Bekhorot 14b — rachat des animaux sacrés à défaut, l'autel privé, et la règle de heemada ve-haarakha

Bekhorot 14b

Sougya : La sougya commence par demander si les petits d'un animal consacré pour sa valeur (kedouchat damim) se rachetent intacts (temimim) ou seulement une fois devenus baalei moum ; une baraita prouve qu'ils se rachetent, et Rava en tire que consacrer un mâle pour sa valeur crée une kedouchat ha-gouf. Puis, sur la Michna 'celui qui les égorge dehors est exempt', R.

Elazar enseigne au contraire 'coupable' (de malqout) et rapporte le cas à une bama de yahid : le verset 'tu n'immoleras pas... un animal à défaut' (Dt 17:1), par la méthode im eino inyan, ne pouvant s'appliquer au bekhor, au maaser, à la temoura ni aux valadot (chacun déjà couvert par un autre verset), se reporte sur l'autel privé. Enfin, sur 'si morts, ils seront rachetés', Rav rapporte cela à R.

Chimon et développe la controverse sur heemada ve-haarakha (tenir l'animal vivant et l'évaluer devant le cohen) entre R. Chimon, les Rabbanan et le Tana de-vei Levi.

À quoi s'applique 'tu n'immoleras pas... un animal à défaut' (Dt 17:1) ? 'lo tizbah... col davar ra' (Dt 17:1) déjà couvert ailleurs ? -> on cherche à quoi l'appliquer (im eino inyan) Bekhor (premier-né) déjà: 'pisseah o iver lo tizbahenou' (Dt 15) -> rejeté Maaser (dîme) gzera chava 'haavara' 'haavara' du bekhor -> rejeté Temoura (substitut) hekech: 'hou ou-temourato' assimilé au consacré -> rejeté Valadot (petits) Tana de-vei R. Yichmael: 'rak kodchekha' -> neder -> rejeté Conclusion (R. Elazar) : le verset vise la bama de yahid immoler un animal à défaut sur un autel privé = interdit (lo taasse) im eino inyan : chaque cas étant déjà couvert, le verset se reporte sur le suivant
La chaîne im eino inyan : à quoi s'applique Dt 17:1, cas par cas (segments 5-12).
Heemada ve-haarakha : faut-il tenir l'animal vivant devant le cohen pour le racheter ? R. Chimon Rabbanan (Temoura) Tana de-vei Levi kodche mizbeah : OUI kodche bedek habayit : NON baal moum me-ikaro : NON (rachetable) morts -> rachetés (si baal moum me-ikaro) version R. Yo'hanan : les deux : OUI baal moum me-ikaro : soumis aussi morts -> enterrés TOUT était soumis, même baal moum me-ikaro, même haya, même of 'otah' fait difficulté morts -> enterrés
La règle de heemada ve-haarakha selon les trois positions (segments 14-18).
1
נִפְדִּין תְּמִימִים אוֹ אֵין נִפְדִּין תְּמִימִין?

[Les petits d'un animal à kedouchat damim] se rachetent-ils intacts (temimim), ou ne se rachetent-ils pas intacts ?

📜 Rachi (1)
נִפְדִּין תְּמִימִים אוֹתָן ווְלָדוֹת שֶׁנּוֹלְדוּ לִפְנֵי פִּדְיוֹנָן אוֹ אֵין נִפְדִּין תְּמִימִים:
Se rachetent-ils intacts — ces petits nés avant leur rachat, ou ne se rachetent-ils pas intacts ?
💡 Explication

Rappel : le petit d'un animal à kedouchat ha-gouf (sainteté du corps) naît saint et ne peut se racheter qu'une fois devenu baal moum (porteur de défaut). La question porte sur le petit d'un animal à kedouchat damim (sainteté de valeur) : se rachète-t-il tout de suite, encore temim (intact), ou faut-il attendre qu'il devienne baal moum ?

2
תָּא שְׁמַע: הַמַּתְפִּיס בַּעֲלֵי מוּמִין קְבוּעִין לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ, וְיָלְדוּ — יִמָּכְרוּ, וְאֵין צְרִיכִין מוּם, שֶׁאֵין קְדֻושָּׁה חָלָה עֲלֵיהֶן, שֶׁלֹּא יְהֵא טָפֵל חָמוּר מִן הָעִיקָּר.

Viens et entends (ta chema) : celui qui consacre pour l'autel (le-gabei mizbeah) des animaux à défaut permanent (baalei moumin kevouin), et qu'ils enfantent — [les petits] seront vendus, et n'ont pas besoin de [devenir] baal moum, car aucune sainteté ne se pose sur eux, afin que l'accessoire (tafel) ne soit pas plus rigoureux que le principal (ikar).

📜 Rachi (2)
טָפֵל וָלָד:
Accessoire (tafel) — le petit.
עִיקָּר אִם. אַלְמָא נִפְדִּין תְּמִימִים:
Principal (ikar) — la mère. On voit donc qu'ils se rachetent intacts (temimim).
💡 Explication

Preuve d'une baraita : des animaux à défaut permanent consacrés à l'autel ne peuvent y être offerts ; leurs petits se vendent (se rachetent) sans avoir à devenir eux-mêmes baal moum, car l'accessoire (tafel = le petit) ne doit pas être plus sévère que le principal (ikar = la mère). Puisque la mère baal moum se rachète sans délai, le petit aussi. Donc les petits d'animaux à kedouchat damim se rachetent temimim.

3
טַעְמָא, שֶׁלֹּא יְהֵא טָפֵל חָמוּר מִן הָעִיקָּר, אֲבָל הִקְדִּישׁ זָכָר לְדָמָיו — קָדוֹשׁ קְדֻושַּׁת הַגּוּף. מְסַיַּיע לֵיהּ לְרָבָא, דְּאָמַר רָבָא: הִקְדִּישׁ זָכָר לְדָמָיו — קָדוֹשׁ קְדֻושַּׁת הַגּוּף.

La raison [invoquée] est 'afin que l'accessoire ne soit pas plus rigoureux que le principal' ; mais si l'on consacre un mâle pour sa valeur (le-damav) — il est saint d'une sainteté du corps (kedouchat ha-gouf). Cela appuie Rava, car Rava a dit : celui qui consacre un mâle pour sa valeur — il est saint d'une sainteté du corps.

📜 Rachi (3)
וְקָא דָּייֵק הַשַּׁ"ס טַעְמָא דְּלָא בָּעֵי מוּם מִשּׁוּם דְּלָא יְהֵא טָפֵל חָמוּר מִן הָעִיקָּר דְּמִכֹּחַ בַּעַל מוּם אָתוּ הָא לָא אָתוּ מִכֹּחַ בַּעַל מוּם אֶלָּא לְדִידְהוּ מַקְדִּישׁ לְהוּ לִדְמֵיהֶן לָא נָפְקִי לְחֻולִּין בְּלֹא מוּם דְּקָדוֹשׁ קְדֻושַּׁת הַגּוּף:
Et le Talmud infère : la raison pour laquelle [le petit] n'a pas besoin de défaut est 'afin que l'accessoire ne soit pas plus rigoureux que le principal', puisqu'ils proviennent d'[une mère] baal moum ; mais ceux qui ne proviennent pas d'un baal moum, dont on consacre [directement] la valeur, ne sortent pas au profane sans défaut, car ils sont saints d'une sainteté du corps (kedouchat ha-gouf).
זָכַר אַיִל:
Mâle — un bélier.
הִקְדִּישׁ זָכָר לְדָמָיו שֶׁיִּמְכְּרֶנּוּ וְיָבִיא בְּדָמָיו עוֹלָה הוּא עַצְמוֹ קָדוֹשׁ קְדֻושַּׁת הַגּוּף וְיִקְרַב עוֹלָה. לְהָכִי נְקַט זָכָר דְּחָזֵי לְעוֹלָה מִשּׁוּם דְּרֻובָּא דְּמַיְיתוּ קָרְבַּן עוֹלָה מַיְיתוּ:
Consacrer un mâle pour sa valeur — [de sorte] qu'on le vende et qu'on apporte avec son prix une olah : lui-même est saint d'une sainteté du corps et sera offert en olah. On mentionne le mâle car il convient à l'olah, la plupart de ceux qui apportent un sacrifice apportant une olah.
🗂️ Tossefot (1)
הִקְדִּישׁ זָכָר לְדָמָיו קָדוֹשׁ קְדֻושַּׁת הַגּוּף לְהָכִי נְקַט זָכָר דְּקָרֵב הוּא עַצְמוֹ עוֹלָה וְאִי הֲוָה נְקַט בְּהֵמָה סְתָם הָוֵי אָמֵינָא דִּנְקֵבָה קָדוֹשׁ קְדֻושַּׁת הַגּוּף וְקָרֵב שְׁלָמִים וְשָׁמְעִינַן לֵיהּ לְר' יְהוֹשֻׁעַ בְּמַסֶּכֶת שְׁקָלִים (דַּף ו.) וּמַייְתִי לָהּ בִּתְמוּרָה פֶּרֶק אֵלּוּ קָדָשִׁים (תְּמוּרָה דַּף כ.) בְּמַקְדִּישׁ נְכָסָיו זְכָרִים עַצְמָן יִקְרְבוּ עוֹלוֹת וּנְקֵבוֹת יִמָּכְרוּ לְצָרְכֵי שְׁלָמִים וְיָבִיא בִּדְמֵיהֶם עוֹלוֹת וּמִיהוּ נִרְאֶה לְר' אֱלִיעֶזֶר נָמֵי דְּאָמַר הָתָם זְכָרִים יִמָּכְרוּ לְצָרְכֵי עוֹלוֹת וּנְקֵבוֹת יִמָּכְרוּ לְצָרְכֵי שְׁלָמִים וּדְמֵיהֶם יִפְּלוּ לִשְׁאָר נְכָסִים לְבֶדֶק הַבַּיִת לְפִי מַה שֶּׁהָיָה רָבָא ר"ל מִתְּחִלָּה הָתָם בְּהַהוּא פִּירְקִין הַמַּקְדִּישׁ זָכָר אֵין קָדוֹשׁ קְדֻושַּׁת הַגּוּף לָא קָשֶׁה לֵיהּ מִידִי מִמַּתְנִי' דִּשְׁקָלִים דְּיֵשׁ לְחַלֵּק בֵּין מַקְדִּישׁ נְכָסָיו סְתָם לְפֵירֵשׁ בְּהֶדְיָא לְדָמָיו:
'Celui qui consacre un mâle pour sa valeur est saint d'une sainteté du corps' — on mentionne 'mâle' parce que lui-même est offert en olah ; si l'on avait dit 'une bête' [sans plus], j'aurais pu penser qu'une femelle aussi est sainte d'une sainteté du corps et est offerte en chelamim. Or on a entendu R. Yehochoua dans le traité Chekalim (6a) — cité dans Temoura, chapitre 'Elou kodachim' (Temoura 20a) — à propos de celui qui consacre ses biens : les mâles eux-mêmes seront offerts en olot, et les femelles vendues pour les besoins des chelamim, et l'on apportera des olot avec leur prix. Il semble toutefois que même selon R. Eliezer, qui dit là-bas que les mâles seront vendus pour les besoins des olot et les femelles pour les besoins des chelamim, leur prix retombant au reste des biens pour bedek habayit — selon ce que Rava voulait dire d'abord là-bas dans ce chapitre, 'celui qui consacre un mâle n'est pas saint d'une sainteté du corps' —, rien ne fait difficulté à partir de la Michna de Chekalim, car il faut distinguer entre consacrer ses biens de façon indéterminée et préciser expressément 'pour sa valeur'.
💡 Explication

La Guemara infère : la seule raison pour laquelle le petit n'est pas saint pour l'autel, c'est qu'il tient sa sainteté de sa mère baal moum (tafel/ikar). Mais un mâle consacré directement pour sa valeur (sans provenir d'une mère défectueuse) acquiert une vraie kedouchat ha-gouf et ne sort pas au profane sans défaut. Cela confirme Rava : consacrer un mâle pour sa valeur crée une sainteté du corps.

4
וְהַשּׁוֹחֲטָן בַּחוּץ פָּטוּר. רַבִּי אֶלְעָזָר מַתְנֵי ״חַיָּיב״, וּמוֹקֵי לַהּ בְּבָמַת יָחִיד.

'Et celui qui les égorge dehors est exempt' [Michna]. Rabbi Elazar enseigne 'coupable' (hayav), et le rapporte à une bama de yahid (autel privé).

📜 Rachi (2)
רַבִּי אֶלְעָזָר מַתְנֵי הַשּׁוֹחֵט בַּחוּץ חַייָּב. לָאו כָּרֵת קָאָמַר אֶלָּא מַלְקוּת:
Rabbi Elazar enseigne — 'celui qui égorge dehors est coupable' ; il ne parle pas de karet, mais de malqout.
וּמוּקֵי לְהַאי חוּץ כְּגוֹן שֶׁשְּׁחָטוֹ בְּבָמַת יָחִיד בִּשְׁעַת הֶיתֵּר הַבָּמוֹת:
Et le rapporte — ce 'dehors' au cas où il l'a égorgé sur une bama de yahid, au temps où les bamot étaient permises.
💡 Explication

Sur la Michna (les animaux dont le défaut a précédé la consécration : celui qui les égorge hors du parvis est exempt), R. Elazar enseigne au contraire hayav (coupable) — non de karet, mais de malqout (flagellation) — et rapporte ce 'dehors' au cas d'un autel privé (bama de yahid), au temps où les bamot étaient permises : offrir un baal moum sur une bama privée est interdit.

5
דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִנַּיִן לַזּוֹבֵחַ בְּהֵמָה בַּעֲלַת מוּם בְּבָמַת יָחִיד בִּשְׁעַת הֶיתֵּר הַבָּמוֹת, שֶׁהוּא בְּלֹא תַּעֲשֶׂה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תִזְבַּח לַה׳ אֱ-לֹהֶיךָ שׁוֹר וָשֶׂה״, אִם אֵינוֹ עִנְיָן לְבָמָה גְּדוֹלָה, דִּכְתִיב: ״עַוֶּרֶת אוֹ שָׁבוּר וְגוֹ׳״, תְּנֵהוּ עִנְיָן לְבָמַת יָחִיד.

Car Rabbi Elazar a dit : d'où [sait-on] que celui qui immole une bête à défaut (baalat moum) sur une bama de yahid, au temps où les bamot sont permises, transgresse un [commandement] négatif (lo taasse) ? Car il est dit 'tu n'immoleras pas au Seigneur ton Dieu un taureau ou un mouton [en qui il y a un défaut]' (Dt 17:1) ; si ce n'est pas pour la bama gedola — puisqu'il est écrit 'aveugle ou brisé, etc.' (Lv 22:22) — applique-le à la bama de yahid.

📜 Rachi (2)
בָּמַת יָחִיד שֶׁכָּל אֶחָד וְאֶחָד בּוֹנֶה בָּמָה לְעַצְמוֹ כְּגוֹן בְּמֵת מָנוֹחַ וְגִדְעוֹן וּשְׁמוּאֵל:
Bama de yahid — où chacun se bâtit un autel pour lui-même, comme l'autel de Manoah, de Gideon et de Samuel.
בַּמֶּה גְּדוֹלָה נוֹב וְגִבְעוֹן שֶׁהֵן שֶׁל צִבּוּר:
Bama gedola — Nov et Guivon, qui étaient [les autels] de la collectivité (tsibbour).
💡 Explication

Source : R. Elazar tire de Dt 17:1 ('tu n'immoleras pas... un animal à défaut') l'interdit d'offrir un baal moum sur une bama de yahid. La méthode : la bama gedola (autel public) est déjà couverte par Lv 22:22 ('aveugle ou brisé...') ; donc, par im eino inyan ('si ce n'est pas pour ce sujet-là'), le verset de Dt 17:1 se reporte sur l'autel privé.

6
אֵימָא: אִם אֵינוֹ עִנְיָן לְקָדָשִׁים — תְּנֵהוּ עִנְיָן לִבְכוֹר, סָלְקָא דַעְתָּךְ אֲמִינָא: הוֹאִיל וְקָדוֹשׁ כְּשֶׁהוּא בַּעַל מוּם — לִיקְרַב נָמֵי כְּשֶׁהוּא בַּעַל מוּם, קָא מַשְׁמָע לַן דְּלָא!

Dis [plutôt] : si ce n'est pas pour ce sujet (im eino inyan) — les [animaux] sacrés [ordinaires], applique-le au bekhor (premier-né) ! Car il te viendrait à l'esprit de dire : puisqu'il est saint même quand il est baal moum — qu'il soit aussi offert quand il est baal moum ; [le verset] nous apprend qu'il n'en est rien !

📜 Rachi (1)
הוֹאִיל וְקָדוֹשׁ בַּעַל מוּם לִהְיוֹת אָסוּר בְּגִיזָּה וַעֲבוֹדָה:
Puisqu'il est saint [même] baal moum — [saint] au point d'être interdit à la tonte (guiza) et au travail (avoda).
💡 Explication

Objection : au lieu de la bama de yahid, applique Dt 17:1 au bekhor ! On aurait pu croire, le bekhor étant saint même baal moum, qu'il puisse être offert baal moum ; le verset viendrait dire que non. Pourquoi donc le rapporter à l'autel privé plutôt qu'au premier-né ?

7
אָמְרִי: בְּכוֹר בְּהֶדְיָא כְּתִיב בֵּיהּ ״פִּסֵּחַ אוֹ עִוֵּר לֹא תִזְבָּחֶנּוּ״.

Ils dirent : le bekhor, cela est écrit explicitement à son sujet — 'boiteux ou aveugle, tu ne l'immoleras pas' (Dt 15:21).

💡 Explication

Réponse : le cas du bekhor est déjà écrit explicitement ('boiteux ou aveugle... tu ne l'immoleras pas', Dt 15:21). Dt 17:1 ne peut donc pas viser le premier-né, ce dernier étant déjà couvert.

8
וְאֵימָא: אִם אֵינוֹ עִנְיָן לְקָדָשִׁים — תְּנֵהוּ עִנְיָן לְמַעֲשֵׂר, דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וְקָדוֹשׁ בְּמוּמוֹ, דִּכְתִיב: ״לֹא יְבַקֵּר בֵּין טוֹב לָרַע״, נִקְרָב נָמֵי בְּמוּמֵיהּ, קָא מַשְׁמָע לַן דְּלָא!

Et dis [encore] : si ce n'est pas pour ce sujet — les [animaux] sacrés —, applique-le au maaser (dîme des animaux) ! Car il te viendrait à l'esprit de dire : puisqu'il est saint avec son défaut, comme il est écrit 'il n'examinera pas entre bon et mauvais' (Lv 27:33), qu'il soit aussi offert avec son défaut ; [le verset] nous apprend qu'il n'en est rien !

📜 Rachi (2)
וְאֵימָא אִם אֵינוֹ עִנְיָן כּוּ' וּלְעוֹלָם בְּבָמָה גְּדוֹלָה:
Et dis : si ce n'est pas pour ce sujet, etc. — [le verset restant] toujours [pour] la bama gedola.
לֹא יְבַקֵּר לֹא יִבְדֹּוק בֵּין תָּם לְבַעַל מוּם דְּאֵיזֶה שֶׁיְּהֵא עֲשִׂירִי יְהֵא קָדוֹשׁ:
'Il n'examinera pas' — il n'inspectera pas [pour distinguer] entre intact (tam) et baal moum, car quel que soit le dixième, il sera saint.
💡 Explication

Nouvelle objection : applique Dt 17:1 au maaser behema (dîme du bétail) ! Le dixième animal étant saint quel qu'il soit, même défectueux ('il n'examinera pas entre bon et mauvais', Lv 27:33), on aurait pu croire qu'il puisse être offert baal moum ; le verset viendrait l'interdire.

9
אָמְרִי: מַעֲשֵׂר נַמֵּי גָּמַר ״הַעֲבָרָה״ ״הַעֲבָרָה״ מִבְּכוֹר.

Ils dirent : le maaser aussi, on l'apprend par [la gzera chava] 'haavara'–'haavara' (passage) [tirée] du bekhor.

📜 Rachi (1)
גָּמַר הַעֲבָרָה הַעֲבָרָה מִבְּכוֹר מַה בְּכוֹר בַּעַל מוּם לֹא קָרֵב אַף מַעֲשֵׂר בַּעַל מוּם לֹא כִּי אֲתָא קְרָא לְבָמַת יָחִיד:
On l'apprend par 'haavara'–'haavara' [tirée] du bekhor — de même que le bekhor baal moum n'est pas offert, de même le maaser baal moum n'est pas [offert] ; ainsi, quand le verset [de Dt 17:1] vient, c'est pour la bama de yahid.
🗂️ Tossefot (1)
גְּמַר הַעֲבָרָה מָצֵי לְמֵימַר תַּחַת תַּחַת מִקָּדָשִׁים וּלְפִי שֶׁהַמַּעֲשֵׂר וּבְכוֹר שָׁוִין בְּכַמָּה עִנְיָינִים נַקְטֵיהּ:
On l'apprend par 'haavara' — on aurait pu [aussi] dire 'tahat'–'tahat' [depuis] les [animaux] sacrés ; mais comme le maaser et le bekhor se ressemblent en bien des points, on a retenu [la gzera chava du bekhor].
💡 Explication

Réponse : le maaser est déjà couvert par une gzera chava (analogie verbale) sur le mot haavara ('faire passer', dit du dîme en Lv 27:32) rapproché de 'haavara' dit du bekhor (Ex 13:12) : de même que le bekhor baal moum n'est pas offert, de même le maaser baal moum n'est pas offert. Dt 17:1 reste donc libre pour la bama de yahid.

10
אֵימָא: תְּנֵהוּ עִנְיָן לִתְמוּרַת קָדָשִׁים, דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וּקְדוֹשָׁה כְּשֶׁהִיא בַּעֲלַת מוּם, דִּכְתִיב: ״לֹא יַחֲלִיפֶנּוּ וְלֹא יָמִיר אֹותוֹ וְגוֹ׳״, קָרֵיבָה נָמֵי כְּשֶׁהִיא בַּעֲלַת מוּם, קָא מַשְׁמָע לַן דְּלָא!

Dis [encore] : applique-le à la temoura des [animaux] sacrés (substitut) ! Car il te viendrait à l'esprit de dire : puisqu'elle devient sainte alors qu'elle est baalat moum, comme il est écrit 'il ne le changera pas et ne le substituera pas, etc.' (Lv 27:10), qu'elle soit aussi offerte alors qu'elle est baalat moum ; [le verset] nous apprend qu'il n'en est rien !

📜 Rachi (1)
וְלֹא יָמִיר אֹותוֹ טוֹב בְּרָע דְּהַייְנוּ בַּעַל מוּם אִם הָמֵר יָמִיר יִהְיֶה קֹדֶשׁ אֲפִילּוּ בַּעַל מוּם:
'Et il ne le substituera pas, un bon pour un mauvais' — c'est-à-dire un baal moum ; 'et s'il substitue', il sera saint, même baal moum.
💡 Explication

Autre objection : applique Dt 17:1 à la temoura (l'animal substitué à un consacré). La temoura devient sainte même baalat moum (Lv 27:10) ; on aurait pu croire qu'elle puisse être offerte baalat moum ; le verset viendrait l'interdire.

11
אֲמַר קְרָא: ״וְהָיָה הוּא וּתְמוּרָתוֹ״, מַקִּישׁ תְּמוּרָתוֹ לוֹ — מָה הוּא בַּעַל מוּם לֹא, אַף תְּמוּרָתוֹ בַּעַל מוּם לֹא.

Le verset dit : 'et lui et son substitut [seront saints]' (Lv 27:10) ; il assimile (makich) le substitut à lui — de même que lui, baal moum, [n'est] pas [offert], de même son substitut, baal moum, [n'est] pas [offert].

💡 Explication

Réponse : Lv 27:10 ('et lui et son substitut seront saints') assimile (hekech) la temoura à l'animal principal : de même que le consacré baal moum n'est pas offert, de même son substitut baal moum n'est pas offert. La temoura est donc déjà couverte ; Dt 17:1 ne la vise pas.

12
מַתְקִיף לַהּ רַבִּי זֵירָא: אֵימָא, תְּנֵהוּ עִנְיָן לְוַלְדוֹת קָדָשִׁים, דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וּקְדוֹשִׁין כְּשֶׁהֵן בַּעֲלֵי מוּמִין אַגַּב אִמָּן, כְּשֶׁהֵן בַּעֲלֵי מוּמִין נָמֵי קָרְבִי, קָא מַשְׁמָע לַן דְּלָא!

Rabbi Zeira objecte : dis [plutôt] : applique-le aux petits des [animaux] sacrés (valadot) ! Car il te viendrait à l'esprit de dire : puisqu'ils sont saints alors qu'ils sont baalei moumin, du fait de leur mère (agav iman), qu'ils soient aussi offerts alors qu'ils sont baalei moumin ; [le verset] nous apprend qu'il n'en est rien !

📜 Rachi (1)
וְלָדוֹת בַּעֲלֵי מוּמִין שֶׁנּוֹלְדוּ מִקָּדָשִׁים תְּמִימִים:
Petits (valadot) — baalei moumin, nés de [bêtes] consacrées intactes (temimot).
💡 Explication

Objection de R. Zeira : applique Dt 17:1 aux valadot (petits nés d'animaux consacrés intacts, mais nés défectueux). Ils sont saints, même baalei moumin, du fait de leur mère (agav iman) ; on aurait pu croire qu'ils puissent être offerts baalei moumin ; le verset viendrait l'interdire.

13
אָמַר רָבָא: כְּבָר פָּסְקָה תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, דִּתְנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״רַק קָדָשֶׁיךָ אֲשֶׁר יִהְיוּ לְךָ וּנְדָרֶיךָ״ — ״רַק קָדָשֶׁיךָ״ אֵלּוּ הַתְּמוּרוֹת, ״אֲשֶׁר יִהְיוּ לְךָ״ אֵלּוּ הַוְּולָדוֹת, ״וּנְדָרֶיךָ״ — הִקִּישָׁן הַכָּתוּב לְנֶדֶר, מַה נֶדֶר בַּעַל מוּם לֹא, אַף הָנֵי נָמֵי בַּעַל מוּם לֹא.

Rava dit : le Tana de l'école de Rabbi Yichmael a déjà tranché [la question], car le Tana de l'école de Rabbi Yichmael a enseigné : 'seulement tes choses saintes que tu auras, et tes vœux' (Dt 12:26) — 'seulement tes choses saintes', ce sont les substituts (temourot) ; 'que tu auras', ce sont les petits (valadot) ; 'et tes vœux' — l'Écriture les a assimilés au vœu (neder) : de même que le vœu, baal moum, [n'est] pas [offert], de même ceux-ci non plus, baal moum, [ne sont] pas [offerts].

📜 Rachi (4)
פָּסְקָה תָּנָא דְּבֵי ר' יִשְׁמָעֵאל מִקְּרָא אַחַרְיַנָא וְלָא אִיצְטְרִיךְ הַאי לְהָכִי:
A tranché le Tana de l'école de Rabbi Yichmael — [la question] par un autre verset, et [Dt 17:1] n'était pas nécessaire pour cela.
רַק קָדָשֶׁיךָ וְגוֹ' אֵלּוּ הַתְּמוּרוֹת דַּאֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן שֶׁיִּקְרְבוּ לַמִּזְבֵּחַ דְּאִי לְעִיקַּר הֶקְדֵּשׁ אֲתָא לָמָּה לִי לְמִכְתַּב שֶׁיַּעֲלֵם לִירוּשָׁלַיִם הָא שָׁמְעִינַן קְרָאֵי טוּבָא הִשָּׁמֶר לְךָ פֶּן תַּעֲלֶה עֹולֹותֶיךָ וְגוֹ':
'Seulement tes choses saintes, etc.', ce sont les substituts — [le verset] vient nous apprendre qu'ils seront offerts sur l'autel ; car s'il venait pour la consécration principale, pourquoi écrire qu'on les fera monter à Jérusalem ? Nous l'apprenons déjà de nombreux versets, [tel] 'garde-toi d'offrir tes holocaustes, etc.' (Dt 12:13).
הַווְּלָדוֹת שֶׁל קָדָשִׁים:
Les petits (valadot) — [petits] des [animaux] sacrés.
אַף הָנֵי בַּעַל מוּם לֹא הִלְכָּךְ כִּי אֲתָא לֹא תִּזְבַּח לְבָמַת יָחִיד אֲתָא:
De même ceux-ci non plus, baal moum, [ne sont] pas [offerts] — c'est pourquoi, quand vient 'tu n'immoleras pas', c'est pour la bama de yahid qu'il vient.
🗂️ Tossefot (1)
הִקִּישָׁן הַכָּתוּב לִנְדָרִים אֵינוֹ מִן (כֵּן) הַבָּרַייְתָא בִּתְמוּרָה פֶּרֶק אֵלּוּ קָדָשִׁים (תְּמוּרָה דַּף יז:) וְרָבָא מְפָרֵשׁ כֵּן בִּפְנֵי עַצְמוֹ וּלְקַמָּן (בְּכוֹרוֹת דַּף טו:) בִּשְׁמַעְתִּין יֵשׁ בָּרַיְיתָא אַחֶרֶת דְּמַפְּקָא תְּמוּרַת ווְלָדוֹת מִזָּכָר וּנְקֵבָה וּפְלִיגָא אַתַּנָּא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל דְּהָכָא כְּדִמְפָרֵשׁ בִּתְמוּרָה (דַּף יז:) וְכֵן פִּי' לְקַמָּן בַּקּוּנְטְרֵס וְהַהוּא תַּנָּא נָמֵי נָפְקָא שַׁפִּיר . שֶׁהִקִּישָׁהּ תְּמוּרוֹת וְולָדוֹת לְגוּף הַקָּרְבָּן דִּבְגוּף הַקָּרְבָּן אַייְרֵי אִם זָכָר וְאִם נְקֵבָה אֶלָּא דְּמִיִּתּוּרָא דָּרְשִׁינַן נַמֵּי תְּמוּרוֹת וְולָדוֹת וּמֵהַשְׁתָּא לָא צְרִיכָא לְהֶקֵּישָׁא דִּלְעֵיל דְּמַקִּישׁ תְּמוּרָתוֹ לוֹ:
'L'Écriture les a assimilés aux vœux' — cela ne provient pas de la baraita [rapportée] dans Temoura, chapitre 'Elou kodachim' (Temoura 17b) ; c'est Rava qui l'explique ainsi de lui-même. Plus loin (Bekhorot 15b), dans notre sougya, il y a une autre baraita qui dérive la temoura et les valadot de '[si] mâle ou femelle', et qui diverge du Tana de-vei R. Yichmael d'ici, comme l'explique Temoura (17b) ; ainsi l'a expliqué aussi le Kountress (Rachi) plus loin. Et ce Tana [de Temoura] tire lui aussi [sa conclusion] correctement, en assimilant temourot et valadot au corps du sacrifice, puisque le corps du sacrifice est visé par '[si] mâle ou femelle' ; mais c'est du surplus [des mots] qu'on dérive aussi temourot et valadot. Dès lors, on n'a plus besoin du hekech précédent qui assimilait le substitut à l'animal [principal].
💡 Explication

Réponse de Rava : la question des valadot est déjà tranchée par le Tana de-vei R. Yichmael à partir d'un autre verset (Dt 12:26). Il y lit : 'tes choses saintes' = les temourot ; 'que tu auras' = les valadot ; 'et tes vœux' = un hekech au neder : comme un animal voué baal moum n'est pas offert, temourot et valadot baalei moumin ne le sont pas non plus. Dt 17:1 reste donc libre pour la bama de yahid, comme le veut R. Elazar.

14
וְאֵין עוֹשִׂין תְּמוּרָה, מַאי טַעְמָא? דְּאָמַר קְרָא: ״לֹא יַחֲלִיפֶנּוּ וְלֹא יָמִיר וְגוֹ׳״. הַשְׁתָּא רַע בְּטוֹב אָמְרַתְּ לֹא, טוֹב בְּרַע מִיבַּעְיָא? אֶלָּא טוֹב מֵעִיקָּרוֹ עוֹשֶׂה תְּמוּרָה, רַע מֵעִיקָּרוֹ אֵין עוֹשֶׂה תְּמוּרָה.

'Et ils ne font pas de substitut (temoura)' [Michna]. Quelle en est la raison ?

Car le verset dit : 'il ne le changera pas et ne le substituera pas, etc.' (Lv 27:10). Or, dès lors que tu as dit 'un mauvais pour un bon' — non, 'un bon pour un mauvais' faut-il [le dire] ?

Plutôt : le bon dès l'origine (tov me-ikaro) fait temoura, [mais] le mauvais dès l'origine (ra me-ikaro) ne fait pas temoura.

📜 Rachi (3)
הַשְׁתָּא רַע בְּטוֹב אָמְרַתְּ לֹא שֶׁלֹּא יָבִיא בֶּהֱמַת חֻולִּין תְּמִימִים אֵצֶל בֶּהֱמַת קוֹדֶשׁ בַּעַל מוּם וְיֹאמַר זוֹ תְּמוּרַת זוֹ:
Or, dès lors que tu as dit 'un mauvais pour un bon' — non — [c'est-à-dire] qu'on n'amène pas une bête profane intacte auprès d'une bête sacrée baal moum en disant 'celle-ci [est] substitut de celle-là'.
אֶלָּא לְהָכִי כְּתִיב טוֹב בְּרַע:
Plutôt — c'est pour cela qu'il est écrit 'un bon pour un mauvais'.
טוֹב מֵעִיקָּרוֹ שֶׁנִּתְפָּס בִּקְדֻושָּׁה כְּשֶׁהוּא תָּמִים עוֹשֶׂה תְּמוּרָה אע"פ שֶׁהוּמַם כְּדִכְתִיב אוֹ רַע בְּטוֹב דְּמַשְׁמַע רַע שֶׁל קוֹדֶשׁ בְּטוֹב שֶׁל חֻולִּין דְּרַע שֶׁל קוֹדֶשׁ עוֹשֶׂה תְּמוּרָה:
Le bon dès l'origine — celui qui a été saisi dans la sainteté alors qu'il était intact (tam) fait temoura, même s'il s'est ensuite abîmé, comme il est écrit 'ou un mauvais pour un bon', ce qui signifie [le] mauvais du sacré [pour le] bon du profane : car le mauvais du sacré fait temoura.
🗂️ Tossefot (2)
טוֹב בְּרַע מִיבַּעְיָא הַךְ סֻוגְיָא דפ"ק דִּתְמוּרָה (דַּף ט.) וְרָבָא סָבַר אֵין מַזְהִירִין (עוֹנְשִׁין) מִן הַדִּין וּדְרֵישׁ הָתָם בע"א וְאַבַּיֵּי לָא חֲשִׁיב לֵיהּ דִּינָא דָּמֵי גָּרְעִי וּנְקַט הָכָא דְּרָשָׁא דְּאַבַּיֵּי לְפִי שֶׁפָּשׁוּט לוֹ יוֹתֵר וּכְהַאי גַּוְונָא אִיכָּא בְּסַנְהֶדְרִין (דַּף לד:) גַּבֵּי אֵין רוֹאִין אֶת הַנְּגָעִים אֶלָּא בַּיּוֹם וּמַיְיתִי עֲלָהּ דְּרָשָׁה דְּאַבַּיֵּי דְּבַיּוֹם וְלֹא בַּלַּיְלָה וְשָׁבֵיק דְּרָשָׁא דְּרָבָא דְּמַפִּיק לֵיהּ מִלֵּי וְלֹא לְאוֹרִי וְאֵין לִתְמֹוהַּ מֵהָא דְּאֵלּוּ נִשְׂרָפִין (סַנְהֶדְרִין עו.) אִיכָּא אִיפְּכָא גַּבֵּי בִּתּוֹ מֵאֲנוּסָתוֹ דְּאָמַר ק"ו בַּת בִּתּוֹ עָנַשׁ עַל בִּתּוֹ לֹא כָּל שֶׁכֵּן וַחֲשִׁיב לֵיהּ (לו) אַבַּיֵּי גִּלּוּי מִילְּתָא טְפֵי מֵרָבָא (וְלָא) גָּמְרִינַן מְהֻדְּדֵי דְּגַבֵּי אֲחוֹתוֹ אִיצְטְרִיךְ קְרָא לְכֻולֵּי עָלְמָא לְבַת אָבִיו וּבַת אִמּוֹ מִשּׁוּם דְּאֵין מַזְהִירִין מִן הַדִּין וְלָא חֲשִׁיבָא לֵיהּ גַּלּוּיֵי מִילְּתָא בְּעָלְמָא הַייְנוּ מִשּׁוּם דִּפְשָׁטֵיהּ דִּקְרָא מַשְׁמַע שֶׁבָּא לְמַעֵט דִּכְתִיב בַּת אָבִיו אוֹ בַת אִמּוֹ:
'Un bon pour un mauvais faut-il [le dire] ?' — cette sougya relève du premier chapitre de Temoura (9a) ; [là-bas] Rava tient qu'on ne tire pas d'avertissement (punition) à partir d'un raisonnement à fortiori (ein mazhirin min ha-din) et exégète autrement, tandis qu'Abaye ne compte pas cela comme un [vrai] din ('en quoi serait-ce moindre ?') ; on retient ici l'exégèse d'Abaye car elle est plus évidente. De semblable il y en a dans Sanhedrin (34b) à propos de 'on n'examine les plaies (negaim) que de jour', où l'on apporte l'exégèse d'Abaye 'de jour et non de nuit' en laissant celle de Rava qui la tire de 'le-orot' (et non 'le-ori'). Qu'on ne s'étonne pas de ce qui figure dans 'Elou nisrafin' (Sanhedrin 76a) à propos de 'sa fille [née] de celle qu'il a violée', où l'on dit un kal va-homer 'la fille de sa fille, il en est puni ; sa fille, à plus forte raison', et où Abaye tient cela [pour un fait] plus [du domaine] du 'gilouy milta' (révélation) que Rava — car chez la sœur, un verset est requis de l'avis de tous pour 'fille de son père ou fille de sa mère', du fait qu'on ne tire pas d'avertissement d'un raisonnement, et l'on ne considère pas cela comme un simple gilouy milta, parce que le sens littéral du verset laisse entendre qu'il vient exclure, puisqu'il est écrit 'fille de son père ou fille de sa mère'.
טוֹב בְּרַע מִיבַּעְיָא וְאִם תֹּאמַר דִּלְמָא אִיצְטְרִיךְ מִשּׁוּם סֵיפָא דִּקְרָא וְהָיָה הוּא וּתְמוּרָתוֹ יִהְיֶה קֹּודֶשׁ וְי"ל דַּהֲוָה מָצֵי לְמִיכְתַּב בְּסֵיפֵיהּ וְאִם הָמֵר יָמִיר טוֹב בְּרָע אוֹ רַע בְּטוֹב:
'Un bon pour un mauvais faut-il [le dire] ?' — et si tu dis : peut-être est-ce nécessaire à cause de la fin du verset 'et lui et son substitut seront saints' ? On peut répondre : il aurait pu écrire à la fin 'et s'il substitue, un bon pour un mauvais ou un mauvais pour un bon'.
💡 Explication

Sur la Michna (les animaux dont le défaut a précédé la consécration ne font pas de temoura). Lv 27:10 interdit déjà de substituer 'un mauvais pour un bon' (amener un profane intact pour un consacré défectueux) ; il est donc superflu de dire 'un bon pour un mauvais'. Cette apparente redondance enseigne autre chose : seul l'animal bon dès l'origine (consacré intact, même s'il s'est abîmé ensuite) fait temoura ; l'animal mauvais dès l'origine (baal moum avant consécration) ne fait pas temoura.

15
אִם מֵתוּ יִפָּדוּ. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: זוֹ דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּאָמַר: קָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ הָיוּ בִּכְלַל הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה, קָדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת לֹא הָיוּ בִּכְלַל הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה.

'Si morts, ils seront rachetés' [Michna]. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : ceci [est] la parole de Rabbi Chimon, qui dit : les [animaux] sacrés de l'autel (kodche mizbeah) étaient inclus dans [l'obligation de] mise debout et évaluation (heemada ve-haarakha) ; les [animaux] sacrés pour l'entretien du Temple (kodche bedek habayit) n'étaient pas inclus dans [l'obligation de] mise debout et évaluation.

📜 Rachi (1)
זוֹ דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר בְּפֶרֶק בָּתְרָא דִתְמוּרָה (דַּף לב.) קָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ הָיוּ בִּכְלַל הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה:
Ceci [est] la parole de Rabbi Chimon — qui dit, au dernier chapitre de Temoura (32a) : les [animaux] sacrés de l'autel étaient inclus dans [l'obligation de] mise debout et évaluation.
💡 Explication

Sur la Michna (les animaux dont le défaut a précédé la consécration, s'ils meurent, seront rachetés — et donnés aux chiens). Rav rapporte cela à R. Chimon, selon qui les kodche mizbeah (consacrés à l'autel) étaient soumis à heemada ve-haarakha (il faut tenir l'animal vivant debout devant le cohen et l'évaluer pour le racheter), mais non les kodche bedek habayit (consacrés à l'entretien du Temple). Un animal soumis à cette obligation ne peut donc pas être racheté après sa mort.

16
דִּתְנַן, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: קָדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת, אִם מֵתוּ — יִפָּדוּ. וּמוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּבַעַל מוּם מֵעִיקָּרוֹ שֶׁנִּפְדֶּה. מַאי טַעְמָא? דְּאָמַר קְרָא: ״אוֹתָהּ״ ״אוֹתָהּ״ — לְמַעוֹטֵי בַּעַל מוּם מֵעִיקָּרָא.

Comme nous avons appris : Rabbi Chimon dit : les [animaux] sacrés pour l'entretien du Temple, s'ils meurent — seront rachetés. Et Rabbi Chimon concède, pour [un animal] baal moum dès l'origine (baal moum me-ikaro), qu'il est rachetable.

Quelle en est la raison ? Car le verset dit 'otah' [répété] — 'otah', 'otah' — pour exclure le baal moum dès l'origine.

📜 Rachi (1)
דִּתְנַן ר' שִׁמְעוֹן אוֹמֵר כוּ' וּמִדְּאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן קָדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת לֹא הָיוּ מִכְּלָל דִּקְרָא בְּקָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ כְּתִיב וְהָכָא מוֹדֶה בְּבַעַל מוּם מֵעִיקָּרָא דְּנִפְדָּה אע"ג דְּקָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ וּמִמַּאי דְּתַנָּא דְּמַתְנִי' סְבִירָא לֵיהּ קָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ הָיוּ בִּכְלַל הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה שֶׁצְּרִיכִין שֶׁיְּהוּ חַיִּין בִּשְׁעַת פְּדִייָּה כְּדִכְתִיב וְהֶעֱמִיד אֶת הַבְּהֵמָה לִפְנֵי הַכֹּהֵן וְאַחַ"כּ וְהֶעֱרִיךְ אוֹתָהּ מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא גַּבֵּי קָדַם הֶקְדֵּשָׁן אֶת מוּמָן דְּאַגַּב שֶׁקִּידְּשָׁן לַמִּזְבֵּחַ מַקְדִּישִׁין תְּמִימִים:
Comme nous avons appris : Rabbi Chimon dit, etc. — du fait que Rabbi Chimon dit 'les kodche bedek habayit [n'étaient pas inclus]', on infère que le verset [de heemada ve-haarakha] est écrit à propos des kodche mizbeah ; et ici il concède que le baal moum dès l'origine se rachète, bien qu'il [relève des] kodche mizbeah. Et d'où [sait-on] que le Tana de notre Michna tient que les kodche mizbeah étaient inclus dans mise debout et évaluation, [c'est-à-dire] qu'ils doivent être vivants au moment du rachat, comme il est écrit 'et il fera tenir la bête debout devant le cohen' puis 'et il l'évaluera' ? Du fait que la fin [de la Michna] enseigne, à propos de 'ceux dont le défaut a précédé la consécration', que du fait qu'on les a consacrés pour l'autel, on les consacre [alors qu'ils sont] intacts.
🗂️ Tossefot (2)
וּמוֹדֶה ר"ש בְּבַעַל מוּם מֵעִיקָּרוֹ לְמַאי דְּאָמְרִינַן בְּסָמוּךְ דְּרַב סָבַר כר"ל [דְּאָמַר הָתָם] לְרַבָּנַן קָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ לֹא הָיוּ בִּכְלַל הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה נִיחָא דְּמוֹדֶה לְרַבָּנָן אֲבָל לְמַאי דְּמַסְּקִינַן דְּסָבַר כַּר' יוֹחָנָן דִּלְרַבָּנָן אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה הָיוּ בִּכְלַל הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה אִם כֵּן מוֹדֶה לְמָאֵן וְיֵשׁ לְפָרֵשׁ דִּנְקַט הָכִי דְּלָא תִּיסַּק אַדַּעְתָּא טַעְמָא דְּמַתְנִיתִין מִשּׁוּם דְּאֵין פּוֹדִין לַאֲכִילָה לִכְלָבִים וְלֹא מִשּׁוּם הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה דְּלָא בָּעֵינַן בְּקָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה וּלְכָךְ בְּרֵישָׁא דְּקָדַם מוּמָן יִפָּדוּ וְהַשְׁתָּא קמ"ל דְּטַעְמָא דְּמַתְנִי' מִשּׁוּם הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה וְכִדְדָיְיקִינַן בְּסָמוּךְ מִדְּלָא קָתָנֵי וְאִם נַעֲשׂוּ טְרֵיפָה וּבְרֵישָׁא דְּקָדַם מוּמָן מוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן דְּלָא בָּעֵי הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה וְהַשְׁתָּא דִּנְקַט מוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמִיטְעֵי דִּפְלִיג אַמַּתְנִי' כִּדְפָרֵישִׁית אִיצְטְרִיךְ לְמֵימַר דְּשַׁפִּיר מוֹדֶה בָּהּ וְהָא דִּנְקַט רַבִּי שִׁמְעוֹן מִשּׁוּם דִּלְדִידֵיהּ פְּשִׁיטָא לֵיהּ טְפֵי דְּקָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ הָיוּ בִּכְלַל הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה מִדְּקָאָמַר קָדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת לֹא הָיוּ ע"כ כִּי כְּתִיבָא הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה בְּקָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ כְּתִיבָא אֲבָל לְרַבָּנָן לָא פְּשִׁיטָא לֵיהּ כֻּולֵּי הַאי דְּמָצֵי לְמֵימַר לֹא הָיוּ כְּמוֹ שֶׁאוֹמֵר רֵישׁ לָקִישׁ:
'Et Rabbi Chimon concède, pour le baal moum dès l'origine' — selon ce que nous dirons bientôt, [à savoir] que Rav tient comme Rech Lakich (qui dit là-bas que, pour les Rabbanan, les kodche mizbeah n'étaient pas inclus dans mise debout et évaluation), il est compréhensible qu'il [le] concède aux Rabbanan. Mais selon notre conclusion, [à savoir] qu'il tient comme R. Yo'hanan, pour qui, selon les Rabbanan, les uns comme les autres étaient inclus dans mise debout et évaluation — à qui concède-t-il alors ? On peut expliquer qu'il a formulé ainsi pour qu'on ne s'imagine pas que la raison de la Michna serait qu'on ne rachète pas [les animaux consacrés] pour les donner en nourriture aux chiens, et non à cause de mise debout et évaluation — car on n'exige pas mise debout et évaluation pour les kodche mizbeah ; c'est pourquoi, dans la première partie (concernant 'ceux dont le défaut a précédé'), ils se rachètent. [La Michna] nous apprend donc maintenant que sa raison tient à mise debout et évaluation, comme nous l'inférons bientôt du fait qu'elle n'enseigne pas 'et s'ils sont devenus terefa' ; et dans la première partie, à propos de 'ceux dont le défaut [a précédé]', R. Chimon concède qu'on n'exige pas mise debout et évaluation. Or, puisqu'on a dit 'Rabbi Chimon concède' — parce qu'on aurait pu se tromper et croire qu'il diverge de la Michna, comme je l'ai expliqué —, il fallait dire qu'il y concède bel et bien. Et si l'on a mentionné Rabbi Chimon, c'est parce que, pour lui, il est plus évident que les kodche mizbeah étaient inclus dans mise debout et évaluation, puisqu'il dit 'les kodche bedek habayit n'étaient pas inclus' : forcément, quand mise debout et évaluation est écrit, c'est à propos des kodche mizbeah. Mais pour les Rabbanan, ce n'est pas si évident, car ils peuvent dire 'ils n'étaient pas inclus', comme le dit Rech Lakich.
אוֹתָהּ לְמַעוֹטֵי בַּעַל מוּם מֵעִיקָּרוֹ כָּל קָדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת לְרַבִּי שִׁמְעוֹן מְמַעֲטִינַן מִקְּרָא אַחַרְיַנָא בְּסוֹף תְּמוּרָה (דַּף לג.):
'Otah — pour exclure le baal moum dès l'origine' — tous les kodche bedek habayit, selon Rabbi Chimon, on les exclut d'un autre verset, à la fin de Temoura (33a).
💡 Explication

Michna (Temoura 32a) : R. Chimon dit que les kodche bedek habayit, s'ils meurent, se rachètent (n'étant pas soumis à heemada ve-haarakha). Et il concède que l'animal baal moum dès l'origine (défectueux avant consécration), même consacré à l'autel, se rachète [après mort]. Source : le mot 'otah' ('elle', Lv 27:11-12) exclut le baal moum me-ikaro de l'obligation de heemada ve-haarakha.

17
אֲבָל חֲכָמִים אוֹמְרִים: אִם מֵתוּ — יִקָּבְרוּ. מַאן חֲכָמִים? תַּנָּא דְּבֵי לֵוִי הוּא, דְּתַנָּא דְּבֵי לֵוִי: הַכֹּל הָיוּ בִּכְלַל הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה, וַאֲפִילּוּ בַּעַל מוּם מֵעִיקָּרוֹ.

Mais les Sages disent : s'ils meurent — ils seront enterrés. Qui sont les Sages ?

C'est le Tana de l'école de Levi (tana de-vei Levi), car le Tana de l'école de Levi a enseigné : tous étaient inclus dans [l'obligation de] mise debout et évaluation, même le baal moum dès l'origine.

📜 Rachi (1)
אֲבָל חֲכָמִים לָאו הָנָךְ רַבָּנָן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּר' שִׁמְעוֹן בְּמַס' תְּמוּרָה דְּהָתָם אָמְרִינַן לְדִבְרֵי הַכֹּל בַּעַל מוּם מֵעִיקָּרוֹ לֹא הָיָה בִּכְלַל הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה אֶלָּא תַּנָּא דְּבֵי לֵוִי הוּא:
Mais les Sages — ce ne sont pas ces Rabbanan qui divergent de Rabbi Chimon dans le traité Temoura, car là-bas nous disons que, de l'avis de tous, le baal moum dès l'origine n'était pas inclus dans mise debout et évaluation ; c'est plutôt le Tana de l'école de Levi.
💡 Explication

Michna : les Sages disent que [ces animaux], s'ils meurent, seront enterrés (non rachetables). La Guemara identifie ces Sages : ce n'est pas les Rabbanan qui débattent avec R. Chimon dans Temoura, mais le Tana de-vei Levi, pour qui tous les animaux, même le baal moum dès l'origine, étaient soumis à heemada ve-haarakha.

18
וְכֵן תָּנָא דְּבֵי לֵוִי בְּמַתְנִיתֵיהּ: אֲפִילּוּ חַיָּה, אֲפִילּוּ עוֹף, וְהָכְתִיב ״אוֹתָהּ״! ״אוֹתָהּ״ לְתָנָא דְּבֵי לֵוִי קַשְׁיָא.

Et de même le Tana de l'école de Levi [a enseigné] dans sa collection [de baraitot] : même un animal sauvage (haya), même un oiseau (of). Mais il est écrit 'otah' !

[Le mot] 'otah' fait difficulté pour le Tana de l'école de Levi.

📜 Rachi (1)
אַפֵּי' חַיָּה דְּאֵינָהּ רְאוּיָה לַמִּזְבֵּחַ:
Même un animal sauvage (haya) — qui n'est pas apte à l'autel.
💡 Explication

Le Tana de-vei Levi va plus loin : même une haya (bête sauvage) et même un of (oiseau) — inaptes à l'autel — étaient soumis à heemada ve-haarakha. Objection : mais 'otah' ('elle', Lv 27:12) est un terme d'exclusion ; il doit exclure quelque chose (au moins la haya ou l'of). La Guemara concède que le mot 'otah' fait difficulté pour cette position.

19
אֲבָל רַבָּנַן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, מַאי? הָכִי נָמֵי דְּאִם מֵתוּ יִפָּדוּ? אִי הָכִי,

Mais les Rabbanan qui divergent de Rabbi Chimon [dans Temoura], que [disent-ils] ? Est-ce ainsi aussi que, s'ils meurent, ils seront rachetés ?

Si c'est ainsi,

📜 Rachi (1)
הָכִי נָמֵי דְּאִם מֵתוּ יִפָּדוּ דִּבְבַעַל מוּם מֵעִיקָּרָא מוֹדוֹ:
Est-ce ainsi aussi que, s'ils meurent, ils seront rachetés — car [même les Rabbanan] concèdent, pour le baal moum dès l'origine [qu'il se rachète].
💡 Explication

Question : compte tenu de cette difficulté, selon les Rabbanan qui débattent avec R. Chimon dans Temoura (et qui excluent le baal moum me-ikaro de heemada ve-haarakha), en irait-il de même — s'ils meurent, ils se rachètent ? Si oui, pourquoi Rav a-t-il dit 'ceci est la parole de R. Chimon' [comme si c'était son seul avis] ? La suite est sur 15a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).