Bekhorot 41a — défauts qui n'autorisent pas l'abattage : garav et hazazit (humide vs sec), vieux/malade/puant, animal ayant servi à une faute, tumtum et androgyne

Bekhorot 41a

Sougya : Début : la baraita précise que la 'arkouba' de la michna précédente est la jointure haute (visible chez le chameau, non chez le veau). La michna énonce ensuite une redondance apparente (on abat / on rachète), résolue par le besoin de trancher comme les avis individuels.

Le cœur du daf est une liste de défauts qui n'autorisent l'abattage ni au Temple ni en province : la Guemara montre que garav et hazazit figurent pourtant dans la Torah, et distingue la forme HUMIDE (guérissable, pas un mum) de la forme SÈCHE (incurable, un vrai mum) — d'où trois sortes de garav. Elle dérive de 'min ha-tson' l'exclusion du vieux, du malade et du puant (trois exclusions nécessaires), et de 'min ha-behema...' celle de l'animal ayant servi à une faute (rovea, nirba, neevad, mouktse, noguea'h), attestée par un seul témoin ou l'aveu du propriétaire.

Enfin, tumtum et androgyne : on n'abat ni au Temple ni en province ; Abaye et Rava expliquent pourquoi l'organe femelle (une 'fente' dans la chair) n'est pas un mum, contre R. Yichmael pour qui c'est le plus grand des défauts.

Trois sortes de garav (gale) — laquelle est un défaut permanent (mum) ? garav du verset (Lev 22) garav de la michna garav d'Égypte (Deut 28) sec dedans ET sec dehors = le hères (Deut) humide dedans ET humide dehors sec dedans, humide dehors (avabouot) incurable -> mum guérit -> pas un mum incurable -> mum Règle : c'est HUMIDE (donc guérissable) qui n'autorise pas l'abattage ; SEC (incurable) est un mum. La michna vise la gale humide. Idem pour la hazazit : celle d'Égypte (Deut) est un mum ; celle de tous les jours (michna) non. yalefet = celle qui s'accroche (melapefet) jusqu'à la mort — incurable.
Les trois garav et la règle humide/sec, avec le parallèle hazazit (segments 6-9).
Tumtum et androgyne : pourquoi on n'abat ni au Temple ni en province TUMTUM (sexe caché : doute mâle/femelle) Au Temple : peut-être FEMELLE -> pas de sainteté de bekhor, on offrirait du profane En province : peut-être MÂLE sans défaut -> on abattrait un consacré intact hors du Temple ANDROGYNE (les deux sexes) Au Temple : peut-être FEMELLE -> on n'offre pas En province : même mâle, l'organe femelle est-il un mum (haritz = fente) ? -> c'est tout l'enjeu du débat L'organe femelle est-il un défaut ? Trois positions Abaye haritz comme chavour : seulement sur un OS. Organe (chair) = pas mum Rava le verset garav prouve : fente dans la chair n'est pas un mum R. Yichmael nul mum plus grand : l'organe visible = mum ra (on abat)
Tumtum et androgyne : les doutes et le débat sur l'organe femelle comme défaut (segments 16-22).
Les mots 'min' du verset : chaque 'de' exclut un animal de l'autel Lev 1:2 (nedava du gros bétail) et Lev 1:10 (du menu bétail) min ha-behema exclut rovea et nirba min ha-bakar exclut le neevad (adoré) min ha-tson exclut le mouktse u-min ha-tson exclut le noguea'h min ha-tson / kevasim / izim exclut zaken, hole, mezoham rovea = animal qui a saillie un humain | nirba = objet de bestialité | neevad = adoré mouktse = mis de côté pour l'idolâtrie | noguea'h = qui a encorné et tué | mezoham = répugnant/puant Un seul témoin ou l'aveu du propriétaire : l'animal n'est pas lapidé, mais reste disqualifié.
Les mots 'min' du verset qui excluent chaque catégorie d'animal de l'autel (segments 10-15).
1
גְּמ׳ תַּנָּא: קֶפֶץ הָעֶלְיוֹן וְלֹא קֶפֶץ הַתַּחְתּוֹן, וּכְנֶגְדּוֹ בְּגָמָל נִיכָּר.

GUEMARA. On a enseigné (baraita) : [dans le cas de la queue du veau qui n'atteint pas la jointure,] c'est la jointure HAUTE qui saute (manque), et non la jointure BASSE ; et, en regard d'elle, chez le chameau [l'os] est perceptible.

📜 Rachi (2)
גְּמ' קָפַץ הָעֶלְיוֹן קָפַץ קֶשֶׁר הָעֶלְיוֹן הַיְינוּ אַרְכֻובָּתוֹ מְקוֹם חִבּוּר הַשּׁוּק וְהַיָּרֵךְ וְלֹא קָפַץ הַתַּחְתּוֹן סָמוּךְ לַפְּרָסוֹת:
GUEMARA. La jointure haute qui saute (manque) — c'est la jointure haute, à savoir la 'arkouba', l'endroit où se joignent l'os médian (chok) et l'os de la cuisse (yarech) ; et non la jointure basse, proche des onglons.
כְּנֶגְדּוֹ בְּגָמָל נִיכָּר שֶׁהַגָּמָל יֵשׁ לוֹ כְּנֶגֶד הָאַרְכֻּובָּה עֶצֶם בּוֹלֵט לַחוּץ לְשׁוֹן מוֹרִי בִּשְׁחִיטַת חֻולִּין. ל"א שָׁמַעְתִּי כְּגוֹן שֶׁזְּנַב גָּמָל מַגַּעַת עַד אוֹתוֹ עַרְקוּם:
En regard d'elle, chez le chameau [l'os] est perceptible — car le chameau a, en face de la 'arkouba', un os qui fait saillie vers l'extérieur ; c'est l'explication de mon maître dans le traité Houllin (au chapitre de l'abattage). Autre version : j'ai entendu [que cela signifie] par exemple que la queue du chameau atteint cette articulation (ce jarret).
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' תָּנָא קֶפֶץ הָעֶלְיוֹן וְלֹא קֶפֶץ הַתַּחְתּוֹן. וּכְנֶגְדּוֹ בְּגָמָל נִיכָּר:
GUEMARA. On a enseigné : la jointure haute qui saute (manque), et non la jointure basse ; et, en regard d'elle, chez le chameau [l'os] est perceptible.
💡 Explication

La michna précédente parlait de la queue du veau qui doit atteindre la arkouba (jointure). La baraita précise laquelle : la jointure haute (entre l'os de la cuisse, yarech, et l'os médian, chok), non la jointure basse près des onglons. Cette jointure est perceptible chez le chameau (un os y fait saillie) mais pas chez le veau.

🖼️ Schéma
La 'arkouba' visée : la jointure HAUTE (cuisse / jambe) os de la cuisse (yarech) jointure HAUTE = arkouba (visée) os médian (chok) jointure basse (près du sabot) — non visée vers les onglons (parsot) Chez le chameau l'os y fait saillie -> la jointure est VISIBLE Chez le veau rien ne dépasse -> non perceptible de l'extérieur
La jointure haute visée, et sa visibilité chez le chameau.
2
מַתְנִי׳ עַל אֵלּוּ מוּמִין שׁוֹחֲטִין אֶת הַבְּכוֹר, וּפְסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין נִפְדִּין עֲלֵיהֶן.

MICHNA. Pour ces défauts [énumérés plus haut], on abat le premier-né (bekhor) [hors du Temple], et les consacrés devenus invalides (pessoulei ha-mouqdachin) sont rachetés à cause d'eux.

💡 Explication

Michna de synthèse : les défauts listés dans les michnayot précédentes ont deux effets. (1) Pour un bekhor (premier-né d'animal pur), ils permettent de l'abattre hors du Temple et de le consommer. (2) Pour des animaux consacrés devenus invalides, ils permettent de les racheter (transférer la sainteté sur de l'argent) puis de les consommer.

3
גְּמָ׳ הָא תּוּ לָמָּה לִי? הָא תָּנָא לֵיהּ רֵישָׁא: עַל אֵלּוּ מוּמִין שׁוֹחֲטִין אֶת הַבְּכוֹר! סֵיפָא אִיצְטְרִיכָא: פְּסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין נִפְדִּין עֲלֵיהֶן. הָא נָמֵי פְּשִׁיטָא — מִישְׁחָט שָׁחֲטִינַן, מִיפְרָק מִיבַּעְיָא?

GUEMARA. Ce [membre-là], pourquoi encore [le] faut-il ?

Cela, la première partie [de la michna] l'a déjà enseigné : 'pour ces défauts on abat le bekhor' ! [Réponse :] c'est la fin [de la phrase] qui était nécessaire : 'les consacrés invalides sont rachetés à cause d'eux'.

Mais cela aussi est évident — puisqu'on abat [le bekhor grâce à eux], faut-il [encore] dire qu'on rachète [les consacrés invalides] ?

⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' הָא תּוּ לָמָּה לִי הָא תְּנָא לֵיהּ רֵישָׁא עַל אֵלּוּ מוּמִין שׁוֹחֲטִין אֶת הַבְּכוֹר אַיְּידֵי דִּתְנָא וְעוֹד הוֹסִיף ג' וְאָמְרוּ לוֹ לֹא שָׁמַעְנוּ אֶלָּא אֶת אֵלּוּ וְקָתָנֵי וְאָתֵי דִּיחִידָאֵי וְקָסָתֵים לַהּ בְּכֻולְּהוּ עַל אֵלּוּ מוּמִין שׁוֹחֲטִין אֶת הַבְּכוֹר:
GUEMARA. Ce [membre-là], pourquoi encore [le] faut-il ? Cela, la première partie l'a déjà enseigné : 'pour ces défauts on abat le bekhor'. [Réponse :] du fait qu'on a enseigné [plus haut] que Ila ajouta trois [défauts] et qu'on lui dit 'nous n'avons entendu que ceux-là', et qu'on enseigne des avis venus d'individus, [la michna] les pose de façon anonyme (setam) pour tous : 'pour ces défauts on abat le bekhor'.
💡 Explication

La Guemara pointe une redondance : abattre le bekhor a déjà été dit. On répond que la nouveauté est la seconde clause (on rachète les consacrés invalides). Objection : c'est évident à fortiori — si un défaut suffit à permettre l'abattage du bekhor (règle plus stricte), à plus forte raison suffit-il pour le simple rachat.

4
אֶלָּא, אַייְּדֵי דִּתְנָא שְׁלֹשָׁה הוֹסִיף, וְאָמְרוּ לוֹ: לֹא שָׁמַעְנוּ אֶת אֵלּוּ, וְקָתָנֵי וְאָתֵי דִּיחִידָאָה, וְקָא סָתֵים לַהּ בְּכֻולְּהוּ: עַל אֵלּוּ מוּמִין שׁוֹחֲטִין אֶת הַבְּכוֹר וּפְסוּלֵי הַמֻּוקְדָּשִׁין נִפְדִּין עֲלֵיהֶן.

Plutôt : puisqu'on a enseigné que [Ila] ajouta trois [défauts], et qu'on lui dit 'nous n'avons entendu que ceux-là (les premiers)', et [que la michna] enseigne alors des propos venus d'individus (di-yehidaa), [le rédacteur] les pose de façon anonyme (setam) pour tous : 'pour ces défauts on abat le bekhor, et les consacrés invalides sont rachetés à cause d'eux'.

📜 Rachi (1)
וְקָתָנֵי וְאָתֵי דִּיחִידָאָה מִשּׁוּם דַּאֲמַרַן לְעֵיל לֹא שָׁמַעְנוּ כו' אֶלָּא אֶת אֵלּוּ הָרִאשׁוֹנִים שְׁמֹנָה בְּיַבְנֶה וַהֲדַר תַּנָּא וַאֲתָא בְּמוּמִין שֶׁאֵינָם סְתָמָא אֶלָּא יְחִידָאֵי קָאָמְרִי לְהוּ כְּגוֹן ר' חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס וְר' חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל וס"ד פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלַיְיהוּ לְהָכִי הָדַר וְסָתַם אַכּוּלְּהוּ עַל אֵלּוּ מוּמִין שׁוֹחֲטִין כו':
[La michna] enseigne alors des propos venus d'individus — parce qu'on a dit plus haut 'nous n'avons entendu, etc., que ceux-là', les premiers qu'il a énumérés à Yavne, et qu'ensuite [la michna] a enseigné, à propos de défauts qui ne sont pas [présentés de façon] anonyme mais que des individus énoncent — par exemple Rabbi Hanina ben Antignos et Rabbi Hanina ben Gamliel — et [comme] on aurait pu penser que les Sages les contredisent, c'est pourquoi [le rédacteur] revient et pose de façon anonyme, pour tous : 'pour ces défauts on abat, etc.'.
💡 Explication

La vraie raison de cette michna : les défauts en jeu avaient été enseignés au nom d'individus (R. Hanina ben Antignos, R. Hanania ben Gamliel), et on aurait pu croire que les Sages contestent. Le rédacteur les reprend donc de façon anonyme (setam), ce qui signale que la halakha suit tous ces avis.

5
מַתְנִי׳ וְאֵלּוּ שֶׁאֵין שׁוֹחֲטִין עֲלֵיהֶן, לֹא בַמִּקְדָּשׁ וְלֹא בַמְּדִינָה: חֲווַרְוַר, וְהַמַּיִם שֶׁאֵין קִבּוּעִין, וְחוּטִין הַפְּנִימִיּוֹת שֶׁנִּפְגְּמוּ — אֲבָל לֹא שֶׁנֶּעֶקְרוּ, וּבַעַל גָּרָב, וּבַעַל יַבֶּלֶת, וּבַעַל חֲזָזִית, זָקָן, וְחוֹלֶה, וּמְזֹוהָם, וְשֶׁנֶּעֶבְדָה בּוֹ עֲבֵירָה, וְשֶׁהֵמִית אָדָם — עַל פִּי עֵד אֶחָד אוֹ עַל פִּי הַבְּעָלִים.

MICHNA. Et voici ceux pour lesquels on n'abat pas, ni au Temple ni en province : la taie blanche (hivarver), les larmes qui ne sont pas permanentes (ha-mayim), les gencives (dents) internes qui ont été ébréchées — mais non celles qui ont été arrachées ; celui qui a la gale (baal garav), celui qui a une verrue (baal yabelet), celui qui a le dartre (baal hazazit) ; [l'animal] vieux, malade ou puant ; celui avec lequel a été commise une faute, et celui qui a tué un homme — [ces deux derniers établis] par un seul témoin ou par le propriétaire.

📜 Rachi (6)
מַתְנֵי' וּבַעַל יַבֶּלֶת כִּדְאוֹקֵימְנָא לְעֵיל כו' בִּדְאֵין בָּהּ עֶצֶם דְּאִי אִיכָּא עֶצֶם הָוְיָא מוּם גָּמוּר וְאֵין בָּהּ שֵׂעָר (וְיֵשׁ בָּהּ) בְּלָבָן שֶׁל עַיִן דְּאִי בְּגוּפוֹ תִּלְתּוּל בְּעָלְמָא הוּא:
MICHNA. Et celui qui a une verrue (baal yabelet) — comme nous l'avons établi plus haut, [il s'agit] du cas où il n'y a pas d'os [dans la verrue] ; car s'il y a un os, c'est un mum complet ; et [du cas] où il n'y a pas de poil [dessus] mais [où elle est] dans le blanc de l'œil ; car si c'est sur le corps, ce n'est qu'une simple excroissance.
גָּרָב וַחֲזָזִית מִינֵי שְׁחִין:
Garav et hazazit sont des sortes d'ulcères (chehin).
מְזֹוהָם מַסְרִיחַ:
Puant (mezoham) — qui dégage une mauvaise odeur.
וְשֶׁנֶּעֶבְדָה בּוֹ עֲבֵירָה שֶׁנִּרְבַּע:
Et celui avec lequel a été commise une faute — qui a été l'objet de bestialité (nirba).
אוֹ שֶׁהֵמִית אָדָם ע"פ עֵד אֶחָד שֶׁאֵין אֶלָּא עֵד אֶחָד לֹא בִּרְבִיעָה וְלֹא בִּנְגִיחָה:
Ou celui qui a tué un homme, par un seul témoin — [c'est-à-dire] qu'il n'y a qu'un seul témoin, ni pour la bestialité ni pour l'homicide [par encornement].
ע"פ עַצְמוֹ שֶׁאֵין שָׁם עֵד אֶלָּא בְּעָלִים אָמְרוּ דְּאִי הָווּ ב' עֵדִים בַּדָּבָר הָוֵי בִּסְקִילָה אֲפִילּוּ בַּהֲנָאָה מִיתְּסַר:
Par lui-même (l'aveu du propriétaire) — qu'il n'y a là aucun témoin, mais que les propriétaires [l']ont dit ; car s'il y avait eu deux témoins dans l'affaire, [l'animal] serait passible de lapidation, [et alors] même d'en tirer profit serait interdit.
💡 Explication

Liste de conditions qui n'autorisent pas l'abattage (ni au Temple ni hors du Temple) : elles ne sont pas des mumim permanents. On y trouve des affections passagères de l'œil et des dents, trois maladies de peau (garav, yabelet, hazazit), l'état général (vieux, malade, puant), et deux cas moraux (animal ayant servi à une faute ou ayant tué) — établis même par un seul témoin ou l'aveu du maître.

6
וְטֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס, לֹא בַמִּקְדָּשׁ וְלֹא בַמְּדִינָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֵין לְךָ מוּם גָּדוֹל מִזֶּה, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵינוֹ בְּכוֹר, אֶלָּא נִגְזָז וְנֶעֱבָד.

Et le tumtum et l'androgyne : ni au Temple ni en province. Rabbi Chimon dit : tu n'as pas de défaut plus grand que celui-là [et on l'abat].

Et les Sages disent : il n'est pas un bekhor, mais il est tondu et [mis] au travail (nigzaz ve-neevad).

📜 Rachi (3)
וְטֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס סָפֵק זָכָר וְקָדְשֵׁי סְפֵק נְקֵבָה הֵן וְלֹא קָדְשִׁי:
Et le tumtum et l'androgyne — [le tumtum est] un doute mâle, [donc] consacré, [ou] un doute femelle, [donc] non consacré.
אֵין לְךָ מוּם גָּדוֹל מִזֶּה אַאַנְדְּרוֹגִינוֹס קָאֵי דִּמְקוֹם נְקֵבוֹת הָוֵי כְּמוּם וְהָוֵי כִּבְכוֹר בַּעַל מוּם וְנִשְׁחָט בַּמְּדִינָה וְאָסוּר בְּגִיזָּה וַעֲבוֹדָה:
Tu n'as pas de défaut plus grand que celui-là — cela se rapporte à l'androgyne : car l'emplacement de la féminité est [tenu] pour un défaut, et [l'animal] est comme un bekhor porteur de défaut, on l'abat en province, et il est interdit à la tonte et au travail.
וחכ"א אֵינוֹ בְּכוֹר דְּבָרֶיהָ בִּפְנֵי עַצְמָהּ הוּא וְנִגְזָז וְנֶעֱבָד:
Et les Sages disent : il n'est pas un bekhor — car c'est une créature en soi (à part entière), et il est tondu et [mis] au travail.
💡 Explication

Deux cas de sexe indéterminé. Le tumtum a les organes cachés (doute mâle/femelle) ; l'androgyne a les deux. On ne les abat ni au Temple ni en province. R. Chimon (le texte reprend R. Yichmael plus bas) : l'organe femelle de l'androgyne est le plus grand des défauts, donc on l'abat. Les Sages : l'androgyne n'a pas du tout le statut de bekhor ; c'est une créature à part, profane, qu'on peut tondre et faire travailler.

7
גמ׳ וְגָרָב לֹא? וְהָכְתִיב ״גָּרָב״ בְּאוֹרָייְתָא! וַחֲזָזִית לֹא? וְהָכְתִיב ״יַלֶּפֶת״ בְּאוֹרָייְתָא! וְתַנְיָא: ״גָּרָב״ — זֶה הַחֶרֶס, ״יַלֶּפֶת״ — זוֹ חֲזָזִית הַמִּצְרִית, וְאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: לָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ ״יַלֶּפֶת״? שֶׁמְּלַפֶּפֶת וְהוֹלֶכֶת עַד יוֹם הַמִּיתָה.

GUEMARA. Et la gale (garav) ne [serait-elle] pas [un mum] ?!

Or il est écrit 'garav' dans la Torah ! Et le dartre (hazazit) ne [serait-il] pas [un mum] ?!

Or il est écrit 'yalefet' dans la Torah ! Et on a enseigné (baraita) : 'garav' — c'est le hères (le sec dur comme la faïence) ; 'yalefet' — c'est le dartre d'Égypte (hazazit ha-mitzrit).

Et Rich Lakich a dit : pourquoi l'a-t-on appelé 'yalefet' ? Parce qu'il s'accroche (melapefet) et progresse jusqu'au jour de la mort.

📜 Rachi (6)
גְּמ' וְגָרָב לָא הָוֵי מוּם גָּמוּר:
GUEMARA. Et la gale ne [serait-elle] pas — un mum complet ?
וְהָכְתִיב גָּרָב בְּאוֹרָיְיתָא (וַיִּקְרָא כ״ב:כ״ב) גַּבֵּי עַוֶּרֶת אוֹ שָׁבוּר דִּכְתִיב אוֹ גָרָב אוֹ יַלֶּפֶת:
Or il est écrit 'garav' dans la Torah — (Lev 22:22) à propos de 'aveugle ou cassé', où il est écrit 'ou galeux (garav) ou avec dartre (yalefet)'.
וְתוּ חֲזָזִית לָא מוּם גָּמוּר הוּא וְהָכְתִיב בְּאוֹרָיְיתָא:
Et de plus le dartre ne [serait-il] pas — un mum complet ? Or il est écrit [ainsi] dans la Torah.
זֶה חֶרֶס שְׁחִין שֶׁקָּשֶׁה כְּחֶרֶס:
C'est le hères — un ulcère dur comme la faïence (hères).
חֲזָזִית הַמִּצְרִית שְׁחִין שֶׁהוּבָא עַל הַמִּצְרִים:
Le dartre d'Égypte — un ulcère qui fut amené sur les Égyptiens.
מְלַפֶּפֶת דְּבוּקָה בּוֹ כְּדִמְתַרְגְּמִינַן (שְׁמוֹת לוֹ) וִיחַבֵּר וְלַפֵּיף:
Melapefet — attachée à lui (collé à lui), comme le rend le Targoum (Ex 36) 'et il assembla' [rendu par] 'et il attacha (velapif)'.
🗂️ Tossefot (1)
[ה"ג גָּרָב זֶה הַחֶרֶס תֵּימַהּ אַמַּאי לָא קָאָמַר מֵהַהִיא גָּרָב דְּבַקְּלָלוֹת שֶׁל מִשְׁנֵה תּוֹרָה דִּכְתִיב בְּגָרָב וּבֶחָרֶס וְהַהִיא גָּרָב לָאו הַיְינוּ חֶרֶס וּמוּם קָבוּעַ הוּא דִּכְתִיב בֵּיהּ אֲשֶׁר לֹא תוּכַל לְהֵרָפֵא וְי"ל דְּמַשְׁמַע דִּנְקַט הָכָא זוֹ אַף זוֹ דְּגָרָב שֶׁהוּא חֶרֶס יָבֵשׁ מִבַּחוּץ וּמִבִּפְנִים וְהָוֵי מוּם וַאֲפִילּוּ יַלֶּפֶת נָמֵי שֶׁהוּא לַח מִבַּחוּץ וְיָבֵשׁ מִבִּפְנִים כִּדְקָאָמְרִינַן בְּסָמוּךְ הָוֵי מוּם וְגַבֵּי קְלָלוֹת נָקֵיט זוֹ אַף זוֹ שֶׁיִּלְקֶה בַּגָּרָב וַאֲפִילּוּ בְּחֶרֶס דְּקָשֶׁה טְפֵי]:
[La leçon exacte est 'garav, c'est le hères'.] C'est étonnant : pourquoi ne pas invoquer le 'garav' des malédictions du Deutéronome, où il est écrit 'de garav et de hères' — car ce 'garav'-là n'est pas le hères, et c'est un mum permanent, puisqu'il y est écrit 'dont tu ne pourras guérir' ? On peut répondre : cela indique qu'ici [la baraita] procède par 'ceci et même cela' (zou af zou) : le garav qui est le hères [est] sec dehors et dedans et c'est un mum ; et même la yalefet, qui est humide dehors et sèche dedans comme on le dit juste après, est aussi un mum. Et à propos des malédictions [le verset] procède par 'ceci et même cela' : qu'il soit frappé de garav et même de hères, qui est plus dur encore.
💡 Explication

Contradiction : la michna range garav et hazazit parmi les non-mumim, mais la Torah (Lev 22:22) les cite comme défauts disqualifiants. La baraita identifie : le 'garav' de la Torah = le hères (sec) ; la 'yalefet' = le dartre d'Égypte. Rich Lakich : 'yalefet' vient de melapefet, elle s'accroche et progresse jusqu'à la mort — donc incurable.

8
בִּשְׁלָמָא חֲזָזִית אַחֲזָזִית לָא קַשְׁיָא: כָּאן בַּחֲזָזִית הַמִּצְרִית, כָּאן בַּחֲזָזִית דְּעָלְמָא. אֶלָּא גָּרָב אַגָּרָב קַשְׁיָא! גָּרָב אַגָּרָב נָמֵי לָא קַשְׁיָא, הָא בְּלַח, הָא בְּיָבֵשׁ. לַח — אִיתַּסִּי, יָבֵשׁ — לָא מִיתַּסֵּי.

Certes, [la contradiction] du dartre sur le dartre n'est pas difficile : ici [la Torah parle] du dartre d'Égypte, là [la michna parle] du dartre ordinaire. Mais [la contradiction] du garav sur le garav est difficile !

[Réponse :] le garav sur le garav non plus n'est pas difficile — ceci [se rapporte] à l'humide, cela au sec. L'humide guérit ; le sec ne guérit pas.

💡 Explication

Résolution : pour la hazazit, deux espèces — celle d'Égypte (Torah, un mum) et celle ordinaire (michna, pas un mum). Pour le garav, distinction humide/sec : la michna vise le garav humide (guérissable, donc pas un mum permanent) ; la Torah vise le garav sec (incurable, donc un mum).

9
וְלַח מִיתַּסֵּי? וְהָכְתִיב: ״יַכְּכָה ה׳ בִּשְׁחִין מִצְרַיִם וְגוֹ׳״, וּמִדִּכְתִיב ״וּבֶחָרֶס״ הֲרֵי גָּרָב לַח אָמוּר, וְקָאָמַר: ״אֲשֶׁר לֹא תוּכַל לְהֵרָפֵא״!

Mais l'humide guérit-il [vraiment] ?! Or il est écrit : 'Le Seigneur te frappera de l'ulcère d'Égypte, [des hémorroïdes, du garav et du hères]', et puisqu'il est écrit 'et du hères' [le sec], voilà que le garav humide est [aussi] mentionné — et [le verset] dit : 'dont tu ne pourras guérir' !

💡 Explication

Difficulté contre la distinction : dans Deut 28:27, l'ulcère d'Égypte est déclaré incurable ('dont tu ne pourras guérir'). Puisque le 'hères' (sec) y est nommé séparément, le mot 'garav' du même verset doit désigner le garav humide — pourtant lui aussi y est dit incurable. Donc l'humide ne guérit pas toujours : la distinction humide/sec ne suffit pas.

10
אֶלָּא, תְּלָתָא הָווּ: דִּקְרָא — יָבֵשׁ בֵּין מִבִּפְנִים בֵּין מִבַּחוּץ, דְּמַתְנִיתִין — לַח מִבַּחוּץ וּמִבִּפְנִים, דְּמִצְרַיִם — יָבֵשׁ מִבִּפְנִים וְלַח מִבַּחוּץ, דִּכְתִיב ״וַיְהִי שְׁחִין פּוֹרֵחַ אֲבַעְבּוּעוֹת בָּאָדָם״.

Plutôt : il y en a trois. Celui du verset [des défauts] — sec aussi bien dedans que dehors.

Celui de la michna — humide dehors et dedans. Celui d'Égypte — sec dedans et humide dehors, comme il est écrit : 'et il y eut un ulcère bourgeonnant en pustules (avabouot) sur l'homme [et la bête]'.

📜 Rachi (5)
אֶלָּא תְּלָתָא גָּרָב הָווּ דִּקְרָא גַּבֵּי מוּמִין דְּדָרְשִׁינַן בֵּיהּ זֶה הַחֶרֶס יָבֵשׁ בִּפְנִים וּמִבַּחוּץ:
Plutôt il y a trois garav. Celui du verset — à propos des défauts, dont nous exégetons 'c'est le hères', sec dedans et dehors.
דְּמִצְרַיִם דְּהַייְנוּ הַאי בִּקְלָלוֹת וּבַגָּרָב וּבֶחָרֶס יָבֵשׁ בִּפְנִים וְלַח מִבַּחוּץ וְכֵיוָן דְּיָבֵשׁ מִבִּפְנִים לָא מִיתַּסֵּי וְאִי הָוֵי בִּבְכוֹר הָוֵי נָמֵי מוּם גָּמוּר:
Celui d'Égypte — c'est celui des malédictions, 'et de garav et de hères', sec dedans et humide dehors ; et puisqu'il est sec dedans, il ne guérit pas, et s'il était [advenu] sur un bekhor, ce serait aussi un mum complet.
דְּמַתְנִי' לַח מִבִּפְנִים וְלַח בַּחוּץ:
Celui de la michna — humide dedans et humide dehors.
פּוֹרֵחַ הַייְנוּ הַאי שֶׁנִּרְאֶה לְמַעְלָה דְּדָבָר הַבּוֹלֵט הָוֵי פּוֹרֵחַ:
Bourgeonnant (poréa'h) — c'est ce qui apparaît au-dessus, car une chose qui fait saillie est [dite] 'bourgeonnante'.
וּכְתִיב אֲבַעְבּוּעוֹת דְּהַייְנוּ לְשׁוֹן נוֹבֵעַ דְּמַשְׁמַע מִבַּחוּץ הָיָה לַח:
Et il est écrit 'avabouot' (pustules) — c'est le terme de 'jaillir/couler' (novea), ce qui indique qu'à l'extérieur il était humide.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא תְּלָתָא הָווּ כו' דִּקְרָא דְּגַבֵּי מוּמִין דְּדָרְשִׁינַן בֵּיהּ זֶה הַחֶרֶס יָבֵשׁ מִבִּפְנִים וּמִבַּחוּץ דְּמִצְרַיִם לַח מִבַּחוּץ וְיָבֵשׁ מִבִּפְנִים וְכֵיוָן דְּיָבֵשׁ מִבִּפְנִים לָא מִתַּסֵּי וְאִם נִתְרַפְּאוּ מִמֶּנּוּ הַמִּצְרִיִּים שֶׁמָּא מַעֲשֵׂה נֵס הָיָה וְיֵשׁ לִתְמֹוהַּ הָא שְׁחִין מִצְרַיִם דְּנִכְתַּב בְּרֵישֵׁיהּ דִּקְרָא דִּקְלָלוֹת מַאן נִיהוּ דְּגָרָב וְחֶרֶס שֶׁאֵין לָהֶם רְפוּאָה בְּהַהוּא קְרָא כְּתִיבִי:
Plutôt il y en a trois, etc. — celui du verset des défauts, dont nous exégetons 'c'est le hères', sec dedans et dehors ; celui d'Égypte, humide dehors et sec dedans, et puisqu'il est sec dedans il ne guérit pas ; et si les Égyptiens en ont guéri, c'était peut-être un miracle. Et il faut s'étonner : l'ulcère d'Égypte écrit au début du verset des malédictions, qu'est-il donc ? Car le garav et le hères qui n'ont pas de remède sont [déjà] écrits dans ce même verset.
💡 Explication

Solution définitive : trois garav. (1) Celui du verset des défauts (Lev 22) = sec dedans et dehors (le hères), incurable, un mum. (2) Celui de la michna = humide dedans et dehors, guérissable, pas un mum. (3) Celui d'Égypte (Deut 28) = sec dedans, humide dehors ('avabouot', pustules qui coulent) ; sec dedans donc incurable. Chaque verset parle d'un type différent.

11
וְהַזָּקֵן וְהַחוֹלֶה וְהַמְזֹוהָם. מְנָהָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנָן: ״מִן הַצֹּאן וּמִן הַכְּשָׂבִים וּמִן הָעִזִּים״ — פְּרָט לַזָּקֵן וְלַחוֹלֶה וְלַמְזֹוהָם.

'Et le vieux, le malade et le puant.' D'où [tient-on] ces choses ? De ce que nos maîtres ont enseigné : 'du menu bétail, des brebis et des chèvres' (min ha-tson, min ha-kevasim, min ha-izim) — pour exclure le vieux, le malade et le puant.

📜 Rachi (2)
מְנָא הָנֵי מִילֵּי דְּאֵין שׁוֹחֲטִין אוֹתוֹ בַּמִּקְדָּשׁ:
D'où [tient-on] ces choses — qu'on ne l'abat pas [comme offrande] au Temple.
מִן הַצֹּאן מִן הַכְּשָׂבִים קְרָא כְּתִיב בְּוַיִּקְרָא וְאִם מִן הַצֹּאן קָרְבָּנוֹ מִן הַכְּשָׂבִים אוֹ מִן הָעִזִּים וְגוֹ' דְּדָרְשִׁינַן מִן הַצֹּאן וְלֹא כָּל הַצֹּאן וְכֵן כֻּולְּהוּ:
'Du menu bétail, des brebis' — le verset est écrit dans le Lévitique : 'et si son offrande est du menu bétail, des brebis ou des chèvres, etc.', dont nous exégetons 'du menu bétail' [= d'une partie] et non de tout le menu bétail ; et de même pour tous [les 'min'].
💡 Explication

La michna disqualifie le vieux, le malade et le puant (mezoham). Source : Lev 1:10 emploie trois fois le mot min ('de/parmi'). Or 'min ha-tson' signifie 'd'une partie du menu bétail, non de tout' : chacun des trois 'min' exclut un animal — le vieux, le malade, le puant.

12
וּצְרִיכִי, דְּאִי כְּתַב רַחֲמָנָא לְמַעוֹטֵי זָקֵן, דְּלָא הָדַר בָּרִיא, אֲבָל חוֹלֶה, דְּהָדַר בָּרִיא — אֵימָא לֹא. וְאִי כְּתַב לְמַעוֹטֵי חוֹלֶה, דְּלָאו אוֹרְחֵיהּ, אֲבָל זָקֵן, דְּהַיְינוּ אוֹרְחֵיהּ — אֵימָא לָא.

Et [les trois] sont nécessaires. Car si le Miséricordieux avait écrit [un seul 'min'] pour exclure le vieux, qui ne redevient pas sain, mais le malade, qui peut redevenir sain — [j'aurais] dit : non [il n'est pas exclu].

Et s'il avait écrit pour exclure le malade, dont ce n'est pas la voie [naturelle d'être ainsi], mais le vieux, dont c'est [au contraire] la voie [naturelle] — [j'aurais] dit : non.

💡 Explication

Pourquoi trois mots ? Un seul ne suffirait pas. (à) S'il n'excluait que le vieux (définitivement diminué), on croirait le malade admissible car il peut guérir. (b) S'il n'excluait que le malade (état anormal), on croirait le vieux admissible car vieillir est normal.

🖼️ Schéma
Pourquoi TROIS exclusions (zaken, holé, mezoham) sont nécessaires Un seul 'min' ? exclurait le vieux (ne guérit jamais) mais le malade guérit -> on l'aurait admis Ou l'inverse ? exclurait le malade (anormal) mais vieillir est normal -> on l'aurait admis Deux 'min' ? excluraient les maigres (vieux+malade) mais le puant n'est pas maigre -> admis D'où trois 'min' chacun exclut un cas propre : vieux, malade, et puant (répugnant)
La nécessité des trois exclusions (vieux, malade, puant).
13
וְאִי כְּתַב רַחֲמָנָא תְּרֵי, לִמְעוּטֵי הָנֵי דִּכְחִישִׁי, אֲבָל מְזֹוהָם דְּלָא כְּחִישׁ — אֵימָא לָא, וְאִי נָמֵי לְמַעוֹטֵי מְזֹוהָם מִשּׁוּם דִּמְאִיס, אֲבָל הָנֵי דְּלָא מְאִיסִי — אֵימָא לָא, צְרִיכִי.

Et si le Miséricordieux avait écrit deux [mots], pour exclure ceux-là qui sont maigres, mais le puant, qui n'est pas maigre — [j'aurais] dit : non. Et si aussi [il n'avait écrit qu'un mot] pour exclure le puant parce qu'il est répugnant, mais ceux-là qui ne sont pas répugnants — [j'aurais] dit : non.

[Donc les trois] sont nécessaires.

💡 Explication

Suite : (c) avec deux mots seulement, on penserait qu'ils excluent les animaux maigres (vieux et malade), et que le puant, qui n'est pas maigre, reste admissible. (d) À l'inverse, un mot excluant le puant (parce que répugnant) laisserait admettre vieux et malade, non répugnants. Il faut donc bien les trois.

14
וְשֶׁנֶּעֶבְדָה בּוֹ עֲבֵירָה וְכוּ׳. מְנָא הָנֵי מִילֵּי?

'Et celui avec lequel a été commise une faute, etc.' D'où [tient-on] ces choses ?

💡 Explication

Transition : la michna disqualifie aussi l'animal ayant servi à une transgression (bestialité, culte idolâtre) et celui qui a tué un homme. La Guemara cherche la source scripturaire.

15
דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״מִן הַבְּהֵמָה״ — לְהוֹצִיא רוֹבֵעַ וְנִרְבָּע, ״מִן הַבָּקָר״ — לְהוֹצִיא אֶת הַנֶּעֱבָד, ״מִן הַצֹּאן״ — לְהוֹצִיא אֶת הַמֻּוקְצֶה, ״וּמִן הַצֹּאן״ — לְהוֹצִיא אֶת הַנּוֹגֵחַ.

De ce que nos maîtres ont enseigné : 'du bétail (min ha-behema)' — pour exclure le rovea (l'animal qui a saillie un humain) et le nirba (objet de bestialité) ; 'du gros bétail (min ha-baqar)' — pour exclure le neevad (adoré comme idole) ; 'du menu bétail (min ha-tson)' — pour exclure le mouktse (mis de côté [pour l'idolâtrie]) ; 'et du menu bétail (u-min ha-tson)' — pour exclure le noguea'h (qui a encorné [et tué]).

📜 Rachi (3)
נֶעֱבָד שֶׁעֲשָׂאוּהוּ עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים:
Neevad — [l'animal] dont on a fait une idole (objet de culte).
מֻוקְצֶה שֶׁהֻוקְצָה וְהֻופְרַשׁ לְצֹורֶךְ עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים:
Mouktse — qui a été mis de côté et séparé pour les besoins de l'idolâtrie.
נוֹגֵחַ אֶת הָאָדָם וּמֵת:
Noguéa'h — [qui a encorné] un homme et [l'a] tué.
💡 Explication

Source (Lev 1:2) : chaque 'min' exclut une catégorie. 'min ha-behema' -> rovea et nirba (bestialité active/passive) ; 'min ha-baqar' -> neevad (adoré) ; 'min ha-tson' -> mouktse (réservé à l'idolâtrie) ; 'u-min ha-tson' -> noguea'h (qui a tué en encornant).

16
הָנֵי בְּנֵי קְטָלָא נִינְהוּ! עַל פִּי עֵד אֶחָד אוֹ עַל פִּי הַבְּעָלִים.

Mais ceux-là sont passibles de mort [par lapidation] ! [Réponse :] par un seul témoin, ou par le propriétaire.

📜 Rachi (2)
וּפָרְכִינַן וְהָנֵי בְּנֵי קְטָלָא נִינְהוּ אַרוֹבֵעַ וְנִרְבָּע וְאַנּוֹגֵחַ קָאֵי:
Et nous objectons : mais ceux-là sont passibles de mort — cela se rapporte au rovea, au nirba et au noguea'h.
וּמְשַׁנֵּי כְּגוֹן שֶׁאֵין שָׁם אֶלָּא עֵד אֶחָד בַּדָּבָר אוֹ הַבְּעָלִים עַצְמָן הוֹדוּ מֵעַצְמָן דְּשׁוּב אֵין נִסְקָלִין הַבְּהֵמוֹת דְּמוֹדֶה בִּקְנָס פָּטוּר:
Et nous répondons : par exemple lorsqu'il n'y a là qu'un seul témoin dans l'affaire, ou que les propriétaires eux-mêmes ont avoué d'eux-mêmes — car alors les bêtes ne sont plus lapidées, [l'aveu opérant selon le principe que] celui qui avoue [une dette entraînant] une amende (kenas) en est exempté.
💡 Explication

Objection : rovea, nirba et noguea'h sont déjà voués à la lapidation (et donc interdits à tout usage) — pourquoi un verset spécial ? Réponse : le verset vise le cas où il n'y a qu'un seul témoin ou l'aveu du propriétaire : l'animal n'est pas mis à mort (témoignage insuffisant / aveu qui exempte de l'amende), mais il reste disqualifié de l'autel.

17
בִּשְׁלָמָא טֻומְטוּם, בַּמִּקְדָּשׁ לֹא — דִּילְמָא נְקֵבָה הִיא, בַּמְּדִינָה לָא — דִּילְמָא זָכָר הוּא וְלֵית בֵּהּ מוּמָא.

Certes, le tumtum : au Temple non — peut-être est-il femelle ; en province non — peut-être est-il mâle et sans défaut.

📜 Rachi (1)
דִּילְמָא נְקֵבָה הִיא וּמַקְרִיבָהּ לְשֵׁם בְּכוֹר וְאֵינוֹ מַקְדִּישָׁהּ וְהִיא אֵינָהּ קְדוֹשָׁה בִּבְכוֹרָה וְקָמַיְיתִי חֻולִּין בָּעֲזָרָה:
Peut-être est-il femelle — et [alors] il l'offre au titre de bekhor sans [pouvoir] le consacrer, or elle [la femelle] n'est pas sanctifiée par la [sainteté du] premier-né, et il se trouve qu'il introduit du profane dans la cour [du Temple].
💡 Explication

La Guemara justifie la double interdiction pour le tumtum. Au Temple : peut-être femelle (donc pas un bekhor sanctifié ; l'offrir serait apporter du profane dans la cour). En province : peut-être mâle sans défaut (donc consacré et intact ; l'abattre dehors serait interdit).

18
אֶלָּא אַנְדְּרוֹגִינוֹס, בִּשְׁלָמָא בַּמִּקְדָּשׁ לֹא, דִּלְמָא נְקֵבָה הִיא. אֶלָּא בַּמְּדִינָה נָמֵי, נְהִי דְּזָכָר הוּא — תַּעֲשֶׂה נְקֵבוֹת חָרִיץ, וְיִשְׁחֹוט עֲלָהּ!

Mais l'androgyne — certes, au Temple non, peut-être est-il femelle. Mais en province aussi [?] : quand bien même il serait mâle, que sa féminité soit tenue pour une fente (haritz), et qu'on l'abatte à cause d'elle !

📜 Rachi (1)
וְיִשָּׁחֵט עָלֶיהָ דְּהָא כְּתִיב חָרוּץ בְּאוֹרָיְיתָא דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא כ״ב:כ״ב) עַוֶּרֶת אוֹ שָׁבוּר אוֹ חָרוּץ:
Et qu'on l'abatte à cause d'elle — car voici que 'fendu' (harouts) est écrit dans la Torah, comme il est écrit (Lev 22:22) 'aveugle, ou cassé, ou fendu (harouts)'.
💡 Explication

Question sur l'androgyne. Au Temple : peut-être femelle -> d'accord, on n'offre pas. Mais en province : même si c'est un mâle, pourquoi ne pas traiter son organe femelle comme une 'fente' (haritz) — le défaut de 'fendu' (harouts) figurant dans la Torah (Lev 22:22) — et donc l'abattre à ce titre ?

19
אָמַר אַבַּיֵּי: אֲמַר קְרָא ״אוֹ חָרוּץ אוֹ שָׁבוּר״, חָרוּץ דֻּומְיָא דְּשָׁבוּר, מַה שָׁבוּר בִּמְקוֹם עֶצֶם, אַף חָרוּץ בִּמְקוֹם עֶצֶם.

Abaye dit : le verset dit 'ou fendu, ou cassé' (o harouts o chavour) — [donc] 'fendu' est semblable à 'cassé' : de même que 'cassé' [se dit] à l'emplacement d'un os, de même 'fendu' [se dit] à l'emplacement d'un os.

💡 Explication

Réponse d'Abaye : le verset accole 'fendu' et 'cassé'. Par analogie de contexte, 'fendu' n'est un défaut qu'au même titre que 'cassé' : là où il y a un os (on ne 'casse' pas de la chair). L'organe femelle étant de la chair, sa 'fente' n'est pas un mum.

20
רָבָא אָמַר: בְּלָא שָׁבוּר נָמֵי לָא מָצֵית אָמְרַתְּ חָרוּץ בִּמְקוֹם בָּשָׂר הָוֵי מוּמָא, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ הָוֵי מוּמָא, כֵּיוָן דְּאָמַר ״גָּרָב״ זֶהוּ חֶרֶס, מִיחְרָץ חָרִיץ, דִּכְתִיב: ״וּמַרְאֵהוּ עָמֹוק מִן הָעוֹר״, כְּמַרְאֵה חַמָּה הָעֲמֻוקָּה מִן הַצֵּל.

Rava dit : même sans [l'analogie avec] 'cassé', tu ne peux pas dire qu'une fente à l'emplacement de la chair est un défaut. Car si tu venais à penser que c'[en] est un — puisqu'on a dit 'garav, c'est le hères', [or le hères] fend bel et bien une fente, comme il est écrit [des plaies] 'et son aspect est plus profond que la peau', tel l'aspect [d'un endroit au] soleil, plus profond (bas) que l'ombre.

📜 Rachi (2)
כֵּיוָן דְּאָמַר מַר גָּרָב זֶה הַחֶרֶס וַדַּאי מִיחְרָץ חָרִיץ נָגַע הוּא:
Puisque Mar a dit 'garav, c'est le hères' — [le hères] fend assurément une fente : c'est une plaie (nega).
וּכְתִיב בִּנְגָעִים (שָׁם יג) עָמֹוק דְּהַייְנוּ שָׁפֵל כְּמַרְאֵה חַמָּה שֶׁנִּרְאֵית עֲמֻוקָּה שָׁפֵל מִן הַצֵּל הִילְכָּךְ לִיכָּתֵב חָרִיץ דְּמַשְׁמַע בִּמְקוֹם בָּשָׂר נָמֵי הָוְיָא מוּם אַף עַל גַּב דְּלָא מְאִיס כְּגָרָב וכ"ש גָּרָב:
Et il est écrit — à propos des plaies (Lev 13) 'profond', c'est-à-dire enfoncé (bas), tel l'aspect [d'un lieu au] soleil qui paraît profond, plus bas que l'ombre ; dès lors, que [le verset] écrive 'fendu' — ce qui indiquerait qu'à l'emplacement de la chair aussi c'est un mum, bien que ce ne soit pas répugnant comme le garav — et à plus forte raison le garav [serait un mum].
💡 Explication

Réponse de Rava (sans analogie) : le garav est appelé hères et il creuse une fente dans la peau (comparée à une plaie 'plus profonde que la peau', comme le soleil paraît creuser par rapport à l'ombre). Le garav est donc lui-même une sorte de 'fente' dans la chair — et pourtant la michna dit qu'il n'autorise pas l'abattage. Preuve qu'une fente dans la chair n'est pas un mum.

21
וְלִיכָּתֵב רַחֲמָנָא ״חָרוּץ״ וְלָא בָּעֵי ״גָּרָב״, וְאָמֵינָא: ״חָרוּץ״ דְּלָא מְאִיס — הָוֵי מוּמָא, ״גָּרָב״ דִּמְאִיס — לֹא כָל שֶׁכֵּן? כְּתַב רַחֲמָנָא ״גָּרָב״ לְמֵימַר דְּחָרוּץ בִּמְקוֹם בָּשָׂר — לָא הָוֵי מוּמָא.

Et [pourtant] que le Miséricordieux écrive [seulement] 'fendu' et n'ait pas besoin de 'garav' ! Et je dirais : 'fendu', qui n'est pas répugnant, est un défaut ; 'garav', qui est répugnant — ne l'est-il pas à plus forte raison ?

[Si] le Miséricordieux [a néanmoins] écrit 'garav', c'est pour dire que 'fendu' à l'emplacement de la chair n'est pas un défaut.

💡 Explication

Suite du raisonnement de Rava : puisqu'un garav (répugnant) serait un mum à fortiori si une simple 'fente' l'était, le mot 'garav' du verset serait superflu. S'il est néanmoins écrit, c'est précisément pour enseigner que 'fendu' dans la chair n'est PAS un mum (sinon 'garav' se déduirait tout seul). Donc l'organe femelle de l'androgyne n'est pas un défaut permettant l'abattage.

22
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: אֵין לְךָ מוּם גָּדוֹל מִזֶּה. כְּאַבַּיֵּי לֹא אָמַר, חָרוּץ דֻּומְיָא דְּשָׁבוּר לָא אָמְרִינַן.

'Rabbi Yichmael dit : tu n'as pas de défaut plus grand que celui-là.' [Selon lui] : il n'a pas dit comme Abaye — nous ne disons pas 'fendu semblable à cassé'.

⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס לֹא בַּמִּקְדָּשׁ וְלֹא בַמְּדִינָה. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר אֵין מוּם גָּדוֹל מִזֶּה. וחכ"א אֵינוֹ בְּכוֹר אֶלָּא נִגְזָז וְנֶעֱבָד:
MICHNA. Tumtum et androgyne : ni au Temple ni en province. Rabbi Yichmael dit : il n'y a pas de défaut plus grand que celui-là. Et les Sages disent : il n'est pas un bekhor, mais il est tondu et [mis] au travail.
💡 Explication

Retour à l'avis de R. Yichmael (= le R. Chimon de la michna, selon la version) : l'organe femelle EST le plus grand des défauts. La Guemara explique : il rejette le raisonnement d'Abaye — pour lui on ne dit pas que 'fendu' doit ressembler à 'cassé' ; ce sont deux défauts distincts, et une fente dans la chair est bien un mum.

23
כְּרָבָא נָמֵי לָא אָמַר, דִּילְמָא הֵיכָא דְּלָא מִינַּכְרָא, אֲבָל הֵיכָא דְּמִינְּכַר — ״מוּם רַע״ קָרֵינָא בֵיהּ.

Il n'a pas non plus dit comme Rava : peut-être [Rava ne conclut ainsi] que là où [la fente] n'est pas perceptible ; mais là où elle EST perceptible, nous l'appelons 'un défaut mauvais' (mum ra) [et l'animal est disqualifié].

📜 Rachi (1)
דִּילְמָא נָמֵי דָּייְקִינַן דְּחָרוּץ בִּמְקוֹם בָּשָׂר לָא הָוֵי מוּמָא הֵיכָא דְּלָא מִינְכַּר חָרִיץ כָּל כָּךְ כַּנְּקֵבוֹת שֶׁל בְּהֵמָה:
Peut-être — déduisons-nous aussi qu'une 'fente' à l'emplacement de la chair n'est pas un défaut [seulement] là où la fente n'est pas si perceptible, comme la féminité [normale] de la bête.
💡 Explication

R. Yichmael rejette aussi Rava : l'argument de Rava ne vaudrait que pour une fente peu visible. Mais l'organe femelle de l'androgyne est bien apparent ; on peut alors l'appeler 'mum ra' (défaut mauvais, Deut 15:21) et disqualifier l'animal. D'où sa position : c'est le plus grand des défauts.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).