Bekhorot 41b — l'androginos premier-né : mâle certain ou doute ? le dilemme de Rava sur Rabbi Ishmael

Bekhorot 41b

Sougya : La sougya sonde la pensée de Rabbi Ishmael, qui enseigne que l'androginos (hermaphrodite) est un bekhor (premier-né) 'et son défaut est avec lui'. Rava demande : tient-il pour évident (pashit) que c'est un mâle, donc un bekhor certain dont l'organe femelle constitue le moum permanent (permis à l'abattage hors du Temple) ?

Ou bien reste-t-il dans le doute (safek), parlant par 'im timtse lomar' (si tu dis) ? La nafka mina : flagellation pour tonte/travail et remise au Cohen.

La Guemara teste ensuite une baraita qui exclut le toumtoum et l'androginos du sacrifice à partir d'un 'zakhar' (mâle) surnuméraire, et montre qu'elle ne colle ni au tana kama ni aux derniers Rabbanan, mais bien à Rabbi Ishmael pour qui l'androginos est un mâle certain. Enfin Rav Hisda distingue l'androginos (objet de la mahloket) du toumtoum, doute unanime, sanctifié par doute — ce que Rava conteste par l'argument des évaluations (arakhin).

Le dilemme de Rava : que pense vraiment Rabbi Ishmael ? R. Ishmael : "l'androginos est un bekhor, et son défaut est avec lui" 1. C'est évident (pashit) l'androginos EST un mâle, donc un bekhor certain ; l'organe femelle EST son défaut (moum) permanent -> abattu hors du Temple 2. C'est un doute (safek) mâle ou femelle ? incertain ; R. Ishmael parle par "si tu dis" (im timtse lomar) : SI c'est un bekhor, alors son défaut est avec lui
Les deux branches du dilemme de Rava sur le raisonnement de Rabbi Ishmael (segment 0).
Nafka mina : bekhor certain vs. bekhor douteux Question Bekhor certain Bekhor douteux Tonte et travail(guiza / avoda) interdit ETflagellation (malkot) interdit mais PAS deflagellation (doute) À qui le donner ? on le donne auCohen reste au propriétaire(la preuve incombe au demandeur)
La conséquence pratique (nafka mina) entre bekhor certain et bekhor douteux (segment 1).
"Mâle" en trop -> qui exclut-il ? Test des trois opinions La baraita exclut le toumtoum et l'androginos d'un "zakhar" surnuméraire (Lev 1:10) Tana kama (doute) l'androginos est un safek (mâle ou femelle) un verset exclurait un DOUTE ?! rejeté Rabbanan derniers entité propre (bria) : un verset l'exclut. Mais au bekhor un SEUL "zakhar" exclut les trois cas ! rejeté (d'abord) Rabbi Ishmael c'est un mâle certain : le verset exclut du sacrifice (car défaut), non un simple doute retenu -> il est pashit
L'examen de la baraita du 'mâle' surnuméraire selon les trois opinions (segments 3-6).
1
בָּעֵי רָבָא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל? מִיפְשָׁט פְּשִׁיטָא לֵיהּ אַנְדְּרוֹגִינוֹס בְּכוֹר הוּא וּמוּמוֹ עִמּוֹ, אוֹ דִּילְמָא סַפּוֹקֵי מְסַפְּקָא לֵיהּ, ו״אם תִּימְצָא לוֹמַר״ קָאָמַר — אִם תִּימְצָא לוֹמַר בְּכוֹר הוּא, הֲרֵי מוּמוֹ עִמּוֹ!

Rava pose une question : quel est le motif de Rabbi Ishmael ? Tient-il pour évident (pashit) que l'androginos est un bekhor (premier-né) et que son défaut est avec lui (mumo imo) ; ou bien la chose lui reste-t-elle douteuse (safek), et énonce-t-il [sa règle] à la manière du 'si tu dis' (im timtse lomar) — [c'est-à-dire :] si tu dis que c'est un bekhor, [alors] voici que son défaut est avec lui ?

📜 Rachi (1)
אוֹ דִּילְמָא סַפּוֹקֵי מְסַפְּקָא לֵיהּ אִם זָכָר הוּא אִם נְקֵבָה הוּא. וְהַאי דְּקָאָמַר מוּמוֹ עִמּוֹ אִם תִּימְצָא לוֹמַר קָאָמַר אִם תִּימְצָא לוֹמַר סְפֵק בְּכוֹר הֲרֵי מוּמוֹ עִמּוֹ:
Ou bien la chose lui reste-t-elle douteuse — [à savoir] s'il est mâle ou s'il est femelle. Et ce qu'il dit 'son défaut est avec lui', il le dit à la manière du 'si tu dis' : si tu dis [que c'est] un bekhor douteux, voici que son défaut est avec lui.
💡 Explication

Enoncé de la mishna : R. Ishmael dit que l'androginos (hermaphrodite, aux organes des deux sexes) est un bekhor (premier-né) 'et son défaut est avec lui', c'est-à-dire abattable hors du Temple car l'organe femelle est lui-même un moum (défaut) permanent. Rava demande : R. Ishmael tient-il cela pour évident (l'androginos est certainement un mâle), ou parle-t-il par hypothèse (im timtse lomar = 'si tu dis'), sans trancher s'il est mâle ou femelle ?

🖼️ Schéma
Le dilemme de Rava : que pense vraiment Rabbi Ishmael ? R. Ishmael : "l'androginos est un bekhor, et son défaut est avec lui" 1. C'est évident (pashit) l'androginos EST un mâle, donc un bekhor certain ; l'organe femelle EST son défaut (moum) permanent -> abattu hors du Temple 2. C'est un doute (safek) mâle ou femelle ? incertain ; R. Ishmael parle par "si tu dis" (im timtse lomar) : SI c'est un bekhor, alors son défaut est avec lui
Les deux lectures possibles de Rabbi Ishmael.
2
לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְמִילְקֵא עֲלֵיהּ מִשּׁוּם גִּיזָּה וַעֲבוֹדָה, אִי נָמֵי לְמִיתְּבֵהּ לְכֹהֵן.

Quelle est la différence pratique (nafka mina) [entre les deux lectures] ? Pour être passible de flagellation (malkot) à son sujet au titre de la tonte (guiza) et du travail (avoda) ; ou bien pour le donner au Cohen.

📜 Rachi (2)
לְמִילְקָא עָלֶיהָ כו' אִי אָמְרַתְּ בְּכוֹר הוּא לָקֵי דִּבְכוֹר בַּעַל מוּם נָמֵי אָסוּר בְּגִיזָּה וַעֲבוֹדָה וְאִם סָפֵק הוּא מִסְּפֵיקָא לָא מַלְקִינַן לֵיהּ:
Pour être passible de flagellation, etc. — si tu dis que c'est un bekhor [certain], il est flagellé, car un bekhor à défaut (baal moum) est lui aussi interdit à la tonte et au travail ; et si c'est un doute, par doute on ne le flagellé pas.
אִי נָמֵי לְמִיתְּבֵיהּ לְכֹהֵן אִם בְּכוֹר הוּא נוֹתְנוֹ לַכֹּהֵן וְאוֹכְלוֹ בְּמוּם זֶה וְאִם סָפֵק הוּא אוֹכְלוֹ יִשְׂרָאֵל בְּמוּם זֶה כְּדִין סְפֵק בְּכוֹר הַנֶּאֱכָל בְּמוּמוֹ לַבְּעָלִים דְּהַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה:
Ou bien pour le donner au Cohen — si c'est un bekhor [certain], on le donne au Cohen, qui le consomme avec ce défaut ; et si c'est un doute, un Israélite le consomme avec ce défaut, selon la règle du bekhor douteux qui est consommé avec son défaut par le propriétaire, car celui qui réclame à autrui doit apporter la preuve (ha-motsi me-havero alav ha-reaya).
💡 Explication

Nafka mina (conséquence pratique) : si l'androginos est un bekhor certain, on est passible de malkot (flagellation) pour l'avoir tondu ou avoir travaillé avec lui, car un bekhor à défaut reste interdit à la tonte et au travail ; s'il n'est que douteux, on n'est pas flagellé (doute). Autre nafka : le bekhor certain se donne au Cohen ; le douteux reste au propriétaire (la preuve incombe au demandeur — ha-motsi me-havero alav ha-reaya).

🖼️ Schéma
Nafka mina : bekhor certain vs. bekhor douteux Question Bekhor certain Bekhor douteux Tonte et travail(guiza / avoda) interdit ETflagellation (malkot) interdit mais PAS deflagellation (doute) À qui le donner ? on le donne auCohen reste au propriétaire(la preuve incombe au demandeur)
Les deux conséquences pratiques.
3
תָּא שְׁמַע: רַבִּי אִילְעַאי אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: אַנְדְּרוֹגִינוֹס בְּכוֹר הוּא, וּמוּמוֹ עִמּוֹ. שְׁמַע מִינַּהּ מִיפְשָׁט פְּשִׁיטָא לֵיהּ! וְדִילְמָא ״אִם תִּימָּצֵא לוֹמַר״ קָאָמַר!

Viens et écoute : Rabbi Ilai dit au nom de Rabbi Ishmael : l'androginos est un bekhor, et son défaut est avec lui. Apprends-en donc que la chose lui est évidente (pashit) !

[Réponse :] mais peut-être énonce-t-il [cela] à la manière du 'si tu dis' (im timtse lomar) !

📜 Rachi (1)
דִּילְמָא אִם תִּימְצָא לוֹמַר קָאָמַר כְּלוֹמַר אִם בְּכוֹר הוּא הֲרֵי מוּמוֹ עִמּוֹ:
Mais peut-être énonce-t-il [cela] à la manière du 'si tu dis' — c'est-à-dire : si c'est un bekhor, voici que son défaut est avec lui.
💡 Explication

La Guemara tente de trancher le dilemme par une baraita : R. Ilai transmet au nom de R. Ishmael que l'androginos 'est un bekhor et son défaut est avec lui'. Preuve que c'est évident pour lui ? Non : la baraita peut elle aussi se lire par hypothèse ('si c'est un bekhor, son défaut est avec lui').

4
תָּא שְׁמַע: זָכָר — וְלֹא נְקֵבָה. כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר לְמַטָּה ״זָכָר״, שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר, מַה תַּלְמוּד לוֹמַר? לְהוֹצִיא טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס.

Viens et écoute : '[un] mâle (zakhar)' — et non une femelle. Lorsqu'il [re]dit plus bas 'mâle', alors qu'il n'y avait pas lieu de le dire (she-ein talmud lomar), que vient enseigner ce [second] 'mâle' ?

À exclure le toumtoum et l'androginos.

📜 Rachi (4)
ה"ג בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים זָכָר וְלֹא נְקֵבָה זָכָר כְּתִיב גַּבֵּי עוֹלַת בָּקָר זָכָר תָּמִים יַקְרִיבֶנּוּ וּמַשְׁמַע וְלֹא נְקֵבָה:
La version [correcte] : dans le Torat Kohanim — 'mâle et non femelle' — 'mâle' est écrit à propos de l'olah de gros bétail : 'un mâle sans défaut il l'offrira' (Lev 1:3), ce qui implique : et non une femelle.
כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר זָכָר לְמַטָּה בְּעוֹלַת צֹאן:
Lorsqu'il dit 'mâle' plus bas — à propos de l'olah de menu bétail.
שֶׁאֵין ת"ל דְּלָא צָרִיךְ לְגוּפֵיהּ לִמְעוּטֵי נְקֵבָה דְּהָא אִימְּעִיטָא לָהּ:
Alors qu'il n'y avait pas lieu de le dire — car il n'est pas nécessaire pour lui-même d'exclure la femelle, celle-ci ayant déjà été exclue.
לְהוֹצִיא טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס הוּא דַּאֲתָא:
À exclure le toumtoum et l'androginos — c'est [pour cela] qu'il vient.
💡 Explication

Nouvelle baraita (Torat Kohanim) sur l'olah (holocauste). Pour le gros bétail il est écrit 'zakhar' (un mâle, Lev 1:3) — donc pas une femelle. Pour le menu bétail il est de nouveau écrit 'mâle' (Lev 1:10) : ce mot est surnuméraire (la femelle étant déjà exclue). Il vient donc exclure le toumtoum (dont les organes sont recouverts, sexe indéterminable) et l'androginos du sacrifice.

5
מַנִּי? אִילֵּימָא תַּנָּא קַמָּא — סְפֵיקָא הוּא, וְאָתֵי קְרָא לְמַעוֹטֵי סְפֵיקָא?

De qui [est cette baraita] ? Si tu dis [que c'est] le tana kama [de la mishna] — [pour lui l'androginos] est un doute (safek), et un verset viendrait exclure un doute ?!

📜 Rachi (3)
מַנִּי הַאי דְּאִימְּעִיט טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס מִזָּכָר בָּתְרָא:
De qui — cette [règle] qui exclut le toumtoum et l'androginos du second 'mâle'.
אִילֵּימָא ת"ק דְּמַתְנִיתִין הָא טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס סָפֵק הוּא:
Si tu dis [que c'est] le tana kama — de la mishna : or [pour lui] le toumtoum et l'androginos sont un doute.
וְאִיצְטְרִיכָא קְרָא לְמַעוּטֵי סְפֵיקָא בִּתְמִיהַּ. הָא לֵיכָּא סָפֵק קַמֵּי שְׁמַיָּא אֶלָּא וַדַּאי מִשּׁוּם דִּבְרִיָּה בִּפְנֵי עַצְמוֹ הוּא קָמְמַעֵיט לֵיהּ וּדְלֹא כת"ק:
Et un verset serait nécessaire pour exclure un doute — sur un ton d'étonnement. Or il n'y a pas de doute devant le Ciel, mais [une chose] certaine ; c'est parce qu'il est une entité à part (bria bifnei atsmo) que [le verset] l'exclut — et non selon le tana kama.
🗂️ Tossefot (2)
אִילֵּימָא ת"ק (סָבַר) סְפֵיקָא הוּא וְאָתֵי קְרָא לְמַעוֹטֵי סְפֵיקָא וא"ת מְנָא לֵיהּ דְּטַעֲמָא דת"ק מִשּׁוּם סְפֵיקָא דִּילְמָא הָוֵי בְּחוּטִים הַפְּנִימִיּוֹת שֶׁנִּפְגְּמוּ וְשֶׁנִּגְמְמוּ דְּהָוֵי מוּם לְעִנְיַן דְּאֵין שׁוֹחֲטִין בַּמִּקְדָּשׁ וְלָא הָוֵי מוּם לִישָּׁחֵט בַּמְּדִינָה וּלְעוֹלָם בְּכוֹר וַדַּאי וי"ל דְּמִדְּקָאָמַר ר' יִשְׁמָעֵאל בַּבָּרַיְיתָא בְּכוֹר הוּא וּמוּמוֹ עִמּוֹ מִכְּלָל דלת"ק לָא הָוֵי וַדַּאי בְּכוֹר:
'Si tu dis [que c'est] le tana kama — [pour lui c'est] un doute, et un verset vient exclure un doute' — on pourrait demander : d'où [sait-on] que le motif du tana kama est le doute ? Peut-être est-ce dans les cas où les filaments internes [de la trachée] ont été ébréchés ou arrachés, ce qui constitue un défaut au regard du fait qu'on n'abat pas [la bête] dans le Temple, sans être un défaut [permettant] de l'abattre 'en province', et [pourtant] c'est un bekhor certain ! On peut répondre : du fait que R. Ishmael dit dans la baraita 'c'est un bekhor et son défaut est avec lui', on déduit par implication que pour le tana kama ce n'est pas un bekhor certain.
וְאָתֵי קְרָא לְמַעוֹטֵי סְפֵיקָא כִּי הַאי גַווְנָא פָּרִיךְ בְּפֶ' בָּתְרָא דְּיוֹמָא (דַּף עַד.) גַּבֵּי כּוֹי וּבִכְרִיתוֹת בְּפֶרֶק דַּם שְׁחִיטָה (כְּרִיתוֹת דַּף כא.) ובפ"ק דְּחֻולִּין (דַּף כב:) גַּבֵּי תְּחִלַּת הַצִּהוּב שֶׁבָּזֶה וְשֶׁבָּזֶה וְלָא דָּמֵי לִשְׁאָר דֻּוכְתֵי דִּמְמַעֲטִינַן סָפֵק מִקְּרָא לְקַמָּן בְּפֶ' בָּתְרָא (בְּכוֹרוֹת דַּף נח:) עֲשִׂירִי וַדַּאי אָמַר רַחֲמָנָא וְלֹא עֲשִׂירִי סָפֵק וְכֵן בַּהֶרֶת בְּסוֹף נָזִיר (דַּף סה:) סָפֵק בַּהֶרֶת קָדְמָה סָפֵק שֵׂעָר לָבָן קָדַם דִּמְמַעֵט לֵיהּ מִלְּטַהֲרוֹ אוֹ לְטַמְּאוֹ הוֹאִיל וּפָתַח הַכָּתוּב בְּטָהֳרָה תְּחִלָּה פְּעָמִים שֶׁהָיָה כָּךְ וְטֻומְטוּם נָמֵי הֲוָה שַׁייָּךְ שַׁפִּיר לִמְעוּטֵי שֶׁיֵּשׁ מֵהֶם זָכָר וְיֵשׁ מֵהֶם נְקֵבָה וּפְטָרוֹ הַכָּתוּב כָּל זְמַן שֶׁהוּא סָפֵק אֲבָל כּוֹי וּתְחִלַּת הַצִּהוּב וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס כֻּולָּן שָׁוִים דְּקַמֵּי שְׁמַיָּא גַּלְיָא כּוֹי אִם חַיָּה אִם בְּהֵמָה וְאִם תְּחִלַּת צָהֹוב חָשׁוּב גָּדוֹל אוֹ קָטָן וְאִם אַנְדְּרוֹגִינוֹס זָכָר אוֹ נְקֵבָה וא"ת הָא רַב דס"ל דְּאַנְדְּרוֹגִינוֹס סְפֵיקָא הוּא כְּדִמְפָרֵשׁ בְּסוֹף הַמַּפֶּלֶת (נִדָּה דַּף כֹּח.) דִּמְטַמֵּא בְּלֹובֶן וּבְאֹודֶם וּמִדְּקָאָמַר בְּסוֹף הֶעָרֵל (יְבָמוֹת דַּף פג.) הֲלָכָה כְּר' יוֹסֵי דְּלָא הִכְרִיעוּ בּוֹ אִם זָכָר אוֹ נְקֵבָה וּבְרִיָּה בִּפְנֵי עַצְמוֹ דְּקָאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּבָּרַיְיתָא לָאו דַּוְקָא וְאַפֵּ"ה מְמַעֵט לֵיהּ רַב לְעִנְיַן בִּיאַת מִקְדָּשׁ מִדִּכְתִיב מִזָּכָר וְעַד נְקֵבָה זָכָר וַדַּאי נְקֵבָה וַדָּאִית וְלֹא טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס וְהֵיכִי אָתֵי קְרָא לְמַעוּטֵי סְפֵיקָא וְיֵשׁ לוֹמַר דְּהָכָא פָּרִיךְ שַׁפִּיר דִּמְמַעֵט לֵיהּ אַנְדְּרוֹגִינוֹס מֵהַזָּכָר יַתִּירָא דִּכְתִיב גַּבֵּי עוֹלָה וְאִם בָּא לִמְעוּטֵי אֲפִילּוּ הוּא זָכָר מִשּׁוּם דִּמְשֻׁונֶּה מִשְּׁאָר זְכָרִים א"כ מִדִּמְמַעֲטִינַן לֵיהּ מֵהַזָּכָר ש"מ זָכָר הוּא וְלֹא נְקֵבָה אַלְמָא לָא אָתְיָא כת"ק דְּאָמַר סְפֵיקָא הוּא אֲבָל בְּהַהִיא דְּרַב תְּרֵי מִיעוּטֵי כְּתִיבִי דַּהֲוָה מָצֵי לְמִיכְתַּב מִזָּכָר וְעַד אָדָם אוֹ מִנְּקֵבָה עַד אָדָם וַאֲתָא חַד מִינַּייְהוּ לְטֻומְטוּם וְחַד לְאַנְדְּרוֹגִינוֹס וְאִם אַנְדְּרוֹגִינוֹס הוּא זָכָר אָתְיָא מִזָּכָר לִמְעוּטֵי וְאִם הוּא נְקֵבָה אָתֵי עַד נְקֵבָה לִמְעוּטֵי מִטַּעַם שֶׁהוּא מְשֻׁונֶּה וּלְפִי טַעַם זֶה אִית לֵיהּ שַׁפִּיר לְרַב הָא דְּאָמַר רַב חִסְדָּא בְּסָמוּךְ מַחֲלֹוקֶת בְּאַנְדְּרוֹגִינוֹס אֲבָל בְּטֻומְטוּם סְפֵיקָא הֲוָה וְקָדוֹשׁ הוּא מִסְּפֵיקָא פֵּירוּשׁ דְּלֵית לָן לְאוֹקוֹמֵי מִיעוּטָא לְטֻומְטוּם שֶׁהוּא וַדַּאי אוֹ זֶה אוֹ זֶה אֶלָּא שֶׁהוּא מְכֻוסֶּה וְהָא דְּאוֹקֵי רַב מִיעוּטָא לְטֻומְטוּם מִשּׁוּם דְּאִיכָּא יִתּוּרָא וְעוֹד יֵשׁ לְפָרֵשׁ דִּצְרִיכִי הָנָךְ תְּרֵי מִיעוּטֵי דְּרַב דְּכֵיוָן שֶׁהֻוצְרַךְ לִכְתֹּוב זָכָר כְּדֵי לְמַעֵט אַנְדְּרוֹגִינוֹס אִם הוּא זָכָר לְפִי שֶׁהוּא זָכָר מְשֻׁונֶּה וְעַד נְקֵבָה לִמְעוּטֵי אִם הוּא נְקֵבָה עַל כָּרְחָךְ צָרִיךְ לִכְתּוֹב שְׁנֵיהֶם כְּדֵי שֶׁלֹּא תֹּאמַר זָכָר דַּוְקָא וְלֹא נְקֵבָה אוֹ נְקֵבָה דַּוְקָא (אֲבָל) וְלֹא זָכָר וְלֹא נְפָרֵשׁ דַּהֲוָה מָצֵי לְמִכְתַּב עַד אָדָם ומ"מ סָבַר רַב דְּמוֹקְמִינַן נָמֵי מִיעוּטָא לְטֻומְטוּם וְלֹא כְּרַב חִסְדָּא דִּלְקַמָּן נַמֵּי אַשְׁכְּחַן ר' יוֹחָנָן דְּלֵית לֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא וּמָצִינוּ לְמֵימַר נָמֵי מִשּׁוּם טֻומְטוּם לְחוּדֵיהּ צְרִיכִי תַּרְוַיְיהוּ לִמְעוּטֵי סְפֵיקָא דִּידֵיהּ מִדִּין זָכָר אִם אַחַ"כּ נִמְצָא זָכָר וּמִדִּין נְקֵבָה אִם אַחַ"כּ נִמְצָא נְקֵבָה וה"ה אַנְדְּרוֹגִינוֹס לְפִי שֶׁהוּא מְשֻׁונֶּה מִשְּׁאָר זָכָר אוֹ מִשְּׁאָר נְקֵבָה וּשְׁקוּלִים הֵן וְלֵית לֵיהּ לְרַב דְּהַהִיא דְּרַב חִסְדָּא וְכֵן אַבַּיֵּי בפ"ק דַּחֲגִיגָה (דַּף ד.) מְמַעֵט טֻומְטוּם מִשּׁוּם דְּאִיכָּא יִתּוּרָא וְיֵשׁ לִתְמֹוהַּ דְּקָפָרֵיךְ לְקַמָּן אֶלָּא מֵעַתָּה בַּעֲרָכִין יֵעָרֵךְ וּמַיְיתִי רְאָיָה מִבָּרַייְתָא דְּמִמְּעִיט לֵיהּ מֵעֵרֶךְ אִישׁ וְאִשָּׁה מֵהַזָּכָר אִם נְקֵבָה וּמְשַׁנֵּי סַמִּי מִכָּאן טֻומְטוּם מַאי קוּשְׁיָא הָתָם אִיכָּא יִתּוּר דְּמִשּׁוּם אַנְדְּרוֹגִינוֹס לֹא צָרִיךְ אֶלָּא חַד וְי"ל דְּהָתָם נַמֵּי צְרִיכִי תַּרְוַייְהוּ לְאַנְדְּרוֹגִינוֹס דְּאִי כְּתִיב הַזָּכָר לִמְעוּטֵי הֵ"א לָא גָּרַע מִנְּקֵבָה וְיִהְיֶה בְּעֵרֶךְ נְקֵבָה וא"ת וְהָא דְּפָרִיךְ מֵאִם זָכָר אִם נְקֵבָה לְהוֹצִיא טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס מַאי קֻושְׁיָא דִּילְמָא הָא גַּבֵּי שְׁלָמִים אִיכָּא תְּרֵי מִיעוּטֵי אִם זָכָר אִם נְקֵבָה דְּאִם הוּא מִיעוּט כִּדְקָאָמַר בְּפֶרֶק הַמַּפֶּלֶת (נִדָּה דַּף כֹּח.) וְאוֹמֵר ר"י דְּגָרַס זָכָר אוֹ נְקֵבָה דִּכְתִיב בִּקְרָא בְּשַׁלְמֵי צֹאן דְּהָכִי דְּרֵישׁ לֵיהּ בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים אֲבָל אִם זָכָר אִם נְקֵבָה דִּכְתִיב בְּשַׁלְמֵי בָּקָר דָּרֵישׁ לֵיהּ הָתָם בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים וּלְעֵיל בפ"ב (בְּכוֹרוֹת דַּף טו:) וּבִתְמוּרָה בְּפֶרֶק אֵלּוּ קָדָשִׁים (תְּמוּרָה דַּף יז:) לְרַבּוֹת וְלַד בַּעֲלֵי מוּמִין וְהַשְׁתָּא פָּרִיךְ שַׁפִּיר לְרַב חִסְדָּא דִּבְהַאי קְרָא לָא כְּתִיב אֶלָּא חַד מִיעוּטָא וְהָוֵי אוֹ לְמַעֵט כְּמוֹ אוֹ כֶשֶׂב פְּרָט לְכִלְאַיִם אוֹ עֵז פְּרָט לְנִדְמֶה:
'Et un verset vient exclure un doute' — [la Guemara] objecte de la sorte au dernier chapitre de Yoma (74a) à propos du koy, dans Keritot au chapitre 'Dam chehita' (21a), et au premier chapitre de Houlin (22b) à propos du début du [duvet] jauni sur l'un et sur l'autre. Cela ne ressemble pas aux autres endroits où l'on exclut un doute d'un verset — plus loin, dernier chapitre (Bekhorot 58b) : 'le dixième certain, dit la Miséricorde, et non le dixième douteux', de même pour la baheret à la fin de Nazir (65b) : 'doute [si] la baheret [est] apparue en premier, doute [si] le poil blanc [est] apparu en premier', qu'on exclut de 'le déclarer pur ou le déclarer impur' dès lors que l'Écriture a ouvert d'abord par la pureté — car il y avait parfois [réellement doute]. Le toumtoum aussi se prête bien à l'exclusion, car il en est de mâle et il en est de femelle, et l'Écriture l'a exempté tant qu'il est douteux ; mais le koy, le début du jauni et l'androginos sont tous semblables, car [la vérité] est révélée devant le Ciel : le koy — s'il est bête sauvage ou domestique ; le début du jauni — s'il compte comme grand ou petit ; et l'androginos — s'il est mâle ou femelle. Et on pourrait demander : voici Rav, qui tient que l'androginos est un doute, comme il l'explique à la fin de 'Ha-mapelet' (Nidda 28a) — qu'il rend impur par le blanc et par le rouge — et du fait qu'il est dit à la fin de 'Hé-arel' (Yevamot 83a) 'la halakha est comme R. Yossi, qui n'a pas tranché à son sujet s'il est mâle ou femelle' (et 'entité à part' que dit R. Yossi dans la baraita n'est pas à prendre au pied de la lettre), et malgré cela Rav l'exclut quant à l'entrée au Temple de 'du mâle jusqu'à la femelle' — mâle certain, femelle certaine, et non toumtoum et androginos — [alors] comment un verset vient-il exclure un doute ? On peut répondre : ici l'objection est bonne, car [la baraita] exclut l'androginos du 'mâle' surnuméraire écrit à propos de l'olah ; or s'il venait à l'exclure même s'il est mâle, parce qu'il diffère des autres mâles, [le verset aurait dû l'exclure autrement] ; du fait qu'on l'exclut du 'mâle', apprends-en qu'il est [tenu pour] mâle et non femelle — preuve que [la baraita] ne suit pas le tana kama qui dit que c'est un doute. Mais dans le cas de Rav, deux exclusions sont écrites, car il aurait pu écrire 'du mâle jusqu'à l'homme' ou 'de la femelle jusqu'à l'homme' : l'une vient pour le toumtoum, l'autre pour l'androginos ; si l'androginos est mâle, il est exclu de 'mâle' ; s'il est femelle, il est exclu de 'jusqu'à la femelle', du fait qu'il diffère. Et selon ce raisonnement, Rav peut fort bien tenir ce que dit Rav Hisda plus loin : 'la mahloket porte sur l'androginos, mais le toumtoum, de l'avis de tous, est un doute et il est sanctifié par doute' — c'est-à-dire qu'on n'a pas à rattacher l'exclusion au toumtoum, qui est certainement l'un ou l'autre mais [seulement] recouvert ; et si Rav rattache l'exclusion au toumtoum, c'est parce qu'il y a un [mot] surnuméraire. On peut encore expliquer que ces deux exclusions de Rav sont nécessaires : puisqu'il a fallu écrire 'mâle' pour exclure l'androginos s'il est mâle (parce que c'est un mâle qui diffère), et 'jusqu'à la femelle' pour l'exclure s'il est femelle, il faut nécessairement écrire les deux, afin que tu ne dises pas 'mâle précisément et non femelle' ou 'femelle précisément et non mâle' ; et n'explique pas qu'il aurait pu écrire 'jusqu'à l'homme'. Néanmoins Rav tient qu'on rattache aussi une exclusion au toumtoum, contrairement à Rav Hisda ci-dessous — car on trouve de même R. Yo'hanan qui ne tient pas comme Rav Hisda. On peut aussi dire que, pour le toumtoum seul, les deux [exclusions] sont nécessaires pour exclure son doute : au titre de 'mâle' s'il s'avère ensuite mâle, et au titre de 'femelle' s'il s'avère ensuite femelle — et il en va de même pour l'androginos, qui diffère des autres mâles et des autres femelles, et [les deux cas] s'équivalent ; et Rav ne tient pas ce que dit Rav Hisda. De même Abaye, au premier chapitre de Haguiga (4a), exclut le toumtoum parce qu'il y a un [mot] surnuméraire. Et l'on peut s'étonner : [la Guemara] objecte plus loin 'mais alors, quant aux évaluations (arakhin), qu'il soit évalué !' et apporte une preuve d'une baraita qui l'exclut de la valeur d'homme et de femme, du '[le] mâle' [pour dire] : si c'est une femelle... et l'on répond 'retranche d'ici le toumtoum' — quelle est l'objection ? Car là il y a un surplus, puisque pour l'androginos un seul [mot] suffit. On peut répondre que là aussi les deux sont nécessaires pour l'androginos : car si l'on écrivait '[le] mâle' pour exclure, j'aurais dit qu'il n'est pas inférieur à une femelle et qu'il serait dans la valeur d'une femelle. Et l'on pourrait demander : cette objection tirée de 'si mâle, si femelle, à exclure le toumtoum et l'androginos' — quelle est l'objection ? Peut-être, s'agissant des chelamim, y a-t-il deux exclusions 'si mâle, si femelle', 'si' étant une exclusion comme il est dit dans 'Ha-mapelet' (Nidda 28a) ! Et R. Yits'hak dit qu'il faut lire 'mâle ou femelle', qui est écrit à propos des chelamim de menu bétail, ainsi qu'on l'exégète dans le Torat Kohanim ; tandis que 'si mâle, si femelle', écrit à propos des chelamim de gros bétail, on l'exégète là-bas dans le Torat Kohanim, et plus haut au deuxième chapitre (Bekhorot 15b) et dans Temoura au chapitre 'Elou kodachim' (17b) pour inclure le petit des bêtes à défaut. Et dès lors l'objection contre Rav Hisda est juste, car dans ce verset il n'est écrit qu'une seule exclusion, et le 'ou' vient pour exclure, comme 'ou un mouton' (à l'exclusion des hybrides) ou 'ou une chèvre' (à l'exclusion de ce qui ressemble à une autre espèce).
💡 Explication

La Guemara identifie l'auteur de la baraita. Si c'est le tana kama de notre mishna (pour qui androginos et toumtoum sont un doute, ni interdits ni permis à l'abattage), l'objection tombe : un verset ne vient pas exclure un doute — devant le Ciel il n'y a pas de doute ; on n'a pas besoin d'un verset pour ce qui est déjà incertain. Donc la baraita n'est pas du tana kama.

6
אֶלָּא רַבָּנַן בָּתְרָאֵי מֵחַד קְרָא נָפְקִי, דְּהָא גַּבֵּי בְּכוֹר חַד ״זָכָר״ הוּא דִּכְתִיב, (קא) [וְקָא] מְמַעֲטִי כּוּלְּהוּ מִינַּייְהוּ!

Ou alors [c'est] les derniers Rabbanan [de la mishna] qui déduisent d'un seul verset — car voici, à propos du bekhor, c'est un seul 'mâle' (zakhar) qui est écrit, et ils excluent d'eux tous [les cas : femelle, toumtoum, androginos] à partir de lui !

📜 Rachi (2)
אֶלָּא רַבָּנַן בָּתְרָאֵי דְּמַתְנִיתִין דִּפְשִׁיטָא לְהוּ דִּבְרֵיהּ הוּא וְקָאָמְרִי אֵינוֹ בְּכוֹר אֶלָּא נִגְזָז וְנֶעֱבָד:
Ou alors [c'est] les derniers Rabbanan — de la mishna, pour qui il est évident que c'est une entité [à part] (bria) et qui disent que ce n'est pas un bekhor mais [une bête] qu'on tond et emploie au travail.
תִּיפּוֹק לֵיהּ טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס וּנְקֵבָה מֵחַד זָכָר דְּהָא גַּבֵּי בְּכוֹר לָא כְּתִיב אֶלָּא חַד זָכָר וְקָמְמַעֵט מִינֵּיהּ כּוּלְּהוּ טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס מֵחַד זָכָר:
Qu'il le déduise donc [ainsi] : le toumtoum, l'androginos et la femelle à partir d'un seul 'mâle' — car à propos du bekhor il n'est écrit qu'un seul 'mâle', dont on exclut tous [les cas] : le toumtoum et l'androginos à partir d'un seul 'mâle'.
🗂️ Tossefot (1)
וְקָמָעֲטִי כֻּולְּהוּ מִינֵּיהּ פֵּירוּשׁ כּוּלְּהוּ נְקֵבָה טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס וּלְרַב חִסְדָּא נָמֵי דִּבְסָמוּךְ דְּאָמַר סַמִּי מִכָּאן טֻומְטוּם נְקַט כּוּלְּהוּ מִשּׁוּם נְקֵבָה וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס:
'Et ils excluent d'eux tous à partir de lui' — c'est-à-dire tous : la femelle, le toumtoum et l'androginos. Et selon Rav Hisda aussi, ci-dessous, qui dit 'retranche d'ici le toumtoum', [la Guemara] emploie 'tous' à cause de la femelle et de l'androginos.
💡 Explication

Autre auteur possible : les derniers Rabbanan de la mishna (qui tiennent l'androginos pour une entité propre, non un bekhor, tondu et employé au travail). Objection : chez le bekhor, un seul mot 'zakhar' suffit à exclure les trois cas (femelle, toumtoum, androginos) ; pourquoi la baraita de l'olah aurait-elle besoin d'un 'mâle' surnuméraire pour le toumtoum et l'androginos ? Incohérence.

7
אֶלָּא, פְּשִׁיטָא רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, וְאִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא רַבִּי יִשְׁמָעֵאל מִיפְשָׁט פְּשִׁיטָא לֵיהּ — הַיְינוּ דְּאִיצְטְרִיךְ קְרָא לְמַעוֹטֵי, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ מְסַפְּקָא לֵיהּ — אִצְטְרִיךְ קְרָא לְמַעוֹטֵי סְפֵיקָא?

Plutôt, il est évident [que la baraita suit] Rabbi Ishmael. Or [dans ce cas], accorde [ceci] : si tu dis que Rabbi Ishmael tient pour évident (pashit) [que c'est un mâle], c'est bien pour cela qu'un verset a été nécessaire pour exclure ; mais si tu dis qu'il en doute (mesapaka leih), un verset serait[-il] nécessaire pour exclure un doute ?!

📜 Rachi (3)
אֶלָּא פְּשִׁיטָא כְּדָר' יִשְׁמָעֵאל מוֹקְמִינַן לָהּ וְכִדְבָעֵי' לְפָרוֹשֵׁי דְּהָא כְּהָנָךְ רַבָּנָן לָא מָצֵינַן לְאוֹקְמָא וּפְשִׁיטָא לֵיהּ דְּזָכָר הוּא:
Plutôt, il est évident [que c'est] selon R. Ishmael — [c'est ainsi] qu'on l'établit, comme nous allons l'expliquer ; car selon ces [autres] Rabbanan on ne peut l'établir, et [pour R. Ishmael] il est évident que c'est un mâle.
הַייְנוּ דְּאִיצְטְרִיךְ לִמְעוּטֵי דאע"ג דְּזָכָר הוּא לֹא קָדוֹשׁ שׁוּם קְדֻושָּׁה אִם אַקָּדָשֶׁיהָ לְשׁוּם עוֹלָה וַאֲפִילּוּ בְּגִיזָּה וַעֲבוֹדָה שָׁרִי וּמִזָּכָר קַמָּא לָא נָפְקָא לָן לִמְעוּטֵי מִקְּדֻושָּׁה דְּהָא גַּבֵּי בְּכוֹר כְּתִיב חַד זָכָר וְלָא מְמַעֵיט לֵיהּ ר' יִשְׁמָעֵאל מִגִּיזָּה דְּלָא שָׁרֵי מִשּׁוּם מוּם אֶלָּא לִישָּׁחֵט:
C'est bien pour cela qu'un verset a été nécessaire pour exclure — car bien que ce soit un mâle, il n'acquiert aucune sainteté si on le consacre comme olah, et il est [alors] permis même à la tonte et au travail ; et du premier 'mâle' on ne pouvait déduire de l'exclure de la sainteté, car à propos du bekhor un seul 'mâle' est écrit et R. Ishmael ne l'exclut pas de la tonte — celle-ci n'étant permise, au titre du défaut, que pour l'abattage.
אֶלָּא אִי סַפּוֹקֵי מְסַפְּקָא לֵיהּ אִם זָכָר אִם נְקֵבָה תּוּ לָא מִיתּוֹקְמָא הַךְ אַלִּיבֵּיהּ [דר"י] דִּקְרָא לִמְעוּטֵי סָפֵק דְּלָא אָתֵי וּכְמַאן מוֹקְמַת לֵיהּ:
Mais si la chose lui est douteuse — s'il est mâle ou femelle — alors cette [baraita] ne peut plus s'établir selon lui, car un verset ne vient pas exclure un doute ; et selon qui donc l'établirais-tu ?
🗂️ Tossefot (1)
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא מִיפְשָׁט פְּשִׁיטָא לֵיהּ פֵּירוּשׁ דִּבְכוֹר הוּא וּמוּמוֹ עִמּוֹ הַיְינוּ דְּאִיצְטְרִיךְ קְרָא לְמַעוֹטֵי וְתֵימַהּ מֵהַאי טַעְמָא גּוּפֵיהּ לָא לִיבְעֵי קְרָא דְּכֵיוָן דְּבַעַל מוּם הוּא פָּסוּל לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ וּפִי' בַּקּוּנְטְרֵס דְּהָכִי קָאָמַר הַיְינוּ דְּאִיצְטְרִיךְ קְרָא לְמַעוֹטֵי דאע"ג דְּזָכָר הוּא לֹא קַדִּישׁ שׁוּם קְדֻושָּׁה אִם קָדָשֶׁיהָ לְשֵׁם עוֹלָה וַאֲפִילּוּ בְּגִיזָּה וַעֲבוֹדָה שָׁרִי וּמִזֵּכֶר קַמָּא לָא נָפְקָא לָן לִמְעוּטֵי מִקְּדֻושָּׁה דְּהָא גַּבֵּי בְּכוֹר כְּתִיב חַד זָכָר וְלָא מְמַעֵיט לֵיהּ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל מִגִּיזָּה דְּלָא שָׁרִי לֵיהּ מִשּׁוּם מוּם אֶלָּא לִישָּׁחֵט עכ"ל וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁוֹ מוּם מֵעִיקָּרָא לָא אֲסִיר בְּגִיזָּה וַעֲבוֹדָה אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן כִּדְמוֹכַח לֵיהּ לְעֵיל בפ"ב (דַּף יד.) דְּאָמַר קְדֻושַּׁת (מִזְבֵּחַ) דְּמִיחַלְּפָא בִּקְדֻושַּׁת הַגּוּף גָּזְרוּ בָּהּ רַבָּנָן וְיֵשׁ פִּי' אֲחֵרִים מֵרַשִׁ"י שֶׁכָּתוּב בָּהֶם הַייְנוּ דְּאִצְטְרִיךְ קְרָא לְמַעוֹטֵי דאע"ג דְּזָכָר הוּא לֹא מְקָרְבִינָא לֵיהּ דִּנְקֵבוֹת שֶׁלּוֹ הֲוָה מוּם ולפ"ז צ"ל דַּאֲתָא הַאי קְרָא לְאַשְׁמְעִינַן בִּמְקוֹם בָּשָׂר הֲוָה מוּמָא לְאַפּוֹקֵי מִדְּרָשָׁא דְּאַבַּיֵּי וְרָבָא דִּלְעֵיל וְתֵירֵץ דְּאִיצְטְרִיךְ לִמְעוּטֵי לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּגָרַע מִבַּעַל מוּם דְּבַעַל מוּם נִתְפָּס בִּתְמוּרָה וא"ת א"כ מַאי קֻפְרִיךְ אִילֵּימָא לת"ק סְפֵיקָא וְאָתֵי קְרָא לְמַעוֹטֵי סְפֵיקָא שַׁפִּיר אִיצְטְרִיךְ לִמְעוּטֵי דְּאֵין נִתְפָּס בִּתְמוּרָה דס"ד דְּנִתְפָּס אֲפִילּוּ הָוֵי נְקֵבָה לְאָשָׁם דְּתִרְעֶה לְרַבָּנָן דר"ש בִּתְמוּרָה בְּפֶרֶק אֵלּוּ קָדָשִׁים (תְּמוּרָה דַּף יט:) וְכֵיוָן שֶׁיֵּשׁ בָּהּ קְדֻושַּׁת הַגּוּף מַשְׁמַע דְּמִיתְפַּס בִּתְמוּרָה וְגַם עוֹשֶׂה תְּמוּרָה קְדֻושָּׁה רְאוּיָה כְּמוֹ תְּמוּרַת הַפֶּסַח דְּרָאוּי שֶׁאֵינָהּ קְרֵיבָה וְאַפֵּ"ה נִתְפָּס בִּתְמוּרָה לִקְדֻושָּׁה דְּחוּיָה וְרוֹעֶה וְגַבֵּי אַנְדְּרוֹגִינוֹס דִּמְמַעֵט לֵיהּ קְרָא הָכָא אֲפִילּוּ הָוֵי סְפֵיקָא לְפִי שֶׁאֵינוֹ לֹא זָכָר גָּמוּר וְלֹא נְקֵבָה גְּמוּרָה וְי"ל דְּהָכִי פָּרֵיךְ מִדְּאִיצְטְרִיךְ קְרָא זָכָר לְמַעֲטֵיהּ מֵהַקְרָבַת עוֹלָה כֵּיוָן דִּסְפֵק נְקֵבָה הוּא דְּאִי לְמַעֲטוֹ מִדִּין תְּמוּרָה אֲפִילּוּ הָוֵי נְקֵבָה לָא הו"ל לְמִיכְתַּב יִתּוּרָא בְּזָכָר דְּמַשְׁמַע דִּמְמַעֵט לֵיהּ מִטַּעַם דְּאֵינוֹ זָכָר גָּמוּר וְאִם תֹּאמַר הֵיכִי דָּיֵיק דְּמִיפְשָׁט פְּשִׁיטָא לֵיהּ לְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל דִּילְמָא אָתְיָא כְּתַנָּאֵי אַחֲרֵינִי דְּסָבְרִי זָכָר הוּא כְּגוֹן רַבִּי יוֹסֵי דְּפֶרֶק הֶעָרֵל (יְבָמוֹת דַּף פֹּא.) וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס זָכָר וְאִיכָּא לָמֶ"ד אַף מַאֲכִילָהּ בְּחָזֶה וָשׁוֹק וְאָמַר ר"א הָתָם חַיָּיבִין עָלָיו סְקִילָה [כְּזָכָר] אוֹ כְּתַנָּאֵי דְּבָרָיְיתוֹת דִּבְסָמוּךְ דִּמְמַעֵט מֵהַזָּכָר טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס אוֹ מִיִּתּוּרָא מְמַעֵט לֵיהּ וי"ל דִּלְפִי מַה שֶׁפֵּירַשְׁתִּי דְּמִטַּעְמָא דְּמוּם קָא מְמַעֵט לֵיהּ נִיחָא דְּמִיסְתַּבֵּר לֵיהּ לְאוֹקוֹמֵיהּ כְּר' יִשְׁמָעֵאל כֵּיוָן דִּכְוָותֵיהּ מִיתּוֹקְמָא לְגַמְרֵי:
'Accordé, si tu dis qu'il tient pour évident' — c'est-à-dire [évident] que c'est un bekhor et que son défaut est avec lui : c'est bien pour cela qu'un verset a été nécessaire pour exclure. On s'étonne : par ce motif même, on n'aurait pas besoin d'un verset, puisque, étant à défaut (baal moum), il est invalide pour l'autel ! Rachi a expliqué ainsi : '[le verset] est nécessaire pour exclure, car bien que ce soit un mâle, il n'acquiert aucune sainteté si on le consacre comme olah, et il est [alors] permis même à la tonte et au travail ; et du premier mâle on ne peut déduire de l'exclure de la sainteté, car à propos du bekhor un seul mâle est écrit et R. Ishmael ne l'exclut pas de la tonte, celle-ci n'étant permise, au titre du défaut, que pour l'abattage' — fin de citation. Or sa formulation fait difficulté : un [animal] à défaut dès l'origine (moum me-ikara) n'est interdit à la tonte et au travail que rabbiniquement, comme le prouve [la Guemara] plus haut, deuxième chapitre (14a), qui dit 'une sainteté [de valeur] pour l'autel, qui pourrait se confondre avec une sainteté du corps, les Sages l'ont interdite [par décret]'. Il existe d'autres explications de Rachi où il est écrit : '[le verset] est nécessaire pour exclure, car bien que ce soit un mâle, on ne le sacrifie pas, ses [organes] femelles constituant un défaut' — et selon cela il faut dire que ce verset vient nous apprendre qu'à l'emplacement de chair [féminine] c'est un défaut, à l'encontre de l'exégèse d'Abaye et Rava plus haut ; et [Rachi] répond qu'il est nécessaire pour nous apprendre qu'il est pire qu'un [simple] baal moum, car un baal moum est saisi par la substitution (temoura), [tandis que celui-ci non]. On pourrait demander : s'il en est ainsi, quelle est l'objection 'si [c'est] le tana kama, [c'est] un doute et un verset vient exclure un doute' — il serait bien nécessaire d'exclure, [pour enseigner] qu'il n'est pas saisi par la temoura ?! Car on aurait pu penser qu'il est saisi même s'il est femelle, comme un achamqui doit paître selon les Rabbanan de R. Chimon dans Temoura, chapitre 'Elou kodachim' (19b) ; et dès lors qu'il a une sainteté du corps, cela implique qu'il est saisi par la temoura et qu'il fait aussi une temoura d'une sainteté apte, comme la temoura du pessa'h, qui est apte mais non offerte, et qui pourtant est saisie par la temoura pour une sainteté repoussée et qui paîtra ; et à propos de l'androginos, qu'un verset exclut ici même s'il est douteux, parce qu'il n'est ni un mâle complet ni une femelle complète... On peut répondre que l'objection est bien la suivante : du fait qu'un verset 'mâle' est nécessaire pour l'exclure de l'offrande de l'olah, puisqu'il est un [cas] de femelle douteuse — car s'il venait à l'exclure du fait de la temoura même s'il était femelle, il n'aurait pas fallu écrire un surplus dans 'mâle', ce qui implique qu'on l'exclut parce que ce n'est pas un mâle complet. Et l'on pourrait demander : d'où [la Guemara] déduit-elle avec certitude que la chose est évidente pour R. Ishmael ? Peut-être [la baraita] suit-elle d'autres tanaim qui tiennent que c'est un mâle, tel R. Yossi au chapitre 'Hé-arel' (Yevamot 81a), [pour qui] l'androginos est un mâle, et selon un avis même quant à la consommation de la poitrine et de la cuisse ; et R. Elazar y dit qu'on est passible de lapidation à son sujet [comme] pour un mâle ! Ou bien [suit-elle] les tanaim des baraitot ci-dessous, qui excluent du 'mâle' le toumtoum et l'androginos, ou l'excluent d'un surplus ? On peut répondre : selon ce que j'ai expliqué, que [le verset] l'exclut au titre du défaut, cela va bien, car il est raisonnable de l'établir selon R. Ishmael, puisque c'est selon lui qu'elle s'établit entièrement.
💡 Explication

Conclusion : la baraita suit R. Ishmael. Elle ne colle qu'à la lecture où l'androginos est un mâle certain : c'est justement parce qu'il est un vrai mâle qu'il faut un verset pour l'exclure du sacrifice (sinon on croirait qu'un mâle ordinaire est apte). Mais si R. Ishmael en doutait, on retomberait sur l'objection : un verset n'exclut pas un doute. Donc R. Ishmael tient bien pour pashit (évident) — le dilemme de Rava est tranché.

🖼️ Schéma
"Mâle" en trop -> qui exclut-il ? Test des trois opinions La baraita exclut le toumtoum et l'androginos d'un "zakhar" surnuméraire (Lev 1:10) Tana kama (doute) l'androginos est un safek (mâle ou femelle) un verset exclurait un DOUTE ?! rejeté Rabbanan derniers entité propre (bria) : un verset l'exclut. Mais au bekhor un SEUL "zakhar" exclut les trois cas ! rejeté (d'abord) Rabbi Ishmael c'est un mâle certain : le verset exclut du sacrifice (car défaut), non un simple doute retenu -> il est pashit
Pourquoi seule la lecture 'mâle certain' de R. Ishmael tient.
8
לְעוֹלָם רַבָּנַן בָּתְרָאֵי, וְגַבֵּי בְּכוֹר תַּרְתֵּי קְרָאֵי כְּתִיב: ״הַזָּכָר״ וְ״הַזְּכָרִים״.

En vérité, [ce sont] les derniers Rabbanan, et à propos du bekhor deux versets sont écrits : 'ha-zakhar' (le mâle) et 'ha-zekharim' (les mâles).

📜 Rachi (3)
לְעוֹלָם רַבָּנַן בָּתְרָאֵי וּדְקָאָמְרַתְּ תִּיפּוֹק לִי מֵחַד קְרָא דְּהָא גַּבֵּי בְּכוֹר מֵחַד קְרָא נָפְקָא לְהוּ לָא הִיא דְּגַבֵּי בְּכוֹר תְּרֵי כְּתִיבִי:
En vérité, [ce sont] les derniers Rabbanan — et ce que tu disais, 'qu'il le déduise d'un seul verset, car à propos du bekhor c'est d'un seul verset qu'ils le déduisent' : il n'en est rien, car à propos du bekhor deux [versets] sont écrits.
הַזָּכָר הַזָּכָר תַּקְדִּישׁ:
Ha-zakhar — 'le mâle tu consacreras' (Deut 15:19).
הַזְּכָרִים אֲשֶׁר יִהְיֶה לְךָ הַזְּכָרִים לַה':
Ha-zekharim — 'qui naîtra, les mâles, à l'Éternel' (Ex 13:12).
🗂️ Tossefot (1)
הַזָּכָר הַזְּכָרִים וא"ת בְּלֹא הַזְּכָרִים נָמֵי מָצֵי לְמַעֵט אַנְדְּרוֹגִינוֹס מֵהַזָּכָר כְּמוֹ בְּסָמוּךְ לְעִנְיַן עֲרָכִין וּבְנִדָּה בְּפֶרֶק הַמַּפֶּלֶת (נִדָּה דַּף כֹּח.) גַּבֵּי טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס שֶׁרָאוּ לֹובֶן אוֹ אֹודֶם וְי"ל דְּשֶׁמָּא עוֹד דְּרָשׁוֹת אֲחֵרוֹת יֵשׁ דִּקְרָאֵי טוּבָא כְּתִיבִי בִּבְכוֹר כְּגוֹן (שְׁמוֹת ל״ד:י״ט) כָּל מִקְנְךָ תִּזְכֹּר וְכוּלְּהוּ צְרִיכִי וְהָא דְּאָמְרִי' בפ"ק (לְעֵיל בְּכוֹרוֹת דַּף ט.) אַפֵּי' תֵּימָא ר' יוֹסֵי הַגְּלִילִי שָׁאנֵי הָכָא דִּכְתִיב הַזְּכָרִים [וּפָרִיךְ] וְלִגְמַר מִינֵּיהּ הָא מַיעֵט רַחֲמָנָא הַזְּכָרִים וְהָכָא מוֹקֵים לִדְרָשָׁא אַחֲרִיתִי י"ל דְּלָא סְבִירָא כְּרַבָּנָן בָּתְרָאֵי דְּהָכָא:
'Ha-zakhar / ha-zekharim' — on pourrait demander : sans 'ha-zekharim' aussi on pourrait exclure l'androginos de 'ha-zakhar', comme ci-dessous à propos des évaluations (arakhin) et dans Nidda au chapitre 'Ha-mapelet' (28a) à propos du toumtoum et de l'androginos qui ont vu du blanc ou du rouge ! On peut répondre : peut-être y a-t-il encore d'autres exégèses, car de nombreux versets sont écrits à propos du bekhor, tel 'tout ton troupeau, [le] mâle...' (Ex 34:19), et tous sont nécessaires. Et ce qu'on dit au premier chapitre (Bekhorot 9a) : 'même si tu dis [que c'est] R. Yossi ha-Guelili, ici c'est différent car il est écrit ha-zekharim' — et [la Guemara] objecte 'qu'il l'apprenne de là !' : voici que la Miséricorde a exclu par 'ha-zekharim', et ici [tu] l'affectes à une autre exégèse ! On peut répondre qu'il ne tient pas comme les derniers Rabbanan d'ici.
💡 Explication

Réponse à l'objection du segment 5. La baraita peut être des derniers Rabbanan : car à propos du bekhor il n'y a pas un seul mot mais deux versets — 'ha-zakhar' (le mâle, Ex 13:12) et 'ha-zekharim' (les mâles, Deut 15:19). Comme pour l'olah, l'un exclut la femelle, l'autre le toumtoum et l'androginos. L'incohérence est levée.

9
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵינוֹ בְּכוֹר כו׳. אָמַר רַב חִסְדָּא: מַחֲלֹוקֶת בְּאַנְדְּרוֹגִינוֹס, אֲבָל בְּטֻומְטוּם — דִּבְרֵי הַכֹּל סְפֵיקָא הוּא, וְקָדוֹשׁ מִסְּפֵיקָא.

'Et les Sages disent : ce n'est pas un bekhor, etc.'. Rav Hisda dit : la mahloket [porte] sur l'androginos ; mais s'agissant du toumtoum, de l'avis de tous c'est un doute (safek), et il est sanctifié par doute (kadoch mi-safek).

📜 Rachi (2)
מַחֲלֹוקֶת דְּקָאָמְרִי רַבָּנַן בָּתְרָאֵי בְּרֵיהּ הוּא בְּאַנְדְּרוֹגִינוֹס:
La mahloket — que les derniers Rabbanan énoncent, [portant] sur l'androginos [qu'ils tiennent pour] une entité [à part].
אֲבָל טֻומְטוּם דִּבְרֵי הַכֹּל סָפֵק וְאָסוּר בְּגִיזָּה וְאֵינוֹ נִשְׁחָט לֹא בַמִּקְדָּשׁ וְלֹא בַמְּדִינָה:
Mais le toumtoum, de l'avis de tous, est un doute — et il est interdit à la tonte, et il n'est abattu ni dans le Temple ni en province.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל טֻומְטוּם דִּבְרֵי הַכֹּל סְפֵיקָא הוּא כּוּ' לָאו מִטַּעַם דְּלָא אָתֵי קְרָא לְמַעוּטֵי סְפֵיקָא קָאָמַר רַב חִסְדָּא דְּקָדוֹשׁ מִסְּפֵיקָא דְּגַבֵּי טֻומְטוּם שֶׁיֵּשׁ מֵהֶם זָכָר וְיֵשׁ מֵהֶם נְקֵבָה דְּלָא שַׁייָּךְ כִּדְפֵי' לְעֵיל אֶלָּא לָא מִיסְתַּבַּר לֵיהּ לְאוֹקוֹמֵי מִיעוּטָא בְּטֻומְטוּם דַּחֲשִׁיב לֵיהּ זָכָר גָּמוּר אוֹ נְקֵבָה גְּמוּרָה וְר' יוֹחָנָן דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא לְקַמָּן דְּקָסָבַר דְּבָרֶיהָ הוּא וְאֵין קְדֻושָּׁה חָלָה עָלָיו וַאֲפִילּוּ נִמְצָא זָכָר וא"ת וְאַמַּאי לָא פָּרֵיךְ אַרַב חִסְדָּא מֵהַהִיא דְּרֵישׁ כֵּיצַד מַעֲרִימִין (תְּמוּרָה דַּף כֹּד:) דְּאִם זָכָר יִקְרַב עוֹלָה וְאִם נְקֵבָה זִבְחֵי שְׁלָמִים דְּקָאָמַר הָתָם יָלְדָה טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס אֵין קְדֻושָּׁה חָלָה עֲלֵיהֶם וּמְפָרֵשׁ הָתָם דְּקָסָבַר וְלָדוֹת קָדָשִׁים בַּהֲוָייָתָן הֵם קְדוֹשִׁים דְּאִי בִּמְעֵי אִמָּן הֵם קְדוֹשִׁים הָא תַּפְשִׂינְהוּ קְדֻושָּׁה דְּאִימֵּיהּ וּלְרַב חִסְדָּא דְּאָמַר טֻומְטוּם סְפֵיקָא הוּא יִהְיֶה טֻומְטוּם קָדוֹשׁ אַפֵּי' בַּהֲוָייָתָן קְדוֹשִׁים שֶׁהֲרֵי בְּפִי' אָמַר אִם זָכָר יִקְרַב עוֹלָה וְאִם נְקֵבָה זִבְחֵי שְׁלָמִים ואע"ג דְּאִיכָּא לְמֵימַר סַמִּי מִכָּאן טֻומְטוּם אַמַּאי פָּרֵיךְ בְּסָמוּךְ מִבָּרָיְיתוֹת ה"ל לְמִיפְרַךְ מִמַּתְנִי' וְי"ל דְּרַב חִסְדָּא פִּי' אֵין קְדֻושָּׁה חָלָה עֲלֵיהֶן ומ"מ בַּהֲוָיָיתָן תִּפּוֹל עֲלַיְיהוּ קְדֻושָּׁה כְּמוֹ בְּכָל וְלָדוֹת קָדָשִׁים דְּכֵיוָן דְּהָוֵי וַדַּאי אִם זָכָר אוֹ נְקֵבָה וְהָא דְּלָא מְשַׁנֵּי הָתָם אֵין קְדֻושַּׁת פִּיו חָלָה עֲלֵיהֶם וְלוֹקְמַהּ בְּבֶהֱמַת חֻולִּין דְּלָא שַׁיָּיךְ לֵיהּ קְדֻושַּׁת אִמּוֹ מִשּׁוּם דְּמַשְׁמַע לֵיהּ דְּקָאֵי בֵּין אַבְּהֵמָה דְּחֻולִּין בֵּין אַבְּהֵמָה דְּקָדָשִׁים דְּאַיְירֵי בָּהּ:
'Mais le toumtoum, de l'avis de tous, est un doute, etc.' — ce n'est pas au motif que 'un verset ne vient pas exclure un doute' que Rav Hisda dit qu'il est sanctifié par doute : car s'agissant du toumtoum, dont il en est de mâle et de femelle, cette [objection] ne s'applique pas, comme expliqué plus haut ; c'est plutôt qu'il ne lui paraît pas raisonnable de rattacher l'exclusion au toumtoum, qu'il tient pour un mâle complet ou une femelle complète. Et R. Yo'hanan, qui le contredit plus loin, tient que c'est une entité [à part] et qu'aucune sainteté ne le saisit, même s'il s'avère ensuite mâle. On pourrait demander : pourquoi [la Guemara] n'objecte-t-elle pas à Rav Hisda depuis le début de 'Keitsad maarimin' (Temoura 24b), [où il est dit] 'si c'est un mâle, qu'il soit offert en olah ; si c'est une femelle, en sacrifice de chelamim', et où l'on dit 'elle a mis bas un toumtoum ou un androginos — aucune sainteté ne les saisit', et l'on explique là que [ce tana] tient que les petits des [bêtes] consacrées ne sont sanctifiés qu'à leur naissance (be-hovayatan) — car s'ils l'étaient dans le ventre de leur mère, la sainteté de la mère les aurait déjà saisis ! Or, selon Rav Hisda qui dit que le toumtoum est un doute, le toumtoum serait sanctifié même 'à la naissance', puisqu'il a dit expressément 'si mâle, olah ; si femelle, chelamim' ! Et bien qu'on puisse dire 'retranche d'ici le toumtoum', pourquoi [la Guemara] objecte-t-elle ci-dessous depuis des baraitot, alors qu'elle aurait pu objecter depuis notre mishna ? On peut répondre : Rav Hisda a expliqué 'aucune sainteté ne les saisit' [dans le sens où] néanmoins, à la naissance, une sainteté tombe sur eux, comme pour tous les petits des [bêtes] consacrées, dès lors qu'il est certainement soit mâle soit femelle. Et si [la Guemara] là-bas ne répond pas 'la sainteté verbale (kedouchat piv) ne les saisit pas' et n'établit pas [le cas] avec une bête non consacrée (houlin), a laquelle la sainteté de la mère ne s'applique pas, c'est parce qu'il lui semble qu'[on parle] aussi bien d'une bête de houlin que d'une bête consacrée dont il est question.
💡 Explication

Retour à la mishna ('les Sages disent : ce n'est pas un bekhor [mais tondu et employé au travail]'). Rav Hisda précise que le désaccord ne concerne que l'androginos (que les Rabbanan tiennent pour une entité propre, dotée des deux sexes). Mais le toumtoum (organes simplement recouverts, donc certainement mâle ou femelle) est de l'avis de tous un doute, et il est donc sanctifié par doute (kadoch mi-safek) — ni abattu au Temple ni en province.

10
אָמַר לֵיהּ רָבָא: אֶלָּא מֵעַתָּה, בַּעֲרָכִין יַעֲרֹךְ?

Rava lui dit : mais alors [selon toi, le toumtoum étant un doute], quant aux évaluations (arakhin), qu'il soit évalué (yeearekh) !

📜 Rachi (1)
אֶלָּא מֵעַתָּה דְּסָפֵק הוּא בַּעֲרָכִין יַעֲרֹךְ בְּאָדָם אוֹ בְּעֵרֶךְ אִישׁ אוֹ בְּעֵרֶךְ אִשָּׁה:
Mais alors — puisque c'est un doute, quant aux évaluations qu'il soit évalué comme un être humain, [donné] soit la valeur d'un homme soit la valeur d'une femme.
💡 Explication

Objection de Rava à Rav Hisda. Si le toumtoum est certainement mâle ou femelle (un simple doute), alors pour les arakhin (évaluations : vœu de donner la 'valeur' fixée d'une personne, Lev 27) il devrait pouvoir être évalué — soit selon la valeur d'un homme, soit selon celle d'une femme. Or la halakha ne l'évalué pas, preuve qu'il n'est pas simplement un doute mais une entité indéterminée (la réponse suit sur 42a).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).