Bekhorot 31a — reprendre le pénitent, le haver devenu gabbai, et qui peut examiner ses propres consacrés

Bekhorot 31a

Sougya : Fin du chapitre 'Ad kama' : la baraita sur le haver (ou am ha-arets ayant accepté les règles de pureté) qui s'est rétracté — Rabbi Meir dit qu'on ne le reprend jamais, Rabbi Yehouda distingue selon que la rétractation fut secrète ou publique, et R. Chimon avec R.

Yehochoua ben Korha enseignent qu'on le reprend toujours ('Revenez, fils dévoyés', Jer 3:22) ; R. Yo'hanan tranche comme ce couple.

Puis le cas du haver devenu gabbai (collecteur d'impôts) : rejeté de son statut, mais réadmis s'il démissionne — illustre par Rav Houna bar Hiya, où Rabba va vers lui alors que Rav Yossef refuse. La baraita enseigne ensuite qu'on examine tous les premiers-nés sauf les siens, mais qu'on peut juger ses propres kodachim, son maaser behema et ses tohorot, car dans ces cas il n'a pas d'intérêt réel à mentir.

Le daf s'achève (fin du perek, hadran) et ouvre la michna de 'Kol pessoulei ha-moukdachin' : les consacrés blêmis sont vendus à l'étal et pesés à la litra quand le profit revient au Hekdech, mais non le bekhor et le maaser, dont le profit va aux propriétaires.

Le haver (ou am ha-arets) qui s'est rétracté : le reprend-on ? Rabbi Meir Une fois rétracté, on ne le reprend JAMAIS (olamit) Rabbi Yehouda Rétracté en secret (matmoniot) : non ; au grand jour (parhesia) : oui R. Chimon + R. Yehochoua b. Korha Dans tous les cas, on le reprend : 'Revenez, fils dévoyés' (Jer 3:22) Halakha (R. Yo'hanan) : comme ce couple — on reprend le pénitent dans tous les cas.
Les trois positions sur la reprise du pénitent qui s'était rétracté (segments 0-2).
Qu'un homme peut-il examiner pour lui-même ? (soupçon d'intérêt) Son bekhor (premier-né) INTERDIT sur le sien Ses kodachim (consacrés) OUI : s'il voulait, il pourrait demander l'annulation du vœu Son maaser behema (dîme) OUI : il pourrait blesser tout son troupeau avant de dîmer Ses tohorot (aliments purs) OUI : ils lui restent bons à manger durant ses jours d'impureté Règle : on ne le soupçonne que là où mentir lui procurerait un gain qu'il ne pourrait obtenir licitement. Seul le bekhor est exclu (il est saint des la matrice, pas d'échappatoire).
Ce qu'un homme peut ou non examiner pour lui-même, et pourquoi (segments 6-11).
Consacrés devenus passoul (blêmis) : comment les vendre ? Le profit va au Hekdech vendus à l'étal (itliz) abattus à l'étal pesés à la litra (livre) on maximise le prix pour le Temple Bekhor + maaser (profit aux bealim) vendus à la maison, à l'estime PAS pesés à la litra on ne rabaisse pas un consacré au rang de profane pour l'intérêt d'un particulier
La michna : vente des consacrés blêmis selon à qui revient le profit (segments 13-15).
1
תָּנוּ רַבָּנַן: וְכֻולָּן שֶׁחָזְרוּ בָּהֶן אֵין מְקַבְּלִין אוֹתָן עוֹלָמִית, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: חָזְרוּ בְּמַטְמוֹנִיּוֹת — אֵין מְקַבְּלִין אוֹתָן, בְּפַרְהֶסְיָא — מְקַבְּלִין אוֹתָן.

Nos maîtres ont enseigné : et tous ceux-là (les différents cas de la baraita précédente) qui se sont rétractés, on ne les reprend jamais (olamit) — paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : s'ils se sont rétractés en secret (be-matmoniot), on ne les reprend pas ; [s'ils se sont rétractés] au grand jour (be-farhesia), on les reprend.

📜 Rachi (1)
וְכֻולָּן שֶׁחָזְרוּ בָּהֶן סֵיפָא דְּהַךְ בָּרַייְתָא דִּלְעֵיל הִיא דְּקָתָנֵי הַבָּא לְקַבֵּל דִּבְרֵי חֲבֵירוּת חוּץ מִדָּבָר אֶחָד וְכֵן כֹּהֵן שֶׁקִּיבֵּל עָלָיו דִּבְרֵי כְּהֻונָּה חוּץ מִדָּבָר אֶחָד וְכֵן בְּלֵוִי שֶׁקִּיבֵּל עָלָיו דִּבְרֵי לְוִיָּה חוּץ מִדָּבָר אֶחָד אֵין מְקַבְּלִין אוֹתָן שֶׁנֶּאֱמַר הַמַּקְרִיב אֶת דַּם הַשְּׁלָמִים וְגוֹ' בִּזְמַן שֶׁהַכֹּהֲנִים עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם מַה כְּתִיב בָּהֶם חֶלְקָם נָתַתִּי אֹותָם מֵאִשֵּׁי וּכְשֶׁאֵין עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם מַה כְּתִיב בָּהֶן מִי גַם בָּכֶם וְיִסְגֹּור דְּלָתַיִם וְכֻולָּן שֶׁחָזְרוּ בָּהֶן אֵין מְקַבְּלִין אוֹתָם עוֹלָמִית כו' בַּתּוֹסֶפְתָּא דְּמַסֶּכֶת דְּמַאי בְּפֶ' הָאֹורֶז בִּמְקוֹמוֹ מֻותָּר בְּחַלַּת אַנְטוֹכְיָא:
Et tous ceux-là qui se sont rétractés — c'est la fin (seifa) de cette baraita [citée] plus haut, où il est enseigné : celui qui vient accepter les règles du haver (havrout) sauf sur un point, de même un kohen qui a accepté sur lui les règles de la kehouna sauf sur un point, de même un levi qui a accepté sur lui les règles de la levia sauf sur un point — on ne les reprend pas, comme il est dit 'celui qui offre le sang des offrandes de paix, etc.' : lorsque les kohanim accomplissent la volonté de l'Omniprésent, qu'est-il écrit à leur sujet ? 'Leur part, je la leur ai donnée de Mes offrandes par le feu' ; et lorsqu'ils n'accomplissent pas la volonté de l'Omniprésent, qu'est-il écrit à leur sujet ? 'Qui parmi vous fermerait plutôt les portes [pour ne pas allumer Mon autel en vain] ?' Et tous ceux-là qui se sont rétractés, on ne les reprend jamais, etc. — [cela figure] dans la Tossefta du traité Demai, au chapitre 'Ha-orez' : 'à son endroit [d'origine], la hallah d'Antioche est permise'.
🗂️ Tossefot (1)
וְכֻולָּן שֶׁחָזְרוּ בָּהֶן כוּ' פ"ה בפ"ק דע"ז (דַּף ז.) אַגַּזְלָנִים וְעַמֵּי הָאָרֶץ קָאֵי שֶׁחָזְרוּ מֵרִשְׁעָן לְמוּטָב וְזֶהוּ תֵּימַהּ לָמָּה אֵין מְקַבְּלִין אוֹתָם דְּמַשְׁמַע דְּאֵין תַּקָּנָה לַעֲשׂוֹת עַם הָאָרֶץ [חָבֵר] שֶׁמְּקַבֵּל עָלָיו דִּבְרֵי חֲבֵירוּת כו' וְעוֹד דִּלְשׁוֹן עוֹלָמִית מַשְׁמַע שֶׁכְּבָר קִבְּלוּ פַּעַם אַחֶרֶת וְעוֹד דְּאָמַר רַבִּי יְהוּדָה חָזְרוּ בָּהֶן בְּמַטְמוֹנִיּוֹת אֵין מְקַבְּלִין אוֹתָן שֶׁאִם חָזְרוּ לְמוּטָב בְּמַטְמוֹנִיּוֹת וְלֹא בְּפַרְהֶסְיָא אֵין מְקַבְּלִין אוֹתָן וְכִי זוֹ יְרֵא שָׁמַיִם בַּסֵּתֶר וְאוֹמֵר ר"ת דְּקָאֵי אַרֵישָׁא דְּקָתָנֵי בַּתּוֹסֶפְתָּא דִּדְמַאי בְּפֶרֶק שֵׁנִי עַם הָאָרֶץ שֶׁקִּבֵּל עָלָיו דִּבְרֵי חֲבֵירוּת כו' (עוֹבֵד כּוֹכָבִים שֶׁקִּבֵּל עָלָיו דִּבְרֵי חֲבֵירוּת כו') גֵּר שֶׁקִּיבֵּל עָלָיו דִּבְרֵי תוֹרָה כו' כֹּהֵן שֶׁקִּבֵּל עָלָיו כְּהֻונָּה כו' לֵוִי שֶׁקִּבֵּל עֲבוֹדַת לְוִיָּה כּוּ' וַהֲדַר קָתָנֵי וְכֻולָּן שֶׁחָזְרוּ בָּהֶן כְּלוֹמַר שֶׁחָזְרוּ לְסוֹרָם וְקִלְקְלוּ מַעֲשֵׂיהֶם אֵין מְקַבְּלִין אוֹתָן עוֹלָמִית כֵּיוָן דְּלָא יָכְלוּ לַעֲמֹוד בָּהּ ר' יְהוּדָה אוֹמֵר בְּמַטְמוֹנִיּוֹת כְּלוֹמַר שֶׁחָזְרוּ לְסוֹרָם בְּמַטְמוֹנִיּוֹת וּבְגָלוּי נִזְהָרִין עַל דִּבְרֵי חֲבֵירוּת אֵין מְקַבְּלִין אוֹתָן שֶׁגּוֹנְבִין דַּעַת הַבְּרִיּוֹת וְאֵין עוֹשִׂין אֶלָּא לְפָנִים אֲבָל אִם לְגַמְרֵי קִלְקְלוּ מַעֲשֵׂיהֶם אַף בְּפַרְהֶסְיָא מְקַבְּלִין אוֹתָן כְּשֶׁיָּשׁוּב דִּכְשֶׁחוֹזְרִין חָזְרָה לְגַמְרֵי:
Et tous ceux-là qui se sont rétractés, etc. — Rachi a expliqué, au premier chapitre de Avoda Zara (7a), que cela porte sur les brigands (gazlanim) et les amei ha-arets qui se sont retournés de leur méchanceté vers le bien ; et c'est étonnant : pourquoi ne les reprend-on pas ? car cela laisse entendre qu'il n'y a aucun remède pour faire d'un am ha-arets un [haver] qui accepte les règles du haver, etc. De plus, le terme 'jamais' (olamit) laisse entendre qu'ils avaient déjà accepté [ce statut] une première fois. En outre, Rabbi Yehouda dit : s'ils se sont rétractés en secret, on ne les reprend pas — [ce qui signifie] que s'ils sont revenus au bien en secret et non ouvertement, on ne les reprend pas ; or est-ce là [le comportement de] celui qui craint le Ciel en secret ? Rabbenou Tam dit donc que cela porte sur le début (recha) [de la baraita], où il est enseigné dans la Tossefta de Demai, au deuxième chapitre : 'un am ha-arets qui a accepté sur lui les règles du haver, etc. (un idolâtre qui a accepté sur lui les règles du haver, etc.), un converti qui a accepté sur lui les règles de la Torah, etc., un kohen qui a accepté la kehouna, etc., un levi qui a accepté le service de la levia, etc.' ; puis il enseigne : 'et tous ceux-là qui se sont rétractés' — c'est-à-dire qui sont revenus à leur perversion et ont corrompu leurs actes — 'on ne les reprend jamais', puisqu'ils n'ont pas su y tenir. Rabbi Yehouda dit : 'en secret' — c'est-à-dire qu'ils sont revenus à leur perversion en secret mais qu'ouvertement ils observent les règles du haver — on ne les reprend pas, car ils volent l'esprit des gens (les trompent) et n'agissent qu'en façade ; mais s'ils ont entièrement corrompu leurs actes, même ouvertement, on les reprend lorsqu'ils reviennent, car alors leur retour est un retour complet.
💡 Explication

Suite d'une baraita (Tossefta Demai) énumérant divers cas d'engagement : le haver (associé, celui qui accepte les règles strictes de pureté et de dîme), le kohen, le levi... 'Tous ceux-là qui se sont rétractés' : selon Rabbi Meir, une fois qu'ils ont trahi leur engagement, on ne les réadmet jamais (olamit). Rabbi Yehouda distingue : la rétractation faite en secret (matmoniot) est plus grave que celle faite ouvertement (parhesia), car agir en secret comme un am ha-arets tout en paraissant haver, c'est tromper autrui.

2
אִיכָּא דְאָמְרִי: אִם עָשׂוּ דִּבְרֵיהֶן בְּמַטְמוֹנִיּוֹת — מְקַבְּלִין אוֹתָן, בְּפַרְהֶסְיָא — אֵין מְקַבְּלִין אוֹתָן.

Il y a ceux qui disent [une autre version] : s'ils ont accompli leurs actes [de haver] en secret (be-matmoniot), on les reprend ; [s'ils ne les ont accomplis qu']au grand jour (be-farhesia), on ne les reprend pas.

📜 Rachi (1)
עָשׂוּ דְּבָרִים בְּמַטְמוֹנִיּוֹת שֶׁלֹּא חִילְּלוּ שֵׁם שָׁמַיִם בְּפַרְהֶסְיָא מְקַבְּלִין אוֹתָם:
Ils ont accompli [leurs] actes en secret — [c'est-à-dire] qu'ils n'ont pas profane le Nom du Ciel ouvertement : on les reprend.
🗂️ Tossefot (1)
אִיכָּא דְּאָמְרִי עָשׂוּ דִּבְרֵיהֶם בְּמַטְמוֹנִיּוֹת שֶׁהִכַּרְנוּ בָּהֶם מִתְּחִלָּה קֹודֶם שֶׁחָזְרוּ לְסוֹרָם שֶׁהָיוּ נוֹהֲגִין דִּבְרֵי חֲבֵירוּת אַף בַּסֵּתֶר מְקַבְּלִין אוֹתָם כְּשֶׁיָּשׁוּבוּ אֲבָל אִם לֹא הִכַּרְנוּ בָּהֶם מֵעוֹלָם שֶׁעָשׂוּ דִּבְרֵי חֲבֵירוּת כִּי אִם בְּפַרְהֶסְיָא וּבְצִנְעָה לֹא הָיוּ נִזְהָרִין הֵיטֵב אֵין מְקַבְּלִין אוֹתָם שֶׁגּוֹנְבֵי דַּעַת הַבְּרִיּוֹת הֵם:
Il y a ceux qui disent : ils ont accompli leurs actes en secret — [c'est-à-dire] que nous les avons connus dès le début, avant qu'ils ne reviennent à leur perversion, observant les règles du haver même en privé : on les reprend lorsqu'ils reviennent. Mais si nous ne les avons jamais connus accomplissant les règles du haver sinon ouvertement, et qu'en privé ils ne se gardaient pas bien, on ne les reprend pas, car ce sont des gens qui volent l'esprit d'autrui (des hypocrites).
💡 Explication

Version inverse (ika de-amri) : ici la distinction porte sur la manière dont ils observaient au départ. Celui qu'on a connu observant les règles du haver même en privé (matmoniot) était sincère : on le reprend. Mais celui qu'on n'a vu observer qu'en public (parhesia), sans rigueur en privé, était un hypocrite : on ne le reprend pas.

3
רַבִּי שִׁמְעוֹן וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קָרְחָה אוֹמְרִים: בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ מְקַבְּלִין אוֹתָן, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״שׁוּבוּ בָּנִים שׁוֹבָבִים״. אָמַר רַבִּי יִצְחָק אִישׁ כְּפַר עַכּוֹ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּאוֹתוֹ הַזּוּג.

Rabbi Chimon et Rabbi Yehochoua ben Korha disent : dans un cas comme dans l'autre, on les reprend, car il est dit : 'Revenez, fils dévoyés [Je guérirai vos égarements]' (Jérémie 3:22). Rabbi Yits'hak, homme du village d'Akko, a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : la halakha est comme ce couple (R.

Chimon et R. Yehochoua ben Korha).

📜 Rachi (1)
כְּאוֹתוֹ הַזּוּג ר"ש וְר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קָרְחָה:
Comme ce couple — Rabbi Chimon et Rabbi Yehochoua ben Korha.
💡 Explication

Troisième position : R. Chimon et R. Yehochoua ben Korha tiennent qu'on reprend le pénitent dans tous les cas, s'appuyant sur l'appel prophétique au retour (Jer 3:22). R. Yo'hanan tranche selon ce 'couple' (ha-zoug) : la techouva est toujours accueillie.

4
תָּנוּ רַבָּנַן, בָּרִאשׁוֹנָה הָיוּ אוֹמְרִים: חָבֵר וְנַעֲשָׂה גַּבַּאי — דּוֹחִין אוֹתוֹ מֵחֲבִירְתּוּ, פֵּירַשׁ — אֵין מְקַבְּלִין אוֹתוֹ. חָזְרוּ לוֹמַר: פֵּירַשׁ — הֲרֵי הוּא כְּכָל אָדָם.

Nos maîtres ont enseigné : au début, on disait : un haver qui est devenu collecteur d'impôts (gabbai) — on le repousse de son statut de haver ; s'il se retire [de cette fonction], on ne le reprend pas. Puis on revint à dire : s'il se retire, il est comme tout homme [et peut être réadmis].

📜 Rachi (2)
גַּבַּאי מְמֻונֶּה לַמֶּלֶךְ לִגְבּוֹת מַס מִיִּשְׂרָאֵל:
Gabbai — [homme] préposé au roi pour percevoir l'impôt sur Israël.
פֵּירֵשׁ מִן הַגַּבָּאוּת:
S'il se retire — de la fonction de collecteur (gabaout).
💡 Explication

Nouveau cas : le haver devenu gabbai (collecteur d'impôts pour le pouvoir, fonction suspecte d'exactions et de contact impur). D'abord on l'excluait définitivement ; puis on assouplit : s'il démissionne (parach), il redevient 'comme tout homme' et peut retrouver son statut.

5
רַב הוּנָא בַּר חִיָּיא אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ שַׁעְתָּא, הֲוָה עָיֵיל גַּבֵּיהּ רַבָּה וְרַב יוֹסֵף וְאַרְבַּע מְאָה זוּגֵא דְּרַבָּנַן. שְׁמַע דְּאָתוּ, קְטַיר לְהוּ אַרְבַּע מְאָה תַּכְתָּקֵי. לְסוֹף שְׁמַעוּ דְּנַעֲשָׂה גַּבַּאי, שְׁלַחוּ לֵיהּ: זִיל לַחֲשִׁיבוּתֵיהּ, זִיל לְקַדְמוּתֵיהּ. שְׁלַח לְהוּ: הָדְרִי בֵּי. רַב יוֹסֵף לָא אֲזַל, רַבָּה אֲזַל.

Rav Houna bar Hiya eut besoin d'un moment (une heure d'affluence, on avait besoin de lui). Rabba, Rav Yossef et quatre cents paires de maîtres (rabbanan) montaient chez lui.

Ayant entendu qu'ils venaient, il leur attacha (prépara) quatre cents sièges (takhtekei). Finalement, ils apprirent qu'il était devenu collecteur d'impôts (gabbai).

Ils lui envoyèrent [dire] : 'Va vers ton importance, va vers ton [rang] antérieur !' Il leur envoya [dire] : 'Je me suis rétracté (je reviens de la fonction).' Rav Yossef n'y alla pas ; Rabba y alla.

📜 Rachi (5)
אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ שַׁעְתָּא שֶׁהָיוּ חֲכָמִים צְרִיכִין לוֹ לִשְׁאוֹל הֵימֶנּוּ הֲלָכוֹת:
Il eut besoin d'un moment — car les sages avaient besoin de lui pour l'interroger sur des halakhot.
קָטַר לְהוּ קָשַׁר וְתִיקֵּן לָהֶם אַרְבַּע מֵאוֹת:
Il leur attacha — il attacha et prépara pour eux quatre cents [sièges].
תַּכְתָּקֵי כִּסְאוֹת:
Takhtekei — des sièges.
זִיל לַחֲשִׁיבוּתֵיהּ יֵלֵךְ לַחֲשִׁיבוּתֵיהּ אַחַר הַחֲשִׁיבוּת שֶׁבָּחַר לוֹ לִהְיוֹת מוֹכֵס וְאָנוּ לֹא נֵלֵךְ אֶצְלוֹ:
Va vers ton importance — qu'il aille vers son importance, après l'importance qu'il s'est choisie d'être collecteur ; et nous, nous n'irons pas vers lui.
הָדְרִי בֵּי מִגַּבָּאוּת:
Je me suis rétracté — de la fonction de collecteur (gabaout).
🪔 Ben Yehoyada (1)
יַזִּיל לֵיהּ לַחֲשִׁיבוּתֵיהּ, יַזִּיל לֵיהּ לְקַדְמוּתֵיהּ. נִרְאֶה הַכַּוָּנָה כֵּיוָן דְּהוּא אֲזַל בָּתַר חֲשִׁיבוּת שֶׁל שְׂרָרָה שֶׁל גְּבִיַּית הַמַּס אָז חָכְמָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת וְיַזִּיל לְקַדְמוּתֵיהּ בִּזְמַן שֶׁעֲדַייִן לֹא לָמַד תּוֹרָה וְחָכְמָה וְלָמָּה נֵלֵךְ אֶצְלוֹ לִלְמֹוד מִמֶּנּוּ מֵאַחַר דְּאֵין בְּיָדוֹ כְּלוּם כִּי אָבַד וַדַּאי הַשָּׂגַת הַחָכְמָה שֶׁהָיָה לוֹ. וּבְדֶרֶךְ רֶמֶז יֵשׁ לוֹמַר יַזִּיל לְקַדְמוּתֵיהּ כִּי קֹודֶם אוֹתִיּוֹת 'הוּנָא' יֵשׁ אוֹתִיּוֹת 'הַדָּם' כִּי קֹודֶם א' לֹא יֵשׁ אוֹת וְאוֹתִיּוֹת הַדָּם רֶמֶז לְמָעוֹת שֶׁלּוֹקֵחַ מִיִּשְׂרָאֵל בִּשְׁבִיל הַמַּס דַּחֲשִׁיב כְּאִלּוּ נוֹטֵל נַפְשָׁם וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ עַל פָּסוּק כִּי הַדָּם הוּא הַנָּפֶשׁ (דְּבָרִים יב, כג) וְכֵן אָמְרוּ עַתָּה יַזִּיל לְקַדְמוּתֵיהּ הוּא הַדָּם שֶׁל הַמַּס שֶׁלּוֹקֵחַ מִיִּשְׂרָאֵל הָרָמוּז קֹודֶם שְׁמוֹ.
'Va vers ton importance, va vers ton [rang] antérieur.' Il semble que le sens soit : puisqu'il a couru après l'importance de l'autorité [liée] à la perception de l'impôt, alors sa sagesse ('hokhma) s'est retirée de lui ; qu'il aille donc vers son [rang] antérieur, du temps où il n'avait pas encore étudié Torah et sagesse — et pourquoi irions-nous vers lui pour apprendre de lui, puisqu'il n'a plus rien en main, ayant certainement perdu l'acquis de sagesse qu'il possédait ? Et par voie d'allusion (remez), on peut dire : 'va vers ton [rang] antérieur' (le-kadmoutei) — car avant (kodem) les lettres de 'Houna' se trouvent les lettres 'ha-dam' (le sang) ; car avant le alef il n'y a pas de lettre, et les lettres 'ha-dam' font allusion à l'argent qu'il prend à Israël au titre de l'impôt, ce qui est considéré comme s'il prenait leur âme (nefech) — ainsi qu'il est dit sur le verset 'car le sang, c'est l'âme' (Deut 12:23). De même ils ont dit : maintenant, 'va vers ton [rang] antérieur' — c'est 'le sang' de l'impôt qu'il prend à Israël, allude [dans les lettres] avant son nom.
💡 Explication

Illustration : Rav Houna bar Hiya, dont les sages avaient besoin pour des questions de halakha, prépara quatre cents sièges (takhtekei) pour les recevoir. Apprenant qu'il était devenu gabbai, ils l'éconduisent ('va à ton importance de collecteur, nous n'irons pas vers toi'). Il répond qu'il a démissionné (hadari bi). Divergence pratique : Rabba y va, Rav Yossef non.

6
רַב יוֹסֵף אָמַר: תְּנֵינָא, פֵּירַשׁ — אֵין מְקַבְּלִין אוֹתוֹ; רַבָּה אָמַר: תְּנֵינָא, חָזְרוּ לוֹמַר: פֵּירַשׁ — הֲרֵי הוּא כְּכָל אָדָם.

Rav Yossef dit : nous l'avons appris [dans la baraita] — s'il se retire, on ne le reprend pas ; Rabba dit : nous l'avons appris — on revint à dire : s'il se retire, il est comme tout homme.

💡 Explication

Chacun s'appuie sur une phrase de la même baraita (segment 3). Rav Yossef retient la première formulation (rigoureuse : 's'il se retire, on ne le reprend pas'). Rabba retient l'assouplissement final ('il est comme tout homme'). D'où leurs conduites opposées envers Rav Houna.

7
תָּנוּ רַבָּנַן: כָּל הַבְּכוֹרוֹת אָדָם רוֹאֶה, חוּץ מִשֶּׁל עַצְמוֹ, וְרוֹאֶה אֶת קֳדָשָׁיו, וְאֶת מְעֻשְּׂרוֹתָיו, וְנִשְׁאָל עַל טַהֲרוֹתָיו.

Nos maîtres ont enseigné : un homme examine tous les premiers-nés (bekhorot), sauf le sien ; il examine ses [animaux] consacrés (kodachav), ses dîmes [d'animaux] (maasrotav), et il se prononce (est consulté) sur ses [aliments] purs (toharotav).

📜 Rachi (3)
וְרוֹאֶה אֶת קֳדָשָׁיו אִם יֵשׁ לוֹ שְׁלָמִים בְּבֵיתוֹ וְנָפַל בָּהֶן מוּם יֵרָאֶה אִם קָבוּעַ הוּא וְיִפְדֵם וְיוֹצִיאֵם לְחוֹל:
Et il examine ses [animaux] consacrés — s'il a des offrandes de paix (chelamim) chez lui et qu'un défaut y est survenu, il regarde s'il est permanent (kavoua) ; alors il les rachète et les fait passer au profane.
מְעֻשְּׂרוֹתָיו מַעְשַׂר בְּהֵמָה שֶׁנָּפַל בָּהֶם מוּם:
Ses dîmes — le maaser behema (dîme du bétail) sur lequel un défaut est survenu.
וְנִשְׁאַל עַל טַהֲרוֹתָיו הוּא עַצְמוֹ אִם בָּקִי בַּהֲלָכוֹת נִשְׁאַל לְעַצְמוֹ עַל טָהֳרוֹתָיו אִם אֵירַע בָּהֶן סָפֵק וְאֵינוֹ צָרִיךְ לֵילֵךְ אֵצֶל חָכָם אַחֵר:
Et il se prononce sur ses [aliments] purs — lui-même, s'il est versé dans les lois [de pureté], se prononce pour lui-même sur ses tohorot si un doute y est survenu, et n'a pas besoin d'aller auprès d'un autre sage.
💡 Explication

Nouvelle baraita. Un homme (kohen expert) peut examiner les défauts (moumim) des premiers-nés d'autrui pour autoriser leur abattage, mais pas les siens — soupçon d'intérêt, car il veut manger sa bête. En revanche il peut trancher pour ses propres kodachim (consacrés à racheter s'ils sont blêmis), son maaser behema, et statuer sur la pureté de ses tohorot. Le daf va expliquer pourquoi ces trois-là ne posent pas le même problème.

8
אָמַר מָר: כָּל הַבְּכוֹרוֹת אָדָם רוֹאֶה חוּץ מִשֶּׁל עַצְמוֹ. בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵּימָא בְּחַד — מִי מְהֵימַן? אֶלָּא בִּתְלָתָא, וּמִי חֲשִׁידִי? וְהִתְנָן: מֵיאֲנָה אוֹ שֶׁחָלְצָה בְּפָנָיו — יִשָּׂאֶנָּה, מִפְּנֵי שֶׁהוּא בֵּית דִּין!

Le Maître a dit : un homme examine tous les premiers-nés sauf le sien. De quoi traitons-nous ?

Si l'on dit [qu'il s'agit] d'un seul [juge] — est-il [seul] digne de foi ? [Non, car on a enseigné (36b) qu'il faut trois.] Mais [s'il s'agit] de trois — sont-ils [alors] suspects ?

Or n'avons-nous pas appris (Yevamot 25b) : [une femme] qui a refusé [le mariage] ou qui a fait la halitsa devant lui — il peut l'épouser, parce qu'il est [membre d'un] tribunal (beit din) !

📜 Rachi (7)
חוּץ מִשֶּׁל עַצְמוֹ שֶׁאֵין כֹּהֵן רַשַּׁאי לִרְאוֹת מוּם שֶׁל בְּכוֹרוֹתָיו וּלְהַתִּירוֹ:
Sauf le sien — car un kohen n'est pas autorisé à examiner le défaut de ses premiers-nés et à l'autoriser [l'abattage].
וְחַד מִי מְהֵימַן לְהַתִּיר בְּכוֹר וַאֲפִילּוּ שֶׁל אֲחֵרִים וְהָאֲנַן תְּנַן לְקַמָּן בְּפֶרֶק כָּל פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין (בְּכוֹרוֹת דַּף לוֹ:) בְּכוֹר שֶׁנִּיסְמֵית עֵינוֹ וְנִקְטְעָה יָדוֹ הֲרֵי זֶה יִשָּׁחֵט עַל פִּי שְׁלֹשָׁה בְּנֵי הַכְּנֶסֶת:
Et un seul est-il digne de foi — pour autoriser un premier-né, même celui d'autrui ? Or n'avons-nous pas appris plus loin, au chapitre 'Kol pessoulei ha-moukdachin' (Bekhorot 36b) : un premier-né dont l'œil s'est aveuglé ou dont la patte a été coupée, on l'abat sur [la parole] de trois membres de la synagogue.
אֶלָּא בִּתְלָתָא וְכֹהֵן בַּעַל הַבְּכוֹר אֶחָד מֵהֶן:
Mais [il s'agit] de trois — et le kohen propriétaire du premier-né est l'un d'eux.
וּמִי חֲשִׁידִי כֻּולְּהוּ בִּשְׁבִילוֹ:
Et sont-ils suspects — tous, à cause de lui.
וְהִתְנָן בִּיבָמוֹת:
Or n'avons-nous pas appris — dans [le traité] Yevamot.
מֵיאֲנָה אוֹ שֶׁחָלְצָה אִשָּׁה לִפְנֵי הֶחָכָם מֻותָּר לִישָּׁאנַהּ וְאֵינוֹ נֶחְשָׁד לוֹמַר עַל מְנָת כֵּן הִתִּירָהּ:
Qui a refusé ou qui a fait la halitsa — une femme, devant le sage : il lui est permis de l'épouser, et il n'est pas suspecté d'avoir dit '[c'est] à cette condition [que] je la lui ai permise (que je l'ai autorisée)'.
מִפְּנֵי שֶׁהוּא ב"ד כְּלוֹמַר שֶׁלֹּא הָיָה לְבַדּוֹ שָׁם אֶלָּא בֵּית דִּין שְׁלֹשָׁה הָיוּ שָׁם:
Parce qu'il est [membre d'un] tribunal — c'est-à-dire qu'il n'était pas seul là, mais qu'ils étaient un tribunal de trois.
💡 Explication

Analyse de la baraita. Deux branches d'un dilemme : (1) s'il examine seul, comment serait-il crédible ? La michna (36b) exige trois personnes pour autoriser l'abattage d'un bekhor blêmi, même d'autrui. (2) Mais s'ils sont trois, pourquoi seraient-ils suspects pour son propre bekhor ? Preuve : un juge devant qui une mineure a fait mioun (refus du mariage) ou halitsa peut l'épouser, parce qu'il n'était qu'un membre du tribunal — pas de soupçon d'intérêt dans un beit din à trois.

9
לְעוֹלָם בְּחַד, וְכִדְאָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּיָחִיד מֻומְחֶה, הָכָא נָמֵי בְּיָחִיד מֻומְחֶה.

En vérité [il s'agit] d'un seul [juge], et [c'est] comme l'a dit Rav Hisda au nom de Rabbi Yo'hanan : [l'annulation d'un vœu se fait] par un seul expert (yahid moumhe) — ici aussi [il s'agit] d'un seul expert.

📜 Rachi (1)
כִּדְאָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בְּיָחִיד מֻומְחֶה בְּמַסֶּכֶת נְדָרִים בְּפֶרֶק נַעֲרָה הַמְאֹורָסָה (נְדָרִים דַּף עח.):
Comme l'a dit Rav Hisda au nom de Rabbi Yo'hanan : par un seul expert — dans le traité Nedarim, au chapitre 'Naara ha-meorassa' (Nedarim 78a).
💡 Explication

Réponse : il s'agit bien d'un seul juge, mais d'un expert reconnu (yahid moumhe), qui peut agir seul — comme Rav Hisda l'enseigne au nom de R. Yo'hanan pour l'annulation des vœux (Nedarim 78a). Un expert peut autoriser le bekhor d'autrui seul, mais pas le sien (intérêt).

10
וְרוֹאֶה אֶת קֳדָשָׁיו, דְּאִי בָּעֵי מִיתְּשִׁיל עֲלַיְיהוּ.

'Et il examine ses [animaux] consacrés' — parce que, s'il le voulait, il pourrait en demander l'annulation (mitchil aleihou) [du vœu de consécration].

📜 Rachi (1)
וְרוֹאֶה אֶת קֳדָשָׁיו וְאֵינוֹ נֶחְשָׁד לוֹמַר עַל מוּם עוֹבֵר שֶׁהוּא קָבוּעַ דְּמַה לוֹ לְשַׁקֵּר הָא אִם הָיָה רוֹצֶה לְהוֹצִיאָן לָחוּל יָכוֹל לַעֲשׂוֹת בְּהֶיתֵּר וְלִישָּׁאֵל לְחָכָם וְלִפְתֹּוחַ בַּחֲרָטָה דְּהֶקְדֵּשׁ טָעוּת וְלוֹמַר בְּטָעוּת הִקְדַּשְׁתִּיו אֲבָל בִּבְכוֹר דְּאִיהוּ לָא אַקָּדָשֶׁיהָ דְּהָא מֵרֶחֶם קָדוֹשׁ לֵיכָּא לְמֵימַר הָכִי וְנֶחְשַׁד:
Et il examine ses [animaux] consacrés — et il n'est pas suspecté de dire d'un défaut passager qu'il est permanent, car quel intérêt aurait-il à mentir ? En effet, s'il voulait les faire passer au profane, il pourrait le faire de façon permise : demander à un sage et ouvrir [la voie de l'annulation] par le regret, [au motif que] la consécration était une erreur, en disant 'c'est par erreur que je l'ai consacré'. Mais pour un premier-né, que lui-même n'a pas consacré (car il est saint des la matrice), on ne peut pas dire cela — et [donc] il est suspect.
💡 Explication

Pourquoi peut-il juger ses propres consacrés sans soupçon ? Parce que, même s'il déclarait faussement un défaut permanent, il n'y gagnerait rien : s'il voulait récupérer sa bête, il pourrait licitement demander à un sage l'annulation de sa consécration (hekdech par erreur). N'ayant pas besoin de mentir, on ne le soupçonne pas.

11
וּמְעֻשְּׂרוֹתָיו, דְּאִי בָּעֵי שָׁדֵי בֵּיהּ מוּמָא בְּכֻולֵּיהּ עֶדְרֵיהּ.

'Et ses dîmes [d'animaux]' — parce que, s'il le voulait, il pourrait jeter (infliger) un défaut sur tout son troupeau.

📜 Rachi (2)
וּמְעֻשְּׂרוֹתָיו דְּאֵינוֹ נֶחְשָׁד לוֹמַר עַל עוֹבֵר שֶׁהוּא קָבוּעַ דְּאִי הֲוָה בָּעֵי מֵעִיקָּרָא הֲוָה עֲבִיד בְּהֶיתֵּירָא קֹודֶם שֶׁיְּעַשֵּׂר עֶדְרוֹ:
Et ses dîmes — car il n'est pas suspecté de dire d'un [défaut] passager qu'il est permanent, puisque, s'il le voulait, il pourrait dès le départ agir de façon permise, avant de dîmer son troupeau.
שָׁדֵי מוּמָא בְּכוּלְּהוּ דַּעֲדַייִן אֵינָן קְדוֹשִׁים דְּלֶיהֱוֵי כְּמַטִּיל מוּם בַּקֳּדָשִׁים וְאַחַ"כּ יְעַשֵּׂר דְּמַעְשַׂר בְּהֵמָה חָל עַל הַמּוּם דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא כ״ז:ל״ג) לֹא יְבַקֵּר בֵּין טוֹב לָרַע הִילְכָּךְ אֵינוֹ נֶחְשָׁד:
Il jette un défaut sur toutes [les bêtes] — car elles ne sont pas encore consacrées, de sorte que ce ne serait pas comme infliger un défaut à des [bêtes] consacrées ; ensuite il dîme. Car le maaser behema prend effet [même] sur la bête blêmie, ainsi qu'il est écrit (Lévitique 27:33) 'il n'examinera pas entre bon et mauvais'. Aussi n'est-il pas suspect.
💡 Explication

De même pour le maaser behema : il n'a pas besoin de mentir sur un défaut, car s'il voulait éviter d'apporter la dîme au Temple, il pourrait blesser tout son troupeau avant de dîmer (tant que les bêtes ne sont pas encore consacrées). Le maaser prend effet même sur une bête blêmie ('il ne distinguera pas entre bon et mauvais', Lev 27:33). N'ayant pas besoin de tricher, il n'est pas soupçonné.

12
וְנִשְׁאַל עַל טָהֳרוֹתָיו, דְּהָא חֲזוּ לֵיהּ בִּימֵי טֻומְאָתוֹ.

'Et il se prononce sur ses [aliments] purs' — car ils lui sont bons [à manger] durant ses jours d'impureté.

📜 Rachi (1)
וְנִשְׁאַל עַל טַהֲרוֹתָיו אֵינוֹ חָשׁוּד לוֹמַר עַל טָמֵא טָהוֹר דְּאִם טְמֵאוֹת הֵן מַה יַפְסִיד הָא חֲזָא לֵיהּ בִּימֵי טֻומְאָה. וּבְחֻולִּין קָמַייְרֵי דִּתְרוּמָה טְמֵאָה לָא חַזְיָא לֵיהּ אֲפִילּוּ בִּימֵי טֻומְאָתוֹ:
Et il se prononce sur ses [aliments] purs — il n'est pas suspecté de dire d'un [aliment] impur qu'il est pur, car s'ils sont impurs, que perdrait-il ? Ils lui restent bons [à manger] durant ses jours d'impureté. Et il s'agit ici de [nourriture] profane (hulin), car la terouma impure ne lui est pas bonne [à manger] même durant ses jours d'impureté.
🗂️ Tossefot (1)
דְּהָא חֲזוּ לֵיהּ בִּימֵי טֻומְאָתוֹ תֵּימַהּ וּתְרוּמָה טְמֵאָה דְּלָא חַזְיָא לֵיהּ וְכִי לֹא יִהְיֶה נֶאֱמָן וְכֵן בִּשְׁאָר כָּל אִיסּוּר וְהֶיתֵּר וּבְהֶדְיָא אָמְרִינַן בְּרֵישׁ הֲדַר (עֵירוּבִין ד' סג.) הַאי צוֹרְבָא דְּרַבָּנָן חָזֵי לֵיהּ לְנַפְשֵׁיהּ:
Car ils lui sont bons durant ses jours d'impureté — [c'est] étonnant : et la terouma impure, qui ne lui est pas bonne [à manger], ne serait-il pas digne de foi [à son sujet] ? de même pour tout autre [cas d']interdit et de permis ! Or nous disons explicitement au début de [chapitre] 'Ha-dar' (Erouvin 63a) : ce disciple des sages (tsourva me-rabbanan) se prononce (voit) pour lui-même.
💡 Explication

Enfin, pour ses tohorot : son intérêt est faible, car même s'ils devenaient impurs, il pourrait les consommer durant ses jours d'impureté (il s'agit de nourriture profane, hulin). Rien à gagner en mentant sur la pureté : pas de soupçon.

13
הֲדַרַן עֲלָךְ עַד כַּמָּה יִשְׂרָאֵל חַיָּיבִין.

Nous revenons à toi (Hadran), [chapitre] 'Ad kama Yisrael hayavin' (Jusqu'à combien Israël est-il tenu).

⚖️ Rosh (1)
גְּמ' מה"מ. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב אָמַר קְרָא רְאֵה לִמַּדְתִּי אֶתְכֶם חֻוקִּים וּמִשְׁפָּטִים וְגוֹ' מָה אֲנִי בְּחִנָּם אַף אַתֶּם בְּחִנָּם תנ"ה כַּאֲשֶׁר צִוַּנִי ה' אֱ-לֹהָי מָה אֲנִי בְּחִנָּם אַף אַתֶּם בְּחִנָּם. פֵּירוּשׁ כַּאֲשֶׁר אֲנִי צִוַּנִי ה' וְלַמְּדֵנִי בְּחִנָּם אַף אַתֶּם לְמַדְתֶּם מִמֶּנִּי בְּחִנָּם וְלֹא קִבַּלְתִּי מִכֶּם שָׂכָר. וּמִנַּיִן שֶׁאִם לֹא מָצָא בְּחִנָּם שֶׁיִּלְמֹוד בְּשָׂכָר שֶׁלֹּא יֹאמַר אָדָם שֶׁמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה לֹא הִזְהִירַנִי לִלְמֹוד הַתּוֹרָה אֶלָּא א"כ אֲנִי מוֹצֵא שֶׁיְּלַמְּדֵנִי בְּחִנָּם. ת"ל אֱמֶת קְנֵה. ואע"פ שֶׁהוֹצִיא מָעוֹת עַל לִימּוּדָה לֹא יִמְכְּרֶנָּה בְּכֶסֶף. וּמַה שֶׁנָּהֲגוּ הָאִידָּנָא לִלְמֹוד בְּשָׂכָר. אִם אֵין לוֹ בַּמֶּה לְהִתְפַּרְנֵס שָׁרִי. וְאַפֵּי' יֵשׁ לוֹ אִם הוּא בְּטֵילָה דְּמוּכָח שֶׁמַּנִּיחַ כָּל עֲסָקָיו וּמַשָּׂאוֹ וּמַתָּנוֹ מִסְתַּבְּרָא דַּחֲשִׁיב מוּכָח יוֹתֵר מִקַּרְנָא דְּתָהֵי בְּאַמְבָּרָא וּשְׁקִיל זוּזָא. וּבַקְּטַנִּים שָׁרִי מִשּׁוּם שְׂכַר שִׁימּוּר אוֹ פִּיסּוּק טְעָמִים כִּדְאִיתָא פֶּרֶק אֵין בֵּין הַמֻּודָּר (נְדָרִים דַּף לז.). יְרוּשַׁלְמִי בִּנְדָרִים שָׁם וְכֵן חַמֵּי מִתַּנְיָין נָסְבִין אָגְרֵיהוֹן. א"ר יוּדָן בְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל שְׂכַר בְּטֵילָה הֵן נוֹטְלִין. עוֹד בִּירוּשַׁלְמִי סַנְהֶדְרִין פ"א תַּמָּן תְּנֵינָא הַנּוֹטֵל שָׂכָר לָדוּן דִּינָיו בְּטֵלִין. כָּךְ הִיא מַתְנִיתִין הֶחָשׁוּד לִיטֹּול שָׂכָר לָדוּן דִּינָיו בְּטֵלִין. חַד בַּר נַשׁ אֲתָא לְמֵידַן קַמֵּיהּ דְּרַב הוּנָא אָמַר לֵיהּ אַייְתִי לִי חַד בַּר נַשׁ דִּיסּוּק לְדִיקְלָא תְּחוֹתַאי. רַב הוּנָא הֲוָה רְעִי תּוֹרִין וַהֲוָה יָדַע סְהִדוּ לְחַד בַּר נַשׁ אֲמַר לֵיהּ אִיתָא מַסְהִיד לִי. אֲמַר לֵיהּ הַב לִי אָגְרִי. וְתַנְיָא כֵּן נוֹתְנִין לַדַּיָּין שְׂכַר בְּטֵלוּתוֹ וְלָעֵד שְׂכַר עֵדוּתוֹ. חַד בַּר נַשׁ סָאִיבּ חַד כֹּהֵן. אֲתָא עֻובְדָּא קַמֵּי רַב יִצְחָק וְאַכְלֵיהּ חֻולִּין. סָבְרִין מֵימָר שֶׁיּוֹצְאִין לוֹ דְּמֵי תְּרוּמָה מִתּוֹכָן. כָּתַב הָרַמְבַּ"ן זַ"ל מַה שֶׁכָּתוּב בַּבָּרַיְיתָא הֶחָשׁוּד לִיטֹּול שָׂכָר לָדוּן דִּינָיו בְּטֵלִין אִם נִתְבָּרֵר לָנוּ שֶׁלֹּא נָטַל שָׂכָר בַּדִּין שֶׁדָּן אֵין הַדִּין בָּטֵל. וּמִסְתַּבְּרָא טַעְמֵיהּ. אֲבָל לָא יָדַעְנָא הֵיאַךְ יִתְבָּרֵר הַדָּבָר בְּעֵדִים שֶׁלֹּא נָטַל כֵּיוָן שֶׁהוּא חָשׁוּד. וְנוֹתֵן לוֹ שְׂכָרוֹ כְּפוֹעֵל בָּטֵל וְהָא לָאו בָּטֵיל אָמַר אַבָּיֵי כְּפוֹעֵל בָּטֵל שֶׁל אוֹתָהּ מְלָאכָה דִּבְטַל מִינַּהּ. פִּי' כְּפוֹעֵל בָּטֵל לְגַמְרֵי אוֹמְדִין כַּמָּה אָדָם רוֹצֶה לִיקַּח לִיבָּטֵל מִמְּלַאכְתּוֹ שֶׁהוּא רָגִיל לַעֲשׂוֹת בָּהּ וְלֵישֵׁב בָּטֵל וְעַתָּה אֵינוֹ מְקַבֵּל שׁוּם שָׂכָר עַל הָעֵדוּת : הֲדַרַן עֲלָךְ עַד כַּמָּה
Guemara : d'où cela [se déduit-il] ? Rav Yehouda a dit au nom de Rav : le verset dit 'Vois, je vous ai enseigné des lois et des ordonnances [comme me l'a ordonné l'Éternel mon D.ieu]' (Deut 4:5) — de même que moi [je l'ai appris] gratuitement, vous aussi [enseignez] gratuitement. Une baraita [enseigne] de même : 'comme me l'a ordonné l'Éternel mon D.ieu' — de même que moi gratuitement, vous aussi gratuitement. Explication : de même que, moi, l'Éternel me l'a ordonné et me l'a enseigné gratuitement, vous aussi vous avez appris de moi gratuitement et je n'ai pas reçu de vous de salaire. Et d'où [sait-on] que si l'on ne trouve pas [à apprendre] gratuitement, on apprend contre salaire — pour que nul ne dise que Moché notre maître (que la paix soit sur lui) ne m'a enjoint d'apprendre la Torah que si je trouve qui me l'enseigne gratuitement ? L'Écriture dit : 'Acquiers la vérité' (Prov 23:23). Et bien qu'il ait dépensé de l'argent pour son étude, il ne la vendra pas pour de l'argent. Quant à l'usage actuel d'enseigner contre salaire : si [le maître] n'a pas de quoi subvenir à ses besoins, c'est permis. Et même s'il a [de quoi vivre], s'il s'agit d'une oisiveté manifeste (bittala de-moukhah) — car il délaisse toutes ses affaires, son commerce et ses transactions — il est logique que cela soit considéré comme [encore] plus manifeste que le cas de Karna, qui restait dans l'entrepôt [pour juger] et prenait un zouz. Et pour les jeunes enfants, c'est permis au titre du salaire de surveillance (chimour) ou de la ponctuation des versets (pissouk teamim), comme il est dit au chapitre 'Ein bein ha-mouddar' (Nedarim 37a). [Talmud] de Jérusalem, dans Nedarim là-bas : de même, vois ceux qui enseignent [aux enfants] et prennent leur salaire — Rabbi Youdan fils de Rabbi Yichmael a dit : c'est un salaire d'oisiveté qu'ils prennent. Encore dans le [Talmud] de Jérusalem, Sanhédrin chapitre 1 : là nous avons appris — celui qui prend un salaire pour juger, ses jugements sont nuls ; ainsi [est] la michna : celui qui est suspecté de prendre un salaire pour juger, ses jugements sont nuls. Un homme vint plaider devant Rav Houna ; [Rav Houna] lui dit : 'apporte-moi quelqu'un qui montera au [sommet du] palmier à ma place' [pour que je ne perde pas mon salaire de travail]. Rav Houna faisait paître des taureaux, et il connaissait un témoignage en faveur d'un homme ; celui-ci lui dit : 'viens témoigner pour moi.' Il lui dit : 'donne-moi mon salaire [de dédommagement].' Et il est enseigné ainsi : on donne au juge le salaire de son oisiveté et au témoin le salaire de son témoignage. Un homme rendit impur un kohen ; l'affaire vint devant Rav Yits'hak, et [le kohen] mangea [en compensation] du hulin. Ils pensaient dire qu'on lui verse la valeur de la terouma sur [les biens de l'auteur du dommage]. Le Ramban (de mémoire bénie) a écrit : ce qui est enseigné dans la baraita — 'celui qui est suspecté de prendre un salaire pour juger, ses jugements sont nuls' — si l'on nous prouve qu'il n'a pas pris de salaire pour le jugement qu'il a rendu, le jugement n'est pas nul ; et son raisonnement est logique. Mais je ne sais comment la chose pourrait être prouvée par des témoins qu'il n'a pas pris [de salaire], puisqu'il est [déjà] suspect. Et on lui donne son salaire comme [à] un ouvrier oisif — or celui-ci n'est pas oisif [de tout] ! Abbaye a dit : comme un ouvrier oisif de ce travail-là dont il s'abstient. Explication : 'comme un ouvrier oisif' [signifie] entièrement : on évalue combien un homme accepterait de recevoir pour s'abstenir du travail qu'il a coutume de faire et rester oisif, [alors que] maintenant il ne reçoit aucun salaire pour le témoignage. Nous revenons à toi, [chapitre] 'Ad kama'.
💡 Explication

Formule de clôture du chapitre (Hadran alakh, 'nous revenons à toi') : fin du perek 'Ad kama'. Le Roch (Piskei ha-Roch) rattache ici une longue discussion sur l'enseignement de la Torah a titre gratuit (comme Moché l'a reçue, 'gratuitement') et la question du salaire du maître et du juge.

14
מַתְנִי׳ כָּל פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין , הֲנָאָתָן לְהֶקְדֵּשׁ, נִמְכָּרִין בְּאִיטְלִיז, וְנִשְׁחָטִין בְּאִיטְלִיז, וְנִשְׁקָלִין בְּלִיטְּרָא,

Michna. Tous les consacrés devenus invalides (kol pessoulei ha-moukdachin) [par un défaut] — leur profit revient au Hekdech (au trésor du Temple) : ils sont vendus à l'étal (itliz, le marché des bouchers), abattus à l'étal, et pesés à la livre (litra) ;

📜 Rachi (4)
מַתְנִי' כָּל פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין קָדָשִׁים שֶׁנָּפַל בָּהֶן מוּם:
Michna : tous les consacrés devenus invalides — des [animaux] consacrés sur lesquels un défaut est survenu.
הֲנָאָתָן לְהֶקְדֵּשׁ אִם מוֹכְרִין אוֹתָן בְּיֹוקֶר הֲנָאַת הֶקְדֵּשׁ הִיא. וּבַגְּמָרָא מִפָּרְשָׁא כֻּולָּהּ:
Leur profit revient au Hekdech — si on les vend cher, c'est un profit pour le Hekdech ; et dans la Guemara elle est expliquée en entier.
בְּאִיטְלִיז בַּשּׁוּק שֶׁלּוֹקְחִין הַרְבֵּה וְנִמְכָּר בְּיֹוקֶר:
À l'étal — au marché, où l'on achète beaucoup [et] où l'on vend cher.
וְנִשְׁקָלִין בְּלִיטְּרָא כְּדֶרֶךְ שֶׁהַקַּצָּבִין מוֹכְרִין בְּשַׂר חֻולִּין:
Et pesés à la livre — à la manière dont les bouchers vendent la viande profane.
⚖️ Rosh (1)
כָּל פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין נִמְכָּרִין בָּאִיטְלִיז וְנִשְׁקָלִין בְּלִיטְרָא. חוּץ מִן הַבְּכוֹר וּמִן הַמַּעֲשֵׂר שֶׁהֲנָאָתָן לַבְּעָלִים. וּפְסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין הֲנָאָתָן לְהֶקְדֵּשׁ. וְשׁוֹקְלִין מָנָה כְּנֶגֶד מָנָה בַּבְּכוֹר:
Tous les consacrés devenus invalides sont vendus à l'étal et pesés à la livre, sauf le premier-né (bekhor) et le dîme (maaser), dont le profit revient aux propriétaires ; les [autres] consacrés devenus invalides, leur profit revient au Hekdech. Et l'on pèse [une] mane contre [une] mane pour le premier-né.
💡 Explication

Nouvelle michna (début du chapitre 'Kol pessoulei ha-moukdachin'). Les consacrés devenus passoul par un défaut et rachetés : comme le profit de leur vente revient au Hekdech, on cherche à en tirer le meilleur prix. Donc on les vend et les abat au marché des bouchers (itliz), et on les pèse à la litra (comme la viande profane), pour maximiser le gain du Temple.

15
חוּץ מִן הַבְּכוֹר וְהַמַּעֲשֵׂר, שֶׁהֲנָיָיתָן לַבְּעָלִים. פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין — הֲנָיָיתָן לְהֶקְדֵּשׁ.

sauf le premier-né (bekhor) et le dîme (maaser), dont le profit revient aux propriétaires (bealim). [Les autres] consacrés devenus invalides — leur profit revient au Hekdech.

📜 Rachi (2)
בְּכוֹר וּמַעֲשֵׂר אִם נִמְכָּרִין בְּיֹוקֶר:
Le premier-né et le dîme — s'ils sont vendus cher.
הֲנָאָתָן לַבְּעָלִים בְּכוֹר הֲנָאָתוֹ לַכֹּהֵן וּמוֹכֵר הַבָּשָׂר לְכָל מִי שֶׁיִּרְצֶה דִּבְשַׂר בְּכוֹר נֶאֱכָל לְכָל אָדָם וְהַכֹּהֵן נוֹטֵל דָּמָיו וּלְכֹהֵן קָרֵי בְּעָלִים שֶׁל בְּכוֹר וּמַעֲשֵׂר הֲנָאַת מְכִירָתוֹ בְּיֹוקֶר לִבְעָלָיו יִשְׂרָאֵל הִיא וּמִשּׁוּם הֲנָאַת הֶדְיוֹטוֹת לָא מְזַלְזְלִינַן בַּקֳּדָשִׁים לִנְהֹוג בָּהֶן מִנְהַג חֻולִּין לְמָוכְרוֹ בְּאִיטְלִיז אֶלָּא בְּבֵיתוֹ וְאַף עַל פִּי שֶׁלֹּא יִקְפְּצוּ עֲלֵיהֶם בְּנֵי אָדָם כָּל כָּךְ וְאֵין נִשְׁקָלִין בְּלִיטְּרָא אֶלָּא בְּאֹומֶד וְאִם יַפְסִיד לֵית לַן בַּהּ:
Dont le profit revient aux propriétaires — le premier-né, son profit [revient] au kohen, qui vend la viande à qui il veut, car la viande du premier-né se mange par tout homme et le kohen en prend le prix ; et le kohen est appelé le 'propriétaire' du premier-né. Quant au dîme, le profit de sa vente [faite] cher revient à son propriétaire, un Israélite. Et pour l'intérêt de particuliers (hedyotot) on ne rabaisse pas les [animaux] consacrés au point d'y appliquer l'usage du profane, en le vendant à l'étal ; [on le vend] plutôt à la maison, même si les gens ne se précipiteront pas autant sur eux ; et ils ne sont pas pesés à la livre, mais [vendus] à l'estime — et s'il [y] perd, cela ne nous importe pas.
🗂️ Tossefot (1)
מַתְנֵי' חוּץ מִן הַבְּכוֹר וְהַמַּעֲשֵׂר שֶׁהֲנָאָתָן לַבְּעָלִים אע"פ שֶׁמְּפָרֵשׁ טַעַם מִשּׁוּם דַּהֲנָאָתָן לַבְּעָלִים עַל כָּרְחִין מִדְּאוֹרַייְתָּא הִיא כִּדְמוֹכַח בְּפֶרֶק קַמָּא דִּתְמוּרָה (דַּף ח.) וּבְסוֹף חֵלֶק (סַנְהֶדְרִין דַּף קיב:) גַּבֵּי עִיר הַנִּדַּחַת דְּדָרֵישׁ בְּהֶמְתְּךָ מִי שֶׁנֶּאֱכָלִין בְּתוֹרַת בְּהֶמְתְּךָ יָצָא בְּכוֹר וּמַעֲשֵׂר שֶׁאֵין נֶאֱכָלִין בְּתוֹרַת בְּהֶמְתֶּךָ דִּתְנַן כָּל פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין נִמְכָּרִין בָּאִיטְלִיז חוּץ מִן הַבְּכוֹר וְהַמַּעֲשֵׂר וְשֶׁמָּא מִשּׁוּם קְרָא נָפְקָא דְּאֵין נוֹהֲגִין בִּזָּיוֹן בְּדָבָר שֶׁאֵין הֲנָאָתָן לַהֶקְדֵּשׁ:
Michna : sauf le premier-né et le dîme, dont le profit revient aux propriétaires — bien qu'il [en] explique la raison au motif que 'leur profit revient aux propriétaires', c'est nécessairement [une règle] de la Torah, comme le prouve [ce qui est dit] au premier chapitre de Temoura (8a) et à la fin de [chapitre] 'Helek' (Sanhédrin 112b) à propos de la ville dévoyée (ir ha-nidahat), où l'on exégète '[le butin de] ton bétail' — ce qui se mange au titre de 'ton bétail' : sont exclus le premier-né et le dîme, qui ne se mangent pas au titre de 'ton bétail', ainsi que nous avons appris : tous les consacrés devenus invalides sont vendus à l'étal, sauf le premier-né et le dîme. Et peut-être [cette règle] se déduit-elle [aussi] d'un verset : qu'on ne traite pas avec mépris ce dont le profit ne revient pas au Hekdech.
💡 Explication

Exception : le bekhor et le maaser behema devenus blêmis. Comme leur profit va aux propriétaires (le kohen pour le bekhor, le propriétaire pour le maaser) et non au Temple, on ne les rabaisse pas au rang de viande profane : ils sont vendus à la maison, à l'estime, non pesés à la litra. On ne déprécie pas un consacré pour le seul intérêt d'un particulier.

16
וְשׁוֹקְלִין מָנָה כְּנֶגֶד מָנָה בַּבְּכוֹר.

Et l'on pèse [une] mane (livre) contre [une] mane pour le premier-né.

📜 Rachi (1)
וְשׁוֹקְלִין מָנָה כְּנֶגֶד מָנָה בַּבְּכוֹר שֶׁאִם יֵשׁ לוֹ חֲתִיכַת בְּשַׂר חֻולִּין שֶׁנִּשְׁקְלָה בְּלִיטְּרָא יָכוֹל לִשְׁקֹול בְּשַׂר בְּכוֹר כְּנֶגְדָּהּ:
Et l'on pèse [une] mane contre [une] mane pour le premier-né — car si l'on a un morceau de viande profane qui a été pesé à la livre, on peut peser de la viande de premier-né contre lui (en contrepoids).
💡 Explication

Précision finale : bien que la viande du bekhor ne se pèse pas à la litra comme la viande profane, on peut néanmoins peser un morceau de viande de bekhor contre un morceau de viande profane déjà pesé (mane kegened mane) — car ce n'est pas la même chose que peser directement à la balance commerciale.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).