Bekhorot 18a — peut-on tsimtsem (coïncidence exacte), et le partage du bekhor douteux entre jumeaux

Bekhorot 18a

Sougya : La sougya poursuit le débat sur le tsimtsem : est-il possible que deux mesures coïncident exactement (par ex. un cadavre trouvé pile-poil entre deux villes, pour l'egla aroufa) ? Rabbi Eliezer dit que oui (efchar le-tsamtsem), les Sages disent que non, même de main d'homme ; d'où une seule génisse en indivision avec stipulation.

La Guemara revient ensuite à la michna sur deux jumeaux mâles dont les têtes sont sorties ensemble : R. Tarfon donne au kohen le plus beau, R.

Akiva fait 'estimer' (meshamnin) — que R. Yo'hanan lit comme 'le kohen prend le maigre', le surplus restant litigieux (au demandeur la preuve).

Enfin, sur le second agneau qui reste au propriétaire : R. Meir l'oblige aux matnot kehouna (le kohen attaque des deux côtés), R.

Yossi l'exempte (on traite le non-acquéreur comme acquéreur), et R. Elazar précise que même R.

Yossi concède l'obligation quand aucune contrepartie n'est parvenue aux mains du kohen.

Cadavre trouvé EXACTEMENT entre deux villes (egla aroufa) : peut-on tsimtsem ? Rabbi Eliezer : efchar le-tsamtsem Hakhamim (Sages) Une équidistance parfaite EST possible (même de main d'homme) Impossible de tomber pile-poil (i efchar le-tsamtsem) Les 2 villes amènent 2 génisses chacune est vraiment la plus proche -> on ne peut pas stipuler 1 seule génisse en indivision avec stipulation (yatnou) : "pour la plus proche, en vérité" Conclusion (Rav Amram) : les Sages tiennent i efchar le-tsamtsem même be-yedei adam (de main d'homme) -> 1 génisse en indivision + stipulation tsimtsem = coïncidence exacte de deux mesures
Le débat sur le tsimtsem applique à l'egla aroufa, et la conclusion des Sages (segments 0-5).
Deux jumeaux mâles, têtes sorties ensemble : qui est le bekhor ? R. Tarfon R. Akiva le kohen choisit le plus BEAU (ha-yafe) le vigoureux est sorti le premier meshamnin : le kohen prend le MAIGRE (R. Yo'hanan) ; ha-motsi me-havero... "meshamnin beineihen" = le SURPLUS de graisse reste litigieux : au kohen d'apporter la preuve Le 2e (reste chez le propriétaire) : matnot kehouna (dons) ? R. Meir : OBLIGE aux dons le kohen attaque des 2 côtés : si bekhor -> tout à moi ; sinon -> donne-moi les matnot R. Yossi : EXEMPTE "on traite le non-acquéreur comme acquéreur" (Rava) : comme acheté au kohen -> exempt R. Elazar : tous concèdent (même R. Yossi) que le bekhor douteux SANS contrepartie aux mains du kohen (mâle+femelle) reste obligé aux dons
Le partage des jumeaux et l'obligation des dons sur le second agneau (segments 6-14).
1
סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי, דְּאָמַר: אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם בִּידֵי שָׁמַיִם, וְכָל שֶׁכֵּן בִּידֵי אָדָם.

Il tient comme Rabbi Yossi le Galiléen, qui dit : il est possible qu'[une coïncidence] soit exacte (efchar le-tsamtsem) dans les choses de main du Ciel (be-yedei chamayim), et à plus forte raison dans les choses de main d'homme (be-yedei adam).

📜 Rachi (1)
סָבַר לָהּ כְּר' יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְקָא מִיבַּעְיָא לָן לְרַבָּנָן:
Il tient comme R. Yossi le Galiléen — et nous nous interrogeons [pour savoir ce qu'il en est] selon les Sages (rabbanan).
💡 Explication

Le tsimtsem désigne une coïncidence parfaitement exacte de deux mesures (par ex. deux distances rigoureusement égales). Pour R. Yossi le Galiléen, si une telle exactitude est possible même dans ce qui dépend du Ciel (nature, hasard), elle l'est à fortiori dans ce que l'homme maîtrise. On ne peut donc pas se servir de l'avis de R. Eliezer pour trancher celui des Sages.

2
נֵימָא כְּתַנָּאֵי: נִמְצָא מְכֻוָּון בֵּין שְׁתֵּי עֲייָרוֹת — לֹא הָיוּ עוֹרְפִין, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: שְׁתֵּיהֶן מְבִיאוֹת שְׁתֵּי עֲגָלוֹת. מַאי לַָאו בְּהָא קָמִיפַּלְגִי, דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר: אִי אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם, וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר: אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם?

Disons que [cela dépend d']une divergence de tannaim : [si] l'on a trouvé [le cadavre] pile [au milieu] entre deux villes — on ne rompait pas [la nuque de la génisse]. Rabbi Eliezer dit : les deux [villes] amènent deux génisses.

N'est-ce pas sur ce point qu'ils divergent : le premier tanna tient qu'il est impossible d'être exact (i efchar le-tsamtsem), et Rabbi Eliezer tient qu'il est possible d'être exact (efchar le-tsamtsem) ?

📜 Rachi (2)
אִי אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם הִילְכָּךְ לֹא הָיוּ עוֹרְפִין דְּכָל אַחַת אוֹמֶרֶת אֲנִי אֵינִי קְרוֹבָה:
Il est impossible d'être exact — donc on ne rompait pas [la nuque], car chacune [des villes] dit : moi, je ne suis pas la plus proche.
אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם וּקְרוֹבָה אֲפִילּוּ קְרוֹבוֹת:
Il est possible d'être exact — et [le verset] 'la plus proche' [vaut] même pour plusieurs villes proches.
💡 Explication

La Guemara propose de rattacher le débat sur le tsimtsem à une baraita sur l'egla aroufa (la génisse à la nuque rompue, Deut 21) : si un cadavre est trouvé exactement au milieu entre deux villes. Pour le premier tanna on ne rompait pas la nuque (car une exactitude parfaite est impossible) ; pour R. Eliezer les deux villes amènent chacune une génisse (car l'exactitude est possible).

🖼️ Schéma
Cadavre trouvé EXACTEMENT entre deux villes (egla aroufa) : peut-on tsimtsem ? Rabbi Eliezer : efchar le-tsamtsem Hakhamim (Sages) Une équidistance parfaite EST possible (même de main d'homme) Impossible de tomber pile-poil (i efchar le-tsamtsem) Les 2 villes amènent 2 génisses chacune est vraiment la plus proche -> on ne peut pas stipuler 1 seule génisse en indivision avec stipulation (yatnou) : "pour la plus proche, en vérité" Conclusion (Rav Amram) : les Sages tiennent i efchar le-tsamtsem même be-yedei adam (de main d'homme) -> 1 génisse en indivision + stipulation tsimtsem = coïncidence exacte de deux mesures
L'application du tsimtsem au cas de l'egla aroufa.
3
וְתִיסְבְּרָא? אִי קָסָבַר תַּנָּא קַמָּא אִי אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם, אַמַּאי לֹא הָיוּ עוֹרְפִים? יָבִיאוּ עֶגְלָה אַחַת בְּשֻׁותָּפוּת, וְיִתְּנוּ!

Et le tiendrais-tu [ainsi] ? Si le premier tanna tient qu'il est impossible d'être exact, pourquoi 'on ne rompait pas' ?

Qu'ils amènent une seule génisse en indivision (be-choutafout) et qu'ils stipulent (ve-yatnou) !

📜 Rachi (1)
וְיִתְּנוּ כִּדְפָרְשִׁינַן לְעֵיל:
Et qu'ils stipulent — comme nous l'avons expliqué plus haut.
💡 Explication

Réfutation : si vraiment le premier tanna pense que l'exactitude est impossible, l'une des deux villes est forcément la plus proche — alors pourquoi ne rien faire ? Il suffirait d'amener une seule génisse en indivision (be-choutafout) avec une stipulation (yatnou) : 'qu'elle soit pour la ville qui est réellement la plus proche'. Preuve que le débat ne porte pas sur le tsimtsem.

4
אֶלָּא, לְהָנֵי תַּנָּאֵי דְּכֻולֵּי עָלְמָא אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם, וְהָכָא בְּ״קְרוֹבָה״ וְלֹא קְרוֹבוֹת קָמִיפַּלְגִי, דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר: ״קְרוֹבָה״ וְלֹא קְרוֹבוֹת, וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר: ״קְרוֹבָה״ וַאֲפִילּוּ קְרוֹבוֹת.

Plutôt, pour ces tannaim, tout le monde [s'accorde] qu'il est possible d'être exact ; et ici ils divergent sur ['la plus proche' (kerova)] et non 'les plus proches' (kerovot) : le premier tanna tient ['la plus proche'] et non 'les plus proches', et Rabbi Eliezer tient 'la plus proche' — et même 'les plus proches'.

📜 Rachi (1)
דְּכֻולֵּי עָלְמָא אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם דִּכְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי סְבִירָא לְהוּ:
Tout le monde [tient] qu'il est possible d'être exact — car ils tiennent comme Rabbi Yossi le Galiléen.
💡 Explication

Nouvelle lecture : les deux tannaim admettent le tsimtsem. Leur divergence porte sur l'exégèse du mot kerova ('[la ville] la plus proche', au singulier, Deut 21:3). Pour le premier tanna, le singulier exclut le pluriel : une seule ville, jamais plusieurs (donc si deux sont à égalité, aucune n'apporte). Pour R. Eliezer, 'kerova' inclut même plusieurs villes à égalité (kerovot).

5
מַאי הָוֵי עֲלַהּ? אָמַר רַב חִייָּא בַּר אָבִין אָמַר רַב עַמְרָם: תָּנָא נִמְצָא מְכֻוָּון בֵּין שְׁתֵּי עֲייָרוֹת, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: שְׁתֵּיהֶן מְבִיאוֹת שְׁתֵּי עֲגָלוֹת, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: יָבִיאוּ עֶגְלָה אַחַת בְּשֻׁותָּפוּת וְיַתְנוּ.

Qu'en est-il [finalement] ? Rabbi Hiyya bar Avin a dit au nom de Rav Amram : on a enseigné [dans une baraita] : [si le cadavre] a été trouvé pile entre deux villes — Rabbi Eliezer dit : les deux amènent deux génisses ; et les Sages (hakhamim) disent : ils amènent une seule génisse en indivision et stipulent.

📜 Rachi (2)
מַאי הָוֵי עֲלַהּ אַלִּיבָּא דְּרַבָּנָן:
Qu'en est-il — selon les Sages (rabbanan).
שְׁתֵּי עֲגָלוֹת דְּאֶפְשָׁר לְצַמְצֵם וּקְרוֹבָה אַפֵּי' קְרוֹבוֹת:
Deux génisses — car il est possible d'être exact, et 'la plus proche' [vaut] même pour plusieurs proches.
💡 Explication

Conclusion sur l'avis des Sages : selon la baraita rapportée par Rav Amram, en cas de cadavre trouvé exactement au milieu, R. Eliezer maintient deux génisses, mais les Sages tranchent : une seule génisse en indivision + stipulation. C'est cette dernière position qui fait autorité.

6
מַאי קָסָבְרִי רַבָּנָן? אִי קָסָבְרִי רַבָּנַן דְּאֶפְשָׁר לְצַמְצֵם, וּקְרוֹבָה — וַאֲפִילּוּ קְרוֹבוֹת, לַיְיתֵי תַּרְתֵּי! וְאִי ״קְרוֹבָה״ וְלֹא קְרוֹבוֹת, אֲפִילּוּ חֲדָא לָא לַייְתֵי! אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ קָסָבְרִי רַבָּנַן: אִי אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם, וַאֲפִילּוּ בִּידֵי אָדָם. שְׁמַע מִינָּה.

Que tiennent [donc] les Sages ? S'ils tiennent qu'il est possible d'être exact et que 'la plus proche' [vaut] même pour 'les plus proches' — qu'ils amènent deux [génisses] !

Et s'ils tiennent 'la plus proche' et non 'les plus proches' — qu'ils n'en amènent même pas une ! Plutôt, n'est-ce pas qu'il faut en conclure (chema mina) que les Sages tiennent : il est impossible d'être exact, et même de main d'homme ?

Conclus-en [que oui].

📜 Rachi (2)
לַייְתִי תַּרְתֵּי דְּהָא לָא מָצֵי לְאַתְנוֹיֵי דְּהָא שְׁתֵּיהֶן שָׁווֹת:
Qu'ils amènent deux — car ils ne peuvent pas stipuler, les deux étant [rigoureusement] égales.
א"א לְצַמְצֵם הִילְכָּךְ מָצוּ לְאַתְנוֹיֵי:
Il est impossible d'être exact — donc ils peuvent stipuler.
💡 Explication

Analyse décisive : la position des Sages (une génisse + stipulation) ne s'explique que par i efchar le-tsamtsem (l'exactitude est impossible), et ce même be-yedei adam (de main d'homme). Car s'ils admettaient l'exactitude et lisaient 'kerova' au pluriel, il faudrait deux génisses ; et s'ils la lisaient au singulier strict, aucune. La stipulation prouve qu'ils tiennent qu'une des deux est forcément la plus proche, mais qu'on ne peut le déterminer.

7
רַבִּי טִרְפוֹן אוֹמֵר: בּוֹרֵר לוֹ אֶת הַיָּפֶה. מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי טַרְפוֹן? קָא סָבַר: הָהוּא דְּבָרִיא נָפֵק בְּרֵישָׁא.

[La michna a enseigné :] Rabbi Tarfon dit : [le kohen] choisit pour lui le plus beau (ha-yafe). Quelle est la raison de Rabbi Tarfon ?

Il tient : celui qui est vigoureux (bari) est sorti le premier.

📜 Rachi (1)
הָהוּא דְּבָרִיא נָפֵק בְּרֵישָׁא דְּמֵרֹוב בְּרִיאוּתוֹ קָדַם אֶת אָחִיו:
Celui qui est vigoureux est sorti le premier — car, par excès de vigueur, il a devancé son frère.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' אָמְרִי דְּבֵי ר' יַנַּאי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי שָׁמְעִינַן לֵיהּ דְּאָמַר אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם בִּידֵי שָׁמַיִם וכ"ש בִּידֵי אָדָם וְרַבָּנָן אָמְרִי בִּידֵי שָׁמַיִם א"א לְצַמְצֵם בִּידֵי אָדָם מַאי. וּמַסִּיק דְּסָבְרִי רַבָּנָן א"א לְצַמְצֵם אַפֵּי' בִּידֵי אָדָם. וּפְסִיק ר"י דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי דְּבִידֵי אָדָם אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם. מִדִּפְלִיגִי אָמוֹרָאֵי בְּפֶרֶק קַמָּא דְּעֵירוּבִין דַּף טז: בְּפָרוּץ כְּעוֹמֵד. וּבְפֶרֶק שֵׁנִי דְּחֻולִּין דַּף כֹּח: בְּמֶחֱצָה עַל מֶחֱצָה כְּרוֹב דְּאִי אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם. מ"ט דְּמַאן דְּשָׁרֵי. דִּלְמָא אַפֵּי' מֶחֱצָה אֵין כָּאן וּבְפֶרֶק שְׁבוּעַת הָעֵדוּת (שְׁבוּעוֹת דַּף לב.) פָּרִיךְ הַשַּׁ"ס גַּבֵּי כָּפְרוּ שְׁנֵיהֶם כְּאַחַת וְהָא אִי אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם וּמְשַׁנֵּי הָא מַנִּי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי הִיא. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר אַפֵּי' תֵּימָא רַבָּנָן. מַשְׁמַע דְּאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי. וְכֵן בְּפֶרֶק ד' אַחִין (יְבָמוֹת דַּף כֹּח.)גַּבֵּי אֲחָיוֹת אֵינִי יוֹדֵעַ מִי שְׁנָאָן אָמְרִינַן אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן לָא סְתַם לַן תַּנָּא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי. וְכֵן בְּגִיטִּין בְּפֶרֶק הַזּוֹרֵק (גִּיטִּין דַּף עח.) גַּבֵּי סָפֵק קָרוֹב לוֹ סָפֵק קָרוֹב לָהּ פָּרִיךְ וְנֶחֱזֵי הֵי מִינַּייְהוּ קְדֵים וְכִי תֵּימָא שֶׁבָּאוּ שְׁנֵיהֶם בְּבַת אַחַת וְהָא אִי אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם. מִכָּל הָלֵין מַשְׁמַע דְּאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְנִרְאֶה דְּבִידֵי שָׁמַיִם אֵין הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ. וְהַךְ דִּשְׁבוּעוֹת דְּלָא כִּוְּונוּ לְדַבֵּר כְּאַחַת וְכֵן הַךְ דְּגִיטִּין דְּלָא כִּוְּונוּ לִיכָּנֵס בְּבַת אַחַת לְתוֹךְ אַרְבַּע אַמּוֹת כְּבִידֵי שָׁמַיִם דָּמֵי. אֲבָל בִּידֵי אָדָם הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ: רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר בּוֹרֵר לוֹ אֶת הַיָּפֶה. מ"ט דְּרַבִּי טֵרָפוֹן. קָסָבַר הַהוּא דְּבָרִיא נָפְקָא בְּרֵישָׁא. וַהֲלָכָה כְּר' עֲקִיבָא דְּהָא ר"ט גּוּפֵיהּ הָדַר בֵּיהּ: ר"ע אוֹמֵר מְשַׁמְּנִין בֵּינֵיהֶן. אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא אָמַר ר' יוֹחָנָן וְכֹהֵן נוֹטֵל כָּחוּשׁ. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן וְהָא אֲנַן מְשַׁמְּנִים בֵּינֵיהֶם תְּנַן. אָמַר לֵיהּ אַדַּאֲכַלְתְּ כַּפְנְיָתָא בְּבָבֶל תַּרְגֵּימְנָא מִסֵּיפָא דְּקָתָנֵי מֵת אֶחָד מֵהֶן רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר יַחְלוֹקוּ וְרַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר המע"ה אַמַּאי לִיפְלְגִי בַּהֲדָדִי. אֶלָּא מַאי. מְשַׁמְּנִין בֵּינֵיהֶן שׁוּמָא יְהֵא בֵּינֵיהֶן. דְּאָמַר לֵיהּ לְכֹהֵן אַייְתִי רְאָיָה דִּבְכוֹר הוּא וּשְׁקוֹל: וְחַייָּב בְּמַתָּנוֹת. מ"ט דְּרַבִּי מֵאִיר. אָמַר ר' יוֹחָנָן הוֹאִיל וְכֹהֵן בָּא עָלָיו מִשְּׁנֵי צְדָדִין. דְּאָמַר לֵיהּ אִי בְּכוֹר הוּא כֻּולּוֹ דִּידִי הוּא. וְאִי לָאו בְּכוֹר הוּא הַב לִי מַתָּנוֹת מִנֵּיהּ. וְר' יוֹסֵי מ"ט. אָמַר רָבָא עָשׂוּ אֶת שֶׁאֵינוֹ זוֹכֶה כְּזוֹכֶה ואע"ג דְּלָא מְטָא לִידֵיהּ דְּכֹהֵן שַׁווְּיוּהָ רַבָּנַן כְּמַאן דִּמְטָא לִידֵיהּ וְזַבְּנֵיהּ לְיִשְׂרָאֵל בְּמוּמֵי' וקי"ל כר"מ: מֵת אֶחָד מֵהֶן רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר יַחְלוֹקוּ ור"ע אוֹמֵר המע"ה. אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא אָמַר ר' יוֹחָנָן מָשָׁל דְּרַבִּי טַרְפוֹן לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה לִשְׁנַיִם שֶׁהִפְקִידוּ אֵצֶל רוֹעֶה שֶׁמַּנִּיחַ רוֹעֶה בֵּינֵיהֶם וּמִסְתַּלֵּק. מָשָׁל דְּרַבִּי עֲקִיבָא לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה לְאֶחָד שֶׁהִפְקִיד אֵצֶל בַּעַל הַבַּיִת שהמע"ה. וְאֶלָּא בְּמַאי פְּלִיגִי. אֶלָּא אָמַר רָבָא וְאִיתֵּימָא רַב פָּפָּא הַכֹּל מוֹדִים בִּשְׁנַיִם שֶׁהִפְקִידוּ אֵצֶל רוֹעֶה שֶׁמַּנִּיחַ רוֹעֶה בֵּינֵיהֶן וּמִסְתַּלֵּק. וּבְאֶחָד שֶׁהִפְקִיד אֵצֶל בַּעַל הַבַּיִת שהמע"ה. לֹא נֶחְלְקוּ אֶלָּא בַּחֲצַר בַּעַל הַבַּיִת וְרוֹעֶה כֹּהֵן. ר"ט סָבַר אַקְּנוּיֵי מַקְנֵי לֵיהּ מָקוֹם בַּחֲצֵרוֹ דְּנִיחָא לֵיהּ דְּלִיתְעֲבִיד מִצְוָה בְּמָמוֹנֵיהּ וְהָוֵה לֵיהּ כִּשְׁנַיִם שֶׁהִפְקִידוּ אֵצֶל רוֹעֶה שֶׁמַּנִּיחַ רוֹעֶה בֵּינֵיהֶם וּמִסְתַּלֵּק. וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר כֵּיוָן דְּאִית לֵיהּ פְּסֵידָא לָא מַקְנֵי לֵיהּ מִידִי וְהָוֵי לֵיהּ כא' שֶׁהִפְקִיד אֵצֶל בעה"ב דהמע"ה. וְהִלְכְתָא כְּר' עֲקִיבָא:
Guemara. On enseigne dans l'école de Rabbi Yannaï : de Rabbi Yossi le Galiléen nous entendons qu'il dit qu'il est possible d'être exact (efchar le-tsamtsem) dans les choses de main du Ciel, et à plus forte raison de main d'homme ; et les Sages disent : dans les choses de main du Ciel il est impossible d'être exact, [mais] de main d'homme, qu'en est-il ? Et [la Guemara] conclut que les Sages tiennent qu'il est impossible d'être exact, même de main d'homme. Et le Rif (Rabbi Yits'hak) tranche que la halakha suit Rabbi Yossi, [à savoir] que de main d'homme il est possible d'être exact — puisque des Amoraim divergent au premier chapitre de Erouvin (16b) sur '[une clôture] à claire-voie égale au plein', et au deuxième chapitre de Houllin (28b) sur 'moitié-moitié [est traité] comme la majorité', [ce qui ne se comprend] que s'il était impossible d'être exact — car quelle est la raison de celui qui permet ? Peut-être n'y a-t-il même pas moitié ici. Et au chapitre 'Chevouat ha-edout' (Chevouot 32a) le Talmud objecte, à propos de 'les deux [témoins] ont nié ensemble', 'mais il est impossible d'être exact !', et répond : cela suit Rabbi Yossi le Galiléen ; tandis que Rabbi Yo'hanan dit : tu peux même dire que c'est [selon] les Sages — ce qui laisse entendre que la halakha ne suit pas Rabbi Yossi le Galiléen. De même au chapitre 'Arbaa a'hin' (Yevamot 28a), à propos des sœurs — 'je ne sais pas qui les a enseignées' — nous disons, selon Rabbi Yo'hanan, que le tanna ne nous a pas enseigné anonymement comme Rabbi Yossi le Galiléen. De même dans Guittin, au chapitre 'Ha-zorek' (78a), à propos du doute [si le guet est] plus proche de lui ou plus proche d'elle, [le Talmud] objecte : voyons donc lequel des deux est arrivé le premier, et si tu dis qu'ils sont arrivés tous deux en même temps — mais il est impossible d'être exact ! De tout cela il ressort que la halakha ne suit pas Rabbi Yossi le Galiléen ; et il semble que dans les choses de main du Ciel la halakha ne suit pas [son] avis. Or ce cas de Chevouot où ils n'ont pas visé à [parler] ensemble, et de même ce cas de Guittin où ils n'ont pas visé à entrer ensemble dans les quatre coudées, sont assimilés à [du] 'de main du Ciel' ; mais 'de main d'homme', la halakha suit son avis. [Michna :] Rabbi Tarfon dit : [le kohen] choisit pour lui le plus beau. Quelle est la raison de Rabbi Tarfon ? Il tient : celui qui est vigoureux est sorti le premier. Et la halakha suit Rabbi Akiva, car Rabbi Tarfon lui-même s'est rétracté. [Michna :] Rabbi Akiva dit : on estime (meshamnin) entre eux. Rabbi Hiyya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : et le kohen prend le maigre. Rabbi Hiyya bar Abba dit à Rabbi Yo'hanan : mais nous avons enseigné 'on estime entre eux' ! Il lui dit : pendant que tu mangeais des dattes en Babylonie, [nous] l'avons expliqué à partir de la fin [de la michna] qui enseigne : [si] l'un d'eux est mort, Rabbi Tarfon dit : ils partagent, et Rabbi Akiva dit : c'est au demandeur d'apporter la preuve (ha-motsi me-havero alav ha-raaya) — pourquoi divergeraient-ils [ici de façon opposée] entre eux ? Plutôt, que [signifie] 'meshamnin' ? Le surplus [de graisse] (chouma) reste litigieux entre eux, car [le propriétaire] dit au kohen : apporte la preuve que c'est le bekhor, et prends[-le]. [Michna :] Et il est obligé aux dons (matnot). Quelle est la raison de Rabbi Meir ? Rabbi Yo'hanan a dit : puisque le kohen l'attaque des deux côtés, car il lui dit : si c'est un bekhor, il est tout entier à moi ; et si ce n'est pas un bekhor, donne-moi les dons [prélevés] sur lui. Et quelle est la raison de Rabbi Yossi ? Rava a dit : on a traité le non-acquéreur comme un acquéreur, et bien qu'il ne soit pas parvenu aux mains du [kohen], les Sages l'ont traité comme s'il y était parvenu, et [comme si le kohen] l'avait vendu à l'Israélite avec son défaut (be-moumo). Et nous tranchons comme Rabbi Meir. [Michna :] [Si] l'un d'eux est mort, Rabbi Tarfon dit : ils partagent, et Rabbi Akiva dit : c'est au demandeur d'apporter la preuve. Rabbi Hiyya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : la parabole de Rabbi Tarfon, à quoi cela ressemble-t-il ? À deux [personnes] qui ont déposé [des bêtes] chez un berger : [le berger] les dépose entre eux et s'en va. La parabole de Rabbi Akiva, à quoi cela ressemble-t-il ? À une [seule personne] qui a déposé chez un particulier (baal ha-bayit) : c'est au demandeur d'apporter la preuve. Et alors, sur quoi divergent-ils ? Plutôt, Rava — et certains disent Rav Papa — a dit : tous concèdent que, pour deux qui ont déposé chez un berger, [celui-ci] les dépose entre eux et s'en va ; et pour un [seul] qui a déposé chez un particulier, c'est au demandeur d'apporter la preuve. Ils ne divergent qu'à propos de la cour du particulier [qui est aussi] berger-kohen : R. Tarfon tient qu'il [le propriétaire] lui a acquis un emplacement dans sa cour, car il lui plaît qu'une mitsva se réalise par son bien, et c'est donc comme deux qui ont déposé chez un berger, [lequel] les dépose entre eux et s'en va. Et Rabbi Akiva tient : puisqu'il y a pour lui une perte, il ne lui a rien acquis, et c'est donc comme un [seul] qui a déposé chez un particulier — c'est au demandeur d'apporter la preuve. Et la halakha suit Rabbi Akiva.
💡 Explication

Retour à la michna (sur deux jumeaux mâles, premiers-nés, dont les têtes sont sorties ensemble). Pour R. Tarfon, le kohen prend le plus beau des deux : on présume que le plus vigoureux (bari), grâce à sa force, est sorti en premier — c'est donc lui le bekhor (premier-né), qui revient au kohen.

🖼️ Schéma
Deux jumeaux mâles, têtes sorties ensemble : qui est le bekhor ? R. Tarfon R. Akiva le kohen choisit le plus BEAU (ha-yafe) le vigoureux est sorti le premier meshamnin : le kohen prend le MAIGRE (R. Yo'hanan) ; ha-motsi me-havero... "meshamnin beineihen" = le SURPLUS de graisse reste litigieux : au kohen d'apporter la preuve Le 2e (reste chez le propriétaire) : matnot kehouna (dons) ? R. Meir : OBLIGE aux dons le kohen attaque des 2 côtés : si bekhor -> tout à moi ; sinon -> donne-moi les matnot R. Yossi : EXEMPTE "on traite le non-acquéreur comme acquéreur" (Rava) : comme acheté au kohen -> exempt R. Elazar : tous concèdent (même R. Yossi) que le bekhor douteux SANS contrepartie aux mains du kohen (mâle+femelle) reste obligé aux dons
Le partage des jumeaux et l'obligation des dons.
8
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״מְשַׁמְּנִין״ כו׳. אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַכֹּהֵן נוֹטֵל כְּחוּשָׁה. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן: וְהָא אֲנַן ״מְשַׁמְּנִין בֵּינֵיהֶן״ תְּנַן! אֲמַר לֵיהּ: עַד דַּאֲכַלְתְּ כַּפְנְיָיתָא בְּבָבֶל, תַּרְגֵּימְנָא מִסֵּיפָא.

Rabbi Akiva dit : on estime (meshamnin) [entre eux], etc. Rabbi Hiyya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : le kohen prend le maigre (ha-kahouch).

Rabbi Hiyya bar Abba dit à Rabbi Yo'hanan : mais nous avons enseigné 'on estime entre eux' ! Il lui dit : pendant que tu mangeais des dattes (kafniyata) en Babylonie, [nous] l'avons expliqué à partir de la fin [de la michna] (sefa).

📜 Rachi (4)
הַכֹּהֵן נוֹטֵל כָּחוּשׁ לְרַבִּי עֲקִיבָא:
Le kohen prend le maigre — selon Rabbi Akiva.
וְהָא מִשְּׁמָנִים תְּנַן דְּמַשְׁמַע מַה שֶׁיָּפֶה הַשּׁוֹר מֵחֲבֵירוֹ וְאוֹתָן דָּמִים יַחֲלֹוקוּ:
Mais nous avons enseigné 'meshamnin' — ce qui donne à entendre : ce en quoi une bête surpasse l'autre en valeur, cette valeur-là, ils la partagent.
אַדַּאֲכַלְתְּ כְּפַנְיָאתָא בְּבָבֶל בְּעוֹד שְׁהִייָּתָהּ אוֹכֵל תְּמָרִים בְּבָבֶל וּמְעַדֵּן עַצְמְךָ:
Pendant que tu mangeais des dattes en Babylonie — pendant que tu mangeais des dattes en Babylonie et te délectais [nous avons peiné à l'expliquer].
תַּרְגֵּימְנָא לְהַאי מִילְּתָא דְּר' עֲקִיבָא וְדָיֵיקְנָא לָהּ מִסֵּיפָא:
[Nous] l'avons expliqué — cette parole de Rabbi Akiva, et nous l'avons déduite précisément à partir de la fin [de la michna].
🗂️ Tossefot (1)
אַדַּאֲכַלְתְּ כַּפְנְייָתָא בְּבָבֶל תַּרְגֵּימְנָא פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס בְּעוֹד שְׁהִייָּתָהּ אוֹכֵל תְּמָרִים בְּבָבֶל וּמְעַדֵּן אֶת עַצְמְךָ טָרַחְנוּ לְיַישְּׁבָהּ וְכֵן פֵּירֵשׁ רַבֵּינוּ שְׁמוּאֵל בְּפֶ' בֵּית כּוֹר (ב"ב דַּף קז:) וְקָשֶׁה דַּהֲוָה לֵיהּ לְמִנְקַט תְּמָרִים דְּכַפְנְיָיתָא הוּא לְשׁוֹן גְּרִיעוּתָא כִּדְאָמַר בְּרֵישׁ בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף כֹּח:) דְּכַפְנִיּוֹת אֵין נִיקָּחוֹת בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר אֶלָּא אוֹמֵר דה"פ מוּטָב שֶׁיִּהְיֶה לְךָ לִהְיוֹת אֶצְלִי וְלִטְרֹוחַ בַּהֲלָכָה וּלְפָרָשָׁה מִשְּׁהִייָּתָהּ אוֹכֵל כַּפְנִיּוֹת בְּבָבֶל:
'Pendant que tu mangeais des dattes en Babylonie, [nous] l'avons expliqué' — le Qountres (Rachi) a expliqué : pendant que tu mangeais des dattes en Babylonie et te délectais, nous avons peiné à l'établir. Et de même a expliqué Rabbenou Chmouel au chapitre 'Beit Kor' (Bava Batra 107b). Mais c'est difficile, car il aurait fallu employer [le mot] 'tamrim' (dattes ordinaires), tandis que 'kafniyata' est un terme de moindre qualité, comme il est dit au début de 'Be-khôl mearvin' (Erouvin 28b) que les kafniyot ne s'achètent pas avec de l'argent du maaser [sheni]. Plutôt, dis que le sens est : mieux vaut pour toi être auprès de moi et peiner sur la halakha pour l'expliquer, que de manger des kafniyot (dattes médiocres) en Babylonie.
💡 Explication

R. Yo'hanan lit le 'meshamnin' de R. Akiva de façon inattendue : le kohen prend le maigre, non le partage. R. Hiyya bar Abba s'étonne : 'meshamnin' n'évoque-t-il pas un partage de valeur ? R. Yo'hanan répond avec une pointe : pendant que tu te régalais de dattes en Babylonie, nous (en Terre d'Israël) avons déduit le vrai sens depuis la fin de la michna (sefa).

🖼️ Schéma
Deux lectures de "meshamnin beineihen" Lecture rejetée : "partager la valeur" on estime l'écart de valeur et on le partage 50/50 réfutée par la sefa : si l'un meurt, R. Akiva dirait "on partage" — or non Lecture retenue : "shouman" le SURPLUS de graisse (shouman) reste litigieux entre eux au kohen d'apporter la preuve que c'est le bekhor, et de prendre
Les deux lectures de 'meshamnin beineihen'.
9
דְּקָתָנֵי סֵיפָא: מֵת אֶחָד מֵהֶן, רַבִּי טִרְפוֹן אוֹמֵר: יַחֲלֹוקוּ, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ ״מְשַׁמְּנִין בֵּינֵיהֶן״ דְּכִי הֲדָדֵי פְּלִיגִי, הָכִי נָמֵי (לִיפְלְגִי) [לִיפְלֹוג] גַּבֵּי הֲדָדֵי! אֶלָּא מַאי ״מְשַׁמְּנִין״ — שֻׁומָּן יְהֵא בֵּינֵיהֶן, דְּאָמַר לֵיהּ לַכֹּהֵן: אַיְיתִי רְאָיָה דִּבְכוֹר הוּא וּשְׁקֹיל.

Car la fin [de la michna] enseigne : [si] l'un d'eux est mort, Rabbi Tarfon dit : ils partagent, Rabbi Akiva dit : c'est au demandeur d'apporter la preuve (ha-motsi me-havero alav ha-raaya). Or, s'il te venait à l'esprit que 'on estime entre eux' [signifie] qu'ils divergent [en partageant] à égalité (ki hadadi) — alors ici aussi qu'ils divergent [en partageant] à égalité !

Plutôt, que [signifie] 'meshamnîn' ? Le surplus [de graisse] (choumân) reste litigieux entre eux, car [le propriétaire] dit au kohen : apporte la preuve que c'est le bekhor, et prends[-le].

📜 Rachi (2)
דְּכִי הֲדָדֵי פְּלִיגִי דִּלְתַרְוַייְהוּ יְהֵא חֵלֶק בִּשְׁנֵיהֶם ה"נ יַחֲלֹוקוּ אֶת הַחַי:
Ils divergent à égalité — [chacun] aurait une part dans les deux : ici aussi ils partageraient le vivant.
שֻׁומָּן יְהֵא בֵּינֵיהֶן מַה שֶׁאֶחָד שָׁמֵן יָפֶה מֵחֲבֵירוֹ יְהֵא מֻוטָּל בֵּינֵיהֶם וְעָלָיו יָבֹאוּ לַדִּין וְיִטְעֹון יִשְׂרָאֵל לַכֹּהֵן אַייְּתִי רְאָיָה כּוּ' כִּי הֵיכִי דְּסָבַר ר' עֲקִיבָא בְּסֵיפָא הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה:
Le surplus [de graisse] reste litigieux entre eux — ce en quoi l'un est plus gras et plus beau que l'autre reste en litige entre eux, et c'est là-dessus qu'ils iront en jugement ; l'Israélite dira au kohen : apporte la preuve, etc., conformément à ce que tient Rabbi Akiva à la fin [de la michna] : c'est au demandeur d'apporter la preuve.
💡 Explication

Preuve par la sefa : quand l'un des jumeaux meurt, R. Akiva dit 'au demandeur la preuve' — donc le propriétaire garde tout. Si 'meshamnîn' signifiait partage à égalité, R. Akiva aurait aussi partagé l'animal survivant. Donc 'meshamnîn' veut dire : le surplus de graisse (shoumân) reste litigieux ; le propriétaire dit au kohen : 'prouve que c'est le bekhor, et prends-le'. Faute de preuve, le kohen n'a rien.

10
וְהַשֵּׁנִי יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב, וְחַייָּב בַּמַּתָּנוֹת, וְרַבִּי יוֹסֵי פּוֹטֵר. מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי מֵאִיר? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הוֹאִיל וְכֹהֵן בָּא עָלָיו מִשְּׁנֵי צְדָדִין, דְּאָמַר לֵיהּ: אִי בְּכוֹר הוּא — כּוּלֵּיהּ דִּידִי הוּא, אִי לָא בְּכוֹר הוּא — הַב לִי מַתָּנוֹת מִינֵּיהּ.

Et le second [agneau] paîtra jusqu'à ce qu'il devienne défectueux (yistaév), et il est obligé aux dons (matnot) ; et Rabbi Yossi [l']exempte. Quelle est la raison de Rabbi Meir ?

Rabbi Yo'hanan a dit : puisque le kohen l'attaque des deux côtés, car il lui dit : si c'est un bekhor — il est tout entier à moi ; si ce n'est pas un bekhor — donne-moi les dons [prélevés] sur lui.

📜 Rachi (2)
מַאי טַעְמָא דר"מ דְּקָתָנֵי סְתָמָא דְּמַתְנִי' חַיָּיב בְּמַתָּנוֹת:
Quelle est la raison de Rabbi Meir — [Rabbi Meir] étant l'auteur anonyme (stam) de la michna qui enseigne 'il est obligé aux dons'.
אִי בְּכוֹר הוּא כֻּולֵּיהּ דִּידִי וְהַאי דְּשָׁקִיל אֲנָא הָוֵי חֻולִּין וּמַהְדַּרְנָא לָךְ נִיהֲלָךְ וְשָׁקֵילְנָא מַתָּנוֹת מִינֵּיהּ:
Si c'est un bekhor, il est tout entier à moi — et ce que je prends [alors], c'est du profane ('houlin), et je te le rends ; et je prélève les dons sur lui.
💡 Explication

Le second agneau (celui qui reste au propriétaire) doit paître jusqu'à devenir défectueux (moum), puis peut être consommé. R. Meir l'oblige aux matnot kehouna (dons : épaule, mâchoire, caillette) ; R. Yossi l'exempte. Raison de R. Meir (R. Yo'hanan) : le kohen attaque des deux côtés — 'si c'est le bekhor, il m'appartient entièrement ; sinon, donne-moi au moins les dons.' Dans les deux cas il obtient quelque chose.

11
וְרַבִּי יוֹסֵי מַאי טַעְמָא? אָמַר רָבָא: עָשׂוּ שֶׁאֵינוֹ זוֹכֶה כְּזוֹכֶה, וְאַף עַל גַּב דְּלָא מְטָא לִידֵיהּ כְּמַאן דִּמְטָא לִידֵיהּ, וְזַבְּנֵיהּ לְיִשְׂרָאֵל בְּמוּמֵיהּ.

Et Rabbi Yossi, quelle est [sa] raison ? Rava a dit : on a traité le non-acquéreur (eino zokhé) comme un acquéreur (zokhé) ; et bien qu'il ne soit pas parvenu aux mains du [kohen], [on le considère] comme s'il était parvenu aux mains du [kohen], et [comme si le kohen] l'avait vendu à l'Israélite avec son défaut (be-moumô).

📜 Rachi (2)
וְזַבֵּין לֵיהּ לְיִשְׂרָאֵל בְּמוּמֵיהּ וַהֲדַר שַׁקְלֵיהּ לְאִידָךְ חִילּוּפֵיהּ וּבְכוֹר שֶׁמְּכָרוֹ כֹּהֵן לְיִשְׂרָאֵל פָּטוּר מִן הַמַּתָּנוֹת דְּאִיתַּקַּשׁ לִצְבִי וְאַיִל בְּפִרְקָא קַמָּא (לְעֵיל בְּכוֹרוֹת דַּף יב.):
Et [le kohen] l'a vendu à l'Israélite avec son défaut — puis [le kohen] a repris l'autre en échange ; or un bekhor que le kohen a vendu à un Israélite est exempt des dons, car il a été assimilé au cerf et au bouc (au premier chapitre, plus haut, Bekhorot 12a).
עָשׂוּ שֶׁאֵינוֹ זוֹכֶה כְּזוֹכֶה אע"פ שֶׁלֹּא זָכָה כֹּהֵן בְּהַאיְךְ דְּהָא לָא מְטָא לִידֵיהּ מֵעוֹלָם עֲשָׂאוּהוּ כְּאִילּוּ זָכָה בּוֹ הוֹאִיל וּמֵעִיקָּרָא הֲוָה שַׁיְיכָא בֵּיהּ יַד כֹּהֵן דְּשֶׁמָּא דִּידֵיהּ נִינְהוּ שַׁוְּיוּהָ רַבָּנָן כְּמַאן דִּמְטָא לִידֵיהּ לְשׁוּם בְּכוֹרָה:
On a traité le non-acquéreur comme un acquéreur — bien que le kohen n'ait pas acquis cet [agneau], puisqu'il n'est jamais parvenu entre ses mains, on l'a traité comme s'il l'avait acquis : puisque, au départ, la main du kohen avait prise sur lui (car il était peut-être à lui), les Sages l'ont traité comme s'il était parvenu entre ses mains au titre de la primogéniture (bekhora).
🗂️ Tossefot (1)
עָשׂוּ אֶת שֶׁאֵינוֹ זוֹכֶה כְּזוֹכֶה הָא דְּאָמַר בְּסוֹף כָּל הַגֵּט (גִּיטִּין דַּף ל.) גַּבֵּי מַלְוֶה מָעוֹת אֶת הַכֹּהֵן וְאֶת הַלֵּוִי לִהְיוֹת מַפְרִישׁ עֲלֵיהֶם מֵחֶלְקָם הָא מַנִּי ר"י דְּאָמַר עָשׂוּ אֶת שֶׁאֵינוֹ זוֹכֶה כְּזוֹכֶה אַרַבִּי יוֹסֵי דְּהָכָא קָאֵי דְּכֻולָּהּ חַד טַעְמָא הוּא דְּהָתָם נָמֵי חֲלִיפָיו בְּיַד כֹּהֵן שֶׁהֲרֵי נָתַן לוֹ הַמָּעוֹת וְלָא קָאֵי אַדְּרַבִּי יוֹסֵי בְּפֶ' שְׁנַיִם אוֹחֲזִין (בּ"מ דַּף יב.) גַּבֵּי הַשּׂוֹכֵר אֶת הַפּוֹעֵל יְלַקֵּט בְּנוֹ אַחֲרָיו דִּמְפָרֵשׁ הָתָם טַעְמָא דְּר' יוֹסֵי מִשּׁוּם דְּעָשׂוּ שֶׁאֵינוֹ זוֹכֶה כְּזוֹכֶה דְּהָתָם טַעְמָא אַחַרְיַנָא מִשּׁוּם תַּקָּנַת עֲנִיִּים כִּדְמֵפֵר' הָתָם עֲנִיִּים גּוּפַיְיהוּ נִיחָא לְהוּ וְכוּ' וְהַשְׁתָּא לְמַאי דְּפָרִיךְ לֹא קָשֶׁה מִידִי בְּהָא דִּפְסִיק שְׁמוּאֵל כְּר' יוֹסֵי בְּהַהִיא דִּשְׁנַיִם אוֹחֲזִין וּבְגִיטִּין לָא בָּעֵי לְאוֹקְמֵי מַתְנֵי' דְּהָתָם כְּר' יוֹסֵי אֶלָּא אָמְרִי' לָא מוֹקְמִינַן לָהּ כִּיחִידָאָה שֶׁמָּא דְּלָא סָבַר לָהּ כְּר' יוֹסֵי בְּגִיטִּין:
'On a traité le non-acquéreur comme un acquéreur' — ce qui est dit à la fin de 'Kol ha-guet' (Guittin 30a), à propos de celui qui prête de l'argent au kohen et au lévi pour prélever sur eux leur part [de teroumah/maaser] — 'de qui [est cette michna] ? de Rabbi Yossi, qui dit : on a traité le non-acquéreur comme un acquéreur' — se rapporte au Rabbi Yossi d'ici, car c'est une seule et même raison : là aussi, sa contrepartie est aux mains du kohen, puisqu'il lui a donné l'argent. Cela ne se rapporte pas au Rabbi Yossi du chapitre 'Chenayim o'hazin' (Bava Metsia 12a), à propos de 'celui qui loue l'ouvrier, [que] son fils glane derrière lui', où l'on explique la raison de Rabbi Yossi comme étant à cause d'une institution en faveur des pauvres (takanat aniyim), comme on l'explique là : 'les pauvres eux-mêmes y trouvent leur avantage', etc. — là, la raison est autre. Et désormais, selon l'objection [du Talmud], il n'y a aucune difficulté dans le fait que Chmouel tranche comme Rabbi Yossi dans ce [cas] de 'Chenayim o'hazin', tandis que dans Guittin on ne veut pas établir la michna de là-bas comme [suivant] Rabbi Yossi ; plutôt, nous disons : nous n'établissons pas [la michna] comme [suivant] un [avis] individuel, [au cas] où [le tanna] ne tiendrait pas comme Rabbi Yossi dans Guittin.
💡 Explication

Raison de R. Yossi (Rava) : on institué une fiction juridique — 'on traite le non-acquéreur (le kohen, qui n'a pas reçu ce second agneau) comme un acquéreur'. C'est comme si l'agneau était parvenu au kohen, puis que celui-ci l'avait revendu à l'Israélite avec son défaut (be-moumô). Or un bekhor vendu par le kohen à un Israélite est exempt des dons (assimilé au cerf et au bouc, cf. 12a) — d'où l'exemption chez R. Yossi.

12
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: הַכֹּל מוֹדִים בִּסְפֵק בְּכוֹר, שֶׁאֵין חֲלִיפִין בְּיַד כֹּהֵן, שֶׁחַיָּיב בַּמַּתָּנוֹת.

Rabbi Elazar a dit : tous concèdent (hakol modim), à propos du bekhor douteux (safek bekhor) pour lequel il n'y a pas de contrepartie (halifin) aux mains du kohen, qu'il est obligé aux dons (matnot).

📜 Rachi (2)
בִּסְפֵק בְּכוֹר שֶׁאֵין חֲלִיפִין בְּיַד כֹּהֵן שֶׁלֹּא נָטַל כְּלוּם תַּחְתָּיו כְּגוֹן דְּקָתָנֵי מַתְנֵי' זָכָר וּנְקֵבָה אֵין כָּאן לַכֹּהֵן כְּלוּם וְהַאי זָכָר סְפֵק בְּכוֹר הוּא שֶׁמָּא יָצְאָה נְקֵבָה תְּחִלָּה וְיִרְעֶה וְיֹאכַל בְּמוּמוֹ לַבְּעָלִים:
Un bekhor douteux pour lequel il n'y a pas de contrepartie aux mains du kohen — [le kohen] n'a rien reçu à sa place, comme dans le cas où la michna enseigne 'mâle et femelle : le kohen n'a rien ici' ; ce mâle est un bekhor douteux (peut-être la femelle est-elle sortie la première), et il paîtra et sera consommé, avec son défaut, par le propriétaire.
שֶׁחַייָּב בְּמַתָּנוֹת דְּהָכָא לֵיכָּא לְמֵימַר עֲשָׂאוּהוּ כְּמִי שֶׁמְּכָרוֹ כֹּהֵן לְיִשְׂרָאֵל דְּהָא לֹא בָּא בַּחֲלִיפִין לְיַד כֹּהֵן כְּלוּם:
Qu'il est obligé aux dons — car ici on ne peut pas dire 'on l'a traité comme si le kohen l'avait vendu à l'Israélite', puisque rien n'est parvenu, en contrepartie, aux mains du kohen.
💡 Explication

R. Elazar précise : dans le cas d'un bekhor douteux pour lequel aucune contrepartie (halifin) n'est parvenue aux mains du kohen — par ex. quand naissent un mâle et une femelle et que le kohen ne reçoit rien — tous conviennent (même R. Yossi) que le propriétaire est obligé aux matnot kehouna.

13
הַכֹּל מוֹדִים מַאן? רַבִּי יוֹסֵי? פְּשִׁיטָא! עַד כָּאן לָא קָא פָּטַר רַבִּי יוֹסֵי הָתָם, אֶלָּא דַּחֲלִיפִין בְּיַד כֹּהֵן, דְּעָשׂוּ שֶׁאֵינוֹ זוֹכֶה כְּזוֹכֶה, אֲבָל אֵין חֲלִיפִין בְּיַד כֹּהֵן — לֹא!

'Tous concèdent' — [contre] qui ? [Contre] Rabbi Yossi ?

C'est évident ! Jusqu'ici Rabbi Yossi n'exempte-t-il là-bas que [dans le cas] où il y a une contrepartie aux mains du kohen — car on a traité le non-acquéreur comme un acquéreur ; mais [quand] il n'y a pas de contrepartie aux mains du kohen — non !

💡 Explication

Objection : ce 'tous concèdent' vise-t-il R. Yossi ? Mais c'est évident ! R. Yossi n'exempte que lorsqu'une contrepartie est parvenue au kohen (grâce à la fiction 'non-acquéreur = acquéreur'). Sans contrepartie, sa raison ne s'applique plus — il oblige donc, forcément. À quoi bon l'enseignement de R. Elazar ?

14
מַהוּ דְתֵימָא: טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי, דְּקָסָבַר דְּאִי מְחַיְּיבַתְּ לֵיהּ בְּמַתָּנוֹת — אָתֵי לֵיהּ לִידֵי גִּיזָּה וַעֲבוֹדָה, אַף עַל גַּב דְּאֵין חֲלִיפִין בְּיַד כֹּהֵן, קָא מַשְׁמָע לַן.

[Réponse :] c'est pour que tu ne dises pas : la raison de Rabbi Yossi, c'est qu'il tient que si tu l'obliges aux dons, il en viendra à [pratiquer] la tonte (guiza) et le travail (avoda) [sur lui] — et cela [vaudrait] même s'il n'y a pas de contrepartie aux mains du kohen. [Rabbi Elazar] nous fait donc savoir [qu'il n'en est rien].

📜 Rachi (1)
אִי מְחַיְּיבַת לֵיהּ לְסָפֵק בְּכוֹר בְּמַתָּנוֹת אָתֵי לְמֵימַר חֻולִּין גָּמוּר הוּא וְאָתֵי לְמִישְׁרֵי בְּגִיזָּה וַעֲבוֹדָה:
Si tu l'obliges — le bekhor douteux, aux dons, il en viendra à dire : c'est du profane complet, et il en viendra à permettre la tonte et le travail.
💡 Explication

Réponse : l'enseignement de R. Elazar prévient une erreur. On aurait pu croire que R. Yossi exempte parce que l'obligation aux dons ferait croire au propriétaire que l'animal est pleinement profane, l'amenant à le tondre (guiza) et à le faire travailler (avoda) — ce qui est interdit sur un bekhor douteux. Ce motif vaudrait même sans contrepartie. R. Elazar écarte cette lecture : la vraie raison de R. Yossi est bien la fiction des halifin, donc sans contrepartie il oblige.

15
וּמִי מָצֵית אָמְרַתְּ הָכִי? וְהַתָּנֵי סֵיפָא, שֶׁהָיָה רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר:

Et peux-tu vraiment dire cela ? Mais la fin [de la michna] (sefa) n'enseigne-t-elle pas [ce] que disait Rabbi Yossi : [suite sur 18b].

📜 Rachi (1)
וּמִי מָצֵית אָמְרַת דְּטַעֲמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי מִשּׁוּם גִּיזָּה וַעֲבוֹדָה הוּא:
Et peux-tu vraiment dire cela — que la raison de Rabbi Yossi soit à cause de la tonte et du travail.
💡 Explication

Objection finale (qui se poursuit sur 18b) : peut-on vraiment attribuer à R. Yossi le motif 'tonte et travail' ? La sefa de la michna rapporte les propres paroles de R. Yossi qui semblent contredire cette hypothèse — la Guemara va le montrer au verso.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).