Bekhorot 46a — vœu 'sur l'avis du public' et son annulation ; puis début du perek : l'aîné pour l'héritage et l'aîné pour le cohen

Bekhorot 46a

Sougya : La fin du perek précédent tranche la question du vœu fait 'sur l'avis du public' (al daat rabbim) : Amemar enseigne que, même selon l'avis qui admet l'annulation d'un vœu prononcé en public, un vœu fait sur l'avis du public ne peut être annulé — sauf lorsque cette annulation sert une mitsva, comme dans le cas du maître d'école trop dur que Ravina réintègre. La Guemara explique ensuite pourquoi le cohen devenu impur par les morts est cru sur simple engagement, alors que le cohen qui a épouse une femme interdite doit faire un vœu (là, 'son penchant le domine').

S'ouvre alors le perek 'Yech bekhor' : la michna distingue systématiquement l'aîné pour l'héritage (critère : le père, rechit ono) et l'aîné pour le rachat au cohen (critère : la mère, peter rehem). Elle énumère les cas où l'enfant est aîné pour l'un seulement, pour les deux, ou pour ni l'un ni l'autre, avec la controverse R.

Meir / Sages sur la forme du mort-né et l'avis de R. Yossei ha-Guelili.

Un vœu peut-il être annulé ? (halakha d'Amemar) vœu fait EN PUBLIC (be-rabbim) vœu fait SUR l'AVIS du public (al daat rabbim) a une annulation (hafara) n'a PAS d'annulation Exception : si l'annulation sert une MITSVA même un vœu al daat rabbim PEUT être annulé. Cas : le maître d'école trop dur — Rav Aha lui fait jurer d'arrêter ; Ravina annule le vœu, faute d'un maître aussi rigoureux (mitsva d'enseigner).
La règle d'Amemar sur le voeu 'sur l'avis du public' et son exception pour la mitzva (segment 1).
Deux aîné-s indépendants : héritage vs rachat au cohen AINÉ pour l'HÉRITAGE (nahala) critère : le PÈRE (rechit ono, premier-né du père) AINÉ pour le COHEN (5 selaim) critère : la MÈRE (peter rehem, ouvre la matrice) Vient après un mort-né / animal : OUI aîné (le père ne l'a pas pleuré) La matrice était déjà ouverte : NON (pas peter rehem) Né d'une convertie/affranchie enceinte : NON (conception hors sainteté) Premier à sortir de cette matrice : OUI aîné pour le cohen Peut être aîné pour l'un sans l'être pour l'autre — ou les deux, ou ni l'un ni l'autre R. Yossei ha-Guelili : "peter rehem be-Israël" — il faut ouvrir la matrice d'une femme d'Israël ; un enfant né quand elle était non-juive n'exempte pas le suivant du rachat.
Les deux statuts d'aîné, sur deux critères distincts : le père (héritage) et la mère (rachat) — cadre de tout le perek (segments 4-10).
Ce qui exempte le suivant : le mort-né / la matrice ouverte Mort-né / préma. tête du nefel sortie vivante, puis rentrée ; l'autre jumeau sort aîné nahala : OUI cohen : NON Forme animale fausse-couche en forme de bête/oiseau (R. Meir) Sages : sauf forme humaine aîné nahala : OUI cohen : NON Sandal / délivre / membres découpés ouvrent la matrice mais pas "né du père" aîné nahala : OUI cohen : NON
Les cas où le premier-sorti exempte le suivant de l'héritage mais pas du rachat, ou l'inverse (segments 5-6).
1
לֵיהּ אַדַּעַת רַבִּים.

...[on lui fait faire son vœu] sur l'avis du public (al daat rabbim), [ce qui en fait un vœu qui ne peut être annulé sans leur accord].

💡 Explication

Fin de phrase reprise du bas du daf précédent. Le cohen qui a épouse une femme qui lui est interdite doit faire son vœu sur l'avis du public (al daat rabbim), et non simplement en public : c'est ce qui rend le vœu impossible à annuler sans l'accord de ce public.

2
אָמַר אֲמֵימַר: הִלְכְתָא, אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר נֶדֶר שֶׁהֻודַּר בְּרַבִּים יֵשׁ לוֹ הֲפָרָה, עַל דַּעַת הָרַבִּים אֵין לוֹ הֲפָרָה. וְהָנֵי מִילֵּי לִדְבַר הָרְשׁוּת, אֲבָל לִדְבַר מִצְוָה יֵשׁ לוֹ הֲפָרָה. כִּי הָהוּא דְּמַקְרֵי דַרְדְּקֵי, אַדְּרֵיהּ רַב אַחָא דְּקָא פָשַׁע בְּיָנוֹקֵי, וְאַהַדַּרְיָה רָבִינָא, דְּלָא אַשְׁכַּח דַּהֲוָה דָּיֵיק כְּוָותֵיהּ.

Amemar dit : la halakha est [la suivante] — même selon celui qui dit qu'un vœu prononcé en public (be-rabbim) a une annulation (hafara), un vœu [fait] sur l'avis du public (al daat rabbim) n'a pas d'annulation. Et ceci vaut pour une affaire facultative (davar ha-rechout) ; mais pour une affaire de mitsva, il a une annulation.

Comme ce maître d'enfants (makrei dardekei) que Rav Aha fit jurer [de ne plus enseigner], parce qu'il était négligent envers les enfants (les frappant [trop]) ; et Ravina [le] rétablit (annula son vœu), car on n'avait pas trouvé [d'autre maître] aussi rigoureux (dayek) que lui.

📜 Rachi (3)
וְהָנֵי מִילֵּי דְּאֵין לוֹ הֲפָרָה לְנֶדֶר שֶׁהֻודַּר עַל דַּעַת רַבִּים:
Et ceci vaut — [le fait] qu'un vœu prononcé sur l'avis du public n'a pas d'annulation.
דְּאַדְרֵיהּ רַב אֲחָא שֶׁלֹּא יִלְמַד עוֹד תִּינוֹקוֹת:
Que Rav Aha lui fit jurer — de ne plus enseigner les enfants.
פָּשַׁע בְּיָנוֹקֵי מַלְקֶה אוֹתָן וּמֵתִים:
Il était négligent envers les enfants — il les frappait [au point qu'ils en] mouraient.
🗂️ Tossefot (2)
אָמַר אֲמֵימַר הִלְכְתָא אַפֵּי' לָמֶ"ד כו' בְּפֶ' הַשּׁוֹלֵחַ (בְּגִיטִּין לו.) גָּרַס הִלְכְתָא אַפֵּי' לָמֶ"ד כו' וּבְמַכּוֹת (דַּף טז.) גָּרְסִי' בְּרוֹב סְפָרִים הִלְכְתָא נֶדֶר שֶׁהֻודַּר בָּרַבִּים יֵשׁ לוֹ הֲפָרָה וּלְמַאי דְּגָרְסִי' נָמֵי אַפֵּי' לָמֶ"ד נֶדֶר שֶׁהֻודַּר בָּרַבִּים שֶׁלֹּא בָּא עַכְשָׁיו לִפְסֹוק בְּהֻודַּר בָּרַבִּים מ"מ יֵשׁ לְדַקְדֵּק מִדְּהֻוצְרַךְ לִפְסֹוק אֵין לוֹ הֲפָרָה בְּעַל דַּעַת רַבִּים לכ"ע מִכְּלָל שֶׁסָּבַר דִּבְרַבִּים יֵשׁ לוֹ הֲפָרָה דְּאִי אֵין לוֹ הֲפָרָה כָּל שֶׁכֵּן בְּעַל דַּעַת רַבִּים וְשֶׁלֹּא בִּלְשׁוֹן פָּסַק הָיָה לוֹ לוֹמַר אַפֵּי' לָמֶ"ד ואע"ג דְּאַסְּקִינַן בְּפֶ' הַשּׁוֹלֵחַ (גִּיטִּין דַּף לה:) אַלִּיבָּא דְּרַב נַחְמָן דְּמַדְּרִינַן לֵיהּ בְּרַבִּים דְּמַשְׁמַע דס"ל הָכִי דקי"ל כְּוָותֵיהּ בְּדִינֵי וּלְעִנְיַן דִּינָא אִיתְּשִׁיל הָא פָּרֵיךְ בָּתַר הָכִי הָנִיחָא לְמ"ד כוּ' וְלָאו אַמַּתְנִיתִין דְּפִרְקִין דְּמַיְיתִי הָתָם לְחוּדֵיהּ קָאֵי אֶלָּא קָאֵי נָמֵי אַדְּרַב נַחְמָן מִדְּאַדְרֵיהּ נָמֵי רַב אֲחָא לְהַהוּא מַקְרֵי דַרְדַּקֵּי עַל דַּעַת רַבִּים מַשְׁמַע דְּקָסָבַר דִּבְרַבִּים יֵשׁ לוֹ הֲפָרָה דְּלָא מִיסְתַּבֵּר לוֹמַר דִּלְכָךְ הֻוצְרַךְ עַל דַּעַת רַבִּים וְלֹא אָמַר הִדִּירוֹ בָּרַבִּים לְפִי שֶׁלֹּא הָיוּ רַבִּים מְזֻומָּנִים לְפָנָיו וְרַב יוֹסֵף דְּאָמַר בְּעַרְבֵי פְּסָחִים (פְּסָחִים קז.) (אָמַר) [אֶדֹּור] בָּרַבִּים דְּלָא אִשְׁתֵּי שִׁכְרָא מַשְׁמַע דְּקָסָבַר דִּבְרַבִּים אֵין לוֹ הֲפָרָה לָא קי"ל הָכִי:
'Amemar dit : la halakha est [la suivante], même selon celui qui dit, etc.' — au chapitre 'Ha-choleah' (Guittin 36a) on lit 'la halakha, même selon celui qui dit, etc.', et dans Makot (16a) la plupart des livres lisent 'la halakha : un vœu prononcé en public a une annulation'. Et selon la leçon 'même selon celui qui dit un vœu prononcé en public' — [Amemar] n'entend pas ici trancher sur le vœu prononcé en public ; néanmoins on peut déduire, du fait qu'il a dû préciser 'sur l'avis du public il n'a pas d'annulation' selon tous, qu'il tenait que 'en public il a une annulation' : car si [même] 'en public' il n'avait pas d'annulation, à plus forte raison 'sur l'avis du public'. Et s'il ne s'agissait pas d'une décision tranchée, il aurait dû dire 'même selon celui qui dit'. Et bien que nous ayons conclu au chapitre 'Ha-choleah' (Guittin 35b), selon Rav Nahman, qu'on le fait jurer en public — ce qui laisse entendre qu'il tenait ainsi, puisqu'on tranche comme lui en matière de jugement, et que la question a été posée du point de vue du jugement — [la Guemara] objecte pourtant ensuite 'cela va bien selon celui qui dit, etc.', et cela ne se rapporte pas seulement à la michna de notre chapitre citée là, mais aussi à Rav Nahman. Et du fait que Rav Aha lui aussi fit jurer ce maître d'enfants 'sur l'avis du public', on comprend qu'il tenait qu'en public il a une annulation ; car il n'est pas plausible de dire qu'il a dû recourir à 'sur l'avis du public' — et n'a pas dit 'fais-le jurer en public' — parce qu'il n'y avait pas de public disponible devant lui. Et Rav Yossef, qui dit dans 'Arvei Pesahim' (Pessahim 107a) 'je jure en public de ne pas boire de bière', ce qui laisse entendre qu'il tenait qu'en public [le vœu] n'a pas d'annulation — nous ne tranchons pas comme lui.
אֲבָל לִדְבַר מִצְוָה יֵשׁ לוֹ הֲפָרָה אוֹמֵר ר"ת דְּמִשּׁוּם דְּמִסְּתָמָא נִיחָא לְהוּ לְרַבִּים וְעוֹד אָמַר ר"ת דְּעַל דַּעַת [רַבִּים] הַיְינוּ כְּשֶׁמְּפָרֵשׁ עַל דַּעַת פְּלוֹנִי וּפְלוֹנִי וַאֲפִילּוּ שֶׁלֹּא בִּפְנֵיהֶם אֲבָל עַל דַּעַת [רַבִּים] סְתָם לָאו כְּלוּם הוּא וְעַל דַּעַת יָחִיד ואע"פ שֶׁפֵּירֵשׁ עַל דַּעְתּוֹ יָכוֹל חָכָם לְהַתִּיר:
'Mais pour une affaire de mitsva il a une annulation' — Rabbenou Tam dit : c'est parce que, en principe, le public y consent volontiers. Rabbenou Tam ajoute : 'sur l'avis [du public]' signifie [le cas] où l'on précise 'sur l'avis d'untel et untel', même en leur absence ; mais 'sur l'avis du public' de façon indéterminée n'est rien ; et 'sur l'avis d'un particulier', même si on l'a précisé 'sur son avis', un sage peut [l']annuler.
💡 Explication

Règle d'Amemar : le vœu al daat rabbim (sur l'avis du public) est plus fort que le vœu simplement prononcé be-rabbim (en public). Même l'avis qui permet d'annuler ce dernier admet que le premier ne peut être annulé.

Restriction importante : cela ne vaut que pour une chose facultative (rechout). Si l'annulation permet d'accomplir une mitsva, le vœu peut être annulé — car on suppose que le public y consent. Illustration : un maître d'école (makrei dardekei) frappait trop durement les enfants ; Rav Aha lui fit jurer d'arrêter. Comme on ne trouva pas de maître aussi rigoureux (dayek), Ravina annula le vœu et le réintégra — enseigner les enfants est une mitsva.

🖼️ Schéma
Un vœu peut-il être annulé ? (halakha d'Amemar) vœu fait EN PUBLIC (be-rabbim) vœu fait SUR l'AVIS du public (al daat rabbim) a une annulation (hafara) n'a PAS d'annulation Exception : si l'annulation sert une MITSVA même un vœu al daat rabbim PEUT être annulé. Cas : le maître d'école trop dur — Rav Aha lui fait jurer d'arrêter ; Ravina annule le vœu, faute d'un maître aussi rigoureux (mitsva d'enseigner).
La règle d'Amemar et son exception pour la mitsva.
3
וְהַמִּטַּמֵּא לְמֵתִים כו׳. מַאי שְׁנָא הָכָא דְּסַגִּי לֵיהּ בְּקַבָּלָה, וּמַאי שְׁנָא הָתָם דְּמַדְּרִינַן לֵיהּ? הָתָם יִצְרוֹ תְּקָפוֹ.

'Et celui qui se rend impur par les morts, etc.' [La michna : le cohen qui s'est rendu impur par les morts, une fois qu'il accepte de ne plus le faire, reprend son service.] Quelle différence y a-t-il ici, où il lui suffit d'accepter (kabbala) [sans vœu], et [quelle différence] là-bas, où nous le faisons jurer (madrinan leih) ? Là-bas, son penchant le domine (yitzro takfo).

📜 Rachi (1)
בְּקַבָּלָה בְּלֹא נֶדֶר: גַּבֵּי נָשִׁים יִצְרוֹ תּוֹקְפוֹ לְהָכִי מַדְּרִינַן לֵיהּ:
Par acceptation — sans vœu ; à propos des femmes, son penchant le domine, c'est pourquoi nous le faisons jurer.
💡 Explication

La michna précédente : le cohen devenu impur par contact avec des morts reprend son service dès qu'il s'engage (kabbala) à ne plus le faire — sans vœu. Question : pourquoi ici un simple engagement suffit-il, alors que pour le cohen qui a épouse une femme interdite on exige un vœu (madrinan leih) ?

Réponse : là-bas, s'agissant d'une femme, son penchant le domine (yitzro takfo) — le désir risque de le faire retomber, d'où la nécessité d'un vœu contraignant ; pour l'impureté, un simple engagement suffit.

4
הֲדַרַן עֲלָךְ מוּמִין אֵלּוּ.

Nous avons achevé [le chapitre] 'Ces défauts' (hadran alakh 'Mumin elou').

💡 Explication

Formule de clôture du chapitre précédent ('Mumin elou' — 'Ces défauts'). On passe au perek suivant.

5
מַתְנִי׳ יֵשׁ בְּכוֹר לַנַּחֲלָה , וְאֵינוֹ בְּכוֹר לַכֹּהֵן; בְּכוֹר לַכֹּהֵן, וְאֵינוֹ בְּכוֹר לְנַחֲלָה; בְּכוֹר לְנַחֲלָה וּלְכֹהֵן, וְיֵשׁ שֶׁאֵינוֹ בְּכוֹר לֹא לַנַּחֲלָה וְלֹא לַכֹּהֵן.

MICHNA. Il y a un aîné pour l'héritage (nahala) qui n'est pas aîné pour le cohen ; [il y a] un aîné pour le cohen qui n'est pas aîné pour l'héritage ; [il y a] un aîné pour l'héritage et pour le cohen ; et il y en a un qui n'est aîné ni pour l'héritage ni pour le cohen.

📜 Rachi (2)
מַתְנִי' יֵשׁ בְּכוֹר לַנַּחֲלָה לִיטֹּול פִּי שְׁנַיִם:
MICHNA. Il y a un aîné pour l'héritage — pour prendre une double part.
לְכֹהֵן לָתֵת לַכֹּהֵן פִּדְיוֹנוֹ ה' סְלָעִים:
Pour le cohen — pour donner au cohen son rachat, cinq selaim.
🗂️ Tossefot (1)
מַתְנִי' יֵשׁ בְּכוֹר לַנַּחֲלָה כו' אֵיזֶהוּ בְּכוֹר לְנַחֲלָה כּוּ' הָכָא נָקֵיט אַמַּאי דְּפָתַח בֵּיהּ וְזִימְנִין דִּנְקַט אַדְּסָלֵיק מִינֵּיהּ כְּדִמְפָרֵשׁ בְּרֵישׁ נְדָרִים (דַּף ב:):
'MICHNA. Il y a un aîné pour l'héritage, etc. Quel est l'aîné pour l'héritage, etc.' — ici [la michna] reprend ce par quoi elle a commencé ; et parfois elle reprend ce sur quoi elle a fini, comme cela est expliqué au début de Nedarim (2b).
💡 Explication

Ouverture du perek. La michna pose le cadre : il existe deux statuts d'aîné distincts, soumis à deux critères différents. L'aîné pour l'héritage (nahala) reçoit une double part ; l'aîné pour le cohen doit être racheté pour 5 selaim.

Ces deux statuts se combinent de quatre façons : aîné pour l'un seulement, pour l'autre seulement, pour les deux, ou pour ni l'un ni l'autre. Le reste du perek détaille chaque cas.

🖼️ Schéma
Deux aîné-s indépendants : héritage vs rachat au cohen AINÉ pour l'HÉRITAGE (nahala) critère : le PÈRE (rechit ono, premier-né du père) AINÉ pour le COHEN (5 selaim) critère : la MÈRE (peter rehem, ouvre la matrice) Vient après un mort-né / animal : OUI aîné (le père ne l'a pas pleuré) La matrice était déjà ouverte : NON (pas peter rehem) Né d'une convertie/affranchie enceinte : NON (conception hors sainteté) Premier à sortir de cette matrice : OUI aîné pour le cohen Peut être aîné pour l'un sans l'être pour l'autre — ou les deux, ou ni l'un ni l'autre R. Yossei ha-Guelili : "peter rehem be-Israël" — il faut ouvrir la matrice d'une femme d'Israël ; un enfant né quand elle était non-juive n'exempte pas le suivant du rachat.
Les quatre combinaisons possibles des deux statuts d'aîné.
6
אֵיזֶהוּ בְּכוֹר לַנַּחֲלָה וְאֵינוֹ בְכוֹר לַכֹּהֵן? הַבָּא אַחַר נְפָלִים, אַף עַל פִּי שֶׁיָּצָא אֶת רֹאשׁוֹ חַי, וּבֶן תִּשְׁעָה שֶׁיָּצָא רֹאשׁוֹ מֵת, הַמַּפֶּלֶת כְּמִין בְּהֵמָה חַיָּה וָעוֹף — דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.

Quel est l'aîné pour l'héritage qui n'est pas aîné pour le cohen ? Celui qui vient après des mort-nés (nefalim), même si [le mort-né] a fait sortir sa tête vivante ; et [celui qui vient après] un [foetus] de neuf [mois] dont la tête est sortie morte ; [et le fils de] celle qui fait une fausse-couche en forme de bête, d'animal sauvage (haya) ou d'oiseau — paroles de Rabbi Meir.

📜 Rachi (3)
הַבָּא אַחַר נְפָלִים שֶׁיָּצָא רֹאשׁוֹ שֶׁל נֵפֶל חַי כְּגוֹן שֶׁהָיוּ תְּאוֹמִים אֶחָד נֵפֶל וְאֶחָד כָּלוּ לוֹ חֳדָשָׁיו וְהוֹצִיא נֵפֶל רֹאשׁוֹ חַי וְהֶחֱזִירוֹ וּבָא חֲבֵירוֹ וּקְדָמוֹ וְיָצָא זֶה הָאַחֲרוֹן בְּכוֹר לְנַחֲלָה דְּרִאשׁוֹן לֹא הִפְסִידוֹ ואע"ג דְּרֹאשׁוֹ שֶׁהוֹצִיא חָשׁוּב לֵידָה מְעַלְּיָא מ"ט דְּגַבֵּי נַחֲלָה כְּתִיב רֵאשִׁית אוֹנוֹ מִי שֶׁלֵּב אָבִיו דָּוֶה עָלָיו אִם מֵת יָצָא נֵפֶל שֶׁהוֹצִיא רֹאשׁוֹ רִאשׁוֹן וְהָוֵי כְּיָלוּד דְּלָאו בַּר קְיָימָא הוּא וְאֵין לִבּוֹ דָּוֶה עָלָיו אֲבָל לְעִנְיַן כֹּהֵן פָּטוּר הַאי וָלָד אַחֲרוֹן דִּבְפֶטֶר רֶחֶם תַּלְיָא מִילְּתָא וַהֲרֵי רִאשׁוֹן פָּטַר אֶת הָרֶחֶם:
Celui qui vient après des mort-nés — [le cas] où la tête d'un mort-né est sortie vivante, par exemple des jumeaux, l'un mort-né et l'autre à terme : le mort-né a fait sortir sa tête vivante puis l'a rentrée, l'autre est venu et l'a devancé, et ce dernier est sorti — [ce dernier est] aîné pour l'héritage, car le premier né lui a pas fait perdre [ce statut]. Et bien que la tête qu'il a fait sortir compte comme une naissance à part entière, la raison est : concernant l'héritage il est écrit 'rechit ono' (le premier de sa vigueur) — celui dont le cœur du père est affligé s'il meurt ; or ce mort-né qui a fait sortir sa tête le premier, [le père n'en est pas affligé], et il est comme un né, car il n'est pas viable et le cœur [du père] ne s'en afflige pas. Mais du point de vue du cohen, ce dernier enfant est exempt, car [la chose] dépend de l'ouverture de la matrice, et le premier a ouvert la matrice.
וּבֶן ט' שֶׁיָּצָא רֹאשׁוֹ מֵת וְהֶחֱזִירוֹ וְיָצָא אָחִיו הָוֵי בְּכוֹר לְנַחֲלָה דְּהָא רִאשׁוֹן לָא חֲשִׁיב שֶׁאֵין הַלֵּב [אָבִיו] דָּוֶה עָלָיו וּלְעִנְיַן כֹּהֵן פֶּטֶר רֶחֶם הוּא אֲבָל יָצָא רִאשׁוֹן בֶּן ט' חַי וְאַחַ"כּ הֶחֱזִירוֹ וּמֵת בְּכוֹר לְנַחֲלָה נָמֵי לָא הָוֵי זֶה הַבָּא אַחֲרָיו:
Et [celui qui vient après] un [foetus] de neuf [mois] dont la tête est sortie morte — puis l'a rentrée, et son frère est sorti : il est aîné pour l'héritage, car le premier né compte pas, le cœur du père n'en étant pas affligé ; mais pour le cohen, c'est [le premier qui] a ouvert la matrice. En revanche, si un [foetus] de neuf mois est sorti vivant le premier, puis l'a rentré et est mort, celui qui vient après lui n'est pas non plus aîné pour l'héritage.
וְכֵן הַמַּפֶּלֶת בְּהֵמָה כו' לְמִיפְטַר מִנַּחֲלָה לָא חֲשִׁיבִי דְּאֵין הַלֵּב דָּוֶה עֲלֵיהֶם אֲבָל פֶּטֶר רֶחֶם מִיהָא הָווּ:
Et de même celle qui fait une fausse-couche [en forme] de bête, etc. — pour exempter de l'héritage, [ces formes] ne comptent pas, car le cœur [du père] ne s'en afflige pas ; mais elles ouvrent tout de même la matrice.
💡 Explication

Premier cas : aîné pour l'héritage mais pas pour le cohen. Il s'agit de l'enfant qui vient après un mort-né (nefel). Pour l'héritage, le critère est 'rechit ono' (le premier-né du père, celui dont le père serait affligé s'il mourait) : or le père ne s'afflige pas d'un mort-né, donc l'enfant suivant compte comme aîné pour l'héritage. Mais pour le cohen, le critère est peter rehem (ouvre la matrice) : le mort-né a déjà ouvert la matrice, donc le suivant n'est pas aîné pour le cohen.

Même raisonnement si la tête du mort-né (ou d'un foetus de neuf mois) est sortie, ou en cas de fausse-couche en forme animale — selon R. Meir.

🖼️ Schéma
Ce qui exempte le suivant : le mort-né / la matrice ouverte Mort-né / préma. tête du nefel sortie vivante, puis rentrée ; l'autre jumeau sort aîné nahala : OUI cohen : NON Forme animale fausse-couche en forme de bête/oiseau (R. Meir) Sages : sauf forme humaine aîné nahala : OUI cohen : NON Sandal / délivre / membres découpés ouvrent la matrice mais pas "né du père" aîné nahala : OUI cohen : NON
Le mort-né ouvre la matrice mais n'est pas 'né du père'.
7
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: עַד שֶׁיְּהֵא בּוֹ מִצּוּרַת אָדָם. הַמַּפֶּלֶת סַנְדָּל, אוֹ שַׁלְיָא, אוֹ שַׁפִּיר מְרֻוקָּם, וְהַיּוֹצֵא מְחֻותָּךְ — הַבָּא אַחֲרֵיהֶם בְּכוֹר לַנַּחֲלָה, וְאֵין בְּכוֹר לַכֹּהֵן.

Et les Sages disent : [le suivant n'est exempté du cohen que] jusqu'à ce qu'il y ait en lui [dans le mort-né] quelque chose de la forme humaine (mi-tzourat adam). Celle qui fait une fausse-couche d'un sandal (sandal), ou d'un délivre (chilya), ou d'un [sac] embryonnaire façonné (chafir merukam), et [le foetus] qui sort découpé (mehoutakh) — celui qui vient après eux est aîné pour l'héritage mais n'est pas aîné pour le cohen.

📜 Rachi (6)
עַד שֶׁיְּהֵא בּוֹ מִצּוּרַת הָאָדָם לָא חֲשִׁיב פֶּטֶר רֶחֶם וְהַבָּא אַחֲרָיו בְּכוֹר אַף לַכֹּהֵן:
Jusqu'à ce qu'il y ait en lui quelque chose de la forme humaine — [sinon] cela ne compte pas comme ouverture de la matrice, et celui qui vient après est aîné même pour le cohen.
סַנְדָּל שֶׁאֵין לוֹ צוּרַת פָּנִים:
Sandal — [un foetus] qui n'a pas de forme de visage.
אוֹ שַׁלְיָא שֶׁהֲרֵי אֵין שִׁלְיָא בְּלֹא וָלָד אֶלָּא שֶׁנִּימּוֹחַ וּמִיהוּ פֶּטֶר רֶחֶם הָוֵי:
Ou un délivre (chilya) — car il n'y a pas de délivre sans foetus, seulement [le foetus] s'est dissous ; néanmoins c'est une ouverture de la matrice.
שַׁפִּיר עוֹר מַמָּשׁ שֶׁל וָלָד:
[Sac] embryonnaire (chafir) — la peau même du foetus.
מְרֻוקָּם מְפָרֵשׁ בְּמַסֶּכֶת נִדָּה בְּהַמַּפֶּלֶת (נִדָּה דַּף כֹּה.) מַהוּ רִיקּוּמוֹ שֶׁל שָׁפִיר:
Façonné (merukam) — expliquer au traité Nidda, au chapitre 'Ha-mappelet' (Nidda 25a) : ce qu'est le façonnage du chafir.
מְחֻותָּךְ אֵבָרִים אֵבָרִים וְיָצָא כו' הָוֵי פֶּטֶר רֶחֶם אֲבָל רֹאשׁ מְחֻותָּךְ לֹא פָּטַר אִם קָדַם אָחִיו וְיָצָא קֹודֶם יְצִיאַת רֹוב אֵבְרֵי הַמְחֻותָּךְ הָנֵי נָמֵי בְּכוֹר לַכֹּהֵן:
Découpé (mehoutakh) — membre par membre, et [le foetus] est sorti [ainsi] : c'est une ouverture de la matrice. Mais une tête découpée n'exempte pas : si son frère l'a devancé et est sorti avant la sortie de la majorité des membres du [foetus] découpé, ceux-là aussi [le suivant] sont aîné pour le cohen.
🗂️ Tossefot (2)
הַמַּפֶּלֶת סַנְדָּל כּוּ' בְּפֶרֶק הַמַּפֶּלֶת (נִדָּה כו.) מְפָרֵשׁ סַנְדָּל דִּתְנַן גַּבֵּי בְּכוֹרוֹת לְמַאי הִלְכְתָא לָבֹא אַחֲרָיו וְכוּ' וא"ת מָה חִידּוּשׁ הוּא הָא בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לַהּ הָכָא וְי"ל דס"ד דְּבָא אַחֲרָיו דְּמַתְנִיתִין דְּהָכָא הַיְינוּ אוֹתוֹ שֶׁיִּוָּלֵד בְּעִיבּוּר אַחֵר וְלֹא אוֹתוֹ שֶׁעִם הַסַּנְדָּל דִּרְגִילוּת הוּא שֶׁיִּוָּלֵד קֹודֶם הַסַּנְדָּל וּלְהָכִי פָּרִיךְ לְמַאי הִלְכְתָא דְּתִיפּוֹק לִי שֶׁהֲרֵי בָּא אַחַר הַוָּלָד שֶׁעִם הַסַּנְדָּל דְּאֵין סַנְדָּל שֶׁאֵין עִמּוֹ וָלָד וּמְפָרֵשׁ דִּלְאוֹתוֹ וָלָד עַצְמוֹ הַנּוֹלָד עִם הַסַּנְדָּל אִצְטְרִיךְ לְמִתַּנְיָיא דִּפְעָמִים שֶׁהוּא בָּא אַחַר הַסַּנְדָּל:
'Celle qui fait une fausse-couche d'un sandal, etc.' — au chapitre 'Ha-mappelet' (Nidda 26a) on explique : le sandal enseigne à propos des aîné-s, pour quelle halakha ? Pour celui qui vient après lui, etc. Et si tu dis : quelle nouveauté y a-t-il, puisque [la michna] l'enseigne explicitement ici ? On peut répondre : on aurait pu penser que 'celui qui vient après lui' de notre michna désigne celui qui naît lors d'une grossesse ultérieure, et non celui [né] avec le sandal — car il est habituel qu'il naisse avant le sandal ; c'est pourquoi [la Guemara] demande 'pour quelle halakha', puisque je saurais déjà [qu'il est exempté] du fait qu'il vient après le foetus [né] avec le sandal, car il n'y a pas de sandal sans foetus [l'accompagnant]. Et l'on explique que c'est pour ce foetus même, né avec le sandal, qu'il a fallu l'enseigner, car parfois il vient après le sandal.
וְהַיּוֹצֵא מְחֻותָּךְ פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס דְּרֹוב אֵבָרִים מְחֻותָּכִים פּוֹטְרִים אֶת הָרֶחֶם אֲבָל רֹאשׁ לֹא פָּטַר בִּמְחֻותָּךְ וְהַךְ מִילְּתָא פְּלוּגְתָּא דְאָמוֹרָאֵי הִיא בְּפֶרֶק הַמַּפֶּלֶת (נִדָּה דַּף כט.) דְּר' יוֹחָנָן סָבַר הָתָם דְּאַפֵּי' מְחֻותָּךְ הָרֹאשׁ פּוֹטֵר:
'Et [le foetus] qui sort découpé' — Rachi explique que la majorité des membres découpés ouvrent la matrice, mais qu'une tête [seule] n'exempte pas dans le cas du découpé. Or cette question est une controverse d'Amoraim au chapitre 'Ha-mappelet' (Nidda 29a) : Rabbi Yo'hanan y tient que même une tête découpée exempte (ouvre la matrice).
💡 Explication

Les Sages objectent à R. Meir : une fausse-couche en forme purement animale n'a pas ouvert la matrice au sens halakhique ; le suivant n'est exempté du rachat que si le mort-né avait quelque chose de la forme humaine (mi-tzourat adam).

La michna énumère alors des cas qui ouvrent bien la matrice (donc le suivant n'est pas aîné pour le cohen) tout en n'étant pas 'nés du père' (donc le suivant reste aîné pour l'héritage) : le sandal (masse plate sans visage), le délivre (chilya, qui suppose toujours un foetus dissous), le sac embryonnaire façonné (chafir merukam) et le foetus sorti découpé en morceaux (mehoutakh).

8
מִי שֶׁלֹּא הָיוּ לוֹ בָּנִים, וְנָשָׂא אִשָּׁה שֶׁכְּבָר יָלְדָה, עוֹדָהּ שִׁפְחָה וְנִשְׁתַּחְרְרָה, עוֹדָהּ נָכְרִית וְנִתְגַּיְּירָה, מִשֶּׁבָּאת לְיִשְׂרָאֵל יָלְדָה — בְּכוֹר לְנַחֲלָה וְאֵין בְּכוֹר לַכֹּהֵן.

Celui qui n'avait pas de fils et a épouse une femme qui avait déjà enfanté ; [ou celle] qui [a enfanté] alors qu'elle était encore servante puis a été affranchie ; [ou celle] qui [a enfanté] alors qu'elle était encore non-juive puis s'est convertie — [et] depuis qu'elle est venue [se joindre] à Israël elle a enfanté : [ce fils est] aîné pour l'héritage mais n'est pas aîné pour le cohen.

📜 Rachi (3)
שֶׁכְּבָר יָלְדָה כו' דִּלְעִנְיַן נַחֲלָה תַּלְיָא מִילְּתָא בְּאָב דִּכְתִיב (דְּבָרִים כ״א:י״ז) רֵאשִׁית אוֹנוֹ וּלְעִנְיַן כֹּהֵן פֶּטֶר רֶחֶם:
Qui avait déjà enfanté, etc. — car pour l'héritage la chose dépend du père, ainsi qu'il est écrit (Deut. 21:17) 'rechit ono' (le premier de sa vigueur), et pour le cohen c'est l'ouverture de la matrice.
עוֹדָהּ שִׁפְחָה אֲפִילּוּ עוֹדָהּ שִׁפְחָה בְּלֵידָה רִאשׁוֹנָה וְנִשְׁתַּחְרְרָה עַכְשָׁיו:
Alors qu'elle était encore servante — même si elle était encore servante lors du premier accouchement, et n'a été affranchie que maintenant.
עוֹבֶדֶת כּוֹכָבִים וְנִתְגַּיְּירָה וּמַשְׁבַּחַת לְיַד יִשְׂרָאֵל יָלְדָה נָמֵי הָוֵי בְּכוֹר לְנַחֲלָה שֶׁהֲרֵי לָזֶה לֹא הָיוּ בָּנִים וּלְכֹהֵן לֹא דְּאֵינוֹ פֶּטֶר רֶחֶם:
[Était] idolâtre puis s'est convertie — et depuis qu'elle s'est convertie [litt. 'a été rendue meilleure', venant] à Israël elle a enfanté : [ce fils] est aussi aîné pour l'héritage, car celui-ci [le père] n'avait pas de fils ; et pour le cohen, non, car ce n'est pas [lui qui] ouvre la matrice.
💡 Explication

Autres cas d'aîné pour l'héritage seulement. Un homme sans fils épouse une femme qui a déjà enfanté auparavant : le fils qu'il aura d'elle est son premier-né à lui (aîné pour l'héritage, critère du père), mais la matrice de la mère est déjà ouverte (pas aîné pour le cohen).

Idem si l'enfant antérieur est né quand elle était servante cananéenne (puis affranchie) ou non-juive (puis convertie) : cet enfant antérieur a ouvert sa matrice, donc le fils né après sa conversion n'est pas aîné pour le cohen, mais reste aîné pour l'héritage de ce père qui n'avait pas de fils.

9
רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: בְּכוֹר לְנַחֲלָה וּלְכֹהֵן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״פֶּטֶר רֶחֶם בְּיִשְׂרָאֵל״ — עַד שֶׁיִּפְטְרוּ רֶחֶם מִיִּשְׂרָאֵל.

Rabbi Yossei ha-Guelili dit : [ce fils est] aîné pour l'héritage et pour le cohen, car il est dit 'ouvre la matrice en Israël' (peter rehem be-Israël) — jusqu'à ce qu'il ouvre une matrice [appartenant] à Israël.

📜 Rachi (1)
לַנַּחֲלָה וּלְכֹהֵן דְּבָנִים הַנּוֹלָדוֹ לָהּ בִּהְיוֹתָהּ עוֹבֶדֶת כּוֹכָבִים לָא פָּטְרִי:
Pour l'héritage et pour le cohen — car les fils qui lui sont nés lorsqu'elle était idolâtre n'exemptent pas.
⚖️ Rosh (1)
יֵשׁ בְּכוֹר לְנַחֲלָה וְאֵין בְּכוֹר לַכֹּהֵן. לַכֹּהֵן וְאֵינוֹ בְכוֹר לַנַּחֲלָה. בְּכוֹר לְנַחֲלָה וּלְכֹהֵן. וְיֵשׁ שֶׁאֵינוֹ בְּכוֹר לֹא לַנַּחֲלָה וְלֹא לַכֹּהֵן וְאֵיזֶהוּ בְּכוֹר לְנַחֲלָה וְלֹא לַכֹּהֵן הַבָּא אַחַר הַנְּפָלִים אע"פ שֶׁיָּצָא רֹאשׁוֹ חַי. אוֹ בֶּן תִּשְׁעָה שֶׁיָּצָא רֹאשׁוֹ מֵת. וְהַמַּפֶּלֶת כְּמִין בְּהֵמָה וְחַיָּה וְעוֹף דִּבְרֵי ר' מֵאִיר וחכ"א עַד שֶׁיְּהֵא בּוֹ צוּרַת אָדָם. הַמַּפֶּלֶת סַנְדָּל אוֹ שִׁלְיָא אוֹ שָׁפִיר מְרֻוקָּם וְהַיּוֹצֵא מְחֻותָּךְ הַבָּא אַחֲרָיו בְּכוֹר לְנַחֲלָה וְאֵינוֹ בְכוֹר לַכֹּהֵן. מִי שֶׁלֹּא הָיָה לוֹ בָּנִים וְנָשָׂא אִשָּׁה שֶׁכְּבָר יָלְדָה עוֹדָהּ שִׁפְחָה וְנִשְׁתַּחְרְרָה עוֹדָהּ עוֹבֶדֶת כּוֹכָבִים וְנִתְגַּייְּרָה וּמִשֶּׁבָּאוּ לְיִשְׂרָאֵל יָלְדָה בְּכוֹר לַנַּחֲלָה וְאֵין בְּכוֹר לַכֹּהֵן. ר' יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר בְּכוֹר לַנַּחֲלָה וְלַכֹּהֵן שֶׁנֶּאֱמַר פֶּטֶר רֶחֶם בְּיִשְׂרָאֵל עַד שֶׁיִּפָּטֵר רֶחֶם בְּיִשְׂרָאֵל. מִי שֶׁהָיוּ לוֹ בָּנִים וְנָשָׂא אִשָּׁה שֶׁלֹּא יָלְדָה עוֹבֶדֶת כּוֹכָבִים וְנִתְגַּיְּירָה מְעֻובֶּרֶת שִׁפְחָה וְנִשְׁתַּחְרְרָה מְעֻובֶּרֶת יָלְדָה הִיא וְכֹהֶנֶת הִיא וּלְוִיָּה הִיא וְאִשָּׁה שֶׁכְּבָר יָלְדָה וְכֵן מִי שֶׁלֹּא שָׁהֲתָה אַחַר בַּעְלָהּ ג' חֳדָשִׁים וְנִשֵּׂאת וְיָלְדָה וְאֵין יָדוּעַ אִם בֶּן ז' לָאַחֲרוֹן אוֹ בֶּן ט' לָרִאשׁוֹן בְּכוֹר לַכֹּהֵן וְאֵינוֹ בְכוֹר לַנַּחֲלָה. וְאֵיזֶהוּ בְּכוֹר לְנַחֲלָה וּלְכֹהֵן זֶה הַמַּפֶּלֶת שַׁפִּיר מָלֵא מַיִם מָלֵא דָּם מְלֵא גְּנִינִין הַמַּפֶּלֶת כְּמִין דָּגִים וַחֲגָבִים שְׁקָצִים וּרְמָשִׂים וְהַמַּפֶּלֶת יוֹם אַרְבָּעִים הַבָּא אַחֲרָיו בְּכוֹר לַנַּחֲלָה וּלְכֹהֵן. יוֹצֵא דֹּופֶן וְהַבָּא אַחֲרָיו שְׁנֵיהֶן אֵינָן בְּכוֹר לֹא לַנַּחֲלָה וְלֹא לַכֹּהֵן ר' שִׁמְעוֹן אוֹמֵר הָרִאשׁוֹן לַנַּחֲלָה וְהַשֵּׁנִי לה' סְלָעִים:
Il y a un aîné pour l'héritage et [qui] n'est pas aîné pour le cohen ; [un aîné] pour le cohen qui n'est pas aîné pour l'héritage ; [un] aîné pour l'héritage et pour le cohen ; et il y en a un qui n'est aîné ni pour l'héritage ni pour le cohen. Quel est l'aîné pour l'héritage et non pour le cohen ? Celui qui vient après les mort-nés, même si [le mort-né] a fait sortir sa tête vivante ; ou un [foetus] de neuf [mois] dont la tête est sortie morte ; et celle qui fait une fausse-couche en forme de bête, d'animal sauvage ou d'oiseau — paroles de R. Meir. Et les Sages disent : jusqu'à ce qu'il y ait en lui la forme humaine. Celle qui fait une fausse-couche d'un sandal, ou d'un délivre, ou d'un sac embryonnaire façonné, et [le foetus] qui sort découpé — celui qui vient après lui est aîné pour l'héritage mais n'est pas aîné pour le cohen. Celui qui n'avait pas de fils et a épouse une femme qui avait déjà enfanté ; [celle qui a enfanté] alors qu'elle était encore servante puis a été affranchie ; [celle qui a enfanté] alors qu'elle était encore idolâtre puis s'est convertie — [et] depuis qu'ils sont venus à Israël elle a enfanté : [ce fils est] aîné pour l'héritage mais n'est pas aîné pour le cohen. R. Yossei ha-Guelili dit : [il est] aîné pour l'héritage et pour le cohen, car il est dit 'ouvre la matrice en Israël' — jusqu'à ce qu'il ouvre une matrice en Israël. Celui qui avait des fils et a épouse une femme qui n'avait pas enfanté ; une idolâtre qui s'est convertie enceinte ; une servante affranchie enceinte [et] qui a enfanté ; ou elle-même et une fille (ou femme) de cohen, elle-même et une lévite, et une femme qui avait déjà enfanté ; et de même celle qui n'a pas attendu trois mois après [la mort de] son mari puis s'est remariée et a enfanté, sans qu'on sache si [l'enfant est] à neuf [mois] du premier ou à sept [mois] du dernier : [il est] aîné pour le cohen mais n'est pas aîné pour l'héritage. Et quel est l'aîné pour l'héritage et pour le cohen ? Celle qui fait une fausse-couche d'un sac embryonnaire plein d'eau, plein de sang, plein de matières [glaireuses] (gueninin) ; celle qui fait une fausse-couche en forme de poissons, de sauterelles, de bestioles (chekatzim) et de reptiles (remachim) ; et celle qui fait une fausse-couche le quarantième jour — celui qui vient après est aîné pour l'héritage et pour le cohen. [L'enfant né par] césarienne (yotze dofen) et celui qui vient après lui : tous deux ne sont aîné ni pour l'héritage ni pour le cohen. R. Chimon dit : le premier [est aîné] pour l'héritage, et le second pour les cinq selaim.
💡 Explication

R. Yossei ha-Guelili conteste, pour le cas de la convertie : selon lui, le fils né après la conversion est aîné aussi pour le cohen. Il l'apprend du verset 'peter rehem be-Israël' (ouvre la matrice en Israël, Ex 13:2) : seule une ouverture de matrice appartenant déjà à une femme d'Israël exempte le suivant.

Conséquence : les enfants nés quand la mère était non-juive ne comptent pas comme ouverture de matrice ; le premier né après sa conversion ouvre donc, halakhiquement, la matrice 'en Israël' — il est aîné pour le cohen.

10
מִי שֶׁהָיוּ לוֹ בָּנִים וְנָשָׂא אִשָּׁה שֶׁלֹּא יָלְדָה, נִתְגַּיְּירָה מְעֻובֶּרֶת, נִשְׁתַּחְרְרָה מְעֻובֶּרֶת.

Celui qui avait des fils et a épouse une femme qui n'avait pas enfanté ; [une femme] qui s'est convertie enceinte ; [une servante] qui a été affranchie enceinte.

📜 Rachi (1)
נִתְגַּייְּרָה מְעֻובֶּרֶת וּבַעְלָהּ עִמָּהּ וְיָלְדָה הָוֵי אוֹתוֹ וָלָד בְּכוֹר לַכֹּהֵן דְּפָטַר רֶחֶם הוּא בְּיִשְׂרָאֵל וְלֹא לְנַחֲלָה דְּהוֹרָתוֹ שֶׁלֹּא בִּקְדֻושָּׁה וְלָאו בַּר נַחֲלָה הוּא וְזֶרַע מִצְרִי רַחֲמָנָא אַפְקְרֵיהּ דִּכְתִיב (יְחֶזְקֵאל כ״ג:כ׳) וְזִרְמַת סוּסִים זִרְמָתָם:
[Une femme] qui s'est convertie enceinte — et son mari [converti] avec elle, et elle a enfanté : cet enfant est aîné pour le cohen, car c'est une ouverture de la matrice en Israël ; mais non pour l'héritage, car sa conception a eu lieu hors sainteté et il n'a pas droit à l'héritage — la Torah ayant déclaré sans valeur la semence de l'Égyptien, ainsi qu'il est écrit (Ezechiel 23:20) 'et dont l'écoulement est [comme] l'écoulement des chevaux'.
🗂️ Tossefot (1)
נִתְגַּייְּרָה מְעֻובֶּרֶת פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס וּבַעְלָהּ עִמָּהּ וְיָלְדָה הָוֵי אוֹתוֹ וָלָד בְּכוֹר לַכֹּהֵן דְּפָטַר רֶחֶם בְּיִשְׂרָאֵל הוּא וְלֹא לְנַחֲלָה דְּהוֹרָתוֹ שֶׁלֹּא בִּקְדֻושָּׁה וְלָאו בַּר נַחֲלָה הוּא דְּזֶרַע מִצְרִי רַחֲמָנָא אַפְקְרֵיהּ דִּכְתִיב וְזִרְמַת סוּסִים זִרְמָתָם וּבְחִנָּם פִּי' טַעַם זֶה דבלא"ה לָאו בַּר נַחֲלָה הוּא מִשּׁוּם דְּגֵר שֶׁנִּתְגַּיֵּיר כְּקָטָן שֶׁנּוֹלַד דָּמֵי וְאֵינוֹ חָשׁוּב אָבִיו ואע"ג דִּבְעוֹדוֹ מִצְרִי חָשׁוּב אָבִיו גַּבֵּי נַחֲלָה וְלָא אָמְרִי' רַחֲמָנָא אַפְקְרֵיהּ לְעִנְיַן זֶה לְזַרְעֵיהּ דְּהָא מִצְרִי יוֹרֵשׁ אָבִיו דְּבַר תּוֹרָה וּמִיהוּ בְּפֶרֶק נוֹשְׂאִין עַל הָאֲנוּסָה (יְבָמוֹת דַּף צח.) אָמְרִינַן הָא דַּאֲמוּר רַבָּנַן אֵין אָב לְמִצְרִי לָאו מִשּׁוּם דִּשְׁטוּפֵי בְּזִימָּה וְלָא יְדִיעַ דְּהָא שְׁנֵי אַחִין תְּאוֹמִים דְּטִיפָּה אַחַת [הָיָה] וְנֶחְלְקָה לִשְׁתַּיִם וְקָתָנֵי וְאֵין חַיָּיבִים מִשּׁוּם אֵשֶׁת אָח ש"מ אַפְקוֹרֵי אַפְקְרֵיהּ רַחֲמָנָא לְזַרְעֵיהּ דְּמִצְרִי דְּצָרִיךְ לְטַעְמָא דְּאַפְקְרֵיהּ אע"ג דְּנִתְגַּייְּרוּ וְלָא סַגִּי בְּטַעְמָא דִּכְקָטָן שֶׁנּוֹלַד דָּמֵי וּדְבַר תֵּימַהּ הוּא וְי"ל דְּאִי לָאו טַעְמָא דְּאַפְקְרֵיהּ לְזַרְעֵיהּ הָיָה לָנוּ לֶאֱסֹור לְמִנָּסֵב נָשֵׁי דַּהֲדָדִי מִשּׁוּם דְּאָתֵי לְאִחַלּוֹפֵי בְּיִשְׂרָאֵל וְהָתָם מַשְׁמַע דְּאַפֵּי' אִיסּוּרָא לֵיכָּא וְאֵין חַייָּבִין לָאו דַּוְקָא וְגַם הָיָה לָנוּ לְהַצְרִיךְ חֲלִיצָה וְהָתָם קָתָנֵי לֹא חוֹלְצִין וְלֹא מְיַיבְּמִין:
'[Une femme] qui s'est convertie enceinte' — Rachi explique : et son mari avec elle, et elle a enfanté ; cet enfant est aîné pour le cohen car c'est une ouverture de la matrice en Israël, et non pour l'héritage, car sa conception a eu lieu hors sainteté et il n'a pas droit à l'héritage, la Torah ayant déclaré sans valeur la semence de l'Égyptien, ainsi qu'il est écrit 'et dont l'écoulement est [comme] l'écoulement des chevaux'. Mais c'est en vain qu'il a donné cette raison : car de toute façon il n'a pas droit à l'héritage, du fait qu''un converti qui s'est converti est comme un nouveau-né' et [son géniteur] ne compte pas comme son père. Et bien que, tant qu'il était Égyptien, [le géniteur] compte comme son père pour l'héritage — et nous ne disons pas que la Torah a déclaré sa semence sans valeur à cet égard — car un Égyptien hérite de son père selon la Torah ; néanmoins, au chapitre 'Nossin al ha-anoussa' (Yevamot 98a), nous disons : ce que les Sages ont dit 'il n'y a pas de [lien de] paternité pour l'Égyptien' n'est pas [seulement] parce qu'ils sont plongés dans la débauche et [que le père] n'est pas connu — car [dans le cas de] deux frères jumeaux, issus d'une seule goutte divisée en deux, [la baraita] enseigne qu'ils ne sont pas passibles [de peine] au titre de 'la femme du frère' : apprends-en que la Torah a déclaré sans valeur la semence de l'Égyptien. [Ce qui montre] qu'il faut la raison 'qu'elle est sans valeur' même après leur conversion, et qu'il ne suffit pas de la raison 'il est comme un nouveau-né' — et c'est étonnant. On peut répondre : sans la raison 'sa semence est sans valeur', nous aurions dû interdire d'épouser les femmes l'un de l'autre, de peur de confusion avec Israël ; or la [Yevamot] il ressort qu'il n'y a même pas d'interdit, et 'ils ne sont pas passibles' n'est pas [à prendre] au sens strict ; de plus nous aurions dû exiger la halitsa, alors que la [la baraita] enseigne 'on ne fait ni halitsa ni yiboum'.
💡 Explication

On passe à l'aîné pour le cohen seulement. Un homme qui a déjà des fils épouse une femme qui n'a jamais enfanté : l'enfant qu'il aura d'elle ouvre la matrice (aîné pour le cohen), mais n'est pas son premier-né à lui (pas aîné pour l'héritage).

Deux sous-cas où le père n'ouvre pas droit à l'héritage : la convertie enceinte et la servante affranchie enceinte. L'enfant, conçu 'hors sainteté', ouvre bien la matrice 'en Israël' (aîné pour le cohen), mais n'hérite pas — soit parce que sa conception précède la conversion, soit parce que 'un converti est comme un nouveau-né' et n'a halakhiquement pas de père (voir Tossefot).

11
וְיָלְדָה הִיא וְכֹהֶנֶת הִיא, וּלְוִיָּה הִיא, וְאִשָּׁה שֶׁכְּבָר יָלְדָה, וְכֵן מִי שֶׁלֹּא שָׁהֲתָה לְאַחַר בַּעְלָהּ שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים וְנִשֵּׂאת וְיָלְדָה, וְאֵינוֹ יָדוּעַ אִם בֶּן תִּשְׁעָה לָרִאשׁוֹן אִם בֶּן שִׁבְעָה לָאַחֲרוֹן — בְּכוֹר לַכֹּהֵן וְאֵינוֹ בְכוֹר לַנַּחֲלָה.

Et elle a enfanté, elle et une [femme] de cohen, elle et une lévite, et une femme qui avait déjà enfanté ; et de même celle qui n'a pas attendu trois mois après [la mort de] son mari puis s'est remariée et a enfanté, sans qu'on sache si [l'enfant est] à neuf [mois] du premier [mari] ou à sept [mois] du dernier : [il est] aîné pour le cohen mais n'est pas aîné pour l'héritage.

📜 Rachi (4)
הִיא וְכֹהֶנֶת אוֹ בַּת יִשְׂרָאֵל מְבַכֶּרֶת שֶׁיָּלְדָה עִם כֹּהֶנֶת מְבַכֶּרֶת וְאֵין יָדוּעַ אֵיזֶה וָלָד שֶׁל יִשְׂרָאֵל:
Elle et une [femme] de cohen — ou [le cas] d'une fille d'Israël primipare (mevakheret) qui a enfanté en même temps qu'une [femme] de cohen primipare, sans qu'on sache lequel des deux enfants est celui de l'Israélite.
אוֹ הִיא וּלְוִיָּה דִּלְוִיָּה נָמֵי פָּטוּר בְּנָהּ מֵחָמֵשׁ סְלָעִים כְּדַאֲמָרָן בפ"ק:
Ou elle et une lévite — car le fils d'une lévite aussi est exempt des cinq selaim, comme nous l'avons dit au premier chapitre.
אוֹ הִיא וְאִשָּׁה שֶׁכְּבָר יָלְדָה וְאֵין יָדוּעַ אֵיזוֹ בְּנָהּ בְּכוֹר לַכֹּהֵן. וּרְבוּתָא קָא מַשְׁמָע לַן דְּבַעְלָהּ שֶׁל מְבַכֶּרֶת חַיָּיב ה' סְלָעִים לַכֹּהֵן דְּהַבֵּן זָכָר יֵשׁ לוֹ כָּל הֵיכָא דְּאִיתֵיהּ וְלֹא לְנַחֲלָה דְּהָא לָא יָדַע בְּרֵיהּ דְּמַאן הוּא:
Ou elle et une femme qui avait déjà enfanté — sans qu'on sache lequel [des deux] est [le] fils aîné pour le cohen. Et [la michna] nous apprend une nouveauté : le mari de la primipare doit [payer] cinq selaim au cohen, car il a un fils mâle en tout état de cause ; mais non pour l'héritage, car on ne sait de qui il est le fils.
וְכֵן מִי שֶׁלֹּא שָׁהֲתָה כו' נָמֵי בְּכוֹר לְכֹהֵן וְהוּא יִפְדֶּה עַצְמוֹ וְלֹא לְנַחֲלָה דְּהָא לֹא יָדַע מַאן יָרֵית. וּבַגְּמָ' פָּרֵיךְ דַּאֲפִילּוּ פָּשׁוּט נָמֵי לָא הָוֵי:
Et de même celle qui n'a pas attendu, etc. — [l'enfant] est lui aussi aîné pour le cohen, et il se rachètera lui-même ; mais non pour l'héritage, car on ne sait de qui il hérite. Et dans la Guemara [la michna] objecte qu'il n'a même pas [le statut de] fils ordinaire [assuré].
💡 Explication

Cas d'incertitude où l'enfant est aîné pour le cohen seulement. Une femme d'Israël qui accouche pour la première fois (mevakheret) en même temps qu'une fille/femme de cohen, une lévite, ou une femme ayant déjà enfanté — et l'on ne sait plus quel enfant est le sien. Comme le fils de la femme d'Israël doit être racheté où qu'il soit, le père paie les 5 selaim ; mais faute de savoir de qui chaque enfant est le fils, aucun n'a de droit certain à l'héritage.

De même, la femme qui s'est remariée sans respecter les trois mois d'attente : on ignore si l'enfant est du premier mari (grossesse de neuf mois) ou du second (sept mois). Il est aîné pour le cohen (il ouvre la matrice) et se rachète lui-même, mais n'hérite d'aucun des deux avec certitude — la Guemara ajoutera qu'il n'a même pas le statut de fils ordinaire assuré.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).