boulanger, boucher : lire il est nose sakhar, il est payé. Tossefot : gratuit, patour. Cet oness ne rend pas le mazik tenu.
Boucher expert : Chmouel selon Rabbi Meir. La baraita exempte l'expert bénévole. Rabbi Yohanan : gratuit patour, salaire hayav.
Dinar montré au changeur, trouvé mauvais Deux baraitot. Rav Papa limite l'exemption aux plus grands experts. Baraita 1 Uman : patour. Hedyot : hayav. Baraita 2 Uman et hedyot : hayav. Tossefot : pas la réponse salaire / gratuit. Rav Papa : uman patour = Dankhou et Issour Ils n'ont plus rien à apprendre sur la monnaie. Leur erreur : une sikheta neuve, à l'heure où la pièce sort du coin. Rachi : l'effigie vient d'être changée. Ils ne la connaissent pas encore. Rabbi Hiya Il dit : le dinar est bon. Le lendemain : il ne circule pas. Il le fait échanger. Pinkas : din isek bich. Mauvaise affaire, à titre gratuit. Lifnim mi-chourat ha-din Rabbi Hiya non plus n'avait pas à apprendre. Il paie au-delà de la ligne du droit. Rav Yossef ouvre le verset : Vé-hodaeta lahem. Suite au daf suivant.
Changeur : l'expert exempt est Dankhou ou Issour, trompés par un coin neuf. Rabbi Hiya paie lifnim mi-chourat ha-din.
1
רבא אמר: דכולי עלמא ישנה לשכירות מתחילה ועד סוף, ודכולי עלמא המקדש במלוה אינה מקודשת, ודכולי עלמא אין אומן קונה בשבח כלי;

Rava dit : tout le monde tient que le salaire court du début jusqu'à la fin (yechna li-skhirut mi-thila ve-ad sof) ; et tout le monde tient que celui qui fiance par une créance (ha-mekadech be-milvé), elle n'est pas fiancée ; et tout le monde tient que l'artisan (uman) n'acquiert pas par l'amélioration de l'objet (chvach keli).

📜 Rachi (1)
רבא אמר דכ"ע כו' ודכ"ע אין אומן קונה בשבח כלי ה"ג:
Rava a dit, tout le monde, etc. Et tout le monde : l'artisan n'acquiert pas par l'amélioration de l'objet. Telle est la version (hachi garsinan).
💡 Explication

Rava parle de Rabbi Meir et des Sages, dans le débat des kiddouchin par les bijoux façonnés. Les trois points sont communs aux deux avis.

Yechna li-skhirut : la dette de salaire naît au fur et à mesure du travail. Milvé : remettre une créance déjà née ne fiance pas. Ein uman kone : l'amélioration reste au propriétaire de l'objet. Le débat va porter sur autre chose.

2
אלא הכא במאי עסקינן – כגון שהוסיף לה נופך משלו. רבי מאיר סבר: מלוה ופרוטה – דעתה אפרוטה, ורבנן סברי: מלוה ופרוטה – דעתה אמלוה.

Ici, de quoi s'agit-il ? D'un cas où il a ajouté pour elle un nofekh (pierre) de son bien.

Rabbi Meir tient : créance et perouta, son attention (daata) va à la perouta. Et les Sages tiennent : créance et perouta, son attention va à la créance.

📜 Rachi (2)
מלוה ופרוטה כי יהיב לה פרוטה מדידיה:
Créance et perouta : lorsqu'il lui donne une perouta prise sur son bien.
דעתה אפרוטה ומיקדשא להכי נקט פרוטה דקדושי אשה דיו להו בכך:
Son attention va à la perouta : et elle est fiancée. C'est pour cela qu'il parle d'une perouta : pour les kiddouchin d'une femme, cela suffit.
💡 Explication

Le salaire du travail est une milvé. Le nofekh est un bien à lui, une perouta de plus. Rabbi Meir : elle regarde ce bien, les kiddouchin prennent. Les Sages : elle regarde la créance, et fiancer par une milvé ne prend pas.

3
ובפלוגתא דהני תנאי, דתניא: ״בשכר שעשיתי עמך״ – אינה מקודשת. ״בשכר שאעשה עמך״ – מקודשת. רבי נתן אומר: ״בשכר שאעשה עמך״ – אינה מקודשת, וכל שכן ״בשכר שעשיתי עמך״.

Et c'est le débat de ces tannaïm. Car on enseigne : "Pour le salaire que j'ai fait chez toi", elle n'est pas fiancée.

"Pour le salaire que je ferai chez toi", elle est fiancée. Rabbi Nathan dit : "Pour le salaire que je ferai chez toi", elle n'est pas fiancée, et à plus forte raison "pour le salaire que j'ai fait chez toi".

📜 Rachi (5)
בשכר שעשיתי עמך התקדש לי:
Pour le salaire que j'ai fait chez toi : sois fiancée à moi.
אינה מקודשת הואיל וכבר החזירו לה והוא מלוה גבה:
Elle n'est pas fiancée : puisqu'il les lui a déjà rendus, et c'est une créance qu'il a sur elle.
בשכר שאעשה עמך מקודשת דאינה לשכירות אלא לבסוף וכי מהדר להו ניהלה מיקדשא ליה בשכרו:
Pour le salaire que je ferai chez toi, elle est fiancée : le salaire n'existe qu'à la fin. Lorsqu'il les lui rend, elle lui est fiancée par son salaire.
וכל שכן שעשיתי דמיום שהחזירו לה נזקף שכרו עליה במלוה:
Et à plus forte raison "ce que j'ai fait" : du jour où il les lui a rendus, son salaire est inscrit sur elle en créance.
בשכר שאעשה עמך אינה מקודשת דקסבר ר' נתן ישנה לשכירות מתחילה ועד סוף וכל פרוטה ופרוטה הוה ליה מלוה:
Pour le salaire que je ferai chez toi, elle n'est pas fiancée : Rabbi Nathan tient que le salaire court du début jusqu'à la fin, et chaque perouta est devenue pour lui une créance.
💡 Explication

La baraita a deux premiers avis sur la skhirut. Le tanna kamma : le travail déjà fait est une milvé ; le travail à faire ne devient dû qu'à la remise, et cette remise fiance. Rabbi Nathan : yechna li-skhirut, chaque perouta est déjà créance pendant le travail. Le passé suit à plus forte raison.

Rachi lit ici le tanna kamma sur son propre terrain : salaire seulement à la fin. Rava, lui, a déjà rangé Rabbi Meir et les Sages du côté de yechna.

4
ורבי יהודה הנשיא אומר, באמת אמרו: בין ״בשכר שעשיתי עמך״, ובין ״בשכר שאעשה עמך״ – אינה מקודשת. ואם הוסיף לה נופך משלו – מקודשת.

Et Rabbi Yehouda ha-Nassi dit : en vérité ils ont dit : que ce soit "pour le salaire que j'ai fait chez toi", ou "pour le salaire que je ferai chez toi", elle n'est pas fiancée. Et s'il a ajouté pour elle un nofekh de son bien, elle est fiancée.

📜 Rachi (1)
ואם הוסיף כו' מקודשת דקסבר מלוה ופרוטה דעתה אפרוטה ואילו לרבי נתן אע"ג דהוסיף לה אינה מקודשת דדעתה אמלוה:
Et s'il a ajouté, etc., elle est fiancée : il tient que, créance et perouta, son attention va à la perouta. Tandis que pour Rabbi Nathan, même s'il a ajouté pour elle, elle n'est pas fiancée, car son attention va à la créance.
💡 Explication

Bé-émet amerou : formule d'une halakha reçue. Les deux phrases échouent. Le nofekh réussit, parce que la daata va à la perouta. Rachi aligne Rabbi Nathan sur l'autre daata : la milvé, donc le nofekh ne fiance pas.

5
מאי איכא בין תנא קמא לרבי נתן? איכא בינייהו שכירות. בין רבי נתן לרבי יהודה הנשיא? איכא בינייהו מלוה ופרוטה.

Quelle différence y a-t-il entre le premier tanna et Rabbi Nathan ? Entre eux, le salaire (skhirut).

Entre Rabbi Nathan et Rabbi Yehouda ha-Nassi ? Entre eux, créance et perouta.

💡 Explication

Deux écarts, deux questions. Skhirut : le salaire à venir fiance-t-il, ou est-il déjà milvé dès le travail ? Milvé u-perouta : quand un nofekh s'ajoute à la créance, où va l'attention ?

Rava a fermé le premier écart : Rabbi Meir et les Sages tiennent yechna. Il les place sur le second : Rabbi Meir avec Rabbi Yehouda ha-Nassi, les Sages avec Rabbi Nathan.

6
אמר שמואל: טבח אומן שקלקל – חייב לשלם. מזיק הוא, פושע הוא, נעשה כאומר לו: ״שחוט לי מכאן״, ושחט לו מכאן.

Chmouel dit : un boucher expert (tabah uman) qui a gâté est tenu de payer. C'est un mazik (auteur du dommage), c'est un poshea (négligent).

On le rend comme celui à qui l'on dit : "Abats pour moi d'ici", et il a abattu pour lui de là.

📜 Rachi (1)
טבח אומן שקלקל חייב וכ"ש הדיוט דלא היה לו לשוחטה הואיל ואינו בקי:
Un boucher expert qui a gâté est tenu : à plus forte raison un hedyot (profane), qui n'avait pas à l'abattre, puisqu'il n'est pas expert.
💡 Explication

Nouvelle sougya. La chehita ratée rend la bête nevela. Chmouel tient l'expert pour tenu. Les trois formules disent la même faute : il a coupé ailleurs que l'endroit demandé. Rachi : le profane, qui n'avait pas à prendre le couteau, est tenu à plus forte raison.

7
למה ליה למימר ״מזיק הוא, פושע הוא״? אי אמר ״מזיק הוא״, הוה אמינא הני מילי היכא דקא עביד בשכר, אבל היכא דקא עביד בחנם – לא; קא משמע לן ״פושע הוא״.

Pourquoi doit-il dire "c'est un mazik, c'est un poshea" ? S'il avait dit "c'est un mazik", j'aurais dit : cela ne vaut que là où il travaille pour un salaire ; là où il travaille gratuitement, non.

Il nous apprend : "c'est un poshea".

📜 Rachi (1)
דקעביד בשכר דמזיק חייב באונסין דאדם מועד לעולם בין שוגג בין מזיד מדקרי ליה מזיק לחייבו באונס ש"מ באותו שכר קאמר וקמ"ל דפושע הוא דלא חשיב ליה אונס אלא פשיעה דהוה ליה למירמיה אנפשיה שמא תפרכס הבהמה ויזהר בה:
Lorsqu'il travaille pour un salaire : un mazik est tenu pour les oness, car l'homme est toujours mouad (adam mouad le-olam), qu'il soit chogeg ou mezid. Du fait qu'il l'appelle mazik pour le rendre tenu même en cas d'oness, on apprend qu'il parle de celui qui est payé. Et il nous apprend qu'il est un poshea : il le compte comme une peshia. Il aurait dû s'en charger lui-même, de peur que la bête ne se débat (pirkus), et y prendre garde.
💡 Explication

Mazik appelle la règle adam mouad : tenu même pour un accident. Ce degré vise le travail payé. Sans le second mot, le bénévole serait exempt quand la ratée est involontaire.

Poshea classe la ratée parmi les négligences. Le boucher devait prévoir le pirkus. Un travail gratuit reste alors à sa charge, sur le modèle du gardien qui répond de la peshia.

🖼️ Schéma
Pourquoi mazik et poshea ? S'il dit seulement mazik Adam mouad le-olam. Tenu même pour un oness. Cela vise le travail payé. Gratuit, oness : on l'aurait exempt. Il ajoute poshea La ratée est une peshia. Pirkus : la bête se débat. Il devait s'en charger. Gratuit aussi : hayav.
Mazik vise le salarié, tenu pour l'oness. Poshea étend la charge au bénévole : la bête peut se débattre.
8
איתיביה רב חמא בר גוריא לשמואל: הנותן בהמה לטבח וניבלה, אומן – פטור, הדיוט – חייב. ואם נותן שכר, בין הדיוט בין אומן – חייב! אמר ליה: לעכר מוחך!

Rav Hama bar Gourya objecta à Chmouel : celui qui donne une bête à un boucher et qu'il l'a rendue nevela, l'expert est exempt, le profane (hedyot) est tenu. Et s'il donne un salaire, qu'il soit profane ou expert, il est tenu !

Il lui dit : que ton esprit se brouille !

📜 Rachi (2)
אומן פטור דאנוס הוא:
L'expert est exempt : car il est anous (contraint).
לעכר מוחך כמו מים עכורים:
Que ton esprit se brouille : comme des eaux troubles.
💡 Explication

La baraita, pour l'expert bénévole, pose l'exemption : patour, parce qu'il est anous. Avec salaire, expert et hedyot sont hayav. Chmouel écarte l'objection d'un mot dur. La réponse de fond vient ensuite : il suit Rabbi Meir, la baraita suit les Sages.

9
אתא ההוא מרבנן קא מותיב ליה. אמר ליה: השתא שקלת מאי דשקל חברך! קאמינא לכו אנא רבי מאיר, וקאמריתו לי רבנן?! אמאי לא דייקת מילי – שאני אומר: מזיק הוא, פושע הוא, נעשה כאומר לו ״שחוט לי מכאן״ – ושחט לו מכאן; מאן אית ליה האי סברא – רבי מאיר, דאמר: מבעי ליה למירמי אנפשיה!

Vint l'un des maîtres, qui lui objectait. Il lui dit : maintenant tu recevras ce qu'a reçu ton compagnon !

Moi je vous dis Rabbi Meir, et vous me dites les Sages ?! Pourquoi n'as-tu pas pesé mes paroles ?

Car je dis : c'est un mazik, c'est un poshea, on le rend comme celui à qui l'on dit "Abats pour moi d'ici", et il a abattu pour lui de là. Qui tient ce raisonnement ?

Rabbi Meir, qui dit : il aurait dû s'en charger lui-même.

📜 Rachi (1)
קא מותיב ליה הא מילתא:
Il lui objectait : cette même parole.
💡 Explication

La formule de Chmouel était un indice. Mibaei lei le-mirmei a-nafshei : il devait prendre la chose sur lui. C'est la langue de Rabbi Meir. Objecter depuis les Sages, c'est manquer le dibour.

10
הי רבי מאיר? אילימא [הא] רבי מאיר (קל״ן סימן) –

Quel Rabbi Meir ? Si tu dis ce Rabbi Meir-ci (signe : kof, lamed, noun) -

💡 Explication

Le signe קלן annonce trois textes : kacharo (il l'a attaché), litzboa (teindre), nichbera (elle s'est brisée). La Guémara les essaie l'un après l'autre.

11
דתנן: קשרו בעליו במוסירה ונעל בפניו כראוי, ויצא והזיק, בין תם בין מועד – חייב, דברי רבי מאיר.

Car nous avons appris : son maître l'a attaché par la bride (mosera) et a fermé devant lui comme il faut, il est sorti et a causé un dommage : qu'il soit tam (sans antécédent) ou mouad (averti), il est tenu. Paroles de Rabbi Meir.

💡 Explication

Michna du bœuf, Bava Kamma 45b. Une garde correcte ne suffit pas à Rabbi Meir : le maître reste hayav, tam comme mouad. On voudrait en tirer une exigence générale de vigilance. Le segment suivant écarte ce pont.

12
התם בקראי פליגי!

Là, ils divergent sur les versets !

📜 Rachi (1)
התם בקראי פליגי וגזירת הכתוב הוא בפ' שור שנגח ארבעה וחמשה:
Là, ils divergent sur les versets : c'est un décret de l'Écrit, au chapitre du bœuf qui a encorné, sur quatre et cinq.
💡 Explication

Le débat du bœuf est une gezera ha-katouv : il se joue sur ces versets. Le cas du boucher suit un autre raisonnement.

13
אלא הא רבי מאיר – דתנן: לצבוע לו אדום וצבעו שחור, שחור וצבעו אדום – רבי מאיר אומר: נותן לו דמי צמרו. התם בידים קלאו מיניה!

On vise ce Rabbi Meir-ci, car nous avons appris : teindre pour lui en rouge et il l'a teint en noir, en noir et il l'a teint en rouge, Rabbi Meir dit : il lui donne la valeur de sa laine. Là, il la lui a brûlée de ses mains !

📜 Rachi (1)
בידים קלאו מיניה שנתכוון לשנות:
Il la lui a brûlée de ses mains : car il a eu l'intention de changer.
💡 Explication

Michna du teinturier, plus loin sur la page 100b. Payer la laine montre une responsabilité. La Guémara écarte : ici le tort est direct, il a voulu une autre couleur. La chehita ratée du boucher expert est d'un autre ordre.

14
אלא הא רבי מאיר – דתנן: נשברה כדו ולא סילקה, נפלה גמלו ולא העמידה – רבי מאיר אומר: חייב בנזקן, וחכמים אומרים: פטור מדיני אדם, וחייב בדיני שמים. וקיימא לן דבנתקל פושע הוא פליגי.

On vise ce Rabbi Meir-ci, car nous avons appris : sa cruche s'est brisée et il ne l'a pas écartée, son chameau est tombé et il ne l'a pas relevé, Rabbi Meir dit : il est tenu de leur dommage. Et les Sages disent : exempt selon le droit des hommes (dinei adam), et tenu selon le droit du Ciel (dinei chamayim).

Et nous tenons qu'ils divergent sur ceci : celui qui trébuche (nitkal) est un poshéa.

💡 Explication

C'est le texte retenu. Rabbi Meir : le nitkal est un poshéa, il répond du dommage. Les Sages le laissent exempt devant le tribunal, tenu seulement dinei chamayim. Chmouel place le boucher expert du côté de Rabbi Meir : rater la chehita, c'est avoir trébuché, et trébucher est une peshia.

🖼️ Schéma
Signe kof lamed noun : trois Rabbi Meir Kacharo Bœuf attaché, porte close. Il sort et blesse. Tam ou mouad : hayav. Écarte. Là, le débat porte sur les versets. Litzboa Rouge demande, noir fait. Il paie la laine. Écarte. Il a brûlé de ses mains. Il a voulu changer. Nichbera Cruche brisée, chameau tombe, il ne dégage pas. Rabbi Meir : hayav. Sages : dinei chamayim. Retenu. Nitkal : est-il poshéa ?
Kof lamed noun : le bœuf et la teinture sont écartés. La cruche et le chameau donnent l'avis de Rabbi Meir que Chmouel suit.
15
אמר רבה בר בר חנה אמר רבי יוחנן: טבח אומן שקלקל – חייב, ואפילו הוא אומן כטבחי ציפורי. ומי אמר רבי יוחנן הכי?! והאמר רבה בר בר חנה: עובדא הוה קמיה דרבי יוחנן בכנישתא דמעון, ואמר ליה: זיל אייתי ראיה דממחית לתרנגולים, ואפטרך!

Rabba bar bar Hana dit que Rabbi Yo'hanan dit : un boucher expert qui a gâté est tenu, et même s'il est expert comme les bouchers de Tsippori. Et Rabbi Yo'hanan a-t-il dit cela ?!

Rabba bar bar Hana n'a-t-il pas dit : un fait vint devant Rabbi Yo'hanan dans la synagogue de Maon, et il lui dit : va, apporte une preuve que tu es habitué aux poulets, et je t'exempterai !

💡 Explication

Les bouchers de Tsippori sont le haut du métier : Rabbi Yo'hanan les tient quand même pour hayav. À Maon, le même maître promet l'exemption à qui prouve qu'il abat des poulets, simanim petits, donc une habitude plus fine. Les deux dires vont s'accorder par le salaire.

16
לא קשיא; כאן בחנם, כאן בשכר. כי הא דאמר רבי זירא: הרוצה שיתחייב לו טבח – יקדים לו דינר.

Cela s'accorde : ici gratuitement, là pour un salaire. Comme ce que dit Rabbi Zeira : celui qui veut que le boucher lui soit tenu, qu'il lui avance un dinar.

💡 Explication

Le fait de Maon est un abattage gratuit : l'expert qui prouve son habitude est patour. La règle générale vise le boucher payé : hayav, même au rang de Tsippori. Avancer un dinar le fait entrer dans le salaire, donc dans la charge.

17
מיתיבי: המוליך חטים לטחון – ולא לתתן, ועשאן סובין או מורסן; קמח לנחתום – ועשאו פת ניפולין; בהמה לטבח – וניבלה; חייב, מפני שהוא כנושא שכר! אימא: מפני שהוא נושא שכר.

On objecte : celui qui apporte du blé à moudre, et il ne les a pas mouillés, et il en a fait du son gros (soubin) ou du son fin (moursan) ; de la farine à un boulanger, et il en a fait un pain qui s'émiette (nifolin) ; une bête à un boucher, et il l'a rendue nevela : il est tenu, parce qu'il est comme un gardien salarié (ke-nose sakhar) ! Dis : parce qu'il est un gardien salarié (nose sakhar).

📜 Rachi (4)
לטחון אדם הממונה על כך ועליו ללותתן במים וכותשן במכתשת להסיר הקליפה החיצונה כדי שתהא סולת נקיה:
À moudre : un homme chargé de cela. C'est à lui de les mouiller dans l'eau et de les piler au mortier, pour ôter l'enveloppe extérieure, afin que la semoule soit nette.
סובין גסין ממורסן:
Soubin : plus gros que le moursan.
ניפולי נשבר ונופל כשאוחזין אותו:
Nifolin : il se brise et tombe dès qu'on le tient.
כנושא שכר אף זה חייב כנושא שכר ואף על פי שאין נושא אלמא פשיעה היא ולא אונס גבי שומר חנם נמי חייב:
Comme un porteur de salaire : celui-ci aussi est tenu comme un porteur de salaire, bien qu'il ne porte pas de salaire. Il en ressort que c'est une peshia et non un oness. Un gardien gratuit (chômer hinam) aussi serait tenu.
🗂️ Tossefot (1)
אימא מפני שהוא נושא שכר. אבל בחנם פטור אף על גב דאדם מועד לעולם באונס כי האי לא מחייב אדם המזיק כדפרישית בריש המניח (לעיל בבא קמא דף כ': ושם.):
Dis : parce qu'il est un porteur de salaire. Gratuitement, il est exempt. Bien que l'homme soit toujours mouad pour un oness, un oness de ce genre ne rend pas tenu l'homme qui cause le dommage, comme on l'a expliqué au début de Ha-mani'ah (ci-dessus, Bava Kamma 20b, et là-bas).
💡 Explication

Le kaf de ke-nose sakhar comparerait le bénévole à un salarié : tout ouvrier qui gâte serait hayav, salaire ou non. La Guémara retire le kaf. La baraita parle de quelqu'un qui est payé.

Rachi lit la difficulté du texte avant la correction : "comme" un salarié, donc même sans salaire, donc peshia, donc le chômer hinam aussi. Tossefot fixe la halakha après correction : gratuit, patour. Cet oness-là ne tombe pas sous adam mouad.

18
ההוא מגרומתא דאתאי לקמיה דרב, טרפה, ופטריה לטבח מלשלומי דמי. פגעו ביה רב כהנא ורב אסי בההוא גברא, אמרו ליה: עביד בך רב תרתי.

Une bête abattue en groumta vint devant Rav. Il la déclara terefa, et exempta le boucher de payer sa valeur.

Rav Kahana et Rav Assi rencontrèrent cet homme et lui dirent : Rav a fait pour toi deux choses.

📜 Rachi (2)
מגרומתא שחט מתוך אחת הטבעות והגרים חוץ בין טבעת לטבעת ושייר מלא החוט על פני רובה ורבי יוסי ברבי יהודה מכשר ליה במלא החוט על פני רובה ורבנן בעו על פני כולה בהכל שוחטין (חולין דף יח.):
Groumta : il a abattu à partir de l'un des anneaux, le couteau a glissé au-dehors entre un anneau et un anneau, et il a laissé l'épaisseur d'un fil sur la majeure partie. Rabbi Yosse fils de Rabbi Yehouda déclare kacher pour l'épaisseur d'un fil sur la majeure partie, et les Sages exigent cette épaisseur sur toute la largeur. Dans Ha-kol shohatin (Houlin 18).
בההוא גברא בעל הבהמה:
Cet homme : le maître de la bête.
💡 Explication

La groumta est une hagrama : la coupé sort de l'anneau de la trachée. Rav interdit la bête et ne fait pas payer le boucher. "Deux choses" reste à expliquer : en défaveur du maître, ou en sa faveur.

🖼️ Schéma
Groumta : le couteau glisse entre les anneaux Trachée : anneaux glisse hors de l'anneau Rabbi Yosse b. Rabbi Yehouda Épaisseur d'un fil sur la majeure partie : kacher. Sages Il faut cette épaisseur sur toute la largeur. Rav : terefa, et le boucher ne paie pas. Houlin 18.
La lame part dans un anneau et glisse entre deux anneaux. Rabbi Yosse : un fil sur la majeure partie suffit. Les Sages exigent toute la largeur.
19
מאי תרתי? אילימא תרתי לגריעותא – דאיבעי ליה לאכשורי כרבי יוסי ברבי יהודה, וטרפה כרבנן; ואי נמי כרבנן – דאיבעי ליה חיובא לטבחא; ומי שרי למימר כי האי גונא?!

Quelles sont ces deux choses ? Si l'on dit deux choses en sa défaveur : il aurait dû la déclarer kacher selon Rabbi Yosse fils de Rabbi Yehouda, et il l'a déclarée terefa selon les Sages ; et même selon les Sages, il aurait dû tenir le boucher pour tenu.

Et est-il permis de parler ainsi ?!

💡 Explication

Lecture en défaveur : deux torts faits au maître de la bête. Sur le statut, Rav aurait pu suivre Rabbi Yosse. Sur l'argent, même avec les Sages qui interdisent, le boucher aurait dû payer. La Guémara arrête cette lecture : un juge ne parle pas ainsi à la partie.

20
והתניא: לכשיצא, לא יאמר: ״אני מזכה וחבירי מחייבין, אבל מה אעשה שחבירי רבו עלי״, ועל זה נאמר: ״הולך רכיל מגלה סוד״!

Car on enseigne : lorsqu'il sort, qu'il ne dise pas : "Moi je t'acquitte, et mes collègues te déclarent tenu, mais que faire, mes collègues sont plus nombreux que moi." Et sur cela il est dit : "Qui va en rapporteur révèle un secret."

📜 Rachi (1)
לכשיצא כו' בדיין קמיירי בסנהדרין:
Lorsqu'il sort, etc. : on parle d'un juge, au Sanhédrin.
💡 Explication

Baraita du juge qui quitte le tribunal. Révéler qu'il était minoritaire est un rekhilout. Le verset cité est Michlei 11, 13, la première moitié seulement. Rav Kahana et Rav Assi ne peuvent donc pas dire au maître que Rav a mal jugé.

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אלא תרתי למעליותא – דלא אוכלך ספק איסורא, ומנעך מספק גזילה.

On retient deux choses en sa faveur : il ne t'a pas fait manger un interdit douteux (safek issour), et il t'a empêché un vol douteux (safek guezela).

📜 Rachi (2)
דלא אכלך ספק איסורא דמספקא ליה הלכתא כמאן אי כרבנן דאסרי אי כרבי יוסי ברבי יהודה דמכשר:
Il ne t'a pas fait manger un interdit douteux : la halakha lui est douteuse, selon qui la fixer. Selon les Sages, qui interdisent, ou selon Rabbi Yosse fils de Rabbi Yehouda, qui déclare kacher.
ומנעך מספק גזילה דאי כשרה היא הוי טבח פטור:
Et il t'a empêché un vol douteux : si elle est kacher, le boucher est exempt.
🗂️ Tossefot (1)
מנעך מספק איסורא אור"ת דמשום הכי קרי ליה ספק איסורא משום דרב פסיק בפ"ק דחולין (דף יח.) כרבי יוסי בר' יהודה בטבעת הגדולה והיה רב מחמיר עליו לפי שהיה עם הארץ שלא יבא להקל בשאר טבעות כדאשכחן בפרק קמא דחולין (דף טו.) גבי. מבשל בשבת כי מורי [רבא] לתלמידיו מורי להו כר"מ וכי דריש להו בפירקא דריש כר' יהודה משום עמי הארץ ולהכי קרי ליה ספק גזילה ולא ודאי גזילה דאותו האיש ששחט לעם הארץ ה"ל לאסוקי אדעתיה. שיחמירו עליו ור"י מפרש דההיא עובדא בשאר טבעות הוה ורב דקאמר בפרק קמא דחולין (דף יח:) ואין הלכה כמותו בשאר טבעות משום דמספקא ליה אי הלכה כמותו אי לאו:
Rabbeinou Tam : c'est pour cela qu'on l'appelle un interdit douteux, parce que Rav tranche, au premier chapitre de Houlin (18a), comme Rabbi Yosse fils de Rabbi Yehouda pour le grand anneau. Et Rav a été sévère envers lui, parce qu'il était un am ha-arets, afin qu'il n'en vienne pas à alléger pour les autres anneaux. Comme on trouve au premier chapitre de Houlin (15a) au sujet de celui qui cuit pendant Chabbat : lorsqu'il enseigne, [Rava] enseigne à ses disciples selon Rabbi Meir, et lorsqu'il expose au pirka (cours public), il expose selon Rabbi Yehouda, à cause des amei ha-arets. Et c'est pourquoi on l'appelle un vol douteux, et non un vol certain : cet homme qui a abattu pour un am ha-arets aurait dû se mettre en tête qu'on serait sévère envers lui. Et Ri explique que ce fait portait sur les autres anneaux. Et ce que dit Rav au premier chapitre de Houlin (18b), la halakha n'est pas comme lui pour les autres anneaux, c'est parce qu'il doute si la halakha est comme lui ou non.
💡 Explication

Les deux choses sont des protections. Interdire la bête écarte un safek issour. Ne pas faire payer écarte un safek guezela : si la chehita est valable, le boucher ne doit rien, et l'argent pris sur lui serait un vol.

Tossefot demandent pourquoi "doute", alors que Rav a des positions connues. Rabbeinou Tam : Rav suit Rabbi Yosse sur le grand anneau, et serre ici parce que l'homme est un am ha-arets. Ri : le fait vise les autres anneaux, là où Rav lui-même reste dans le doute.

🖼️ Schéma
Rav a fait deux choses : quelle lecture ? Deux choses en défaveur Déclarer kacher comme Rabbi Yosse. Il a dit terefa, comme les Sages. Même ainsi, tenir le boucher hayav. Lecture écartée. Un juge ne révèle pas le secret. Deux choses en ta faveur Pas de safek issour à manger. Pas de safek guezela à recevoir. Si la bête est kacher, le boucher ne doit rien. Lecture retenue.
Dire que Rav a mal jugé est un rekhilout. La lecture retenue : il t'a gardé d'un interdit douteux et d'un vol douteux.
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איתמר: המראה דינר לשולחני ונמצא רע, תני חדא: אומן – פטור, הדיוט – חייב; ותניא אידך: בין אומן בין הדיוט – חייב!

On a dit : celui qui montre un dinar à un changeur (choulhani) et qu'il se trouve mauvais, une baraita enseigne : l'expert est exempt, le profane est tenu. Et une autre enseigne : qu'il soit expert ou profane, il est tenu !

📜 Rachi (1)
המראה דינר לדעת אם טוב הוא ויקבלנו מחבירו:
Celui qui montre un dinar : pour savoir s'il est bon, et le recevoir de son compagnon.
🗂️ Tossefot (1)
ותניא אידך בין אומן בין הדיוט חייב לא שייך הכא לשנויי כאן בשכר כאן בחנם כדמשני גבי שחיטה דבהכרת מטבע צריך בקיאות גדול ולית ליה למיחזי אם אין בקי כדנכו ואיסור:
Et une autre enseigne : qu'il soit expert ou profane, il est tenu. On ne peut pas répondre ici "ici pour un salaire, ici gratuitement", comme on répond pour la chehita. Reconnaître une monnaie demande une grande expertise, et il n'a pas à examiner s'il n'est pas expert au rang de Dankhou et Issour.
💡 Explication

Même schéma que le boucher : un expert se trompe et cause une perte. Ici, le dinar accepté sur son avis ne vaut rien. Tossefot ferment la porte de la réponse "salaire ou gratuit". Examiner une pièce sans être au niveau de Dankhou et Issour est déjà une faute.

23
אמר רב פפא: כי תניא אומן פטור – כגון דנכו ואיסור, דלא צריכי למיגמר כלל. אלא במאי טעו? טעו בסיכתא חדתא, דההיא שעתא דנפק מתותי סיכתא.

Rav Papa dit : lorsque la baraita enseigne que l'expert est exempt, c'est par exemple Dankhou et Issour, qui n'ont pas du tout besoin d'apprendre. Mais en quoi se sont-ils trompés ?

Ils se sont trompés sur un coin neuf (sikheta hadeta), à l'heure même où il sortait de dessous le coin.

📜 Rachi (3)
דנכי ואיסור שולחנין אומנין היו:
Dankhou et Issour : c'étaient des changeurs experts.
טעו בסיכתא חדתי שנפסל המטבע והעמידו צורה אחרת ועדיין לא היו בקיאין בה:
Ils se sont trompés sur un coin neuf : la monnaie a été écartée, on a établi une autre effigie, et ils n'étaient pas encore experts en elle.
סיכתא קויי"ץ בלע"ז:
Sikheta : coin de frappe, en langue étrangère.
💡 Explication

L'exemption de l'uman ne vaut que pour qui n'a plus rien à apprendre. Leur seule excuse est une sikheta toute neuve : l'effigie vient de changer, la pièce sort du coin, personne ne l'a encore vue. Tout expert moindre reste hayav.

🖼️ Schéma
Où Dankhou et Issour se trompent Ancienne effigie monnaie écartée sikheta Pièce neuve sort du coin Erreur pas encore experts Seul cet instant excuse un expert qui n'a plus à apprendre.
La pièce neuve sort du coin. Dankhou et Issour ne connaissent pas encore l'effigie. C'est leur seule erreur excusable.
24
ההיא איתתא דאחזיא דינרא לרבי חייא, אמר לה: מעליא הוא. למחר אתאי לקמיה, ואמרה ליה: אחזיתיה, ואמרו לי בישא הוא, ולא קא נפיק לי! אמר ליה לרב: זיל חלפיה ניהלה, וכתוב אפנקסי: ״דין עסק ביש״.

Une femme montra un dinar à Rabbi Hiya. Il lui dit : il est bon.

Le lendemain elle vint devant lui et lui dit : je l'ai montré, on m'a dit qu'il est mauvais, et il ne sort pas pour moi ! Il dit à Rav : va, échange-le-lui, et écris sur ma tablette (pinkas) : "Ceci est une mauvaise affaire."

📜 Rachi (1)
דין עסק ביש סחורה רעה היא שעל עסקי חנם אני מפסיד שלא היה לי לראותה:
Ceci est une mauvaise affaire : c'est une mauvaise marchandise. Pour une affaire gratuite je perds : je n'aurais pas dû l'examiner.
💡 Explication

Me'alya : Rabbi Hiya valide la pièce. Le lendemain elle ne circule pas. Il fait rendre un bon dinar et note din isek bich : perte sur un avis donné sans salaire. La question suivante demande pourquoi lui paie, alors que Dankhou et Issour sont exempts.

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ומאי שנא דנכו ואיסור דפטירי – משום דלא צריכי למיגמר? רבי חייא נמי לאו למיגמר קא בעי! רבי חייא, לפנים משורת הדין הוא דעבד. כדתני רב יוסף: ״והודעת להם״ – זה

Et qu'ont de particulier Dankhou et Issour pour être exempts, du fait qu'ils n'ont pas besoin d'apprendre ? Rabbi Hiya non plus n'avait pas besoin d'apprendre !

Rabbi Hiya a agi au-delà de la ligne du droit (lifnim mi-chourat ha-din). Comme l'enseigne Rav Yossef : "Et tu leur feras connaître" : ceci

💡 Explication

Rabbi Hiya est du même rang : il n'a pas à apprendre. Le dinar qu'il rend dépasse donc la ligne du droit. Rav Yossef rattache cela au verset de Chemot 18, 20, ve-hodaeta lahem. Le derouch s'ouvre sur le mot "ceci" et continue au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).