Bekhorot 42b — le tumtum : bête vs humain, l'organe inversé, et le principe 'puisqu'il a changé, il a changé' applique au yibboum

Bekhorot 42b

Sougya : Suite de la sougya sur le tumtum (dont le sexe est caché). La Guemara distingue l'animal — où l'on tranche selon l'endroit par lequel il urine (côté mâle = mâle, côté femelle = femelle) — de l'être humain, où mâles et femelles urinent au même endroit, si bien que le tumtum y reste un cas de doute (Reich Lakich).

Autour de la règle de Rabbi Elazar (bête urinant côté femelle = profane), Rabbi Yo'hanan, Rav Ochaaya puis Abaye bar Avin discutent : faut-il craindre que l'organe mâle se soit inversé ? D'où le principe 'hoïl ve-ishtani ishtani' — puisqu'il a changé (en étant tumtum), il a peut-être changé aussi sur un second point.

La fin du daf teste ce principe sur deux baraitot concernant l'épouse d'un tumtum défunt (chalitza et/ou yibboum), tranchées entre Rabbi Eliezer, Rabbi Akiva, Rabbi Yehuda et Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehuda.

Le tumtum (organes cachés) : bête vs être humain BÊTE (behema) ÊTRE HUMAIN (adam) organes mâles et femelles à des ENDROITS distincts mâles et femelles urinent au MÊME endroit on peut trancher : où il urine indiscernable -> DOUTE (safek) urine côté mâle -> MÂLE urine côté femelle -> FEMELLE (mahloket : et si l'organe s'est inversé ?) reste un cas incertain (safek) ni mâle certain, ni femelle certaine (Reish Lakish, segment 4)
Pourquoi le tumtum est un doute chez l'humain mais tranchable chez la bête (segments 1 et 4).
Le principe 'hoïl ve-ishtani ishtani' (puisqu'il a changé, il a changé) Un tumtum est déjà anormal (changé) sur un point -> est-il aussi 'changé' sur un autre point ? 'ishtani' - OUI on craint le second changement (ex. son organe mâle s'est inversé ; ou il pourrait être saris chama) 'lo ishtani' - NON un seul changement, pas deux on ne cumule pas les anomalies rares
Le principe 'puisqu'il a changé, il a changé' : cumule-t-on deux anomalies rares ? (segments 6-12).
L'épouse du tumtum défunt : chalitza et/ou yibboum ? Deux baraitot en conflit (segments 8-12). Fond commun : on suit R. Akiva. Baraita A : on fait le yibboum 'chosets... oumeyabemim le-ishto' si le tumtum est mâle, il engendre -> sa veuve est soumise au yibboum conclusion : c'est R. Eliezer (épouse d'un saris chama : on la yabem) Baraita B : chalitza seule 'chosetset ve-lo mityabemet' on craint qu'il soit saris chama -> pas de yibboum, mais chalitza conclusion : c'est R. Akiva (épouse d'un saris chama : ni l'un ni l'autre) Qui tient comme R. Akiva ET exige la chalitza ? -> R. Yossi b. R. Yehuda (R. Yehuda, lui, en fait un saris CERTAIN : même pas de chalitza)
Les deux baraitot sur l'épouse du tumtum, et leurs auteurs (segments 7-17).
1
בֶּן יְהוּדָה לְמֵימַר: טֻומְטוּם בְּרִיָּה הוּא וְלֹא קָדוֹשׁ! לֹא, דְּכֻולֵּי עָלְמָא טֻומְטוּם בִּבְרִיָּה לָא מְסַפְּקָא, זָכָר וּנְקֵבָה הוּא דִּמְסַפְּקָא.

ben Yehouda [venait] dire : un tumtum est une entité distincte (bria) [à part entière] et n'est pas saint [du tout, même pas par doute] ! Non : tout le monde s'accorde qu'à propos du tumtum il n'y a pas de doute [sur le fait] que ce n'est pas une entité distincte ; c'est [seulement] sur [le point de savoir s'il est] mâle ou femelle qu'il y a doute.

📜 Rachi (2)
דכ"ע טֻומְטוּם בִּבְרִיָּה לָא מְסַפְּקָא דְּתֵיקוּם לְרַב חִסְדָּא כְּתַנָּאֵי דְּתֵימָא הַהוּא תַּנָּא דִּסְבִירָא לֵיהּ בְּרֵיהּ הוּא סְבִירָא לֵיהּ כְּרַבָּנָן בָּתְרָאֵי אֶלָּא הָנֵי תַּנָּאֵי דְּבָרַייְתָא בְּהָכִי פְּלִיגִי דכ"ע מַטִּיל בִּמְקוֹם זַכְרוּת זָכָר הָוֵי וְקָדוֹשׁ:
Tout le monde s'accorde qu'à propos du tumtum il n'y a pas de doute [qu'il ne soit une entité distincte] — [ceci] pour que [la position] de Rav Hisda tienne comme [relevant d'une divergence] entre tannaïm ; de sorte que tu ne dises pas que ce tanna qui tient que [le tumtum] est une entité distincte (bria) tient comme les derniers Rabbanim [de la michna] ; mais [en réalité] ces tannaïm de la baraita divergent sur ceci : tout le monde [admet que] celui qui urine à l'emplacement de l'organe mâle est mâle et est saint.
ות"ק סָבַר חָייְשִׁינַן שֶׁמָּא נֶהֶפְכָה זַכְרוּתוֹ נִכְפַּל גִּידוֹ מִבִּפְנִים וּמוֹצִיא מַיִם בְּמָקוֹם שֶׁרָגִיל נַקְבוּת לִהְיוֹת נְקֵבָה ור"ש סָבַר לָא אָמְרִינַן הָכִי אֶלָּא וַדַּאי נְקֵבָה הוּא וְהָא דְּאָמַר רַב חִסְדָּא טֻומְטוּם דִּבְרֵי הַכֹּל סָפֵק הוּא הָא אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּלָא תֵּימָא לְרַבָּנָן בָּתְרָאֵי טֻומְטוּם נָמֵי בְּרִיָּה הוּא וְלֹא תְּהֵא קְדֻושַּׁת בְּכוֹר חָלָה עַל שׁוּם טֻומְטוּם וּמִיהוּ ס"ל לְרַב חִסְדָּא אִיכָּא תַּנָּא דַּאֲפִילּוּ סָפֵק לֵית לֵיהּ דְּאִי מַטִּיל מַיִם בְּמָקוֹם זַכְרוּת זָכָר וְאִם בִּמְקוֹם נְקֵבוֹת נְקֵבָה וּדְכֻולֵּי עָלְמָא אִית לְהוּ דְּרַב חִסְדָּא דִּקְדֻושָּׁה חָלָה עַל טֻומְטוּם:
Et le premier tanna tient que l'on craint que son organe mâle ne se soit inversé — [c'est-à-dire] que son membre se soit replié à l'intérieur et qu'il émette de l'eau (urine) à l'endroit où d'ordinaire se trouve [l'organe] femelle, [donc qu'il soit] femelle ; et Rabbi Chimon tient qu'on ne dit pas ainsi, mais [qu'il est] certainement femelle. Et ce que Rav Hisda a dit — 'le tumtum, de l'avis de tous, est un doute' — voici ce qu'il vient nous enseigner : que tu ne dises pas [que] selon les derniers Rabbanim le tumtum aussi est une entité distincte (bria) et que la sainteté du premier-né ne s'appliquerait à aucun tumtum ; toutefois Rav Hisda tient qu'il existe un tanna qui n'admet même pas de doute, [car pour lui] s'il urine à l'emplacement de l'organe mâle [il est] mâle et s'[il urine] à l'emplacement femelle [il est] femelle ; et de l'avis de tous on tient comme Rav Hisda que la sainteté s'applique au tumtum.
💡 Explication

Rappel du contexte : selon ben Yehouda, le tumtum serait une bria — une catégorie à part, ni mâle ni femelle — et donc jamais atteint par la sainteté du premier-né. La Guemara réfute : personne ne considère le tumtum comme une entité à part ; le seul doute (safek) porte sur son sexe (mâle ou femelle).

🖼️ Schéma
Le tumtum (organes cachés) : bête vs être humain BÊTE (behema) ÊTRE HUMAIN (adam) organes mâles et femelles à des ENDROITS distincts mâles et femelles urinent au MÊME endroit on peut trancher : où il urine indiscernable -> DOUTE (safek) urine côté mâle -> MÂLE urine côté femelle -> FEMELLE (mahloket : et si l'organe s'est inversé ?) reste un cas incertain (safek) ni mâle certain, ni femelle certaine (Reish Lakish, segment 4)
Le tumtum n'est pas une catégorie à part : c'est un mâle ou une femelle dont le sexe est caché.
2
מֵטִיל מַיִם בִּמְקוֹם זַכְרוּת — דְּכֻולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּזָכָר הוּא, כִּי פְּלִיגִי בְּמֵטִיל מַיִם בְּמָקוֹם נַקְבוּת: מָר סָבַר חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא נֶהֶפְכָה זַכְרוּתוֹ לְנַקְבוּתוֹ, וּמַר סָבַר לָא חָייְשִׁינַן. כִּי הָא דְּהוֹרָה רַבִּי אֶלְעָזָר: בִּבְהֵמָה מֵטִיל מַיִם בְּמָקוֹם נַקְבוּת — חֻולִּין.

[S'il] urine à l'emplacement de l'organe mâle — tout le monde s'accorde [sans divergence] qu'il est mâle ; ils ne divergent que [dans le cas où] il urine à l'emplacement [de l'organe] femelle : l'un tient qu'on craint que son organe mâle ne se soit inversé en organe femelle, et l'autre tient qu'on ne le craint pas. Comme cela [même] que Rabbi Elazar a enseigné : pour une bête [tumtum] urinant à l'emplacement [de l'organe] femelle — [elle est] profane (houlin).

📜 Rachi (2)
וְכִי הַאי דְּהוֹרָה רַבִּי אִילְעַאי כְּלוֹמַר ר"ש בֶּן יְהוּדָה כִּי הַךְ הוֹרָאָה ס"ל:
Et comme cela que Rabbi Ilaï a enseigné — c'est-à-dire : Rabbi Chimon ben Yehouda tient comme cette instruction[-là].
חֻולִּין וּלְגַבֵּי בְּכוֹר קָאָמַר דְּלָא קַדִּישׁ דְּווַדַּאי נְקֵבָה הוּא. וְהָא ר' אִלְעַאי אָמוֹרָא הוּא וְלָאו הַיְינוּ הַאי דְּבָרַיְיתָא דְּאַייְּרִי לְעֵיל מִשּׁוּם רַבִּי יִשְׁמָעֵאל:
Profane (houlin) — c'est à propos du premier-né qu'il [le] dit : [la bête] n'est pas sanctifiée, car elle est certainement femelle. Or ce Rabbi Ilaï est un Amora, et ce n'est pas celui de la baraita dont il était question plus haut au nom de Rabbi Yichmael.
🗂️ Tossefot (1)
כִּי פְּלִיגִי בְּמֵטִיל מַיִם בְּמָקוֹם נַקְבוּת וְהַשְׁתָּא הָא דְּאָמַר רַב חִסְדָּא לְעֵיל אֲבָל טֻומְטוּם דִּבְרֵי הַכֹּל סְפֵיקָא הוּא עַל כָּרְחָךְ לֹא אָמְרוּ בְּמֵטִיל מַיִם בִּמְקוֹם זַכְרוּת דְּהַהוּא וַדַּאי זָכָר הוּא אֲבָל בְּמֵטִיל מַיִם בְּמָקוֹם נַקְבוּת וְאַלִּיבָּא דת"ק אֲבָל ר"ש דְּלֵית לֵיהּ שׁוּם סְפֵיקָא בְּטֻומְטוּם דְּאִי הֲוָה מֵטִיל מַיִם בְּמָקוֹם נַקְבוּת הָוֵי נְקֵבָה וַדַּאי וא"ת ומנ"ל לְרַב חִסְדָּא דִּלְרַבָּנָן בָּתְרָאֵי קָדוֹשׁ מִסְּפֵיקָא דִּילְמָא סָבְרִי כר"ש וְלֹא קָדוֹשׁ כְּלָל וְי"ל כֵּיוָן דְּמֵהַהוּא טַעְמָא דִּפְלִיגִי בְּאַנְדְּרוֹגִינוֹס מִשּׁוּם דְּבָרֶיהָ הוּא לֹא מָצֵי פְּלִיגִי בְּטֻומְטוּם דִּלְרַב חִסְדָּא לְשׁוּם תַּנָּא לָא הָוֵי בִּרְיָה מִסְּתָמָא מוֹדוֹ לת"ק בְּטֻומְטוּם דְּכִי קָדוֹשׁ הוּא מִסְּפֵיקָא כְּמוֹ שֶׁמּוֹדֶה לוֹ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל וא"ת לְקַמָּן פ"ט (בְּכוֹרוֹת דַּף נז.) דִּמְמַעֵט ר"ש בֶּן יְהוּדָה טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס מִמַּעְשַׂר בְּהֵמָה מִשּׁוּם דִּמְמַעֵט בְּקָדָשִׁים הַזָּכָר וַדַּאי וּנְקֵבָה וַדָּאִית וְיָלֵיף מַעֲשֵׂר מִתַּחַת תַּחַת מִקָּדָשִׁים מָה עִנְיַן זֶה אֵצֶל זֶה הָא בְּקָדָשִׁים אִימַּעַט מִכְּלַל זָכָר מִטַּעַם שֶׁהוּא נְקֵבָה כְּשֶׁמֵּטִיל מַיִם בִּמְקוֹם נַקְבוּת אֲבָל מַעֲשֵׂר אֵין חִילּוּק בֵּין זָכָר וּנְקֵבָה וְי"ל דְּרַב חִסְדָּא אוֹמֵר סַמִּי מִכָּאן טֻומְטוּם וְכֵן ר"ל דִּבְסָמוּךְ:
Ils ne divergent que [dans le cas où] il urine à l'emplacement [de l'organe] femelle — et dès lors, ce que Rav Hisda a dit plus haut, 'mais le tumtum, de l'avis de tous, est un doute', ne peut avoir été dit que d'un tumtum urinant à l'emplacement de l'organe femelle — car celui[-là] est certainement mâle — [non] : [le doute vaut] pour celui qui urine à l'emplacement femelle, et selon [l'avis du] premier tanna ; mais [selon] Rabbi Chimon, qui n'admet aucun doute à propos du tumtum, [car] s'il urinait à l'emplacement femelle il serait certainement femelle. Et si tu demandes : d'où Rav Hisda [sait-il] que, pour les derniers Rabbanim, [le tumtum] est saint par doute — peut-être tiennent-ils comme Rabbi Chimon et [alors le tumtum] n'est pas saint du tout ? On peut répondre : puisque c'est pour ce même motif — qu'il est une entité distincte (bria) — qu'ils divergent à propos de l'androgyne, ils ne peuvent diverger à propos du tumtum ; car, pour Rav Hisda, pour aucun tanna [le tumtum] n'est une entité distincte, [et] vraisemblablement ils concèdent au premier tanna à propos du tumtum qu'il est saint par doute, tout comme Rabbi Yichmael le lui concède. Et si tu demandes : plus loin, au neuvième chapitre (Bekhorot 57a), Rabbi Chimon ben Yehouda exclut le tumtum et l'androgyne du maaser behema, parce qu'on exclut des sacrifices [ce qui n'est pas] le mâle certain et la femelle certaine, et l'on déduit le maaser [des mots] 'sous' 'sous' [par gezera chava] à partir des sacrifices — quel rapport [y a-t-il] entre ceci et cela ? Car pour les sacrifices [le tumtum] a été exclu de la catégorie du mâle au motif qu'il est femelle lorsqu'il urine à l'emplacement femelle ; mais pour le maaser il n'y a pas de distinction entre mâle et femelle ! On peut répondre : Rav Hisda dit d'ôter d'ici [la mention du] tumtum — et de même Reich Lakich juste après.
💡 Explication

On précise la mahloket : si le tumtum urine du côté mâle, tous conviennent qu'il est mâle. Le désaccord ne porte que sur celui qui urine du côté femelle : le premier tanna craint une inversion de l'organe (donc doute), tandis que Rabbi Chimon ben Yehouda tranche qu'il est certainement femelle. C'est la position de la halakha de Rabbi Elazar : une telle bête est profane (houlin) — non atteinte par la sainteté du premier-né, car assurément femelle.

3
תָּהֵי בַּהּ רַבִּי יוֹחָנָן: מַאן דְּלָא חָשׁ לְתַנָּא קַמָּא וּלְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל? וְלֵימָא רַבִּי יוֹחָנָן נָמֵי: מַאן דְּלָא חָשׁ לְרַבָּנַן בָּתְרָאֵי? דְּאָמַר רַב חִסְדָּא: מַחֲלֹוקֶת בְּאַנְדְּרוֹגִינוֹס, אֲבָל בְּטֻומְטוּם — דִּבְרֵי הַכֹּל סְפֵיקָא!

Rabbi Yo'hanan s'en étonna : qui donc ne tient pas compte du premier tanna ni de Rabbi Yichmael [au point de faire du tumtum un mâle ou une femelle certain] ? Mais que Rabbi Yo'hanan dise aussi : qui donc ne tient pas compte des derniers Rabbanim ?

Car Rav Hisda a dit : la divergence [ne] porte [que] sur l'androgyne, mais pour le tumtum — de l'avis de tous, c'est un doute (safek) !

📜 Rachi (2)
תָּהֵי בָּהּ ר' יוֹחָנָן בְּהַךְ הוֹרָאָה דר' אִלְעַאי:
Rabbi Yo'hanan s'en étonna — à propos de cette instruction de Rabbi Ilaï.
לֹא לת"ק וְלֹא לְר' יִשְׁמָעֵאל דְּמַתְנִי' דְּאָמְרִי טֻומְטוּם אֵינוֹ נִשְׁחָט לֹא בַמִּקְדָּשׁ וְלֹא בַמְּדִינָה מִשּׁוּם דִּסְפֵיקָא הוּא וְר' יִשְׁמָעֵאל לָא פְלִיגִי אֶלָּא בְּאַנְדְּרוֹגִינוֹס דְּנַעֲשָׂה נְקֵבוֹת שֶׁלּוֹ חָרִיץ:
Ni [selon] le premier tanna ni [selon] Rabbi Yichmael — [tannaïm] de la michna, qui disent que le tumtum n'est égorgé ni au Temple ni en province, parce que c'est un doute ; et Rabbi Yichmael ne diverge qu'à propos de l'androgyne, dont l'[organe] femelle est devenu une fente (harits).
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan s'étonne de la halakha de Rabbi Elazar : elle contredit deux avis (le premier tanna et Rabbi Yichmael) pour qui le tumtum est un doute. La Guemara objecte : Rabbi Yo'hanan aurait pu s'étonner autrement — pourquoi ne pas invoquer plutôt les derniers Rabbanim ? Car selon Rav Hisda, la mahloket ne concerne que l'androgyne ; pour le tumtum, tous s'accordent qu'il y a doute.

4
רַבִּי יוֹחָנָן לָא סְבִירָא לֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא, אִי לָא סְבִירָא לֵיהּ, לֵימָא הוּא דְּאָמַר כְּרַבָּנַן בָּתְרָאֵי? הָכִי נָמֵי קָאָמַר: מַאן שָׁבֵיק תְּרֵי וְעָבֵיד כְּחַד!

[C'est que] Rabbi Yo'hanan ne tient pas comme Rav Hisda [mais estime que, selon les derniers Rabbanim, le tumtum aussi est une entité distincte]. [Mais] s'il ne tient pas [comme Rav Hisda], qu'il dise donc que [Rabbi Elazar] a parlé selon les derniers Rabbanim [et son étonnement tombe] !

Effectivement, c'est bien ce qu'il dit : qui donc laisse deux [avis] et agit comme un [seul] !

📜 Rachi (3)
לָא ס"ל לְרַבִּי יוֹחָנָן דְּרַב חִסְדָּא אֶלָּא רַבָּנַן בָּתְרָאֵי אַטֻּומְטוּם נַמֵּי אָמְרִי דִּבְרֵיהּ הוּא:
Rabbi Yo'hanan ne tient pas [comme Rav Hisda] — [il ne tient] pas comme Rav Hisda, mais [estime que] les derniers Rabbanim disent, du tumtum aussi, qu'il est une entité distincte (bria).
אִי לָא סְבִירָא לֵיהּ אַמַּאי קָא מֻתְמָהּ הָא ר' אִילְעַאי הוּא דְּאָמַר כְּרַבָּנַן בָּתְרָאֵי:
S'il ne tient pas [ainsi] — pourquoi s'étonne-t-il ? Voici que c'est Rabbi Ilaï qui a parlé conformément aux derniers Rabbanim !
שְׁבַק תְּרֵי ת"ק וְר' יִשְׁמָעֵאל וַעֲבִיד כְּחַד רַבָּנַן בָּתְרָאֵי:
Il laisse deux [avis] — le premier tanna et Rabbi Yichmael — et agit comme un [seul] : les derniers Rabbanim.
💡 Explication

Réponse : Rabbi Yo'hanan rejette Rav Hisda — pour lui, même les derniers Rabbanim tiennent le tumtum pour une entité distincte, donc aucun tanna n'en fait un simple doute tranchable. La Guemara affine alors son étonnement : Rabbi Elazar abandonne deux opinions (le premier tanna et Rabbi Yichmael) pour n'en suivre qu'une seule (les derniers Rabbanim).

5
וְרַבִּי אֶלְעָזָר כְּמַאן סָבְרַהּ? כִּי הָא דְּאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: לֹא אָמְרוּ טֻומְטוּם סָפֵק אֶלָּא בְּאָדָם, הוֹאִיל וְזַכְרוּתוֹ וְנַקְבוּתוֹ בְּמָקוֹם אֶחָד, אֲבָל בְּהֵמָה — מֵטִיל מַיִם בְּמָקוֹם זַכְרוּת זָכָר, מֵטִיל מַיִם בְּמָקוֹם נַקְבוּת נְקֵבָה.

Et Rabbi Elazar, selon qui tient-il ? Comme cela que Reich Lakich a dit : on n'a dit que le tumtum est un doute qu'à propos de l'être humain, puisque son organe mâle et son organe femelle sont au même endroit ; mais [pour] une bête — [si elle] urine à l'emplacement de l'organe mâle [elle est] mâle, [si elle] urine à l'emplacement [de l'organe] femelle [elle est] femelle.

📜 Rachi (1)
הוֹאִיל וְזַכְרוּתוֹ וְנַקְבוּתוֹ בְּמָקוֹם אֶחָד וְלֵיכָּא לְמִיבְדְּקִינְהוּ בַּהֲטָלַת מַיִם [אֲבָל] בִּבְהֵמָה אֵין בָּהּ שׁוּם סָפֵק לְדִבְרֵי הַכֹּל וְהַאי דְּקָאָמַר ת"ק דְּמַתְנִיתִין אֵינוֹ נִשְׁחָט בְּמֵטִיל מַיִם בִּמְקוֹם זַכְרוּת קָאָמַר דְּוַדַּאי קָדוֹשׁ הִילְכָּךְ אֵינוֹ נִשְׁחָט בַּמְּדִינָה וּבַמִּקְדָּשׁ נָמֵי לָא חֲזִי לְהַקְרָבָה דְּנִרְאֶה כְּבַעַל מוּם לְפִי שֶׁאֵין לוֹ זַכְרוּת דְּהָא מְמַעֲטִינַן לֵיהּ מֵהַקְרָבָה בְּכַמָּה דֻּוכְתֵי הַזָּכָר וְלֹא טֻומְטוּם וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל אַאַנְדְּרוֹגִינוֹס קָאֵי וְרַבָּנָן בָּתְרָאֵי אַאַנְדְּרוֹגִינוֹס קָיְימִי אֲבָל טֻומְטוּם כֻּולֵּי עָלְמָא מוֹדוֹ דְּמֵטִיל מַיִם בְּמָקוֹם זַכְרוּת זָכָר בִּמְקוֹם נְקֵבוֹת נְקֵבָה וְר' אִילְעַאי אַלִּיבָּא דְּכוּלְּהוּ הוֹרָה:
Puisque son organe mâle et son organe femelle sont au même endroit — et qu'il n'y a pas moyen de les examiner par l'émission d'urine ; mais pour une bête il n'y a aucun doute, de l'avis de tous. Et ce que dit le premier tanna de la michna — [qu'elle] n'est pas égorgée — [il le] dit d'[une bête] urinant à l'emplacement de l'organe mâle, [car] elle est certainement sainte ; c'est pourquoi elle n'est pas égorgée en province, et au Temple non plus elle n'est pas apte à être offerte, car elle apparaît comme atteinte d'un défaut (baal moum) du fait qu'elle n'a pas d'organe mâle [apparent] — puisqu'on l'exclut de l'offrande en plusieurs endroits [par le mot] 'le mâle' et non un tumtum ; et Rabbi Yichmael porte sur l'androgyne, et les derniers Rabbanim aussi portent sur l'androgyne ; mais [pour] le tumtum tout le monde concède que [s'il] urine à l'emplacement de l'organe mâle [il est] mâle, [et s'il urine] à l'emplacement femelle [il est] femelle ; et Rabbi Ilaï a rendu son instruction conformément à tous.
🗂️ Tossefot (1)
לֹא אָמְרוּ טֻומְטוּם סָפֵק אֶלָּא בְּאָדָם כר"ש בְּר' יְהוּדָה דִּסְבִירָא לֵיהּ וְלָאו אַלִּיבָּא דְּכֻולֵּי עָלְמָא קָאָמַר דִּפְשִׁיטָא לת"ק דְּמַתְנִי' דִּסְפֵיקָא הוּא דְּאֵין שׁוֹחֲטִין לֹא בַמִּקְדָּשׁ וְלֹא בַמְּדִינָה:
On n'a dit que le tumtum est un doute qu'à propos de l'être humain — [c'est] selon Rabbi Chimon ben Yehouda, qui tient ainsi, et [Reich Lakich] ne parle pas selon l'avis de tous ; car il est évident que, pour le premier tanna de la michna, [le tumtum] est un doute — puisqu'on ne [l']égorge ni au Temple ni en province.
💡 Explication

Sur quel appui se fonde Rabbi Elazar ? Sur Reich Lakich : le tumtum n'est un doute que chez l'être humain, car mâle et femelle y urinent au même endroit (impossible de trancher par l'observation). Chez la bête, en revanche, les emplacements sont distincts : l'endroit où elle urine détermine son sexe — d'où l'absence de doute.

🖼️ Schéma
Le tumtum (organes cachés) : bête vs être humain BÊTE (behema) ÊTRE HUMAIN (adam) organes mâles et femelles à des ENDROITS distincts mâles et femelles urinent au MÊME endroit on peut trancher : où il urine indiscernable -> DOUTE (safek) urine côté mâle -> MÂLE urine côté femelle -> FEMELLE (mahloket : et si l'organe s'est inversé ?) reste un cas incertain (safek) ni mâle certain, ni femelle certaine (Reish Lakish, segment 4)
Reich Lakich : le doute n'existe que chez l'humain ; chez la bête on tranche par l'observation.
6
מַתְקֵיף לַהּ רַב אוֹשַׁעְיָא: וְלֵיחוּשׁ שֶׁמָּא נֶהֶפְכָה זַכְרוּתוֹ לְנַקְבוּתוֹ! אֲמַר לֵיהּ: כְּמַאן? כְּרַבִּי מֵאִיר דְּחָיֵישׁ לְמִיעוּטָא?!

Rav Ochaaya lui objecte : mais craignons donc que son organe mâle ne se soit inversé en organe femelle ! Il lui dit : selon qui [parles-tu] ?

Comme Rabbi Meir, qui tient compte de la minorité (miout) ?!

📜 Rachi (1)
כר"מ בִּתְמִיהַּ. כְּלוֹמַר מִי חָיְישִׁינַן לִיחִידָאָה:
Comme Rabbi Meir — [dit] sur un ton d'étonnement ; c'est-à-dire : tenons-nous compte d'un avis isolé (yehidaa) ?!
💡 Explication

Rav Ochaaya objecte à Reich Lakich : même quand la bête urine du côté mâle, ne faut-il pas craindre une inversion de l'organe ? Réponse (Abaye) : une telle crainte reviendrait à suivre Rabbi Meir, qui tient compte de la minorité (des cas rares) ; or la halakha ne suit pas Rabbi Meir — on va d'après la majorité des bêtes, chez qui cela n'arrive pas.

7
אַבָּיֵי בַּר אָבִין וְרַב חֲנַנְיָא בַּר אָבִין דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבָּנָן, הוֹאִיל וְאִישְׁתַּנִּי אִישְׁתַּנִּי. אִית דְּאָמַר אִישְׁתַּנִּי, וְאִית דְּאָמַר לָא אִישְׁתַּנִּי.

Abaye bar Avin et Rav Hanania bar Avin disent tous deux : tu peux même dire [que l'objection tient selon] les Rabbanim [qui ne craignent pas la minorité] — car puisqu'[il] a changé (hoïl ve-ishtani), [il] a changé (ishtani). [Et sur ce principe :] il y a qui dit '[il] a changé', et il y a qui dit '[il n']a pas changé'.

📜 Rachi (2)
אַפֵּי' תֵּימָא רַבָּנָן נָמֵי פָּרְכִינַן הָכִי דְּהוֹאִיל וְאִישְׁתַּנִּי לְעִנְיַן טֻומְטוּם אִישְׁתַּנִּי דְּנֶהֶפְכָה זַכְרוּתוֹ לְנַקְבוּתוֹ:
Tu peux même dire [que c'est selon] les Rabbanim — [nous posons] aussi cette objection : puisqu'[il] a changé quant à [être] tumtum, [il] a changé [aussi], en ce que son organe mâle s'est inversé en organe femelle.
וּמְשַׁנֵּי אִית דְּאָמַר אִישְׁתַּנִּי כְּלוֹמַר אִיכָּא לְמ"ד אָמְרִינַן הוֹאִיל וְאִישְׁתַּנִּי אִישְׁתַּנִּי בִּבְהֵמָה דְּהַייְנוּ ת"ק דִּפְלִיג לְעֵיל עָלֶיהָ דְּר"ש בֶּן יְהוּדָה דְּלָא חָיֵישׁ שֶׁמָּא נֶהֶפְכָה וְר' אֶלְעָזָר כר"ש סְבִירָא לֵיהּ:
Et l'on répond : il y a qui dit '[il] a changé' — c'est-à-dire : il existe [un maître] pour dire qu'on applique '[puisqu'il] a changé [il] a changé' pour la bête — à savoir le premier tanna qui, plus haut, diverge de Rabbi Chimon ben Yehouda [en soutenant] qu'il ne craint pas que [l'organe] se soit inversé ; et Rabbi Elazar tient comme Rabbi Chimon.
💡 Explication

Abaye bar Avin et son frère sauvent l'objection de Rav Ochaaya, même selon les Rabbanim qui ne suivent pas la minorité : ici le raisonnement est différent. Puisque cette bête est déjà anormale (elle est tumtum), on peut craindre qu'elle soit anormale aussi sur un autre point (organe mâle inversé). C'est le principe 'hoïl ve-ishtani ishtani' — 'puisqu'il a changé, il a changé'. Reste une divergence : certains l'admettent, d'autres non.

🖼️ Schéma
Le principe 'hoïl ve-ishtani ishtani' (puisqu'il a changé, il a changé) Un tumtum est déjà anormal (changé) sur un point -> est-il aussi 'changé' sur un autre point ? 'ishtani' - OUI on craint le second changement (ex. son organe mâle s'est inversé ; ou il pourrait être saris chama) 'lo ishtani' - NON un seul changement, pas deux on ne cumule pas les anomalies rares
Le principe 'puisqu'il a changé, il a changé' introduit ici par Abaye bar Avin.
8
לֵימָא אִישְׁתַּנִּי וְלָא אִישְׁתַּנִּי תַּנָּאֵי? דְּתַנְיָא: טֻומְטוּם שֶׁקִּידֵּשׁ — קִדּוּשָׁיו קִדּוּשִׁין, נִתְקַדֵּשׁ — קִדּוּשָׁיו קִדּוּשִׁין.

Disons donc que '[il] a changé / [il n']a pas changé' est [une divergence] entre tannaïm ? Car il est enseigné (baraita) : un tumtum qui a consacré [une femme par kiddouchin] — sa consécration est valide ; [un tumtum] qui a été consacré — sa consécration est valide.

📜 Rachi (3)
לֵימָא אִי אָמְרִי' הוֹאִיל וְאִישְׁתַּנִּי אוֹ לָא אָמְרִי' תַּנָּאֵי הִיא:
Disons — [la question de savoir] si l'on dit 'puisqu'[il] a changé' ou si on ne le dit pas, est-ce [une divergence] entre tannaïm ?
שֶׁקִּדֵּשׁ קִדּוּשָׁיו קִדּוּשִׁין לְחוּמְרָא וּצְרִיכָה גֵּט שֶׁמָּא זָכָר הוּא:
Qui a consacré — sa consécration est valide — par rigueur (le-houmra), et [la femme] requiert un guet (acte de divorce), au cas où [le tumtum] serait mâle.
נִתְקַדֵּשׁ קִדּוּשָׁיו קִדּוּשִׁין וְזֶה שֶׁקִּדְּשׁוּ אָסוּר בִּקְרוֹבוֹתָיו שֶׁל טֻומְטוּם כְּגוֹן בְּאִמּוֹ וּבַאֲחוֹתוֹ דְּשֶׁמָּא נְקֵבָה הוּא:
Qui a été consacré — sa consécration est valide — et celui qui l'a consacré est interdit avec les proches parentes du tumtum, par exemple sa mère et sa sœur, au cas où [le tumtum] serait femelle.
💡 Explication

La Guemara cherche à rattacher le principe à une mahloket tannaïtique connue. Une baraita statue sur le tumtum en matière de kiddouchin (fiançailles) : s'il épouse une femme, le kiddouchin vaut (par rigueur, car il pourrait être mâle) ; s'il est épouse par un homme, le kiddouchin vaut aussi (car il pourrait être femelle). Le tumtum est traité selon les deux hypothèses.

9
וְחוֹלֵץ, וְחוֹלְצִין לְאִשְׁתּוֹ, וּמְיַבְּמִים לְאִשְׁתּוֹ. וְתַנְיָא אִידָךְ: אֵשֶׁת טֻומְטוּם חוֹלֶצֶת וְלֹא מִתְיַיבֶּמֶת.

Et il fait la chalitza, et l'on fait la chalitza pour sa femme, et l'on fait le yibboum à sa femme. Et il est enseigné dans une autre [baraita] : l'épouse d'un tumtum fait la chalitza et ne fait pas le yibboum.

📜 Rachi (4)
וְחוֹלֵץ לְחוּמְרָא שֶׁאִם אֵין שָׁם אַחֵר אֶלָּא הוּא בָּעֲיָא יְבִמְתּוֹ חֲלִיצָה אֲבָל יֵשׁ שָׁם אַחֵר לָא חָלֵיץ טֻומְטוּם דְּהָא הַאי תַּנָּא בִּנְקֵבָה נָמֵי מְסַפְּקָא לֵיהּ:
Et il fait la chalitza — par rigueur : s'il n'y a pas là d'autre [frère] que lui, sa belle-sœur (yevama) requiert la chalitza [de sa part] ; mais s'il y a là un autre [frère], le tumtum ne fait pas la chalitza, car ce tanna tient [le tumtum] pour un doute aussi quant à [être] femelle.
וְחוֹלְצִין לְאִשְׁתּוֹ חוּמְרָא הִיא שֶׁמָּא זָכָר הוּא:
Et l'on fait la chalitza pour sa femme — c'est une rigueur, au cas où [le tumtum] serait mâle.
וּמְייַבְּמִים אֶת אִשְׁתּוֹ מִמַּה נַפְשָׁךְ אִי זָכָר הוּא שַׁפִּיר מְייַבֵּם אָחִיו וְאִם נְקֵבָה הוּא אִשָּׁה בְּעָלְמָא הוּא דְּנָסֵב הַאי אָחִיו שֶׁל טֻומְטוּם אֲבָל טֻומְטוּם לֹא מְייַבֵּם דְּאֵינוֹ בֶּן לֵידָה וְלָא קָרֵינָא בֵיהּ לְהָקִים לְאָחִיו שֵׁם:
Et l'on fait le yibboum à sa femme — de toute façon (mima nafchakh) : si [le tumtum] est mâle, [le frère] fait bien le yibboum ; et s'il est femelle, ce que ce frère du tumtum a épouse n'est qu'une femme ordinaire ; mais le tumtum, lui, ne fait pas le yibboum, car il n'est pas [assurément] apte à la procréation, et l'on ne lit pas à son sujet 'pour perpétuer à son frère un nom'.
מַאי לַָאו דכ"ע כר"ע דְּאָמַר בִּיבָמוֹת פֶּרֶק הֶעָרֵל (יְבָמוֹת דַּף עט:) סְרִיס חַמָּה לֹא חוֹלֵץ וְלֹא מְיַיבֵּם וְאִשְׁתּוֹ לֹא חוֹלֶצֶת וְלֹא מִתְיַיבֶּמֶת שֶׁלֹּא הָיְתָה לוֹ שְׁעַת הַכֹּושֶׁר:
N'est-ce pas que, de l'avis de tous, [c'est] comme Rabbi Akiva qui dit — dans Yevamot, chapitre 'Hé-arel' (Yevamot 79b), [qu']un eunuque de naissance (saris hama) ne fait ni la chalitza ni le yibboum, et sa femme ne fait ni la chalitza ni le yibboum, car il n'a jamais eu de moment d'aptitude [à procréer].
💡 Explication

La première baraita continue : le tumtum accomplit la chalitza (s'il est le seul frère survivant, la veuve doit être déliée) ; et s'il meurt, un frère fait la chalitza à sa veuve ou l'épouse par yibboum (au cas où le tumtum aurait été mâle et fécond). Une seconde baraita tranche différemment : l'épouse du tumtum fait la chalitza mais pas le yibboum. Ces deux baraitot sont en tension.

🖼️ Schéma
L'épouse du tumtum défunt : chalitza et/ou yibboum ? Deux baraitot en conflit (segments 8-12). Fond commun : on suit R. Akiva. Baraita A : on fait le yibboum 'chosets... oumeyabemim le-ishto' si le tumtum est mâle, il engendre -> sa veuve est soumise au yibboum conclusion : c'est R. Eliezer (épouse d'un saris chama : on la yabem) Baraita B : chalitza seule 'chosetset ve-lo mityabemet' on craint qu'il soit saris chama -> pas de yibboum, mais chalitza conclusion : c'est R. Akiva (épouse d'un saris chama : ni l'un ni l'autre) Qui tient comme R. Akiva ET exige la chalitza ? -> R. Yossi b. R. Yehuda (R. Yehuda, lui, en fait un saris CERTAIN : même pas de chalitza)
Les deux baraitot : yibboum autorisé (A) contre chalitza seule (B).
10
סַבְרוּהָ, דְּכֻולֵּי עָלְמָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּאָמַר: סְרִיס חַמָּה לֹא חוֹלֵץ וְלֹא מְיַיבֵּם.

On [le] supposa : de l'avis de tous [ces baraitot], [c'est] comme Rabbi Akiva, qui dit : un eunuque de naissance (saris hama) ne fait ni la chalitza ni le yibboum.

💡 Explication

La Guemara pose l'hypothèse de travail : les deux baraitot suivent Rabbi Akiva, pour qui un saris hama (eunuque de naissance, jamais capable de procréation) ne fait ni chalitza ni yibboum ; de même sa veuve n'est ni déliée ni prise en yibboum, car elle est interdite comme épouse de frère non soumise au lévirat.

11
מַאי לַָאו בְּהָא קָמִיפַּלְגִי, דְּמַאן דְּאָמַר חוֹלֵץ, וְחוֹלְצִין לְאִשְׁתּוֹ וּמְיַבְּמִים אֶת אִשְׁתּוֹ, לָא אָמְרִינַן הוֹאִיל וְאִישְׁתַּנִּי אִישְׁתַּנִּי;

N'est-ce pas que c'est sur ceci qu'ils divergent : celui qui dit '[le tumtum] fait la chalitza, et l'on fait la chalitza pour sa femme et l'on fait le yibboum à sa femme' ne dit pas 'puisqu'[il] a changé, [il] a changé' ;

📜 Rachi (1)
וּבְהָא פְּלִיגִי דמ"ד מְייַבְּמִין לְאִשְׁתּוֹ ממ"נ סָבַר אִי זָכָר הוּא שַׁפִּיר מְיַיבֵּם דְּלָא אָמְרִינַן הוֹאִיל וְאִישְׁתַּנִּי לְמֶיהֱוֵי טֻומְטוּם אִישְׁתַּנִּי נָמֵי לְסַפּוֹקֵי בִּסְרִיס חַמָּה שֶׁאֲפִילּוּ יִקָּרַע וְיִמָּצֵא זָכָר יְהֵא סָרִיס וְאֵשֶׁת סָרִיס אֵין מִתְיַיבֶּמֶת:
Et c'est sur ceci qu'ils divergent — celui qui dit 'on fait le yibboum à sa femme' tient, de toute façon (mima nafchakh) : si [le tumtum] est mâle, [le frère] fait bien le yibboum, car on ne dit pas 'puisqu'[il] a changé pour être tumtum, [il] a changé aussi' au point d'être présumé [dans le] doute [d'être] eunuque de naissance (saris hama) — [tel] que, même s'il était ouvert et trouvé mâle, il serait eunuque, et l'épouse d'un eunuque ne fait pas le yibboum.
💡 Explication

Première lecture du conflit : la baraita qui autorise le yibboum de la veuve n'applique pas le principe 'puisqu'il a changé, il a changé'. Autrement dit : si le tumtum s'avère mâle, on le présume fécond (comme un mâle normal), et non pas doublement anormal (saris hama) ; sa veuve est donc soumise au yibboum.

12
וּמַאן דְּאָמַר חוֹלֶצֶת וְלֹא מִתְיַיבֶּמֶת, אָמְרִינַן הוֹאִיל וְאִישְׁתַּנִּי אִישְׁתַּנִּי?

et celui qui dit '[l'épouse du tumtum] fait la chalitza et ne fait pas le yibboum' dit 'puisqu'[il] a changé, [il] a changé' ?

📜 Rachi (1)
ומ"ד אֵין מִתְייַבֶּמֶת סָבַר אָמְרִינַן הוֹאִיל וְאִישְׁתַּנִּי לְמֶיהֱוֵי טֻומְטוּם אִישְׁתַּנִּי נָמֵי לְסַפּוֹקֵי לְמֶיהֱוֵי סְרִיס חַמָּה אֲפִילּוּ יִמָּצֵא זָכָר הִילְכָּךְ אֵין מִתְייַבֶּמֶת אִשְׁתּוֹ דְּנִמְצְאוּ פּוֹגְעִים בְּעֶרְוָה דְּכֵיוָן דְּזָכָר הוּא קִדּוּשָׁיו קִדּוּשִׁין וְכֵיוָן דִּסְרִיס חַמָּה הוּא אֵין אִשְׁתּוֹ זְקוּקָה לַיָּבָם הָוְיָא כְּאֵשֶׁת אָח שֶׁיֵּשׁ לָהּ בָּנִים וְהַמְיַיבְּמָהּ פּוֹגֵעַ בְּאִיסּוּר אֵשֶׁת אָח וּמִיהוּ חֲלִיצָה בָּעֲיָא דְּלָא פְּשִׁיטָא לָן שֶׁהוּא סָרִיס דְּשֶׁמָּא לָאו סָרִיס הוּא הִילְכָּךְ בָּעֲיָא חֲלִיצָה:
Et celui qui dit 'elle ne fait pas le yibboum' tient qu'on dit 'puisqu'[il] a changé' — [c'est-à-dire : puisqu'il a changé] pour être tumtum, [il] a changé aussi [au point] d'être présumé [dans le] doute [d'être] eunuque de naissance (saris hama), même s'il était trouvé mâle ; c'est pourquoi sa femme ne fait pas le yibboum, car [les frères] se trouveraient toucher à une erva (union interdite) : puisqu'il est mâle, sa consécration [passée] est valide, et puisqu'il est eunuque de naissance sa femme n'est pas liée au lévirat — elle est comme l'épouse d'un frère qui a des enfants, et celui qui la prend en yibboum touche à l'interdit d'épouse de frère ; toutefois la chalitza est requise, car il ne nous est pas évident qu'il soit eunuque — peut-être n'est-il pas eunuque — c'est pourquoi elle requiert la chalitza.
💡 Explication

Symétriquement : la baraita qui refuse le yibboum (chalitza seule) appliquerait le principe 'puisqu'il a changé, il a changé' — on craint que le tumtum, déjà anormal, soit aussi un saris hama ; sa veuve ne peut donc pas être prise en yibboum. Le conflit des deux baraitot serait ainsi une mahloket sur ce principe.

13
לֹא, דְּכֻולֵּי עָלְמָא אָמְרִינַן הוֹאִיל וְאִישְׁתַּנִּי אִישְׁתַּנִּי, הָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְהָא רַבִּי עֲקִיבָא.

Non : de l'avis de tous on dit 'puisqu'[il] a changé, [il] a changé' ; [seulement] celle-ci [est] Rabbi Eliezer, et celle-là [est] Rabbi Akiva.

📜 Rachi (1)
לָא דְּכ"ע אָמְרִי שֶׁמָּא אִישְׁתַּנִּי וּמְסַפְּקִינַן לֵיהּ בִּסְרִיס חַמָּה. וְהָא דְּאָמְרִינַן מִתְייַבֶּמֶת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הִיא דְּאָמַר בְּפֶ' הֶעָרֵל (יְבָמוֹת דַּף פ.) אֵשֶׁת סְרִיס חַמָּה מִתְיַיבֶּמֶת שֶׁכֵּן בְּמִינָן מִתְרַפְּאִין בַּאֲלֶכְּסַנְדְּרִיָּא שֶׁל מִצְרַיִם הִילְכָּךְ ממ"נ שָׁרִי לְייִבּוּמָהּ. ומ"ד לֹא מִתְיַיבֶּמֶת כר"ע:
Non : de l'avis de tous on dit 'peut-être [il] a changé' — et on le présume [dans le] doute [d'être] eunuque de naissance (saris hama). Et ce qu'on dit — 'elle fait le yibboum' — [c'est] Rabbi Eliezer, qui dit au chapitre 'Hé-arel' (Yevamot 80a) : l'épouse d'un eunuque de naissance fait le yibboum, car leur espèce [d'eunuques] se soigne à Alexandrie d'Égypte ; c'est pourquoi, de toute façon (mima nafchakh), il est permis de la prendre en yibboum. Et celui qui dit 'elle ne fait pas le yibboum' [tient] comme Rabbi Akiva.
💡 Explication

Réfutation : les deux baraitot admettent le principe (on craint le saris hama). Leur différence tient à une autre mahloket : la baraita qui autorise le yibboum suit Rabbi Eliezer (pour qui l'épouse d'un saris hama peut être prise en yibboum, car de tels eunuques se soignent à Alexandrie) ; celle qui l'interdit suit Rabbi Akiva.

🖼️ Schéma
L'épouse du tumtum défunt : chalitza et/ou yibboum ? Deux baraitot en conflit (segments 8-12). Fond commun : on suit R. Akiva. Baraita A : on fait le yibboum 'chosets... oumeyabemim le-ishto' si le tumtum est mâle, il engendre -> sa veuve est soumise au yibboum conclusion : c'est R. Eliezer (épouse d'un saris chama : on la yabem) Baraita B : chalitza seule 'chosetset ve-lo mityabemet' on craint qu'il soit saris chama -> pas de yibboum, mais chalitza conclusion : c'est R. Akiva (épouse d'un saris chama : ni l'un ni l'autre) Qui tient comme R. Akiva ET exige la chalitza ? -> R. Yossi b. R. Yehuda (R. Yehuda, lui, en fait un saris CERTAIN : même pas de chalitza)
La vraie ligne de partage : Rabbi Eliezer (yibboum) contre Rabbi Akiva (chalitza seule).
14
וּמַאן תַּנָּא אַלִּיבָּא דְּרַבִּי עֲקִיבָא? אִילֵּימָא רַבִּי יְהוּדָה — הָא וַדַּאי סָרִיס מְשַׁוֵּי לֵיהּ!

Et quel tanna [tient] selon Rabbi Akiva [tout en exigeant la chalitza] ? Si tu dis Rabbi Yehouda — [non,] car celui-ci en fait assurément un eunuque (saris) [certain, dispensant même de chalitza] !

📜 Rachi (2)
וּמַאן הַאי תַּנָּא דְּאִית לֵיהּ כר"ע וְאָמַר חוֹלֶצֶת וְלֹא מִתְיַיבֶּמֶת:
Et quel est ce tanna qui tient comme Rabbi Akiva — et dit 'elle fait la chalitza et ne fait pas le yibboum'.
סָרִיס וַדַּאי מְשַׁוֵּי לֵיהּ לְטֻומְטוּם וְאַפֵּי' חֲלִיצָה לָא תִּיבְּעֵי דְּהָא ר"ע בְּאֵשֶׁת סְרִיס חַמָּה לָא בָּעֵי חֲלִיצָה:
Il en fait un eunuque certain — [il fait] du tumtum [un eunuque certain] et [alors] même la chalitza ne serait pas requise ; car Rabbi Akiva, pour l'épouse d'un eunuque de naissance, n'exige pas de chalitza.
💡 Explication

La Guemara cherche l'auteur précis de la baraita B (chalitza seule) qui suit Rabbi Akiva. Serait-ce Rabbi Yehouda ? Impossible : pour lui, un tumtum ouvert et trouvé mâle est un saris certain — sa veuve ne requiert même pas de chalitza, ce qui contredit la baraita B qui l'exige.

15
דִּתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: טֻומְטוּם שֶׁנִּקְרַע וְנִמְצָא זָכָר — הֲרֵי זֶה לֹא יַחְלֹוץ, מִפְּנֵי שֶׁהוּא כְּסָרִיס!

Comme nous avons appris (michna, Yevamot 81a) : Rabbi Yehouda dit : un tumtum qui a été ouvert (nikra) et trouvé mâle — celui-ci ne fait pas la chalitza, parce qu'il est comme un eunuque (saris) !

💡 Explication

Preuve de la position de Rabbi Yehouda : une michna enseigne qu'un tumtum ouvert et trouvé mâle ne fait pas la chalitza, car il est assimilé à un eunuque certain. De même, sa veuve ne requiert pas de chalitza — ce qui exclut Rabbi Yehouda comme auteur de la baraita B.

16
אֶלָּא רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה הִיא, דְּתַנְיָא: רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: טֻומְטוּם לֹא חוֹלֵץ, שֶׁמָּא יִקָּרַע וְיִמָּצֵא סָרִיס חַמָּה.

Plutôt, c'est Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, car il est enseigné (baraita) : Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda dit : un tumtum ne fait pas la chalitza, de peur qu'il ne soit ouvert et trouvé eunuque de naissance (saris hama).

📜 Rachi (2)
אֶלָּא ר' יוֹסֵי בְּר' יְהוּדָה דְּשֶׁמָּא קָאָמַר הִילְכָּךְ חֲלִיצָה בָּעֲיָא דְּשֶׁמָּא זָכָר הוּא וְשֶׁמָּא אֵינוֹ סָרִיס וְלֹא מִתְייַבֶּמֶת דְּשֶׁמָּא זָכָר הוּא וְסָרִיס הוּא וְאֵינָהּ זְקוּקָה לְיָבָם וְנִמְצָא פּוֹגֵעַ בְּאֵשֶׁת אָח שֶׁיֵּשׁ לָהּ בָּנִים:
Plutôt, [c'est] Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda — qui dit 'de peur' (chema) ; c'est pourquoi [la veuve] requiert la chalitza, au cas où [le tumtum] serait mâle et ne serait pas eunuque ; et elle ne fait pas le yibboum, au cas où il serait mâle et eunuque et [donc] non liée au lévirat — [sinon on] se trouverait toucher à une épouse de frère qui a des enfants.
שֶׁמָּא יִקְרַע כו' וּבִמְקוֹם אַחִין קָאָמַר דְּלָא יַחֲלֹוץ (וּלְיָחוּשׁ) שֶׁמָּא סְרִיס חַמָּה הוּא אֲבָל אֵין שָׁם אַחֵר יַחֲלֹוץ וְלָא מִיפַּטְרָא יְבִמְתּוֹ בִּוְלֹא כְּלוּם דְּשֶׁמָּא לָאו סָרִיס הוּא הִילְכָּךְ אִשְׁתּוֹ נָמֵי בָּעֲיָא חֲלִיצָה שֶׁמָּא לָאו סָרִיס הוּא וְלֹא מִתְיַיבֶּמֶת דְּשֶׁמָּא סָרִיס הוּא:
De peur qu'il ne soit ouvert, etc. — c'est en présence d'autres frères qu'[il] dit qu'il ne fait pas la chalitza, de peur qu'il ne soit eunuque de naissance ; mais s'il n'y a pas là d'autre [frère], il fait la chalitza — [et] sa belle-sœur n'est pas [pour autant] déliée 'sans rien' [de valable], au cas où il ne serait pas eunuque ; c'est pourquoi sa femme aussi requiert la chalitza, au cas où il ne serait pas eunuque, et ne fait pas le yibboum, au cas où il serait eunuque.
💡 Explication

L'auteur de la baraita B est donc Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda : pour lui, un tumtum trouvé mâle n'est qu'un saris hama possible (par doute), non certain — d'où sa veuve requiert la chalitza. La baraita enseigne : le tumtum ne fait pas la chalitza [pour la veuve de son frère, s'il y a d'autres frères], de peur qu'il ne soit un saris hama (auquel cas sa chalitza ne délierait pas).

17
אַטּוּ כֹּל דְּמִיקְּרַע זָכָר מִשְׁתְּכַח, נְקֵבָה לָא מִשְׁתַּכֵּחַ? שֶׁמָּא קָאָמַר, שֶׁמָּא יִקָּרַע וְיִמָּצֵא נְקֵבָה.

Est-ce à dire que tout [tumtum] qui est ouvert se trouve mâle, [et] ne se trouve pas femelle ? [Non :] c'est 'de peur' qu'il dit — de peur qu'il ne soit ouvert et trouvé femelle.

📜 Rachi (1)
אַטּוּ כֹּל דְּמִקְּרַע זָכָר מִישְׁתְּכַח דְּלָא מְסַפְּקָא לֵיהּ אֶלָּא בִּסְרִיס חַמָּה וּבִנְקֵבָה לָא מְסַפְּקָא לֵיהּ:
Est-ce à dire que tout [tumtum] qui est ouvert se trouve mâle — [comme si] il ne lui restait de doute que sur [le fait d'être] eunuque de naissance, et qu'il n'eût pas de doute sur [le fait d'être] femelle.
💡 Explication

La Guemara précise la formule de Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda : pourquoi ne parler que du risque 'saris hama' ? Tout tumtum ouvert serait-il forcément mâle et jamais femelle ? En réalité, son 'de peur' cumule plusieurs doutes : peut-être sera-t-il ouvert et trouvé femelle — qui, elle, ne fait certainement pas la chalitza.

18
אִי נָמֵי זָכָר נָמֵי, שֶׁמָּא יִמָּצֵא סָרִיס חַמָּה. מַאי בֵינַיְיהוּ? אָמַר רָבָא:

Ou bien aussi [s'il est] mâle — de peur qu'il ne se trouve eunuque de naissance (saris hama). Quelle [différence pratique] y a-t-il entre eux [Rabbi Yehouda et Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda] ?

Rava dit :

📜 Rachi (1)
מַאי בֵינַיְיהוּ בֵּין רַבִּי יְהוּדָה לְר' יוֹסֵי בְּטֻומְטוּם שֶׁמֵּת אָחִיו הָא תַּרְוַיְיהוּ לֹא יַחֲלֹוץ קָאָמְרִי:
Quelle [différence] y a-t-il entre eux — entre Rabbi Yehouda et Rabbi Yossi, à propos d'un tumtum dont le frère est mort ; car tous deux disent [qu'il] ne fait pas la chalitza.
💡 Explication

Le 'de peur' de Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda couvre deux hypothèses : ou le tumtum sera trouvé femelle (pas de chalitza), ou trouvé mâle mais saris hama (pas de chalitza non plus). Comme Rabbi Yehouda et lui concluent tous deux que le tumtum ne fait pas la chalitza, la Guemara demande leur différence pratique (nafka mina) — et Rava va la donner (réponse sur 43a).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).