Bekhorot 4a — pourquoi Lévites et Cohanim sont exemptés du premier-né : le kal va-homer et les objections de Rav Safra

Bekhorot 4a

Sougya : La michna (3b) enseignait que Cohanim et Lévites 'exemptaient' les aînés et les ânes d'Israel au désert. La Guemara demande : comment purent-ils les exempter, alors que la Torah dit que ce sont les Lévites qui prirent la place des aînés, et leurs bêtes la place des bêtes ?

Abaye propose que le sujet est la bête des Lévites, exemptée par un kal va-homer (à fortiori) ; Rava réfute cette lecture et établit que ce sont les Cohanim et Lévites eux-mêmes qui sont exemptés du rachat du fils et du peter hamor, par un kal va-homer tiré de la sainteté lévitique, l'âne impur étant assimilé à l'aîné humain par un hekech. Rav Safra soulève alors quatre objections en chaîne (le Levi sans mouton, le Levi de moins d'un mois, la Lévite, Aharon absent du compte), toutes résolues par le verset 'peter rehem' et l'assimilation de tous les Lévites entre eux (avec les Cohanim inclus, appelés 'Leviim').

Pourquoi Lévites et Cohanim sont-ils exemptés du bekhor ? Le kal va-homer (à fortiori) de Rava, et sa portée Fait établi (au désert) la sainteté des Lévites a annulé celle des aînés d'Israel Conclusion (à fortiori) à plus forte raison elle annule leur propre sainteté d'aîné Ce qui est exempté / ce qui ne l'est PAS : Aîné humain (Levi/Cohen) : exempté du rachat des 5 selaim (kal va-homer) Âne premier-né (peter hamor) : exempté, par le hekech âne-impur = aîné humain Aîné d'animal PUR : NON exempté (il garde kedushat ha-gouf, sainteté d'autel) -> la michna (13a) : exemptés seulement du rachat du fils et du peter hamor
Le raisonnement de Rava : le kal va-homer de la sainteté lévitique et sa portée exacte (segments 4-5).
Les quatre objections de Rav Safra et leurs réponses Objection Réponse 1. Selon Abaye (les bêtes) : seul le Leviqui possédait un mouton devrait êtreexempté ; les autres non on n'a pas de réponse ici : resteune difficulté pour Abaye (cf. Rava) 2. Pour Abaye ET Rava : seul le Leviâge d'un mois (qui a annulé) devraitl'être ; moins d'un mois non verset 'ha-Leviim' : tous les Lévitessont assimilés les uns aux autres 3. La Lévite (femme) n'a rien annulé ;son fils ne devrait pas être exemptédes 5 selaim 'peter rehem' : la Torah rattache lebekhor à la matrice (donc à la mère) 4. Aharon n'était pas dans ce compte(points sur son nom) ; il ne devraitpas être exempté 'ha-Leviim' l'assimile aux autres ;les Cohanim sont inclus (R. Yehochouaben Levi : appelés 'Leviim' 24 fois) -> toutes les difficultés sont résolues (ipperiku koulhou tioubta) L'objection 1 (les bêtes) est justement ce qui fait rejeter la thèse d'Abaye au profit de Rava
Les quatre objections de Rav Safra et leurs réponses (segments 6-12).
1
גְּמ׳ אִינְהוּ פָּטְרִי?! אָדָם — אָדָם פָּטַר, בְּהֵמָה — בְּהֵמָה פָּטְרָה, דִּכְתִיב: ״קַח אֶת הַלְוִיִּם תַּחַת בְּכוֹר בִּבְנֵי יִשְׂרָאֵל וְאֶת בֶּהֱמַת הַלְוִיִּם תַּחַת בְּהֶמְתָּם״!

GUEMARA. Eux, les [Cohanim et Lévites], auraient exempté [les aînés et ânes d'Israel] ?!

[Mais] l'homme — c'est l'homme (le Levi) qui l'exempte ; l'animal — c'est l'animal (la bête du Levi) qui l'exempte, comme il est écrit : 'Prends les Lévites en échange des premiers-nés parmi les enfants d'Israel, et le bétail des Lévites en échange de leur bétail' (Nombres 3:45) !

⚖️ Rosh (1)
גְּמ' אִינְהוּ פָּטוּר. אָדָם אָדָם פָּטַר בְּהֵמָה בְּהֵמָה פָּטְרָה. דִּכְתִיב קַח אֶת הַלְוִיִּם תַּחַת כָּל בְּכוֹר בִּבְנֵי יִשְׂרָאֵל וְאֶת בֶּהֱמַת הַלְוִיִּם תַּחַת בְּהֶמְתָּם. אָמַר רָבָא הָכִי קָאָמַר כֹּהֲנִים וּלְוִיִּם פְּטוּרִין הֵן עַצְמָן מק"ו אִם הִפְקִיעַ קְדֻושָּׁתוֹ שֶׁל יִשְׂרָאֵל אֵין דִּין שֶׁמַּפְקִיעַ אֶת שֶׁל עַצְמוֹ. אַשְׁכְּחַן אָדָם בְּהֵמָה טְמֵאָה מנ"ל. אָמַר קְרָא אַךְ פָּדֹה תִפְדֶּה אֵת בְּכוֹר הָאָדָם וְאֵת בְּכוֹר בְּהֵמָה טְמֵאָה תִּפְדֶּה כֹּל שֶׁיֶּשְׁנוֹ בִּבְכוֹר אָדָם יֶשְׁנוֹ בִּבְכוֹר בְּהֵמָה טְמֵאָה וְכֹל שֶׁאֵינוֹ בִּבְכוֹר אָדָם אֵינוֹ בִּבְכוֹר בְּהֵמָה טְמֵאָה. כֹּהֲנִים מִנָּלַן כְּדָר' יְהוֹשֻׁעַ ב"ל דְּאָמַר רִיבָּ"ל בְּעֶשְׂרִים וְד' מְקוֹמוֹת נִקְרְאוּ הַכֹּהֲנִים לְוִיִּם לְדוֹרוֹת מנ"ל דְּאָמַר קְרָא וְהָיוּ לִי בַּהֲוָיָיתָן יִהְיוּ:
GUEMARA. 'Eux, exempteraient ?' L'homme, c'est l'homme qui l'exempte ; l'animal, c'est l'animal qui l'exempte, comme il est écrit : 'Prends les Lévites en échange de tout premier-né parmi les enfants d'Israel, et le bétail des Lévites en échange de leur bétail' (Nombres 3:45). Rava dit : voici ce qu'[enseigne la michna] : Cohanim et Lévites sont exemptés eux-mêmes par un kal va-homer (à fortiori) : si [leur sainteté] a annulé la sainteté de l'[aîné] d'Israel, n'est-il pas juste qu'elle annule la sienne propre ? Nous avons trouvé [la source] pour l'homme ; l'animal impur (l'âne), d'où [le tirons-nous] ? Le verset dit : 'Mais tu racheteras le premier-né de l'homme, et le premier-né de l'animal impur tu le racheteras' (Nombres 18:15) : tout ce qui s'applique à l'aîné humain s'applique à l'aîné de l'animal impur, et tout ce qui ne s'applique pas à l'aîné humain ne s'applique pas à l'aîné de l'animal impur. Les Cohanim, d'où [le savons-nous] ? Selon R. Yehochoua ben Levi, qui dit : en vingt-quatre endroits les Cohanim sont appelés 'Leviim'. Pour [savoir que cela vaut] pour les générations, d'où [le tirons-nous] ? Car le verset dit 'ils seront à Moi' — [ce qui signifie] : qu'ils demeurent dans leur état [à perpétuité].
💡 Explication

La michna disait que les Cohanim et Lévites exempterent (patrou) les aînés d'Israel. La Guemara s'étonne : ce ne sont pas les Cohanim/Lévites qui exemptent, mais le verset qui substitue le Levi à l'aîné et la bête du Levi à l'âne d'Israel. La formulation 'ils exempterent' est donc imprécise.

2
אָמַר אַבַּיֵּי, הָכִי קָאָמַר: כֹּהֲנִים וּלְוִיִּם פְּטוּרִין בְּהֶמְתָּם מִקַּל וְחֹומֶר — אִם הִפְקִיעָה בְּהֶמְתָּם שֶׁל לְוִיִּם בְּהֵמָה שֶׁל יִשְׂרָאֵל בַּמִּדְבָּר, דִּין הוּא שֶׁתַּפְקִיעַ אֶת שֶׁל עַצְמָן.

Abaye dit : voici ce que [la michna] enseigne : les Cohanim et Lévites, leur bétail est exempté par un kal va-homer (à fortiori) — si le bétail des Lévites a annulé [la sainteté de premier-né du] bétail d'Israel au désert, il est juste qu'il annule [aussi] le sien propre.

🗂️ Tossefot (1)
דִּין הוּא שֶׁתַּפְקִיעַ אֶת שֶׁל עַצְמָן גָּרַס וְאִי גָּרַס שֶׁתִּפָּקַע לָא גָּרַס אֶת:
'Il est juste qu'il annule le sien propre' (che-tafki'a et chel atsman) — telle est la leçon [du texte] ; et si l'on lit 'che-tafka' [forme intransitive], on ne lit pas le mot 'et' [qui introduit un complément d'objet].
💡 Explication

Abaye réinterprète : le sujet exempté est le bétail des Lévites (leur âne premier-né). Puisque le mouton du Levi a annulé au désert la sainteté des ânes d'Israel, à fortiori (kal va-homer) il annule celle des ânes du Levi lui-même.

3
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: וְהָא ״פָּטְרוּ״ אִינְהוּ קָתָנֵי!

Rava lui dit : mais [la michna] enseigne 'ils exemptèrent — eux' (patrou inhou) [au sujet des personnes, non des bêtes] !

🗂️ Tossefot (1)
וְהָא פָּטְרוּ אִינְהוּ קָתָנֵי מֵרֵישָׁא דְּקָתָנֵי וְהַכֹּהֲנִים וְהַלְּוִיִּם פְּטוּרִין לֹא קָשֶׁה מִידֵּי דְּאִיכָּא לְפָרֵשׁ פְּטוּרִין מִלְּקַדֵּשׁ פָּטְרִי חֲמוֹרֵיהֶן קָאָמַר וְלֹא פְּטוּרִין הֵן עַצְמָן אֲבָל פָּטְרוּ מַשְׁמַע פָּטְרוּ אִינְהוּ:
'Mais [la michna] enseigne : ils exemptèrent — eux' — du début [de la michna] qui enseigne 'et les Cohanim et les Lévites sont exemptés', on ne peut rien objecter, car on peut l'interpréter ainsi : 'exemptés de sanctifier' — [c'est-à-dire] il veut dire qu'ils exemptent leurs ânes [premiers-nés], et non qu'ils sont exemptés eux-mêmes. Mais 'ils exemptèrent' (patrou) implique : ce sont eux qui exemptèrent.
💡 Explication

Rava objecte à Abaye : la michna dit 'ils exemptèrent, eux' — le pronom vise les Cohanim/Lévites en personne, pas leur bétail. La lecture d'Abaye ne colle donc pas au texte.

4
וְעוֹד, אִם אִיתָא, אֲפִילּוּ מִבְּכוֹר בְּהֵמָה טְהוֹרָה נִפַּטְרוּ! אַלְּמָה תְּנַן: לֹא נִפְטְרוּ מִבְּכוֹר בְּהֵמָה טְהוֹרָה, אֶלָּא מִפִּדְיוֹן הַבֵּן וּפֶטֶר חֲמוֹר?

Et de plus : s'il en était ainsi [le kal va-homer sur le bétail], ils seraient exemptés même du premier-né d'un animal pur ! Pourquoi donc avons-nous appris [dans la michna] : ils ne furent pas exemptés du premier-né d'un animal pur, mais seulement du rachat du fils (pidyon ha-ben) et du premier-né de l'âne (peter hamor) ?

📜 Rachi (2)
וְעוֹד אִם אִיתָא דְּדָרְשִׁינַן קַל וָחֹומֶר גַּבֵּי בְּהֵמָה מִבְּכוֹר בְּהֵמָה טְהוֹרָה נִפַּטְרוּ לְוִיִּם דְּהָא בְּהֵמָה טְהוֹרָה דִּידְהוּ הִפְקִיעָה בֶּהֱמַת יִשְׂרָאֵל:
'Et de plus, s'il en était ainsi' — que l'on tire le kal va-homer au sujet du bétail, [alors] les Lévites seraient exemptés du premier-né d'un animal pur, car leur animal pur a annulé [la sainteté du] bétail d'Israel.
אַלְּמָה תְּנַן כּוּ' בְּפֶרֶק שֵׁנִי (לְקַמָּן בְּכוֹרוֹת דַּף יג.):
'Pourquoi donc avons-nous appris, etc.' — au deuxième chapitre (plus loin, Bekhorot 13a).
🗂️ Tossefot (1)
וְעוֹד אִם אִיתָא דְּדָרְשִׁינַן ק"ו גַּבֵּי בְּהֵמָה מִבְּכוֹר בְּהֵמָה טְהוֹרָה לִיפַּטְרוּ לְוִיִּם דְּהָא בְּהֵמָה דִּידְהוּ הִפְקִיעָה בֶּהֱמַת יִשְׂרָאֵל הַטְּהוֹרָה וא"ת א"כ לְקַמָּן דִּנְקַט שֶׂה א' שֶׁל בֶּן לֵוִי פָּטַר כַּמָּה פִּטְרֵי חֲמוֹר שֶׁל יִשְׂרָאֵל אַמַּאי לָא נְקַט בְּהֵמָה טְהוֹרָה דְּלֵיכָּא לְמֵימַר דְּבִבְהֵמָה טְהוֹרָה לֹא פָּטַר שֶׂה אֶחָד כַּמָּה בְּכוֹרוֹת דִּטְהוֹרוֹת דְּיִשְׂרָאֵל אֶלָּא דַּוְקָא בְּפִטְרֵי חֲמוֹר אֲבָל בִּטְהוֹרָה מָנוּ אֶחָד כְּנֶגֶד אֶחָד דְּקָאָמַר מַה שֶׁפָּטְרוּ בֶּהֱמַת לְוִיִּם שֶׁל יִשְׂרָאֵל בֵּין טְמֵאָה בֵּין טְהוֹרָה מִבֶּהֱמַת תַּחַת בְּהֶמְתָּם נָפְקָא לֵיהּ לְקַמָּן בְּהֵמָה אַחַת תַּחַת בְּהֵמוֹת הַרְבֵּה מַשְׁמַע בֵּין טְמֵאָה בֵּין טְהוֹרָה י"ל ר' חֲנִינָא דִּלְקַמָּן נְקַט מַה שֶׁיָּכוֹל לִנְהֹוג עַכְשָׁיו וְעוֹד יֵשׁ לְפָרֵשׁ מַתְנִיתִין דִּלְקַמָּן אֲתָא מַה טַעַם פּוֹדֶה וְחוֹזֵר וּפוֹדֶה מִשּׁוּם דְּשֶׂה אֶחָד שֶׁל בֶּן לֵוִי פָּטַר כַּמָּה פִּטְרֵי חֲמוֹר שֶׁל יִשְׂרָאֵל בַּמִּדְבָּר אֲבָל מַה שֶׁפָּטַר שֶׂה אֶחָד שֶׁל בֶּן לֵוִי בַּמִּדְבָּר כַּמָּה בְּכוֹרוֹת דִּטְהוֹרָה שֶׁל יִשְׂרָאֵל לֹא נָהַג אֶלָּא בְּאוֹתָהּ שָׁעָה דְּעַכְשָׁיו אֵין לָהֶם פִּדְיוֹן אֶלָּא יֵשׁ בָּהֶן קְדֻושַּׁת הַגּוּף וא"ת וְאַבַּיֵּי מַאי קָסָבַר אַמַּאי לָא עָבְדִי ק"ו בִּטְהוֹרָה י"ל קָסָבַר לְעִנְיַן טְהוֹרָה שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן קְדֻושַּׁת מִזְבֵּחַ לֹא שַׁייָּךְ לְמֵימַר פּוֹטְרִין אֶת שֶׁל עַצְמָן מק"ו דְּפוֹטְרִין שֶׁל יִשְׂרָאֵל דְּכֹהֲנִים וּלְוִיִּם קְרוֹבִים לְצַד מִזְבֵּחַ יוֹתֵר מִשֶּׁל יִשְׂרָאֵל:
'Et de plus, s'il en était ainsi' — que l'on tire le kal va-homer au sujet du bétail, les Lévites devraient être exemptés du premier-né d'un animal pur, car leur bétail a annulé le bétail pur d'Israel. Et si tu objectes : s'il en est ainsi, plus loin, [le texte] prend un seul mouton d'un fils de Levi qui exempte plusieurs ânes premiers-nés d'Israel — pourquoi ne prend-il pas [l'exemple d'un] animal pur ? On ne peut dire qu'avec l'animal pur un seul mouton n'exempte pas plusieurs aînés purs d'Israel : au contraire, en animal pur on compte un pour un [un mouton pour un aîné], car [le texte] dit que le bétail des Lévites exempta celui d'Israel, tant l'impur que le pur — cela se déduit plus loin de 'le bétail en échange de leur bétail' : un seul animal en échange de plusieurs animaux, ce qui implique tant l'impur que le pur. On peut répondre : R. Hanina, plus loin, ne prend que ce qui peut avoir cours aujourd'hui. Et l'on peut encore expliquer que la michna plus loin vient [expliquer] pourquoi on rachète puis rachète de nouveau : parce qu'un seul mouton d'un fils de Levi exempta plusieurs ânes premiers-nés d'Israel au désert ; mais ce qu'un seul mouton d'un fils de Levi exempta au désert de plusieurs aînés purs d'Israel n'eut cours qu'à ce moment-là, car aujourd'hui [les aînés purs] n'ont pas de rachat mais possèdent une sainteté du corps (kedushat ha-gouf). Et si tu objectes : Abaye, que pense-t-il ? Pourquoi ne fait-il pas le kal va-homer pour l'animal pur ? On peut répondre : il tient qu'à l'égard de l'animal pur, qui possède une sainteté d'autel (kedushat mizbeah), on ne peut dire qu'ils s'exemptent eux-mêmes par un kal va-homer tiré de ce qu'ils exemptent [le bétail] d'Israel, car Cohanim et Lévites sont plus proches du côté de l'autel que ceux d'Israel.
💡 Explication

Deuxième réfutation de Rava : si le kal va-homer valait pour le bétail, il exempterait aussi l'animal pur (dont le mouton du Levi a annulé la sainteté au désert). Or la michna (13a) dit qu'ils ne furent exemptés que du rachat du fils et du peter hamor, pas de l'aîné d'animal pur. Donc la thèse d'Abaye tombe.

5
אֶלָּא אָמַר רָבָא, הָכִי קָתָנֵי: כֹּהֲנִים וּלְוִיִּם פָּטְרוּ הֵן עַצְמָן מִקַּל וָחֹומֶר, אִם הִפְקִיעָה קְדֻושָּׁתָן שֶׁל לְוִיִּם קְדֻושַּׁת שֶׁל יִשְׂרָאֵל בַּמִּדְבָּר, לֹא יַפְקִיעַ אֶת שֶׁל עַצְמָן?

Plutôt, Rava dit : voici ce qu'[enseigne la michna] : les Cohanim et Lévites s'exemptent eux-mêmes par un kal va-homer (à fortiori) — si la sainteté des Lévites a annulé la sainteté de l'[aîné] d'Israel au désert, n'annulera-t-elle pas la leur propre ?

📜 Rachi (2)
אֶלָּא אָמַר רָבָא גַּבֵּי בְּהֵמָה לָא דְּרוּשׁ רַבָּנָן קַל וָחֹומֶר מִדְּאִיצְטְרִיךְ לְאַקּוֹשֵׁי בְּכוֹר בְּהֵמָה טְמֵאָה לִבְכוֹר אָדָם דְּכֹל שֶׁאֵינוֹ בִּבְכוֹר אָדָם אֵינוֹ בִּבְכוֹר בְּהֵמָה טְמֵאָה כְּדִלְקַמָּן שְׁמַע מִינָּה גַּבֵּי בְּהֵמָה לָא אִתְיְיהִב לְמִדְרַשׁ הַאי קַל וָחֹומֶר וְהָכִי קָאָמַר מַתְנִיתִין כֹּהֲנִים וּלְוִיִּם פְּטוּרִין הֵן עַצְמָן מִפִּדְיוֹן הַבֵּן מק"ו:
'Plutôt, Rava dit' — au sujet du bétail, les Sages ne tirent pas le kal va-homer : du fait qu'il a fallu assimiler l'aîné de l'animal impur à l'aîné humain — [pour enseigner que] tout ce qui ne s'applique pas à l'aîné humain ne s'applique pas à l'aîné de l'animal impur, comme plus loin — on en déduit qu'au sujet du bétail ce kal va-homer n'a pas été donné à interpréter. Et voici ce que dit la michna : les Cohanim et Lévites sont exemptés eux-mêmes du rachat du fils par un kal va-homer.
אִם הִפְקִיעָהּ קְדֻושַּׁת פְּשׁוּטֵי הַלְּוִיִּם אֶת קְדֻושַּׁת בְּכוֹרֵי יִשְׂרָאֵל בַּמִּדְבָּר דִּין הוּא שֶׁתִּפָּקַע קְדֻושַּׁת בְּכוֹרָה שֶׁבָּהֶן כִּדְאָמַר לְקַמָּן בִּכּוּרֵי הַלְּוִיִּם לֹא הִפְקִיעוּ אֶלָּא עַצְמָן:
'Si elle a annulé' — [si] la sainteté des Lévites ordinaires a annulé la sainteté des aînés d'Israel au désert, il est juste qu'elle annule la sainteté d'aîné qui est en eux, comme il est dit plus loin : les aînés des Lévites n'annulèrent qu'eux-mêmes.
🗂️ Tossefot (2)
אִם הִפְקִיעָה קְדֻושָּׁה שֶׁל לְוִיִּם כּוּ' וְא״ת מַאי ק״ו הוּא זֶה וַהֲלֹא פְּשׁוּטֵי הַלְּוִיִּם הִפְקִיעוּ בְּכוֹרוֹת יִשְׂרָאֵל אֲבָל בְּכוֹרֵי לְוִיִּם לֹא הִפְקִיעוּ כְּלוּם כְּדִלְקַמָּן וְהֵיכִי עֲבִיד ק״ו בִּבְכוֹר שֶׁל לְוִיִּם שֶׁלֹּא מָצִינוּ שֶׁהִפְקִיעוּ שׁוּם דָּבָר י״ל הָכִי דִּיֵּיק ק״ו קְדֻושַּׁת לְוִיּוֹת שֶׁהַלֵּוִי הִפְקִיעַ קְדֻושַּׁת בְּכוֹרוֹת יִשְׂרָאֵל א״כ לֵוִי בְּכוֹר דִּין הוּא שְׁלוּיוֹת שֶׁלּוֹ יַפְקִיעַ עַצְמוֹ וְכֵן פ״ה וּלְהָכִי קָאָמַר לְקַמָּן דְּאֵין בְּכוֹר מַפְקִיעַ בְּכוֹר לְוִיּוֹת שֶׁל לֵוִי אֵין מַפְקִיעַ שְׁתֵּי בְּכוֹרוֹת שֶׁל עַצְמוֹ וּבְכוֹרוֹת שֶׁל יִשְׂרָאֵל וְא״ת מ״ט דְּרָבָא דְּלֵית לֵיהּ ק״ו דְּאַבַּיֵּי דִּבְהֵמָה וַהֲלֹא ק״ו גָּמוּר הוּא וּפֵ״ה הַייְנוּ טַעְמָא דְּלָא דָּרְשִׁי ק״ו גַּבֵּי בְּהֵמָה דְּאִיצְטְרִיךְ לְאַקּוֹשֵׁי בְּכוֹר בְּהֵמָה טְמֵאָה לִבְכוֹר אָדָם לִגְמוּרֵי כֹּל שֶׁאֵינוֹ בִּבְכוֹר אָדָם אֵינוֹ בִּבְכוֹר בְּהֵמָה טְמֵאָה כְּדִלְקַמָּן ש״מ גַּבֵּי בְּהֵמָה לָא אִתְיְיהִב לְמִדְרַשׁ ק״ו וְאֵין הַלָּשׁוֹן מַשְׁמַע כְּפֵירוּשׁוֹ דְּמִדְּקָאָמַר אַשְׁכְּחַן אָדָם בְּהֵמָה טְמֵאָה מְנָלַן מַשְׁמַע דְּאִיצְטְרִיךְ הֶקֵּישָׁא לְאַגְמוֹרֵי אַבְּהֵמָה טְמֵאָה וְלָא לְגַלּוֹיֵי אַטְּהוֹרָה דְּלָא עָבְדִי ק״ו וְעוֹד דְּדִילְמָא אִיצְטְרִיךְ הֶקֵּישָׁא לְכִדְדָרְשִׁינַן לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתָּא דִּבְכוֹר בְּהֵמָה טְמֵאָה לֹא תַּחְלֹוק בּוֹ בֵּין לְדוֹרוֹת בֵּין בְּאוֹתָהּ שָׁעָה בְּשֶׂה וּלְדוֹרוֹת נָמֵי נָפְקָא מִינַּהּ כְּהַהִיא דְּרָשָׁא דְּגָמְרִי מִינָּהּ פּוֹדֶה וְחוֹזֵר וּפוֹדֶה כְּמוֹ שֶׁפָּטַר בַּמִּדְבָּר שֶׂה אֶחָד שֶׁל בֶּן לֵוִי כַּמָּה פָּטְרִי חֲמוֹר שֶׁל יִשְׂרָאֵל וְעוֹד אִיצְטְרִיךְ לְר' אֱלִיעֶזֶר דְּדָרֵישׁ בְּסוֹף פִּרְקִין (בְּכוֹרוֹת יב:) מַה בְּכוֹר אָדָם חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתוֹ אַף בְּכוֹר בְּהֵמָה חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתוֹ ונ״ל הַייְנוּ טַעְמָא דְּרָבָא דְּדַוְוקָא בְּאָדָם שֶׁקְּדֻושַּׁת לְוִיָּה גּוֹרֶמֶת הַפְקָעַת בְּכוֹרָה שַׁיָּיךְ לַעֲשׂוֹת ק״ו אֲבָל בִּבְהֵמָה שֶׁאֵין קְדֻושַּׁת הַשֶּׂה שֶׁל לְוִיִּם גּוֹרֶמֶת הַפְקָעַת בְּכוֹר בְּהֵמָה דְּאֵין בּוֹ קְדֻושָּׁה לֹא שַׁיָּיךְ לְמֶיעְבַּד ק״ו:
'Si la sainteté des Levites a annulé, etc.' — et si tu objectes : quel kal va-homer est-ce là ? Ce sont les Levites ordinaires qui ont annulé les aînés d'Israel, mais les aînés-Levites n'ont rien annulé, comme [dit] plus loin ; comment fait-on un kal va-homer sur l'aîné des Levites, dont on ne trouve pas qu'il ait annulé quoi que ce soit ? On peut répondre : le kal va-homer se déduit ainsi — la sainteté lévitique du Levi a annulé la sainteté des aînés d'Israel ; donc, pour un Levi aîné, il est juste que sa propre [sainteté] lévitique s'annule elle-même. Ainsi l'explique aussi Rachi ; et c'est pourquoi [le texte] dit plus loin qu'un aîné n'annule pas un aîné : la [sainteté] lévitique du Levi n'annule pas les deux saintetés [à la fois] — la sienne propre et celle d'Israel. Et si tu objectes : quelle est la raison de Rava qui n'admet pas le kal va-homer d'Abaye sur le bétail, alors que c'est un kal va-homer parfait ? Rachi explique que la raison pour laquelle on ne tire pas le kal va-homer au sujet du bétail est qu'il a fallu assimiler l'aîné de l'animal impur à l'aîné humain, pour enseigner que tout ce qui ne s'applique pas à l'aîné humain ne s'applique pas à l'aîné de l'animal impur, comme plus loin ; on en déduit qu'au sujet du bétail le kal va-homer n'a pas été donné à interpréter. Mais le langage ne semble pas conforme à son explication : puisque [le texte] dit 'nous avons trouvé pour l'homme, l'animal impur d'où [le tirons-nous] ?', cela implique que le hekech est nécessaire pour enseigner sur l'animal impur, et non pour révéler sur [l'animal] pur qu'on n'y fait pas de kal va-homer. Et de plus, peut-être le hekech est-il nécessaire pour ce que nous interprétons plus loin dans la sougya, [à savoir] que l'aîné de l'animal impur ne se distingue pas [entre le cas ordinaire et celui du désert] : ni pour les générations ni pour ce moment-là, [le rachat se fait] par un mouton ; et pour les générations aussi il y a une conséquence pratique, comme l'exégèse d'où l'on déduit qu'on rachète puis rachète de nouveau, de même qu'au désert un seul mouton d'un fils de Levi exempta plusieurs ânes premiers-nés d'Israel. Et de plus [le hekech] est nécessaire pour R. Eliezer, qui interprète à la fin de notre chapitre (Bekhorot 12b) : de même que l'aîné humain, on est responsable de lui, de même l'aîné de l'animal [impur], on est responsable de lui. Il me semble que la raison de Rava est que c'est uniquement chez l'homme, où la sainteté lévitique cause l'annulation de la [sainteté d']aîné, qu'on peut faire un kal va-homer ; mais pour le bétail, où la sainteté du mouton des Levites ne cause pas l'annulation de l'aîné de l'animal — lequel n'a pas de sainteté — on ne peut faire de kal va-homer.
דִּין הוּא שֶׁתַּפְקִיעַ שֶׁל עַצְמוֹ פ"ה לְרָבָא פּוֹטְרִין דְּמַתְנִיתִין אַייְרֵי בְּפִדְיוֹן הַבֵּן וְקָשֶׁה דִּבְפֶטֶר חֲמוֹר עָסְקִינַן ופר"ת ה"ק מַתְנִיתִין כֹּהֲנִים וּלְוִיִּם פְּטוּרִין מִפִּדְיוֹן פֶּטֶר חֲמוֹר מַה טַעַם דְּהֵם עַצְמָן פְּטוּרִין מק"ו לָכֵן שָׁמְעִינַן בְּהֵמָה טְמֵאָה מִדְּאִתַּקַּשׁ לְאָדָם וּלְשׁוֹן הָכִי קָאָמַר ק"ק לְפִי' זֶה:
'Il est juste qu'elle annule la sienne propre' — Rachi explique que, pour Rava, le 'ils exemptèrent' de la michna traite du rachat du fils ; et c'est difficile, car il s'agit [dans la michna] du peter hamor. Rabbenou Tam explique ainsi : voici ce que dit la michna — Cohanim et Levites sont exemptés du rachat du peter hamor ; pour quelle raison ? Parce qu'ils sont eux-mêmes exemptés par un kal va-homer ; de là nous apprenons [aussi] l'animal impur, du fait qu'il a été assimilé à l'homme. Et l'expression 'voici ce qu'[enseigne]' est un peu difficile selon cette explication.
💡 Explication

Lecture établie de Rava : ce sont les Cohanim/Levites en personne qui sont exemptés (du rachat du fils), par kal va-homer. La sainteté lévitique (des Levites ordinaires) a annulé celle des aînés d'Israel au désert ; à plus forte raison annule-t-elle la sainteté d'aîné du Levi lui-même. Le kal va-homer ne vaut que pour l'humain, pas pour l'animal pur.

6
אַשְׁכְּחַן אָדָם, בְּהֵמָה טְמֵאָה מִנָּלַן? אֲמַר קְרָא: ״אַךְ פָּדֹה תִפְדֶּה אֵת בְּכוֹר הָאָדָם וְאֵת בְּכוֹר הַבְּהֵמָה הַטְּמֵאָה תִּפְדֶּה״, כֹּל שֶׁיֶּשְׁנוֹ בִּבְכוֹר אָדָם — יֶשְׁנוֹ בִּבְכוֹר בְּהֵמָה טְמֵאָה, וְכֹל שֶׁאֵינוֹ בִּבְכוֹר אָדָם — אֵינוֹ בִּבְכוֹר בְּהֵמָה טְמֵאָה.

Nous avons trouvé [la source] pour l'homme ; l'animal impur (l'âne), d'où [le tirons-nous] ? Le verset dit : 'Mais tu racheteras le premier-né de l'homme, et le premier-né de l'animal impur tu le racheteras' (Nombres 18:15) — tout ce qui s'applique à l'aîné humain s'applique à l'aîné de l'animal impur, et tout ce qui ne s'applique pas à l'aîné humain ne s'applique pas à l'aîné de l'animal impur.

📜 Rachi (2)
בְּהֵמָה טְמֵאָה מְנָא לַן דְּנִפְטְרוּ כֹּהֲנִים מִפְּטַר חָמוּר:
'L'animal impur, d'où le tirons-nous' — que les Cohanim sont exemptés du peter hamor.
כָּל שֶׁאֵינוֹ בִּבְכוֹר אָדָם כְּגוֹן לְוִיִּם וְכֹהֲנִים דְּנִפְטְרוּ מק"ו:
'Tout ce qui ne s'applique pas à l'aîné humain' — par exemple les Levites et Cohanim, qui sont exemptés par le kal va-homer.
💡 Explication

La source pour l'exemption des Cohanim/Levites vaut pour l'homme (rachat du fils). Pour l'âne premier-né (animal impur), c'est le hekech (assimilation) du verset : l'aîné de l'animal impur est juxtaposé à l'aîné humain. Donc, comme l'aîné-Levi est exempté, son âne l'est aussi.

7
אֲמַר לֵיהּ רַב סָפְרָא לְאַבָּיֵי: לְדִידָךְ דַּאֲמַרְתְּ בְּהֶמְתָּם, בֶּן לֵוִי דַּהֲוָה לֵיהּ שֶׂה דְּאַפְקַע — לִיפְקַע, דְּלָא הֲוָה לֵיהּ שֶׂה דְּלַיפְקַע — לָא לִיפְקַע!

Rav Safra dit à Abaye : selon toi, qui dis 'leur bétail' [est exempté par kal va-homer], le fils de Levi qui possédait un mouton qui a annulé [la sainteté] — que [son âne] soit annulé ; [mais] celui qui ne possédait pas de mouton pour annuler — qu'il ne soit pas annulé !

📜 Rachi (2)
לְדִידָךְ דַּאֲמַרְתְּ בְּהֶמְתָּם דְּאַבְּהֵמָה נָמֵי קָא דְּרֵישׁ ק"ו:
'Selon toi, qui dis leur bétail' — car tu tires le kal va-homer aussi sur le bétail.
בֶּן לֵוִי דַּהֲוָה לֵיהּ שֶׂה בַּמִּדְבָּר דְּאַפְקַע פִּטְרֵי חֲמוֹרִים שֶׁהָיוּ (לו) בַּמִּדְבָּר:
'Le fils de Levi qui possédait un mouton' — au désert, qui a annulé [la sainteté des] ânes premiers-nés qui étaient [à lui] au désert.
🗂️ Tossefot (1)
דְּלָא הֲוָה לֵיהּ שֶׂה דְּאַפְקַע לָא לַפְקַע וא"ת מ"מ ק"ו מִיהָא אִיתָא אִם פָּטַר שֶׂה שֶׁל בֶּן לֵוִי פִּטְרֵי חֲמוֹרִים שֶׁל יִשְׂרָאֵל כ"ש (מ"מ) שֶׁל שְׁאָר לְוִיִּם שֶׁלֹּא הָיָה לָהֶם שֶׂה וי"ל אֵין זֶה ק"ו לֹא אָמַר הַכָּתוּב לָקַחַת בְּהֵמָה שֶׁל לֵוִי זֶה תַּחַת בְּהֵמָה שֶׁל לֵוִי אַחֵר אֶלָּא תַּחַת בֶּהֱמַת יִשְׂרָאֵל ומ"מ בְּדִידֵיהּ כְּשֶׁיֵּשׁ לוֹ עָבְדִינַן ק"ו:
'Celui qui ne possédait pas de mouton pour annuler, qu'il ne soit pas annulé' — et si tu objectes : de toute façon, le kal va-homer subsiste au moins [ainsi] : si le mouton d'un fils de Levi a exempté les ânes premiers-nés d'Israel, à plus forte raison [le mouton] des autres Levites qui n'avaient pas de mouton ! On peut répondre : ce n'est pas [un] kal va-homer : l'Écriture n'a pas dit de prendre la bête d'un Levi en échange de la bête d'un autre Levi, mais [seulement] en échange de la bête d'Israel ; et de toute façon, pour lui-même, quand il en possède [un mouton], on fait le kal va-homer.
💡 Explication

Première objection de Rav Safra contre Abaye : si l'exemption du bétail vient d'un kal va-homer (le mouton a annulé les ânes d'Israel), alors seul le Levi possédant un mouton au désert verrait son âne exempté ; le Levi sans mouton ne devrait pas l'être. Or tous les ânes des Levites sont exemptés — incohérence chez Abaye.

8
בֵּין לְדִידָךְ, בֵּין לְרָבָא, בֶּן חֹדֶשׁ דְּאַפְקַע — לִיפְקַע, פָּחוֹת מִבֶּן חֹדֶשׁ דְּלָא אַפְקַע — לָא לִיפְקַע!

Que ce soit selon toi [Abaye] ou selon Rava, [le Levi] âgé d'un mois qui a annulé — que [sa sainteté] soit annulée ; celui de moins d'un mois, qui n'a pas annulé — qu'elle ne soit pas annulée !

📜 Rachi (2)
בֵּין לְדִידָךְ וּבֵין לְרָבָא דְּדָרְשִׁיתוּ ק"ו גַּבֵּי בְּכוֹר אָדָם דְּכֵיוָן דְּדָרַשְׁתָּ לְגַבֵּי בְּהֵמָה כָּל שֶׁכֵּן לְגַבֵּי אָדָם דְּאִי לָא דְּרָשַׁת בֵּיהּ קַל וָחֹומֶר אָדָם מְנָא לַן וְכֵיוָן דְּדָרַשְׁתָּ אִיכָּא לְמִיפְרַךְ לֵוִי בְּכוֹר בֶּן חֹדֶשׁ דְּאַשְׁכְּחַן גַּבֵּי פָּשׁוּט בֶּן לֵוִי חֹדֶשׁ דְּאַפְקַע קְדֻושַּׁת בְּכוֹרוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל דְּכֻולָּן מִבֶּן חֹדֶשׁ וָמַעְלָה נִמְנוּ כְּדִכְתִיב (בַּמִּדְבָּר ג׳:ט״ו) מִבֶּן חֹדֶשׁ וָמַעְלָה נִיפְקַע בְּכוֹר עַצְמוֹ וּבִכּוּרֵי לְוִיִּם בְּנֵי חֹדֶשׁ דִּין הוּא שֶׁיִּפְטְרוּ עַצְמָן מִקַּל וָחֹומֶר מִפְּשׁוּטֵי בְּנֵי חֹדֶשׁ דְּהִפְקִיעוּ קְדֻושַּׁת בְּכוֹרֵי יִשְׂרָאֵל קַל וָחֹומֶר בְּנֵי חֹדֶשׁ עַצְמָן:
'Que ce soit selon toi ou selon Rava' — [vous] qui tirez le kal va-homer au sujet de l'aîné humain : puisque tu l'interprètes pour le bétail, à plus forte raison pour l'homme ; car si tu ne l'interprétais pas [pour l'homme], l'homme, d'où le tirerions-nous ? Et puisque tu l'interprètes, on peut objecter : le Levi aîné âgé d'un mois — du fait qu'on trouve, chez un [Levi] ordinaire âgé d'un mois, qu'il a annulé la sainteté des aînés des enfants d'Israel (car tous furent comptés à partir d'un mois, comme il est écrit 'à partir d'un mois et au-dessus', Nombres 3:15) — que son propre [statut d']aîné soit annulé ; mais les aînés-Lévites âgés d'un mois, il est juste qu'ils s'exemptent eux-mêmes par un kal va-homer tiré des [Lévites] ordinaires d'un mois qui ont annulé la sainteté des aînés d'Israel — kal va-homer pour ceux d'un mois eux-mêmes.
בְּכוֹר פָּחוֹת מִבֶּן חֹדֶשׁ דְּלָא אַפְקַע פָּשׁוּט דִּכְוָתֵיהּ קְדֻושַּׁת בְּכוֹר יִשְׂרָאֵל לֹא יִפְקַע קְדֻושַּׁת עַצְמוֹ וְלָמָּה לֹא נִפְדּוּ בְּכֶסֶף בְּכוֹרֵי לְוִיִּם שֶׁהָיוּ בַּמִּדְבָּר פְּחוּתִים מִבֶּן חֹדֶשׁ:
'L'aîné de moins d'un mois, qui n'a pas annulé' — un [Levi] ordinaire de son âge n'a pas annulé la sainteté de l'aîné d'Israel ; que sa propre sainteté ne soit pas annulée. Et pourquoi ne rachetait-on pas par de l'argent les aînés-Lévites qui étaient au désert âgés de moins d'un mois ?
🗂️ Tossefot (1)
בֶּן חֹדֶשׁ דְּאַפְקַע לַיפְקַע לָא קָאָמַר בְּלֵוִי בְּכוֹר בֶּן חֹדֶשׁ דְּאַפְקַע בְּכוֹר יִשְׂרָאֵל לַפְקַע דְּאֵין בְּכוֹר מַפְקִיעַ בְּכוֹר אֶלָּא ה"ק בֶּן חֹדֶשׁ דְּיֵשׁ כֹּחַ לַלְּוִיּוֹת שֶׁבּוֹ לְהַפְקִיעַ בְּכוֹרוֹת יִשְׂרָאֵל לִיפָּקַע בְּכוֹרַת עַצְמוֹ כֵּיוָן שֶׁכַּיּוֹצֵא בּוֹ בְּפָשׁוּט מַפְקִיעַ בְּכוֹרוֹת יִשְׂרָאֵל אֲבָל אוֹתוֹ שֶׁהָיָה פָּחוֹת מִבֶּן חֹדֶשׁ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה לֹא תַּפְקִיעַ בְּכוֹרַת שֶׁל עַצְמָן ואע"פ שֶׁאַחֲרֵי כֵּן נַעֲשָׂה בֶּן חֹדֶשׁ וְכֵן לִבְכוֹרוֹת מִשָּׁם וְאֵילָךְ דְּכֵיוָן דִּבְאוֹתָהּ שָׁעָה לָא מַפְקִיעַ גַּם לְדוֹרוֹת כְּדִדְרִישׁ בְּסָמוּךְ וְהָיוּ בַּהֲוָיָיתָן יְהוּ:
'[Le Levi] d'un mois qui a annulé, qu'il soit annulé' — [le texte] ne dit pas 'le Levi aîné d'un mois qui a annulé l'aîné d'Israel, qu'il soit annulé', car un aîné n'annule pas un aîné ; il veut dire : celui d'un mois, en qui il y a le pouvoir de la [sainteté] lévitique d'annuler les aînés d'Israel, que sa propre [sainteté d']aîné soit annulée, puisqu'un semblable à lui, chez un [Levi] ordinaire, annule les aînés d'Israel ; mais celui qui était de moins d'un mois à ce moment-là, sa propre [sainteté d']aîné ne sera pas annulée, et bien qu'ensuite il ait atteint un mois — et de même pour les aînés à partir de ce moment — car, puisqu'à ce moment-là il n'a pas annulé, [il ne l'est] pas non plus pour les générations, comme [le texte] l'interprète plus loin : 'ils seront' — qu'ils demeurent dans leur état.
💡 Explication

Deuxième objection de Rav Safra, valable contre Abaye et Rava : les Lévites furent comptés 'à partir d'un mois' (Nombres 3:15). Donc seul le Levi d'un mois ou plus a annulé la sainteté des aînés d'Israel ; le Levi de moins d'un mois, qui n'a rien annulé, ne devrait pas voir sa propre sainteté d'aîné annulée.

9
לְוִיָּה לָא תִּיפָּקֵעַ? אַלְּמָה אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: לְוִיָּה שֶׁיָּלְדָה — בְּנָהּ פָּטוּר מֵחָמֵשׁ סְלָעִים?

[Et le fils de] la Lévite (femme) [mariée à un Israélite] — que [sa sainteté] ne soit pas annulée ! Pourquoi donc Rav Adda bar Ahava dit-il : une Lévite qui a enfanté — son fils est exempté des cinq selaim ?

📜 Rachi (1)
לְוִיָּה שֶׁיָּלְדָה מִיִּשְׂרָאֵל לֹא תִּפָּקַע קְדֻושַּׁת בְּכוֹר בְּנָהּ דְּהָא לֹא נִמְנוּ בַּמִּדְבָּר אֶלָּא זְכָרִים אֲבָל נְקֵבוֹת לֹא הִפְקִיעוּ כְּלוּם:
'Une Lévite qui a enfanté' — [d'un mari] israélite : la sainteté d'aîné de son fils ne devrait pas être annulée, car au désert seuls les mâles furent comptés ; mais les femmes n'ont rien annulé.
💡 Explication

Troisième objection de Rav Safra : les femmes Lévites ne furent pas comptées au désert ; elles n'ont rien annulé. Le fils d'une Lévite (née d'un père israélite) ne devrait donc pas être exempté du rachat des cinq selaim. Or Rav Adda bar Ahava enseigne qu'il l'est. Contradiction.

10
הָא לָא קַשְׁיָא, כִּדְמָר בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא, דְּאָמַר: ״פֶּטֶר רֶחֶם״ בְּפֶטֶר רֶחֶם תְּלָה רַחֲמָנָא.

Cela n'est pas difficile, selon Mar fils de Rav Yossef au nom de Rava, qui dit : 'peter rehem' (ce qui ouvre la matrice) — la Torah a rattaché [la sainteté d'aîné] à ce qui ouvre la matrice.

📜 Rachi (1)
בְּפֶטֶר רֶחֶם תְּלָה רַחֲמָנָא לִבְכוֹר וְכֵיוָן דְּרֶחֶם דְּהַךְ לְוִיָּה הוּא אָזְלִינַן אַחַר הָאֵם לְעִנְיַן ה' סְלָעִים אִי מַשְׁכְּחִינַן דְּכֻולָּן לְוִיִּם פְּטוּרִין אֲפִילּוּ פְּחוּתִין מִבֶּן חֹדֶשׁ שֶׁהָיוּ בַּמִּדְבָּר שֶׁלֹּא הִפְקִיעוּ בֶּן לְוִיָּה נָמֵי פָּטוּר:
'La Torah a rattaché à ce qui ouvre la matrice' — [le statut d']aîné ; et puisque la matrice est celle de cette Lévite, on suit la mère pour les cinq selaim : si l'on trouve que tous les Lévites sont exemptés — même ceux de moins d'un mois qui étaient au désert et n'ont pas annulé — le fils d'une Lévite est exempté lui aussi.
🗂️ Tossefot (1)
בְּפֶטֶר רֶחֶם תְּלָה רַחֲמָנָא פ"ה כֵּיוָן דְּרֶחֶם דְּהַךְ לְוִיָּה הוּא [אִי] מַשְׁכַּחַת דִּלְוִיִּים כֻּולָּן פְּטוּרִין אַפֵּי' פָּחוֹת מִבֶּן חֹדֶשׁ בֶּן לְוִיָּה פָּטוּר מַשְׁמַע שרצ"ל הַךְ פִּרְכָא דְּבֶן לֵוִי בְּשִׁנּוּיָא דְּפָטַר רֶחֶם וּבֶן לֵוִי שֶׁהוּא בֶּן חֹדֶשׁ עַד שִׁנּוּיָא דְּהֻוקְּשׁוּ כָּל הַלְּוִיִּם כֻּולָּן זֶה לָזֶה וְאֵין מַשְׁמַע כֵּן אֶלָּא לְגַמְרֵי מִתָּרְצָא בְּשִׁנּוּיָא דְּפָטַר רֶחֶם בְּבֶן לֵוִי שֶׁהוּא פָּחוֹת מִבֶּן חֹדֶשׁ אֵין בּוֹ שׁוּם גְּרִיעוּתָא אֶלָּא בְּמַה שֶׁהוּא פָּחוֹת מִבֶּן חֹדֶשׁ וַהֲרֵי הוּא בֶּן לֵוִי וְכֵיוָן דִּבְפֶטֶר רֶחֶם תָּלָה רַחֲמָנָא מַה שֶׁהוּא בֶּן לֵוִי מְשַׁוֵּיהוּ לֵוִי ואע"פ שֶׁאֵין אָבִיו לֵוִי:
'La Torah a rattaché à ce qui ouvre la matrice' — Rachi explique : puisque la matrice est celle de cette Lévite, si tu trouves que tous les Lévites sont exemptés, même ceux de moins d'un mois, le fils d'une Lévite est exempté — ce qui implique qu'il veut résoudre cette objection [du fils] de la Lévite par la réponse de 'peter rehem', et [l'objection du] Levi d'un mois par la réponse ultérieure où tous les Lévites sont assimilés les uns aux autres ; mais cela ne semble pas [correct]. Plutôt, [l'objection] est entièrement résolue par la réponse de 'peter rehem' : chez un fils de Levi de moins d'un mois, il n'y a aucune déficience sinon le fait qu'il a moins d'un mois, et il est [pourtant] fils de Levi ; et puisque la Torah a rattaché [le statut] à ce qui ouvre la matrice, le fait qu'il soit fils de Levi le rend Levi, même si son père n'est pas Levi.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה לְוִיָּה שֶׁיָּלְדָה בְּנָהּ פָּטוּר מֵחֲמִשָּׁה סְלָעִים וְאוֹקְמָה רַב פָּפָּא בִּדְאִיעַבַּרָא מֵעוֹבֵד כּוֹכָבִים. וּמַר בַּר יוֹסֵף מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אָמַר אַפֵּי' בִּדְאִיעַבַּר מִיִּשְׂרָאֵל מַאי טַעְמָא בְּפֶטֶר רֶחֶם תְּלָה רַחֲמָנָא וְאִתְּמַר עֲלָהּ בְּפֶרֶק הַזְּרוֹעַ (חֻולִּין דַּף קלב.) הֲלָכָה כְּוָותֵיהּ דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה דְּאָמַר לְוִיָּה שֶׁיָּלְדָה בְּנָהּ פָּטוּר מַה' סְלָעִים. מִיהוּ לָא יָדַעְנָא אַלִּיבָּא דְּמַאן אֶלָּא מִדְּאַקְשִׁינַן בפ"ק דִּמְכִילְתִּין דַּף ד. לְוִיָּה לָא תִּפְקַע וּמְשַׁנֵּי הָא לָא קַשְׁיָא כִּדְמָר בַּר יוֹסֵף מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא וְלָא קָאָמַר אִי נָמֵי כִּדְרַב פָּפָּא ש"מ הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ וְעוֹד דְּרַב פָּפָּא תַּלְמִיד הוּא לְגַבַּייְהוּ דְּאַבַּיֵּי וְרָבָא וְאֵין הֲלָכָה כְּתַלְמִיד בִּמְקוֹם הָרַב. וְכֵן פָּסַק בה"ג. וְאַשְׁכְּחַן מִקְצָת נֻוסְחֵי דִּמְפֹורָשׁ בְּהוּ בְּפֶרֶק הַזְּרוֹעַ וַהֲלָכָה כְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה וְאַלִּיבָּא דְּמָר בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא. וְהַדִּין נֻוסְחָא דְּרַב אֲחָא מִשְּׁבָחָא וְהָכִי נָמֵי בַּהֲלָכוֹת פְּסוּקוֹת. הָרַמְבַּ"ן זַ"ל. וּמַה שֶׁהֵבִיא רְאָיָה מפ"ק אֵינָהּ רְאָיָה דְּלָא מָצֵי לְמֵימַר הָתָם א"נ כִּדְרַב פָּפָּא דְּהָא פָּרִיךְ לְוִיָּה לָא תִּפְקַע כְּמוֹ לֵוִי וְהֻוצְרַךְ לִדְמַר בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף דְּכָל לְוִיָּה מַפְקַעַת לְתָרֵץ קֻושְׁייָתוֹ. וּלְרַב פָּפָּא אִין ה"נ דִּלְוִיָּה לָא מַפְקַע' אִי אִיעַבַּרָא מִיִּשְׂרָאֵל דִּלְמִשְׁפְּחוֹתָם לְבֵית אֲבוֹתָם כְּתִיב. וּמַה שֶׁכָּתַב דְּאֵין הֲלָכָה כְּתַלְמִיד בִּמְקוֹם הָרַב אַדְּרַבָּה הַגְּאוֹנִים פָּסְקוּ דְּמֵאַבַּיֵּי וְרָבָא וְאֵילָךְ הֲלָכָה כְּבָתְרָאֵי. אֲבָל מֵהַהִיא דְּחֻולִּין רְאָיָה כִּי בְּכָל הַסְּפָרִים כָּתוּב וְאַלִּיבָּא דְּמָר בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא. וַאֲפִילּוּ בְּסֵפֶר שֶׁאֵינוֹ כָּתוּב מוּכָח דְּאַלִּיבֵּיהּ דְּמַר בְּרֵיהּ דְּרָבָא קָפְסִיק. דְּמֶה עִנְיָן הָתָם לִפְסֹוק כִּדְרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה אֶלָּא מִשּׁוּם דִּפְסִיק הָתָם הִלְכְתָא כְּעֻולָּא דְּאָמַר כֹּהֵן וַאֲפִילּוּ כֹּהֶנֶת לְעִנְיַן מַתְּנוֹת כְּהֻונָּה פָּסַק נָמֵי כְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה דִּלְוִיָּה כְּלֵוִי לְעִנְיַן ה' סְלָעִים דִּבְפֶטֶר רֶחֶם תָּלָה רַחֲמָנָא וְאַפֵּי' אִיעַבַּרָא מִיִּשְׂרָאֵל. אָמַר רַב פָּפָּא בָּדֵיק לַן רָבָא כֹּהֶנֶת שֶׁנִּתְעַבְּרָה מֵעוֹבֵד כּוֹכָבִים מַהוּ. וְאָמְרִינַן לָאו הַיְינוּ דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה וַאֲמַר לָן הָכִי הַשְׁתָּא בִּשְׁלָמָא לְוִיָּה בִּקְדֻושְׁתַּהּ קָייְמָא דִּתְנַן לְוִיָּה שֶׁנִּשְׁבֵּית אוֹ שֶׁנִּבְעֲלָה בְּעִילַת זְנוּת נוֹתְנִין לָהּ מַעֲשֵׂר וְאוֹכֶלֶת. אֶלָּא כֹּהֶנֶת כֵּיוָן שֶׁנִּבְעֲלָה לְפָסוּל אִיתַּחְלָה לָהּ קְדֻושָּׁתָהּ וְהָוְיָא לָהּ זָרָה הִלְכָּךְ מִיחַייַּב הַבֵּן לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ. וְאֵין צ"ל בַּת יִשְׂרָאֵל שֶׁנִּתְעַבְּרָה מֵעוֹבֵד כּוֹכָבִים דְּחַיָּיב. וְכֵן הִלְכְתָא:
Rav Adda bar Ahava dit : une Lévite qui a enfanté — son fils est exempté des cinq selaim ; et Rav Papa l'a établi dans le cas où elle a conçu d'un idolâtre. Mar bar Yossef au nom de Rava dit : même si elle a conçu d'un Israélite. Pourquoi ? Car la Torah a rattaché [le statut] à ce qui ouvre la matrice (peter rehem). Et il a été dit à ce sujet, au chapitre 'Ha-zeroa' (Houlin 132a) : la halakha est comme Rav Adda bar Ahava, qui dit qu'une Lévite qui a enfanté, son fils est exempté des cinq selaim. Toutefois je ne savais pas selon qui [trancher]. Mais du fait qu'au premier chapitre de notre traité (folio 4a) on objecte 'la Lévite, que [sa sainteté] ne soit pas annulée' et qu'on répond 'cela n'est pas difficile, selon Mar bar Yossef au nom de Rava' — et l'on ne dit pas 'ou bien selon Rav Papa' — on en déduit que la halakha est comme lui [Mar bar Yossef]. De plus, Rav Papa est un disciple par rapport à Abaye et Rava, et la halakha n'est pas comme le disciple face au maître. Ainsi a tranché le Behag (Halakhot Guedolot). Et l'on trouve dans certaines versions où il est explicite, au chapitre 'Ha-zeroa', 'et la halakha est comme Rav Adda bar Ahava, et selon Mar fils de Rav Yossef au nom de Rava' ; telle est la version de Rav Aha de Chabha, et de même dans les Halakhot Peçoukot. [Ainsi] le Ramban. Quant à la preuve tirée du premier chapitre, ce n'en est pas une : on ne pouvait dire là 'ou bien selon Rav Papa', car on objecte 'la Lévite, que [sa sainteté] ne soit pas annulée' comme le Levi, et il fallait [recourir à l'avis] de Mar fils de Rav Yossef, [selon qui] toute Lévite [transmet et] annule, pour résoudre l'objection ; alors que pour Rav Papa, en effet, une Lévite n'annule pas si elle a conçu d'un Israélite, car il est écrit 'selon leurs familles, selon leurs maisons paternelles'. Quant à ce qu'il écrit, que la halakha n'est pas comme le disciple face au maître — au contraire, les Gueonim ont tranché qu'à partir d'Abaye et Rava la halakha est comme les derniers (batraï). Mais de ce [passage] de Houlin il y a une preuve, car dans tous les livres il est écrit 'et selon Mar fils de Rav Yossef au nom de Rava' ; et même dans un livre où ce n'est pas écrit, cela se prouve, car il tranche là comme Mar fils de Rava : quel rapport aurait-on là de trancher comme Rav Adda bar Ahava, sinon parce qu'on y tranche comme Oulla, qui dit 'un Cohen, et même une fille de Cohen (kohenet), pour les dons de la kehouna' — [et donc] on tranche aussi comme Rav Adda bar Ahava, [selon qui] une Lévite est comme un Levi pour les cinq selaim, car la Torah a rattaché [le statut] à ce qui ouvre la matrice, même si elle a conçu d'un Israélite. Rav Papa dit : Rava nous a interrogés : une fille de Cohen qui a conçu d'un idolâtre, quel [est son statut] ? Et nous avons dit : n'est-ce pas [le cas] de Rav Adda bar Ahava ? Et il nous a dit : comment [comparer] ? Là, [concernant] une Lévite, elle demeure dans sa sainteté, car nous avons appris : une Lévite qui a été captive ou qui a eu un rapport de débauche — on lui donne le maaser et elle [en] mange. Mais une fille de Cohen, du fait qu'elle a eu un rapport avec un [homme] qui la disqualifie, sa sainteté lui est ôtée et elle devient étrangère [au sacerdoce] ; c'est pourquoi le fils est tenu de se racheter lui-même. Et il n'est pas besoin de dire qu'une fille d'Israël qui a conçu d'un idolâtre [dont le fils] est tenu [au rachat]. Telle est la halakha.
💡 Explication

Réponse à la troisième objection : selon Mar fils de Rav Yossef au nom de Rava, le verset 'peter rehem' (Exode 13:12, 'ce qui ouvre la matrice') montre que la Torah rattache le statut d'aîné à la mère. Donc le statut lévitique de la mère suffit à exempter le fils, même si le père est israélite.

11
וְאַהֲרֹן שֶׁלֹּא הָיָה בְּאוֹתוֹ מִנְיָן — לָא לִיפְקַע! דְּתַנְיָא: לָמָּה נָקוּד עַל ״אַהֲרֹן״ שֶׁבְּחֻומַּשׁ הַפְּקוּדִים — שֶׁלֹּא הָיָה בְּאוֹתוֹ מִנְיָן.

Et Aharon, qui n'était pas dans ce compte — que [son statut] ne soit pas annulé ! Car il est enseigné (baraïta) : pourquoi y a-t-il des points sur [le mot] 'Aharon' dans le Houmach des Recensements (Nombres) ? — pour [enseigner] qu'il n'était pas dans ce compte.

📜 Rachi (1)
וְאַהֲרֹן שֶׁלֹּא הָיָה בְּאוֹתוֹ מִנְיָן לָא הוּא וְלֹא בַּהֲמוֹתָיו שֶׁלֹּא הִפְקִיעוּ אֶת בִּכּוּרֵי יִשְׂרָאֵל לֹא יִפָּקַע פִּטְרֵי חֲמוֹרִים דִּידֵיהּ:
'Et Aharon, qui n'était pas dans ce compte' — ni lui ni ses bêtes, qui n'ont pas annulé les aînés d'Israël : que ses ânes premiers-nés ne soient pas annulés.
🗂️ Tossefot (1)
וְאַהֲרֹן שֶׁלֹּא הָיָה בְּאוֹתוֹ מִנְיָן פ"ה לֹא הוּא וְלֹא בַּהֲמוֹתָיו שֶׁלֹּא הִפְקִיעוּ בְּכוֹרֵי יִשְׂרָאֵל לָא לַפְקְעוּ בְּכוֹרָה דִּידֵיהּ מַשְׁמַע שֶׁרוֹצֶה כְּמוֹ כֵן לְהַקְשׁוֹת דְּלָא לַפְקַע בְּכוֹרַת' עַצְמוֹ וא"א לוֹמַר כֵּן דְּלָא הָיָה אַהֲרֹן בְּכוֹר דְּמִרְיָם גְּדוֹלָה מִמֶּנּוּ ג' שָׁנִים כִּדְאָמַר בַּמִּדְרָשׁ [רֵישׁ פ' שְׁמוֹת] כְּמוֹ שֶׁהָיָה אַהֲרֹן גָּדוֹל מִמֹּשֶׁה ג' שָׁנִים וא"ת מַאי קָשֶׁה לֵיהּ מֵאַהֲרֹן טְפֵי מג' מֵאוֹת בִּכּוּרִים שֶׁל לְוִיִּם שֶׁלֹּא נִמְנוּ בַּהֲדֵי כ"ב אֶלֶף כְּדִלְקַמָּן וְיֵשׁ לוֹמַר נְהִי דִּלְעִנְיַן כ"ב אֶלֶף לֹא נִמְנוּ מִשּׁוּם דְּדַיּוֹ לִבְכוֹר שֶׁיַּפְקִיעַ עַצְמוֹ מִכָּל מָקוֹם נִמְנוּ בְּמִנְיַן לְוִיִּם אֲבָל אַהֲרֹן לֹא נִמְנָה כְּלָל:
'Et Aharon, qui n'était pas dans ce compte' — Rachi explique : ni lui ni ses bêtes, qui n'ont pas annulé les aînés d'Israël, que sa [sainteté d']aîné ne soit pas annulée — ce qui implique qu'il veut aussi objecter que sa propre [sainteté d']aîné ne soit pas annulée. Mais on ne peut dire cela, car Aharon n'était pas un aîné : Miryam était plus âgée que lui de trois ans, comme [dit] le midrach (début de la paracha Chemot), de même qu'Aharon était plus âgé que Moché de trois ans. Et si tu objectes : en quoi Aharon fait-il plus difficulté que les trois cents aînés des Lévites qui ne furent pas comptés parmi les vingt-deux mille, comme [dit] plus loin ? On peut répondre : quand bien même, pour les vingt-deux mille, [ces trois cents] ne furent pas comptés — parce qu'il suffit à un aîné de s'exempter lui-même — ils furent tout de même comptés dans le dénombrement des Lévites ; mais Aharon ne fut pas compté du tout.
💡 Explication

Quatrième objection de Rav Safra : Aharon ne fut pas inclus dans le compte des Lévites (les points sur son nom, Nombres 3:39, le signalent). N'ayant rien annulé, ni lui ni ses bêtes ne devraient être exemptés.

12
אֲמַר קְרָא: ״הַלְּוִיִּם״, הֻוקְשׁוּ כָּל הַלְוִיִּם זֶה לָזֶה.

Le verset dit : 'les Lévites' (ha-Leviim) — tous les Lévites furent assimilés les uns aux autres.

📜 Rachi (1)
הֻוקְּשׁוּ כּוּ' הַשְׁתָּא אִיפְּרִיקוּ כּוּלְּהוּ תְּיוּבְתָּא:
'Furent assimilés, etc.' — à présent toutes les objections sont résolues.
💡 Explication

Réponse à l'objection sur Aharon (et sur le Levi de moins d'un mois) : le mot 'ha-Leviim' (Nombres 3:45) opère un hekech assimilant tous les Lévites entre eux. Même celui qui n'a rien annulé (Aharon, le nourrisson) est donc exempté comme les autres.

13
כֹּהֲנִים מִנָּלַן? כִּדְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: בְּעֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה מְקוֹמוֹת נִקְרְאוּ כֹּהֲנִים ״לְוִיִּם״, וְזֶה אֶחָד מֵהֶן: ״וְהַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם בְּנֵי צָדוֹק״.

Les Cohanim, d'où [le savons-nous] ? Selon R.

Yehochoua ben Levi, car R. Yehochoua ben Levi dit : en vingt-quatre endroits les Cohanim sont appelés 'Leviim', et celui-ci est l'un d'eux : 'Et les Cohanim, les Leviim, fils de Tsadok' (Ézéchiel 44:15).

🪔 Ben Yehoyada (1)
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: בְּעֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה מְקוֹמוֹת נִקְרְאוּ כֹּהֲנִים 'לְוִיִּים', וְזֶה אֶחָד מֵהֶם: "וְהַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם בְּנֵי צָדוֹק" (יְחֶזְקֵאל מד, טו) . הִנֵּה חִפַּשְׂתִּי לִרְאוֹת הֵיכָן נִקְרְאוּ כֹּהֲנִים לְוִיִּם וּמָצָאתִי פָּסוּק בְּפָרָשַׁת שׁוֹפְטִים וּבָאתָ אֶל הַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם (דְּבָרִים יז, ט) וְעוֹד שָׁם אֶת מִשְׁנֵה הַתּוֹרָה הַזֹּאת עַל סֵפֶר מִלִּפְנֵי הַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם (דְּבָרִים יז, יח) וְעוֹד שָׁם לֹא יִהְיֶה לַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם כָּל שֵׁבֶט לֵוִי חֵלֶק וְנַחֲלָה (דְּבָרִים יח, א) וְעוֹד בְּפָרָשַׁת כִּי תֵצֵא כְּכֹל אֲשֶׁר יוֹרוּ אֶתְכֶם הַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם (דְּבָרִים כֹּד, ח) וְעוֹד בְּסֵפֶר יְהוֹשֻׁעַ סִימָן ג' וְהַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם נֹשְׂאִים אֹתוֹ (יְהוֹשֻׁעַ ג, ג) וְעוֹד בְּסִימָן ח' נֶגֶד הַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם (יְהוֹשֻׁעַ ח, לג) וְעוֹד בְּיִרְמְיָה סִימָן ל"ג וְלַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם לֹא יִכָּרֵת אִישׁ מִלְּפָנָי (יִרְמְיָהוּ לג, יח) וְעוֹד בְּדִבְרֵי הַיָּמִים א' הַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם וְהַנְּתִינִים (דִּבְרֵי הַיָּמִים א' ט, ב) וְעוֹד בְּדִבְרֵי הַיָּמִים ב' סִימָן כ"ג וַיָּשֶׂם יְהוֹיָדָע פְּקֻדֹּת בֵּית ה' בְּיַד הַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם (דִּבְרֵי הַיָּמִים ב' כג, יח) וְעוֹד שָׁם בְּסִימָן לָמֶ"ד וַיּקֻמוּ הַכּהֲנִים הַלְוִיּם וַיְבָרֲכוּ אֶת הָעָם (דִּבְרֵי הַיָּמִים ב' ל, כז) הֲרֵי עֲשָׂרָה פְּסוּקִים וְעִם פָּסוּק שֶׁמַּזְכִּיר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי שֶׁל סֵפֶר יְחֶזְקֵאל הֲרֵי אַחַד עָשָׂר וְאוּלַי יִמָּצֵא עוֹד וְכָאן אָמַר שֶׁהֵם עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה, וְקָשֶׁה לִמְצוֹא עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה אִם נְחַפֵּשׂ וְאֶפְשָׁר טָעוּת הוּא בְּגִרְסַת הַדְּפוּס. בְּרַם הַדָּבָר יִפָּלֵא דְּרָאִיתִי לְרַבֵּינוּ הָאֵר " י ז " ל בְּשַׁעַר הַפְּסוּקִים בִּיחֶזְקֵאל בַּפָּסוּק בֶּן אָדָם עֲמֹד עַל רַגְלֶיךָ וַאֲדַבֵּר אֹתָךְ (יְחֶזְקֵאל ב, א) וְזֶה לְשׁוֹנוֹ גַּם בָּזֶה תָּבִין מַה שֶׁאָמַר לְקַמָּן 'וְהַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם בְּנֵי צָדוֹק' כִּי הוּא תֵּימַהּ כִּי לֹא מָצִינוּ בְּשׁוּם מָקוֹם שֶׁקָּרָא אֶל הַכֹּהֲנִים בְּשֵׁם לְוִיִּם אֶלָּא יְחֶזְקֵאל וְאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר שֶׁהַכֹּהֲנִים וְגַם הַלְוִיִּם יִכָּנְסוּ לַעֲבֹוד בַּמִּקְדָּשׁ לְפִי שֶׁאֵין הַלְוִיִּם בְּנֵי צָדוֹק כְּלָל וְאֵיךְ קְרָאָם 'בְּנֵי צָדוֹק'? וְעוֹד אֵין עֲבוֹדָה אֶלָּא בַּכֹּהֲנִים וְלֹא בִּלְוִיִּם! אֲבָל הָעִנְיָן מְבֹואָר בְּמַה שֶׁאָמַרְנוּ כִּי בַּתְּחִלָּה הָיְתָה הָעֲבוֹדָה בִּבְכוֹרוֹת כִּי לָהֶם מִשְׁפַּט הַכְּהֻונָּה וּכְשֶׁחָטְאוּ נִתְּנָה לִבְנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֲנִים וְהִנֵּה קַיִן הוּא הַבְּכוֹר וְאִלּוּ זָכָה הָיוּ לוֹ ג' עֲטָרוֹת הַנִּזְכָּר וְהָאַחַת מֵהֶן הִיא הַכְּהֻונָּה כְּמוֹ שֶׁאָמַר הַכָּתוּב 'הֲלוֹא אִם תֵּיטִיב שְׂאֵת' (בְּרֵאשִׁית ד, ז) כְּמוֹ שֶׁאָמַר הַכָּתוּב וַיִּשָּׂא אַהֲרֹן אֶת יָדָיו אֶל הָעָם וַיְבָרְכֵם (וַיִּקְרָא ט, כב) וְכֵיוָן שֶׁחָטָא קַיִן אִבֵּד בְּכוֹרָתוֹ וּכְהֻונָּתוֹ וּנְתָנָהּ לְהֶבֶל אָחִיו וּכְמוֹ שֶׁהוֹדַעְתִּיךָ כִּי אַהֲרֹן הוּא מִשֹּׁורֶשׁ הֶבֶל. וְהִנֵּה קַיִן הוּא גְּבוּרוֹת וְהֶבֶל חֲסָדִים וּמִן הָרָאוּי הָיָה שֶׁהַגְּבוּרוֹת שֶׁהֵם קַיִן הַבְּכוֹר הֵם מְעֻולּוֹת מִן הַחֲסָדִים, וְעַל כֵּן הַלְּוִיִּם שֶׁהֵם מִן הַגְּבוּרוֹת שֶׁל קַיִן הָיָה רָאוּי שֶׁהֵם יִהְיוּ כֹּהֲנִים וְלָהֶם כֶּתֶר הַכְּהֻונָּה וְהַכֹּהֲנִים שֶׁהֵם מְשָׁרֵשׁ הֶבֶל יִהְיוּ לְוִיִּם אֶלָּא שֶׁבְּחֶטְאוֹ שֶׁל קַיִן נֶהְפַּךְ הָעִנְיָן עַל דֶּרֶךְ מַה שֶׁנּוֹדַע בְּמֹשֶׁה וְאַהֲרֹן כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ חֲכָמֵינוּ זַ"ל בַּפָּסוּק הֲלֹא אַהֲרֹן אָחִיךָ הַלֵּוִי (שְׁמוֹת ד, יד) . וְלָכֵן לֶעָתִיד לָבוֹא שֶׁהַנְּשָׁמוֹת שֶׁהֵם מְשָׁרֵשׁ קַיִן נִטְהֲרוּ מִן הַקְּלִיפּוֹת וְנִתְתַּקְּנוּ יַחֲזֹור קַיִן וְיִטֹּול בְּכוֹרָתוֹ הָרְאוּיָה לוֹ, וּמַה שֶׁעַתָּה הָיוּ הַכֹּהֲנִים עוֹבְדִים יִהְיוּ אָז הַלְּוִיִּם עוֹבְדִים בִּכְהֻונָּה בְּאֹופֶן שֶׁהַכֹּהֲנִים יַחְזְרוּ לִהְיוֹת לְוִיִּם וְהַלְוִיִּם יִהְיוּ כֹּהֲנִים וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר 'וְהַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם בְּנֵי צָדוֹק' פֵּירוּשׁ כִּי הַכֹּהֲנִים אֲשֶׁר יְשַׁמְּשׁוּ בִּכְהֻונָּה לֶעָתִיד יִהְיוּ מֵאוֹתָם שֶׁעַתָּה הָיוּ לְוִיִּם וְאֵלּוּ הַלְוִיִּם שֶׁעַתָּה יִהְיוּ כֹּהֲנִים בְּנֵי צָדוֹק דְּאָז יִתְקַייֵּם קְרָא דִּכְתִיב 'הֲלוֹא אִם תֵּיטִיב שֶׁאַתְּ'. וְאָמְנָם הֱיוֹת נְבוּאָה זוֹ עַל יְדֵי יְחֶזְקֵאל הַנָּבִיא ע"ה לְפִי שֶׁשּׁוּם נָבִיא לֹא נִתְנַבֵּא בְּעִנְיַן הָעֲבוֹדָה שֶׁלֶּעָתִיד לָבוֹא אֶלָּא הוּא, לְפִי שֶׁהוּא מְשָׁרֵשׁ קַיִן שֶׁתִּיקֵּן פְּגָמוֹ לְגַמְרֵי וְזָכָה לִהְיוֹת כֹּהֵן לָכֵן נִתְנַבֵּא עַל כָּל שְׁאָר שֹׁורֶשׁ קַיִן שֶׁהֵם יִהְיוּ כֹּהֲנִים לֶעָתִיד לָבוֹא עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ עַייֵּן שָׁם. וְלִכְאוֹרָה הַדָּבָר יִפָּלֵא אֵיךְ אָמַר רַבֵּינוּ זלה"ה לֹא מָצִינוּ בְּשׁוּם מָקוֹם שֶׁקָּרָא אֶל הַכֹּהֲנִים בְּשֵׁם לְוִיִּם אֶלָּא יְחֶזְקֵאל, וַהֲלֹא הָכָא קָאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי בְּעֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה מְקוֹמוֹת נִקְרְאוּ הַכֹּהֲנִים לְוִיִּם וַאֲנָא עַבְדָּא הֵבֵאתִי עֲשָׂרָה הַפְּסוּקִים כַּנִּזְכָּר לְעֵיל. וְנִרְאֶה לִי בס"ד אַף עַל גַּב דְּאִיתָא בְּכַמָּה פְּסוּקִים הַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם יֵשׁ לְפָרֵשׁ כַּוָּנַת הַכָּתוּב שֶׁאוֹמֵר הַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם דְּבִשְׁנֵיהֶם מְדַבֵּר וְאֵין כַּוָּנָתוֹ לִקְרוֹת הַכֹּהֲנִים בְּשֵׁם לְוִיִּם וְיֵשׁ כַּיּוֹצֵא בָּזֶה בַּמִּקְרָאוֹת כְּמוֹ אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב דְּחָסֵר וָא"ו בְּיִצְחָק וּכְאִלּוּ אָמַר אַבְרָהָם וְיִצְחָק וְכֵן כָּאן רְצוֹנוֹ לוֹמַר הַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם וְעַל שְׁנֵיהֶם מְדַבֵּר אַךְ פָּסוּק שֶׁל יְחֶזְקֵאל דְּאָמַר 'וְהַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם בְּנֵי צָדוֹק' אִי אֶפְשָׁר לְפָרֵשׁ דִּמְדַבֵּר עַל שְׁנֵיהֶם דִּרְצוֹנוֹ לוֹמַר וְהַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם דְּהָא קָאָמַר 'בְּנֵי צָדוֹק' וְאֵין הַלְוִיִּם בְּנֵי צָדוֹק לָכֵן מֻוכְרָח לְפָרֵשׁ דְּקָרֵי לַכֹּהֲנִים בְּשֵׁם לְוִיִּם. וְדָבָר זֶה הוּא מְפֹורָשׁ יוֹצֵא בִּלְשׁוֹן רַבֵּינוּ שֶׁכָּתַב וְזֶה לְשׁוֹנוֹ וְאִי אֶפְשָׁר לְפָרֵשׁ וְלוֹמַר שֶׁהַכֹּהֲנִים וְגַם הַלְוִיִּם יִכָּנְסוּ לַעֲבֹוד בַּמִּקְדָּשׁ לְפִי שֶׁאֵין הַלְוִיִּם בְּנֵי צָדוֹק כְּלָל וְאֵיךְ קְרָאָם 'בְּנֵי צָדוֹק' וְעוֹד כִּי אֵין עֲבוֹדָה אֶלָּא בַּכֹּהֲנִים וְלֹא בִּלְוִיִּם עַד כָּאן הֲרֵי מְפֹורָשׁ כַּוָּנַת רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל שֶׁאָמַר לֹא מָצִינוּ בְּשׁוּם מָקוֹם שֶׁקָּרָא אֶל הַכֹּהֲנִים בְּשֵׁם לְוִיִּם אֶלָּא יְחֶזְקֵאל הַייְנוּ כִּי בְּכָל מָקוֹם יֵשׁ לְפָרֵשׁ כַּוָּנַת הַכָּתוּב לוֹמַר הַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם אַף עַל גַּב דְּלָא כְּתַב וָא"ו וּכְמוֹ דְּאָמַר אַבְרָהָם יִצְחָק וְיִשְׂרָאֵל, אַךְ כָּאן אִי אֶפְשָׁר לְפָרֵשׁ רְצוֹנוֹ לוֹמַר 'הַכֹּהֲנִים וְהַלְּוִיִּם' וְהָרוֹאֶה יִרְאֶה בַּמִּקְרָאוֹת שֶׁזָּכַרְתִּי דְּאִיכָּא מָקוֹם שֶׁאַתָּה מֻוכְרָח לְפָרְשׁוֹ הַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם בְּוָא"ו וְהוּא פָּסוּק נְחֶמְיָה סִימָן יוֹ"ד וּשְׁאָר הָעָם הַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם הַשּׁוֹעֲרִים הַמְשֹׁרְרִים (נְחֶמְיָה י, כט) וְכָאן מֻוכְרָח לְפָרֵשׁ הַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם בְּוָא"ו דְּהַכֹּהֲנִים אָסוּר לָהֶם לִהְיוֹת שׁוֹעֲרִים וּמְשׁוֹרְרִים וְלָכֵן מֻוכְרָח לְפָרֵשׁ וְהַלְוִיִּם הַשּׁוֹעֲרִים הַמְשׁוֹרְרִים. מִיהוּ הָא קַשְׁיָא מַה שֶׁאָמַר בְּיִרְמְיָה סִימָן ל"ג וְלַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם לֹא יִכָּרֵת אִישׁ מִלְּפָנָי מַעֲלֶה עוֹלָה וּמַקְטִיר מִנְחָה (יִרְמְיָה לג, יח) וְכָאן אִי אֶפְשָׁר לְפָרֵשׁ וְהַלְוִיִּם דְּהָא לֵוִי שֶׁעָבַד עֲבוֹדָה חַייָּב מִיתָה כִּדְאִיתָא בַּעֲרָכִין (עֲרָכִין יא:) לֹא יָמֻתוּ גַם הֵם גַּם אַתֶּם (בַּמִּדְבָּר יח, ג) אַתֶּם בְּשֶׁלָּהֶם וְהֵם בְּשֶׁלָּכֶם בְּמִיתָה, וְאִם כֵּן בְּעַל כָּרְחוֹ צָרִיךְ לְפָרֵשׁ דְּמִשְׁתַּעֵי בְּכֹהֲנִים בִּלְבַד וְקָרֵי לְהוּ לְוִיִּם, וְאִם כֵּן אֵיךְ אָמַר רַבֵּינוּ זַ"ל לֹא מָצִינוּ בְּשׁוּם מָקוֹם שֶׁקָּרָא אֶל הַכֹּהֲנִים בְּשֵׁם לְוִיִּם אֶלָּא יְחֶזְקֵאל, וְהָא אִיכָּא הַאי קְרָא דְּמֻוכְרָח אַתָּה לְפָרְשׁוֹ שֶׁקָּרָא אֶת הַכֹּהֲנִים בְּשֵׁם לְוִיִּם? וְיֵשׁ לְיַישֵּׁב דְּהַאי קְרָא דִּיחֶזְקֵאל מְפֹורָשׁ יוֹתֵר מִשּׁוּם דְּקָאָמַר 'בְּנֵי צָדוֹק' אֲבָל אוֹתוֹ פָּסוּק דְּיִרְמְיָה סִימָן ל"ג הוּא מִדִּיּוּקָא דְּהִלְכְתָא דְּקַיְימָא לָן שֶׁאָסוּר לְלֵוִי לַעֲבֹוד עֲבוֹדָה וְהָכִי קָאָמַר רַבֵּינוּ זַ"ל לֹא מָצִינוּ בְּשֵׁם מָקוֹם שֶׁקָּרָא אֶל הַכֹּהֲנִים בְּשֵׁם לְוִיִּם לַהֲדֵיהּ בְּפֵירוּשׁ אֶלָּא יְחֶזְקֵאל הַנָּבִיא ע"ה.
R. Yehochoua ben Levi dit : en vingt-quatre endroits les Cohanim sont appelés 'Leviim', et celui-ci est l'un d'eux : 'Et les Cohanim, les Leviim, fils de Tsadok' (Ézéchiel 44:15). J'ai cherché à voir où les Cohanim sont appelés 'Leviim' et j'ai trouvé un verset dans la paracha Choftim : 'et tu viendras vers les Cohanim, les Leviim' (Deut. 17:9) ; et encore là : 'et il écrira pour lui cette copie de la Torah sur un livre, devant les Cohanim, les Leviim' (Deut. 17:18) ; et encore : 'il n'y aura pas pour les Cohanim, les Leviim, toute la tribu de Levi, de part ni d'héritage' (Deut. 18:1) ; et encore dans la paracha Ki Tetse : 'selon tout ce que vous enseigneront les Cohanim, les Leviim' (Deut. 24:8) ; et encore dans le livre de Josué, chap. 3 : 'et les Cohanim, les Leviim, la portant' (Josué 3:3) ; et encore au chap. 8 : 'face aux Cohanim, les Leviim' (Josué 8:33) ; et encore dans Jérémie, chap. 33 : 'et pour les Cohanim, les Leviim, il ne manquera pas un homme devant Moi' (Jérémie 33:18) ; et encore dans Chroniques I : 'les Cohanim, les Leviim et les Netinim' (I Chroniques 9:2) ; et encore dans Chroniques II, chap. 23 : 'et Yehoyada plaça les charges de la Maison de l'Éternel entre les mains des Cohanim, les Leviim' (II Chroniques 23:18) ; et encore là, au chap. 30 : 'et les Cohanim, les Leviim, se levèrent et bénirent le peuple' (II Chroniques 30:27) ; voilà dix versets, et avec le verset qu'évoque R. Yehochoua ben Levi du livre d'Ézéchiel, voilà onze ; peut-être en trouvera-t-on encore. Et ici il dit qu'ils sont vingt-quatre, et il est difficile d'en trouver vingt-quatre si l'on cherche ; il se peut que ce soit une erreur dans la version imprimée. Or la chose est étonnante, car j'ai vu chez notre maître le Ari zal, dans le Chaar ha-Peçoukim sur Ézéchiel, au verset 'Fils d'homme, tiens-toi sur tes pieds et Je te parlerai' (Ézéchiel 2:1), et voici ses termes : par ceci aussi tu comprendras ce qu'il dit plus loin 'et les Cohanim, les Leviim, fils de Tsadok', car c'est un étonnement : nous ne trouvons nulle part que [l'Écriture] ait appelé les Cohanim du nom de 'Leviim', sinon Ézéchiel ; et il est impossible de dire que les Cohanim et aussi les Leviim entreraient servir au Temple, car les Leviim ne sont pas du tout 'fils de Tsadok' — comment donc les appelle-t-il 'fils de Tsadok' ? Et de plus, il n'y a de service [sacrificiel] que par les Cohanim et non par les Leviim ! Mais la chose s'explique par ce que nous avons dit : au commencement, le service était [confié] aux aînés, car à eux revenait le droit du sacerdoce ; et lorsqu'ils fautèrent [au veau d'or], il fut donné aux fils d'Aharon, les Cohanim. Or Caïn est l'aîné, et s'il en avait été digne, il aurait eu les trois couronnes mentionnées, dont l'une est le sacerdoce, comme dit le verset 'n'est-il pas vrai que si tu t'améliores, [il y aura] élévation' (Genèse 4:7), à l'image de 'et Aharon leva ses mains vers le peuple et les bénit' (Lévitique 9:22) ; et puisque Caïn fauta, il perdit son droit d'aînesse et son sacerdoce, qui furent donnés à son frère Hevel — et comme je te l'ai fait savoir, Aharon est de la racine de Hevel. Or Caïn relève des Guevourot (rigueurs) et Hevel des Hassadim (bontés), et il eût été convenable que les Guevourot, qui sont Caïn l'aîné, fussent supérieures aux Hassadim ; c'est pourquoi les Leviim, qui relèvent des Guevourot de Caïn, auraient dû être Cohanim et détenir la couronne du sacerdoce, tandis que les Cohanim, qui relèvent de la racine de Hevel, auraient dû être Leviim — mais par la faute de Caïn la chose fut inversée, à l'image de ce qui est connu au sujet de Moché et Aharon, comme l'ont dit nos Sages sur le verset 'n'y a-t-il pas Aharon ton frère, le Levi' (Exode 4:14). C'est pourquoi, dans l'avenir, lorsque les âmes de la racine de Caïn auront été purifiées des kelipot (écorces) et rectifiées, Caïn reviendra prendre le droit d'aînesse qui lui revient ; ce que maintenant les Cohanim accomplissaient [comme service], ce seront alors les Leviim qui l'accompliront dans le sacerdoce, de sorte que les Cohanim redeviendront Leviim et les Leviim seront Cohanim — et c'est le sens de 'et les Cohanim, les Leviim, fils de Tsadok' : les Cohanim qui serviront dans le sacerdoce à l'avenir seront de ceux qui maintenant étaient Leviim, et ces Leviim qui [le sont] maintenant seront alors Cohanim, fils de Tsadok, car alors s'accomplira le verset 'n'est-il pas vrai que si tu t'améliores, [il y aura] élévation'. Et si cette prophétie [fut donnée] par Ézéchiel le prophète, la paix sur lui, c'est parce qu'aucun prophète n'a prophétisé sur le service de l'avenir, sinon lui, car il relève de la racine de Caïn dont il rectifia entièrement le défaut et mérita d'être Cohen ; c'est pourquoi il prophétisa sur tout le reste de la racine de Caïn, qui seront Cohanim dans l'avenir — fin de ses termes, vois-y. À première vue, la chose est étonnante : comment notre maître zal a-t-il pu dire 'nous ne trouvons nulle part que [l'Écriture] ait appelé les Cohanim du nom de Leviim sinon Ézéchiel', alors qu'ici R. Yehochoua ben Levi dit qu'en vingt-quatre endroits les Cohanim sont appelés 'Leviim', et que moi, [son] serviteur, j'ai apporté les dix versets susmentionnés ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que bien qu'on trouve dans plusieurs versets 'les Cohanim, les Leviim', on peut interpréter l'intention de l'Écriture comme disant 'les Cohanim et les Leviim' — car [le verset] parle des deux [groupes], et son intention n'est pas d'appeler les Cohanim du nom de 'Leviim' ; il y a un cas semblable dans les versets, comme 'Abraham, Its'hak et Yaakov', où le vav manque devant 'Its'hak', comme s'il disait 'Abraham et Its'hak' ; de même ici, il veut dire 'les Cohanim et les Leviim', parlant des deux. Mais le verset d'Ézéchiel qui dit 'et les Cohanim, les Leviim, fils de Tsadok', on ne peut l'interpréter comme parlant des deux et voulant dire 'les Cohanim et les Leviim', puisqu'il dit 'fils de Tsadok', et que les Leviim ne sont pas fils de Tsadok ; force est donc d'interpréter qu'il appelle les Cohanim du nom de 'Leviim'. Cela ressort explicitement des termes de notre maître, qui écrit : 'il est impossible d'interpréter et de dire que les Cohanim et aussi les Leviim entreraient servir au Temple, car les Leviim ne sont pas du tout fils de Tsadok — comment donc les appelle-t-il fils de Tsadok ? Et de plus, il n'y a de service que par les Cohanim et non par les Leviim' — fin ; voici donc explicitée l'intention du Ari zal quand il dit 'nous ne trouvons nulle part que [l'Écriture] ait appelé les Cohanim du nom de Leviim sinon Ézéchiel' : c'est-à-dire qu'en tout [autre] endroit on peut interpréter l'intention de l'Écriture comme 'les Cohanim et les Leviim', bien que le vav ne soit pas écrit, comme 'Abraham, Its'hak et Israel' ; mais ici il est impossible d'interpréter 'les Cohanim et les Leviim'. Et qui regardera verra, dans les versets que j'ai mentionnés, qu'il est un endroit où tu es forcé d'interpréter 'les Cohanim, les Leviim' avec un vav : c'est le verset de Néhémie chap. 10 'et le reste du peuple, les Cohanim, les Leviim, les portiers, les chantres' (Néhémie 10:29) — là, on est forcé d'interpréter 'les Cohanim et les Leviim' avec un vav, car il est interdit aux Cohanim d'être portiers et chantres, et il faut donc interpréter 'et les Leviim [qui sont] les portiers, les chantres'. Toutefois, voici une difficulté : ce qui est dit dans Jérémie chap. 33 'et pour les Cohanim, les Leviim, il ne manquera pas un homme devant Moi offrant un holocauste et faisant fumer une oblation' (Jérémie 33:18) — là, on ne peut interpréter 'et les Leviim', car un Levi qui accomplit le service [sacrificiel] est passible de mort, comme [dit] dans Arakhin (11b) sur 'qu'ils ne meurent pas, ni eux ni vous' (Nombres 18:3) — 'eux' [dans le service] des leurs [des Cohanim] et 'vous' [dans le service] des vôtres [des Leviim], passibles de mort ; force est donc d'interpréter qu'il parle des Cohanim seuls et les appelle 'Leviim'. Si tel est le cas, comment notre maître zal a-t-il dit 'nous ne trouvons nulle part que [l'Écriture] ait appelé les Cohanim du nom de Leviim sinon Ézéchiel', alors qu'il y a ce verset [de Jérémie] qu'on est forcé d'interpréter comme appelant les Cohanim du nom de 'Leviim' ? On peut résoudre [ainsi] : ce verset d'Ézéchiel est plus explicite, du fait qu'il dit 'fils de Tsadok' ; mais ce verset de Jérémie chap. 33 [ne s'interprète ainsi] que par la déduction de la halakha, car nous tenons qu'il est interdit à un Levi d'accomplir le service. Et voici ce que veut dire notre maître zal : 'nous ne trouvons nulle part que [l'Écriture] ait appelé les Cohanim du nom de Leviim de façon explicite, sinon Ézéchiel le prophète, la paix sur lui'.
💡 Explication

Restait à inclure les Cohanim (dont Aharon) dans l'assimilation. R. Yehochoua ben Levi : en vingt-quatre endroits l'Écriture appelle les Cohanim 'Leviim' ; ainsi 'les Cohanim, les Leviim, fils de Tsadok' (Ézéchiel 44:15). Les Cohanim sont donc compris dans 'ha-Leviim' et exemptés eux aussi.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).