Beitzah 30b — Le bois de la souka : démolir une tente, mouktse, et la sainteté qui tient sept jours

Beitzah 30b

Sougya : La michna interdit de prendre du bois de la souka le jour de fête et permet seulement de prendre ce qui est posé auprès d'elle. La Guemara demande aussitôt pourquoi ce voisinage change quelque chose, et deux réponses partagent le terrain : pour Chmouel, auprès désigne les roseaux dressés contre les parois, qui n'ont jamais été intégrés à la construction ; pour Rav Menachya, il peut s'agir de bottes posées sur le sekhakh dont le lien n'a pas été défait.

Une braita enseignée devant Rabbi Yo'hanan fait ensuite entendre Rabbi Chimon, qui permet de prendre du sekhakh lui-même, et Rav Nahman bar Its'hak doit ramener le cas à une souka effondrée, puis à une souka branlante, pour que la question soit celle du mouktse et non celle de la démolition. La seconde moitié de l'amud porte sur la souka de la fête : le verset chag haSoukkot chiv'at yamim la-Hachem place sur elle le Nom du Ciel, d'où l'interdiction de profiter de son bois durant sept jours.

La Guemara cherche alors ce qu'une condition peut encore y faire, distingue les ornements du bois lui-même avec Abaye et Rava, et se clôt sur la comparaison avec les sept etroguim : sept mitsvot séparées par les nuits d'un côté, un seul long jour de l'autre.

Le parcours de l'amud 1. La michna On ne prend pas de bois de la souka le jour de fête On prend seulement de ce qui est posé auprès d'elle 2. Que veut dire auprès ? Chmouel : les roseaux dressés contre les parois, jamais tressés avec elles Rav Menachya : des bottes posées sur le sekhakh, le lien non défait 3. Rabbi Chimon permet le sekhakh lui-même Objection : il démolit une tente. Réponse : la souka est déjà tombée Reste le mouktse, que Rabbi Chimon n'admet pas : souka branlante 4. La souka de la fête pendant la fête Rav Chechet au nom de Rabbi Akiva : son bois est interdit les sept jours Rabbi Yehouda ben Betera : le Nom du Ciel se pose sur elle comme sur la haguiga 5. Ce qu'une condition peut encore faire Rav Menachya fils de Rava : la condition vaut pour une cabane ordinaire Abaye et Rava : les ornements échappent à la sainteté par une déclaration préalable 6. Sept etroguim contre une souka L'etrog : les nuits coupent les jours, chaque jour est une mitsva à part La souka : les nuits ne coupent rien, les sept jours sont un seul long jour
Les six moments de l'amud, de la michna sur le bois à la comparaison avec les sept etroguim.
Trois bois, trois statuts botte liée parois et sekhakh de la souka roseaux dressés contre la paroi le corps de la construction Bottes posées sur le sekhakh Le lien n'a pas été défait : elles sont seulement en réserve, non intégrées Rav Menachya : on peut en prendre Roseaux dressés contre les parois Ils n'ont pas été tressés avec la paroi, donc ils ne lui sont pas annulés Chmouel : on peut en prendre Le sekhakh intègre à la couverture Le sekhakh n'est jamais tressé : le haut vaut le bas, tout est sekhakh En prendre une bribe démolit la tente Le partage tient à un seul critère : ce bois a-t-il été intègre à la construction, ou seulement posé la ? Ce qui est intègre est annulé à la souka et devient intouchable.
Ce que la michna appelle auprès d'elle : les trois sortes de bois et leur statut.
Pourquoi la condition sauve les ornements et non le bois Le crépuscule de la veille du jour de fête C'est à ce moment que la sainteté de la fête se pose, ou ne se pose pas Les ornements de la souka noix, amandes, grappes, couronnes d'épis Il déclare de jour : je ne me sépare pas d'eux durant tout le crépuscule Rien ne l'empêche d'en disposer Aucune sainteté ne se pose La condition est efficace Le bois de la souka parois et sekhakh de la souka de la fête Une telle déclaration reste sans portée : au crépuscule il s'en sépare malgré lui y toucher démolirait une tente La sainteté se pose sur lui Il est écarté pour les sept jours Deux niveaux à distinguer dans la clause de la braita Rav Menachya fils de Rava : ils s'accordent sur la souka de la fête, elle est interdite ; la clause qui parle de condition traite d'une cabane ordinaire, qui tombe seulement sous le mouktse Abaye et Rava : la braita des ornements ne contredit rien, puisque la déclaration préalable empêche la sainteté de se poser, alors que sur le bois elle se pose de toute façon
Le crépuscule comme point de bascule : ce qu'une condition préalable peut empêcher.
1
מַתְנִי׳ אֵין נוֹטְלִין עֵצִים מִן הַסֻּוכָּה, אֶלָּא מִן הַסָּמוּךְ לָהּ.

Michna. On ne prend pas de bois de la souka ; on prend seulement de ce qui est auprès d'elle.

📜 Rachi (1)
מַתְנִי' אֵין נוֹטְלִין עֵצִים מִן הַסֻּוכָּה כְּגוֹן בְּפֶסַח אוֹ בַּעֲצֶרֶת וְיוֹשֵׁב בַּסֻּוכָּה בְּגִנָּה אוֹ בְּפַרְדֵּס אֵין נוֹטְלִין עֵצִים מִן הַסֻּוכָּה אֶלָּא מִן הַסָּמוּךְ לָהּ הַשְׁתָּא מַשְׁמַע אִם הוּא עָב שֶׁנָּתְנוּ קָנִים הַרְבֵּה מֻותָּר לִיטֹּול מֵהֶם וּבַגְּמָרָא פָּרִיךְ הָא סָתַר אֻהְלָא דְּכֵיוָן דְּבַטְּלֵיהּ לְגַבֵּי סְכָךְ כָּל פֻּורְתָּא דְּשָׁקִיל מִנֵּיהּ סְתִירָה הוּא:
Michna. On ne prend pas de bois de la souka : par exemple à Pessa'h ou à Chavouot, quand on se tient dans une cabane dressée dans un jardin ou dans un verger. On ne prend pas de bois de la souka, seulement de ce qui est auprès d'elle. À ce stade, la michna laisse entendre que si la couverture est épaisse, parce qu'on y a mis beaucoup de roseaux, il est permis d'en prendre. Dans la Guemara, on objectera : il démolit pourtant une tente ! Car du moment qu'il a affecté ces roseaux au sekhakh, la moindre parcelle qu'il en retire est une démolition.
💡 Explication

La michna traite d'une cabane que l'on garde toute l'année dans un jardin, et d'un jour de fête quelconque. Prendre du bois de sa couverture reviendrait à démolir une tente, un travail interdit ; on ne peut prendre que le bois simplement posé auprès d'elle.

Rachi signale d'avance la difficulté que la Guemara va soulever : on pourrait croire qu'une couverture épaisse autorise à en prélever un peu, puisque la souka reste couverte. La Guemara refusera ce raisonnement, car chaque roseau a été annulé à la couverture.

2
גְּמָ׳ מַאי שְׁנָא מִן הַסֻּוכָּה דְּלָא — דְּקָא סָתַר אֻהְלָא, מִן הַסָּמוּךְ לָהּ נָמֵי — קָא סָתַר אֻהְלָא?

Guemara. En quoi le cas diffère-t-il ?

De la souka, on ne prend pas, parce qu'on démolit ainsi une tente ; mais de ce qui est auprès d'elle aussi, on démolit une tente !

⚖️ Rosh (1)
גְּמ' מ"ש מִן הַסֻּוכָּה דְּלָא דְּקָסָתַר אֻוהְלָא מִן הַסָּמוּךְ לָהּ נָמֵי קָסָתַר אֻוהְלָא אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל מַאי מִן הַסָּמוּךְ לָהּ מִן הַסָּמוּךְ לַדְּפָנוֹת. רַב (אַשִּׁי) מְנַשְּׁיָא אָמַר אֲפִי' מִן הַסְּכָךְ וּבְאִיסּוּרְיָיתָא כְּגוֹן שֶׁהִנִּיחַ חֲבִילוֹת עַל הַסְּכָךְ וְלֹא הִתִּיר אִגּוּדָן. תָּנֵי רַב חִיָּיא בַּר יוֹסֵף קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן אֵין נוֹטְלִין עֵצִים מִן הַסֻּוכָּה אֶלָּא מִן הַסָּמוּךְ לָהּ וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר. וְשָׁוִין בְּסֻוכַּת הֶחָג בֶּחָג שֶׁהִיא אֲסוּרָה וְאִם הִתְנָה עָלֶיהָ הַכֹּל לְפִי תְנָאוֹ. וּמִי מְהַנֵּי בָּהּ תְּנָאָה וְהָאָמַר רַב שֵׁשֶׁת מִשּׁוּם רַבִּי עֲקִיבָא מִנַּיִן לַעֲצֵי הַסֻּוכָּה שֶׁהֵן אֲסִירִין בַּהֲנָאָה כָּל ז' ת"ל חַג הַסֻּוכּוֹת שִׁבְעַת יָמִים לַה'. וְתַנְיָא רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא אוֹמֵר מִנַּיִן שֶׁכְּשֵׁם שֶׁחָל שֵׁם שָׁמַיִם עַל הַחֲגִיגָה כָּךְ חָל שֵׁם שָׁמַיִם עַל הַסֻּוכָּה תַּלְמוּד לוֹמַר חַג הַסֻּוכּוֹת לַה' מָה חַג לַה' אַף סֻוכָּה לַה'. אָמַר רַב מְנַשְּׁיָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא סֵיפָא אֲתָא לְסֻוכָּה דְּעָלְמָא. אֲבָל סֻוכָּה דְּמִצְוָה לָא מַהֲנֵי בַּהּ תְּנָאָה. וְהָתַנְיָא סִיכְּכָהּ כְּהִלְכָתָהּ וְעִטְּרָהּ בִּקְרָמִין וּסְדִינִים הַמְצֻוייָּרִין וְתָלָה בָּהּ אֱגוֹזִים שְׁקֵדִים אֲפַרְסְקִין וְרִמּוֹנִים וּפַרְכִּילֵי עֲנָבִים וַעֲטָרוֹת שִׁבֳּלִים יֵינוֹת שְׁמָנִים סְלָתוֹת אֲסוּרִין לְהִסְתַּפֵּק מֵהֶן עַד יוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג וְאִם הִתְנָה עֲלֵיהֶן הַכֹּל לְפִי תְּנָאוֹ. אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ בְּאוֹמֵר אֵינִי בּוֹדֵל מֵהֶן כָּל בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דְּלָא חָיֵיל קְדֻושָּׁה עֲלַייְהוּ כְּלָל. אֲבָל עֲצֵי סֻוכָּה דְּחָיְילָא קְדֻושָּׁה עֲלַיְיהוּ אִיתַּקְצַאי לְשִׁבְעָה: וּמַאי שְׁנָא מֵהָא דְּאִיתְּמַר הִפְרִישׁ שִׁבְעָה אֶתְרוֹגִים לְשִׁבְעַת הַיָּמִים אָמַר רַב כָּל אַחַת וְאַחַת יוֹצֵא בָּהּ וְאוֹכְלָהּ לְאַלְתַּר. וְרַב אַסִּי אָמַר כָּל אַחַת וְאַחַת יוֹצֵא בָּהּ וְאוֹכְלָהּ לְמָחָר. הָתָם דְּמַפְסְקִי לֵילוֹת מִיָּמִים כָּל יוֹמָא וְיוֹמָא מִצְוָה בְּאַפֵּי נַפְשֵׁיהּ הוּא. הָכָא דְּלָא מַפְסְקִי לֵילוֹת מִיָּמִים כֻּולְּהוּ כְּחַד יוֹמָא אֲרִיכְתָּא דָּמוּ:
Guemara. En quoi le cas diffère-t-il ? De la souka, on ne prend pas, parce qu'on démolit une tente ; mais de ce qui est auprès d'elle aussi, on démolit une tente. Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : que veut dire de ce qui est auprès d'elle ? De ce qui est auprès des parois. Rav Menachya dit : même du sekhakh, et il s'agit alors de bottes liées, par exemple lorsqu'il a posé des fagots sur le sekhakh sans défaire leur lien. Rav Hiya bar Yossef enseigna devant Rabbi Yo'hanan : on ne prend pas de bois de la souka, seulement de ce qui est auprès d'elle ; et Rabbi Chimon permet. Et ils s'accordent que la souka de la fête, pendant la fête, est interdite ; et s'il a posé une condition à son sujet, tout se règle selon sa condition. Or une condition y est-elle efficace ? Rav Chechet n'a-t-il pas dit au nom de Rabbi Akiva : d'où sait-on que le bois de la souka est interdit à tout profit durant les sept jours ? De ce que le verset dit : la fête des Cabanes, sept jours, pour ה'. Et il a été enseigné : Rabbi Yehouda ben Betera dit : d'où sait-on que, de même que le Nom du Ciel se pose sur la haguiga, ainsi le Nom du Ciel se pose sur la souka ? De ce que le verset dit : la fête des Cabanes, pour ה' ; de même que la fête est pour ה', ainsi la souka est pour ה'. Rav Menachya fils de Rava dit : la clause finale vise une cabane ordinaire, mais pour une souka de mitsva une condition est sans effet. Or il a été enseigné : s'il l'a couverte selon la règle et l'a ornée d'étoffes de couleur et de draps peints, s'il y a suspendu des noix, des amandes, des pêches, des grenades, des grappes de raisin, des couronnes d'épis, des vins, des huiles et des fleurs de farine, il est interdit de s'en servir jusqu'au dernier jour de fête de la fête ; et s'il a posé une condition à leur sujet, tout se règle selon sa condition. Abaye et Rava disent tous deux : il s'agit de celui qui déclare : je ne me sépare pas d'eux durant tout le crépuscule, de sorte qu'aucune sainteté ne se pose sur eux. Mais le bois de la souka, sur lequel la sainteté se pose, se trouve écarté pour les sept jours. Et en quoi cela diffère-t-il de ce qui a été énoncé : celui qui a mis de côté sept etroguim pour les sept jours ? Rav dit : de chacun d'eux il s'acquitte, et il le mange aussitôt après. Et Rav Assi dit : de chacun d'eux il s'acquitte, et il le mange le lendemain. Là-bas, où les nuits se séparent des jours, chaque jour est une mitsva à lui seul ; ici, où les nuits ne se séparent pas des jours, tous les jours sont comme un seul long jour.
💡 Explication

La Guemara refuse d'emblée la distinction apparente de la michna. Si le motif de l'interdit est la setirat ohel (démolition d'une tente), le bois posé auprès de la souka devrait tomber sous le même interdit, puisqu'il touche à la construction lui aussi.

Le Roch reprend ici la sougya entière en un seul siman : la question, les deux réponses sur le sens de auprès d'elle, la braita de Rabbi Chimon, la difficulté de la condition et la comparaison finale avec les sept etroguim. Le lire d'un trait donne la carte complète de l'amud.

3
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מַאי סָמוּךְ — סָמוּךְ לַדְּפָנוֹת. רַב מְנַשְּׁיָא אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא בְּשֶׁאֵין סָמוּךְ לַדְּפָנוֹת, כִּי תַנְיָא הַהִיא — בְּאִסּוּרְיָיתָא.

Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : que veut dire auprès ? Auprès des parois.

Rav Menachya dit : tu peux même dire qu'il s'agit d'un bois qui n'est pas auprès des parois ; lorsque cela a été enseigné, c'était à propos de bottes liées.

📜 Rachi (4)
גמ' סָמוּךְ לַדְּפָנוֹת קָנִים הַנִּזְקָפִים סְבִיבוֹת לַדְּפָנוֹת כֵּיוָן שֶׁלֹּא נֶאֶרְגוּ עִם הַדֹּופֶן לָא בָּטְלִי לְגַבֵּי דֹּופֶן וְאֵינוֹ דּוֹמֶה לִסְמֹוךְ לַסְּכָךְ שֶׁהַסְּכָךְ אֵינוֹ אָרוּג לְפִיכָךְ הַכֹּל שָׁוֶה הָעֶלְיוֹן כַּתַּחְתּוֹן סְכָךְ הוּא:
Guemara. Auprès des parois : des roseaux dressés tout autour des parois. Puisqu'ils n'ont pas été tressés avec la paroi, ils ne lui sont pas annulés. Le cas ne ressemble pas à celui d'un bois voisin du sekhakh : le sekhakh, lui, n'est jamais tressé, de sorte que tout y est égal, le dessus comme le dessous, et le tout est sekhakh.
אֲפִילּוּ תֵּימָא בְּשֶׁאֵין סָמוּךְ לַדְּפָנוֹת אֶלָּא סָמוּךְ לַסְּכָךְ:
Tu peux même dire qu'il s'agit d'un bois qui n'est pas auprès des parois : mais bien d'un bois voisin du sekhakh.
וְכִי תַּנְיָא מַתְנִיתִין בְּאִסּוּרְיָיתָא חֲבִילוֹת שֶׁל קָנִים שֶׁנְּתָנָן עַל הַסְּכָךְ מִדְּלָא הִתִּיר אֲגָדָן לָא בַּטְּלִינְהוּ לְגַבֵּי סְכָךְ אֶלָּא לְהַצְנִיעָם שָׁם:
Et lorsque cela a été enseigné : notre michna vise des bottes liées, des fagots de roseaux posés sur le sekhakh. Du moment qu'il n'a pas défait leur lien, il ne les a pas annulés au sekhakh ; il les a seulement mis là en réserve.
בַּבָּרַיְיתָא נָמֵי גָּרְסִינַן אֶלָּא מִן הַסָּמוּךְ לָהּ:
Dans la braita : là aussi nous lisons seulement de ce qui est auprès d'elle.
💡 Explication

Deux lectures du mot samoukh (auprès). Pour Chmouel, il désigne les roseaux dressés contre les parois : ils n'ont pas été tressés avec elles, donc ils gardent leur existence propre et ne sont pas battel (annulés) à la souka.

Rav Menachya accepte même un bois posé sur la couverture, à condition qu'il s'agisse de fagots dont le lien tient encore. Le lien maintenu montre l'intention de les entreposer, non de les intégrer. Rachi souligne au passage pourquoi le sekhakh ne connaît pas de degrés : n'étant jamais tressé, il n'a ni couche supérieure ni couche inférieure, tout y a le même statut.

🖼️ Schéma
Trois bois, trois statuts botte liée parois et sekhakh de la souka roseaux dressés contre la paroi le corps de la construction Bottes posées sur le sekhakh Le lien n'a pas été défait : elles sont seulement en réserve, non intégrées Rav Menachya : on peut en prendre Roseaux dressés contre les parois Ils n'ont pas été tressés avec la paroi, donc ils ne lui sont pas annulés Chmouel : on peut en prendre Le sekhakh intègre à la couverture Le sekhakh n'est jamais tressé : le haut vaut le bas, tout est sekhakh En prendre une bribe démolit la tente Le partage tient à un seul critère : ce bois a-t-il été intègre à la construction, ou seulement posé la ? Ce qui est intègre est annulé à la souka et devient intouchable.
Les trois sortes de bois et le critère qui les sépare : intègre ou seulement posé.
4
תַּנְיָא רַבִּי חִייָּא בַּר יוֹסֵף קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: אֵין נוֹטְלִין עֵצִים מִן הַסֻּוכָּה אֶלָּא מִן הַסָּמוּךְ לָהּ, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר. וְשָׁוִין בְּסֻוכַּת הֶחָג בֶּחָג — שֶׁאֲסוּרָה. וְאִם הִתְנָה עָלֶיהָ — הַכֹּל לְפִי תְּנָאוֹ.

Rabbi Hiya bar Yossef enseigna devant Rabbi Yo'hanan : on ne prend pas de bois de la souka, seulement de ce qui est auprès d'elle ; et Rabbi Chimon permet. Et ils s'accordent que la souka de la fête, pendant la fête, est interdite.

Et s'il a posé une condition à son sujet, tout se règle selon sa condition.

📜 Rachi (3)
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר אֲפִילּוּ מִן הַסְּכָךְ וּלְקַמָּן פָּרֵיךְ לֵיהּ וְהָא סָתַר אֻהְלָא:
Et Rabbi Chimon permet : même de prendre du sekhakh. Plus loin, la Guemara lui objectera : il démolit pourtant une tente !
שֶׁהִיא אֲסוּרָה אֲפִילּוּ בחוש"מ כִּדְיָלֵיף לְקַמָּן:
Qu'elle est interdite : même pendant hol hamoed (les jours intermédiaires de la fête), comme la Guemara le déduira plus loin.
וְאִם הִתְנָה עָלֶיהָ לִפְנֵי י"ט:
Et s'il a posé une condition à son sujet : avant le jour de fête.
💡 Explication

La braita ajoute trois éléments à la michna. D'abord une opinion dissidente, celle de Rabbi Chimon, qui permet de prendre même du sekhakh. Ensuite un point d'accord : la souka de Soukkot, pendant Soukkot, reste interdite pour tous. Enfin l'ouverture d'une porte, la condition posée avant l'entrée de la fête.

Ces trois éléments vont commander toute la suite : la Guemara demandera d'abord comment Rabbi Chimon peut permettre, puis ce qu'une condition peut encore faire contre une sainteté.

5
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר? וְהָא קָא סָתַר אֻהְלָא! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: הָכָא בְּסֻוכָּה נוֹפֶלֶת עָסְקִינַן, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן לְטַעְמֵיהּ, דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה. דְּתַנְיָא: מוֹתַר הַשֶּׁמֶן שֶׁבַּנֵּר וְשֶׁבַּקְּעָרָה — אָסוּר. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר.

Et Rabbi Chimon permet ? Il démolit pourtant une tente !

Rav Nahman bar Its'hak dit : ici nous traitons d'une souka qui s'est effondrée, et Rabbi Chimon suit sa ligne, lui qui n'admet pas le mouktse. Car il a été enseigné : le reste de l'huile qui se trouve dans la lampe ou dans la coupelle est interdit ; et Rabbi Chimon permet.

📜 Rachi (2)
נוֹפֶלֶת שֶׁנָּפְלָה בי"ט דְּלֵיכָּא סְתִירַת אֹהֶל וְטַעֲמָא דת"ק מִשּׁוּם מֻוקְצֶה דְּהָא בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת הָיְתָה קַיֶּימֶת וּמֻוקְצֶה הִיא מֵחֲמַת אִיסּוּר סְתִירָה אֲבָל הַסָּמוּךְ לָהּ לָאו מֻוקְצֶה הוּא דְּלֵית בֵּיהּ מִשּׁוּם סְתִירָה:
Qui s'est effondrée : elle est tombée le jour de fête, de sorte qu'il n'y a plus de démolition de tente. La raison du premier tana tient alors au mouktse : au moment du crépuscule elle tenait encore debout, et elle est mouktse du fait de l'interdit de démolir. Mais le bois qui se trouve auprès d'elle n'est pas mouktse, puisqu'aucune démolition ne le concerne.
מוֹתַר הַשֶּׁמֶן שֶׁבַּנֵּר וְשֶׁבַּקְּעָרָה נֵר קרוייזיי"ל מוֹתַר הַשֶּׁמֶן שֶׁנּוֹתֵן בַּנֵּר אוֹ בִּקְעָרָה שֶׁמֶן הַנִּיתָּן לְהַדְלָקַת הַנֵּר שֶׁל שַׁבָּת וְכִבָּה הַמֻּותָּר יֵשׁ בָּהּ מִשּׁוּם מֻוקְצֶה וְאָסוּר:
Le reste de l'huile qui se trouve dans la lampe ou dans la coupelle : ner, en langue vulgaire krouziel (lampe à huile). Il s'agit du reste de l'huile que l'on verse dans la lampe ou dans la coupelle pour allumer la lampe du Chabbat ; la lampe s'est éteinte, et ce qui reste relève du mouktse et demeure interdit.
💡 Explication

Rav Nahman bar Its'hak déplace le cas : la souka est déjà tombée le jour de fête, si bien qu'il n'y a plus de tente à démolir. Le débat porte désormais sur le mouktse : ce bois, intouchable au crépuscule, reste-t-il écarté pour toute la journée ?

La preuve vient d'ailleurs : l'huile restée dans la lampe après qu'elle s'est éteinte. Elle était vouée à brûler pendant Chabbat, donc écartée de l'usage ; le premier tana l'interdit, Rabbi Chimon la permet. La position sur la souka découle de cette position générale sur le mouktse.

6
מִי דָמֵי? הָתָם אָדָם יוֹשֵׁב וּמְצַפֶּה אֵימָתַי תִּכְבֶּה נֵרוֹ, הָכָא אָדָם יוֹשֵׁב וּמְצַפֶּה אֵימָתַי תִּפֹּול סֻוכָּתוֹ?

Est-ce comparable ? Là-bas, un homme est assis à guetter le moment où sa lampe s'éteindra ; ici, un homme serait assis à guetter le moment où sa souka va tomber ?

📜 Rachi (2)
אָדָם יוֹשֵׁב וּמְצַפֶּה אֵימָתַי תִּכְבֶּה נֵרוֹ שֶׁיּוֹדֵעַ שֶׁסּוֹפָהּ לְכַבּוֹת הִלְכָּךְ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דַּעְתֵּיהּ עַל הַמֻּותָּר:
Un homme est assis à guetter le moment où sa lampe s'éteindra : il sait qu'elle finira par s'éteindre ; dès le crépuscule, son esprit se porte donc sur ce qui restera.
הָכָא אָדָם יוֹשֵׁב וּמְצַפֶּה כו' בִּתְמִיהַּ וְכִי נָבִיא הוּא וְיוֹדֵעַ שֶׁעֲתִידָה לִיפֹּול לְמָחָר:
Ici, un homme serait assis à guetter, etc. : la question est posée avec étonnement. Est-il prophète, pour savoir qu'elle tombera demain ?
💡 Explication

L'objection porte sur le point de départ du raisonnement. Rabbi Chimon permet l'huile restante parce que son propriétaire comptait déjà dessus au crépuscule : une lampe s'éteint toujours, et l'on sait qu'il en restera quelque chose. C'est cette anticipation qui empêche l'huile d'être écartée.

Une souka debout, elle, ne donne aucune raison de prévoir sa chute. Le bois devrait donc rester écarté même pour Rabbi Chimon.

7
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: הָכָא בְּסֻוכָּה רְעוּעָה עָסְקִינַן, דְּמֵאֶתְמוֹל דַּעְתֵּיהּ עִלָּוֵהּ.

Rav Nahman bar Its'hak dit : ici nous traitons d'une souka branlante, sur laquelle, dès la veille, son esprit était porte.

📜 Rachi (1)
בְּסֻוכָּה רְעוּעָה דְּמַסִּיק אַדַּעְתֵּיהּ דְּנָפְלָה וּלְמָחָר נָפְלָה הִלְכָּךְ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן מֻוקְצֶה לֵיכָּא דְּאָמְרִינַן דַּעְתֵּיהּ מֵאֶתְמוֹל עִלָּוֵיהּ ולת"ק לָא אָמְרִינַן דַּעְתֵּיהּ עִלָּוֵיהּ בְּשׁוּם מִידֵּי דְּלָא חֲזִי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת:
D'une souka branlante : il lui vient à l'esprit qu'elle peut tomber, et le lendemain elle tombe effectivement. Pour Rabbi Chimon il n'y a donc pas de mouktse, car nous disons que son esprit était porte sur elle dès la veille. Et pour le premier tana, nous ne disons jamais que son esprit était porte sur une chose qui n'était pas apte à l'usage au moment du crépuscule.
💡 Explication

La réponse ajuste le cas une seconde fois : la souka était branlante, donc sa chute était prévisible dès la veille. La condition posée par la comparaison avec la lampe se trouve remplie.

Rachi formule ici la différence de fond entre les deux opinions. Pour Rabbi Chimon, une anticipation suffit à garder une chose disponible. Pour le premier tana, ce qui était inapte à l'usage au crépuscule demeure écarté, quelle qu'ait été la pensée du propriétaire.

🖼️ Schéma
Comment Rabbi Chimon peut permettre le sekhakh Objection : en prenant du sekhakh, il démolit une tente Rav Nahman bar Its'hak : il s'agit d'une souka déjà effondrée Plus rien à démolir. La seule question restante est le mouktse, et Rabbi Chimon n'admet pas le mouktse (le reste de l'huile de la lampe) Objection : la comparaison boite On sait qu'une lampe finira par s'éteindre, et on compte déjà sur le reste Nul ne sait que sa souka va tomber demain Rav Nahman bar Its'hak : il s'agit d'une souka branlante Dès la veille il envisageait qu'elle tombe : son esprit était porte sur elle Pour Rabbi Chimon, ce bois n'a donc jamais été écarté Premier tana Ce qui n'était pas apte à l'usage au crépuscule reste écarté Rabbi Chimon Une souka fragile était déjà prévue : son bois demeure disponible
Les deux ajustements de Rav Nahman bar Its'hak et la position de chaque tana.
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וְשָׁוִין בְּסֻוכַּת הֶחָג בֶּחָג שֶׁהִיא אֲסוּרָה, וְאִם הִתְנָה עָלֶיהָ — הַכֹּל לְפִי תְּנָאוֹ. וּמִי מַהֲנֵי בַּהּ תְּנַאי?

Et ils s'accordent que la souka de la fête, pendant la fête, est interdite ; et s'il a posé une condition à son sujet, tout se règle selon sa condition. Or une condition y est-elle efficace ?

💡 Explication

La Guemara revient à la clause d'accord de la braita et bute sur la dernière phrase. Une condition posée avant la fête pourrait-elle vraiment lever l'interdiction qui pèse sur la souka de Soukkot ?

La suite montrera que cette interdiction ne relève pas seulement du mouktse : elle tient à une sainteté tirée d'un verset, et une sainteté résiste aux conditions.

9
וְהָאָמַר רַב שֵׁשֶׁת מִשּׁוּם רַבִּי עֲקִיבָא: מִנַּיִן לַעֲצֵי סֻוכָּה שֶׁאֲסוּרִין כָּל שִׁבְעָה — שֶׁנֶּאֱמַר: ״חַג הַסֻּוכּוֹת שִׁבְעַת יָמִים לַה׳״, וְתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא אוֹמֵר: מִנַּיִן שֶׁכְּשֵׁם שֶׁחָל שֵׁם שָׁמַיִם עַל הַחֲגִיגָה, כָּךְ חָל שֵׁם שָׁמַיִם עַל הַסֻּוכָּה — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״חַג הַסֻּוכּוֹת שִׁבְעַת יָמִים לַה׳״, מָה חַג לָה׳ — אַף סֻוכָּה לָה׳.

Or Rav Chechet a dit au nom de Rabbi Akiva : d'où sait-on que le bois de la souka est interdit durant les sept jours ? De ce qu'il est dit : la fête des Cabanes, sept jours, pour ה'.

Et il a été enseigné : Rabbi Yehouda ben Betera dit : d'où sait-on que, de même que le Nom du Ciel se pose sur la haguiga, ainsi le Nom du Ciel se pose sur la souka ? Le verset dit : la fête des Cabanes, sept jours, pour ה'.

De même que la fête est pour ה', ainsi la souka est pour ה'.

📜 Rachi (3)
לָהּ' מַשְׁמַע כָּל שִׁבְעָה לָה' הוּא הֶקְדֵּשׁ:
Pour ה' : cela signifie que durant les sept jours elle est consacrée à ה'.
עַל הַחֲגִיגָה שַׁלְמֵי חֲגִיגָה לֵיאָסֵר מִשֶּׁהֻוקְדְּשׁוּ:
Sur la haguiga : les chelamim de haguiga, qui deviennent interdits dès qu'ils ont été consacrés.
חַג חֲגִיגָה:
Chag : le sacrifice de haguiga.
💡 Explication

Le même verset porte deux enseignements. Rabbi Akiva en tire la durée : sept jours pendant lesquels le bois de la souka est interdit à tout profit. Rabbi Yehouda ben Betera en tire la nature de cet interdit, en jouant sur le mot chag, qui désigne aussi le sacrifice de fête.

De là le rapprochement : le Nom du Ciel se pose sur la souka comme sur un sacrifice consacré. Voilà la difficulté que la Guemara oppose à la clause de la condition, car nul ne lève par une simple déclaration ce qui a été consacré.

🖼️ Schéma
Un verset, deux lectures : Vayikra 23,34 chag haSoukkot chiv'at yamim la-Hachem la fête des Cabanes, sept jours, pour ה' Rav Chechet au nom de Rabbi Akiva Le mot chiv'at yamim est lu avec la-Hachem : sept jours de consécration Le bois de la souka est interdit à tout profit durant les sept jours la durée de l'interdiction Rabbi Yehouda ben Betera chag désigne aussi le sacrifice de fête De même que la haguiga est pour ה', ainsi la souka est pour ה' Le Nom du Ciel se pose sur elle la nature de l'interdiction Conséquence pour la Guemara : si le bois est consacré comme un sacrifice, une simple condition ne devrait rien pouvoir contre lui Tossefot rapportent que Rabbenou Tam limite cette lecture à la mesure minimale de la souka, et le Ri, au temps où elle tient encore debout
Les deux enseignements tirés de chag haSoukkot chiv'at yamim la-Hachem.
10
אָמַר רַב מְנַשְּׁיָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא: סֵיפָא אֲתָאן לְסֻוכָּה דְעָלְמָא, אֲבָל סֻוכָּה דְּמִצְוָה — לָא מַהֲנֵי בַּהּ תְּנָאָה.

Rav Menachya fils de Rava dit : dans la clause finale, nous en sommes venus à une cabane ordinaire ; mais pour une souka de mitsva, une condition reste sans effet.

📜 Rachi (1)
סֵיפָא דְּקָתָנֵי וְאִם הִתְנָה עָלֶיהָ אַסֻּוכָּה דְּעָלְמָא קָאֵי וְאַרֵישָׁא דְּבָרַיְיתָא קָא מַהְדַּר דְּאִיפְּלַגוּ בָּהּ ת"ק וְרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּקָתָנֵי אֵין נוֹטְלִין עֵצִים מִן הַסֻּוכָּה וְאוֹקֵימְנָא בְּשֶׁנָּפְלָה וּמִשּׁוּם מֻוקְצֶה וְקָאָמַר אִם הִתְנָה עָלֶיהָ מִבְּעוֹד יוֹם שֶׁאִם תִּפּוֹל מָחָר יַסִּיקֶנָּה הַכֹּל לְפִי תְּנָאוֹ:
La clause finale : celle qui enseigne et s'il a posé une condition à son sujet porte sur une cabane ordinaire. Elle revient au début de la braita, là où le premier tana et Rabbi Chimon divergent, quand il est enseigné : on ne prend pas de bois de la souka. Nous avons établi qu'il s'agit d'une souka qui s'est effondrée, et que la raison en est le mouktse. La braita dit alors : s'il a posé une condition à son sujet pendant qu'il faisait encore jour, disant que si elle tombe demain il en fera du feu, tout se règle selon sa condition.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר רַב מְנַשְּׁיָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא סֵיפָא אֲתָאן לְסֻוכָּה דְעָלְמָא כו'. מָצֵי נָמֵי לְמִפְרַךְ דִּלְמַאי דס"ל דְּהָוֵי מֻוקְצֶה מֵחֲמַת אִיסּוּר לָא אַשְׁכַּחְנָא דִּמְהַנֵּי בֵּיהּ תְּנָאָה אֶלָּא דְּאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ לְמִפְרַךְ מִשּׁוּם דְּאֵינוֹ נִשְׁאַר בַּמַּסְּקָנָא אֶלָּא נְקַט הָאֱמֶת:
Rav Menachya fils de Rava dit : dans la clause finale, nous en sommes venus à une cabane ordinaire, etc. On aurait pu objecter encore ceci : selon l'opinion qui tient qu'il s'agit d'un mouktse du fait d'un interdit, nous ne trouvons nulle part qu'une condition y soit efficace. La Guemara s'abstient de soulever cette objection parce que cette explication ne subsiste pas dans la conclusion ; elle se borne à énoncer ce qui est vrai.
💡 Explication

Rav Menachya découpe la braita en deux niveaux. La clause d'accord porte sur la souka de la fête, interdite par la sainteté du verset ; la clause qui mentionne une condition revient en arrière, vers le débat initial sur une cabane ordinaire, où l'unique obstacle était le mouktse.

Concrètement, Rachi précise le contenu de cette condition : déclarer de jour que si la cabane s'effondre demain on en fera du bois de chauffage. Une telle déclaration suffit contre le mouktse, et elle ne suffirait pas contre une sainteté.

11
וְסֻוכָּה דְּמִצְוָה לֹא? וְהָתַנְיָא: סְכָכָהּ כְּהִלְכָתָהּ וְעִטְּרָהּ בִּקְרָמִים וּבִסְדִינִין הַמְצֻוייָּרִין, וְתָלָה בָּהּ אֱגוֹזִים שְׁקֵדִים אֲפַרְסְקִים וְרִמּוֹנִים וּפַרְכִּילֵי עֲנָבִים, יֵינוֹת שְׁמָנִים וּסְלָתוֹת וְעַטְרוֹת שִׁבֳּלִים — אָסוּר לְהִסְתַּפֵּק מֵהֶן עַד מוֹצָאֵי יוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג. וְאִם הִתְנָה עֲלֵיהֶם — הַכֹּל לְפִי תְּנָאוֹ.

Et pour une souka de mitsva, une condition resterait sans effet ? Il a pourtant été enseigné : s'il l'a couverte selon la règle, l'a ornée d'étoffes de couleur et de draps peints, et qu'il y a suspendu des noix, des amandes, des pêches, des grenades et des grappes de raisin, des vins, des huiles et des fleurs de farine, ainsi que des couronnes d'épis, il est interdit de s'en servir jusqu'à l'issue du dernier jour de fête de la fête ; et s'il a posé une condition à leur sujet, tout se règle selon sa condition.

📜 Rachi (3)
וַעֲטָרָה יָפֶה בִּסְדִינִין וּבִקְרָמִין הַמְצֻוייָּרִין קְרָמִין בִּגְדֵי צִבְעוֹנִין שֶׁקּוֹרִין אובריי"ץ סְדִינִים לְבָנִים שֶׁל פִּשְׁתָּן:
Et l'a ornée : il l'a embellie de draps et d'étoffes peintes. Keramim : des étoffes de couleur, que l'on appelle en langue vulgaire obreits. Sedinim : des draps blancs de lin.
יֵינוֹת שְׁמָנִים וּסְלָתוֹת בְּכוֹסוֹת שֶׁל זְכוּכִית לְנוֹי:
Des vins, des huiles et des fleurs de farine : placés dans des coupes de verre, pour l'ornement.
הַכֹּל לְפִי תְּנָאוֹ מִדְּקָתָנֵי אָסוּר לְהִסְתַּפֵּק מֵהֶן ש"מ בָּטְלִי לְהוּ לְגַבֵּי סֻוכָּה וְהָוֵי לְהוּ כְּסֻוכָּה וְקָאָמַר דִּתְנַאי מְהַנֵּי:
Tout se règle selon sa condition : du moment qu'il est enseigné qu'il est interdit de s'en servir, on apprend que ces ornements sont annulés à la souka et ont son statut ; et pourtant la braita enseigne qu'une condition y est efficace.
🗂️ Tossefot (1)
עַד מוֹצָאֵי י"ט הָאַחֲרוֹן. עַד שֶׁיַּתְחִיל יוֹם הַחֹול וא"ת הַתֵּינַח י"ט שְׁמִינִי מֻוקְצֶה הוּא מִשּׁוּם דְּהָוֵי סָפֵק שְׁבִיעִי וְגַם בְּיוֹם תְּשִׁיעִי שֵׁם מֻוקְצֶה עָלָיו הוֹאִיל וְאִתַּקְצַאי לְבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת אִתַּקְצַאי נָמֵי לְכֻולֵּי יוֹמָא וְשַׁפִּיר אָמְרִינַן מֻוקְצֶה מֵחֲמַת יוֹם שֶׁעָבַר בְּמֻוקְצֶה מֵחֲמַת מִצְוָה כְּגוֹן הָכָא בַּעֲצֵי סֻוכָּה אֲבָל נָהֲגוּ הָעוֹלָם כְּשֶׁחָל תְּשִׁיעִי שֶׁל חַג בע"ש שֶׁאֵין מִסְתַּפְּקִין מֵהֶן בְּשַׁבָּת שֶׁהוּא עֲשִׂירִי וּמַאי טַעְמָא אִי מִשּׁוּם סְתִירַת אֹהֶל לֹא שַׁיָּיךְ בְּפֵירוֹת וְאִי מִשּׁוּם דְּאִתַּקְצַאי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דִּתְשִׁיעִי תְּרֵי מִגּוֹ כה"ג לָא אָמְרִינַן דְּבִתְשִׁיעִי נָמֵי לֹא נֶאֱסַר אֶלָּא מִטַּעַם מִגּוֹ וי"ל דְּהַייְנוּ טַעְמָא מִשּׁוּם הֲכָנָה דְּהוֹאִיל ובע"ש הָיָה אָסוּר שֶׁהוּא תְּשִׁיעִי וְהוּא י"ט אִם הָיָה נֶאֱכָל בְּשַׁבָּת הָיָה מֵכִין י"ט לְשַׁבָּת וְהָוֵי כְּעֵין נוֹלַד כֵּיוָן שֶׁבָּא עַתָּה רְאוּיוֹת שֶׁלּוֹ וְלֹא בָּא בי"ט וּמִזֶּה הַטַּעַם יֵשׁ נִזְהָרִין כְּשֶׁחָל שִׂמְחַת תּוֹרָה אַחַר הַשַּׁבָּת מִלֶּאֱכֹול הָאֶתְרוֹג בְּאוֹתוֹ יוֹם דְּהוֹאִיל וּבְשַׁבָּת הָיָה אָסוּר שֶׁהוּא שְׁמִינִי וְעוֹד כִּי הָיָה רָאוּי לְבָרֵךְ בּוֹ אִם אָתֵי אֵלִיָּהוּ וְאָמַר דְּעָבְרוּ לֶאֱלוּל א"כ אִם הָיָה אוֹכֵל אוֹתוֹ בְּשִׂמְחַת הַתּוֹרָה כְּדַאֲמָרָן הָוֵי שַׁבָּת מֵכִין לי"ט:
Jusqu'à l'issue du dernier jour de fête : jusqu'à ce que commence un jour ordinaire. Et si tu demandes : passe encore pour le huitième jour de fête, qui est mouktse parce qu'il est un septième jour douteux ; le neuvième jour aussi, le nom de mouktse demeure sur ces ornements, puisque, ayant été écartés au crépuscule, ils se trouvent écartés pour toute la journée, et nous disons bien qu'il y a mouktse en raison du jour écoulé lorsqu'il s'agit d'un mouktse du fait d'une mitsva, comme ici pour le bois de la souka. Mais l'usage s'est répandu, lorsque le neuvième jour de la fête tombe un vendredi, de ne pas s'en servir le Chabbat, qui est le dixième jour. Quelle en est la raison ? Si c'est à cause de la démolition d'une tente, cela ne concerne pas des fruits. Et si c'est parce qu'ils ont été écartés au crépuscule du neuvième jour, on n'admet pas un double migo de cette sorte, car le neuvième jour déjà ils n'étaient interdits qu'en vertu d'un migo. On peut répondre que la raison est la hakhana (la préparation) : puisque le vendredi, qui est le neuvième jour et un jour de fête, ils étaient interdits, les manger le Chabbat ferait que le jour de fête aurait préparé pour le Chabbat ; et cela ressemble à du nolad, puisque leur aptitude à l'usage ne vient que maintenant et n'est pas venue pendant le jour de fête. Pour la même raison, certains prennent garde, lorsque Sim'hat Torah tombe au lendemain du Chabbat, de ne pas manger l'etrog ce jour-là : le Chabbat il était interdit, puisqu'il était le huitième jour, et d'autant qu'il aurait encore été propre à la bénédiction si Eliyahou venait dire que l'on a prolongé Eloul ; le manger à Sim'hat Torah reviendrait donc, comme nous l'avons dit, à ce que le Chabbat ait préparé pour le jour de fête.
💡 Explication

La braita des noy souka (ornements de la souka) fait difficulté : ces objets sont interdits d'usage toute la fête, signe qu'ils sont annulés à la souka de mitsva, et pourtant une condition leur profite.

Tossefot s'arrêtent sur les mots jusqu'à l'issue du dernier jour de fête et examinent les journées qui suivent la fête en diaspora, jusqu'au Chabbat qui suit Sim'hat Torah. Ils invoquent la hakhana : un jour saint ne prépare pas pour un autre jour saint, ce qui explique un usage répandu de s'abstenir aussi ce jour-là, et la réserve de certains sur l'etrog mangé à Sim'hat Torah.

12
אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַייְהוּ: בְּאוֹמֵר אֵינִי בּוֹדֵל מֵהֶם כָּל בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת, דְּלָא חָלָה קְדֻושָּׁה עֲלַייְהוּ. אֲבָל עֲצֵי סֻוכָּה, דְּחָלָה קְדֻושָּׁה עֲלַייְהוּ — אִתַּקְצַאי לְשִׁבְעָה.

Abaye et Rava disent tous deux : il s'agit de celui qui déclare : je ne me sépare pas d'eux durant tout le crépuscule, de sorte qu'aucune sainteté ne se pose sur eux. Mais le bois de la souka, sur lequel la sainteté se pose, se trouve écarté pour les sept jours.

📜 Rachi (1)
אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ דְּלָא דָּמוּ לְסֻוכָּה לְעִנְיַן תְּנָאָה ואע"ג דְּבָטְלִי לְגַבָּהּ דְּכִי מְהַנֵּי תְּנָאָה בְּאוֹמֵר מִבְּעוֹד יוֹם אֵינִי בּוֹדֵל מֵהֶם מִהְיוֹת כּוֹחִי וּזְכוּתִי בָּהֶם לִיטְּלָן כָּל שְׁהוּת אֹורֶךְ שֶׁל בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת שֶׁל עֶרֶב י"ט הִלְכָּךְ בִּשְׁעַת בִּיאַת הַיּוֹם שֶׁהָיְתָה קְדֻושָּׁה צְרִיכָה לָחוּל עֲלֵיהֶם לֹא חָלָה לְפִיכָךְ לֹא הֻוקְצָה אֲבָל עֲצֵי סֻוכָּה שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְהַתְנוֹת עֲלֵיהֶם תְּנַאי זֶה שֶׁהֲרֵי עַל כָּרְחוֹ יִבָּדֵל מֵהֶם בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת מִשּׁוּם דְּסָתַר אֻהְלָא וּבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת סָפֵק י"ט הוּא חָלָה קְדֻושָּׁה עָלֶיהָ וְעַל יְדֵי קְדֻושָּׁה זוֹ הֻוקְצָה לְשִׁבְעָה:
Abaye et Rava disent tous deux : les ornements ne ressemblent pas à la souka quant à la condition, bien qu'ils lui soient annulés. Car la condition n'agit que lorsqu'il déclare, pendant qu'il fait encore jour : je ne me sépare pas d'eux, je garde mon pouvoir et mon droit de les prendre, durant toute la durée du crépuscule de la veille du jour de fête. Dès lors, au moment où le jour entre et où la sainteté devrait se poser sur eux, elle ne se pose pas, et ils ne sont donc pas écartés. Mais sur le bois de la souka il ne peut poser une telle condition, puisque malgré lui il s'en sépare au crépuscule, du fait qu'y toucher démolirait une tente ; et le crépuscule étant un jour de fête douteux, la sainteté se pose sur lui, et par cette sainteté il est écarté pour les sept jours.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל עֲצֵי סֻוכָּה דְּחָל קְדֻושָּׁה עֲלַייְהוּ אִתַּקְצַאי לְשִׁבְעָה. וְקָשֶׁה דְּמַשְׁמַע הָכָא דְּמַה שֶׁעֲצֵי סֻוכָּה אֲסוּרִין הַיְינוּ מִטַּעַם מֻוקְצֶה וְכֵן מַשְׁמַע בְּשַׁבָּת (דַּף מה. וְשָׁם) הוֹאִיל וְהֻוקְצָה לְמִצְוָתוֹ הֻוקְצָה לְאִיסּוּרוֹ וּלְעֵיל קָאָמַר מָה חַג לַה' אַף סֻוכָּה לַה' אַלְמָא דַּאֲסוּרִין מִדְּאוֹרַיְיתָּא וְתֵירֵץ ר"ת דְּמַה שֶׁאָמַר מָה חַג לְשֵׁם אַף סֻוכָּה לְשֵׁם הַיְינוּ לְפִי שִׁיעוּר סֻוכָּה כְּגוֹן ב' דְּפָנוֹת וּשְׁלִישִׁית אַפֵּי' טֶפַח אֲבָל אִי עֲבִיד דְּפָנוֹת שְׁלֵמוֹת יוֹתֵר מִשִּׁיעוּר סֻוכָּה לָא נָפֵיק מִקְּרָא וְעַל הַיּוֹתֵר קָאָמַר שֶׁאָסוּר מִטַּעַם מֻוקְצֶה ור"י פֵּירֵשׁ דְּוַדַּאי כָּל זְמַן שֶׁהַסֻּוכָּה בַּעֲמִידָה שַׁייָּךְ בָּהּ מָה חַג לַה' אַף סֻוכָּה לַה' אֲבָל כְּשֶׁנָּפְלָה לֹא שַׁייָּךְ בָּהּ מֶה חַג וְכוּ' וְאִם כֵּן הָיָה יָכוֹל לְתָרוֹצֵי הָכָא מַה שֶׁעֲצֵי סֻוכָּה אֲסוּרִין מִקְּרָא דִּלְעֵיל מֶה חַג הַיְינוּ כְּשֶׁהָיוּ בַּעֲמִידָה אֲבָל כְּשֶׁנָּפְלוּ מֻותָּרִין אֶלָּא נְקַט הָאֱמֶת דִּכְשֶׁנָּפְלוּ נָמֵי אֲסוּרִין מִטַּעַם מֻוקְצֶה:
Mais le bois de la souka, sur lequel la sainteté se pose, se trouve écarté pour les sept jours. Cela fait difficulté : il ressort d'ici que l'interdiction du bois de la souka tient au mouktse, et il en va de même dans Chabbat 45a, puisqu'il a été écarté pour sa mitsva il est écarté quant à l'interdit. Or plus haut il a été dit : de même que la fête est pour ה', ainsi la souka est pour ה', ce qui montre que l'interdiction vient de la Tora. Rabbenou Tam répond que la parole de même que la fête est pour le Nom, ainsi la souka est pour le Nom, ne vaut que pour la mesure minimale d'une souka, soit deux parois et une troisième fût-elle d'un tefah ; s'il a fait des parois complètes au-delà de la mesure requise, ce surplus ne découle pas du verset, et c'est de lui qu'il est dit qu'il est interdit au titre du mouktse. Et le Ri explique que tant que la souka tient debout, la parole de même que la fête est pour ה', ainsi la souka est pour ה' lui convient bien, tandis qu'une fois tombée elle ne lui convient plus. Dès lors, on aurait pu répondre ici que l'interdiction du bois de la souka vient du verset cité plus haut, de même que la fête, tant qu'il tenait debout, et qu'une fois tombé il serait permis ; la Guemara se borne pourtant à énoncer ce qui est vrai, à savoir qu'une fois tombé il reste interdit au titre du mouktse.
💡 Explication

La réponse repose sur le moment du bein hachemachot (crépuscule), quand la sainteté de la fête entre en vigueur. Une déclaration faite de jour, je ne me sépare pas d'eux durant tout le crépuscule, maintient les ornements à la disposition de leur propriétaire, et la sainteté ne trouve rien sur quoi se poser.

Le bois de la souka échappe à ce montage : au crépuscule, y toucher démolirait une tente, donc son propriétaire s'en sépare de force. La sainteté se pose sur lui, et elle l'écarte pour toute la durée de la fête.

Tossefot relèvent la tension entre les deux registres invoqués dans l'amud, le mouktse et le verset, et rapportent deux partages : celui de Rabbenou Tam, qui distingue la mesure minimale de la souka et le surplus, et celui du Ri, qui distingue le temps où elle tient debout et celui où elle est tombée.

🖼️ Schéma
Pourquoi la condition sauve les ornements et non le bois Le crépuscule de la veille du jour de fête C'est à ce moment que la sainteté de la fête se pose, ou ne se pose pas Les ornements de la souka noix, amandes, grappes, couronnes d'épis Il déclare de jour : je ne me sépare pas d'eux durant tout le crépuscule Rien ne l'empêche d'en disposer Aucune sainteté ne se pose La condition est efficace Le bois de la souka parois et sekhakh de la souka de la fête Une telle déclaration reste sans portée : au crépuscule il s'en sépare malgré lui y toucher démolirait une tente La sainteté se pose sur lui Il est écarté pour les sept jours Deux niveaux à distinguer dans la clause de la braita Rav Menachya fils de Rava : ils s'accordent sur la souka de la fête, elle est interdite ; la clause qui parle de condition traite d'une cabane ordinaire, qui tombe seulement sous le mouktse Abaye et Rava : la braita des ornements ne contredit rien, puisque la déclaration préalable empêche la sainteté de se poser, alors que sur le bois elle se pose de toute façon
Ce qu'une déclaration préalable empêche, et ce qu'elle ne peut pas empêcher.
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וּמַאי שְׁנָא מֵהָא דְּאִתְּמַר: הִפְרִישׁ שִׁבְעָה אֶתְרוֹגִים לְשִׁבְעַת הַיָּמִים, אָמַר רַב: כָּל אַחַת וְאַחַת יוֹצֵא בָּהּ וְאוֹכְלָהּ לְאַלְתַּר. וְרַב אַסִּי אָמַר: כָּל אַחַת יוֹצֵא בָּהּ וְאוֹכְלָהּ לְמָחָר!

Et en quoi cela diffère-t-il de ce qui a été énoncé : celui qui a mis de côté sept etroguim pour les sept jours ? Rav dit : de chacun d'eux il s'acquitte, et il le mange aussitôt après.

Et Rav Assi dit : de chacun il s'acquitte, et il le mange le lendemain.

📜 Rachi (4)
וּמַאי שְׁנָא מֵהָא כו' דְּלָא אָמַר בְּאֶתְרוֹג דְּמִשּׁוּם בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת קַמָּא לִיתַּקְצֵי כָּל שִׁבְעָה אֶלָּא לְחַד יוֹמָא מִכִּי אַתְנִי עָלֶיהָ לְחַד יוֹמָא:
Et en quoi cela diffère-t-il, etc. : on n'a pas dit de l'etrog que le premier crépuscule l'écarte pour les sept jours, mais seulement pour un jour, dès lors qu'il l'a destiné à un seul jour.
דְּאִתְּמַר הִפְרִישׁ כו' יוֹצֵא בָּהּ בְּיוֹמָהּ:
Ce qui a été énoncé : celui qui a mis de côté, etc., il s'en acquitte : le jour qui lui revient.
וְאוֹכְלָהּ לְאַלְתַּר קָסָבַר לְמִצְוָתָהּ אִתַּקְצַאי וַהֲרֵי נַעֲשֵׂית מִצְוָתָהּ:
Et il le mange aussitôt après : il tient que l'etrog n'a été écarté que pour sa mitsva, et voilà que sa mitsva est accomplie.
וְרַב אַסִּי אָמַר יוֹצֵא בָּהּ וְאוֹכְלָהּ לְמָחָר דְּכֵיוָן דְּאִתַּקְצַאי לְבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת אִתַּקְצַאי לְכֻולֵּי יוֹמָא וְהָא עֲצֵי סֻוכָּה נָמֵי כֵּיוָן דְּאַתְנֵי עֲלַיְיהוּ לֵיהָנוֹת מֵהֶן בְּחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד כְּהַפְּרִישָׁה לְיוֹם רִאשׁוֹן דָּמֵי וּמִשּׁוּם דְּבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת קַמָּא קַדִּישׁ קָא אָמְרַתְּ דְּאִתַּקְצַאי לְשִׁבְעָה:
Et Rav Assi dit : il s'en acquitte et le mange le lendemain : puisqu'il a été écarté pour le crépuscule, il se trouve écarté pour toute la journée. Or le bois de la souka aussi : du moment qu'il a posé comme condition d'en profiter pendant hol hamoed, c'est comme s'il l'avait mis de côté pour le premier jour seulement ; et parce que le premier crépuscule le consacre, tu dis pourtant qu'il est écarté pour les sept jours.
🗂️ Tossefot (1)
כָּל אַחַת וְאַחַת יוֹצֵא בָּהּ וְאוֹכְלָהּ לְאַלְתַּר. לָאו דַּוְקָא לְאַלְתַּר דְּהָא אֶתְרוֹג שֶׁל יוֹם רִאשׁוֹן אָסוּר כָּל הַיּוֹם עַד לְמָחָר וְלָא פְּלִיג רַב וְרַב אַסִּי אֶלָּא בִּשְׁאָר יָמִים:
De chacun d'eux il s'acquitte, et il le mange aussitôt après. Le mot aussitôt n'est pas à prendre à la lettre, car l'etrog du premier jour est interdit toute la journée jusqu'au lendemain. Rav et Rav Assi ne divergent qu'à propos des autres jours.
💡 Explication

La Guemara cherche une mesure commune. Celui qui met de côté sept etroguim, un par jour, voit la sainteté de chacun s'éteindre au bout d'un jour, selon Rav dès l'accomplissement de la mitsva, selon Rav Assi a la fin de la journée.

Rachi formule l'objection avec précision : celui qui pose une condition sur le bois de sa souka pour en profiter pendant hol hamoed fait exactement ce que fait celui qui réserve un etrog au premier jour. Pourquoi le premier crépuscule produirait-il ici sept jours d'écart, et là un seul ?

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הָתָם, דְּמִפְּסָקוֹ לֵילוֹת מִיָּמִים — כָּל חַד וְחַד יוֹמָא מִצְוָה בְּאַפֵּי נַפְשֵׁיהּ הוּא. הָכָא, דְּלָא מַפְסְקוּ לֵילוֹת מִיָּמִים — כֻּולְּהוּ יוֹמֵי כַּחֲדָא יוֹמָא אֲרִיכְתָּא דָּמֵי.

Là-bas, où les nuits se séparent des jours, chaque jour est une mitsva à lui seul. Ici, où les nuits ne se séparent pas des jours, tous les jours sont comme un seul long jour.

📜 Rachi (1)
דְּמַפְסְקִי לֵילוֹת מִיָּמִים שֶׁאֵין מִצְוָתוֹ בַּלַּיְלָה:
Où les nuits se séparent des jours : car la mitsva de l'etrog ne s'applique pas la nuit.
💡 Explication

La réponse tient à la structure du temps de chaque mitsva. L'etrog se prend seulement de jour ; chaque nuit interrompt donc la série, et les sept journées forment sept mitsvot distinctes, dont chacune porte sa propre sainteté.

La souka oblige de jour comme de nuit. Rien n'interrompt la série, les sept jours valent un seul long jour, et la sainteté qui s'est posée au premier crépuscule ne retombe qu'à l'issue de la fête.

🖼️ Schéma
Sept mitsvot ou un seul long jour L'etrog : la mitsva ne vaut que de jour jour 1 jour 2 jour 3 jour 4 jour 5 jour 6 jour 7 | | | | | | Les nuits coupent les jours : chaque journée est une mitsva à elle seule Rav : il s'acquitte et mange l'etrog aussitôt après Rav Assi : il s'acquitte et le mange le lendemain La souka : la mitsva vaut jour et nuit un seul long jour, du premier crépuscule à l'issue de la fête Rien n'interrompt la sainteté, donc rien ne la fait retomber en cours de route Le bois reste écarté pour les sept jours La question posée était : pourquoi le premier crépuscule suffit-il à écarter le bois pour sept jours, alors qu'il n'écarte l'etrog que pour une journée ?
Sept mitsvot séparées par les nuits, ou une seule durée continue.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).