Beitzah 29b — Tamiser une seconde fois, acheter par nombre : l'effort inutile et l'allure de commerce le jour de fête

Beitzah 29b

Sougya : L'amud s'ouvre sur la conclusion de la sougya précédente : Chmouel interdit à la femme de mesurer sa farine le jour de fête, et la Guemara précise qu'il est venu enseigner la halakha pour la pratique. Vient ensuite la question du second tamisage : une baraita l'interdit, Rabbi Papeyas et Rabbi Yehouda ben Betera le permettent, et tous s'accordent lorsqu'un caillou ou une brindille est tombé dans la farine.

Ravina renverse la position d'un tana qui voulait faire retirer le caillou à la main, parce que ce geste ressemble à borer. À Nehardea, Rav Nahman renvoie Rava bar Rav Houna à la pratique déjà établie des femmes de la ville, puis deux récits montrent les épouses de Rav Yossef et de Rav Achi tamisant par un chinouy.

La michna ouvre alors un autre sujet : on peut se procurer des denrées chez son fournisseur habituel en énonçant un nombre, sans mesure ni somme d'argent. Le troisième chapitre se termine et le quatrième commence par les règles de transport des cruches de vin et de la paille.

Le parcours de l'amud 1. Fin de la sougya précédente : mesurer la farine pour la halla Rav permet, Chmouel interdit. La Guemara : Chmouel enseigne la halakha pour la pratique 2. La baraita du second tamisage : chonin kemah ? Interdit / permis selon R. Papeyas et R. Yehouda ben Betera ; accord si caillou ou brindille 3. Ravina corrige le tana : retirer le caillou à la main est pire Ce geste ressemble à borer ; le tamis, lui, laisse tout passer et ne trie rien 4. Nehardea : Rava bar Rav Houna enseigne, Rav Nahman répond Les tamis tournent déjà dans la ville : la permission était connue de toutes 5. Deux maisons de maîtres : le chinouy au tamisage Dos du tamis chez Rav Yossef, dos de la table chez Rav Achi 6. Michna : commander par nombre chez son fournisseur habituel Fin du chapitre Ein tsadin, ouverture du chapitre Hamevi : transporter le vin et la paille
Les six étapes de l'amud, de la mesure de la farine à la michna du transport.
Tamiser la farine une seconde fois : les positions Farine déjà tamisée la veille, que l'on veut repasser au tamis pour l'affiner Tana kama Interdit Raison (Rachi) : il pouvait le faire la veille, donc l'effort du jour de fête est inutile Principe : tirha she-efchar la-assot me-erev yom tov R. Papeyas et R. Yehouda ben Betera Permis Raison (Rachi) : pas de peine réelle, et l'on voit bien que c'est un second passage Donc pas d'allure de tri Point d'accord Un caillou (tseror) ou une brindille (kissam) est tombé Tous permettent de tamiser une seconde fois Le besoin est né aujourd'hui, rien ne pouvait être fait hier La correction de Ravina Le tana enseignait : on ne tamise pas une seconde fois, on retire le caillou à la main. Ravina : à plus forte raison est-ce interdit — retirer à la main a l'allure de borer, travail principal au même titre que le tamisage. Le second tamisage, lui, laisse passer toute la farine : il ne sépare rien.
Le second tamisage : les deux positions, leur point d'accord, et la correction de Ravina.
Que peut-on dire à son fournisseur le jour de fête ? Fournisseur habituel (ragil etslo) : berger, boucher, engraisseur de volailles, boulanger, commerçant Un nombre donne-moi vingt œufs, cinquante noix, un etrog on compte ainsi chez soi tout au long de l'année Sekhoum mida une mesure : un kav, deux kavim (Rachi) geste propre au marché, pas à la maison Sekhoum mikah une somme : donne-moi des noix pour un dinar R. Chimon ben Elazar vise ce cas Sekhoum minyan le cumul : dix noix, plus trente déjà prises lecture de Rabbenou Hananel et des Tossefot Permis Interdit Interdit Interdit selon Rabbenou Hananel Le principe commun Tout ce qui a l'allure d'une transaction de jour ordinaire est écarté : mesure, prix, compte courant. Le nombre reste, parce que le maître de maison compte de la même manière chez lui. La confiance entre habitués rend l'opération possible sans fixer de prix (Rachi sur ha-ragil etslo) : on règlera le compte après la fête.
La michna et sa baraita : ce que l'on peut énoncer chez son fournisseur, et ce qui est écarté.
1
שְׁמוּאֵל — הֲלָכָה לְמַעֲשֶׂה אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן.

Chmouel est venu nous enseigner la halakha pour la pratique.

🗂️ Tossefot (1)
שְׁמוּאֵל הֲלָכָה לְמַעֲשֶׂה אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן. פִּי' דְּאִם יָבֹא שׁוּם אָדָם לִשְׁאוֹל לָנוּ כֵּיצַד יַעֲשֶׂה אוֹמְרֵי' לוֹ הוֹרָאָה לֶאֱסֹור אֲבָל אִם אָנוּ רוֹאִין שׁוּם אָדָם שֶׁנּוֹהֵג הֶיתֵּר בַּדָּבָר אֵין אָנוּ צְרִיכִין לִמְחוֹת בּוֹ וּלְפִי זֶה לָא פְּלִיג שְׁמוּאֵל אַרַב דְּתַרְוַיְיהוּ מוֹדוֹ לֶאֱסֹור לְמַעֲשֶׂה מִיהוּ בה"ג פֵּירֵשׁ וּשְׁמוּאֵל הֲלָכָה לְמַעֲשֶׂה אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן וּפְלִיג אַבָּרַייְתָא וּפְלִיג אַרַב וְיֵשׁ שֶׁפּוֹסְקִין כִּשְׁמוּאֵל ואע"ג דַּהֲלָכָה כְּרַב בְּאִסּוּרֵי מ"מ מִדְּאָמַר סְתָמָא דְּהַשַּׁ"ס שְׁמוּאֵל הֲלָכָה לְמַעֲשֶׂה אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן מַשְׁמַע דַּהֲלָכָה כְּוָתֵיהּ וְיֵשׁ פּוֹסְקִין כְּרַב מִשּׁוּם דַּהֲלָכָה כְּרַב בְּאִסּוּרֵי וכ"ש הָכָא דְּהָא תְּנָא [דְּבֵי] שְׁמוּאֵל כְּוָתֵיהּ דְּרַב וְאוֹמֵר הר"ר שְׁמוּאֵל מאייבר"א דְּאַפֵּי' לָמֶ"ד דַּהֲלָכָה כְּרַב מ"מ אָסוּר לָנוּ בַּזְּמַן הַזֶּה לִמְדֹּוד מִשּׁוּם לִיטֹּול חַלָּה בְּעַיִן יָפָה דְּדַוְקָא בִּימֵיהֶן שֶׁהָיוּ מַפְרִישִׁין חַלָּה אַחַת מכ"ד וְנוֹתְנִין לַכֹּהֵן שַׁיָּיךְ לוֹמַר דְּמֻותָּר מִשּׁוּם עַיִן יָפָה אֲבָל אָנוּ שֶׁאֵין מַפְרִישִׁין כִּי אִם מְעַט אֲפִילּוּ מֵעִיסָּה מְרֻובָּה וְאוֹתוֹ מְעַט נָמֵי אֵינוֹ נֶאֱכָל אֶלָּא נִשְׂרַף אֵין לִמְדֹּוד דְּלָא שַׁייְכָא סְבָרָא דְּקָאָמַר הָכָא כְּדֵי שֶׁתִּטּוֹל חַלָּה בְּעַיִן יָפָה אֶלָּא יֵשׁ לָנוּ לְשַׁעֵר מֵאֹומֶד שֶׁתִּהְיֶה בְּרִיוַּח כַּשִּׁיעוּר מִשּׁוּם הַבְּרָכָה וְכֵן בְּפֶסַח נָמֵי יֵשׁ לִיזָּהֵר מִלִּמְדֹּוד בְּיוֹם טוֹב לְמַצּוֹת וְצָרִיךְ לַעֲשׂוֹת פָּחוֹת מִכַּשִּׁיעוּר וְלֹא יִמְדֹּוד בְּמִדָּה שֶׁעָשָׂה לִמְדֹּוד בְּחוֹל בְּצִמְצוּם אֶלָּא יִפְחֹות אוֹ יוֹסִיף אִם הַמִּדָּה קְטַנָּה:
Chmouel est venu nous enseigner la halakha pour la pratique. Explication : si quelqu'un vient nous demander comment agir, nous lui donnons une instruction d'interdiction ; mais si nous voyons quelqu'un qui se conduit selon la permission en cette matière, nous n'avons pas à le reprendre. Selon cela, Chmouel ne diverge pas de Rav, car tous deux reconnaissent que la pratique est interdite. Toutefois les Halakhot Guedolot ont expliqué que Chmouel est venu enseigner la halakha pour la pratique et qu'il diverge de la baraita comme il diverge de Rav. Certains tranchent comme Chmouel : bien que la halakha suive Rav en matière d'interdits, du moment que la Guemara anonyme dit que Chmouel est venu enseigner la halakha pour la pratique, cela indique que la halakha est comme lui. D'autres tranchent comme Rav, puisque la halakha suit Rav en matière d'interdits, et à plus forte raison ici, car un tana de l'école de Chmouel enseigne comme Rav. Et Rabbi Chmouel d'Évreux dit que même pour celui qui tient la halakha comme Rav, il nous est interdit aujourd'hui de mesurer au titre de prélever la halla d'une main généreuse : c'est seulement de leur temps, lorsqu'on prélevait une part sur vingt-quatre que l'on remettait au cohen, qu'il était pertinent de permettre au nom de la générosité ; mais nous qui ne prélevons qu'un peu, même d'une pâte abondante, et dont ce peu n'est pas consommé mais brûlé, le raisonnement énoncé ici, prélever la halla d'une main généreuse, ne s'applique plus. Nous devons plutôt évaluer à vue, avec une marge suffisante au-delà de la quantité requise, à cause de la bénédiction. De même à Pessa'h, il y a lieu de prendre garde à ne pas mesurer le jour de fête pour les matsot : il faut faire un peu moins que la quantité exacte, et ne pas mesurer avec la mesure dont on se sert en semaine au plus juste ; on retranchera ou l'on ajoutera si la mesure est petite.
💡 Explication

Ce segment ferme la sougya ouverte au feuillet précédent. Rav permettait à la femme de mesurer sa farine le jour de fête afin de prélever la halla avec exactitude et générosité ; Chmouel l'interdisait, alors qu'un tana de sa propre école enseignait la permission.

La Guemara résout la tension : Chmouel connaissait la baraita permissive et a néanmoins énoncé halakha le-ma'asse, la règle telle qu'on la suit en fait. L'expression désigne une décision destinée à être appliquée, au-delà de la position théorique enseignée.

Les Tossefot en tirent deux lectures : soit Chmouel ne fait que refuser d'enseigner la permission tout en tolérant celui qui l'applique, soit il tranche franchement contre la baraita. Ils ajoutent une remarque pratique : le motif de la générosité dans le prélèvement de la halla ne vaut plus aujourd'hui, où la part prélevée est minime et brûlée.

2
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין שׁוֹנִין קֶמַח בְּיוֹם טוֹב. מִשּׁוּם רַבִּי פַּפְּייָס וְרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא אָמְרוּ: שׁוֹנִין. וְשָׁוִין שֶׁאִם נָפַל לְתוֹכָן צְרוֹר אוֹ קֵיסָם, שֶׁשּׁוֹנִין.

Nos maîtres ont enseigné : on ne tamise pas la farine une seconde fois le jour de fête. Au nom de Rabbi Papeyas et de Rabbi Yehouda ben Betera ils ont dit : on la tamise une seconde fois.

Et ils s'accordent que si un caillou ou une brindille y est tombé, on la tamise une seconde fois.

📜 Rachi (2)
אֵין שׁוֹנִין קֶמַח שֶׁרִקְּדוֹ מֵאֶתְמוֹל וּבָא לְשַׁנּוֹתוֹ בְּנָפָה לְיַפּוֹתוֹ אֵין שׁוֹנִין דְּאֶפְשָׁר לוֹ מֵאֶתְמוֹל:
On ne tamise pas une seconde fois — de la farine que l'on a tamisée depuis la veille et qu'il vient repasser au tamis pour l'affiner : on ne la tamise pas une seconde fois, car il lui était possible de le faire depuis la veille.
שׁוֹנִין דְּלֵיכָּא טִרְחָא וְדָבָר הַנִּרְאֶה הוּא שֶׁזּוֹ הִיא פַּעַם שְׁנִיָּה וְאֵין זֶה כִּמְרַקֵּד לִבְרֹור:
On tamise une seconde fois — car il n'y a pas de peine, et la chose est visible : c'est un second passage, et cela ne ressemble pas à celui qui tamise pour trier.
💡 Explication

La baraita porte sur une farine déjà tamisée la veille, que l'on veut repasser au tamis pour l'affiner encore. L'enjeu est la tirha, la peine que l'on aurait pu éviter en agissant avant la fête : toute besogne réalisable la veille se trouve écartée du jour de fête, même lorsqu'elle sert à la nourriture.

Rabbi Papeyas et Rabbi Yehouda ben Betera répondent sur deux plans, comme le dégage Rachi : le second passage demande peu d'effort, et il se voit comme un second passage, de sorte qu'il ne prend pas l'allure du meraked, le tamisage qui sépare la farine du son.

Le point d'accord est instructif : lorsqu'un tseror (caillou) ou un kissam (brindille) est tombé dans la farine après le premier tamisage, le besoin est né le jour même et rien ne pouvait être anticipé.

🖼️ Schéma
Tamiser la farine une seconde fois : les positions Farine déjà tamisée la veille, que l'on veut repasser au tamis pour l'affiner Tana kama Interdit Raison (Rachi) : il pouvait le faire la veille, donc l'effort du jour de fête est inutile Principe : tirha she-efchar la-assot me-erev yom tov R. Papeyas et R. Yehouda ben Betera Permis Raison (Rachi) : pas de peine réelle, et l'on voit bien que c'est un second passage Donc pas d'allure de tri Point d'accord Un caillou (tseror) ou une brindille (kissam) est tombé Tous permettent de tamiser une seconde fois Le besoin est né aujourd'hui, rien ne pouvait être fait hier La correction de Ravina Le tana enseignait : on ne tamise pas une seconde fois, on retire le caillou à la main. Ravina : à plus forte raison est-ce interdit — retirer à la main a l'allure de borer, travail principal au même titre que le tamisage. Le second tamisage, lui, laisse passer toute la farine : il ne sépare rien.
Les deux positions de la baraita et leur point d'accord.
3
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרָבִינָא: אֵין שׁוֹנִין קֶמַח בְּיוֹם טוֹב, אֲבָל נָפַל צְרוֹר אוֹ קֵיסָם — בּוֹרֵר בְּיָדוֹ. אֲמַר לֵיהּ: כָּל שֶׁכֵּן דְּאָסוּר, דַּהֲוָה לֵיהּ כְּבוֹרֵר.

Un tana enseigna devant Ravina : on ne tamise pas la farine une seconde fois le jour de fête, mais si un caillou ou une brindille y est tombé, il le retire à la main. Il lui dit : à plus forte raison est-ce interdit, car cela lui devient comme borer (trier).

📜 Rachi (2)
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרָבִינָא אֵין שׁוֹנִין וַאֲפִילּוּ נָפַל לְתוֹכָן צְרוֹר אוֹ קֵיסָם אֶלָּא בּוֹדֵק הַקָּסְמִין וְהַצְּרוֹרוֹת וּבוֹרְרָן בְּיָדָיו:
Un tana enseigna devant Ravina : on ne tamise pas une seconde fois — même si un caillou ou une brindille y est tombé ; il examine plutôt les brindilles et les cailloux et les trie de ses mains.
כָּל שֶׁכֵּן דְּאָסוּר דְּמֶחֱזֵי כְּבוֹרֵר וּבוֹרֵר אַב מְלָאכָה הִיא כְּהַרְקָדָה וְהַשּׁוֹנֶה אֵינוֹ מְרַקֵּד שֶׁהֲרֵי נִרְאֶה שֶׁהַכֹּל יוֹצֵא וְאֵין כָּאן סֻובִּין:
À plus forte raison est-ce interdit — car cela a l'allure de borer, et borer est un travail principal (av melakha) au même titre que le tamisage ; tandis que celui qui tamise une seconde fois ne tamise pas vraiment, puisqu'on voit que tout passe et qu'il ne reste plus de son.
💡 Explication

Ce tana avait une version plus stricte de la baraita : même la chute d'un caillou ne permet pas de repasser la farine au tamis, et il faut retirer les corps étrangers à la main.

Ravina renverse la hiérarchie. Retirer du bout des doigts le caillou pris dans la farine est exactement l'acte de borer, séparer le rebut de l'aliment, qui compte parmi les trente-neuf travaux principaux. Le second tamisage, lui, laisse passer toute la farine sans rien retenir, donc il ne sépare rien.

La règle qui en ressort : le geste qui paraît anodin peut être plus grave que celui qui paraît ouvrage, et l'évaluation se fait sur la nature de l'acte, non sur son apparence de peine.

🖼️ Schéma
Le renversement de Ravina Le tana enseigne : on ne tamise pas une seconde fois, on retire le caillou à la main Ravina : à plus forte raison retirer à la main a l'allure de borer, travail principal (av melakha) Conséquence : mieux vaut repasser la farine au tamis, où tout passe et rien n'est séparé, que de prélever le caillou du bout des doigts, geste qui trie visiblement.
Ravina inverse la hiérarchie entre le tamis et la main.
4
דָּרֵשׁ רָבָא בַּר רַב הוּנָא זוּטֵי אַפִּתְחָא דִנְהַרְדְּעָא: שׁוֹנִין קֶמַח בְּיוֹם טוֹב. אֲמַר לְהוּ רַב נַחְמָן: פּוּקוּ וֶאֱמַרוּ לֵיהּ לְאַבָּא: שְׁקִילָא טֵיבוּתָךְ וְשָׁדֵי[א] אַחִזְרֵי, פּוֹק חֲזִי כַּמָּה מַהוֹלָתָא הַדְרָן בִּנְהַרְדְּעָא.

Rava bar Rav Houna Zouti enseigna en public à l'entrée de Nehardea : on tamise la farine une seconde fois le jour de fête. Rav Nahman leur dit : sortez et dites à Abba : ta faveur est reprise et jetée sur les ronces ; sors et vois combien de tamis tournent dans Nehardea.

📜 Rachi (4)
לְאַבָּא לַחֲבֵרִי:
À Abba — à mon collègue.
שְׁקִילָא טֵיבוּתִיךְ אֵין אָנוּ מַחֲזִיקִין לְךָ טוֹבָה בְּכָךְ נְטוּלָה הִיא טוֹבָתְךָ וּמֻוטֶּלֶת עַל הַקּוֹצִים טֵיבוּתִיךְ גרי"ר בְּלַעַ"ז:
Ta faveur est reprise — nous ne t'en savons aucun gré ; ta faveur est enlevée et jetée sur les ronces. Tivoutakh, ce que l'on dit grei'r en langue vulgaire.
מַהוֹלְתָּא נָפוֹת:
Mehoulta — des tamis.
הַדְרָן בִּנְהַרְדְּעָא שֶׁכֻּולָּן יוֹדְעוֹת שֶׁמֻּותָּר:
Tournent dans Nehardea — car toutes savent que c'est permis.
⚖️ Rosh (1)
ת"ר אֵין שׁוֹנִין קֶמַח בְּיוֹם טוֹב ר' פַּפְּייָס וְרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא אָמְרוּ שׁוֹנִין וְשָׁוִין שֶׁאִם נָפַל לְתוֹכוֹ צְרוֹר אוֹ קֵיסָם שֶׁשּׁוֹנִין. דִּבְיַתְהוּ דְּרַב יוֹסֵף הֲוָה נָהֲלָא קִימְחָא אַגַּבָּא דְּמַהוֹלְתָּא אֲמַר לַהּ חֲזַי דַּאֲנָא רִיפְתָּא מְעַלְּיָא בָּעֵינָא. דִּבְיַתְהוּ דְּרַב אַשִּׁי הֲוָה נָהֲלָא קִימְחָא אַפְּתוּרָא. אָמַר רַב אָשֵׁי הָא דִּידַן בְּרַתֵּיה דְּרָמֵי בַּר חָמָא הִיא וְרָמֵי בַּר חָמָא הֲוָה שְׁכִיחַ קַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא מָרִי דְּעֻובְדָּא וְאִי לָא דַּחֲזַאי בְּבֵי נָשָׂא לָא הֲוָת עָבְדָה וְכָל הָנֵי עֻובְדָּא אַשּׁוֹנִין קָאֵי. אֲבָל בִּתְחִילַּת הָרְקִידָה אֲפִילּוּ ע"י שִׁינּוּי אָסוּר. וּמַה שֶׁהֵבִיא הָרַב אַלְפָסִי הָנֵי תְּרֵי עוֹבְדֵי אַף עַל גַּב דְּלִכְאוֹרָה מַשְׁמַע דִּפְלִיגִי אַהֲדָדֵי רַב יוֹסֵף לָא בָּעֵי שִׁינּוּי וְרַב אַשִּׁי בָּעֵי שִׁינּוּי. וּמִסְּתָמָא הֲלָכָה כְּרַב אַשִּׁי וְלֹא הָיָה לוֹ לְהָבִיא עֻובְדָּא דְּרַב יוֹסֵף. אוֹמֵר אֲנִי דִּסְבִירָא דל"פ אַהֲדָדֵי דְּשִׁינּוּי אַגַּבָּא דְּמַהוֹלְתָּא לָא בָּעֲיָא לְפִי שֶׁאֵינוֹ נִרְקַד יָפֶה וְהַיְינוּ דְּקָאָמַר לָהּ רַב יוֹסֵף רִיפְתָּא מְעַלְּיָא בָּעֵינָא וּבְגַבָּא דְּמַהוֹלְתָּא אֵין הַפַּת יָפָה אֲבָל שִׁינּוּי דְּאַפְּתוּרָא בָּעֵי () וּדְלֹא כְּהָרַמְבַּ"ם זַ"ל שֶׁדִּימָּה שְׁנֵיהֶם יַחַד שֶׁכָּתַב (בפ"ג מֹהַל' יו"ט הֵל' יד) וְאִם שִׁינָּה מֻותָּר כְּגוֹן שֶׁרִקֵּד מֵאֲחוֹרֵי הַנָּפָה אוֹ שֶׁנִּרְקַד עַל גַּבֵּי הַשֻּׁולְחָן:
Nos maîtres ont enseigné : on ne tamise pas la farine une seconde fois le jour de fête ; Rabbi Papeyas et Rabbi Yehouda ben Betera ont dit : on la tamise une seconde fois ; et ils s'accordent que si un caillou ou une brindille y est tombé, on la tamise une seconde fois. L'épouse de Rav Yossef tamisait la farine sur le dos du tamis ; il lui dit : vois, c'est un pain de qualité que je veux. L'épouse de Rav Achi tamisait la farine sur la table ; Rav Achi dit : celle-ci, la nôtre, est fille de Rami bar Hama, et Rami bar Hama se tenait devant Rav Papa, maître de la pratique, et si elle ne l'avait pas vu dans la maison de son père elle ne l'aurait pas fait. Tous ces récits portent sur le second tamisage ; mais un premier tamisage est interdit même par un chinouy (changement de manière). Quant au fait que Rav Alfassi a rapporté ces deux récits, alors qu'à première vue ils paraissent se contredire — Rav Yossef n'exige pas de chinouy et Rav Achi en exige un —, que la halakha suit vraisemblablement Rav Achi, et qu'il n'aurait donc pas dû rapporter le récit de Rav Yossef : je dis quant à moi qu'il tient qu'ils ne se contredisent pas, car le chinouy du dos du tamis n'est pas requis, puisque la farine n'y est pas bien tamisée ; et c'est ce que Rav Yossef lui disait, je veux un pain de qualité, or sur le dos du tamis le pain n'est pas de qualité. En revanche le chinouy de la table, il l'exige. Et ceci à la différence du Rambam, de mémoire bénie, qui a rapproché les deux, écrivant : s'il a changé de manière c'est permis, par exemple s'il a tamisé par l'envers du tamis ou s'il a tamisé sur la table.
💡 Explication

Rava bar Rav Houna Zouti, le Petit, enseigne publiquement la position permissive à l'entrée de Nehardea. Rav Nahman fait répondre par une formule araméenne piquante : chekila tivoutakh, ta faveur est reprise et jetée sur les ronces, autrement dit cette faveur ne rend service à personne.

Le motif est donné aussitôt : les mehoulta, les tamis, circulent déjà dans toute la ville. La permission était connue et pratiquée, donc l'enseignement public n'apportait rien.

Le Roch, placé ici, rassemble toute la sougya et la conduit à sa conclusion halakhique : la permission vise le second tamisage seul, et un premier tamisage demeure interdit même par un chinouy. Il lit ensuite les deux récits de maisons de maîtres comme complémentaires, contre le rapprochement opéré par le Rambam.

5
דְּבֵיתְהוּ דְּרַב יוֹסֵף נָהֲלָא קִמְחָא אַגַּבָּא דְּמַהוֹלְתָּא. אֲמַר לָהּ: חֲזִי, דַּאֲנָא רִפְתָּא מְעַלַּיְתָא בָּעֵינָא. דְּבֵיתְהוּ דְּרַב אָשֵׁי נָהֲלָא קִמְחָא אַגַּבָּא דְּפָתוּרָא. אָמַר רַב אַשִּׁי: הָא דִּידַן, בְּרַתֵּיה דְּרָמֵי בַּר חָמָא, וְרָמֵי בַּר חָמָא מָרָא דְעוֹבָדָא הֲוָה, וְאִי לָאו דַּחֲזַאי מִבֵּי נָשָׁא לָא הֲוָה עָבְדָא.

L'épouse de Rav Yossef tamisait la farine sur le dos du tamis. Il lui dit : vois, c'est un pain de qualité que je veux.

L'épouse de Rav Achi tamisait la farine sur le dos de la table. Rav Achi dit : celle-ci, la nôtre, est fille de Rami bar Hama, et Rami bar Hama était un maître de la pratique ; si elle ne l'avait pas vu dans la maison de son père, elle ne l'aurait pas fait.

📜 Rachi (5)
אַגַּבָּא דְּמַהוֹלְתָּא בַּאֲחוֹרֵי הַנָּפָה כְּדֵי לְשַׁנּוֹת:
Sur le dos du tamis — par l'envers du tamis, afin de changer de manière.
רִפְתָּא מֵעִלַּיְתָא אִי אַתְּ צְרִיכָה לְשַׁנּוֹת דְּשׁוֹנִין קֶמַח בְּיוֹם טוֹב:
Un pain de qualité — tu n'as pas besoin de changer de manière, car on tamise la farine une seconde fois le jour de fête.
אַגַּבָּא דְּפָתוּרָא אֲחוֹרֵי הַשֻּׁלְחָן שֶׁיֵּשׁ לוֹ תּוֹךְ שֶׁקּוֹרִין טורנרוייר"א וְהִיא הָיְתָה שׁוֹנָה הַקֶּמַח עַל אֲחוֹרָיו מִשּׁוּם שִׁנּוּי:
Sur le dos de la table — l'envers de la table, qui présente un creux et que l'on appelle tornoire ; elle tamisait la farine une seconde fois sur cet envers, en raison du chinouy.
הָא דִּידַן זוֹ אִשְׁתִּי בְּרַתֵּיה דְּרָמֵי בַּר חָמָא הִיא:
Celle-ci, la nôtre — c'est mon épouse ; elle est fille de Rami bar Hama.
מָרָא דְּעֻובְדָּא מְדַקְדֵּק בְּמַעֲשָׂיו:
Maître de la pratique — méticuleux dans ses actes.
🗂️ Tossefot (1)
אַגַּבָּא דְּפָתוּרָא. פ"ה אֲחוֹרֵי הַשֻּׁלְחָן כְּמוֹ אַגַּבָּא דְּמַהוֹלְתָּא וְאֶפְשָׁר לְפָרֵשׁ ע"ג הַשֻּׁלְחָן מַמָּשׁ וַחֲשִׁיב שִׁנּוּי לְפִי שֶׁדֶּרֶךְ לְרַקֵּד בַּעֲרֵיבָה ומ"מ אֵין לְהַתִּיר תְּחִלַּת הַרְקָדָה עַל יְדֵי שִׁנּוּי דְּהָא אַשּׁוֹנִין דְּבָרַיְיתָא קָאֵי וְרַשְׁבָּ"ם פֵּירֵשׁ דע"י שִׁנּוּי אֵין לְחַלֵּק וְיֵשׁ לִסְמֹוךְ עָלָיו לְעִנְיַן לְהַתִּיר לְשִׁפְחָה נָכְרִית תְּחִלַּת הַרְקָדָה ע"י שִׁנּוּי אֲבָל אָנוּ לְעַצְמֵנוּ אֵין לִסְמֹוךְ:
Sur le dos de la table. Rachi a expliqué : l'envers de la table, comme pour le dos du tamis. On peut aussi expliquer : sur la table elle-même, et cela compte comme chinouy, puisque l'usage est de tamiser dans un pétrin. En tout cas il n'y a pas lieu de permettre un premier tamisage par un chinouy, car ces récits portent sur le second tamisage de la baraita. Le Rachbam a expliqué que dès lors qu'il y a chinouy il n'y a pas lieu de distinguer, et l'on peut s'appuyer sur lui pour permettre à une servante non juive un premier tamisage accompli par un chinouy ; mais pour nous-mêmes on ne s'y appuiera pas.
💡 Explication

Deux récits de maison illustrent la pratique effective. L'épouse de Rav Yossef tamise agba de-mahoulta, par l'envers du tamis ; son mari lui fait comprendre, par une remarque sur la qualité du pain, qu'un tel chinouy n'est pas exige de sa part.

L'épouse de Rav Achi tamise agba de-ftora, sur l'envers de la table. Rav Achi refuse de corriger, et donne la raison : elle tient cet usage de la maison de son père Rami bar Hama, mara de-ovada, homme scrupuleux dans sa conduite. Une pratique reçue d'une telle maison vaut comme témoignage de halakha.

Les Tossefot fixent la limite : toute cette discussion porte sur le second tamisage. Le premier tamisage reste écarté du jour de fête, même par un chinouy, sauf le cas d'une servante non juive selon l'opinion du Rachbam, sur laquelle ils refusent de s'appuyer pour soi-même.

🖼️ Schéma
Deux maisons, deux chinouyim au tamisage Chez Rav Yossef Son épouse tamise sur le dos du tamis (agba de-mahoulta) Il lui dit : je veux un pain de qualité Lecture du Roch : ce chinouy gâte la farine Chez Rav Achi Son épouse tamise sur le dos de la table (agba de-ftora) Fille de Rami bar Hama, maître de la pratique Lecture du Roch : ce chinouy-là est exige Limite commune (Roch et Tossefot) : ces récits portent tous sur le second tamisage. Un premier tamisage reste interdit le jour de fête, même accompli par un chinouy.
Les deux maisons de maîtres et la limite commune dégagée par le Roch et les Tossefot.
6
מַתְנִי׳ הוֹלֵךְ אָדָם אֵצֶל חֶנְוָנִי הָרָגִיל אֶצְלוֹ וְאוֹמֵר לוֹ: תֵּן לִי בֵּיצִים וֶאֱגוֹזִים בְּמִנְיָן, שֶׁכֵּן דֶּרֶךְ בַּעַל הַבַּיִת לִהְיוֹת מוֹנֶה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ.

Michna. Un homme va chez le commerçant chez qui il a ses habitudes et lui dit : donne-moi des œufs et des noix, en nombre ; car telle est la manière du maître de maison de compter à l'intérieur de sa maison.

🗂️ Tossefot (1)
אֵצֶל חֶנְוָנִי הָרָגִיל אֶצְלוֹ. בֵּין הוּא נָכְרִי בֵּין יִשְׂרָאֵל דְּאֵין לְחַלֵּק רַק הֵיכָא דְּאִיכָּא חֲשָׁשָׁא דִּמְחֻובָּר אוֹ נוֹלַד:
Chez le commerçant chez qui il a ses habitudes. Qu'il soit non juif ou juif : il n'y a lieu de distinguer que là où existe une crainte de mehoubar (produit encore attaché au sol) ou de nolad (chose venue à l'existence le jour même).
⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' אוֹמֵר אָדָם לַחֶנְוָנִי תֵּן לִי בֵּיצִים וֶאֱגוֹזִים בְּמִנְיָן שֶׁכֵּן דֶּרֶךְ בַּעַל הַבַּיִת לִהְיוֹת מוֹנֶה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ:
Michna. Un homme dit au commerçant : donne-moi des œufs et des noix, en nombre ; car telle est la manière du maître de maison de compter à l'intérieur de sa maison.
💡 Explication

La michna ouvre un sujet neuf : se procurer des denrées le jour de fête sans tomber dans le mekah ou-mimkar, l'achat et la vente, écartés ce jour-là.

Deux conditions y pourvoient. D'abord le fournisseur habituel, ha-ragil etslo : la confiance établie permet de prendre la marchandise sans fixer de prix. Ensuite la forme de la demande : un nombre, parce que le maître de maison compte de la même manière chez lui toute l'année, et que l'énoncé ne prend donc pas l'allure d'une transaction.

Les Tossefot écartent une distinction que l'on pourrait croire nécessaire : le commerçant peut être juif ou non juif ; ce qui sépare les cas relevant du non-juif, c'est la crainte du mehoubar ou du nolad, absente ici.

7
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: הוֹלֵךְ אָדָם אֵצֶל רוֹעֶה הָרָגִיל אֶצְלוֹ וְאוֹמֵר לוֹ: תֵּן לִי גְּדִי אֶחָד אוֹ טָלֶה אֶחָד. אֵצֶל טַבָּח הָרָגִיל אֶצְלוֹ וְאוֹמֵר לוֹ: תֵּן לִי כַּף אַחַת אוֹ יָרֵךְ אַחַת. אֵצֶל פַּטָּם הָרָגִיל אֶצְלוֹ וְאוֹמֵר לוֹ: תֵּן לִי תּוֹר אֶחָד אוֹ גּוֹזָל אֶחָד. אֵצֶל נַחְתּוֹם הָרָגִיל אֶצְלוֹ וְאוֹמֵר לוֹ: תֵּן לִי כִּכָּר אֶחָד אוֹ גְּלוּסְקָא אַחַת.

Guemara. Nos maîtres ont enseigné : un homme va chez le berger chez qui il a ses habitudes et lui dit : donne-moi un chevreau ou un agneau.

Chez le boucher chez qui il a ses habitudes, et lui dit : donne-moi une épaule (kaf) ou une cuisse. Chez l'engraisseur de volailles chez qui il a ses habitudes, et lui dit : donne-moi une tourterelle ou un pigeonneau.

Chez le boulanger chez qui il a ses habitudes, et lui dit : donne-moi un pain ou une galette fine (glouska).

📜 Rachi (3)
רוֹעֶה זֶה הַמְגַדֵּל בְּהֵמוֹת וּפְעָמִים שֶׁמּוֹכֵר מֵהֶן:
Le berger — celui qui élève des bêtes et qui en vend parfois.
הָרָגִיל אֶצְלוֹ שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁרָגִיל אֶצְלוֹ מַאֲמִינוֹ וְנוֹתְנוֹ לוֹ בְּלֹא פָּסוּק דָּמִים:
Chez qui il a ses habitudes — parce qu'il a ses habitudes chez lui, il lui fait confiance et le lui remet sans fixer de prix.
פַּטָּם הַמְפַטֵּם עוֹפוֹת לְשׁוֹן מַשְׁמִין:
Patam — celui qui engraisse les volailles ; le mot a le sens d'engraisser.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' תָּנָא אִם אִי אֶפְשָׁר לְשַׁנּוֹת מֻותָּר. אַתְקִין רָבָא בְּמָחוֹזָא דְּדָרוּ בְּדֻוחְקָא לִידְרוֹ בְּדִגְלָא דְּדָרוּ בְּדִגְלָא () לִידְּרוּ בְּאִיגָּרָא. דְּדָרוּ בְּאִיגָּרָא לִידְּרוּ אַכְּתִיפָא. דְּדָרוּ אַכְּתִיפָא נִיפְרֹוס סוּדָרָא עָלֶיהָ. וְאִם אִי אֶפְשָׁר לְשַׁנּוֹיֵי שָׁרִי. דְּאָמַר מָר אִם אִי אֶפְשָׁר לוֹ לְשַׁנּוֹת מֻותָּר:
Guemara. Un tana a enseigné : si un chinouy est impossible, c'est permis. Rava a institué à Mehoza : ceux qui portaient bedoukhka (à deux, au moyen d'une perche) porteront bedigla (avec une perche simple) ; ceux qui portaient bedigla porteront be-igra (sur une planche) ; ceux qui portaient be-igra porteront sur l'épaule ; ceux qui portaient sur l'épaule étendront un tissu par-dessus. Et si un chinouy est impossible, c'est permis, car le maître a dit : si un chinouy lui est impossible, c'est permis.
💡 Explication

La baraita étend la michna à toute la chaîne des fournisseurs : roe le berger, tabah le boucher, patam l'engraisseur de volailles, nahtom le boulanger. Dans chaque cas la formule reste la même : le fournisseur habituel, et une demande énoncée par unités.

Rachi éclaire le ressort économique : l'habitude crée la confiance, et le fournisseur remet la marchandise sans fixer de prix, le compte se réglant plus tard. Le geste du jour de fête se limite ainsi à la remise de l'objet.

Le Roch, rattaché ici, anticipe déjà la michna suivante : il rapporte l'institution de Rava a Mehoza, une échelle graduée de chinouyim pour le transport, et la règle qui la borne — lorsque changer de manière est impossible, le transport reste permis tel quel.

8
וְאַצֵּל חֶנְוָנִי הָרָגִיל אֶצְלוֹ וְאוֹמֵר לוֹ: תֵּן לִי עֶשְׂרִים בֵּיצִים, אוֹ חֲמִשִּׁים אֱגוֹזִים, עֲשָׂרָה אֲפַרְסְקִין, וַחֲמִשָּׁה רִמּוֹנִים וְאֶתְרוֹג אֶחָד. וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַזְכִּיר לוֹ סְכוּם מִדָּה. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַזְכִּיר לוֹ סְכוּם מִקָּח.

Et chez le commerçant chez qui il a ses habitudes, et lui dit : donne-moi vingt œufs, ou cinquante noix, dix pêches, cinq grenades et un etrog ; à condition qu'il ne lui mentionne pas de total de mesure. Rabbi Chimon ben Elazar dit : à condition qu'il ne lui mentionne pas de total d'achat.

📜 Rachi (2)
סְכוּם מִדָּה קַב אוֹ קַבִּים:
Total de mesure — un kav ou deux kavim.
סְכוּם מִקָּח דָּמִים:
Total d'achat — de l'argent.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁלֹּא יַזְכִּיר לוֹ סְכוּם מִדָּה. פֵּי' רַשִׁ"י קַב אוֹ קַבִּים וּסְכוּם מִקָּח שֶׁלֹּא יֹאמַר לוֹ תֵּן לִי אֱגוֹזִים בְּדִינָר אֶחָד אוֹ בִּשְׁנַיִם וְקָשֶׁה דִּפְשִׁיטָא דְּאָסוּר וְעוֹד אַמַּאי קָאָמַר סְכוּם מִדָּה ה"ל לְמֵימַר וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַזְכִּיר מִדָּה וְתוּ לָא לָכֵן נ"ל כר"ח דְּגָרֵיס סְכוּם מִנְיָן וְקָאֵי אַלְּעֵיל וה"פ אָמַרְתָּ דְּיֵלֵךְ אָדָם אֵצֶל חֶנְוָנִי הָרָגִיל אֶצְלוֹ וְיֹאמַר לוֹ תֵּן לִי ה' אֱגוֹזִים אוֹ י' אֲפַרְסְקִין וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַזְכִּיר סְכוּם מִנְיָן שֶׁלֹּא יֹאמַר לוֹ תֵּן לִי י' אֱגוֹזִים וּכְבָר נָתַתָּ לִי ל' וְאִם כֵּן אֲנִי חַיָּיב לְךָ מ' בֵּין הַכֹּל אֲבָל רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַזְכִּיר סְכוּם מִקָּח שֶׁלֹּא יֹאמַר לוֹ תֵּן לִי אֱגוֹזִים בְּשִׁשָּׁה פְּשִׁיטִין וּכְבָר נָתַתָּ לִי כָּךְ וְאִם כֵּן אֲנִי חַיָּיב לְךָ מִכָּל י"ב פְּשִׁיטִין אֲבָל סְכוּם מִנְיָן שָׁרִי וְכֵן אִיתָא בַּתּוֹסֶפְתָּא ובה"ג מִכָּאן יֵשׁ לִיזָּהֵר שֶׁלֹּא לְהַזְכִּיר אֲפִילּוּ סְכוּם מִנְיָן לְפִי שֶׁדּוֹמֶה לְמִקָּח וּמִמְכָּר:
Qu'il ne lui mentionne pas de total de mesure. Rachi a expliqué : un kav ou deux kavim ; et le total d'achat, qu'il ne lui dise pas donné-moi des noix pour un dinar ou pour deux. Cela fait difficulté, car il est évident que c'est interdit. En outre, pourquoi dire total de mesure ? Il aurait fallu dire : à condition qu'il ne mentionne pas de mesure, sans plus. Il me paraît donc, comme Rabbenou Hananel qui lit total de compte, que la clause se rapporte à ce qui précède, et voici le sens : tu as dit qu'un homme va chez le commerçant chez qui il a ses habitudes et lui dit donne-moi cinq noix ou dix pêches, à condition qu'il ne mentionne pas de total de compte, c'est-à-dire qu'il ne lui dise pas : donné-moi dix noix, tu m'en as déjà donné trente, me voilà donc redevable de quarante en tout. Mais Rabbi Chimon dit : à condition qu'il ne mentionne pas de total d'achat, c'est-à-dire qu'il ne lui dise pas : donné-moi des noix pour six pechitin, tu m'en as déjà donné pour tant, me voilà donc redevable de douze pechitin en tout ; le total de compte, en revanche, est permis. Ainsi lit-on dans la Tossefta et dans les Halakhot Guedolot. De là, il y a lieu de prendre garde à ne pas même mentionner un total de compte, car cela ressemble à un achat et une vente.
💡 Explication

La baraita précise la forme licite de la demande chez le commerçant et pose une réserve. Selon Rachi, sekhoum mida désigne l'unité de mesure, un kav ou deux kavim, propre au marché ; et sekhoum mikah, chez Rabbi Chimon ben Elazar, désigne la somme d'argent.

Les Tossefot objectent sur deux points : l'interdiction de nommer un prix va de soi, et le mot total, sekhoum, serait superflu s'il s'agissait d'une simple mesure. Avec Rabbenou Hananel, ils lisent sekhoum minyan, total de compte : la faute serait de cumuler à voix haute les prises successives, comme on tient un compte courant.

Le désaccord porte donc sur ce qui trahit la transaction : le mode de quantification pour Rachi, l'établissement du solde à régler pour les Tossefot. Ces derniers concluent par une mise en garde pratique tirée des Halakhot Guedolot, écartant même le total de compte.

🖼️ Schéma
Que peut-on dire à son fournisseur le jour de fête ? Fournisseur habituel (ragil etslo) : berger, boucher, engraisseur de volailles, boulanger, commerçant Un nombre donne-moi vingt œufs, cinquante noix, un etrog on compte ainsi chez soi tout au long de l'année Sekhoum mida une mesure : un kav, deux kavim (Rachi) geste propre au marché, pas à la maison Sekhoum mikah une somme : donne-moi des noix pour un dinar R. Chimon ben Elazar vise ce cas Sekhoum minyan le cumul : dix noix, plus trente déjà prises lecture de Rabbenou Hananel et des Tossefot Permis Interdit Interdit Interdit selon Rabbenou Hananel Le principe commun Tout ce qui a l'allure d'une transaction de jour ordinaire est écarté : mesure, prix, compte courant. Le nombre reste, parce que le maître de maison compte de la même manière chez lui. La confiance entre habitués rend l'opération possible sans fixer de prix (Rachi sur ha-ragil etslo) : on réglera le compte après la fête.
Les formules admises et celles qui sont écartées chez le fournisseur.
9
הֲדַרַן עֲלָךְ אֵין צָדִין

Nous reviendrons vers toi, Ein tsadin.

💡 Explication

Formule qui clôt le troisième chapitre de Beitzah, Ein tsadin, consacré à la capture des animaux, au mouktse, à l'abattage et à la préparation des aliments le jour de fête.

Le hadran exprime l'engagement de revenir à l'étude de ce chapitre, selon l'usage qui accompagne l'achèvement d'une unité d'étude.

10
הַמֵּבִיא כַּדֵּי יַיִן מִמָּקוֹם לְמָקוֹם — לֹא יְבִיאֵם בְּסַל וּבְקֻופָּה, אֲבָל מֵבִיא הוּא עַל כְּתֵפוֹ אוֹ לְפָנָיו. וְכֵן הַמּוֹלִיךְ אֶת הַתֶּבֶן — לֹא יַפְשִׁיל אֶת הַקֻּופָּה לַאֲחוֹרָיו, אֲבָל מְבִיאָהּ הוּא בְּיָדוֹ. וּמַתְחִילִין

Celui qui transporte des cruches de vin d'un lieu à un autre ne les transportera pas dans un panier ni dans un couffin ; mais il les porte sur son épaule ou devant lui. De même celui qui transporte la paille ne rejettera pas le couffin derrière son dos ; mais il le porte à la main.

Et l'on commence

📜 Rachi (5)
מַתְנֵי' הַמֵּבִיא מִמָּקוֹם לְמָקוֹם בְּתוֹךְ הַתְּחוּם אוֹ ע"י עֵרוּב:
Michna. Celui qui transporte d'un lieu à un autre — à l'intérieur du tehoum, ou au moyen d'un erouv.
לֹא יְבִיאֵם בְּסַל וּבְקֻופָּה לָתֵת שָׁלֹשׁ וְאַרְבַּע בְּתוֹךְ קֻופָּה וְיִשָּׂאֵם מִשּׁוּם דְּנִרְאֶה כְּמַעֲשֶׂה דְּחוֹל לָשֵׂאת מַשָּׂאוֹת:
Il ne les transportera pas dans un panier ni dans un couffin — en mettre trois ou quatre dans un couffin et les porter, car cela a l'allure d'un acte de jour ordinaire, porter des charges.
אֲבָל מֵבִיא עַל כְּתֵפוֹ אַחַת אוֹ שְׁתַּיִם דְּמוּכָח דִּלְצֹורֶךְ י"ט:
Mais il porte sur son épaule — une ou deux, ce qui montre que c'est pour les besoins du jour de fête.
אוֹ לְפָנָיו בְּיָדוֹ:
Ou devant lui — à la main.
וְכֵן הַמּוֹלִיךְ אֶת הַתֶּבֶן לְהֶסֵּק אוֹ לִבְהֵמָה לֹא יַפְשִׁיל קֻופָּה לְאַחֲרָיו דִּגְנַאי יו"ט שֶׁנִּרְאֶה כְּמִתְכַּוֵּין לִמְלָאכָה רַבָּה אוֹ לְהוֹלִיךְ לְמָקוֹם רָחוֹק כְּדֶרֶךְ חוֹל:
De même celui qui transporte la paille — pour le chauffage ou pour la bête : il ne rejettera pas le couffin derrière son dos, car c'est un manque d'égard envers le jour de fête ; il paraîtrait viser un grand ouvrage, ou transporter vers un lieu éloigné à la manière des jours ordinaires.
🗂️ Tossefot (1)
מַתְנִי' הַמֵּבִיא כַּדֵּי יַיִן וְכוּ' לֹא יְבִיאֵם בְּסַל. וְתֵימַהּ דְּאָמְרִינַן בְּשַׁבָּת פ' מְפַנִּין (שַׁבָּת דַּף קכו: וְשָׁם) מְפַנִּין ד' קֻופּוֹת אוֹ ה' וכ"ש שֶׁיְּהֵא מֻותָּר בי"ט וְי"ל דְּהָתָם מַיְירֵי שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְהוֹצִיא לַחוּץ וְאֵין רוֹאִין אוֹתוֹ וע"כ מֻותָּר וְהָכָא מַייְרֵי ביו"ט שֶׁיָּכוֹל לְהוֹצִיאוֹ לַחוּץ וְרוֹאִין אוֹתוֹ וע"כ יְהֵא אָסוּר שֶׁהָרוֹאֶה אוֹתוֹ אוֹמֵר לְצֹורֶךְ חוֹל מֵבִיא אוֹתָם וּלְהָכֵי אָסוּר ומ"מ קָשֶׁה דְּאָמַר אֲבָל הוּא מֵבִיא עַל כְּתֵפוֹ אַלְמָא מַשְׁמַע דִּמְרַבֶּה בְּהִלּוּכָא עָדִיף וְקָאָמַר הָתָם בְּמַסֶּכֶת שַׁבָּת לִמְעוּטֵי בְּהִלּוּכָא עָדִיף וְיוֹתֵר טוֹב לַהֲבִיאָן בְּסַל אוֹ בְּקֻופָּה בְּפַעַם אַחַת מִלַּהֲבִיאָן כָּל אַחַת בִּפְנֵי עַצְמָהּ וי"ל דִּלְמַה דְּפִי' נִיחָא דְּהָתָם מַייְרֵי בְּשַׁבָּת דְּלָא הָוֵי כְּעוֹבְדֵי דְּחוֹל שֶׁאֵין מְטַלְטֵל כִּי אִם מִזָּוִית לְזָוִית בְּאוֹתוֹ בַּיִת וּלְכָךְ קָאָמַר לִמְעוּטֵי בְּהִלּוּכָא עָדִיף טְפֵי מִשּׁוּם טִרְחָא יַתִּירָא אֲבָל הָכָא מַייְרֵי ביו"ט מִשּׁוּם טִרְחָא יַתִּירָא לָא קָפְדִינָא אֶלָּא מִשּׁוּם דְּמֶחֱזֵי דַּעֲבִיד כְּעוֹבְדֵי דְּחוֹל וא"כ עָדִיף טְפֵי לְאַפּוֹשֵׁי בְּהִלּוּכָא וְיַעֲשֶׂה דֶּרֶךְ שִׁנּוּי כִּי הֵיכִי דְּלָא לִתְחֲזֵי דַּעֲבִיד כְּעוֹבְדֵי דְּחוֹל וּפְעָמִים נָמֵי דְּאָסוּר לְאַפּוֹשֵׁי בְּהִלּוּכָא אע"ג דִּמְמַעֵט בְּמַשּׂאוֹי כֵּיוָן שֶׁאֵין מְשַׁנֶּה מִדֶּרֶךְ חוֹל:
Michna. Celui qui transporte des cruches de vin, etc., ne les transportera pas dans un panier. Il y a lieu de s'étonner, car nous disons au traité Chabbat, chapitre Mefanin, que l'on déblaie quatre ou cinq couffins, et à plus forte raison cela devrait être permis le jour de fête. On peut répondre que là-bas il s'agit d'un cas où il ne peut pas sortir au-dehors et où personne ne le voit, et c'est pourquoi c'est permis ; tandis qu'ici il s'agit du jour de fête, où il peut sortir au-dehors et où on le voit, et c'est pourquoi ce sera interdit, car celui qui le voit dit : c'est pour les besoins des jours ordinaires qu'il les transporte ; d'où l'interdiction. Il reste pourtant une difficulté, car la michna dit mais il transporte sur son épaule, ce qui indique que multiplier les allers est préférable, alors qu'on dit là-bas, au traité Chabbat, que réduire les allers est préférable et qu'il vaut mieux les transporter dans un panier ou un couffin en une seule fois que de les transporter une à une. On peut répondre que selon l'explication donnée tout s'accorde : là-bas il s'agit de Chabbat, où cela ne ressemble pas aux actes des jours ordinaires, puisqu'il ne déplace que d'un coin à l'autre à l'intérieur de la même maison ; c'est pourquoi on y dit que réduire les allers est préférable, à cause de la peine excessive. Ici il s'agit du jour de fête, où la peine excessive ne nous préoccupe pas, mais bien l'apparence d'agir à la manière des jours ordinaires ; dès lors il vaut mieux multiplier les allers et procéder par chinouy, afin qu'il ne paraisse pas agir à la manière des jours ordinaires. Et il arrive aussi qu'il soit interdit de multiplier les allers, même en allégeant la charge, dès lors qu'il ne change rien à la manière des jours ordinaires.
⚖️ Rosh (1)
הַמֵּבִיא כַּדֵּי יַיִן וְכַדֵּי שֶׁמֶן מִמָּקוֹם לְמָקוֹם לֹא יְבִיאֵם בְּסַל וּבְקֻופָּה אֲבָל מֵבִיא הוּא לְפָנָיו עַל כְּתֵיפוֹ. וְכֵן הַמּוֹלִיךְ אֶת הַתֶּבֶן לֹא יַפְשִׁיל אֶת הַקֻּופָּה לְאַחֲרָיו אֲבָל מְבִיאָהּ בְּיָדוֹ:
Celui qui transporte des cruches de vin et des cruches d'huile d'un lieu à un autre ne les transportera pas dans un panier ni dans un couffin ; mais il les transporte devant lui, sur son épaule. De même celui qui transporte la paille ne rejettera pas le couffin derrière son dos ; mais il le transporte à la main.
💡 Explication

Le quatrième chapitre s'ouvre sur le transport des besoins de la fête. La michna écarte le panier (sal) et le couffin (koupa) chargés de plusieurs cruches, ainsi que le couffin de paille rejeté derrière le dos, et admet le portage sur l'épaule, devant soi ou à la main.

Rachi dégage le motif : ces manières de faire donnent l'allure d'un transport de marchandises de jour ordinaire, ou d'un acheminement vers un lieu éloigné, ce qui constitue un guenaï, un manque d'égard envers le jour de fête. Une ou deux cruches portées à l'épaule montrent au contraire que le transport sert la fête elle-même.

Les Tossefot confrontent cette michna à Chabbat 126b, où l'on préconise de réduire le nombre d'allers. Ils résolvent par la différence de critère : Chabbat regarde la tirha, la peine ; le jour de fête regarde l'apparence. Là où l'apparence commande, multiplier les allers avec un chinouy devient préférable.

🖼️ Schéma
Transporter le vin et la paille le jour de fête Écarte Trois ou quatre cruches dans un panier ou dans un couffin (sal, koupa) Le couffin de paille rejeté derrière le dos Motif : allure de charge de jour ordinaire Admis Une ou deux cruches sur l'épaule Ou portées devant soi, à la main Le couffin de paille porte à la main Motif : on voit que c'est pour la fête La michna vise l'apparence, non la peine : multiplier les allers en changeant de manière vaut mieux qu'un seul voyage à la manière des jours ordinaires (Tossefot, face à Chabbat 126b).
Les manières de porter écartées et admises par la michna, et leur motif.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).