Bekhorot 47b — le fils halal et le rachat du premier-né, la double appartenance (nahala / kohen), et la césarienne selon R. Chimon

Bekhorot 47b

Sougya : Le daf ouvre sur une controverse : un kohen qui épousa une divorcée, dont le fils est donc halal (statut d'Israël, assujetti au rachat du premier-né), meurt — le fils doit-il se racheter lui-même ? Rav Hisda et Rabba bar Rav Huna s'accordent quand le père meurt après 30 jours (le père avait déjà acquis le rachat, rien à payer) et divergent quand il meurt dans les 30 jours : pour Rav Hisda le fils doit se racheter, pour Rabba bar Rav Huna il peut invoquer 'la force d'un homme' (le père kohen qu'on n'aurait pu poursuivre).

La Guemara objecte à partir du converti (le gentil n'a pas de lignage), puis traite le fils douteux né d'une femme remariée trop tôt, l'autorisation réciproque (harshaa) entre héritiers douteux et la règle de Rabbi Yannai. Une nouvelle michna définit ensuite quel enfant est bekhor à la fois pour la nahala et pour le kohen (les fausses couches qui ne sont pas de vraies naissances laissent le suivant pleinement bekhor), et oppose les Sages à Rabbi Chimon sur la césarienne (yotze dofen) et le premier-né pour une seule chose (bekhor le-davar ehad).

Kohen mort laissant un fils halal : le fils doit-il se racheter (pidyon) ? Kohen épouse une divorcée -> fils = halal (statut d'Israël) Père mort APRÈS 30 jours Père mort DANS les 30 jours Le père avait déjà acquis le rachat (il l'aurait garde, étant kohen) Accord : le fils ne se rachète PAS Mahloket (l'obligation n'a pas pris) Rav Hisda Rabba b. R. Huna le fils DOIT se racheter le fils ne se rachète PAS le père n'a pas acquis le rachat "je viens par la force d'un homme..." R. Chimon ben Lakich (via R. Chimon Yasinia) tranche comme Rav Hisda. Le gentil : pas de lignage (heyes) -> l'objection ne joue pas pour le converti.
La controverse Rav Hisda / Rabba bar Rav Huna sur le fils halal (segments 0-3).
Fausse couche qui n'est PAS une vraie naissance : le suivant est bekhor complet Ces "produits" ne comptent pas comme premier-né -> l'enfant suivant est bekhor (nahala ET kohen) Sac (chefir) plein d'eau / de sang plein de fragments (guninin / couleurs) forme de poissons, sauterelles, reptiles expulsion au 40e jour Raison : aucune "formation" (yetsira) d'un être humain avant le 40e jour ; ces masses ne sont pas un vrai enfant. -> L'enfant né après eux : bekhor pour la nahala ET pour le kohen Contraste : une vraie fausse couche (sandal, placenta, embryon formé) rendrait le suivant NON-bekhor pour le kohen.
Michna : les fausses couches qui ne comptent pas comme premier-né (segment 10).
Césarienne (yotze dofen) et le fils qui suit : qui est bekhor ? 1er : né du flanc (césarienne) 2e : né par le rehem (voie normale) Tana anonyme (rabbanan) Nahala : NON — il faut "vayaledou lo" (une naissance ; le flanc n'en est pas) Pidyon : NON — il faut "peter rehem" (il n'a pas ouvert la matrice) Nahala : NON — il faut "rechit ono" (1er de la vigueur ; il n'est pas 1er) Pidyon : NON — bekhor pour UNE seule chose n'est pas bekhor R. Chimon Nahala : OUI (s'il est 1er fils) "teled" inclut le yotze dofen (c'est une vraie lida) Pidyon : OUI (5 selaim) bekhor pour UNE seule chose EST bekhor
Césarienne et fils suivant : Sages contre Rabbi Chimon (segments 11-15).
1
אִיתְּמַר: כֹּהֵן שֶׁמֵּת וְהִנִּיחַ בֵּן חָלָל — רַב חִסְדָּא אָמַר: הַבֵּן חַיָּיב לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ, רַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמַר: אֵין חַייָּב לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ. כֹּל הֵיכָא דְּמֵת הָאָב לְאַחַר שְׁלֹשִׁים, דְּכֻולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּאֵין הַבֵּן חַייָּב לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ, שֶׁהֲרֵי זָכָה אָבִיו בְּפִדְיוֹנוֹ.

Il a été énoncé : un kohen qui mourut et laissa un fils halal (né d'une divorcée, donc de statut non-kohen). Rav Hisda dit : le fils est tenu de se racheter lui-même.

Rabba bar Rav Huna dit : il n'est pas tenu de se racheter lui-même. Chaque fois que le père est mort après [les] trente [jours], tout le monde s'accorde qu'il n'est pas tenu de se racheter lui-même, car son père avait déjà acquis (droit à) son rachat.

📜 Rachi (3)
בֶּן חָלָל כְּיִשְׂרָאֵל דָּמֵי וְחַיָּיב בִּבְכוֹרָה:
Un fils halal — il est assimilé à un Israël et est assujetti au [rachat du] premier-né.
לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יֶשְׁנוֹ בְּמִצְוַת פְּדִייָּה דִּכְתִיב (בַּמִּדְבָּר י״ח:ט״ו-ט״ז) וּפְדוּיָו מִבֶּן חֹדֶשׁ:
Après [les] trente [jours] — il entre dans le commandement du rachat, comme il est écrit (Nombres 18,15-16) 'et son rachat, dès l'âge d'un mois'.
שֶׁהֲרֵי זָכָה אָבִיו בְּפִדְיוֹנוֹ דְּאִי נָמֵי יָהֵיב (לֵיהּ) הָאָב הֲוָה מַפְרִישׁ לֵיהּ וּשְׁקִיל לֵיהּ לְנַפְשֵׁיהּ דְּהָא כֹּהֵן הוּא וְכֵיוָן דְּזָכָה הָאָב בְּפִדְיוֹנוֹ מוֹרִישׁוֹ לִבְנוֹ עִם שְׁאָר נְכָסָיו:
Car son père avait déjà acquis (droit à) son rachat — car même si le père l'avait donné, il l'aurait prélevé et pris pour lui-même, puisqu'il est kohen ; et dès lors que le père avait acquis (droit à) son rachat, il le transmet en héritage à son fils avec le reste de ses biens.
🗂️ Tossefot (1)
הַבֵּן חַייָּב לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ דְּהָא לֹא זָכָה הָאָב בְּפִדְיוֹנוֹ אֶלָּא חַייָּב הַבֵּן לִפְדּוֹת עַצְמוֹ אע"ג דְּלֵיכָּא חִיּוּבָא בְּאָב וְכֵן מַתְנֵי' דִּתְנַן נִתְגַּיְּירָה מְעֻובֶּרֶת נִשְׁתַּחְרְרָה מְעֻובֶּרֶת (כָּשֵׁר) וְתֵימַהּ דבפ"ק דְּקִדּוּשִׁין (דַּף כט.) גָּמְרִינַן מִמִּצְוַת הַבֵּן עַל הָאָב דְּדָרְשִׁינַן תִּפָּדֶה תִּפָּדֶה אִשָּׁה שֶׁאֵין אֲחֵרִים מְצֻוִּוין לִפְדּוֹתָהּ אֵינָהּ מְצֻווָּה לִפְדּוֹת עַצְמָהּ וה"נ הַאי בֵּן שֶׁאֵין אֲחֵרִים מְצֻוִּוין לִפְדּוֹתוֹ לֹא יְהֵא חַייָּב לִפְדּוֹת עַצְמוֹ וי"ל דְּלָא דָּמֵי הַאי בֵּן לְאִשָּׁה דְּלָא שַׁייָּךְ בָּהּ בְּשׁוּם אָב פִּדְיוֹן כְּלָל אֲבָל הָכָא אִם הָיָה לוֹ אָב יִשְׂרָאֵל הָיָה חַיָּיב לִפְדּוֹתוֹ:
Le fils est tenu de se racheter lui-même — car le père n'a pas acquis (droit à) son rachat ; le fils est donc tenu de se racheter lui-même, bien qu'il n'y ait pas eu d'obligation sur le père. Et de même la michna qui enseigne : une [femme] qui s'est convertie enceinte ou qui a été affranchie enceinte [son enfant est valide]. Et [c'est] étonnant, car au premier chapitre de Kiddouchin (29a) nous apprenons, à partir du commandement [de rachat] du fils qui incombe au père, que l'on expose 'tu rachèteras... tu rachèteras' — [de même qu']une femme, que d'autres ne sont pas tenus de racheter, n'est pas tenue de se racheter elle-même, de même ce fils, que d'autres ne sont pas tenus de racheter, ne devrait pas être tenu de se racheter lui-même. Et l'on peut répondre : ce fils ne ressemble pas à la femme, pour laquelle il n'existe en aucun père aucun [devoir de] rachat du tout ; mais ici, s'il avait eu un père israël, celui-ci aurait été tenu de le racheter.
💡 Explication

Un kohen qui a épouse une divorcée (union interdite au kohen) engendre un fils halal : ce fils n'a pas le statut de kohen, il est comme un Israël ordinaire, donc assujetti au rachat du premier-né (pidyon ha-ben). Le père meurt : le fils doit-il se racheter ?

Si le père est mort après le 30e jour, l'obligation de rachat avait déjà pris effet du vivant du père. Or ce père était kohen : s'il avait racheté son fils, il aurait pris les cinq selaim pour lui-même (un kohen se rachète gratuitement). Il a donc acquis le rachat et l'a transmis à son fils avec le reste de son héritage. Accord : le fils ne paie rien.

2
כִּי פְּלִיגִי הֵיכָא דְּמֵת הָאָב בְּתוֹךְ שְׁלֹשִׁים יוֹם, רַב חִסְדָּא אָמַר: הַבֵּן חַייָּב לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ, דְּהָא לֹא זָכָה אָבִיו (לְפִדְיוֹנוֹ) [בְּפִדְיוֹנוֹ]. רַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמַר: אֵין הַבֵּן חַיָּיב לִפְדּוֹת עַצְמוֹ, דְּאָמַר לֵיהּ: אָתֵינָא מִכֹּחַ גַּבְרָא דְּלָא מָצֵית לְאִשְׁתַּעוֹיֵי דִּינָא בַּהֲדֵיהּ.

Là où ils divergent, c'est lorsque le père est mort dans les trente jours. Rav Hisda dit : le fils est tenu de se racheter lui-même, car son père n'a pas acquis (droit à) son rachat.

Rabba bar Rav Huna dit : le fils n'est pas tenu de se racheter lui-même, car il [lui] dit : je viens par la force d'un homme avec qui tu ne peux pas plaider en justice.

📜 Rachi (2)
לֹא זָכָה הָאָב דְּהָא לָא אִיחַייַּב אָב מֵעוֹלָם אֶלָּא בֵּן נִתְחַיֵּיב לְאַחַר מִיתַת אָבִיו וְאִיחַייַּב לֵיהּ לִמְיַתְּבֵיהּ לְכֹהֵן אַחֵר:
Le père n'a pas acquis (droit) — car le père n'a jamais été assujetti ; c'est le fils qui a été rendu redevable après la mort de son père, et il lui incombe de [le] donner à un autre kohen.
דְּאָמַר לֵיהּ הַאי חָלָל לְכֹהֵן אָתֵינָא מִכֹּחַ גַּבְרָא כֹּהֵן דְּלָא מָצֵית אִישְׁתַּעוֹיֵי דִּינָא בַּהֲדֵיהּ שֶׁאִם הָיָה אָבִיו פּוֹדֶה אוֹתוֹ הָיָה נוֹטֵל הַפִּדְיוֹן לְעַצְמוֹ:
Car il [lui] dit — ce halal [dit] au kohen : je viens par la force d'un homme kohen avec qui tu ne peux pas plaider en justice, car si son père l'avait racheté, il aurait pris le rachat pour lui-même.
💡 Explication

Cas litigieux : le père meurt dans les 30 jours, avant que l'obligation de rachat ne prenne effet.

Rav Hisda : le père n'a jamais été assujetti (l'obligation ne naît qu'au 31e jour), donc il n'a rien acquis ; c'est le fils, une fois orphelin, qui devient tenu de se racheter et de verser au kohen.

Rabba bar Rav Huna : le fils halal peut opposer au kohen réclamant : je tiens mon droit d'un homme (mon père, kohen) que tu n'aurais pas pu poursuivre en justice, car s'il m'avait racheté il aurait garde l'argent. Le fils hérite de cette position et ne paie pas.

3
תְּנַן: נִתְגַּיְּירָה מְעֻובֶּרֶת — בְּכוֹר לַכֹּהֵן, וְאַמַּאי? לֵימָא לֵיהּ: אָתֵינָא מִכֹּחַ גַּבְרָא דְּלָא מָצֵית לְאִשְׁתַּעוֹיֵי דִּינָא בַּהֲדֵיהּ! שָׁאנֵי גּוֹי דְּלֵית לֵיהּ חַיִיס.

Nous avons appris (dans la michna) : [une femme] qui s'est convertie enceinte — [son enfant est] premier-né pour le kohen. Or pourquoi ?

Qu'il [lui] dise : je viens par la force d'un homme avec qui tu ne peux pas plaider en justice ! [Réponse :] un gentil, c'est différent, car il n'a pas de lignage (heyes).

📜 Rachi (3)
נִתְגַּייְּרָה מְעֻובֶּרֶת וְלֹא יָלְדָה עֲדַייִן מֵעוֹלָם אוֹתוֹ וָולָד בְּכוֹר לַכֹּהֵן:
[Une femme] qui s'est convertie enceinte — et qui n'avait encore jamais enfanté : cet enfant est premier-né pour le kohen.
אַמַּאי לֵימָא לֵיהּ אָתֵינָא מִכֹּחַ גַּבְרָא דְּלָא צָייֵת דִּינָא:
Pourquoi ? Qu'il [lui] dise : je viens par la force d'un homme — [d'un père] qui ne se soumet pas au jugement.
דְּלֵית לֵיהּ חָיֵיס לְגַבֵּי יִשְׂרָאֵל לֵית לֵיהּ שׁוּם יַחַס וְאֵין זֶה בָּא מִכֹּחוֹ דִּכְקָטָן שֶׁנּוֹלַד דָּמֵי:
Car il n'a pas de lignage — à l'égard d'Israël, il n'a aucun lien de filiation, et celui-ci ne vient pas par sa force, car il est comme un nouveau-né.
💡 Explication

Objection contre Rabba bar Rav Huna à partir de la michna : une femme convertie enceinte d'un père gentil — l'enfant (né après la conversion) est premier-né pour le kohen et doit se racheter. Pourtant, le père étant gentil, on ne pouvait rien lui réclamer ; l'enfant devrait donc pouvoir dire 'je viens par la force d'un homme (mon père) que tu ne peux poursuivre' !

Réponse : le cas d'un gentil est différent, car il n'a pas de lignage (heyes) — au regard d'Israël, l'enfant n'est pas considéré comme issu de lui, il est comme un nouveau-né sans père. L'argument de la 'force d'un homme' ne s'applique donc pas.

4
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן יָאסִינְיָא, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: כֹּהֵן שֶׁמֵּת בְּתוֹךְ שְׁלֹשִׁים וְהִנִּיחַ בֵּן חָלָל — הַבֵּן חַיָּיב לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ, שֶׁלֹּא זָכָה הָאָב בְּפִדְיוֹנוֹ. מֵת לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם — אֵין הַבֵּן חַיָּיב לִפְדּוֹת עַצְמוֹ, שֶׁהֲרֵי זָכָה הָאָב בְּפִדְיוֹנוֹ.

Rabbi Chimon Yasinia dit au nom de Rabbi Chimon ben Lakich : un kohen qui mourut dans les trente jours et laissa un fils halal — le fils est tenu de se racheter lui-même, car le père n'a pas acquis (droit à) son rachat. [S'il] mourut après trente jours — le fils n'est pas tenu de se racheter lui-même, car le père avait déjà acquis (droit à) son rachat.

⚖️ Rosh (1)
אִתְּמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יֹאשִׁיָּה אָמַר ר"ל כֹּהֵן שֶׁמֵּת וְהִנִּיחַ בֵּן חָלָל בְּתוֹךְ שְׁלשִׁים יוֹם הַבֵּן חַיָּיב לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ. שֶׁלֹּא זָכָה הָאָב בְּפִדְיוֹנוֹ. לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם אֵין הַבֵּן חַיָּיב לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ שֶׁכְּבָר זָכָה הָאָב בְּפִדְיוֹנוֹ וְהָוֵי כְּאִילּוּ הִפְרִישׁ הָאָב ה' סְלָעִים וּפָדָה בְּהוּ אֶת בְּנוֹ וְעִכְּבָם לְעַצְמוֹ כֵּן הַבֵּן יַפְרִישׁ ה' סְלָעִים וְיִפְדֶּה אֶת עַצְמוֹ וְלֹא יִתְּנֵם לַכֹּהֵן. מִידֵּי דַּהֲוָה מִי שֶׁיָּרַשׁ טְבָלִים מֵאֲבִי אִמּוֹ כֹּהֵן שֶׁמְּתַקְּנָם וּמוֹכֵר הַתְּרוּמָה לְכֹהֵן:
Il a été énoncé : Rabbi Chimon ben Yochiya dit au nom de Rech Lakich : un kohen qui mourut et laissa un fils halal dans les trente jours — le fils est tenu de se racheter lui-même, car le père n'a pas acquis (droit à) son rachat. [Mort] après trente jours — le fils n'est pas tenu de se racheter lui-même, car le père avait déjà acquis (droit à) son rachat ; c'est comme si le père avait prélevé cinq selaim, en avait racheté son fils et les avait gardés pour lui-même. De même, le fils prélèvera cinq selaim, se rachètera lui-même et ne les donnera pas au kohen. C'est comparable au cas de celui qui hérite de [produits] tevel de son grand-père maternel kohen : il les met en ordre (prélève les prélèvements) et vend la terouma au kohen.
💡 Explication

Rabbi Chimon ben Lakich (Rech Lakich) tranche comme Rav Hisda : la ligne de partage est le 30e jour. Mort dans les 30 jours -> le père n'a rien acquis, le fils se rachète. Mort après -> le père avait déjà acquis le rachat, le fils ne se rachète pas.

5
וְכֵן מִי שֶׁלֹּא שָׁהֲתָה אַחֲרֵי בַּעְלָהּ שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים וְכוּ׳.

Et de même celle qui n'a pas attendu trois mois après [la mort de] son mari [avant de se remarier], etc.

💡 Explication

La michna se poursuit : une femme qui ne s'est pas ménagée un délai de trois mois après la mort de son mari avant de se remarier, puis enfante, sans qu'on sache si l'enfant est né à neuf mois du premier mari ou à sept mois du second : cet enfant est premier-né pour le kohen mais non pour l'héritage (doute sur le père).

6
בְּכוֹר לַנַּחֲלָה הוּא דְּלָא הָוֵי, הָא כְּפָשׁוּט שְׁקִיל. וְאַמַּאי? לִיזִּיל לְגַבֵּי הַאי וְלִידְחֲייֵהּ, וּלְגַבֵּי הַאי וְלִידְחֲיֵיהּ!

C'est pour l'héritage (nahala) qu'il n'est pas premier-né ; mais [pour le reste,] il prélève comme un fils ordinaire. Or pourquoi ?

Qu'il aille vers celui-ci et [celui-ci] le repoussera, et vers celui-là et [celui-là] le repoussera !

⚖️ Rosh (1)
וּמִי שֶׁלֹּא שָׁהֲתָה אַחַר בַּעְלָהּ ג' חֳדָשִׁים וְכוּ'. בְּכוֹר לַנַּחֲלָה הוּא דְּלָא הָוֵי הָא כְּפָשׁוּט שָׁקֵיל אַמַּאי לִיזִּיל לְגַבֵּי דְּהַאי וְלִדְחֲיֵיהּ וְלִיזִּיל לְגַבֵּי דְּהַאי וְלִדְחֲייֵהּ. אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה לָבֹא אַחֲרָיו. וה"ק בְּכוֹר לַכֹּהֵן וְהַבָּא אַחֲרָיו אֵין בְּכוֹר לַנַּחֲלָה. וְלִיכְתְּבוּ הַרְשָׁאָה אַהֲדָדֵי. מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי יַנַּאי דְּאָמַר ר' יַנַּאי הֻוכְּרוּ וּלְבַסּוֹף נִתְעָרְבוּ כּוֹתְבִין הַרְשָׁאָה זֶה לָזֶה. לֹא הֻוכְּרוּ אֵין כּוֹתְבִין הַרְשָׁאָה זֶה לָזֶה:
Et celle qui n'a pas attendu trois mois après [la mort de] son mari, etc. C'est pour l'héritage qu'il n'est pas premier-né, mais il prélève comme un fils ordinaire. Pourquoi ? Qu'il aille vers celui-ci et [celui-ci] le repousse, et vers celui-là et [celui-là] le repousse ! Rabbi Yirmeya a dit : [cela concerne] celui qui vient après lui. Et voici ce que [la michna] dit : [il est] premier-né pour le kohen, et celui qui vient après lui n'est pas premier-né pour l'héritage. Et qu'ils s'écrivent une autorisation (harshaa) l'un à l'autre ! Cela appuie Rabbi Yannai, car Rabbi Yannai a dit : [s'ils] ont été reconnus puis finalement mélangés, ils s'écrivent une autorisation l'un à l'autre ; [s'ils] n'ont pas été reconnus, ils ne s'écrivent pas d'autorisation l'un à l'autre.
💡 Explication

La Guemara déduit de la michna : cet enfant douteux n'est pas premier-né pour l'héritage, mais il touche une part ordinaire comme un fils simple. Question : pourquoi aurait-il droit à quoi que ce soit ? Que l'enfant du premier mari le repousse ('prouve que tu es des miens'), et de même l'enfant du second — chacun peut nier qu'il soit son frère !

7
אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: לֹא נִצְרְכָא אֶלָּא לַבָּא אַחֲרָיו, וְהָכִי קָאָמַר: בְּכוֹר לַכֹּהֵן, וְהַבָּא אַחֲרָיו אֵין בְּכוֹר לַנַּחֲלָה.

Rabbi Yirmeya dit : [cet énoncé] n'est nécessaire que pour celui qui vient après lui ; et voici ce qu'[il] dit : [il est] premier-né pour le kohen, et celui qui vient après lui n'est pas premier-né pour l'héritage.

📜 Rachi (2)
לָא נִצְרְכָא מַתְנִי' דְּקָתָנֵי אֵינוֹ בְּכוֹר לְנַחֲלָה אֶלָּא מֵהַהוּא שֶׁבָּא אַחֲרָיו אֶלָּא אִיהוּ לָא שָׁקֵיל מִידִי דִּבְנוֹ הָרִאשׁוֹן אוֹמֵר לוֹ לֹא בֵּן רִאשׁוֹן אַתָּה וְכֵן בְּנוֹ הָאַחֲרוֹן אוֹמֵר לוֹ:
N'est nécessaire — la michna qui enseigne 'il n'est pas premier-né pour l'héritage' [ne le dit] que de celui qui vient après lui ; mais lui-même ne prélève rien, car le premier fils lui dit 'tu n'es pas le premier fils' et de même le dernier fils le lui dit.
וְהָכִי קָאָמַר בְּכוֹר לַכֹּהֵן הָוֵי הַאי סָפֵק מִמַּה נַפְשָׁךְ דְּהַאי פֶּטֶר רֶחֶם הוּא וְחַייָּב לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ וְהַבָּא אַחֲרָיו (מִבְּנֵי) הַשֵּׁנִי אֵינוֹ בְּכוֹר לְנַחֲלָה דְּאָמְרִין לֵיהּ אָחִיו אוֹתוֹ סָפֵק בֶּן אָבִינוּ הוּא וְאַתָּה אִינָךְ בְּכוֹר:
Et voici ce qu'[il] dit : [il est] premier-né pour le kohen — ce douteux [l'est] de toute façon, car c'est un ouvre-matrice (peter rehem) et il est tenu de se racheter ; et celui qui vient après lui (des fils du) second n'est pas premier-né pour l'héritage, car ses frères lui disent : ce douteux est [peut-être] fils de notre père, et toi tu n'es pas premier-né.
💡 Explication

Réponse de Rabbi Yirmeya : la michna, en disant 'non premier-né pour l'héritage', ne parle pas de l'enfant douteux lui-même (lui, en effet, ne touche rien de sur, car chacun peut le repousser), mais de l'enfant qui vient après lui (né du second mari). Lecture : l'enfant douteux est premier-né pour le kohen (dans tous les cas c'est un ouvre-matrice), et le suivant n'est pas premier-né pour l'héritage, car ses frères peuvent lui dire : ce fils douteux est peut-être l'aîné de notre père, donc toi tu n'es pas le premier-né.

8
וּלְכָתְבוֹ הַרְשָׁאָה לְהַדְּדִי! וְכִי תֵּימָא: מַתְנִיתִין שֶׁלֹּא בְּהַרְשָׁאָה — הָא מוֹקְמִינַן לַהּ קַמַּן דִּבְהַרְשָׁאָה!

Et qu'ils s'écrivent une autorisation (harshaa) l'un à l'autre ! Et si tu dis : la michna traite d'un cas sans autorisation — mais nous l'établissons plus loin comme [traitant] d'un cas avec autorisation !

📜 Rachi (3)
וּלְכָתְבוֹ הַרְשָׁאָה זֶה לָזֶה הַסָּפֵק וְהַבָּא אַחֲרָיו יִכְתֹּוב אֶחָד הַרְשָׁאָה לַחֲבֵירוֹ עַל חֶלְקוֹ וְיֵלֵךְ וְיִתְבַּע לוֹ הַבְּכוֹרָה מִמַּה נַפְשָׁךְ אִם אֲנִי בְּכוֹר תְּנוּ לִי בִּשְׁבִיל עַצְמִי וְאִם אָחִי בְּכוֹר תְּנוּ לִי בִּשְׁבִיל אָחִי דְּהָא אוֹ הַסָּפֵק אוֹ הַבָּא אַחֲרָיו בְּכוֹר:
Et qu'ils s'écrivent une autorisation l'un à l'autre — le douteux et celui qui vient après lui : que l'un écrive à l'autre une autorisation sur sa part, et [l'autre] ira réclamer pour lui le [droit d']aînesse de toute façon : si je suis le premier-né, donnez-moi pour moi-même, et si mon frère est le premier-né, donnez-moi pour mon frère — car ou bien le douteux, ou bien celui qui vient après lui est le premier-né.
וְכִי תֵּימָא מַתְנֵי' שֶׁלֹּא בְּהַרְשָׁאָה מַייְרֵי וְהָכִי קָאָמַר אִם לֹא כָּתְבוּ הַרְשָׁאוֹת אֵין כָּאן בְּכוֹר לְנַחֲלָה:
Et si tu dis : la michna [traite] d'un cas sans autorisation — [c'est] de cela [qu']elle parle, et voici ce qu'[elle] dit : s'ils n'ont pas écrit d'autorisations, il n'y a pas ici de premier-né pour l'héritage.
הָא מוֹקְמִינַן לֵיהּ לְקַמָּן דִּבְהַרְשָׁאָה קָמַיְירֵי דְּאָמַר אָמַר שְׁמוּאֵל בְּבָא בְּהַרְשָׁאָה אֶלָּא וַדַּאי הַרְשָׁאָה לָא מְהַנְּיָא כְּלָל הָכָא:
Mais nous l'établissons plus loin comme [traitant] d'un cas avec autorisation — car il est dit : Chmuel a dit, [il s'agit] de celui qui vient avec une autorisation. [Donc] certainement l'autorisation n'aide en rien ici.
💡 Explication

Nouvelle objection : que l'enfant douteux et le suivant s'écrivent une autorisation (harshaa) réciproque, par laquelle chacun donne à l'autre le droit de réclamer sa part. Ainsi ils réclameraient ensemble la double part du premier-né, puisque l'un des deux est certainement l'aîné.

Et si l'on répond que la michna vise un cas sans autorisation — [cela ne tient pas,] car on l'établit plus loin (49a) comme traitant précisément d'un cas avec autorisation. Donc l'autorisation n'aide en rien ici.

9
מְסַייַּע לֵיהּ לְרַבִּי יַנַּאי, דְּאָמַר רַבִּי יַנַּאי: הֻוכְּרוּ וּלְבַסּוֹף נִתְעָרְבוּ — כּוֹתְבִין הַרְשָׁאָה זֶה לָזֶה,

[La michna] appuie Rabbi Yannai, car Rabbi Yannai a dit : [s'ils] ont été reconnus puis finalement mélangés — ils s'écrivent une autorisation l'un à l'autre ;

📜 Rachi (2)
מְסַייַּע לֵיהּ לְרַבִּי יַנַּאי דְּאָמַר הֻוכְּרוּ וּלְבַסּוֹף נִתְעָרְבוּ כְּגוֹן שְׁתֵּי נָשִׁים שֶׁל שְׁנֵי אֲנָשִׁים שֶׁהֻוכְּרוּ וּוַלְדוֹתֵיהֶן וְאַחַר כָּךְ נִתְעָרְבוּ וְעַכְשָׁיו כְּשֶׁהֵן בָּאִין כֻּולָּן לְיָרֵשׁ דּוֹחִין אוֹתָן אֲחֵיהֶם דִּלְכָל אֶחָד אָמְרִי לָאו אָחִינוּ אַתָּה:
[La michna] appuie Rabbi Yannai qui a dit : [s'ils] ont été reconnus puis finalement mélangés — comme deux femmes de deux hommes dont les enfants avaient été reconnus, puis furent mélangés ; maintenant, quand ils viennent tous hériter, leurs frères les repoussent, disant à chacun 'tu n'es pas notre frère'.
כּוֹתְבִין הַרְשָׁאָה זֶה לָזֶה הָאֶחָד לַחֲבֵירוֹ עַל חֶלְקוֹ בְּנִכְסֵי אָבִיו וּבַעַל הַהַרְשָׁאָה בָּא אֵצֶל יוֹרְשֵׁי שְׁנֵי הָאָבוֹת וְאוֹמֵר לְכָל אֶחָד אִם אֲחִיכֶם אֲנִי תְּנוּ לִי וְאִם זֶה אֲחֵיכֶם תְּנוּ לִי חֶלְקוֹ וְכֵן לִבְנִי הַשֵּׁנִי. אֲבָל לֹא הֻוכְּרוּ מֵעוֹלָם אֵין כּוֹתְבִין דְּלָא הָיְתָה לָהֶם זְכִיָּה מֵעוֹלָם בְּנִכְסֵי [אָבִיו] וּמַתְנִי' נָמֵי בִּדְלָא הֻוכְּרוּ מֵעוֹלָם דְּמֵעוֹלָם לֹא נוֹדַע אֵיזֶה בְּכוֹר וְלֹא זָכָה אֶחָד מֵהֶם בְּחֶזְקַת בְּכוֹרָה. הָא דְּרַבִּי יַנַּאי בב"ב בְּיֵשׁ נוֹחֲלִין (ב"ב דַּף קכז.):
Ils s'écrivent une autorisation l'un à l'autre — l'un à l'autre sur sa part dans les biens de son père ; et le détenteur de l'autorisation vient auprès des héritiers des deux pères et dit à chacun : si je suis votre frère, donnez-moi ; et si celui-ci est votre frère, donnez-moi sa part ; et de même pour les fils du second. Mais [s'ils] n'ont jamais été reconnus, ils n'écrivent pas [d'autorisation], car ils n'ont jamais eu de droit acquis dans les biens de [leur père] ; et notre michna [traite] aussi d'un cas où ils n'ont jamais été reconnus, car on n'a jamais su lequel est premier-né, et aucun d'eux n'a acquis de présomption d'aînesse. Ce [dit] de Rabbi Yannai [figure] dans Baba Batra, [au chapitre] 'Yech Nohalin' (Baba Batra 127a).
💡 Explication

Réponse : le fait que la michna refuse ici tout premier-né pour l'héritage appuie Rabbi Yannai. Celui-ci distingue : si deux enfants (de deux pères) furent d'abord reconnus chacun comme fils de son père, puis mélangés, alors ils peuvent s'écrire une autorisation réciproque, et les autres frères ne peuvent nier qu'ils soient leurs frères (chacun avait déjà acquis un droit).

10
לֹא הֻוכְּרוּ וּבְסוֹף נִתְעָרְבוּ — אֵין כּוֹתְבִין הַרְשָׁאָה זֶה לָזֶה.

[s'ils] n'ont pas été reconnus puis finalement mélangés — ils ne s'écrivent pas d'autorisation l'un à l'autre.

💡 Explication

Suite de Rabbi Yannai : si les enfants n'ont jamais été reconnus distinctement avant d'être mélangés, ils ne peuvent pas s'écrire d'autorisation, car aucun n'avait de droit certain dans l'héritage de son père. De même, dans notre michna, ni l'enfant douteux ni le suivant ne fut jamais reconnu comme premier-né : l'autorisation est donc inopérante pour réclamer la part d'aînesse.

11
מַתְנִי׳ אֵי זֶהוּ בְּכוֹר לַנַּחֲלָה וְלַכֹּהֵן? הַמַּפֶּלֶת שַׁפִּיר מָלֵא מַיִם, מָלֵא דָּם, מָלֵא גְּנִינִין, הַמַּפֶּלֶת כְּמִין דָּגִים וַחֲגָבִים שְׁקָצִים וּרְמָשִׂים, וְהַמַּפֶּלֶת לְיוֹם אַרְבָּעִים — הַבָּא אַחֲרֵיהֶם בְּכוֹר לַנַּחֲלָה וּלְכֹהֵן.

MICHNA. Quel est [l'enfant] premier-né pour l'héritage et pour le kohen ?

Celle qui expulse un sac (chefir) plein d'eau, plein de sang, plein de fragments ; celle qui expulse une forme de poissons, de sauterelles, de créatures répugnantes (chekatsim) ou de reptiles (remachim) ; et celle qui expulse au quarantième jour — [l'enfant] qui vient après eux est premier-né pour l'héritage et pour le kohen.

📜 Rachi (4)
מַתְנֵי' שַׁפִּיר עוֹר הַוָּלָד מַמָּשׁ:
Michna. Un sac (chefir) — la membrane même de l'enfant.
גְּנִינִים גְּווָנִים:
Guninin — des couleurs (nuances).
וַחֲגָבִים לָאו ווָלָד נִינְהוּ. וְטַעֲמָא מְפָרֵשׁ בְּמַס' נִדָּה בְּהַמַּפֶּלֶת חֲתִיכָה (נִדָּה דַּף כב:) שֶׁלֹּא נֶאֶמְרָה בָּהֶן יְצִירָה כְּלִגְבֵּי אָדָם:
Et des sauterelles — ce ne sont pas des [vrais] enfants. La raison en est expliquée au traité Nidda, [au chapitre] 'ha-Mappelet Hatikha' (Nidda 22b) : la 'formation' (yetsira) n'a pas été énoncée à leur égard comme elle l'est pour l'homme.
לְיוֹם אַרְבָּעִים שֶׁנִּתְעַבְּרָה דָּמְיָא בְּעָלְמָא הוּא עַד דְּמָטֵי לְמָחָר דְּמ' יוֹם הָוֵי יְצִירַת הַוָּולָד:
Au quarantième jour — [depuis] qu'elle a conçu, c'est un simple liquide, jusqu'à ce qu'on parvienne au lendemain [du 40e], car [c'est] le 40e jour [qu']a lieu la formation de l'enfant.
⚖️ Rosh (1)
יֵשׁ בְּכוֹר לְנַחֲלָה וְאֵין בְּכוֹר לַכֹּהֵן. לַכֹּהֵן וְאֵינוֹ בְכוֹר לַנַּחֲלָה. בְּכוֹר לְנַחֲלָה וּלְכֹהֵן. וְיֵשׁ שֶׁאֵינוֹ בְּכוֹר לֹא לַנַּחֲלָה וְלֹא לַכֹּהֵן וְאֵיזֶהוּ בְּכוֹר לְנַחֲלָה וְלֹא לַכֹּהֵן הַבָּא אַחַר הַנְּפָלִים אע"פ שֶׁיָּצָא רֹאשׁוֹ חַי. אוֹ בֶּן תִּשְׁעָה שֶׁיָּצָא רֹאשׁוֹ מֵת. וְהַמַּפֶּלֶת כְּמִין בְּהֵמָה וְחַיָּה וְעוֹף דִּבְרֵי ר' מֵאִיר וחכ"א עַד שֶׁיְּהֵא בּוֹ צוּרַת אָדָם. הַמַּפֶּלֶת סַנְדָּל אוֹ שִׁלְיָא אוֹ שָׁפִיר מְרֻוקָּם וְהַיּוֹצֵא מְחֻותָּךְ הַבָּא אַחֲרָיו בְּכוֹר לְנַחֲלָה וְאֵינוֹ בְכוֹר לַכֹּהֵן. מִי שֶׁלֹּא הָיָה לוֹ בָּנִים וְנָשָׂא אִשָּׁה שֶׁכְּבָר יָלְדָה עוֹדָהּ שִׁפְחָה וְנִשְׁתַּחְרְרָה עוֹדָהּ עוֹבֶדֶת כּוֹכָבִים וְנִתְגַּייְּרָה וּמִשֶּׁבָּאוּ לְיִשְׂרָאֵל יָלְדָה בְּכוֹר לַנַּחֲלָה וְאֵין בְּכוֹר לַכֹּהֵן. ר' יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר בְּכוֹר לַנַּחֲלָה וְלַכֹּהֵן שֶׁנֶּאֱמַר פֶּטֶר רֶחֶם בְּיִשְׂרָאֵל עַד שֶׁיִּפָּטֵר רֶחֶם בְּיִשְׂרָאֵל. מִי שֶׁהָיוּ לוֹ בָּנִים וְנָשָׂא אִשָּׁה שֶׁלֹּא יָלְדָה עוֹבֶדֶת כּוֹכָבִים וְנִתְגַּיְּירָה מְעֻובֶּרֶת שִׁפְחָה וְנִשְׁתַּחְרְרָה מְעֻובֶּרֶת יָלְדָה הִיא וְכֹהֶנֶת הִיא וּלְוִיָּה הִיא וְאִשָּׁה שֶׁכְּבָר יָלְדָה וְכֵן מִי שֶׁלֹּא שָׁהֲתָה אַחַר בַּעְלָהּ ג' חֳדָשִׁים וְנִשֵּׂאת וְיָלְדָה וְאֵין יָדוּעַ אִם בֶּן ז' לָאַחֲרוֹן אוֹ בֶּן ט' לָרִאשׁוֹן בְּכוֹר לַכֹּהֵן וְאֵינוֹ בְכוֹר לַנַּחֲלָה. וְאֵיזֶהוּ בְּכוֹר לְנַחֲלָה וּלְכֹהֵן זֶה הַמַּפֶּלֶת שַׁפִּיר מָלֵא מַיִם מָלֵא דָּם מְלֵא גְּנִינִין הַמַּפֶּלֶת כְּמִין דָּגִים וַחֲגָבִים שְׁקָצִים וּרְמָשִׂים וְהַמַּפֶּלֶת יוֹם אַרְבָּעִים הַבָּא אַחֲרָיו בְּכוֹר לַנַּחֲלָה וּלְכֹהֵן. יוֹצֵא דֹּופֶן וְהַבָּא אַחֲרָיו שְׁנֵיהֶן אֵינָן בְּכוֹר לֹא לַנַּחֲלָה וְלֹא לַכֹּהֵן ר' שִׁמְעוֹן אוֹמֵר הָרִאשׁוֹן לַנַּחֲלָה וְהַשֵּׁנִי לה' סְלָעִים:
Il y a [un enfant] premier-né pour l'héritage et non premier-né pour le kohen ; [premier-né] pour le kohen et non premier-né pour l'héritage ; premier-né pour l'héritage et pour le kohen ; et il y en a un qui n'est premier-né ni pour l'héritage ni pour le kohen. Quel est [l'enfant] premier-né pour l'héritage et non pour le kohen ? Celui qui vient après des non-viables (nefalim), même si [le non-viable] a fait sortir sa tête vivant ; ou un [enfant] de neuf [mois] dont la tête est sortie morte ; et celle qui expulse une forme de bétail, de bête sauvage ou d'oiseau — paroles de Rabbi Meir ; et les Sages disent : [pas premier-né pour le kohen] tant qu'il n'a pas forme humaine. Celle qui expulse un sandal (embryon aplati), ou un placenta, ou un embryon formé, ou [un enfant] qui sort découpé — celui qui vient après lui est premier-né pour l'héritage et non premier-né pour le kohen. Celui qui n'avait pas d'enfants et épousa une femme ayant déjà enfanté alors qu'elle était servante puis fut affranchie, ou [alors qu']elle était idolâtre puis se convertit, et [qui,] après être venue en Israël, enfanta — [cet enfant est] premier-né pour l'héritage et non premier-né pour le kohen. Rabbi Yossi le Galiléen dit : premier-né pour l'héritage et pour le kohen, car il est dit 'ouvre-matrice en Israël' — [il faut] qu'il ouvre une matrice en Israël. Celui qui avait des enfants et épousa une femme qui n'avait pas enfanté — une idolâtre qui se convertit enceinte, une servante affranchie enceinte — qui enfanta ; ou une kohenet, une lévie, ou une [Israélite] ayant déjà enfanté ; et de même celle qui n'attendit pas trois mois après [la mort de] son mari et se remaria et enfanta, sans qu'on sache si [l'enfant est] de sept [mois] du dernier ou de neuf [mois] du premier — [tous ceux-là sont] premier-né pour le kohen et non premier-né pour l'héritage. Et quel est [l'enfant] premier-né pour l'héritage et pour le kohen ? Celle qui expulse un sac plein d'eau, plein de sang, plein de fragments ; celle qui expulse une forme de poissons, de sauterelles, de créatures répugnantes ou de reptiles ; et celle qui expulse au quarantième jour — celui qui vient après [eux] est premier-né pour l'héritage et pour le kohen. [L'enfant] né du flanc (yotzé dofen) et celui qui vient après lui : tous deux ne sont premier-né ni pour l'héritage ni pour le kohen. Rabbi Chimon dit : le premier [l'est] pour l'héritage et le second pour les cinq selaim.
💡 Explication

Nouvelle michna : dans quels cas l'enfant suivant est-il premier-né à la fois pour l'héritage (nahala) et pour le kohen (pidyon) ? Réponse : lorsque la mère a d'abord expulsé un 'produit' qui n'est pas un vrai enfant — un sac (chefir) rempli d'eau, de sang ou de fragments, une masse en forme de poissons, sauterelles, reptiles, ou une expulsion au 40e jour (avant la formation de l'embryon). Ces expulsions ne comptent pas comme premier-né ; l'enfant qui vient ensuite est donc pleinement bekhor, pour les deux domaines.

12
יוֹצֵא דֹּופֶן, וְהַבָּא אַחֲרָיו — שְׁנֵיהֶן אֵינָן בְּכוֹר, לֹא לַנַּחֲלָה וְלֹא לַכֹּהֵן. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: הָרִאשׁוֹן לְנַחֲלָה, וְהַשֵּׁנִי לְחָמֵשׁ סְלָעִים.

[L'enfant] né du flanc (yotzé dofen) et celui qui vient après lui — tous deux ne sont pas premier-né, ni pour l'héritage ni pour le kohen. Rabbi Chimon dit : le premier [est premier-né] pour l'héritage, et le second pour cinq selaim.

📜 Rachi (1)
יוֹצֵא דֹּופֶן וְהַבָּא אַחֲרָיו דֶּרֶךְ רֶחֶם שְׁנֵיהֶן אֵינָן בְּכוֹר וְטַעְמָא מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
[L'enfant] né du flanc et celui qui vient après lui — par la voie de la matrice : tous deux ne sont pas premier-né ; la raison en est expliquée dans la Guemara.
⚖️ Rosh (1)
גמ' בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי. רַבִּי טַרְפוֹן מְסַפְּקָא לֵיהּ בְּכוֹר לְדָבָר אֶחָד אִי הָוֵי בְּכוֹר אוֹ לֹא. וְר' עֲקִיבָא פְּשִׁיטָא לֵיהּ דְּלָא הֲוָה בְּכוֹר. וַהֲלָכָה כְּר' עֲקִיבָא דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם דִּתְנַן לְקַמָּן בְּפֶרֶק יֵשׁ בְּכוֹר (בְּכוֹרוֹת דַּף מז:) יוֹצֵא דֹּופֶן וְהַבָּא אַחֲרָיו שְׁנֵיהֶם אֵינָם בְּכוֹר לֹא לַנַּחֲלָה וְלֹא לַכֹּהֵן. ת"ר קַדֶּשׁ לִי כָל בְּכוֹר יָכוֹל אַפֵּי' נְקֵבָה ת"ל זָכָר אִי זָכָר אַפֵּי' יָצְתָה נְקֵבָה לְפָנָיו ת"ל פֶּטֶר רֶחֶם אִי פֶּטֶר רֶחֶם יָכוֹל אַפֵּי' יוֹצֵא אַחַר יוֹצֵא דֹּופֶן ת"ל בְּכוֹר וְלָא תֵּימָא ה"מ הֵיכָא דְּיָצָא זָכָר דֶּרֶךְ דֹּופֶן וְזָכָר דֶּרֶךְ רֶחֶם אֶלָּא אֲפִי' יָצְתָה נְקֵבָה דֶּרֶךְ דֹּופֶן וְזָכָר דֶּרֶךְ רֶחֶם לָא קַדִּישׁ: הַדְרָן הָלַךְ עוֹבֵר פָּרָתוֹ
Guemara. En quoi divergent-ils ? Rabbi Tarfon a un doute sur le premier-né pour une seule chose : est-il premier-né ou non ? Et pour Rabbi Akiva il est évident qu'il n'est pas premier-né. Et la halakha est comme Rabbi Akiva, car il s'agit d'une controverse suivie d'un énoncé anonyme (mahloket ve-ahar kakh setam), puisque nous avons appris plus loin, au chapitre 'Yech Bekhor' (Bekhorot 47b) : [l'enfant] né du flanc et celui qui vient après lui — tous deux ne sont premier-né ni pour l'héritage ni pour le kohen. Nos maîtres ont enseigné : 'sanctifie-moi tout premier-né' — [on] pourrait [croire] même une femelle ; l'Écriture dit 'mâle'. Si 'mâle', [on pourrait croire] même si une femelle est sortie avant lui ; l'Écriture dit 'ouvre-matrice'. Si 'ouvre-matrice', [on] pourrait [croire] même [l'enfant] qui sort après un [enfant] né du flanc ; l'Écriture dit 'premier-né'. Et ne dis pas [que] cela [vaut] seulement là où un mâle est sorti par le flanc et un mâle par la matrice, mais [c'est vrai] même si une femelle est sortie par le flanc et un mâle par la matrice : il n'est pas sanctifié. Fin du chapitre 'Halakh ha-Ober Parato'.
💡 Explication

Cas de la césarienne (yotzé dofen), l'enfant extrait par le flanc, et de celui qui vient après lui (ne par voie normale) : pour les Sages, aucun des deux n'est premier-né, ni pour l'héritage ni pour le kohen.

Rabbi Chimon conteste : le premier (né du flanc) est premier-né pour l'héritage (s'il est le premier fils du père), et le second est premier-né pour le rachat de cinq selaim, car il est le premier à sortir par la matrice, par la voie ordinaire. La Guemara expliquera les raisons.

13
גְּמָ׳ רִאשׁוֹן לַנַּחֲלָה לֹא — ״וְיָלְדוּ לוֹ״ בָּעֵינַן, לְחָמֵשׁ סְלָעִים נָמֵי לָא — ״פֶּטֶר רֶחֶם״ בָּעֵינַן.

GUEMARA. Le premier [n'est] pas [premier-né] pour l'héritage — car nous exigeons '[et] ils lui enfantèrent' (vayaledou lo) ; pour les cinq selaim non plus — car nous exigeons 'ouvre-matrice' (peter rehem).

📜 Rachi (1)
גְּמ' וְיָלְדוּ לוֹ בָּעֵינַן דֶּרֶךְ לֵידָה:
Guemara. Nous exigeons '[et] ils lui enfantèrent' — par voie de naissance (lida).
🗂️ Tossefot (2)
רִאשׁוֹן לַנַּחֲלָה לֹא וְיָלְדוּ לוֹ בָּעֵינַן מִתּוֹךְ פֵּירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס מַשְׁמַע דְּמִלְּשׁוֹן לֵידָה גָּמַר וְקָשֶׁה דִּבְנִדָּה [רֵישׁ] פֶּרֶק יוֹצֵא דֹּופֶן (נִדָּה דַּף מ.) (בְּרֵישִׁי') מְפָרֵשׁ דְּאֵין יוֹשְׁבִין עָלָיו יְמֵי טֻומְאָה וִימֵי טָהֳרָה מִשּׁוּם דִּכְתִיב אִשָּׁה כִּי תַּזְרִיעַ וְיָלְדָה זָכָר עַד שֶׁתֵּלֵד מִמָּקוֹם שֶׁמַּזְרַעַת אֲבָל מִלְּשׁוֹן לֵידָה לֹא אֶלָּא יֵשׁ לְפָרֵשׁ דְּגָמַר הָכָא לֵידָה [לֵידָה] מֵהָתָם ור"ש דְּהָכָא לְטַעְמֵיהּ כִּדְאָמַר בְּסָמוּךְ דִּמְרַבֵּי הָתָם יוֹצֵא דֹּופֶן (שָׁם) מִתְּלַד דְּיוֹשְׁבִין עָלָיו יְמֵי טֻומְאָה וִימֵי טָהֳרָה וא"ת דְּהָתָם קָאָמַר דְּמוֹדֶה ר"ש לְעִנְיַן קָדָשִׁים שֶׁאֵינוֹ קָדוֹשׁ דְּגָמַר מִבְּכוֹר דִּכְתִיב בֵּיהּ פֶּטֶר רֶחֶם וּפָרִיךְ וְלִיגְמַר לֵידָה לֵידָה מֵאָדָם דְּמִרַבֵּינַן יוֹצֵא דֹּופֶן מִתָּלֵד שֶׁכֵּן פָּשׁוּט קָדוֹשׁ זָכָר בַּמַּתָּנוֹת וּמְשַׁנֵּי מִבְּכוֹר אִית לָן לְמֵילַף דִּנְפִישִׁין שֶׁכֵּן אִמּוֹ בְּהֵמוֹת קָדָשִׁים פִּגּוּל נוֹתָר וְטָמֵא וְהַשְׁתָּא הָכָא נָמֵי נֵילַף מִבְּכוֹר בְּהֵמָה שֶׁכֵּן בְּכוֹר מִבְּכוֹר וי"ל דְּאִינָךְ נְפִישִׁי שֶׁכֵּן אָדָם מֵאָדָם וְאֵינָם קְדוֹשִׁים וְלֹא שַׁיָּיךְ בָּהֶם פִּגּוּל נוֹתָר וְטָמֵא וּבְכוֹר אָדָם דִּכְהֻונָּה דִּכְתִיב בֵּיהּ פֶּטֶר רֶחֶם לָא מָצֵי ר"ש לְמֵילַף מִבְּכוֹר לְנַחֲלָה דְּגַבֵּי בְּכוֹר אָדָם דְּפֶטֶר רֶחֶם לָא כְּתִיב לֵידָה:
Le premier [n'est] pas [premier-né] pour l'héritage — car nous exigeons '[et] ils lui enfantèrent' — du commentaire du Kountras (Rachi) il ressort qu'il l'apprend du terme 'naissance' (lida) ; et c'est difficile, car dans Nidda, [au début du] chapitre 'Yotzé Dofen' (Nidda 40a), on explique qu'on ne s'assied pas pour lui les jours d'impureté et les jours de pureté parce qu'il est écrit 'une femme, lorsqu'elle ensemence et enfante un mâle' — [il faut qu']elle enfante de l'endroit où elle ensemence, mais [ce n'est] pas [déduit] du terme 'naissance'. Plutôt il faut expliquer qu'il apprend ici [par gezera chava] 'lida'-'lida' de là-bas. Et Rabbi Chimon, ici, suit sa propre ligne, comme il est dit plus loin : car il inclut là-bas (Nidda) le [né du] flanc à partir de 'teled' [pour dire] qu'on s'assied pour lui les jours d'impureté et de pureté. Et si tu dis : là-bas [dans Nidda] il est dit que Rabbi Chimon concède, pour les [animaux] consacrés (kodachim), qu'[un né du flanc] n'est pas consacré, car il l'apprend du premier-né [d'animal] où il est écrit 'ouvre-matrice' ; et l'on objecte : qu'il apprenne 'lida'-'lida' de [l'impureté de la] personne (adam), où l'on inclut le né du flanc à partir de 'teled', puisque [pour la personne] c'est plus simple : le mâle [de la personne] est consacré pour les dons [aux kohanim] ; et l'on répond : c'est du premier-né [d'animal] qu'il faut apprendre, car [les cas sont] nombreux — car [le premier-né d'animal] a sa mère [aussi consacrée], [ce sont des] animaux consacrés [susceptibles de] pigoul, notar et [impureté] tumea. Or ici aussi, apprenons du premier-né [d']animal, car [c'est] premier-né [déduit] de premier-né ! Et l'on peut répondre : les autres [cas] sont plus nombreux, car [c'est] personne [déduit] de personne, [des cas] non consacrés, auxquels ne s'appliquent ni pigoul, ni notar, ni tumea ; et le premier-né humain [voué] au sacerdoce, où il est écrit 'ouvre-matrice', Rabbi Chimon ne peut l'apprendre du premier-né pour l'héritage, car à propos du premier-né humain 'ouvre-matrice', la 'naissance' (lida) n'est pas écrite.
וְיָלְדוּ לוֹ בָּעֵינַן תֵּימַהּ כֵּיוָן דְּדָרְשִׁינַן קְרָא בִּבְכוֹר א"כ בְּפֶרֶק יֵשׁ נוֹחֲלִין (ב"ב דַּף קכז.) דְּדָרְשִׁינַן טֻומְטוּם שֶׁנִּקְרַע וְנִמְצָא זָכָר דְּאֵינוֹ מְמַעֵט בְּחֵלֶק בְּכוֹרָה דְּאָמַר קְרָא וְיָלְדוּ לוֹ בָּנִים עַד שֶׁיְּהֵא בֵּן מִשְּׁעַת לֵידָה וְהַאי דְּאֵינוֹ נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם דְּרֵישׁ מִוְהָיָה הַבְּכוֹר עַד שֶׁיְּהֵא בֵּן מִשְּׁעַת הֲוָוייָה וְכֵן בְּפֶ' מִי שֶׁמֵּת (בָּבָא בָּתְרָא דַּף קמב:) דְּנָן בֵּן שֶׁנּוֹלַד לְאַחַר מִיתַת אָבִיו דְּאֵינוֹ מְמַעֵט מֵחֵלֶק בְּכוֹרָה מִדִּכְתִיב וְיָלְדוּ לוֹ וְהָא דְּאֵינוֹ נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם דָּרֵישׁ מִדִּכְתִיב יַכִּיר וְאַמַּאי כּוּלְּהוּ מִילְּתָא תִּיפּוֹק לֵיהּ מִוִּיְלָדוּ לוֹ כֵּיוָן דְּמוֹקְמִינַן לֵיהּ בִּבְכוֹר וְי"ל דְּאִי לָאו דִּכְתִיבִי תְּרֵי קְרָאֵי הֲוָה מוֹקְמִינַן לֵיהּ דַּוְקָא בִּבְכוֹר דְּאֵינוֹ נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם דְּהָיָה מִסְתַּבֵּר לְאוֹקְמֵי טְפֵי בִּבְכוֹר שֶׁלֹּא יִטֹּול חֵלֶק בִּבְכוֹרָה מִלְּהַעֲמִידוֹ בְּפָשׁוּט שֶׁלֹּא יְמַעֵט בְּחֵלֶק בְּכוֹרָה תֵּדַע דִּבְיוֹצֵא דֹּופֶן דְּלֵיכָּא תְּרֵי קְרָאֵי דָּרְשִׁינַן לֵיהּ לְעִנְיַן דְּאֵינוֹ נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם וְלָא דָּרְשִׁינַן לֵיהּ לוֹמַר דְּאֵינוֹ מְמַעֵט:
Nous exigeons '[et] ils lui enfantèrent' — [c'est] étonnant : puisque nous exposons le verset à propos du premier-né, alors au chapitre 'Yech Nohalin' (Baba Batra 127a) où nous exposons qu'un tomtom [dont le sexe est indéterminé] qui fut ouvert et se révéla mâle ne diminue pas la part d'aînesse — car le verset dit 'et ils lui enfantèrent des fils', [il faut qu']il soit fils dès le moment de la naissance — et le fait qu'il ne prenne pas double part, on l'expose de 'et sera le premier-né', [il faut qu']il soit fils dès le moment de l'être (la conception) ; et de même au chapitre 'Mi Chemet' (Baba Batra 142b) où nous jugeons qu'un fils né après la mort de son père ne diminue pas la part d'aînesse, d'après ce qui est écrit 'et ils lui enfantèrent', et le fait qu'il ne prenne pas double part, on l'expose de ce qui est écrit 'il reconnaîtra' (yakir) — [dans les deux cas] pourquoi ? [Que] tout découle de 'et ils lui enfantèrent', puisque nous l'établissons à propos du premier-né ! Et l'on peut répondre : si les deux versets n'étaient pas écrits, nous l'aurions établi spécifiquement à propos du premier-né [pour dire] qu'il ne prend pas double part, car il était plus logique de l'établir plutôt à propos du premier-né, pour qu'il ne prenne pas de part d'aînesse, que de l'établir à propos d'un [fils] ordinaire, pour qu'il ne diminue pas la part d'aînesse. Sache-le : car pour le né du flanc, où il n'y a pas deux versets, nous l'exposons dans le sens qu'il ne prend pas double part, et nous ne l'exposons pas [dans le sens] qu'il ne diminue pas [la part d'aînesse d'un autre].
💡 Explication

La Guemara explique la position des Sages. Le premier, né par césarienne, n'est pas premier-né pour l'héritage, car le verset 'et ils lui enfantèrent des fils' (Deut. 21,15) exige une naissance (lida) — or la césarienne n'en est pas une. Il n'est pas non plus premier-né pour le rachat de cinq selaim, car le verset 'ouvre-matrice (peter rehem)' (Ex. 13,2) exige qu'il ait ouvert la matrice — ce qu'il n'a pas fait.

14
שֵׁנִי לְנַחֲלָה לֹא — ״רֵאשִׁית אוֹנוֹ״ בָּעֵינַן, לְחָמֵשׁ סְלָעִים נָמֵי לָא — קָסָבַר: בְּכוֹר לְדָבָר אֶחָד לָא הָוֵי בְּכוֹר.

Le second [n'est] pas [premier-né] pour l'héritage — car nous exigeons '[le] commencement de sa vigueur' (rechit ono) ; pour les cinq selaim non plus — [le tana] estime : un premier-né pour une seule chose (bekhor le-davar ehad) n'est pas premier-né.

📜 Rachi (1)
בְּכוֹר לְדָבָר אֶחָד כְּגוֹן זֶה שֶׁהוּא בְּכוֹר לְרַחֲמִים וְאֵינוֹ בְּכוֹר לִוְולָדוֹת דְּהָא הֲוָה לוֹ וָלָד זָכָר קֹודֶם לוֹ:
Un premier-né pour une seule chose — comme celui-ci, qui est premier-né pour la matrice (le-rahamim) mais n'est pas premier-né pour les naissances (les enfants), car il a eu avant lui un enfant mâle.
💡 Explication

Le second (né après la césarienne, par voie normale) n'est pas non plus premier-né pour l'héritage, car le verset '[il est] le commencement de sa vigueur (rechit ono)' (Deut. 21,17) exige qu'il soit le premier — or il ne l'est pas.

Il n'est pas non plus premier-né pour le rachat, car le tana anonyme estime qu'un premier-né pour une seule chose (bekhor le-davar ehad) — ici : il a bien ouvert la matrice, mais il n'est pas le premier enfant de sa mère — n'est pas considéré comme premier-né pour le pidyon.

15
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: הָרִאשׁוֹן לְנַחֲלָה, וְהַשֵּׁנִי לְחָמֵשׁ סְלָעִים. רַבִּי שִׁמְעוֹן לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר: ״תֵּלֵד״ לְרַבּוֹת יוֹצֵא דֹּופֶן.

Rabbi Chimon dit : le premier [est premier-né] pour l'héritage, et le second pour cinq selaim. Rabbi Chimon suit sa propre ligne, car il dit : 'teled' (elle enfantera) inclut le [né du] flanc.

📜 Rachi (1)
לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר בְּמַס' נִדָּה פ' יוֹצֵא דֹּופֶן (נִדָּה דַּף מ.) וְאִם נְקֵבָה תֵּלֵד לְרַבּוֹת יוֹצֵא דֹּופֶן דְּהָוֵי לֵידָה מְעַלְּיָא וְיוֹשֶׁבֶת עָלָיו יְמֵי טֻומְאָה וְטָהֳרָה הִלְכָּךְ גַּבֵּי וְיָלְדוּ לוֹ נָמֵי לֵידָה מְעַלְּיָא חֲשִׁיב לֵיהּ דְּגָמְרִינַן מֵהָתָם:
Suit sa propre ligne, car il dit — au traité Nidda, [au chapitre] 'Yotzé Dofen' (Nidda 40a) : 'et si elle enfante une fille (teled)' [vient] inclure le né du flanc, [car] c'est une naissance à part entière (lida meliya) et l'on s'assied pour lui les jours d'impureté et de pureté ; dès lors, à propos de 'et ils lui enfantèrent' aussi, il le considère comme une naissance à part entière, car nous l'apprenons de là-bas.
💡 Explication

Position de Rabbi Chimon : le premier (né du flanc) est premier-né pour l'héritage, et le second pour le rachat de cinq selaim.

Rabbi Chimon suit sa propre ligne : à propos de l'impureté de la femme après l'accouchement, le verset 'et si elle enfante (teled) une fille' (Lev. 12,5) — le mot apparemment superflu 'teled' inclut la césarienne comme une vraie naissance (lida). Il en va donc de même pour 'et ils lui enfantèrent' : le né du flanc compte comme une naissance valable, et il est bien premier-né pour l'héritage.

16
וְהַשֵּׁנִי לְחָמֵשׁ סְלָעִים, קָסָבַר: בְּכוֹר לְדָבָר אֶחָד הָוֵי בְּכוֹר.

Et le second pour cinq selaim — [Rabbi Chimon] estime : un premier-né pour une seule chose (bekhor le-davar ehad) est premier-né.

📜 Rachi (1)
בְּכוֹר לְדָבָר אֶחָד כְּגוֹן שֵׁנִי דְּהָוֵי בְּכוֹר לְרַחֲמִים הָוֵי בְּכוֹר לַכֹּהֵן אֲבָל רִאשׁוֹן אע"ג דִּבְכוֹר לְדָבָר אֶחָד הוּא דְּהָא הָוֵי בְּכוֹר לִוְולָדוֹת וְלִזְכָרִים אַפֵּ"ה לָא הָוֵי בְּכוֹר דִּבְפֶטֶר רֶחֶם תְּלָא רַחֲמָנָא:
Un premier-né pour une seule chose — comme le second, qui est premier-né pour la matrice (le-rahamim) : il est premier-né pour le kohen. Mais le premier, bien qu'il soit premier-né pour une seule chose — car il est premier-né pour les naissances et pour les mâles — n'est pourtant pas premier-né [pour le kohen], car la Torah a fait dépendre [le rachat] de l'ouvre-matrice (peter rehem).
🗂️ Tossefot (1)
בְּכוֹר לְדָבָר אֶחָד הָוֵי בְּכוֹר וא"ת מֵהַאי טַעְמָא גּוּפֵיהּ דְּהַיּוֹצֵא דֹּופֶן בְּכוֹר לְחָמֵשׁ סְלָעִים ואע"ג דִּכְתִיב בֵּיהּ פֶּטֶר רֶחֶם כִּדְאַשְׁכְּחַן בְּסוֹף פ' שֵׁנִי (לְעֵיל בְּכוֹרוֹת יט.) דִּתְנַן יוֹצֵא דֹּופֶן וְהַבָּא אַחֲרָיו ר' טַרְפוֹן אוֹמֵר שְׁנֵיהֶם יִרְעוּ עַד שֶׁיִּסְתָּאֲבוּ וּמְפָרֵשׁ בגמ' דִּמְסַפְּקָא לֵיהּ בְּכוֹר לְדָבָר אֶחָד אִי הָוֵי בְּכוֹר אִי לָאו ואע"ג דְּהָתָם נָמֵי כְּתִיב פֶּטֶר רֶחֶם י"ל דִּסְבָרַת ר"ש חֲלוּקָה מַר' טִרְפוֹן ואע"ג דְּהַבָּא אַחֲרָיו פְּשִׁיט לֵיהּ טְפֵי דְּהָוֵי בְּכוֹר מַר' טִרְפוֹן מ"מ יוֹצֵא דֹּופֶן גָּרַע לֵיהּ וּמְמַעֵט לֵיהּ מִפְּטַר רֶחֶם:
Un premier-né pour une seule chose est premier-né — et si tu dis : pour cette raison même, le né du flanc [devrait être] premier-né pour cinq selaim, bien qu'il soit écrit à son sujet 'ouvre-matrice', comme nous [le] trouvons à la fin du deuxième chapitre (plus haut, Bekhorot 19a), où nous avons appris : [l'enfant] né du flanc et celui qui vient après lui — Rabbi Tarfon dit : tous deux paîtront jusqu'à ce qu'ils deviennent inaptes ; et l'on explique dans la Guemara qu'il a un doute sur le premier-né pour une seule chose, [savoir] s'il est premier-né ou non — et bien que là aussi il soit écrit 'ouvre-matrice' ! On peut répondre : le raisonnement de Rabbi Chimon diffère de [celui de] Rabbi Tarfon ; et bien que, pour celui qui vient après lui, [Rabbi Chimon] tranche plus nettement [que] Rabbi Tarfon qu'il est premier-né, néanmoins le né du flanc, [Rabbi Chimon] le tient pour inférieur et l'exclut à partir de 'ouvre-matrice'.
💡 Explication

Et pour le rachat : Rabbi Chimon estime, à l'inverse des Sages, qu'un premier-né pour une seule chose (bekhor le-davar ehad) est considéré comme premier-né. Ainsi le second, qui a ouvert la matrice bien qu'il ne soit pas le premier enfant de sa mère, est premier-né pour le kohen (cinq selaim).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).