Bekhorot 44b — défauts qui invalident le kohen ; uriner sans se retenir (danger, stérilité, Ein Eitam) ; et l'exégèse de mero'ah achekh

Bekhorot 44b

Sougya : La michna poursuit la liste des moumin (défauts corporels) qui rendent un kohen passoul pour le service : seins pendants, ventre gonflé, nombril saillant, épilepsie, roua'h ketsarit (mélancolie causée par un chad), testicules ou membre anormalement grands. La guemara développe une longue digression médicale et de tsniout : le talmid 'hakham urine en public mais ne boit pas en public, car se retenir met la vie en danger (récits de Chmouel et de Mar bar Rav Achi) ; l'anatomie des deux canaux séparés par une pellicule d'ail explique le risque de stérilité.

Rech Lakich et R. Yehochoua ben Levi relisent 'lo yihye becha akar' (Dt 7:14), et Rav Papa avertit de ne pas uriner sur un sol dur car les eaux de Babylone rejoignent la source d'Ein Eitam.

La seconde michna définit le mero'ah achekh (Lev 21:20) : absence de testicules ou un seul, avec les lectures de R. Yichmael, R.

Akiva et R. Hanina ben Antignos, ce dernier tirant 'marav hachoukhin' par la règle goreïn ou-mosifin ve-dorchin.

Les défauts (moumin) qui invalident le kohen — Michna 44b un kohen porteur d'un de ces défauts ne peut pas servir au Temple Aspect / corps seins pendants (comme ceux d'une femme) ventre gonflé nombril saillant États / esprit nikhpe (épileptique), même rarement roua'h ketsarit (esprit de mélancolie / chad = démon) Organes génitaux me'ouchban : testicules anormalement gros ba'al gever : membre anormalement long (jusqu'au genou = passoul) Deuxième michna : mero'ah achekh (Lev 21:20) — trois lectures R. Yichmael testicules écrasés (nimohou) R. Akiva du vent (roua'h) dans les testicules = enflés R. Hanina b. Antignos aspect sombre (marav hachoukhin) — pas les testicules Anonyme (tana kama) : pas de testicules, ou un seul = mero'ah achekh
Panorama des défauts (moumin) des deux michnayot de 44b.
Uriner sans se retenir : règle et raison Uriner en public — PERMIS se retenir met en danger ; le talmid 'hakham ne doit pas être pudique ici Boire en public — À ÉVITER le talmid 'hakham reste discret dans le manger et le boire (pudeur) Anatomie : deux orifices séparés par une pellicule d'ail un canal pour l'urine un canal pour la semence se retenir peut les perforer l'un dans l'autre -> stérilité (akar) Fluides retenus = maladies (RSbG / Rech Lakich) selles retenues -> hydropisie (hidrokan) urine retenue -> ictère (yerakon) sang / semence retenus -> furoncles / tsaraat
La digression sur l'urination : règle, anatomie, maladies (segments 1-9).
R. Hanina b. Antignos : goreïn ou-mosifin ve-dorchin on retranche des lettres, on en ajoute, puis on interprète mem-resh-vav-het aleph-chin-khaf on retranche le HÈT de "meroah" et le ALEPH de "achekh" on ajoute le HÈT à "achekh" et le ALEPH à "meroah" marav hachoukhin "son aspect est sombre" (comme un Kouchi) -> le défaut visé n'est pas les testicules mais la couleur de la peau
La derache de R. Hanina ben Antignos sur mero'ah achekh (segment 15).
1
מַתְנִי׳ דַּדִּין שׁוֹכְבִין כְּשֶׁל אִשָּׁה, כְּרֵיסוֹ צָבָה, טִיבּוּרוֹ יוֹצֵא, נִכְפֶּה — אֲפִילּוּ אַחַת לְיָמִים, רוּחַ קְצָרָה בָּאָה עָלָיו, הַמְאֻושָּׁבָן, וּבַעַל גֶּבֶר.

MICHNA. [Celui dont] les seins pendent comme ceux d'une femme ; celui dont le ventre est gonflé ; celui dont le nombril ressort ; l'épileptique (nikhpe) — même s'il ne tombe qu'une fois de loin en loin ; celui sur qui vient un souffle de mélancolie (roua'h ketsarit) ; le me'ouchban (aux testicules anormalement gros) ; et le ba'al gever (au membre anormalement long) [sont invalides pour le service].

📜 Rachi (6)
מַתְנֵי' דְּדִין שׁוֹכְבִין גְּדוֹלִים:
[Celui dont] les seins pendent — grands.
נִכְפֶּה נוֹפֵל מֵחֲמַת חֹולִי:
Nikhpe — qui tombe à cause d'une maladie.
אַחַת לְיָמִים שֶׁאֵינוֹ נוֹפֵל אֶלָּא פַּעַם אַחַת לְיָמִים שֶׁתָּבֹא לִזְמַן קָבוּעַ:
Une fois de loin en loin — il ne tombe qu'une fois de temps à autre, à échéance fixe.
רוּחַ קְצָרָה רוּחַ שֵׁד:
Roua'h ketsarit (souffle court) — un souffle de démon (roua'h chad).
מְאוּשְׁבָּן בֵּיצָיו גְּדוֹלִים:
Me'ouchban — ses testicules sont grands.
בַּעַל גֶּבֶר גִּידוֹ גָּדוֹל:
Ba'al gever — son membre est grand.
💡 Explication

Suite de la liste des moumin (défauts corporels) qui rendent un kohen passoul (invalide) pour le service au Temple. Ils touchent l'aspect général (seins, ventre, nombril), l'état neurologique (nikhpe = épileptique, roua'h ketsarit = mélancolie), et les organes génitaux (me'ouchban, ba'al gever).

Le principe de fond : un défaut visible et permanent écarte du service, même s'il est intermittent (l'épilepsie, même rare, invalide).

🖼️ Schéma
Les défauts (moumin) qui invalident le kohen — Michna 44b un kohen porteur d'un de ces défauts ne peut pas servir au Temple Aspect / corps seins pendants (comme ceux d'une femme) ventre gonflé nombril saillant États / esprit nikhpe (épileptique), même rarement roua'h ketsarit (esprit de mélancolie / chad = démon) Organes génitaux me'ouchban : testicules anormalement gros ba'al gever : membre anormalement long (jusqu'au genou = passoul) Deuxième michna : mero'ah achekh (Lev 21:20) — trois lectures R. Yichmael testicules écrasés (nimohou) R. Akiva du vent (roua'h) dans les testicules = enflés R. Hanina b. Antignos aspect sombre (marav hachoukhin) — pas les testicules Anonyme (tana kama) : pas de testicules, ou un seul = mero'ah achekh
Les défauts énumérés par la michna.
2
גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חַייָּא בַּר אַבָּא: מַשְׁתִּינִין מַיִם בִּפְנֵי רַבִּים, וְאֵין שׁוֹתִין מַיִם בִּפְנֵי רַבִּים. וְתַנְיָא נָמֵי הָכִי: מַשְׁתִּינִין מַיִם בִּפְנֵי רַבִּים, וְאֵין שׁוֹתִין מַיִם בִּפְנֵי רַבִּים. וּמַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁבִּיקֵּשׁ לְהַשְׁתִּין מַיִם וְלֹא הִשְׁתִּין, וְנִמְצָא כְּרֵיסוֹ צָבָה.

GUEMARA. Rabbi Abba, fils de Rabbi Hiyya bar Abba, dit : on urine (litt. on répand de l'eau) devant le public, mais on ne boit pas d'eau devant le public.

Et c'est aussi ce qu'enseigne une baraita : on urine devant le public, mais on ne boit pas d'eau devant le public. Et il arriva à quelqu'un qui voulut uriner et n'urina pas [se retint] : on trouva son ventre gonflé.

📜 Rachi (1)
גְּמ' וְאֵין שׁוֹתִין מַיִם דְּדֶרֶךְ תַּלְמִיד חָכָם לִהְיוֹת צָנוּעַ בַּאֲכִילָה וּבִשְׁתִיָּה אֲבָל לְהַטִּיל מַיִם לָא לֶיהֱוֵי צָנוּעַ שֶׁמָּא יַמְתִּין וְיִסְתַּכֵּן:
Guemara. Mais on ne boit pas d'eau — car l'usage du talmid 'hakham est d'être discret (tsanoua) dans le manger et le boire ; mais pour uriner, qu'il ne soit pas discret, de peur qu'il n'attende [trop] et se mette en danger.
🗂️ Tossefot (1)
וְאֵין שׁוֹתִין מַיִם בִּפְנֵי רַבִּים פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס דֶּרֶךְ ת"ח לִהְיוֹת צָנוּעַ בַּאֲכִילָה וּשְׁתִיָּה וְהָא דְּאָמַר בְּסוֹף כֵּיצַד צוֹלִין (פְּסָחִים דַּף פּוֹ:) דְּרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן אִשְׁתִּי כָּסָא בִּתְרֵי זִמְנֵי וְלָא מַהְדַּר אַפֵּיהּ וְקָאָמַר הָתָם כֻּלָּהּ תְּנַן מַשְׁמַע הָתָם שֶׁדֶּרֶךְ לִשְׁתּוֹת בִּפְנֵי רַבִּים בְּלֹא חֲזָרַת פָּנָיו הַייְנוּ בִּשְׁעַת סְעוּדָה דֻּומְיָא דְּכַלָּה וּבְהִלְכוֹת דֶּרֶךְ אֶרֶץ אָמְרִינַן דְּבָרַבִּים הוֹפֵךְ פָּנָיו לְצַד אַחֵר וְיִשְׁתֶּה מַיִם נִרְאֶה דִּנְקַט מַיִם לְפִי שֶׁאֵין רְגִילִין לִשְׁתּוֹת כֻּולָּן מַיִם אֶלָּא הַצָּמֵא בִּלְבַד אֲבָל שְׁאָר דְּבָרִים רְגִילִין לִשְׁתּוֹת יַחַד ור"ת אוֹמֵר דה"ק דַּאֲפִילּוּ לְאוֹתָן הַצְּנוּעִים שֶׁלֹּא לִשְׁתּוֹת מַיִם בִּפְנֵי רַבִּים לָא לֶיהֱוֵי צָנוּעַ לְהָטִיל מַיִם שֶׁמָּא יַמְתִּין וְיִסְתַּכֵּן:
'Mais on ne boit pas d'eau devant le public' — Rachi a expliqué : l'usage du talmid 'hakham est d'être discret dans le manger et le boire. Or ce qu'on dit à la fin de 'Keitsad tsolin' (Pessahim 86b), que Rav Houna fils de Rav Nathan but une coupe en deux fois sans détourner le visage, et l'on y dit 'nous avons appris [le cas de] la mariée' — cela signifie là qu'on a coutume de boire devant le public sans détourner le visage, [mais] c'est au moment du repas, à l'instar de la mariée ; et dans les Hilkhot Derekh Erets on dit que devant le public on tourne le visage d'un autre côté et l'on boit de l'eau. Il apparaît qu'on a mentionné l'eau parce qu'on n'a pas coutume que tous boivent de l'eau, mais seulement celui qui a soif ; alors que les autres choses (boissons), on a coutume de les boire ensemble. Et Rabbenou Tam dit que le sens est le suivant : même pour ces gens discrets qui ne boivent pas d'eau devant le public, qu'il ne soit pas discret [au point de retenir] l'urine, de peur qu'il n'attende [trop] et se mette en danger.
💡 Explication

La guemara relie ce ventre gonflé (deuxième défaut de la michna) à une règle de conduite. Le talmid 'hakham peut uriner en public sans souci de pudeur, car se retenir met en danger ; mais il ne doit pas boire en public, ce qui sied mal à sa dignité. L'incident du ventre gonflé illustre le péril de la retenue.

3
שְׁמוּאֵל אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ בְּשַׁבְּתָא דְרִגְלָא, נֶגְדּוֹ לֵיהּ גְּלִימָא, אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּאָבוּהָ, אֲמַר לֵיהּ: אֶתֵּן לָךְ אַרְבַּע מְאָה זוּזֵי וְזִיל אַהְדַּר עוֹבָדָא. אַתְּ — דְּאֶפְשָׁר לָךְ, דְּלָא אֶפְשָׁר לֵיהּ — לִיסְתַּכַּן.

Chmouel eut besoin [d'uriner] lors du Chabbat de la fête (chabbeta de-rigla) ; on tendit pour lui un manteau (on fit un écran). Il vint devant son père, qui lui dit : je te donnerai quatre cents zouz, va et rétracte l'affaire.

Toi — c'est possible pour toi [de faire tendre un écran] ; mais celui pour qui ce n'est pas possible — se mettrait-il en danger ?

📜 Rachi (6)
אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ לְהַטִּיל מַיִם:
Il eut besoin — d'uriner.
בְּשַׁבְּתָא דְּרִיגְלָא שְׁלֹשִׁים יוֹם קֹודֶם הָרֶגֶל דְּשׁוֹאֲלִין וְדוֹרְשִׁין בְּהִלְכוֹת הָרֶגֶל כִּדְאָמְרִינַן בִּמְגִילָּה (דַּף ד.):
Lors du Chabbat de la fête — trente jours avant la fête, où l'on questionne et expose les lois de la fête, comme on dit dans Meguila (4a).
נֶגְדּוֹ לֵיהּ גְּלִימָא פָּרְסוּ סָדִין בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם:
On tendit pour lui un manteau — on déploya un drap entre lui et le public.
אַהְדַּר עֻובְדָּא דְּרוּשׁ שֶׁאָסוּר לְהַמְתִּין מִלְּהָטִיל מַיִם עַד שֶׁיְּהֵא לוֹ צְנִיעוּת:
Rétracte l'affaire — enseigne qu'il est interdit d'attendre pour uriner jusqu'à avoir de l'intimité.
אַתְּ דְּאֶפְשָׁר לָךְ לִפְרֹושׁ סָדִין לְפִי שֶׁחָשׁוּב אַתָּה:
Toi, c'est possible pour toi — de déployer un drap, parce que tu es un personnage important.
וְאִי לְיִצְטָרֵךְ אִינָשׁ אַחֲרִינָא דְּלָא אֶפְשָׁר לֵיהּ וְיַמְתִּין עַד שֶׁיֵּלְכוּ הָעָם וְיִסְתַּכֵּן וִיהֵא עָקוּר:
Et si un autre homme en avait besoin, pour qui ce n'est pas possible, il attendrait que le public s'en aille, se mettrait en danger et deviendrait stérile (akar).
🪔 Ben Yehoyada (1)
אָמַר לוֹ: אִיתֵּיב לָךְ אַרְבַּע מֵאוֹת זוּזֵי, וְזִיל הֲדַר עוֹבָדָא לְמֵאַרְיֵה. נִרְאֶה לִי בס"ד בְּדֶרֶךְ בְּדִיחוּת דִּבֵּר עִמּוֹ כִּי שִׁיעוּר הַבּוּשָׁה לְאָדָם הַמְבַייֵּשׁ לַאֲחֵרִים הוּא ת' זוּזֵי כִּדְאִיתָא בְּבָבָא קַמָּא (דַּף צ.) סְטָרוֹ לְאַחַר יָדוֹ נוֹתֵן לוֹ ת' זוּז וְכֵן תָּלַשׁ בִּשְׂעָרוֹ רָקַק וְהִגִּיעַ בּוֹ רֻוקּוֹ וְהֶעֱבִיר טַלִּיתוֹ מִמֶּנּוּ וְכֵן פָּרַע רֹאשׁ הָאִשָּׁה בַּשּׁוּק בְּכֻולָּן נוֹתֵן ת' זוּז עַייֵּן שָׁם. וְכָאן אָמַר לוֹ אָבִיו זִיל הֲדַר עוֹבָדָא לְמֵאַרְיֵה רְצוֹנוֹ לוֹמַר תִּדְרוֹשׁ בְּצִיבּוּר לוֹמַר טָעוּת הָיָה בְּיָדוֹ מַה שֶׁעָשָׂה בִּפְרִיסַת גְּלִימָא וּבִשְׁבִיל בּוּשָׁה שֶׁאַתָּה בּוֹשׁ בִּדְבָרֶיךָ אֵלּוּ שֶׁאַתָּה אוֹמֵר 'טָעִיתִי בַּדִּין' אֶתֵּן לְךָ ת' זוּז שֶׁהוּא שִׁיעוּר תַּשְׁלוּמִין לְהַמִּתְבַּיֵּישׁ. אִי נָמֵי הָדַר עֻובְדָּא לְמֵאַרְיֵה שֶׁתַּעֲשֶׂה מַעֲשֶׂה לְהֵפֶךְ בְּפָנִים אַחֶרֶת כַּאֲשֶׁר יִזְדַּמֵּן לְךָ דָּבָר וְתַשְׁתִּין בְּלִי פְּרִיסַת גְּלִימָא וּבַעֲבוּר בּוּשָׁה שֶׁאַתָּה בּוֹשׁ מִדָּבָר זֶה אֶתֵּן לְךָ ת' זוּזֵי וּבְדֶרֶךְ בְּדִיחוּת דִּבֵּר עִמּוֹ בְּמִנְיָן ת' זוּז.
'Il lui dit : je te donnerai quatre cents zouz, va et rétracte l'affaire devant son maître [le public].' Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il lui parla sur un ton de plaisanterie, car le montant de la honte pour celui qui fait honte à autrui est de 400 zouz, comme il est enseigné dans Baba Kama (90a) : celui qui gifle du revers de la main donne 400 zouz ; de même celui qui arrache les cheveux, qui crache et que le crachat atteint, qui arrache le manteau de l'autre, ou qui dévoile la tête d'une femme sur la place publique — dans tous ces cas il donne 400 zouz, vois là-bas. Ici, son père lui dit 'va et rétracte l'affaire devant son maître', c'est-à-dire : expose en public que ce que tu as fait en déployant le manteau était une erreur ; et pour la honte que tu ressens à dire ces paroles 'je me suis trompé dans la loi', je te donnerai 400 zouz, qui est le montant du dédommagement du honni. Ou bien 'rétracte l'affaire devant son maître' [signifie] : agis à l'opposé, d'une autre façon, la prochaine fois que l'occasion se présentera, et urine sans déployer de manteau ; et pour la honte que tu ressens de cela, je te donnerai 400 zouz. Et c'est sur un ton de plaisanterie qu'il lui parla du chiffre de 400 zouz.
💡 Explication

Le chabbeta de-rigla est le Chabbat où l'on expose les lois de la fête à venir (30 jours avant). Comme Chmouel était un homme important, on lui a tendu un écran (galima) pour préserver sa pudeur. Son père lui demande de rétracter publiquement cette pratique : elle risque d'inciter un homme ordinaire, incapable de se faire un écran, à se retenir et à se mettre en danger.

4
מָר בַּר רַב אָשֵׁי אִיצְטְרִיךְ אַגֻּודָּא גַּמְלָא, אַשִּׁתִּין. אָמְרוּ לֵיהּ: חֲמָתָךְ קָאָתְיָא! אֲמַר לְהוּ: בְּאֻודְנֵהּ.

Mar bar Rav Achi eut besoin [d'uriner] alors qu'il marchait sur les poutres d'un pont ; il urina. On lui dit : ta belle-mère arrive !

Il leur dit : [je l'aurais fait] même dans son oreille.

📜 Rachi (2)
חֲמָתָךְ חֲמוֹתְךָ:
Ta belle-mère (hamtakh) — ta belle-mère (hamotekh).
בְּאֻודְנֵהּ אֲפִילּוּ בְּתוֹךְ אָזְנָהּ הָיִיתִי מֵטִיל מַיִם אִם לֹא הָיָה לִי מָקוֹם אַחֵר קֹודֶם שֶׁאַמְתִּין וכ"ש בְּפָנֶיהָ:
Dans son oreille — j'aurais urine même dans son oreille si je n'avais pas d'autre endroit avant d'attendre ; à plus forte raison en sa présence.
💡 Explication

Illustration extrême : puisque se retenir est dangereux, Mar bar Rav Achi déclare qu'il aurait urine même dans l'oreille de sa belle-mère — à plus forte raison en sa présence. La nécessité physique l'emporte sur toute gêne sociale.

5
וְתִיפּוֹק לִי מִשּׁוּם עַלְקָא! בְּשׁוֹתֵת.

Et [pourquoi ne pas] déduire [que le ventre gonflé vient] à cause d'une sangsue (alouka) ? [La baraita parle d'un cas] où il urinait goutte à goutte (chotet).

📜 Rachi (2)
וְתִיפּוֹק לִי מִשּׁוּם עַלְקָא דְּקָתָנֵי לְעֵיל שֶׁבִּקֵּשׁ לְהַשְׁתִּין וְלֹא הִשְׁתִּין וְנִמְצָא כְּרֵיסוֹ צָבָה מִמַּאי דְּמִשּׁוּם הַמְתָּנָה הֲוָה לֵיהּ דִּלְמָא עַלְקָא שָׁתָה שֶׁקּוֹרִין שנשוא"ה לְפִיכָךְ צָבָה כְּרֵיסוֹ:
Et déduire à cause d'une sangsue — [pour] ce qui est enseigné plus haut, qu'il voulut uriner et n'urina pas, et qu'on trouva son ventre gonflé : d'où [sait-on] que c'était à cause de l'attente ? Peut-être a-t-il bu une sangsue — qu'on appelle 'sansue' [en vieux français] — et c'est pourquoi son ventre a gonflé.
בְּשׁוֹתֵת שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְהַטִּיל מַיִם יָפֶה לְאַחַר כֵּן אֶלָּא שׁוֹתֵת טִיפִּין טִיפִּין דְּוַדַּאי מֵחֲמַת עִיכּוּב שֶׁתֶן הֲוָה לֵיהּ:
Où il urinait goutte à goutte (chotet) — il ne pouvait plus uriner correctement ensuite, mais [seulement] goutte à goutte : assurément c'est à cause de la retenue de l'urine que cela lui est arrivé.
💡 Explication

Objection : peut-être le ventre de l'homme (segment 1) a-t-il gonflé non par la retenue mais parce qu'il a avalé une sangsue (alouka) en buvant ? Réponse : la baraita vise un cas où, ensuite, il n'urinait plus normalement mais goutte à goutte (chotet) — preuve que le mal venait bien de la retenue de l'urine et non d'une sangsue.

6
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁנֵי נְקָבִים יֵשׁ בּוֹ בָּאָדָם, אֶחָד מוֹצִיא שֶׁתֶן וְאֶחָד מוֹצִיא שִׁכְבַת זֶרַע, וְאֵין בֵּין זֶה לָזֶה אֶלָּא כִּקְלִיפַּת הַשּׁוּם. בְּשָׁעָה שֶׁאָדָם נִצְרָךְ, אִם נִקְּבוּ זֶה לְתוֹךְ זֶה — נִמְצָא עִקָּר.

Nos maîtres ont enseigné : il y a deux orifices chez l'homme, l'un évacue l'urine et l'autre évacue la semence (chikhvat zera), et il n'y a entre l'un et l'autre que [l'épaisseur d'] une pellicule d'ail (kelipat ha-choum). Au moment où l'homme a besoin [d'uriner et se retient], si l'un se perfore dans l'autre, il se trouve stérile (akar).

💡 Explication

Base anatomique du danger : deux canaux (urinaire et séminal) sont séparés par une cloison aussi fine qu'une pellicule d'ail. La pression de l'urine retenue peut perforer cette cloison, faisant communiquer les deux canaux — d'où la stérilité (akar), car l'urine pénètre dans le canal séminal.

7
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: מַאי דִכְתִיב ״לֹא יִהְיֶה בְךָ עָקָר וַעֲקָרָה וּבִבְהֶמְתֶּךָ״? אֵימָתַי לֹא יִהְיֶה בְךָ עָקָר? בִּזְמַן ש״בִּבְהֶמְתֶּךָ״.

Rech Lakich dit : que signifie ce qui est écrit 'il n'y aura chez toi ni homme stérile ni femme stérile, ni [parmi] ton bétail' (Dt 7:14) ? Quand n'y aura-t-il pas chez toi de stérile ?

Au moment où [tu te comportes comme] 'parmi ton bétail'.

📜 Rachi (1)
בִּזְמַן שֶׁבִּבְהֶמְתֶּךָ שֶׁתָּשִׂים עַצְמְךָ כִּבְהֵמָה שֶׁלֹּא תְּהֵא צָנוּעַ בַּהֲטָלַת מַיִם:
Au moment où 'parmi ton bétail' — que tu te fasses comme un animal, sans être pudique dans l'émission de l'urine.
🗂️ Tossefot (1)
אֵימָתַי לֹא יִהְיֶה בְךָ עָקָר וַעֲקָרָה בִּזְמַן שֶׁבִּבְהֶמְתֶּךָ תֵּימַהּ הֵיאַךְ יְכוֹלִין לְהָשִׂים עַצְמָן כִּבְהֵמָה בַּהֲטָלַת מַיִם שֶׁהָיוּ צְרִיכִין לָצֵאת חוּץ מִן הַמַּחֲנֶה וּלְהַרְחִיק ג' פַּרְסָאוֹת כִּדְאָמְרִי' בְּפֶ' בָּתְרָא דְּיוֹמָא (דַּף עה:) דְּאֵין נִפְנִים לֹא בְּצִדֵּיהֶם וְלֹא לִפְנֵיהֶם אֶלָּא לְאַחֲרֵיהֶם וְהַיְינוּ אֲפִילּוּ בִּקְטַנִּים דִּבְפֶרֶק מִי שֶׁמֵּתוּ (בְּרָכוֹת דַּף כֹּה.) מוֹקְמָא וְיָתֵד תִּהְיֶה לְךָ מִחוּץ לַמַּחֲנֶה וְיָצָאתָ וְגוֹ' בִּקְטַנִּים:
'Quand n'y aura-t-il pas chez toi de stérile ni de stérile ? Au moment où parmi ton bétail' — c'est étonnant : comment pouvaient-ils se comporter comme le bétail pour l'urine, alors qu'ils devaient sortir hors du camp et s'éloigner de trois parsaot, comme on dit au dernier chapitre de Yoma (75b) : on ne se soulage ni sur ses côtés, ni devant soi, mais [seulement] derrière soi — et cela vaut même pour les petits besoins, car au chapitre 'Mi che-meto' (Berakhot 25a) on explique le verset 'et tu auras une pelle hors du camp, et tu sortiras, etc.' [comme portant] sur les petits besoins ?
💡 Explication

Rech Lakich lit le verset comme une condition : tu ne seras pas stérile à condition de faire 'comme ton bétail', c'est-à-dire d'uriner spontanément, sans fausse pudeur, dès que le besoin s'en fait sentir. La juxtaposition 'stérile... et ton bétail' devient une cause à effet.

8
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: ״לֹא יִהְיֶה בְךָ עָקָר״ — מִן הַתַּלְמִידִים, ״וַעֲקָרָה״ — שֶׁלֹּא תְּהֵא תְּפִלָּתֶךָ עֲקוּרָה לִפְנֵי הַמָּקוֹם. אֵימָתַי? בִּזְמַן שֶׁאַתָּה מֵשִׂים עַצְמְךָ כִּבְהֵמָה.

Rabbi Yehochoua ben Levi dit : 'il n'y aura chez toi de stérile' — [privé] de disciples ; 'ni de stérile (akara)' — que ta prière ne soit pas stérile (akoura) devant l'Omniprésent. Quand ?

Au moment où tu te fais comme un animal.

📜 Rachi (2)
שֶׁלֹּא תְּהֵא תְּפִלָּתֶךָ עֲקוּרָה כו' וּכְשֶׁתִּתְפַּלֵּל [עַל בָּנִים] תְּהֵא נִשְׁמַעַת תְּפִלָּתְךָ:
Que ta prière ne soit pas stérile, etc. — et quand tu prieras [pour des enfants], ta prière sera exaucée.
כִּבְהֵמָה שֶׁלֹּא תַּמְתִּין מִלְּהָטִיל מַיִם:
Comme un animal — que tu n'attendes pas pour uriner.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁלֹּא תְּהֵא תְּפִלָּתֶךָ עֲקוּרָה לִפְנֵי הַמָּקוֹם בִּזְמַן שֶׁאַתָּה מֵשִׂים עַצְמְךָ כִּבְהֵמָה פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס שֶׁלֹּא תְּהֵא עֲקוּרָה כְּשֶׁאַתָּה מִתְפַּלֵּל עַל בָּנִים וְנִרְאֶה דִּלְכָל תְּפִלָּה קָאָמַר כִּדְאָמַר שֶׁאֵין הָעוֹלָם מִתְקַייֵּם אֶלָּא בְּמִי שֶׁמֵּשִׂים עַצְמוֹ כִּבְהֵמָה כְּדִכְתִיב אָדָם וּבְהֵמָה תוֹשִׁיעַ ה' וּבְמִי שֶׁמֵּשִׂים עַצְמוֹ כְּמִי שֶׁאֵינוֹ כְּדִכְתִיב (אִיּוֹב כ״ו:ז׳) תּוֹלֶה אֶרֶץ עַל בְּלִימָה (חֻולִּין דַּף פט.):
'Que ta prière ne soit pas stérile devant l'Omniprésent, au moment où tu te fais comme un animal' — Rachi a expliqué : qu'elle ne soit pas stérile quand tu pries pour des enfants ; mais il apparaît que cela vaut pour toute prière, comme on dit que le monde ne subsiste que par celui qui se fait comme un animal, ainsi qu'il est écrit 'l'homme et l'animal, Tu les sauves' (Ps 36:7), et par celui qui se fait comme s'il n'était rien, ainsi qu'il est écrit 'Il suspend la terre sur le néant (belima)' (Job 26:7) (Houlin 89a).
🪔 Ben Yehoyada (1)
לֹא יִהְיֶה בְךָ עָקָר, שֶׁלֹּא יִהְיֶה בֵּיתְךָ עָקוּר מִן הַתַּלְמִידִים. נִרְאֶה לִי בס"ד אִם יִרְאוּ הַתַּלְמִידִים שֶׁרֻבָּם נוֹהֵג בִּצְנִיעוּת שֶׁלֹּא יַשְׁתִּין בִּפְנֵי רַבִּים לֹא יָבוֹאוּ לִלְמֹוד אֶצְלוֹ דְּחוֹשְׁשִׁים שֶׁמָּא יִזְדַּמֵּן לָהֶם כָּךְ וְלֹא יִהְיוּ יְכוֹלִים לְהַשְׁתִּין בְּדֶרֶךְ צָנוּעַ וְנֶעֱקָרִים אֲבָל אִם רוֹאִין אֶת רַבָּם אֵינוֹ מְדַקְדֵּק בְּכָךְ וּמַשְׁתִּין בִּפְנֵי רַבִּים אֵין חוֹשְׁשִׁין וּבָאִים אֶצְלוֹ לִלְמֹוד בִּישִׁיבָה שֶׁלּוֹ דְּאִם אֶחָד מֵהֶם נִזְדַּמֵּן לוֹ כָּךְ יַשְׁתִּין וְלָא קָפֵיד. וּמַה שֶׁאָמַר ' שֶׁלֹּא תִּהְיֶה תְּפִלָּתְךָ עֲקָרָה לִפְנֵי הַמָּקוֹם ' פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י זַ"ל כְּשֶׁתִּתְפַּלֵּל עַל בָּנֶיךָ וְקַשָּׁא לָמָּה מְפָרֵשׁ בִּתְפִלָּה שֶׁל בָּנִים, לֵימָא כָּל תְּפִלָּה בִּסְתָם? וְנִרְאֶה לִי בס"ד מִשּׁוּם דִּבְהָכִי הֲוָה לֵיהּ מִדָּה כְּנֶגֶד מִדָּה דְּאִם הוּא אֵינוֹ מַקְפִּיד עַל עַצְמוֹ שֶׁלֹּא יִהְיֶה עָקָר נִמְצָא מַתְּנַת הַבָּנִים אֵינָהּ חֲשׁוּבָה אֶצְלוֹ וְלָכֵן אִם יִתְפַּלֵּל שֶׁיִּתֵּן לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בָּנִים לֹא תִּשְׁמַע תְּפִלָּתוֹ, וְכֵן אִם יֵשׁ לוֹ בָּנִים וּמִתְפַּלֵּל עֲלֵיהֶם גַּם כֵּן לֹא תִּשְׁמַע תְּפִילָּתוֹ כֵּיוָן דְּאֵין הַבָּנִים חֲשׁוּבִים בְּעֵינָיו דְּהָרְאָיָה אֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ לָעֲקָרוֹת שֶׁבָּהּ יֵעָדֵרוּן הַבָּנִים מַה שֶׁאֵין כֵּן אִם קָפֵיד שֶׁלֹּא יִהְיֶה עָקָר דַּחֲשִׁיבָה מַתְּנַת הַבָּנִים בְּעֵינָיו אָז תְּקֻובַּל תְּפִלָּתוֹ בְּעַד הַבָּנִים.
'Il n'y aura chez toi de stérile' — que ta maison ne soit pas privée de disciples. Il me semble, avec l'aide du Ciel : si les disciples voient que leur maître se conduit avec pudeur au point de ne pas uriner devant le public, ils ne viendront pas étudier chez lui, craignant qu'il ne leur arrive la même chose et qu'ils ne puissent uriner de façon pudique en chemin, et [alors] ils deviennent 'stériles' [privés de maître] ; mais s'ils voient que leur maître n'y prête pas garde et urine devant le public, ils ne craignent rien et viennent étudier dans sa yechiva, [se disant] que si l'un d'eux se trouve dans pareille situation, il urinera sans s'en soucier. Et ce qu'il dit 'que ta prière ne soit pas stérile devant l'Omniprésent' — Rachi a expliqué : quand tu pries pour tes enfants. Or il est difficile [de comprendre] pourquoi il explique [qu'il s'agit] de la prière pour les enfants ; qu'il dise [plutôt] toute prière en général ! Et il me semble, avec l'aide du Ciel, que c'est parce qu'ainsi il y a mesure pour mesure : si lui-même ne prend pas garde à ne pas devenir stérile, il se trouve que le don d'enfants n'est pas précieux à ses yeux, et donc s'il prie pour que le Saint béni soit-Il lui donne des enfants, sa prière ne sera pas exaucée ; de même s'il a des enfants et prie pour eux, sa prière ne sera pas non plus exaucée, puisque les enfants ne sont pas précieux à ses yeux — la preuve, il ne se soucie pas de la stérilité par laquelle les enfants viendraient à manquer. Il n'en va pas de même s'il prend garde à ne pas devenir stérile : le don d'enfants étant précieux à ses yeux, sa prière pour les enfants sera alors agréée.
💡 Explication

Lecture homilétique de R. Yehochoua ben Levi : l'homme 'stérile' est celui qui ne laisse pas de disciples ; la 'stérilité' féminine devient la prière non exaucée. La condition reste la même : 'te faire comme un animal', c'est-à-dire s'abaisser avec humilité (et ne pas se retenir).

9
אָמַר רַב פָּפָּא: לֹא יַשְׁתִּין אָדָם מַיִם לֹא עַל כְּלֵי חֶרֶס, וְלֹא עַל מְקוֹם קָשֶׁה, דְּאָמַר רַב: הָנֵי מְדוֹרֵי דְּבָבֶל מְהַדְּרִי מַיָּא לְעֵין עֵיטָם. אָמַר אַבַּיֵּי: הָא אִיתְּתָא לָא תְּקוּם לְהֶדְיָא בְּאַנְפֵּי יָנוֹקָא, אַגִּיסָא לֵית לַן בַּהּ.

Rav Papa dit : qu'on n'urine pas sur un vase de terre (kli hères) ni sur un endroit dur, car Rav a dit : ces pentes de Babylone (medoure de-Bavel) ramènent les eaux à la source d'Ein Eitam. Abaye dit : cette femme, qu'elle ne se tienne pas de face (le-hedia) devant un enfant [quand elle urine] ; de côté (agisa), nous n'y voyons pas d'objection.

📜 Rachi (6)
לֹא עַל (גַּב) כְּלִי חֶרֶס בְּתוֹךְ עָבִיט שֶׁל מֵימֵי רַגְלַיִם לְפִי שֶׁמַּשְׁלִיכִין אוֹתוֹ בַּנָּהָר בְּסָמוּךְ לָהֶם וּנְהָרוֹת בָּבֶל הוֹלְכִין וּמִתְעַכְּבִין בְּעֵין עֵיטָם כְּדִמְפָרֵשׁ:
Pas sur un vase de terre — dans un pot de nuit (avit), parce qu'on le vide dans le fleuve tout proche, et les fleuves de Babylone s'écoulent et sont retenus à Ein Eitam, comme il l'explique.
וְלֹא עַל מְקוֹם קָשֶׁה שֶׁאֵינָן בּוֹלְעִין וְצָפִין עַל הַקַּרְקַע עַד שֶׁנִּשְׁטָפִין לִמְקוֹם מִדְרוֹן וְנוֹפְלִין לַנָּהָר:
Ni sur un endroit dur — qui n'absorbe pas ; [l'urine] flotte sur le sol jusqu'à être entraînée vers une pente et à tomber dans le fleuve.
וְאָמַר רַב הָנָךְ מְדוֹרֵי דְּבָבֶל מְקוֹמוֹת מִדְרוֹן שֶׁבְּבָבֶל:
Et Rav a dit : ces medoure de-Bavel — les lieux en pente de Babylone.
מְהַדְּרִי לְעֵין עֵיטָם שֶׁבּוֹ כ"ג טוֹבֵל ביוה"כ כִּדְאָמְרִי' בְּמַסֶּכֶת יוֹמָא בְּפֶרֶק ג' (דַּף לא.):
Ramènent à Ein Eitam — où le Cohen Gadol se trempe à Yom Kippour, comme on dit au traité Yoma, chapitre 3 (31a).
לָא תֵּיקוּם לְהֶדְיָא בְּאַפֵּי יָנוֹקָא כְּשֶׁהִיא מַטֶּלֶת אַל תַּעֲמֹוד מַמָּשׁ כְּנֶגֶד הַתִּינוֹקוֹת דְּחוּצְפְּתָא הִיא:
Qu'elle ne se tienne pas de face devant un enfant — quand elle urine, qu'elle ne se tienne pas exactement face aux enfants, car c'est de l'effronterie (houtspa).
[אַגִּיסָא] אִם לְצַד אַחֵר שֶׁאֵין מַשְׁתֶּנֶת בִּפְנֵי הַתִּינוֹק ל"ל בָּהּ:
De côté (agisa) — si [elle se tourne] d'un autre côté, de sorte qu'elle n'urine pas face à l'enfant, nous n'y voyons pas d'objection.
🗂️ Tossefot (2)
לֹא יַשְׁתִּין אָדָם מַיִם לֹא עַל (גַּבֵּי) [כְּלִי] חֶרֶס וְלֹא עַל גַּבֵּי מָקוֹם קָשֶׁה הָנָךְ חֻומְרוֹת דַּוְקָא בְּבָבֶל כִּדְאָמַר טַעְמָא מִשּׁוּם דְּהָנֵי מֻודְּרֵי דְּבָבֶל מְהַדְּרִי מַיָּא לְעֵיטָם שֶׁעַל נְהַר פְּרָת דְּדֶרֶךְ הַמַּיִם לָלֶכֶת דֶּרֶךְ הִילּוּכָם לְעֵין עֵיטָם דִּפְרָת מִתְעָרֵב בְּכָל מֵימוֹת שֶׁבָּעוֹלָם כִּדְאָמַר לְקַמָּן בפ"ט (בְּכוֹרוֹת דַּף נה.) הַנּוֹדֵר מִמֵּימֵי פְּרָת אָסוּר בְּכָל מֵימוֹת שֶׁבָּעוֹלָם וַאֲפִילּוּ עֵינָאתָא דִּמְדַלְּיָיא אָמְרִינַן לְקַמָּן דְּהָנְהוּ סֻולָּמֵי דִּפְרָת נִינְהוּ וּבְסֻוכָּה (דַּף נג.) נָמֵי אָמְרִינַן דְּכָרֵינַן פֻּורְתָּא וְנָבְעִי מַיָּא הָנְהוּ סֻולָּמֵי דִּפְרָת הָווּ ואע"ג דְּסֻולָּמֵי דִּפְרָת מִתְעָרְבִין בְּכָל מֵימוֹת שֶׁבָּעוֹלָם אֵין לֶאֱסֹור אֶלָּא שֶׁבְּבָבֶל כִּדְפָרֵישִׁית שֶׁדֶּרֶךְ הִילּוּכוֹ שֶׁל פְּרָת מִתְעָרֵב בְּעֵין עֵיטָם וַהֲוָה מַשְׁמַע מִכָּאן דִּפְרָת הוֹלֵךְ מִבָּבֶל לא"י אֲבָל שָׁאַלְתִּי לְאֶחָד מא"י וְאָמַר לִי שֶׁיּוֹרֵד מא"י לְבָבֶל וְכֵן מוּכָח לְקַמָּן בפ"ט (בְּכוֹרוֹת דַּף נה:) דְּאָמְרִינַן מִטְרָא בְּמַעֲרָבָא סָהֲדָא רַבָּא פְּרָת וְכֵן פֵּירֵשׁ שָׁם בַּקְּוַנְט' וְזֶהוּ דֹּוחַק לוֹמַר דַּאֲפִילּוּ הוֹלֵךְ מִבָּבֶל לא"י נִיכָּר כְּשֶׁגָּדַל הַנָּהָר מֵחֲמַת רֹוב גְּשָׁמִים וּמִתְרַבֶּה הַנָּהָר לַאֲחוֹרָיו מִתּוֹךְ רִבּוּי הַמַּיִם:
'Qu'on n'urine pas sur un vase de terre ni sur un endroit dur' — ces rigueurs valent uniquement à Babylone, comme il en donne la raison : parce que ces pentes de Babylone ramènent les eaux à Eitam qui est sur le fleuve Perat (l'Euphrate), le cours des eaux allant naturellement vers Ein Eitam ; car le Perat se mélange à toutes les eaux du monde, comme on dit plus loin au chapitre 9 (Bekhorot 55a) : celui qui fait vœu [de s'abstenir] des eaux du Perat est interdit de toutes les eaux du monde. Et même les sources jaillissantes, on dit plus loin que ce sont des ramifications (soulame) du Perat ; et dans Souka (53a) aussi on dit qu'on creuse un peu et l'eau jaillit — ce sont des ramifications du Perat. Et bien que les ramifications du Perat se mêlent à toutes les eaux du monde, il ne faut interdire qu'à Babylone, comme je l'ai expliqué, car c'est le cours du Perat qui se mêle à Ein Eitam. Il en ressortirait que le Perat va de Babylone vers Erets Israël ; mais j'ai interrogé un [homme] d'Erets Israël qui m'a dit qu'il descend d'Erets Israël vers Babylone, et cela ressort de même plus loin au chapitre 9 (Bekhorot 55b), où l'on dit 'la pluie à l'ouest (au Maghreb), grand témoin en est le Perat', et Rachi l'a expliqué ainsi là-bas. Il est forcé de dire que, même s'il va de Babylone vers Erets Israël, on le remarque quand le fleuve grossit sous l'abondance des pluies et que le fleuve se gonfle en amont sous la multitude des eaux.
הַאי אִיתְּתָא לָא תֵּיקוּם לְהֶדְיָא בְּאַפֵּי יַנּוּקָא אע"ג שֶׁאֵינָהּ מְגַלָּה עַצְמָהּ אִיכָּא חֻוצְפָּא כְּשֶׁהִיא מְטִילָה מַיִם וְהַתִּינוֹק עוֹמֵד בְּפָנֶיהָ דְּהָא אֵין דֶּרֶךְ אִשָּׁה לְגַלּוֹת עַצְמָהּ לְפָנֶיהָ לֹא לִקְטַנִּים וְלֹא לִגְדוֹלִים כִּדְמוֹכַח בְּפֶ' מִי שֶׁמֵּתוּ (בְּרָכוֹת דַּף כג:):
'Cette femme, qu'elle ne se tienne pas de face devant un enfant' — bien qu'elle ne se découvre pas, il y a de l'effronterie (houtspa) quand elle urine et que l'enfant se tient face à elle ; car il n'est pas dans les usages d'une femme de se découvrir devant lui, ni devant les petits ni devant les grands, comme il ressort du chapitre 'Mi che-meto' (Berakhot 23b).
💡 Explication

Deux mises en garde. Rav Papa : à Babylone, on urine sur la poussière qui absorbe, non sur un vase de terre ou un sol dur, car l'urine y ruisselle jusqu'aux cours d'eau souterrains qui, selon Rav, remontent jusqu'à la source d'Ein Eitam (d'où l'on tirait l'eau pour le Temple, où le Cohen Gadol se trempait à Yom Kippour). Abaye : une femme ne doit pas uriner de face devant un enfant (impudeur), mais de côté cela ne pose pas de problème.

10
תַּנְיָא, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: עַמּוּד הַחוֹזֵר מֵבִיא אָדָם לִידֵי הִדְרוֹקָן, סִילוֹן הַחוֹזֵר מֵבִיא אָדָם לִידֵי יֵרָקוֹן. אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא, אָמַר רַב קַטִּינָא, אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: דָּם רַבָּה — שְׁחִין רַבָּה, שִׁכְבַת זֶרַע רַבָּה — צָרַעַת רַבָּה, צוֹאָה רַבָּה — הִדְרוֹקָן רַבָּה, מֵי רַגְלַיִם רָבִין — יֵרָקוֹן רַבָּה.

Il est enseigné : Rabban Chimon ben Gamliel dit : la colonne [de selles] qui refoule amène l'homme à l'hydropisie (hidrokan), le jet [d'urine] qui refoule amène l'homme à l'ictère (yerakon). Rabba bar Rav Houna dit au nom de Rav Ketina au nom de Rech Lakich : sang abondant — furoncles abondants ; semence abondante — tsaraat abondante ; selles abondantes — hydropisie abondante ; urine abondante — ictère abondant.

📜 Rachi (5)
עַמּוּד גְּדוֹלִים:
La colonne — les gros besoins (selles).
הִדְרוֹקָן חֳולִי מֵעַיִים:
Hidrokan — maladie des intestins.
סִילוֹן קְטַנִּים:
Le jet (silon) — les petits besoins (urine).
דָּם רָבֶה שְׁחִין רָבֶה הַמַּרְבֶּה דָּם שֶׁאֵינוֹ מַקִּיז מְרַבֶּה שְׁחִין:
Sang abondant, furoncles abondants — celui qui accumule le sang parce qu'il ne pratique pas de saignée multiplie les furoncles.
שִׁכְבַת זֶרַע רַבָּה מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ אִשָּׁה וְאֵינוֹ מְשַׁמֵּשׁ מִטָּתוֹ מְרֻבָּה צָרַעַת:
Semence abondante — celui qui a une épouse et n'accomplit pas le devoir conjugal multiplie la tsaraat.
🗂️ Tossefot (1)
לִידֵי הִדְרוֹקָן כו' לִידֵי יֵרָקוֹן מַשְׁמַע דְּהִדְרוֹקָן וְיֵרָקוֹן תְּרֵי מִילֵּי נִינְהוּ וּמִיהוּ נִרְאֶה שֶׁהֵם עִנְיָן אֶחָד דְּאָמְרִי' בִּיבָמוֹת (דַּף ס:) הֶעֱבִירוּם לִפְנֵי צִיץ כֹּל שֶׁרְאוּיָה לְבִיאָה פָּנֶיהָ מוֹרִיקוֹת דְּאָמַר סִימָן לַעֲבֵירָה הִדְרוֹקָן:
'À l'hydropisie... à l'ictère' — cela laisse entendre que l'hydropisie (hidrokan) et l'ictère (yerakon) sont deux choses distinctes. Toutefois il apparaît qu'ils relèvent d'une même réalité, car on dit dans Yevamot (60b) : on les fit passer devant le tsits — toute [femme] apte à l'union, son visage verdissait ; et l'on dit que le signe de la faute [d'adultère] est l'hydropisie [le teint verdâtre].
💡 Explication

Règle médicale des humeurs retenues. RSbG : retenir les selles cause l'hydropisie (hidrokan, maladie des intestins/oedème), retenir l'urine cause l'ictère (yerakon). Rech Lakich généralise : tout fluide accumulé par manque d'évacuation produit une pathologie — sang (faute de saignée) -> furoncles ; semence (faute de rapports) -> tsaraat ; selles -> hydropisie ; urine -> ictère.

11
רוּחַ קַצְרִית בָּאָה עָלָיו. מַאי נִינְהוּ? תְּנָא: רוּחַ בֶּן נְפָלִים בָּאָה עָלָיו.

'[Celui sur qui] vient un souffle de mélancolie (roua'h ketsarit)'. Qu'est-ce donc ?

Un tana a enseigné : un souffle de 'fils de nefilim' (ben nefilim) vient sur lui.

📜 Rachi (1)
נֵאֶלֶת רוּחַ שְׁטוּת ע"י שֵׁד זֶהוּ בֶּן נְפִילִים נוייטו"ן:
Il est saisi d'un esprit de folie par l'intermédiaire d'un démon (chad) : c'est le ben nefilim — 'noyton' [glose en vieux français].
💡 Explication

Retour à la michna. La roua'h ketsarit est identifiée à un roua'h ben nefilim : un esprit de demenc,e induit par un démon (chad). Rachi glose par un mot en vieux français. Ce trouble intermittent invalide le kohen car il compromet la lucidité requise pour le service.

12
הַמְאֻושְׁבָּן וּבַעַל גֶּבֶר. תְּנָא: מִשּׁוֹבָן בְּבֵיצִים, וּבַעַל גֶּבֶר בְּגִיד. תְּנָא: מִשּׁוֹבָן — זֶה הַקַּיָּין, הַגְרַבְתָּן — זֶה בַּעַל קִיק; קַיָּין — בְּבֵיצִים, גְּרַבְתָּא — בְּגִיד.

'Le me'ouchban et le ba'al gever'. Un tana a enseigné : mechouban [se dit] des testicules, et ba'al gever du membre.

Un [autre] tana a enseigné : mechouban, c'est le kayan ; le garbetan, c'est le ba'al kik ; kayan [se rapporte] aux testicules, garbeta au membre.

📜 Rachi (4)
הַקַּיָּין הַייְנוּ מִשּׁוֹבָן:
Le kayan — c'est le mechouban.
הַגְרַבְתָּן הַייְנוּ מִין בַּעַל גֶּבֶר:
Le garbetan — c'est une sorte de ba'al gever.
בְּבֵיצִים שֶׁבֵּיצָיו גְּדוֹלִים:
Aux testicules — dont les testicules sont grands.
בְּגִיד שֶׁגִּידוֹ גָּדוֹל:
Au membre — dont le membre est grand.
💡 Explication

Précisions terminologiques sur les deux derniers défauts. Mechouban / kayan désigne un défaut des testicules (trop gros) ; ba'al gever / garbetan / ba'al kik désigne un défaut du membre (trop long). La guemara accumule les synonymes pour cerner exactement chaque mot de la michna.

13
וְעַד כַּמָּה? מָחוּי רַב יְהוּדָה: עַד רְכוּבָה. תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: עַד רְכוּבָה — פָּסוּל, לְמַעְלָה מִן רְכוּבָה — כָּשֵׁר. אִיכָּא דְאָמְרִי: עַד רְכוּבָה — כָּשֵׁר, לְמַטָּה מִן הָרְכוּבָה — פָּסוּל.

Et jusqu'à quelle [taille] ? Rav Yehouda a montré [du geste] : jusqu'au genou.

Il est enseigné : Rabbi Eliezer ben Yaakov dit : jusqu'au genou — passoul (invalide) ; au-dessus du genou — kacher (valide). Certains disent : jusqu'au genou — kacher ; en dessous du genou — passoul.

📜 Rachi (1)
וְעַד כַּמָּה יִגְדַּל הַגִּיד שֶׁיְּהֵא פָּסוּל:
Et jusqu'à quelle [taille] — le membre doit-il grandir pour être passoul.
💡 Explication

Mesure du ba'al gever. Selon R. Eliezer ben Yaakov, un membre qui atteint le genou rend passoul, au-dessus du genou reste kacher. Une autre version (ikka de-amri) inverse le seuil : jusqu'au genou encore kacher, seulement en dessous passoul. La nafka mina porte sur le point exact du genou.

14
מַתְנִי׳ אֵין לוֹ בֵּיצִים, אוֹ אֵין לוֹ אֶלָּא בֵּיצָה אַחַת — הֲרֵי זֶה ״מְרוֹחַ אֶשֶׁךְ״ הָאָמוּר בַּתּוֹרָה. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: כָּל שֶׁנִּימּוֹחוּ אֲשָׁכָיו. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: כָּל שֶׁרוּחַ בַּאֲשָׁכָיו. רַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס אוֹמֵר: כָּל שֶׁמַּרְאָיו חֲשׁוּכִין.

MICHNA. Celui qui n'a pas de testicules, ou qui n'a qu'un seul testicule — c'est le 'mero'ah achekh' énoncé dans la Torah (Lev 21:20).

Rabbi Yichmael dit : tout [homme] dont les testicules ont été écrasés (nimohou). Rabbi Akiva dit : tout [homme] qui a du vent (roua'h) dans les testicules.

Rabbi Hanina ben Antignos dit : tout [homme] dont l'aspect est sombre (mar'av hachoukhin).

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' שֶׁנִּמְרְחוּ אֲשָׁכָיו שֶׁנִּימּוֹחוּ בֵּיצָיו:
Michna. Dont les testicules ont été écrasés (chenimrehou) — dont les testicules se sont écrasés (nimohou).
שֶׁהָרוּחַ בַּאֲשָׁכָיו שֶׁבֵּיצָיו נְפוּחִים:
Qui a du vent dans les testicules — dont les testicules sont enflés.
שֶׁמַּרְאָיו חֲשׁוּכִים שֶׁהוּא שָׁחוֹר כְּכוּשִׁי. וְלֹא בְּבֵיצִים מִשְׁתַּעֵי כְּלָל:
Dont l'aspect est sombre — qui est noir comme un Kouchi ; et il ne parle pas du tout des testicules.
💡 Explication

Nouvelle michna sur le terme biblique mero'ah achekh (Lev 21:20), l'un des défauts du kohen. Quatre lectures : le tana kama (absence de testicules, ou un seul) ; R. Yichmael (testicules écrasés, nimohou) ; R. Akiva (testicules enflés, 'du vent dedans') ; R. Hanina ben Antignos qui détache le terme des testicules et y lit un teint sombre.

🖼️ Schéma
R. Hanina b. Antignos : goreïn ou-mosifin ve-dorchin on retranche des lettres, on en ajoute, puis on interprète mem-resh-vav-het aleph-chin-khaf on retranche le HÈT de "meroah" et le ALÈPH de "achekh" on ajoute le HÈT à "achekh" et le ALÈPH à "meroah" marav hachoukhin "son aspect est sombre" (comme un Kouchi) -> le défaut visé n'est pas les testicules mais la couleur de la peau
Les lectures divergentes de mero'ah achekh.
15
גְּמָ׳ קַשְׁיָא לֵיהּ לְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל: הָא ״חָסֵר אָשֶׁךְ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! תָּנֵי: שֶׁנִּמְרְחוּ אֲשָׁכָיו. קַשְׁיָא לֵיהּ לְרַבִּי עֲקִיבָא: הַאי ״מִמְּרוֹחַ אָשֶׁךְ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! תָּנֵי: שֶׁהָרוּחַ בַּאֲשָׁכָיו.

GUEMARA. Cela faisait difficulté à Rabbi Yichmael : [le verset] aurait dû dire 'hasar achekh' (manquant de testicule) !

[C'est pourquoi] il enseigne : dont les testicules ont été écrasés. Cela faisait difficulté à Rabbi Akiva : [le verset] aurait dû dire 'mimro'ah achekh' !

[C'est pourquoi] il enseigne : qui a du vent dans les testicules.

📜 Rachi (3)
גְּמ' קַשְׁיָא לֵיהּ לְר' יִשְׁמָעֵאל כְּלוֹמַר לְהָכִי פְּלִיג רַבִּי יִשְׁמָעֵאל את"ק מִשּׁוּם דְּקַשְׁיָא לֵיהּ א"כ דִּבְשָׁאיֶן לוֹ בֵּיצִים מִישְׁתַּעֵי קְרָא חֲסַר אָשֶׁךְ מִיבְּעֵי לֵיהּ:
Guemara. Cela faisait difficulté à R. Yichmael — c'est-à-dire : R. Yichmael diverge du tana kama parce que cela lui faisait difficulté : s'il s'agissait de celui qui n'a pas de testicules, le verset aurait dû dire 'hasar achekh' (manquant de testicule).
תָּנֵי שֶׁנִּמְרְחוּ אֲשָׁכָיו לְהָכִי תָּנֵי ר"י שֶׁנִּמְרְחוּ אֲשָׁכָיו:
Il enseigne : dont les testicules ont été écrasés — c'est pourquoi R. Yichmael enseigne 'dont les testicules ont été écrasés'.
מַמְרוֹחַ אָשֶׁךְ מִיבְּעֵי לֵיהּ דְּהָא מֵ"ם דְּמֵרוּחַ מְשַׁמֶּשֶׁת הִיא:
[Le verset] aurait dû dire 'mimro'ah achekh' — car le mem de 'meroah' fait fonction [de préfixe].
💡 Explication

La guemara explique pourquoi chaque tana s'écarte du sens simple : c'est une difficulté de formulation. Pour R. Yichmael, si le verset visait une absence, il aurait dit 'hasar achekh' (manque) et non 'mero'ah' — donc il s'agit de testicules écrasés. Pour R. Akiva, la forme aurait dû être 'mimro'ah' (avec le préfixe mem) pour signifier 'écrasés' — le mot tel quel indique plutôt le vent (l'enflure).

16
קַשְׁיָא לֵיהּ לְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס: הַאי ״רוּחַ אָשֶׁךְ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! תָּנֵי שֶׁמַּרְאָיו חֲשׁוּכִין, קָסָבַר גּוֹרְעִין וּמוֹסִיפִין וְדוֹרְשִׁין.

Cela faisait difficulté à Rabbi Hanina ben Antignos : [le verset] aurait dû dire 'roua'h achekh' ! [C'est pourquoi] il enseigne : dont l'aspect est sombre.

Il tient : on retranche [des lettres], on [en] ajoute, et l'on interprète (goreïn ou-mosifin ve-dorchin).

📜 Rachi (1)
גּוֹרְעִין וּמוֹסִיפִין גּוֹרְעִין חֵי"ת מִמְּרוֹחַ וְאֶלֶף מֵאָשֶׁךְ וּמוֹסִיפִין ח' בִּמְקוֹם אֶלֶף עַל אָשֶׁךְ וְאָלֶף בִּמְקוֹם חֵי"ת עַל מֵרוּחַ וְהָוֵי מֵרוֹאוֹ חֹשֶׁךְ:
On retranche et on ajoute — on retranche le het de 'meroah' et le aleph de 'achekh', et l'on ajoute le het à la place du aleph sur 'achekh', et le aleph à la place du het sur 'meroah' : cela donne 'mar'o hachekh' (son aspect [est] sombre).
💡 Explication

Pour R. Hanina ben Antignos, si le sens était 'du vent [dans] les testicules', le verset aurait dit simplement 'rouah achekh'. Il applique donc la règle exégétique goreïn ou-mosifin ve-dorchin (on retranche, on ajoute, on interprète) : on déplace le het et le aleph entre les deux mots pour lire mar'av hachoukhin, 'son aspect est sombre'. Le défaut visé devient la couleur de la peau.

🖼️ Schéma
R. Hanina b. Antignos : goreïn ou-mosifin ve-dorchin on retranche des lettres, on en ajoute, puis on interprète mem-resh-vav-het aleph-chin-khaf on retranche le HÈT de "meroah" et le ALÈPH de "achekh" on ajoute le HÈT à "achekh" et le ALÈPH à "meroah" marav hachoukhin "son aspect est sombre" (comme un Kouchi) -> le défaut visé n'est pas les testicules mais la couleur de la peau
Le réarrangement des lettres de mero'ah achekh.
17
הַייְנוּ כּוּשִׁי! רַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס לָא תָּנֵי ״כּוּשִׁי״.

Mais c'est [alors] le Kouchi ! Rabbi Hanina ben Antignos n'enseigne pas [dans sa michna le cas du] 'Kouchi'.

📜 Rachi (1)
הַייְנוּ כּוּשִׁי וְכוּשִׁי בְּהֶדְיָא קָתָנֵי מַתְנֵי (לְקַמָּן בְּכוֹרוֹת מה.) הַכּוּשִׁי וְהַגִּיחוֹר:
C'est [alors] le Kouchi — or le Kouchi est enseigné explicitement dans la michna (plus loin, Bekhorot 45a) : 'le Kouchi et le guihor (rougeaud)'.
💡 Explication

Objection : si mero'ah achekh désigne un teint sombre, cela fait doublon avec le Kouchi (l'homme à la peau très noire), explicitement invalide dans la michna suivante (45a). Réponse : R. Hanina ben Antignos n'enseigne pas le cas du Kouchi dans sa version de la michna ; pour lui, mero'ah achekh est ce cas, sans redondance.

18
מַתְנֵי׳ מַקִּישׁ בְּקַרְסֻולָּיו, וּבְאַרְכֻבּוֹתָיו,

MICHNA. Celui qui heurte [l'un contre l'autre] ses chevilles (karsoulav) et ses genoux (arkoubotav) [en marchant est invalide].

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' הַמַּקִּישׁ בַּקַּרְסֻולַּיִים שֶׁאַרְכֻבּוֹתָיו עוֹקְמוֹת לַחוּץ וְקַרְסֻולָּיו לִפְנִים וְנוֹקְשִׁין זֶה לָזֶה כְּשֶׁהוּא מְהַלֵּךְ. וּבְאַרְכֻבּוֹתָיו הַייְנוּ אִיפְּכָא שֶׁרַגְלָיו עֲקוּמוֹת לַחוּץ וּמַרְחִיק זֶה מִזֶּה עַד שֶׁאַרְכֻבּוֹתָיו מִלְמַעְלָה הָעֲקֻומּוֹת כְּלַפֵּי פְּנִים נוֹקְשׁוֹת זוֹ לְזוֹ:
Michna. Celui qui heurte ses chevilles — dont les genoux se courbent vers l'extérieur et les chevilles vers l'intérieur, si bien qu'elles se cognent l'une l'autre quand il marche. 'Et ses genoux', c'est l'inverse : ses pieds sont courbés vers l'extérieur et s'écartent l'un de l'autre, au point que ses genoux, en haut, courbés vers l'intérieur, se cognent l'un l'autre.
💡 Explication

Début d'une nouvelle michna sur les défauts des jambes. Deux malformations opposées : jambes arquées vers l'extérieur au niveau des genoux, faisant cogner les chevilles l'une contre l'autre ; ou l'inverse, pieds écartés vers l'extérieur faisant cogner les genoux. La suite (défauts des pieds) figure sur 45a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).