Bekhorot 43a — fin de 'Al Elou Moumin' (toumtoum et yiboum) ; nouvelle michna : les défauts qui disqualifient un Cohen ; la guezera chava homme-animal et les trois versets de Rava

Bekhorot 43a

Sougya : Le daf achève la sougya du toumtoum : selon R. Yehouda c'est un saris certain (sa halitsa est nulle), selon R.

Yossei fils de R. Yehouda c'est un doute (elle exige halitsa), avec deux nafka mina — disqualifier la yevama en présence de frères, et faire halitsa en leur absence.

Après le Hadran, une nouvelle michna enseigne que tous les moumim de l'animal disqualifient aussi le Cohen à l'office (fixes ou passagers), et ajoute des défauts propres à la tête de l'homme (kilon, liftan, makban, chaqout, seqifa), les bossus (mahloket R. Yehouda / Sages) et le chauve (kereah).

La Guemara construit une guezera chava garav-garav / yalefet-yalefet pour transporter les défauts de l'homme vers l'animal et inversement, en vérifiant qu'elle est moufne (surnuméraire) pour résister à toute réfutation. Enfin Rava montre par un tsricha que les trois versets (homme, kodachim, bekhor) sont chacun indispensables, aucun ne se déduisant des autres ; et la source du 'yeter aleihen ba'adam' est 'un homme égal à la descendance d'Aharon' (Lev 21:21).

Les défauts (moumim) qui disqualifient un Cohen Même règle que pour l'animal (fixes ou passagers) + défauts propres à l'homme Défauts partagés avec l'animal Tous les moumim du premier-né, fixes (kevouim) ou passagers (ovrim), disqualifient aussi le Cohen à l'office. Deux exceptions croisées étudiées en Guemara : yabelet (verrue) manque chez l'homme ; dak/tevaloul manquent Défauts propres au Cohen (la tête) kilon : tête pointue (étroite en haut) liftan : tête en navet (large en haut) makban : tête en marteau (front saillant) chaqout : tête creusée (enfoncement) seqifa : arrière de la tête saillant + bossus (mahloket) ; + le chauve (kereah) Kereah (chauve) = pas de rangée de cheveux d'une oreille à l'autre S'il a cette rangée -> il est kacher (apte) ; sinon -> passoul (disqualifié).
La michna : les défauts qui disqualifient un Cohen (partagés avec l'animal + propres à l'homme).
La guezera chava garav / yalefet : relier homme et animal HOMME (Cohen) écrit : dak, tevaloul manque : yabelet (verrue) partagés : garav, yalefet ANIMAL écrit : yabelet (verrue) manque : dak, tevaloul partagés : garav, yalefet garav-garav / yalefet-yalefet = guezera chava (mots communs) on transporte ce qui est dit ici vers la, et de là vers ici Il faut que ce soit MOUFNE (surnuméraire) sinon on réfute : homme != animal (l'animal est offert sur l'autel) ; animal != homme (l'homme a plus de mitsvot). D'où l'écriture redondante.
La guezera chava garav / yalefet reliant homme et animal, et l'exigence qu'elle soit moufne (segments 5-9).
Rava : pourquoi 3 versets (homme, kodachim, bekhor) sont nécessaires ADAM (Cohen) force : inclus dans les mitsvot KODACHIM (offrandes) force : offerts sur l'autel BEKHOR (premier-né) force : sainteté des le ventre Aucun ne se déduit d'un seul autre — et pas non plus de deux : On ne peut pas retirer le BEKHOR et le déduire des deux autres : eux ont une sainteté plus grande et valent aussi pour le profane. On ne peut pas retirer les KODACHIM : Cohen et bekhor ont une sainteté automatique (d'eux-mêmes, sans consécration). On ne peut pas retirer l'ADAM : bekhor et kodachim sont eux-mêmes offerts sur l'autel, pas l'homme. Conclusion : tsricha — les 3 sont nécessaires
Le tsricha de Rava : les trois versets (homme, kodachim, bekhor) sont chacun nécessaires (segments 14-20).
1
לִפְסֹול בִּמְקוֹם אַחִים,

[La nafka mina est] pour disqualifier [la veuve] en présence de frères.

📜 Rachi (1)
לִפְסֹול בִּמְקוֹם אַחִין אִם יֵשׁ עִמּוֹ אַחִים הֲגוּנִים וְהָלַךְ הוּא וְחָלַץ לָהּ לְרַבִּי יְהוּדָה לָאו כְּלוּם עֲבַד וְלֹא פְּסָלָהּ מִן הָאַחִין רָצָה אֶחָד מִן הָאַחִין לְיַיבֵּם מְייַבֵּם וּלְרַבִּי יוֹסֵי דְּמַחֲזִיק לֵיהּ בְּסָפֵק פְּסָלָהּ מִן הָאַחִין דְּשֶׁמָּא חֲלִיצָתוֹ חֲלִיצָה וְאֵין אֶחָד מִן הָאַחִין יָכוֹל לְיַיבְּמָהּ דְּכֵיוָן דְּלָא בָּנָה שׁוּב לֹא יִבְנֶה אֶלָּא חוֹזְרִין וְחוֹלְצִין לָהּ:
Pour disqualifier en présence de frères — s'il y a avec lui des frères aptes [au lévirat] et qu'il est allé, lui, faire halitsa à [la veuve] : pour R. Yehouda il n'a rien fait et ne l'a pas disqualifiée pour les frères ; si l'un des frères veut faire le lévirat, il le fait. Mais pour R. Yossei, qui le tient pour un [cas] douteux, il l'a disqualifiée pour les frères, car peut-être sa halitsa est-elle une [vraie] halitsa, et aucun des frères ne peut plus faire le lévirat : dès lors qu'il n'a pas 'édifié' [la maison de son frère par le yiboum], il ne l'édifiera plus ; [les frères] doivent alors [à nouveau] lui faire halitsa.
💡 Explication

Fin de la mahloket sur le toumtoum (individu dont le sexe est indéterminé) qui a fait halitsa à sa belle-sœur. Première nafka mina (conséquence pratique) : quand il reste d'autres frères aptes au yiboum (lévirat). Pour R. Yehouda, ce toumtoum est un saris certain (steril de nature), donc sa halitsa ne vaut rien et ne disqualifie pas la veuve — un autre frère peut l'épouser. Pour R. Yossei fils de R. Yehouda, comme il pourrait être un vrai mâle, sa halitsa vaut peut-être et disqualifie la veuve pour les frères.

🖼️ Schéma
Le toumtoum et la yevama : R. Yehouda vs R. Yossei b. R. Yehouda R. Yehouda : saris CERTAIN (steril de nature) R. Yossei b. R. Y. : saris DOUTEUX Cas 1 : il y a d'autres frères Sa halitsa = nulle. Elle n'est pas disqualifiée : un frère peut faire yiboum. Cas 1 : il y a d'autres frères Sa halitsa vaut peut-être. Elle est disqualifiée : aucun frère ne peut la prendre. Cas 2 : pas d'autres frères Elle est dispensée sans rien : pas de halitsa (il est comme mort). Cas 2 : pas d'autres frères Elle exige la halitsa, au cas où il serait un vrai mâle (non-saris).
Les deux nafka mina de la mahloket sur le toumtoum.
2
וְלַחְלֹוץ שֶׁלֹּא בִּמְקוֹם אַחִים, אִיכָּא בֵינַיְיהוּ.

Et [la nafka mina est aussi] pour faire halitsa là où il n'y a pas de frères : [c'est] entre eux [qu']il y a [différence].

📜 Rachi (1)
וְלַחְלֹוץ שֶׁלֹּא בִּמְקוֹם אַחִין אִם אֵין אַחִין אֶלָּא טֻומְטוּם לְרַבִּי יְהוּדָה מִיפַּטְרָא בִּוְלֹא כְּלוּם דְּהָא וַדַּאי סָרִיס הוּא וּכְלֵיתֵיהּ דָּמֵי וְלֵר' יוֹסֵי בָּעֲיָא חֲלִיצָה שֶׁמָּא לָאו סָרִיס הוּא וְהַאי דְּקָאָמַר לֹא יַחֲלֹוץ בִּמְקוֹם אַחִין קָאָמַר:
Et pour faire halitsa là où il n'y a pas de frères — s'il n'y a pas d'autres frères que le toumtoum : pour R. Yehouda [la veuve] est dispensée sans rien, car il est certainement un saris et [c'est] comme s'il était mort ; mais pour R. Yossei elle exige la halitsa, car peut-être n'est-il pas un saris. Et ce qu'[on] a dit 'il ne fait pas halitsa' — c'est en présence de frères qu'[on] l'a dit.
💡 Explication

Seconde nafka mina : quand le toumtoum est le seul frère. Pour R. Yehouda, la veuve est dispensée sans rien (ni yiboum ni halitsa), car il est un saris certain, comme s'il n'existait pas. Pour R. Yossei, elle exige la halitsa, au cas où il ne serait pas un saris. La formulation de la michna ('il ne fait pas halitsa') vise donc le cas où il y a des frères.

3
הֲדַרַן עֲלָךְ עַל אֵלּוּ מוּמִין.

Nous revenons vers toi, [chapitre] 'Al elou moumin'.

📜 Rachi (1)
הֲדַרַן עֲלָךְ עַל אֵלּוּ מוּמִין
Nous revenons vers toi, 'Al elou moumin'.
💡 Explication

Hadran : formule de clôture du chapitre 'Al elou moumin' ('Sur ces défauts'). On y marque l'achèvement de l'étude du chapitre.

4
מַתְנֵי׳ מוּמִין אֵלּוּ , בֵּין קְבוּעִין בֵּין עוֹבְרִים — פּוֹסְלִין בְּאָדָם, וְיֶתֶר עֲלֵיהֶן: הַכִּילוֹן, וְהַלִּפְתָּן, וְהַמַּקָּבָן, וְשֶׁרֹאשׁוֹ שָׁקוּט, וּסְקִיפָת.

MICHNA. Ces défauts (moumim) — qu'ils soient fixes (kevouim) ou passagers (ovrim) — disqualifient chez l'homme ; et l'on ajoute à eux : le kilon, le liftan, le makban, celui dont la tête est creusée (chaqout), et le seqifa.

📜 Rachi (4)
מַתְנֵי' מוּמִין אֵלּוּ הָאֵמוּרִין בִּבְכוֹר פּוֹסְלִין לְכֹהֵן לַעֲבוֹדָה:
MICHNA. Ces défauts — ceux énoncés à propos du premier-né disqualifient le Cohen pour l'office.
בֵּין קְבוּעִין בֵּין עוֹבְרִין כָּל זְמַן שֶׁהֵן בּוֹ:
Qu'ils soient fixes ou passagers — tout le temps qu'ils sont sur lui.
הַכִּילוֹן וְהַלִּיפְתָּם וְהַמַּקָּבָן מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
Le kilon, le liftan et le makban — c'est explicite dans la Guemara.
וְשֶׁרֹאשׁוֹ שָׁקוּט וּסְקִיפַת מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
Celui dont la tête est creusée (chaqout), et le seqifa — c'est explicite dans la Guemara.
💡 Explication

Nouvelle michna. Tous les moumim énumérés à propos du premier-né (l'animal) disqualifient aussi le Cohen pour l'office, fixes ou passagers (tant qu'ils sont présents). La michna ajoute des défauts propres à la tête de l'homme : kilon (tête pointue), liftan (tête en navet), makban (tête en marteau, front saillant), chaqout (tête creusée) et seqifa (arrière de la tête saillant). La Guemara en donnera le détail.

🖼️ Schéma
Les défauts (moumim) qui disqualifient un Cohen Même règle que pour l'animal (fixes ou passagers) + défauts propres à l'homme Défauts partagés avec l'animal Tous les moumim du premier-né, fixes (kevouim) ou passagers (ovrim), disqualifient aussi le Cohen à l'office. Deux exceptions croisées étudiées en Guemara : yabelet (verrue) manque chez l'homme ; dak/tevaloul manquent Défauts propres au Cohen (la tête) kilon : tête pointue (étroite en haut) liftan : tête en navet (large en haut) makban : tête en marteau (front saillant) chaqout : tête creusée (enfoncement) seqifa : arrière de la tête saillant + bossus (mahloket) ; + le chauve (kereah) Kereah (chauve) = pas de rangée de cheveux d'une oreille à l'autre S'il a cette rangée -> il est kacher (apte) ; sinon -> passoul (disqualifié).
Les défauts de la michna, partagés et propres à l'homme.
5
וּבַעֲלֵי חֻטְרוֹת — רַבִּי יְהוּדָה מַכְשִׁיר, וַחֲכָמִים פּוֹסְלִין. הַקֵּרֵחַ פָּסוּל. אֵיזֶהוּ קֶרַח? כֹּל שֶׁאֵין לוֹ שִׁיטָה שֶׁל שֵׂעָר מֻוקֶּפֶת מֵאֹוזֶן לְאֹוזֶן, אִם יֵשׁ לוֹ — הֲרֵי זֶה כָּשֵׁר.

Et les bossus (baalei hataroth) — R. Yehouda [les] déclare aptes, et les Sages [les] déclarent disqualifiés.

Le chauve (kereah) est disqualifié. Qu'est-ce qu'un kereah ?

Quiconque n'a pas de rangée de cheveux entourant [la tête] d'une oreille à l'autre ; s'il en a une — celui-là est apte (kacher).

📜 Rachi (2)
וּבַעֲלֵי חֻטְרוֹת פְּלֻוגְתָּא אֲבָל הָנָךְ כִּילוֹן וְלִיפְתָּם וְכוּלְּהוּ דִּבְרֵי הַכֹּל:
Et les bossus — c'est une [matière de] controverse ; mais ces [défauts] — kilon, liftan et tous les autres — sont de l'avis de tous.
חֻטְרוֹת חלדרוב"ש:
Bossus (hataroth) — 'chaldrove"ch' [terme en langue vernaculaire pour la bosse].
💡 Explication

Sur les bossus (baalei hataroth), c'est une mahloket : R. Yehouda les déclare aptes, les Sages disqualifiés — alors que les défauts précédents (kilon, liftan, etc.) font l'unanimité. Puis la définition du kereah (chauve) : celui qui n'a pas de rangée de cheveux d'une oreille à l'autre ; s'il conserve cette rangée, il reste kacher (apte).

6
גמ׳ אַמַּאי? וְהָאִיכָּא יַבֶּלֶת, דְּלָא כְּתִיב בְּאוֹרָייְתָא בְּאָדָם! וְתוּ: דַּק תְּבַלּוּל, דְּלָא כְּתִיבִי בִּבְהֵמָה!

GUEMARA. Pourquoi [le dit-on] ?

Or il y a [le défaut de] la verrue (yabelet), qui n'est pas écrit dans la Torah a propos de l'homme ! Et de plus : la taie (dak) et le tevaloul, qui ne sont pas écrits à propos de l'animal !

📜 Rachi (3)
גְּמ' אַמַּאי פְּסוּלִין בְּאָדָם:
GUEMARA. Pourquoi — disqualifient-ils chez l'homme ?
וְהָא יַבֶּלֶת דְּלָא כְּתִיבָא בְּאָדָם:
Or il y a la verrue — qui n'est pas écrite à propos de l'homme.
וְתוּ דַּק תְּבַלּוּל דַּאֲמָרָן גַּבֵּי מוּמֵי בְּכוֹר הוּא וְלָא כְּתִיב בַּבְּהֵמָה דְּבִשְׁלָמָא כּוּלְּהוּ אִינָךְ דְּמָנֵינַן בֵּיהּ כְּמוֹ חוּטִין וְזָנָב הָעֵגֶל שֶׁאֵינָהּ מַגַּעַת לָאַרְכֻּובָּה מִכָּל מוּם רַע נָפְקִי אֶלָּא דַּק וּתְבַלּוּל אִיכָּא לְמִיפְרַךְ מִדְּגַלִּינְהוּ רַחֲמָנָא בָּאָדָם וּבַבְּהֵמָה לָא גַּלִּינְהוּ ש"מ לָא פָּסְלִי בִּבְהֵמָה. וּמְשַׁנֵּי מֵילָף יָלְפִי מְהֻדָּדַי:
Et de plus, la taie [et] le tevaloul — dont nous avons parlé à propos des défauts du premier-né : [ils sont écrits chez l'homme] et non chez l'animal. Car, certes, tous les autres [défauts] que nous y comptons — comme les 'fils' [des gencives] et 'la queue du veau qui n'atteint pas l'articulation' — se déduisent de 'tout défaut mauvais' [Deut 15:21] ; mais [pour] la taie et le tevaloul on peut objecter : du fait que le Miséricordieux les a révélés à propos de l'homme et ne les a pas révélés à propos de l'animal, apprends-en qu'ils ne disqualifient pas chez l'animal. Et [la Guemara] répond : ils se déduisent l'un de l'autre.
🗂️ Tossefot (1)
הָא אִיכָּא יַבֶּלֶת ה"נ הָוֵי מָצֵי לְמִיפְרַךְ מֵחָרוּץ דְּלָא כְּתִיב בְּאָדָם וְשַׁייָּךְ בְּאָדָם חוּטִין וּבִמְקוֹם עֶצֶם כְּמוֹ בִּבְהֵמָה וְכֵן נָתוּק וּכְרוּת לָא כְּתִיבִי בְּאָדָם וְגַבָּן לָא כְּתִיב בִּבְהֵמָה ואע"ג דְּשַׁיָּיךְ [בִּבְהֵמָה] לְמָאֵן דִּמְפָרֵשׁ לְקַמָּן שֶׁשִּׁדְרָתוֹ עֲקֻומָּה וְלָא מוּקֵי לָהּ בִּגְבִינֵי עֵינָיו וא"ת אֵין לוֹ בֵּיצִים אוֹ שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא בֵּיצָה אַחַת דִּתְנַן לְעֵיל (בְּכוֹרוֹת דַּף מ.) גַּבֵּי בְּהֵמָה הֲרֵי זֶה [מוּם] וְאֵין [זֶה] אֶלָּא מִמְּרוֹחַ אָשֶׁךְ דְּקָאָמַר ת"ק לְקַנֵּן בְּפִירְקִין אֵין לוֹ בֵּיצִים אוֹ שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא בֵּיצָה אַחַת זֶהוּ מְרוֹחַ אָשֶׁךְ הָאָמוּר בְּתוֹרָה וְיָלְפִינַן בְּהֵמָה מֵאָדָם בג"ש דִּבְסָמוּךְ תִּינַח לת"ק אֶלָּא לְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל ור"ע דְּאָמְרִי חֲסַר אָשֶׁךְ מִיבְּעֵי לֵיהּ מְנָא לְהוּ דְּאִינְהוּ גּוּפַיְיהוּ חָשְׁבִי לֵיהּ מוּמָא בְּפִירְקִין דִּלְעֵיל וְאִי נָפְקָא לָן מִמּוּמִין שֶׁבְּגָלוּי וְאֵינָן חוֹזְרִין א"כ לת"ק לָמָּה לִי קְרָא לְהָכִי וְאִינְהוּ נָמֵי הֲוָה מוֹקְמִי קְרָא לְהָכִי אִי לָאו מִשּׁוּם דְּחָסֵר אָשֶׁךְ מִבָּעֵי לֵיהּ דְּאֵין לְחַלֵּק בֵּין אָדָם לִבְהֵמָה מִשּׁוּם דִּבְהֵמָה יֵשׁ לָהּ שְׁנֵי כִּיסִין וַחֲשִׁיב מוּם טְפֵי דְּהָא אַפֵּי' אֵין לוֹ בֵּיצִים כְּלָל (לִמְעוּטֵי) מִבָּעֵי לֵיהּ לִמְעוּטֵי מִמְּרוֹחַ אָשֶׁךְ וְשֶׁמָּא י"ל בְּכִי הַאי גַּוְונָא שַׁייָּךְ לוֹמַר דְּנִשְׁנָה בִּשְׁבִיל דָּבָר שֶׁנִּתְחַדֵּשׁ בָּהּ כְּדָר' יִשְׁמָעֵאל דִּבְסָמוּךְ וְנִיחָא נַמֵּי הַשְׁתָּא אַפֵּי' יֵשׁ מוּמִין שֶׁנִּכְתְּבוּ אע"ג דְּהָווּ נָפְקִי מִמּוּם שֶׁבְּגָלוּי וְאֵינוֹ חוֹזֵר:
Or il y a la verrue — de même aurait-on pu objecter à partir du 'fendu' (harouts), qui n'est pas écrit chez l'homme et qui pourtant s'applique à l'homme (les 'fils' [des gencives] et [le défaut] à l'endroit de l'os, comme chez l'animal) ; de même le 'détaché' (natouk) et le 'tranché' (karouth) ne sont pas écrits chez l'homme ; et le gaven n'est pas écrit chez l'animal — bien qu'il s'applique [à l'animal] selon celui qui explique plus loin que [gaven signifie] avoir la colonne courbée, et non celui qui le rapporte aux sourcils. Et si tu dis : 'celui qui n'a pas de testicules ou n'en a qu'un', dont on a enseigné plus haut (Bekhorot 40a) à propos de l'animal que c'est un [défaut], or ce n'est que le meroah achekh dont parle le premier tana dans notre chapitre — 'celui qui n'a pas de testicules ou n'en a qu'un, c'est le meroah achekh dit dans la Torah' — et l'on déduit l'animal de l'homme par la guezera chava [énoncée] plus loin : cela va pour le premier tana ; mais pour R. Yichmael et R. Akiva qui disent 'il faut [lire] hasar achekh (à qui il manque un testicule)', d'où le tiennent-ils, eux qui le comptent eux-mêmes comme défaut dans le chapitre précédent ? Et si nous le déduisions des 'défauts visibles et non réversibles', alors pour le premier tana pourquoi [faut-il] un verset [spécial] pour cela — eux aussi auraient établi le verset ainsi, n'était que hasar achekh leur est nécessaire : car il n'y a pas lieu de distinguer entre l'homme et l'animal en disant que l'animal, qui a deux poches, constitue davantage un défaut, puisque même 'il n'a pas de testicules du tout' leur est nécessaire pour exclure du meroah achekh. Et peut-être peut-on dire : dans un tel cas il convient de dire qu'[une chose] a été répétée à cause d'un élément nouveau introduit en elle, comme [l'enseignement] de R. Yichmael cité plus loin ; et cela s'explique bien maintenant, même s'il est des défauts qui ont été écrits alors qu'ils se déduiraient [déjà] d'un défaut visible et non réversible.
💡 Explication

La Guemara questionne la michna, qui affirme que tous les défauts de l'animal disqualifient aussi le Cohen. Mais il y a des exceptions croisées : la verrue (yabelet) figure pour l'animal (Lev 22:22) mais pas pour l'homme ; à l'inverse la taie (dak) et le tevaloul (défaut de l'œil) figurent pour l'homme (Lev 21:20) mais pas pour l'animal. Comment la michna peut-elle les assimiler ?

7
מֵילָף יָלְפִי מְהֻדָּדַי, דְּתַנְיָא: בָּאָדָם לֹא נֶאֱמַר בּוֹ יַבֶּלֶת, בַּבְּהֵמָה לֹא נֶאֱמַר דַּק תְּבַלּוּל, מִנַּיִן לִיתֵּן אֶת הָאָמוּר שֶׁל זֶה בָּזֶה וְאֶת הָאָמוּר שֶׁל זֶה בָּזֶה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״גָּרָב״ ״גָּרָב״, ״יַלֶּפֶת״ ״יַלֶּפֶת״ לִגְזֵירָה שָׁוָה.

Ils se déduisent l'un de l'autre. Car il est enseigné [dans une baraita] : à propos de l'homme il n'est pas dit 'verrue' ; à propos de l'animal il n'est pas dit 'taie [ni] tevaloul'.

D'où [savoir] qu'il faut appliquer ce qui est dit de l'un à l'autre, et ce qui est dit de l'autre à l'un ? La Torah dit : 'garav' 'garav', 'yalefet' 'yalefet', pour une guezera chava.

💡 Explication

Réponse : ces défauts se déduisent l'un de l'autre. La baraita établit une guezera chava (analogie verbale) : les mots garav (gale) et yalefet (dartre) figurent à la fois chez l'homme (Lev 21:20) et chez l'animal (Lev 22:22). Ces mots communs autorisent à transporter ce qui est dit chez l'un (la verrue, côté animal) vers l'autre, et ce qui est dit chez l'autre (taie et tevaloul, côté homme) vers le premier.

🖼️ Schéma
La guezera chava garav / yalefet : relier homme et animal HOMME (Cohen) écrit : dak, tevaloul manque : yabelet (verrue) partagés : garav, yalefet ANIMAL écrit : yabelet (verrue) manque : dak, tevaloul partagés : garav, yalefet garav-garav / yalefet-yalefet = guezera chava (mots communs) on transporte ce qui est dit ici vers la, et de là vers ici Il faut que ce soit MOUFNE (surnuméraire) sinon on réfute : homme != animal (l'animal est offert sur l'autel) ; animal != homme (l'homme a plus de mitsvot). D'où l'écriture redondante.
La guezera chava garav / yalefet.
8
מִפְּנֵי, דְּאִי לֹא מִפְּנֵי, אִיכָּא לְמִיפְרַךְ: אָדָם מִבְּהֵמָה לָא יָלֵיף, שֶׁכֵּן הִיא עַצְמָהּ קְרֵיבָה לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ; בְּהֵמָה מֵאָדָם לָא יָלְפָא, שֶׁכֵּן נִתְרַבָּה בְּמִצְוֹת.

[Ces mots doivent être] surnuméraires (moufne) ; car s'ils n'étaient pas surnuméraires, on pourrait réfuter : l'homme ne se déduit pas de l'animal, car [l'animal], lui-même, est offert sur l'autel ; l'animal ne se déduit pas de l'homme, car [l'homme] a été pourvu de [davantage de] mitsvot.

💡 Explication

Règle de la guezera chava : pour qu'elle soit irréfutable, les mots doivent être moufne (surnuméraires, c'est-à-dire superflus dans leur contexte, écrits uniquement pour l'analogie). Sinon, on pourrait la réfuter par un raisonnement : l'homme et l'animal diffèrent trop. L'animal a une sévérité propre (il est offert sur l'autel) ; l'homme aussi (il est tenu à davantage de mitsvot). Chaque côté pourrait objecter qu'on ne peut apprendre de l'autre.

9
לָאיֵי, אַפְּנוּיַי מִפְּנֵי, לִכְתּוֹב רַחֲמָנָא ״יַלֶּפֶת״ וְלָא בָּעֵי ״גָּרָב״, וַאֲנָא אָמֵינָא: וּמַה יַלֶּפֶת דְּלָא מְאִיסָא הָוֵי מוּמָא, גָּרָב דִּמְאִיס לֹא כָּל שֶׁכֵּן? ״גָּרָב״ ״גָּרָב״ דִּכְתַב רַחֲמָנָא לָמָּה לִי? לְאַפְנוֹיֵי.

En vérité (laay), [ces mots] sont bien surnuméraires. [Preuve :] que le Miséricordieux écrive [seulement] 'yaléfet' et n'ait pas besoin de 'garav' — et moi je dirais : si la yaléfet, qui n'est pas répugnante, constitue un défaut, la garav, qui est répugnante, à plus forte raison !

[Alors] 'garav' 'garav' que le Miséricordieux a écrit, pourquoi [me faut-il] ? Pour [le] rendre surnuméraire.

📜 Rachi (1)
גָּרָב דִּמְאִיס מִיַּלֶּפֶת דְּקָשֶׁה הוּא כְּחֶרֶס וּמְשַׁקַּע בַּבָּשָׂר וְעוֹשֶׂה חֲרִיצִין:
La garav, qui est répugnante — [plus] que la yaléfet, laquelle est dure comme un tesson, s'enfonce dans la chair et y creuse des sillons.
🗂️ Tossefot (1)
גָּרָב דְּכָתַב רַחֲמָנָא ל"ל לִמְעוּטֵי תֵּימַהּ הָא אִיצְטְרִיךְ לְכִדְאָמַר רָבָא בְּפִירְקִין דִּלְעֵיל (בְּכוֹרוֹת דַּף מא.) דִּלְהָכִי כְּתַב רַחֲמָנָא גָּרָב לְמֵימַר דְּחָרוּץ בִּמְקוֹם בָּשָׂר לָא הָוֵי מוּמָא וּמִיהוּ תְּרֵי גָּרָב וּתְרֵי יַלֶּפֶת כְּתִיבִי חַד בְּאָדָם וְחַד בַּבְּהֵמָה וְאִיַּיתַּר חַד לְאַפְנוֹיֵי אֲבָל ע"כ לָא הָוֵי מֻופְנֶה אֶלָּא מִצַּד אֶחָד וְאִיכָּא לָמֶ"ד ב"ק (דַּף כֹּה:) דִּמְשִׁיבִין וְעוֹד דְּמִדִּנְקַט בַּבָּרַיְיתָא ת"ל גָּרָב גָּרָב יַלֶּפֶת יַלֶּפֶת ל"ל לְמֶעְבַּד גְּזֵירָה שָׁוָה בְּתַרְוַוייְהוּ מַשְׁמַע דְּנָקֵיט הָכִי מִשּׁוּם דִּבְכָל הָנֵי תְּרֵי דֻּוכְתֵי כְּתִיב גָּרָב בַּהֲדֵי יַלֶּפֶת לְאַפְנוֹיֵי וְי"ל דְּמִשּׁוּם דְּרָשָׁא דְּרָבָא דִּלְעֵיל לָא מַפִּיק הַפְנָאָה מֵהָכָא כֵּיוָן דִּלְפִי דְּרָשָׁא לָא מִיתּוֹקְמָא גָּרָב לְגוּפֵיהּ אֶלָּא לְלַמֵּד הַחֵרוּם בִּמְקוֹם בָּשָׂר:
'Garav' que le Miséricordieux a écrit, pourquoi [me faut-il]... pour exclure — c'est étonnant : n'est-il pas nécessaire pour ce que dit Rava au chapitre précédent (Bekhorot 41a), à savoir que le Miséricordieux a écrit 'garav' pour enseigner que 'le fendu (harouts) à l'endroit de la chair n'est pas un défaut' ? Toutefois, deux 'garav' et deux 'yaléfet' sont écrits, l'un chez l'homme et l'un chez l'animal, et l'un [des deux] reste en surplus pour [servir de terme] surnuméraire ; mais, forcément, il n'est surnuméraire que d'un seul côté, et il y a un avis (Baba Kama 25b) selon lequel [une guezera chava surnuméraire d'un seul côté] peut être réfutée. De plus, du fait que la baraita énonce 'la Torah dit garav garav, yaléfet yaléfet' — pourquoi faire une guezera chava sur les deux ? — cela indique qu'elle procède ainsi parce que, dans chacun de ces deux endroits, 'garav' est écrit à côté de 'yaléfet' pour [servir de terme] surnuméraire. Et l'on peut répondre : à cause de l'exégèse de Rava ci-dessus, on ne tire pas [le caractère] surnuméraire de là, puisque, selon cette exégèse, 'garav' n'est pas établi pour lui-même mais pour enseigner [le cas] du harum à l'endroit de la chair.
💡 Explication

La Guemara prouve que 'garav' est surnuméraire par un kal va-homer (à fortiori). Il aurait suffi d'écrire yaléfet : si la dartre, non répugnante, disqualifie déjà, la gale, répugnante, disqualifie à plus forte raison. Le mot garav écrit en surplus n'a donc pas de fonction propre — il est moufne, disponible pour la guezera chava.

10
וְלִכְתְּבִינְהוּ רַחֲמָנָא כֻּולְּהוּ בְּחַד, וְגָרָב וְיַלֶּפֶת הָכָא וְהָכָא, וְלֵילְפוּ מֵחֲדָא!

Mais que le Miséricordieux les écrive tous en un [seul cas], avec garav et yaléfet ici et là, et que l'on déduise [le reste] de l'un [par l'autre] !

📜 Rachi (2)
וְלִיכְתְּבִינְהוּ רַחֲמָנָא לְכוּלְּהוּ מוּמֵי אוֹ בְּאָדָם אוֹ בִּבְהֵמָה:
Mais que le Miséricordieux les écrive tous — les défauts, soit chez l'homme soit chez l'animal.
וְגָרָב וְיַלֶּפֶת הָכָא וְהָכָא גָּרָב לִגְזֵירָה שָׁוָה וַיִּלְפֹּת לְגַלּוֹיֵי עֲלָהּ דְּגָרָב דְּמֻופְנֶה הוּא אַמַּאי כְּתַב עִוֵּר וּפִסֵּחַ וְשָׁבוּר הָכָא וְהָכָא:
Avec garav et yaléfet ici et là — garav pour la guezera chava, et yaléfet pour révéler sur garav qu'il est surnuméraire ; [alors] pourquoi écrire 'aveugle', 'boiteux' et 'cassé' [à la fois] ici et là ?
💡 Explication

Nouvelle difficulté : puisque tous ces défauts se recoupent, pourquoi la Torah les énonce-t-elle deux fois ? Qu'elle écrive tous les défauts sur un seul des deux (homme ou animal), avec seulement garav et yaléfet des deux côtés pour la guezera chava, et que tout le reste se déduise d'un cas à l'autre par cette analogie.

11
אַהֵייָא בְּהֵי לִיכְתֹּב רַחֲמָנָא? אִי כְּתַב בְּאָדָם, הֲוָה אֲמִינָא: כֹּל דְּפָסוּל בְּאָדָם פָּסוּל בִּבְהֵמָה, קָלוּט וְחוּטִין דְּלֵיתַנְהוּ בְּאָדָם, בִּבְהֵמָה נָמֵי לָא לִיפַּסְלוּ.

Sur lequel des deux le Miséricordieux devrait-il [tout] écrire ? S'il écrivait à propos de l'homme, je dirais : tout ce qui disqualifie chez l'homme disqualifie chez l'animal ; [alors] le [sabot] fermé (kaloute) et les 'fils' [des gencives], qui n'existent pas chez l'homme, ne disqualifieraient pas non plus chez l'animal.

📜 Rachi (3)
אַהֵיָיא לִיכָּתֵב בְּהֵי מִינַּייְהוּ לִכְתְּבִינְהוּ רַחֲמָנָא דְּלֵילַף אִידָךְ מִינֵּיהּ:
Sur lequel [le Miséricordieux] devrait-il écrire — sur lequel des deux le Miséricordieux devrait-il les écrire, pour que l'autre s'en déduise ?
קָלוּט וְחוּטִין דְּלֵיתַנְהוּ בְּאָדָם דְּאָדָם אֵינוֹ מַפְרִיס פַּרְסָה וְאֵינָן נוֹהֲגִין בּוֹ מוּמֵי חוּטִין דְּאָדָם יֵשׁ לוֹ שִׁינַּיִם וְאֵין נִרְאִין הַחוּטִין וּבְהֵמָה הוּא דְּאִית לָהּ שִׁינַּייִם לְמַעְלָה וְנִרְאִין הַחוּטִים וְנִפְסֶלֶת בִּפְגִימָתָן:
Le [sabot] fermé et les 'fils', qui n'existent pas chez l'homme — car l'homme ne 'fend pas le sabot', et [ces défauts] ne s'appliquent pas à lui ; [quant aux] défauts des 'fils' : l'homme a des dents et les 'fils' ne se voient pas, tandis que l'animal a des dents en haut et les 'fils' se voient et [l'animal] est disqualifié par leur ébréchure.
בִּבְהֵמָה נָמֵי לָא פָּסְלִי לְהָכִי כְּתַב רַחֲמָנָא מוּמִים בִּבְהֵמָה וּמָנָה בָּהּ קָלוּט וְחוּטִין שֶׁנִּפְגְּמוּ וְשֶׁנִּגְמְמוּ דְּנָפְקִי מֵחָרוּץ:
Chez l'animal non plus ils ne disqualifieraient pas — c'est pourquoi le Miséricordieux a écrit les défauts chez l'animal et y a compté le [sabot] fermé et les 'fils' ébréchés ou aplanis, lesquels se déduisent du 'fendu' (harouts).
💡 Explication

Réponse : écrire tout d'un seul côté ne suffit pas. Si tout était écrit chez l'homme, on croirait que seuls les défauts de l'homme valent pour l'animal. Or certains défauts n'existent pas chez l'homme : le kaloute (sabot non fendu) et les houtin ('fils', c.-à-d. gencives ébréchées) — l'homme n'a pas de sabot, et ses gencives sont couvertes de dents. On conclurait à tort qu'ils ne disqualifient pas l'animal.

12
וְלִכְתֹּוב רַחֲמָנָא כֻּולְּהוּ בִּבְהֵמָה, הֲוָה אֲמִינָא: כֹּל דְּפָסוּל בִּבְהֵמָה פָּסוּל בְּאָדָם, גִּבֵּן וְחָרוּם דְּלֵיתַנְהוּ בִּבְהֵמָה — בְּאָדָם נָמֵי לָא לִיפַּסְלוּ.

Et que le Miséricordieux écrive tout à propos de l'animal — [alors] je dirais : tout ce qui disqualifie chez l'animal disqualifie chez l'homme ; le gaven et le harum, qui n'existent pas chez l'animal, ne disqualifieraient pas non plus chez l'homme.

📜 Rachi (1)
גַּבָּן וְחָרוּם לֵיתַנְהוּ בִּבְהֵמָה דְּגַבָּן הַייְנוּ שֶׁיֵּשׁ לוֹ גְּבִינִים שֶׁקּוֹרִין שורציל"ש וּבְהֵמָה לֵית לָהּ גְּבִינִים וְחָרוּם הַיְינוּ שֶׁחָוטְמוֹ בֵּין שְׁתֵּי עֵינָיו וּבְהֵמָה אֵין לָהּ חֹוטֶם בֵּין הָעֵינַיִם:
Le gaven et le harum n'existent pas chez l'animal — car le gaven, c'est celui qui a des sourcils [anormaux] que l'on appelle 'chortsil"ch', et l'animal n'a pas de sourcils [tels] ; et le harum, c'est celui dont le nez [s'enfonce] entre les deux yeux, et l'animal n'a pas de nez entre les yeux.
🗂️ Tossefot (1)
גַּבָּן וְחָרוּם דְּלָא אִיתַנְהוּ בִּבְהֵמָה הַייְנוּ לת"ק דִּלְקַמָּן בְּפִירְקִין דְּמוּקֵי גַּבָּן בִּגְבִינֵי עֵינַיִם אֲבָל לְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס דְּאָמַר שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׁנֵי גַּבִּין וּשְׁנֵי שִׁדְרָאוֹת שַׁיָּיךְ שַׁפִּיר בִּבְהֵמָה וּלְהָכִי לָא קָאָמַר נָמֵי מְרוֹחַ אֶשֶׁךְ דְּלֵיתֵיהּ לֵר' חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס דְּאָמַר כֹּל שֶׁמַּרְאָיו חֲשׁוּכִים דְּלָא אַיְירֵי אַלִּיבֵּיהּ:
Le gaven et le harum, qui n'existent pas chez l'animal — cela vaut selon le premier tana [cité] plus loin dans notre chapitre, qui rapporte le gaven aux sourcils ; mais selon R. Hanina ben Antigonos, qui dit [que le gaven] a deux dos (gabin) et deux colonnes vertébrales, cela s'applique bien à l'animal. Et c'est pourquoi [la Guemara] ne mentionne pas non plus le meroah achekh, lequel n'existe pas selon R. Hanina ben Antigonos qui dit '[est gaven] tout [animal] dont l'aspect est sombre' — [la Guemara] ne raisonne pas selon lui.
💡 Explication

Symétriquement, si tout était écrit chez l'animal, on croirait que seuls les défauts de l'animal valent pour l'homme. Or certains n'existent pas chez l'animal : le gaven (celui qui a une anomalie des sourcils) et le harum (nez enfoncé entre les yeux) — l'animal n'a ni sourcils ni nez entre les yeux. On conclurait à tort qu'ils ne disqualifient pas l'homme. C'est pourquoi la Torah délimite les défauts des deux côtés.

13
וְלִכְתְּבִינְהוּ רַחֲמָנָא כֻּולְּהוּ בְּחַד, וְהָנָךְ דְּלֵיתַנְהוּ בְּאִידָךְ — לִכְתּוֹב רַחֲמָנָא בִּבְהֵמָה, וְהָנָךְ דְּלֵיתַנְהוּ בְּאִידָךְ — לִכְתֹּוב בְּאָדָם, וְגָרָב וַיִּלְפֹּת — הָכָא וְהָכָא, וּלְיָלְפִי מְהֻדָּדַי.

Mais que le Miséricordieux les écrive tous en un [seul cas] : ceux qui n'existent pas chez l'autre — que le Miséricordieux les écrive à propos de l'animal, et ceux qui n'existent pas chez l'autre — qu'il [les] écrive à propos de l'homme ; et garav et yaléfet — ici et là — et qu'ils se déduisent l'un de l'autre !

📜 Rachi (1)
וְהָנָךְ דְּלֵיתַנְהוּ בְּאִידָךְ דְּלָא שָׁיְיכִי בֵּיהּ לִיכָּתֵב בְּאִידָךְ:
Ceux qui n'existent pas chez l'autre — ceux qui ne s'appliquent pas à lui, qu'on [les] écrive chez l'autre.
💡 Explication

La difficulté revient plus finement : pourquoi énoncer deux fois les défauts communs ? Qu'on écrive les défauts propres à l'animal chez l'animal, ceux propres à l'homme chez l'homme, seulement garav et yaléfet des deux côtés pour la guezera chava, et que les défauts communs se déduisent alors l'un de l'autre. Pourquoi la redondance ?

14
אֶלָּא, כְּתַנָּא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, דִּתְנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: כָּל פָּרָשָׁה שֶׁנֶּאֶמְרָה וְנִשְׁנֵית — לֹא נִשְׁנֵית אֶלָּא בִּשְׁבִיל דָּבָר שֶׁנִּתְחַדֵּשׁ בָּהּ.

Plutôt, [c'est] selon [l'enseignement de] l'école de R. Yichmael ; car l'école de R.

Yichmael a enseigné : toute section [de la Torah] qui a été dite puis répétée n'a été répétée qu'en raison d'un élément nouveau (davar chénithadech) qui y a été introduit.

📜 Rachi (1)
שֶׁנִּתְחַדֵּשׁ בָּהּ וְהָכָא אִיכָּא חִידּוּשׁ בְּאָדָם גַּבָּן וְחָרוּם וּבַבְּהֵמָה קָלוּט וְחוּטִין:
Un élément nouveau qui y a été introduit — et ici il y a une nouveauté : chez l'homme, le gaven et le harum ; chez l'animal, le [sabot] fermé (kaloute) et les 'fils' (houtin).
💡 Explication

Réponse définitive : la redondance suit le principe de l'école de R. Yichmael — toute section répétée dans la Torah l'est pour un élément nouveau (davar chénithadech). Ici, la répétition des défauts communs se justifie par les nouveautés propres à chaque cas : le gaven et le harum côté homme, le kaloute et les houtin côté animal. Il est dans le style de la Torah de répéter tout un passage pour n'ajouter qu'un seul point.

15
אָמַר רָבָא: לָמָּה לִי דִּכְתַב רַחֲמָנָא מוּם בְּאָדָם, מוּם בְּקָדָשִׁים, מוּם בִּבְכוֹר?

Rava dit : pourquoi [me faut-il] que le Miséricordieux écrive [le] défaut chez l'homme, [le] défaut chez les kodachim (offrandes consacrées), [le] défaut chez le premier-né (bekhor) ?

📜 Rachi (1)
לָמָּה לִי לְמִיכְתַּב דְּמוּמִין פְּסוּלִין בְּאָדָם וּמוּמִין פְּסוּלִין בִּבְכוֹר דִּכְתִיב (דְּבָרִים ט״ו:כ״א) וְכִי יִהְיֶה בוֹ מוּם וְגוֹ' וּמוּמִין פְּסוּלִין בְּקָדָשִׁים:
Pourquoi [me faut-il] — écrire que les défauts disqualifient chez l'homme, que les défauts disqualifient chez le premier-né — comme il est écrit (Deut 15:21) 'et s'il y a en lui un défaut, etc.' — et que les défauts disqualifient chez les kodachim ?
🗂️ Tossefot (1)
לָמָּה לִי דִּכְתַב רַחֲמָנָא מוּם בְּאָדָם מוּם בִּבְכוֹר מוּם בְּקָדָשִׁים צְרִיכִי כּוּ' תֵּימַהּ לְמַאי דְּקָאָמַר צְרִיכִי דְּמַשְׁמַע דְּלָא יָלְפִינַן מְהֻדְּדֵי מִנָּלַן בְּאָדָם וּבְקָדָשִׁים כָּל מוּם שֶׁבַּגָּלוּי וְאֵינוֹ חוֹזֵר דְּגַבֵּי בְּכוֹר הוּא דְּדָרְשִׁינַן לֵיהּ לְעֵיל בְּפֶרֶק עַל אֵלּוּ מוּמִין (בְּכוֹרוֹת דַּף לז.) מִכְּלָל וּפְרָט וְכֵן מוּמִין דְּגַבֵּי אָדָם וּבְקָדָשִׁים דְּלָא כְּתִיבִי בִּבְכוֹר דְּאִיכָּא דְּלָא נָפְקִי מִכָּל מוּם רַע כְּגוֹן דַּק תְּבַלּוּל כִּדְפֵי' בַּקּוּנְטְרֵס בְּרֵישׁ פִּירְקִין וְיֵשׁ לוֹמַר הוֹאִיל דְּגַלִּי גַּלִּי:
Pourquoi [me faut-il] que le Miséricordieux écrive [le] défaut chez l'homme, [le] défaut chez le premier-né, [le] défaut chez les kodachim — ils sont nécessaires, etc. — c'est étonnant : d'après ce qu'[on] dit 'ils sont nécessaires', ce qui implique qu'on ne se déduit pas l'un de l'autre, d'où [tenons]-nous, chez l'homme et chez les kodachim, tout défaut visible et non réversible ? Car c'est à propos du premier-né que nous l'exégétons plus haut, au chapitre 'Al elou moumin' (Bekhorot 37a), par un klal ou-perat (règle et précision) ; de même les défauts [énoncés] chez l'homme et chez les kodachim qui ne sont pas écrits chez le premier-né, dont certains ne se déduisent pas de 'tout défaut mauvais', comme la taie [et] le tévaloul, ainsi que l'a expliqué Rachi au début du chapitre. Et l'on peut dire : dès lors qu'[à un endroit la Torah] a révélé, elle a révélé [pour tous].
💡 Explication

Nouvelle étape. Rava pose une question de redondance à plus grande échelle : la Torah énonce trois fois que le moum (défaut) disqualifie — pour l'homme (le Cohen, Lev 21), pour les kodachim (les offrandes consacrées, Lev 22) et pour le bekhor (le premier-né, Deut 15:21). Pourquoi ces trois énoncés distincts ?

16
צְרִיכָא, דְּאִי כְּתַב רַחֲמָנָא מוּם בְּאָדָם, שֶׁכֵּן נִתְרַבָּה בְּמִצְווֹת. אָדָם מִבְּכוֹר בְּהֵמָה לָא אָתֵי, שֶׁכֵּן הוּא עַצְמוֹ קָרֵב לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ.

[Ils sont] nécessaires (tsricha). Car si le Miséricordieux écrivait [le] défaut [seulement] chez l'homme — [j'aurais dit :] c'est qu'il a été pourvu de [davantage de] mitsvot.

L'homme ne se déduit pas du premier-né [seul], car [le premier-né], lui-même, est offert sur l'autel.

📜 Rachi (1)
אָדָם מִבְּכוֹר לָא אָתֵי כְּלוֹמַר אִי כְּתַב בִּבְכוֹר וְלֹא כְּתַב בְּהָנָךְ אָדָם מִבְּכוֹר לָא אָתֵי מַה לִבְכוֹר דִּין הוּא שֶׁיִּפְסְלֶנּוּ הַמּוּם שֶׁכֵּן הוּא עַצְמוֹ קָרֵב:
L'homme ne se déduit pas du premier-né — c'est-à-dire : s'il l'avait écrit chez le premier-né et ne l'avait pas écrit chez ceux-là, l'homme ne se déduirait pas du premier-né, car [on dirait] : le premier-né, il est justifié que le défaut le disqualifie, puisqu'il est lui-même offert.
💡 Explication

Réponse : les trois versets sont tsricha (nécessaires), aucun ne se déduisant d'un autre. Chacun a une force propre qui empêche la déduction. L'homme : on aurait pu croire que seul lui est concerné, car il est inclus dans davantage de mitsvot. Et l'on ne peut déduire l'homme du bekhor seul, car le bekhor a une sévérité que l'homme n'a pas : il est lui-même offert sur l'autel.

17
קָדָשִׁים מִבְּכוֹר לָא אָתֵי, שֶׁכֵּן קְדֻושָּׁתוֹ מֵרֶחֶם.

Les kodachim ne se déduisent pas du premier-né, car sa sainteté [vient] du ventre.

💡 Explication

Suite du tsricha. On ne peut pas non plus déduire les kodachim (offrandes ordinaires) du bekhor, car le premier-né a une force propre : sa sainteté vient du ventre (dès la naissance, automatiquement), alors que les autres offrandes ne deviennent saintes que par la consécration de leur propriétaire. La sainteté du bekhor étant plus 'forte' sur ce point, on ne peut en tirer les kodachim.

18
אָדָם מִקֳּדָשִׁים לָא אָתֵי, שֶׁכֵּן הֵן עַצְמָן קְרֵיבִין. בְּכוֹר מִקֳּדָשִׁים לָא אָתֵי, שֶׁכֵּן קְדֻושָּׁתוֹ מְרֻובָּה.

L'homme ne se déduit pas des kodachim, car eux-mêmes sont offerts. Le premier-né ne se déduit pas des kodachim, car leur sainteté est plus grande (méroubba).

📜 Rachi (1)
אָדָם מִקֳּדָשִׁים לָא אָתֵי כְּלוֹמַר אִי כְּתַב בַּקֳּדָשִׁים וְלֹא כְּתַב בְּהָנָךְ הָנָךְ לָא אָתוּ מִינַּייְהוּ:
L'homme ne se déduit pas des kodachim — c'est-à-dire : s'il l'avait écrit chez les kodachim et ne l'avait pas écrit chez ceux-là, ceux-là ne se déduiraient pas d'eux.
💡 Explication

Autres impossibilités de déduction. On ne déduit pas l'homme des kodachim, car ceux-ci sont eux-mêmes offerts sur l'autel (l'homme, non). Et on ne déduit pas le bekhor des kodachim, car la sainteté des kodachim est plus grande (méroubba) — il en existe de nombreux types (hatat, achame, ola, chelamim), tandis que le premier-né n'a qu'un seul mode de consécration.

19
חֲדָא מֵחֲדָא לָא אָתְיָא, תַּיְתֵי חֲדָא מֻתַּרְתִּי? מֵהֵי תַּיְתֵי?! לָא לִכְתֹּב רַחֲמָנָא בִּבְכוֹר, וְתַיְתֵי מֵהָנָךְ? מַה לְהָנָךְ שֶׁכֵּן קְדֻושָּׁתָן מְרֻובָּה, וְנוֹהֲגִין בִּפְשׁוּטִין.

L'un ne se déduit pas d'un seul [autre] ; [mais] que l'un se déduise de deux [autres] ! Duquel [le] déduire ?!

Que le Miséricordieux n'écrive pas [le défaut] chez le premier-né, et qu'il se déduise de ceux-là ? [Non :] qu'ont-ils [de particulier], ceux-là ?

Leur sainteté est plus grande, et [leurs règles] s'appliquent aussi aux [bêtes] ordinaires (péchoutin).

📜 Rachi (1)
קְדֻושָּׁתָן מְרֻובָּה חַטָּאוֹת וַאֲשָׁמוֹת עוֹלוֹת וּשְׁלָמִים אָדָם קְדֻושָּׁתוֹ מְרֻובָּה בְּמִצְוֹת:
Leur sainteté est plus grande — hatat et achame, ola et chelamim ; [et] l'homme, sa sainteté est plus grande par les mitsvot.
💡 Explication

La Guemara concède qu'un cas ne se déduit pas d'un seul autre — mais propose de le déduire des deux autres réunis. Elle examine alors chaque possibilité. Retirer le bekhor et le déduire de l'homme + kodachim ? Non : ces deux-là ont une sainteté plus grande (l'homme est inclus dans les mitsvot ; les kodachim ont plusieurs types) et leurs règles valent aussi pour les bêtes ordinaires (non premier-nées) et les personnes — force que le bekhor n'a pas.

20
בְּקָדָשִׁים, וְתַיְתֵי מֵהָנָךְ? מַה לְהָנָךְ שֶׁכֵּן קְדֻושָּׁתָן מֵאֲלֵיהֶן!

[Que le Miséricordieux n'écrive pas le défaut] chez les kodachim, et qu'il se déduise de ceux-là ? [Non :] qu'ont-ils [de particulier], ceux-là ?

Leur sainteté [vient] d'eux-mêmes (me-éleihen) !

💡 Explication

Deuxième possibilité : retirer les kodachim et les déduire de l'homme + bekhor ? Non plus : ces deux-là ont une force propre — leur sainteté vient d'eux-mêmes (me-éleihen), automatiquement, sans consécration : le Cohen l'est par naissance (fils de Cohen), le premier-né l'est comme premier de sa mère. Les kodachim, eux, ne sont saints que par la consécration de leur propriétaire. On ne peut donc les déduire.

21
בְּאָדָם, וְתַיְתֵי מֵהָנָךְ? מַה לְהָנָךְ שֶׁכֵּן הֵן עַצְמָן קְרֵיבִין לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ! צְרִיכִי.

[Que le Miséricordieux n'écrive pas le défaut] chez l'homme, et qu'il se déduise de ceux-là ? [Non :] qu'ont-ils [de particulier], ceux-là ?

Eux-mêmes sont offerts sur l'autel ! [Donc ils sont tous] nécessaires (tsricha).

💡 Explication

Troisième possibilité : retirer l'homme et le déduire du bekhor + kodachim ? Non : ces deux-là sont eux-mêmes offerts sur l'autel, ce que l'homme n'est pas. Aucune des trois possibilités ne tient : les trois versets sont donc bien tsricha (chacun nécessaire), pour enseigner que le défaut disqualifie dans chacun des cas.

22
יֶתֶר עֲלֵיהֶן בְּאָדָם. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר קְרָא: ״כֹּל אִישׁ אֲשֶׁר בּוֹ מוּם מִזֶּרַע אַהֲרֹן״, אִישׁ שֶׁשָּׁוֶה בְּזַרְעוֹ שֶׁל אַהֲרֹן.

'L'on ajoute à eux, chez l'homme.' D'où [tient-on] ces choses ? R.

Yo'hanan a dit : car le verset dit 'tout homme (ich) en qui il y a un défaut, de la descendance d'Aharon' (Lev 21:21) — un homme qui est égal (chave) à la descendance d'Aharon.

📜 Rachi (1)
אִישׁ הַשָּׁוֶה בְּזַרְעוֹ שֶׁל אַהֲרֹן הוּא דְּבָעֵי מוּמָא הָא אֵין שָׁוֶה בְּזַרְעוֹ שֶׁל אַהֲרֹן בְּלָא מוּמָא נָמֵי מִיפְּסִיל:
Un homme égal à la descendance d'Aharon — [c'est de lui] qu'on exige un défaut ; mais celui qui n'est pas égal à la descendance d'Aharon, sans défaut [même] il est disqualifié.
💡 Explication

Retour à la michna : d'où vient que l'on ajoute, pour l'homme, des défauts propres (kilon, liftan, etc.) qui ne sont pas de vrais 'défauts' au sens de l'animal ? R. Yo'hanan le déduit du verset 'tout ich (homme) en qui il y a un défaut, de la descendance d'Aharon' (Lev 21:21) : il faut un homme égal (chave) à la descendance d'Aharon, dont l'apparence est semblable aux autres Cohanim. Celui qui n'est pas 'égal' aux Cohanim est disqualifié même sans défaut proprement dit.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).