Beitzah 12a — Mitokh : du moment qu'un travail a été permis pour la nourriture, est-il permis aussi hors de ce besoin ?

Beitzah 12a

Sougya : Le folio s'ouvre sur la fin de la sougya des portes d'ustensiles, où les deux baraitot sont conciliées autour du gond au milieu et du gond sur le côté. Vient ensuite la michna qui commande tout le daf : l'école de Chammai interdit de sortir dans le domaine public l'enfant, le loulav et le sefer Torah, l'école de Hillel le permet.

Un tana récite devant Rabbi Yits'hak bar Avdimi qu'on reçoit les coups pour avoir abattu un holocauste volontaire un jour de fête ; le maître en conclut que la baraita suit l'école de Chammai, laquelle refuse le principe de mitokh — un travail permis pour le besoin de la nourriture reste permis hors de ce besoin. Rabba conteste cette lecture de la michna : peut-être la divergence porte-t-elle seulement sur l'existence d'un interdit de transport le jour de fête.

Rav Yossef le réfute par l'argument des pierres, et la guemara rétablit la lecture première. Rabbi Yo'hanan l'appuie à son tour, à partir d'une baraita sur les cinq séries de coups encourues par celui qui cuit le guid ha-nache dans du lait un jour de fête.

Le principe de mitokh : jusqu'où va la permission du jour de fête ? Torah : akh acher yeakhel le-khôl nefech (Chemot 12, 16) le travail est permis le jour de fête pour le besoin de la nourriture Et hors de ce besoin ? École de Chammai : pas de mitokh Ce qui sert à manger à été permis ; le reste demeure interdit par la Torah. -> ni enfant, ni loulav, ni sefer Torah -> holocauste volontaire : il reçoit les coups C'est à elle que la baraita est attribuée. École de Hillel : mitokh Du moment que le transport a été permis pour un besoin, il est permis aussi sans lui. -> enfant, loulav, sefer Torah : permis -> de même pour l'abattage : pas de coups Le raisonnement se transpose d'un travail à l'autre. Limite posée par Tossefot : le mitokh ne joue que s'il reste une part de besoin de la fête. Sortir des pierres, ou cuire d'un jour de fête pour un jour ordinaire, reste interdit par la Torah.
Les deux positions sur le mitokh et ce que chacune produit pour la michna et pour la baraita de l'holocauste volontaire.
Sur quoi porte réellement la divergence de la michna ? Deux lectures Michna : Chammai interdit de sortir l'enfant, le loulav, le sefer Torah ; Hillel permet. Aucun des trois ne sert à préparer la nourriture. Lecture 1 - Rabbi Yits'hak bar Avdimi La divergence porte sur le mitokh. Tous admettent l'interdit de transport ; reste à savoir s'il s'étend hors du besoin. Conséquence : la baraita de l'holocauste volontaire est l'avis de l'école de Chammai. Lecture 2 - objection de Rabba La divergence porte sur le transport lui-même. Chammai : érouv et transport valent aussi le jour de fête. Hillel : le Chabbat seulement. Conséquence : la baraita pourrait suivre même l'école de Hillel. Test de Rav Yossef : les pierres Sans interdit de transport, il n'y a plus d'interdit de déplacement. Elles auraient donc dû diverger sur les pierres, cas bien plus fort. Elles ne le font pas : la lecture 1 est rétablie.
La lecture de Rabbi Yits'hak bar Avdimi, l'objection de Rabba, et l'argument des pierres qui tranche en faveur de la première lecture.
Le mouvement du folio 1. Michna : Chammai interdit de sortir l'enfant, le loulav, le sefer Torah ; Hillel permet. 2. Baraita : qui abat un holocauste volontaire le jour de fête reçoit les coups. 3. Rabbi Yits'hak bar Avdimi : c'est l'école de Chammai, qui refuse le mitokh. 4. Rabba : peut-être divergent-elles plutôt sur l'existence du transport le jour de fête. 5. Rav Yossef : alors qu'elles divergent sur les pierres. Conclusion : la divergence est bien le mitokh. 6. Rabbi Yo'hanan l'appuie : la baraita des cinq séries de coups sur le guid ha-nache cuit dans du lait.
Les six étapes du folio, de la michna à l'appui de Rabbi Yohanan.
1
מַר סָבַר: גָּזְרִינַן צִיר בָּאֶמְצַע אַטּוּ צִיר מִן הַצַּד, וּמַר סָבַר: לָא גָּזְרִינַן.

Un maître estime que l'on décrète sur le gond placé au milieu à cause du gond placé sur le côté, et l'autre maître estime que l'on ne décrète pas.

📜 Rachi (2)
מַר סָבַר בֵּית שַׁמַּאי:
L'école de Chammai.
וּמַר סָבַר בֵּית הִלֵּל וְהָנָךְ מַתְנִיתָא לָא אִפְּלוּג אֶלָּא מַר אַשְׁמְעִינַן חֲדָא וּמַר אַשְׁמְעִינַן חֲדָא וְלָא פְּלִיגִי מַתְנִיתָא קַמַּיְיתָא הָכִי קָאָמַר בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים בְּשֶׁיֵּשׁ לָהֶן צִיר בָּאֶמְצַע אֲבָל אֵין לָהֶם צִיר כָּל עִיקָּר דִּבְרֵי הַכֹּל מֻותָּר וְתַנָּא בָּתְרָא ה"ק בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים דְּנֶחְלְקוּ בְּשֶׁאֵין לָהֶם צִיר מִן הַצַּד אֲבָל בְּשֶׁיֵּשׁ לָהֶם צִיר מִן הַצַּד דִּבְרֵי הַכֹּל אָסוּר:
L'école de Hillel. Et ces baraitot ne divergent pas : l'une nous enseigne une chose et l'autre une autre, sans se contredire. La première baraita veut dire ceci : en quel cas cela est-il dit ? Lorsque les portes ont un gond au milieu ; mais si elles n'ont aucun gond, tout le monde s'accorde à permettre. Et le second tana veut dire ceci : en quel cas cela est-il dit, qu'ils ont divergé ? Lorsqu'il n'y a pas de gond sur le côté ; mais s'il y a un gond sur le côté, tout le monde s'accorde à interdire.
💡 Explication

Ce segment achève la sougya du folio précédent sur les portes d'ustensiles que l'on ôte et que l'on remet un jour de fête. L'enjeu est la ressemblance avec le travail de bâtir : plus la porte tient fermement, plus la remettre en place ressemble à une construction.

Le ציר (gond, pivot) sert ici de curseur. Un gond sur le côté fixe véritablement la porte ; un gond au milieu la retient moins. Toute la question est de savoir si l'on étend l'interdit du premier cas au second, par crainte de confusion — c'est le sens de gazrinan, nous décrétons.

🖼️ Schéma
Le gond des portes d'ustensiles : comment les deux baraitot s'accordent Aucun gond La porte se pose et s'ôte sans rien fixer. Permis de l'avis de tous Gond au milieu Chammai : on décrète à cause du gond sur le côté. Hillel : on ne décrète pas Gond sur le côté Remettre la porte ressemble à bâtir. Interdit de l'avis de tous Rachi : les deux baraitot ne se contredisent pas, chacune enseigne un point. La première restreint la controverse au gond au milieu, et permet à tous s'il n'y a aucun gond. La seconde la restreint à l'absence de gond sur le côté, et interdit à tous quand il y en a un.
Les trois cas de gond et la façon dont Rachi concilie les deux baraitot.
2
מַתְנִי׳ בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין מוֹצִיאִין לֹא אֶת הַקָּטָן, וְלֹא אֶת הַלּוּלָב, וְלֹא אֶת סֵפֶר תּוֹרָה לִרְשׁוּת הָרַבִּים, וּבֵית הִלֵּל מַתִּירִין.

MICHNA. L'école de Chammai dit : on ne sort dans le domaine public ni l'enfant, ni le loulav, ni le sefer Torah ; et l'école de Hillel permet.

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' לֹא אֶת הַקָּטָן כָּל מִילֵּי דְּלָאו צֹורֶךְ אֲכִילָה:
Tout ce qui ne relève pas du besoin de la nourriture.
⚖️ Rosh (2)
בָּעוּ מִינֵּיהּ מר"ה הָנְהוּ בְּנֵי בָּאגֵי דְּשָׁדוּ עֲלַייְהוּ קִמְחָא דִּבְנֵי חֵילָא מַהוּ לְמִיפִינְהוּ בְּיוֹם טוֹב. אֲמַר לְהוּ חָזֵינָא אִי כִּי יָהֲבִי רִיפְתָּא לְיָנוֹקָא לָא קָפְדִי כָּל חֲדָא וַחֲדָא חַזְיָא לְיָנוֹקָא וּשְׁרֵי. וְאִי קָפְדִי אֲסִיר. וְלֵיתָא לְהָא דר"ה אֶלָּא בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ אָסוּר. דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מְזַמְּנִין אֶת הַנָּכְרִי בְּשַׁבָּת וְאֵין מְזַמְּנִין אֶת הַנָּכְרִי בְּיוֹם טוֹב גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַרְבֶּה בִּשְׁבִילוֹ. מָרִימָר וּמַר זוּטְרָא כִּי מִקְלַע לְהוּ נָכְרִי בְּיוֹמָא טָבָא אָמְרוּ לֵיהּ אִי נִיחָא לָךְ בְּמַאי דִּטְרִיחָא לַן מוּטָב וְאִי לָאו טִירְחָא יַתִּירָא אַדַּעְתָּא דִּידָךְ לָא טָרְחִינַן. וְאִם נִשְׁלַח שְׁלִיחַ נָכְרִי לְיִשְׂרָאֵל בְּיוֹם טוֹב מֻותָּר לְהַאֲכִילוֹ בְּיוֹם טוֹב וְכֵן נוֹהֲגִין בְּאַשְׁכְּנַז שֶׁיֵּשׁ לָהֶן עֲבָדִים וּשְׁפָחוֹת נָכְרִים. דְּלָא אָסַר רִיבָּ"ל אֶלָּא לְזַמֵּן אֶת הַנָּכְרִי שֶׁהוּא חָפֵץ בִּיקָרוֹ וּמַרְבֶּה לוֹ מָנוֹת וְחָיֵישׁ שֶׁמָּא יְבַשֵּׁל קְדֵירָה לְבַדָּהּ שֶׁלֹּא הָיָה מְבַשֵּׁל בָּהּ אִם לֹא בִּשְׁבִיל הַנָּכְרִי דְּאִי לֹא הִרְבָּה בִּשְׁבִיל הַנָּכְרִי אֶלָּא בִּקְדֵירָה שֶׁהוּא מְבַשֵּׁל בָּהּ לֵיכָּא חֲשַׁשׁ אִיסּוּר זֶה וְהָא לֵיכָּא לְמֵיחַשׁ בַּעֲבָדִים וּשְׁפָחוֹת שֶׁבְּבֵית יִשְׂרָאֵל:
On demanda à Rav Houna : ces villageois à qui l'on a imposé de fournir de la farine aux soldats de la garnison, peuvent-ils la cuire un jour de fête ? Il leur répondit : nous regardons — si, lorsqu'on donne un de ces pains à un enfant, les soldats ne s'en formalisent pas, alors chaque pain est apte à être donné à un enfant juif, et c'est permis ; mais s'ils s'en formalisent, c'est interdit. Cette position de Rav Houna n'est pas retenue : dans les deux cas c'est interdit. Car Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : on invite le non-Juif le Chabbat, mais on ne l'invite pas un jour de fête, par décret, de peur que l'on n'augmente la cuisson pour lui. Maremar et Mar Zoutra, lorsqu'un non-Juif se présentait chez eux un jour de fête, lui disaient : si ce que nous avons déjà préparé pour nous te convient, tant mieux ; sinon, nous ne prendrons pas de peine supplémentaire à ton intention. Et si un messager non juif est envoyé chez un Juif un jour de fête, il est permis de le nourrir ce jour-là ; tel est l'usage en Achkenaz, où l'on a des serviteurs et des servantes non juifs. Car Rabbi Yehochoua ben Levi n'a interdit que d'inviter le non-Juif dont on recherche l'honneur et à qui l'on multiplie les parts : on craint alors que l'on ne cuise une marmite à part, que l'on n'aurait pas cuite sans lui. Mais si l'on n'augmente rien pour lui et que l'on se contente de la marmite que l'on cuit de toute façon, cette crainte n'a pas lieu d'être ; et elle n'a pas lieu d'être non plus pour les serviteurs et les servantes de la maison d'un Juif.
גְּמ' וּמַנִּיחִין אֶת הַמֻּוגְמָר בְּיוֹם טוֹב אָמַר רַב אַסִּי מַחְלֹוקֶת לְהָרִיחַ אֲבָל לְגַמֵּר אֶת הַכֵּלִים דִּבְרֵי הַכֹּל אָסוּר. אִיבַּעְיָא לְהוּ מַהוּ לְעַשֵּׁן פֵּירוֹת. פֵּירוּשׁ מְפַזְּרִין סַמִּים עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים לִיתֵּן רֵיחַ בַּפֵּירוֹת. אָמַר רַב יְהוּדָה עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים אָסוּר מִפְּנֵי שֶׁהוּא מְכַבֶּה. עַל גַּבֵּי חֶרֶס מֻותָּר. וְאַסִּיקְנָא הֲלָכָה עַל גַּבֵּי גַּחֶלֶת נָמֵי מֻותָּר. מִידֵּי דְּהָוֵה אַבִּישְׂרָא אַגֻּומְרֵי וְכֵן הִלְכְתָא. יְרוּשַׁלְמִי (בְּמַשִּׁילִין הֲלָכָה ב) מַהוּ לְהַדְלִיק נֵר שֶׁל אַבְּטֵלָה. פִּי' נֵר שֶׁל בַּטָּלָה שֶׁאֵין צָרִיךְ לוֹ. חִזְקִיָּה אָמַר אָסוּר מַתְנִיתָא פְּלִיגָא אַדְּחִזְקִיָּה לֹא תְבַעֲרוּ אֵשׁ בְּכֹל מֹושְׁבֹותֵיכֶם בְּיוֹם הַשַּׁבָּת בְּשַׁבָּת אִי אַתָּה מַבְעִיר אֲבָל אַתָּה מַבְעִיר בְּיוֹם טוֹב. אִין תֵּימָא בִּדְבָרִים שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן אֹוכֶל נֶפֶשׁ אֲנַן קָייְמִינַן. הָא כְתִיב אַךְ אֲשֶׁר יֵאָכֵל לְכָל נֶפֶשׁ. אֶלָּא כִּי כֵן קָייְמִינַן בְּנֵר שֶׁל אַבְּטֵלָה. א"ר אֲבִינָא הָכִי תָּנֵינַן תַּמָּן (פ"ק יב.) ב"ש אוֹסְרִין וב"ה מַתִּירִין. ר' נַחוּם אַחֲוָה דָּר' עִילַּאי בְּעָא קַמֵּי' רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר לֹא תֵּיסַר וְלָא תִּישְׁרֵי. וְנֵרוֹת שֶׁמַּדְלִיקִין בבהכ"נ לָא מִיקְּרֵי נֵר אַבְּטֵלָה דִּלְשֵׁם מִצְוָה וּלְשִׂמְחַת יו"ט מַדְלִיקִין אוֹתוֹ () וְשָׁרִי עַל יְדֵי מִתּוֹךְ כְּמוֹ הוֹצָאַת קָטָן וְלוּלָב וס"ת:
Guemara. « Et l'on pose l'encensoir un jour de fête. » Rav Assi a dit : la controverse porte sur le fait de parfumer pour en respirer l'odeur ; mais parfumer les vêtements, tout le monde s'accorde à l'interdire. On a demandé : peut-on enfumer des fruits ? — c'est-à-dire répandre des aromates sur des braises pour donner une odeur aux fruits. Rav Yehouda a dit : sur des braises c'est interdit, parce que l'on éteint ; sur un tesson c'est permis. Et nous avons conclu que la halakha permet aussi sur la braise, comme pour la viande posée sur les braises ; telle est la halakha. Talmud de Jérusalem (chapitre Machilin, halakha 2) : peut-on allumer une lampe inutile ? — c'est-à-dire une lampe dont on n'a nul besoin. Hizkiya a dit : c'est interdit. Une baraita s'oppose à Hizkiya : « Vous n'allumerez pas de feu dans toutes vos demeures le jour du Chabbat » — le Chabbat tu n'allumes pas, mais tu allumes un jour de fête. Si tu dis que nous traitons de ce qui relève de la nourriture, il est déjà écrit « seulement ce qui se mange pour toute personne » ; il faut donc dire que nous traitons précisément de la lampe inutile. Rabbi Avina a dit : ainsi avons-nous appris là-bas — l'école de Chammai interdit et l'école de Hillel permet. Rabbi Nahoum, frère de Rabbi Ilai, posa la question devant Rabbi Yo'hanan, qui répondit : n'interdis pas et ne permets pas. Quant aux lampes que l'on allume à la synagogue, elles ne sont pas appelées lampe inutile, car on les allume pour la mitsva et pour la joie de la fête ; elles sont permises par le principe de mitokh, comme le fait de sortir l'enfant, le loulav et le sefer Torah.
💡 Explication

La michna commande tout le folio. Les trois objets qu'elle énumère ont un point commun : aucun ne sert à préparer la nourriture, et chacun répond pourtant à un besoin réel du jour de fête — porter un enfant, s'acquitter du loulav, lire dans le sefer Torah.

La guemara va chercher ce que cette divergence engage. Si l'école de Hillel permet, est-ce parce que le transport (hotsaa) n'est pas interdit du tout le jour de fête, ou parce qu'un travail une fois permis pour la nourriture l'est désormais aussi pour le reste ? Les deux lectures ne produisent pas les mêmes conséquences ailleurs.

3
גְּמָ׳ תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי: הַשּׁוֹחֵט עוֹלַת נְדָבָה בְּיוֹם טוֹב — לוֹקֶה.

GUEMARA. Un tana récitait devant Rabbi Yits'hak bar Avdimi : celui qui abat un holocauste volontaire un jour de fête reçoit les coups.

📜 Rachi (2)
גְּמ' עוֹלַת נְדָבָה דְּאִילּוּ עוֹלַת חוֹבַת הַיּוֹם רַחֲמָנָא שָׁרְיָא אֲבָל זוֹ יֵשׁ לְהַקְרִיבָהּ לְאַחַר יוֹם טוֹב:
Car l'holocauste qui est obligatoire ce jour-là, la Torah l'a permis ; celui-ci, en revanche, on peut l'offrir après la fête.
לוֹקֶה מִשּׁוּם (לֹא תַעֲשֶׂה כָל מְלָאכָה) (שְׁמוֹת כ):
En raison du verset « tu ne feras aucun travail » (Chemot 20).
🗂️ Tossefot (1)
הַשּׁוֹחֵט עוֹלַת נְדָבָה בְּיוֹם טוֹב לוֹקֶה וְכוּ'. וה"ה דְּמָצֵי לְמֵימַר ר"ע הִיא. דְּלֵית לֵיהּ מִתּוֹךְ אֶלָּא נִיחָא לֵיהּ לְמִנְקַט ב"ש דִּסְבִירָא לְהוּ הָכִי בְּהֶדְיָא טְפֵי וְתֵימַהּ הוֹאִיל וּמוֹקְמִינַן לָהּ אַלִּיבָּא דב"ש אִם כֵּן לֵימָא הַשּׁוֹחֵט עוֹלַת חוֹבָה בי"ט לוֹקֶה דְּהָא ב"ש אִית לְהוּ לְקַמָּן (בֵּיצָה דַּף יט.) עַל עוֹלַת רְאִיָּיה דְּלוֹקֶה דְּדָרְשִׁינַן וְחַגּוֹתֶם חֲגִיגָה אִין עוֹלַת רְאִיָּיה לָא וְי"ל מִשּׁוּם דִּיּוּקָא נַקְטֵיהּ דְּאִי הֲוָה נְקַט עוֹלַת חוֹבָה הֲוָה אֲמִינָא עוֹלַת חוֹבָה מִחַייְּבִי אֲבָל שַׁלְמֵי חוֹבָה כַּיּוֹצֵא בוֹ פָּטוּר הוֹאִיל וְהֵם חוֹבָה וְגַם יֵשׁ בָּהֶן צֹורֶךְ הָאָדָם אֲבָל שַׁלְמֵי נְדָבָה חַייָּב הוֹאִיל וְהָיָה יָכוֹל לְהַקְרִיבָן לְמָחָר וְהַשְׁתָּא דִּנְקַט עוֹלַת נְדָבָה אַשְׁמְעִינַן רְבוּתָא דְּדַוְקָא עוֹלַת נְדָבָה חַיָּיב דְּכֻולָּהּ כָּלִיל אֲבָל שַׁלְמֵי נְדָבָה פָּטוּר אע"ג שֶׁאֵינוֹ חַייָּב בָּהֶן וְהָיָה יָכוֹל לְהַמְתִּין עַד לְמָחָר הוֹאִיל וְיֵשׁ בָּהֶן צֹורֶךְ הֶדְיוֹט וא"ת וְהָא אֲפִילּוּ ב"ה מוֹדוֹ דְּלוֹקֶה דִּסְבִירָא לְהוּ לְקַמָּן (שָׁם) דִּנְדָרִים וּנְדָבוֹת אֵין קְרֵבִים בי"ט וְאַמַּאי מוֹקֵים לָהּ אַלִּיבָּא דב"ש וי"ל דְּמֵהֵיכָא אִית לֵיהּ דִּנְדָרִים וּנְדָבוֹת אֵין קְרֵבִים בי"ט מַלְכָּם וְלֹא לְגָבוֹהַּ וא"כ הָוֵי לָאו הַבָּא מִכְּלַל עֲשֵׂה דְּאֵין לוֹקִין עָלָיו וא"ת כֵּיוָן דְּאַהְדְּרֵיהּ אַהְדְּרֵיהּ לְאִסּוּרָא קַמָּא דְּהָא אָמְרִי' גַּבֵּי גּוֹזֵז פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין דְּלוֹקֶה אע"ג דְּלָא יָדְעִינַן אִסּוּר גְּזִיזָה רַק מִדִּכְתִיב (דְּבָרִים יב) תִּזְבַּח וְלֹא גִּיזָּה דְּהַייְנוּ לָאו הַבָּא מִכְּלַל עֲשֵׂה דְּאֵין לוֹקִין אֶלָּא ש"מ כֵּיוָן דְּאַהְדְּרֵיהּ אַהְדְּרֵיהּ לְאִסּוּרָא קַמָּא כְּלוֹמַר לְלָאו שֶׁהָיָה בּוֹ קֹודֶם שֶׁנִּפְסַל וְגַם גַּבֵּי נְדָרִים וּנְדָבוֹת נֵימָא הָכִי דְּאַהְדְּרֵיהּ לְאִסּוּרָא קַמָּא וְלוֹקֶה וְי"ל דְּשָׁאנֵי גִּיזָּה שֶׁלֹּא הֻותְּרָה בִּפְסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין כְּלָל בְּהֶדְיָא וא"כ הוֹאִיל וְאִשְׁתְּכַח סָמַךְ בְּהוּ לְאִסּוּרָא מוֹקְמִינַן לֵיהּ בְּאִיסּוּרָא קַמָּא אֲבָל הָכָא גַּבֵּי יו"ט דְּאֹוכֶל נֶפֶשׁ הֻותַּר דִּכְתִיב אֲשֶׁר יֵאָכֵל וְגוֹ' (שְׁמוֹת יב) וה"ה בִּנְדָרִים וּנְדָבוֹת מִתּוֹךְ שֶׁהֻותְּרָה וְכוּ' וא"כ אַשְׁכַּחְנָא דְּהֻותְּרוּ בְּהֶדְיָא וְכֵיוָן דְּאַשְׁכַּחְנָא דְּהֻותְּרוּ בְּהֶדְיָא לָא אָמְרִי' אַהְדַּרִי' לְאִסּוּר' קַמָּא אֶלָּא לְמַאי דְּאַהְדְּרֵיהּ אַהְדְּרֵיהּ וּלְמַאי דְּלָא אַהְדְּרֵיהּ לָא אַהְדְּרֵיהּ וְקָאֵי דַּוְקָא בַּעֲשֵׂה:
Il aurait aussi bien pu dire qu'il s'agit de Rabbi Akiva, qui n'admet pas le mitokh ; mais il a préféré citer l'école de Chammai, dont la position est énoncée de façon plus explicite. Et c'est étonnant : puisqu'on établit la baraita selon l'école de Chammai, qu'il dise donc « celui qui abat un holocauste obligatoire un jour de fête reçoit les coups », car l'école de Chammai soutient plus loin (Beitza 19a), à propos de l'olat reiya (l'holocauste du pèlerinage), que l'on reçoit les coups, puisqu'on interprète « et vous célébrerez » : la haguiga oui, l'olat reiya non. On peut répondre qu'il l'a formulé ainsi pour la déduction. S'il avait pris l'holocauste obligatoire, j'aurais dit que l'holocauste obligatoire rend passible, mais que les chelamim obligatoires du même ordre laissent exempt, puisqu'ils sont obligatoires et qu'ils comportent en outre un besoin humain, tandis que les chelamim volontaires rendraient passible, puisqu'on pouvait les offrir le lendemain. Maintenant qu'il a pris l'holocauste volontaire, il nous enseigne un point plus fort : seul l'holocauste volontaire rend passible, car il est entièrement consumé, tandis que les chelamim volontaires laissent exempt, bien que l'on n'y soit pas obligé et que l'on ait pu attendre le lendemain, puisqu'ils comportent un besoin pour l'homme. Si tu objectes : même l'école de Hillel admet qu'il reçoit les coups, puisqu'elle soutient plus loin que les nedarim et nedavot ne sont pas offerts un jour de fête — pourquoi donc établir la baraita selon l'école de Chammai ? On peut répondre : d'où tient-elle que les nedarim et nedavot ne sont pas offerts un jour de fête ? Du mot « lakhem », pour vous et non pour le Ciel. Il s'agit donc d'une interdiction déduite d'un commandement positif, pour laquelle on ne reçoit pas les coups. Si tu objectes encore : puisque le verset l'a réintégré, il l'a réintégré dans son interdit premier — car on dit, à propos de celui qui tond des animaux consacrés devenus invalides, qu'il reçoit les coups, bien que l'interdit de tonte ne nous soit connu que du verset « tu sacrifieras » (Devarim 12), et non la tonte, ce qui est une interdiction déduite d'un commandement positif, pour laquelle on ne reçoit pas les coups ; il faut donc en conclure que, puisque le verset l'a réintégré, il l'a réintégré dans son interdit premier, c'est-à-dire dans le lav qui le frappait avant qu'il ne devienne invalide — et disons de même pour les nedarim et nedavot, qu'ils sont réintégrés dans leur interdit premier et que l'on reçoit les coups. On peut répondre que la tonte est différente : elle n'a jamais été permise explicitement pour les consacrés invalides, de sorte que, dès lors qu'on trouve un appui pour l'interdire, on la replace dans son interdit premier. Ici en revanche, s'agissant du jour de fête, le besoin de nourriture a été permis, comme il est écrit « ce qui se mange... » (Chemot 12), et il en va de même pour les nedarim et nedavot par le principe de mitokh. Nous trouvons donc qu'ils ont été permis explicitement ; et puisque nous trouvons qu'ils ont été permis explicitement, on ne dit pas qu'ils sont réintégrés dans l'interdit premier : ce que le verset a réintégré est réintégré, ce qu'il n'a pas réintégré ne l'est pas, et l'interdit demeure seulement au titre du commandement positif.
💡 Explication

La guemara s'ouvre sur une baraita apparemment étrangère à la michna : elle parle d'abattage, non de transport. Le lien se fera par le principe commun aux deux.

Olat nedava — l'holocauste volontaire — se distingue de l'holocauste obligatoire du jour : rien n'oblige à l'offrir maintenant, et rien n'en revient à l'homme, puisqu'il est entièrement consumé. L'abattre le jour de fête est donc un travail accompli hors du besoin alimentaire, et la baraita le frappe de malkot, les coups.

4
אֲמַר לֵיהּ: דְּאָמַר לָךְ מַנִּי — בֵּית שַׁמַּאי הִיא, דְּאָמְרִי: לָא אָמְרִינַן מִתּוֹךְ שֶׁהֻותְּרָה הוֹצָאָה לְצֹורֶךְ — הֻותְּרָה נָמֵי שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ. דְּאִי בֵּית הִלֵּל, הָא אָמְרִי: מִתּוֹךְ שֶׁהֻותְּרָה הוֹצָאָה לְצֹורֶךְ — הֻותְּרָה נָמֵי שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ. הָכָא נָמֵי, מִתּוֹךְ שֶׁהֻותְּרָה שְׁחִיטָה לְצֹורֶךְ — הֻותְּרָה נָמֵי שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ.

Il lui dit : qui donc t'a enseigné cela ? C'est l'école de Chammai, qui dit : nous ne disons pas « du moment que le transport a été permis pour un besoin, il est permis aussi hors de ce besoin ».

Car si c'était l'école de Hillel, elle dit bien : du moment que le transport a été permis pour un besoin, il est permis aussi hors de ce besoin ; ici de même, du moment que l'abattage a été permis pour un besoin, il est permis aussi hors de ce besoin.

📜 Rachi (1)
לְצֹורֶךְ אַךְ אֲשֶׁר יֵאָכֵל לְכָל נֶפֶשׁ:
« Seulement ce qui se mange pour toute personne » (Chemot 12, 16).
💡 Explication

Voici le principe qui donne son nom au folio : mitokh che-houtera... houtera, du moment qu'un travail a été permis pour le besoin de la nourriture, il est permis aussi hors de ce besoin. La permission ne se mesure pas acte par acte : elle porte sur la catégorie entière du travail.

Rabbi Yits'hak bar Avdimi tire de la michna que l'école de Hillel tient ce principe pour le transport, puis l'étend à l'abattage. La baraita frappant des coups celui qui abat un holocauste volontaire, elle ne peut donc suivre que l'école de Chammai.

🖼️ Schéma
Le mitokh se transpose d'un travail à l'autre Transport (hotsaa) Permis pour porter la nourriture. Donc permis aussi sans ce besoin. Abattage (chehita) Permis pour se nourrir. Donc permis aussi sans ce besoin. même règle Si la baraita frappe des coups celui qui abat un holocauste volontaire, c'est qu'elle refuse ce raisonnement : elle suit l'école de Chammai. Rachi : l'holocauste obligatoire du jour, la Torah l'a permis ; le volontaire, en revanche, pouvait attendre le lendemain de la fête.
Du transport à l'abattage : le raisonnement que la baraita doit refuser.
5
מַתְקִיף לַהּ רַבָּה: מִמַּאי דְּבֵית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל בְּהָא פְּלִיגִי? דִּלְמָא בְּעֵרוּב וְהוֹצָאָה לְשַׁבָּת וְאֵין עֵרוּב וְהוֹצָאָה לְיוֹם טוֹב קָא מִיפַּלְגִי.

Rabba objecte : d'où sais-tu que l'école de Chammai et l'école de Hillel divergent sur ce point ? Peut-être divergent-elles sur ceci : le érouv et le transport valent pour le Chabbat, et il n'y a ni érouv ni transport pour le jour de fête.

📜 Rachi (2)
בְּעֵרוּב הוֹצָאָה אִם נֶאֶסְרָה הוֹצָאָה ביו"ט וְנִתַּקְּנוּ הִלְכוֹת עֵרוּבֵי חֲצֵירוֹת ליו"ט אִם לָאו:
Il s'agit de savoir si le transport a été interdit le jour de fête et si les règles des érouve hatserot ont été instituées pour le jour de fête, ou non.
וְאֵין עֵרוּב וְהוֹצָאָה כּוּ' וְאע"ג דְּעִיקַּר הוֹצָאָה מִוַּיַּעֲבִירוּ קוֹל בְּמַחֲנֵה נָפְקָא לָן (שַׁבָּת דַּף צו:) בָּא יִרְמְיָה וּפֵירֵשׁ שֶׁלֹּא נֶאֶסְרָה אֶלָּא בְּשַׁבָּת מִשּׁוּם הָכִי קָא שָׁרוּ אֲבָל שְׁחִיטָה שֶׁהִיא אַב מְלָאכָה וּבִכְלַל לֹא תַעֲשֶׂה כָל מְלָאכָה הִיא אֵימָא לָךְ אֲפִילּוּ לְב"ה אִם הֻותְּרָה לְצֹורֶךְ לֹא הֻותְּרָה שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ וְהַךְ מַתְנִיתִין אַפֵּי' ב"ה:
Bien que le principe même du transport se déduise de « et l'on fit passer la proclamation dans le camp » (Chabbat 96b), Yirmeya est venu préciser qu'il n'a été interdit que le Chabbat, et c'est pourquoi elles permettent. Mais l'abattage, qui est un travail principal compris dans « tu ne feras aucun travail », je peux te dire que même selon l'école de Hillel, s'il a été permis pour un besoin, il n'a pas été permis hors de ce besoin ; et notre baraita s'accorde alors même avec l'école de Hillel.
🗂️ Tossefot (1)
דִּלְמָא בְּעֵרוּב וְהוֹצָאָה קָמִפַּלְגִי. פֵּי' רַשִׁ"י עֵרוּבֵי חֲצֵרוֹת וְקָשֶׁה מַאי צָרִיךְ עֵירוּבֵי חֲצֵרוֹת גַּבֵּי י"ט הָא בְּלָאו הָכִי מֻותָּר לְטַלְטֵל מֵחָצֵר לְחָצֵר לְצֹורֶךְ לכ"נ להר"ר חַיִּים כֹּהֵן דְּגָרְסִינַן עֵרוּב הוֹצָאָה בְּלֹא וָי"ו וְהָכִי פֵּירוּשׁוֹ אִם אִסּוּר הוֹצָאָה מְעֹורָב בּוֹ בֵּין שְׁאָר מְלָאכוֹת אע"ג שֶׁהִיא מְלָאכָה גְּרוּעָה וְאִם שַׁייְכָא אִסּוּר הוֹצָאָה אִם לֹא קָמִפַּלְגִי וּמִיהוּ יֵשׁ לְיַשֵּׁב דְּגָרְסִינַן שַׁפִּיר עֵרוּב וְהוֹצָאָה דְּצָרִיךְ עֵרוּב שֶׁיּוּכַל לְהוֹצִיא דְּבָרִים שֶׁאֵינָן לְצֹורֶךְ יו"ט כְּלָל (וְאֵין עֵרוּב וְהוֹצָאָה ליו"ט דְּשָׁאנֵי הוֹצָאָה דִּגְרוּעָה הִיא מִכָּל שְׁאָר מְלָאכוֹת וְיֵשׁ סְפָרִים דְּגֵר' קְרָא דְּיִרְמְיָה וְלֹא תוֹצִיאוּ מַשָּׂא מִבָּתֵּיכֶם בְּיוֹם הַשַּׁבָּת בְּשַׁבָּת אִין ביו"ט לָא דִּמְמַעֵט לָהּ בְּהֶדְיָא מִטַּעַם דְּהוֹצָאָה גְּרוּעָה הִיא):
Rachi explique : les érouve hatserot. Cela fait difficulté : à quoi bon des érouve hatserot le jour de fête, puisque de toute façon il est permis de transporter d'une cour à l'autre pour un besoin ? C'est pourquoi Rabbenou Haim Cohen préfère lire « érouv hotsaa », sans vav, ce qui signifie : l'interdit de transport est-il mêlé aux autres travaux, bien qu'il soit un travail de moindre rang ? Et c'est sur l'applicabilité de l'interdit de transport qu'elles divergent. On peut cependant défendre la leçon « érouv ve-hotsaa » : le érouv est nécessaire pour pouvoir sortir des objets qui ne servent en rien au besoin de la fête. Et il n'y a ni érouv ni transport le jour de fête, car le transport se distingue de tous les autres travaux par son rang moindre ; certains textes portent ici le verset de Yirmeya, « et vous ne sortirez pas de fardeau de vos maisons le jour du Chabbat » — le Chabbat oui, le jour de fête non —, qui l'exclut explicitement du fait que le transport est de moindre rang.
💡 Explication

Rabba ne conteste pas le principe du mitokh ; il conteste que la michna en soit la preuve. Une autre divergence expliquerait aussi bien ses termes : l'interdit de hotsaa s'applique-t-il seulement au Chabbat, ou aussi au jour de fête ?

Si l'école de Hillel permet parce qu'il n'y a pas de transport interdit ce jour-là, la michna ne dit plus rien du mitokh, et la baraita sur l'holocauste volontaire peut alors s'accorder avec tous — Rachi le souligne : l'abattage, lui, est un travail principal que nul n'a jamais retiré de l'interdit général.

6
מַר סָבַר: עֵרוּב הוֹצָאָה לְשַׁבָּת, וְעֵרוּב הוֹצָאָה לְיוֹם טוֹב.

Un maître estime : érouv et transport valent pour le Chabbat, et érouv et transport valent aussi pour le jour de fête.

💡 Explication

C'est la position attribuée ici à l'école de Chammai. Le jour de fête connaît le même interdit de transport que le Chabbat, et la même institution du érouv ; seule la préparation de la nourriture y est permise.

7
וּמַר סָבַר: עֵרוּב הוֹצָאָה לְשַׁבָּת, וְאֵין עֵרוּב הוֹצָאָה לְיוֹם טוֹב, כְּדִכְתִיב: ״וְלֹא תוֹצִיאוּ מַשָּׂא מִבָּתֵּיכֶם בְּיוֹם הַשַּׁבָּת״. בְּשַׁבָּת — אִין, בְּיוֹם טוֹב — לָא.

Et l'autre maître estime : érouv et transport valent pour le Chabbat, et il n'y a ni érouv ni transport pour le jour de fête, comme il est écrit : « Et vous ne sortirez pas de fardeau de vos maisons le jour du Chabbat » — le Chabbat oui, le jour de fête non.

💡 Explication

Position attribuée à l'école de Hillel dans la lecture de Rabba. Le verset de Yirmeya (17, 22) est le seul à énoncer l'interdit de transport en clair, et il ne nomme que le Chabbat ; on en déduit par exclusion que le jour de fête n'est pas visé.

Dans cette lecture, la michna ne porte donc que sur une question de domaines, et le principe de mitokh n'y est pour rien.

8
מַתְקִיף לַהּ רַב יוֹסֵף: אֶלָּא מֵעַתָּה, לִיפְלְגוּ בַּאֲבָנִים! אֶלָּא מִדְּלָא מִפַּלְגִי בַּאֲבָנִים, שְׁמַע מִינָּה,

Rav Yossef objecte : s'il en est ainsi, qu'elles divergent donc à propos des pierres ! Mais du fait qu'elles ne divergent pas à propos des pierres, on en déduit

📜 Rachi (4)
מַתְקִיף לַהּ רַב יוֹסֵף אַהַךְ אַתְקָפְתָּא דְּרַבָּה:
Contre cette objection de Rabba.
אֶלָּא מֵעַתָּה דִּסְבִירָא לְהוּ לב"ה אֵין אִסּוּר הוֹצָאָה ליו"ט:
Puisque l'école de Hillel soutiendrait qu'il n'y a pas d'interdit de transport le jour de fête.
לִיפְלְגוּ בַּאֲבָנִים אִי אֵין אִסּוּר הוֹצָאָה אֵין אִסּוּר טִלְטוּל שֶׁלֹּא נֶאֱסַר טִלְטוּל אֶלָּא מִשּׁוּם הוֹצָאָה וּמַה שֶׁלֹּא גָּזְרוּ עַל כָּל טִלְטוּלִים אֲפִילּוּ עַל אֳוכָלִים וְכֵלִים מִשּׁוּם דְּאֵין גּוֹזְרִין גְּזֵרָה עַל הַצִּבּוּר אא"כ רֹוב צִבּוּר יְכוֹלִין לַעֲמֹוד בָּהּ:
S'il n'y a pas d'interdit de transport, il n'y a pas d'interdit de déplacement, car le déplacement n'a été interdit qu'à cause du transport. Et si l'on n'a pas décrété sur tous les déplacements, y compris ceux des aliments et des ustensiles, c'est parce que l'on ne décrète pas sur la communauté à moins que la majorité du public ne puisse s'y tenir.
אֶלָּא מִדְּלָא אִפְּלוּג בַּאֲבָנִים ש"מ דִּלְכֻולֵּי עָלְמָא יֵשׁ הוֹצָאָה ליו"ט אֶלָּא שֶׁמִּן הַתּוֹרָה הֻותְּרָה לְצֹורֶךְ וב"ה אִית לְהוּ כֵּיוָן דְּהֻותְּרָה לְצֹורֶךְ הֻותְּרָה מִן הַתּוֹרָה לְגַמְרֵי אֶלָּא רַבָּנָן גְּזוּר בְּמִידֵּי דְּהָוֵי טִרְחָא דְּלָא צָרִיךְ כְּגוֹן אֲבָנִים אֲבָל בְּקָטָן וְסֵפֶר תּוֹרָה דִּצְרִיכִינַן לְהוּ ביו"ט לָא גְּזוּר וּבֵית שַׁמַּאי לֵית לְהוּ מִיגּוֹ וּמִידִי דְּצֹורֶךְ אֲכִילָה שֶׁהַתּוֹרָה הִתִּירַתּוּ הֻותַּר וְשֶׁאֵינוֹ צֹורֶךְ אֲכִילָה בְּאִסּוּרוֹ עוֹמֵד מִן הַתּוֹרָה:
On en déduit que, de l'avis de tous, l'interdit de transport existe le jour de fête, la Torah l'ayant seulement permis pour le besoin ; et l'école de Hillel tient que, dès lors qu'il a été permis pour le besoin, il est permis de la Torah entièrement, les Sages ayant seulement décrété sur ce qui constitue une peine inutile, comme les pierres. Mais pour l'enfant et le sefer Torah, dont on a besoin le jour de fête, ils n'ont pas décrété. L'école de Chammai, elle, n'admet pas le migo : ce qui relève du besoin de la nourriture, la Torah l'a permis, et ce qui n'en relève pas demeure dans son interdit de la Torah.
🗂️ Tossefot (1)
ה"ג רַשִׁ"י אֶלָּא מֵעַתָּה לִפַּלְגוּ בַּאֲבָנִים וּמִדְּלָא מִיפַּלְגִי בַּאֲבָנִים ש"מ וְכוּ' וְהָכִי פֵּירוּשׁוֹ אֶלָּא מֵעַתָּה דב"ה לֵית לְהוּ אִסּוּר הוֹצָאָה לִפְלְגוּ בְּטִלְטוּל אֲבָנִים וְלַשְׁמְעִינַן רְבוּתָא דְּלֵית לְהוּ בָּהֶן אִסּוּר הוֹצָאָה דְּהָא לֹא נֶאֱסַר בְּשׁוּם דְּבַר טִלְטוּל אַפֵּי' דָּבָר שֶׁמְּלַאכְתּוֹ לֶאֱסֹור וְגַם אֵינוֹ צֹורֶךְ י"ט כְּלָל אֶלָּא גְּזֵרָה שֶׁמָּא יוֹצִיא כִּדְאִיתָא בְּהֶדְיָא פֶּרֶק כָּל הַכֵּלִים (שַׁבָּת דַּף קכד:) וְאַפֵּי' דָּבָר שֶׁהוּא צֹורֶךְ יו"ט כְּגוֹן כְּלִי הַצָּרִיךְ לוֹ הָיָה רָאוּי לֶאֱסֹור גְּזֵירָה שֶׁמָּא יוֹצִיא אֶלָּא שֶׁאֵין גּוֹזְרִין גְּזֵירָה עַל הַצִּבּוּר אא"כ רֹוב הַצִּבּוּר יְכוֹלִין לַעֲמֹוד בָּהּ וּמִדְּלָא קָמִפַּלְגִי בַּאֲבָנִים שְׁמַע מִינָּה בְּהוֹצָאָה וְכוּ' דב"ה סָבְרִי מִתּוֹךְ וא"ת כֵּיוָן דב"ה אִית לְהוּ מִתּוֹךְ אַמַּאי אֵין מַתִּירִין אַפֵּי' טִלְטוּל אֲבָנִים וְכָל דָּבָר אֲפִילּוּ אֵינוֹ צֹורֶךְ יוֹם טוֹב וְיֵשׁ לוֹמַר דְּוַדַּאי אִין ה"נ דְּמִדְּאוֹרַיְיתָּא הוֹאִיל וְהֻותְּרָה הֻותְּרָה לְגַמְרֵי אֶלָּא רַבָּנָן גְּזוּר עַל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ צֹורֶךְ יו"ט דְּכֵיוָן דְּעִיקַּר הוֹצָאָה נֶאֶסְרָה יֵשׁ לֶאֱסֹור בְּדָבָר שֶׁאֵין לְצֹורֶךְ יוֹם טוֹב כְּלָל ע"כ פֵּי' רַשִׁ"י וְלֹא רָצָה לִגְרֹוס כְּמוֹ שֶׁיֵּשׁ בַּסְּפָרִים אֶלָּא מֵעַתָּה הוֹצִיא אֲבָנִים לב"ה ה"נ דְּלָא מִחַיַּיב מַלְקוֹת דא"כ הֲוָה מַסִּיק לְפִי' זֶה הוֹצִיא אֲבָנִים לב"ה דְּחַיָּיב וְרַשִׁ"י קִים לֵיהּ דב"ה סְבִירָא לְהוּ הוֹאִיל וְהֻותְּרָה הֻותְּרָה לְגַמְרֵי אֶלָּא רַבָּנָן הוּא דִּגְזוּר בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ צֹורֶךְ יו"ט כְּלָל וְקָשֶׁה חֲדָא דְּאָמְרִי' בִּפְסָחִים (דַּף מ:) הָאוֹפֶה מיו"ט לְחוֹל לוֹקֶה וְלָא אָמְרִינַן מִתּוֹךְ וְכוּ' וַאֲפִילּוּ לְרַבָּה דְּלָא לָקֵי הַיְינוּ מִטַּעַם הוֹאִיל וְאִי אַתָּרְמִי לֵיהּ אוֹרְחִים אֲבָל מִטַּעַם מִתּוֹךְ לָא קָאָמַר וְעוֹד דְּמוֹחֵק גִּירְסַת הַסְּפָרִים לָכֵן נִרְאֶה לַפָּר' דְּגָרְסִי' כְּגִירְסַת הַסְּפָרִים אֶלָּא מֵעַתָּה הוֹצִיא אֲבָנִים לב"ה ה"נ דְּלָא מִחַיַּיב פִּי' מִדְּאוֹרַייְתָּא מַלְקוּת וכ"ת ה"נ א"כ לִפְלְגוּ בַּאֲבָנִים אֶלָּא וַדַּאי מִדְּלָא קָמִפַּלְגִי וְכוּ' וְדַוְקָא בְּהוֹצָאָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ צֹורֶךְ יו"ט קְצָת אָמְרִינַן מִתּוֹךְ שֶׁהֻותְּרָה לְצֹורֶךְ יו"ט דְּכָל אֹוכֶל נֶפֶשׁ מֻותָּר הֻותְּרָה נָמֵי שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ אֹוכֶל נֶפֶשׁ הוֹאִיל וְאִיכָּא צֹורֶךְ מִקְצָת שֶׁיֵּשׁ צֹורֶךְ יו"ט אֲבָל שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ יו"ט כְּלָל וַדַּאי דְּאָסוּר מִן הַתּוֹרָה כְּגוֹן אוֹפֶה מיו"ט לְחֹול וּמוֹצִיא אֲבָנִים דְּלֵיכָּא לֹא צֹורֶךְ נֶפֶשׁ וְלֹא שִׂמְחַת יו"ט חַיָּיב מִדְּאוֹרַייְתָּא וְכִי פְּלִיגִי ב"ש וב"ה בִּדְבָרִים שֶׁאֵינָן לְצֹורֶךְ אֹוכֶל נֶפֶשׁ וְאִיכָּא בָּהֶן צֹורֶךְ יו"ט קְצָת כְּגוֹן קָטָן לְמוּלוֹ דְּהַמִּצְוָה נִקְרֵאת צֹורֶךְ יוֹם טוֹב וְלוּלָב לָצֵאת בּוֹ וס"ת לִקְרוֹת בּוֹ וְכֵן פִּי' רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל אֲבָל. לֵיתָא פֵּירוּשָׁן דְּלָאו דַּוְקָא קָטָן לְמוּלוֹ דה"ה שֶׁלֹּא לְמוּלוֹ דְּשָׁרֵי גַּם טִיּוּל דְּהָא אַשְׁכְּחַן נָמֵי דִּמְשַׂחֲקִין בְּכַדּוּר שֶׁקּוֹרִין פלוט"א בְּלַעַ"ז ביו"ט ברה"ר אע"ג דְּלֵיכָּא אֶלָּא טִיּוּל וא"ת הַשּׁוֹחֵט עוֹלָה מַה צֹורֶךְ יֵשׁ לוֹ בָּהּ יֵשׁ לוֹמַר דְּהָכָא נָמֵי אִיכָּא שִׂמְחַת יו"ט שֶׁלֹּא יְהֵא שֻׁלְחָנְךָ מָלֵא וְשֻׁלְחַן רַבְּךָ רֵיקָן כִּדְמוֹכַח לְקַמָּן (בֵּיצָה דַּף כ:):
Telle est la leçon de Rachi : « s'il en est ainsi, qu'elles divergent à propos des pierres ; et du fait qu'elles ne divergent pas à propos des pierres, on en déduit... ». Voici le sens : s'il en est ainsi, que l'école de Hillel n'admette pas l'interdit de transport, qu'elles divergent donc sur le déplacement des pierres, ce qui nous enseignerait un point plus fort — qu'il n'y a pas pour elles d'interdit de transport les concernant. Car pour aucun objet le déplacement n'a été interdit — pas même un objet dont la fonction est interdite et qui ne sert en rien à la fête — sinon par décret, de peur que l'on ne le transporte, comme il est dit explicitement au chapitre Kol ha-kelim (Chabbat 124b). Même un objet nécessaire à la fête, comme un ustensile dont on a besoin, aurait dû être interdit par crainte que l'on ne le transporte ; seulement, on ne décrète pas sur la communauté à moins que la majorité du public ne puisse s'y tenir. Et du fait qu'elles ne divergent pas à propos des pierres, on en déduit que la divergence porte sur le transport, et que l'école de Hillel tient le mitokh. Si tu objectes : puisque l'école de Hillel tient le mitokh, pourquoi ne permet-elle pas même le déplacement des pierres et de toute chose, même sans aucun besoin de la fête ? On peut répondre qu'il en va bien ainsi : de la Torah, dès lors que cela a été permis, c'est permis entièrement, et ce sont les Sages qui ont décrété sur ce qui ne sert pas à la fête, car, l'interdit de transport existant en principe, il y a lieu d'interdire ce qui ne sert en rien à la fête. Ainsi s'achève l'explication de Rachi. Il n'a pas voulu adopter la leçon que portent certains livres : « s'il en est ainsi, celui qui sort des pierres, selon l'école de Hillel, ne serait-il pas passible ? » — car alors, selon cette explication, on conclurait que celui qui sort des pierres selon l'école de Hillel est bien passible, alors que Rachi tient pour acquis que l'école de Hillel soutient que, dès lors que cela a été permis, c'est permis entièrement, et que seuls les Sages ont décrété sur ce qui ne sert en rien à la fête. Cela fait difficulté, d'abord parce que l'on dit dans Pessahim (40b) que celui qui cuit d'un jour de fête pour un jour ordinaire reçoit les coups, sans que l'on applique le mitokh ; et même selon Rabba, qui le tient pour non passible, c'est au titre du hoil — s'il lui survenait des hôtes — et non au titre du mitokh. Ensuite, parce qu'il efface la leçon des livres. Il paraît donc préférable d'expliquer en gardant la leçon des livres : « s'il en est ainsi, celui qui sort des pierres, selon l'école de Hillel, ne serait-il pas passible ? » — c'est-à-dire pas passible des coups de la Torah ; et si tu dis qu'il en est bien ainsi, alors qu'elles divergent à propos des pierres ! Il faut donc dire que, du fait qu'elles ne divergent pas, etc. C'est seulement pour un transport comportant une part de besoin de la fête que l'on dit le mitokh : du moment qu'il a été permis pour le besoin de la fête, tout ce qui relève de la nourriture étant permis, il est permis aussi hors du besoin de nourriture, puisqu'il subsiste une part de besoin de la fête. Mais ce qui ne sert en rien à la fête est certainement interdit de la Torah : ainsi celui qui cuit d'un jour de fête pour un jour ordinaire, ou celui qui sort des pierres, où il n'y a ni besoin de nourriture ni joie de la fête, est passible de la Torah. Et lorsque l'école de Chammai et l'école de Hillel divergent, c'est à propos de choses qui ne relèvent pas du besoin de nourriture mais comportent une part de besoin de la fête : l'enfant que l'on porte pour le circoncire, la mitsva étant appelée besoin de la fête, le loulav dont on s'acquitte, le sefer Torah dans lequel on lit. Ainsi a expliqué Rabbenou Hananel. Mais cette explication ne tient pas : il ne s'agit pas nécessairement de l'enfant que l'on porte pour le circoncire, car il en va de même sans circoncision, et la promenade elle-même est permise, puisque nous trouvons que l'on joue à la balle, appelée plota en langue vernaculaire, un jour de fête dans le domaine public, alors qu'il n'y a là qu'un divertissement. Si tu objectes : celui qui abat un holocauste, quel besoin en a-t-il ? On peut répondre qu'ici aussi il y a joie de la fête — que ta table ne soit pas pleine tandis que la table de ton Maître est vide —, comme il ressort plus loin (Beitza 20b).
💡 Explication

L'objection de Rav Yossef porte sur ce que la lecture de Rabba aurait dû produire. L'interdit de tiltoul (déplacer un objet, le mouktse) n'est qu'une barrière posée autour de la hotsaa. Retirer le transport du jour de fête revient donc à retirer aussi le mouktse.

Les tanaim auraient alors choisi l'exemple des pierres, qui ne servent à rien et où la permission serait la plus frappante. Ils parlent au contraire d'objets utiles à la fête : signe que la divergence se joue ailleurs.

🖼️ Schéma
L'argument des pierres de Rav Yossef Hypothèse de Rabba : selon l'école de Hillel, il n'y a pas d'interdit de transport le jour de fête. Le loulav et le sefer Torah seraient permis pour cette seule raison. Or le déplacement (mouktse) n'a été interdit que par crainte du transport. Sans transport le jour de fête, même les pierres seraient libres de tout interdit. Elles auraient donc dû diverger sur les pierres, cas plus frappant que le loulav. Or la michna ne parle que d'objets utiles à la fête. Conclusion : tous admettent l'interdit de transport le jour de fête. La divergence porte sur le transport hors du besoin, c'est-à-dire sur le mitokh.
Les quatre étapes de l'objection de Rav Yossef et sa conclusion.
9
בְּהוֹצָאָה שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ פְּלִיגִי.

que leur divergence porte sur le transport accompli hors du besoin.

💡 Explication

La conclusion rétablit la lecture de Rabbi Yits'hak bar Avdimi. Tous admettent que le transport est interdit le jour de fête et que la Torah l'a permis pour la nourriture ; la divergence porte sur l'étendue de cette permission.

10
וְאַף רַבִּי יוֹחָנָן סָבַר: בְּמִתּוֹךְ שֶׁהֻותְּרָה הוֹצָאָה לְצֹורֶךְ הֻותְּרָה נָמֵי שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ פְּלִיגִי. דְּתָנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: הַמְבַשֵּׁל גִּיד הַנָּשֶׁה בְּחָלָב בְּיוֹם טוֹב וַאֲכָלוֹ — לוֹקֶה חָמֵשׁ.

Et Rabbi Yo'hanan lui aussi estime que leur divergence porte sur le principe « du moment que le transport a été permis pour un besoin, il est permis aussi hors de ce besoin ». Car un tana récitait devant Rabbi Yo'hanan : celui qui cuit le guid ha-nache dans du lait un jour de fête et le mange reçoit cinq séries de coups.

📜 Rachi (2)
וְאַף ר' יוֹחָנָן סָבַר בְּמָתוֹךְ גָּרְסִינַן:
Telle est la leçon : « Et Rabbi Yo'hanan lui aussi estime que la divergence porte sur le mitokh ».
פְּלִיגִי ב"ש וב"ה וּדְכוּלֵּי עָלְמָא יֵשׁ אִסּוּר הוֹצָאָה ליו"ט מִוַּיַּעֲבִירוּ קוֹל בְּמַחֲנֵה דְּיֶשְׁנָהּ בִּשְׁאָר מְלָאכוֹת וְיִרְמְיָה הָיָה מַזְהִירָן עַל הַשַּׁבָּתוֹת שֶׁהֵן חֲמוֹרִין וְהַלְוַאי יִשְׁמְעוּ:
L'école de Chammai et l'école de Hillel ; et de l'avis de tous il existe un interdit de transport le jour de fête, déduit de « et l'on fit passer la proclamation dans le camp », car il figure parmi les autres travaux. Quant à Yirmeya, il les avertissait au sujet des Chabbats, qui sont plus graves, espérant qu'ils l'écouteraient.
💡 Explication

La guemara cherche un appui indépendant. La baraita récitée devant Rabbi Yo'hanan énumère cinq chefs de malkot pour un seul geste, et le premier d'entre eux est la cuisson du jour de fête.

Le guid ha-nache, le nerf sciatique, est interdit à la consommation. Le cuire ne sert donc à aucune nourriture permise, et ce chef d'accusation ne tient que si un travail accompli hors du besoin alimentaire demeure interdit — la position de l'école de Chammai.

11
לוֹקֶה מִשּׁוּם מְבַשֵּׁל גִּיד, וְלוֹקֶה מִשּׁוּם אוֹכֵל גִּיד, וְלוֹקֶה מִשּׁוּם מְבַשֵּׁל בָּשָׂר בְּחָלָב, וְלוֹקֶה מִשּׁוּם אוֹכֵל בָּשָׂר בְּחָלָב, וְלוֹקֶה

Il reçoit les coups pour avoir cuit le guid, il reçoit les coups pour avoir mangé le guid, il reçoit les coups pour avoir cuit de la viande dans du lait, il reçoit les coups pour avoir mangé de la viande cuite dans du lait, et il reçoit les coups

📜 Rachi (2)
לוֹקֶה מִשּׁוּם מְבַשֵּׁל גִּיד שֶׁהַבִּשּׁוּל אַב מְלָאכָה הוּא וּבִשּׁוּל גִּיד דָּבָר הָאָסוּר וְאֵינוֹ רָאוּי לַאֲכִילָה וְעוֹמֵד בְּאִסּוּר לֹא תַעֲשֶׂה כָל מְלָאכָה דְּלָא הֻותַּר אֶלָּא לְצֹורֶךְ:
Car la cuisson est un travail principal, et cuire le guid porte sur une chose interdite, impropre à la consommation, qui demeure sous l'interdit « tu ne feras aucun travail », lequel n'a été levé que pour le besoin.
וְלוֹקֶה מִשּׁוּם מְבַשֵּׁל בָּשָׂר בְּחָלָב לָאו מִשּׁוּם יו"ט דְּמַלְקוּת דְּבִשּׁוּל יו"ט הָא תְּנָא לֵיהּ אֶלָּא אֲפִילּוּ הוּא חוֹל לוֹקֶה מִשּׁוּם מְבַשֵּׁל בָּשָׂר בְּחָלָב דִּכְתִיב לֹא תְבַשֵּׁל גְּדִי בַּחֲלֵב שָׁלֹשׁ פְּעָמִים אֶחָד לְאִסּוּר אֲכִילָה וְאֶחָד לְאִסּוּר הֲנָאָה וְאֶחָד לְאִסּוּר בִּשּׁוּל:
Non pas au titre du jour de fête, car les coups encourus pour la cuisson du jour de fête ont déjà été énoncés ; mais même un jour ordinaire il recevrait les coups pour avoir cuit de la viande dans du lait, puisqu'il est écrit trois fois « tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait » : une fois pour interdire la consommation, une fois pour interdire le profit, une fois pour interdire la cuisson.
💡 Explication

La baraita détaille quatre des cinq chefs, le cinquième étant énoncé au verso du folio. Chacun repose sur un interdit distinct, ce qui permet de les cumuler pour un seul geste.

Rachi précise pour le troisième chef qu'il ne doit rien au jour de fête : la cuisson de la viande dans le lait est passible en elle-même, le verset « tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère » étant répété trois fois — pour la consommation, pour le profit et pour la cuisson.

🖼️ Schéma
Cuire le guid ha-nache dans du lait un jour de fête, puis le manger Un seul geste, cinq interdits distincts : la baraita récitée devant Rabbi Yo'hanan 1. Avoir cuit le guid - travail du jour de fête, sans aucun usage alimentaire 2. Avoir mangé le guid - interdit explicite de la Torah 3. Avoir cuit de la viande dans du lait 4. Avoir mangé de la viande cuite dans du lait 5. Le cinquième chef est énoncé au verso du folio Le premier chef n'existe que parce que la cuisson du guid ne sert à rien : appui de Rabbi Yo'hanan au mitokh.
Les chefs de malkot cumulés par la baraita et ce que le premier suppose.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).