Beitzah 35b — Fin de HaMevi : ce qui fixe pour la dîme. Début de Machilin : faire descendre les fruits devant la pluie

Beitzah 35b

Sougya : L'amud s'ouvre sur la fin de la sougya de la dîme. Rabbi Yo'hanan avait énuméré ce qui rend un produit passible de la dîme et avait posé que la cour, la terouma et l'achat ne fixent que pour un produit dont le travail est achevé ; la Guemara montre, un à un, quel avis chaque membre de la liste vient écarter : Rabbi Yaakov pour la cour, Rabbi Eliezer pour la terouma, le premier tana de celui qui échange des fruits pour l'achat.

En chemin, la beraita des figues achetées à un am haarets livre trois enseignements, dont celui que la plupart des amei haarets prélèvent la dîme. Le chapitre HaMevi se clôt.

S'ouvre alors le chapitre Machilin : on fait descendre par l'ouverture du toit les fruits mis à sécher, un jour de fête, quand la pluie approche ; on couvre les fruits et les jarres contre la fuite et on place un récipient sous la fuite. La Guemara discute d'abord le mot lui-même, dont cinq lectures sont recevables parce que toutes disent la chute, puis demande jusqu'à quelle quantité cette peine est permise.

Rabbi Yo'hanan : ces trois choses ne fixent que pour un travail achevé kevia lemaasser : le point où manger de façon occasionnelle devient interdit sans prélever Ce qui pourrait fixer Ce que dit Rabbi Yo'hanan L'avis que l'on écarte La cour hatser les figues portées dans la cour pour y sécher Elle ne fixe pas tant que le travail n'est pas achevé Rabbi Yaakov qui rend passible ; la halakha suit Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, qui exempte La terouma prélevée avant l'achèvement du travail Elle ne fixe pas : on mange encore de façon occasionnelle Rabbi Eliezer qui interdit d'en manger de façon occasionnelle L'achat mekah les figues achetées à un am haarets Il ne fixe pas là où l'on presse encore les figues en galettes Le premier tana de celui qui échange des fruits, qui rend passible même pour sécher Rachi : chaque membre de la liste était nécessaire, car chacun tranche contre un avis connu.
La liste de Rabbi Yohanan : chaque membre écarte un avis précis.
La scène de la michna : la pluie approche, le toit est couvert de fruits Blé et orge étalés sur le toit pour sécher arouba les fruits tombent au sol jarres de vin et d'huile, couvertes récipient sous la fuite delef Jour de fête on fait descendre les fruits par l'arouba, à cause de la perte Chabbat on ne les fait pas descendre Permis aussi couvrir les fruits et les jarres, et placer un récipient sous la fuite Rachi : seulement par l'arouba, qui va du haut vers le bas ; par une fenêtre du mur il faudrait soulever les fruits, et l'on ne se donne pas cette peine.
La scène de la michna de Machilin : le toit, l'arouba, la fuite, les jarres.
Un mot de la michna, cinq lectures recevables machilin : faire tomber, faire descendre Rav Yehouda et Rav Natan divergent sur la leçon machilin Mar Zoutra Ki yichal zeitekha : car ton olivier laissera tomber ses fruits (Devarim 28,40). Rachi : l'arbre fait tomber ses olives avant qu'elles ne mûrissent. mach'hilin Mar Zoutra Le chahoul et le kassoul, défauts de la bête : chahoul, dont la cuisse s'est déboîtée ; kassoul, dont une cuisse est plus haute que l'autre. machirin Rav Nahman bar Yitshak Le nazir ne se lave pas la tête avec de la glaise, parce qu'elle fait tomber le cheveu, et il lui est interdit d'ôter les cheveux de sa tête. mach'hirin Rav Nahman bar Yitshak Le chahor et la paire de ciseaux : le chahor est ainsi nommé parce qu'il fait tomber le poil. manchirin Rav Nahman bar Yitshak Celui dont les vêtements sont tombés dans l'eau ; et le leket, ce qui tombe au moment de la moisson. Rachi : aucun ne se trompe, car toutes ces racines disent l'abaissement et la chute.
Les cinq leçons du mot machilin et leur appui, toutes dans le sens de la chute.
1
חָצֵר — לְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי יַעֲקֹב. דִּתְנַן: הַמַּעֲבִיר תְּאֵנִים בַּחֲצֵרוֹ לְקַצּוֹת — בָּנָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ אוֹכְלִין מֵהֶן עֲרַאי, וּפְטוּרִים מִן הַמַּעֲשֵׂר. וְתָנֵי עֲלָהּ: רַבִּי יַעֲקֹב מְחַיֵּיב, וְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה פּוֹטֵר.

La cour : pour écarter l'avis de Rabbi Yaakov. Car nous avons appris : celui qui transporte des figues dans sa cour pour les faire sécher, ses fils et les gens de sa maison en mangent de façon occasionnelle et sont exempts de la dîme.

Et l'on enseigne à ce sujet : Rabbi Yaakov rend passible, et Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda exempte.

📜 Rachi (1)
חָצֵר אִצְטְרִיךְ לְאַשְׁמוֹעִינַן לְאַפּוֹקֵי מֵהַאי תַּנָּא דְּקָתָנֵי ר' יַעֲקֹב מְחַיֵּיב דְּלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ אֶלָּא כְּרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה דְּפוֹטֵר:
La cour : il était nécessaire de l'enseigner, pour écarter ce tana qui enseigne que Rabbi Yaakov rend passible, car la halakha ne suit pas son avis mais celui de Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, qui exempte.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan avait énuméré plus haut ce qui rend un produit fixe pour la dîme, c'est-à-dire ce qui fait qu'on ne peut plus en manger de façon occasionnelle sans prélever. La Guemara passe maintenant en revue sa liste et demande, pour chaque membre, quel avis il vient écarter.

La cour fixe, mais seulement pour un produit dont le travail est achevé. Des figues qu'on transporte dans la cour pour en faire des ketsiot, figues sèches, ne sont pas achevées : la maisonnée en mange encore librement. Rabbi Yaakov rendait passible ; en posant sa règle, Rabbi Yo'hanan tranche contre lui.

2
תְּרוּמָה — לְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר. דִּתְנַן: פֵּירוֹת שֶׁתְּרָמָן עַד שֶׁלֹּא נִגְמְרָה מְלַאכְתָּן, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹסֵר לֶאֱכֹול מֵהֶן עֲרַאי, וַחֲכָמִים מַתִּירִין.

La terouma : pour écarter l'avis de Rabbi Eliezer. Car nous avons appris : des fruits dont on a prélevé la terouma avant que leur travail ne soit achevé, Rabbi Eliezer interdit d'en manger de façon occasionnelle, et les Sages le permettent.

💡 Explication

Même structure pour la terouma. Le prélèvement de la terouma donne d'ordinaire au tas son statut définitif et le fixe pour la dîme. Mais si on l'a prélevé trop tôt, avant l'achèvement du travail, la fixation n'opère pas : les Sages permettent encore de manger de façon occasionnelle, et Rabbi Yo'hanan suit leur avis contre Rabbi Eliezer.

3
מִקָּח — (כְּדִתְנַן) הַלּוֹקֵחַ תְּאֵנִים מֵעַם הָאָרֶץ, בִּמְקוֹם שֶׁרֹוב בְּנֵי אָדָם דּוֹרְסִין, אוֹכֵל מֵהֶן עֲרַאי, וּמְעַשְּׂרָן דְּמַאי.

L'achat : comme nous avons appris, celui qui achète des figues à un am haarets, dans un lieu où la plupart des gens les pressent, en mange de façon occasionnelle, et il les dîme comme demai.

📜 Rachi (4)
ה"ג מִקָּח כְּדִתְנַן הַלּוֹקֵחַ תְּאֵנִים כו' אִצְטְרִיךְ לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּהִלְכְתָא כִּי הַךְ וְלָא כְּאִידָךְ מַתְנֵי' דִּפְלִיגִי עָלֶיהָ לְקַמֵּיהּ:
Telle est la version : l'achat, comme nous avons appris, celui qui achète des figues, etc. : il était nécessaire de l'enseigner pour dire que la halakha suit cette michna, et non l'autre michna qui la contredit, citée plus loin.
הַלּוֹקֵחַ תְּאֵנִים מֵעַם הָאָרֶץ בִּמְקוֹם שֶׁרֹוב בְּנֵי אָדָם דּוֹרְסִין שֶׁרֹוב בְּנֵי הַמָּקוֹם עוֹשִׂין תְּאֵנֵיהֶם קְצִיעוֹת וְדוֹרְסִים אוֹתָם בְּעִגּוּלִים הָווּ לְהוּ סְתָם תְּאֵנִים דָּבָר שֶׁלֹּא נִגְמְרָה מְלַאכְתּוֹ:
Celui qui achète des figues à un am haarets, dans un lieu où la plupart des gens les pressent : car la plupart des habitants de ce lieu font de leurs figues des ketsiot et les pressent en galettes rondes ; les figues ordinaires y sont donc un produit dont le travail n'est pas achevé.
אוֹכֵל מֵהֶן עֲרַאי דְּאֵין מִקָּח קוֹבֵעַ בְּדָבָר שֶׁלֹּא נִגְמְרָה מְלַאכְתּוֹ וְכֻולְּהוּ כְּשֶׁלֹּא רָאוּ פְּנֵי הַבַּיִת קָא מְיֹירוֹ:
Il en mange de façon occasionnelle : car l'achat ne fixe pas pour un produit dont le travail n'est pas achevé. Et tous ces cas parlent de fruits qui n'ont pas vu la face de la maison.
וּמְעַשְּׂרָן דְּמַאי כְּשֶׁבָּא לְעַשְּׂרָן מְעַשְּׂרָן דְּמַאי כְּדִין כָּל הַלּוֹקְחִים מֵעַם הָאָרֶץ שֶׁאֵין צָרִיךְ לְהַפְרִישׁ תְּרוּמָה דְּלָא חֲשִׁידִי עֲלָהּ וְלָא אָמְרִינַן הָנֵי וַדַּאי לָא מְעַשְּׂרִי דְּקֹודֶם גְּמַר מְלָאכָה לָא עַשְּׂרִינְהוּ עַם הָאָרֶץ דְּקָסָבַר הַאי תַּנָּא יֵשׁ שֶׁמְּעַשְּׂרִין קֹודֶם גְּמַר מְלָאכָה וּמִדָּה הַנּוֹהֶגֶת הִיא וְתָלֵינַן בֵּיהּ לְקֻולָּא:
Et il les dîme comme demai : lorsqu'il vient à les dîmer, il les dîme comme demai, selon la règle de tous ceux qui achètent à un am haarets, qui n'ont pas besoin de prélever la terouma, car on ne les soupçonne pas sur ce point. Et nous ne disons pas que ces figues-ci n'ont sûrement pas été dîmées, au motif qu'avant l'achèvement du travail l'am haarets ne les a pas dîmées ; car ce tana tient qu'il y en a qui prélèvent la dîme avant l'achèvement du travail, que c'est une pratique courante, et l'on s'appuie là-dessus pour alléger.
💡 Explication

Troisième membre de la liste : l'achat, mekah. Acheter fixe d'ordinaire, mais là encore seulement pour un produit achevé. Dans un lieu où l'usage est de presser les figues en galettes, des figues simplement cueillies ne sont pas achevées, et l'acheteur peut encore en manger de façon occasionnelle.

Le demai est le produit acquis d'un am haarets, dont on ignore si la dîme en a été prélevée. On ne prelève pas la terouma sur le demai, car les amei haarets ne sont pas soupçonnés sur elle ; on prelève les autres dîmes par précaution. Rachi souligne le point délicat : la beraita aurait pu dire que ces figues sont certainement non dîmées, puisque leur travail n'était pas achevé quand l'am haarets les tenait. Elle ne le dit pas, car certains prélèvent tôt.

4
שְׁמַע מִינָּה תְּלָת. שְׁמַע מִינָּה: מִקָּח אֵינָהּ קוֹבַעַת אֶלָּא בְּדָבָר שֶׁנִּגְמְרָה מְלַאכְתּוֹ, וּשְׁמַע מִינָּהּ: רֹוב עַמֵּי הָאָרֶץ מְעַשְּׂרִין הֵן, וּשְׁמַע מִינָּהּ: מְעַשְּׂרִין דְּמַאי מֵעַמֵּי הָאָרֶץ אֲפִילּוּ בְּדָבָר שֶׁלֹּא נִגְמְרָה מְלַאכְתּוֹ.

Apprends-en trois choses. Apprends-en que l'achat ne fixe que pour un produit dont le travail est achevé.

Et apprends-en que la plupart des amei haarets prélèvent la dîme. Et apprends-en que l'on dîme comme demai ce que l'on achète aux amei haarets, même pour un produit dont le travail n'est pas achevé.

📜 Rachi (1)
רֹוב עַמֵּי הָאָרֶץ מְעַשְּׂרִין הֵן מִדְּאָזְלִינַן לְקֻולָּא דְּקָאָמַר מְעַשְּׂרָן דְּמַאי וְחוּמְרָא בְּעָלְמָא הִיא דְּאַחְמוּר לְאַפְרוֹשֵׁי מִסְּפֵיקָא שְׁאָר מַעַשְׂרוֹת שֶׁנֶּחְשְׁדוּ עֲלֵיהֶן:
La plupart des amei haarets prélèvent la dîme : puisque nous allons vers l'allégement, en disant qu'il les dîme comme demai ; et ce n'est là qu'une stringence que l'on a imposée, de prélever par doute les autres dîmes, sur lesquelles ils ont été soupçonnés.
💡 Explication

La Guemara s'arrête sur la beraita et en tire trois enseignements. Le premier sert la thèse de Rabbi Yo'hanan sur l'achat. Le deuxième est une évaluation statistique de la population : si l'on se contente du régime allégé du demai, c'est que la majorité des amei haarets prélèvent bien la dîme, et que l'exigence n'est qu'une précaution.

Le troisième porte sur le cas précis de notre beraita : même un produit dont le travail n'est pas achevé, acheté à un am haarets, relève du régime du demai le moment venu.

🖼️ Schéma
Trois enseignements tirés d'une seule beraita Celui qui achète des figues à un am haarets, là où la plupart des gens les pressent en galettes, en mange de façon occasionnelle, et il les dîme comme demai. Un L'achat ne fixe que pour un produit dont le travail est achevé. Deux La plupart des amei haarets prélèvent la dîme : d'où le demai, qui est un allégement. Trois On prelève le demai sur ce qu'on achète, même pour un travail non achevé. Rachi : on s'appuie sur l'usage de ceux qui prélèvent avant l'achèvement du travail, et l'on allège.
Les trois choses que la Guemara tire de la beraita des figues achetées.
5
וּלְאַפּוֹקֵי מֵהָא דִּתְנַן: הַמַּחֲלִיף פֵּירוֹת עִם חֲבֵירוֹ, זֶה לֶאֱכֹול וְזֶה לֶאֱכֹול, זֶה לְקַצּוֹת וְזֶה לְקַצּוֹת, זֶה לֶאֱכֹול וְזֶה לְקַצּוֹת — חַייָּב. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֶאֱכֹול — חַייָּב, לְקַצּוֹת — פָּטוּר.

Et pour écarter ce que nous avons appris : celui qui échange des fruits avec son compagnon, celui-ci pour manger et celui-là pour manger, celui-ci pour sécher et celui-là pour sécher, celui-ci pour manger et celui-là pour sécher, il est passible. Rabbi Yehouda dit : pour manger, il est passible ; pour sécher, il est exempt.

📜 Rachi (5)
וּלְאַפּוֹקֵי מֵהָא דִּתְנַן אַדְּרַבִּי יוֹחָנָן קָאֵי רַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר לְעֵיל מִקָּח אֵינוֹ קוֹבֵעַ בְּדָבָר שֶׁלֹּא נִגְמַר מְלַאכְתּוֹ אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּהִלְכְתָא כִּי הָא דְּאָמְרִי' לְעֵיל וּלְאַפּוֹקֵי מֵהַךְ:
Et pour écarter ce que nous avons appris : cela porte sur Rabbi Yo'hanan. Rabbi Yo'hanan, qui a dit plus haut que l'achat ne fixe pas pour un produit dont le travail n'est pas achevé, est venu enseigner que la halakha suit ce que nous avons rapporté plus haut, et pour écarter cette michna-ci.
הַמַּחְלִיף הַייְנוּ מִקָּח:
Celui qui échange : c'est un achat.
לְקַצּוֹת דְּהַייְנוּ לֹא נִגְמַר:
Pour sécher : c'est-à-dire que le travail n'est pas achevé.
חַיָּיב דְּמִקַּח קֶבַע אֲפִילּוּ בְּשֶׁלֹּא נִגְמַר:
Il est passible : car l'achat fixe même pour un produit dont le travail n'est pas achevé.
לֶאֱכֹול חַיָּיב זֶה שֶׁדַּעְתּוֹ לֶאֱכֹול חַייָּב דִּלְדִידֵיהּ גְּמַר מְלָאכָה הוּא:
Pour manger, il est passible : celui dont l'intention est de manger est passible, car pour lui le travail est achevé.
💡 Explication

L'échange de fruits vaut achat. Le premier tana de cette michna tient que l'échange fixe dans tous les cas, même lorsque les deux parties prennent les fruits pour les faire sécher, donc avant l'achèvement du travail. Rabbi Yo'hanan tranche contre lui.

Rabbi Yehouda introduit une nuance qui éclaire toute la sougya : l'achèvement du travail se mesure à l'intention de celui qui reçoit. Pour qui prend les fruits afin de les manger, ils sont achevés dès maintenant ; pour qui les prend afin de les sécher, il reste un travail à faire.

6
הַדְרָן עֲלָךְ הַמֵּבִיא

Nous revenons vers toi, chapitre HaMevi.

7
מַשִּׁילִין פֵּירוֹת דֶּרֶךְ אֲרֻובָּה בְּיוֹם טוֹב, אֲבָל לֹא בְּשַׁבָּת. וּמְכַסִּים פֵּירוֹת בְּכֵלִים מִפְּנֵי הַדֶּלֶף, וְכֵן כַּדֵּי יַיִן וְכַדֵּי שֶׁמֶן. וְנוֹתְנִין כְּלִי תַּחַת הַדֶּלֶף בְּשַׁבָּת.

Michna. On fait descendre des fruits par l'ouverture du toit un jour de fête, mais pas le chabbat.

Et l'on couvre les fruits avec des récipients à cause de la fuite d'eau, et de même les jarres de vin et les jarres d'huile. Et l'on place un récipient sous la fuite le chabbat.

📜 Rachi (5)
מַתְנִי' מַשִּׁילִין פֵּירוֹת דֶּרֶךְ אֲרֻובָּה מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ חִטִּין וּשְׂעוֹרִין שֶׁטּוֹחִין עַל גַּגּוֹ לְהִתְיַבֵּשׁ וְרָאָה גְּשָׁמִים מְמַשְׁמְשִׁין וּבָאִין הִתִּירוּ לוֹ לִטְרֹוחַ וּלְהַשְׁלִיךְ דֶּרֶךְ אֲרֻובָּה שֶׁבַּגַּג וְהֵן נוֹפְלִין לָאָרֶץ דְּלֵיכָּא טִרְחָא יַתִּירָא וְדַוְקָא אֲרֻובָּה דְּכָל אֲרֻובָּה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה הִיא בְּתִקְרַת הַגַּג אֲבָל חַלּוֹן כְּגוֹן גַּג שֶׁמֻּוקָּף מְחִיצָּה וְחַלּוֹן בַּכֹּותֶל וְצָרִיךְ לְהַגְבִּיהוֹ עַד הַחַלּוֹן וּלְהַשְׁלִיכוֹ לָא טָרְחִינַן כְּדִלְקַמָּן:
Michna. On fait descendre des fruits par l'ouverture du toit : celui qui a du blé ou de l'orge étalés sur son toit pour sécher, et qui voit la pluie approcher, on lui a permis de se donner de la peine et de les jeter par l'arouba pratiquée dans le toit, et ils tombent à terre, car il n'y a pas là de peine excessive. Et il s'agit précisément d'une arouba, car toute arouba va du haut vers le bas, dans la charpente du toit. Mais une fenêtre, par exemple un toit entouré d'une cloison avec une fenêtre dans le mur, où il faudrait soulever les fruits jusqu'à la fenêtre et les jeter, nous ne nous donnons pas cette peine, comme il est dit plus loin.
וּמְכַסִּין אֶת הַפֵּירוֹת וְלָא אָמְרִינַן טֹורַח שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ יוֹם טוֹב הוּא דְּשָׁרוּ לֵיהּ רַבָּנַן מִשּׁוּם הֶפְסֵד מָמוֹן:
Et l'on couvre les fruits : et nous ne disons pas que c'est une peine inutile au regard du jour de fête ; les Sages la lui ont permise en raison de la perte d'argent.
דֶּלֶף גְּשָׁמִים הַנּוֹטְפִים מִן הַגַּג:
Delef : les eaux de pluie qui dégouttent du toit.
וְכֵן כַּדֵּי יַיִן נָמֵי מַכְּסִינַן מִפְּנֵי הַדֶּלֶף:
Et de même les jarres de vin : on les couvre elles aussi à cause de la fuite.
תַּחַת הַדֶּלֶף לְקַבְּלוֹ בְּתוֹכוֹ מִפְּנֵי טִנּוּף הַבַּיִת:
Sous la fuite : pour la recueillir dedans, à cause de la salissure de la maison.
💡 Explication

Le chapitre s'ouvre sur un conflit entre deux valeurs : la peine que l'on s'impose un jour de fête, et la perte d'argent, hefsed mamon. Les Sages permettent un effort modeste pour sauver une récolte que la pluie va gâter, à condition que cet effort reste mesuré.

Rachi lit la michna à la lettre : arouba désigne l'ouverture percée dans le plafond, donc un mouvement de haut en bas, où les fruits tombent d'eux-mêmes. Passer par une fenêtre latérale exigerait de les soulever, et cette peine-là n'est pas permise.

Les trois clauses ne se situent pas au même niveau. Faire descendre les fruits demande un vrai travail et reste réservé au jour de fête. Couvrir les fruits et placer un récipient sous la fuite ne coûtent presque rien ; le Roch, au nom du Ri, tient que le mot chabbat de la fin porte sur ces deux clauses.

🖼️ Schéma
Les trois clauses de la michna, et sur quoi porte le mot chabbat Clause A Faire descendre les fruits par l'arouba. jour de fête oui, chabbat non Clause B Couvrir les fruits, et les jarres de vin et d'huile, à cause de la fuite. Clause C Placer un récipient sous la fuite. le chabbat Lecture de Rachi La clause B parle du jour de fête ; le mot chabbat de la fin ne porte que sur la clause C. Lecture du Ri, retenue par le Roch Le mot chabbat de la fin porte sur B et sur C : le début a dit jour de fête mais pas chabbat, et la fin dit chabbat. La nafka mina Peut-on couvrir les fruits et les jarres le chabbat lui-même, ou seulement le jour de fête ? Selon le Roch, la clause B vaut aussi pour le chabbat, car il n'y a là aucune peine excessive.
Les trois clauses de la michna et la divergence sur la portée du mot chabbat.
8
גְּמ׳ אִתְּמַר: רַב יְהוּדָה וְרַב נָתָן, חַד תָּנֵי ״מַשִּׁילִין״, וְחַד תָּנֵי ״מִשְּׁחִילִין״.

Guemara. Il a été dit : Rav Yehouda et Rav Natan, l'un enseigne machilin et l'autre enseigne mach'hilin.

💡 Explication

La Guemara s'arrête sur le premier mot de la michna. La question est de guirsa, de leçon du texte : deux maîtres transmettent deux formes du même verbe. Le sens visé est le même, faire descendre ou faire tomber ; la discussion porte sur la racine employée et sur l'appui que chacune trouve ailleurs dans les sources.

9
אָמַר מַר זוּטְרָא: מַאן דְּתָנֵי ״מַשִּׁילִין״ לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ, וּמַאן דְּתָנֵי ״מִשְּׁחִילִין״ לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ. מַאן דְּתָנֵי ״מַשִּׁילִין״ לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ, דִּכְתִיב: ״כִּי יִשַּׁל זֵיתְךָ״. וּמַאן דְּתָנֵי ״מִשְּׁחִילִין״ לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ, דִּתְנַן: הַשָּׁחוּל וְהַכָּסוּל. שֶׁחוֹל — שֶׁנִּשְׁמְטָה יְרֵכוֹ, כְּסוֹל — שֶׁאֶחָד מִיַּרְכוֹתָיו גְּבוֹהָה מֵחֲבֶרְתָּהּ.

Mar Zoutra a dit : celui qui enseigne machilin ne se trompe pas, et celui qui enseigne mach'hilin ne se trompe pas. Celui qui enseigne machilin ne se trompe pas, car il est écrit : car ton olivier laissera tomber ses fruits.

Et celui qui enseigne mach'hilin ne se trompe pas, car nous avons appris : le chahoul et le kassoul. Chahoul, celui dont la cuisse s'est déboîtée ; kassoul, celui dont l'une des cuisses est plus haute que l'autre.

📜 Rachi (5)
גְּמ' לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ דְּכוּלְּהוּ לְשׁוֹן הַשְׁפָּלָה נִינְהוּ:
Guemara. Ne se trompe pas : car tous ces mots expriment l'abaissement.
כִּי יִשַּׁל זֵיתְךָ אִילַן זַיִת יַפִּיל אֶת פֵּירוֹתָיו וְלֹא יַגִּיעוּ לַבִּשּׁוּל:
Car ton olivier laissera tomber : l'olivier fera tomber ses fruits et ils n'arriveront pas à maturité.
הַכָּסוּל וְהַשָּׁחוּל מוּמִין בִּבְכוֹר מִשּׁוּם שָׂרוּעַ שֶׁאֶחָד מֵאֵבָרָיו גָּדוֹל מֵחֲבֵירוֹ:
Le kassoul et le chahoul : ce sont des défauts dans un premier-né, au titre du sarou'a, lorsque l'un de ses membres est plus grand que l'autre.
שֶׁנִּשְׁמְטָה יְרֵכוֹ אַלְמָא לְשׁוֹן הַשְׁפָּלָה הוּא:
Dont la cuisse s'est déboîtée : on voit donc que c'est un terme d'abaissement.
שֶׁאֶחָד מִיַּרְכוֹתָיו גְּבוֹהָה מְקוֹם חֲבוּרָה בַּכְּסָלִים וְהוּא בּוּקָא דְאַטְמָא גָּבוֹהַּ לְמַעְלָה מִן הַכְּסָלִים וְקָרוֹב לְגַג הָאַלְיָה יוֹתֵר מֵחֲבֵירוֹ:
Dont l'une des cuisses est plus haute : l'endroit de la jointure dans les flancs, c'est-à-dire la tête du fémur, le bouka deatma, se trouve plus haut que les flancs et plus proche du haut de la queue grasse que l'autre.
💡 Explication

Mar Zoutra valide les deux leçons par la même méthode : trouver ailleurs un emploi de la racine qui dise la chute. Le verset de Devarim 28,40 donne yichal pour l'olive qui tombe avant maturité ; la michna des défauts du premier-né donne chahoul pour la cuisse déboîtée, donc descendue de sa place.

Rachi précise la réalité anatomique du kassoul : le bouka deatma, la tête du fémur logée dans la hanche, se tient plus haut d'un côté que de l'autre. Ces défauts relèvent de la catégorie du sarou'a, le membre disproportionné, qui invalide l'animal pour l'offrande.

10
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מַאן דְּתָנֵי ״מַשִּׁירִין״ לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ, וּמַאן דְּתָנֵי ״מַשְׁחִירִין״ לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ, וּמַאן דְּתָנֵי ״מִנְּשִׁירִין״ לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ.

Rav Nahman bar Yitshak a dit : celui qui enseigne machirin ne se trompe pas, celui qui enseigne mach'hirin ne se trompe pas, et celui qui enseigne manchirin ne se trompe pas.

11
מַאן דְּתָנֵי ״מַשִּׁירִין״ לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ, דִּתְנַן, רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: נָזִיר לֹא יָחֹוף רֹאשׁוֹ בַּאֲדָמָה, מִפְּנֵי שֶׁמַּשִּׁיר אֶת הַשֵּׂעָר. וּמַאן דְּתָנֵי ״מַשְׁחִירִין״ לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ, דִּתְנַן: הַשְּׁחוֹר וְהַזּוּג שֶׁל סַפָּרִים, אַף עַל פִּי שֶׁנֶּחְלְקוּ — טְמֵאִין.

Celui qui enseigne machirin ne se trompe pas, car nous avons appris : Rabbi Yichmael dit, un nazir ne se lavera pas la tête avec de la terre glaise, parce qu'elle fait tomber le cheveu. Et celui qui enseigne mach'hirin ne se trompe pas, car nous avons appris : le chahor et la paire de ciseaux des barbiers, même s'ils ont été séparés, sont susceptibles d'impureté.

📜 Rachi (5)
אֲדָמָה גלייש"א:
Terre glaise : glaisa, en langue vulgaire.
מַאן דְּתָנֵי כְּלוֹמַר אִי הֲוָה תַּנָּא דְּתָנֵי הָכִי לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ:
Celui qui enseigne : c'est-à-dire que s'il se trouvait un tana enseignant ainsi, il ne se tromperait pas.
הַשָּׁחוֹר תַּעַר עַל שֵׁם שֶׁמַּשְׁחִיר אֶת הַשֵּׂעָר אַלְמָא לְשׁוֹן הַשְׁפָּלָה הוּא:
Le chahor : un rasoir, ainsi nommé parce qu'il fait tomber le poil ; on voit donc que c'est un terme d'abaissement.
וְהַזּוּג שֶׁל מִסְפָּרַיִם יֵשׁ לָהֶן שְׁנֵי סַכִּינִין לְהָכִי מִקְּרוּ זוּג וְיֵשׁ לָהֶן חֻלְיוֹת וּפוֹרְקִין אוֹתָן זֶה מִזֶּה:
Et la paire de ciseaux : ils ont deux lames, c'est pourquoi on les appelle zoug, une paire ; et ils ont des jointures, et on les démonte l'un de l'autre.
אע"פ שֶׁנֶּחְלְקוּ מְקַבְּלִין טֻומְאָה שֶׁרְאוּיָן לִמְלָאכָה כָּל אֶחָד לְעַצְמוֹ:
Même s'ils ont été séparés : ils reçoivent l'impureté, car chacun reste apte à un travail par lui-même.
🗂️ Tossefot (1)
הַשָּׁחוֹר וְהַזּוּג שֶׁל מִסְפָּרַיִם. פ"ה שָׁחוֹר תַּעַר שֶׁאֵין בֵּית יָד שֶׁלּוֹ מְחֻובָּר וּפוֹרְקִין אוֹתוֹ לִפְעָמִים וְאַף עַל פִּי שֶׁנֶּחְלְקוּ מְקַבְּלִין טֻומְאָה שֶׁרְאוּיָן לִמְלַאכְתָּן כָּל אֶחָד לְעַצְמוֹ וְקָשֶׁה דְּבֵית יָד לְמַאי חֲזִי לְעַצְמוֹ וְנִרְאֶה דְּשָׁחוֹר נָמֵי הָוֵי מִסְפָּרַיִם אֶלָּא שֶׁהֵן קְטַנִּים וְזוּג שֶׁל מִסְפָּרַיִם הוּא גָּדוֹל מִן הַשָּׁחוֹר וּשְׁנֵי סַכִּינִים לָזֶה וְלָזֶה וְהַקְּטַנִּים נִקְרָאִים שָׁחוֹר עַל שֵׁם שֶׁמַּשְׁחִירִין אֶת הַשֵּׂעָר אַלְמָא לְשׁוֹן הַשְׁפָּלָה הוּא:
Le chahor et la paire de ciseaux. Rachi a expliqué que le chahor est un rasoir dont le manche n'est pas fixé et que l'on démonte parfois, et que même séparés ils reçoivent l'impureté, car chacun reste apte à son travail par lui-même. Cela fait difficulté : à quoi un manche seul serait-il apte ? Il paraît donc que le chahor est lui aussi une paire de ciseaux, mais de petite taille, et que le zoug de ciseaux est plus grand que le chahor, chacun des deux ayant ses deux lames. Les petits sont appelés chahor parce qu'ils font tomber le poil ; on voit donc que c'est un terme d'abaissement.
💡 Explication

Deux nouveaux appuis. Le nazir, qui a interdiction d'ôter les cheveux de sa tête, ne peut pas se laver à la glaise, parce qu'elle fait tomber le cheveu : la racine dit bien la chute. Rachi traduit le mot par un laaz, un mot de langue vulgaire, glaisa.

Le second appui vient d'une michna sur l'impureté des ustensiles. Un objet démonté ne reçoit l'impureté que si chacune de ses parties reste un ustensile. Tossefot objecte à Rachi que le manche d'un rasoir, seul, ne sert à rien, et propose de lire chahor comme une petite paire de ciseaux, dont chaque moitié garde un usage.

🖼️ Schéma
Qu'est-ce que le chahor ? Rachi et Tossefot Rachi Le chahor est un rasoir, dont le manche n'est pas fixé et se démonte parfois. Le zoug est la paire de ciseaux, à deux lames, qui se séparent l'une de l'autre. Même séparés, ils reçoivent l'impureté, car chacun sert encore à un travail. Difficulté de Tossefot : à quoi sert un manche seul ? Tossefot Le chahor est lui aussi une paire de ciseaux, mais de petite taille. Le zoug est la grande paire ; chacun des deux a ses deux lames. Ainsi les deux moitiés restent aptes au travail, et la difficulté tombe. Les petits sont appelés chahor parce qu'ils font tomber le poil. Dans les deux lectures, le mot dit la chute du poil : la racine sert donc à l'abaissement.
Rachi et Tossefot sur l'objet appelé chahor et sur l'impureté de ses moitiés.
12
וּמַאן דְּתָנֵי ״מִנְּשִׁירִין״ לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ, דִּתְנַן: מִי שֶׁנָּשְׁרוּ כֵּלָיו בַּמַּיִם — מְהַלֵּךְ בָּהֶם וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ. אִי נָמֵי מֵהָא דִּתְנַן: אֵיזֶהוּ לֶקֶט — הַנּוֹשֵׁר בִּשְׁעַת קְצִירָה.

Et celui qui enseigne manchirin ne se trompe pas, car nous avons appris : celui dont les vêtements sont tombés dans l'eau marche avec eux et ne s'en inquiète pas. Ou encore, de ce que nous avons appris : qu'est-ce que le leket ?

Ce qui tombe au moment de la moisson.

📜 Rachi (2)
שֶׁנָּשְׁרוּ נָפְלוּ בַּמַּיִם:
Sont tombés : ils sont tombés dans l'eau.
מְהַלֵּךְ בָּהֶן וְהֵן מִתְנַגְּבִין וְהוֹלְכִין וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ שֶׁיַּחְשְׁדוּהוּ שֶׁכִּבְּסָן:
Marche avec eux : et ils sèchent peu à peu, et il ne craint pas qu'on le soupçonne de les avoir lavés.
🗂️ Tossefot (1)
מִי שֶׁנָּשְׁרוּ כֵּלָיו בַּדֶּרֶךְ. כָּאן מַשְׁמַע שֶׁהוּא לְשׁוֹן נְשִׁירָה מִלְּשׁוֹן פֵּירוֹת הַנּוֹשְׁרִין וְלֹא כְּמוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ רַשִׁ"י בְּפֶרֶק חָבִית (שַׁבָּת דַּף קמו: וְשָׁם) לְשׁוֹן שְׁרִייָּה וּמִיהוּ לְכָךְ קָאָמַר הָכָא [א"נ] כְּהָא דִּתְנַן אֵיזֶהוּ לֶקֶט זֶה הַנּוֹשֵׁר בִּשְׁעַת קְצִירָה דְּהַאי אִיכָּא לְדַחוּיֵי וּלְפָרוֹשֵׁי לְשׁוֹן שְׁרִיָּיה כִּדְפֵירֵשׁ הַקּוּנְטְרֵס:
Celui dont les vêtements sont tombés en chemin. Ici il ressort que le mot est un terme de chute, comme les fruits qui tombent, et non comme Rachi l'a expliqué dans le chapitre Hehavit, dans Chabbat 146b, où il en fait un terme de trempage. C'est d'ailleurs pour cela que la Guemara ajoute ici, ou encore, la michna qui enseigne : qu'est-ce que le leket ? Ce qui tombe au moment de la moisson. Car le premier appui peut être repoussé et expliqué comme un terme de trempage, ainsi que l'a expliqué le Kountres.
💡 Explication

Le premier appui est tiré d'une michna de Chabbat : celui dont les vêtements ont pris l'eau peut continuer à marcher avec eux, sans craindre le mareit ayin, le soupçon de les avoir lavés le chabbat.

Tossefot relève que Rachi, dans Chabbat, lit ce mot comme un terme de trempage et non de chute. Si cette lecture est juste, l'appui ne vaut rien pour notre question ; c'est pourquoi la Guemara ajoute une seconde preuve, celle du leket, les épis qui tombent à la moisson et reviennent aux pauvres. Là, le sens de chute est incontestable.

13
תְּנַן: מַשִּׁילִין פֵּירוֹת דֶּרֶךְ אֲרֻובָּה בְּיוֹם טוֹב. עַד כַּמָּה? אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַבִּי אַסִּי, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כְּאוֹתָהּ שֶׁשָּׁנִינוּ: מְפַנִּין אַרְבַּע וְחָמֵשׁ קֻופּוֹת שֶׁל תֶּבֶן וְשֶׁל תְּבוּאָה מִפְּנֵי הָאוֹרְחִים, וּמִפְּנֵי בִּטּוּל בֵּית הַמִּדְרָשׁ.

Nous avons appris : on fait descendre des fruits par l'ouverture du toit un jour de fête. Jusqu'à combien ?

Rabbi Zera a dit au nom de Rav Assi, et certains disent Rav Assi au nom de Rabbi Yo'hanan : comme ce que nous avons appris, on déblaie quatre ou cinq paniers de paille et de grain à cause des invités et à cause de l'interruption de l'étude à la maison d'étude.

📜 Rachi (3)
עַד כַּמָּה יְהֵא בָּהֶן דְּלָא אָמְרִינַן טִרְחָא יִתְרָא הוּא:
Jusqu'à combien : y aura-t-il de fruits sans que l'on dise que c'est une peine excessive.
מִפְּנֵי הָאוֹרְחִים שֶׁזִּימֵּן לֶאֱכֹול וְאֵין מָקוֹם לְהָסֵב:
À cause des invités : qu'il a conviés à manger, et pour lesquels il n'y a pas de place où s'attabler.
בִּטּוּל בֵּית הַמִּדְרָשׁ שֶׁאֵין לַתַּלְמִידִים מָקוֹם לֵישֵׁב:
L'interruption de l'étude : car les élèves n'ont pas de place où s'asseoir.
⚖️ Rosh (2)
מַשִּׁילִין פֵּירוֹת דֶּרֶךְ אֲרֻובָּה בְּיוֹם טוֹב אֲבָל לֹא בְּשַׁבָּת. וּמְכַסִּין אֶת הַפֵּירוֹת בְּכֵלִים מִפְּנֵי הַדֶּלֶף. וְכֵן כַּדֵּי יַיִן וְכַדֵּי שֶׁמֶן. () נוֹתְנִין כְּלִי תַּחַת הַדֶּלֶף בְּשַׁבָּת. מִתּוֹךְ פֵּירוּשׁ רָשִׁ"י מַשְׁמַע דִּמְכַסִּין אֶת הַפֵּירוֹת אַייְרֵי בְּיוֹם טוֹב וְיוֹתֵר נִרְאֶה כְּדִבְרֵי ר"י דִּבְשַׁבָּת דְּקָתָנֵי בְּסֵיפָא קָאֵי אַהָנֵי תְּרֵי בָּבֵי. דְּמִדְּקָתָנֵי רֵישָׁא בְּיוֹם טוֹב אֲבָל לֹא בְּשַׁבָּת וּבְסֵיפָא קָתָנֵי בְּשַׁבָּת מַשְׁמַע דְּקָאֵי אַתְּרֵי בָּבֵי:
On fait descendre des fruits par l'ouverture du toit un jour de fête, mais pas le chabbat. Et l'on couvre les fruits avec des récipients à cause de la fuite. Et de même les jarres de vin et les jarres d'huile. On place un récipient sous la fuite le chabbat. Du commentaire de Rachi il ressort que la clause sur le fait de couvrir les fruits parle du jour de fête ; il paraît plus juste de suivre les paroles du Ri, selon qui le mot chabbat enseigne dans la fin de la michna porte sur ces deux clauses. Puisque le début enseigne un jour de fête mais pas le chabbat, et que la fin enseigne le chabbat, cela indique qu'il porte sur les deux clauses.
גְּמ' עַד כַּמָּה. אָמַר ר' זֵירָא אָמַר רַב אַסִּי וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן כְּאוֹתָהּ שֶׁשָּׁנִינוּ מְפַנִּין ד' וָהּ' קֻופּוֹת שֶׁל תֶּבֶן וְשֶׁל תְּבוּאָה מִפְּנֵי הָאוֹרְחִים וּמִפְּנֵי בִּיטּוּל בֵּית הַמִּדְרָשׁ וְכֵן נִרְאֶה הֲלָכָה. ואע"ג דְּהַשַּׁ"ס שְׁקִיל וְטָרֵי וְדִלְמָא לָא שָׁרֵינָא הָכָא כֻּולֵּי הַאי אוֹ דִלְמָא שָׁרֵינָא הָכָא טְפֵי מ"מ הָנֵי אָמוֹרָאֵי לָא מְסַפְּקָא לְהוּ אֶלָּא מְדַמּוּ לָהּ לְהַהִיא דְּהָתָם וְשָׁבְקִי' סְפֵיקָא דְּסֻוגְיָא דִּגְמָ' וְאָזְלִינַן בָּתַר פְּשִׁיטוּתָא דְּהָנֵי אָמוֹרָאֵי: מַשִּׁילִין פֵּירוֹת דֶּרֶךְ וְכוּ'. אָמַר ר"נ לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּאוֹתוֹ הַגָּג אֲבָל מִגַּג לְגַג לָא. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי לֹא יוֹשִׁיטֵם מִגַּג לְגַג וַאֲפִילּוּ גַּגּוֹתֵיהֶן שָׁוִין. תַּנְיָא לֹא יְשַׁלְשְׁלֵם בְּחֶבֶל בְּחַלּוֹנוֹת וְלֹא יוֹרִידֵם (בַּחֶבֶל) בְּסֻולָּמוֹת: וּמְכַסִּין אֶת הַפֵּירוֹת. אָמַר עֻולָּא אֲפִילּוּ אַוֵּירָא דְלִבְנֵי רַבִּי יִצְחָק אוֹמֵר פֵּירוֹת הַרְאוּיָם לַאֲכִילָה. וְאַזְדָּא רַבִּי יִצְחָק לְטַעְמִי' דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק אֵין כְּלִי נִיטָּל אֶלָּא לְדָבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת. כְּבָר בֵּיאַרְנוּ בְּמַסֶּכֶת שַׁבָּת (פ' כִּירָה סִימָן י"ח) דְּאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יִצְחָק: נוֹתְנִין כְּלִי תַּחַת הַדֶּלֶף בְּשַׁבָּת תָּנָא אִם נִתְמַלֵּא הַכְּלִי שׁוֹפֵךְ וְשׁוֹנֶה וְאֵינוֹ נִמְנָע. בֵּי רִחְיָיא דְּאַבָּיֵי דְּלוּף אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבָּה א"ל זִיל וְעַיְּילֵיהּ לְפֻורְיִיךְ הָתָם כִּי הֵיכִי דְּלֶיהֱוֵי גְּרָף שֶׁל רֵיעִי וְאַפַּקְיָה. יָתֵיב אַבָּיֵי וְקָא קַשְׁיָא לֵיהּ וְכִי עוֹשִׂין גְּרָף שֶׁל רֶיעִי לְכַתְּחִלָּה. אַדְּהָכֵי וְהָכֵי נָפַל לֵיהּ רִחְייָא () דְּאַבָּיֵי אָמַר תֵּיתֵי לִי דַּעֲבַרִי אַדְּמַר. אָמַר שְׁמוּאֵל גְּרָף שֶׁל רֵיעִי וְעָבִיט שֶׁל מֵימֵי רַגְלַיִם מֻותָּר לְהוֹצִיאָן לָאַשְׁפָּה. וּכְשֶׁהוּא מַחֲזִירָן נוֹתֵן לְתוֹכָן מַיִם וּמַחֲזִירָן. וְכִי הֵיכִי דְּשָׁרֵי לְאַפּוֹקֵי לְרֵיעִי אַגַּב מָאנֵי שָׁרִי נָמֵי לְאַפּוֹקֵי בְּעֵינֵיהּ דְּהָא הַהוּא עַכְבְּרָא דְּאִשְׁתְּכַח בְּאִסְפַּרְמָקֵי דְּרַב אָשֵׁי נִקְטֻוהּ בְּצוּצִיתֵהּ וְאַפְּקוּהּ:
Guemara. Jusqu'à combien ? Rabbi Zera a dit au nom de Rav Assi, et certains disent Rav Assi au nom de Rabbi Yo'hanan : comme ce que nous avons appris, on déblaie quatre ou cinq paniers de paille et de grain à cause des invités et à cause de l'interruption de l'étude à la maison d'étude ; et telle paraît être la halakha. Et bien que la Guemara discute en demandant si l'on ne permet peut-être pas ici tout cela, ou si l'on permet peut-être ici davantage, ces amoraim n'ont pas eu de doute et ont comparé notre cas à celui de là-bas ; nous laissons donc le doute de la sougya de la Guemara et nous suivons l'affirmation nette de ces amoraim. — On fait descendre des fruits par, etc. Rav Nahman a dit : on n'a enseigné cela que sur un même toit, mais d'un toit à un autre toit, non. Une beraita enseigne de même : il ne les tendra pas d'un toit à un autre toit, même si leurs toits sont de même hauteur. Il est enseigné : il ne les descendra pas avec une corde par les fenêtres, et il ne les fera pas descendre par des échelles. — Et l'on couvre les fruits. Oulla a dit : même un tas de briques. Rabbi Yitshak dit : des fruits propres à la consommation. Et Rabbi Yitshak suit ici sa propre position, car Rabbi Yitshak a dit : un récipient ne se déplace que pour une chose que l'on peut déplacer le chabbat. Nous avons déjà expliqué dans le traité Chabbat, chapitre Kira, siman 18, que la halakha ne suit pas Rabbi Yitshak. — On place un récipient sous la fuite le chabbat. Il est enseigné : si le récipient s'est rempli, il le vide et recommence, et il ne s'en abstient pas. La maison du moulin d'Abaye avait une fuite. Il vint devant Rabba, qui lui dit : va et fais-y entrer ton lit, afin qu'il y ait là un graf chel rei, un récipient répugnant, et sors-le. Abaye s'assit, et cela lui fit difficulté : crée-t-on un graf chel rei d'emblée ? Sur ces entrefaites, le moulin d'Abaye s'effondra. Il dit : que cela me vienne, car j'ai transgressé la parole de mon maître. Chmouel a dit : un graf chel rei et un pot d'urine, il est permis de les sortir vers le dépotoir ; et lorsqu'il les rapporte, il y met de l'eau et les rapporte. Et de même qu'il est permis de sortir la saleté au moyen d'un récipient, il est permis aussi de la sortir telle quelle ; car cette souris qui fut trouvée dans les aromates de Rav Achi, on la saisit par la queue et on la sortit.
💡 Explication

La michna permet, sans dire combien. La question est réelle : un boisseau ne coûte rien, une récolte entière est un travail de journée. Les amoraim répondent par une comparaison avec une michna de Chabbat, où l'on autorise à déblayer quatre ou cinq paniers pour faire de la place aux invités ou aux élèves.

Le Roch retient cette mesure comme halakha, et il en donne la raison de méthode : la Guemara qui suit ouvre des directions sans trancher, tandis que les amoraim, eux, ont parlé sans hésiter. On suit l'affirmation nette plutôt que le doute de la discussion.

14
וְדִלְמָא שָׁאנֵי הָתָם, דְּאִיכָּא בִּטּוּל בֵּית הַמִּדְרָשׁ, אֲבָל הָכָא דְּלֵיכָּא בִּטּוּל בֵּית הַמִּדְרָשׁ — לֹא. אִי נָמֵי: הָתָם הַיְינוּ טַעְמָא, דְּאַרְבַּע וְחָמֵשׁ קֻופּוֹת שְׁרֵי מִשּׁוּם שַׁבָּת דַּחֲמִירָא וְלָא אָתֵי לְזַלְזוֹלֵי בֵּיהּ, אֲבָל יוֹם טוֹב דְּקִיל וְאָתֵי לְזַלְזוֹלֵי בֵּיהּ — כְּלָל כְּלָל לֹא.

Et peut-être est-ce différent là-bas, parce qu'il y a l'interruption de l'étude à la maison d'étude, alors qu'ici, où il n'y a pas d'interruption de l'étude, non. Ou encore : là-bas, la raison pour laquelle quatre ou cinq paniers sont permis, c'est que le chabbat est grave et que l'on ne viendra pas à le traiter avec légèreté ; mais le jour de fête, qui est léger et que l'on pourrait traiter avec légèreté, pas du tout.

📜 Rachi (1)
וְדִלְמָא הָתָם הוּא דְּשָׁרֵינַן כֻּולֵּי הַאי דְּאִיכָּא בִּטּוּל בֵּית הַמִּדְרָשׁ וְהוּא הַדִּין לִכְבוֹד אוֹרְחִים אֲבָל מִשּׁוּם הֶפְסֵד מָמוֹן לָא שָׁרוּ רַבָּנָן כֻּולֵּי הַאי:
Et peut-être : c'est là-bas que nous permettons tout cela, parce qu'il y a l'interruption de l'étude à la maison d'étude, et il en va de même pour l'honneur des invités ; mais pour une perte d'argent, les Sages n'ont pas permis tout cela.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מַהוּ דְּתֵימָא נִגְזַר דְּקִירָה אַחַת אַטּוּ שְׁתֵּי דְקִירוֹת, קָא מַשְׁמָע לַן. קָשֶׁה הָכָא פְּשִׁיטָא לֵיהּ דְּלָא גָּזְרִינַן דְּקִירָה אַחַת אַטּוּ שְׁתֵּי דְקִירוֹת וְאִילּוּ לְקַמָּן דַּף ל"ה ע"ב קָאָמַר הַגְּמָרָא סְבָרָא גַּבֵּי שִׁלְשׁוּל פֵּירוֹת מִשּׁוּם הֶפְסֵד גְּשָׁמִים אַף עַל גַּב דִּבְשַׁבָּת שָׁרִי אַרְבַּע וְחָמֵשׁ קֻופּוֹת מִכָּל מָקוֹם יוֹם טוֹב דְּקִיל וְאָתֵי לְזַלְזוֹלֵי בֵּיהּ כְּלָל וּכְלָל לֹא. וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהָתָם עֲבִיד לַהֲנָאָתוֹ שֶׁלֹּא יִתְקַלְקְלוּ הַפֵּירוֹת לָכֵן יֵשׁ סְבָרָא לָחוּשׁ וְלִגְזוֹר אֲבָל הָכָא שֶׁעוֹשֶׂה בִּשְׁבִיל לְקַיֵּים מִצְוָתוֹ יִתְבָּרֵךְ לָא חָייְשִׁינַן שֶׁיְּזַלְזֵל בְּיוֹם טוֹב כְּדֵי לְקַיֵּים הַמִּצְוָה דְּהָא מִצְוָה וְהָא מִצְוָה.
Tu aurais pu dire que l'on décrète pour un seul creusement à cause de deux creusements : il nous l'enseigne. Il y a ici une difficulté : dans ce passage, il lui est évident que l'on ne décrète pas un seul creusement à cause de deux creusements, alors que plus loin, page 35b, la Guemara énonce un raisonnement à propos de la descente des fruits en raison de la perte causée par la pluie : bien que le chabbat on permette quatre ou cinq paniers, le jour de fête, qui est léger et que l'on pourrait traiter avec légèreté, pas du tout. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, que là-bas il agit pour son propre profit, afin que les fruits ne s'abîment pas ; il y a donc lieu de craindre et de décréter. Mais ici, où il agit afin d'accomplir la mitsva de Hachem, béni soit-Il, nous ne craignons pas qu'il traite le jour de fête avec légèreté pour accomplir la mitsva, puisque l'un est une mitsva et l'autre est une mitsva.
💡 Explication

La comparaison est aussitôt mise à l'épreuve, dans le sens de la rigueur. Première direction : les quatre ou cinq paniers de Chabbat servaient une mitsva, l'hospitalité ou l'étude ; ici il ne s'agit que d'argent, et la mesure pourrait être plus étroite.

Seconde direction, plus radicale : le chabbat est traité avec gravité, de sorte qu'un relâchement mesuré ne fait pas craindre le pire. Le jour de fête, où une partie des travaux est déjà permise pour la nourriture, est kal, léger dans l'esprit des gens ; on pourrait y venir à le traiter avec légèreté, et l'on n'y permettrait alors rien du tout.

Le Ben Yehoyada s'appuie précisément sur ce raisonnement pour l'opposer à un autre passage du traité : là où l'on agit pour accomplir une mitsva, la crainte du relâchement ne s'applique pas ; ici, où l'homme agit pour son propre intérêt, elle s'applique.

🖼️ Schéma
Jusqu'à combien peut-on faire descendre ? Trois directions Rabbi Zera au nom de Rav Assi, ou Rav Assi au nom de Rabbi Yo'hanan : comme les quatre ou cinq paniers que l'on déblaie le chabbat pour les invités et pour l'étude. Peut-être moins Là-bas, il y avait l'interruption de l'étude et les invités, donc une mitsva. Ici, seulement une perte d'argent. Peut-être rien du tout Le chabbat est grave, on ne viendra pas à le traiter avec légèreté. Le jour de fête est léger, et on pourrait s'y relâcher. Peut-être davantage Là-bas, il n'y avait pas de perte d'argent. Ici il y en a une, et l'on permettrait même plus de quatre ou cinq paniers. Le Roch La Guemara pose ces directions sans trancher. Les amoraim, eux, n'ont pas hésité : ils ont comparé notre cas à celui des paniers. On laisse donc le doute de la sougya et l'on suit leur parole nette : quatre ou cinq paniers.
Les trois directions ouvertes par la Guemara sur la quantité permise.
15
אִי נָמֵי לְאִידַּךְ גִּיסָא: הָתָם הַייְנוּ טַעְמָא, דְּלֵיכָּא הֶפְסֵד מָמוֹן, אֲבָל הָכָא דְּאִיכָּא הֶפְסֵד מָמוֹן, אֲפִילּוּ טוּבָא נָמֵי.

Ou encore, dans l'autre sens : là-bas, la raison est qu'il n'y a pas de perte d'argent ; mais ici, où il y a une perte d'argent, même davantage serait permis.

📜 Rachi (1)
אִי נָמֵי לְאִידַּךְ גִּיסָא יֵשׁ לָתֵת טַעַם לְצַד אַחֵר שֶׁיַּתִּירוּ כָּאן יוֹתֵר מִשָּׁם:
Ou encore, dans l'autre sens : il y a lieu de donner une raison pour l'autre côté, qui ferait permettre ici plus que là-bas.
💡 Explication

La troisième direction renverse les deux précédentes. Dans la michna de Chabbat, rien n'était menacé : déblayer des paniers ne sauvait aucun bien, il s'agissait seulement de faire de la place. Ici la pluie va gâter la récolte, et le hefsed mamon, la perte d'argent, pourrait justifier une permission plus large que quatre ou cinq paniers.

La Guemara laisse ces directions ouvertes. Le Roch en tire une règle de décision : quand la discussion reste en suspens et que des amoraim ont tranché sans hésiter, on suit les amoraim, et la mesure demeure celle des quatre ou cinq paniers.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).