Bekhorot 57a — qui entre dans l'enclos du dîme : ein berera, le prix du chien, et les catégories exclues ou incluses du maaser behema

Bekhorot 57a

Sougya : Le daf poursuit la controverse sur le maaser behema (dîme du bétail). R.

Yo'hanan tient 'ein berera' (pas de rétro-désignation) : des frères qui partagent un héritage sont des 'acheteurs' l'un de l'autre (donc restitution au Yovel), et le bétail issu d'un tel partage est exempt du dîme, car il n'est pas 'clair à toi' comme le premier-né. On objecte de la baraita des associés (10 agneaux contre 9 agneaux + 1 chien) : si yech berera, on pourrait isoler l'agneau échangé du chien — Rav Achi répond que les valeurs sont inégales, le 'prix du chien' se diffusant dans tous.

La michna énumère ensuite les exclus de l'enclos (kilayim, terefa, yotze dofen, mehousar zeman, orphelin) et la baraita 'hakol' les inclus (rova, nirba, mouktse, neevad, etnan, mehir, toumtoum, androginos) : bien qu'invalides à l'autel, la Torah les inclut dans le dîme, car un défaut (moum) n'y invalide pas — et par le hekech de la 'corruption' (hashchata = erva + avoda zara) au défaut, erva et idolâtrie n'invalident pas non plus.

Y a-t-il rétro-désignation (yech berera) ? La position de R. Yo'hanan R. Yo'hanan : ein berera (pas de rétro-désignation) Conséquence dans les deux cas 1. Frères qui partagent l'héritage Ils sont considérés comme ACHETEURS l'un de l'autre (leqouhot hen) : la part n'était pas rétro-attribuée dès le décès. -> ils se restituent au Yovel (la vente retourne au jubilé) chaque frère = acheteur, pas héritier direct de sa part précise 2. Bétail issu du partage (maaser) Le bétail reçu au partage n'est pas "clair à toi" (barour lekha) : rattaché à "ton fils" premier-né par le hekech, or un premier-né acheté est exempt. -> EXEMPT de maaser behema le bétail issu du partage est comme "acheté" : il n'est pas certain à lui, donc il n'entre pas dans le dîme. (les deux enseignements sont nécessaires)
Les deux enseignements de R. Yohanan sur 'ein berera' : frères-acheteurs et exemption du bétail partagé (segments 0-2).
Les associés qui partagent : 10 agneaux vs 9 agneaux + 1 chien "prix d'un chien" (mehir kelev) : interdit à l'autel (Dt 23:19) Associé A prend 10 agneaux (en échange du chien de B) Associé B prend 9 agneaux + 1 chien les 9 avec le chien : permis Les 10 agneaux de A sont TOUS interdits à l'autel l'un d'eux est l'échange du chien, mais on ignore lequel Objection contre "yech berera" -> réponse de Rav Achi Si yech berera : qu'il DÉSIGNE un agneau contre le chien, le retire, et les 9 autres seraient permis ! Rav Achi : ici les agneaux ne sont PAS de valeur égale. Le chien vaut 1 agneau + un petit surplus, et ce surplus se répartit sur tous -> le "prix du chien" est diffus dans les 10 : aucun n'est isolable.
L'objection des associés (10 agneaux vs 9 + 1 chien) et la réponse de Rav Achi (segments 3-4).
Qui entre dans l'enclos (dir) pour être dîme ? Bekhorot 57a EXCLUS (michna) : 5 catégories INCLUS (baraita "hakol") - kilayim (hybride bouc x brebis) - terefa (bête condamnée, "ne passe pas") - yotze dofen (né par césarienne) - mehousar zeman (- de 8 jours) - yatom (orphelin : mère morte à la mise bas) source : "tahat imo" (Lv 22:27), et le hekech "tahat" / "tahat" du maaser (Lv 27:32) - rova / nirba (bestialité : dvar erva) - mouktse / neevad (idolâtrie : avoda zara) - etnan (salaire de prostituée : erva) - mehir (prix d'un chien, rattaché à l'etnan) - toumtoum / androginos (sexe indéterminé) bien qu'invalides à l'autel, la Torah les inclut dans le dîme : mangés avec leur défaut. La clé : "hashchata" (corruption) = erva + avoda zara, comparée au MOUM (défaut) "ki mochhatam bahem moum bam" (Lv 22:25) : la corruption est comparée au défaut (moum). Règle : la où un DÉFAUT invalide -> erva et avoda zara invalident aussi. Or au maaser, un défaut N'invalide PAS ("lo yevaker bein tov le-ra", Lv 27:33). -> donc erva et avoda zara n'invalident pas non plus : rova, neevad, etnan... sont dîmes.
Exclus vs inclus de l'enclos du dîme, et la clé du hekech 'corruption'/'défaut' (segments 5-15).
1
וְאַזְדָּא רַבִּי יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הָאַחִין שֶׁחָלְקוּ — לָקוֹחוֹת הֵן, וּמַחֲזִירִין זֶה לָזֶה בַּיּוֹבֵל.

Et R. Yo'hanan suit ici sa ligne [de raisonnement], car Rav Assi a dit au nom de R.

Yo'hanan : des frères qui ont partagé [un héritage immobilier] sont [considérés comme] des acheteurs (leqouhot), et ils se restituent [leurs parts] l'un à l'autre au Yovel (jubilé).

📜 Rachi (1)
וְאַזְדָּא רַבִּי יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ דְּאֵין בְּרֵירָה:
Et R. Yo'hanan suit sa ligne — [savoir] qu'il n'y a pas de berera (rétro-désignation).
🗂️ Tossefot (1)
וְאַזְדָּא ר' יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ כּוּ' וְאע"ג דְּהָכָא פְּלִיג ר"א עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן וּלְעֵיל בְּסוֹף יֵשׁ בְּכוֹר (בְּכוֹרוֹת דַּף כב:) מַשְׁמַע דְּמוֹדֶה בְּהַהִיא דְּלָקוֹחוֹת הֵן וּמְשַׁנֵּי מַאי אֵין חוֹזְרִין לְבַטְּלָהּ הָא מַצְרִיכִין הָכָא תְּרֵי מִילֵּי דְּר' יוֹחָנָן א"נ לְעֵיל אִיצְטְרִיךְ לְשַׁנּוֹיֵי דְּלָא תִּקְשֵׁי מִינֵּיהּ עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן:
'Et R. Yo'hanan suit sa ligne, etc.' — et bien qu'ici R. Elazar diverge de R. Yo'hanan, et que plus haut, à la fin de [chapitre] 'Yech bekhor' (Bekhorot 22b), il semble qu'il [R. Elazar] concède à propos de cet [enseignement] 'ils sont des acheteurs' — et l'on répond [là-bas] : 'que signifie [qu']ils ne retournent pas [pour être] annulés ?' — [en réalité] il faut ici les deux enseignements de R. Yo'hanan ; ou bien : plus haut, il fallait [ce point] pour répondre, afin qu'on n'objecte pas de la contre R. Yo'hanan.
💡 Explication

R. Yo'hanan est constant : il tient ein berera (il n'y a pas de rétro-désignation). Des frères qui partagent un héritage ne reçoivent pas rétroactivement la part qui leur était destinée au décès du père ; ils sont considérés comme des acheteurs l'un de l'autre. D'où la conséquence : la 'vente' étant sujette au jubilé, ils se restituent leurs parts au Yovel.

🖼️ Schéma
Y a-t-il rétro-désignation (yech berera) ? La position de R. Yo'hanan R. Yo'hanan : ein berera (pas de rétro-désignation) Conséquence dans les deux cas 1. Frères qui partagent l'héritage Ils sont considérés comme ACHETEURS l'un de l'autre (leqouhot hen) : la part n'était pas rétro-attribuée dès le décès. -> ils se restituent au Yovel (la vente retourne au jubilé) chaque frère = acheteur, pas héritier direct de sa part précise 2. Bétail issu du partage (maaser) Le bétail reçu au partage n'est pas "clair à toi" (barour lekha) : rattaché à "ton fils" premier-né par le hekech, or un premier-né acheté est exempt. -> EXEMPT de maaser behema le bétail issu du partage est comme "acheté" : il n'est pas certain à lui, donc il n'entre pas dans le dîme. (les deux enseignements sont nécessaires)
Les deux applications de 'ein berera' chez R. Yo'hanan.
2
וּצְרִיכִי, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן הָכָא, בְּהָא קָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן דֻּומְיָא דְּבִנְךָ, מַה בִּנְךָ בְּבָרוּר לָךְ, אַף שׁוֹרְךָ וְצֹאנְךָ בְּבָרוּר לָךְ; אֲבָל שָׂדֶה מֶכֶר הוּא דְּאָמַר רַחֲמָנָא לֶיהְדַּר בַּיּוֹבֵל, יְרֻושָּׁה וּמַתָּנָה לֹא!

Et [les deux enseignements] sont nécessaires : car s'il ne nous avait enseigné que ceci [le bétail], on aurait pu dire que c'est dans ce cas que R. Yo'hanan dit [qu'il n'y a pas berera], à la manière de 'ton fils' : de même que 'ton fils' [premier-né, pour la mitsva] doit t'être clair (barour lekha), de même 'ton bœuf et ton petit bétail' doivent t'être clairs ; mais un champ, c'est [seulement] pour ce qui est vendu que le Miséricordieux a dit qu'il retourne au Yovel — un héritage ou un don, non !

📜 Rachi (3)
וּצְרִיכִי הָנָךְ תַּרְתֵּי דְּרַבִּי יוֹחָנָן:
Et sont nécessaires — ces deux [enseignements] de R. Yo'hanan.
בְּהָא א"ר יוֹחָנָן דְּאֵין בְּרֵירָה וּפְטוּרִין מִשּׁוּם דְּמַעְשַׂר בְּהֵמָה אִיתַּקַּשׁ לְבִנְךָ כְּדִכְתִיב (שְׁמוֹת כ״ב:כ״ח-כ״ט) בְּכוֹר בָּנֶיךָ תִּתֶּן לִּי כֵּן תַּעֲשֶׂה וְגוֹ':
C'est dans ce cas que R. Yo'hanan dit — qu'il n'y a pas berera, et [qu']ils sont exempts, parce que le maaser behema est rattaché (houkach) à 'ton fils', comme il est écrit (Ex 22:28-29) 'le premier-né de tes fils tu me [le] donneras ; ainsi feras-tu, etc.'
בְּבֵרוּר לְךָ שֶׁנּוֹלַד בִּרְשׁוּתְךָ:
Clair à toi (barour lekha) — [le premier-né] qui est né dans ta possession.
💡 Explication

Pourquoi faut-il les deux enseignements ? Si R. Yo'hanan n'avait parlé que du bétail, on aurait limité 'ein berera' à ce cas : le maaser behema est rattaché par un hekech (analogie scripturaire) à 'ton fils' premier-né (Ex 22:28-29), or celui-ci doit t'être 'clair à toi' (né dans ta possession, non acheté). Mais pour le champ, on aurait pu penser que seul un champ vendu retourne au Yovel — pas un héritage ni un don.

3
וְאִי אַשְׁמְעִינַן שָׂדֶה — לְחוּמְרָא, אִי נָמֵי לְכַתְּחִלָּה, אֲבָל הָכָא — אֵימָא לָא, צְרִיכָא.

Et s'il ne nous avait enseigné que le champ, [on aurait dit qu'il tranche ainsi] par rigueur (le-houmra), ou bien parce que [le champ doit revenir] à son état initial ; mais ici [le bétail], dis [que] non — [donc] c'est nécessaire.

📜 Rachi (1)
וְאִי אַשְׁמְעִינַן שָׂדֶה הֲוָה אֲמִינָא בְּהַהִיא קָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם דִּלְחֻומְרָא אָזֵיל מִשּׁוּם סְפֵיקָא אֲבָל הָכָא דִּלְקֻולָּא הוּא דְּמִיפְּטַר מִמַּעֲשֵׂר אִי נָמֵי לְכַתְּחִלָּה דִּלְגַבֵּי יוֹבֵל בָּעֵינַן שֶׁתְּהֵא חוֹזֶרֶת קַרְקַע לִתְחִלָּתָהּ שֶׁהָיְתָה בְּיַחַד אֲבָל גַּבֵּי מַעֲשֵׂר לֵיכָּא לְמֵימַר הָכִי:
Et s'il ne nous avait enseigné que le champ — on aurait dit : c'est dans ce cas que R. Yo'hanan tranche [ainsi], parce qu'il va par rigueur (le-houmra), à cause du doute ; mais ici, ou c'est par indulgence (le-koula) qu'on serait exempté du dîme — ou bien [parce que c'est] à l'origine (le-khathila), car au regard du Yovel on exige que la terre retourne à son commencement, quand elle était indivise, alors qu'au regard du dîme il n'y a pas lieu de dire ainsi.
💡 Explication

Inversement, si R. Yo'hanan n'avait tranché que pour le champ (restitution au Yovel), on aurait pu dire : soit il agit par rigueur (dans le doute), soit c'est propre au Yovel, où l'on exige que la terre retourne à son état initial (indivis). Mais pour le maaser, où nul retour à l'origine n'est requis, on aurait pu croire les frères non-acheteurs, donc obligés. Les deux cas sont donc nécessaires.

4
מֵיתִיבִי: וְכֵן הַשֻּׁותָּפִין שֶׁחָלְקוּ, אֶחָד נָטַל עֲשָׂרָה וְאֶחָד נָטַל תִּשְׁעָה וָכֶלֶב — שֶׁכְּנֶגֶד הַכֶּלֶב אֲסוּרִין, שֶׁעִם הַכֶּלֶב מֻותָּרִים. וְאִם אָמְרַתְּ יֵשׁ בְּרֵירָה, לִיבְרֹור חַד מִינַּייְהוּ לְבַהֲדֵי כֶלֶב וְלִשְׁקֹול, וְהָנָךְ לִישְׁתְּרוֹ!

On objecte : de même, des associés qui ont partagé, l'un a pris dix [agneaux] et l'autre a pris neuf [agneaux] et un chien — [les dix] qui font face au chien sont interdits [à l'autel], [tandis que] ceux qui sont avec le chien sont permis. Or si tu dis 'yech berera' (il y a rétro-désignation), qu'il en désigne un d'entre eux face au chien et le prenne, et que les autres soient permis !

📜 Rachi (3)
וְכֵן הַשֻּׁותָּפִין בְּמַסֶּכֶת תְּמוּרָה בְּפֶרֶק כָּל הָאֲסוּרִין:
Et de même les associés — [cela figure] dans le traité Temoura, au chapitre 'Kol ha-assourin'.
אֶחָד נָטַל עֲשָׂרָה טְלָאִים וְאֶחָד תִּשְׁעָה טְלָאִים וְכֶלֶב עִמָּהֶן אוֹתָן עֲשָׂרָה הַטְּלָאִים שֶׁכְּנֶגֶד הַכֶּלֶב אֲסוּרִין לַמִּזְבֵּחַ דְּאֶחָד מֵהֶן הָיָה חִילּוּפוֹ שֶׁל כֶּלֶב וְהָיָה מְחִיר כֶּלֶב וְלָא יָדְעִינַן הֵי נִיהוּ:
L'un a pris dix agneaux et l'autre neuf agneaux et un chien — avec eux ; ces dix agneaux qui font face au chien sont interdits à l'autel, car l'un d'eux était l'échange du chien et [donc] 'prix d'un chien', et nous ne savons pas lequel c'est.
שֶׁעִם הַכֶּלֶב הַתִּשְׁעָה שֶׁעִם הַכֶּלֶב לֵית בְּהוּ אִיסּוּרָא:
Ceux qui sont avec le chien — les neuf qui sont avec le chien : il n'y a pas d'interdit en eux.
🗂️ Tossefot (1)
לִבְרֹור חַד מִינַּיְהוּ לַהֲדֵי כֶּלֶב כּוּ' וְא"ת מַה יוֹעִיל הָא אֵין יָדוּעַ אֵיזֶהוּ אוֹתוֹ שֶׁכְּנֶגֶד הַכֶּלֶב וְכִי תֵּימָא לְפִי שֶׁשָּׁוֶה לַכֶּלֶב הָא דְּאָמַר אִי דְּשָׁווּ כֻּולְּהוּ לַהֲדָדֵי ה"נ וְאָז הֵיאַךְ יָכוֹל לְבָרֵר אוֹתוֹ שֶׁכְּנֶגֶד הַכֶּלֶב לְהַתִּיר הָאֲחֵרִים וי"ל שֶׁכָּךְ סְבָרַת הַשַּׁ"ס כֵּיוָן שֶׁיֵּשׁ בְּרֵירָה שֶׁיֵּשׁ לַדָּבָר לִהְיוֹת תָּלוּי בְּדַעְתּוֹ דְּמִסְּתָמָא כָּךְ דַּעְתּוֹ מִתְּחִלָּה דְּאוֹתוֹ שֶׁיִּבְרֹור הוּא כְּנֶגֶד הַכֶּלֶב:
'Qu'il en désigne un face au chien, etc.' — et si tu demandes : à quoi cela sert-il, puisqu'on ne sait pas lequel fait face au chien ? Et si tu dis : parce qu'il [en] vaut [autant] que le chien — [mais] voici qu'on dit [plus loin] 'si tous ont la même valeur, là aussi [c'est permis]', et alors comment pourrait-il désigner celui qui fait face au chien pour permettre les autres ? On peut répondre : ainsi raisonne la Guemara — puisqu'il y a berera, la chose peut dépendre de son intention (daato), car vraisemblablement telle était son intention dès le début : celui qu'il désignera est celui qui fait face au chien.
💡 Explication

Objection contre 'ein berera' (à partir d'une baraita de Temoura). Deux associés partagent un troupeau : A prend dix agneaux (en échange du chien de B), B prend neuf agneaux + le chien. Les dix agneaux de A sont tous interdits à l'autel comme 'prix d'un chien' (mehir kelev, cf. Dt 23:19), car l'un d'eux fut l'échange du chien mais on ignore lequel. Or si yech berera, pourquoi les dix ? Qu'on désigne un seul agneau comme l'échange du chien et qu'on le retire — les neuf autres seraient permis !

🖼️ Schéma
Les associés qui partagent : 10 agneaux vs 9 agneaux + 1 chien "prix d'un chien" (mehir kelev) : interdit à l'autel (Dt 23:19) Associé A prend 10 agneaux (en échange du chien de B) Associé B prend 9 agneaux + 1 chien les 9 avec le chien : permis Les 10 agneaux de A sont TOUS interdits à l'autel l'un d'eux est l'échange du chien, mais on ignore lequel Objection contre "yech berera" -> réponse de Rav Achi Si yech berera : qu'il DÉSIGNE un agneau contre le chien, le retire, et les 9 autres seraient permis ! Rav Achi : ici les agneaux ne sont PAS de valeur égale. Le chien vaut 1 agneau + un petit surplus, et ce surplus se répartit sur tous -> le "prix du chien" est diffus dans les 10 : aucun n'est isolable.
La baraita des associés et l'objection.
5
אָמַר רַב אַשִּׁי: אִי דְּשָׁווּ כֻּולְּהוּ לַהֲדָדֵי — הָכִי נָמֵי, הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן? דְּלָא שָׁווּ כֻּולְּהוּ לַהֲדָדֵי, וְשָׁוֵי הַאי כַּלְבָּא חַד וּמַשֶּׁהוּ, וְהַאי מַשֶּׁהוּ מָשֵׁיךְ וְאָתֵי בְּכֻולְּהוּ.

Rav Achi dit : si tous ont la même valeur, en effet [ce serait permis, un seul suffirait]. [Mais] ici, de quoi traite-t-on ?

De ce qu'ils n'ont pas tous la même valeur : ce chien vaut un [agneau] et un petit surplus (mashehou), et ce petit surplus se prolonge et se diffuse dans tous [les agneaux].

📜 Rachi (2)
אִי דְּשָׁווּ כֻּולְּהוּ לַהֲדָדֵי שֶׁכָּל כֶּבֶשׂ שֶׁבְּאוֹתָן תִּשְׁעָה יֵשׁ לוֹ חָבֵר בְּאוֹתָן הָעֲשָׂרָה שֶׁשָּׁוֶה כְּמוֹתוֹ וְנִמְצָא שֶׁהָעֲשִׂירִי כְּנֶגֶד הַכֶּלֶב הָכִי נָמֵי דְּיֵשׁ בְּרֵירָה וְנוֹטֵל אֶחָד בִּמְחִיר כֶּלֶב וְאוֹכְלוֹ וְהַשְּׁאָר מֻותָּרִין לְגָבוֹהַּ:
Si tous ont la même valeur — [c'est-à-dire] que chaque agneau parmi ces neuf a un pendant parmi ces dix, de valeur égale, en sorte que le dixième fait face au chien : alors en effet il y a berera, et on prend un [agneau] comme 'prix du chien', on le mange, et les autres sont permis à l'autel.
הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן דְּכוּלְּהוּ אֲסִירֵי כְּגוֹן דְּלָא שָׁווּ אַהֲדָדֵי שֶׁתִּשְׁעָה כְּבָשִׂים שֶׁבְּתוֹךְ עֲשָׂרָה שָׁוִין יוֹתֵר מִתִּשְׁעָה שֶׁעִם אוֹתוֹ הַכֶּלֶב וְהַכֶּלֶב שָׁוֶה אֶת הָעֲשִׂירִי וְאוֹתוֹ מַשֶּׁהוּ שֶׁשָּׁוִין אוֹתָן תִּשְׁעָה שֶׁכְּנֶגְדָּן יוֹתֵר מִתִּשְׁעָה שֶׁעִמּוֹ דְּהַשְׁתָּא הָוֵי מְחִיר כֶּלֶב הוֹלֵךְ בְּכָל הַתִּשְׁעָה שֶׁכְּנֶגְדּוֹ בְּכָל חַד פּוּרְתָּא וְהָעֲשִׂירִי כְּנֶגְדּוֹ. וְהַמּוֹרֶה גָּרֵיס כְּגוֹן דְּשָׁוֶה כָּל חַד וְחַד אַרְבָּעָה זוּזֵי וּפַלְגֵי חוּמְשָׁא וְכַלְבָּא חַמְשָׁא זוּזֵי דְּהַהוּא זוּזָא שַׁיָּיךְ וְאָתֵי בְּכוּלְּהוּ וּפֵירוּשָׁא הָכִי דְּשָׁוֵי כָּל חַד וְחַד מֵאוֹתָן עֲשָׂרָה שֶׁכְּנֶגֶד הַכֶּלֶב ד' זוּזֵי וּפַלְגֵי חוּמְשָׁא דְּזוּזָא נִמְצָא שֶׁכָּל הָעֲשָׂרָה שָׁוִין אַרְבָּעִים וְחַד זוּזֵי שֶׁעֲשָׂרָה חֲצָאֵי חֻומְשִׁין עוֹשִׂין ה' חֻומְשִׁין דְּהַייְנוּ זוּזָא וְהַכֶּלֶב שָׁוֶה ה' זוּזִים נִמְצָא שֶׁתִּשְׁעָה שֶׁעִמּוֹ אֵינָן אֶלָּא נ"ו זוּז וְאִיהוּ חַמְשָׁא הֲרֵי אַרְבְּעִין וְחַד הַשְׁתָּא לָא שָׁווּ אוֹתָן שֶׁעִם הַכֶּלֶב אֶלָּא ד' זוּזֵי כָּל חַד וְאוֹתָן שֶׁכְּנֶגְדּוֹ שָׁווּ כָּל חַד ד' זוּזֵי וּפַלְּגָא חוּמְשָׁא דְּזוּזָא נִמְצָא שֶׁהַכֶּלֶב מַשְׁוֶה אֶת כֻּולָּם וּבְכָל אוֹתָן שֶׁכְּנֶגְדּוֹ שַׁיָּיךְ חִילּוּף הַכֶּלֶב אוֹתוֹ חֲצִי חֹומֶשׁ שֶׁכָּל אֶחָד שָׁוֶה יוֹתֵר עַל אַרְבַּע זוּז מֵחִילּוּף שֶׁכְּנֶגֶד אוֹתוֹ זוּז שֶׁהַכֶּלֶב שָׁוֶה יוֹתֵר מֵאַרְבַּע:
Ici de quoi traite-t-on — [le cas] où tous sont interdits, comme lorsqu'ils n'ont pas la même valeur : les neuf agneaux parmi les dix valent plus que les neuf qui sont avec le chien, et le chien vaut le dixième plus ce petit surplus par lequel ces neuf-là [qui leur font face] valent plus que les neuf qui sont avec lui ; car alors le 'prix du chien' se diffuse dans les neuf qui lui font face, un peu dans chacun, et le dixième lui fait face. Et le Maître [Rachi cite une autre version] enseigne : par exemple lorsque chacun vaut quatre zouz et demi cinquième, et le chien cinq zouz — de sorte que ce [demi] zouz appartient et se diffuse dans tous. Et voici l'explication : chacun de ces dix qui font face au chien vaut quatre zouz et demi cinquième de zouz ; il se trouve que les dix valent quarante et un zouz (car dix demi-cinquièmes font cinq cinquièmes, soit un zouz), et le chien vaut cinq zouz ; il se trouve que les neuf qui sont avec lui ne valent que trente-six zouz, et lui cinq — soit quarante et un. Or maintenant, ceux qui sont avec le chien ne valent que quatre zouz chacun, et ceux qui lui font face valent chacun quatre zouz et demi cinquième de zouz ; il se trouve que le chien les égalise tous, et dans chacun de ceux qui lui font face se diffuse l'échange du chien — ce demi cinquième par lequel chacun vaut plus de quatre zouz que le pendant [correspondant] à ce zouz par lequel le chien vaut plus de quatre.
💡 Explication

Réponse de Rav Achi : la baraita traite d'un cas où les agneaux n'ont pas tous la même valeur. Le chien vaut un agneau plus un petit surplus (mashehou). Ce surplus ne correspondant à aucun agneau isolé, il se répartit sur les dix : le 'prix du chien' est diffus dans chacun, donc aucun n'est isolable et tous restent interdits. (Si les valeurs étaient égales, un seul agneau équivaudrait au chien et pourrait être isolé.)

6
מַתְנִי׳ הַכֹּל נִכְנָסִין לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר, חוּץ מִן כִּלְאַיִם, וּטְרֵפָה, וְיוֹצֵא דֹּופֶן, וּמְחֻוסַּר זְמַן, וְהַיָּתוֹם. וְאֵיזֶהוּ יָתוֹם? כֹּל שֶׁמֵּתָה אִמָּהּ שֶׁנִּשְׁחֲטָה וְאַחַר כָּךְ יָלְדָה. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: אֲפִילּוּ נִשְׁחֲטָה אִמָּהּ וְהַשֶּׁלַח קַיָּים — אֵין זֶה יָתוֹם.

MICHNA. Tous [les animaux] entrent dans l'enclos (dir) pour être dîmes, sauf le kilayim (hybride), la terefa (bête condamnée), le yotze dofen (né par césarienne), le mehousar zeman (dont le temps n'est pas accompli), et l'orphelin (yatom).

Et qu'est-ce qu'un orphelin ? Tout [petit] dont la mère est morte [pendant la mise bas], ou qui fut égorgée, puis [le petit] naquit ensuite.

R. Yehochoua dit : même si sa mère fut égorgée mais que la peau (chelah) subsiste [encore], ce n'est pas un orphelin.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' כֹּל שֶׁמֵּתָה אִמּוֹ בִּשְׁעַת לֵידָה. וְכָל טַעְמָא דְּמַתְנִיתִין מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
Michna. Tout [petit] dont la mère est morte — au moment de la mise bas. Et toute la raison de la michna est expliquée dans la Guemara.
וְהַשֶּׁלַח קַיָּים וְהָעוֹר קַיָּים:
Et la peau subsiste — et le cuir subsiste.
אֵין זֶה יָתוֹם בַּגְּמָרָא מְפָרֵשׁ טַעְמָא:
Ce n'est pas un orphelin — la Guemara en explique la raison.
🗂️ Tossefot (1)
חוּץ מִן הַכִּלְאַיִם כּוּ' הֲוָה מָצֵי נָמֵי לְמִיתְנֵי נִדְמֶה דְּהָא מְפָרֵשׁ טַעְמָא בַּגְּמָרָא מִשּׁוּם דְּיָלְפִינַן תַּחַת תַּחַת מִקָּדָשִׁים אֲבָל בְּכָל מָקוֹם דַּחֲשִׁיב (טְרֵפָה) רָגִיל לְדַלֵּג נִדְמֶה כְּאִילּוּ הוּא בִּכְלַל כִּלְאַיִם מִשּׁוּם דְּדָמֵי לֵיהּ קְצָת:
'Sauf le kilayim, etc.' — [la michna] aurait pu aussi enseigner le nidmeh (ressemblant), car la Guemara en explique la raison [de l'exclusion] du fait qu'on apprend 'tahat'/'tahat' des [animaux] consacrés ; mais partout où l'on énumère [aussi la terefa], on a coutume de sauter le nidmeh, comme s'il était compris dans le kilayim, parce qu'il lui ressemble un peu.
💡 Explication

La michna. Règle générale : tout animal entre dans l'enclos (dir) pour le dîme, sauf cinq exclus — le kilayim (hybride, ex. bouc x brebis), la terefa (bête atteinte d'un défaut mortel), le yotze dofen (né par césarienne), le mehousar zeman (moins de huit jours, avant l'âge requis pour l'autel), et l'orphelin. L'orphelin : la mère est morte ou fut égorgée pendant la mise bas, et le petit achevé de naître après. R. Yehochoua nuance : si la peau de la mère subsiste encore au moment de la naissance, ce n'est pas un orphelin.

🖼️ Schéma
Qu'est-ce qu'un orphelin (yatom) exclu du dîme ? Tana kama : c'est un orphelin la mère est MORTE (ou fut égorgée) pendant la mise bas, puis le petit achevé de naître. pas "sous sa mère" (tahat imo) -> exclu de l'enclos R. Yehochoua : pas un orphelin si la mère fut égorgée MAIS que sa peau (chelah) subsiste encore, ce n'est pas un orphelin -> il entre dans le dîme
La définition de l'orphelin : tana kama vs R. Yehochoua.
7
גְּמָ׳ מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״שׁוֹר אוֹ כֶּשֶׂב״ — פְּרָט לְכִלְאַיִם, ״אוֹ עֵז״ — פְּרָט לְנִדְמֶה, ״כִּי יִוָּלֵד״ — פְּרָט לְיוֹצֵא דֹּופֶן, ״וְהָיָה שְׂבֵעַת יָמִים״ — פְּרָט לִמְחֻוסַּר זְמַן, ״תַּחַת אִמּוֹ״ — פְּרָט לְיָתוֹם.

GUEMARA. D'où [tient-on] ces choses ?

De ce que les Sages ont enseigné : 'un bœuf ou un mouton' (chor o kesev) — exclut le kilayim ; 'ou une chèvre' (o ez) — exclut le nidmeh ; 'lorsqu'il naîtra' (ki yivaled) — exclut le yotze dofen ; 'et il sera sept jours' (ve-haya chivat yamim) — exclut le mehousar zeman ; 'sous sa mère' (tahat imo) — exclut l'orphelin.

📜 Rachi (3)
גמ' שׁוֹר אוֹ כֶּשֶׂב גַּבֵּי שְׁאָר כָּל הַקֳּדָשִׁים כְּתִיב:
Guemara. Un bœuf ou un mouton — [ce verset] est écrit à propos de tous les autres [animaux] consacrés.
נִדְמֶה שֶׁאִמּוֹ רָחֵל וְהוּא דּוֹמֶה לַעַז:
Nidmeh — dont la mère est une brebis et qui ressemble à une chèvre.
כִּלְאַיִם מִן הַתַּייִשׁ וְהָרָחֵל בָּא:
Kilayim — [né] du bouc et de la brebis.
💡 Explication

La guemara ancre chaque exclusion dans le verset Lv 22:27 (qui traite de tous les sacrifices). Chaque terme du verset écarte une catégorie : 'un bœuf ou un mouton' exclut le kilayim ; 'ou une chèvre' exclut le nidmeh (une brebis dont le petit ressemble à une chèvre, ou l'inverse) ; 'lorsqu'il naîtra' exclut le yotze dofen ; 'sept jours' exclut le mehousar zeman ; 'sous sa mère' exclut l'orphelin.

🖼️ Schéma
Lv 22:27 : chaque mot exclut une catégorie "chor o kesev" (un bœuf ou un mouton) -> exclut le kilayim (hybride) "o ez" (ou une chèvre) -> exclut le nidmeh (ressemblant) "ki yivaled" (lorsqu'il naîtra) -> exclut le yotze dofen (césarienne) "ve-haya chivat yamim" (sept jours) -> exclut le mehousar zeman "tahat imo" (sous sa mère) -> exclut le yatom (orphelin) R. Yichmael b. R. Yo'hanan b. Beroka : hekech "tahat"/"tahat" -> s'applique au maaser (et exclut la terefa)
L'exégèse mot à mot de Lv 22:27.
8
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמֵר: נֶאֱמַר כָּאן ״תַּחַת הַשֵּׁבֶט״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״תַּחַת אִמּוֹ״. מַה לְהַלָּן — פְּרָט לְכָל הַשֵּׁמוֹת הַלָּלוּ, אַף כָּאן — פְּרָט לְכָל הַשֵּׁמוֹת הַלָּלוּ. וּמַה כָּאן — פְּרָט לִטְרֵפָה, אַף לְהַלָּן — פְּרָט לִטְרֵפָה.

R. Yichmael, fils de R.

Yo'hanan ben Beroka, dit : il est dit ici (au maaser) 'sous le bâton' (tahat ha-chevet), et il est dit là-bas (aux consacrés) 'sous sa mère' (tahat imo). De même que là-bas [le mot] exclut tous ces cas, de même ici il exclut tous ces cas.

Et de même qu'ici [le maaser] exclut la terefa, de même là-bas [les consacrés] exclut la terefa.

📜 Rachi (4)
נֶאֱמַר כָּאן בְּמַעְשַׂר בְּהֵמָה תַּחַת הַשֵּׁבֶט:
Il est dit ici — au maaser behema : 'sous le bâton'.
וְנֶאֱמַר לְהַלָּן בְּכָל הַקֳּדָשִׁים תַּחַת אִמּוֹ:
Et il est dit là-bas — à tous les [animaux] consacrés : 'sous sa mère'.
מַה לְהַלָּן בְּכָל הַקֳּדָשִׁים:
De même que là-bas — pour tous les consacrés.
פְּרָט לְכָל הַשֵּׁמוֹת הַלָּלוּ כִּדְפָרֵישִׁית כִּלְאַיִם וְנִדְמֶה וְיוֹצֵא דֹּופֶן וּמְחֻוסַּר זְמַן וְיָתוֹם אַף בְּמַעֲשֵׂר הָכִי נָמֵי וְהַייְנוּ טַעְמָא דְּמַתְנִיתִין וּמַה מַעֲשֵׂר פְּרָט לִטְרֵפָה דִּכְתִיב בָּהּ (וַיִּקְרָא כז) כָּל אֲשֶׁר יַעֲבֹור פְּרָט לִטְרֵפָה שֶׁאֵינָהּ עוֹבֶרֶת דִּבְהֵמָה שֶׁנֶּחְתְּכוּ רַגְלֶיהָ מִן הָאַרְכֻּובָּה וּלְמַעְלָה זוֹ הִיא אַחַת מי"ח טְרֵיפוֹת:
Exclut tous ces cas — comme je l'ai expliqué : kilayim, nidmeh, yotze dofen, mehousar zeman et orphelin ; au maaser aussi il en est ainsi, et c'est là la raison de la michna. Et de même que le maaser exclut la terefa, car il y est écrit (Lv 27) 'tout ce qui passe', à l'exclusion de la terefa qui ne passe pas — [savoir] une bête dont les pattes ont été tranchées à partir du genou et au-dessus, ce qui est l'une des dix-huit terefot.
💡 Explication

R. Yichmael b. R. Yo'hanan b. Beroka établit un hekech (analogie verbale, gezera chava) entre le mot 'tahat' du maaser ('tout ce qui passe sous le bâton', Lv 27:32) et le 'tahat' des consacrés ('sous sa mère', Lv 22:27). Double transfert : les cinq exclusions des consacrés passent au maaser ; et réciproquement la terefa (exclue du maaser, car elle 'ne passe pas' sous le bâton) passe aux consacrés.

9
״הַכֹּל״, לְאֵיתוֹיֵי מַאי? לְאֵיתוֹיֵי הָא דְּתָנוּ רַבָּנַן: הָרוֹבֵעַ, וְהַנִּרְבָּע, וְהַמֻּוקְצֶה, וְהַנֶּעֱבָד, וְהָאֶתְנָן, וְהַמְחִיר, וְטֻומְטוּם, וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס — כֻּולָּן נִכְנָסִין לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן: טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס אֵין נִכְנָסִין לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר.

'Tous' (hakol) — qu'est-ce que cela vient inclure ? Cela vient inclure ce que les Sages ont enseigné : le rova (l'animal qui a copulé avec un humain), le nirba (celui sur lequel on a copulé), le mouktse (mis à part pour l'idolâtrie), le neevad (adoré), l'etnan (salaire de prostituée), le mehir (prix d'un chien), le toumtoum et l'androginos — tous entrent dans l'enclos pour être dîmes.

R. Chimon ben Yehouda dit au nom de R.

Chimon : le toumtoum et l'androginos n'entrent pas dans l'enclos pour être dîmes.

📜 Rachi (3)
הַכֹּל דְּקָתָנֵי בְּמַתְנִיתִין לְאֵיתוֹיֵי מַאי:
'Tous' — [le mot] enseigné dans la michna : qu'est-ce que cela vient inclure ?
מֻוקְצֶה שֶׁהִפְרִישׁוּהוּ לְהַקְרִיבוֹ לַעֲבוֹדָה זָרָה:
Mouktse — qu'on a mis à part pour l'offrir à l'idolâtrie.
נֶעֱבָד שֶׁעָבַד אֶת הַבְּהֵמָה עַצְמָהּ כְּגוֹן שֶׁנִּיסֵּךְ לָהּ בֵּין קַרְנֶיהָ:
Neevad — qu'on a adoré la bête elle-même, par exemple en répandant une libation entre ses cornes.
💡 Explication

Que vient inclure le mot 'tous' (hakol) de la michna ? Une baraita : bien qu'invalidés à l'autel, ces animaux entrent quand même dans l'enclos du dîme — le rova et le nirba (bestialité), le mouktse (réservé à l'idolâtrie) et le neevad (adoré), l'etnan (donné comme salaire à une prostituée) et le mehir (prix d'un chien), le toumtoum (organes indéterminés) et l'androginos (des deux sexes). R. Chimon exclut cependant le toumtoum et l'androginos.

10
וְתַנָּא דִּידַן, אִי גָּמַר ״תַּחַת״ ״תַּחַת״ מִקָּדָשִׁים — הָנֵי נַמֵּי לָא, וְאִי לָא יָלֵיף — הָנֵי מְנָא לֵיהּ?

Mais notre tana [de la michna], s'il apprend [le hekech] 'tahat'/'tahat' des consacrés — ceux-ci [rova, etc.] non plus [ne devraient pas entrer, étant invalidés à l'autel] ! Et s'il ne l'apprend pas — ceux-là [les cas de la michna : mehousar zeman, orphelin], d'où les tient-il ?

📜 Rachi (4)
וְתַנָּא דִּידַן תַּנָּא דְּמַתְנִיתִין דִּתְנָא הַכֹּל לַאֲתוּיֵי כָּל הָנֵי דְּמַתְנִיתִין:
Mais notre tana — le tana de la michna, qui a enseigné 'tous' pour inclure tous ces cas de la michna.
אִי גָּמַר מַעֲשֵׂר תַּחַת תַּחַת מִקָּדָשִׁים:
S'il apprend — le maaser [par] 'tahat'/'tahat' des consacrés.
הָנֵי נַמֵּי לָא דְּהָא כּוּלְּהוּ פְּסוּלֵי בְּקָדָשִׁים דְּתַנְיָא בִּתְמוּרָה בְּפֶרֶק כָּל הָאֲסוּרִין (תְּמוּרָה דַּף כֹּח.) מִן הַבְּהֵמָה לְהוֹצִיא רוֹבֵעַ וְנִרְבָּע וּכְגוֹן שֶׁאֵין בַּדָּבָר אֶלָּא עֵד אֶחָד דְּאִי שְׁנֵי עֵדִים בַּת קְטָלָא הִיא דִּכְתִיב וְאֶת הַבְּהֵמָה תַּהֲרֹוגוּ מִן הַבָּקָר לְהוֹצִיא אֶת הַנֶּעֱבָד מִן הַצֹּאן לְהוֹצִיא אֶת הַמֻּוקְצֶה:
Ceux-ci non plus — car tous sont invalidés parmi les consacrés, comme il est enseigné dans Temoura, au chapitre 'Kol ha-assourin' (Temoura 28a) : 'de l'animal' (min ha-behema) exclut le rova et le nirba — et [cela] dans un cas où il n'y a en la chose qu'un seul témoin, car s'il y a deux témoins [la bête] est passible de mort, comme il est écrit 'et la bête vous tuerez' ; 'du gros bétail' (min ha-bakar) exclut le neevad ; 'du petit bétail' (min ha-tzon) exclut le mouktse.
וְאִי לָא יָלֵיף מְקַדְּשִׁים הָנֵי אַחֲרֵינִי מְחֻוסַּר זְמַן וְיָתוֹם מְנָא לֵיהּ דְּאֵין מְעַשְּׂרִין:
Et s'il ne l'apprend pas — des consacrés, ces autres [cas], mehousar zeman et orphelin, d'où [sait-il] qu'on ne les dîme pas ?
💡 Explication

Difficulté sur le tana de la michna (qui, par 'hakol', inclut rova, neevad, etc.). Dilemme : s'il apprend le hekech 'tahat'/'tahat' des consacrés, alors le rova, le neevad et les autres — tous invalidés à l'autel — ne devraient pas non plus entrer dans le dîme. Mais s'il ne l'apprend pas, d'où tire-t-il les exclusions de la michna (mehousar zeman, orphelin), qui ne découlent que de ce hekech ?

11
לְעוֹלָם גְּמִיר, וְהָנֵי רַחֲמָנָא רַבִּינְהוּ, דִּכְתִיב: ״כִּי מָשְׁחָתָם בָּהֶם מוּם בָּם לֹא יֵרָצוּ לָכֶם״, וְתָאנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: כָּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ הַשְׁחָתָה, אֵינוֹ אֶלָּא דְּבַר עֶרְוָה וַעֲבוֹדָה זָרָה.

En vérité il [l']apprend, et ceux-là, le Miséricordieux les a inclus, car il est écrit : 'car leur corruption est en eux, un défaut est en eux, ils ne seront pas agréés pour vous' (Lv 22:25). Et l'école de R.

Yichmael a enseigné : partout où est mentionnée [la] 'corruption' (hashchata), il ne s'agit que de dvar erva (débauche) et d'avoda zara (idolâtrie).

📜 Rachi (1)
וְהָנֵי רוֹבֵעַ וְנִרְבָּע וְכוּלְּהוּ אִינָךְ רַחֲמָנָא רַבִּינְהוּ דִּלְעַשְּׁרִי וְאַף עַל גַּב דְּלָא חֲזוּ לְהַקְרָבָה יֹאכְלוּ בְּמוּמָן לַבְּעָלִים:
Et ceux-ci — le rova, le nirba et tous les autres, le Miséricordieux les a inclus pour qu'on les dîme ; et bien qu'ils ne conviennent pas à l'offrande, ils seront mangés avec leur défaut par les propriétaires.
💡 Explication

Réponse : le tana apprend bien le hekech (d'où les exclusions de la michna), et par ailleurs la Torah a explicitement inclus rova, neevad, etc. dans le dîme. Le verset Lv 22:25 compare la 'corruption' (hashchata) au 'défaut' (moum). Or l'école de R. Yichmael enseigne : le terme 'corruption' vise toujours la débauche (erva) et l'idolâtrie (avoda zara).

12
דְּבַר עֶרְוָה — דִּכְתִיב: ״כִּי הִשְׁחִית כָּל בָּשָׂר אֶת דַּרְכּוֹ עַל הָאָרֶץ״, עֲבוֹדָה זָרָה — דִּכְתִיב: ״פֶּן תַּשְׁחִיתוּן וַעֲשִׂיתֶם לָכֶם פֶּסֶל תְּמוּנַת כָּל סָמֶל תַּבְנִית זָכָר אוֹ נְקֵבָה״.

Dvar erva (débauche) — car il est écrit : 'car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre' (Gn 6:12) ; avoda zara (idolâtrie) — car il est écrit : 'de peur que vous ne [vous] corrompiez et ne vous fassiez une idole, l'image de quelque figure, la forme d'un mâle ou d'une femelle' (Dt 4:16).

💡 Explication

La baraita étaie les deux sens de 'corruption' : la débauche, d'après 'toute chair avait corrompu sa voie' (Gn 6:12, la génération du déluge) ; et l'idolâtrie, d'après 'de peur que vous ne vous corrompiez et ne vous fassiez une idole' (Dt 4:16).

13
וְכֹל שֶׁהַמּוּם פּוֹסֵל בּוֹ — דְּבַר עֶרְוָה וַעֲבוֹדָה זָרָה פּוֹסְלִין בּוֹ, וְכֹל שֶׁאֵין הַמּוּם פּוֹסֵל בּוֹ — אֵין דְּבַר עֶרְוָה וַעֲבוֹדָה זָרָה פּוֹסְלִין בּוֹ, וְהַאי מַעֲשֵׂר הוֹאִיל וְלָא פָּסֵיל בֵּיהּ מוּמָא, דִּכְתִיב: ״לֹא יְבַקֵּר בֵּין טוֹב לָרַע וְלֹא יְמִירֶנּוּ״ — דְּבַר עֶרְוָה וַעֲבוֹדָה זָרָה נָמֵי לָא פָּסֵיל בֵּיהּ.

Et [en] tout [ce] où le défaut invalide — la débauche et l'idolâtrie [y] invalident ; et [en] tout [ce] où le défaut n'invalide pas — la débauche et l'idolâtrie [n'y] invalident pas. Or ce maaser, puisqu'un défaut ne l'invalide pas — car il est écrit : 'il ne distinguera pas entre bon et mauvais et ne l'échangera pas' (Lv 27:33) — la débauche et l'idolâtrie ne l'invalident pas non plus.

📜 Rachi (1)
כֹּל שֶׁהַמּוּם פּוֹסֵל בּוֹ דְּבַר עֶרְוָה וַעֲבוֹדָה זָרָה פּוֹסְלִין בּוֹ דְּהָא אַקְשִׁינְהוּ רַחֲמָנָא לְמוּם דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא כ״ב:כ״ה) כִּי מָשְׁחָתָם בָּהֶם מוּם בָּם:
Tout ce où le défaut invalide, la débauche et l'idolâtrie [y] invalident — car le Miséricordieux les a comparés au défaut, comme il est écrit (Lv 22:25) 'car leur corruption est en eux, un défaut est en eux'.
🗂️ Tossefot (1)
כֹּל שֶׁהַמּוּם פּוֹסֵל בּוֹ דְּבַר עֶרְוָה וַעֲבוֹדָה זָרָה פּוֹסְלִין בּוֹ כֻּולֵּי עָלְמָא אִית לְהוּ הַךְ דְּרָשָׁא אַפֵּי' מַאן דִּמְמַעֵט רוֹבֵעַ וְנִרְבָּע מֻוקְצֶה וְנֶעֱבָד מִמָּן הַבְּהֵמָה וּמִמָּן הַבָּקָר בְּפֶ' כָּל הָאֲסוּרִין (תְּמוּרָה כח.) כִּדְפֵירַשְׁתִּי (לְעֵיל בְּפֶרֶק הַלּוֹקֵחַ בְּהֵמָה):
'Tout ce où le défaut invalide, la débauche et l'idolâtrie [y] invalident' — tous admettent cette exégèse, même celui qui exclut le rova et le nirba, le mouktse et le néévad de 'de l'animal' et de 'du gros bétail' au chapitre 'Kol ha-assourin' (Temoura 28a), comme je l'ai expliqué (plus haut, au chapitre 'Ha-lokeah behema').
💡 Explication

La clé logique tirée de la comparaison 'corruption'/'défaut' (Lv 22:25) : là où un défaut (moum) invalide, erva et avoda zara invalident aussi ; là où un défaut n'invalide pas, erva et avoda zara n'invalident pas non plus. Or au maaser, un défaut n'invalide pas — le verset 'il ne distinguera pas entre bon et mauvais' (Lv 27:33) montre qu'on dîme même une bête avec défaut. Donc erva et avoda zara ne l'invalident pas non plus : rova, néévad, etnân... entrent dans l'enclos.

14
רוֹבֵעַ וְנִרְבָּע — דְּבַר עֶרְוָה, מֻוקְצֶה וְנֶעֱבָד — עֲבוֹדָה זָרָה, וְאֶתְנָן — דְּבַר עֶרְוָה, וּמְחִיר אִיתַּקַּשׁ לְאֶתְנָן,

Le rova et le nirba — [c'est] dvar erva (débauche) ; le mouktse et le néévad — [c'est] avoda zara (idolâtrie) ; et l'etnân — [c'est] dvar erva ; et le méhir est rattaché (houkach) à l'etnân.

💡 Explication

Application : chaque catégorie de la baraita relève de l'une des deux 'corruptions'. Le rova et le nirba (bestialité) relèvent de la débauche ; le mouktse et le néévad de l'idolâtrie ; l'etnân (salaire de prostituée) de la débauche ; et le méhir (prix d'un chien) est rattaché à l'etnân (Dt 23:19 les mentionne ensemble). Toutes ces catégories, relevant de 'corruption' et non de 'défaut', n'invalident donc pas au maaser.

15
טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס — קָסָבַר: סְפֵיקָא הוּא.

Le toumtoum et l'androginos — il [le tana anonyme] tient : c'est un doute (safek).

📜 Rachi (1)
טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס סְפֵיקָא הוּא אִי זָכָר אִי נְקֵבָה הִלְכָּךְ מִמַּה נַפְשָׁךְ מִיעַשְּׁרִי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר בְּרִיָּה בִּפְנֵי עַצְמָהּ הִיא:
Le toumtoum et l'androginos, c'est un doute — [savoir] s'il est mâle ou femelle ; dès lors, de toute façon (mimah nafchakh), on les dîme. Et R. Chimon tient : c'est une créature à part (beriya bifnei atzma).
💡 Explication

Pourquoi le tana anonyme inclut-il le toumtoum (organes indéterminés) et l'androginos (des deux sexes) dans le dîme ? Il tient que c'est un doute (safek) sur le sexe — mâle ou femelle — et non une créature à part. Dès lors, de toute façon (mimah nafchakh) l'animal est dîmable.

16
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוּדָה אוֹמֵר. קָסָבַר סְפֵיקָא הוּא, מִיעֵט רַחֲמָנָא גַּבֵּי קָדָשִׁים — זָכָר וַדַּאי וּנְקֵבָה וַדָּאִית, וְלֹא טֻומְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס. מַעֲשֵׂר נַמֵּי גָּמַר ״תַּחַת״ ״תַּחַת״ מִקָּדָשִׁים.

'R. Chimon ben Yehouda dit [au nom de R.

Chimon]'. Il tient que c'est un doute (safek), [mais] le Miséricordieux a exclu, à propos des consacrés, [en exigeant] un mâle certain ou une femelle certaine — et non le toumtoum et l'androginos.

Le maaser aussi, il [l']apprend [par] 'tahat'/'tahat' des consacrés [donc les exclut].

🗂️ Tossefot (1)
זָכָר וַדַּאי נְקֵבָה וַדָּאִית לֹא טֻומְטוּם כו' הַךְ סֻוגְיָא דְּלָא כְּרַב חִסְדָּא וְרֵישׁ לָקִישׁ כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל בְּסוֹף עַל אֵלּוּ מוּמִין (בְּכוֹרוֹת דַּף מב:):
'Un mâle certain, une femelle certaine, non le toumtoum, etc.' — cette sougya n'est pas [conforme] à Rav Hisda ni à Reich Lakich, comme je l'ai expliqué plus haut, à la fin de [chapitre] 'Al eilou moumin' (Bekhorot 42b).
💡 Explication

Position de R. Chimon ben Yehouda au nom de R. Chimon (qui exclut toumtoum et androginos du dîme). Lui aussi tient que c'est un doute (safek), mais la Torah, pour les consacrés, exige un mâle certain ou une femelle certaine — donc exclut le toumtoum et l'androginos. Et comme le maaser s'apprend par le hekech 'tahat'/'tahat' des consacrés, ils en sont pareillement exclus.

17
תָּנוּ רַבָּנַן: הַכֹּל נִכְנָסִין לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר, חוּץ מִן הַכִּלְאַיִם וְהַטְּרֵפָה, דִּבְרֵי רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי יְהוּדָה אִישׁ כְּפַר בַּרְתּוֹתָא שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ. אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: אֲנִי שָׁמַעְתִּי הֵימֶנּוּ אַף יוֹצֵא דֹּופֶן וּמְחֻוסַּר זְמַן וְיָתוֹם.

Les Sages ont enseigné : tous entrent dans l'enclos pour être dîmes, sauf le kilayim et la terefa — paroles de R. Elazar, fils de R.

Yehouda, homme du village de Bartota, qui parlait au nom de R. Yehochoua.

R. Akiva dit : moi j'ai entendu de lui [R.

Yehochoua] aussi le yotzé dofen, le mehousar zeman et l'orphelin.

💡 Explication

Une baraita [présente une divergence sur l'étendue des exclusions]. Selon R. Elazar b. R. Yehouda de Bartota au nom de R. Yehochoua, seuls le kilayim et la terefa sont exclus. R. Akiva témoigne avoir entendu de R. Yehochoua trois exclusions supplémentaires : le yotzé dofen, le mehousar zeman et l'orphelin.

18
וְתַנָּא קַמָּא, אִי גָּמַר ״תַּחַת״ ״תַּחַת״ מִקָּדָשִׁים — הָנֵי נַמֵּי לָא, וְאִי לֹא גָּמַר, בִּשְׁלָמָא טְרֵפָה — ״כֹּל אֲשֶׁר יַעֲבֹר תַּחַת הַשָּׁבֶט״ כְּתִיב, פְּרָט לִטְרֵפָה שֶׁאֵינָהּ עוֹבֶרֶת, אֶלָּא כִּלְאַיִם מְנָא לֵיהּ?

Et le tana kama [premier tana de la baraita], s'il apprend [le hekech] 'tahat'/'tahat' des consacrés — ceux-là [yotzé dofen, mehousar zeman, orphelin] non plus [ne devraient entrer] ! Et s'il ne l'apprend pas : soit, la terefa — il est écrit 'tout ce qui passe sous le bâton' (Lv 27:32), à l'exclusion de la terefa qui ne passe pas ; mais le kilayim, d'où le tient-il ?

📜 Rachi (1)
הָנֵי נַמֵּי לָא יוֹצֵא דֹּופֶן וּמְחֻוסַּר זְמַן וְיָתוֹם:
Ceux-là non plus — le yotzé dofen, le mehousar zeman et l'orphelin.
🗂️ Tossefot (1)
פְּרָט לִטְרֵפָה שֶׁאֵינָהּ עוֹבֶרֶת דִּבְהֵמָה שֶׁנֶּחְתְּכוּ רַגְלֶיהָ מִן הָאַרְכֻּובָּה וּלְמַעְלָה הִיא מי"ח טְרֵפוֹת וְהָתָם בִּמְנָחוֹת (דַּף ו.) מַצְרִיךְ תְּלָתָא קְרָאֵי בִּטְרֵפָה חַד לִטְרֵפָה מִמְּעֵי אִמּוֹ דְּלֹא הָיְתָה לָהּ שְׁעַת הַכֹּושֶׁר וְחַד לִטְרֵפָה וְאַחַר כָּךְ הִקְדִּישָׁהּ וְחַד לְהַקְדִּישָׁהּ וְאַחַר כָּךְ נִטְרְפָה וּמִן הָאַרְכֻּובָּה וּלְמַטָּה חָשְׁבִינַן לֵיהּ עוֹבֶרֶת כֵּיוָן דְּאֵינָהּ נִטְרְפָה:
'À l'exclusion de la terefa qui ne passe pas' — [savoir] une bête dont les pattes ont été tranchées à partir du genou et au-dessus, qui est l'une des dix-huit terefot ; et là, dans Menahot (6a), on exige trois versets pour la terefa : l'un pour la terefa dès le ventre de sa mère, qui n'a pas eu de 'moment d'aptitude' ; un pour [la bête qui] fut terefa puis on la consacra ; et un pour [la bête qu']on consacra puis elle devint terefa. Et [tranchée] à partir du genou et au-dessous, on la considère comme 'passant', puisqu'elle n'est pas terefa.
💡 Explication

Même dilemme applique au tana kama de la baraita (qui n'exclut que kilayim et terefa). S'il apprend le hekech 'tahat'/'tahat', alors yotzé dofen, mehousar zeman et orphelin devraient aussi être exclus (comme le dit R. Akiva). S'il ne l'apprend pas : passé encore pour la terefa, exclue par 'tout ce qui passe sous le bâton' (Lv 27:32) — la terefa 'ne passant pas'. Mais le kilayim, d'où le tient-il, puisque son exclusion vient justement du hekech ?

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לְעוֹלָם גָּמַר, וּבְיוֹצֵא דֹּופֶן —

En vérité il [l']apprend, et pour le yotzé dofen — [la suite sur 57b].

💡 Explication

Amorce de la réponse : le tana kama apprend bien le hekech 'tahat'/'tahat' (d'où l'exclusion du kilayim et de la terefa). Reste à expliquer le cas du yotzé dofen — la discussion se poursuit sur 57b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).