Beitzah 33a — Le bois le jour de fête : caler, conduire, embrocher, et la question du mouktse

Beitzah 33a

Sougya : L'amud achève la règle de Rav Yehouda sur le bnin : l'œuf posé sur un ustensile creux, la marmite posée sur deux jarres, le lit démonté et les jarres empilées se montent tous du haut vers le bas. La michna reprend ensuite les interdits liés au bois, caler une marmite ou une porte avec une bûche et conduire une bête au bâton, que la Guemara rattache soit au mouktse, le bois n'ayant été donné que pour être brûlé, soit à l'apparence de celui qui va au marché.

Rav Nahman et Rav Chechet divergent ensuite sur le hizra, ce rameau épineux qu'on enfonce dans la viande comme une broche ; deux versions opposées de leur débat aboutissent à la même halakha, le sec est permis et l'humide est interdit. Rava enseigne qu'une femme n'entrera pas dans la réserve de bois pour y prendre un tisonnier, et qu'un tisonnier brisé ne se brûle plus, puisqu'on brûle avec des ustensiles et non avec des tessons ; la Guemara concilie cette rigueur avec les entrailles de l'oison que Rava faisait jeter au chat.

La michna suivante oppose Rabbi Eliezer et les Sages sur l'éclat de bois pris pour se curer les dents et sur le ramassage dans la cour, puis interdit de produire le feu à partir du bois, des pierres, de la terre, des tuiles ou de l'eau.

Les sept mouvements de l'amud 1. Fin du bnin : œuf, marmite, lit, jarre on tient le dessus en l'air, puis on glisse le dessous 2. Caler la marmite avec une bûche, et de même la porte le bois n'a été donné que pour être brûlé ; Rabbi Chimon permet 3. Conduire la bête au bâton même Rabbi Chimon interdit : cela ressemble à celui qui va au marché 4. Le hizra en guise de broche Rav Nahman interdit, Rav Chechet permet ; deux versions du débat 5. Le tisonnier pris dans la réserve, le tisonnier brisé Rava : on brûle avec des ustensiles, non avec des tessons 6. Rava et les entrailles de l'oison jetées au chat elles se gâtent : sa pensée était déjà sur elles depuis la veille 7. Michna : l'éclat pour les dents, le ramassage dans la cour Rabbi Eliezer contre les Sages 8. Michna : produire le feu, chauffer les tuiles à blanc
Le fil de l'amud, du bnin des jarres à la production du feu.
Que faire d'un bois le jour de fête ? Un bois, le jour de fête Le brûler pour cuire l'usage pour lequel il est donné L'enfoncer dans la viande comme une broche : hizra Caler une marmite ou une porte En faire un tisonnier pour le four Permis Sec : permis Humide : interdit Interdit Interdit Le motif commun : le bois n'a été donné que pour être brûlé. Tout autre emploi le rend mouktse. Rabbi Chimon, qui n'admet pas le mouktse, permet de caler ; il interdit pourtant de conduire la bête au bâton. Deux règles de plus sur le tisonnier, enseignées par Rava : entrer dans la réserve de bois pour en prendre un est interdit ; un tisonnier brisé ne se brûle plus, car on brûle avec des ustensiles et non avec des tessons.
L'arbre du bois le jour de fête : brûler, embrocher, caler, tisonner.
Le mouktse le jour de fête : trois positions des Richonim Rachi, Rabbenou Tam, Ri Halakha comme Rabbi Chimon le Chabbat et le jour de fête. La halakha du hizra a été fixée selon celui qui admet le mouktse ; nous ne tenons pas ainsi. Rabbenou Tam : l'interdit de caler vient d'un décret du jour de fête à cause du Chabbat, non du mouktse. Rav Alfas, Rav Haï, Rambam Chabbat : Rabbi Chimon. Jour de fête : Rabbi Yehouda. La halakha du hizra se lit alors sans difficulté : le rameau humide est mouktse. Appui : Rav Nahman lui-même distingue les michnayot anonymes du Chabbat et celles du jour de fête. Halakhot Guedolot Mouktse : Rabbi Chimon, même le jour de fête. Nolad : Rabbi Yehouda. Preuve tirée de Rava et du tisonnier. Le Roch répond que Rava suit sa propre ligne et interdit même le mouktse qui n'est pas nolad. Nafka mina : ce que l'on fait le jour de fête Prendre un rameau humide comme broche, caler la marmite avec une bûche, prendre un tisonnier dans la réserve de bois, abattre une bête du désert qui ne rentre pas dans le tehoum. Permis selon Rachi et Rabbenou Tam ; interdit selon Rav Alfas, Rav Haï et le Rambam.
Le mouktse le jour de fête : les trois positions des Richonim et leur nafka mina.
1
וְכֵן בֵּיעֲתָא, וְכֵן קְדֵרָה, וְכֵן פּוּרְיָא, וְכֵן חָבִיתָא.

Et de même l'œuf, et de même la marmite, et de même le lit, et de même la jarre.

📜 Rachi (4)
וְכֵן בֵּיעֲתָא בֵּיצִים גַּסּוֹת הַנְּתוּנוֹת ע"פ כְּלִי חָלוּל כְּעֵין טרפי"ד אוֹ עַל הַאַסְכְּלָא אֵין מוֹשִׁיבִין אֶת הַכְּלִי תְּחִלָּה וְאח"כ יְסַדֵּר עָלָיו אֶלָּא יֹאחֲזֶנּוּ בְּיָדוֹ וְיוֹשִׁיב הַבֵּיצָה עָלָיו וְאַחַ"כּ יוֹשִׁיב הַכְּלִי עַל הַגֶּחָלִים שֶׁלֹּא יַעֲשֶׂנּוּ כְּסֵדֶר בִּנְיָן:
Et de même l'œuf : de gros œufs que l'on pose sur l'ouverture d'un ustensile creux, une sorte de trépied, ou sur la grille. On ne pose pas l'ustensile d'abord pour ranger ensuite les œufs dessus ; il le tient dans sa main, y pose l'œuf, et pose ensuite l'ustensile sur les braises, afin de ne pas procéder à la manière d'une construction.
וְכֵן קְדֵרָה שֶׁמּוֹשִׁיבִין עַל ב' חָבִיּוֹת לֹא יַקִּיפֶנָּה תְּחִלָּה וְאח"כ יוֹשִׁיב הַקְּדֵרָה עֲלֵיהֶם אֶלָּא הָעֶלְיוֹנָה יִתְלֶה בָּאֲוִיר וְיֹאחֲזֶנָּה בְּיָדוֹ וִיסַדְּרוּ הֶחָבִיּוֹת תַּחְתֶּיהָ סָבִיב:
Et de même la marmite : celle qu'on pose sur deux jarres. Il ne les disposera pas d'abord autour pour poser ensuite la marmite dessus ; il suspend celle du dessus en l'air, la tient dans sa main, et l'on range les jarres en dessous, tout autour.
וְכֵן פּוּרְיָא מִטּוֹת הַשָּׂרִים שֶׁפּוֹרְקִין אוֹתָן וּמַחֲזִירִין לֹא יִזְקֹוף הַכְּרָעַיִם תְּחִלָּה לָתֵת הָאֲרֻוכּוֹת בַּכְּרָעַיִם וְאַחַ"כּ יִפְרֹוס הָעוֹר לַמַּצָּע שֶׁשּׁוֹכְבִין עָלָיו אֶלָּא פּוֹרֵס הָעוֹר תְּחִלָּה וְיֶאֶחְזוּהוּ בְּנֵי אָדָם בִּידֵיהֶם וְאַחַ"כּ יָבִיאוּ הָאֲרֻוכּוֹת וְיִקְשְׁרוּ הָרְצוּעוֹת שֶׁל עוֹר בָּהֶן וְאַחַ"כּ יִזְקְפוּ הַכְּרָעַיִם וְיִתְּנוּ הָאֲרֻוכּוֹת לְתוֹכָן:
Et de même le lit : les lits des notables, que l'on démonte et remonte. Il ne dressera pas les pieds d'abord pour placer les traverses dans les pieds et étendre ensuite le cuir qui sert de couche ; il étend d'abord le cuir, des hommes le tiennent dans leurs mains, puis on apporte les traverses, on y attache les lanières de cuir, puis on dresse les pieds et l'on y engage les traverses.
וְכֵן חָבִיתָא חָבִיּוֹת שֶׁמְּסַדְּרִים בָּאוֹצָר וּמוֹשִׁיבִין אַחַת עַל גַּבֵּי שְׁתַּיִם:
Et de même la jarre : les jarres que l'on range dans le cellier, en posant l'une sur deux.
🗂️ Tossefot (1)
כְּגוֹן מִטָּה שֶׁלָּנוּ שֶׁאֵין לָהּ מְחִיצּוֹת אֶלָּא שֶׁיֵּשׁ לָהּ מְחִיצּוֹת אַךְ תֵּימַהּ דְּאָמַר בְּשַׁבָּת (דַּף קלט:) הַאי פַּרְווָנְקָא (. אַפַּלְגָא) דְּכוּבָא אֲסִירָא וְהָתָם הַמְּחִיצּוֹת הָיוּ עֲשׂוּיוֹת כְּבָר וְי"ל דְּשָׁאנֵי הָתָם הוֹאִיל וְרָחָב הַכּוּבָא יוֹתֵר מִדַּאי נַעֲשֶׂה כְּאֹהֶל פרש"י דְּרַב יְהוּדָה דְּהָכָא ס"ל כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאוֹסֵר מֻוקְצֶה וְדָבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין אֲבָל אֲנַן ס"ל כר"ש וְדָבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מֻותָּר וְדֹוחַק הוּא לוֹמַר דְּכָל הָנֵי מִילְּתָא דְּלָא כְּר"ש אֶלָּא נִרְאֶה לוֹמַר דַּאֲפִילּוּ ר"ש מוֹדֶה דְּהָוְיָא הָכָא אָסוּר דְּהָא דא"ר שִׁמְעוֹן דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מֻותָּר הַייְנוּ כְּגוֹן שֶׁעוֹשֶׂה דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין לַעֲשׂוֹתוֹ אֲבָל הָכָא מִתְכַּוֵּין לַעֲשׂוֹת מַה שֶׁהוּא עוֹשֶׂה:
Comme notre lit, qui n'a pas de parois, sinon qu'il a des parois. Il y a pourtant une difficulté, car il est dit dans Chabbat (139b) que ce couvercle de la cuve est interdit, et là-bas les parois étaient déjà faites. On peut répondre que là-bas c'est différent : la cuve étant excessivement large, cela devient comme un ohel (tente). Rachi a expliqué que Rav Yehouda, ici, tient comme Rabbi Yehouda, qui interdit le mouktse et la chose non intentionnelle, tandis que nous tenons comme Rabbi Chimon, pour qui une chose non intentionnelle est permise. Il est forcé de dire que toutes ces règles ne suivent pas Rabbi Chimon. Il paraît plutôt juste de dire que même Rabbi Chimon reconnaît l'interdit ici : lorsque Rabbi Chimon dit qu'une chose non intentionnelle est permise, il s'agit de faire une chose qu'il n'a pas l'intention de faire ; ici, au contraire, il a l'intention de faire ce qu'il fait.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה מְדוּרְתָּא מִלְּמַעְלָה לְמַטָּה שְׁרֵי מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה אָסוּר וְכֵן קְדֵירָה וְכֵן בֵּיעֲתָא וְכֵן פֻּורְיָא וְכֵן חָבִיתָא. פֵּירוּשׁ כְּשֶׁהוּא עוֹשֶׂה מִדִּירָה שֶׁל אֵשׁ לַח יְהֵא מַנִּיחַ עֵצִים לְמַטָּה וּמַנִּיחַ אֲחֵרִים מִלְמַעְלָה וְעוֹלֶה שֶׁנִּמְצָא דֶּרֶךְ בִּנְיָן. פִּי' לְפֵירוּשׁוֹ כְּשֶׁעוֹשִׂין מְדוּרָה גְּדוֹלָה עוֹשִׂין אַרְבַּע שׁוּרוֹת שֶׁל עֵצִים כְּעֵין ד' דִּפְנֵי הַתֵּיבָה וְנוֹתְנִין עֲלֵיהֶן עֵצִים מִלְמַעְלָה וְקָאָמַר שֶׁלֹּא יַעֲשֶׂה הַדְּפָנוֹת תְּחִלָּה אֶלָּא אֶחָד יֶאֱחֹוז הָעֵצִים הָעֶלְיוֹנוֹת בְּיָדוֹ וְאֶחָד יַעֲשֶׂה הַדְּפָנוֹת תַּחְתֵּיהֶן שֶׁאֵין זֶה דֶּרֶךְ בִּנְיָן וְכֵן קְדֵירָה כְּשֶׁשּׁוֹפֵת אוֹתָהּ לֹא יַנִּיחַ אֲבָנִים בַּתְּחִלָּה וְיִתֵּן עֲלֵיהֶם אֶת הַקְּדֵירָה אֶלָּא אוֹחֵז אֶת הַקְּדֵירָה בֻּודּוּ וּמַכְנִיס אֲבָנִים תַּחְתֶּיהָ וְכֵן בֵּיצִים כְּשֶׁרוֹצֶה לִצְלוֹת אוֹתָם וּמַנִּיחַ אַחַת עַל שְׁתַּיִם אוֹ עַל שָׁלֹשׁ וְהָאֵשׁ בֵּינֵיהֶם אוֹחֵז אֶת הָעֶלְיוֹנָה וְנוֹתֵן אֶת הָאֲחֵרוֹת תַּחְתֶּיהָ. וְכֵן פּוּרְיָא שֶׁאוֹחֵז אֶת הַקְּרָשִׁים תְּחִלָּה וּמַכְנִיס אֶת הָרַגְלַיִם תַּחְתֶּיהָ. וְכֵן חָבִיתָא כְּשֶׁרוֹצֶה לְהַטּוֹתָהּ עַל גַּבֵּי אֲבָנִים מַטֵּה אוֹתָהּ בַּתְּחִלָּה וְאַחַ"כּ מַכְנִיס אֲבָנִים תַּחְתֶּיהָ. וּמַה שֶׁכָּתַב בְּפוּרַיָּא שֶׁאָסוּר לָתֵת הָרַגְלַיִם תְּחִלָּה וְלִיתֵּן הַקְּרָשִׁים עֲלֵיהֶן לֹא יִתָּכֵן לֶאֱסֹור זֶה אִם לֹא שֶׁיְּהֵא הָרַגְלַיִם ד' דַּפִּין מְחֻובָּרִין בְּאַרְבַּע דֻּופְנֵי הַתֵּיבָה דְּאֵין אֹהֶל בְּלֹא מְחִיצּוֹת וְאֵין הָעוֹלָם נִזְהָרִין מִלְּהַנִּיחַ הַשֻּׁולְחָן עַל גַּבֵּי הָרַגְלַיִם בְּשַׁבָּת. וְהָא דְּאָמַר בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּעֵירוּבִין (דַּף קב.) כְּרֹוךְ בֻּודְיָא וְשַׁייַּר בַּהּ טֶפַח אַלְמָא דְּמִקְּרֵי אֹהֶל בְּלֹא מְחִיצּוֹת הָתָם שָׁאנֵי לֶהֱוֵי בִּנְיָן חָשׁוּב. וְגַם עִיקַּר כַּווָּנָתוֹ לַעֲשִׂייַּת אֹהֶל אֲבָל בִּנְיָן עֲרַאי כָּזֶה לָא מִיקְּרֵי אֹהֶל בְּלֹא. מְחִיצּוֹת. רַשִׁ"י פֵּירֵשׁ לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין דְּהַךְ מִלְּתָא דְּרַב יְהוּדָה אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאוֹסֵר דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין וַאֲנַן קי"ל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מֻותָּר. וְלָא נְהִירָא דְּמֶה עִנְיָן זֶה לְדָבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין הֲרֵי הוּא עוֹשֶׂה מַה שֶׁמִּתְכַּוֵּין לַעֲשׂוֹת וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין לְבִנְיָן מ"מ מִתְכַּוֵּין הוּא לַעֲשׂוֹת דָּבָר הַדּוֹמֶה לְבִנְיָן. וַאֲסָרוּהָ חֲכָמִים גְּזֵירָה אַטּוּ בִּנְיָן וְאַלִּיבָּא דְּהִלְכְתָא הִיא מִלְּתָא דְּרַב יְהוּדָה:
Rav Yehouda a dit : un bûcher, du haut vers le bas, est permis ; du bas vers le haut, est interdit. Et de même la marmite, et de même l'œuf, et de même le lit, et de même la jarre. Explication : lorsqu'il fait un bûcher de feu, qu'il ne pose pas les bois en bas pour en poser d'autres au-dessus en montant, car cela se trouve être à la manière d'une construction. Explication de cette explication : lorsqu'on fait un grand bûcher, on dresse quatre rangées de bois comme les quatre parois d'une caisse et l'on pose des bois par-dessus. Il dit donc qu'on ne fera pas les parois d'abord ; plutôt, l'un tient les bois supérieurs dans sa main et l'autre fait les parois en dessous, car telle n'est pas la manière de construire. Et de même la marmite : lorsqu'il la pose, il ne mettra pas les pierres d'abord pour y placer ensuite la marmite, mais il tient la marmite dans sa main et introduit les pierres en dessous. Et de même les œufs : lorsqu'il veut les rôtir et qu'il en pose un sur deux ou sur trois, le feu entre eux, il tient celui du dessus et met les autres en dessous. Et de même le lit : il tient d'abord les planches et introduit les pieds en dessous. Et de même la jarre : lorsqu'il veut l'incliner sur des pierres, il l'incline d'abord et introduit ensuite les pierres en dessous. Quant à ce qui est écrit au sujet du lit, qu'il est interdit de mettre les pieds d'abord et de poser les planches dessus, il n'est pas possible d'interdire cela à moins que les pieds ne soient quatre panneaux joints aux quatre parois de la caisse, car il n'y a pas d'ohel sans parois, et les gens ne se gardent pas de poser la table sur ses pieds le Chabbat. Et ce qui est dit au dernier chapitre de Erouvin (102a), enroule la natte et laisse-y un tefah, ce qui implique que l'on appelle ohel même sans parois, là-bas c'est différent, car il s'agit d'une construction importante et son intention première est de faire un ohel ; mais une construction provisoire comme celle-ci ne s'appelle pas ohel sans parois. Rachi a expliqué plus loin dans notre sougya que cette parole de Rav Yehouda suit Rabbi Yehouda, qui interdit la chose non intentionnelle, et que nous tenons comme Rabbi Chimon, qui dit qu'une chose non intentionnelle est permise. Cela ne paraît pas juste, car qu'a à voir cette affaire avec la chose non intentionnelle ? Il fait bien ce qu'il a l'intention de faire ; et même s'il n'a pas l'intention de construire, il a tout de même l'intention de faire une chose qui ressemble à une construction. Les Sages l'ont interdite par décret, de peur de la construction ; et selon la halakha, la parole de Rav Yehouda est retenue.
💡 Explication

Rav Yehouda a posé plus haut la règle du bûcher : on le monte du haut vers le bas. Notre segment applique la même règle à quatre objets du quotidien. Le point commun de tous : un élément porte est posé sur des éléments porteurs, ce qui reproduit l'ordre du maçon et tombe sous le décret des Sages contre le bnin arai, la construction provisoire.

La solution est chaque fois la même : tenir d'abord en l'air ce qui viendra au-dessus, puis glisser les supports en dessous. Le résultat est identique, le geste cesse de ressembler à une construction.

Rachi lit ces quatre mots comme des cas concrets : beiata, l'œuf posé sur un ustensile creux ; kedera, la marmite sur deux jarres ; pouria, le lit démontable dont on tend le cuir avant de dresser les pieds ; havita, les jarres empilées du cellier. Tossefot demandent alors pourquoi ce serait interdit, puisque nous tenons comme Rabbi Chimon, pour qui une chose non intentionnelle est permise ; ils répondent que l'homme vise ici précisément ce qu'il fait, et que la règle de Rabbi Chimon ne s'applique pas.

🖼️ Schéma
Le même geste, dans les quatre cas de Rav Yehouda Du bas vers le haut : interdit 1. le support d'abord, 2. le dessus ensuite l'ordre du maçon Du haut vers le bas : permis 1. on tient le dessus, 2. on glisse le support le geste cesse de ressembler à une construction Beiata l'œuf sur un ustensile creux ou sur la grille on tient l'ustensile, on y pose l'œuf Kedera la marmite posée sur deux jarres on la suspend en l'air, on range les jarres dessous Pouria le lit démontable des notables on tend le cuir, on lie les traverses, puis les pieds Havita les jarres du cellier, une sur deux on tient celle du dessus, on place les autres dessous
Le même renversement d'ordre dans les quatre cas : œuf, marmite, lit, jarre.
2
וְאֵין סוֹמְכִין אֶת הַקְּדֵרָה בְבַקַּעַת, וְכֵן בְּדֶלֶת. בְּדֶלֶת סָלְקָא דַעְתָּךְ?! אֶלָּא אֵימָא: וְכֵן הַדֶּלֶת. תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין סוֹמְכִין אֶת הַקְּדֵרָה בְבַקַּעַת, וְכֵן הַדֶּלֶת, לְפִי שֶׁלֹּא נִתְּנוּ עֵצִים אֶלָּא לְהַסָּקָה. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר.

Et l'on ne cale pas la marmite avec une bûche, et de même avec la porte. Avec la porte, cela te viendrait à l'esprit ?!

Dis plutôt : et de même la porte. Nos maîtres ont enseigné : on ne cale pas la marmite avec une bûche, et de même la porte, car le bois n'a été donné que pour être brûlé.

Et Rabbi Chimon permet.

📜 Rachi (3)
בְּדֶלֶת ס"ד וּמִי זֶה הַסּוֹמֵךְ קְדֵרָה בַּדֶּלֶת וַהֲלֹא תִּשָּׁבֵר:
Avec la porte, cela te viendrait à l'esprit : et qui donc calerait une marmite avec une porte ? Elle se briserait.
אֵימָא וְכֵן הַדֶּלֶת אֵין סוֹמְכִין אוֹתוֹ בִּבְקַעַת:
Dis : et de même la porte : on ne la cale pas avec une bûche.
ור"ש מַתִּיר דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה:
Et Rabbi Chimon permet : car il n'admet pas le mouktse.
⚖️ Rosh (2)
אֵין סוֹמְכִין אֶת הַקְּדֵירָה בְבַקַּעַת וְכֵן בְּדֶלֶת. בְּדֶלֶת ס"ד. אֵימָא וְכֵן הַדֶּלֶת. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי אֵין סוֹמְכִין אֶת הַקְּדֵירָה בַּבְּקַעַת וְכֵן הַדֶּלֶת לְפִי שֶׁלֹּא נִיתְּנוּ עֵצִים אֶלָּא לְהַסָּקָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר. וְאֵין מַנְהִיגִין אֶת הַבְּהֵמָה בַּמַּקֵּל בְּיוֹם טוֹב מִשּׁוּם דְּמִיחֲזֵי כְּמַאן דְּאָזֵיל לְחִינְגָּא: חִיזְרָא רַב נַחְמָן אָסַר וְרַב שֵׁשֶׁת שָׁרֵי. פֵּירוּשׁ עֵצִים מִמִּינֵי הַקּוֹצִים נִקְרָאִים חִיזְרָא. רַב נַחְמָן אָסַר לִיטֹּול מֵהֶן עֵץ לְהַכְנִיסוֹ בְּתוֹךְ הַבָּשָׂר כְּמוֹ שַׁפּוּד לִצְלוֹת בּוֹ וְרַב שֵׁשֶׁת שָׁרִי. בִּרְטִיבָא כ"ע לָא פְלִיגִי דַּאֲסִיר דִּכְמֻוקְצֶה דָּמֵי. כִּי פְּלִיגִי בְּיַבִּישְׁתָּא. מַאן דְּאָסַר אָמַר לֹא נִיתְּנוּ עֵצִים אֶלָּא לְהַסָּקָה. וּמַאן דְּשָׁרֵי אָמַר לָךְ מַה לִי לִצְלוֹת בּוֹ מַה לִי לִצְלוֹת בְּגַחַלְתּוֹ. וְהִלְכְתָא יְבִישָׁא שָׁרִי רַטִּיבָא אָסוּר. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י הַךְ הִלְכְתָא אַלִּיבָּא דְּאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה אִיקְּבַע וַאֲנַן כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּמַתִּיר קי"ל. וה"ר אַלְפָסִי שָׁפֵי' רַטִּיבָא אָסוּר מִשּׁוּם מֻוקְצֶה לְדִידֵיהּ נִיחָא דְּאִיהוּ פְּסִיק לְקַמָּן בְּשִׁילְהֵי מְכִילְתִּין (סִימָן י"ד) דְּקי"ל כְּרַבִּי יְהוּדָה בְּמֻוקְצֶה בְּיוֹם טוֹב. אֲבָל לְרַשִׁ"י קָשֶׁה דְּרַב אַשִּׁי יִקְבַּע הִלְכְתָא בַּשַּׁ"ס דְּלָא קי"ל הָכִי. וּפֵירֵשׁ ר"ת דְּטַעֲמָא דְּאֵין סוֹמְכִין לָאו מִשּׁוּם מֻוקְצֶה אֶלָּא מִשּׁוּם גְּזֵירָה יוֹם טוֹב אַטּוּ שַׁבָּת כִּדְמַסִּיק בְּפֶרֶק כָּל הַכֵּלִים (שַׁבָּת דַּף קכד.) וּמַסִּיק הָתָם דְּמַתְנִיתִין דְּהָכָא בֵּית שַׁמַּאי הִיא. דְּפָרִיךְ מֵהַךְ דְּמַשִּׁילִין אַהַךְ דְּאֵין סוֹמְכִים וְאַהַהִיא דְּאֵין בֵּין יוֹם טוֹב לַשַּׁבָּת. וּמְשַׁנֵּי רַב פָּפָּא הָא ב"ש הָא ב"ה דִּפְלִיגִי גַּבֵּי אֵין מוֹצִיאִין אֶת הַקָּטָן לרה"ר וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר כְּבֵית הִלֵּל. וְהָא דְּקָתָנֵי שֶׁלֹּא נִיתְּנוּ עֵצִים אֶלָּא לְהַסָּקָה הָכִי פֵּירוּשׁוֹ וּבְשַׁבָּת לָא חֲזוּ לְהַסָּקָה וְגָזְרִינַן יו"ט אַטּוּ שַׁבָּת. וְרַב נַחְמָן וְרַב שֵׁשֶׁת דִּפְלִיגִי בְּחִיזְרָא. וַאֲפִילּוּ מַאן דְּשָׁרֵי לָא שָׁרֵי אֶלָּא מִשּׁוּם מַה לִי לִצְלוֹת בּוֹ מַה לִי לִצְלוֹת בְּגַחַלְתּוֹ. וְאַלִּיבָּא דת"ק פְּלִיגִי וְלָא אַלִּיבָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וְלָא מוֹקֵי פְּלֻוגְתַּייְהוּ בִּפְלוּגְתָּא דְּב"ש וּב"ה אֶלָּא כְּרַב יוֹסֵף דִּמְשַׁנֵּי הָתָם הָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְהָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְלֵית לְהוּ דִּיחוּיָא דְּהָתָם. וְנִיחָא לְאוֹקְמִינְהוּ כב"ש. וּמַסְּקָנָא דִּשְׁמַעְתִּין וְהִלְכְתָא יְבִישָׁא שָׁרִי רַטִּיבָא אָסוּר קַיְימָא שַׁפִּיר כְּרַב פָּפָּא דְּמוּקֵי הַךְ כב"ש. וְהָא דְּאָסַר רַטִּיבָא לָאו מִשּׁוּם דְּסָבַר כְּבֵית שַׁמַּאי דְּלָא נִיתְּנוּ עֵצִים אֶלָּא לְהַסָּקָה אֶלָּא הֵיכָא דַּחֲזוּ לְהַסָּקָה שָׁרוּ ב"ה לְכָל דָּבָר. וְרַטִּיבָא דְּלָא חֲזִי לְהַסָּקָה אָסְרִי לְכָל דָּבָר וְלֹא מִשּׁוּם מֻוקְצֶה אֶלָּא מִשּׁוּם דְּגָזְרִינַן בְּיוֹם טוֹב אַטּוּ שַׁבָּת. דָּרֵשׁ רָבָא אִשָּׁה לֹא תִּכָּנֵס לְבֵית הָעֵצִים לִיטּוֹל מֵהֶם אוּד פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י מִשּׁוּם מֻוקְצֶה דְּלָא נִיתְּנוּ עֵצִים אֶלָּא לְהַסָּקָה ור"ת זַ"ל פֵּירֵשׁ מִשּׁוּם דְּמִיחְזֵי כִּמְתַקֵּן כְּלִי לְכַבֵּד בּוֹ אֶת הַתַּנּוּר. וְכֵן פֵּירֵשׁ בה"ג. כְּלִי שֶׁנִּשְׁבַּר אָסוּר לְהַסִּיקוֹ בְּיוֹם טוֹב לְפִי שֶׁמַּסִּיקִים בְּכֵלִים וְאֵין מַסִּיקִים בְּשִׁבְרֵי כֵלִים:
On ne cale pas la marmite avec une bûche, et de même avec la porte. Avec la porte, cela te viendrait à l'esprit ? Dis : et de même la porte. Une braita enseigne de même : on ne cale pas la marmite avec une bûche, et de même la porte, car le bois n'a été donné que pour être brûlé ; et Rabbi Chimon permet. Et l'on ne conduit pas la bête au bâton le jour de fête, parce que cela ressemble à celui qui va au marché. Le hizra : Rav Nahman interdit et Rav Chechet permet. Explication : les bois des espèces épineuses s'appellent hizra. Rav Nahman interdit d'en prendre un bois pour l'enfoncer dans la viande comme une broche afin d'y rôtir, et Rav Chechet permet. Pour le rameau humide, tous s'accordent que c'est interdit, car cela est comme du mouktse ; ils divergent sur le rameau sec. Celui qui interdit dit : le bois n'a été donné que pour être brûlé. Celui qui permet dit : que m'importe de rôtir avec lui, que m'importe de rôtir avec sa braise ? Et la halakha : le sec est permis, l'humide est interdit. Rachi a expliqué que cette halakha a été fixée selon celui qui admet le mouktse, tandis que nous tenons comme Rabbi Chimon, qui permet. Pour Rav Alfas, qui a expliqué que l'humide est interdit à cause du mouktse, la chose se lit sans peine, car il tranche plus loin, à la fin de notre traité (siman 14), que nous tenons comme Rabbi Yehouda pour le mouktse le jour de fête. Mais pour Rachi c'est difficile, car Rav Achi fixerait dans le Talmud une halakha qui n'est pas la nôtre. Rabbenou Tam a expliqué que la raison de on ne cale pas ne vient pas du mouktse, mais d'un décret sur le jour de fête à cause du Chabbat, comme la Guemara conclut au chapitre Kol HaKelim (Chabbat 124a) ; elle y conclut que notre michna suit Beit Chamai, car elle objecte de la michna on fait descendre contre celle de on ne cale pas et contre celle de il n'y a entre le jour de fête et le Chabbat. Rav Papa répond : celle-ci est Beit Chamai, celle-là Beit Hillel, qui divergent au sujet de on ne sort pas l'enfant sur le domaine public, et Rabbi Chimon permet comme Beit Hillel. Et ce qui est enseigné, car le bois n'a été donné que pour être brûlé, s'explique ainsi : le Chabbat il ne convient pas au feu, et nous décrétons le jour de fête à cause du Chabbat. Rav Nahman et Rav Chechet divergent au sujet du hizra, et même celui qui permet ne permet qu'en raison de que m'importe de rôtir avec lui, que m'importe de rôtir avec sa braise. Ils divergent selon le premier tana et non selon Rabbi Chimon ; il n'établit pas leur divergence dans celle de Beit Chamai et de Beit Hillel, mais suit Rav Yossef, qui répond là-bas, celle-ci est Rabbi Eliezer et celle-là Rabbi Yehochoua, et il n'accepte pas la réfutation de là-bas. Il est à l'aise de les établir comme Beit Chamai. La conclusion de notre sougya, et la halakha, le sec est permis et l'humide est interdit, tient bien selon Rav Papa, qui établit cette michna comme Beit Chamai. Et s'il interdit l'humide, ce n'est pas qu'il tiendrait comme Beit Chamai que le bois n'a été donné que pour être brûlé ; plutôt, la où le bois convient au feu, Beit Hillel le permettent pour tout usage, et l'humide, qui ne convient pas au feu, ils l'interdisent pour tout usage, non à cause du mouktse, mais parce que nous décrétons le jour de fête à cause du Chabbat. Rava a enseigné : une femme n'entrera pas dans la réserve de bois pour y prendre un tisonnier. Rachi a expliqué que c'est à cause du mouktse, le bois n'ayant été donné que pour être brûlé ; Rabbenou Tam a expliqué que c'est parce que cela ressemble à façonner un ustensile pour balayer le four, et ainsi a expliqué aussi l'auteur des Halakhot Guedolot. Un ustensile qui s'est brisé, il est interdit de le brûler le jour de fête, car on brûle avec des ustensiles et l'on ne brûle pas avec des tessons d'ustensiles.
גְּמָ' לָמָּה לִי לְמֵימַר מַשְׁקִין וְשׁוֹחֲטִין מִילְּתָא אַגַּב אוֹרְחֵיהּ קמ"ל דְּלִישְׁקֵי אִינִישׁ וַהֲדַר שָׁחֵיט מִשּׁוּם סִירְכָא דְּמָשְׁכָא: ת"ר אֵלּוּ הֵן מִדְבָּרִיּוֹת וְאֵלּוּ הֵן בַּייָּתוֹת מִדְבָּרִיּוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת בְּפֶסַח וְרוֹעוֹת וְנִכְנָסוֹת לְיִישּׁוּב בִּרְבִיעָה בַּייָּתוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת וְרוֹעוֹת חוּץ לַתְּחוּם וּבָאוֹת וְלָנוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם. רַבִּי אוֹמֵר אֵלּוּ וְאֵלּוּ בַּיָּיתוֹת הֵן. אֵלּוּ הֵן הַמִּדְבָּרִיּוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת וְרוֹעוֹת בָּאֵפֶר וְאֵינָן נִכְנָסוֹת לַיִּישּׁוּב לֹא בִּימוֹת הַחַמָּה וְלֹא בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים. אַשְׁכְּחַן רַבְּוָותָא דְּפָסְקִי בְּהָא מִלְּתָא לְקֻולָּא וְאָמְרִי דס"ל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה וְכִדְאָמַר רַב נַחְמָן (שַׁבָּת דַּף י"ט:) עֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְתַרְנְגֹולֶת לְבֵיצָתָהּ וְתוֹרֵי דְרִידְיָא וְתַמְרֵי דְעִיסְקָא פְּלֻוגְתָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּרַבִּי יְהוּדָה הוּא דַּאֲסִיר וְרַבִּי שִׁמְעוֹן שָׁרִי וְקָאָמְרִינַן (שָׁם דַּף קנ"ז.) דְּהִלְכְתָא כר"ש וַאֲנַן לָא סְבִירָא לָן הָכִי דְּכִי אִיתְּמַר הִלְכְתָא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּשַׁבָּת אִיתְּמַר. וְהָא דְּאָמַר רַב נַחְמָן עֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְכוּ' לָא קָא פָּסֵיק רַב נַחְמָן הֲלָכָה כְּמַאן מִינַּייְהוּ אֶלָּא ה"ק פְּלֻוגְתָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה וְר"ש. וְכֵיוָן דְּקַייְמָא לָן דִּבְשַׁבָּת סְבִירָא לָן כר"ש דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה וּבְיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה מִמֵּילָא שָׁמְעִינַן דה"מ כְּגוֹן עֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְכוּ' דְּכֻולְּהוּ ביו"ט אֲסִירֵי וּמַה דַּחֲזוּ לֵיהּ מִינַּייְהוּ לְמֵיכַל מִינָּהּ בְּשַׁבָּת כְּגוֹן תַּמְרֵי דְּעִיסְקָא שָׁרִי לְמֵיכַל מִינֵּהּ בְּשַׁבָּת. וְעוֹד דְּרַב נַחְמָן גּוּפֵיהּ אַשְׁכְּחַן לֵיהּ דִּסְבִירָא לֵיהּ דְּהִלְכְתָא בְּיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה. דְּאָמְרִינַן בְּרֵישׁ מְכִילְתִּין בְּמַאי עָסְקִינַן אִילֵימָא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לַאֲכִילָה מַאי טַעְמָא דב"ה אוּכְלָא דְּאֶפְרָת הוּא. אֶלָּא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים מַאי טַעְמָא דב"ש מֻוקְצֶה הוּא. וּפָרֵיק רַב נַחְמָן לְעוֹלָם בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים וּדְאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה אִית לֵיהּ נוֹלָד וּדְלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה לֵית לֵיהּ נוֹלָד וב"ש כר"ש וב"ה כְּרַבִּי יְהוּדָה. וּמַקְּשִׁינַן וּמִי אָמַר רַב נַחְמָן הָכִי וְהָאֲנַן תְּנַן ב"ש אוֹמְרִים (מַעֲלִין) מַגְבִּיהִין מֵעַל הַשֻּׁולְחָן עֲצָמוֹת וּקְלִיפִּין וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים מְסַלֵּק אֶת הַטַּבְלָא כֻּולָּהּ וּמְנַעֲרָהּ וְאָמַר רַב נַחְמָן אָנוּ אֵין לָנוּ אֶלָּא בֵּית שַׁמַּאי כְּרַבִּי יְהוּדָה וב"ה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. וּמְפָרְקִינַן אָמַר לְךָ רַב נַחְמָן גַּבֵּי שַׁבָּת דִּסְתַם לַן תְּנָא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דִּתְנַן מְחַתְּכִין אֶת הַדִּלּוּעִין לִפְנֵי הַבְּהֵמָה וְהַנְּבֵילָה לִפְנֵי הַכְּלָבִים מוֹקֵי לְהוּ ב"ה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. גַּבֵּי יוֹם טוֹב דִּסְתַם לַן תַּנָּא כְּרַבִּי יְהוּדָה דִּתְנַן אֵין מְבַקְּעִין עֵצִים מִן הַקּוֹרוֹת וְלֹא מִן הַקּוֹרָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה בְּיוֹם טוֹב מוּקֵי לָהּ לב"ה כְּרַבִּי יְהוּדָה. וְכֵיוָן דְּאַשְׁכְּחַן לְרַב נַחְמָן דִּסְבִירָא לֵיהּ בְּיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה מִמֵּילָא שָׁמְעִינַן דְּעֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְתוֹרֵי דְרִידְיָא וְתַמְרֵי דְעִיסְקָא כּוּלְּהוּ לְרַב נַחְמָן בְּיוֹם טוֹב אֲסִירִי. וּמִשַּׁקְלָא וְטַרְיָא דִּגְמָרָא נָמֵי שָׁמְעִינַן דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה בְּיוֹם טוֹב דְּקָאָמַר אִי בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים מַאי טַעְמָא דב"ש מֻוקְצֶה הוּא כְּלוֹמַר כִּי זֶה דָּבָר יָדוּעַ כִּי מֻוקְצֶה אָסוּר. וְעוֹד אָמְרִינַן לְעֵיל (בֵּיצָה דַּף ד.) תַּנְיָא אֲחֵרִים אוֹמְרִים רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר בֵּיצָה תֹּאכַל הֵיאוֹאמָה בְּמַאי עָסְקִינַן אִילֵימָא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לַאֲכִילָה פְּשִׁיטָא הִיא וְאִמָּהּ שַׁרְיָא אֶלָּא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים הִיא וְאִמָּהּ אֲסוּרָה דְּאַלְמָא הָכֵין הוּא הִלְכְתָא. וּלְעִנְיַן בַּיָּיתוֹת וּמִדְבָּרִיּוֹת נָמֵי הָכִי סְבִירָא לָן כִּסְתָם מַתְנֵי' וְכִדְפָרֵישׁ ת"ק דְּבָרַייְתָא דְּאָמַר אֵלּוּ הֵן מִדְבָּרִיּוֹת כֹּל שֶׁיּוֹצְאוֹת בַּפֶּסַח וְרוֹעוֹת וְנִכְנָסוֹת בִּרְבִיעָה. בַּייָּתוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת וְרוֹעוֹת חוּץ לַתְּחוּם וּבָאוֹת וְלָנוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם. וְרַבִּי דְּקָאָמַר אֵלּוּ וְאֵלּוּ בַּיָּיתוֹת הֵן לֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דְּלָא קי"ל הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלָּא גַּבֵּי חֲבֵירוֹ אֲבָל גַּבֵּי רַבִּים לֹא. וְהָווּ לְהוּ מִדְבָּרִיּוֹת דְּאֵינָן בָּאוֹת וְלָנוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם מֻוקְצוֹת דְּלָאו דַּעְתֵּיהּ עֲלַייְהוּ דְּהָא אֵין בָּאוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם. וּבַעַל ה"ג כָּתַב מֻוקְצֶה דְּרַבָּנָן וְכֵיוָן דְּאִיכָּא תְּרֵי לִישָּׁנֵי חַד דְּאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּמִדְבָּרִיּוֹת וְחַד דְּלֵית לֵיהּ עָבְדִינַן לְקֻולָּא וְשׁוֹחֲטִין אֶת הַמִּדְבָּרִיּוֹת. וְכֵן פָּסַק רַב הַאי וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל (בְּפֵ"א מֹהַל' יו"ט הֵל' יז) דקי"ל בְּמֻוקְצֶה בְּשַׁבָּת כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וּבְיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה. אֲבָל רַשִׁ"י כָּתַב לְעֵיל (בֵּיצָה דַּף לג. ד"ה וְהִלְכְתָא) אַמַּתְנִיתִין דְּאֵין סוֹמְכִין אֶת הַקְּדֵירָה דְּקי"ל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אַף בְּיוֹם טוֹב. וְכֵן ר"ת ור"י זַ"ל וֶהֱבִיאוֹ רְאָיָה מִשִּׁילְהֵי מַסֶּכֶת שַׁבָּת דְּקָאָמַר הָתָם (דַּף קָנוּ:) וְאַף לֵוִי סָבַר הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה. כִּי הָא דְּלֵוִי כִּי הֲווֹ מַיְיתוּ טְרֵיפְתָּא לְקַמֵּיהּ בְּיוֹמָא טָבָא לָא הֲוָה חָזֵי לֵיהּ אֶלָּא אַקִּלְקַלְתָּא דְּאָמַר דִּלְמָא לָא מִיתַּכְשְׁרִין וַאֲפִילּוּ לִכְלָבִים לָא חָזֵי. אַלְמָא שֶׁאֵין חִילּוּק בֵּין יוֹם טוֹב לַשַּׁבָּת. וְתוּ קָאָמַר הָתָם וְאַף רַבִּי יוֹחָנָן סָבַר הֲלָכָה כְּר"ש וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הֲלָכָה כִּסְתָם מַתְנֵי'. וּתְנַן אֵין מְבַקְּעִין עֵצִים מִן הַקּוֹרוֹת וְלֹא מִן הַקּוֹרָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה בְּיוֹם טוֹב אַלְמָא סְתָמָא דְּהַשַּׁ"ס לָא מְפַלֵּיג בֵּין שַׁבָּת לְיוֹם טוֹב וְלָא אַשְׁכְּחַן דִּמְפַלֵּיג אֶלָּא רַב נַחְמָן נִדְחַק לְחַלֵּק לְהַעֲמִיד אוֹקִימְתָּא דִּידֵיהּ. אֲבָל לִשְׁאָר אָמוֹרָאִין אֵין צָרִיךְ לְחַלֵּק וְלָא חָיְישִׁינַן לְהַךְ לִישָּׁנָא דְּקָאָמַר מִכְּדֵי מַאן סַתְמַיהּ לְמַתְנִיתִין רַבִּי מ"ש בְּשַׁבָּת דְּסָתַם לָן כר"ש ומ"ש בְּיוֹם טוֹב דִּסְתַם לַן כְּרַבִּי יְהוּדָה. דִּבְכַמָּה דֻּוכְתֵי חָזֵינַן דִּפְלִיגִי סְתָמֵי אַהֲדָדֵי. וּבַעַל ה"ג פּוֹסֵק כר"ש בְּמֻוקְצֶה בְּיוֹם טוֹב אֲבָל בְּנוֹלָד פּוֹסֵק כְּרַבִּי יְהוּדָה וְהֵבִיא רְאָיָה מִדִּלְעֵיל פֶּרֶק הַמֵּבִיא (בֵּיצָה דַּף לג.) דְּדָרֵשׁ רָבָא אִשָּׁה לֹא תִּכָּנֵס לְבֵין הָעֵצִים לִיטֹּול אוּד וְכוּ'. וְאֵינָהּ רְאָיָה דְּרָבָא לְטַעְמֵיהּ דַּאֲפִילּוּ בִּשְׁאָר מֻוקְצֶה דְּלָאו נוֹלָד סְבִירָא לֵיהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה כִּדְמוֹכַח בְּסוֹף נוֹטֵל (שַׁבָּת דַּף קמב:) אֲבָל אֲנַן דְּקַיְימָא לָן (בְּשַׁבָּת דַּף קמג.) כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּמֻוקְצֶה הוּא הַדִּין בְּנוֹלָד. וּמִיהוּ רַבֵּינוּ תָּם זַ"ל דִּיֵּיק מִשְּׁמוּאֵל דִּבְשִׁילְהֵי שַׁבָּת (דַּף קנ"ו:) סָבַר כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וְאַפֵּ"ה קָאָמַר בְּסוֹף נוֹטֵל (שַׁבָּת דַּף קמ"ג.) דְּלָא הֲוָה מְטַלְטֵל גַּרְעִינֵי תַּמְרֵי אֶלָּא אַגַּב רִיפְתָּא. וְאֵינָהּ רְאָיָה מִשְּׁמוּאֵל דְּמַחְמִיר עַל עַצְמוֹ הָיָה כְּאַבַּיֵּי וְרָבָא דְּהָתָם בְּהַהִיא שְׁמַעְתָּא תֵּדַע דְּהָא פָּסֵיק שְׁמוּאֵל בְּהֶדְיָא בְּנוֹלָד כר"ש בספ"ק דְּשַׁבָּת (דַּף יט:) גַּבֵּי שֶׁמֶן שֶׁל בַּדָּדִין. כִּדְפֵירֵשׁ הָתָם דְּמַייְרֵי כְּשֶׁזָּב בְּשַׁבָּת דְּקָאֵי אַהָא דְּאַייְרֵי לְעֵיל בִּטְעִינַת קוֹרַת בֵּית הַבַּד. אֶלָּא וַדַּאי מַחְמִיר עַל עַצְמוֹ הָיָה. וְעוֹד דְּרַבִּי יוֹחָנָן פָּסַק אַף בְּנוֹלָד כר"ש כִּדְדָיֵיק בְּשִׁילְהֵי שַׁבָּת (דַּף קנז.) מֵהַהִיא דַּעֲצָמוֹת וּקְלִיפִּין. וְעוֹד דִּקְדֵּק ר"ת דְּנוֹלָד אָסוּר מִסְּתָמָא דְּהַשַּׁ"ס דְּפֶרֶק נוֹטֵל (שַׁבָּת דַּף קמג.) דְּאָסַר לְטִלְטוּלֵי גַּרְעִינֵי דְּתַמְרֵי פָּרְסְיָיתָא וְאֵין לוֹמַר מִשּׁוּם דְּאַף לִבְהֵמָה לָא חַזְייָן דִּבְפֶרֶק בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף כט.) מוּכָח דַּחֲזוּ לִבְהֵמָה () אֶלָּא וַדַּאי מִשּׁוּם נוֹלָד הוּא דְּאָסוּר. וְהָא דְּפָרִיךְ בְּסוֹף כִּירָה (שַׁבָּת דַּף מה:) אַמִּילְּתָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן מִדְּרַב נַחְמָן דְּמַאן דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה לֵית לֵיהּ נוֹלָד. לָא קי"ל הָכִי וְהָוֵי מָצֵינַן לְשַׁנּוֹיֵי הָתָם דְּלָא קי"ל הָכִי וְלֹא חָשַׁשׁ. תֵּדַע דִּבְלָאו הָכִי הֲוָה מָצֵי לְשַׁנּוֹיֵי דְּרַבִּי יוֹחָנָן אָסַר בֵּיצָה () מִשּׁוּם (פֵּירוֹת הַנּוֹשְׁרִין) מַשְׁקִין שֶׁזָּבוּ (לְעֵיל בֵּיצָה דַּף ג.) וַאֲפִילּוּ לְטַלְטֵל כִּדְמוֹכַח לְעֵיל (בֵּיצָה דַּף ד.) גַּבֵּי אוֹשְׁפְּזֵיכְנֵיהּ דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן קַייְמָא הָתָם. ור"ח כָּתַב הָכָא מֵהָא שָׁמְעִינַן דְּכָל מִידֵּי דַּחֲזֵי לֵיהּ לְאִינִישׁ דַּעְתֵּיהּ עִילָּוֵיהּ. וְהָא דְּאָמַר רַב נַחְמָן עֵז לַחֲלָבָהּ כו' בָּאנוּ לְמַחֲלֹוקֶת דְּרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן. הָא בְּהֶדְיָא קי"ל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. ואע"ג דִּבְיוֹם טוֹב קי"ל כְּרַבִּי יְהוּדָה ה"מ כְּגוֹן נוֹלַד () וּמֻוקְצֶה מֵחֲמַת אִיסּוּר וְכַיּוֹצֵא בּוֹ אֲבָל הָנֵי כֻּולְּהוּ שָׁרִי בְּיוֹם טוֹב וְכֵן כָּתַב בַּעַל הָעִיטּוּר זַ"ל: 0הַדְרָן עֲלָךְ מַשִּׁילִין וּסְלִיקָא לָהּ מַסֶּכֶת בֵּיצָה
Guemara : pourquoi énoncer que l'on abreuve et que l'on abat ? Le tana nous apprend une chose en passant : qu'un homme abreuve d'abord et abatte ensuite, à cause de l'adhérence de la peau. Nos maîtres ont enseigné : quelles bêtes sont dites du désert et quelles bêtes sont dites domestiques ? Celles du désert sont celles qui sortent à Pessa'h, paissent, et rentrent dans la localité à la saison des pluies ; les domestiques sont celles qui sortent paître hors du tehoum (limite de Chabbat) et reviennent passer la nuit à l'intérieur du tehoum. Rabbi dit : les unes et les autres sont domestiques ; celles du désert sont celles qui sortent paître dans les près et ne rentrent pas dans la localité, ni à la saison chaude ni à la saison des pluies. Nous avons trouvé des maîtres qui tranchent cette question dans le sens de l'allègement, disant qu'ils tiennent comme Rabbi Chimon, qui n'admet pas le mouktse, et comme l'a dit Rav Nahman (Chabbat 19b) : la chèvre gardée pour son lait, la brebis pour sa laine, la poule pour ses œufs, les bœufs de labour et les dattes de commerce relèvent de la divergence entre Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon, Rabbi Yehouda interdisant et Rabbi Chimon permettant ; et il est dit là-bas (157a) que la halakha suit Rabbi Chimon. Nous ne tenons pas ainsi : lorsqu'il a été dit que la halakha suit Rabbi Chimon, cela a été dit pour le Chabbat. Et ce que Rav Nahman a dit, la chèvre pour son lait, la brebis pour sa laine, etc., ne tranche pas la halakha comme l'un d'eux ; il dit seulement que telle est la divergence de Rabbi Yehouda et de Rabbi Chimon. Puisque nous tenons, pour le Chabbat, comme Rabbi Chimon, qui n'admet pas le mouktse, et, pour le jour de fête, comme Rabbi Yehouda, il s'ensuit de soi que la chèvre pour son lait, la brebis pour sa laine, etc., sont toutes interdites le jour de fête ; et ce qui, parmi elles, convient à être mangé, comme les dattes de commerce, il est permis d'en manger le Chabbat. De plus, nous trouvons Rav Nahman lui-même tenant que la halakha du jour de fête suit Rabbi Yehouda, qui admet le mouktse. Car il est dit au début de notre traité : de quoi traite-t-on ? Si l'on dit d'une poule destinée à être mangée, quelle est la raison de Beit Hillel ? C'est de la nourriture qui s'est détachée. Si l'on dit d'une poule gardée pour pondre des œufs, quelle est la raison de Beit Chamai ? C'est du mouktse. Rav Nahman résout : il s'agit bien d'une poule gardée pour pondre des œufs ; celui qui admet le mouktse admet le nolad, celui qui n'admet pas le mouktse n'admet pas le nolad ; Beit Chamai suivent Rabbi Chimon et Beit Hillel Rabbi Yehouda. Nous objectons : Rav Nahman a-t-il vraiment dit cela ? N'avons-nous pas appris que Beit Chamai disent, on soulève de la table les os et les écorces, et que Beit Hillel disent, on retire la planche entière et on la secoue ; et Rav Nahman a dit : nous n'avons que ceci, Beit Chamai suivent Rabbi Yehouda et Beit Hillel Rabbi Chimon. On répond : Rav Nahman te dira que pour le Chabbat, où le tana nous a enseigné une michna anonyme suivant Rabbi Chimon, puisque nous avons appris que l'on coupe les courges devant la bête et la charogne devant les chiens, il établit Beit Hillel comme Rabbi Chimon ; et que pour le jour de fête, où le tana nous a enseigné une michna anonyme suivant Rabbi Yehouda, puisque nous avons appris que l'on ne fend pas de bois à partir des poutres ni de la poutre qui s'est brisée le jour de fête, il établit Beit Hillel comme Rabbi Yehouda. Et puisque nous trouvons Rav Nahman tenant, le jour de fête, comme Rabbi Yehouda, il s'ensuit de soi que la chèvre pour son lait, la brebis pour sa laine, les bœufs de labour et les dattes de commerce sont tous interdits, pour Rav Nahman, le jour de fête. Du débat même de la Guemara nous apprenons encore que la halakha suit Rabbi Yehouda le jour de fête, car elle dit : s'il s'agit d'une poule gardée pour pondre des œufs, quelle est la raison de Beit Chamai ? C'est du mouktse, c'est-à-dire que c'est chose connue que le mouktse est interdit. Il est dit de plus, plus haut (Beitzah 4a) : une braita enseigne, d'autres disent au nom de Rabbi Eliezer, l'œuf sera mangé, lui et sa mère. De quoi traite-t-on ? Si l'on dit d'une poule destinée à être mangée, il est évident qu'elle et lui sont permis ; il s'agit donc d'une poule gardée pour pondre des œufs, et elle et lui sont interdits, ce qui montre que telle est la halakha. Pour ce qui est des bêtes domestiques et des bêtes du désert aussi, nous tenons comme la michna anonyme et comme l'a expliqué le premier tana de la braita, qui dit : sont du désert toutes celles qui sortent à Pessa'h, paissent et rentrent à la saison des pluies ; sont domestiques celles qui sortent paître hors du tehoum et reviennent passer la nuit dans le tehoum. Et Rabbi, qui dit que les unes et les autres sont domestiques, la halakha ne suit pas son avis, car nous ne tenons la halakha comme Rabbi que face à un seul collègue, non face au grand nombre. Les bêtes du désert, qui ne viennent pas passer la nuit dans le tehoum, sont donc mouktse, car sa pensée n'était pas sur elles, puisqu'elles ne viennent pas dans le tehoum. L'auteur des Halakhot Guedolot a écrit qu'il s'agit d'un mouktse d'ordre rabbinique ; et puisqu'il y a deux versions, l'une selon laquelle Rabbi Chimon admet le mouktse pour les bêtes du désert et l'autre selon laquelle il ne l'admet pas, nous agissons dans le sens de l'allègement et l'on abat les bêtes du désert. Ainsi ont tranché Rav Haï et le Rambam (Lois du jour de fête 1,17) : nous tenons, pour le mouktse, comme Rabbi Chimon le Chabbat et comme Rabbi Yehouda le jour de fête. Mais Rachi a écrit plus haut (Beitzah 33a), sur la michna on ne cale pas la marmite, que nous tenons comme Rabbi Chimon même le jour de fête ; ainsi aussi Rabbenou Tam et le Ri. Ils apportent une preuve de la fin du traité Chabbat, où il est dit (156b) : et Levi aussi tenait que la halakha suit Rabbi Yehouda, comme dans ce fait de Levi : lorsqu'on apportait devant lui une bête trefa le jour de fête, il ne l'examinait que sur le tas d'ordures, disant, peut-être ne sera-t-elle pas déclarée cachere et elle ne conviendra même pas aux chiens. Cela montre qu'il n'y a pas de distinction entre le jour de fête et le Chabbat. Il est encore dit là-bas : et Rabbi Yo'hanan aussi tenait que la halakha suit Rabbi Chimon. Rabbi Yo'hanan a-t-il dit cela ? N'a-t-il pas dit que la halakha suit la michna anonyme ? Or nous avons appris que l'on ne fend pas de bois à partir des poutres ni de la poutre qui s'est brisée le jour de fête. Cela montre que la voix anonyme du Talmud ne distingue pas entre le Chabbat et le jour de fête, et nous n'avons trouvé personne qui distingue, sinon Rav Nahman, qui s'est forcé à distinguer pour maintenir son propre établissement. Pour les autres Amoraim il n'est pas nécessaire de distinguer, et nous ne tenons pas compte de cette formulation qui dit : puisque celui qui a enseigné les michnayot anonymes est Rabbi, quelle différence y a-t-il entre le Chabbat, où il nous enseigne anonymement comme Rabbi Chimon, et le jour de fête, où il nous enseigne anonymement comme Rabbi Yehouda ? Car en plusieurs endroits nous voyons des michnayot anonymes se contredire. L'auteur des Halakhot Guedolot tranche comme Rabbi Chimon pour le mouktse le jour de fête, et comme Rabbi Yehouda pour le nolad ; il apporte une preuve de ce qui précède, au chapitre HaMévi (Beitzah 33a), où Rava a enseigné qu'une femme n'entrera pas dans la réserve de bois pour y prendre un tisonnier, etc. Ce n'est pas une preuve, car Rava suit sa propre ligne : même pour le mouktse qui n'est pas nolad il tient comme Rabbi Yehouda, comme cela ressort à la fin du chapitre Notel (Chabbat 142b). Mais nous, qui tenons (Chabbat 143a) comme Rabbi Chimon pour le mouktse, il en va de même pour le nolad. Toutefois Rabbenou Tam a déduit de Chmouel, qui a la fin de Chabbat (156b) tient comme Rabbi Chimon et qui dit pourtant à la fin du chapitre Notel (Chabbat 143a) qu'il ne déplaçait les noyaux de dattes qu'avec le pain. Ce n'est pas une preuve tirée de Chmouel, car il se montrait rigoureux pour lui-même, comme Abaye et Rava dans cette sougya. La preuve en est qu'il tranche explicitement comme Rabbi Chimon pour le nolad, à la fin du premier chapitre de Chabbat (19b), au sujet de l'huile des pressureurs, comme il est expliqué là-bas qu'il s'agit d'huile qui a coulé le Chabbat, puisque cela se rapporte à ce qui est traité plus haut au sujet du chargement de la poutre du pressoir. Il est donc certain qu'il se montrait rigoureux pour lui-même. De plus, Rabbi Yo'hanan a tranché comme Rabbi Chimon même pour le nolad, comme on le déduit à la fin de Chabbat (157a) de cette michna des os et des écorces. Rabbenou Tam a encore déduit que le nolad est interdit de la voix anonyme du Talmud, au chapitre Notel (Chabbat 143a), qui interdit de déplacer les noyaux de dattes perses ; et l'on ne peut dire que ce serait parce qu'ils ne conviennent même pas à la bête, car au chapitre Bameh Madlikin (Chabbat 29a) il ressort qu'ils conviennent à la bête. Il est donc certain que l'interdiction vient du nolad. Quant à l'objection posée à la fin du chapitre Kira (Chabbat 45b) contre la parole de Rabbi Yo'hanan à partir de Rav Nahman, selon lequel celui qui n'admet pas le mouktse n'admet pas le nolad, nous ne tenons pas ainsi ; on aurait pu répondre là-bas que ce n'est pas notre halakha, et la Guemara ne s'en est pas souciée. La preuve en est que, sans cela, elle aurait pu répondre que Rabbi Yo'hanan interdit l'œuf à cause des liquides qui ont coulé (Beitzah 3a), et même de le déplacer, comme cela ressort plus haut (Beitzah 4a) à propos de l'hôte de Rav Ada bar Ahava, et l'on y tient selon Rabbi Yo'hanan. Rabbenou Hananel a écrit ici : de cela nous apprenons que pour toute chose qui convient à l'usage d'un homme, sa pensée est sur elle. Et ce que Rav Nahman a dit, la chèvre pour son lait, etc., nous ramène à la divergence de Rabbi Yehouda et de Rabbi Chimon, et nous tenons explicitement comme Rabbi Chimon. Bien que, le jour de fête, nous tenions comme Rabbi Yehouda, cela vaut pour le nolad, pour le mouktse en raison d'un interdit et pour ce qui leur ressemble ; toutes ces choses-là, en revanche, sont permises le jour de fête. Ainsi a écrit aussi l'auteur du Itour. Hadran alakh Machilin, et achevé est le traité Beitzah.
💡 Explication

La michna de 32b a interdit de caler une marmite avec une bûche. La Guemara relève d'abord une difficulté de texte : caler une marmite avec une porte n'a aucun sens, la porte briserait la marmite. On corrige donc la lecture : la michna énumère deux objets que l'on ne cale pas avec une bûche, la marmite et la porte.

Le motif est donné par la braita : le bois n'a été donné que pour être brûlé. Employé à autre chose, il devient mouktse, une chose mise de côté que l'on ne déplace pas le jour de fête. Rabbi Chimon, qui n'admet pas le mouktse, permet.

Le Roch rapporte ici toute la discussion des Richonim : Rachi tient que la halakha suit Rabbi Chimon même le jour de fête, Rabbenou Tam remplace le motif du mouktse par un décret du jour de fête à cause du Chabbat, et Rav Alfas tient que le mouktse du jour de fête suit Rabbi Yehouda.

3
וְאֵין מַנְהִיגִין אֶת הַבְּהֵמָה בַּמַּקֵּל בְּיוֹם טוֹב, וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר. לֵימָא רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן כַּאֲבוּהּ סְבִירָא לֵיהּ, דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה? לֹא, בְּהָא אֲפִילּוּ רַבִּי שִׁמְעוֹן מוֹדֶה, מִשּׁוּם דְּמֶחֱזֵי כְּמַאן דְּאָזֵיל לְחִנְגָּא.

Et l'on ne conduit pas la bête au bâton le jour de fête ; Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon permet. Dirons-nous que Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon tient comme son père, qui n'admet pas le mouktse ?

Non : sur ce point, même Rabbi Chimon reconnaît, parce que cela ressemble à celui qui va au marché.

📜 Rachi (2)
בְּהָא אַפֵּי' ר"ש מוֹדֶה כְּלוֹמַר הַךְ פְּלוּגְתָּא לָאו בְּמֻוקְצֶה הִיא וְאַפֵּי' ר"ש מוֹדֶה כת"ק דְּאָסוּר וְלֹא מִשּׁוּם מֻוקְצֶה אֶלָּא נִרְאֶה כְּמוֹלִיכָהּ מִמָּקוֹם לְמָקוֹם שֶׁהוּא צָרִיךְ לְהַנְהִיגָהּ הַרְבֵּה כְּגוֹן לִמְכֹּור בַּשּׁוּק:
Sur ce point, même Rabbi Chimon reconnaît : c'est-à-dire que cette divergence ne porte pas sur le mouktse. Même Rabbi Chimon reconnaît au premier tana que c'est interdit, non à cause du mouktse, mais parce qu'il paraît la conduire d'un lieu à un autre, ayant besoin de la mener longuement, par exemple pour la vendre au marché.
חִנְגָּא מָחוּל וְעַל שֵׁם שֶׁבְּנֵי אָדָם סוֹבְבִים וְהוֹלְכִים בַּשּׁוּק כְּעֵין סוֹבְבוֹת בִּמְחוֹלוֹת קָרֵי לֵיהּ חִנְגָּא:
Hinga : la ronde. Comme les gens tournent et vont au marché à la manière de ceux qui tournent dans les rondes, on l'appelle hinga.
💡 Explication

La braita interdit de conduire une bête au bâton le jour de fête, et Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon permet. La Guemara suppose d'abord qu'il s'agit encore de mouktse : le fils tiendrait comme son père, qui ne l'admet pas.

La réponse déplace le motif. L'interdit ne vient pas du bâton, mais de l'apparence du geste : conduire longuement une bête au bâton donne l'image de l'homme qui se rend au hinga, le marché où l'on tourne comme dans une ronde. Le jour de fête demande de mener la bête d'une manière inhabituelle. Sur ce point, même Rabbi Chimon reconnaît l'interdit.

4
חִזְרָא, רַב נַחְמָן אָסַר, וְרַב שֵׁשֶׁת שָׁרִי. בִּרְטִיבָא — כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּאָסוּר. כִּי פְּלִיגִי — בְּיַבֶּשְׁתָּא. מַאן דְּאָסַר, אָמַר לָךְ: לֹא נִתְּנוּ עֵצִים אֶלָּא לְהַסָּקָה. וּמַאן דְּשָׁרֵי, אָמַר לָךְ: מַה לִי לִצְלוֹת בּוֹ, מַה לִי לִצְלוֹת בְּגַחַלְתּוֹ?

Le hizra : Rav Nahman interdit, Rav Chechet permet. Pour le rameau humide, tout le monde s'accorde que c'est interdit ; ils divergent sur le rameau sec.

Celui qui interdit te dira : le bois n'a été donné que pour être brûlé. Celui qui permet te dira : que m'importe de rôtir avec lui, que m'importe de rôtir avec sa braise ?

📜 Rachi (5)
חִזְרָא עָנָף עֵץ שֶׁהוּא חַד כְּקוֹץ וְרָאוּי לְתָקְעוֹ בְּצָלִי כְּמִין שְׁפוּד וְלִצְלוֹת בּוֹ:
Hizra : le rameau d'un arbre, pointu comme une épine, qui convient à être enfoncé dans le rôti comme une sorte de broche pour y rôtir.
ר"נ אָסַר ביו"ט מִשּׁוּם דְּמֻוקְצֶה נִינְהוּ לְטַלְטֵל שֶׁלֹּא עֲשָׂאוֹ לִכְלִי מִבְּעוֹד יוֹם:
Rav Nahman interdit : le jour de fête, parce que ces rameaux sont mouktse quant au déplacement, n'ayant pas été façonnés en ustensile pendant qu'il faisait encore jour.
בִּרְטִיבָא שֶׁאֵינוֹ רָאוּי לְטַלְטְלוֹ אֲפִילּוּ לְהַסָּקָה דכ"ע לָא פְלִיגִי דְּאָסוּר:
Pour le rameau humide : qui ne convient pas même à être déplacé pour le feu, tout le monde s'accorde que c'est interdit.
מַה לִי לִצְלוֹת בּוֹ לְתָחֲבוּ לְתוֹכוֹ:
Que m'importe de rôtir avec lui : en l'enfonçant dedans.
מַה לִי לִצְלוֹת בְּגַחַלְתּוֹ הֲרֵי רָאוּי לְטַלְטְלוֹ לַעֲשׂוֹתוֹ גַּחֶלֶת וְצוֹלֶה בָּהּ:
Que m'importe de rôtir avec sa braise : il convient bien à être déplacé pour en faire de la braise et rôtir avec elle.
💡 Explication

Le hizra est un rameau épineux assez rigide pour servir de broche. Comme il n'a pas été façonné en ustensile la veille, il reste du simple bois, et le bois n'a été donné que pour être brûlé : voilà la raison de Rav Nahman.

Rav Chechet renverse l'argument par un raisonnement de proportion. Puisqu'il est permis de brûler ce bois et de rôtir sur sa braise, quelle différence y a-t-il à rôtir en l'enfonçant dans la viande ? Un usage qui sert la cuisson reste dans la destination du bois.

La divergence se resserre sur le rameau sec. Le rameau humide, impropre au feu, est interdit de l'avis de tous.

5
אִיכָּא דְאָמְרִי: בְּיַבֶּשְׁתָּא — כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּשְׁרֵי. כִּי פְּלִיגִי — בְּרַטִּיבְתָּא. מַאן דְּאָסַר, דְּלָא חֲזִי לְהַסָּקָה, וּמַאן דְּשָׁרֵי אָמַר לָךְ: הָא חֲזֵי לְהֶיסֵּק גָּדוֹל. וְהִלְכְתָא: יַבֶּשְׁתָּא שָׁרִי, רְטִיבְתָּא אֲסִיר.

Certains disent : sur le rameau sec, tout le monde s'accorde que c'est permis ; ils divergent sur le rameau humide. Celui qui interdit, parce qu'il ne convient pas au feu ; et celui qui permet te dira : il convient bien à un grand feu.

Et la halakha : le sec est permis, l'humide est interdit.

📜 Rachi (1)
וְהִלְכְתָא כו' הַךְ הִלְכְתָא אַלִּיבָּא דְּמַאן דְּאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה אִקְּבַע אֲבָל אֲנַן כר"ש ס"ל בֵּין בְּמֻוקְצֶה בֵּין בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין וְכַר' יְהוּדָה בְּמַכְשִׁירֵי אֹוכֶל נֶפֶשׁ וְכוּלְּהוּ שָׁרוּ בֵּין חִזְרָא בֵּין סְמִיכַת קְדֵרוֹת וְהַקָּפַת חָבִיּוֹת וּמְדוּרְתָּא וּקְדֵרָה וְכָל הָאָמוֹרָאִים שֶׁאָסְרוּ אֶת אֵלּוּ לְמַעְלָה תַּלְמִידֵי דְּרַב הָווּ וְרַב סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה בְּמֻוקְצֶה וַאֲנַן קַייְמָא לַן כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן:
Et la halakha, etc. : cette halakha a été fixée selon celui qui admet le mouktse. Mais nous tenons comme Rabbi Chimon, tant pour le mouktse que pour la chose non intentionnelle, et comme Rabbi Yehouda pour les instruments nécessaires à la nourriture ; tout est donc permis, le hizra, le calage des marmites, l'entourage des jarres, le bûcher et la marmite. Tous les Amoraim qui ont interdit ces choses plus haut étaient disciples de Rav, et Rav tient comme Rabbi Yehouda pour le mouktse ; or nous tenons comme Rabbi Chimon.
🗂️ Tossefot (1)
וְהִלְכְתָא יַבֶּשְׁתָּא שָׁרִי רַטִּיבָא אָסוּר. פרש"י דְּהִלְכְתָא אִקְּבַע אַלִּיבָּא דְּמַאן דְּאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה וְלֹא נִתְּנוּ עֵצִים אֶלָּא לְהַסָּקָה אֲבָל אָנוּ דקי"ל כר"ש שָׁרִי אַפֵּי' חִזְרָא רַטִּיבָא וְדֹוחַק הוּא לוֹמַר דר"ש פְּלִיג אַמַּאי דִּפְסִיק הַשַּׁ"ס וְי"ל דַּאֲפִילּוּ לר"ש דִּנְהִי דְּאִית לֵיהּ שֶׁנָּתְנוּ עֵצִים שֶׁלֹּא לְהַסָּקָה הַייְנוּ בְּדָבָר הָרָאוּי לְהַסָּקָה אֲבָל רַטִּיבָא אֵין רְאוּיִין לְהַסָּקָה:
Et la halakha : le sec est permis, l'humide est interdit. Rachi a expliqué que la halakha a été fixée selon celui qui admet le mouktse et qui tient que le bois n'a été donné que pour être brûlé ; mais nous, qui tenons comme Rabbi Chimon, permettrions même le hizra humide. Il est forcé de dire que Rabbi Chimon divergerait de ce que le Talmud tranche. On peut répondre que même selon Rabbi Chimon, bien qu'il tienne que le bois a été donné pour un autre usage que le feu, cela vaut pour une chose qui convient au feu ; le rameau humide, lui, ne convient pas au feu.
⚖️ Rosh (1)
אִיתְּמַר הָאוֹפֶה מִיּוֹם טוֹב לְחֹול רַב חִסְדָּא אָמַר לוֹקֶה. רַבָּה אָמַר אֵינוֹ לוֹקֶה הוֹאִיל וְאִי מִיקַּלְעִי אוֹרְחִים חֲזִי לְהוּ הַשְׁתָּא נָמֵי חֲזִי. רַב חִסְדָּא אָמַר לוֹקֶה לָא אָמְרִינַן הוֹאִיל וְהִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דְּרַבָּה. כִּדְפָרֵישִׁית לָהּ בְּפֶרֶק אֵלּוּ עוֹבְרִין בִּפְסָחִים (סִימָן ו). תַּנְיָא אַךְ אֲשֶׁר יֵאָכֵל לְכָל נֶפֶשׁ שׁוֹמֵעַ אֲנִי נֶפֶשׁ בְּהֵמָה בַּמַּשְׁמָע כְּעִנְיָן שֶׁנֶּאֱמַר מַכֵּה נֶפֶשׁ בְּהֵמָה יְשַׁלְּמֶנָּה ת"ל לָכֶם לָכֶם וְלֹא לְעוֹבְדֵי כּוֹכָבִים לָכֶם וְלֹא לִכְלָבִים דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי ר"ע אוֹמֵר נֶפֶשׁ בְּהֵמָה בַּמַּשְׁמָע א"כ מַה ת"ל לָכֶם לָכֶם וְלֹא לְעוֹבְדֵי כּוֹכָבִים. וּמֶה רָאִיתָ לְרַבּוֹת אֶת הַכְּלָבִים וּלְהוֹצִיא לְעוֹבְדֵי כּוֹכָבִים. מְרַבֶּה אֲנִי אֶת הַכְּלָבִים שֶׁמְּזוֹנוֹתָן עָלֶיךָ וּמוֹצִיא אֲנִי אֶת הָעוֹבָדֵי כּוֹכָבִים שֶׁאֵין מְזוֹנוֹתָן עָלֶיךָ. וְהִלְכְתָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי דִּסְתַם לַן תְּנָא כְּוָותֵיהּ. דִּתְנַן עִיסַּת הַכְּלָבִים בִּזְמַן שֶׁהָרוֹעִים אוֹכְלִין מִמֶּנָּה נֶאֱפֵית בְּיוֹם טוֹב וְכוּ'. וְקַיְימָא לָן סְתָם בְּמַתְנִיתִין וּמַחֲלֹוקֶת בַּבָּרַייְתָא הֲלָכָה כִּסְתָם מַתְנֵי'. והר"ז הַלֵּוִי זַ"ל הִקְשָׁה עַל דְּבָרָיו מֵהָא דַּאֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף לְרַבִּי יוֹסֵי הָנֵי סֻופְלֵי לְחֵיוָתָא הֵיכִי שָׁדֵינַן לְהוּ בְּיוֹמָא טָבָא וְאִיצְטְרִיךְ לְשַׁנּוֹיֵי לֵיהּ בְּשִׁינּוּיֵי דְּחִיקֵי וּדְלָא כְּהִלְכְתָא. דְּהָא דִּמְשַׁנֵּי לֵיהּ רְטִיבְתָּא חֲזִי לְהֶיסֵּק גָּדוֹל דְּלָאו כְּהִלְכְתָא כִּדְאָמְרִינַן (לְקַמָּן בֵּיצָה לג.) בְּחִיזְרָא וְהִלְכְתָא יַבִּישְׁתָּא שָׁרִי רַטִּיבָא אֲסִיר. וּבְהֶדְיָא תְּנַן (שַׁבָּת דַּף קנו:) מְחַתְּכִים אֶת הַנְּבֵילָה לִפְנֵי הַכְּלָבִים וַאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת וְצָדִין חַיָּה וְעוֹף מִן הַבִּיבָרִים בְּיוֹם טוֹב וְנוֹתְנִין לִפְנֵיהֶם מְזוֹנוֹת (לְקַמָּן בֵּיצָה כג:). וְקוֹדֵר אָדָם קַב אוֹ קַבַּיִים וְנוֹתְנוֹ לִפְנֵי בְּהֶמְתּוֹ וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ (לְקַמָּן בֵּיצָה כט.). וּמַתִּירִין פְּקִיעֵי עָמִיר לִפְנֵי בְּהֵמָה. וּמְפַסְפְסִין אֶת הַכִּיפִּין (שַׁבָּת קְנֵה.) וּמְהַלְקְטִין לְתַרְנְגוֹלִים. וְנוֹתְנִים מַיִם לְמֻורְסָן וְנוֹתְנִין מַיִם לִפְנֵי אֲווָזִים וְתַרְנְגוֹלִין וְלִפְנֵי יוֹנֵי הַרְדִּיסָאוֹת (שָׁם:). וְכָל אֵלּוּ מֻותָּרִין בְּלֹא אַגַּב רִיפְתָּא דְּלָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי. וְהֵיאַךְ אֶפְשָׁר לִדְחוֹת כָּל אֵלּוּ מִפְּנֵי מִשְׁנָה יְחִידָאָה דְּעִיסַּת כְּלָבִים שֶׁנִּשְׁנֵית כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אַגַּב גְּרָרָא דְּעֵירוּב וְשִׁיתּוּף וּבְרָכָה וְזִימּוּן וְחַלָּה וּמַצָּה. וְעוֹד יֵשׁ לוֹמַר דְּמוֹדֶה ר"ע בְּעִיסַּת הַכְּלָבִים כֵּיוָן דְּאֶפְשָׁר לַכְּלָבִים בְּעִיסָּה בְּלֹא אֲפִיָּה לָא טָרְחִינַן לֵיהּ בִּמְלָאכָה יַתִּירְתָא. אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁהָרוֹעִים אוֹכְלִין מִמֶּנָּה. מִכָּל זֶה נִרְאֶה לָנוּ שֶׁהֲלָכָה כְּמַאן דְּאָמַר אֲפִילּוּ נֶפֶשׁ בְּהֵמָה בַּמַּשְׁמָע. וְלָא יָדַעְנָא מָה הֵבִיא מִכָּל אֵלּוּ הַמִּשְׁנָיוֹת רְאָיָה לְרַבִּי עֲקִיבָא אַטּוּ מִי אִיכָּא מַאן דִּפְלִיג בְּטִלְטוּל מְזוֹנוֹת לְיִתְּנֵם לִפְנֵי בְּהֵמָה אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת. וְהָרַב אַלְפָסִי זַ"ל פָּסַק כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי שֶׁאָסַר לְבַשֵּׁל וְלֶאֱפוֹת בְּיוֹם טוֹב לְצֹורֶךְ בְּהֵמָה. וּמִתּוֹךְ קֻושְׁיָא דְּסֻופְלֵי עָלָה בְּלִבּוֹ דְּר' יוֹסֵי הַגְּלִילִי אָסַר אַף לְטַלְטֵל מַאֲכַל בְּהֵמָה וְזֶה אִי אֶפְשָׁר לוֹמַר כִּדְפָרֵישִׁי'. וְגַם בֵּית הִלֵּל דָּרְשׁוּ לְעֵיל (בֵּיצָה דַּף כ:) לָכֶם וְלֹא לְעוֹבְדֵי כּוֹכָבִים לָכֶם וְלֹא לִכְלָבִים וְאִינְהוּ אָמְרִי בְּפֶרֶק נוֹטֵל (שַׁבָּת דַּף קמג.) מַעֲבִירִין מֵעַל הַשֻּׁולְחָן פֵּירוּרִים פָּחוֹת מִכְּזַיִת וְכוּ' מִפְּנֵי שֶׁהֵן מַאֲכַל בְּהֵמָה. אֶלָּא צָרִיךְ לוֹמַר כְּמוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ רַשְׁבָּ"ם דְּסֻופְלֵי לָא חֲזִי לְחַיּוּתָא אֶלָּא עַל יְדֵי תִּיקּוּן שֶׁמְּרַכְּכִין אוֹתוֹ אוֹ שׁוֹחֲקִין אוֹתוֹ אֶלָּא שֶׁלִּפְעָמִים אוֹכְלִין אוֹתָן עַל יְדֵי הַדְּחָק הִלְכָּךְ לְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי שֶׁאִי אֶפְשָׁר לְתַקְּנָן בְּיוֹם טוֹב הֵיכִי מְטַלְטְלִין לְהוּ לְמִישְׁדֵּי לְחַיּוּתָא וַהֲלֹא מֻוקְצִין הֵן כֵּיוָן דְּאֵינָן רְאוּיִין לַאֲכִילָה כִּי אִם עַל יְדֵי הַדְּחָק וּמְשַׁנֵּי דַּחֲזוּ לְהַסָּקָה וּפָרִיךְ בְּשַׁבָּת מַאי וַאֲפִילּוּ לר"ע אָמַר לֵיהּ דִּמְטַלְטְלִינַן לְהוּ אַגַּב רִיפְתָּא. פֵּירֵשׁ רִיבָ"א כְּשֶׁאוֹכֵל הַפֵּירֵי זוֹרֵק הַגַּרְעִינִין מִפִּיו לְתוֹךְ הַסַּל כְּשֶׁהַלֶּחֶם בּוֹ אֲבָל לְהַנִּיחַ לֶחֶם עֲלַיְיהוּ כְּדֵי לְטַלְטֵל אָסוּר דְּלָא הִתִּירוּ כִּכָּר אוֹ תִּינוֹק אֶלָּא לְמֵת בִּלְבַד:
Il a été dit : celui qui cuit le jour de fête pour un jour ordinaire, Rav Hisda dit qu'il reçoit les coups et Rabba dit qu'il ne les reçoit pas, puisque (hoil) si des hôtes survenaient cela leur conviendrait, et maintenant aussi cela convient. Rav Hisda dit qu'il reçoit les coups : nous ne disons pas hoil. Et la halakha suit Rabba, comme je l'ai expliqué au chapitre Elou Ovrin dans Pessahim (siman 6). Une braita enseigne : sauf ce qui sera mangé par toute âme. J'entendrais que l'âme de la bête est incluse, comme il est dit, celui qui frappe l'âme d'une bête la paiera ; l'Écriture dit donc pour vous, pour vous et non pour les idolâtres, pour vous et non pour les chiens. Telles sont les paroles de Rabbi Yossi le Galiléen. Rabbi Akiva dit : l'âme de la bête est incluse ; s'il en est ainsi, que vient enseigner pour vous ? Pour vous et non pour les idolâtres. Et qu'as-tu vu pour inclure les chiens et exclure les idolâtres ? J'inclus les chiens, dont la nourriture est à ta charge, et j'exclus les idolâtres, dont la nourriture n'est pas à ta charge. Et la halakha suit Rabbi Yossi le Galiléen, car le tana nous a enseigné une michna anonyme conforme à son avis, puisque nous avons appris : la pâte des chiens, lorsque les bergers en mangent, se cuit le jour de fête, etc. Et nous tenons que lorsqu'il y a une michna anonyme et une divergence dans une braita, la halakha suit la michna anonyme. Rav Zérahia Halévi a objecté contre ses paroles à partir de ce qu'Abaye a dit à Rav Yossef : selon Rabbi Yossi, ces noyaux de dattes destinés aux bêtes, comment les leur jetons-nous le jour de fête ? Il a fallu lui répondre par des réponses forcées et contraires à la halakha, car ce qu'il lui répond, l'humide convient à un grand feu, n'est pas conforme à la halakha, comme nous le disons (Beitzah 33a) au sujet du hizra : et la halakha, le sec est permis et l'humide est interdit. Or il est explicitement enseigné (Chabbat 156b) que l'on coupe la charogne devant les chiens, et même le Chabbat ; que l'on capture bête sauvage et oiseau dans les enclos le jour de fête et qu'on leur donne de la nourriture (Beitzah 23b) ; qu'un homme creuse un kav ou deux et les met devant sa bête sans crainte (Beitzah 29a) ; que l'on délie les bottes de gerbes devant la bête et que l'on sépare les branches (Chabbat 155a) ; que l'on donne la nourriture aux poules ; que l'on met de l'eau dans le son et que l'on met de l'eau devant les oies, les poules et les pigeons d'Hérode. Tout cela est permis sans avoir besoin du pain, ce qui ne suit pas Rabbi Yossi le Galiléen. Comment serait-il possible de repousser tout cela devant une michna isolée, celle de la pâte des chiens, enseignée selon Rabbi Yossi le Galiléen en passant, à la suite de l'érouv, du chitouf, de la bénédiction, du zimoun, de la halla et de la matsa ? On peut encore dire que Rabbi Akiva reconnaît au sujet de la pâte des chiens : puisque les chiens peuvent se contenter de la pâte sans cuisson, nous ne lui imposons pas la peine d'un travail superflu, sauf lorsque les bergers en mangent. De tout cela il nous paraît que la halakha suit celui qui dit que même l'âme de la bête est incluse. Et je ne sais quelle preuve il a tirée de toutes ces michnayot en faveur de Rabbi Akiva : y a-t-il quelqu'un qui diverge sur le fait de déplacer de la nourriture pour la mettre devant une bête, même le Chabbat ? Rav Alfas a tranché comme Rabbi Yossi le Galiléen, qui interdit de cuire et de cuire au four le jour de fête pour le besoin de la bête ; et à partir de la difficulté des noyaux, il lui est monté au cœur que Rabbi Yossi le Galiléen interdirait même de déplacer la nourriture de la bête, ce qui ne peut se dire, comme nous l'avons expliqué. De plus, Beit Hillel ont exposé plus haut (Beitzah 20b), pour vous et non pour les idolâtres, pour vous et non pour les chiens, et ce sont eux qui disent au chapitre Notel (Chabbat 143a) que l'on enlève de la table les miettes de moins d'un kazayit, etc., parce qu'elles sont nourriture pour la bête. Il faut donc dire comme l'a expliqué le Rachbam : les noyaux ne conviennent aux bêtes que par un arrangement, en les amollissant ou en les broyant, sauf qu'elles en mangent parfois à la rigueur. Pour Rabbi Yossi le Galiléen, chez qui il est impossible de les arranger le jour de fête, comment les déplace-t-on pour les jeter aux bêtes ? Ne sont-ils pas mouktse, puisqu'ils ne conviennent à la consommation qu'à la rigueur ? Il répond qu'ils conviennent au feu. La Guemara objecte : et le Chabbat, quoi ? Et même selon Rabbi Akiva ? Il lui répond que nous les déplaçons avec le pain. Le Riva a expliqué : lorsqu'il mange le fruit, il jette les noyaux de sa bouche dans le panier où se trouve le pain ; mais poser du pain sur eux afin de les déplacer est interdit, car on n'a permis le pain ou l'enfant que pour le mort seulement.
💡 Explication

La seconde version, ika de-amri, renverse la répartition : l'accord porte sur le rameau sec, permis de l'avis de tous, et la divergence sur le rameau humide. Celui qui permet fait valoir qu'un grand feu le séchera et le brûlera tout de même.

La halakha tranche en retenant l'élément commun aux deux versions : le sec est permis, l'humide est interdit. Rachi ajoute une remarque lourde de conséquences : cette halakha a été posée selon l'avis qui admet le mouktse, alors que nous tenons comme Rabbi Chimon ; tous les interdits de cette sougya seraient donc levés pour nous.

Tossefot reculent devant cette conclusion, qui ferait trancher le Talmud contre la halakha. Ils répondent que même Rabbi Chimon interdit le rameau humide, puisqu'il ne convient pas même au feu.

🖼️ Schéma
Le hizra : deux versions du débat, une seule halakha Première version Humide : tous interdisent il ne convient même pas au feu Sec : ils divergent Rav Nahman interdit : le bois n'est donné que pour être brûlé Rav Chechet permet : rôtir avec lui ou rôtir avec sa braise, quelle différence ? Ika de-amri Sec : tous permettent il convient au feu Humide : ils divergent Celui qui interdit : il ne convient pas au feu Celui qui permet : il convient à un grand feu, qui le séchera Ve-hilkheta : le sec est permis, l'humide est interdit Rachi : cette halakha suit celui qui admet le mouktse. Tossefot : même Rabbi Chimon interdit l'humide, qui ne convient pas au feu.
Les deux versions du débat sur le hizra et la halakha qui les tranche.
6
דָּרַשׁ רָבָא: אִשָּׁה לֹא תִּכָּנֵס לְדִיר הָעֵצִים לִיטּוֹל מֵהֶן אוּד. וְאוּד שֶׁנִּשְׁבַּר — אָסוּר לְהַסִּיקוֹ בְּיוֹם טוֹב, לְפִי שֶׁמַּסִּיקִין בְּכֵלִים, וְאֵין מַסִּיקִין בְּשִׁבְרֵי כֵלִים.

Rava a enseigné : une femme n'entrera pas dans la réserve de bois pour y prendre un tisonnier. Et un tisonnier qui s'est brisé, il est interdit de le brûler le jour de fête, car on brûle avec des ustensiles et l'on ne brûle pas avec des tessons d'ustensiles.

📜 Rachi (4)
דָּרַשׁ רָבָא כו' דִּכְרַבִּי יְהוּדָה ס"ל:
Rava a enseigné, etc. : car il tient comme Rabbi Yehouda.
לַדִּיר דִּיר עֵצִים:
Dans la réserve : la réserve de bois.
אוּד עֵץ לַעֲשׂוֹת אוּד לְתַנּוּר פורגי"ן בְּלַעַ"ז וְטַעֲמָא מִשּׁוּם דְּלָא נִתְּנוּ אֶלָּא לְהַסִּיק אא"כ נַעֲשָׂה כְּלִי מִבְּעוֹד יוֹם:
Tisonnier : un bois dont on fait un tisonnier pour le four, porguin en langue vernaculaire. La raison est que le bois n'a été donné que pour être brûlé, à moins qu'il n'ait été façonné en ustensile pendant qu'il faisait encore jour.
וְאוּד שֶׁנִּשְׁבַּר ביו"ט:
Et un tisonnier qui s'est brisé : le jour de fête.
🗂️ Tossefot (1)
דָּרַשׁ רָבָא וְכוּ'. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י דְּכַר' יְהוּדָה ס"ל וע"כ לֹא תִּכָּנֵס לִיטֹּול אוּד דְּלָא נִתְּנוּ עֵצִים אֶלָּא לְהַסָּקָה וְדֹוחַק הוּא לוֹמַר דְּהַשַּׁ"ס קַייְמָא דְּלָא כְּהִלְכְתָא אֶלָּא וַדַּאי דַּאֲפִילּוּ ר' שִׁמְעוֹן מוֹדֶה דְּאָסוּר מִשּׁוּם דְּהָוֵי כְּתִקּוּנֵי מָנָא:
Rava a enseigné, etc. Rachi a expliqué qu'il tient comme Rabbi Yehouda, et que c'est pour cela qu'elle n'entrera pas prendre un tisonnier, le bois n'ayant été donné que pour être brûlé. Il est forcé de dire que le Talmud s'arrête sur une position qui n'est pas la halakha ; il est certain plutôt que même Rabbi Chimon reconnaît l'interdit, parce que cela revient à façonner un ustensile (tikkoun mana).
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' לָמָּה לִי לְמֵימַר מַשְׁקִין וְשׁוֹחֲטִין מִילְּתָא אַגַּב אוֹרְחֵיהּ קמ"ל דְּלִישְׁקֵי אִינִישׁ וַהֲדַר שָׁחֵיט מִשּׁוּם סִירְכָא דְּמָשְׁכָא: ת"ר אֵלּוּ הֵן מִדְבָּרִיּוֹת וְאֵלּוּ הֵן בַּייָּתוֹת מִדְבָּרִיּוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת בְּפֶסַח וְרוֹעוֹת וְנִכְנָסוֹת לְיִישּׁוּב בִּרְבִיעָה בַּייָּתוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת וְרוֹעוֹת חוּץ לַתְּחוּם וּבָאוֹת וְלָנוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם. רַבִּי אוֹמֵר אֵלּוּ וְאֵלּוּ בַּיָּיתוֹת הֵן. אֵלּוּ הֵן הַמִּדְבָּרִיּוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת וְרוֹעוֹת בָּאֵפֶר וְאֵינָן נִכְנָסוֹת לַיִּישּׁוּב לֹא בִּימוֹת הַחַמָּה וְלֹא בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים. אַשְׁכְּחַן רַבְּוָותָא דְּפָסְקִי בְּהָא מִלְּתָא לְקֻולָּא וְאָמְרִי דס"ל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה וְכִדְאָמַר רַב נַחְמָן (שַׁבָּת דַּף י"ט:) עֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְתַרְנְגֹולֶת לְבֵיצָתָהּ וְתוֹרֵי דְרִידְיָא וְתַמְרֵי דְעִיסְקָא פְּלֻוגְתָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּרַבִּי יְהוּדָה הוּא דַּאֲסִיר וְרַבִּי שִׁמְעוֹן שָׁרִי וְקָאָמְרִינַן (שָׁם דַּף קנ"ז.) דְּהִלְכְתָא כר"ש וַאֲנַן לָא סְבִירָא לָן הָכִי דְּכִי אִיתְּמַר הִלְכְתָא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּשַׁבָּת אִיתְּמַר. וְהָא דְּאָמַר רַב נַחְמָן עֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְכוּ' לָא קָא פָּסֵיק רַב נַחְמָן הֲלָכָה כְּמַאן מִינַּייְהוּ אֶלָּא ה"ק פְּלֻוגְתָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה וְר"ש. וְכֵיוָן דְּקַייְמָא לָן דִּבְשַׁבָּת סְבִירָא לָן כר"ש דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה וּבְיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה מִמֵּילָא שָׁמְעִינַן דה"מ כְּגוֹן עֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְכוּ' דְּכֻולְּהוּ ביו"ט אֲסִירֵי וּמַה דַּחֲזוּ לֵיהּ מִינַּייְהוּ לְמֵיכַל מִינָּהּ בְּשַׁבָּת כְּגוֹן תַּמְרֵי דְּעִיסְקָא שָׁרִי לְמֵיכַל מִינֵּהּ בְּשַׁבָּת. וְעוֹד דְּרַב נַחְמָן גּוּפֵיהּ אַשְׁכְּחַן לֵיהּ דִּסְבִירָא לֵיהּ דְּהִלְכְתָא בְּיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה. דְּאָמְרִינַן בְּרֵישׁ מְכִילְתִּין בְּמַאי עָסְקִינַן אִילֵימָא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לַאֲכִילָה מַאי טַעְמָא דב"ה אוּכְלָא דְּאֶפְרָת הוּא. אֶלָּא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים מַאי טַעְמָא דב"ש מֻוקְצֶה הוּא. וּפָרֵיק רַב נַחְמָן לְעוֹלָם בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים וּדְאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה אִית לֵיהּ נוֹלָד וּדְלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה לֵית לֵיהּ נוֹלָד וב"ש כר"ש וב"ה כְּרַבִּי יְהוּדָה. וּמַקְּשִׁינַן וּמִי אָמַר רַב נַחְמָן הָכִי וְהָאֲנַן תְּנַן ב"ש אוֹמְרִים (מַעֲלִין) מַגְבִּיהִין מֵעַל הַשֻּׁולְחָן עֲצָמוֹת וּקְלִיפִּין וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים מְסַלֵּק אֶת הַטַּבְלָא כֻּולָּהּ וּמְנַעֲרָהּ וְאָמַר רַב נַחְמָן אָנוּ אֵין לָנוּ אֶלָּא בֵּית שַׁמַּאי כְּרַבִּי יְהוּדָה וב"ה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. וּמְפָרְקִינַן אָמַר לְךָ רַב נַחְמָן גַּבֵּי שַׁבָּת דִּסְתַם לַן תְּנָא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דִּתְנַן מְחַתְּכִין אֶת הַדִּלּוּעִין לִפְנֵי הַבְּהֵמָה וְהַנְּבֵילָה לִפְנֵי הַכְּלָבִים מוֹקֵי לְהוּ ב"ה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. גַּבֵּי יוֹם טוֹב דִּסְתַם לַן תַּנָּא כְּרַבִּי יְהוּדָה דִּתְנַן אֵין מְבַקְּעִין עֵצִים מִן הַקּוֹרוֹת וְלֹא מִן הַקּוֹרָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה בְּיוֹם טוֹב מוּקֵי לָהּ לב"ה כְּרַבִּי יְהוּדָה. וְכֵיוָן דְּאַשְׁכְּחַן לְרַב נַחְמָן דִּסְבִירָא לֵיהּ בְּיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה מִמֵּילָא שָׁמְעִינַן דְּעֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְתוֹרֵי דְרִידְיָא וְתַמְרֵי דְעִיסְקָא כּוּלְּהוּ לְרַב נַחְמָן בְּיוֹם טוֹב אֲסִירִי. וּמִשַּׁקְלָא וְטַרְיָא דִּגְמָרָא נָמֵי שָׁמְעִינַן דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה בְּיוֹם טוֹב דְּקָאָמַר אִי בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים מַאי טַעְמָא דב"ש מֻוקְצֶה הוּא כְּלוֹמַר כִּי זֶה דָּבָר יָדוּעַ כִּי מֻוקְצֶה אָסוּר. וְעוֹד אָמְרִינַן לְעֵיל (בֵּיצָה דַּף ד.) תַּנְיָא אֲחֵרִים אוֹמְרִים רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר בֵּיצָה תֹּאכַל הֵיאוֹאמָה בְּמַאי עָסְקִינַן אִילֵימָא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לַאֲכִילָה פְּשִׁיטָא הִיא וְאִמָּהּ שַׁרְיָא אֶלָּא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים הִיא וְאִמָּהּ אֲסוּרָה דְּאַלְמָא הָכֵין הוּא הִלְכְתָא. וּלְעִנְיַן בַּיָּיתוֹת וּמִדְבָּרִיּוֹת נָמֵי הָכִי סְבִירָא לָן כִּסְתָם מַתְנֵי' וְכִדְפָרֵישׁ ת"ק דְּבָרַייְתָא דְּאָמַר אֵלּוּ הֵן מִדְבָּרִיּוֹת כֹּל שֶׁיּוֹצְאוֹת בַּפֶּסַח וְרוֹעוֹת וְנִכְנָסוֹת בִּרְבִיעָה. בַּייָּתוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת וְרוֹעוֹת חוּץ לַתְּחוּם וּבָאוֹת וְלָנוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם. וְרַבִּי דְּקָאָמַר אֵלּוּ וְאֵלּוּ בַּיָּיתוֹת הֵן לֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דְּלָא קי"ל הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלָּא גַּבֵּי חֲבֵירוֹ אֲבָל גַּבֵּי רַבִּים לֹא. וְהָווּ לְהוּ מִדְבָּרִיּוֹת דְּאֵינָן בָּאוֹת וְלָנוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם מֻוקְצוֹת דְּלָאו דַּעְתֵּיהּ עֲלַייְהוּ דְּהָא אֵין בָּאוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם. וּבַעַל ה"ג כָּתַב מֻוקְצֶה דְּרַבָּנָן וְכֵיוָן דְּאִיכָּא תְּרֵי לִישָּׁנֵי חַד דְּאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּמִדְבָּרִיּוֹת וְחַד דְּלֵית לֵיהּ עָבְדִינַן לְקֻולָּא וְשׁוֹחֲטִין אֶת הַמִּדְבָּרִיּוֹת. וְכֵן פָּסַק רַב הַאי וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל (בְּפֵ"א מֹהַל' יו"ט הֵל' יז) דקי"ל בְּמֻוקְצֶה בְּשַׁבָּת כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וּבְיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה. אֲבָל רַשִׁ"י כָּתַב לְעֵיל (בֵּיצָה דַּף לג. ד"ה וְהִלְכְתָא) אַמַּתְנִיתִין דְּאֵין סוֹמְכִין אֶת הַקְּדֵירָה דְּקי"ל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אַף בְּיוֹם טוֹב. וְכֵן ר"ת ור"י זַ"ל וֶהֱבִיאוֹ רְאָיָה מִשִּׁילְהֵי מַסֶּכֶת שַׁבָּת דְּקָאָמַר הָתָם (דַּף קָנוּ:) וְאַף לֵוִי סָבַר הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה. כִּי הָא דְּלֵוִי כִּי הֲווֹ מַיְיתוּ טְרֵיפְתָּא לְקַמֵּיהּ בְּיוֹמָא טָבָא לָא הֲוָה חָזֵי לֵיהּ אֶלָּא אַקִּלְקַלְתָּא דְּאָמַר דִּלְמָא לָא מִיתַּכְשְׁרִין וַאֲפִילּוּ לִכְלָבִים לָא חָזֵי. אַלְמָא שֶׁאֵין חִילּוּק בֵּין יוֹם טוֹב לַשַּׁבָּת. וְתוּ קָאָמַר הָתָם וְאַף רַבִּי יוֹחָנָן סָבַר הֲלָכָה כְּר"ש וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הֲלָכָה כִּסְתָם מַתְנֵי'. וּתְנַן אֵין מְבַקְּעִין עֵצִים מִן הַקּוֹרוֹת וְלֹא מִן הַקּוֹרָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה בְּיוֹם טוֹב אַלְמָא סְתָמָא דְּהַשַּׁ"ס לָא מְפַלֵּיג בֵּין שַׁבָּת לְיוֹם טוֹב וְלָא אַשְׁכְּחַן דִּמְפַלֵּיג אֶלָּא רַב נַחְמָן נִדְחַק לְחַלֵּק לְהַעֲמִיד אוֹקִימְתָּא דִּידֵיהּ. אֲבָל לִשְׁאָר אָמוֹרָאִין אֵין צָרִיךְ לְחַלֵּק וְלָא חָיְישִׁינַן לְהַךְ לִישָּׁנָא דְּקָאָמַר מִכְּדֵי מַאן סַתְמַיהּ לְמַתְנִיתִין רַבִּי מ"ש בְּשַׁבָּת דְּסָתַם לָן כר"ש ומ"ש בְּיוֹם טוֹב דִּסְתַם לַן כְּרַבִּי יְהוּדָה. דִּבְכַמָּה דֻּוכְתֵי חָזֵינַן דִּפְלִיגִי סְתָמֵי אַהֲדָדֵי. וּבַעַל ה"ג פּוֹסֵק כר"ש בְּמֻוקְצֶה בְּיוֹם טוֹב אֲבָל בְּנוֹלָד פּוֹסֵק כְּרַבִּי יְהוּדָה וְהֵבִיא רְאָיָה מִדִּלְעֵיל פֶּרֶק הַמֵּבִיא (בֵּיצָה דַּף לג.) דְּדָרֵשׁ רָבָא אִשָּׁה לֹא תִּכָּנֵס לְבֵין הָעֵצִים לִיטֹּול אוּד וְכוּ'. וְאֵינָהּ רְאָיָה דְּרָבָא לְטַעְמֵיהּ דַּאֲפִילּוּ בִּשְׁאָר מֻוקְצֶה דְּלָאו נוֹלָד סְבִירָא לֵיהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה כִּדְמוֹכַח בְּסוֹף נוֹטֵל (שַׁבָּת דַּף קמב:) אֲבָל אֲנַן דְּקַיְימָא לָן (בְּשַׁבָּת דַּף קמג.) כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּמֻוקְצֶה הוּא הַדִּין בְּנוֹלָד. וּמִיהוּ רַבֵּינוּ תָּם זַ"ל דִּיֵּיק מִשְּׁמוּאֵל דִּבְשִׁילְהֵי שַׁבָּת (דַּף קנ"ו:) סָבַר כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וְאַפֵּ"ה קָאָמַר בְּסוֹף נוֹטֵל (שַׁבָּת דַּף קמ"ג.) דְּלָא הֲוָה מְטַלְטֵל גַּרְעִינֵי תַּמְרֵי אֶלָּא אַגַּב רִיפְתָּא. וְאֵינָהּ רְאָיָה מִשְּׁמוּאֵל דְּמַחְמִיר עַל עַצְמוֹ הָיָה כְּאַבַּיֵּי וְרָבָא דְּהָתָם בְּהַהִיא שְׁמַעְתָּא תֵּדַע דְּהָא פָּסֵיק שְׁמוּאֵל בְּהֶדְיָא בְּנוֹלָד כר"ש בספ"ק דְּשַׁבָּת (דַּף יט:) גַּבֵּי שֶׁמֶן שֶׁל בַּדָּדִין. כִּדְפֵירֵשׁ הָתָם דְּמַייְרֵי כְּשֶׁזָּב בְּשַׁבָּת דְּקָאֵי אַהָא דְּאַייְרֵי לְעֵיל בִּטְעִינַת קוֹרַת בֵּית הַבַּד. אֶלָּא וַדַּאי מַחְמִיר עַל עַצְמוֹ הָיָה. וְעוֹד דְּרַבִּי יוֹחָנָן פָּסַק אַף בְּנוֹלָד כר"ש כִּדְדָיֵיק בְּשִׁילְהֵי שַׁבָּת (דַּף קנז.) מֵהַהִיא דַּעֲצָמוֹת וּקְלִיפִּין. וְעוֹד דִּקְדֵּק ר"ת דְּנוֹלָד אָסוּר מִסְּתָמָא דְּהַשַּׁ"ס דְּפֶרֶק נוֹטֵל (שַׁבָּת דַּף קמג.) דְּאָסַר לְטִלְטוּלֵי גַּרְעִינֵי דְּתַמְרֵי פָּרְסְיָיתָא וְאֵין לוֹמַר מִשּׁוּם דְּאַף לִבְהֵמָה לָא חַזְייָן דִּבְפֶרֶק בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף כט.) מוּכָח דַּחֲזוּ לִבְהֵמָה () אֶלָּא וַדַּאי מִשּׁוּם נוֹלָד הוּא דְּאָסוּר. וְהָא דְּפָרִיךְ בְּסוֹף כִּירָה (שַׁבָּת דַּף מה:) אַמִּילְּתָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן מִדְּרַב נַחְמָן דְּמַאן דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה לֵית לֵיהּ נוֹלָד. לָא קי"ל הָכִי וְהָוֵי מָצֵינַן לְשַׁנּוֹיֵי הָתָם דְּלָא קי"ל הָכִי וְלֹא חָשַׁשׁ. תֵּדַע דִּבְלָאו הָכִי הֲוָה מָצֵי לְשַׁנּוֹיֵי דְּרַבִּי יוֹחָנָן אָסַר בֵּיצָה () מִשּׁוּם (פֵּירוֹת הַנּוֹשְׁרִין) מַשְׁקִין שֶׁזָּבוּ (לְעֵיל בֵּיצָה דַּף ג.) וַאֲפִילּוּ לְטַלְטֵל כִּדְמוֹכַח לְעֵיל (בֵּיצָה דַּף ד.) גַּבֵּי אוֹשְׁפְּזֵיכְנֵיהּ דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן קַייְמָא הָתָם. ור"ח כָּתַב הָכָא מֵהָא שָׁמְעִינַן דְּכָל מִידֵּי דַּחֲזֵי לֵיהּ לְאִינִישׁ דַּעְתֵּיהּ עִילָּוֵיהּ. וְהָא דְּאָמַר רַב נַחְמָן עֵז לַחֲלָבָהּ כו' בָּאנוּ לְמַחֲלֹוקֶת דְּרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן. הָא בְּהֶדְיָא קי"ל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. ואע"ג דִּבְיוֹם טוֹב קי"ל כְּרַבִּי יְהוּדָה ה"מ כְּגוֹן נוֹלַד () וּמֻוקְצֶה מֵחֲמַת אִיסּוּר וְכַיּוֹצֵא בּוֹ אֲבָל הָנֵי כֻּולְּהוּ שָׁרִי בְּיוֹם טוֹב וְכֵן כָּתַב בַּעַל הָעִיטּוּר זַ"ל: 0הַדְרָן עֲלָךְ מַשִּׁילִין וּסְלִיקָא לָהּ מַסֶּכֶת בֵּיצָה
Guemara : pourquoi énoncer que l'on abreuve et que l'on abat ? Le tana nous apprend une chose en passant : qu'un homme abreuve d'abord et abatte ensuite, à cause de l'adhérence de la peau. Nos maîtres ont enseigné : quelles bêtes sont dites du désert et quelles bêtes sont dites domestiques ? Celles du désert sont celles qui sortent à Pessa'h, paissent, et rentrent dans la localité à la saison des pluies ; les domestiques sont celles qui sortent paître hors du tehoum (limite de Chabbat) et reviennent passer la nuit à l'intérieur du tehoum. Rabbi dit : les unes et les autres sont domestiques ; celles du désert sont celles qui sortent paître dans les près et ne rentrent pas dans la localité, ni à la saison chaude ni à la saison des pluies. Nous avons trouvé des maîtres qui tranchent cette question dans le sens de l'allègement, disant qu'ils tiennent comme Rabbi Chimon, qui n'admet pas le mouktse, et comme l'a dit Rav Nahman (Chabbat 19b) : la chèvre gardée pour son lait, la brebis pour sa laine, la poule pour ses œufs, les bœufs de labour et les dattes de commerce relèvent de la divergence entre Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon, Rabbi Yehouda interdisant et Rabbi Chimon permettant ; et il est dit là-bas (157a) que la halakha suit Rabbi Chimon. Nous ne tenons pas ainsi : lorsqu'il a été dit que la halakha suit Rabbi Chimon, cela a été dit pour le Chabbat. Et ce que Rav Nahman a dit, la chèvre pour son lait, la brebis pour sa laine, etc., ne tranche pas la halakha comme l'un d'eux ; il dit seulement que telle est la divergence de Rabbi Yehouda et de Rabbi Chimon. Puisque nous tenons, pour le Chabbat, comme Rabbi Chimon, qui n'admet pas le mouktse, et, pour le jour de fête, comme Rabbi Yehouda, il s'ensuit de soi que la chèvre pour son lait, la brebis pour sa laine, etc., sont toutes interdites le jour de fête ; et ce qui, parmi elles, convient à être mangé, comme les dattes de commerce, il est permis d'en manger le Chabbat. De plus, nous trouvons Rav Nahman lui-même tenant que la halakha du jour de fête suit Rabbi Yehouda, qui admet le mouktse. Car il est dit au début de notre traité : de quoi traite-t-on ? Si l'on dit d'une poule destinée à être mangée, quelle est la raison de Beit Hillel ? C'est de la nourriture qui s'est détachée. Si l'on dit d'une poule gardée pour pondre des œufs, quelle est la raison de Beit Chamai ? C'est du mouktse. Rav Nahman résout : il s'agit bien d'une poule gardée pour pondre des œufs ; celui qui admet le mouktse admet le nolad, celui qui n'admet pas le mouktse n'admet pas le nolad ; Beit Chamai suivent Rabbi Chimon et Beit Hillel Rabbi Yehouda. Nous objectons : Rav Nahman a-t-il vraiment dit cela ? N'avons-nous pas appris que Beit Chamai disent, on soulève de la table les os et les écorces, et que Beit Hillel disent, on retire la planche entière et on la secoue ; et Rav Nahman a dit : nous n'avons que ceci, Beit Chamai suivent Rabbi Yehouda et Beit Hillel Rabbi Chimon. On répond : Rav Nahman te dira que pour le Chabbat, où le tana nous a enseigné une michna anonyme suivant Rabbi Chimon, puisque nous avons appris que l'on coupe les courges devant la bête et la charogne devant les chiens, il établit Beit Hillel comme Rabbi Chimon ; et que pour le jour de fête, où le tana nous a enseigné une michna anonyme suivant Rabbi Yehouda, puisque nous avons appris que l'on ne fend pas de bois à partir des poutres ni de la poutre qui s'est brisée le jour de fête, il établit Beit Hillel comme Rabbi Yehouda. Et puisque nous trouvons Rav Nahman tenant, le jour de fête, comme Rabbi Yehouda, il s'ensuit de soi que la chèvre pour son lait, la brebis pour sa laine, les bœufs de labour et les dattes de commerce sont tous interdits, pour Rav Nahman, le jour de fête. Du débat même de la Guemara nous apprenons encore que la halakha suit Rabbi Yehouda le jour de fête, car elle dit : s'il s'agit d'une poule gardée pour pondre des œufs, quelle est la raison de Beit Chamai ? C'est du mouktse, c'est-à-dire que c'est chose connue que le mouktse est interdit. Il est dit de plus, plus haut (Beitzah 4a) : une braita enseigne, d'autres disent au nom de Rabbi Eliezer, l'œuf sera mangé, lui et sa mère. De quoi traite-t-on ? Si l'on dit d'une poule destinée à être mangée, il est évident qu'elle et lui sont permis ; il s'agit donc d'une poule gardée pour pondre des œufs, et elle et lui sont interdits, ce qui montre que telle est la halakha. Pour ce qui est des bêtes domestiques et des bêtes du désert aussi, nous tenons comme la michna anonyme et comme l'a expliqué le premier tana de la braita, qui dit : sont du désert toutes celles qui sortent à Pessa'h, paissent et rentrent à la saison des pluies ; sont domestiques celles qui sortent paître hors du tehoum et reviennent passer la nuit dans le tehoum. Et Rabbi, qui dit que les unes et les autres sont domestiques, la halakha ne suit pas son avis, car nous ne tenons la halakha comme Rabbi que face à un seul collègue, non face au grand nombre. Les bêtes du désert, qui ne viennent pas passer la nuit dans le tehoum, sont donc mouktse, car sa pensée n'était pas sur elles, puisqu'elles ne viennent pas dans le tehoum. L'auteur des Halakhot Guedolot a écrit qu'il s'agit d'un mouktse d'ordre rabbinique ; et puisqu'il y a deux versions, l'une selon laquelle Rabbi Chimon admet le mouktse pour les bêtes du désert et l'autre selon laquelle il ne l'admet pas, nous agissons dans le sens de l'allègement et l'on abat les bêtes du désert. Ainsi ont tranché Rav Haï et le Rambam (Lois du jour de fête 1,17) : nous tenons, pour le mouktse, comme Rabbi Chimon le Chabbat et comme Rabbi Yehouda le jour de fête. Mais Rachi a écrit plus haut (Beitzah 33a), sur la michna on ne cale pas la marmite, que nous tenons comme Rabbi Chimon même le jour de fête ; ainsi aussi Rabbenou Tam et le Ri. Ils apportent une preuve de la fin du traité Chabbat, où il est dit (156b) : et Levi aussi tenait que la halakha suit Rabbi Yehouda, comme dans ce fait de Levi : lorsqu'on apportait devant lui une bête trefa le jour de fête, il ne l'examinait que sur le tas d'ordures, disant, peut-être ne sera-t-elle pas déclarée cachere et elle ne conviendra même pas aux chiens. Cela montre qu'il n'y a pas de distinction entre le jour de fête et le Chabbat. Il est encore dit là-bas : et Rabbi Yo'hanan aussi tenait que la halakha suit Rabbi Chimon. Rabbi Yo'hanan a-t-il dit cela ? N'a-t-il pas dit que la halakha suit la michna anonyme ? Or nous avons appris que l'on ne fend pas de bois à partir des poutres ni de la poutre qui s'est brisée le jour de fête. Cela montre que la voix anonyme du Talmud ne distingue pas entre le Chabbat et le jour de fête, et nous n'avons trouvé personne qui distingue, sinon Rav Nahman, qui s'est forcé à distinguer pour maintenir son propre établissement. Pour les autres Amoraim il n'est pas nécessaire de distinguer, et nous ne tenons pas compte de cette formulation qui dit : puisque celui qui a enseigné les michnayot anonymes est Rabbi, quelle différence y a-t-il entre le Chabbat, où il nous enseigne anonymement comme Rabbi Chimon, et le jour de fête, où il nous enseigne anonymement comme Rabbi Yehouda ? Car en plusieurs endroits nous voyons des michnayot anonymes se contredire. L'auteur des Halakhot Guedolot tranche comme Rabbi Chimon pour le mouktse le jour de fête, et comme Rabbi Yehouda pour le nolad ; il apporte une preuve de ce qui précède, au chapitre HaMévi (Beitzah 33a), où Rava a enseigné qu'une femme n'entrera pas dans la réserve de bois pour y prendre un tisonnier, etc. Ce n'est pas une preuve, car Rava suit sa propre ligne : même pour le mouktse qui n'est pas nolad il tient comme Rabbi Yehouda, comme cela ressort à la fin du chapitre Notel (Chabbat 142b). Mais nous, qui tenons (Chabbat 143a) comme Rabbi Chimon pour le mouktse, il en va de même pour le nolad. Toutefois Rabbenou Tam a déduit de Chmouel, qui a la fin de Chabbat (156b) tient comme Rabbi Chimon et qui dit pourtant à la fin du chapitre Notel (Chabbat 143a) qu'il ne déplaçait les noyaux de dattes qu'avec le pain. Ce n'est pas une preuve tirée de Chmouel, car il se montrait rigoureux pour lui-même, comme Abaye et Rava dans cette sougya. La preuve en est qu'il tranche explicitement comme Rabbi Chimon pour le nolad, à la fin du premier chapitre de Chabbat (19b), au sujet de l'huile des pressureurs, comme il est expliqué là-bas qu'il s'agit d'huile qui a coulé le Chabbat, puisque cela se rapporte à ce qui est traité plus haut au sujet du chargement de la poutre du pressoir. Il est donc certain qu'il se montrait rigoureux pour lui-même. De plus, Rabbi Yo'hanan a tranché comme Rabbi Chimon même pour le nolad, comme on le déduit à la fin de Chabbat (157a) de cette michna des os et des écorces. Rabbenou Tam a encore déduit que le nolad est interdit de la voix anonyme du Talmud, au chapitre Notel (Chabbat 143a), qui interdit de déplacer les noyaux de dattes perses ; et l'on ne peut dire que ce serait parce qu'ils ne conviennent même pas à la bête, car au chapitre Bameh Madlikin (Chabbat 29a) il ressort qu'ils conviennent à la bête. Il est donc certain que l'interdiction vient du nolad. Quant à l'objection posée à la fin du chapitre Kira (Chabbat 45b) contre la parole de Rabbi Yo'hanan à partir de Rav Nahman, selon lequel celui qui n'admet pas le mouktse n'admet pas le nolad, nous ne tenons pas ainsi ; on aurait pu répondre là-bas que ce n'est pas notre halakha, et la Guemara ne s'en est pas souciée. La preuve en est que, sans cela, elle aurait pu répondre que Rabbi Yo'hanan interdit l'œuf à cause des liquides qui ont coulé (Beitzah 3a), et même de le déplacer, comme cela ressort plus haut (Beitzah 4a) à propos de l'hôte de Rav Ada bar Ahava, et l'on y tient selon Rabbi Yo'hanan. Rabbenou Hananel a écrit ici : de cela nous apprenons que pour toute chose qui convient à l'usage d'un homme, sa pensée est sur elle. Et ce que Rav Nahman a dit, la chèvre pour son lait, etc., nous ramène à la divergence de Rabbi Yehouda et de Rabbi Chimon, et nous tenons explicitement comme Rabbi Chimon. Bien que, le jour de fête, nous tenions comme Rabbi Yehouda, cela vaut pour le nolad, pour le mouktse en raison d'un interdit et pour ce qui leur ressemble ; toutes ces choses-là, en revanche, sont permises le jour de fête. Ainsi a écrit aussi l'auteur du Itour. Hadran alakh Machilin, et achevé est le traité Beitzah.
💡 Explication

Deux règles de Rava, l'une et l'autre sévères. La première : une femme n'entre pas dans la réserve de bois pour y choisir un tisonnier, ce bâton dont on retourne les bûches du four. Le bois n'ayant été donné que pour être brûlé, le prendre pour un autre office revient à se servir d'un objet mouktse.

La seconde touche les tessons d'ustensiles. Un tisonnier est devenu un ustensile ; brisé le jour de fête, il devient un tesson, une chose nouvelle qui n'existait pas la veille. On brûle avec des ustensiles, on ne brûle pas avec des tessons.

Tossefot, gêné par l'idée que la Guemara conclurait contre la halakha, proposent un autre motif : choisir un bois pour en faire un tisonnier revient à façonner un ustensile, ce que même Rabbi Chimon interdit.

7
לְמֵימְרָא דְּרָבָא כְּרַבִּי יְהוּדָה סְבִירָא לֵיהּ, דְּאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה? וְהָא אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְשַׁמָּעֵיהּ: טְוִי לִי בַּר אֲווָזָא וּשְׁדִי מֵעֶיהָ לְשֻׁונָּרָא! הָתָם כֵּיוָן דְּמַסְרְחִי — מֵאֶתְמוֹל דַּעְתֵּיהּ עִלָּוֵיהּ.

Cela revient-il à dire que Rava tient comme Rabbi Yehouda, qui admet le mouktse ? Mais Rava a dit à son serviteur : rôtis-moi un oison et jette ses entrailles au chat !

Là-bas, puisqu'elles se gâtent, sa pensée était déjà sur elles depuis la veille.

📜 Rachi (2)
וּשְׁדֵי מֵעֶיהָ לְשֻׁונָּרָא הַשְׁלֵךְ בְּנֵי מֵעַיִם לְחָתוּל וְלֵר' יְהוּדָה אָסוּר לְטַלְטְלוֹ וּלְתִתּוֹ לְחָתוּל דְּמֵאֶתְמוֹל מוּכָן לְאָדָם הָיָה וְלֹא לַכְּלָבִים דְּקָאָמַר אִם לֹא הָיְתָה נְבֵילָה מע"ש אֲסוּרָה:
Et jette ses entrailles au chat : jette les entrailles au chat. Pour Rabbi Yehouda il est interdit de les déplacer et de les donner au chat, car depuis la veille elles étaient préparées pour l'homme et non pour les chiens ; car Rabbi Yehouda dit que si la bête n'était pas une charogne depuis la veille de Chabbat, elle est interdite.
כֵּיוָן דְּמַסְרְחִי אִם יַנִּיחֵם לְצֹורֶךְ מָחָר וְהַיּוֹם לֹא הָיָה צָרִיךְ לָהֶם מֵאֶתְמוֹל דַּעְתֵּיהּ עִלָּוַייְהוּ לְהַשְׁלִיכָם לְחָתוּל:
Puisqu'elles se gâtent : s'il les laissait pour le lendemain elles se gâteraient, et aujourd'hui il n'en avait pas besoin ; depuis la veille sa pensée était donc sur elles, pour les jeter au chat.
🗂️ Tossefot (1)
וּשְׁדֵי מֵעֶיהָ לְשֻׁונָּרָא. פירש"י דִּלְרַבִּי יְהוּדָה הֲוָה אָסוּר לְטַלְטְלָן לִיתֵּן לְחָתוּל דְּמֵאֶתְמוֹל מוּכָן לְאָדָם הֲוָה וְלֹא לִכְלָבִים וא"ר יְהוּדָה דְּאִם לֹא הָיְתָה נְבֵלָה מעיו"ט אָסוּר לִיתֵּן לִכְלָבִים וְגַם אֵינוֹ רָאוּי לִיתֵּן לָאָדָם לְפִי שֶׁאֵין דֶּרֶךְ בְּנֵי אָדָם לֶאֱכֹול בְּנֵי מֵעַיִם ביו"ט דִּבְלָאו הָכִי יֵשׁ לָהֶם הַרְבֵּה לֶאֱכֹול וא"ת וְכִי מִשּׁוּם שֶׁאֵינוֹ אוֹכֵל מֵהֶן הָווּ מֻוקְצִין א"כ הֵיכִי מְטַלְטְלִין בָּשָׂר חַי דְּחַזְיָא לְכוֹס בְּמַסֶּכֶת שַׁבָּת (דַּף קכח.) הָא אֵינוֹ אוֹכֵל מֵהֶן מִשּׁוּם שֶׁיֵּשׁ לוֹ הַרְבֵּה לֶאֱכֹול וְי"ל דְּמַיְירֵי שֶׁכְּבָר הִסְרִיחוּ וְלָא הָוֵי חֲזִי לְאָדָם וְלֵר' יְהוּדָה הָיָה אָסוּר וּמְשַׁנֵּי כֵּיוָן דְּמִסְּרִיחִי כְּלוֹמַר כֵּיוָן דְּוַדַּאי מִסְּרִיחִי דַּעֲתִידִין לְהַסְרִיחַ דַּעְתּוֹ לַכְּלָבִים:
Et jette ses entrailles au chat. Rachi a expliqué que pour Rabbi Yehouda il serait interdit de les déplacer pour les donner au chat, car depuis la veille elles étaient préparées pour l'homme et non pour les chiens, et Rabbi Yehouda dit que si la bête n'était pas une charogne depuis la veille du jour de fête, il est interdit de la donner aux chiens. Elles ne conviennent pas non plus à être données à l'homme, car les gens n'ont pas coutume de manger des entrailles le jour de fête, ayant déjà beaucoup à manger. Si tu dis : parce qu'il n'en mange pas, seraient-elles mouktse ? Alors comment déplace-t-on de la viande crue, qui convient à être grignotée, au traité Chabbat (128a) ? Il n'en mange pas non plus, puisqu'il a beaucoup à manger. On peut répondre qu'il s'agit ici d'entrailles déjà gâtées, qui ne conviennent plus à l'homme, et que pour Rabbi Yehouda ce serait interdit. Et la Guemara répond : puisqu'elles se gâtent, c'est-à-dire puisqu'il est certain qu'elles se gâteront et qu'elles sont destinées à se gâter, sa pensée est sur les chiens.
💡 Explication

La Guemara tire la conséquence de l'enseignement précédent : Rava tiendrait donc comme Rabbi Yehouda, qui admet le mouktse. Elle oppose alors un fait de sa propre maison : Rava faisait jeter au chat les entrailles de l'oison qu'on lui rôtissait, ce que Rabbi Yehouda devrait interdire, ces entrailles ayant été préparées pour l'homme et non pour les bêtes.

La réponse repose sur la notion de dato alav, la pensée posée sur une chose depuis la veille. Des entrailles se gâtent vite ; leur maître sait d'avance qu'il ne les mangera pas et qu'elles finiront au chat. La préparation existe donc depuis la veille, et l'objet n'est plus mis de côté.

8
מַתְנִי׳ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: נוֹטֵל אָדָם קֵיסָם מִשֶּׁלְּפָנָיו, לַחְצֹוץ בּוֹ שִׁינָּיו. וּמְגַבֵּב מִן הֶחָצֵר וּמַדְלִיק, שֶׁכָּל מַה שֶׁבֶּחָצֵר — מוּכָן הוּא. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מְגַבֵּב מִשֶּׁלְּפָנָיו וּמַדְלִיק.

MICHNA. Rabbi Eliezer dit : un homme prend un éclat de bois parmi ce qui est devant lui pour se curer les dents ; et il ramasse dans la cour et allume, car tout ce qui se trouve dans la cour est préparé.

Et les Sages disent : il ramasse parmi ce qui est devant lui et allume.

📜 Rachi (4)
מַתְנֵי' נוֹטֵל אָדָם קֵיסָם מִשֶּׁלְּפָנָיו מִמַּה שֶׁלְּפָנָיו בַּבַּיִת:
Michna. Un homme prend un éclat de bois parmi ce qui est devant lui : parmi ce qui se trouve devant lui dans la maison.
לַחְצֹוץ בּוֹ שִׁינָּיו לִיטֹּול בָּשָׂר הַחוֹצֵץ בֵּין שִׁנָּיו בורגיי"ר בְּלַעַ"ז וּמִשֶּׁלְּפָנָיו לָאו דַּוְקָא דלר"א אַף מִן הֶחָצֵר נָמֵי דְּקָאָמַר כָּל מַה שֶּׁבֶּחָצֵר מוּכָן הוּא וְרֵישָׁא לָא אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן אֶלָּא הֶיתֵּר טִלְטוּל עֵצִים אַף שֶׁלֹּא לְהַסָּקָה דְּאִפְּלוּג רַבָּנָן בָּהּ כְּדִלְקַמָּן בַּבָּרַייְתָא בַּגְּמָרָא וְהָא דִּנְקַט מִשֶּׁלְּפָנָיו מִשּׁוּם רַבָּנָן דִּפְלִיגִי דַּאֲפִילּוּ מִשֶּׁלְּפָנָיו לְהַדְלִיק אִין לַחְצֹוץ לָא:
Pour se curer les dents : pour ôter la viande coincée entre ses dents, bourguier en langue vernaculaire. Parmi ce qui est devant lui ne se prend pas au sens strict, car pour Rabbi Eliezer il en va de même depuis la cour, puisqu'il dit que tout ce qui est dans la cour est préparé. Le début de la michna ne vient nous apprendre que la permission de déplacer du bois pour un autre usage que le feu, sur quoi les Sages divergent, comme plus loin dans la braita de la Guemara. S'il a énoncé parmi ce qui est devant lui, c'est à cause des Sages qui divergent : même parmi ce qui est devant lui, pour allumer oui, pour se curer les dents non.
מְגַבֵּב קִסְמִין דַּקִּין וְקָשִׁין מִן הֶחָצֵר וּמַדְלִיק בָּהֶן:
Il ramasse : de menus éclats et des brindilles depuis la cour, et il les allume.
וחכ"א מְגַבֵּב מִשֶּׁלְּפָנָיו וּמַדְלִיק אֲבָל מִן הֶחָצֵר לֹא הוֹאִיל וְדַקִּין הֵן וְטוֹרֵחַ לְקוֹשְׁשָׁן מֵאֶתְמוֹל לָאו לְהָכִי קָיְימִי וּדְקָאָמְרַתְּ נוֹטֵל קֵיסָם לַחְצֹוץ שִׁנָּיו (מֵאֶתְמוֹל) אֲנַן אִית לָן דְּאַף מִשֶּׁלְּפָנָיו לֹא יִטֹּול אֶלָּא לְהַדְלִיק דְּלָא נִתְּנוּ [אֶלָּא] לְהַסָּקָה וּבְתַרְתֵּי פְּלִיגִי:
Et les Sages disent, il ramasse parmi ce qui est devant lui et allume : mais depuis la cour non, puisqu'ils sont menus et pénibles à ramasser ; depuis la veille ils ne se tenaient pas pour cela. Et quant à ce que tu dis, qu'il prend un éclat pour se curer les dents, nous tenons que même parmi ce qui est devant lui il ne le prendra que pour allumer, car le bois n'a été donné que pour être brûlé. Ils divergent donc sur deux points.
🗂️ Tossefot (2)
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר נוֹטֵל אָדָם קֵיסָם מִשֶּׁלְּפָנָיו. פירש"י לָאו דַּוְקָא מִשֶּׁלְּפָנָיו דה"ה מִשֶּׁלְּאַחֲרָיו נָמֵי דְּקָתָנֵי כָּל מַה שֶּׁבֶּחָצֵר מוּכָן הוּא אֶלָּא נְקַט מִשֶּׁלְּפָנָיו מִשּׁוּם רַבָּנָן דִּפְלִיגִי אַחַ"כּ דְּשָׁרוּ דַּוְקָא לְהַדְלִיק אֲבָל לַחֲצֹוץ בּוֹ שִׁנָּיו לֹא וְתֵימַהּ דְּהָא מַשְׁמַע בְּפֶרֶק הַמּוֹצִיא (שַׁבָּת דַּף פא: וְשָׁם) דְּדַוְקָא קָתָנֵי דְּבָעֵי הָתָם אֲבָנִים שֶׁל בֵּית הַכִּסֵּא מַהוּ לְהַעֲלוֹתָן אַחֲרָיו לַגַּג וְקָא פְּשִׁיט לֵיהּ דְּשָׁרְיָא וּפָרִיךְ מֵיתִיבִי ר"א אוֹמֵר נוֹטֵל אָדָם קֵיסָם מִשֶּׁלְּפָנָיו דְּדַוְקָא מִשֶּׁלְּפָנָיו אֲבָל בְּכָל הֶחָצֵר לֹא וְאַתְּ אֲמַרְתְּ דְּיָכוֹל לְהַעֲלוֹת לַגַּג וי"ל דאה"נ דְּוַדַּאי דַּוְקָא קָאָמַר כִּדְמַשְׁמַע הָתָם וְאַף עַל גַּב דְּקָאָמַר כָּל מַה שֶּׁבֶּחָצֵר מוּכָן הוּא הַיְינוּ דַּוְקָא גַּבֵּי אֲכִילָה מִשּׁוּם דְּאָדָם קוֹבֵעַ לוֹ מָקוֹם לַאֲכִילָתוֹ וְהָיָה לוֹ לְהָכִין אֲבָל גַּבֵּי אֵשׁ לֹא שַׁיָּיךְ דִּפְעָמִים שֶׁאֵינוֹ עוֹשֶׂה מְדוּרָה ביו"ט וְכֵן מְחַלֵּק הָתָם בֵּין אֲבָנִים לְקֵיסָם:
Rabbi Eliezer dit : un homme prend un éclat de bois parmi ce qui est devant lui. Rachi a expliqué que parmi ce qui est devant lui ne se prend pas au sens strict, car il en va de même de ce qui est derrière lui, puisqu'il est enseigné que tout ce qui est dans la cour est préparé ; s'il a énoncé parmi ce qui est devant lui, c'est à cause des Sages qui divergent ensuite et ne permettent que d'allumer, mais non de se curer les dents. Il y a une difficulté, car il ressort du chapitre HaMotsi (Chabbat 81b) que cela se prend bien au sens strict : on y demande si les pierres des latrines peuvent être montées à sa suite sur le toit, et l'on tranche que c'est permis ; puis l'on objecte, n'est-il pas enseigné que Rabbi Eliezer dit qu'un homme prend un éclat parmi ce qui est devant lui, précisément ce qui est devant lui et non dans toute la cour, et tu dis qu'il peut les monter sur le toit ? On peut répondre qu'en effet cela se prend bien au sens strict, comme il ressort là-bas ; et bien qu'il dise que tout ce qui est dans la cour est préparé, cela vaut précisément pour la nourriture, parce que l'homme se fixe un lieu pour son repas et qu'il devait le préparer, tandis que pour le feu cela ne s'applique pas, car il arrive qu'on ne fasse pas de bûcher le jour de fête. Ainsi distingue-t-on là-bas entre les pierres et l'éclat.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים מְגַבֵּב מִשֶּׁלְּפָנָיו וּמַדְלִיק. פרש"י דִּבְתַרְתֵּי פְּלִיגִי דַּאֲפִילּוּ לְהַדְלִיק דַּוְקָא מִשֶּׁלְּפָנָיו וְלַחֲצֹוץ שִׁנָּיו אֲפִילּוּ מִשֶּׁלְּפָנָיו לֹא דְּעֵצִים לֹא נִתְּנוּ אֶלָּא לְהַסָּקָה וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁוֹ דַּחֲכָמִים סְבִירָא לְהוּ דְּלָא כְּהִלְכְתָא דִּפְלִיגִי בִּפְלֻוגְתָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וְרַבִּי יְהוּדָה לָכֵן נ"ל דְּטַעֲמָא דְּרַבָּנָן דִּלְכָךְ אָסוּר לַחְצֹוץ שִׁנָּיו גְּזֵירָה מִשּׁוּם שֶׁמָּא יִקְטֹום וְכֵן מַסִּיק נַמֵּי בַּגְּמָרָא:
Et les Sages disent : il ramasse parmi ce qui est devant lui et allume. Rachi a expliqué qu'ils divergent sur deux points : même pour allumer, précisément parmi ce qui est devant lui, et pour se curer les dents, même parmi ce qui est devant lui non, car le bois n'a été donné que pour être brûlé. Cette explication fait difficulté, car les Sages tiendraient contre la halakha, divergeant dans la divergence de Rabbi Chimon et de Rabbi Yehouda. Il me paraît donc que la raison des Sages est celle-ci : s'il est interdit de se curer les dents, c'est par décret, de peur qu'il ne taille l'éclat ; et la Guemara conclut ainsi elle aussi.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר נוֹטֵל אָדָם קֵיסָם מִשֶּׁלְּפָנָיו לַחְצֹוץ בּוֹ שִׁינָּיו. וּמְגַבֵּב מִן הֶחָצֵר וּמַדְלִיק שֶׁכָּל מַה שֶּׁבֶּחָצֵר מוּכָן. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים מְגַבֵּב מִשֶּׁלְּפָנָיו וּמַדְלִיק:
Michna. Rabbi Eliezer dit : un homme prend un éclat de bois parmi ce qui est devant lui pour se curer les dents, et il ramasse dans la cour et allume, car tout ce qui se trouve dans la cour est préparé. Et les Sages disent : il ramasse parmi ce qui est devant lui et allume.
💡 Explication

La michna oppose Rabbi Eliezer et les Sages sur deux points. Le premier : prendre un kessam, un éclat de bois, pour se curer les dents, donc pour un usage autre que le feu. Le second : ramasser les brindilles éparpillées dans la cour pour allumer.

Rabbi Eliezer permet les deux, en posant que tout ce qui se trouve dans la cour est mouhan, préparé. Les Sages n'autorisent que le ramassage de ce qui est déjà devant l'homme, et pour allumer seulement.

Rachi lit le désaccord comme une divergence sur le mouktse, ce qui gêne Tossefot : les Sages tiendraient alors contre la halakha. Tossefot proposent un autre motif, que la Guemara retiendra, le décret de peur que l'homme ne taille l'éclat pour l'ajuster à ses dents.

🖼️ Schéma
L'éclat de bois et le ramassage : deux points de divergence Se curer les dents Ramasser dans la cour Rabbi Eliezer tout ce qui est dans la cour est préparé Permis même pour un autre usage que le chauffage Permis la cour entière est mouhan Les Sages il ramasse parmi ce qui est devant lui et allume Interdit de peur qu'il ne taille l'éclat Interdit menus et pénibles à ramasser
Rabbi Eliezer et les Sages sur les deux points de la michna.
9
אֵין מוֹצִיאִין אֶת הָאוּר לֹא מִן הָעֵצִים, וְלֹא מִן הָאֲבָנִים, וְלֹא מִן הֶעָפָר וְלֹא מִן הָרְעָפִים, וְלֹא מִן הַמַּיִם. וְאֵין מְלַבְּנִין אֶת הָרְעָפִים לִצְלוֹת בָּהֶן.

On ne produit pas le feu, ni à partir du bois, ni à partir des pierres, ni à partir de la terre, ni à partir des tuiles, ni à partir de l'eau. Et l'on ne chauffe pas les tuiles à blanc pour y rôtir.

📜 Rachi (5)
וְאֵין מוֹצִיאִין אֶת הָאוֹר מִשּׁוּם דְּמוֹלִיד:
On ne produit pas le feu : parce qu'il fait naître.
מִן הַמַּיִם נוֹתְנִים מַיִם בִּכְלִי זְכוּכִית לְבָנָה וְנוֹתְנוֹ בַּחַמָּה כְּשֶׁהַשַּׁמָּשׁ חַם מְאֹד וְהַזְּכוּכִית מוֹצִיאָה שַׁלְהֶבֶת וּמְבִיאִין נְעֹורֶת וּמַגִּיעִים בִּזְכוּכִית וְהִיא בּוֹעֶרֶת כָּךְ שָׁמַעְתִּי בְּפִיּוּט יוֹצֵר שֶׁיָּסַד אֶחָד מִגְּאוֹנֵי לומברדיא"ה:
À partir de l'eau : on met de l'eau dans un ustensile de verre blanc et on le place au soleil lorsque le soleil est très chaud ; le verre produit une flamme, on apporte de l'étoupe qu'on approche du verre et elle brûle. Ainsi l'ai-je entendu dans un piyout yotser composé par l'un des Gueonim de Lombardie.
מִן הֶעָפָר קַרְקַע קָשֶׁה כְּשֶׁחוֹפְרִים אוֹתָהּ מוֹצִיאָה אוּר כְּעֵין גַּרְגִּישְׁתָּא שֶׁלָּנוּ מִמָּקוֹם מַחְפֹּורֶת שֶׁלָּהּ:
À partir de la terre : une terre dure qui, lorsqu'on la creuse, produit du feu, comme notre gargichta à l'endroit de sa carrière.
רְעָפִים טייבלו"ש:
Tuiles : tievlous en langue vernaculaire.
אֵין מְלַבְּנִין בֵּאוּר וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ טַעְמָא:
On ne chauffe pas à blanc : au feu ; la Guemara en explique la raison.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' אֵין מוֹצִיאִין אֶת הָאוּר לֹא מִן הָעֵצִים וְלֹא מִן הָאֲבָנִים וְלֹא מִן הֶעָפָר וְלֹא מִן הַמַּיִם. וְאֵין מְלַבְּנִין אֶת הָרְעָפִים לִצְלוֹת עֲלֵיהֶן. וְעוֹד אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר עוֹמֵד אָדָם עַל הַמֻּוקְצֶה עֶרֶב שַׁבָּת בַּשְּׁבִיעִית וְאוֹמֵר מִכָּאן אֲנִי אוֹכֵל לְמָחָר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים עַד שֶׁיִּרְשֹׁום וְיֹאמַר מִכָּאן עַד כָּאן:
Michna. On ne produit pas le feu, ni à partir du bois, ni à partir des pierres, ni à partir de la terre, ni à partir de l'eau. Et l'on ne chauffe pas les tuiles à blanc pour y rôtir. Rabbi Eliezer a encore dit : un homme se tient près du mouktse la veille de Chabbat, l'année de chemitta, et dit, de là je mangerai demain. Et les Sages disent : jusqu'à ce qu'il marque et dise, d'ici jusque-là.
💡 Explication

La michna énumère cinq manières de faire jaillir le feu : frotter deux bois, heurter deux pierres, creuser une terre dure, frapper des tuiles, concentrer le soleil dans un vase d'eau. Toutes sont interdites, alors même que la cuisson est permise le jour de fête.

Rachi donne le motif en un mot : molid, faire naître. Le jour de fête permet de transférer un feu existant, sans permettre d'en créer un qui n'existait pas la veille. Le même raisonnement fonde l'interdit de chauffer les tuiles à blanc, dont la Guemara donnera la raison.

Rachi rapporte aussi un témoignage rare : il a appris le procédé du vase d'eau exposé au soleil dans un piyout composé par un Gaon de Lombardie.

🖼️ Schéma
Cinq manières de faire naître le feu, toutes interdites Le bois frotter deux morceaux Les pierres les frapper l'une contre l'autre La terre terre dure qui jette du feu quand on creuse Les tuiles les heurter l'une contre l'autre L'eau dans un verre exposé au soleil Rachi : le motif commun est molid, faire naître une chose qui n'existait pas. Et l'on ne chauffe pas les tuiles à blanc pour y rôtir ; la Guemara en donnera la raison.
Les cinq procédés interdits pour produire le feu le jour de fête.
10
גְּמָ׳ אָמַר רַב יְהוּדָה:

GUEMARA. Rav Yehouda a dit :

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).