Beitzah 4a — Ce qui empêche l'annulation, l'œuf mangé « avec sa mère », et la hakhana de Rabba entre chabbat et jour de fête

Beitzah 4a

Sougya : Le folio s'ouvre sur la fin de la michna des figues sèches pressées sur l'ouverture d'un récipient, citée au folio précédent pour montrer qu'il existe un tana selon lequel une chose qui se compte ne s'annule jamais. Rav Papa y distingue le cas où l'on ignore dans quelle rondelle la litre a été pressée et celui où l'on ignore à quel endroit d'une même rondelle.

Rav Achi propose une autre explication de la baraita de l'œuf douteux : un doute entre jour de fête et jour ordinaire porte sur une chose qui aura demain ce qui la permettra (davar cheyech lo matirin), et une telle chose ne s'annule pas, même lorsque l'interdit est rabbinique. Vient ensuite la baraita d'Acherim au nom de Rabbi Eliezer : « l'œuf sera mangé, lui et sa mère » ; Rabbi Zera, Abaye et Rav Mari en proposent trois lectures, la dernière voyant dans la formule une exagération (gouzma).

La seconde moitié du folio ouvre le sujet central : lorsque chabbat et jour de fête se suivent, Rav interdit l'œuf d'un jour à l'autre et Rabbi Yo'hanan le permet ; la guemara établit que le point de désaccord est la hakhana de Rabba, et rattache la controverse à un désaccord de tanaim. Deux récits terminent le folio, l'un chez Rav Adda bar Ahava sur l'interdit de déplacer l'œuf le jour même, l'autre chez Rav Papa sur la retenue exigée avant de rendre une décision après le repas de fête.

Pourquoi l'œuf douteux ne s'annule pas dans milleBaraita : son doute est interdit,mélange dans mille, tous interditsRav Papa (folio 3b)La baraita suit le tana de la litrede figues sèchesMotif : davar cheyech bo minyan(une chose que l'on compte)Elle est importante,donc elle ne se perd pas dans la masseRav Achi (segment 5)Le doute vise : jour de fêteou jour ordinaire ?Motif : davar cheyech lo matirin(chose qui sera permise demain)Attendre coûte peu,donc rigueur même en rabbiniqueLes deux réponses sauvent la baraita pour Rav Yossef et Rabbi Yits hak, qui ne voient dans l'œuf qu'un décret.
Les deux voies proposées pour expliquer que l'oeuf douteux ne s'annule pas, alors que l'interdit n'est que rabbinique.
Chabbat et jour de fête qui se suivent : Rav contre Rabbi Yo'hananRavNé en l'un : interdit en l'autreMotif écarté : une seule sainteténon, car Rav tranche comme lesquatre anciens : deux saintetésMotif retenu : hakhana de RabbaUn jour saint ne prépare paspour un autre jour saintRabbi Yo'hananNé en l'un : permis en l'autreIl n'admet pas la hakhanade RabbaLe jour même, l'œuf resteinterdit, et même au déplacement(récit de Rav Adda bar Ahava)Ke-tanai : baraita permettant l'œuf d'un jour à l'autrecontre Rabbi Yehouda au nom de Rabbi Eliezer : la controverse demeureRava tranche comme Rav dans ces trois cas, dans le sens de l'indulgence comme dans celui de la rigueur.
La controverse de Rav et de Rabbi Yohanan, son véritable point de désaccord, et son appui tanaitique.
Les deux récits de la fin du folioChez Rav Adda bar AhavaJour de fête, puis chabbatQuestion : puis-je les rôtir aujourd huipour les manger demain ?Réponse : même Rabbi Yo'hananne permet que de l'avaler demainLe jour même : interdit de le déplacerAppui : baraita sur le récipientet les pieds du litChez Rav PapaChabbat, puis jour de fêteQuestion : puis-je les manger demain ?Réponse : va-t en, reviens demainMotif : la retenue après le repasde fête, en raison de l'ivresseRav n'installait pas d'amoradevant lui d'un jour de fête à l'autreLe premier récit porte sur la halakha de l'œuf, le second sur les conditions dans lesquelles un maître tranche.
Les deux histoires qui closent le folio : ce que l'on peut faire de l'oeuf, et quand un maître accepte de répondre.
1
אוֹמֵר: רוֹאִין אֶת הָעֶלְיוֹנוֹת כְּאִלּוּ הֵן פְּרוּדוֹת, וְהַתַּחְתּוֹנוֹת מַעֲלוֹת אֶת הָעֶלְיוֹנוֹת.

dit : on considère les rondelles du dessus comme si elles étaient détachées, et celles du dessous font monter celles du dessus.

📜 Rachi (1)
רוֹאִין אוֹתָן כְּאִילּוּ הֵן פְּרוּדוֹת אִם אֵין כָּאן מֵאָה פֻּומִּין שֶׁל הֶיתֵּר שֶׁיְּהֵא בָּהֶן כְּדֵי לְהַעֲלוֹת פִּי הָאִיסּוּר בְּאֶחָד וּמֵאָה רוֹאִין כְּאִילּוּ לִיטְרוֹת שֶׁל כָּל הַפֻּומִּין פְּרוּדוֹת מֵעַל הַפֻּומִּין וּמְעֹורָבוֹת בְּשֶׁל שׁוּלַיִם וְנִמְצְאוּ כֻּולָּם בְּסָפֵק הַדִּמּוּעַ וּמִצְטָרְפוֹת הַתַּחְתּוֹנוֹת לְהַעֲלוֹת אֶת לִיטְּרָא שֶׁעַל הַפֶּה דְּהוֹאִיל וּתְרוּמַת פֵּירוֹת דְּרַבָּנָן מְקִילִּים בְּהַעֲלָאָתָם:
S'il n'y a pas ici cent ouvertures permises qui suffiraient à faire monter l'ouverture interdite dans un contre cent, on considère comme si les litres de toutes les ouvertures étaient détachées des ouvertures et mélangées à celles des fonds ; toutes se trouvent alors dans le doute du mélange de prélèvement (demoua), et celles du dessous se joignent pour faire monter la litre qui se trouve sur l'ouverture. Puisque le prélèvement des fruits est de rabbinique, on se montre indulgent quant à leur annulation.
💡 Explication

Le folio reprend en cours de phrase la michna citée à la fin du folio précédent. Un homme a pressé une litre de figues non prélevées sur l'ouverture d'un récipient parmi d'autres, puis a oublié lequel. La question est de savoir si cette litre interdite s'annule dans la masse des figues permises.

La position rapportée ici élargit le calcul : au lieu de ne compter que les ouvertures, on regarde les figues du dessus comme si elles étaient mélangées à celles du fond, et l'ensemble du récipient sert alors à l'annulation. Rachi en donne la raison : le prélèvement des fruits ne relève que du rabbinique, ce qui autorise cette indulgence.

2
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: אִם יֵשׁ שָׁם מֵאָה פֻּומִּין — יַעֲלוּ, וְאִם לָאו — הַפֻּומִּין אֲסוּרִין, וְהַשּׁוּלַיִם מֻותָּרִין.

Rabbi Yehochoua dit : s'il y a là cent ouvertures, elles font monter ; sinon, les ouvertures sont interdites et les fonds sont permis.

📜 Rachi (1)
וְר' יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר אִם יֵשׁ שָׁם מֵאָה פֻּומִּין שֶׁל הֶיתֵּר לְבַד פֻּומִּין שֶׁל אִסּוּר מַעֲלִין אוֹתָן בְּאֶחָד וּמֵאָה וְאִם לָאו הַפֻּומִּין אֲסוּרִין וְאֵין הַשּׁוּלַיִם מוֹעִילִין לְבַטֵּל הַפֻּומִּין הוֹאִיל וְאֵינָן בִּסְפֵק הַדִּמּוּעַ:
Cent ouvertures permises, en plus des ouvertures interdites : on les fait monter dans un contre cent. Sinon, les ouvertures sont interdites, et les fonds ne servent pas à annuler les ouvertures, puisqu'ils ne sont pas dans le doute du mélange de prélèvement (demoua).
3
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אִם יֵשׁ שָׁם מֵאָה פֻּומִּין — יַעֲלוּ, וְאִם לָאו — הַפֻּומִּין אֲסוּרִין, וְהַשּׁוּלַיִם מֻותָּרִין. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: אֲפִילּוּ יֵשׁ שָׁם שְׁלֹשׁ מֵאוֹת פֻּומִּין — לֹא יַעֲלוּ.

Rabbi Yehouda dit : Rabbi Eliezer dit : s'il y a là cent ouvertures, elles font monter ; sinon, les ouvertures sont interdites et les fonds sont permis. Rabbi Yehochoua dit : même s'il y a là trois cents ouvertures, elles ne font pas monter.

📜 Rachi (2)
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר לֹא כֵן נֶחְלְקוּ ר' אֱלִיעֶזֶר וְר' יְהוֹשֻׁעַ אֶלָּא כֵּן נֶחְלְקוּ ר' אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר כוּ':
Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua ont divergé autrement ; voici comment ils ont divergé : Rabbi Eliezer dit, etc.
ר' יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר אֲפִילּוּ יֵשׁ שָׁם שְׁלֹשׁ מֵאוֹת פֻּומִּין וְכֻולָּן בִּכְלַל הַסָּפֵק אֵין מַעֲלִין אֶת הַיָּחִיד הוֹאִיל וּפֻומֵּי הַכְּלִי דָּבָר שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מִנְיָן הוּא לֹא בָּטְלִי וַאֲפִילּוּ בִּדְרַבָּנָן אֲבָל דְּרָסָהּ בְּעִגּוּל כו':
Toutes sont comprises dans le doute, et l'on ne fait pas monter l'unité interdite, puisque l'ouverture du récipient est une chose qui entre dans un compte : elles ne s'annulent pas, même en matière rabbinique. Mais « il l'a pressée dans une rondelle », etc.
💡 Explication

Rabbi Yehouda rapporte la même controverse sous une autre forme. Dans sa version, Rabbi Yehochoua soutient qu'aucune quantité de figues permises ne suffit à annuler la litre interdite.

Rachi donne le motif : l'ouverture d'un récipient est un davar cheyech bo minyan, une chose qui se compte à l'unité. Une telle chose garde son importance et échappe à l'annulation, même lorsque l'interdit ne relève que du rabbinique. C'est ce tana que Rav Papa avait invoqué au folio précédent pour expliquer la baraita de l'œuf.

4
דְּרָסָהּ בְּעִגּוּל וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ בְּאֵיזֶה עִגּוּל דְּרָסָהּ — דִּבְרֵי הַכֹּל יַעֲלוּ. דִּבְרֵי הַכֹּל?! הַיְינוּ פְּלֻוגְתַּייְהוּ!

« Il l'a pressée dans une rondelle et il ne sait pas dans quelle rondelle il l'a pressée : de l'avis de tous, elles font monter. » De l'avis de tous ?! Mais c'est précisément l'objet de leur controverse !

5
אָמַר רַב פָּפָּא, הָכִי קָאָמַר: דְּרָסָהּ בְּעִגּוּל, וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ בְּאֵיזֶה מְקוֹם עִגּוּל דְּרָסָהּ, אִי לִצְפוֹנָהּ אִי לִדְרוֹמָהּ — דִּבְרֵי הַכֹּל יַעֲלוּ.

Rav Papa a dit : voici ce que la michna enseigne : il l'a pressée dans une rondelle, et il ne sait pas à quel endroit de la rondelle il l'a pressée, si au nord ou au sud : de l'avis de tous, elles font monter.

📜 Rachi (1)
הָכִי קָאָמַר דְּרָסָהּ בְּתוֹךְ הָעִגּוּל דְּעַכְשָׁיו אֵינָן נִכָּרוֹת שֶׁהֲרֵי מְדֻובָּקוֹת וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ הֵיכָן הִיא אִם בִּצְפוֹנוֹ שֶׁל עִגּוּל אוֹ בִּדְרוֹמוֹ הוֹאִיל וְהַשְׁתָּא לָאו בַּת מִנְיָן הִיא וְלָא מִנַּכְרָא דִּבְרֵי הַכֹּל יַעֲלוּ וְתַנָּא דִּלְעֵיל ר' יְהוּדָה וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ הִיא:
À présent elles ne sont plus reconnaissables, puisqu'elles sont collées, et il ne sait pas où elle se trouve, si au nord de la rondelle ou au sud. Puisqu'elle n'entre désormais plus dans un compte et qu'elle n'est plus distinguable, de l'avis de tous elles font monter. Et le tana cité plus haut est Rabbi Yehouda selon Rabbi Yehochoua.
💡 Explication

La difficulté tenait à la formule « de l'avis de tous » : le cas semblait être exactement celui sur lequel Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua divergent. Rav Papa lit donc la michna autrement.

Il distingue deux situations. Lorsque le doute porte sur quelle rondelle a reçu la litre, chaque rondelle reste une unité distincte et identifiable : la controverse demeure. Lorsque le doute porte sur quel endroit d'une même rondelle, la litre a fusionné avec la masse, elle ne se compte plus et ne se distingue plus : tous s'accordent alors sur l'annulation.

🖼️ Schéma
La distinction de Rav PapaDoute : dans quelle rondelle ?Chaque rondelle reste une unitéque l'on peut compterLa controverse demeureRabbi Eliezer contre Rabbi YehochouaDoute : à quel endroit de la rondelle ?nord ?sud ?La litre est collée, elle ne se compte plusDe l'avis de tous : elle s'annule
Ce qui sépare les deux lectures de la michna : la litre interdite reste-t-elle une unité que l'on peut compter ?
6
רַב אַשִּׁי אָמַר: לְעוֹלָם סָפֵק יוֹם טוֹב סָפֵק חוֹל הָוֵי דָּבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ מַתִּירִין, וְכָל דָּבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ מַתִּירִין — אֲפִילּוּ בִּדְרַבָּנָן לָא בְּטִיל.

Rav Achi a dit : en vérité, un doute entre jour de fête et jour ordinaire porte sur une chose qui a ce qui la permettra (davar cheyech lo matirin), et toute chose qui a ce qui la permettra ne s'annule pas, même lorsque l'interdit est rabbinique.

📜 Rachi (2)
רַב אָשֵׁי אָמַר לְעוֹלָם הָא דְּקָתָנֵי וּסְפֵקָהּ אָסוּר סָפֵק יוֹם טוֹב סָפֵק חוֹל קָאָמַר וּדְקַשְׁיָא לָךְ לְרַב יוֹסֵף וּלְרַבִּי יִצְחָק סָפֵק דְּרַבָּנָן הוּא וּלְקֻולָּא הָכָא אָזְלִינַן לְחוּמְרָא הוֹאִיל וְיֵשׁ לוֹ מַתִּירִין לְמָחָר:
Ce que la baraita enseigne, « et son doute est interdit », parle d'un doute entre jour de fête et jour ordinaire. Et quant à la difficulté que tu soulevais pour Rav Yossef et pour Rabbi Yits'hak, à savoir qu'un doute en matière rabbinique se tranche avec indulgence : ici nous allons vers la rigueur, puisqu'elle aura demain ce qui la permettra.
אֲפִילּוּ בִּדְרַבָּנָן כְּגוֹן בֵּיצָה דִּגְזֵרַת פֵּירוֹת הַנּוֹשְׁרִין הִיא לֹא בָּטְלָה בְּתַעֲרוּבָתָהּ וְכִי הֵיכִי דִּבְבִטּוּלָהּ מַחְמְרִינַן מֵהַאי טַעְמָא בִּסְפֵקָהּ נָמֵי מַחְמְרִינַן מֵהַאי טַעְמָא:
Par exemple l'œuf, qui relève du décret sur les fruits qui tombent : il ne s'annule pas dans son mélange ; et de même que nous sommes rigoureux pour son annulation en raison de ce motif, nous sommes également rigoureux pour son doute en raison de ce même motif.
💡 Explication

Rav Achi propose une seconde voie pour sauver la baraita de l'œuf douteux. Il lit le doute autrement : non pas le doute d'une terefa, mais le doute sur le jour lui-même, lorsqu'on ignore si l'on se trouve un jour de fête ou un jour ordinaire.

Le principe qu'il invoque est le davar cheyech lo matirin : un interdit qui tombera de lui-même au bout d'un certain temps. Puisqu'il suffit d'attendre pour consommer l'aliment en toute permission, on ne recourt pas à l'annulation dans la masse, et l'on ne tranche pas non plus le doute avec indulgence, même lorsque l'interdit ne relève que du rabbinique.

7
תַּנְיָא, אֲחֵרִים אוֹמְרִים מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: בֵּיצָה — תֹּאכַל הִיא וְאָמָה. בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵימָא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לַאֲכִילָה — פְּשִׁיטָה דְּהִיא וְאִמָּהּ שַׁרְיָא! אֶלָּא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים — הִיא וְאָמָה אֲסוּרָה! אָמַר רַבִּי זֵירָא: תֹּאכַל אַגַּב אִמָּהּ.

Il a été enseigné : Acherim disent au nom de Rabbi Eliezer : l'œuf sera mangé, lui et sa mère. De quoi traitons-nous ?

Si l'on dit d'une poule destinée à la consommation, il est évident que lui et sa mère sont permis ! Mais alors d'une poule destinée à pondre des œufs : lui et sa mère sont interdits !

Rabbi Zera a dit : il sera mangé grâce à sa mère (agav ima).

📜 Rachi (4)
בֵּיצָה תֹּאכַל אִם נוֹלְדָה בְּיוֹם טוֹב:
Si l'œuf a été pondu un jour de fête.
פְּשִׁיטָא דְּהִיא וְאִמָּהּ שָׁרְיָא כְּלוֹמַר אִם בָּא לוֹמַר כְּבֵית שַׁמַּאי לַשְׁמְעִינַן בֵּיצָה אַמָּה לָמָּה לִי פְּשִׁיטָא דְּשָׁרְיָא:
C'est-à-dire : s'il vient énoncer un avis conforme à Beit Chamai, qu'il nous enseigne seulement l'œuf. Sa mère, pourquoi en ai-je besoin ? Il est évident qu'elle est permise.
הִיא וְאָמָה אֲסוּרָה דְּשָׁמְעִינַן לֵר' אֱלִיעֶזֶר דְּאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה דִּתְנַן בְּפֶרֶק הַמֵּבִיא (לְקַמָּן בֵּיצָה דַּף לד.) ר' אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר עוֹמֵד אָדָם עַל הַמֻּוקְצֶה כו' אַלְמָא הֲכָנָה בָּעֵי:
Car nous savons que Rabbi Eliezer admet le mouktse, comme nous l'avons appris au chapitre Hamevi (plus loin, Beitzah 34a) : « Rabbi Eliezer dit : un homme se tient sur le mouktse, etc. » Il en ressort qu'il exige la hakhana (préparation).
אַגַּב אַמָּה אִם אוֹכְלִין אֶת אַמָּה הַיּוֹם תֹּאכַל אַף הִיא:
Si l'on mange sa mère aujourd'hui, il sera mangé lui aussi.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' לָמָּה לִי לְמֵימַר מַשְׁקִין וְשׁוֹחֲטִין מִילְּתָא אַגַּב אוֹרְחֵיהּ קמ"ל דְּלִישְׁקֵי אִינִישׁ וַהֲדַר שָׁחֵיט מִשּׁוּם סִירְכָא דְּמָשְׁכָא: ת"ר אֵלּוּ הֵן מִדְבָּרִיּוֹת וְאֵלּוּ הֵן בַּייָּתוֹת מִדְבָּרִיּוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת בְּפֶסַח וְרוֹעוֹת וְנִכְנָסוֹת לְיִישּׁוּב בִּרְבִיעָה בַּייָּתוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת וְרוֹעוֹת חוּץ לַתְּחוּם וּבָאוֹת וְלָנוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם. רַבִּי אוֹמֵר אֵלּוּ וְאֵלּוּ בַּיָּיתוֹת הֵן. אֵלּוּ הֵן הַמִּדְבָּרִיּוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת וְרוֹעוֹת בָּאֵפֶר וְאֵינָן נִכְנָסוֹת לַיִּישּׁוּב לֹא בִּימוֹת הַחַמָּה וְלֹא בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים. אַשְׁכְּחַן רַבְּוָותָא דְּפָסְקִי בְּהָא מִלְּתָא לְקֻולָּא וְאָמְרִי דס"ל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה וְכִדְאָמַר רַב נַחְמָן (שַׁבָּת דַּף י"ט:) עֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְתַרְנְגֹולֶת לְבֵיצָתָהּ וְתוֹרֵי דְרִידְיָא וְתַמְרֵי דְעִיסְקָא פְּלֻוגְתָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּרַבִּי יְהוּדָה הוּא דַּאֲסִיר וְרַבִּי שִׁמְעוֹן שָׁרִי וְקָאָמְרִינַן (שָׁם דַּף קנ"ז.) דְּהִלְכְתָא כר"ש וַאֲנַן לָא סְבִירָא לָן הָכִי דְּכִי אִיתְּמַר הִלְכְתָא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּשַׁבָּת אִיתְּמַר. וְהָא דְּאָמַר רַב נַחְמָן עֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְכוּ' לָא קָא פָּסֵיק רַב נַחְמָן הֲלָכָה כְּמַאן מִינַּייְהוּ אֶלָּא ה"ק פְּלֻוגְתָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה וְר"ש. וְכֵיוָן דְּקַייְמָא לָן דִּבְשַׁבָּת סְבִירָא לָן כר"ש דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה וּבְיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה מִמֵּילָא שָׁמְעִינַן דה"מ כְּגוֹן עֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְכוּ' דְּכֻולְּהוּ ביו"ט אֲסִירֵי וּמַה דַּחֲזוּ לֵיהּ מִינַּייְהוּ לְמֵיכַל מִינָּהּ בְּשַׁבָּת כְּגוֹן תַּמְרֵי דְּעִיסְקָא שָׁרִי לְמֵיכַל מִינֵּהּ בְּשַׁבָּת. וְעוֹד דְּרַב נַחְמָן גּוּפֵיהּ אַשְׁכְּחַן לֵיהּ דִּסְבִירָא לֵיהּ דְּהִלְכְתָא בְּיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה. דְּאָמְרִינַן בְּרֵישׁ מְכִילְתִּין בְּמַאי עָסְקִינַן אִילֵימָא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לַאֲכִילָה מַאי טַעְמָא דב"ה אוּכְלָא דְּאֶפְרָת הוּא. אֶלָּא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים מַאי טַעְמָא דב"ש מֻוקְצֶה הוּא. וּפָרֵיק רַב נַחְמָן לְעוֹלָם בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים וּדְאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה אִית לֵיהּ נוֹלָד וּדְלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה לֵית לֵיהּ נוֹלָד וב"ש כר"ש וב"ה כְּרַבִּי יְהוּדָה. וּמַקְּשִׁינַן וּמִי אָמַר רַב נַחְמָן הָכִי וְהָאֲנַן תְּנַן ב"ש אוֹמְרִים (מַעֲלִין) מַגְבִּיהִין מֵעַל הַשֻּׁולְחָן עֲצָמוֹת וּקְלִיפִּין וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים מְסַלֵּק אֶת הַטַּבְלָא כֻּולָּהּ וּמְנַעֲרָהּ וְאָמַר רַב נַחְמָן אָנוּ אֵין לָנוּ אֶלָּא בֵּית שַׁמַּאי כְּרַבִּי יְהוּדָה וב"ה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. וּמְפָרְקִינַן אָמַר לְךָ רַב נַחְמָן גַּבֵּי שַׁבָּת דִּסְתַם לַן תְּנָא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דִּתְנַן מְחַתְּכִין אֶת הַדִּלּוּעִין לִפְנֵי הַבְּהֵמָה וְהַנְּבֵילָה לִפְנֵי הַכְּלָבִים מוֹקֵי לְהוּ ב"ה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. גַּבֵּי יוֹם טוֹב דִּסְתַם לַן תַּנָּא כְּרַבִּי יְהוּדָה דִּתְנַן אֵין מְבַקְּעִין עֵצִים מִן הַקּוֹרוֹת וְלֹא מִן הַקּוֹרָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה בְּיוֹם טוֹב מוּקֵי לָהּ לב"ה כְּרַבִּי יְהוּדָה. וְכֵיוָן דְּאַשְׁכְּחַן לְרַב נַחְמָן דִּסְבִירָא לֵיהּ בְּיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה מִמֵּילָא שָׁמְעִינַן דְּעֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְתוֹרֵי דְרִידְיָא וְתַמְרֵי דְעִיסְקָא כּוּלְּהוּ לְרַב נַחְמָן בְּיוֹם טוֹב אֲסִירִי. וּמִשַּׁקְלָא וְטַרְיָא דִּגְמָרָא נָמֵי שָׁמְעִינַן דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה בְּיוֹם טוֹב דְּקָאָמַר אִי בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים מַאי טַעְמָא דב"ש מֻוקְצֶה הוּא כְּלוֹמַר כִּי זֶה דָּבָר יָדוּעַ כִּי מֻוקְצֶה אָסוּר. וְעוֹד אָמְרִינַן לְעֵיל (בֵּיצָה דַּף ד.) תַּנְיָא אֲחֵרִים אוֹמְרִים רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר בֵּיצָה תֹּאכַל הֵיאוֹאמָה בְּמַאי עָסְקִינַן אִילֵימָא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לַאֲכִילָה פְּשִׁיטָא הִיא וְאִמָּהּ שַׁרְיָא אֶלָּא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים הִיא וְאִמָּהּ אֲסוּרָה דְּאַלְמָא הָכֵין הוּא הִלְכְתָא. וּלְעִנְיַן בַּיָּיתוֹת וּמִדְבָּרִיּוֹת נָמֵי הָכִי סְבִירָא לָן כִּסְתָם מַתְנֵי' וְכִדְפָרֵישׁ ת"ק דְּבָרַייְתָא דְּאָמַר אֵלּוּ הֵן מִדְבָּרִיּוֹת כֹּל שֶׁיּוֹצְאוֹת בַּפֶּסַח וְרוֹעוֹת וְנִכְנָסוֹת בִּרְבִיעָה. בַּייָּתוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת וְרוֹעוֹת חוּץ לַתְּחוּם וּבָאוֹת וְלָנוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם. וְרַבִּי דְּקָאָמַר אֵלּוּ וְאֵלּוּ בַּיָּיתוֹת הֵן לֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דְּלָא קי"ל הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלָּא גַּבֵּי חֲבֵירוֹ אֲבָל גַּבֵּי רַבִּים לֹא. וְהָווּ לְהוּ מִדְבָּרִיּוֹת דְּאֵינָן בָּאוֹת וְלָנוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם מֻוקְצוֹת דְּלָאו דַּעְתֵּיהּ עֲלַייְהוּ דְּהָא אֵין בָּאוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם. וּבַעַל ה"ג כָּתַב מֻוקְצֶה דְּרַבָּנָן וְכֵיוָן דְּאִיכָּא תְּרֵי לִישָּׁנֵי חַד דְּאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּמִדְבָּרִיּוֹת וְחַד דְּלֵית לֵיהּ עָבְדִינַן לְקֻולָּא וְשׁוֹחֲטִין אֶת הַמִּדְבָּרִיּוֹת. וְכֵן פָּסַק רַב הַאי וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל (בְּפֵ"א מֹהַל' יו"ט הֵל' יז) דקי"ל בְּמֻוקְצֶה בְּשַׁבָּת כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וּבְיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה. אֲבָל רַשִׁ"י כָּתַב לְעֵיל (בֵּיצָה דַּף לג. ד"ה וְהִלְכְתָא) אַמַּתְנִיתִין דְּאֵין סוֹמְכִין אֶת הַקְּדֵירָה דְּקי"ל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אַף בְּיוֹם טוֹב. וְכֵן ר"ת ור"י זַ"ל וֶהֱבִיאוֹ רְאָיָה מִשִּׁילְהֵי מַסֶּכֶת שַׁבָּת דְּקָאָמַר הָתָם (דַּף קָנוּ:) וְאַף לֵוִי סָבַר הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה. כִּי הָא דְּלֵוִי כִּי הֲווֹ מַיְיתוּ טְרֵיפְתָּא לְקַמֵּיהּ בְּיוֹמָא טָבָא לָא הֲוָה חָזֵי לֵיהּ אֶלָּא אַקִּלְקַלְתָּא דְּאָמַר דִּלְמָא לָא מִיתַּכְשְׁרִין וַאֲפִילּוּ לִכְלָבִים לָא חָזֵי. אַלְמָא שֶׁאֵין חִילּוּק בֵּין יוֹם טוֹב לַשַּׁבָּת. וְתוּ קָאָמַר הָתָם וְאַף רַבִּי יוֹחָנָן סָבַר הֲלָכָה כְּר"ש וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הֲלָכָה כִּסְתָם מַתְנֵי'. וּתְנַן אֵין מְבַקְּעִין עֵצִים מִן הַקּוֹרוֹת וְלֹא מִן הַקּוֹרָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה בְּיוֹם טוֹב אַלְמָא סְתָמָא דְּהַשַּׁ"ס לָא מְפַלֵּיג בֵּין שַׁבָּת לְיוֹם טוֹב וְלָא אַשְׁכְּחַן דִּמְפַלֵּיג אֶלָּא רַב נַחְמָן נִדְחַק לְחַלֵּק לְהַעֲמִיד אוֹקִימְתָּא דִּידֵיהּ. אֲבָל לִשְׁאָר אָמוֹרָאִין אֵין צָרִיךְ לְחַלֵּק וְלָא חָיְישִׁינַן לְהַךְ לִישָּׁנָא דְּקָאָמַר מִכְּדֵי מַאן סַתְמַיהּ לְמַתְנִיתִין רַבִּי מ"ש בְּשַׁבָּת דְּסָתַם לָן כר"ש ומ"ש בְּיוֹם טוֹב דִּסְתַם לַן כְּרַבִּי יְהוּדָה. דִּבְכַמָּה דֻּוכְתֵי חָזֵינַן דִּפְלִיגִי סְתָמֵי אַהֲדָדֵי. וּבַעַל ה"ג פּוֹסֵק כר"ש בְּמֻוקְצֶה בְּיוֹם טוֹב אֲבָל בְּנוֹלָד פּוֹסֵק כְּרַבִּי יְהוּדָה וְהֵבִיא רְאָיָה מִדִּלְעֵיל פֶּרֶק הַמֵּבִיא (בֵּיצָה דַּף לג.) דְּדָרֵשׁ רָבָא אִשָּׁה לֹא תִּכָּנֵס לְבֵין הָעֵצִים לִיטֹּול אוּד וְכוּ'. וְאֵינָהּ רְאָיָה דְּרָבָא לְטַעְמֵיהּ דַּאֲפִילּוּ בִּשְׁאָר מֻוקְצֶה דְּלָאו נוֹלָד סְבִירָא לֵיהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה כִּדְמוֹכַח בְּסוֹף נוֹטֵל (שַׁבָּת דַּף קמב:) אֲבָל אֲנַן דְּקַיְימָא לָן (בְּשַׁבָּת דַּף קמג.) כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּמֻוקְצֶה הוּא הַדִּין בְּנוֹלָד. וּמִיהוּ רַבֵּינוּ תָּם זַ"ל דִּיֵּיק מִשְּׁמוּאֵל דִּבְשִׁילְהֵי שַׁבָּת (דַּף קנ"ו:) סָבַר כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וְאַפֵּ"ה קָאָמַר בְּסוֹף נוֹטֵל (שַׁבָּת דַּף קמ"ג.) דְּלָא הֲוָה מְטַלְטֵל גַּרְעִינֵי תַּמְרֵי אֶלָּא אַגַּב רִיפְתָּא. וְאֵינָהּ רְאָיָה מִשְּׁמוּאֵל דְּמַחְמִיר עַל עַצְמוֹ הָיָה כְּאַבַּיֵּי וְרָבָא דְּהָתָם בְּהַהִיא שְׁמַעְתָּא תֵּדַע דְּהָא פָּסֵיק שְׁמוּאֵל בְּהֶדְיָא בְּנוֹלָד כר"ש בספ"ק דְּשַׁבָּת (דַּף יט:) גַּבֵּי שֶׁמֶן שֶׁל בַּדָּדִין. כִּדְפֵירֵשׁ הָתָם דְּמַייְרֵי כְּשֶׁזָּב בְּשַׁבָּת דְּקָאֵי אַהָא דְּאַייְרֵי לְעֵיל בִּטְעִינַת קוֹרַת בֵּית הַבַּד. אֶלָּא וַדַּאי מַחְמִיר עַל עַצְמוֹ הָיָה. וְעוֹד דְּרַבִּי יוֹחָנָן פָּסַק אַף בְּנוֹלָד כר"ש כִּדְדָיֵיק בְּשִׁילְהֵי שַׁבָּת (דַּף קנז.) מֵהַהִיא דַּעֲצָמוֹת וּקְלִיפִּין. וְעוֹד דִּקְדֵּק ר"ת דְּנוֹלָד אָסוּר מִסְּתָמָא דְּהַשַּׁ"ס דְּפֶרֶק נוֹטֵל (שַׁבָּת דַּף קמג.) דְּאָסַר לְטִלְטוּלֵי גַּרְעִינֵי דְּתַמְרֵי פָּרְסְיָיתָא וְאֵין לוֹמַר מִשּׁוּם דְּאַף לִבְהֵמָה לָא חַזְייָן דִּבְפֶרֶק בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף כט.) מוּכָח דַּחֲזוּ לִבְהֵמָה () אֶלָּא וַדַּאי מִשּׁוּם נוֹלָד הוּא דְּאָסוּר. וְהָא דְּפָרִיךְ בְּסוֹף כִּירָה (שַׁבָּת דַּף מה:) אַמִּילְּתָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן מִדְּרַב נַחְמָן דְּמַאן דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה לֵית לֵיהּ נוֹלָד. לָא קי"ל הָכִי וְהָוֵי מָצֵינַן לְשַׁנּוֹיֵי הָתָם דְּלָא קי"ל הָכִי וְלֹא חָשַׁשׁ. תֵּדַע דִּבְלָאו הָכִי הֲוָה מָצֵי לְשַׁנּוֹיֵי דְּרַבִּי יוֹחָנָן אָסַר בֵּיצָה () מִשּׁוּם (פֵּירוֹת הַנּוֹשְׁרִין) מַשְׁקִין שֶׁזָּבוּ (לְעֵיל בֵּיצָה דַּף ג.) וַאֲפִילּוּ לְטַלְטֵל כִּדְמוֹכַח לְעֵיל (בֵּיצָה דַּף ד.) גַּבֵּי אוֹשְׁפְּזֵיכְנֵיהּ דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן קַייְמָא הָתָם. ור"ח כָּתַב הָכָא מֵהָא שָׁמְעִינַן דְּכָל מִידֵּי דַּחֲזֵי לֵיהּ לְאִינִישׁ דַּעְתֵּיהּ עִילָּוֵיהּ. וְהָא דְּאָמַר רַב נַחְמָן עֵז לַחֲלָבָהּ כו' בָּאנוּ לְמַחֲלֹוקֶת דְּרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן. הָא בְּהֶדְיָא קי"ל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. ואע"ג דִּבְיוֹם טוֹב קי"ל כְּרַבִּי יְהוּדָה ה"מ כְּגוֹן נוֹלַד () וּמֻוקְצֶה מֵחֲמַת אִיסּוּר וְכַיּוֹצֵא בּוֹ אֲבָל הָנֵי כֻּולְּהוּ שָׁרִי בְּיוֹם טוֹב וְכֵן כָּתַב בַּעַל הָעִיטּוּר זַ"ל: 0הַדְרָן עֲלָךְ מַשִּׁילִין וּסְלִיקָא לָהּ מַסֶּכֶת בֵּיצָה
<b>Guemara.</b> « Pourquoi dire : on abreuve et on abat ? » Il nous enseigne une chose en passant : qu'un homme abreuve d'abord et abatte ensuite, en raison de l'adhérence de la peau (sirkha de-machkha). Nos maîtres ont enseigné : quelles sont les bêtes du désert (midbariot) et quelles sont les bêtes domestiques (bayetot) ? Les bêtes du désert sont celles qui sortent à Pessa'h, paissent, et rentrent dans l'agglomération à la saison des pluies (reviaa). Les domestiques sont celles qui sortent et paissent hors du tehoum (limite du chabbat) et reviennent passer la nuit à l'intérieur du tehoum. Rabbi dit : les unes et les autres sont domestiques ; les bêtes du désert sont celles qui sortent et paissent dans la prairie et ne rentrent pas dans l'agglomération, ni à la saison chaude ni à la saison des pluies. Nous avons trouvé de grands maîtres qui tranchent cette question avec indulgence et disent qu'ils tiennent comme Rabbi Chimon, qui n'admet pas le mouktse (ce qui est écarté de l'usage), et comme l'a dit Rav Nahman (Chabbat 19b) : une chèvre gardée pour son lait, une brebis pour sa laine, une poule pour ses œufs, des bœufs de labour et des dattes de commerce, c'est la controverse de Rabbi Yehouda et de Rabbi Chimon, Rabbi Yehouda interdisant et Rabbi Chimon permettant ; et nous disons (ibid. 157a) que la halakha est comme Rabbi Chimon. Nous ne tenons pas ainsi : lorsqu'il a été dit que la halakha est comme Rabbi Chimon, cela a été dit pour le chabbat. Et par ce que dit Rav Nahman, « une chèvre pour son lait, une brebis pour sa laine, etc. », Rav Nahman ne tranche pas comme l'un d'eux ; il dit seulement que c'est la controverse de Rabbi Yehouda et de Rabbi Chimon. Puisque nous tenons que, pour le chabbat, nous suivons Rabbi Chimon, qui n'admet pas le mouktse, et que, pour le jour de fête, nous suivons Rabbi Yehouda, il en résulte d'emblée que la chèvre pour son lait, la brebis pour sa laine, etc., sont tous interdits le jour de fête ; et ce qui, parmi eux, est propre à être mangé le chabbat, comme les dattes de commerce, il est permis d'en manger le chabbat. De plus, nous trouvons que Rav Nahman lui-même tient que la halakha, le jour de fête, est comme Rabbi Yehouda, qui admet le mouktse. Car nous disons au début de notre traité : de quoi traitons-nous ? Si l'on dit d'une poule destinée à la consommation, quel est le motif de Beit Hillel ? C'est un aliment qui s'est séparé (okhla de-ifrat). Mais alors d'une poule destinée à pondre : quel est le motif de Beit Chamai ? C'est un mouktse. Et Rav Nahman résout : en vérité, il s'agit d'une poule destinée à pondre ; celui qui admet le mouktse admet le nolad (ce qui vient de naître), et celui qui n'admet pas le mouktse n'admet pas le nolad ; Beit Chamai suivent Rabbi Chimon et Beit Hillel Rabbi Yehouda. Et nous objectons : Rav Nahman a-t-il dit cela ? Or nous avons appris : Beit Chamai disent qu'on enlève de la table les os et les écorces, et Beit Hillel disent qu'on retire le plateau entier et qu'on le secoue ; et Rav Nahman a dit : nous n'avons que Beit Chamai comme Rabbi Yehouda et Beit Hillel comme Rabbi Chimon. Et nous résolvons : Rav Nahman te dira que, pour le chabbat, où le tana anonyme nous enseigne comme Rabbi Chimon — car nous avons appris : on découpe les courges devant la bête et la nevela devant les chiens —, il établit Beit Hillel comme Rabbi Chimon ; tandis que pour le jour de fête, où le tana anonyme nous enseigne comme Rabbi Yehouda — car nous avons appris : on ne fend pas du bois à partir des poutres, ni à partir d'une poutre qui s'est brisée le jour de fête —, il établit Beit Hillel comme Rabbi Yehouda. Puisque nous trouvons que Rav Nahman tient, pour le jour de fête, comme Rabbi Yehouda, il en résulte que la chèvre pour son lait, la brebis pour sa laine, les bœufs de labour et les dattes de commerce sont tous, pour Rav Nahman, interdits le jour de fête. Du débat de la guemara également nous apprenons que la halakha est comme Rabbi Yehouda le jour de fête, puisqu'elle dit : si c'est d'une poule destinée à pondre, quel est le motif de Beit Chamai ? C'est un mouktse — c'est-à-dire que c'est chose connue que le mouktse est interdit. Nous disons encore plus haut (Beitzah 4a) : il a été enseigné, Acherim disent, Rabbi Eliezer dit : l'œuf sera mangé, lui et sa mère ; de quoi traitons-nous ? Si l'on dit d'une poule destinée à la consommation, il est évident que lui et sa mère sont permis ; mais alors d'une poule destinée à pondre, lui et sa mère sont interdits. Il en ressort que telle est la halakha. Quant aux bêtes domestiques et aux bêtes du désert, nous tenons également comme la michna anonyme et comme l'a expliqué le premier tana de la baraita, qui dit : les bêtes du désert sont toutes celles qui sortent à Pessa'h, paissent et rentrent à la saison des pluies ; les domestiques, celles qui sortent et paissent hors du tehoum et reviennent passer la nuit à l'intérieur du tehoum. Et Rabbi, qui dit que les unes et les autres sont domestiques, la halakha n'est pas comme lui, car nous ne tenons la halakha comme Rabbi que face à un seul contradicteur, mais non face à plusieurs. Les bêtes du désert, qui ne reviennent pas passer la nuit à l'intérieur du tehoum, sont donc mouktse, car l'esprit du propriétaire n'est pas porte sur elles, puisqu'elles ne rentrent pas à l'intérieur du tehoum. L'auteur des Halakhot Guedolot a écrit que ce mouktse est de rabbinique ; et puisqu'il existe deux versions, l'une selon laquelle Rabbi Chimon admet le mouktse pour les bêtes du désert et l'autre selon laquelle il ne l'admet pas, nous agissons avec indulgence et l'on abat les bêtes du désert. Ainsi ont tranché Rav Haï et Maimonide (Lois du jour de fête 1, 17) : nous tenons, pour le mouktse, comme Rabbi Chimon le chabbat et comme Rabbi Yehouda le jour de fête. Mais Rachi a écrit plus haut (Beitzah 33a, s.v. « ve-hilkheta »), sur la michna « on ne cale pas la marmite », que nous tenons comme Rabbi Chimon même le jour de fête. Ainsi également Rabbenou Tam et le Ri, qui ont apporté une preuve de la fin du traité Chabbat, où il est dit (156b) : « Et Levi aussi tenait la halakha comme Rabbi Yehouda, comme dans ce cas où, lorsqu'on apportait devant Levi un jour de fête une bête à examiner pour terefa, il ne l'examinait que sur un tas d'ordures, disant : peut-être ne sera-t-elle pas déclarée cachere, et elle ne serait même pas propre aux chiens. » Il en ressort qu'il n'y a pas de distinction entre le jour de fête et le chabbat. Il est dit encore là-bas : « Et Rabbi Yo'hanan aussi tenait la halakha comme Rabbi Chimon. Et Rabbi Yo'hanan a-t-il dit cela ? Or Rabbi Yo'hanan a dit : la halakha est comme la michna anonyme. Et nous avons appris : on ne fend pas du bois à partir des poutres, ni d'une poutre qui s'est brisée le jour de fête. » Il en ressort que le texte anonyme du Talmud ne distingue pas entre chabbat et jour de fête, et nous ne trouvons personne qui distingue, sinon Rav Nahman, qui s'est forcé à distinguer pour maintenir son propre établissement. Pour les autres amoraim, il n'est pas nécessaire de distinguer, et nous ne tenons pas compte de cette version qui dit : « Puisque celui qui a enseigné les michnayot anonymes est Rabbi, quelle différence y a-t-il entre le chabbat, où il nous enseigne anonymement comme Rabbi Chimon, et le jour de fête, où il nous enseigne anonymement comme Rabbi Yehouda ? » — car en plusieurs endroits nous voyons que les enseignements anonymes se contredisent entre eux. L'auteur des Halakhot Guedolot tranche comme Rabbi Chimon pour le mouktse le jour de fête, mais comme Rabbi Yehouda pour le nolad, et il apporte une preuve de ce qui précède, au chapitre Hamevi (Beitzah 33a), où Rava a enseigné qu'une femme n'entre pas parmi les bois pour y prendre un tison, etc. Ce n'est pas une preuve, car Rava suit sa propre voie : même pour le reste du mouktse qui n'est pas nolad, il tient comme Rabbi Yehouda, comme cela ressort de la fin du chapitre Notel (Chabbat 142b) ; tandis que nous, qui tenons (Chabbat 143a) comme Rabbi Chimon pour le mouktse, il en va de même pour le nolad. Toutefois Rabbenou Tam a déduit de Chemouel que, à la fin de Chabbat (156b), il tient comme Rabbi Chimon, et que malgré cela il est dit à la fin du chapitre Notel (Chabbat 143a) qu'il ne déplaçait les noyaux de dattes que grâce au pain. Ce n'est pas une preuve à partir de Chemouel, car il était rigoureux envers lui-même, comme Abaye et Rava dans ce même passage. La preuve en est que Chemouel a explicitement tranché, pour le nolad, comme Rabbi Chimon, à la fin du premier chapitre de Chabbat (19b), au sujet de l'huile des pressoirs, comme il est expliqué là-bas qu'il s'agit d'une huile qui a coulé le chabbat, ce qui se rattache à ce dont il est question plus haut, le chargement de la poutre du pressoir. Il est donc certain qu'il était rigoureux envers lui-même. De plus, Rabbi Yo'hanan a tranché comme Rabbi Chimon même pour le nolad, comme on le déduit à la fin de Chabbat (157a) du cas des os et des écorces. Rabbenou Tam a encore déduit que le nolad est interdit, à partir du texte anonyme du chapitre Notel (Chabbat 143a), qui interdit de déplacer les noyaux de dattes perses ; et l'on ne peut pas dire que c'est parce qu'ils ne sont même pas propres à la bête, car il ressort du chapitre Bameh Madlikin (Chabbat 29a) qu'ils sont propres à la bête ; c'est donc certainement en raison du nolad qu'ils sont interdits. Quant à l'objection faite à la fin du chapitre Kira (Chabbat 45b) contre le propos de Rabbi Yo'hanan à partir de Rav Nahman, selon qui celui qui n'admet pas le mouktse n'admet pas le nolad — nous ne tenons pas ainsi, et la guemara aurait pu répondre là-bas que nous ne tenons pas ainsi, mais elle ne s'en est pas souciée. La preuve en est que, sans cela, elle aurait pu répondre que Rabbi Yo'hanan interdit l'œuf en raison des liquides qui ont coulé (plus haut, Beitzah 3a), et même quant au déplacement, comme il ressort plus haut (Beitzah 4a) du cas de l'hôte de Rav Adda bar Ahava, où l'on se tient selon Rabbi Yo'hanan. Et Rabbenou Hananel a écrit ici : de ceci nous apprenons que tout ce qui est propre à l'usage d'un homme, l'esprit de celui-ci est porte dessus ; et ce que dit Rav Nahman, « une chèvre pour son lait, etc. », nous ramène à la controverse de Rabbi Yehouda et de Rabbi Chimon, or nous tenons explicitement comme Rabbi Chimon. Et bien que, le jour de fête, nous tenions comme Rabbi Yehouda, cela vaut pour le nolad, pour le mouktse en raison d'un interdit et pour ce qui leur ressemble ; mais tous ces cas-là sont permis le jour de fête. Ainsi a également écrit l'auteur du Ittour. Hadran alakh Mechalin, et ainsi s'achève le traité Beitzah.
💡 Explication

La guemara ouvre un nouveau sujet avec une baraita dont la formule surprend : « l'œuf sera mangé, lui et sa mère ». Mentionner la mère semble inutile dans les deux hypothèses. Si la poule est destinée à être mangée, sa permission va de soi ; si elle est destinée à pondre, elle est mouktse et l'œuf l'est avec elle.

Rabbi Zera résout en lisant « agav ima », grâce à sa mère : la permission de l'œuf dépend de celle de la poule. Lorsque la poule elle-même peut être consommée le jour de fête, l'œuf qu'elle a pondu bénéficie de ce même statut.

🖼️ Schéma
La baraita : l'œuf sera mangé, lui et sa mèreDe quelle poule parle-t-on ?Destinée à la consommationAlors la mère est évidente :pourquoi la mentionner ?Destinée à pondreAlors elle est mouktse :les deux sont interditsRabbi Zera : agav ima, grâce à sa mèreSi la poule est mangée aujourd hui, son œuf l'est aussi
Les deux hypothèses écartées par la guemara, et la lecture de Rabbi Zera qui les dépasse.
8
הֵיכִי דָמֵי? אָמַר אַבַּיֵּי: כְּגוֹן שֶׁלְּקָחָהּ סְתָם, נִשְׁחֲטָה — הֻובְרְרָה דְּלַאֲכִילָה עוֹמֶדֶת. לֹא נִשְׁחֲטָה — הֻובְרְרָה דִּלְגַדֵּל בֵּיצִים עוֹמֶדֶת.

Comment cela ? Abaye a dit : par exemple lorsqu'il l'a achetée sans préciser sa destination (stam).

Si elle a été abattue, il s'est clarifié rétroactivement qu'elle était destinée à la consommation ; si elle n'a pas été abattue, il s'est clarifié qu'elle était destinée à pondre des œufs.

📜 Rachi (1)
שֶׁלְּקָחָהּ סְתָם תַּרְנְגֹולֶת זוֹ קְנָאָהּ סְתָם:
Cette poule, il l'a achetée sans préciser sa destination.
💡 Explication

Abaye précise le cas qui donne sa portée à la réponse de Rabbi Zera. Tant que la destination de la poule est fixée d'avance, la situation ne fait pas de difficulté. Le cas intéressant est celui de la poule achetée stam, sans intention déclarée.

Le statut de l'œuf se détermine alors rétroactivement, par ce que le propriétaire fait de la poule ce jour-là : l'abattage révèle que la poule était destinée à être mangée, et l'œuf est permis ; l'absence d'abattage révèle l'inverse.

9
רַב מָרִי אָמַר: גּוּזְמָא קָתָנֵי. דְּתַנְיָא, אֲחֵרִים אוֹמְרִים מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: בֵּיצָה תֵּאָכֵל הִיא וְאִמָּהּ, וְאֶפְרוֹחַ וּקְלִיפָּתוֹ.

Rav Mari a dit : la baraita enseigne par exagération (gouzma). Car il a été enseigné : Acherim disent au nom de Rabbi Eliezer : l'œuf sera mangé, lui et sa mère, et le poussin et sa coquille.

📜 Rachi (1)
גּוּזְמָא קָתָנֵי כְּאָדָם שֶׁרוֹצֶה לְהַחְזִיק דְּבָרָיו מִדָּבָר יֶתֶר וּבְעוֹמֶדֶת לַאֲכִילָה קָאָמַר וְנֶחֱלַק עַל בֵּית הִלֵּל הָאוֹסְרִים וְאַמָּה לָא אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ אֶלָּא גָּזֵים וַאֲמַר מִילְּתָא יַתִּירָא הַכֹּל יֹאכַל גַּם אֶת הָאָב גַּם אֶת הָאֵם:
Comme un homme qui veut appuyer ses propos par un mot excessif. Il parle d'une poule destinée à la consommation, et il diverge de Beit Hillel qui interdisent. « Et sa mère » ne lui était pas nécessaire ; il a seulement exagéré et dit une chose superflue : tout sera mangé, le père comme la mère.
10
מַאי קְלִיפָּתוֹ? אִילֵּימָא קְלִיפָה מַמָּשׁ, קְלִיפָּה בַּת אֲכִילָה הִיא? אֶלָּא אֶפְרוֹחַ בִּקְלִיפָּתוֹ. עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב, אֶלָּא הֵיכָא דְּיָצָא לַאֲוִיר הָעוֹלָם. אֲבָל הֵיכָא דְּלֹא יָצָא לַאֲוִיר הָעוֹלָם — לָא פְלִיגִי.

Que signifie « sa coquille » ? Si l'on dit une coquille au sens propre, une coquille est-elle comestible ?

Mais alors le poussin dans sa coquille. Or les Sages n'ont divergé d'avec Rabbi Eliezer ben Yaakov que là où le poussin est sorti à l'air du monde ; mais là où il n'est pas sorti à l'air du monde, ils ne divergent pas.

📜 Rachi (1)
דָּר' אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹסֵר אֶפְרוֹחִים שֶׁלֹּא נִפְתְּחוּ עֵינֵיהֶם וּפְלִיגִי רַבָּנָן עָלֶיהָ וּלְקַמָּן מַיְיתֵי לָהּ בַּגְּמָרָא:
Il interdit les poussins dont les yeux ne se sont pas ouverts, et les Sages divergent de lui ; la guemara le rapportera plus loin.
💡 Explication

Rav Mari appuie sa lecture sur une seconde version de la même baraita, qui ajoute « et le poussin et sa coquille ». La guemara montre que cette formule ne peut pas être prise au pied de la lettre.

Une coquille n'est pas un aliment ; et si l'on comprend « le poussin encore dans sa coquille », l'énoncé devient impossible, car même les Sages, qui sont indulgents avec le poussin qui vient d'éclore, conviennent qu'un poussin non sorti à l'air du monde reste interdit. La formule est donc une gouzma, une exagération destinée à appuyer le propos.

11
אֶלָּא ״אֶפְרוֹחַ וּקְלִיפָּתוֹ״ — גֻּוזְמָא, הָכָא נָמֵי ״תֹּאכַל הִיא וְאָמָה״ — גֻּוזְמָא.

Mais alors « le poussin et sa coquille » est une exagération ; ici aussi, « il sera mangé, lui et sa mère » est une exagération.

📜 Rachi (1)
גֻּוזְמָא אע"פ דְּלָא אֶפְשָׁר גְּזִים וְאָמַר מִילְּתָא דְּטֻופְייָנָא גֻּוזְמָא דְּבַר שִׁנּוּי שֶׁאֵינוֹ מִתְקַבֵּל:
Bien que la chose soit impossible, il a exagéré et énoncé une parole démesurée. Gouzma désigne une chose étrange, qui ne peut être admise.
12
אִתְּמַר, שַׁבָּת וְיוֹם טוֹב, רַב אָמַר: נוֹלְדָה בָּזֶה — אֲסוּרָה בָּזֶה, וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: נוֹלְדָה בָּזֶה — מֻותֶּרֶת בָּזֶה. נֵימָא קָסָבַר רַב: קְדֻושָּׁה אַחַת הִיא?

Il a été dit : lorsque le chabbat et le jour de fête se suivent, Rav dit : ce qui est né en l'un est interdit en l'autre ; et Rabbi Yo'hanan dit : ce qui est né en l'un est permis en l'autre. Dirons-nous que Rav tient qu'il s'agit d'une seule sainteté ?

📜 Rachi (2)
שַׁבָּת וְיוֹם טוֹב הַסִּמּוּכִין וְהוּא הַדִּין לְיוֹם טוֹב וְשַׁבָּת:
Le chabbat et le jour de fête qui se suivent ; et il en va de même pour un jour de fête suivi du chabbat.
קְדֻושָּׁה אַחַת הִיא הֲרֵי הֵן כְּיוֹם אֶחָד אָרֹוךְ:
Ils sont comme un seul jour, qui serait long.
🗂️ Tossefot (1)
נֵימָא קָסָבַר רַב קְדֻושָּׁה אַחַת הֵן. תֵּימַהּ לֵימָא דְּקָסָבַר שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן אֶלָּא הַטַּעַם הָוֵי מִגּוֹ דְּאִתְקְצַאי לְבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת דְּשֶׁמָּא יוֹם שַׁבָּת הוּא אִתַּקְצַאי לְכֻולֵּי יוֹמָא דְּיוֹם שֵׁנִי וי"ל דְּלָא אָמְרִינַן מִגּוֹ מִשּׁוּם יוֹם שֶׁהוּא לְשֶׁעָבַר דְּדַוְקָא לְהַבָּא אָמְרִינַן הָכִי כְּגוֹן בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דִּתְחִילַּת יוֹם טוֹב אוֹ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דְּשַׁבָּת שֶׁמָּא שַׁבָּת הוּא וְתֵימַהּ דְּהָא בְּסֻוכָּה (דַּף י.) אָמְרִינַן נוֹיֵי סֻוכָּה אֲסוּרִין עַד מוֹצָאֵי יוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג שֶׁהוּא יוֹם תְּשִׁיעִי שֶׁהוּא סָפֵק יוֹם שְׁמִינִי וְעַל כְּרִחְיָךְ טַעְמָא מִשּׁוּם דְּאִתַּקְצַאי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דְּשֶׁמָּא יוֹם שְׁמִינִי הוּא וְהַיְינוּ לְשֶׁעָבַר וי"ל דְּמֻוקְצֶה מֵחֲמַת מִצְוָה שָׁאנֵי כְּדִמְפָרֵשׁ טַעְמָא הָתָם דִּילְמָא מִתְרַמְיָא לֵיהּ סְעוּדָה וְאָכִיל בְּגַוַּהּ וְהָתָם אָמְרִינַן אֲפִילּוּ לְשֶׁעָבַר אֲבָל הָכָא מֻוקְצֶה דְּמֵחֲמַת אִסּוּר לָא אָמְרִינַן הָכִי:
Il y a lieu de s'étonner : que l'on dise plutôt qu'il tient qu'il s'agit de deux saintetés, et que le motif est le migo, puisque l'œuf a été écarté au crépuscule, car c'était peut-être le jour du chabbat, et il se trouve écarté pour tout le second jour. On peut répondre que nous ne disons pas migo en raison d'un jour déjà passé : nous raisonnons ainsi uniquement pour l'avenir, comme au crépuscule qui ouvre le jour de fête, où au crépuscule du chabbat, lorsque c'est peut-être déjà chabbat. Et il y a lieu de s'étonner encore : dans Souka (10a) nous disons que les ornements de la souka sont interdits jusqu'à l'issue du dernier jour de fête de la fête, lequel est le neuvième jour, qui par doute est le huitième ; et le motif tient nécessairement à ce qu'ils ont été écartés au crépuscule, puisque c'était peut-être le huitième jour, ce qui constitue un raisonnement portant sur le passé. On peut répondre qu'un mouktse en raison d'une mitsva est différent, comme la guemara en explique la raison là-bas : peut-être se trouvera-t-il un repas et il y mangera ; là, nous raisonnons ainsi même pour le passé. Mais ici, pour un mouktse en raison d'un interdit, nous ne disons pas ainsi.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' בְּמַאי עָסְקִינַן. אִילֵימָא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לַאֲכִילָה מַאי טַעֲמָא דב"ה אוּכְלָא דְּאֶפְרָת הוּא. אֶלָּא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים מַאי טַעְמָא דב"ש מֻוקְצֶה הוּא. וְאוֹקְמָא רַבָּה בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לַאֲכִילָה וביו"ט שֶׁחָל לִהְיוֹת אַחַר הַשַּׁבָּת עָסְקִינַן וּמִשּׁוּם הֲכָנָה וְקָסָבַר רַבָּה כֹּל בֵּיצָה דְּמִתְיַלְדָא הָאִידָּנָא מֵאֶתְמוֹל גָּמְרָה לָהּ. וְרַבָּה לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר רַבָּה וְהָיָה בַּיּוֹם הַשִּׁשִּׁי וְהֵכִינוּ אֶת אֲשֶׁר יָבִיאוּ חוֹל מֵכִין לְשַׁבָּת וְחוֹל מֵכִין לְיוֹם טוֹב וְאֵין יו"ט מֵכִין לְשַׁבָּת וְאֵין שַׁבָּת מְכִינָה ליו"ט. אֶלָּא מֵעַתָּה יוֹם טוֹב דְּעָלְמָא תִּשְׁתְּרֵי. גְּזֵירָה מִשּׁוּם יו"ט שֶׁאַחַר הַשַּׁבָּת. שַׁבָּת דְּעָלְמָא תִּשְׁתְּרֵי גְּזֵירָה מִשּׁוּם שַׁבָּת שֶׁאַחַר יו"ט. וּמִי גָּזְרִי' וְהָתַנְיָא הַשּׁוֹחֵט אֶת הַתַּרְנְגֹולֶת וּמָצָא בָּהּ בֵּיצִים גְּמוּרוֹת מֻותָּר לְאָוכְלָן בְּיוֹם טוֹב. וְאִם אִיתָא לִגְזֹור מִשּׁוּם הָנָךְ דְּאָתִילְדוּ בְּיוֹמֵיהּ. וא"ת מַאי פָּרִיךְ הִיא גּוּפָהּ גְּזֵירָה אַטּוּ יו"ט שֶׁאַחַר הַשַּׁבָּת וְהֵיאַךְ נִגְזוֹר גְּזֵירָה לִגְזֵירָה אֲבָל שַׁבָּת דְּעָלְמָא וְיוֹם טוֹב דְּעָלְמָא חֲדָא גְּזֵירָה הִיא דְּאַטּוּ יו"ט אַחַר הַשַּׁבָּת וְשַׁבָּת אַחַר יוֹם טוֹב דְּהָוֵי אִיסּוּרָא דְּאוֹרָייְתָא. וְי"ל דְּמַשְׁמַע לֵיהּ הָא דְּקָתָנֵי מֻותָּר לְאָוכְלָן ביו"ט בְּכָל יוֹם טוֹב אַייְרֵי. אַף ביו"ט שֶׁאַחַר הַשַּׁבָּת דְּלֵיכָּא אֶלָּא חֲדָא גְּזֵירָה אַטּוּ בֵּיצָה דְּמִתְיַלְּדָא הַיּוֹם. וא"ת כֵּיוָן דְּאַשְׁכַּח גְּמוּרוֹת דִּלְמָא אִם לֹא נִשְׁחֲטָה הָיְתָה יוֹלֶדֶת הַיּוֹם וְתֵיאָסֵר מִסָּפֵק דְּהָוֵה לֵיהּ סְפֵיקָא דְאוֹרָייְתָא. וי"ל דְּלָא מִיקַּרְיָא הֲכָנָה אִם לֹא שֶׁנִּגְמְרָה הַבֵּיצָה הַיּוֹם ע"י הֲכָנָה שֶׁמֵּאֶתְמוֹל וּבִמְעֵי אַמָּה לֹא נִגְמְרָה עַד שֶׁתֵּצֵא לַאֲוִיר הָעוֹלָם. וּדְלֹא כְּרַבֵּינוּ אֶפְרַיִם דְּמוּקֵי הַךְ בָּרַייְתָא ביו"ט דְּעָלְמָא אֲבָל ביו"ט שֶׁלְּאַחַר הַשַּׁבָּת אָסוּר מִסָּפֵק דִּלְמָא הָוֵי מִתַּילְדָא הַיּוֹם. אֲמַר לֵיהּ בֵּיצִים גְּמוּרוֹת בִּמְעֵי אִמָּן מִילְּתָא דְלָא שְׁכִיחָא וְלָא גָּזְרוּ בֵּיהּ רַבָּנָן. וְיֵרָאֶה מַה שֶׁתָּפַס הָרַב אִלְפַּס זַ"ל שִׁינּוּיָא דְּרַבָּה עִיקָּר אע"ג דְּרַבִּי יוֹחָנָן אִית לֵיהּ נָמֵי טַעְמָא דְּמַשְׁקִין שֶׁזָּבוּ. מִשּׁוּם דְּנִרְאֶה לוֹ גְּזֵירָה רְחוֹקָה לְדַמּוֹת בֵּיצָה לְמַשְׁקִין שֶׁזָּבוּ אוֹ לְפֵירוֹת הַנּוֹשְׁרִים כְּדִמְפָרֵשׁ הַשַּׁ"ס מִשּׁוּם דְּבֵיצָה אוּכְלָא וּבְלוּעָה וּפֵירוֹת מִיגְּלוּ וּמַשְׁקִין לָאו אוּכְלָא. הִלְכָּךְ נִרְאֶה לוֹ לְפָרֵשׁ מִשּׁוּם הֲכָנָה כֵּיוָן דְּקַיְימָא לָן הִלְכְתָא כְּרַבָּה (דְּאָמַר) דְּאִית לֵיהּ הֲכָנָה. וְגַם קַייְמָא לַן דְּכָל בֵּיצָה דְּמִתְיַלְדָא הָאִידָּנָא מֵאֶתְמוֹל גָּמְרָה לָהּ. וְעוֹד נִרְאֶה לוֹ לִפְסֹוק לְחוּמְרָא לֶאֱסֹור בֵּיצָה מִדְּאוֹרַייְתָּא בְּשַׁבָּת וְיוֹם טוֹב. דְּאִיתְּמַר שַׁבָּת וְיו"ט רַב אָמַר נוֹלְדָה בָּזֶה אֲסוּרָה בָּזֶה. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר נוֹלְדָה בָּזֶה מֻותֶּרֶת בָּזֶה. וְקָמִיפַּלְגִי בַּהֲכָנָה דְּרַבָּה דְּרַב אִית לֵיהּ הֲכָנָה דְרַבָּה. וְרַבִּי יוֹחָנָן ל"ל הֲכָנָה דְּרַבָּה. וקי"ל כְּרַב. דְּאָמַר רָבָא הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב בְּהָנֵי תְּלָת בֵּין לְקֻולָּא בֵּין לְחֻומְרָא. חֲדָא הָא דַּאֲמָרָן. וְאִידָךְ דְּאִיתְּמַר שְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלִיּוֹת רַב אָמַר נוֹלְדָה בָּזֶה מֻותֶּרֶת בָּזֶה. וְרַב אַסִּי אָמַר נוֹלְדָה בָּזֶה אֲסוּרָה בָּזֶה. וְאִידָךְ דְּאִיתְּמַר שְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל ר"ה רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַייְהוּ נוֹלְדָה בָּזֶה אֲסוּרָה בָּזֶה. וּבֵיצָה דְּמִתְיַלְּדָא בַּשַּׁבָּת אוֹ בְּיוֹם טוֹב לָא מִיבַּעְיָא לְמֵיכְלֵהּ הוּא דְּאָסוּר אֶלָּא אֲפִילּוּ לְטַלְטְלָהּ נָמֵי אָסוּר. דְּתַנְיָא אַחַת בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בְּיוֹם טוֹב וְאַחַת בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בְּשַׁבָּת אֵין מְטַלְטְלִין אוֹתָהּ לֹא לְכַסּוֹת בָּהּ אֶת הַכְּלִי וְלֹא לִסְמֹוךְ בָּהּ כַּרְעֵי הַמִּטָּה אֲבָל כּוֹפֶה עָלֶיהָ אֶת הַכְּלִי בִּשְׁבִיל שֶׁלֹּא תִּשָּׁבֵר וּסְפֵיקָהּ אֲסוּרָה. נִתְעָרְבָה בְּאֶלֶף כֻּולָּן אֲסוּרוֹת יְרוּשַׁלְמִי (פ"ה הֵל' א) וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהֵא כְּלִי נוֹגֵעַ בְּבֵיצָה. וְהָא דְּאָמַר שַׁבָּת וְיוֹם טוֹב נוֹלְדָה בָּזֶה אֲסוּרָה בָּזֶה לָא שְׁנָא שַׁבָּת אַחַר יוֹם טוֹב וְלָא שְׁנָא יוֹם טוֹב אַחַר שַׁבָּת דְּקַייְמָא לָן כְּרַבָּה דְּאָמַר חוֹל מֵכִין לְשַׁבָּת וְחוֹל מֵכִין לְיוֹם טוֹב וְאֵין יוֹם טוֹב מֵכִין לְשַׁבָּת וְאֵין שַׁבָּת מְכִינָה לְיוֹם טוֹב. וְתַנְיָא נָמֵי הָכִי נוֹלְדָה בְּשַׁבָּת תֵּאָכֵל בְּיוֹם טוֹב נוֹלְדָה בְּיוֹם טוֹב תֵּאָכֵל בְּשַׁבָּת. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר עֲדַיִין הִיא מַחֲלֹוקֶת שֶׁבֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים תֵּאָכֵל וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים לֹא תֵּאָכֵל. וְקַיְימָא לָן כְּרַבִּי יְהוּדָה. וְאָמְרִינַן נָמֵי אֻושְׁפִּיזְכָּנֵיהּ דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה הֲווֹ לֵיהּ הָנָךְ בֵּיצִים מִיּוֹם טוֹב לְשַׁבָּת אֲתָא לְקַמֵּי' אֲמַר לֵיהּ מַהוּ לְמִיטְווִינְהוּ וּלְמֵיכְלִינְהוּ לְמָחָר. אֲמַר לֵיהּ מַאי דַּעְתָּיךְ רַב וְרַבִּי יוֹחָנָן הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן אַף רַבִּי יוֹחָנָן לָא שָׁרֵי אֶלָּא לְגָומְעָהּ לְמָחָר אֲבָל לְטַלְטְלִינְהוּ בְּיוֹמֵיהּ לָא. דְּתַנְיָא אַחַת בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בְּשַׁבָּת וְאַחַת בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בְּיוֹם טוֹב אֵין מְטַלְטְלִין אוֹתָהּ לֹא לְכַסּוֹת בָּהּ אֶת הַכְּלִי וְלֹא לִסְמֹוךְ בָּהּ כַּרְעֵי הַמִּטָּה: אֻושְׁפִּיזְכָּנֵיהּ דְּרַב פָּפָּא הֲווֹ לֵיהּ הָנָךְ בֵּיצִים מִשַּׁבָּת לְיוֹם טוֹב אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא אֲמַר לֵיהּ מַהוּ לְמֵיכְלִינְהוּ לִמְחַר. אֲמַר לֵיהּ זִיל הָאִידָּנָא וְתָא לְמָחָר. דְּרַב לָא מוֹקֵים אָמוֹרָא עֲלֵיהּ מִיּוֹמָא טָבָא לְחַבְרֵיהּ מִשּׁוּם שִׁכְרוּת. כִּי אֲתָא לִמְחַר אֲמַר לֵיהּ אֵיכוּ הַשְׁתָּא אִישְׁתְּלַאי וַאֲמַרִי לְךָ רַב וְרַבִּי יוֹחָנָן הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן. הָאָמַר רָבָא הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב בְּהָנֵי תְּלָת בֵּין לְקֻולָּא בֵּין לְחֻומְרָא. וא"ת הָא דְּאָמְרִינַן בִּירוּשַׁלְמִי (פ"א הֵל' א) שִׁיּוּרֵי פְּתִילָה שֶׁכָּבוּ בְּשַׁבָּת מַהוּ לְהַדְלִיק ביו"ט רַב וְרַבִּי חֲנִינָא אוֹסְרִין וְרַבִּי יוֹחָנָן מַתִּיר. וּמַאי טַעְמָא אֵין אָנוּ נוֹהֲגִין אִיסּוּר מֵאַחַר דְּפָסְקִינַן הִלְכְתָא כְּרַב. וְי"ל מִשּׁוּם דְּבַיְּרוּשַׁלְמִי לָא אֲסִיר לֵיהּ מִטַּעַם הֲכָנָה דְּלָא שַׁיָּיךְ הֲכָנָה בְּכִי הַאי גַּוְונָא. אֶלָּא מִטַּעַם קְדֻושָּׁה אַחַת אָסַר לֵיהּ דְּמַסִּיק עֲלָהּ בִּירוּשַׁלְמִי רַב הוּנָא אָמַר בְּשֵׁם רַב הֲלָכָה כְּאַרְבָּעָה זְקֵנִים. רַב חִסְדָּא מִיחַלְּפָא שִׁיטְתֵיהּ דְּרַב. תַּמָּן הוּא דַּעֲבִיד לֵיהּ שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת וְהָכָא עֲבִיד לֵיהּ קְדֻושָּׁה אַחַת אַלְמָא בְּהֶדְיָא מִטַּעַם קְדֻושָּׁה אַחַת אָסַר לֵיהּ וְלֹא מִטַּעַם הֲכָנָה וְהָא דְּפָסְקִינַן כְּרַב הַיְינוּ בְּאִיסּוּרֵי הֲכָנָה. וּמֵהַאי טַעְמָא נָמֵי כִּי מִיקְלַע שִׂמְחַת תּוֹרָה בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת שָׁרֵי אֶתְרוֹג בַּאֲכִילָה. אע"ג דִּבְשַׁבָּת אָסוּר דִּשְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן וַהֲכָנָה אֵין כָּאן. וה"ר בָּרוּךְ בַּעַל הַתְּרוּמוֹת זַ"ל כָּתַב דְּרַב חִסְדָּא לְטַעְמִי' דְּלֵית לֵיהּ הֲכָנָה בְּפֶרֶק בַּכֹּל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף לח:) הִלְכָּךְ מְפָרֵשׁ טַעְמֵיהּ דְּרַב מִשּׁוּם קְדֻושָּׁה אַחַת אֲבָל לְדִידַן דְּאִית לָן הֲכָנָה אֵין מְחַלְּפִין שִׁיטְתֵיהּ דְּרַב וְטַעֲמָא מִשּׁוּם הֲכָנָה שֶׁיּוֹתֵר טוֹבוֹת הֵן לְהַדְלִיק כְּשֶׁהֻודְלְקוּ כְּבָר וְכָבוּ. הִלְכָּךְ בְּשַׁבָּת וְיוֹם טוֹב וּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה אָסוּר לְהַדְלִיק בְּלֵילֵי יוֹם טוֹב שִׁיּוּרֵי הַפְּתִילָה שֶׁכָּבוּ בָּרִאשׁוֹנָה. אִם לֹא שֶׁנִּדְלְקוּ וְנִכְבּוּ בְּחֹול דְּהַשְׁתָּא הוּכְנוּ מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב וְכֵן הַלַּפִּידִים שֶׁכָּבוּ בָּרִאשׁוֹן. אִם לֹא שֶׁיַּרְבּוּ עֲלֵיהֶם עֵצִים אֲחֵרִים וִיבַטְּלֵם בְּרֹוב כִּדְרַב מַתָּנָה. וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִגַּע בָּהֶן אֲבָל יָכוֹל לַהֲפֹוךְ בָּהֶם אַחַר שֶׁנִּתְבַּטְּלוּ בְּרוֹב:
<b>Guemara.</b> « De quoi traitons-nous ? » Si l'on dit d'une poule destinée à la consommation, quel est le motif de Beit Hillel ? C'est un aliment qui s'est séparé (okhla de-ifrat). Mais alors d'une poule destinée à pondre : quel est le motif de Beit Chamai ? C'est un mouktse. Rabba a établi qu'il s'agit d'une poule destinée à la consommation, que nous traitons d'un jour de fête qui tombe après le chabbat, et que le motif est la hakhana (préparation) ; Rabba tient que tout œuf pondu aujourd'hui a été achevé depuis hier. Et Rabba suit sa propre voie, lui qui a dit : « Et ce sera au sixième jour, ils prépareront ce qu'ils auront rapporté » — le jour ordinaire prépare pour le chabbat et le jour ordinaire prépare pour le jour de fête, mais le jour de fête ne prépare pas pour le chabbat et le chabbat ne prépare pas pour le jour de fête. « Mais alors, qu'un jour de fête ordinaire soit permis ! » Décret en raison du jour de fête qui suit le chabbat. « Qu'un chabbat ordinaire soit permis ! » Décret en raison du chabbat qui suit le jour de fête. « Et décrétons-nous ainsi ? Or il a été enseigné : celui qui abat une poule et y trouve des œufs achevés, il lui est permis de les manger le jour de fête » ; et s'il en était ainsi, décrétons en raison de ceux qui sont pondus le jour même. Et si tu dis : en quoi est-ce une objection ? Cela même est un décret pris en raison du jour de fête qui suit le chabbat, et comment décréterions-nous un décret sur un décret ? Alors qu'un chabbat ordinaire et un jour de fête ordinaire ne forment qu'un seul décret, pris en raison du jour de fête après le chabbat et du chabbat après le jour de fête, qui relèvent d'un interdit de la Torah. On peut répondre qu'il lui semble que ce qui est enseigné, « il lui est permis de les manger le jour de fête », parle de tout jour de fête, y compris celui qui suit le chabbat, où il n'y a qu'un seul décret, pris en raison de l'œuf pondu aujourd'hui. Et si tu dis : puisqu'il a trouvé des œufs achevés, peut-être, si la poule n'avait pas été abattue, les aurait-elle pondus aujourd'hui, et ils seraient interdits par doute, car ce serait un doute en matière de Torah. On peut répondre qu'il n'y a pas de hakhana à moins que l'œuf n'ait été achevé aujourd'hui par une préparation faite hier, et que dans les entrailles de sa mère il n'est pas achevé tant qu'il n'est pas sorti à l'air du monde. Cela va à l'encontre de Rabbenou Ephraim, qui établit cette baraita pour un jour de fête ordinaire, mais tient que pour un jour de fête suivant le chabbat il est interdit par doute, de peur qu'il n'ait été pondu aujourd'hui. « Il lui dit : des œufs achevés dans les entrailles de leur mère, voilà une chose peu fréquente, et les Sages n'ont pas décrété à son sujet. » Il apparaît que ce qu'a retenu Rav Alfas, à savoir que la réponse de Rabba est l'essentiel — bien que Rabbi Yo'hanan ait lui aussi le motif des liquides qui ont coulé — vient de ce qu'il lui a semble que c'est un décret éloigné que de comparer l'œuf aux liquides qui ont coulé ou aux fruits qui tombent, comme la guemara l'explique : l'œuf est un aliment et il est enfermé, tandis que les fruits sont découverts et que les liquides ne sont pas un aliment. Aussi lui a-t-il paru bon d'expliquer le motif par la hakhana, puisque nous tenons la halakha comme Rabba, qui admet la hakhana, et que nous tenons également que tout œuf pondu aujourd'hui a été achevé depuis hier. Il lui a paru bon en outre de trancher avec rigueur et d'interdire l'œuf par la Torah pour le chabbat et le jour de fête. Car il a été dit : le chabbat et le jour de fête, Rav dit : ne en l'un, interdit en l'autre ; et Rabbi Yo'hanan dit : ne en l'un, permis en l'autre. Et ils divergent sur la hakhana de Rabba : Rav l'admet, et Rabbi Yo'hanan ne l'admet pas. Nous tenons la halakha comme Rav, car Rava a dit : la halakha est comme Rav dans ces trois cas, aussi bien dans le sens de l'indulgence que dans celui de la rigueur. Le premier est celui que nous venons de dire. Le deuxième : il a été dit, au sujet des deux jours de fête des diasporas, Rav dit : ne en l'un, permis en l'autre, et Rav Assi dit : ne en l'un, interdit en l'autre. Le troisième : il a été dit, au sujet des deux jours de Roch Hachana, Rav et Chemouel disent tous deux : ne en l'un, interdit en l'autre. Quant à l'œuf pondu le chabbat ou le jour de fête, nul besoin de dire qu'il est interdit de le manger : il est même interdit de le déplacer. Car il a été enseigné : aussi bien un œuf né le jour de fête qu'un œuf né le chabbat, on ne le déplace pas, ni pour en couvrir un récipient, ni pour en caler les pieds du lit ; mais on renverse sur lui un récipient afin qu'il ne se brise pas. Et son doute est interdit ; mélangé dans mille, tous sont interdits. Talmud de Jérusalem (chapitre 5, halakha 1) : à condition que le récipient ne touche pas l'œuf. Et ce qui est dit, « le chabbat et le jour de fête, ne en l'un est interdit en l'autre », ne fait pas de différence entre un chabbat qui suit un jour de fête et un jour de fête qui suit le chabbat, puisque nous tenons comme Rabba, qui dit : le jour ordinaire prépare pour le chabbat et le jour ordinaire prépare pour le jour de fête, mais le jour de fête ne prépare pas pour le chabbat et le chabbat ne prépare pas pour le jour de fête. Il a été enseigné de même : né le chabbat, il sera mangé le jour de fête ; ne le jour de fête, il sera mangé le chabbat. Rabbi Yehouda dit au nom de Rabbi Eliezer : c'est encore une controverse, car Beit Chamai disent qu'il sera mangé et Beit Hillel disent qu'il ne sera pas mangé. Et nous tenons la halakha comme Rabbi Yehouda. Nous disons également : l'hôte de Rav Adda bar Ahava avait ces œufs, d'un jour de fête pour le chabbat. Il vint devant lui et lui dit : qu'en est-il de les rôtir et de les manger demain ? Il lui dit : quelle est ton idée ? Rav et Rabbi Yo'hanan, la halakha est comme Rabbi Yo'hanan. Même Rabbi Yo'hanan n'a permis que de l'avaler demain, mais de les déplacer le jour même, non. Car il a été enseigné : aussi bien un œuf né le chabbat qu'un œuf né le jour de fête, on ne le déplace pas, ni pour en couvrir un récipient, ni pour en caler les pieds du lit. L'hôte de Rav Papa avait ces œufs, du chabbat pour le jour de fête. Il vint devant Rav Papa et lui dit : qu'en est-il de les manger demain ? Il lui dit : va-t'en aujourd'hui et reviens demain, car Rav n'installait pas d'amora devant lui d'un jour de fête à l'autre, en raison de l'ivresse. Lorsqu'il revint le lendemain, il lui dit : si j'avais répondu tout à l'heure, je me serais oublié et je t'aurais dit : Rav et Rabbi Yo'hanan, la halakha est comme Rabbi Yo'hanan. Or Rava a dit : la halakha est comme Rav dans ces trois cas, aussi bien dans le sens de l'indulgence que dans celui de la rigueur. Et si tu dis : ce que nous disons dans le Talmud de Jérusalem (chapitre 1, halakha 1), « des restes de mèche qui se sont éteints le chabbat, qu'en est-il de les allumer le jour de fête ? Rav et Rabbi Hanina interdisent, et Rabbi Yo'hanan permet » — pourquoi n'observons-nous pas l'interdit, puisque nous tranchons la halakha comme Rav ? On peut répondre que, dans le Talmud de Jérusalem, il ne l'interdit pas en raison de la hakhana, laquelle ne s'applique pas dans un tel cas, mais en raison de la sainteté unique, comme le Talmud de Jérusalem le conclut : Rav Houna a dit au nom de Rav que la halakha est comme les quatre anciens ; Rav Hisda dit que la position de Rav se contredit, puisque la-bas il en fait deux saintetés et qu'ici il en fait une seule sainteté. Il ressort donc explicitement qu'il l'interdit en raison de la sainteté unique et non en raison de la hakhana ; et ce que nous tranchons comme Rav porte sur les interdits de hakhana. Pour ce même motif, lorsque Simhat Torah tombe un dimanche, l'etrog est permis à la consommation, bien qu'il soit interdit le chabbat, car ce sont deux saintetés et il n'y a pas ici de hakhana. Rabbenou Baroukh, l'auteur du Sefer HaTéroumot, a écrit que Rav Hisda suit sa propre voie, lui qui n'admet pas la hakhana au chapitre Bekhol Méorvin (Erouvin 38b) ; aussi explique-t-il le motif de Rav par la sainteté unique. Mais pour nous, qui admettons la hakhana, la position de Rav ne se contredit pas, et le motif tient à la hakhana, car les mèches sont meilleures à rallumer une fois qu'elles ont déjà été allumées puis éteintes. Aussi, pour le chabbat et le jour de fête, et pour les deux jours de Roch Hachana, il est interdit d'allumer au soir du jour de fête les restes de mèche qui se sont éteints le premier jour, à moins qu'ils n'aient été allumés puis éteints un jour ordinaire, auquel cas ils ont été préparés depuis la veille du jour de fête. De même pour les torches qui se sont éteintes le premier jour, à moins qu'on n'ajoute sur elles d'autres bois qui les annulent dans la majorité, selon Rav Matena ; et à condition de ne pas les toucher, mais on peut les retourner après qu'elles ont été annulées dans la majorité.
💡 Explication

Nouveau sujet, central pour la suite : deux jours saints qui se suivent, chabbat et jour de fête dans l'un ou l'autre ordre. L'œuf pondu le premier jour peut-il être mangé le second ?

Rav interdit, Rabbi Yo'hanan permet. La guemara cherche d'abord à expliquer Rav par la thèse d'une sainteté unique : les deux jours ne formeraient qu'un seul long jour, et ce qui est interdit au début le reste jusqu'au bout. Cette explication va être écartée au segment suivant.

13
וְהָאָמַר רַב: הֲלָכָה כְּאַרְבָּעָה זְקֵנִים וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, דְּאָמַר: שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן.

Or Rav a dit : la halakha est comme les quatre anciens, selon Rabbi Eliezer, qui dit : ce sont deux saintetés.

📜 Rachi (2)
אַרְבָּעָה זְקֵנִים אַלִּיבָּא דְּר' אֱלִיעֶזֶר בְּעֵרוּבִין בְּפֶ' בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף לח:):
Dans Erouvin, au chapitre Bekhol Méorvin (Erouvin 38b).
דְּאָמַר שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן וּמַעֲרָב לְיוֹם א' לַמִּזְרָח וְלַשֵּׁנִי לַמַּעֲרָב:
Et il pose un érouv pour le premier jour vers l'est et pour le second vers l'ouest.
💡 Explication

L'objection est tirée d'un autre domaine, celui de l'érouv des limites du chabbat. Rav y tranche comme Rabbi Eliezer, pour qui deux jours saints consécutifs forment deux saintetés distinctes, au point qu'un homme peut poser son érouv vers l'est pour le premier jour et vers l'ouest pour le second.

Rav ne peut donc pas fonder son interdit sur la thèse de la sainteté unique. Le véritable point de désaccord avec Rabbi Yo'hanan doit être cherché ailleurs.

14
אֶלָּא, הָכָא בַּהֲכָנָה דְרַבָּהּ קָמִיפַּלְגִי: רַב אִית לֵיהּ הֲכָנָה דְרַבָּה, וְרַבִּי יוֹחָנָן לֵית לֵיהּ הֲכָנָה דְרַבָּה.

Mais plutôt, ici ils divergent sur la hakhana de Rabba : Rav admet la hakhana de Rabba, et Rabbi Yo'hanan n'admet pas la hakhana de Rabba.

📜 Rachi (1)
הֲכָנָה דְּרַבָּה דְּאָמַר הֲכָנָה בִּידֵי שָׁמַיִם מִתַּסְרָא מִיּוֹם טוֹב לְשַׁבָּת דִּסְעוּדַת שַׁבָּת בָּעֲיָא הַזְמָנָה מִיּוֹם חוֹל מִגְּזֵרַת הַכָּתוּב:
Rabba dit que la préparation faite par la main du Ciel rend l'œuf interdit du jour de fête pour le chabbat, car le repas du chabbat exige une désignation faite depuis un jour ordinaire, par décret du verset.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא בַּהֲכָנָה דְּרַבָּה קָמִפַּלְגִי. וְתֵימַהּ דְּהָא אָמְרִינַן כָּל הֵיכָא דְּמִתְיַלְדָא הָאִידָּנָא מֵאֶתְמוֹל גָּמְרָה לָהּ וְאִם כֵּן כְּשֶׁחָל יוֹם טוֹב לְאַחַר הַשַּׁבָּת וְהַבֵּיצָה נוֹלְדָה בְּשַׁבָּת הִיא נִגְמֶרֶת בַּיּוֹם שֶׁהוּא חוֹל וְאִם כֵּן מַאי הֲכָנָה אִיכָּא וְי"ל דְּמִכָּל מָקוֹם כְּשֶׁנּוֹלְדָה בְּשַׁבָּת הֲרֵי זוֹ הֲכָנָה דְּגַם בִּשְׁעַת לֵידָה שַׁייָּךְ הֲכָנָה וְעוֹד יֵשׁ לוֹמַר דְּכֵיוָן דְּאִם נוֹלְדָה ביו"ט הֲרֵי זוֹ אֲסוּרָה אִם נֹאמַר כְּשֶׁנּוֹלְדָה בְּשַׁבָּת הֲרֵי הִיא מֻותֶּרֶת בִּשְׁבִיל אוֹתָהּ לֵידָה דְּשַׁבָּת אִם כֵּן הָוֵי שַׁבָּת מֵכִין לְיוֹם טוֹב:
Il y a lieu de s'étonner : nous disons que tout œuf pondu aujourd'hui a été achevé depuis hier ; si donc le jour de fête tombe après le chabbat et que l'œuf est né le chabbat, il a été achevé un jour qui est un jour ordinaire, et quelle hakhana y a-t-il alors ? On peut répondre que, malgré tout, lorsqu'il est né le chabbat, voilà une hakhana, car la hakhana se rattache aussi au moment de la ponte. On peut répondre encore que, puisqu'un œuf né le jour de fête est interdit, si nous disions que celui qui est né le chabbat est permis en vertu de cette ponte du chabbat, il se trouverait que le chabbat prépare pour le jour de fête.
💡 Explication

Le désaccord porte sur la hakhana de Rabba, la préparation. Rabba déduit d'un verset de la manne que ce qui est consommé un jour saint doit avoir été préparé depuis un jour ordinaire. Un jour saint ne prépare pas pour un autre jour saint, même lorsque la préparation se fait par la main du Ciel, sans acte humain.

Rav retient ce principe : l'œuf pondu le premier jour a été rendu disponible par ce jour saint, il reste donc interdit le second. Rabbi Yo'hanan ne le retient pas, et l'œuf redevient permis le lendemain.

🖼️ Schéma
La hakhana de Rabba : qui peut préparer pour qui ?Jour ordinaireChabbatJour de fêtepréparepréparene prépare pasRav retient ce principe et interdit l'œuf d'un jour saint à l'autre.Rabbi Yo'hanan ne le retient pas et le permet.
Le principe tiré du verset de la manne : seul un jour ordinaire prépare pour un jour saint.
15
כְּתַנָּאֵי: נוֹלְדָה בְּשַׁבָּת — תֹּאכַל בְּיוֹם טוֹב, בְּיוֹם טוֹב — תֹּאכַל בְּשַׁבָּת. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: עֲדַיִין הִיא מַחֲלֹוקֶת, שֶׁבֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: תֹּאכַל, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: לֹא תֹּאכַל.

Cela correspond à une controverse de tanaim : « Un œuf pondu le chabbat sera mangé le jour de fête ; pondu le jour de fête, il sera mangé le chabbat. Rabbi Yehouda dit au nom de Rabbi Eliezer : c'est encore une controverse, car Beit Chamai disent qu'il sera mangé et Beit Hillel disent qu'il ne sera pas mangé. »

📜 Rachi (1)
עֲדַייִן הִיא מַחֲלֹוקֶת ב"ש וב"ה בָּזֶה כְּשֵׁם שֶׁנֶּחְלְקוּ לִבּוֹ בַּיּוֹם:
Une controverse de Beit Chamai et de Beit Hillel sur ce point, de même qu'ils ont divergé pour le jour même.
🗂️ Tossefot (1)
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם ר' אֱלִיעֶזֶר עֲדַיִין הִיא מַחֲלֹוקֶת. ואע"ג דְּפֵירַשְׁתִּי לְעֵיל דְּר' יְהוּדָה סְבִירָא לֵיהּ דְּלָא נֶחְלְקוּ ב"ש וב"ה בְּדָבָר זֶה מ"מ לָא קַשְׁיָא מֵהָכָא דְּהָא דִּידֵיהּ וְהָא דְּרַבֵּיהּ:
Bien que j'aie expliqué plus haut que Rabbi Yehouda tient que Beit Chamai et Beit Hillel n'ont pas divergé sur ce point, aucune difficulté ne se pose à partir d'ici : l'un est son propre avis et l'autre est l'avis de son maître.
💡 Explication

La guemara rattache la controverse des amoraim à un désaccord ancien. Le premier tana permet l'œuf d'un jour saint à l'autre, ce qui correspond à la position de Rabbi Yo'hanan. Rabbi Yehouda, au nom de Rabbi Eliezer, maintient que le désaccord entre les deux écoles se prolonge jusqu'ici, Beit Hillel interdisant, ce qui correspond à la position de Rav.

16
אֻושְׁפִּיזְכָּנֵיהּ דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה הֲווֹ לֵיהּ הָנָךְ בֵּיצִים מִיּוֹם טוֹב לְשַׁבָּת. אֲתָא לְקַמֵּיהּ, אֲמַר לֵיהּ: מַאי לְאַטְווֹיִנְהוּ הָאִידָּנָא וְנֵיכְלִינְהוּ לִמְחַר?

L'hôte de Rav Adda bar Ahava avait des œufs pondus un jour de fête qui précédait le chabbat. Il vint devant lui et lui dit : qu'en est-il de les rôtir aujourd'hui, pour que nous les mangions demain ?

📜 Rachi (3)
אֻושְׁפִּיזְכָּנֵיהּ בַּעַל הַבַּיִת:
Le maître de maison.
מִיו"ט לְשַׁבָּת הַיּוֹם נוֹלְדוּ וְהָיָה רוֹצֶה לְאָכְלָן לְמָחָר בַּשַּׁבָּת:
Ils ont été pondus aujourd'hui, et il voulait les manger demain, le chabbat.
לְאַטְוִוינְהוּ לִצְלוֹתָן הָאִידָּנָא מִי אֲסִירֵי בְּטִלְטוּל בּוֹ בַּיּוֹם אוֹ לָא:
Les rôtir aujourd'hui : sont-ils interdits au déplacement (tiltoul) le jour même, ou non ?
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' לָמָּה לִי לְמֵימַר מַשְׁקִין וְשׁוֹחֲטִין מִילְּתָא אַגַּב אוֹרְחֵיהּ קמ"ל דְּלִישְׁקֵי אִינִישׁ וַהֲדַר שָׁחֵיט מִשּׁוּם סִירְכָא דְּמָשְׁכָא: ת"ר אֵלּוּ הֵן מִדְבָּרִיּוֹת וְאֵלּוּ הֵן בַּייָּתוֹת מִדְבָּרִיּוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת בְּפֶסַח וְרוֹעוֹת וְנִכְנָסוֹת לְיִישּׁוּב בִּרְבִיעָה בַּייָּתוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת וְרוֹעוֹת חוּץ לַתְּחוּם וּבָאוֹת וְלָנוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם. רַבִּי אוֹמֵר אֵלּוּ וְאֵלּוּ בַּיָּיתוֹת הֵן. אֵלּוּ הֵן הַמִּדְבָּרִיּוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת וְרוֹעוֹת בָּאֵפֶר וְאֵינָן נִכְנָסוֹת לַיִּישּׁוּב לֹא בִּימוֹת הַחַמָּה וְלֹא בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים. אַשְׁכְּחַן רַבְּוָותָא דְּפָסְקִי בְּהָא מִלְּתָא לְקֻולָּא וְאָמְרִי דס"ל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה וְכִדְאָמַר רַב נַחְמָן (שַׁבָּת דַּף י"ט:) עֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְתַרְנְגֹולֶת לְבֵיצָתָהּ וְתוֹרֵי דְרִידְיָא וְתַמְרֵי דְעִיסְקָא פְּלֻוגְתָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּרַבִּי יְהוּדָה הוּא דַּאֲסִיר וְרַבִּי שִׁמְעוֹן שָׁרִי וְקָאָמְרִינַן (שָׁם דַּף קנ"ז.) דְּהִלְכְתָא כר"ש וַאֲנַן לָא סְבִירָא לָן הָכִי דְּכִי אִיתְּמַר הִלְכְתָא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּשַׁבָּת אִיתְּמַר. וְהָא דְּאָמַר רַב נַחְמָן עֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְכוּ' לָא קָא פָּסֵיק רַב נַחְמָן הֲלָכָה כְּמַאן מִינַּייְהוּ אֶלָּא ה"ק פְּלֻוגְתָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה וְר"ש. וְכֵיוָן דְּקַייְמָא לָן דִּבְשַׁבָּת סְבִירָא לָן כר"ש דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה וּבְיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה מִמֵּילָא שָׁמְעִינַן דה"מ כְּגוֹן עֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְכוּ' דְּכֻולְּהוּ ביו"ט אֲסִירֵי וּמַה דַּחֲזוּ לֵיהּ מִינַּייְהוּ לְמֵיכַל מִינָּהּ בְּשַׁבָּת כְּגוֹן תַּמְרֵי דְּעִיסְקָא שָׁרִי לְמֵיכַל מִינֵּהּ בְּשַׁבָּת. וְעוֹד דְּרַב נַחְמָן גּוּפֵיהּ אַשְׁכְּחַן לֵיהּ דִּסְבִירָא לֵיהּ דְּהִלְכְתָא בְּיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה. דְּאָמְרִינַן בְּרֵישׁ מְכִילְתִּין בְּמַאי עָסְקִינַן אִילֵימָא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לַאֲכִילָה מַאי טַעְמָא דב"ה אוּכְלָא דְּאֶפְרָת הוּא. אֶלָּא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים מַאי טַעְמָא דב"ש מֻוקְצֶה הוּא. וּפָרֵיק רַב נַחְמָן לְעוֹלָם בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים וּדְאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה אִית לֵיהּ נוֹלָד וּדְלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה לֵית לֵיהּ נוֹלָד וב"ש כר"ש וב"ה כְּרַבִּי יְהוּדָה. וּמַקְּשִׁינַן וּמִי אָמַר רַב נַחְמָן הָכִי וְהָאֲנַן תְּנַן ב"ש אוֹמְרִים (מַעֲלִין) מַגְבִּיהִין מֵעַל הַשֻּׁולְחָן עֲצָמוֹת וּקְלִיפִּין וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים מְסַלֵּק אֶת הַטַּבְלָא כֻּולָּהּ וּמְנַעֲרָהּ וְאָמַר רַב נַחְמָן אָנוּ אֵין לָנוּ אֶלָּא בֵּית שַׁמַּאי כְּרַבִּי יְהוּדָה וב"ה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. וּמְפָרְקִינַן אָמַר לְךָ רַב נַחְמָן גַּבֵּי שַׁבָּת דִּסְתַם לַן תְּנָא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דִּתְנַן מְחַתְּכִין אֶת הַדִּלּוּעִין לִפְנֵי הַבְּהֵמָה וְהַנְּבֵילָה לִפְנֵי הַכְּלָבִים מוֹקֵי לְהוּ ב"ה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. גַּבֵּי יוֹם טוֹב דִּסְתַם לַן תַּנָּא כְּרַבִּי יְהוּדָה דִּתְנַן אֵין מְבַקְּעִין עֵצִים מִן הַקּוֹרוֹת וְלֹא מִן הַקּוֹרָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה בְּיוֹם טוֹב מוּקֵי לָהּ לב"ה כְּרַבִּי יְהוּדָה. וְכֵיוָן דְּאַשְׁכְּחַן לְרַב נַחְמָן דִּסְבִירָא לֵיהּ בְּיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה מִמֵּילָא שָׁמְעִינַן דְּעֵז לַחֲלָבָהּ וְרָחֵל לְגִיזָּתָהּ וְתוֹרֵי דְרִידְיָא וְתַמְרֵי דְעִיסְקָא כּוּלְּהוּ לְרַב נַחְמָן בְּיוֹם טוֹב אֲסִירִי. וּמִשַּׁקְלָא וְטַרְיָא דִּגְמָרָא נָמֵי שָׁמְעִינַן דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה בְּיוֹם טוֹב דְּקָאָמַר אִי בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים מַאי טַעְמָא דב"ש מֻוקְצֶה הוּא כְּלוֹמַר כִּי זֶה דָּבָר יָדוּעַ כִּי מֻוקְצֶה אָסוּר. וְעוֹד אָמְרִינַן לְעֵיל (בֵּיצָה דַּף ד.) תַּנְיָא אֲחֵרִים אוֹמְרִים רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר בֵּיצָה תֹּאכַל הֵיאוֹאמָה בְּמַאי עָסְקִינַן אִילֵימָא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לַאֲכִילָה פְּשִׁיטָא הִיא וְאִמָּהּ שַׁרְיָא אֶלָּא בְּתַרְנְגֹולֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים הִיא וְאִמָּהּ אֲסוּרָה דְּאַלְמָא הָכֵין הוּא הִלְכְתָא. וּלְעִנְיַן בַּיָּיתוֹת וּמִדְבָּרִיּוֹת נָמֵי הָכִי סְבִירָא לָן כִּסְתָם מַתְנֵי' וְכִדְפָרֵישׁ ת"ק דְּבָרַייְתָא דְּאָמַר אֵלּוּ הֵן מִדְבָּרִיּוֹת כֹּל שֶׁיּוֹצְאוֹת בַּפֶּסַח וְרוֹעוֹת וְנִכְנָסוֹת בִּרְבִיעָה. בַּייָּתוֹת שֶׁיּוֹצְאוֹת וְרוֹעוֹת חוּץ לַתְּחוּם וּבָאוֹת וְלָנוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם. וְרַבִּי דְּקָאָמַר אֵלּוּ וְאֵלּוּ בַּיָּיתוֹת הֵן לֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דְּלָא קי"ל הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלָּא גַּבֵּי חֲבֵירוֹ אֲבָל גַּבֵּי רַבִּים לֹא. וְהָווּ לְהוּ מִדְבָּרִיּוֹת דְּאֵינָן בָּאוֹת וְלָנוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם מֻוקְצוֹת דְּלָאו דַּעְתֵּיהּ עֲלַייְהוּ דְּהָא אֵין בָּאוֹת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם. וּבַעַל ה"ג כָּתַב מֻוקְצֶה דְּרַבָּנָן וְכֵיוָן דְּאִיכָּא תְּרֵי לִישָּׁנֵי חַד דְּאִית לֵיהּ מֻוקְצֶה לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּמִדְבָּרִיּוֹת וְחַד דְּלֵית לֵיהּ עָבְדִינַן לְקֻולָּא וְשׁוֹחֲטִין אֶת הַמִּדְבָּרִיּוֹת. וְכֵן פָּסַק רַב הַאי וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל (בְּפֵ"א מֹהַל' יו"ט הֵל' יז) דקי"ל בְּמֻוקְצֶה בְּשַׁבָּת כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וּבְיוֹם טוֹב כְּרַבִּי יְהוּדָה. אֲבָל רַשִׁ"י כָּתַב לְעֵיל (בֵּיצָה דַּף לג. ד"ה וְהִלְכְתָא) אַמַּתְנִיתִין דְּאֵין סוֹמְכִין אֶת הַקְּדֵירָה דְּקי"ל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אַף בְּיוֹם טוֹב. וְכֵן ר"ת ור"י זַ"ל וֶהֱבִיאוֹ רְאָיָה מִשִּׁילְהֵי מַסֶּכֶת שַׁבָּת דְּקָאָמַר הָתָם (דַּף קָנוּ:) וְאַף לֵוִי סָבַר הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה. כִּי הָא דְּלֵוִי כִּי הֲווֹ מַיְיתוּ טְרֵיפְתָּא לְקַמֵּיהּ בְּיוֹמָא טָבָא לָא הֲוָה חָזֵי לֵיהּ אֶלָּא אַקִּלְקַלְתָּא דְּאָמַר דִּלְמָא לָא מִיתַּכְשְׁרִין וַאֲפִילּוּ לִכְלָבִים לָא חָזֵי. אַלְמָא שֶׁאֵין חִילּוּק בֵּין יוֹם טוֹב לַשַּׁבָּת. וְתוּ קָאָמַר הָתָם וְאַף רַבִּי יוֹחָנָן סָבַר הֲלָכָה כְּר"ש וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הֲלָכָה כִּסְתָם מַתְנֵי'. וּתְנַן אֵין מְבַקְּעִין עֵצִים מִן הַקּוֹרוֹת וְלֹא מִן הַקּוֹרָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה בְּיוֹם טוֹב אַלְמָא סְתָמָא דְּהַשַּׁ"ס לָא מְפַלֵּיג בֵּין שַׁבָּת לְיוֹם טוֹב וְלָא אַשְׁכְּחַן דִּמְפַלֵּיג אֶלָּא רַב נַחְמָן נִדְחַק לְחַלֵּק לְהַעֲמִיד אוֹקִימְתָּא דִּידֵיהּ. אֲבָל לִשְׁאָר אָמוֹרָאִין אֵין צָרִיךְ לְחַלֵּק וְלָא חָיְישִׁינַן לְהַךְ לִישָּׁנָא דְּקָאָמַר מִכְּדֵי מַאן סַתְמַיהּ לְמַתְנִיתִין רַבִּי מ"ש בְּשַׁבָּת דְּסָתַם לָן כר"ש ומ"ש בְּיוֹם טוֹב דִּסְתַם לַן כְּרַבִּי יְהוּדָה. דִּבְכַמָּה דֻּוכְתֵי חָזֵינַן דִּפְלִיגִי סְתָמֵי אַהֲדָדֵי. וּבַעַל ה"ג פּוֹסֵק כר"ש בְּמֻוקְצֶה בְּיוֹם טוֹב אֲבָל בְּנוֹלָד פּוֹסֵק כְּרַבִּי יְהוּדָה וְהֵבִיא רְאָיָה מִדִּלְעֵיל פֶּרֶק הַמֵּבִיא (בֵּיצָה דַּף לג.) דְּדָרֵשׁ רָבָא אִשָּׁה לֹא תִּכָּנֵס לְבֵין הָעֵצִים לִיטֹּול אוּד וְכוּ'. וְאֵינָהּ רְאָיָה דְּרָבָא לְטַעְמֵיהּ דַּאֲפִילּוּ בִּשְׁאָר מֻוקְצֶה דְּלָאו נוֹלָד סְבִירָא לֵיהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה כִּדְמוֹכַח בְּסוֹף נוֹטֵל (שַׁבָּת דַּף קמב:) אֲבָל אֲנַן דְּקַיְימָא לָן (בְּשַׁבָּת דַּף קמג.) כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּמֻוקְצֶה הוּא הַדִּין בְּנוֹלָד. וּמִיהוּ רַבֵּינוּ תָּם זַ"ל דִּיֵּיק מִשְּׁמוּאֵל דִּבְשִׁילְהֵי שַׁבָּת (דַּף קנ"ו:) סָבַר כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וְאַפֵּ"ה קָאָמַר בְּסוֹף נוֹטֵל (שַׁבָּת דַּף קמ"ג.) דְּלָא הֲוָה מְטַלְטֵל גַּרְעִינֵי תַּמְרֵי אֶלָּא אַגַּב רִיפְתָּא. וְאֵינָהּ רְאָיָה מִשְּׁמוּאֵל דְּמַחְמִיר עַל עַצְמוֹ הָיָה כְּאַבַּיֵּי וְרָבָא דְּהָתָם בְּהַהִיא שְׁמַעְתָּא תֵּדַע דְּהָא פָּסֵיק שְׁמוּאֵל בְּהֶדְיָא בְּנוֹלָד כר"ש בספ"ק דְּשַׁבָּת (דַּף יט:) גַּבֵּי שֶׁמֶן שֶׁל בַּדָּדִין. כִּדְפֵירֵשׁ הָתָם דְּמַייְרֵי כְּשֶׁזָּב בְּשַׁבָּת דְּקָאֵי אַהָא דְּאַייְרֵי לְעֵיל בִּטְעִינַת קוֹרַת בֵּית הַבַּד. אֶלָּא וַדַּאי מַחְמִיר עַל עַצְמוֹ הָיָה. וְעוֹד דְּרַבִּי יוֹחָנָן פָּסַק אַף בְּנוֹלָד כר"ש כִּדְדָיֵיק בְּשִׁילְהֵי שַׁבָּת (דַּף קנז.) מֵהַהִיא דַּעֲצָמוֹת וּקְלִיפִּין. וְעוֹד דִּקְדֵּק ר"ת דְּנוֹלָד אָסוּר מִסְּתָמָא דְּהַשַּׁ"ס דְּפֶרֶק נוֹטֵל (שַׁבָּת דַּף קמג.) דְּאָסַר לְטִלְטוּלֵי גַּרְעִינֵי דְּתַמְרֵי פָּרְסְיָיתָא וְאֵין לוֹמַר מִשּׁוּם דְּאַף לִבְהֵמָה לָא חַזְייָן דִּבְפֶרֶק בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף כט.) מוּכָח דַּחֲזוּ לִבְהֵמָה () אֶלָּא וַדַּאי מִשּׁוּם נוֹלָד הוּא דְּאָסוּר. וְהָא דְּפָרִיךְ בְּסוֹף כִּירָה (שַׁבָּת דַּף מה:) אַמִּילְּתָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן מִדְּרַב נַחְמָן דְּמַאן דְּלֵית לֵיהּ מֻוקְצֶה לֵית לֵיהּ נוֹלָד. לָא קי"ל הָכִי וְהָוֵי מָצֵינַן לְשַׁנּוֹיֵי הָתָם דְּלָא קי"ל הָכִי וְלֹא חָשַׁשׁ. תֵּדַע דִּבְלָאו הָכִי הֲוָה מָצֵי לְשַׁנּוֹיֵי דְּרַבִּי יוֹחָנָן אָסַר בֵּיצָה () מִשּׁוּם (פֵּירוֹת הַנּוֹשְׁרִין) מַשְׁקִין שֶׁזָּבוּ (לְעֵיל בֵּיצָה דַּף ג.) וַאֲפִילּוּ לְטַלְטֵל כִּדְמוֹכַח לְעֵיל (בֵּיצָה דַּף ד.) גַּבֵּי אוֹשְׁפְּזֵיכְנֵיהּ דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן קַייְמָא הָתָם. ור"ח כָּתַב הָכָא מֵהָא שָׁמְעִינַן דְּכָל מִידֵּי דַּחֲזֵי לֵיהּ לְאִינִישׁ דַּעְתֵּיהּ עִילָּוֵיהּ. וְהָא דְּאָמַר רַב נַחְמָן עֵז לַחֲלָבָהּ כו' בָּאנוּ לְמַחֲלֹוקֶת דְּרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן. הָא בְּהֶדְיָא קי"ל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. ואע"ג דִּבְיוֹם טוֹב קי"ל כְּרַבִּי יְהוּדָה ה"מ כְּגוֹן נוֹלַד () וּמֻוקְצֶה מֵחֲמַת אִיסּוּר וְכַיּוֹצֵא בּוֹ אֲבָל הָנֵי כֻּולְּהוּ שָׁרִי בְּיוֹם טוֹב וְכֵן כָּתַב בַּעַל הָעִיטּוּר זַ"ל: 0הַדְרָן עֲלָךְ מַשִּׁילִין וּסְלִיקָא לָהּ מַסֶּכֶת בֵּיצָה
<b>Guemara.</b> « Pourquoi dire : on abreuve et on abat ? » Il nous enseigne une chose en passant : qu'un homme abreuve d'abord et abatte ensuite, en raison de l'adhérence de la peau (sirkha de-machkha). Nos maîtres ont enseigné : quelles sont les bêtes du désert (midbariot) et quelles sont les bêtes domestiques (bayetot) ? Les bêtes du désert sont celles qui sortent à Pessa'h, paissent, et rentrent dans l'agglomération à la saison des pluies (reviaa). Les domestiques sont celles qui sortent et paissent hors du tehoum (limite du chabbat) et reviennent passer la nuit à l'intérieur du tehoum. Rabbi dit : les unes et les autres sont domestiques ; les bêtes du désert sont celles qui sortent et paissent dans la prairie et ne rentrent pas dans l'agglomération, ni à la saison chaude ni à la saison des pluies. Nous avons trouvé de grands maîtres qui tranchent cette question avec indulgence et disent qu'ils tiennent comme Rabbi Chimon, qui n'admet pas le mouktse (ce qui est écarté de l'usage), et comme l'a dit Rav Nahman (Chabbat 19b) : une chèvre gardée pour son lait, une brebis pour sa laine, une poule pour ses œufs, des bœufs de labour et des dattes de commerce, c'est la controverse de Rabbi Yehouda et de Rabbi Chimon, Rabbi Yehouda interdisant et Rabbi Chimon permettant ; et nous disons (ibid. 157a) que la halakha est comme Rabbi Chimon. Nous ne tenons pas ainsi : lorsqu'il a été dit que la halakha est comme Rabbi Chimon, cela a été dit pour le chabbat. Et par ce que dit Rav Nahman, « une chèvre pour son lait, une brebis pour sa laine, etc. », Rav Nahman ne tranche pas comme l'un d'eux ; il dit seulement que c'est la controverse de Rabbi Yehouda et de Rabbi Chimon. Puisque nous tenons que, pour le chabbat, nous suivons Rabbi Chimon, qui n'admet pas le mouktse, et que, pour le jour de fête, nous suivons Rabbi Yehouda, il en résulte d'emblée que la chèvre pour son lait, la brebis pour sa laine, etc., sont tous interdits le jour de fête ; et ce qui, parmi eux, est propre à être mangé le chabbat, comme les dattes de commerce, il est permis d'en manger le chabbat. De plus, nous trouvons que Rav Nahman lui-même tient que la halakha, le jour de fête, est comme Rabbi Yehouda, qui admet le mouktse. Car nous disons au début de notre traité : de quoi traitons-nous ? Si l'on dit d'une poule destinée à la consommation, quel est le motif de Beit Hillel ? C'est un aliment qui s'est séparé (okhla de-ifrat). Mais alors d'une poule destinée à pondre : quel est le motif de Beit Chamai ? C'est un mouktse. Et Rav Nahman résout : en vérité, il s'agit d'une poule destinée à pondre ; celui qui admet le mouktse admet le nolad (ce qui vient de naître), et celui qui n'admet pas le mouktse n'admet pas le nolad ; Beit Chamai suivent Rabbi Chimon et Beit Hillel Rabbi Yehouda. Et nous objectons : Rav Nahman a-t-il dit cela ? Or nous avons appris : Beit Chamai disent qu'on enlève de la table les os et les écorces, et Beit Hillel disent qu'on retire le plateau entier et qu'on le secoue ; et Rav Nahman a dit : nous n'avons que Beit Chamai comme Rabbi Yehouda et Beit Hillel comme Rabbi Chimon. Et nous résolvons : Rav Nahman te dira que, pour le chabbat, où le tana anonyme nous enseigne comme Rabbi Chimon — car nous avons appris : on découpe les courges devant la bête et la nevela devant les chiens —, il établit Beit Hillel comme Rabbi Chimon ; tandis que pour le jour de fête, où le tana anonyme nous enseigne comme Rabbi Yehouda — car nous avons appris : on ne fend pas du bois à partir des poutres, ni à partir d'une poutre qui s'est brisée le jour de fête —, il établit Beit Hillel comme Rabbi Yehouda. Puisque nous trouvons que Rav Nahman tient, pour le jour de fête, comme Rabbi Yehouda, il en résulte que la chèvre pour son lait, la brebis pour sa laine, les bœufs de labour et les dattes de commerce sont tous, pour Rav Nahman, interdits le jour de fête. Du débat de la guemara également nous apprenons que la halakha est comme Rabbi Yehouda le jour de fête, puisqu'elle dit : si c'est d'une poule destinée à pondre, quel est le motif de Beit Chamai ? C'est un mouktse — c'est-à-dire que c'est chose connue que le mouktse est interdit. Nous disons encore plus haut (Beitzah 4a) : il a été enseigné, Acherim disent, Rabbi Eliezer dit : l'œuf sera mangé, lui et sa mère ; de quoi traitons-nous ? Si l'on dit d'une poule destinée à la consommation, il est évident que lui et sa mère sont permis ; mais alors d'une poule destinée à pondre, lui et sa mère sont interdits. Il en ressort que telle est la halakha. Quant aux bêtes domestiques et aux bêtes du désert, nous tenons également comme la michna anonyme et comme l'a expliqué le premier tana de la baraita, qui dit : les bêtes du désert sont toutes celles qui sortent à Pessa'h, paissent et rentrent à la saison des pluies ; les domestiques, celles qui sortent et paissent hors du tehoum et reviennent passer la nuit à l'intérieur du tehoum. Et Rabbi, qui dit que les unes et les autres sont domestiques, la halakha n'est pas comme lui, car nous ne tenons la halakha comme Rabbi que face à un seul contradicteur, mais non face à plusieurs. Les bêtes du désert, qui ne reviennent pas passer la nuit à l'intérieur du tehoum, sont donc mouktse, car l'esprit du propriétaire n'est pas porte sur elles, puisqu'elles ne rentrent pas à l'intérieur du tehoum. L'auteur des Halakhot Guedolot a écrit que ce mouktse est de rabbinique ; et puisqu'il existe deux versions, l'une selon laquelle Rabbi Chimon admet le mouktse pour les bêtes du désert et l'autre selon laquelle il ne l'admet pas, nous agissons avec indulgence et l'on abat les bêtes du désert. Ainsi ont tranché Rav Haï et Maimonide (Lois du jour de fête 1, 17) : nous tenons, pour le mouktse, comme Rabbi Chimon le chabbat et comme Rabbi Yehouda le jour de fête. Mais Rachi a écrit plus haut (Beitzah 33a, s.v. « ve-hilkheta »), sur la michna « on ne cale pas la marmite », que nous tenons comme Rabbi Chimon même le jour de fête. Ainsi également Rabbenou Tam et le Ri, qui ont apporté une preuve de la fin du traité Chabbat, où il est dit (156b) : « Et Levi aussi tenait la halakha comme Rabbi Yehouda, comme dans ce cas où, lorsqu'on apportait devant Levi un jour de fête une bête à examiner pour terefa, il ne l'examinait que sur un tas d'ordures, disant : peut-être ne sera-t-elle pas déclarée cachere, et elle ne serait même pas propre aux chiens. » Il en ressort qu'il n'y a pas de distinction entre le jour de fête et le chabbat. Il est dit encore là-bas : « Et Rabbi Yo'hanan aussi tenait la halakha comme Rabbi Chimon. Et Rabbi Yo'hanan a-t-il dit cela ? Or Rabbi Yo'hanan a dit : la halakha est comme la michna anonyme. Et nous avons appris : on ne fend pas du bois à partir des poutres, ni d'une poutre qui s'est brisée le jour de fête. » Il en ressort que le texte anonyme du Talmud ne distingue pas entre chabbat et jour de fête, et nous ne trouvons personne qui distingue, sinon Rav Nahman, qui s'est forcé à distinguer pour maintenir son propre établissement. Pour les autres amoraim, il n'est pas nécessaire de distinguer, et nous ne tenons pas compte de cette version qui dit : « Puisque celui qui a enseigné les michnayot anonymes est Rabbi, quelle différence y a-t-il entre le chabbat, où il nous enseigne anonymement comme Rabbi Chimon, et le jour de fête, où il nous enseigne anonymement comme Rabbi Yehouda ? » — car en plusieurs endroits nous voyons que les enseignements anonymes se contredisent entre eux. L'auteur des Halakhot Guedolot tranche comme Rabbi Chimon pour le mouktse le jour de fête, mais comme Rabbi Yehouda pour le nolad, et il apporte une preuve de ce qui précède, au chapitre Hamevi (Beitzah 33a), où Rava a enseigné qu'une femme n'entre pas parmi les bois pour y prendre un tison, etc. Ce n'est pas une preuve, car Rava suit sa propre voie : même pour le reste du mouktse qui n'est pas nolad, il tient comme Rabbi Yehouda, comme cela ressort de la fin du chapitre Notel (Chabbat 142b) ; tandis que nous, qui tenons (Chabbat 143a) comme Rabbi Chimon pour le mouktse, il en va de même pour le nolad. Toutefois Rabbenou Tam a déduit de Chemouel que, à la fin de Chabbat (156b), il tient comme Rabbi Chimon, et que malgré cela il est dit à la fin du chapitre Notel (Chabbat 143a) qu'il ne déplaçait les noyaux de dattes que grâce au pain. Ce n'est pas une preuve à partir de Chemouel, car il était rigoureux envers lui-même, comme Abaye et Rava dans ce même passage. La preuve en est que Chemouel a explicitement tranché, pour le nolad, comme Rabbi Chimon, à la fin du premier chapitre de Chabbat (19b), au sujet de l'huile des pressoirs, comme il est expliqué là-bas qu'il s'agit d'une huile qui a coulé le chabbat, ce qui se rattache à ce dont il est question plus haut, le chargement de la poutre du pressoir. Il est donc certain qu'il était rigoureux envers lui-même. De plus, Rabbi Yo'hanan a tranché comme Rabbi Chimon même pour le nolad, comme on le déduit à la fin de Chabbat (157a) du cas des os et des écorces. Rabbenou Tam a encore déduit que le nolad est interdit, à partir du texte anonyme du chapitre Notel (Chabbat 143a), qui interdit de déplacer les noyaux de dattes perses ; et l'on ne peut pas dire que c'est parce qu'ils ne sont même pas propres à la bête, car il ressort du chapitre Bameh Madlikin (Chabbat 29a) qu'ils sont propres à la bête ; c'est donc certainement en raison du nolad qu'ils sont interdits. Quant à l'objection faite à la fin du chapitre Kira (Chabbat 45b) contre le propos de Rabbi Yo'hanan à partir de Rav Nahman, selon qui celui qui n'admet pas le mouktse n'admet pas le nolad — nous ne tenons pas ainsi, et la guemara aurait pu répondre là-bas que nous ne tenons pas ainsi, mais elle ne s'en est pas souciée. La preuve en est que, sans cela, elle aurait pu répondre que Rabbi Yo'hanan interdit l'œuf en raison des liquides qui ont coulé (plus haut, Beitzah 3a), et même quant au déplacement, comme il ressort plus haut (Beitzah 4a) du cas de l'hôte de Rav Adda bar Ahava, où l'on se tient selon Rabbi Yo'hanan. Et Rabbenou Hananel a écrit ici : de ceci nous apprenons que tout ce qui est propre à l'usage d'un homme, l'esprit de celui-ci est porte dessus ; et ce que dit Rav Nahman, « une chèvre pour son lait, etc. », nous ramène à la controverse de Rabbi Yehouda et de Rabbi Chimon, or nous tenons explicitement comme Rabbi Chimon. Et bien que, le jour de fête, nous tenions comme Rabbi Yehouda, cela vaut pour le nolad, pour le mouktse en raison d'un interdit et pour ce qui leur ressemble ; mais tous ces cas-là sont permis le jour de fête. Ainsi a également écrit l'auteur du Ittour. Hadran alakh Mechalin, et ainsi s'achève le traité Beitzah.
💡 Explication

Un cas concret vient éprouver la controverse. L'hôte raisonne ainsi : puisque les œufs seront permis demain selon Rabbi Yo'hanan, autant les préparer dès aujourd'hui, pendant qu'il est encore possible de cuisiner.

La question porte donc sur le tiltoul, le déplacement : même un aliment qu'on ne mangera que demain doit être pris en main pour être rôti.

17
אֲמַר לֵיהּ: מַאי דַּעְתָּיךְ, רַב וְרַבִּי יוֹחָנָן — הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן. אֲפִילּוּ רַבִּי יוֹחָנָן לָא קָא שָׁרֵי אֶלָּא לְגָומְעָהּ לְמָחָר, אֲבָל בְּיוֹמֵיהּ לֹא.

Il lui dit : quelle est ton idée ? Dans Rav contre Rabbi Yo'hanan, la halakha est comme Rabbi Yo'hanan.

Or même Rabbi Yo'hanan n'a permis que de l'avaler demain, mais le jour même, non.

📜 Rachi (1)
מַאי דַּעְתָּיךְ דִּפְשִׁיטָא לָךְ דִּלְמָחָר מִיהָא שָׁרוּ מִשּׁוּם דְּקַייְמָא לָן רַב וְר' יוֹחָנָן הֲלָכָה כַּר' יוֹחָנָן מִיהוּ בְּטִלְטוּל הָאִידָּנָא אֲסִירֵי דַּאֲפִילּוּ ר' יוֹחָנָן לָא שָׁרִי לִצְלוֹתָהּ הַיּוֹם אֶלָּא לְגָומְעָהּ לְמָחָר אִם הָיָה יו"ט קֹודֶם לְשַׁבָּת אֲבָל בְּיוֹמֵיהּ לֹא וַאֲפִילּוּ בְּטִלְטוּל:
Il t'est évident que, demain au moins, ils sont permis, puisque nous tenons que dans Rav contre Rabbi Yo'hanan la halakha est comme Rabbi Yo'hanan. Toutefois ils sont interdits au déplacement aujourd'hui, car même Rabbi Yo'hanan n'a pas permis de le rôtir aujourd'hui, mais seulement de l'avaler demain, si le jour de fête précédait le chabbat ; le jour même, non, même au déplacement.
💡 Explication

Rav Adda bar Ahava sépare deux questions que son hôte avait confondues. La permission accordée par Rabbi Yo'hanan concerne le lendemain seulement, et elle se limite à la consommation.

Le jour même, l'œuf demeure mouktse et ne peut pas être déplacé. Rachi relève l'expression de la guemara, « l'avaler », qui indique une consommation sans préparation aucune.

18
וְהָתַנְיָא: אַחַת בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בְּשַׁבָּת וְאַחַת בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בְּיוֹם טוֹב — אֵין מְטַלְטְלִין אוֹתָהּ, לֹא לְכַסּוֹת בָּהּ אֶת הַכְּלִי, וְלֹא לִסְמֹוךְ בָּהּ כַּרְעֵי הַמִּטָּה.

Et il a été enseigné : aussi bien un œuf pondu le chabbat qu'un œuf pondu le jour de fête, on ne le déplace pas, ni pour en couvrir un récipient, ni pour en caler les pieds du lit.

📜 Rachi (1)
וְהַתַּנְיָא סִייַּעְתָּא:
Un appui à ce qui vient d'être dit.
19
אֻושְׁפִּיזְכָּנֵיהּ דְּרַב פָּפָּא, וְאָמְרִי לָהּ, הָהוּא גַּבְרָא דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא. הֲווֹ לֵיהּ הָנָךְ בֵּיצִים מִשַּׁבָּת לְיוֹם טוֹב. אֲתָא לְקַמֵּיהּ, אֲמַר לֵיהּ: מַהוּ לְמֵכְלִינְהוּ לְמָחָר? אֲמַר לֵיהּ: זִיל הָאִידָּנָא וְתָא לְמָחָר, דְּרַב לָא מוֹקֵי אָמוֹרָא עִלָּוֵיהּ מִיּוֹמָא טָבָא לְחַבְרֵיהּ מִשּׁוּם שִׁכְרוּת.

L'hôte de Rav Papa, et certains disent : un certain homme qui vint devant Rav Papa, avait des œufs pondus un chabbat qui précédait un jour de fête. Il vint devant lui et lui dit : qu'en est-il de les manger demain ?

Il lui dit : va-t'en aujourd'hui et reviens demain. Car Rav n'installait pas d'amora devant lui d'un jour de fête à l'autre, en raison de l'ivresse.

📜 Rachi (3)
דְּרַב לָא מוֹקֵי אָמוֹרָא עִלָּוֵיהּ לֹא הָיָה מַעֲמִיד מְתֻורְגְּמָן לְפָנָיו לִדְרֹושׁ דְּרָשָׁה לָרַבִּים:
Il n'installait pas devant lui d'interprète pour exposer un enseignement au public.
מִיּוֹמָא טָבָא לְחַבְרֵיהּ כְּלוֹמַר מִשֶּׁעָשָׂה הַיּוֹם יוֹם טוֹב דְּהַיְינוּ לְאַחַר סְעוּדָה עַד מָחָר:
C'est-à-dire : depuis le moment où l'on a fait de ce jour un jour de fête, c'est-à-dire après le repas, jusqu'au lendemain.
מִשּׁוּם שִׁכְרוּת דְּרַב אוֹרוֹיֵי הָיָה מוֹרֵי בַּדְּרָשָׁה שֶׁלּוֹ כִּדְאָמְרִינַן בִּכְרִיתוֹת וְשִׁכּוֹר אָסוּר לְהוֹרוֹת דִּכְתִיב יַיִן וְשֵׁכָר אַל תֵּשְׁתְּ (וַיִּקְרָא י׳:ט׳) וּכְתִיב לְהוֹרוֹת אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל (שָׁם):
Car Rav rendait des décisions au cours de son enseignement, comme nous le disons dans Keritot ; or un homme pris de boisson ne peut pas trancher, ainsi qu'il est écrit : « Tu ne boiras ni vin ni boisson forte » (Lévitique 10, 9), et il est écrit : « pour enseigner aux enfants d'Israël » (ibid.).
🪔 Ben Yehoyada (1)
אוֹשְׁפְּזֵיכְנֵיהּ דְּרַב פָּפָּא - וְאָמְרִי לַהּ הָהוּא גַּבְרָא דַּאֲתָא לְקַמֵּהּ דְּרַב פָּפָּא - הֲווֹ לֵיהּ הָנָךְ בֵּיצִים מִשַּׁבָּת לְיוֹם טוֹב. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת מַאי נָפְקָא מִינָּה אִם הַשּׁוֹאֵל הָיָה בַּעַל הַבַּיִת דְּרַב פָּפָּא אוֹ אִם הָיָה אָדָם אַחֵר מִבַּחוּץ כְּדֵי שֶׁהֻוצְרַךְ מִסֵּדֶר הַשַּׁ"ס לְהַזְכִּיר שְׁתֵּי הַשְּׁמוּעוֹת, וְדַי לִמְנַקַּט 'הָהוּא גַּבְרָא דַּאֲתָא לְקַמֵּהּ דְּרַב פָּפָּא'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאִיכָּא נַפְקוּתָא מִמַּחֲלֹוקֶת הַשְּׁמוּעוֹת הַנִּזְכָּר לְמֵילַף מִינָּהּ מִילְּתָא דְּאִם הָיָה הַשּׁוֹאֵל בַּעַל הַבַּיִת שָׁמְעִינַן דְּאֵין לְהוֹרוֹת אַחַר שִׁכְרוּת אֶלָּא עַד לְמָחָר בַּיּוֹם וְאֵין לְהוֹרוֹת בַּלַּיְלָה אַף עַל גַּב דְּהִתְפַּלֵּל מִנְחָה וְעַרְבִית דְּוַדַּאי הֵפִיג יֵינוֹ מֵעָלָיו עִם כָּל זֶה צָרִיךְ לְמֶעְבַּד בְּהוֹרָאָה הַרְחָקָה יוֹתֵר לְהַמְתִּין עַד לְמָחָר דְּאִם לָא נֵימָא הָכִי לָמָּה אָמַר לוֹ 'תָּא לְמָחָר' הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'תָּא בַּלַּיְלָה' כֵּיוָן דְּהוּא יוֹשֵׁב עִמּוֹ בַּבַּיִת? אֶלָּא וַדַּאי דְּצָרִיךְ לְהַחְמִיר בְּהוֹרָאָה וּלְהָכִי רַב לָא מוֹקֵים אִימּוּרָא עָלֶיהָ עַד לְמָחָר אֲבָל לְפִי הַשְּׁמוּעָה הַשֵּׁנִית דְּאָמְרִי הַשּׁוֹאֵל לֹא הָיָה בַּעַל הַבַּיִת בָּעוֹלָם הַבָּא דְּרַב פָּפָּא אֶלָּא הוּא זָר בָּא מִבַּחוּץ אֵין כָּאן הֶכְרֵחַ לְמֵימַר הָכִי דִּלְעוֹלָם יֵשׁ לְהוֹרוֹת בַּלַּיְלָה וְאֵין צָרִיךְ לְהַמְתִּין עַד לְמָחָר. וּמַה שֶׁאָמַר גַּבֵּי רַב הַיְינוּ עַל הוֹרָאוֹת שֶׁמּוֹרֶה בְּתוֹךְ הַדְּרָשָׁה בְּצִיבּוּר שֶׁדַּרְכּוֹ לִדְרֹושׁ בַּיּוֹם וְלֹא בַּלַּיְלָה וְאוֹרְחָא דְּמִילְּתָא נָקֵיט. וְהָא דְּאָמַר רַב פָּפָּא לְהַהוּא גַּבְרָא 'תָּא לְמָחָר' וְלֹא אָמַר לוֹ 'תָּא בַּלַּיְלָה' אוֹרְחָא דְמִילְּתָא קָא אָמַר לֵיהּ דְּמִסְּתָמָא לֹא יָבֹא בַּלַּיְלָה אֶלָּא בַּיּוֹם אֲבָל לְעוֹלָם אִם הָיָה בָּא בַּלַּיְלָה אַחַר שִׁיעוּר שֶׁיָּפִיג יֵינוֹ הָיָה מוֹרֶה לוֹ. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד דְּאִם הָיָה הַשּׁוֹאֵל בַּעַל הַבַּיִת בָּעוֹלָם הַבָּא מִסְּתָמָא יָדַע בּוֹ אִם שָׁתָה הַרְבֵּה שֶׁהוּא שִׁיעוּר שִׁכְרוּת מַמָּשׁ אוֹ לָאו וְאִם רָאָהוּ שֶׁשָּׁתָה הַרְבֵּה אֵיךְ סָלְקָא דַעְתָּךְ לִשְׁאוֹל מִמֶּנּוּ בְּעֵת שִׁכְרוּת? אֶלָּא וַדַּאי יָדַע שֶׁלֹּא שָׁתָה הַרְבֵּה, וּמֵאַחַר דְּמָצִינוּ דְּרַב פַּפָּא לֹא רָצָה לְהוֹרוֹת לוֹ דִּין שְׁמַע מִינָּה אֲפִילּוּ בִּמְעַט שְׁתִיָּה נִמְנָע מִלְּהוֹרוֹת בּוֹ בַּיּוֹם וְאָמַר לוֹ תָּא לְמָחָר מִשּׁוּם דְּלָא פְּלוּג, אַךְ אִם נֹאמַר שֶׁזֶּה לֹא הָיָה בַּעַל הַבַּיִת בָּעוֹלָם הַבָּא אֶלָּא אָדָם זָר בָּא מִבַּחוּץ לִשְׁאוֹל לָא שָׁמְעִינַן הַאי דִּינָא כִּי זֶה אֵינוֹ יוֹדֵעַ אִם שָׁתָה וּמַה שֶׁלֹּא רָצָה רַב פַּפָּא לְהָשִׁיב לוֹ בּוֹ בַּיּוֹם מִפְּנֵי שֶׁשָּׁתָה הַרְבֵּה אֲבָל אִם לֹא הָיָה שׁוֹתֶה אֶלָּא מְעַט הָיָה מֵשִׁיב לוֹ וְלָא אָמְרִינַן דְּצָרִיךְ לִמְנֹועַ מִלְּהוֹרוֹת אֲפִילּוּ בִּשְׁתִיָּה מוּעֶטֶת מִשּׁוּם דְּלָא פְּלוּג.
« L'hôte de Rav Papa, et certains disent : un certain homme qui vint devant Rav Papa, avait ces œufs, du chabbat pour le jour de fête. » Il y a lieu de demander : quelle différence cela fait-il que celui qui interrogeait fût l'hôte de Rav Papa ou bien un autre homme venu du dehors, au point que l'ordonnateur du Talmud ait eu besoin de mentionner les deux versions ? Il aurait suffi de dire « un certain homme qui vint devant Rav Papa ». Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il y a une conséquence à tirer de la divergence entre ces deux versions. Si celui qui interrogeait était l'hôte, nous apprenons qu'on ne rend pas de décision (horaa) après l'ivresse avant le lendemain, de jour, et qu'on ne tranche pas la nuit, bien qu'on ait prié minha et arvit et qu'on ait certainement dissipé son vin ; il faut malgré tout, en matière de horaa, prendre une distance supplémentaire et attendre le lendemain. Car si l'on ne disait pas ainsi, pourquoi lui aurait-il dit « reviens demain » ? Il aurait dû lui dire « reviens cette nuit », puisque celui-ci se trouvait avec lui dans la maison. Il faut donc nécessairement dire qu'il convient d'être rigoureux en matière de horaa, et c'est pour cela que Rav n'installait pas d'amora devant lui jusqu'au lendemain. Mais selon la seconde version, qui dit que celui qui interrogeait n'était pas l'hôte de Rav Papa mais un homme étranger venu du dehors, rien ne force à dire ainsi, et il reste possible de trancher la nuit, sans attendre le lendemain. Ce qui a été dit au sujet de Rav concerne les décisions qu'il rendait au sein de la derasha publique, qu'il avait coutume de donner le jour et non la nuit : le texte a retenu le cours ordinaire des choses. Et lorsque Rav Papa a dit à cet homme « reviens demain » plutôt que « reviens cette nuit », il lui a parlé selon le cours ordinaire des choses, car vraisemblablement il ne viendrait pas la nuit mais le jour ; en vérité, s'il était venu la nuit, après le temps nécessaire pour que son vin se dissipe, il lui aurait rendu la décision. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que si celui qui interrogeait était l'hôte, il savait vraisemblablement si Rav Papa avait beaucoup bu, au point de l'ivresse véritable, ou non. Et s'il l'avait vu boire beaucoup, comment lui serait-il venu à l'esprit de l'interroger au moment de son ivresse ? Il savait donc certainement qu'il n'avait pas beaucoup bu ; et puisque nous trouvons que Rav Papa n'a pas voulu lui rendre de décision, nous en déduisons que même après une petite quantité de boisson il s'est abstenu de trancher le jour même et lui a dit « reviens demain », en vertu du principe de ne pas distinguer (lo plog). Mais si l'on dit que celui-ci n'était pas l'hôte, mais un homme étranger venu du dehors pour interroger, nous n'apprenons pas cette règle, car un tel homme ne sait pas s'il a bu ; et si Rav Papa n'a pas voulu lui répondre le jour même, c'est parce qu'il avait beaucoup bu. S'il n'avait bu que peu, il lui aurait répondu, et nous ne dirions pas qu'il faut s'abstenir de trancher même après une boisson légère en vertu du principe de ne pas distinguer.
💡 Explication

Second récit, symétrique du premier : ici le chabbat précède le jour de fête. La question est plus simple, puisqu'elle ne porte que sur la consommation du lendemain.

Rav Papa ne répond pas. Le motif tient à la horaa, la décision halakhique : après le repas de fête, où l'on a bu du vin, un maître s'abstient de trancher. Rav lui-même n'installait pas d'interprète devant lui pendant tout ce temps, afin de ne pas être amené à rendre une décision au cours de son enseignement.

🖼️ Schéma
Pourquoi Rav Papa ne répond pas le jour mêmeRepas de fêteLa question est poséeLe lendemainAucune horaa : le vin du repas interdit de trancherLa réponse est donnéeLe verset qui interdit au cohen enivré d'enseigner fonde cette retenue.Rav appliquait la même règle à son enseignement public, d'un jour de fête à l'autre.
La ligne du temps du second récit : entre le repas de fête et le lendemain, le maître se tait.
20
כִּי אֲתָא לְמָחָר, אֲמַר לֵיהּ:

Lorsqu'il revint le lendemain, il lui dit :

💡 Explication

Le folio se termine au milieu de la phrase. La réponse de Rav Papa, et la conclusion halakhique qu'elle porte, se lisent au début du folio suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).