Bekhorot 18b — le bekhor douteux, les dons sacerdotaux, et le partage quand une bête meurt

Bekhorot 18b

Sougya : La sougya prolonge la michna sur les jumeaux de brebis dont le statut d'aîné (bekhor) est incertain. Elle précise le litige R.

Meir / R. Yossei : quand le remplaçant du doute est déjà entre les mains du cohen, R.

Yossei exempte des dons sacerdotaux (matnot : épaule, mâchoire, caillette) car on a rendu le non-ayant-droit comme un ayant-droit, tandis que R. Meir oblige parce que le cohen attaque des deux côtés ; Rav Papa précise que pour le maaser douteux tous exemptent.

La Guemara traite ensuite du cas où l'une des deux bêtes meurt : R. Tarfon dit qu'on partage (yahalokou), R.

Akiva que la preuve incombe au réclamant (ha-motzi me-havero alav ha-raaya) ; R. Hiyya illustre par deux paraboles (deux déposants chez un berger vs un déposant chez le propriétaire), et Rava conclut que le vrai litige porte sur la cour du propriétaire où paît un cohen.

Le Roch tranche : la loi suit R. Meir pour les dons et R.

Akiva pour le partage.

Cas de doute : celui dont le remplaçant est déjà chez le cohen paie-t-il les matnot ? R. Yossei : EXEMPTE R. Meir : OBLIGE Le remplaçant (l'une des bêtes du doute)est déjà chez le cohen : on a rendu"le non-ayant-droit" comme un ayant-droit Le cohen l'attaque des deux côtés :si aîné -> tout à moi ; sinon ->donne-moi les matnot (dons) Rav Papa : dans le doute de MAASER, tous s'accordent qu'il est EXEMPTÉ des matnot (le maaser : le cohen n'y a pas de part, il ne l'attaque pas des deux côtés) Halakha (Roch) : la loi suit R. Meir pour les matnot du bekhor douteux Motif de R. Meir : "attaque des deux côtés" — non "pour que la loi des dons ne s'oublie pas" Motif de R. Yossei : "on a rendu le non-ayant-droit comme un ayant-droit"
Le litige R. Meir / R. Yossei sur les dons sacerdotaux quand le remplaçant est chez le cohen, et la précision de Rav Papa (segments 0-5).
Deux agneaux (1 au cohen, 1 au propriétaire) : l'un meurt — à qui le survivant ? R. Tarfon : yahalokou (on partage) R. Akiva : ha-motzi me-havero Parabole : deux déposants chez UN berger (r_oe) — nul ne détient. Le berger pose la bête entre eux et se retire : on partage R. Ami : R. Tarfon s'est rétracté (partage) Parabole : UN déposant chez le baal ha-bayit (qui a déjà son troupeau) — le survivant est déjà détenu : la preuve incombe au réclamant Le cohen doit prouver, sinon rien Rava / Rav Papa : tous s'accordent sur les deux paraboles. Le litige porte sur : la cour du baal ha-bayit où paît un cohen — la cour acquiert-elle pour le cohen (partage) ou non (preuve au réclamant) ? Halakha (Roch) : la loi suit R. Akiva R. Tarfon : la cour du propriétaire acquiert pour le cohen (mitsva faite avec son bien) — donc partage
Quand une des deux bêtes meurt : R. Tarfon (partage) vs R. Akiva (preuve au réclamant), les paraboles de R. Hiyya et la résolution de Rava (segments 6-11).
Brebis n'ayant jamais mis bas (lo bikru) : quels petits vont au cohen ? 2 brebis -> 2 mâles les deux au cohen (chacun aîné de sa mère) 1 mâle + 1 femelle le mâle au cohen 2 mâles + 1 femelle 1 à lui, 1 au cohen (doute : lequel est l'aîné ?) 2 femelles+1 mâle, ou 2 mâles+2 femelles le cohen n'a RIEN (peut-être une femelle est sortie la 1re) 1 a déjà mis bas, 1 non -> 2 mâles 1 à lui, 1 au cohen (doute) Sur le petit du doute qui reste au propriétaire : R. Tarfon : le cohen choisit le meilleur | R. Akiva : on évalue (le cohen prend le maigre) Le second broute jusqu'à devenir taré (moum), puis le propriétaire le mange
La michna : répartition des petits entre cohen et propriétaire selon les naissances (segments 12-18).
1
כֹּל שֶׁחֲלִיפָיו בְּיַד כֹּהֵן פָּטוּר מִן הַמַּתָּנוֹת, וְרַבִּי מֵאִיר מְחַייֵּב. חֲלִיפִין בְּיַד כֹּהֵן — אִין, אֵין חֲלִיפִין בְּיַד כֹּהֵן — לֹא!

Tout [animal] dont les remplaçants (halifin) sont déjà dans la main du cohen — [son propriétaire] est exempt des dons sacerdotaux (matnot) ; et Rabbi Meir [l']oblige. [On déduit :] si les remplaçants sont dans la main du cohen — oui [il est exempt] ; si les remplaçants ne sont pas dans la main du cohen — non [il n'est pas exempt] !

💡 Explication

Reprise de la michna : quand une des bêtes du doute (le remplaçant, halifin) est déjà passée au cohen, R. Yossei exempte le propriétaire des matnot (les dons sacerdotaux : épaule, mâchoire, caillette), R. Meir l'oblige. La Guemara infère a contrario : c'est seulement quand le remplaçant est déjà chez le cohen que R. Yossei exempte.

2
מַהוּ דְתֵימָא: רַבִּי יוֹסֵי לִדְבָרָיו דְּרַבִּי מֵאִיר קָאָמַר לֵיהּ — לְדִידִי, אֲפִילּוּ אֵין חֲלִיפִין בְּיַד כֹּהֵן, דְּאִי מְחַיְּיבַתְּ לֵיהּ בְּמַתָּנוֹת אָתֵי לֵיהּ לִידֵי גִּיזָּה וַעֲבוֹדָה; לְדִידָךְ, אוֹדִי לִי מִיהָא הֵיכָא דַּחֲלִיפִין בְּיַד כֹּהֵן, דְּעָשׂוּ שֶׁאֵינוֹ זוֹכֶה כְּזוֹכֶה; וְאָמַר לֵיהּ רַבִּי מֵאִיר: לֹא.

[La déduction est nécessaire] pour que tu ne dises pas : Rabbi Yossei lui parlait selon les paroles de Rabbi Meir [par argument ad hominem, sans y adhérer], [disant :] pour moi, [le propriétaire est exempt] même si les remplaçants ne sont pas dans la main du cohen — car si tu l'obliges aux dons, il en viendra à [le traiter en profane et à en tirer] tonte et travail ; mais pour toi, concède-moi au moins le cas où les remplaçants sont dans la main du cohen, [où] l'on a rendu celui qui n'a pas d'ayant-droit comme un ayant-droit (asou she-eino zokhé ke-zokhé) ; et Rabbi Meir lui dit : non.

💡 Explication

On aurait pu croire que R. Yossei argumentait seulement ad hominem (le-divrav de-R. Meir) : même selon ta logique, R. Meir, concède au moins le cas où le remplaçant est chez le cohen, car alors on a rendu le non-ayant-droit comme un ayant-droit (asou she-eino zokhé ke-zokhé). R. Meir refuse (lo). D'où l'on tire que R. Yossei tient réellement cette position.

3
וְאָמַר רַב פָּפָּא: הַכֹּל מוֹדִים בִּסְפֵק מַעֲשֵׂר שֶׁפָּטוּר מִן הַמַּתָּנוֹת. ״הַכֹּל מוֹדִים״ — מַאן? רַבִּי מֵאִיר? פְּשִׁיטָא! עַד כָּאן לָא קָמְחַייֵּב רַבִּי מֵאִיר הָתָם אֶלָּא בִּסְפֵק בְּכוֹר, הוֹאִיל וּבָא עָלָיו כֹּהֵן מִשְּׁנֵי צְדָדִין, אֲבָל סְפֵק מַעֲשֵׂר — לֹא.

Et Rav Papa dit : tous s'accordent, dans le cas du maaser douteux (safek maaser), qu'il est exempt des dons. [Question :] 'tous s'accordent' — qui [inclut-on] ?

Rabbi Meir ? [Mais c'est] évident !

Rabbi Meir n'a obligé là-bas que dans le cas du bekhor douteux (safek bekhor), puisque le cohen l'attaque des deux côtés (mi-chnéi tzdadim) ; mais pour le maaser douteux — non.

📜 Rachi (1)
בִּסְפֵק מַעֲשֵׂר כְּגוֹן שֶׁקָּפַץ אֶחָד מִן הַמְעֻושָּׂרִין לְתוֹכָם דְּאָמְרִינַן בפ"ב (לְקַמָּן בְּכוֹרוֹת דַּף נח:) כֻּולָּם יִרְעוּ עַד שֶׁיִּסְתָּאֲבוּ וְיֵאָכְלוּ בְּמוּמָן לַבְּעָלִים. סָפֵק מַעֲשֵׂר אֵין כֹּהֵן בָּא עָלָיו מִשְּׁנֵי צְדָדִין דְּאִם מַעֲשֵׂר הוּא אֵין לַכֹּהֵן חֵלֶק בּוֹ דְּמַעֲשֵׂר קָרֵב שְׁלָמִים וְנֶאֱכָל לַבְּעָלִים:
Dans le cas du maaser douteux — par exemple lorsqu'une bête déjà soumise au maaser a sauté au milieu [d'un troupeau non dîme], au sujet de quoi nous disons au chapitre 2 (plus loin, Bekhorot 58b) : toutes brouteront jusqu'à devenir tarées (moum) et seront consommées, une fois tarées, par les propriétaires. Le maaser douteux — le cohen ne l'attaque pas des deux côtés, car si c'est du maaser, le cohen n'y a aucune part, puisque le maaser est offert comme chelamim et consommé par les propriétaires.
💡 Explication

Rav Papa : pour le maaser douteux (une bête dont on ne sait si c'est la dîme du bétail), tous exemptent des dons. Objection : cela vise-t-il R. Meir ? C'est évident ! R. Meir n'oblige que pour le bekhor douteux, car là le cohen attaque des deux côtés (si c'est un aîné, tout lui revient ; sinon, il réclame les dons). Pour le maaser, ce raisonnement ne joue pas.

4
מַהוּ דְתֵימָא: טַעְמָא דְּרַבִּי מֵאִיר דְּלֹא תִּשְׁתַּכַּח תּוֹרַת מַתָּנוֹת, אֲפִילּוּ סְפֵק מַעֲשֵׂר נָמֵי? קָא מַשְׁמָע לַן.

[La précision de Rav Papa est nécessaire] pour que tu ne dises pas : le motif de Rabbi Meir [qui l'oblige, c'est] pour que la loi des dons ne soit pas oubliée (de-lo tichtakah torat matnot) — [et] alors, même pour le maaser douteux [il obligerait] aussi ? [Rav Papa] nous enseigne [qu'il n'en est rien].

💡 Explication

Pourquoi Rav Papa doit-il le dire ? Pour écarter l'idée que le motif de R. Meir serait de peur que la loi des dons ne s'oublie (de-lo tichtakah torat matnot) — auquel cas il obligerait aussi pour le maaser douteux. Rav Papa enseigne que non : son motif est bien l'attaque des deux côtés, propre au bekhor.

5
וּמִי מָצֵית אָמְרַתְּ הָכִי? וְהָקָתָנֵי סֵיפָא, שֶׁהָיָה רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כֹּל שֶׁחֲלִיפָיו בְּיַד כֹּהֵן — פָּטוּר מִן הַמַּתָּנוֹת, וְרַבִּי מֵאִיר מְחַיֵּיב!

Mais peux-tu dire ainsi [que le motif de R. Meir serait 'pour que la loi ne s'oublie pas'] ?

Or la clause finale [de la michna] enseigne que Rabbi Yossei disait : tout [animal] dont les remplaçants sont dans la main du cohen — est exempt des dons, et Rabbi Meir [l']oblige !

📜 Rachi (2)
וּמִי מָצֵית אָמְרַתְּ הָכִי דְּטַעֲמָא דְּרַבִּי מֵאִיר מִשּׁוּם שֶׁלֹּא תִּשְׁתַּכַּח תּוֹרַת מַתָּנוֹת:
Mais peux-tu dire ainsi — que le motif de Rabbi Meir serait 'pour que la loi des dons ne soit pas oubliée' ?
כָּל שֶׁחֲלִיפָיו כו' אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא טַעְמָא דְּרַבִּי מֵאִיר גַּבֵּי בְּכוֹר מִשּׁוּם דְּבָא עָלָיו מְשַׁנֵּי צְדָדִין הַיְינוּ דְּקָנָסֵיב ר' יוֹסֵי הַשַּׁ"ס דְּהוֹאִיל וַחֲלִיפָיו בְּיַד כֹּהֵן פָּטוּר דְּאֵינוֹ יָכוֹל לוֹמַר אִי בְּכוֹר הוּא כֻּולּוֹ דִּידִי הוּא דְּהָוֵי כְּמַאן דְּזַבְּנֵיהּ לְיִשְׂרָאֵל אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ טַעְמָא דְּר' מֵאִיר מִשּׁוּם שֶׁלֹּא תִּשְׁתַּכַּח תּוֹרַת מַתָּנוֹת אַמַּאי נְקַט רַבִּי יוֹסֵי טַעְמָא מִשּׁוּם דַּחֲלִיפָיו בְּיַד כֹּהֵן הָא לְר' מֵאִיר נָמֵי מה"ט לִפְטֹר אֶלָּא וַדַּאי טַעְמָא לָאו מִשּׁוּם שֶׁלֹּא תִּשְׁתַּכַּח תּוֹרַת מַתָּנוֹת הוּא:
Tout [animal] dont les remplaçants, etc. — admettons que le motif de Rabbi Meir à propos du bekhor soit 'parce que [le cohen] l'attaque des deux côtés' : c'est pourquoi Rabbi Yossei formule ainsi [selon la Guemara] que, puisque ses remplaçants sont dans la main du cohen, [le propriétaire] est exempt — car [le cohen] ne peut pas dire 'si c'est un aîné, tout est à moi', vu que c'est comme s'il l'avait vendu à l'Israélite. Mais si tu dis que le motif de Rabbi Meir est 'pour que la loi des dons ne soit pas oubliée', pourquoi Rabbi Yossei prend-il pour motif 'parce que ses remplaçants sont dans la main du cohen' ? Selon Rabbi Meir aussi, [le propriétaire] devrait pour ce motif être exempt ! Donc, assurément, le motif n'est pas 'pour que la loi des dons ne soit pas oubliée'.
💡 Explication

Réfutation : si le motif de R. Meir était 'pour que la loi ne s'oublie pas', pourquoi la michna présente-t-elle leur litige à propos des remplaçants déjà chez le cohen ? R. Yossei ancre son exemption sur ce fait précis — ce qui montre que l'enjeu est bien 'à-t-on rendu le non-ayant-droit comme un ayant-droit', et non l'oubli de la loi.

6
מַהוּ דְתֵימָא: רַבִּי מֵאִיר אֲפִילּוּ סְפֵק מַעֲשֵׂר מְחַיַּיב, וְהָא דְּמִיפַּלְגִי בַּחֲלִיפִין — לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחוֹ דְּרַבִּי יוֹסֵי, דְּפָטַר אֲפִילּוּ הֵיכָא דְּכֹהֵן בָּא עָלָיו מִשְּׁנֵי צְדָדִין, קָא מַשְׁמָע לַן.

[Réponse :] pour que tu ne dises pas : Rabbi Meir oblige même pour le maaser douteux, et s'ils divergent [dans la michna] à propos des remplaçants, c'est pour te faire connaître la force de Rabbi Yossei (kohho de-R. Yossei), qui exempte même là où le cohen l'attaque des deux côtés ; [Rav Papa] nous enseigne [le contraire].

💡 Explication

Rav Papa devance une lecture inverse : on aurait pu dire que R. Meir oblige même pour le maaser douteux (motif : ne pas oublier la loi), et que la michna choisit le cas des remplaçants seulement pour souligner la force de la position de R. Yossei (kohho de-R. Yossei) qui exempte même dans le cas fort. Rav Papa écarte cette lecture : R. Meir exempte bien pour le maaser douteux.

7
מֵת אֶחָד מֵהֶן, רַבִּי טִרְפוֹן אוֹמֵר: יַחֲלֹוקוּ. אַמַּאי יַחֲלֹוקוּ? נֶיחֱזֵי: אִי שָׁמֵן מִית — דְּכֹהֵן הוּא, וְהַאי דְּאִיכָּא דְּבַעַל הַבַּיִת; וְאִי כָּחוּשׁ מִית — דְּבַעַל הַבַּיִת מִית, וְהַאי דְּאִיכָּא דְּכֹהֵן הוּא! אָמַר רַבִּי אַמִּי: חָזַר בּוֹ רַבִּי טַרְפוֹן.

[Michna :] si l'un d'eux est mort, Rabbi Tarfon dit : ils partagent (yahalokou). [Guemara :] pourquoi partageraient-ils ?

Regardons : si c'est le gras qui est mort — [c'est celui] du cohen, et celui qui reste est celui du propriétaire ; et si c'est le maigre qui est mort — c'est celui du propriétaire qui est mort, et celui qui reste est celui du cohen ! Rabbi Ami dit : Rabbi Tarfon s'est rétracté.

📜 Rachi (2)
אִי שָׁמֵן מִית דְּכֹהֵן הוּא הַאי דְּמִית דְּהָא רַבִּי טִרְפוֹן אָמַר כֹּהֵן בּוֹרֵר לוֹ אֶת הַיָּפֶה:
Si c'est le gras qui est mort — c'est [celui] du cohen — celui qui est mort, car Rabbi Tarfon a dit : le cohen se choisit le beau.
חָזַר בּוֹ רַבִּי טַרְפוֹן מִקַּמָּייְתָא דְּאָמַר כֹּהֵן בּוֹרֵר לוֹ אֶת הַיָּפֶה וְסָבַר דְּלִשְׁנֵיהֶם יֵשׁ חֵלֶק בִּשְׁנֵיהֶם:
Rabbi Tarfon s'est rétracté — de sa première [position], où il disait que le cohen se choisit le beau ; et il tient [désormais] que tous deux ont une part dans les deux.
💡 Explication

Quand une des deux bêtes meurt, R. Tarfon dit yahalokou (on partage). Objection : d'après R. Tarfon, le meilleur (gras) sort le premier et revient au cohen ; donc si le gras meurt, c'était celui du cohen, et le survivant est au propriétaire ; si le maigre meurt, c'était celui du propriétaire, et le survivant est au cohen. R. Ami répond : R. Tarfon s'est rétracté de sa position antérieure (le cohen choisit le meilleur) et tient désormais que chacun a une part dans les deux.

8
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה. אָמַר רַבִּי חַייָּא: מָשָׁל דְּרַבִּי טַרְפוֹן לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לִשְׁנַיִם שֶׁהִפְקִידוּ אֵצֶל רוֹעֶה, שֶׁמַּנִּיחַ רוֹעֶה בֵּינֵיהֶם וּמִסְתַּלֵּק.

Rabbi Akiva dit : celui qui veut extraire [un bien] de son prochain, à lui incombe la preuve (ha-motzi me-havero alav ha-raaya). Rabbi Hiyya dit : la parabole (machal) de Rabbi Tarfon, à quoi la chose ressemble-t-elle ?

À deux [personnes] qui ont déposé [chacune une bête] chez un berger (roe), où le berger pose [la bête] entre eux et se retire.

📜 Rachi (2)
לִשְׁנַיִם שֶׁהִפְקִידוּ אֵצֶל רוֹעֶה שְׁתֵּי בְּהֵמוֹת וּמֵתָה הָאַחַת וְאֵין יָדוּעַ שֶׁל מִי מֵתָה:
À deux [personnes] qui ont déposé chez un berger — deux bêtes, et l'une est morte, sans qu'on sache de qui elle était.
שֶׁמַּנִּיחַ רוֹעֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם לְחַלְּקָהּ וּמִסְתַּלֵּק דְּהָכָא לֵיכָּא לְמֵימַר הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ וּמַתְנִי' נַמֵּי דְּקָאָמַר רַבִּי טִרְפוֹן יַחֲלֹוקוּ כְּגוֹן שֶׁאוֹתוֹ סְפֵק בְּכוֹר הַחַי נִמְסַר לְרוֹעֶה וְאָתֵי בַּעַל הַבַּיִת וְכֹהֵן גַּבֵּי רוֹעֶה דְּלֵיכָּא מוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ דְּהָא לָא קָאֵי בִּרְשׁוּתָא דְּחַד מִינַּייְהוּ:
Où le berger pose [la bête] — entre eux deux pour la partager, et se retire ; car ici on ne peut pas dire 'celui qui veut extraire de son prochain [doit prouver]'. Et notre michna aussi, où Rabbi Tarfon dit 'ils partagent', vise par exemple le cas où ce bekhor douteux vivant a été confié à un berger, et [où] le propriétaire et le cohen viennent [le réclamer] auprès du berger, [cas] où il n'y a pas de 'celui qui extrait de son prochain', puisque [la bête] ne se trouve dans le domaine d'aucun d'eux.
💡 Explication

R. Akiva : ha-motzi me-havero alav ha-raaya — la preuve incombe à celui qui veut extraire un bien de la main d'autrui. R. Hiyya illustre R. Tarfon : c'est comme deux déposants chez un berger (roe) ; l'un des deux animaux meurt, on ignore lequel — le berger, qui ne détient pour personne en propre, pose la bête survivante entre eux et se retire (ils partagent).

9
וּמִשֶּׁל דְּרַבִּי עֲקִיבָא: לְמָה הַדָּבָר דוֹמֶה? לְאֶחָד שֶׁהִפְקִיד אֵצֶל בַּעַל הַבַּיִת, שֶׁהַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה.

Et la parabole de Rabbi Akiva, à quoi la chose ressemble-t-elle ? À un [seul] qui a déposé chez un propriétaire (baal ha-bayit), [cas] où celui qui veut extraire de son prochain, à lui incombe la preuve.

📜 Rachi (1)
וּמִשֶּׁל דְּרַבִּי עֲקִיבָא לְאֶחָד שֶׁהִפְקִיד אֵצֶל בַּעַל הַבַּיִת וְהִנִּיחָהּ בְּעֶדְרוֹ וּמֵתָה בְּהֵמָה אַחַת בְּעֶדְרוֹ וְאוֹמֵר שֶׁלְּךָ מֵתָה וְהַלָּה אוֹמֵר אַחַת מֵאוֹתָן שֶׁלְּךָ מֵתָה הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה וּמַתְנִי' נָמֵי דְּמָרַע לֵיהּ ר' עֲקִיבָא לְכֹחוֹ שֶׁל כֹּהֵן כְּשֶׁיֶּשְׁנָן בִּרְשׁוּת בַּעַל הַבַּיִת דְּהָוֵי כֹּהֵן מוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ:
Et la parabole de Rabbi Akiva : à un [seul] qui a déposé chez un propriétaire — et il [le propriétaire] l'a mise dans son troupeau ; une bête est morte dans son troupeau, et [le propriétaire] dit 'la tienne est morte', tandis que l'autre dit 'c'est une des tiennes qui est morte' — celui qui veut extraire de son prochain, à lui la preuve. Et notre michna aussi : Rabbi Akiva affaiblit la force du cohen lorsqu'elles [les bêtes] sont dans le domaine du propriétaire, car [alors] le cohen est celui qui veut extraire de son prochain.
💡 Explication

R. Hiyya illustre R. Akiva : c'est comme un seul déposant chez un propriétaire (baal ha-bayit) qui possède déjà son propre troupeau. Une bête meurt ; le survivant se trouve déjà dans le domaine du propriétaire, donc le déposant (ici : le cohen) doit prouver que la bête vivante est la sienne — sinon, la preuve incombe au réclamant.

10
אֶלָּא בְּמַאי פְּלִיגִי? רַבִּי עֲקִיבָא פְּלִיג בִּשְׁנַיִם שֶׁהִפְקִידוּ אֵצֶל רוֹעֶה, שֶׁמַּנִּיחַ רוֹעֶה וּמִסְתַּלֵּק? וְרַבִּי טַרְפוֹן פְּלִיג בְּאֶחָד שֶׁהִפְקִיד אֵצֶל בַּעַל הַבַּיִת? אָמַר רָבָא, וְאִיתֵּימָא רַב פָּפָּא: הַכֹּל מוֹדִים בִּשְׁנַיִם שֶׁהִפְקִידוּ אֵצֶל רוֹעֶה — שֶׁמַּנִּיחַ רוֹעֶה בֵּינֵיהֶם וּמִסְתַּלֵּק, וּבְאֶחָד שֶׁהִפְקִיד אֵצֶל בַּעַל הַבַּיִת — שֶׁהַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה.

Mais alors sur quoi divergent-ils ? Rabbi Akiva divergerait-il dans le cas de deux [déposants] chez un berger, [pour dire] que le berger pose [la bête] et se retire ?!

Et Rabbi Tarfon divergerait-il dans le cas d'un [déposant] chez un propriétaire ?! Rava dit, et certains disent Rav Papa : tous s'accordent, dans le cas de deux [déposants] chez un berger — que le berger la pose entre eux et se retire, et dans le cas d'un [déposant] chez un propriétaire — que celui qui veut extraire de son prochain, à lui la preuve.

📜 Rachi (2)
אֶלָּא בְּמַאי פְּלִיגִי הוֹאִיל וְלָאו בְּחַד גַּוְנָא קָמִיתָּרְצָא מַתְנֵי':
Mais alors sur quoi divergent-ils — puisque la michna n'est pas résolue selon un cas unique.
ר' עֲקִיבָא פְּלִיג בִּשְׁנַיִם שֶׁהִפְקִידוּ אֵצֶל רוֹעֶה בִּתְמִיהַּ. הָא וַדַּאי לֵיכָּא לְמֵימַר הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה:
Rabbi Akiva divergerait-il dans le cas de deux [déposants] chez un berger — sur un ton d'étonnement. Ici, assurément, on ne peut pas dire 'celui qui veut extraire de son prochain, à lui la preuve'.
🗂️ Tossefot (2)
הַכֹּל מוֹדִים בִּשְׁנַיִם שֶׁהִפְקִידוּ אֵצֶל רוֹעֶה כּוּ' בְּפֶרֶק הַמַּפְקִיד (בּ"מ דַּף לז:) פָּרִיךְ דְּרָבָא אַדְּרָבָא אַהָא דְּאָמַר רָבָא דְּבִשְׁתֵּי כְּרִיכוֹת הֲוָה לֵיהּ לְמֵידַק כו':
Tous s'accordent dans le cas de deux [déposants] chez un berger, etc. — au chapitre 'Ha-mafkid' (Baba Metsia 37b) on objecte 'Rava contre Rava', a propos de ce que dit Rava au sujet de deux ballots [de blé] : il aurait dû y regarder de près, etc.
שֶׁמַּנִּיחַ רוֹעֶה בֵּינֵיהֶם וּמִסְתַּלֵּק אֵין זֶה כִּי הַהוּא דְּגָזַל אֶחָד מֵחֲמִשָּׁה בְּנֵי אָדָם דְּאָמְרִי' מַנִּיחַ גְּזֵילָה בֵּינֵיהֶם וּמִסְתַּלֵּק וּפָרִיךְ בְּפֶ' הַמַּפְקִיד (שָׁם.) וְשָׁקְלִי לֵיהּ כֻּולְּהוּ וְאָזְלִי וְהָאָמַר ר' אַבָּא בַּר זַבְדָּא סְפֵק הִנּוּחַ לְכַתְּחִלָּה לֹא יִטּוֹל וְאִם נָטַל לֹא יַחֲזִיר וּמְפָרֵשׁ דְּמַנִּיחַ דְּקָאָמַר גַּבֵּי גֶּזֶל הַיְינוּ שֶׁיַּנִּיחַ בְּיָדוֹ אוֹ בְּיַד בֵּית דִּין עַד שֶׁיִּתְבָּרֵר שֶׁל מִי הוּא אֲבָל הָכָא לָא חָיְישִׁינַן אִי שָׁקְלִי לָהּ כֻּולְּהוּ וְאָזְלִי דְּמַייְרֵי כְּשֶׁהִפְקִידוּ לוֹ שֶׁלֹּא מִדַּעְתּוֹ וְאֵינוֹ מֻוטָּל עָלָיו לִשְׁמוֹר וְלָא הָוֵי בִּסְפֵק הִינּוּחַ וְאִי מִסְתַּלֵּק דְּהָכָא בָּעֵי לְמֵימַר שֶׁיַּחֲלֹוקוּ בֵּינֵיהֶם הָוֵי מַמָּשׁ כְּמוֹ דְּרַבִּי טִרְפוֹן וְאִם רוֹצֶה לוֹמַר מִסְתַּלֵּק וְכָל דְּאַלִּים גָּבַר צָרִיךְ לוֹמַר דְּהָא דִּמְדַמֵּי לְהָא דָּר' טִרְפוֹן לִשְׁנַיִם שֶׁהִפְקִידוּ אֵצֶל רוֹעֶה הָכִי קָאָמַר דְּכֵיוָן דְּהָתָם כָּל דְּאַלִּים גָּבַר וְלָא אָמְרִינַן בֵּיהּ הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה סְבָרָא הוּא לְתַקֵּן כְּמוֹ כֵן גַּבֵּי כֹּהֵן (שֶׁיַּחֲלֹוקוּ):
Où le berger la pose entre eux et se retire — ce n'est pas comme le cas de 'celui qui a volé l'un de cinq hommes', où l'on dit qu'il pose l'objet volé entre eux et se retire, et sur quoi on objecte au chapitre 'Ha-mafkid' (ibid.) : mais ils l'emporteraient tous ! Et R. Abba bar Zavda a dit : dans un cas de doute, on ne prendra pas d'emblée, et si on a pris on ne rendra pas ; et l'on explique que 'il pose', pour le vol, signifie qu'il la laisse en sa main ou en main du beit din jusqu'à ce que l'on sache de qui elle est. Mais ici, on ne craint pas qu'ils l'emportent tous, car il s'agit d'un cas où l'on a déposé chez lui à son insu, et il n'est pas tenu de garder ; ce n'est donc pas un cas de 'doute de dépôt [volontaire]'. Et si 'il se retire', ici, veut dire qu'ils partagent entre eux, c'est exactement comme [la position de] Rabbi Tarfon. Et si l'on veut dire 'il se retire' au sens de 'le plus fort l'emporte' (kol de-alim gavar), il faut dire que la comparaison de [la position de] Rabbi Tarfon à 'deux déposants chez un berger' signifie ceci : puisque la, 'le plus fort l'emporte' et qu'on n'y dit pas 'celui qui veut extraire de son prochain [doit prouver]', il est logique d'instituer de même, chez le cohen, [qu'ils partagent].
💡 Explication

Si chaque parabole vise un cas différent, sur quoi porte réellement le désaccord ? On ne peut imaginer qu'ils s'opposent sur les paraboles elles-mêmes (elles sont évidentes). Rava (ou Rav Papa) : tous s'accordent sur les deux paraboles — deux déposants chez un berger : on partage ; un déposant chez le propriétaire : la preuve incombe au réclamant. Le vrai litige est ailleurs (segment suivant).

11
לֹא נֶחְלְקוּ אֶלָּא בַּחֲצַר בַּעַל הַבַּיִת, וְרוֹעֶה כֹּהֵן. רַבִּי טִרְפוֹן סָבַר: אַקְנוֹיֵי קָא מַקְנֵי לֵיהּ בַּחֲצֵירוֹ, וְנִיחָא לֵיהּ דְּלִיתְעֲבִיד מִצְוָה בְּמָמוֹנֵיהּ, וְהָוֵה לֵיהּ כִּשְׁנַיִם שֶׁהִפְקִידוּ אֵצֶל רוֹעֶה, שֶׁמַּנִּיחַ רוֹעֶה בֵּינֵיהֶן וּמִסְתַּלֵּק.

Ils ne divergent que dans le cas de la cour du propriétaire où le berger est un cohen. Rabbi Tarfon tient : [le propriétaire] lui transfère [une part] dans sa cour (aknouyei ka-makni leh be-hatzero), et il lui plaît qu'une mitsva soit accomplie avec son bien (de-liteaved mitsva be-mamoneh) ; c'est alors comme deux [déposants] chez un berger, où le berger la pose entre eux et se retire.

📜 Rachi (3)
לֹא נֶחְלְקוּ אֶלָּא כְּגוֹן שֶׁהַבְּכוֹר חַי עוֹמֵד בַּחֲצַר בַּעַל הַבַּיִת וְכֹהֵן רוֹעֶה כָּל בַּהֲמוֹתָיו שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת:
Ils ne divergent que — par exemple lorsque le bekhor vivant se tient dans la cour du propriétaire et qu'un cohen fait paître toutes les bêtes du propriétaire.
אַקְּנוּיֵי אַקְנִי לֵיהּ בַּעַל הַבַּיִת לַכֹּהֵן מָקוֹם בַּחֲצֵירוֹ כְּדֵי שֶׁיִּזְכֶּה כֹּהֵן בִּבְכוֹרוֹת כְּשֶׁיִּוָּולְדוּ מִיָּד דְּתִיקְנֵי לֵיהּ חֲצֵירוֹ:
[Le propriétaire] lui transfère [une part] — le propriétaire [transfère] au cohen un emplacement dans sa cour, afin que le cohen acquière les aînés dès leur naissance, [en sorte] que sa cour [du cohen] les lui acquière.
דְּנִיחָא לֵיהּ לְאִינָשׁ דְּתִתְעֲבִיד מִצְוָה בְּמָמוֹנֵיהּ שֶׁיִּגְדְּלוּ בְּכוֹרוֹתָיו שֶׁל כֹּהֵן בַּחֲצֵירוֹ וַהֲוָה לֵיהּ חָצֵר שֶׁל שְׁנֵיהֶם וְהָוֵי הַאי חָצֵר כִּי רוֹעֶה וּכְאִילּוּ שְׁנַיִם הִפְקִידוּ אֶצְלוֹ הִילְכָּךְ חוֹלְקִין דְּבִרְשׁוּת שְׁנֵיהֶם עוֹמֵד:
Car il plaît à un homme qu'une mitsva soit accomplie avec son bien — [à savoir] que les aînés du cohen grandissent dans sa cour ; la cour est alors [réputée] à tous deux, et cette cour est comme un berger — comme si deux [personnes] avaient déposé chez lui ; c'est pourquoi ils partagent, car [la bête] se tient dans le domaine des deux.
🗂️ Tossefot (1)
אַקְנוֹיֵי קָא מַקְנֵי לֵיהּ מָקוֹם בַּחֲצֵרוֹ וְאַפֵּי' בְּלֹא קִנְיָן קָא קָנֵי דְּגָמַר וּמְשַׁעְבֵּד נַפְשֵׁיהּ אִי נָמֵי כַּמָּה פְּעָמִים הָרוֹעֶה פּוֹתֵחַ וְנוֹעֵל כִּדְאָמַר תֵּיזִיל אִיהִי וְתָחוּד וְתִפְתַּח וּבִרְשׁוּת בַּעַל הַבַּיִת קָא מַחֲזִיק:
[Le propriétaire] lui transfère un emplacement dans sa cour — et il [le] lui acquiert même sans acte formel d'acquisition (kinyan), car [le propriétaire] se résout et s'engage ; ou bien, [c'est valide] parce que le berger ouvre et ferme [la cour] plusieurs fois, comme on dit [ailleurs] 'qu'elle-même aille fermer et ouvrir', et il prend possession dans le domaine du propriétaire.
💡 Explication

Le vrai litige : la cour du propriétaire où paît un cohen (à qui il donne d'ordinaire ses aînés). R. Tarfon tient que le propriétaire transfère au cohen une part de sa cour (aknouyei ka-makni), car il lui plaît qu'une mitsva soit accomplie avec son bien (de-liteaved mitsva be-mamoneh). Le cohen détient donc partiellement la cour : comme deux déposants chez un berger — on partage.

12
וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר: כֵּיוָן דְּאִית לֵיהּ פְּסֵידָא — לָא מַקְנֵי לֵיהּ מִידַּעַם, וְהָוֵה לֵיהּ כְּאֶחָד שֶׁהִפְקִיד אֵצֶל בַּעַל הַבַּיִת, שֶׁהַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה.

Et Rabbi Akiva tient : puisqu'il y a pour [le propriétaire] une perte (psida), il ne lui transfère rien ; c'est alors comme un [déposant] chez un propriétaire, où celui qui veut extraire de son prochain, à lui incombe la preuve.

📜 Rachi (1)
פְּסֵידָא הֵיכָא דְּאִיכָּא סְפֵיקָא מַפְסִיד בַּעַל הַבַּיִת אִי קַיְימָא חָצֵר בִּרְשׁוּת כֹּהֵן:
Une perte — là où il y a un doute, le propriétaire subit une perte si la cour est [réputée] dans le domaine du cohen.
💡 Explication

R. Akiva réfute : dans ce cas de doute, le propriétaire subit une perte (psida) — il ne va donc rien transférer au cohen. La cour reste au seul propriétaire : c'est comme un unique déposant chez le propriétaire — la preuve incombe au réclamant (le cohen). La halakha suit R. Akiva.

13
מַתְנִי׳ שְׁתֵּי רְחֵילָיו שֶׁלֹּא בִּיכְּרוּ וְיָלְדוּ שְׁנֵי זְכָרִים — שְׁנֵיהֶם לַכֹּהֵן. זָכָר וּנְקֵבָה — הַזָּכָר לַכֹּהֵן. שְׁנֵי זְכָרִים וּנְקֵבָה — אֶחָד לוֹ וְאֶחָד לַכֹּהֵן. רַבִּי טִרְפוֹן אוֹמֵר: הַכֹּהֵן בּוֹרֵר לוֹ אֶת הַיָּפֶה. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: מְשַׁמְּנִין בֵּינֵיהֶן, וְהַשֵּׁנִי יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב.

MICHNA. Ses deux brebis qui n'avaient pas encore mis bas (lo bikru) et qui ont enfanté deux mâles — tous deux [reviennent] au cohen.

[Un] mâle et [une] femelle — le mâle au cohen. Deux mâles et une femelle — l'un à lui et l'un au cohen.

Rabbi Tarfon dit : le cohen se choisit le beau (ha-yafe). Rabbi Akiva dit : ils évaluent entre eux (mechamnin beineihen), [le cohen prend le maigre] et le second broutera jusqu'à devenir taré (yistaev).

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' אֶחָד לוֹ שֶׁהֲרֵי הָיְתָה נְקֵבָה עִמּוֹ וְאִיכָּא לְמֵימַר נְקֵבָה יָצָאת תְּחִלָּה:
MICHNA. L'un à lui — car une femelle était avec lui [dans la même portée], et l'on peut dire que la femelle est sortie la première.
מְשַׁמְּנִין בֵּינֵיהֶן כֹּהֵן נוֹטֵל כָּחוּשׁ:
Ils évaluent entre eux — le cohen prend le maigre.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' רָחֵל שֶׁלֹּא בִּכְּרָה וְיָלְדָה שְׁנֵי זְכָרִים וְיָצְאוּ שְׁנֵי רָאשֵׁיהֶן כְּאַחַת ר' יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר שְׁנֵיהֶם לַכֹּהֵן שֶׁנֶּאֱמַר הַזְּכָרִים. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים אִי אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם אֶלָּא אֶחָד לוֹ וְאֶחָד לַכֹּהֵן. ר' טִרְפוֹן אוֹמֵר כֹּהֵן בּוֹרֵר לוֹ אֶת הַיָּפֶה. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר מְשַׁמְּנִים בֵּינֵיהֶם. וְהַשֵּׁנִי יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב וְחַיָּיב בְּמַתָּנוֹת. וְרַבִּי יוֹסֵי פּוֹטֵר. מֵת אֶחָד מֵהֶן רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר יַחְלוֹקוּ. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה. זָכָר וּנְקֵבָה אֵין לַכֹּהֵן כְּלוּם אֶלָּא יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב וְיֵאָכֵל בְּמוּמוֹ לַבְּעָלִים. שְׁתֵּי רְחֵלוֹת שֶׁלֹּא בִּכְּרוּ וְיָלְדוּ שְׁנֵי זְכָרִים נוֹתֵן שְׁנֵיהֶם לַכֹּהֵן. זָכָר וּנְקֵבָה הַזָּכָר לַכֹּהֵן. שְׁנֵי זְכָרִים וּנְקֵבָה אֶחָד לוֹ וְאֶחָד לַכֹּהֵן. רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר הַכֹּהֵן בּוֹרֵר לוֹ הַיָּפֶה. וְר' עֲקִיבָא אוֹמֵר מְשַׁמְּנִין בֵּינֵיהֶם וְהַשֵּׁנִי יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב וְחַייָּב בְּמַתָּנוֹת. וְרַבִּי יוֹסֵי פּוֹטֵר. מֵת אֶחָד מֵהֶן רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר יַחְלוֹקוּ. וְר' עֲקִיבָא אוֹמֵר המע"ה. שְׁתֵּי נְקֵבוֹת וְזָכָר אוֹ שְׁנֵי זְכָרִים וּשְׁתֵּי נְקֵבוֹת אֵין כָּאן לַכֹּהֵן כְּלוּם. אַחַת בִּכְּרָה וְאַחַת לֹא בִּכְּרָה וְיָלְדוּ שְׁנֵי זְכָרִים אֶחָד לוֹ וְאֶחָד לַכֹּהֵן. רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר בּוֹרֵר לוֹ הַכֹּהֵן אֶת הַיָּפֶה. וְרַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר מְשַׁמְּנִין בֵּינֵיהֶן וְהַשֵּׁנִי יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב וְחַיָּיב בְּמַתָּנוֹת. וְר' יוֹסֵי פּוֹטֵר. שֶׁהָיָה רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר כֹּל שֶׁחֲלִיפָיו בְּיַד כֹּהֵן פָּטוּר מִן הַמַּתָּנוֹת וְר' מֵאִיר מְחַיֵּיב. מֵת אֶחָד מֵהֶן ר' טִרְפוֹן אוֹמֵר יַחֲלֹוקוּ. ר' עֲקִיבָא אוֹמֵר המע"ה. זָכָר וּנְקֵבָה אֵין כָּאן לַכֹּהֵן כְּלוּם. רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר שְׁנֵיהֶם לַכֹּהֵן:
MICHNA [avec la guemara qui l'accompagne] : une brebis qui n'avait pas mis bas et a enfanté deux mâles, dont les deux têtes sont sorties en même temps — Rabbi Yossei le Galiléen dit : tous deux au cohen, car il est écrit 'les mâles' [au pluriel]. Et les Sages disent : il est impossible de coïncider exactement (i efchar le-tzamtzem), donc l'un à lui et l'un au cohen. Rabbi Tarfon dit : le cohen se choisit le beau. Rabbi Akiva dit : ils évaluent entre eux, et le second broutera jusqu'à devenir taré, et [le propriétaire] est obligé aux dons ; Rabbi Yossei [l']exempte. Si l'un d'eux est mort : Rabbi Tarfon dit qu'ils partagent, Rabbi Akiva dit que celui qui veut extraire de son prochain, à lui la preuve. [Un] mâle et [une] femelle — le cohen n'a rien, mais [la bête] broutera jusqu'à devenir tarée et sera consommée, une fois tarée, par les propriétaires. Deux brebis qui n'avaient pas mis bas et ont enfanté deux mâles : il donne les deux au cohen. [Un] mâle et [une] femelle : le mâle au cohen. Deux mâles et une femelle : l'un à lui et l'un au cohen ; Rabbi Tarfon dit que le cohen se choisit le beau, Rabbi Akiva dit qu'ils évaluent entre eux, et le second broutera jusqu'à devenir taré et [le propriétaire] est obligé aux dons ; Rabbi Yossei [l']exempte. Si l'un d'eux est mort : Rabbi Tarfon dit qu'ils partagent, Rabbi Akiva dit que la preuve incombe au réclamant. Deux femelles et un mâle, ou deux mâles et deux femelles : le cohen n'a rien ici. L'une avait mis bas et l'autre non, et elles ont enfanté deux mâles : l'un à lui et l'un au cohen ; Rabbi Tarfon dit que le cohen se choisit le beau, Rabbi Akiva dit qu'ils évaluent entre eux, et le second broutera jusqu'à devenir taré et [le propriétaire] est obligé aux dons ; Rabbi Yossei [l']exempte, car Rabbi Yossei disait : tout [animal] dont les remplaçants sont dans la main du cohen est exempt des dons, et Rabbi Meir [l']oblige. Si l'un d'eux est mort : Rabbi Tarfon dit qu'ils partagent, Rabbi Akiva dit que la preuve incombe au réclamant. [Un] mâle et [une] femelle : le cohen n'a rien ici ; Rabbi Yossei le Galiléen dit : tous deux au cohen.
💡 Explication

Michna : deux brebis n'ayant jamais mis bas (lo bikru). Deux mâles -> les deux au cohen (chacun aîné de sa mère). Mâle + femelle -> le mâle au cohen. Deux mâles + une femelle -> un à chacun (doute : laquelle a enfanté l'aîné ?). Pour ce petit du doute : R. Tarfon, le cohen prend le beau ; R. Akiva, on évalue (mechamnin) et le cohen prend le maigre ; le second broute jusqu'à être taré (yistaev), puis se mange.

🖼️ Schéma
Brebis n'ayant jamais mis bas (lo bikru) : quels petits vont au cohen ? 2 brebis -> 2 mâles les deux au cohen (chacun aîné de sa mère) 1 mâle + 1 femelle le mâle au cohen 2 mâles + 1 femelle 1 à lui, 1 au cohen (doute : lequel est l'aîné ?) 2 femelles+1 mâle, ou 2 mâles+2 femelles le cohen n'a RIEN (peut-être une femelle est sortie la 1re) 1 a déjà mis bas, 1 non -> 2 mâles 1 à lui, 1 au cohen (doute) Sur le petit du doute qui reste au propriétaire : R. Tarfon : le cohen choisit le meilleur | R. Akiva : on évalue (le cohen prend le maigre) Le second broute jusqu'à devenir taré (moum), puis le propriétaire le mange
Répartition des petits selon les naissances (michna, segments 12-18).
14
וְחַייָּב בְּמַתָּנוֹת, רַבִּי יוֹסֵי פּוֹטֵר. מֵת אֶחָד מֵהֶן, רַבִּי טִרְפוֹן אוֹמֵר: יַחֲלֹוקוּ, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה. שְׁתֵּי נְקֵבוֹת וְזָכָר אוֹ שְׁנֵי זְכָרִים וּשְׁתֵּי נְקֵבוֹת — אֵין כָּאן לַכֹּהֵן כְּלוּם.

Et [le propriétaire] est obligé aux dons ; Rabbi Yossei [l']exempte. Si l'un d'eux est mort, Rabbi Tarfon dit : ils partagent, Rabbi Akiva dit : celui qui veut extraire de son prochain, à lui incombe la preuve.

Deux femelles et un mâle, ou deux mâles et deux femelles — le cohen n'a rien ici.

📜 Rachi (2)
יַחֲלֹוקוּ דְּחָזַר בּוֹ ר' טִרְפוֹן מִקַּמָּיְיתָא:
Ils partagent — car Rabbi Tarfon s'est rétracté de sa première [position].
שְׁנֵי זְכָרִים וּשְׁתֵּי נְקֵבוֹת אֵין כָּאן לַכֹּהֵן כְּלוּם דְּאִיכָּא לְמֵימַר כָּל חֲדָא וַחֲדָא יָלְדָה זָכָר וּנְקֵבָה וְיָצָאת נְקֵבָה תְּחִלָּה:
Deux mâles et deux femelles, le cohen n'a rien ici — car on peut dire que chacune [des brebis] a enfanté un mâle et une femelle, et que la femelle est sortie la première.
💡 Explication

Quand le propriétaire abat son petit (celui du doute), il est obligé aux dons (matnot) ; R. Yossei l'exempte. Si l'une des bêtes meurt : R. Tarfon partage, R. Akiva applique 'la preuve au réclamant'. Deux femelles + un mâle, ou deux mâles + deux femelles : le cohen n'a rien (on peut dire que chaque brebis a enfanté d'abord une femelle).

15
אַחַת בִּיכְּרָה, וְאַחַת לֹא בִּיכְּרָה, וְיָלְדָה שְׁנֵי זְכָרִים, אֶחָד לוֹ וְאֶחָד לַכֹּהֵן. רַבִּי טִרְפוֹן אוֹמֵר: הַכֹּהֵן בּוֹרֵר אֶת הַיָּפֶה. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: מְשַׁמְּנִין בֵּינֵיהֶן, וְהַשֵּׁנִי יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב.

L'une avait mis bas et l'autre n'avait pas mis bas, et elles ont enfanté deux mâles : l'un à lui et l'un au cohen. Rabbi Tarfon dit : le cohen se choisit le beau.

Rabbi Akiva dit : ils évaluent entre eux, et le second broutera jusqu'à devenir taré.

💡 Explication

Nouveau cas : une brebis a déjà mis bas, l'autre non ; elles enfantent deux mâles. Comme on ignore lequel provient de la brebis n'ayant jamais mis bas, il y a doute : un à lui, un au cohen. Même litige : R. Tarfon (le cohen prend le beau) contre R. Akiva (on évalue, le second broute jusqu'à être taré).

16
וְחַייָּב בְּמַתָּנוֹת. רַבִּי יוֹסֵי פּוֹטֵר, שֶׁרַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כֹּל שֶׁחֲלִיפָיו בְּיַד כֹּהֵן פָּטוּר מִן הַמַּתָּנוֹת. וְרַבִּי מֵאִיר מְחַיֵּיב. מֵת אֶחָד מֵהֶן, רַבִּי טִרְפוֹן אוֹמֵר: יַחֲלֹוקוּ. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה. זָכָר וּנְקֵבָה — אֵין כָּאן לַכֹּהֵן כְּלוּם.

Et [le propriétaire] est obligé aux dons. Rabbi Yossei [l']exempte, car Rabbi Yossei disait : tout [animal] dont les remplaçants sont dans la main du cohen est exempt des dons.

Et Rabbi Meir [l']oblige. Si l'un d'eux est mort, Rabbi Tarfon dit : ils partagent.

Rabbi Akiva dit : celui qui veut extraire de son prochain, à lui incombe la preuve. [Un] mâle et [une] femelle — le cohen n'a rien ici.

📜 Rachi (2)
שֶׁחֲלִיפָיו בְּיַד כֹּהֵן שֶׁהַכֹּהֵן נוֹטֵל אַחַת מִן הַסְּפֵיקוֹת פָּטוּר הָאַחֵר מִן הַמַּתָּנוֹת דְּעָשׂוּ אֶת שֶׁאֵינוֹ זוֹכֶה כְּזוֹכֶה:
Dont les remplaçants sont dans la main du cohen — [c'est-à-dire] que le cohen prend l'une des [bêtes] du doute ; l'autre est exempte des dons, car on a rendu le non-ayant-droit comme un ayant-droit.
זָכָר וּנְקֵבָה אֵין כָּאן לַכֹּהֵן כְּלוּם דְּשֶׁמָּא אוֹתָהּ שֶׁלֹּא בִּיכְּרָה יָלְדָה הַנְּקֵבָה וְאוֹתָהּ שֶׁכְּבָר בִּיכְּרָה יָלְדָה זָכָר:
[Un] mâle et [une] femelle, le cohen n'a rien ici — car peut-être celle qui n'avait pas mis bas a-t-elle enfanté la femelle, et celle qui avait déjà mis bas a enfanté un mâle.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' אָמְרִי דְּבֵי ר' יַנַּאי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי שָׁמְעִינַן לֵיהּ דְּאָמַר אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם בִּידֵי שָׁמַיִם וכ"ש בִּידֵי אָדָם וְרַבָּנָן אָמְרִי בִּידֵי שָׁמַיִם א"א לְצַמְצֵם בִּידֵי אָדָם מַאי. וּמַסִּיק דְּסָבְרִי רַבָּנָן א"א לְצַמְצֵם אַפֵּי' בִּידֵי אָדָם. וּפְסִיק ר"י דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי דְּבִידֵי אָדָם אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם. מִדִּפְלִיגִי אָמוֹרָאֵי בְּפֶרֶק קַמָּא דְּעֵירוּבִין דַּף טז: בְּפָרוּץ כְּעוֹמֵד. וּבְפֶרֶק שֵׁנִי דְּחֻולִּין דַּף כֹּח: בְּמֶחֱצָה עַל מֶחֱצָה כְּרוֹב דְּאִי אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם. מ"ט דְּמַאן דְּשָׁרֵי. דִּלְמָא אַפֵּי' מֶחֱצָה אֵין כָּאן וּבְפֶרֶק שְׁבוּעַת הָעֵדוּת (שְׁבוּעוֹת דַּף לב.) פָּרִיךְ הַשַּׁ"ס גַּבֵּי כָּפְרוּ שְׁנֵיהֶם כְּאַחַת וְהָא אִי אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם וּמְשַׁנֵּי הָא מַנִּי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי הִיא. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר אַפֵּי' תֵּימָא רַבָּנָן. מַשְׁמַע דְּאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי. וְכֵן בְּפֶרֶק ד' אַחִין (יְבָמוֹת דַּף כֹּח.)גַּבֵּי אֲחָיוֹת אֵינִי יוֹדֵעַ מִי שְׁנָאָן אָמְרִינַן אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן לָא סְתַם לַן תַּנָּא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי. וְכֵן בְּגִיטִּין בְּפֶרֶק הַזּוֹרֵק (גִּיטִּין דַּף עח.) גַּבֵּי סָפֵק קָרוֹב לוֹ סָפֵק קָרוֹב לָהּ פָּרִיךְ וְנֶחֱזֵי הֵי מִינַּייְהוּ קְדֵים וְכִי תֵּימָא שֶׁבָּאוּ שְׁנֵיהֶם בְּבַת אַחַת וְהָא אִי אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם. מִכָּל הָלֵין מַשְׁמַע דְּאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְנִרְאֶה דְּבִידֵי שָׁמַיִם אֵין הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ. וְהַךְ דִּשְׁבוּעוֹת דְּלָא כִּוְּונוּ לְדַבֵּר כְּאַחַת וְכֵן הַךְ דְּגִיטִּין דְּלָא כִּוְּונוּ לִיכָּנֵס בְּבַת אַחַת לְתוֹךְ אַרְבַּע אַמּוֹת כְּבִידֵי שָׁמַיִם דָּמֵי. אֲבָל בִּידֵי אָדָם הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ: רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר בּוֹרֵר לוֹ אֶת הַיָּפֶה. מ"ט דְּרַבִּי טֵרָפוֹן. קָסָבַר הַהוּא דְּבָרִיא נָפְקָא בְּרֵישָׁא. וַהֲלָכָה כְּר' עֲקִיבָא דְּהָא ר"ט גּוּפֵיהּ הָדַר בֵּיהּ: ר"ע אוֹמֵר מְשַׁמְּנִין בֵּינֵיהֶן. אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא אָמַר ר' יוֹחָנָן וְכֹהֵן נוֹטֵל כָּחוּשׁ. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן וְהָא אֲנַן מְשַׁמְּנִים בֵּינֵיהֶם תְּנַן. אָמַר לֵיהּ אַדַּאֲכַלְתְּ כַּפְנְיָתָא בְּבָבֶל תַּרְגֵּימְנָא מִסֵּיפָא דְּקָתָנֵי מֵת אֶחָד מֵהֶן רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר יַחְלוֹקוּ וְרַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר המע"ה אַמַּאי לִיפְלְגִי בַּהֲדָדִי. אֶלָּא מַאי. מְשַׁמְּנִין בֵּינֵיהֶן שׁוּמָא יְהֵא בֵּינֵיהֶן. דְּאָמַר לֵיהּ לְכֹהֵן אַייְתִי רְאָיָה דִּבְכוֹר הוּא וּשְׁקוֹל: וְחַייָּב בְּמַתָּנוֹת. מ"ט דְּרַבִּי מֵאִיר. אָמַר ר' יוֹחָנָן הוֹאִיל וְכֹהֵן בָּא עָלָיו מִשְּׁנֵי צְדָדִין. דְּאָמַר לֵיהּ אִי בְּכוֹר הוּא כֻּולּוֹ דִּידִי הוּא. וְאִי לָאו בְּכוֹר הוּא הַב לִי מַתָּנוֹת מִנֵּיהּ. וְר' יוֹסֵי מ"ט. אָמַר רָבָא עָשׂוּ אֶת שֶׁאֵינוֹ זוֹכֶה כְּזוֹכֶה ואע"ג דְּלָא מְטָא לִידֵיהּ דְּכֹהֵן שַׁווְּיוּהָ רַבָּנַן כְּמַאן דִּמְטָא לִידֵיהּ וְזַבְּנֵיהּ לְיִשְׂרָאֵל בְּמוּמֵי' וקי"ל כר"מ: מֵת אֶחָד מֵהֶן רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר יַחְלוֹקוּ ור"ע אוֹמֵר המע"ה. אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא אָמַר ר' יוֹחָנָן מָשָׁל דְּרַבִּי טַרְפוֹן לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה לִשְׁנַיִם שֶׁהִפְקִידוּ אֵצֶל רוֹעֶה שֶׁמַּנִּיחַ רוֹעֶה בֵּינֵיהֶם וּמִסְתַּלֵּק. מָשָׁל דְּרַבִּי עֲקִיבָא לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה לְאֶחָד שֶׁהִפְקִיד אֵצֶל בַּעַל הַבַּיִת שהמע"ה. וְאֶלָּא בְּמַאי פְּלִיגִי. אֶלָּא אָמַר רָבָא וְאִיתֵּימָא רַב פָּפָּא הַכֹּל מוֹדִים בִּשְׁנַיִם שֶׁהִפְקִידוּ אֵצֶל רוֹעֶה שֶׁמַּנִּיחַ רוֹעֶה בֵּינֵיהֶן וּמִסְתַּלֵּק. וּבְאֶחָד שֶׁהִפְקִיד אֵצֶל בַּעַל הַבַּיִת שהמע"ה. לֹא נֶחְלְקוּ אֶלָּא בַּחֲצַר בַּעַל הַבַּיִת וְרוֹעֶה כֹּהֵן. ר"ט סָבַר אַקְּנוּיֵי מַקְנֵי לֵיהּ מָקוֹם בַּחֲצֵרוֹ דְּנִיחָא לֵיהּ דְּלִיתְעֲבִיד מִצְוָה בְּמָמוֹנֵיהּ וְהָוֵה לֵיהּ כִּשְׁנַיִם שֶׁהִפְקִידוּ אֵצֶל רוֹעֶה שֶׁמַּנִּיחַ רוֹעֶה בֵּינֵיהֶם וּמִסְתַּלֵּק. וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר כֵּיוָן דְּאִית לֵיהּ פְּסֵידָא לָא מַקְנֵי לֵיהּ מִידִי וְהָוֵי לֵיהּ כא' שֶׁהִפְקִיד אֵצֶל בעה"ב דהמע"ה. וְהִלְכְתָא כְּר' עֲקִיבָא:
GUEMARA. Ceux de l'école de Rabbi Yannai enseignaient : de Rabbi Yossei le Galiléen nous savons qu'il dit qu'il est possible de coïncider exactement (efchar le-tzamtzem) par la main du Ciel (bi-ydei chamayim), et à plus forte raison par la main de l'homme (bi-ydei adam) ; et les Sages disent [seulement] : par la main du Ciel il est impossible de coïncider — [mais] par la main de l'homme, quoi ? On conclut que les Sages tiennent qu'il est impossible de coïncider même par la main de l'homme. Et Rabbenou Yits'hak tranche que la halakha suit Rabbi Yossei : par la main de l'homme il est possible de coïncider. [Preuves :] du fait que des Amoraim divergent au chapitre 1 de Erouvin (16b) sur 'le [pan] ajouré comme le plein' (paroutz ke-omed), et au chapitre 2 de Houlin (28b) sur 'moitié-moitié comme la majorité' — car il est impossible de coïncider ; quel est le motif de qui permet ? peut-être n'y a-t-il même pas moitié. Et au chapitre 'Chevouat ha-edout' (Chevouot 32a) la Guemara objecte, à propos de deux [témoins] qui ont nié ensemble : mais il est impossible de coïncider ! et l'on répond : cette [michna] est selon Rabbi Yossei le Galiléen ; tandis que Rabbi Yo'hanan dit : tu peux même dire que c'est selon les Sages — ce qui indique que la halakha ne suit pas Rabbi Yossei le Galiléen. De même au chapitre 'Arbaa a'hin' (Yevamot 28a), à propos des sœurs 'je ne sais qui les a enseignées', on dit selon Rabbi Yo'hanan que le Tana ne nous a pas enseigné de manière anonyme selon Rabbi Yossei le Galiléen. De même dans Guittin, chapitre 'Ha-zorek' (78a), à propos de 'doute [si le guet est tombé] plus près de lui, doute plus près d'elle', on objecte : voyons lequel [est arrivé] le premier ! et si tu dis qu'ils sont arrivés tous deux en même temps — mais il est impossible de coïncider ! De tout cela il ressort que la halakha ne suit pas Rabbi Yossei le Galiléen ; et il apparaît que par la main du Ciel la halakha ne suit pas [Rabbi Yossei le Galiléen]. Le cas de Chevouot, où [les témoins] n'ont pas eu l'intention [de parler] ensemble, et de même celui de Guittin, où ils n'ont pas eu l'intention d'entrer ensemble dans les quatre coudées, sont comme 'la main du Ciel'. Mais par la main de l'homme, la halakha suit [Rabbi Yossei le Galiléen]. Rabbi Tarfon dit : le cohen se choisit le beau. Quel est le motif de Rabbi Tarfon ? Il tient que celui qui est robuste (baria) sort le premier. Et la halakha suit Rabbi Akiva, puisque Rabbi Tarfon lui-même s'est rétracté. Rabbi Akiva dit : ils évaluent entre eux. Rabbi Hiyya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : et le cohen prend le maigre. Rabbi Hiyya bar Abba dit à Rabbi Yo'hanan : mais nous avons appris 'ils évaluent entre eux' ! Il lui répondit : le temps que tu manges une datte à Babylone, je l'ai [déjà] expliqué à partir de la clause finale, qui enseigne : 'si l'un d'eux est mort, Rabbi Tarfon dit qu'ils partagent et Rabbi Akiva dit que la preuve incombe au réclamant' — pourquoi divergeraient-ils l'un de l'autre [dans ce cas si 'évaluer' voulait dire partager la valeur] ? Que signifie donc 'ils évaluent entre eux' ? Qu'il y aura entre eux une estimation (choma), [le propriétaire] disant au cohen : apporte la preuve que c'est un aîné, et prends. Et [le propriétaire] est obligé aux dons. Quel est le motif de Rabbi Meir ? Rabbi Yo'hanan a dit : puisque le cohen l'attaque des deux côtés, [le cohen] lui disant : si c'est un aîné, tout est à moi ; et si ce n'est pas un aîné, donne-moi les dons de [la bête]. Et quel est le motif de Rabbi Yossei ? Rava a dit : on a rendu le non-ayant-droit comme un ayant-droit ; bien que [la bête] ne soit pas parvenue en main du cohen, les Sages l'ont traité comme si elle était parvenue en sa main et qu'il l'avait vendue à l'Israélite avec ses défauts ; et nous tenons pour loi comme Rabbi Meir. Si l'un d'eux est mort : Rabbi Tarfon dit qu'ils partagent, Rabbi Akiva dit que la preuve incombe au réclamant. Rabbi Hiyya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : la parabole de Rabbi Tarfon, à quoi cela ressemble-t-il ? À deux [déposants] chez un berger, où le berger la pose entre eux et se retire. La parabole de Rabbi Akiva, à quoi cela ressemble-t-il ? À un [déposant] chez un propriétaire, où la preuve incombe au réclamant. Mais alors sur quoi divergent-ils ? Rava dit, et certains disent Rav Papa : tous s'accordent, pour deux [déposants] chez un berger, qu'il la pose entre eux et se retire, et pour un [déposant] chez un propriétaire, que la preuve incombe au réclamant. Ils ne divergent que dans la cour du propriétaire où le berger est un cohen. Rabbi Tarfon tient : [le propriétaire] lui transfère un emplacement dans sa cour, car il lui plaît qu'une mitsva soit accomplie avec son bien ; c'est alors comme deux [déposants] chez un berger, où le berger la pose entre eux et se retire. Et Rabbi Akiva tient : puisqu'il y a pour lui une perte, il ne lui transfère rien ; c'est alors comme un [déposant] chez un propriétaire, où la preuve incombe au réclamant. Et la halakha suit Rabbi Akiva.
💡 Explication

Suite du cas précédent : le propriétaire est obligé aux dons ; R. Yossei l'exempte au nom du principe 'tout [animal] dont le remplaçant est chez le cohen est exempt des dons' ; R. Meir l'oblige. Si une bête meurt : R. Tarfon partage, R. Akiva applique 'la preuve au réclamant'. Mâle + femelle : le cohen n'a rien (peut-être la brebis déjà délivrée a fait le mâle et l'autre la femelle).

17
גְּמ׳ צְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמוֹעִינַן קַמַּייְתָא, בְּהַהִיא קָאָמַר רַבִּי עֲקִיבָא, דִּתְרֵי מֵחֲדָא.

GUEMARA. [Ces trois cas étaient] nécessaires.

Car si [la michna] ne nous avait enseigné que le premier [cas], j'aurais dit : c'est dans celui-là [seulement] que Rabbi Akiva parle [ainsi], car les deux [petits proviennent] d'une seule [mère] (tere me-hada).

📜 Rachi (2)
גְּמ' קַמַּיְיתָא רָחֵל שֶׁיָּלְדָה שְׁנֵי זְכָרִים הָתָם קָאָמַר ר"ע כֹּהֵן נוֹטֵל כָּחוּשׁ:
GUEMARA. Le premier [cas] — la brebis qui a enfanté deux mâles : c'est là que Rabbi Akiva dit que le cohen prend le maigre.
מִשּׁוּם דִּתְרֵי מֵחֲדָא רָחֵל נְפוּק וּמְסַפְּקָא מִילְּתָא וְהַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה:
Parce que les deux [proviennent] d'une seule [mère] — c'est d'une [même] brebis qu'ils sont sortis, et la chose est douteuse ; [donc] celui qui veut extraire de son prochain, à lui incombe la preuve.
💡 Explication

La Guemara justifie la répétition des trois cas (une brebis; deux brebis; l'une a mis bas, l'autre non). Si seul le premier cas (une brebis, deux mâles) était enseigné, on aurait cru que R. Akiva ne donne au cohen le maigre que là — car les deux petits viennent d'une seule mère (tere me-hada), sans raison de supposer que le meilleur est né le premier.

18
אֲבָל רְחֵילָיו שֶׁלֹּא בִּיכְּרוּ, דִּתְרֵי מֵחֲדָא וְחַד מֵחֲדָא — אֵימָא מוֹדֵי לֵיהּ לְרַבִּי טַרְפוֹן, דְּהָךְ דִּילִידָא חַד שְׁבִיחַ טְפֵי.

Mais [dans le cas de] ses brebis qui n'avaient pas mis bas, où deux [proviennent] d'une seule [mère] et un d'une [autre] seule (tere me-hada ve-had me-hada), j'aurais dit : [Rabbi Akiva] concède à Rabbi Tarfon, car celui qui est né seul (hakh di-yelida had) est plus estimable (chevih tefei).

📜 Rachi (3)
אֲבָל שְׁתֵּי רְחֵלִים שֶׁיָּלְדוּ שְׁנֵי זְכָרִים וּנְקֵבָה דִּתְרֵי נְפַקוּ מֵחֲדָא וְחַד מֵחֲדָא:
Mais [le cas de] deux brebis — qui ont enfanté deux mâles et une femelle, où deux sont sortis d'une [mère] et un d'une [autre] seule.
אֵימָא מוֹדֵי לֵיהּ רַבִּי טִרְפוֹן דְּכֹהֵן בּוֹרֵר לוֹ אֶת הַיָּפֶה דִּלְפִיכָךְ הוּא יָפֶה שֶׁיָּצָא יָחִיד וְלֹא הָיְתָה הַנְּקֵבָה עִמּוֹ וְזֶהוּ וַדַּאי בְּכוֹר גָּמוּר:
J'aurais dit : Rabbi Tarfon [ou : Rabbi Akiva lui] concède — que le cohen se choisit le beau, car [ce mâle] est beau du fait qu'il est sorti seul et qu'il n'y avait pas de femelle avec lui : celui-là est assurément un aîné parfait.
וְהַךְ דִּילִידָא חַד שְׁבִיחַ טְפֵי שְׁבִיחַ מְעֻולֶּה:
Et celui qui est né seul est plus estimable — 'chevih' [signifie] excellent, de premier choix.
💡 Explication

Dans le deuxième cas (deux brebis, deux mâles + une femelle), deux petits viennent d'une mère et un autre d'une seconde (tere me-hada ve-had me-hada). On aurait pu croire que R. Akiva concède à R. Tarfon : le mâle né seul (sans femelle jumelle) est un aîné certain, donc plus estimable (chevih tefei) — le cohen le prendrait.

19
וְאִי אַשְׁמוֹעִינַן הָא — בְּהָא קָאָמַר רַבִּי עֲקִיבָא, דְּתַרְוַיְיהוּ לָא בִּיכְּרוּ, אֲבָל אַחַת בִּיכְּרָה וְאַחַת שֶׁלֹּא בִּיכְּרָה וְיָלְדוּ שְׁנֵי זְכָרִים — אֵימָא מוֹדֵי לֵיהּ לְרַבִּי טַרְפוֹן,

Et si [la michna] ne nous avait enseigné que ce [cas], j'aurais dit : c'est dans ce [cas] que Rabbi Akiva parle [ainsi], car toutes deux n'avaient pas mis bas ; mais [dans le cas où] l'une avait mis bas et l'une n'avait pas mis bas et elles ont enfanté deux mâles, j'aurais dit qu'[il] concède à Rabbi Tarfon,

💡 Explication

Et si seul ce deuxième cas était enseigné, on aurait limité R. Akiva à lui, car les deux brebis n'avaient jamais mis bas. Mais dans le troisième cas (l'une a déjà mis bas, l'autre non, deux mâles), on aurait cru que R. Akiva concède à R. Tarfon. D'où la nécessité d'énoncer les trois cas. (La conclusion se poursuit sur 19a.)

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).