Bekhorot 51b — le rachat du premier-né par billet, le kohen qui rend le rachat, la responsabilité du père, et la part double du premier-né

Bekhorot 51b

Sougya : La sougya poursuit les lois du pidyon ha-ben (rachat du premier-né pour cinq sela). Oulla enseigne que, selon la loi de la Torah, le fils est racheté dès que le père verse l'argent, même après avoir signe un simple billet (chetar) ; s'il n'est pas racheté par le billet, c'est un décret rabbinique, de peur qu'on ne finisse par racheter avec un titre de créance — et la halakha tranche que le fils n'est pas racheté.

La Guemara montre ensuite que le kohen peut rendre les cinq sela en cadeau (comme le faisaient R. Tarfon et R.

Hanina), à condition que le père ait donné d'un cœur entier. Puis elle démontre, par deux guezerot chavot (erekh-erekh depuis Arakhin ; reikam-reikam depuis l'offrande de comparution), que le père reste financièrement responsable de l'argent perdu et que les héritiers restent tenus après son décès — Rav Papa objectant qu'il suffit du verset cité dans la michna.

Enfin s'ouvre une nouvelle michna : le premier-né prend une part double dans les biens du père, mais non dans ceux de la mère, ni dans la plus-value, ni dans ce qui est seulement 'à échoir' (ra'ouy) comme dans ce qui est déjà possédé (mouhzak).

Le père écrit un billet (chetar) de 5 sela au kohen Question : le fils est-il racheté (padoui) par ce billet de reconnaissance de dette ? Din Torah (loi de la Torah) Din rabbanan (décret des Sages) Oulla : le fils est padoui DÈS QUE le père donne l'argent le billet vaut engagement à payer le fils N'EST PAS padoui guezera : de peur qu'on ne dise "on rachète par un billet" (chetar de créance sur un tiers) Halakha tranchée : le fils N'EST PAS racheté (ein beno padoui)
Rachat par un billet (chetar) : loi de la Torah vs décret des Sages (segments 1-2).
Le kohen rend les 5 sela au père : quand le fils reste-t-il racheté ? Le père donne les 5 sela au kohen Le kohen prend, puis rend (matana) R. Tarfon, R. Hanina Don PLEIN puis retour Don CONDITIONNÉ au retour le père donne d'un cœur entier (gomer be-libo li-ten) le fils EST racheté ; le retour n'est qu'un cadeau ultérieur le père n'a pas résolu de donner (cas de l'homme qui fait les cent pas) "midaam bich" — le fils N'EST PAS racheté
Le kohen rend les cinq sela : don plein vs don conditionné (segments 3-5).
D'où vient que le père reste responsable (hayav be-aharayout) ? Il a mis de côté l'argent du rachat et l'a perdu — OU le fils meurt après 30 jours sans avoir payé Rech Lakich — guezera chava Rav Dimi / R. Yonatan — g. chava "erekh" (bekhor, Nb 18:16) = "erekh" (Arakhin, Lv 27:23) comme pour les évaluations (arakhin) on est responsable jusqu'à remise au trésorier "reikam" (bekhor, Ex 34:20) = "reikam" (olat reiya, Ex 23:15) comme pour l'offrande de comparution on est responsable, de même pour le pidyon Rav Papa objecte : "un verset à l'appui d'un verset ?!" La raison est déjà dans la michna : "akh pado tifde" (Nb 18:15) — à toi de racheter
La responsabilité du père : les deux guezerot chavot et l'objection de Rav Papa (segments 6-10).
La part double du bekhor (pi chnayim) : ce qu'il prend et ce qu'il ne prend pas IL PREND double IL NE PREND PAS double - dans les biens du père (nikhsei ha-av) - sur ce que le père possédait effectivement (be-mouhzak) - dans les biens de la mère (nikhsei ha-em / nikhsei melog) - dans la plus-value postérieure au décès (chevah) - sur ce qui est seulement "à échoir" (ra'ouy), pas encore possédé
La part double du premier-né dans l'héritage (segment 11).
1
וְלֹא הֶקְדֵּשׁוֹת בְּכָל אֵלּוּ.

Et non plus les biens consacrés (hekdechot) ne se rachètent par tous ceux-là (esclaves, actes et terrains).

📜 Rachi (1)
וְלֹא הֶקְדֵּשׁוֹת נִפְדִּין בְּכָל אֵלּוּ בַּעֲבָדִים שְׁטָרוֹת וְקַרְקָעוֹת. וְהָתָם נָפְקָא לָן מִקְּרָאֵי בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים בְּפָרָשַׁת עֲרָכִין:
Et les biens consacrés ne se rachètent par aucun de ceux-là — par des esclaves, des actes et des terrains ; et là, on le déduit de versets dans le Torat Kohanim, à la parachat Arakhin (des évaluations).
💡 Explication

Fin de la michna précédente : de même qu'on ne peut acquérir certaines choses par des esclaves cananéens, des actes (chetarot) ou des terrains, de même les biens consacrés au Temple (hekdechot) ne peuvent être rachetés par ces mêmes moyens — seulement par de l'argent liquide.

La Guemara précise que cette règle se déduit de versets, dans le Torat Kohanim, à la section des évaluations (arakhin).

2
כָּתַב לְכֹהֵן שֶׁהוּא חַייָּב לוֹ חֲמִשָּׁה סְלָעִים חַיָּיב לִיתֵּן לוֹ כּוּ׳. אָמַר עֻולָּא: דְּבַר תּוֹרָה בְּנוֹ פָּדוּי, מַאי טַעְמָא אֵין בְּנוֹ פָּדוּי? גְּזֵירָה שֶׁמָּא יֹאמְרוּ פּוֹדִין בִּשְׁטָר.

« Il a écrit au kohen qu'il lui doit cinq sela : il est tenu de les lui donner, [mais son fils n'est pas racheté] », etc. Oulla dit : selon la loi de la Torah (davar Torah), son fils est racheté [dès qu'il donne].

Pour quelle raison [les Sages ont-ils dit que] son fils n'est pas racheté ? C'est un décret (guezera), de peur qu'on ne dise : on rachète par un billet (chetar).

📜 Rachi (1)
שֶׁמָּא יֹאמְרוּ פּוֹדִין בִּשְׁטָרוֹת אֲפִי' אֵין נוֹתְנִין כְּלוּם אִי נָמֵי בִּשְׁטָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ עַל חֲבֵירוֹ:
De peur qu'on ne dise : on rachète par des billets — [c'est-à-dire] même sans rien donner du tout ; ou bien, [qu'on rachète] par un billet [de créance] qu'il détient sur autrui.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר עֻולָּא דְּבַר תּוֹרָה בְּנוֹ פָּדוּי לִכְשֶׁיִּתֵּן לִכְאוֹרָה מַשְׁמַע בְּרֵישׁ הַנּוֹשֵׂא (כְּתֻובּוֹת דַּף קא:) דְּלֵיתָא לִדְעֻולָּא אֶלָּא לְרֵישׁ לָקִישׁ וְיֵשׁ לְייַשֵּׁב דְּאִיתָא אַפֵּי' לְר' יוֹחָנָן:
« Oulla dit : selon la loi de la Torah son fils est racheté dès qu'il donnera » — à première vue, il ressort du début de [chapitre] Ha-nosse (Ketoubot 101b) que l'opinion de Oulla ne tient que selon Rech Lakich [et non selon R. Yo'hanan] ; mais on peut concilier [et dire] qu'elle tient même selon Rabbi Yo'hanan.
💡 Explication

La michna : un père qui, au lieu de payer, écrit au kohen un billet (chetar) reconnaissant une dette de cinq sela est tenu de payer, mais son fils n'est pas racheté. Oulla nuance : selon la loi stricte de la Torah, le fils est racheté dès lors que le père verse effectivement l'argent en exécution du billet.

Si les Sages disent malgré tout qu'il n'est pas racheté, c'est un décret rabbinique (guezera) : on craint qu'à force on n'en vienne à croire qu'on peut racheter avec le billet lui-même (un titre de créance sur un tiers), alors que la Torah exige de l'argent réel.

🖼️ Schéma
Le père écrit un billet (chetar) de 5 sela au kohen Question : le fils est-il racheté (padoui) par ce billet de reconnaissance de dette ? Din Torah (loi de la Torah) Din rabbanan (décret des Sages) Oulla : le fils est padoui DÈS QUE le père donne l'argent le billet vaut engagement à payer le fils N'EST PAS padoui guezera : de peur qu'on ne dise "on rachète par un billet" (chetar de créance sur un tiers) Halakha tranchée : le fils N'EST PAS racheté (ein beno padoui)
Rachat par billet : loi de la Torah (Oulla) vs décret des Sages.
3
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן: בְּנוֹ פָּדוּי לִכְשֶׁיִּתֵּן. אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן: זוֹ דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה (סַתֵּימְתָּא) [סְתִימָתָאָה], וְאָמְרִי לָהּ: זוֹ דִּבְרֵי רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סְתִימְתָּאָה, אֲבָל חֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין בְּנוֹ פָּדוּי. וְהִלְכְתָא: אֵין בְּנוֹ פָּדוּי.

Un tanna enseigna [une baraita] devant Rav Nahman : son fils est racheté dès qu'il donnera. Rav Nahman lui dit : cela, ce sont les paroles de Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, [énoncées] de manière anonyme (setoumatha) ; et certains disent : cela, ce sont les paroles de Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, [énoncées] anonymement ; mais les Sages (Hakhamim) disent : son fils n'est pas racheté.

Et la halakha [est] : son fils n'est pas racheté.

📜 Rachi (1)
בְּנוֹ פָּדוּי לִכְשֶׁיִּתֵּן שֶׁהֲרֵי נָתַן הַפִּדְיוֹן:
Son fils est racheté dès qu'il donnera — car il a bien donné le rachat.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל חֲכָמִים אוֹמְרִים אֵין בְּנוֹ פָּדוּי תֵּימַהּ דְּמַתְנִי' נָמֵי קָתָנֵי חַיָּיב לִיתֵּן לוֹ וּבְנוֹ אֵינוֹ פָּדוּי וְיֵשׁ לִדְחוֹת דְּאָמַר אֵינוֹ פָּדוּי עַד שֶׁיִּתֵּן לוֹ וְאָתֵי מַתְנִיתִין לְאַשְׁמוֹעֵי' דַּאֲפִילּוּ זְקָפָם עָלָיו בְּמִלְוֶה לָא הֲוָה כְּאִילּוּ קִבְּלָם הַכֹּהֵן וְחָזַר וְהִלְוָה לוֹ וְאִם מְחָלָם הַכֹּהֵן אֵינוֹ פָּדוּי עַד שֶׁיִּתֵּן:
« Mais les Sages disent : son fils n'est pas racheté » — c'est étonnant, car la michna aussi enseigne 'il est tenu de les lui donner et son fils n'est pas racheté' [donc les Sages semblent d'accord avec la baraita] ! On peut écarter [la difficulté] : [les Sages] disent 'il n'est pas racheté tant qu'il ne [le] lui a pas donné', et la michna vient justement enseigner que même s'il a converti [la dette] en prêt [inscrit] contre lui, ce n'est pas comme si le kohen l'avait reçu puis le lui avait reprêté ; et si le kohen [la] lui remet [la dette], il n'est pas racheté tant qu'il ne [le] lui a pas donné [réellement].
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר עֻולָּא דְּבַר תּוֹרָה בְּנוֹ פָּדוּי לִכְשֶׁיִּתֵּן. וּמַה טַעַם אָמְרוּ אֵין בְּנוֹ פָּדוּי. גְּזֵירָה שֶׁמָּא יֹאמְרוּ פּוֹדִין בִּשְׁטָרוֹת. וְכֵן אָמַר רַב שֵׁשֶׁת אֵין בְּנוֹ פָּדוּי גְּזֵירָה שֶׁמָּא יֹאמְרוּ פּוֹדִין בִּשְׁטָרוֹת. וְכֵן אָמַר רַב שֵׁשֶׁת בְּנוֹ פָּדוּי לִכְשֶׁיִּתֵּן. תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן בְּנוֹ פָּדוּי לִכְשֶׁיִּתֵּן. אֲמַר לֵיהּ זוֹ דִּבְרֵי ר בֵּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה סְתִימְתָּאָה אֲבָל חֲכָמִים אוֹמְרִים אֵין בְּנוֹ פָּדוּי. וְהִלְכְתָא אֵין בְּנוֹ פָּדוּי. לְפִיכָךְ אִם רָצָה הַכֹּהֵן לִיתֵּן לוֹ בְּמַתָּנָה רַשַּׁאי. תְּנֵינָא לְהָא דת"ר נְתָנוֹ לַעֲשָׂרָה כֹּהֲנִים בְּבַת אַחַת יָצָא. בְּזֶה אַחַר זֶה יָצָא. נְטָלוֹ וְהֶחְזִירוֹ לוֹ יָצָא. וְכֵן הָיָה מִנְהָגוֹ שֶׁל רַבִּי טַרְפוֹן שֶׁהָיָה נוֹטֵל וּמַחְזִיר. וּכְשֶׁשָּׁמְעוּ חֲכָמִים בַּדָּבָר אָמְרוּ אַף קִיֵּים זֶה הֲלָכָה זוֹ. רַב חֲנַנְיָא הֲוָה רָגִיל דַּהֲוָה שְׁקִיל וּמַחֲזִיר חַזְיֵיהּ לְהָהוּא גַּבְרָא דַּהֲוָה אָזֵיל וְאָתֵי לְקַמֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ לָא גְּמַרְתְּ וִיהֵבְתְּ מִדַּעַם בִּישׁ עֲבַדְתְּ הִלְכָּךְ אֵין בִּנְךָ פָּדוּי דְּאִי נָמֵי לָא מַהְדַּרְנָא לָךְ אֵין בִּנְךָ פָּדוּי. וא"ת מ"ש מִמַּתָּנָה עַל מְנָת לְהַחֲזִיר דְּאָמַר בפ"ק דְּקִידּוּשִׁין דַּף ו: שֶׁבְּנוֹ פָּדוּי וכ"ש זֶה שֶׁלֹּא הִתְנָה אֶלָּא בְּלִבּוֹ הָיָה שֶׁיַּחֲזִיר לוֹ. וי"ל שַׂר' חֲנִינָא לֹא רָצָה לִזְכּוֹת אֶלָּא בְּמַתָּנָה גְּמוּרָה שֶׁלֹּא לְשַׁחֵת אֶת בְּרִית הַלֵּוִי. וְתֵימַהּ כֵּיוָן דְּרַבִּי טֵרָפוֹן וְר' חֲנִינָא מַחֲזִירִין בְּכָל שָׁעָה נִמְצְאוּ מַשְׁחִיתִין אֶת בְּרִית הַלֵּוִי. שֶׁיַּפְסִידוּ שְׁאָר כֹּהֲנִים שֶׁלֹּא יִתְּנוּ אֶלָּא לָהֶם מִפְּנֵי שֶׁרְגִילִין לְהַחֲזִיר. וְי"ל כֵּיוָן דְּהַנּוֹתֵן אֵינוֹ יוֹדֵעַ בְּשָׁעָה שֶׁהוּא נוֹתֵן אִם יַחֲזִירֶנּוּ לוֹ אִם לָאו לָא קָרֵינָא בֵיהּ וְשֶׁחֲתַם אֶת בְּרִית הַלֵּוִי. וּמַה שֶׁמַּחֲזִירִין לוֹ אַחַר כָּךְ מַתָּנָה בְּעָלְמָא הוּא דְּיָהֵיב לֵיהּ. וְגַם שֶׁמָּא לֹא הָיוּ מַחֲזִירִין בְּכָל פַּעַם אֶלָּא לַעֲנִיִּים דַּוְקָא.
Guemara. Oulla dit : selon la loi de la Torah, son fils est racheté dès qu'il donnera. Et quelle est la raison pour laquelle ils ont dit que son fils n'est pas racheté ? Un décret, de peur qu'on ne dise : on rachète par des billets. Et de même Rav Chechet a dit : son fils n'est pas racheté, [c'est] un décret de peur qu'on ne dise 'on rachète par des billets'. Et de même Rav Chechet a dit : son fils est racheté dès qu'il donnera. Un tanna enseigna devant Rav Nahman : son fils est racheté dès qu'il donnera. Il lui dit : cela, ce sont les paroles de Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, [énoncées] anonymement, mais les Sages disent : son fils n'est pas racheté. Et la halakha [est] : son fils n'est pas racheté. C'est pourquoi, si le kohen a voulu les lui donner en cadeau, il en a le droit. Nous avons déjà appris ce qu'ont enseigné nos maîtres : s'il les a donnés à dix kohanim en une seule fois — il s'est acquitté ; l'un après l'autre — il s'est acquitté ; [le kohen] les a pris et les lui a rendus — il s'est acquitté. Et telle était la coutume de Rabbi Tarfon, qui prenait et rendait ; et quand les Sages entendirent la chose, ils dirent : celui-ci a accompli aussi cette halakha. Rav Hanina avait coutume de prendre et de rendre ; il vit un certain homme qui allait et venait devant lui ; il lui dit : tu n'as pas résolu de donner, tu as fait une mauvaise chose (midaam bich), par conséquent ton fils n'est pas racheté, car même si je ne te [les] rends pas, ton fils n'est pas racheté. Et si tu demandes : en quoi est-ce différent du 'don à condition de rendre' (matana al menat le-hahazir), dont on dit au premier chapitre de Kidouchin (6b) que son fils est racheté — et à plus forte raison ici, où il n'a posé aucune condition, mais où seulement dans son cœur il [entendait] qu'on le lui rende ? On peut répondre : R. Hanina ne voulait acquérir que par un don plein, afin de ne pas détruire l'alliance de Levi. Et il est étonnant que, R. Tarfon et R. Hanina rendant à chaque instant, ils se trouvent détruire l'alliance de Levi, en lésant les autres kohanim — [les pères] ne donnant qu'à eux parce qu'ils ont l'habitude de rendre ! On peut répondre : puisque le donateur ne sait pas, au moment où il donne, s'il le lui rendra ou non, on n'applique pas [le verset] 'ils ont détruit l'alliance de Levi' ; et ce qu'ils lui rendent ensuite n'est qu'un simple cadeau qu'ils lui donnent. Et peut-être aussi ne rendaient-ils à chaque fois qu'aux pauvres précisément.
💡 Explication

La baraita anonyme ('son fils est racheté quand il paiera') n'exprime pas l'avis général : Rav Nahman l'attribue à un tanna isolé (R. Yossi b. Yehouda ou R. Elazar b. Chimon), dont la position a été rapportée sans nom (setam).

Face à eux, les Hakhamim soutiennent que le fils n'est pas racheté — et c'est ainsi que tranche la halakha.

4
לְפִיכָךְ אִם רָצָה הַכֹּהֵן לִיתֵּן לוֹ בְּמַתָּנָה — רַשַּׁאי. תְּנִינָא לְהָא דְתָנוּ רַבָּנַן: נְתָנוֹ לַעֲשָׂרָה כֹּהֲנִים בְּבַת אַחַת — יָצָא, בְּזֶה אַחַר זֶה — יָצָא, נְטָלוֹ וְהֶחֱזִירוֹ לוֹ — יָצָא.

« C'est pourquoi, si le kohen a voulu les lui donner en cadeau (matana) — il en a le droit. » Nous avons appris [dans notre michna] ce que les Sages ont enseigné [dans une baraita] : s'il [les] a donnés à dix kohanim en une seule fois — il s'est acquitté ; l'un après l'autre — il s'est acquitté ; [le kohen] les a pris et les lui a rendus — il s'est acquitté.

📜 Rachi (3)
בְּבַת אַחַת שֶׁהִנִּיחַ לִפְנֵי כֻּולָּן חָמֵשׁ סְלָעִים וְהָלַךְ לוֹ:
En une seule fois — il a déposé devant eux tous cinq sela puis s'en est allé.
בְּזֶה אַחַר זֶה וּלְכֹהֵן אַחֵר הָכִי תַּנְיָא לֵיהּ בַּתּוֹסֶפְתָּא. יָצָא:
L'un après l'autre — [il les donne] à un autre kohen ; ainsi est-ce enseigné dans la Tossefta : il s'est acquitté.
נְטָלָן הַכֹּהֵן וְהֶחֱזִירָן לוֹ יָצָא:
[Le kohen] les a pris — et les lui a rendus : il s'est acquitté.
💡 Explication

Puisque le rachat appartient pleinement au kohen, celui-ci peut librement rendre les cinq sela au père en cadeau. La Guemara note que la michna énonce déjà implicitement une baraita :

Le père peut déposer les cinq sela devant dix kohanim à la fois (l'un d'eux les prend), ou les donner successivement à plusieurs, ou encore les remettre à un kohen qui les lui rend aussitôt : dans tous ces cas le rachat est valable.

5
וְכָךְ הָיָה מִנְהָגוֹ שֶׁל רַבִּי טַרְפוֹן, שֶׁהָיָה נוֹטֵל וּמַחֲזִיר. וּכְשֶׁשָּׁמְעוּ חֲכָמִים בַּדָּבָר אָמְרוּ: קִיֵּים זֶה הֲלָכָה זוֹ. הֲלָכָה זוֹ וְתוּ לָא? אֶלָּא, קִיֵּים זֶה אַף הֲלָכָה זוֹ.

Et telle était la coutume de Rabbi Tarfon, qui prenait et rendait. Et quand les Sages entendirent la chose, ils dirent : celui-ci a accompli cette halakha.

[Seulement] cette halakha, et rien de plus ? Plutôt : celui-ci a accompli aussi cette halakha[-là].

📜 Rachi (1)
ר' טִרְפוֹן כֹּהֵן הָיָה:
R. Tarfon — il était kohen.
💡 Explication

R. Tarfon, qui était kohen, avait pour habitude de prendre le rachat puis de le rendre (par bienveillance envers les pères). En l'apprenant, les Sages louèrent : 'il a accompli cette halakha'.

La Guemara affine la formule : R. Tarfon n'a évidemment pas accompli 'seulement' cette règle ; il faut lire : il a accompli aussi cette halakha-là (parmi tant d'autres), en la mettant en pratique de façon exemplaire.

6
רַבִּי חֲנִינָא הֲוָה רְגִיל (וּשְׁקִיל) [דְּשָׁקִיל] וּמַהְדַּר, חַזְיֵיהּ לְהָהוּא גַּבְרָא דַּהֲוָה קָא אָזֵיל וְאָתֵי קַמֵּיהּ, אֲמַר לֵיהּ: לָא גָּמַרְתָּ וִיהִיבַת — מִידָּעַם בִּישׁ, הִילְכָּךְ אֵין בְּנוֹ פָּדוּי.

Rabbi Hanina avait coutume de prendre et de rendre. Il vit un certain homme qui allait et venait devant lui [pour lui faire signe de rendre l'argent].

Il lui dit : tu n'as pas résolu de donner [pleinement] — [c'est] une mauvaise chose (midaam bich) ; par conséquent, ton fils n'est pas racheté.

📜 Rachi (4)
ר' חֲנִינָא כֹּהֵן הָיָה:
R. Hanina — il était kohen.
אָזֵיל וְיָתֵיב קַמֵּיהּ כְּדֵי שֶׁיִּרְאֶנּוּ מְהַלֵּךְ וּבָא לְפָנָיו וְיַחֲזִיר לוֹ חָמֵשׁ סְלָעִים שֶׁנָּתַן בְּנוֹ:
Il allait et s'asseyait devant lui — afin qu'[R. Hanina] le voie faire les cent pas devant lui, et qu'il lui rende les cinq sela qu'il avait donnés pour son fils.
א"ל לֹא גָּמַרְתָּ וְנָתַתָּ נְתִינָה גְּמוּרָה אֶלָּא כְּדֵי שֶׁאַחֲזִירֵם לְךָ:
Il lui dit : tu n'as pas résolu de donner — [ce n'était] pas un don plein, mais seulement pour que je te les rende.
מִידָּעַם בִּישׁ עֲבַדְתְּ דָּבָר רַע עָשִׂיתָ הִלְכָּךְ אֵין בִּנְךָ פָּדוּי אִם אַחֲזִירֵם. לָשׁוֹן אַחֵר אֲפִילּוּ לֹא אַחֲזִירֵם אֵין בִּנְךָ פָּדוּי:
Tu as fait une mauvaise chose — 'midaam bich' [=] une mauvaise chose tu as faite ; par conséquent ton fils n'est pas racheté si je te les rends. Autre version : même si je ne te les rends pas, ton fils n'est pas racheté.
🗂️ Tossefot (2)
אֲמַר לֵיהּ לָא גְּמַרְתְּ וִיהֵבְתְּ מִידַּעַם בִּישׁ עֲבַדְתְּ וְיֵשׁ לְפָרֵשׁ מִידָּעַם לְשׁוֹן מְאוּמָה דִּמְתַרְגְּמִינַן מִידָּעַם כְּלוֹמַר לָא גְּמַרְתְּ וִיהֵבְתְּ מִידַּעַם וְעוֹד יֵשׁ לְפָרֵשׁ כֵּן מִידָּעַם בִּישׁ עֲבַדְתְּ כְּלוֹמַר דָּבָר רַע עֲבַדְתְּ דְּמִתַּרְגְּמֵי' דְּבַר רַע (מְלָכִים ב ד) כָּל מִידָּעַם בִּישׁ וְיֵשׁ סְפָרִים דְּלָא כָּתוּב בְּהוּ עֲבַדְתְּ אֶלָּא מִידָּעַם בִּישׁ וְתוּ לָא כְּלוֹמַר דְּבַר רַע הוּא כְּלוֹמַר דִּין עֵסֶק בִּישׁ:
« Il lui dit : tu n'as pas résolu de donner, tu as fait une mauvaise chose (midaam bich) » — on peut expliquer 'midaam' au sens de 'quoi que ce soit / rien' (meouma), que le Targoum traduit par 'midaam' : c'est-à-dire 'tu n'as pas résolu de donner quoi que ce soit'. On peut aussi l'expliquer ainsi : 'midaam bich avadta' = 'une mauvaise chose tu as faite', car le Targoum rend 'chose mauvaise' (davar ra, II Rois 4) par 'kol midaam bich'. Et il y a des livres [où] n'est pas écrit 'avadta' [tu as fait], mais seulement 'midaam bich' et rien de plus, c'est-à-dire 'c'est une mauvaise chose' — [autrement dit] 'voici une mauvaise affaire'.
הִלְכָּךְ אֵין בְּנוֹ פָּדוּי תֵּימַהּ מ"ש מִמַּתָּנָה עַל מְנָת לְהַחֲזִיר דְּאָמְרִינַן בפ"ק דְּקִדּוּשִׁין (דַּף ו:) דִּבְנוֹ פָּדוּי דְּמַסִּיק בְּכוּלְּהוּ קָנֵי וְי"ל דְּהָכָא רַבִּי חֲנִינָא לֹא הָיָה רוֹצֶה לִזְכּוֹת אֶלָּא בְּמַתָּנָה גְּמוּרָה דְּאָסְרִינַן הָתָם לַעֲשׂוֹת מִפְּנֵי שֶׁנִּרְאֶה כְּכֹהֵן הַמְסַיֵּיעַ בְּבֵית הַגְּרָנוֹת כִּדְנָפְקָא לָן לְעֵיל בְּפֶ' עַד כַּמָּה (בְּכוֹרוֹת דַּף כו:) מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר שֶׁחָתַם (אֶת) בְּרִית הַלֵּוִי ואע"פ שֶׁאוֹתוֹ סְתָם נָתַן לוֹ כְּפֵירֵשׁ עַל מְנָת שֶׁיַּחֲזִירוֹ לוֹ [כֵּיוָן] דְּאִיכָּא הֶיכֵּירָא לְמִילְּתָא וְאֵין זֶה דְּבָרִים שֶׁבַּלֵּב כְּמוֹ זַבֵּין וְלָא אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ לְזוּזֵי בְּפֶ' אַלְמָנָה (בִּכְתֻובּוֹת דַּף צז.) וּמִיהוּ קְצָת תֵּימַהּ דְּכֵיוָן שֶׁהָיוּ ר' טִרְפוֹן וְר' חֲנִינָא מַחֲזִירִין כָּל שָׁעָה נִמְצְאוּ מַשְׁחִיתִים בְּרִית הַלֵּוִי שֶׁיַּפְסִידוּ שְׁאָר כֹּהֲנִים שֶׁלֹּא יִתְּנוּ אֶלָּא לָהֶם מִפְּנֵי שֶׁהֵם רְגִילִים לְהַחֲזִיר וי"ל שֶׁאֵין הַנּוֹתֵן יוֹדֵעַ בְּשָׁעָה שֶׁנּוֹתֵן אִם יַחֲזִירוּ לוֹ וְלָא קָרֵינָא בֵיהּ שֶׁחָתַם בְּרִית הַלֵּוִי דְּמַה לָנוּ בְּמַה שֶׁיַּחֲזִיר לוֹ אַחַ"כּ וְגַם שֶׁמָּא לֹא הָיוּ מַחֲזִירִין אֶלָּא לַעֲנִיִּים וְלֹא לְאוֹתָם שֶׁהָיוּ דּוֹמִים לָהֶם לַעֲשִׁירִים:
« Par conséquent son fils n'est pas racheté » — c'est étonnant : en quoi est-ce différent du 'don à condition de rendre' (matana al menat le-hahazir) dont on dit au premier [chapitre] de Kidouchin (6b) que son fils est racheté, celui qui donne acquérant dans tous les cas [ce qui lui est remis] ? On peut répondre : ici, R. Hanina ne voulait acquérir que par un <b>don plein</b>, car [le don conditionné] est interdit là-bas [au kohen], parce qu'il paraît être 'un kohen qui prête main-forte dans les aires' [pour rafler les dons], comme on le déduit plus haut au [chapitre] 'Ad kama' (Bekhorot 26b) d'après 'ils ont détruit l'alliance de Levi' (Malachie 2:8). Et bien que le père ait donné sans condition [en apparence] tout en précisant en fait 'à condition qu'il me le rende' — [néanmoins,] puisqu'il y a un signe distinctif à la chose, ce ne sont pas 'des choses [restées] dans le cœur' [devarim che-ba-lev], comme dans le cas de 'celui qui vend parce qu'il a besoin d'argent' au [chapitre] 'Ha-almana' (Ketoubot 97a). Il subsiste cependant un léger étonnement : puisque R. Tarfon et R. Hanina rendaient à chaque fois, ils se trouvent détruire l'alliance de Levi, car ils lèsent les autres kohanim — [les pères] ne donnant qu'à eux parce qu'ils ont l'habitude de rendre ! On peut répondre : le donateur ne sait pas, au moment où il donne, s'ils le lui rendront ou non, de sorte qu'on n'applique pas [le verset] 'ils ont détruit l'alliance de Levi' — que nous importe ce qu'ils rendent ensuite ? Et peut-être aussi ne rendaient-ils qu'aux pauvres, et non à ceux qui, comme eux [les kohanim], étaient des gens aisés.
⚖️ Rosh (1)
מִי שֶׁנּוֹלַד לוֹ בֶּן בְּכוֹר חַייָּב לִפְדּוֹתוֹ בְּחָמֵשׁ סְלָעִים כֶּסֶף לְאַחַר שֶׁיִּהְיֶה בֶּן שְׁלֹשִׁים יוֹם כְּדִכְתִיב וּפְדוּיָו מִבֶּן חֹדֶשׁ תִּפְדֶּה. וְאַחַר שֶׁיִּהְיֶה בֶּן שְׁלֹשִׁים יוֹם יִפְדֶנּוּ מִיָּד לֹא יְאַחֵר מִצְוָתוֹ. כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים זַ"ל מְכִילְתָּא וּשְׁמַרְתֶּם אֶת הַמַּצּוֹת קְרִי בֵיהּ וּשְׁמַרְתֶּם אֶת הַמִּצְווֹת אִם בָּאתָ מִצְוָה לְיָדְךָ אַל תַּחְמִיצֶנָּה. וְכֵן אִם הָיוּ לוֹ כַּמָּה נָשִׁים חַיָּיב לִפְדּוֹת פֶּטֶר רֶחֶם שֶׁלָּהֶן דִּבְפֶטֶר רֶחֶם תָּלָה רַחֲמָנָא. וְאִם מֵת הַבֵּן אַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם חַיָּיב הָאָב לִיתֵּן לַכֹּהֵן ה' סְלָעִים בְּפִדְיוֹנוֹ. אֲבָל אִם מֵת בְּתוֹךְ ל' יוֹם אֵין נוֹתֵן לַכֹּהֵן כְּלוּם. וָהּ' סְלָעִים הוּא שְׁתֵּי אוֹקְיוֹת וַחֲצִי שֶׁקֶל לְמִשְׁקַל הַיָּשָׁר שֶׁבִּקְלוֹנֵי' לפרש"י שֶׁפֵּירֵשׁ בְּמַסֶּכֶת בְּכוֹרוֹת וּבְפָרָשַׁת וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים גַּבֵּי שְׁלֹשִׁים שְׁקָלִים שֶׁל עֶבֶד. וּלְדִבְרֵי הַגְּאוֹנִים זַ"ל הוּא מִשְׁקַל אֶלֶף וְתֵשַׁע מֵאוֹת וְעֶשְׂרִים שְׂעוֹרִים כֶּסֶף. וּמֵבִיא בְּנוֹ לַכֹּהֵן וְחָמֵשׁ סְלָעִים עִמּוֹ. וּמָצָאתִי תִּקּוּן הַגְּאוֹנִים וְזַ"ל. וְתִקּוּן גְּאוֹנִים לְסַדּוֹרֵי מִנְהָגָא דְּפַדְיוּנָא וּבִרְכְּתָא דִּילֵיהּ הָכִי. דְּמַיְיתֵי לֵיהּ אַבֹּוהַּ קַמֵּיהּ דְּכָהֲנָא וּמוֹדָע לֵיהּ לַכָּהֲנָא דִּבְכוֹר פֶּטֶר רֶחֶם הוּא. וּלְשַׁיְּילֵיהּ כָּהֲנָא מַאי בָּעֵית טְפֵי בְּרִיךְ בֻּוכְרָךְ דִּין אוֹ חֲמִשָּׁה סְלָעִים דְּמִיחַייְּבַתְּ לְמִיפְרָקֶיהָ בְּהוּ. וְלֶיהְדַּר לֵיהּ בֻּוכְרָא בָּעֵינַן טְפֵי וְהֵילָךְ חָמֵשׁ סְלָעִים בְּפִירְקוּנֶיהָ. וּבַהֲדֵי דְּיָהֵיב לֵיהּ מְבָרֵךְ אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל פִּדְיוֹן הַבֵּן וְשֶׁהֶחֱיָינוּ וְכוּ'. וַהֲדַר מַזְגֵּי לֵיהּ לַכָּהֲנָא כָּסָא דְּחַמְרָא וּמַייְתִי אָסָא וּמְבָרֵךְ כָּהֲנָא בְּפֵ"ה וּבוֹרֵא עֲצֵי בְּשָׂמִים בא"י אמ"ה אֲשֶׁר קִידֵּשׁ עוֹבֵר מִמְּעֵי אִמּוֹ וּלְאַרְבָּעִים יוֹם חִלֵּק אֲבָרָיו מָאתַיִם וְאַרְבָּעִים וּשְׁמֹנָה אֵבָרִים שֶׁיֵּשׁ בּוֹ וְנָפַח בּוֹ נְשָׁמָה דִּכְתִיב וַיִּפַּח בְּאַפָּיו נִשְׁמַת חַיִּים וַיְהִי הָאָדָם לְנֶפֶשׁ חַיָּה עוֹר וּבָשָׂר הִלְבִּישׁוֹ וּבַעֲצָמוֹת וּבְגִידִים סָכְכוּ כְּדִכְתִיב עוֹר וּבָשָׂר תַּלְבִּישֵׁנִי וּבַעֲצָמוֹת וּבְגִידֵי' תְּסוֹכְכֵנִי וְזִימֵּן לוֹ מַאֲכָל וּמִשְׁתֶּה וְזִימֵּן לוֹ שְׁנֵי מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת לְשָׁומְרוֹ בִּמְעֵי אִמּוֹ כְּדִכְתִיב חַיִּים וָחֶסֶד עָשִׂיתָ עִמָּדִי וּפְקֻודָּתְךָ שָׁמְרָה רוּחִי. אָבִיו אוֹמֵר זֶה בְּנִי בְּכוֹר וְאִמּוֹ אוֹמֶרֶת זֶה בְּנִי בְּכוֹר שֶׁבּוֹ פָּתַח הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא דַּלְתֵי בִּטְנִי. ה' סְלָעִים נִתְחַיְּיבוּ לִיתֵּן לַכֹּהֵן בְּפִדְיוֹנוֹ כְּדִכְתִיב וּפְדוּיָו מִבֶּן חֹדֶשׁ תִּפְדֶּה בְּעֶרְכְּךָ חֲמֵשֶׁת שְׁקָלִים בְּשֶׁקֶל הַקֹּודֶשׁ עֶשְׂרִים גֵּרָה הַשֶּׁקֶל וְנֶאֱמַר אַךְ פָּדֹה תִפְדֶּה אֵת בְּכוֹר הָאָדָם וְאֵת בְּכוֹר בְּהֵמָה הַטְּמֵאָה תִּפָּדֶה. כְּשֵׁם שֶׁזָּכָה בְּכוֹר זֶה לְפִדְיוֹן כָּךְ יְזַכֵּהוּ לְתוֹרָה לְחֻופָּה וּלְמַעֲשִׂים טוֹבִים בא"י מְקַדֵּשׁ בְּכוֹר יִשְׂרָאֵל לְפִדְיוֹנוֹ. וּמְבָרֵךְ הַכֹּהֵן אֶת הַבֵּן וּמַחֲזִירוֹ לְאָבִיו וְאִמּוֹ. וְכִי פָּרֵיק אִיהוּ לְנַפְשֵׁיהּ מְבָרֵךְ אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל פִּדְיוֹן בְּכוֹר. וְלֹא נָהֲגוּ לְבָרֵךְ הַכֹּהֵן בְּרָכָה זוֹ בְּצָרְפַת וּבְאַשְׁכְּנַז דְּלָא מָצִינוּ שֶׁמְּבָרְכִין שׁוּם בְּרָכָה שֶׁלֹּא הֻוזְכְּרָה בַּמִּשְׁנָה אוֹ בַּתּוֹסֶפְתָּא אוֹ בַּגְּמָרָא. כִּי אַחֲרֵי סִידּוּר רַב אַשִּׁי וְרָבִינָא לֹא נִתְחַדְּשָׁה בְּרָכָה. וְעוֹד לָמָּה יְבָרֵךְ הַכֹּהֵן אֵינוֹ עוֹשֶׂה שׁוּם מִצְוָה אֶלָּא מְקַבֵּל מַתְּנוֹת כְּהֻונָּה וּתְחִילַּת הַבְּרָכָה קַשְׁיָא אֲשֶׁר קִידֵּשׁ עֻובָּר בִּמְעֵי אִמּוֹ אִי קְדֻושַּׁת בְּכוֹר קָאָמַר בְּפֶטֶר רֶחֶם תְּלָה רַחֲמָנָא. וְאַף בְּכוֹר בְּהֵמָה שֶׁהוּא קָרֵב לְגַבֵּי הַמִּזְבֵּחַ אֵין קָדוֹשׁ עַד שֶׁיֵּצֵא לַאֲוִיר הָעוֹלָם. ור"י נִסְתַּפֵּק אִם מֵת הַבֵּן אִם הָאָב מְבָרֵךְ שֶׁהֶחֱיָינוּ כֵּיוָן שֶׁמַּזְכִּיר צַעֲרוֹ. אוֹ שֶׁמָּא מְבָרֵךְ מ"מ כֵּיוָן שֶׁזָּכָה לְקַייֵּם הַמִּצְוָה. וּלְאַחַר שֶׁקִּבֵּל הַכֹּהֵן ה' סְלָעִים בְּכֶסֶף אוֹ בְּשָׁוֶה כֶּסֶף מִיַּד אֲבִי הַבֵּן אִם יִרְצֶה הַכֹּהֵן יַחֲזִירֶנּוּ לוֹ כִּדְאָמְרִי'. וְכֵן הָיָה מִנְהָגוֹ שֶׁל ר' טַרְפוֹן שֶׁהָיָה נוֹטֵל וּמַחְזִיר. אֲבָל אֲבִי הַבֵּן צָרִיךְ שֶׁיְּכַוֵּין לָתֵת בְּמַתָּנָה גְּמוּרָה. כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק יֵשׁ בְּכוֹר (בְּכוֹרוֹת דַּף נא:) רַב חֲנִינָא הֲוָה רָגִיל דַּהֲוָה שְׁקִיל וּמַהְדַּר. חַזְיֵהּ לְהָהוּא גַּבְרָא דַּהֲוָה אָזֵיל וְאָתֵי לְקַמֵּיהּ. אָמַר לֵיהּ לָאו גְּמַרְתְּ וִיהֵבְתְּ מִדַּעַם בִּישׁ עֲבַדְתְּ הֵילָךְ וְאֵין בִּנְךָ פָּדוּי. וּמִיהוּ אִם נָתַן לַכֹּהֵן ה' סְלָעִים עַל מְנָת לְהַחֲזִיר בְּנוֹ פָּדוּי כִּדְאִיתָא בפ"ק דְּקִידּוּשִׁין דַּף ו: אֲבָל אֵין רָאוּי לַכֹּהֵן שֶׁיַּעֲשֶׂה זֶה שֶׁנִּרְאֶה כְּמַשְׁחִית בְּרִית הַלֵּוִי. הַכֹּהֲנִים וְהַלְּוִיִּם פְּטוּרִין מִפִּדְיוֹן הַבֵּן וְלֹא עוֹד אֶלָּא אַפֵּי' כֹּהֶנֶת וּלְוִיָּה הַנְּשׂוּאוֹת לְיִשְׂרָאֵל פֶּטֶר רֶחֶם שֶׁלָּהֶן פָּטוּר דִּבְפֶטֶר רֶחֶם תָּלָה רַחֲמָנָא. וְכֵן לְוִיָּה דְּאִיעַבַּרָה מֵעוֹבֵד כּוֹכָבִים בְּנָהּ פָּטוּר מַה' סְלָעִים. אֲבָל כֹּהֶנֶת שֶׁנִּתְעַבְּרָה מֵעוֹבֵד כּוֹכָבִים הַבֵּן חַיָּיב לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ. דְּכֵיוָן שֶׁנִּבְעֲלָה לְעוֹבֵד כּוֹכָבִים נִתְחַלְּלָה מִקְּדֻושָּׁתָהּ וְהָוְיָא לָהּ זָרָה. וְכֹהֵן שֶׁמֵּת וְהִנִּיחַ בֵּן חָלָל בְּתוֹךְ שְׁלֹשִׁים יוֹם חַייָּב הַבֵּן לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ שֶׁלֹּא זָכָה הָאָב בְּפִדְיוֹנוֹ. לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם אֵין הַבֵּן חַיָּיב לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ שֶׁכְּבָר זָכָה הָאָב בְּפִדְיוֹנוֹ:
Celui à qui il est né un fils premier-né est tenu de le racheter pour cinq sela d'argent, après qu'il a atteint l'âge de trente jours, comme il est écrit 'et son rachat, dès l'âge d'un mois tu [le] rachèteras'. Et une fois qu'il a trente jours, qu'il le rachète aussitôt, qu'il ne diffère pas [d'accomplir] sa mitsva, comme l'ont dit les Sages (Mekhilta) : 'et vous garderez les matsot' — lis plutôt 'et vous garderez les mitsvot' : si une mitsva se présente à toi, ne la laisse pas s'aigrir [ne tarde pas]. De même, s'il avait plusieurs femmes, il est tenu de racheter le premier-né (peter rehem) de chacune, car c'est à l'ouverture de la matrice (peter rehem) que la Torah a lié [l'obligation]. Et si le fils meurt après trente jours, le père est tenu de donner au kohen cinq sela pour son rachat ; mais s'il meurt dans les trente jours, il ne donne rien au kohen. Et [la valeur de] cinq sela est de deux onces et demie [d'argent] au poids exact de Cologne, selon Rachi qui a expliqué [ainsi] au traité Bekhorot et à la parachat 'Vé-ele ha-michpatim' à propos des trente sicles de l'esclave ; et selon les paroles des Gueonim, c'est le poids de mille neuf cent vingt grains d'orge d'argent. Et il amène son fils au kohen avec cinq sela. Et j'ai trouvé l'ordonnance (tikoun) des Gueonim, en voici les termes. L'ordonnance des Gueonim pour l'organisation de l'usage du rachat et de sa bénédiction est ainsi : le père l'amène devant le kohen et informe le kohen que c'est un premier-né, ouvreur de matrice. Et le kohen lui demande : que préfères-tu davantage, ton premier-né que voici, ou les cinq sela par lesquels tu es tenu de le racheter ? Et le père lui répond : je préfère le premier-né, et voici pour toi cinq sela pour son rachat. Et au moment où il [les] lui donne, il bénit 'qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné le rachat du fils' et 'chehecheyanou', etc. Puis on verse au kohen une coupe de vin, on apporte du myrte, et le kohen bénit 'qui crée le fruit de la vigne' et 'qui crée les arbres odorants' [puis] : 'Béni [...], notre Dieu, roi du monde, qui a sanctifié l'embryon dans les entrailles de sa mère, et à quarante jours a distingué ses membres — deux cent quarante-huit membres qu'il possède — et a insufflé en lui une âme (nechama), comme il est écrit 'il insuffla en ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant' ; de peau et de chair Il l'a vêtu, d'os et de tendons Il l'a entrelacé, comme il est écrit 'de peau et de chair Tu me vêtiras, d'os et de tendons Tu m'entrelaceras' ; Il lui a préparé nourriture et boisson, et Il lui a assigné deux anges de service pour le garder dans les entrailles de sa mère, comme il est écrit 'vie et bonté Tu as faites avec moi, et Ta providence a garde mon esprit'. Le père dit : celui-ci est mon fils premier-né, et la mère dit : celui-ci est mon fils premier-né, par qui le Saint béni soit-Il a ouvert les portes de mes entrailles. Cinq sela ils ont été tenus de donner au kohen pour son rachat, comme il est écrit 'et son rachat, dès l'âge d'un mois tu [le] rachèteras, selon ton évaluation cinq sicles d'argent au sicle du sanctuaire, vingt guera le sicle' ; et il est dit 'mais tu rachèteras assurément le premier-né de l'homme, et le premier-né de l'animal impur tu [le] rachèteras'. De même que ce premier-né a mérité le rachat, ainsi puisse-t-Il le faire mériter la Torah, le dais nuptial (houppa) et les bonnes actions. Béni [...] qui sanctifie le premier-né d'Israël pour son rachat.' Et le kohen bénit le fils et le rend à son père et à sa mère. Et lorsqu'il se rachète lui-même, il bénit 'qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné le rachat du premier-né'. Et on n'a pas eu coutume, en France et en Achkenaz, que le kohen dise cette bénédiction, car nous ne trouvons pas qu'on récite une bénédiction qui n'ait été mentionnée dans la Michna, la Tossefta ou la Guemara ; car après l'ordonnancement de Rav Achi et Ravina, aucune bénédiction nouvelle ne fut instituée. De plus, pourquoi le kohen bénirait-il ? Il n'accomplit aucune mitsva, il ne fait que recevoir les dons de la kehouna. Et le début de la bénédiction fait difficulté : 'qui a sanctifié l'embryon dans les entrailles de sa mère' — s'il parle de la sainteté du premier-né, [or] c'est à l'ouverture de la matrice que la Torah a lié [cela] ; et même le premier-né du bétail, qui est offert sur l'autel, n'est saint qu'après être venu à l'air du monde. Et R"I s'est demandé, si le fils est mort, si le père bénit 'chehecheyanou' — puisqu'il [en] rappelle sa peine ; ou peut-être bénit-il malgré tout, puisqu'il a mérité d'accomplir la mitsva. Et après que le kohen a reçu les cinq sela en argent ou en valeur d'argent de la main du père du fils, s'il le veut, le kohen [les] lui rend, comme nous l'avons dit ; et telle était la coutume de R. Tarfon, qui prenait et rendait. Mais le père du fils doit avoir l'intention de donner d'un don plein, comme nous l'avons dit au chapitre 'Yech bekhor' (Bekhorot 51b) : Rav Hanina avait coutume de prendre et de rendre ; il vit un certain homme qui allait et venait devant lui ; il lui dit : tu n'as pas résolu de donner, tu as fait une mauvaise chose (midaam bich), tiens, et ton fils n'est pas racheté. Toutefois, s'il a donné au kohen cinq sela à condition de [les] rendre, son fils est racheté, comme il est [dit] au premier chapitre de Kidouchin (6b) ; mais il ne convient pas au kohen d'agir ainsi, car il paraît détruire l'alliance de Levi. Les kohanim et les leviim sont exempts du rachat du fils ; et non seulement [eux], mais même une fille de kohen ou de levi mariée à un Israélite — leur premier-né, ouvreur de matrice, est exempt, car c'est à l'ouverture de la matrice que la Torah a lié [l'obligation]. Et de même une leviya devenue enceinte d'un non-Juif (oved kokhavim), son fils est exempt des cinq sela. Mais une fille de kohen devenue enceinte d'un non-Juif, le fils est tenu de se racheter lui-même, car du fait qu'elle a été pénétrée par un non-Juif elle a été profanée de sa sainteté et est devenue [comme] une étrangère. Et un kohen qui est mort en laissant un fils halal [issu d'une union interdite à la kehouna] dans les trente jours, le fils est tenu de se racheter lui-même, car le père n'a pas [eu le temps d']acquérir [le droit à] son rachat ; [mais] après trente jours, le fils n'est pas tenu de se racheter lui-même, car le père a déjà acquis [le droit à] son rachat.
💡 Explication

R. Hanina (lui aussi kohen) rendait de même le rachat. Un jour, un homme dont il avait reçu les cinq sela se met à faire les cent pas devant lui, pour lui rappeler sans le dire qu'il attend qu'on les lui rende.

R. Hanina en déduit que ce père n'a pas donné d'un cœur entier : il n'a remis l'argent que dans l'espoir de le récupérer. Or un rachat suppose un don plein et résolu (gomer be-libo li-ten). 'Midaam bich' — c'est une mauvaise affaire : dans ces conditions, le fils n'est pas racheté.

🖼️ Schéma
Le kohen rend les 5 sela au père : quand le fils reste-t-il racheté ? Le père donne les 5 sela au kohen Le kohen prend, puis rend (matana) R. Tarfon, R. Hanina Don PLEIN puis retour Don CONDITIONNÉ au retour le père donne d'un cœur entier (gomer be-libo li-ten) le fils EST racheté ; le retour n'est qu'un cadeau ultérieur le père n'a pas résolu de donner (cas de l'homme qui fait les cent pas) "midaam bich" — le fils N'EST PAS racheté
Don plein (R. Tarfon) vs don conditionné au retour (le cas de R. Hanina).
7
הַמַּפְרִישׁ פִּדְיוֹן בְּנוֹ וְאָבַד — חַייָּב בְּאַחְרָיוּתוֹ. מִנָּלַן? אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: אָתְיָא ״עֵרֶךְ״ ״עֵרֶךְ״ מֵעֲרָכִין.

« Celui qui met de côté le rachat de son fils et [l'argent] est perdu — il en est responsable (hayav be-aharayouto). » D'où nous [vient-il] ? Rabbi Chimon ben Lakich dit : cela découle [d'une guezera chava] 'erekh'-'erekh' depuis [le domaine des] évaluations (arakhin).

📜 Rachi (2)
מִנָּלַן דְּחַייָּב בְּאַחְרָיוּתוֹ. ואע"ג דְּקָא נָסֵיב קְרָא בְּמַתְנִיתִין קָבָעֵי מִנָּלַן וּלְקַמָּן פָּרִיךְ לֵיהּ רַב פָּפָּא:
D'où [vient-il] — qu'il en est responsable. Et bien que [la michna] cite déjà un verset, [la Guemara] demande 'd'où' ; plus loin, Rav Papa la questionne [aussi] là-dessus.
אָתְיָא עֵרֶךְ עֵרֶךְ כְּתִיב הָכָא בִּבְכוֹר (בַּמִּדְבָּר י״ח:ט״ו-ט״ז) וּפְדוּיָו מִבֶּן חֹדֶשׁ תִּפְדֶּה בְּעֶרְכְּךָ מָה עֲרָכִין חַייָּב בְּאַחְרָיוּתָן עַד שֶׁיָּבֹאוּ לִידֵי גִזְבָּר כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק בָּתְרָא דִּשְׁחִיטַת חֻולִּין (דַּף קלט.) וְנָתַן אֶת הָעֶרְכְּךָ בַּיּוֹם הַהוּא וְגוֹ' (וַיִּקְרָא כ״ז:כ״ג) חֻולִּין הֵן בְּיָדְךָ עַד שֶׁיָּבֹאוּ לִידֵי גִזְבָּר:
Cela découle 'erekh'-'erekh' — il est écrit ici, à propos du premier-né (Nombres 18:15-16) 'et son rachat, dès l'âge d'un mois tu [le] rachèteras, selon ton évaluation (be-erkekha)' ; de même que pour les évaluations on est responsable jusqu'à ce qu'[elles] parviennent aux mains du trésorier — comme il est dit au dernier chapitre de Chehitat Houlin (139a) 'et il donnera ton évaluation en ce jour-là' (Lévitique 27:23) : [les fonds] sont profanes (houlin) entre tes mains jusqu'à ce qu'ils parviennent aux mains du trésorier.
💡 Explication

La michna : si le père met de côté les cinq sela puis les perd avant de les remettre au kohen, il en demeure financièrement responsable (hayav be-aharayout) et doit en verser d'autres.

Rech Lakich le déduit par une guezera chava (analogie de mots identiques) : le mot 'erekh' / 'be-erkekha' ('selon ton évaluation') figure à propos du premier-né (Nb 18:16) et à propos des arakhin (évaluations, Lv 27:23). Comme pour les arakhin on reste responsable de l'argent tant qu'il n'est pas parvenu au trésorier (guizbar), il en va de même pour le rachat.

🖼️ Schéma
D'où vient que le père reste responsable (hayav be-aharayout) ? Il a mis de côté l'argent du rachat et l'a perdu — OU le fils meurt après 30 jours sans avoir payé Rech Lakich — guezera chava Rav Dimi / R. Yonatan — g. chava "erekh" (bekhor, Nb 18:16) = "erekh" (Arakhin, Lv 27:23) comme pour les évaluations (arakhin) on est responsable jusqu'à remise au trésorier "reikam" (bekhor, Ex 34:20) = "reikam" (olat reiya, Ex 23:15) comme pour l'offrande de comparution on est responsable, de même pour le pidyon Rav Papa objecte : "un verset à l'appui d'un verset ?!" La raison est déjà dans la michna : "akh pado tifde" (Nb 18:15) — à toi de racheter
Les deux guezerot chavot fondant la responsabilité du père.
8
רַב דִּימִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: ״וְכֹל בְּכוֹר בָּנֶיךָ תִּפְדֶּה וְלֹא יֵרָאוּ פָנַי רֵיקָם״, וְיָלֵיף ״רֵיקָם״ ״רֵיקָם״ מֵעוֹלַת רְאִייָּה, מָה עוֹלַת רְאִיָּיה חַייָּב בְּאַחְרָיוּתוֹ, אַף פִּדְיוֹן הַבֵּן חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתוֹ.

Rav Dimi dit au nom de Rabbi Yonatan : [il est écrit] 'et tout premier-né de tes fils tu [le] rachèteras, et l'on ne paraîtra pas devant Moi les mains vides (reikam)' (Ex 34:20), et l'on déduit [par guezera chava] 'reikam'-'reikam' depuis l'offrande de comparution (olat ré'iya) : de même que pour l'offrande de comparution on en est responsable, de même pour le rachat du fils on en est responsable.

📜 Rachi (1)
מָה עוֹלַת רְאִיָּיה חַייָּב בְּאַחְרָיוּתָהּ דְּהָא חוֹבָה הִיא עָלֶיהָ דְּלָא גָּרְעָה הִיא מִנֶּדֶר שֶׁאִם מֵתָה אוֹ נִגְנְבָה חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתָהּ דִּכְמַאן דְּטָעֵין לֵיהּ אַכַּתְפֵּיהּ דָּמֵי וְעוֹד דִּכְתִיב (שְׁמוֹת כ״ג:ט״ו) לֹא יֵרָאוּ פָנַי רֵיקָם וְאִם מֵתָה אוֹ נִגְנְבָה וְלֹא פָּרַע לֵיהּ אִישְׁתְּכַח דְּאִיתְחֲזִי רֵיקָם בָּעֲזָרָה אֲבָל מִלֹּא יִרְאוּ דִּבְכוֹר לָא הֲוָה שָׁמְעִינַן דְּהַהוּא לָאו פָּנִים מַמָּשׁ קָאָמַר דְּהָא לָאו בָּעֲזָרָה מַיְיתֵי לָהּ דִּלְכֹהֵן יָהֵיב לֵיהּ וַהֲוָה אָמֵינָא בְּהַפְרָשָׁה סַגְיָא לֵיהּ:
De même que pour l'offrande de comparution on en est responsable — car c'est une obligation qui lui incombe, [et] elle n'est pas moindre qu'un vœu (neder) : si [l'animal] est mort ou a été volé, on en est responsable, [l'obligation] étant comme portée sur ses épaules. De plus, il est écrit (Exode 23:15) 'on ne paraîtra pas devant Moi les mains vides' : si [l'animal] est mort ou a été volé et qu'il ne s'est pas acquitté, il se trouve qu'il a paru les mains vides dans le parvis. Mais du 'on ne paraîtra pas' [dit] à propos du premier-né, on n'aurait pas [pu] apprendre [cette responsabilité], car ce n'est pas de 'faces' [devant le Temple] au sens propre qu'il parle — puisqu'on ne l'apporte pas dans le parvis, mais qu'on le donne au kohen ; on aurait donc pu croire que la simple mise à l'écart (hafracha) suffit.
💡 Explication

Rav Dimi au nom de R. Yonatan propose une autre source : le verset du rachat du premier-né se termine par 'et l'on ne paraîtra pas les mains vides (reikam)' (Ex 34:20).

Par guezera chava, on rapproche ce 'reikam' de celui de l'offrande de comparution (olat ré'iya), que tout pèlerin apporte à la fête (Ex 23:15). Comme on est responsable de cette offrande (si elle se perd, on doit la remplacer), on est de même responsable de l'argent du rachat.

9
מַתְקִיף לַהּ רַב פָּפָּא: קְרָא לִקְרָא? אֶלָּא אָמַר רַב פָּפָּא: הָא כִּדְקָתָנֵי טַעְמָא — ״יִהְיֶה לְךָ... אַךְ פָּדָה תִּפָּדֶה״.

Rav Papa objecte : un verset à l'appui d'un verset ?! Plutôt, dit Rav Papa : cela est [dû] comme l'enseigne [la michna elle-même], dont [voici] la raison : 'il sera à toi... mais tu rachèteras (akh pado tifde)' [Nb 18:15].

📜 Rachi (1)
קְרָא לִקְרָא קְרָא צָרִיךְ לְאֵיתוֹיֵי לְסַיּוֹעֵי לִקְרָא הָא תַּנָּא דְּמַתְנִיתִין קְרָא אַחֲרִינָא קָנָסֵיב לָהּ:
Un verset à l'appui d'un verset — [faut-il] amener un verset pour venir en appui à [un autre] verset ?! Or le tanna de la michna cite [déjà] un autre verset [pour cela].
💡 Explication

Rav Papa objecte à Rech Lakich et Rav Dimi : pourquoi chercher une guezera chava, c'est-à-dire invoquer un verset à l'appui d'un [autre] verset, alors que la michna cite déjà son propre verset ?

La raison figure donc directement dans le texte cité par la michna : 'akh pado tifde' ('mais tu rachèteras assurément', Nb 18:15) — la charge du rachat pèse sur le père, ce qui implique déjà sa responsabilité.

10
וְכִי אִיתְּמַר דְּרֵישׁ לָקִישׁ — אַרֵישָׁא אִיתְּמַר: מֵת לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא נָתַן — יִתֵּן. מְנָא לַן? אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: אָתְיָא ״עֵרֶךְ״ ״עֵרֶךְ״ מֵעֲרָכִין.

Et lorsque fut énoncé [l'enseignement] de Rech Lakich, c'est sur le début [de la michna] qu'il fut énoncé : « S'il est mort après trente jours — bien qu'il n'ait pas [encore] donné, il donnera. » D'où nous [vient-il] ? Rabbi Chimon ben Lakich dit : cela découle 'erekh'-'erekh' depuis les évaluations (arakhin).

📜 Rachi (2)
מִנָּלַן דְּחַייָּב לָתֵת לְאַחַר מִיתָה:
D'où [vient-il] — qu'il est tenu de donner après [la] mort.
עֵרֶךְ עֵרֶךְ מֵעֲרָכִין דְּאָמַר בְּמַסֶּכֶת עֲרָכִין (דַּף כ.) אָמַר עֶרְכִּי עָלַי וָמֵת יִתְּנוּ הַיּוֹרְשִׁים אָמַר עֵרֶךְ פְּלוֹנִי עָלַי וּמֵת עַל הַנּוֹדֵר לִיתֵּן וּמִקְּרָא יָלֵיף (בְּמַסֶּכֶת עֲרָכִין) וּבְתוֹרַת כֹּהֲנִים יָכוֹל אִם אָמַר עֵרֶךְ פְּלוֹנִי עָלַי וּמֵת יְהֵא פָּטוּר ת"ל יַעֲרִיכֶנּוּ אֲפִילּוּ מֵת. וְהָכִי נָמֵי כִּי מֵת לְאַחַר ל' נִתְחַיֵּיב הָאָב בְּפִדְיוֹנוֹ:
'Érekh'-'erekh' depuis les évaluations — car on dit au traité Arakhin (20a) : celui qui a dit 'mon évaluation [est] sur moi' et est mort, les héritiers donnent ; celui qui a dit 'l'évaluation d'untel [est] sur moi' et [cet untel] est mort, [c'est] au vœur [qu'il incombe] de donner ; et [cela] se déduit d'un verset [au traité Arakhin] : dans le Torat Kohanim [on demande] : est-il possible que, s'il a dit 'l'évaluation d'untel [est] sur moi' et [qu'untel] est mort, il soit exempt ? L'Écriture dit 'il l'évaluera' — même [s'il est] mort. Et de même ici : lorsqu'[il] est mort après trente jours, le père s'est [déjà] rendu redevable de son rachat.
💡 Explication

La Guemara recadre : la déduction de Rech Lakich (erekh-erekh) ne portait pas d'abord sur l'argent perdu, mais sur la reisha (le début) de la michna (49a) : si le premier-né meurt après trente jours sans que le père ait payé, le père doit tout de même payer.

D'où cela ? De la même guezera chava erekh-erekh : de même que celui qui a voué l'évaluation d'autrui doit la payer même si cette personne est morte, de même le père reste tenu après la mort de son fils.

11
רַב דִּימִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: ״וְכֹל בְּכוֹר בָּנֶיךָ תִּפְדֶּה וְלֹא יֵרָאוּ פָנַי רֵיקָם״, מַה לְהַלָּן יוֹרְשִׁין חַייָּבִין, אַף כָּאן יוֹרְשִׁין חַיָּיבִין.

Rav Dimi dit au nom de Rabbi Yonatan : [de] 'et tout premier-né de tes fils tu [le] rachèteras, et l'on ne paraîtra pas devant Moi les mains vides' — de même que là-bas [pour l'offrande de comparution] les héritiers sont tenus, de même ici les héritiers sont tenus.

📜 Rachi (2)
מָה עוֹלַת רְאִייָּה יוֹרְשִׁין חַייָּבִין דְּעוֹלַת חוֹבָה הִיא ה"נ כִּי מֵת לְאַחַר ל' נִתְחַייֵּב הָאָב בְּפִדְיוֹנוֹ וְגַבֵּי עוֹלַת חוֹבָה תְּנַן הָאִשָּׁה שֶׁהֵבִיאָה חַטָּאתָהּ וּמֵתָה יָבִיאוּ יוֹרְשִׁין עוֹלָתָהּ:
De même que — pour l'offrande de comparution les héritiers sont tenus, car c'est une offrande obligatoire — de même ici, lorsqu'[il] est mort après trente jours, le père s'est [déjà] rendu redevable de son rachat ; et à propos d'une offrande obligatoire nous avons appris [dans une michna] : la femme qui a apporté son sacrifice pour le péché (hatat) puis est morte, les héritiers apportent son holocauste (ola).
אַף כָּאן יוֹרְשִׁין חַיָּיבִים לְאַחַר מִיתַת הָאָב וְהַבֵּן דְּהָווּ מְחֻוייָּבִים וּמֵתוּ:
De même ici les héritiers sont tenus — après la mort du père et du fils, qui étaient tenus [au rachat] et sont morts.
💡 Explication

Sur ce même point (la dette qui survit au décès), Rav Dimi au nom de R. Yonatan applique la guezera chava reikam-reikam : de même que, pour l'offrande de comparution, si l'obligé meurt après s'y être rendu tenu, ses héritiers doivent l'apporter, de même pour le rachat.

Ainsi, si l'obligation a déjà pris effet (le fils a passé trente jours) et que le fils puis le père meurent, ce sont les héritiers qui doivent verser les cinq sela au kohen.

12
מַתְנִי׳ הַבְּכוֹר נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם בְּנִכְסֵי הָאָב, וְאֵינוֹ נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם בְּנִכְסֵי הָאֵם, וְאֵינוֹ נוֹטֵל בַּשֶּׁבַח, וְלֹא בָּרָאוּי כְּבַמֻּוחְזָק.

MICHNA. Le premier-né (bekhor) prend une part double (pi chnayim) dans les biens du père, mais ne prend pas une part double dans les biens de la mère ; et il ne prend pas [le double] dans la plus-value (chevah), ni dans ce qui est [seulement] à échoir (ra'ouy) comme dans ce qui est [déjà] possédé (mouhzak).

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' בְּנִכְסֵי הָאֵם נִכְסֵי מְלוֹג:
Michna. Dans les biens de la mère — [c'est-à-dire] les nikhsei melog (biens dont le mari jouit des fruits, le capital restant à la femme).
בְּשֶׁבַח אִם הִשְׁבִּיחוּ נְכָסִים לְאַחַר מִיתַת הָאָב קֹודֶם שֶׁחָלְקוּ אֵין הַבְּכוֹר נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם בְּשֶׁבַח אֶלָּא שָׁמִין מַה שֶׁהָיוּ שָׁוִין בִּשְׁעַת מִיתַת אֲבִיהֶן וְהַבְּכוֹר שֶׁנָּטַל ב' חֲלָקִים בַּקַּרְקָעוֹת יִתֵּן מָעוֹת לְפִי שֶׁשָּׁוֶה שֶׁבַח חֵלֶק הַשֵּׁנִי שֶׁנָּטַל בִּשְׁבִיל הַבְּכוֹרָה וְאוֹתָן מָעוֹת יַחְלְקוּ בֵּין כֻּולָּם:
Dans la plus-value (chevah) — si les biens ont pris de la valeur après la mort du père, avant le partage, le premier-né ne prend pas double part dans cette plus-value ; on évalue plutôt ce qu'ils valaient au moment de la mort du père. Et le premier-né, qui a pris deux parts dans les terrains, versera de l'argent à hauteur de la plus-value de la seconde part qu'il a prise au titre du droit d'aînesse, et cet argent sera partagé entre tous.
בָּרָאוּי בַּנְּכָסִים שֶׁלֹּא הָיָה אֲבִיהֶן מֻוחְזָק בִּשְׁעַת מִיתָתוֹ אֲבָל רְאוּיִין הָיוּ לִיפֹּול לוֹ בִּירֻושָּׁה וְנָפְלוּ לָהֶן לְאַחַר זְמַן אֵין הַבְּכוֹר נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם בָּהֶן:
Dans ce qui est à échoir (ra'ouy) — [ce sont] des biens que leur père ne possédait pas au moment de sa mort, mais qui étaient susceptibles de lui échoir en héritage et qui leur sont échus plus tard : le premier-né n'y prend pas double part.
🗂️ Tossefot (1)
וְלֹא בָּרָאוּי כְּבַמֻּוחְזָק וְלֹא הָאִשָּׁה בִּכְתֻובָּתָהּ בְּפֶ' יֵשׁ נוֹחֲלִין (ב"ב דַּף קכה:) פָּסְקִינַן הִלְכְתָא דְּאֵין הַבְּכוֹר נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם בַּמִּלְוָה בֵּין שֶׁגָּבוּ מָעוֹת בֵּין שֶׁלֹּא גָּבוּ מָעוֹת וּמִתּוֹךְ כָּךְ נִרְאֶה דְּאֵינוֹ גּוֹבֶה כְּתֻובָּה בְּמִלְוֶה כְּדִתְנַן הָכָא אֵין לָהּ בָּרָאוּי אֲבָל רַבִּי פֵּירֵשׁ דאע"פ שֶׁהוּרַע כֹּחַ הַבַּעַל וּבְכוֹר לְעִנְיַן מִלְוֶה דְּחָשְׁבִינַן לֵיהּ לְגַבַּיְיהוּ רָאוּי לְגַבֵּי כְּתֻובַּת אִשָּׁה מִיהָא חֲשִׁיבָא מֻוחְזֶקֶת וְאִשָּׁה גּוֹבָה כְּתֻובָּתָהּ מִמִּלְוָה כְּדִתְנַן בִּכְתֻובּוֹת בְּהַכּוֹתֵב (כְּתֻובּוֹת דַּף פד.) מִי שֶׁמֵּת וְהִנִּיחַ אִשָּׁה וב"ח וְיוֹרְשִׁים וְהָיוּ לוֹ מִלְוֶה וּפִקָּדוֹן בְּיַד אֲחֵרִים ר"ט אוֹמֵר יִנָּתְנוּ לַכּוֹשֵׁל שֶׁבָּהֶן ר"ע אוֹמֵר יִנָּתֵן לַיּוֹרְשִׁים שֶׁכֻּולָּם צְרִיכִין שְׁבוּעָה וְאֵין הַיּוֹרְשִׁין צְרִיכִין שְׁבוּעָה אַלְמָא אֲפִילּוּ לְר"ע אִם לֹא שֶׁצְּרִיכָה שְׁבוּעָה הָיְתָה גּוֹבָה אֲבָל לְפִי שֶׁצְּרִיכָה שְׁבוּעָה גּוֹבִין הַיּוֹרְשִׁין וְשׁוּב לֹא תִּגְבֶּה הָאִשָּׁה מֵהֶן דְּהָווּ לְהוּ מִטַּלְטְלֵי דְּיַתְמֵי דְּלָא מִשְׁתַּעְבְּדִי וְאִם גָּבוּ קַרְקַע בְּחוֹבַת אֲבִיהֶם הִיא חוֹזֶרֶת וְגוֹבָה אוֹתָם מֵהֶם בִּשְׁבוּעָה כְּדִין בַּעַל חוֹב אוֹ אִם פְּטָרָהּ מִן הַשְּׁבוּעָה גּוֹבָה מִלְוֶה וְלֹא מִשּׁוּם דִּלְדִידְהוּ הָוֵי מִלְוֶה רָאוּי דְּהָא לָא מִישְׁתְּמִיט הָתָם שׁוּם חָכָם לְהַעֲמִידָהּ כְּרַבִּי דַּוְקָא אֶלָּא מַשְׁמַע דְּלֵיכָּא מַאן דִּפְלִיגִי אֶלָּא כ"ע בֵּין לְרַבִּי בֵּין לְרַבָּנָן אִית לְהוּ דְּמִלְוָה מֻוחְזֶקֶת הִיא לְגַבֵּי כְּתֻובַּת אַלְמָנָה וַאֲפִילּוּ לְרַבָּנָן דְּאָמְרִי מִטַּלְטְלֵי לָא מִשְׁתַּעְבְּדִי לִכְתֻובָּה כְּלָל אֲפִילּוּ מֵחַיִּים נִרְאֶה מִתּוֹךְ הַמִּשְׁנָה זוֹ דְּהַכּוֹתֵב שֶׁהֵם מוֹדִים דְּמַלְוִין דְּיַתְמֵי מִשְׁתַּעְבְּדִי לִכְתֻובָּה דְּהָא לֵיכָּא לְמֵימַר דר"מ הִיא וּלְהָכִי אִית לֵיהּ לְהַהִיא מִשְׁנָה דְּשַׁיְיכָא כְּתֻובַּת אִשָּׁה בְּמִלְוֶה אע"ג דְּהָוֵי מִטַּלְטְלֵי דְּיַתְמֵי חֲדָא שר"ת מְפָרֵשׁ שֶׁאֲפִילּוּ לְר' מֵאִיר מִטַּלְטְלֵי דְּיַתְמֵי לָא מִשְׁתַּעְבְּדִי לִכְתֻובָּה אֶלָּא מִטַּלְטְלֵי דְּיָבָם דַּוְקָא דַּעֲלֵיהּ קָאֵי בְּפֶרֶק הָאִשָּׁה שֶׁנָּפְלוּ (כְּתֻובּוֹת דַּף פֹּא: וְשָׁם ד"ה ר"מ) דְּלָא מִסְתַּבְּרָא שֶׁיָּפֶה ר"מ כְּתֻובָּה לִגְבּוֹת מִמִּטַּלְטְלֵי דְּיַתְמֵי טְפֵי מִבַּעַל חוֹב אִיפְּכָא מִדְּרַבָּנָן שֶׁמֻּגְרָעִים כֹּחָהּ יוֹתֵר מִבַּעַל חוֹב שֶׁלֹּא לִגְבּוֹת מִמִּטַּלְטְלֵי אַפֵּי' מִינֵּיהּ כִּדְמַשְׁמַע בְּפֶרֶק הָאוֹמֵר בְּקִדּוּשִׁין (דַּף סה:) גַּבֵּי שְׁנַיִם שֶׁבָּאוּ ממה"י וְאִשָּׁה וַחֲבִילָה עִמָּהֶם כו' וְהַהִיא דְּגָבֵי מִמִּטַּלְטְלֵי דְּנָפְלוּ קַמֵּי יָבָם בְּמָתְנֵי' דְּהָאִשָּׁה שֶׁנָּפְלוּ (כְּתֻובּוֹת ד' פ:) הַייְנוּ מִשּׁוּם דְּיָבָם בִּמְקוֹם בַּעַל קָאֵי וַחֲשִׁיב בְּהָכִי כְּמוֹ מִינֵּיהּ כֵּיוָן דַּאֲגִידָה בֵּיהּ מֵחֲמַת נִשּׂוּאֵי הַבַּעַל וְנִרְאֶה דִּבְרֵי ר"ת דאל"כ שֶׁיְּהֵא יָבָם מִינֵּיהּ מִנָּלַן לְרַבָּנָן דר"מ דְּלָא מִשְׁתַּעְבְּדִי מִטַּלְטְלֵי לִכְתֻובָּה אֲפִילּוּ מִינֵּיהּ וְעוֹד דא"כ אֵיךְ יִתְּנוּ לַיּוֹרְשִׁים שֶׁכֻּולָּם צְרִיכִין שְׁבוּעָה וְלֹא הַיּוֹרְשִׁין גַּם כְּשֶׁיִּתְּנוּ לַיּוֹרְשִׁין תִּגְבֶּה הָאִשָּׁה מֵהֶם כֵּיוָן שֶׁתֹּאמַר דְּמִטַּלְטְלֵי דְּיַתְמֵי מִשְׁתַּעְבְּדִי לִכְתֻובָּה סְבִירָא לֵיהּ וְעוֹד תִּינַח כְּתֻובַּת אִשָּׁה אֲבָל ב"ח מַאי אִיכָּא לְמֵימַר הָא לָא אַשְׁכְּחַן תַּנָּא דְּאִית לֵיהּ דְּמִטַּלְטְלֵי דְּיַתְמֵי מִשְׁתַּעְבְּדִי לב"ח אֶלָּא עַל כָּרְחִין מִשּׁוּם דְּמִלְוָה אֵינָהּ בְּיַד הַיּוֹרְשִׁין יָפֶה כֹּחַ אִשָּׁה וב"ח טְפֵי מִמִּטַּלְטְלֵי שֶׁהֵם בְּיַד הַיְּתוֹמִים וּתְרֵי חוּמְרֵי בִּכְתֻובָּה לָא שָׁייְכִי הָכָא כִּדְפָרֵישִׁית בְּסוֹף הָאִשָּׁה שֶׁנָּפְלוּ (כְּתֻובּוֹת דַּף פב.) דְּחֻומְרָא דְּר' מֵאִיר אֵינָהּ כָּאן כִּדְפָרֵישִׁית דְּהוֹאִיל וְהַמַּלְוֶה בְּיַד אֲחֵרִים לָא הָוְיָא מִמִּטַּלְטְלִין דְּיַתְמֵי וְאִם כֵּן חוּמְרָא דְּרַבִּי נָתָן אֵין כָּאן דְּהָא מִילְּתֵיהּ דר"ט דְּאָמַר יִנָּתְנוּ לַכּוֹשֵׁל שֶׁבָּהֶם ור"ע נָמֵי הָיָה מוֹדֶה לֵיהּ אִי לָאו טַעְמָא דְּכֻולָּן צְרִיכִין שְׁבוּעָה וְאֵין הַיּוֹרְשִׁין צְרִיכִין שְׁבוּעָה וּמִסְתַּבֵּר דְּאָתְיָא אַפֵּי' כְּרַבָּנָן דִּפְלִיגִי אַר' נָתָן וְהַיְינוּ טַעְמָא דְּלָא שַׁייְכָא דָּר' נָתָן לְפִי שֶׁלֹּא הָיָה מָמוֹן זֶה בְּיַד הַיְּתוֹמִים מֵעוֹלָם אֶלָּא עַכְשָׁיו בָּאִין לִיטֹּול מִכֹּחַ יְרֻושָּׁה וַעֲדַייִן לֹא בָּא לְיָדָם לְהָכִי מוֹדוֹ בֵּיהּ רַבָּנָן לֵר' נָתָן שֶׁנִּיתַּן לְבַעַל חוֹב וְלִכְתֻובַּת אִשָּׁה אע"ג דְּלָא סְבִירָא לְהוּ כר"נ בִּמְחָיֵי הַמַּלְוֶה שֶׁאָז יֹאמְרוּ שֶׁאֵין מוֹצִיאִין מִלְוֶה שֶׁיֵּשׁ לוֹ בְּיַד אֲחֵרִים לבע"ח וְלִכְתֻובַּת גְּרוּשָׁתוֹ לְפִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ כֹּחַ גָּדוֹל בְּמָמוֹן זֶה [שֶׁיֵּשׁ] בְּיַד אַחֵר מִמַּה שֶׁיֵּשׁ לַיְּתוֹמִים בְּמַה שֶׁהִנִּיחַ אֲבִיהֶם בְּיַד אֲחֵרִים שֶׁלֹּא הָיָה מֵעוֹלָם בְּיָדָם וְלֹא בָּא מִיָּדָם לְיַד אוֹתָן אֲחֵרִים וְהִנִּיחַ פֵּירוֹת הַתְּלוּשִׁין דְּקָתָנֵי נָמֵי הָתָם כָּל הַקּוֹדֵם בָּהֶם זָכָה וְאִיפְּלַגוּ בָּהּ ר"ט ור"ע בְּרֵישׁ הַמִּשְׁנָה בְּמִלְוֶה וּפִקָּדוֹן בְּיַד אֲחֵרִים (כְּתֻובּוֹת דַּף פד.) הַהִיא נָמֵי בְּפֵירוֹת שֶׁאֵינָם בְּיַד הַיְּתוֹמִים מַייְרֵי כִּדְקָתָנֵי כָּל הַקּוֹדֵם בָּהֶם זָכָה דְּמַשְׁמַע בֵּין יוֹרְשִׁים בֵּין אִשָּׁה בֵּין ב"ח כָּל הַקּוֹדֵם בָּהֶן זָכָה לְפִי שֶׁאֵינָם לְהַיְּתוֹמִים בָּהֶם כֹּחַ מֵהָאִשָּׁה וב"ח יוֹתֵר מִשְּׁאָר מִטַּלְטְלֵי דְּיַתְמֵי וְהַשְׁתָּא דְּתַקּוּן רַבּוֹתֵינוּ הַגְּאוֹנִים שֶׁיִּגְבּוּ אִשָּׁה וּבַעַל חוֹב מִמִּטַּלְטְלֵי דְּיַתְמֵי גּוֹבֶה אִשָּׁה אֲפִילּוּ מִמִּלְוֶה אֲבִיהֶם שֶׁל יְתוֹמִים בֵּין גָּבוּ קַרְקַע בֵּין גָּבוּ מָעוֹת דְּמִלְוָה לָא חֲשִׁיבָא רָאוּי לְגַבֵּי כְּתֻובָּה אֶלָּא מֻוחְזָק הָוֵי כִּדְפָרֵישִׁית וּבְלָאו הַאי מַתְנֵי' דְּהַכּוֹתֵב (שָׁם דַּף פד.) שֶׁהוֹכַחְתִּי מִמֶּנָּה דְּמִלְוָה מֻוחְזֶקֶת לְגַבֵּי כְּתֻובָּה גּוֹבָה אִשָּׁה כְּתֻובָּתָהּ מִמִּלְוָה יְתוֹמִים בזמה"ז אַפֵּי' גָּבוּ מָעוֹת מִכֹּחַ תַּקָּנַת הַגְּאוֹנִים דְּכֵיוָן דְּעָשׂוּ מִטַּלְטְלֵי כִּמְקַרְקְעֵי ה"ל מִטַּלְטְלֵי שֶׁגָּבוּ יְתוֹמִים בְּחוֹב אֲבִיהֶם מְשֻׁועְבָּדִים לְבַעַל חוֹבוֹ דַּאֲבִיהֶם מָדָר' נָתָן דמה"ט חָשְׁבִינַן לֵיהּ לַקַּרְקַע שֶׁגָּבוּ יְתוֹמִים (חֲשׁוּבֵין) מְשֻׁועְבָּדִים מה"ט כְּאִילּוּ אֲבִיהֶם גְּבַאן מֵחַיִּים וּלְהָכִי לֵיכָּא לְמֵימַר דְּלֶיהֱוֵי רָאוּי לְעִנְיַן כְּתֻובָּה כְּמוֹ לִשְׁאָר דְּבָרִים מִיהוּ קָשֶׁה מ"מ הָווּ תְּרֵי חוּמְרֵי בִּכְתֻובָּה שֶׁתִּקְּנוּ הַגְּאוֹנִים שֶׁתִּגְבֶּה אִשָּׁה מִמִּטַּלְטְלֵי דְּיַתְמֵי וְאִי טָעוּן שֶׁתִּגְבֶּה אַפֵּי' מִמִּלְוֶה הַבַּעַל כְּשֶׁגָּבוּ הַיְּתוֹמִים מָעוֹת מָדָר' נָתָן י"ל לְגַמְרֵי עָשׂוּ הַגְּאוֹנִים כִּמְקַרְקְעֵי וְעוֹד שלר"ת שֶׁאוֹמֵר שֶׁתַּקָּנַת הַגְּאוֹנִים דְּאוֹרָיְיתָא אֵינָם תְּרֵי חוּמְרֵי כְּלָל ואע"פ שֶׁאָמַרְתִּי כִּי גַּם בְּלֹא מִלְוֶה דְּיַתְמֵי מִכֹּחַ תַּקָּנַת הַגְּאוֹנִים אֵין לְהוֹכִיחַ כ"כ שֶׁיְּהוּ מִטַּלְטְלֵי שֶׁגָּבוּ יְתוֹמִים בְּחוֹבַת אֲבִיהֶם מְשֻׁועְבָּדִים לבע"ח וְלִכְתֻובַּת אִשָּׁה מִטַּעַם דָּר' נָתָן כְּמוֹ קַרְקַע כְּשֶׁגָּבוּ קַרְקַע כֵּיוָן דְּאַלִּים שִׁיעְבּוּד קַרְקַע לְעִנְיַן טְרִיפָה מִלָּקוֹחוֹת טְפֵי מִשִּׁיעְבּוּד מִטַּלְטְלֵי אַךְ יֵשׁ לְהוֹכִיחַ דְּאִשָּׁה גּוֹבָה מִמִּלְוֶה מֵהַהִיא דְּהַכּוֹתֵב כְּמוֹ שֶׁפֵּירַשְׁתִּי וְכֵן עַמָּא דְּבַר לְהַגְבּוֹת לְנָשִׁים מִמִּלְוֶה שֶׁל בַּעֲלֵיהֶן:
« Ni dans ce qui est à échoir comme dans ce qui est possédé — ni la femme pour sa ketouba » — au [chapitre] 'Yech nohalin' (Baba Batra 125b) nous tranchons la halakha que le premier-né ne prend pas double part dans un prêt (milva), qu'on ait ou non recouvre l'argent ; et de là il paraît que [la femme] ne recouvre pas [sa] ketouba sur un prêt, comme nous l'avons appris ici 'elle n'a rien dans ce qui est à échoir'. Mais Rabbi [Tam] a expliqué que, bien que le droit du mari et du premier-né soit affaibli quant au prêt — que nous considérons pour eux comme 'à échoir' (ra'ouy) — pour la ketouba de la femme, en revanche, [le prêt] est considéré comme 'possédé' (mouhzak), et la femme recouvre sa ketouba sur un prêt. Comme nous l'avons appris à Ketoubot, au [chapitre] 'Ha-kotev' (84a) : celui qui est mort en laissant une femme, un créancier et des héritiers, et qui avait un prêt et un dépôt chez autrui — Rabbi Tarfon dit : qu'on les donne au plus faible d'entre eux ; Rabbi Akiva dit : qu'on les donne aux héritiers, car tous [les autres] requièrent un serment et les héritiers ne requièrent pas de serment. [Il ressort] donc que même selon R. Akiva, n'était le serment [requis], [la femme] recouvrerait ; c'est [seulement] parce qu'elle requiert un serment que les héritiers recouvrent, et ensuite la femme ne recouvre plus d'eux, car ce sont des meubles d'orphelins qui ne sont pas hypothéqués. Et s'ils ont recouvre un terrain à raison de la dette de leur père, elle revient le recouvrer d'eux par serment, comme un créancier ; ou, si elle a été dispensée du serment, elle recouvre le prêt — et non parce que, pour eux, le prêt serait 'à échoir', car aucun Sage là-bas ne s'est abstenu [de discuter] pour établir [la michna] spécifiquement comme Rabbi [Tam] ; il paraît plutôt que nul n'est en désaccord [sur ce point] : tous, aussi bien Rabbi que les Rabbanan, tiennent que le prêt est 'possédé' (mouhzak) au regard de la ketouba de la veuve. Et même selon les Rabbanan qui disent que les meubles ne sont pas hypothéqués à la ketouba — pas même du vivant [du mari] — il paraît, d'après cette michna de 'Ha-kotev', qu'ils reconnaissent que les prêts des orphelins sont hypothéqués à la ketouba ; car on ne peut pas dire que ce soit [l'avis de] R. Meir [seul]... [et Rabbenou Tam explique que même selon R. Meir les meubles d'orphelins ne sont pas hypothéqués à la ketouba, seuls les meubles du yavam le sont]. Et ainsi la coutume s'est établie de faire recouvrer aux femmes [leur ketouba] sur le prêt de leur mari.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' הַבְּכוֹר נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם בְּנִכְסֵי הָאָב וְאֵינוֹ נוֹטֵל פִּי שְׁנַיִם בְּנִכְסֵי הָאֵם. וְאֵינוֹ נוֹטֵל בַּשֶּׁבַח וְלֹא בָרָאוּי כְּבַמֻּוחְזָק. דַּף נב ע"א וְלֹא הָאִשָּׁה בִּכְתֻובָּתָהּ וְלֹא הַבָּנוֹת בִּמְזוֹנוֹתֵיהֶן וְלֹא הַיָּבָם. וְכֻולָּם אֵין נוֹטְלִים בַּשֶּׁבַח וְלֹא בָרָאוּי כְּבַמֻּוחְזָק:
Michna. Le premier-né prend une part double dans les biens du père, et ne prend pas une part double dans les biens de la mère ; et il ne prend pas dans la plus-value (chevah), ni dans ce qui est à échoir (ra'ouy) comme dans ce qui est possédé (mouhzak). [Page 52a :] ni la femme pour sa ketouba, ni les filles pour leur entretien (mezonot), ni le yavam. Et tous [ceux-là] ne prennent pas dans la plus-value ni dans ce qui est à échoir comme dans ce qui est possédé.
💡 Explication

Nouvelle michna sur le droit successoral du premier-né. Il hérite d'une part double (pi chnayim) — deux fois la part d'un fils ordinaire — mais seulement dans les biens du père, non dans ceux de la mère (les nikhsei melog, biens propres de l'épouse).

Deux restrictions supplémentaires : il ne reçoit pas double part sur la plus-value (chevah) acquise par les biens après le décès, ni sur ce qui est seulement 'à échoir' (ra'ouy) — des biens que le père n'avait pas encore en sa possession — à la différence de ce qui était déjà 'possédé' (mouhzak) à sa mort.

🖼️ Schéma
La part double du bekhor (pi chnayim) : ce qu'il prend et ce qu'il ne prend pas IL PREND double IL NE PREND PAS double - dans les biens du père (nikhsei ha-av) - sur ce que le père possédait effectivement (be-mouhzak) - dans les biens de la mère (nikhsei ha-em / nikhsei melog) - dans la plus-value postérieure au décès (chevah) - sur ce qui est seulement "à échoir" (ra'ouy), pas encore possédé
Ce que le premier-né prend en double, et ce qu'il ne prend pas.
✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).