Bekhorot 16a — rachat et temoura des kodachim invalides, la temoura qui meurt, et le verset des ruminants

Bekhorot 16a

Sougya : La Guemara analyse une baraita sur les rejetons des kodachim invalides (pessoulei ha-moukdachin) dont la consécration a précédé le mum : on déduit qu'un rejeton à défaut se rachète et qu'on peut le consacrer (matpiss) au même sacrifice — ce qui semble réfuter Rav Houna (qui les enferme jusqu'à ce qu'ils meurent) ; Rav Houna répond que la baraita parle par symétrie (aidi ve-tana). On discute ensuite la temoura faite après le rachat : elle ne peut ni être offerte (sainteté écartée) ni être rachetée (sainteté trop faible), donc elle MEURT — Abaye distingue de la temoura du bekhor et du maasser (mangée dans son défaut) par le principe 'elle porte le nom de sa mère'.

Enfin, la source scripturaire : le verset 'ma'alei ha-guera... tame lakhem' (Lev 11:4) enseigne que la temoura des pessoulei ha-moukdachin meurt, tandis que 'mafrissei ha-parssa' vise les cinq hataot qui meurent et la temoura de l'acham — verset et halakha se complétant. Le daf s'achève sur le début de la michna du tsone barzel reçu d'un goy.

Les rejetons des kodachim invalides : peut-on les racheter ? Déduction de la baraita (contre Rav Houna) Réponse de Rav Houna 'on ne rachète pas les [rejetons] SANS DÉFAUT'-> par déduction : ceux qui ont un mum,on les RACHÈTEmême ceux à mum ne se rachètent pas ;'temimim' n'est écrit que par symétrieavec la reicha (nouveauté : temimim rachetés) 'pas pour TOUT sacrifice qu'il veut'-> mais pour LE MÊME sacrifice, on lesconsacre (matpissan)de même 'lekhol zevah' n'est reprisque par symétrie avec la reicha ;aucune déduction possible Cas concret : matpissan pour LE MÊME zevah, puis rachat quand un mum survient (nifdin be-mumam) Enjeu : la baraita réfute-t-elle Rav Houna (konssan la-kipa, ils meurent) ? -> non, dit-il, 'aidi ve-tana'.
Les déductions de la baraita sur le rachat des rejetons, et la parade de Rav Houna (segments 1-3).
La temoura d'un kodech invalide RACHETÉ : que devient-elle ? Temoura faite APRÈS le rachat de l'animal (kedousha dehouya : déjà racheté) L'offrir (likrevei) ? non : issue d'une sainteté déjà écartée (dehouya) La racheter (lifrekah) ? non : sa sainteté est trop faible pour passer au rachat Donc : elle MEURT (meta) Abaye : la temoura porte le NOM de sa mère. Ici la mère = kodech (mange seulement par rachat) ; or le rachat est impossible -> contrairement à la temoura de bekhor/maasser (mangée be-mum).
La temoura faite après le rachat : pourquoi elle meurt, et la distinction d'Abaye (segments 5-8).
Un seul verset (Lev 11:4), deux derachot '... tame lakhem' (impur pour vous) 'ma'alei ha-guera' (ruminants) -> la temoura d'un kodech invalide MEURT (elle a les signes purs mais est interdite à la consommation) 'mafrissei ha-parssa' (sabot fendu) -> les cinq hataot qui meurent (halakha) ; puis le verset sert à la temoura de l'acham (rove) Conclusion : verset ET halakha se complètent — sans verset on dirait 'rove' ; sans halakha, on dirait 'interdiction (issour) sans lav'. Ou bien hekech : ma'alei ha-guera comparé à mafrissei = meurt aussi.
Lev 11:4 : deux derachot, la temoura qui meurt et les cinq hataot (segments 9-13).
1
לַאֲתוּיֵי חֶלְבּוֹ.

[Le mot 'son sang' dans la michna] vient inclure sa graisse (helev) [= la graisse des kodachim invalides rachetés est interdite].

📜 Rachi (1)
לַאֲתוּיֵי חֶלְבּוֹ דְּאָסוּר. וְלַאֲתוּיֵי שׁוֹחֲטוֹ בַּחוּץ דְּחַיָּיב לָא אָמְרִינַן מִשּׁוּם דְּא"כ אִיבְּעִי לָן לְמֵימַר בְּדֻוקִּין שֶׁבָּעַיִן וְעוֹד סֵיפָא קָתָנֵי לְקַמָּן הַשּׁוֹחֲטָן בַּחוּץ פָּטוּר. וּכְלָלָא דְּרֵישָׁא לָא אִצְטְרִיךְ לְאֵיתוֹיֵי חֶלְבּוֹ דְּשָׁרֵי דְּהַשְׁתָּא וְלָדָן דִּכְגוּפָן דָּמֵי דְּעֻובָּר יֶרֶךְ אִמּוֹ הוּא שָׁרִי כָּל שֶׁכֵּן חֶלְבּוֹ דָּמְיָא בְּעָלְמָא הוּא:
Vient inclure sa graisse — qui est interdite. Et 'vient inclure celui qui l'égorge dehors, qui est passible' : on ne le dit pas, car s'il en était ainsi, on aurait dû le dire à propos [d'un animal] à 'taie sur l'œil' (dokin che-ba-ayin) ; de plus, la seifa enseigne plus loin 'celui qui les égorge dehors est exempt'. Et la règle de la reicha [du terme 'son sang'] n'est pas nécessaire pour inclure sa graisse qui serait permise : car maintenant [même] leur rejeton, qui est comme leur propre corps — puisque le foetus est [comme] la cuisse de sa mère — est permis, à plus forte raison sa graisse, qui n'est qu'un simple liquide.
💡 Explication

La michna antérieure comportait un terme surabondant. Rachi explique qu'il vient inclure la graisse (helev) des kodachim invalides rachetés : elle reste interdite à la consommation. On ne dit pas qu'il vient inclure 'celui qui l'égorge dehors est passible', car la suite (seifa) enseignera 'celui qui les égorge dehors est exempt'.

2
אָמַר מָר: אֵין נִפְדִּין תְּמִימִין, וְאֵין מַתְפִּיסָן לְכָל זֶבַח שֶׁיִּרְצֶה. תְּמִימִים הוּא דְּלָא מִיפַּרְקִי, הָא בַּעֲלֵי מוּמִין — מִיפַּרְקִי. לְכָל שֶׁיִּרְצֶה הוּא דְּאֵין מַתְפִּיסָן, הָא לְאוֹתוֹ זֶבַח — מַתְפִּיסָן.

Le Maître a dit : on ne les rachète pas [tant qu'ils sont] sans défaut (temimim), et on ne les consacre (matpiss) pas à tout sacrifice qu'on voudra. [Par déduction :] ce sont [les rejetons] sans défaut qui ne se rachètent pas — mais ceux qui ont un défaut (baalei moumin), eux, se rachètent.

[Et de même :] c'est 'à tout [sacrifice] qu'on voudra' qu'on ne les consacre pas — mais pour LE MÊME sacrifice [que leur mère], on les consacre.

📜 Rachi (1)
הָא בַּעֲלֵי מוּמִין מִיפַּרְקִי אוֹתָם שֶׁנִּתְעַבְּרוּ קֹודֶם פִּדְיוֹן וְנוֹלְדוּ לְאַחַר פִּדְיוֹן וּכְגוֹן שֶׁתְּפָסָן לְשׁוּם זֶבַח דְּאַלִּימָא קְדֻושְׁתַּייְהוּ לְמִיתְפַּס פִּדְיוֹנָן וּכְשֶׁהוּא מַתְפִּיסָן לְשֵׁם זֶבַח אֵין מַתְפִּיסָן לְכָל זֶבַח שֶׁיִּרְצֶה הָא לְשֵׁם אוֹתוֹ זֶבַח מַתְפִּיסָן. וְהֵיכִי מַשְׁכַּחַת לָהּ פֵּירוּשָׁא הוּא כְּלוֹמַר הֵיכִי מַשְׁכַּחַת תֵּירוּצָא דְּמִילְּתָא דְּמַשְׁמַע בַּעֲלֵי מוּמִין נִפְדִּין וּלְשֵׁם זֶבַח אַחֵר לֹא יַתְפִּיסֵם אֶלָּא הֵיכִי עֲבִיד דְּמַתְפִּיסָם לְשֵׁם אוֹתוֹ הַזֶּבַח וְנִפְדִּין בְּמוּמָן כְּשֶׁיִּפֹּול בָּהֶן מוּם:
Mais ceux à défaut se rachètent — ceux qui ont été conçus avant le rachat et sont nés après le rachat, et dans le cas où on les a consacrés (tefissan) au nom d'un sacrifice — car leur sainteté est assez forte pour saisir (litposs) leur rachat ; et lorsqu'on les consacre au nom d'un sacrifice, on ne les consacre pas à tout sacrifice qu'on voudra, mais pour le nom de CE sacrifice, on les consacre. Et comment trouves-tu [ce cas] ? C'est une explication [de la baraita], c'est-à-dire : comment trouver la résolution de la chose — [le cas] qui laisse entendre que les [rejetons] à défaut se rachètent, et qu'on ne les consacre pas au nom d'un autre sacrifice ? Mais comment fait-on ? On les consacre au nom de CE sacrifice, et ils se rachètent dans leur défaut quand un mum leur survient.
💡 Explication

Analyse de la baraita citée plus haut. Deux déductions (diyoukim) : (1) seuls les rejetons temimim (sans défaut) ne se rachètent pas, donc ceux à mum se rachètent ; (2) c'est seulement 'pour tout sacrifice qu'on voudra' qu'on ne peut les consacrer (matpiss), mais pour le même sacrifice que leur mère, on le peut.

🖼️ Schéma
Les rejetons des kodachim invalides : peut-on les racheter ? Déduction de la baraita (contre Rav Houna) Réponse de Rav Houna 'on ne rachète pas les [rejetons] SANS DÉFAUT'-> par déduction : ceux qui ont un mum,on les RACHÈTEmême ceux à mum ne se rachètent pas ;'temimim' n'est écrit que par symétrieavec la reicha (nouveauté : temimim rachetés) 'pas pour TOUT sacrifice qu'il veut'-> mais pour LE MÊME sacrifice, on lesconsacre (matpissan)de même 'lekhol zevah' n'est reprisque par symétrie avec la reicha ;aucune déduction possible Cas concret : matpissan pour LE MÊME zevah, puis rachat quand un mum survient (nifdin be-mumam) Enjeu : la baraita réfute-t-elle Rav Houna (konssan la-kipa, ils meurent) ? -> non, dit-il, 'aidi ve-tana'.
Les deux déductions de la baraita.
3
הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? דְּמַתְפִּיסָן לְאוֹתוֹ זֶבַח, וְנִפְדִּין בְּמוּמָן. נֵימָא תֶּיהֱוֵי תְּיוּבְתָּא דְּרַב הוּנָא?

Comment trouves-tu ce cas ? [Un cas] où on les consacre (matpiss) au même sacrifice [que leur mère], et ils se rachètent dans leur défaut (nifdin be-moumam).

Dirons-nous que cela constitue une réfutation (teiouvta) de Rav Houna ?

📜 Rachi (1)
נֵימָא תֶּהֱוֵי תְּיוּבְתָּא דְּרַב הוּנָא דְּאָמַר לְעֵיל כּוֹנְסָן לְכִיפָּה וְהֵן מֵתִים:
Dirons-nous que cela constitue une réfutation de Rav Houna — lui qui a dit plus haut : on les enferme dans un local voûte (kipa) et ils meurent.
💡 Explication

Le cas qui vérifie les deux déductions : on consacre le rejeton au même sacrifice, et il se rachète une fois qu'un défaut lui est survenu. Or cela semble réfuter Rav Houna, qui tenait qu'on les enferme jusqu'à ce qu'ils meurent (donc pas de rachat possible).

4
אָמַר לְךָ רַב הוּנָא: הוּא הַדִּין דַּאֲפִילּוּ בַּעֲלֵי מוּמִין אֵין נִפְדִּין, וְאַיְּידֵי דִּתְנָא רֵישָׁא ״נִפְדִּין תְּמִימִים״ — תַּנָּא נָמֵי סֵיפָא ״אֵין נִפְדִּין תְּמִימִים״, וְאַיְּידֵי דִּתְנָא רֵישָׁא ״לְכָל זֶבַח שֶׁיִּרְצֶה״ — תְּנָא נָמֵי סֵיפָא ״לְכָל זֶבַח שֶׁיִּרְצֶה״.

Rav Houna peut te répondre : il en va de même que même les [rejetons] à défaut ne se rachètent pas ; et parce que la reicha a enseigné 'ils se rachètent [tant qu'ils sont] sans défaut', la seifa a aussi enseigné 'ils ne se rachètent pas [tant qu'ils sont] sans défaut' ; et parce que la reicha a enseigné 'à tout sacrifice qu'on voudra', la seifa a aussi enseigné 'à tout sacrifice qu'on voudra'.

📜 Rachi (1)
וְאַיְּידֵי דְּתָנֵי רֵישָׁא נִפְדִּין תְּמִימִים דְּחִידּוּשׁ הוּא דַּאֲפִילּוּ תְּמִימִים נִפְדִּים:
Et parce que la reicha a enseigné 'ils se rachètent [tant qu'ils sont] sans défaut' — car c'est une nouveauté (hidouch) : que même sans défaut ils se rachètent.
💡 Explication

Parade de Rav Houna : les déductions sont fausses. En vérité, même à défaut ils ne se rachètent pas. Si la baraita a repris les mots 'temimim' et 'lekhol zevah', c'est par pure symétrie (aidi ve-tana) avec la reicha, non pour enseigner une halakha par déduction. Rachi souligne que la reicha, elle, apportait une nouveauté : que même les temimim se rachètent.

5
וְהַשּׁוֹחֲטָן בַּחוּץ פָּטוּר. רַב הוּנָא מַתְנֵי חַיָּיב, וּמוֹקֵים לַהּ בְּדוּקִין שֶׁבְּעַיִן, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי עֲקִיבָא דְּאָמַר: אִם עָלוּ לֹא יֵרְדוּ.

'Et celui qui les égorge dehors est exempt.' Rav Houna enseigne 'passible', et il l'établit [dans le cas d'une bête] à 'taie sur l'œil' (dokin che-ba-ayin), et selon l'avis de Rabbi Akiva qui dit : si [de tels animaux] sont montés [sur l'autel], ils ne descendent pas.

📜 Rachi (4)
וְהַשּׁוֹחֲטָן בַּחוּץ פָּטוּר סֵיפָא דְּבָרַייְתָא לְעֵיל אַקָּדָשִׁים שֶׁקָּדַם הֶקְדֵּשָׁן אֶת מוּמָן קָאֵי וַאֲפִילּוּ הָכִי פָּטוּר דְּאֵין חַייָּבִין עַל שְׁחִיטַת חוּץ אֶלָּא עַל הַמִּתְקַבֵּל בִּפְנִים כְּדִתְנַן בִּזְבָחִים בְּפֶרֶק פָּרַת חַטָּאת (זְבָחִים דַּף קיב.) בַּעֲלֵי מוּמִין בֵּין קְבוּעִין בֵּין עוֹבְרִין שֶׁהִקְרִיבָן בַּחוּץ פָּטוּר וּמַפִּיק טַעְמָא מֵהַאי קְרָא וְאֶל פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד לֹא הֱבִיאוֹ הָא כֹּל שֶׁאֵינוֹ רָאוּי לָבֹא אֶל פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד אֵין חַיָּיבִין עָלָיו:
Et celui qui les égorge dehors est exempt — la seifa de la baraita ci-dessus porte sur les kodachim dont la consécration a précédé leur mum, et malgré cela [celui qui les égorge dehors] est exempt, car on n'est passible pour une égorgement au-dehors que pour ce qui est apte à être agréé à l'intérieur, comme nous l'avons appris dans Zevahim, au chapitre 'Parat Hatat' (Zevahim 112a) : les [animaux] à défaut, qu'il soit permanent ou passager, qui les ont offerts dehors, sont exempts ; et on tire la raison de ce verset : 'et à l'entrée de la Tente d'assignation il ne l'a pas amené' (Lev 17:9) — [d'où] tout ce qui n'est pas apte à venir à l'entrée de la Tente d'assignation, on n'en est pas passible.
רַב הוּנָא מַתְנֵי חַיָּיב כִּדְקָתָנֵי מַתְנֵי':
Rav Houna enseigne 'passible' — comme l'enseigne notre michna.
וּמוּקֵי לָהּ בְּדֻוקִּין שֶׁבָּעַיִן דְּמִתְקַבֵּל בִּפְנִים הוּא:
Et il l'établit [dans le cas d'une bête] à taie sur l'œil — car [un tel animal] est agréé à l'intérieur.
וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי עֲקִיבָא דְּאָמַר בִּשְׁחִיטַת קָדָשִׁים בְּפֶ' הַמִּזְבֵּחַ מְקַדֵּשׁ (זְבָחִים דַּף פד.) אִם עָלוּ לֹא יֵרְדוּ. דֻּוקִּין טיל"א כְּגוֹן (יְשַׁעְיָהוּ מ) הַנּוֹטֶה כַּדּוֹק שָׁמַיִם. וּלְהָכִי לֹא יֵרְדוּ דְּאֵין מוּמָן נִיכָּר כָּל כָּךְ הָכִי תְּנַן בִּזְבָחִים בְּפֶ' הַמִּזְבֵּחַ מְקַדֵּשׁ הָרָאוּי לוֹ (דַּף פד.) ר' עֲקִיבָא מַכְשִׁיר בְּבַעֲלֵי מוּמִין כְּלוֹמַר דְּאִם עָלוּ לֹא יֵרְדוּ וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בגמ' לֹא הִכְשִׁיר רַבִּי עֲקִיבָא אֶלָּא בְּדֻוקִּין שֶׁבָּעַיִן הוֹאִיל וּכְשֵׁירִין בָּעוֹפוֹת וְהוּא שֶׁקָּדַם הֶקְדֵּישָׁן אֶת מוּמָן. ל"א דֻּוקִּין שֶׁיֵּשׁ לוֹ מוּם בָּעַפְעַפַּיִם וּלְהָכִי קָרֵי לָעַפְעַפַּיִם דּוֹק עַל הָעַיִן כָּרָקִיעַ דְּהָכִי אָמְרִינַן בְּסִפְרֵי אֲגֻודּוֹת הָעַיִן דּוֹמֶה לְעוֹלָם קָטָן הָעַפְעַפַּיִם כְּנֶגֶד הָרָקִיעַ וְהַתַּחְתּוֹן כְּנֶגֶד הָאָרֶץ וְהַלָּבָן שֶׁמַּקִּיף אֶת הָעַיִן כְּנֶגֶד יַם אוֹקְיָינוֹס שֶׁסּוֹבֵב אֶת הָעוֹלָם וְהַשָּׁחוֹר שֶׁבּוֹ שֶׁהוּא עָגוֹל דּוֹמֶה לְגַלְגַּל חַמָּה:
Et selon l'avis de Rabbi Akiva qui dit — dans [le traité] Chehitat Kodachim, au chapitre 'Ha-mizbeah mekaddech' (Zevahim 84a) : s'ils sont montés ils ne descendent pas. 'Dokin' [se traduit] 'taie' (teila en langue étrangère), comme dans (Isaïe 40) 'Celui qui étend les cieux comme une taie (kadok)'. Et c'est pourquoi ils ne descendent pas : parce que leur mum n'est pas si visible. Ainsi avons-nous appris dans Zevahim, au chapitre 'Ha-mizbeah mekaddech ha-raoui lo' (Zevahim 84a) : Rabbi Akiva déclare aptes les [animaux] à défaut, c'est-à-dire que s'ils sont montés ils ne descendent pas ; et Rabbi Yo'hanan a dit dans la Guemara : Rabbi Akiva n'a déclaré apte que la taie sur l'œil, puisqu'elle est valide chez les oiseaux, et [encore] à condition que leur consécration ait précédé leur mum. Autre version : 'dokin' [désigne un animal] qui a un défaut aux paupières, et c'est pourquoi on appelle les paupières 'dok' au-dessus de l'œil, comme le firmament ; car ainsi disons-nous dans le Sifri : l'ensemble de l'œil ressemble à un monde en miniature — la paupière [correspond] au firmament, la [paupière] inférieure à la terre, le blanc qui entoure l'œil à l'océan qui entoure le monde, et le noir qui s'y trouve, qui est rond, ressemble au disque du soleil.
💡 Explication

La baraita disait 'celui qui les égorge dehors est exempt' (de karet), car on n'est passible pour une égorgement au-dehors (chehita ba-houts) que pour ce qui est apte à être agréé à l'intérieur. Rav Houna, lui, enseigne 'passible', en limitant au cas d'un dokin che-ba-ayin (défaut mineur, taie de la cornée), et selon Rabbi Akiva : de tels animaux, s'ils sont montés sur l'autel, ne redescendent pas — donc ils sont potentiellement aptes.

6
בֵּין לִפְנֵי פִּדְיוֹנוֹ בֵּין לְאַחַר פִּדְיוֹנוֹ עוֹשֶׂה תְּמוּרָה. אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: וּתְמוּרָתוֹ לְאַחַר פִּדְיוֹנוֹ מֵתָה. מַאי טַעְמָא? הֵיכִי לֶיעֱבֵיד? לִיקְרְבֵיהּ — מִכֹּחַ קְדֻושָּׁה דְּחוּיָה קָאָתְיָא, לִיפְרְקָה — לָא אַלִּימָא לְמִיתְפַּס פִּדְיוֹנָהּ, הִלְכָּךְ מֵתָה.

'Que ce soit avant son rachat ou après son rachat, il produit une temoura (substitut).' Rav Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouh : et sa temoura [faite] après son rachat MEURT. Quelle en est la raison ?

Que faire ? L'offrir ?

Elle provient d'une sainteté écartée (kedousha dehouya). La racheter ?

Sa sainteté n'est pas assez forte pour saisir son rachat (litposs pidyonah). Donc elle meurt.

📜 Rachi (1)
קְדֻושָּׁה דְּחוּיָה שֶׁכְּבָר נִפְדּוּ:
Sainteté écartée — car [les kodachim] ont déjà été rachetés.
🗂️ Tossefot (1)
וּתְמוּרָה שֶׁלְּאַחַר פִּדְיוֹנוֹ מֵתָה וְאִם תֹּאמַר מַאי שְׁנָא מִוְּלָדוֹת דְּאִיעַבַּר וְאִתְיְלִיד לְאַחַר פִּדְיוֹנָן דְּחָשְׁבִינַן לְעֵיל וְלַד צְבִי וְאַיָּל וְיֵשׁ לוֹמַר דִּוְלָדוֹת אֵין בָּהֶן קְדֻושָּׁה אֶלָּא מִכֹּחַ אִמָּן וְכֵיוָן שֶׁנִּפְדֵּית פָּקְעָה קְדֻושָּׁתוֹ לְגַמְרֵי כַּצְּבִי וְכָאַיָּל ואע"ג דְּאִיכָּא אִיסּוּר גִּיזָּה וַעֲבוֹדָה אֵין כֹּחַ לְאִיסּוּר מוּעָט כָּזֶה שֶׁיָּחוּל עַל יָדוֹ קְדֻושָּׁה עַל הַוְּלָדוֹת אֲבָל תְּמוּרַת קְדֻושָּׁה (בְּהַהִיא) וְכֵיוָן דְּגַלִּי קְרָא שֶׁחָלָה עַל בַּעֲלַת מוּם קָבוּעַ חָלָה ה"ה לְאַחַר פִּדְיוֹנָן אֶלָּא דְּלָא קָרְבָה אֲבָל תְּמוּרָה דְּלִפְנֵי פִּדְיוֹנָן קְרֵבָה וַעֲדִיפָא מִוְּלָדוֹת דְּלִפְנֵי פִּדְיוֹנָן דְּאִיכָּא מ"ד לְעֵיל לִרְעִיָּיה וְכֵן מוּכָח לְשׁוֹן הַקּוּנְטְרֵס דִּבְסָמוּךְ גַּבֵּי מִנַּיִן לִתְמוּרַת פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין שֶׁמֵּתָה וּפִי' רַשִׁ"י כְּגוֹן לְאַחַר פִּדְיוֹנוֹ דְּלָא מָצֵי לְמִיקְרַב וְהָא דְּאִצְטְרִיךְ קְרָא דְּמִמַּעֲלֵי הַגֵּרָה בְּסָמוּךְ לְלָאו אֲתָא דְּמִסְּבָרָא יָדַעְנוּ דְּלָא קָרְבָה כִּדְאָמַר רַב נַחְמָן הָכָא וכה"ג אָמַר בְּסָמוּךְ גַּבֵּי חָמֵשׁ חַטָּאוֹת וְעוֹד יֵשׁ לְפָרֵשׁ דִּקְרָא וּסְבָרָא צְרִיכִי דְּאִי לָאו קְרָא הֲוָה אָמֵינָא לֹא קָדְשָׁה כְּלָל כִּצְבִי וְאַיִל כִּוְלָדוֹת דְּאִיעַבַּר וְאוֹלִיד לְאַחַר פִּדְיוֹנָן וְאִי לָאו סְבָרָא הֲוָה אֲמִינָא יִרְעֶה וְטָמֵא הוּא דִּקְרָא הָוֵי יַמְתִּין עַד שֶׁיְּהֵא טָמֵא וְיִפֹּול בּוֹ מוּם כִּדְפֵי' הַקּוּנְטְרֵס בְּסָמוּךְ וְהָא דְּפָרִיךְ רַב עַמְרָם וְתִיתְּכִיל בְּמוּמָהּ לַבְּעָלִים אַסְּבָרָא דְּרַב נַחְמָן פָּרִיךְ:
'Et la temoura [faite] après son rachat meurt' — si tu demandes : en quoi diffère-t-elle des rejetons conçus et nés après leur rachat, que nous avons considérés plus haut comme 'rejeton d'une gazelle et d'un cerf' [= profanes] ? On peut répondre : les rejetons n'ont de sainteté que par la force de leur mère, et dès lors qu'elle a été rachetée, sa sainteté disparaît entièrement, comme la gazelle et le cerf ; et bien qu'il y ait [encore] l'interdiction de la tonte et du travail (guiza ve-avoda), un interdit aussi mince n'a pas la force de faire retomber une sainteté sur les rejetons. Mais la temoura d'une sainteté [en va autrement] : puisque le verset a révélé qu'elle prend [effet] sur [un animal] à mum permanent, elle prend [effet] de même après leur rachat, sauf qu'elle n'est pas offerte ; tandis que la temoura [faite] avant leur rachat est offerte, et elle est supérieure aux rejetons [faits] avant leur rachat, dont il y a un avis plus haut [qui dit] 'à la paissance (le-reiya)'. Ainsi le prouve le langage de Rachi ci-après, à propos de 'd'où [sait-on] que la temoura des pessoulei ha-moukdachin meurt', où Rachi explique 'par exemple après son rachat, où elle ne peut être offerte'. Et ce que le verset 'mi-ma'alei ha-guera' plus loin est nécessaire, c'est pour le lav [l'interdit formel], car par raisonnement (sevara) nous savions déjà qu'elle n'est pas offerte, comme le dit Rav Nahman ici ; et de même dit-on plus loin à propos des cinq hataot. Et on peut encore expliquer que le verset et le raisonnement sont [tous deux] nécessaires : car sans verset, j'aurais dit qu'elle ne prend aucune sainteté, comme la gazelle et le cerf, comme les rejetons conçus et nés après leur rachat ; et sans raisonnement, j'aurais dit 'qu'elle paisse' — et 'tame hou' [du verset] signifierait 'qu'on attende qu'elle soit tame [c'est-à-dire] qu'un mum lui survienne', comme l'a expliqué Rachi ci-après. Et ce que Rav Amram objecte 'qu'elle soit mangée dans son défaut par les propriétaires', c'est sur le raisonnement de Rav Nahman qu'il objecte.
💡 Explication

La baraita : un animal dont la consécration a précédé le mum produit une temoura (substitut) avant comme après son rachat. Rav Nahman précise : la temoura faite après le rachat MEURT. Pourquoi ? On ne peut ni l'offrir (elle derive d'une kedousha dehouya, sainteté déjà écartée par le rachat), ni la racheter (sa sainteté est trop faible pour se transférer sur l'argent du rachat). Il ne reste donc que la mort.

🖼️ Schéma
La temoura d'un kodech invalide RACHETÉ : que devient-elle ? Temoura faite APRÈS le rachat de l'animal (kedousha dehouya : déjà racheté) L'offrir (likrevei) ? non : issue d'une sainteté déjà écartée (dehouya) La racheter (lifrekah) ? non : sa sainteté est trop faible pour passer au rachat Donc : elle MEURT (meta) Abaye : la temoura porte le NOM de sa mère. Ici la mère = kodech (mange seulement par rachat) ; or le rachat est impossible -> contrairement à la temoura de bekhor/maasser (mangée be-mum).
Pourquoi la temoura d'après le rachat meurt.
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מַתְקֵיף לַהּ רַב עַמְרָם: וְתִיתְּכִיל בְּמוּמָהּ לַבְּעָלִים! וְכִי מַה בֵּין זוֹ לִתְמוּרַת בְּכוֹר וּמַעֲשֵׂר? דִּתְנַן: תְּמוּרַת בְּכוֹר וּמַעֲשֵׂר, הֵן וּוְלָדָן וּוְלַד וְלָדָן עַד סוֹף כָּל הָעוֹלָם — הֲרֵי הֵן כִּבְכוֹר וּמַעֲשֵׂר, וְיֵאָכְלוּ בְּמוּמָן לַבְּעָלִים!

Rav Amram objecte : mais qu'elle soit mangée dans son défaut par les propriétaires ! Et en quoi diffère celle-ci de la temoura d'un bekhor (premier-ne) ou d'un maasser (dîme du bétail) ?

Car nous avons appris (Temoura 21a) : la temoura d'un bekhor et d'un maasser, elles-mêmes, leurs rejetons et les rejetons de leurs rejetons jusqu'à la fin des temps, sont comme le bekhor et le maasser [eux-mêmes], et se mangent dans leur défaut par les propriétaires !

📜 Rachi (1)
וְיֹאכְלוּ בְּמוּמָן יַמְתִּינוּ עַד שֶׁיּוּמְמוּ וְיֵאָכְלוּ לַבְּעָלִים כִּבְכוֹר וּמַעֲשֵׂר שֶׁאֵין נִפְדִּין אֶלָּא נֶאֱכָלִין בְּמוּמָן. אַלְמָא כֵּיוָן דְּלָא מָצֵי קָרְבִי כִּדְאָמַר בְּמַס' תְּמוּרָה (דַּף ה: ע"ש) אַךְ בְּכוֹר שׁוֹר וְגוֹ' הֵן קְרֵיבִין וְאֵין תְּמוּרָתָן קְרֵיבִין נֶאֱכָלִין בְּמוּמָן לַבְּעָלִים הָכִי נָמֵי לֶיעֱבֵד הָכִי:
Et se mangent dans leur défaut — qu'on attende qu'ils contractent un mum, et ils se mangent par les propriétaires, comme un bekhor et un maasser qui ne se rachètent pas mais se mangent dans leur défaut. Il en ressort que, dès lors qu'ils ne peuvent être offerts — comme on le dit dans le traité Temoura (5b, cf. là-bas) : 'Mais le premier-né du bœuf, etc.' : eux sont offerts et leur temoura n'est pas offerte, [donc] ils se mangent dans leur défaut par les propriétaires — ici aussi qu'on fasse de même.
💡 Explication

Objection de Rav Amram : pourquoi ne pas la laisser manger dans son défaut par les propriétaires ? En quoi diffère-t-elle de la temoura d'un bekhor ou d'un maasser qui, elles, sont mangées dans leur défaut (Temoura 21a) — car un bekhor et un maasser ne sont pas rachetés mais consommés dans leur mum ?

8
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: זֶה שֵׁם אִמּוֹ עָלָיו וְזֶה שֵׁם אִמּוֹ עָלָיו, זֶה כֻּולּוֹ תְּמוּרַת בְּכוֹר וּמַעֲשֵׂר מִיקַּרְיָא, מַה בְּכוֹר וּמַעֲשֵׂר בְּמוּמָן מִיתְאַכְלָן לַבְּעָלִים, אַף תְּמוּרָתָן מִיתְאַכְלָא.

Abaye lui dit : celle-ci porte le nom de sa mère et celle-là porte le nom de sa mère. Celle-ci est appelée entièrement 'temoura d'un bekhor ou d'un maasser' : de même qu'un bekhor et un maasser se mangent dans leur défaut par les propriétaires, de même leur temoura se mange.

💡 Explication

Réponse d'Abaye par le principe : chaque temoura porte le nom de sa mère (suit le statut de l'animal originel). La temoura d'un bekhor/maasser est entièrement 'temoura de bekhor/maasser' : comme eux se mangent dans leur mum, elle se mange aussi.

9
וְזֶה שֵׁם אִמּוֹ עָלָיו, תְּמוּרַת קָדָשִׁים מִיקַּרְיָא, מַה קָדָשִׁים לָא מִיתַּכְלִי אֶלָּא בְּפִדְיוֹן — אַף תְּמוּרָתָן נָמֵי לָא מִיתַּכְלִי אֶלָּא בְּפִדְיוֹן, וְהָא לָא אַלִּימָא לְמִיתְפַּס פִּדְיוֹנָהּ.

Tandis que celle-ci porte le nom de sa mère [et] est appelée 'temoura de kodachim' : de même que les kodachim ne se mangent que par rachat, de même leur temoura ne se mange que par rachat — or celle-ci [cette bête] n'est pas assez forte pour saisir son rachat [donc elle ne peut être mangée, elle meurt].

📜 Rachi (1)
וְהָא בְּהֵמָה לָא אַלִּימָא לְמִיתְפַּס פִּדְיוֹנָהּ הִילְכָּךְ מֵתָה:
Or cette bête n'est pas assez forte pour saisir son rachat — donc elle meurt.
💡 Explication

A l'inverse, la temoura d'un kodech invalide racheté porte le nom de sa mère : elle est 'temoura de kodachim'. Or les kodachim ne se mangent qu'après rachat ; de même sa temoura. Mais cette bête est trop faible pour saisir son rachat — donc elle ne peut être mangée, et elle meurt.

10
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב נַחְמָן: מִנַּיִן לִתְמוּרַת פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין שֶׁמֵּתָה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מִמַּעֲלֵי הַגֵּרָה... טָמֵא״, הַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ לְחָמֵשׁ חַטָּאוֹת מֵתוֹת! הַהוּא מִ״מַפְרִיסֵי הַפַּרְסָה טָמֵא״ נָפְקָא.

Une baraita enseigne conformément à Rav Nahman : d'où [sait-on] que la temoura des kodachim invalides (pessoulei ha-moukdachin) meurt ? L'Écriture dit : 'parmi les ruminants (mi-ma'alei ha-guera)...

[c'est] impur [pour vous]' (Lev 11:4). Mais ce [verset] est nécessaire pour les cinq hataot qui meurent !

Cela [se dérive] de 'parmi ceux qui ont le sabot fendu (mi-mafrissei ha-parssa)... impur'.

📜 Rachi (3)
מִנַּיִן לִתְמוּרַת פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁים שֶׁמֵּתָה כְּגוֹן דִּלְאַחַר שֶׁנִּפְדּוּ הַקֳּדָשִׁים הִתְפִּיסָן בִּתְמוּרָה דְּלָא מָצוּ לְמִיקְרַב:
D'où [sait-on] que la temoura des kodachim invalides meurt — par exemple lorsque, après avoir racheté les kodachim, on les a consacrés (hitpissan) en temoura, [temoura] qui ne peut être offerte.
מִמַּעֲלֵה הַגֵּרָה טָמֵא הוּא דְּסֵיפֵיהּ דִּקְרָא כְּתִיב טָמֵא הוּא לָכֶם וְדָרְשִׁינַן הָכִי יֵשׁ לְךָ דָּבָר שֶׁיֵּשׁ בּוֹ סִימָנֵי טָהֳרָה וְאָסוּר בַּאֲכִילָה וְאֵיזוֹ זוֹ תְּמוּרַת פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין:
'Parmi les ruminants... c'est impur' — car la fin du verset écrit 'il est impur pour vous', et nous exposons ainsi : tu as une chose qui possède des signes de pureté et [pourtant] est interdite à la consommation — et laquelle est-ce ? La temoura des kodachim invalides.
חָמֵשׁ חַטָּאוֹת מְפָרֵשׁ בִּתְמוּרָה (דַּף כא:):
Cinq hataot — expliquées dans Temoura (21b).
🗂️ Tossefot (1)
תַּלְמוּד לוֹמַר מִמַּעֲלֵי הַגֵּרָה וְהָא דְּדָרְשִׁינַן בפ"ק (לְעֵיל בְּכוֹרוֹת דַּף ו.) יֵשׁ לְךָ דָּבָר שֶׁהוּא מַעֲלֶה גֵּרָה וְאִי אַתָּה אוֹכְלוֹ כְּגוֹן טָהוֹר שֶׁנּוֹלַד מִן הַטָּמֵא הָתָם דָּרֵישׁ מֵרֵישֵׁיהּ דִּקְרָא וְאֶת אֵלֶּה לֹא תֹּאכְלוּ וְהָכָא דְּרֵישׁ מִסֵּיפֵיהּ דִּקְרָא טָמֵא הוּא לָכֶם אִי נָמֵי תְּרֵי קְרָאֵי כְּתִיבִי:
'L'Écriture dit : parmi les ruminants' — et ce que nous exposons au premier chapitre (Bekhorot 6a) : 'tu as une chose qui rumine et que tu ne manges pas, comme [une bête] pure née d'une [bête] impure' — là-bas on l'expose du début du verset 'et celles-ci vous ne les mangerez pas', tandis qu'ici on l'expose de la fin du verset 'il est impur pour vous' ; ou bien ce sont deux versets [distincts] qui sont écrits.
💡 Explication

Une baraita appuie Rav Nahman. Source scripturaire : 'ma'alei ha-guera... tame lakhem' (Lev 11:4) — surplus enseignant qu'il existe un animal aux signes purs mais interdit à la consommation : la temoura des pessoulei ha-moukdachin (qui meurt). Objection : ce surplus ne sert-il pas déjà aux cinq hataot qui meurent ? Réponse : celles-là se dérivent de l'autre membre du verset, 'mafrissei ha-parssa... tame'.

🖼️ Schéma
Un seul verset (Lev 11:4), deux derachot '... tame lakhem' (impur pour vous) 'ma'alei ha-guera' (ruminants) -> la temoura d'un kodech invalide MEURT (elle a les signes purs mais est interdite à la consommation) 'mafrissei ha-parssa' (sabot fendu) -> les cinq hataot qui meurent (halakha) ; puis le verset sert à la temoura de l'acham (rove) Conclusion : verset ET halakha se complètent — sans verset on dirait 'rove' ; sans halakha, on dirait 'interdiction (issour) sans lav'. Ou bien hekech : ma'alei ha-guera comparé à mafrissei = meurt aussi.
Les deux membres du verset Lev 11:4.
11
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: מִנַּיִן לְחָמֵשׁ חַטָּאוֹת מֵתוֹת? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מִמַּפְרִיסֵי הַפַּרְסָה... טָמֵא״. חָמֵשׁ חַטָּאוֹת מֵתוֹת, הִילְכְתָא גְּמִירִי לָהּ, אֶלָּא כִּי אֲתָא קְרָא לִתְמוּרַת אָשָׁם.

Une baraita enseigne aussi ainsi : d'où [sait-on qu'il y a] cinq hataot qui meurent ? L'Écriture dit : 'parmi ceux qui ont le sabot fendu... impur'.

[Mais] les cinq hataot qui meurent, c'est une halakha [transmise par tradition] qu'on a apprise ! Plutôt, quand le verset vient, [c'est] pour la temoura de l'acham (sacrifice de culpabilité).

📜 Rachi (1)
לִתְמוּרַת אָשָׁם שֶׁתְּהֵא רוֹעֶה דְּאָשָׁם לֹא קָרֵב נְדָבָה הִלְכָּךְ תְּמוּרָתוֹ לֹא קְרֵבָה וְהָא טָמֵא דִּקְרָא ה"ק הִנִּיחוּהוּ עַד שֶׁיְּהֵא טָמֵא כְּלוֹמַר שֶׁיִּפֹּול בּוֹ מוּם:
Pour la temoura de l'acham — qu'elle paisse (tirbe), car l'acham n'est pas offert en offrande volontaire (nedava), donc sa temoura n'est pas offerte ; et ce 'tame' du verset veut dire ceci : laissez-la jusqu'à ce qu'elle soit 'tame', c'est-à-dire qu'un mum lui survienne.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא כִּי אֲתָא קְרָא לִתְמוּרַת אָשָׁם וְהָכִי פֵּירוּשָׁא דְּבָרַייְתָא מִנַּיִן לְחָמֵשׁ חַטָּאוֹת מֵתוֹת וּכְנֶגְדָּן בְּאָשָׁם רוֹעֶה וְטָמֵא הוּא הַיְינוּ שֶׁיִּרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב כִּדְפֵירֵשׁ הַקּוּנְטְרֵס:
'Plutôt, quand le verset vient, [c'est] pour la temoura de l'acham' — et voici l'explication de la baraita : d'où [sait-on qu'il y a] cinq hataot qui meurent, et parallèlement pour l'acham [qu'il] paisse ; et 'tame hou' signifie qu'elle paisse jusqu'à ce qu'elle contracte un défaut (yistaeiv), comme l'a expliqué Rachi.
💡 Explication

Une seconde baraita dérive les cinq hataot qui meurent de 'mafrissei ha-parssa... tame'. Objection : ces cinq hataot sont une halakha traditionnelle (pas besoin de verset) ! Réponse : le verset vient alors pour la temoura de l'acham — qui, elle, paisse (rove) jusqu'à contracter un défaut, l'acham n'étant pas offert en nedava.

12
תְּמוּרַת אָשָׁם נָמֵי הִילְכְתָא הִיא, כֹּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה — בְּאָשָׁם רוֹעֶה!

La temoura de l'acham aussi est une halakha [traditionnelle] : tout ce qui, pour la hatat, meurt — pour l'acham, paisse !

📜 Rachi (1)
כָּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה וּתְמוּרַת חַטָּאת הַייְנוּ אַחַת מֵחָמֵשׁ חַטָּאוֹת מֵתוֹת:
Tout ce qui, pour la hatat, meurt — et la temoura d'une hatat, c'est justement l'une des cinq hataot qui meurent.
🗂️ Tossefot (1)
כָּל שֶׁבְּחַטָּאת מֵתָה בְּאָשָׁם רוֹעֶה אוֹמֵר רַבֵּינוּ תָּם דִּרְעִייָּה מִדְּרַבָּנָן הִיא וּלְפִי שֶׁתִּקְּנוּ חֲכָמִים רְעִיָּיה נְקַט בְּכָל דֻּוכְתָּא בְּאָשָׁם רוֹעֶה אֲבָל הִילְכְתָא הָכִי אִיתָא מִדְּאוֹרַייְתָּא דְּכֹל שֶׁבַּחַטָּאת מֵתָה בָּאָשָׁם קָרֵב עוֹלָה כִּדְאָמַר בִּפְסָחִים שִׁילְהֵי (סוֹף) פֶּרֶק אֵלּוּ דְּבָרִים (פְּסָחִים דַּף עג.) אָשָׁם שֶׁנִּיתַּק לִרְעִייָּה וּשְׁחָטוֹ כָּשֵׁר לְעוֹלָה וְשָׁם פֵּירַשְׁתִּי לָהּ:
'Tout ce qui, pour la hatat, meurt, pour l'acham paisse' — Rabbenou Tam dit que la paissance (reiya) [ici] est d'origine rabbinique, et parce que les Sages ont institué la paissance, on emploie partout '[pour] l'acham, paisse' ; mais d'après la Tora la halakha est ainsi : tout ce qui, pour la hatat, meurt, pour l'acham est offert en ola (holocauste), comme on dit dans Pessahim, à la fin du chapitre 'Eilou devarim' (Pessahim 73a) : un acham voué à la paissance (nitak li-reiya) qu'on a égorgé [avec l'intention d'une ola] est valide comme ola ; et là-bas je l'ai expliqué.
💡 Explication

Nouvelle objection : la temoura de l'acham est elle aussi une halakha traditionnelle, selon le principe : 'tout ce qui, pour la hatat, meurt — pour l'acham, paisse'. Puisque la temoura d'une hatat meurt, la tradition établit déjà que la temoura de l'acham paisse — pas besoin de verset.

13
אֶלָּא, לְעוֹלָם חָמֵשׁ חַטָּאוֹת מֵתוֹת, וְאִצְטְרִיךְ קְרָא וְאִצְטְרִיךְ הִילְכְתָא, דְּאִי מִקְּרָא הֲוָה אָמֵינָא לִרְעִיָּיה, קָא מַשְׁמַע לַן הִילְכְתָא לְמִיתָה. וְאִי מֵהִילְכְתָא הֲוָה אֲמִינָא: הֵיכָא דַּעֲבַד אִיקְּרִי וַאֲכַל מֵהָנֵי חָמֵשׁ חַטָּאוֹת — אִיסּוּרָא אִיכָּא, לָאו לֵיכָּא, קָמַשְׁמַע לַן דְּאִיכָּא לָאו.

Plutôt : en vérité les cinq hataot meurent [par halakha], et le verset est nécessaire ET la halakha est nécessaire. Car si [on n'avait que] le verset, j'aurais dit 'à la paissance (le-reiya)' — la halakha nous apprend [qu'elles vont] à la mort (le-mita).

Et si [on n'avait que] la halakha, j'aurais dit : là où quelqu'un a fait [ainsi] — il a par mégarde (ikri) mangé de ces cinq hataot — il y a un interdit (issour), mais il n'y a pas de lav [interdiction formelle passible de malkot] ; [le verset] nous apprend qu'il y a un lav.

📜 Rachi (2)
לָאו לֵיכָּא דְּאֵין עוֹבֵר בְּלָאו:
Il n'y a pas de lav — [c'est-à-dire] qu'on ne transgresse pas d'interdit formel (lav).
דְּאִיכָּא לָאו לֹא תֹאכְלוּ מִמַּעֲלֵי הַגֵּרָה:
Qu'il y a un lav — 'vous ne mangerez pas parmi les ruminants' (lo tokhelou mi-ma'alei ha-guera).
💡 Explication

Conclusion : les cinq hataot meurent par halakha, et verset ET halakha sont nécessaires. Sans le verset seul, j'aurais cru qu'elles vont à la paissance ; la halakha enseigne la mort. Sans la halakha seule, j'aurais cru qu'en manger par mégarde n'entraîne qu'un issour (interdit) sans lav (interdiction formelle passible de fouet) ; le verset enseigne qu'il y a bien un lav.

14
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: לְאַקּוֹשֵׁי דָּבָר הַבָּא מִמַּעֲלֵי גֵּרָה לְדָבָר הַבָּא ״מִמַּפְרִיסֵי הַפַּרְסָה״, מַה לְהַלָּן בְּמִיתָה — אַף כָּאן בְּמִיתָה.

Et si tu veux, dis [autrement] : [le verset sert] à comparer (le-akkoucheih) une chose qui provient des 'ruminants' à une chose qui provient de 'ceux qui ont le sabot fendu' : de même que là-bas [c'est] par la mort, de même ici [c'est] par la mort.

📜 Rachi (1)
ואבע"א לְהָכִי אֲתָא מִמַּפְרִיסֵי הַפַּרְסָה דְּמִשְׁתַּעֵי בְּחַטָּאוֹת הַמֵּתוֹת לְהַקִּישׁ דָּבָר הַבָּא מִמַּעֲלֵי הַגֵּרָה תְּמוּרַת פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין לְאַחַר פִּדְיוֹנָן דְּנָפְקָא מִמַּעֲלֵי הַגֵּרָה לְדָבָר הַבָּא מִמַּפְרִיסֵי הַפַּרְסָה חַטָּאוֹת הַמֵּתוֹת:
Et si tu veux, dis — c'est pour cela que vient 'parmi ceux qui ont le sabot fendu', qui parle des hataot qui meurent : pour comparer (le-hakkich) la chose qui provient des 'ruminants' — la temoura des kodachim invalides après leur rachat, qui se dérive de 'ruminants' — à la chose qui provient de 'ceux qui ont le sabot fendu', les hataot qui meurent.
💡 Explication

Alternative : le verset 'mafrissei ha-parssa' sert à établir un hekech (comparaison analogique) — l'objet dérive de 'ma'alei ha-guera' (la temoura des pessoulim rachetés) est comparé à l'objet dérive de 'mafrissei ha-parssa' (les cinq hataot) : comme ces dernières vont à la mort, la temoura aussi va à la mort.

15
מַתְנִי׳ הַמְקַבֵּל צֹאן בַּרְזֶל מִן הַגּוֹי —

MICHNA : Celui qui reçoit du 'tsone barzel' (troupeau [garanti] 'de fer') d'un goy (non-Juif) —

📜 Rachi (1)
מַתְנִי' הַמְקַבֵּל צֹאן בַּרְזֶל שֶׁשָּׁם לוֹ עוֹבֵד כּוֹכָבִים בַּהֲמוֹתָיו בְּדָמִים קִצּוּבִין וְלָתֵת לוֹ אוֹתָן דָּמִים עַד עֶשֶׂר שָׁנִים בֵּין מֵתוּ בֵּין הוּזְלוּ וְאוֹתָן וְלָדוֹת שֶׁיִּהְיוּ לָהֶן עַד אוֹתוֹ זְמַן יִהְיוּ בֵּינֵיהֶם:
MICHNA : Celui qui reçoit du tsone barzel — [cas où] un idolâtre lui a évalué ses bêtes à un prix fixe, [le Juif s'engageant] à lui donner cette somme dans un délai de dix ans, qu'elles meurent ou qu'elles perdent de leur valeur, et les rejetons qu'elles auront jusqu'à ce terme seront partagés entre eux.
💡 Explication

Début d'une nouvelle michna sur le tsone barzel (litt. 'troupeau de fer') : un montage où un Juif reçoit les bêtes d'un non-Juif à un prix fixe garanti (payable même si elles meurent ou perdent de la valeur), les rejetons nés entre-temps étant partagés. La question sous-jacente (développée sur 16b) : les premier-nés de ce bétail sont-ils soumis à la mitsva du bekhor ?

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).