Bekhorot 58a — le maaser behema : les temps du prélèvement (goren), la mahloket des dates, et le nouvel-an des bêtes

Bekhorot 58a

Sougya : Ce daf détaille le mécanisme du maaser behema (dîme du bétail : une bête sur dix). Les Sages ont fixé des moments précis (le 'goren') près des trois fêtes de pèlerinage, pour que les propriétaires gardent leurs bêtes jusque-là et que du bétail non-consacré soit disponible pour les pèlerins.

La Guemara explore la mahloket de la michna sur les dates exactes : R. Akiva ('pros' = quinze jours avant), ben Azzai (29 Adar, 1er Sivan, 29 Av), R.

Eliezer et R. Chimon (1er Nissan, 1er Sivan, 29 Eloul), et R.

Meir (nouvel-an des bêtes au 1er Eloul). Elle explique l'exigence d'un hekker (distinction) entre les bêtes neuves et anciennes, cite la fameuse parole de ben Azzai comparant les Sages d'Israël à une 'pelure d'ail' hormis 'ce chauve' (R.

Akiva), et conclut par la règle de combinaison des bêtes de différents mois selon ben Azzai.

Pourquoi le "goren" (temps du prélèvement) est fixé près des fêtes maaser behema : 1 bête sur 10, prélevée au moment fixé par les Sages Avant le goren permis de vendre et d'abattre (michna) Mais on attend on préfère accomplir la mitsva (prélever) Dès le goren interdit de vendre/abattre avant d'avoir dîme Résultat : les propriétaires gardent leurs bêtes jusqu'au goren (proche de la fête) -> des bêtes non-consacrées sont disponibles pour les pèlerins (olei regalim) Pourquoi l'appeler "goren" (aire de battage) ? car ce moment rend les bêtes "tevel comme le grain à l'aire" : de rabbanan, on doit dîmer avant d'en user
Le mécanisme du goren : pourquoi les Sages fixent le prélèvement près des fêtes (segments 0-2).
Les trois "gornot" de l'année : mahloket sur les dates Pessa'h / Chavouot / Souccot (ou : leur veille selon le calcul du nouvel-an) Tana 1er goren (avant Pessa'h) 2e goren (avant Chavouot) 3e goren (avant Souccot) R. Akiva "pros" = 15 j'avant 15 jours avant Pessa'h (15 j'avant, en principe) 15 jours avant Souccot Ben Azzai Adar tjrs manquant 29 Adar 1er Sivan (bêtes peu nombreuses) 29 Av (avant Eloul) R. Eliezer + R. Chimon 1er Nissan (comme RCbG) 1er Sivan 29 Eloul (RCbG = 1 Tichri) R. Meir nouvel-an du maaser behema = 1er Eloul (et non 1er Tichri) Enjeu du 3e goren : éviter de mélanger les bêtes de deux années de dîme différentes "faire un hekker (distinction) entre le neuf (chadach) et l'ancien (yachan)"
Les quatre opinions de la michna sur les dates des trois gornot (segments 3-13).
Règle de ben Azzai : "les bêtes d'Eloul se dimеnt à part" se combinent-elles pour atteindre le seuil de 10 ? (mitstarfin / ein mitstarfin) Av Eloul Tichri Av (suivant) 5 en Av + 5 en Eloul ne se combinent PAS (ein mitstarfin) 5 en Eloul + 5 en Tichri ne se combinent PAS 5 en Tichri + 5 en Av (suivant) SE COMBINENT (mitstarfin) Pourquoi Tichri+Av se combinent malgré les gornot intermédiaires ? Ce qui sépare deux lots, c'est le nouvel-an (ratrancher une année), PAS le goren. Michna : "5 avant Roch Hachana + 5 après" ne se combinent pas ; "5 avant le goren + 5 après le goren" se combinent.
La règle de ben Azzai : quelles bêtes se combinent pour le dîme (segments 16-19).
1
כְּדֵי שֶׁתְּהֵא בְּהֵמָה מְצוּיָה לְעוֹלֵי רְגָלִים.

[Pourquoi les Sages ont-ils fixé des temps précis pour prélever le maaser behema ?] Afin que du bétail soit disponible pour ceux qui montent [à Jérusalem] pour les fêtes (olei regalim).

📜 Rachi (1)
כְּדֵי שֶׁתְּהֵא בְּהֵמָה מְצוּיָה דְּכֵיוָן דְּאֵין גֹּורֶן מַעְשַׂר בְּהֵמָה עַד פָּרוּס הָרַגְלַיִם וּמְשַׁהֵי אִינָשֵׁי בְּהֶמְתָן עַד אוֹתוֹ זְמַן דְּלָא לִשְׁחֲטִינְהוּ עַד שֶׁיְּעַשְּׂרֵם בִּזְמַן הַגֹּורֶן שֶׁהוּא סָמוּךְ לָרֶגֶל וְנִמְצָא שֶׁיְּהוּ בְּהֵמוֹת מְצוּיוֹת לְעוֹלֵי רְגָלִים לִיקַּח מֵהֶן בֵּין לַאֲכִילָה בֵּין לְקָרְבְּנוֹת ואע"ג דִּתְנַן וְכוּ':
Afin que du bétail soit disponible — car, puisqu'il n'y a pas d'aire (goren) du maaser behema avant l'approche (pros) des fêtes, les gens retiennent leur bétail jusqu'à ce moment, pour ne pas l'abattre avant de l'avoir dîme au temps du goren (qui est proche de la fête) ; il se trouve ainsi que du bétail est disponible pour les pèlerins, pour en acheter tant pour la consommation que pour les sacrifices ; et bien que nous ayons appris [dans la michna], etc.
💡 Explication

Le maaser behema (dîme du bétail : une bête sur dix) n'est prélevé qu'à des moments fixés appelés goren. Comme ces moments tombent juste avant les fêtes, les propriétaires gardent leurs bêtes jusque-là (pour ne pas les abattre avant de les avoir dîmées) — si bien qu'au moment des fêtes, du bétail non-consacré est disponible pour les pèlerins, tant pour la consommation que pour les sacrifices.

2
וְאַף עַל גַּב דִּתְנַן: עַד שֶׁלֹּא הִגִּיעַ הַגֹּורֶן מֻותָּר לִמְכֹּור וְלִשְׁחֹוט — נִיחָא לֵיהּ דְּלִיתְעֲבִיד מִצְוָה בְּמָמוֹנֵיהּ, וַהֲדַר לִזְבּוֹן וְלֵיכוֹל.

Et bien que nous ayons appris [dans la michna] : tant que le goren n'est pas arrivé, il est permis de vendre et d'abattre — [pourquoi ne craint-on pas qu'il vende avant de dîmer ?] Il lui plaît (niha leih) d'accomplir une mitsva avec son bien, puis [seulement] de vendre et de consommer.

📜 Rachi (1)
מִצְוָה לְהִתְעַשֵּׂר דְּלִיעַשַּׁר:
Mitsva — [la mitsva] de faire dîmer [le troupeau], c'est-à-dire de le dîmer.
🗂️ Tossefot (1)
נִיחָא לֵיהּ לְאִינִישׁ דִּלְיַעֲבֵיד מִצְוָה בְּמָמוֹנֵיהּ אע"ג דְּלִפְנֵי הַזְּמַן יָכוֹל לְעַשֵּׂר וְלִשְׁחוֹט וְלִמְכֹּור כֵּיוָן שֶׁקָּבְעוּ חֲכָמִים זְמַן דֶּרֶךְ הוּא לְהַמְתִּין עוֹד וּלְעַשֵּׂר הַכֹּל בְּיַחַד:
Il plaît à un homme d'accomplir une mitsva avec son bien — bien qu'avant le temps [fixé] il puisse dîmer, abattre et vendre, du fait que les Sages ont fixé un temps, l'usage est d'attendre encore et de tout dîmer d'un coup.
💡 Explication

Objection : la michna dit qu'avant le goren il est permis de vendre et d'abattre sans dîmer — on pourrait donc craindre que le propriétaire vende tout avant. Réponse : un homme préfère accomplir la mitsva (prélever le maaser) avec son bien ; il attend donc le goren, dîme, et ne vend ou ne consomme qu'ensuite.

3
וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״גֹּורֶן״? דְּטָבְלָה כְּגֹורֶן.

Et pourquoi l'appelle-t-on 'goren' (aire de battage) ? Parce qu'il [le] rend tevel comme [le grain à] l'aire.

📜 Rachi (1)
דְּטָבְלָה כְּגֹורֶן מִדְּרַבָּנָן כְּדַאֲמָרָן בְּמָתְנֵי' דְּמִשֶּׁהִגִּיעַ הַגֹּורֶן לֹא יִמְכֹּור וְלֹא יִשְׁחֹוט עַד שֶׁיְּעַשֵּׂר:
Il [le] rend tevel comme l'aire — de rabbanan, comme nous l'avons dit dans la michna : dès que le goren est arrivé, il ne vendra ni n'abattra avant d'avoir dîme.
💡 Explication

Pourquoi nommer ce moment 'goren' (aire de battage) ? Parce que, tout comme le grain amassé à l'aire devient assujetti au dîme, l'arrivée de ce temps rend les nouvelles bêtes 'tevel' (non dîmées, interdites à l'usage tant qu'on n'a pas prélevé) — de rabbanan.

4
וְכַמָּה ״פְּרָס״? פֵּירֵשׁ רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה: אֵין פְּרָס פָּחוֹת מֵחֲמִשָּׁה עָשָׂר יוֹם.

Et combien [dure] 'pros' (l'approche) ? Rabbi Yossi, fils de Rabbi Yehouda, a expliqué : 'pros' n'est pas moins de quinze jours.

💡 Explication

La michna (selon R. Akiva) fixe les gornot 'à l'approche' (pros) de Pessa'h, Chavouot et Souccot. Combien de temps représente 'pros' ? R. Yossi bar Yehouda : au moins quinze jours avant la fête.

5
מַאי מַשְׁמַע? אָמַר רַבִּי אָבָהוּ: ״פָּרוּס״ — פַּלְּגָא. פַּלְגָא דְּמַאי? פַּלְגָא דְּהִלְכוֹת פֶּסַח, כִּי הָא דְּתַנְיָא: שׁוֹאֲלִין וְדוֹרְשִׁין בְּהִלְכוֹת פֶּסַח קֹודֶם לְפֶסַח שְׁלֹשִׁים יוֹם. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: שְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת.

D'où [le] déduit-on ? Rabbi Abbahou a dit : 'pros' — [au sens de] moitié (pelga).

Moitié de quoi ? Moitié des lois de Pessa'h, comme cela qui a été enseigné : on interroge et on expose les lois de Pessa'h trente jours avant Pessa'h.

Rabban Chimon ben Gamliel dit : deux semaines.

📜 Rachi (2)
פָּרוּס כְּמוֹ פְּרוּסָה:
'Pros' — comme peroussa (une moitié, un morceau).
ל' יוֹם וּפַלְּגָא הֲרֵי ט"ו יוֹם:
Trente jours — et la moitié fait quinze jours.
💡 Explication

D'où vient que 'pros' vaut quinze jours ? R. Abbahou : 'pros' vient de peroussa / pelga (moitié). Moitié de la période d'étude des lois de Pessa'h : on commence à étudier ces lois trente jours avant Pessa'h — la moitié fait quinze jours. (RCbG, lui, dit qu'on commence deux semaines avant.)

6
בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר: בְּעֶשְׂרִים וְתִשְׁעָה בַּאֲדָר, בְּאֶחָד בְּסִיוָן. בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי רַבִּי עֲקִיבָא וּבֶן עַזַּאי? רַבִּי עֲקִיבָא סָבַר: אֲדָר הַסָּמוּךְ לְנִיסָן זִימְנִין מָלֵא וְזִימְנִין חָסֵר, זִימְנִין דְּמִיקְּלַע בְּיוֹם שְׁלֹשִׁים וְזִימְנִין דְּמִיקְּלַע בְּעֶשְׂרִים וְתִשְׁעָה, וּמִשּׁוּם הָכִי לָא קְבִיעַ לֵיהּ זְמַן. וּבֶן עַזַּאי סָבַר: אֲדָר הַסָּמוּךְ לְנִיסָן לְעוֹלָם חָסֵר, הִילְכָּךְ קְבִיעַ לֵיהּ זְמַן בְּעֶשְׂרִים וְתִשְׁעָה בַּאֲדָר.

Ben Azzai dit : le vingt-neuf Adar, le premier Sivan [et le vingt-neuf Av]. En quoi diffèrent Rabbi Akiva et ben Azzai ?

Rabbi Akiva estime : l'Adar proche de Nissan est tantôt plein (mâle) et tantôt manquant (haser) — tantôt il tombe le trentième jour, tantôt le vingt-neuvième —, et pour cette raison il ne lui fixe pas de date [précise]. Et ben Azzai estime : l'Adar proche de Nissan est toujours manquant ; c'est pourquoi il lui fixe une date, le vingt-neuf Adar.

📜 Rachi (3)
וּבֶן עַזַּאי נָמֵי סָבַר דִּזְמַן הַגֹּורֶן הָוֵי בִּפְרוֹס הַחַג ט"ו יָמִים קֹודֶם דְּמִיּוֹם כ"ט דַּאֲדָר עַד אַרְבֵּיסַר דְּנִיסָן הֲרֵי ט"ו:
Et ben Azzai — lui aussi estime que le temps du goren est à l'approche de la fête, quinze jours avant, car du 29 Adar jusqu'au 14 Nissan cela fait quinze [jours].
זִימְנִין דְּמִיקְלַע בְּיוֹם ל' כִּי הָוֵי אֲדָר מָלֵא:
Tantôt il tombe le trentième jour — quand Adar est plein.
לָא קְבִיעַ לֵיהּ זְמַן בְּאֵיזֶה יוֹם שֶׁל אֲדָר אַיְירֵי:
Il ne lui fixe pas de date — [c'est-à-dire] quel jour d'Adar est visé.
💡 Explication

Divergence entre R. Akiva et ben Azzai sur le 1er goren. Tous deux visent 'quinze jours avant Pessa'h' (du 29 Adar au 14 Nissan = 15 jours). Mais R. Akiva tient que l'Adar précédant Nissan est parfois plein (30 j), parfois manquant (29 j) ; il ne donne donc pas de date fixe et dit seulement 'quinze jours avant'. Ben Azzai tient qu'il est toujours manquant (29 j) ; il peut donc fixer une date : le 29 Adar.

7
בְּאֶחָד בְּסִיוָן — אַיְּידֵי דְּלָא נְפִישִׁי, אִי אָמְרַתְּ לִיקַדֵּים לִיעַשַּׂר — עַד דְּמָטֵי רֶגֶל שָׁלְמִי לְהוּ.

Le premier Sivan — puisqu'elles ne sont pas nombreuses [les bêtes nées depuis Pessa'h], si tu disais qu'il faut prélever plus tôt, alors avant l'arrivée de la fête elles seraient toutes écoulées (vendues).

📜 Rachi (2)
דְּלָא נְפִישִׁי בְּהֵמוֹת דְּנוֹלְדוּ מִפְּרוֹס הַפֶּסַח עַד אוֹתוֹ זְמַן לְהָכִי לֹא מַקְדִּים וּמַעֲשֵׂר ט"ו יָמִים קֹודֶם הָרֶגֶל כְּבִשְׁאָר הָרְגָלִים:
Ne sont pas nombreuses — les bêtes nées depuis l'approche de Pessa'h jusqu'à ce moment ; c'est pourquoi il n'anticipe pas pour dîmer quinze jours avant la fête comme aux autres fêtes.
דְּאִי אָמְרַתְּ וְכוּ' שַׁלְמֵי לְהוּ דְּבָתַר דְּלֶיהֱווֹ מְעֻושָּׂרִים לִיזְדַּבְּנוּ וְלֵיכְלוּ כֻּולְּהוּ בַּהֲמוֹתָן:
Car si tu disais... elles seraient écoulées — car, une fois dîmées, elles seraient vendues et toutes consommées, [tout] leur bétail.
💡 Explication

Pourquoi ben Azzai ne fixe-t-il pas le 2e goren quinze jours avant Chavouot, mais au 1er Sivan (plus proche de la fête) ? Parce que peu de bêtes naissent entre Pessa'h et Chavouot : si l'on dîmait trop tôt, elles seraient toutes vendues avant la fête, et il n'en resterait pas pour les pèlerins.

8
בְּעֶשְׂרִים וְתִשְׁעָה בְּאָב וְכוּ׳. בֶּן עַזַּאי לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר: הָאֱלוּלִין מִתְעַשְּׂרִין בִּפְנֵי עַצְמָן.

Le vingt-neuf Av, etc. Ben Azzai [suit] son [propre] raisonnement, lui qui dit : les bêtes nées en Eloul se dîment à part (bifnei atsman).

📜 Rachi (1)
בִּפְנֵי עַצְמָן וְלֹא עִם אוֹתָן שֶׁנּוֹלְדוּ קֹודֶם אֱלוּל וּלְהָכִי אִי הֲוָה מֵאַחַר שֶׁלֹּא לְעַשֵּׂר עַד יוֹם הָאַחֲרוֹן שֶׁל אֱלוּל שֶׁהוּא בִּפְרוֹס הַחַג ט"ו יָמִים אָתֵי לְעִרְבּוּבֵי הָנְהוּ דֶּאֱלוּל וְהָנְהוּ דְּאָב בַּהֲדָדִי וְקָמְעַשַּׂר מִן הֶחָדָשׁ עַל הַיָּשָׁן הִילְכָּךְ מַקְדִּים וּמַעֲשֵׂר הָנְהוּ דְּקִיץ בַּיּוֹם הָאַחֲרוֹן שֶׁל אָב וְקֹודֶם לֹא דְּכָל כַּמָּה דְּמָצֵינָא לִקְרוֹבֵי לָרֶגֶל כִּי הֵיכִי דְּלָא לִישְׁלְמוּ קֹודֶם עָבְדִינַן:
À part — et non avec celles nées avant Eloul. C'est pourquoi, s'il tardait à ne dîmer qu'au dernier jour d'Eloul (qui est à l'approche de la fête, quinze jours avant), il en viendrait à mélanger celles d'Eloul et celles d'Av ensemble, et il dîmerait du neuf sur l'ancien. C'est pourquoi il anticipe et dîme celles de l'été au dernier jour d'Av, et pas avant : car autant qu'on peut se rapprocher de la fête sans qu'elles soient écoulées avant, on le fait.
💡 Explication

Pourquoi ben Azzai fixe-t-il le 3e goren au 29 Av (et non quinze jours avant Souccot) ? Il est fidèle à son principe : les bêtes nées en Eloul se dîment séparément (car il y a un doute sur le début de l'année du dîme). Il place donc le goren avant Eloul pour ne pas mélanger les bêtes d'Av et celles d'Eloul.

9
וְלִיעַשְּׂרִינְהוּ בְּיוֹם שְׁלֹשִׁים! זִימְנִין דִּמְחַסְּרִין לֵיהּ לְאָב, וּבָעֵינַן לְמִיעְבַּד הֶכֵּירָא בְּחָדָשׁ וְיָשָׁן.

Mais qu'il les dîme le trentième jour ! Parfois on rend Av manquant, et nous avons besoin de faire une distinction (hekker) entre le neuf et l'ancien.

📜 Rachi (2)
בְּיוֹם ל' שֶׁל אָב:
Le trentième jour — d'Av.
וּבָעֵינַן הֶיכֵּירָא דִּנְהִי דְּלֵיכָּא לְמֵימַר דְּלֵיתוּ לְעַשּׂוֹרֵי הָנְהוּ דֶּאֱלוּל וְהָנְהוּ דְּאָב בַּהֲדָדִי מִשּׁוּם דְּאַכַּתִּי הָווּ אוֹתָן שֶׁל אֱלוּל מְחֻוסְּרֵי זְמַן מִשּׁוּם דְּאַכַּתִּי יוֹם רִאשׁוֹן שֶׁל אֱלוּל הוּא הֶיכֵּירָא בָּעֵינַן לְמֶיעְבַּד דְּלָא לֵיתוּ לְעַשּׂוֹרֵי הַיּוֹם וּלְמָחָר חָדָשׁ וְיָשָׁן בַּהֲדָדִי חֹדֶשׁ אֱלוּל וְיָשָׁן אָב וּלְהָכֵי לָא מִיעַשְּׁרִי הָנְהוּ דְּאָב בְּחֹדֶשׁ אֱלוּל כְּלָל וַאֲפִילּוּ בְּיוֹם א':
Et nous avons besoin d'une distinction — car, même s'il n'y a pas lieu de dire qu'on en viendrait à dîmer celles d'Eloul et celles d'Av ensemble (puisque celles d'Eloul seraient encore 'avant leur temps', le premier jour d'Eloul), il faut néanmoins faire une distinction, pour qu'on n'en vienne pas à dîmer aujourd'hui puis demain le neuf et l'ancien ensemble — le neuf d'Eloul et l'ancien d'Av. C'est pourquoi on ne dîme pas du tout celles d'Av durant Eloul, même le premier jour.
💡 Explication

Objection : que ben Azzai fixe le goren au 30 Av (dernier jour possible avant Eloul), et non au 29 ! Réponse : Av est parfois manquant (29 j), et alors le 'trentième jour' est déjà le 1er Eloul. Or il faut maintenir une distinction (hekker) nette entre les bêtes 'neuves' (Eloul) et 'anciennes' (Av) — donc on fixe fermement le 29 Av.

10
רַבִּי אֶלְעָזָר וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמְרִים: בְּאֶחָד בְּנִיסָן, בְּאֶחָד בְּסִיוָן וְכוּ׳. בְּאֶחָד בְּנִיסָן — כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, דְּאָמַר: שְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת. בְּאֶחָד בְּסִיוָן — כְּדַאֲמָרָן.

Rabbi Eliezer et Rabbi Chimon disent : le premier Nissan, le premier Sivan, etc. Le premier Nissan — comme Rabban Chimon ben Gamliel, qui dit : deux semaines.

Le premier Sivan — comme nous l'avons dit.

📜 Rachi (1)
כְּרַשְׁבָּ"ג דְּאָמַר דְּהִלְכוֹת הַפֶּסַח שְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת קֹודֶם וּבְאוֹתוֹ זְמַן נָמֵי מְעַשְּׂרִינַן. וּלְהָנְהוּ תַּנָּאֵי לֵית לְהוּ פָּרוּס:
Comme RCbG qui dit — que les lois de Pessa'h [s'étudient] deux semaines avant, et c'est à ce moment aussi qu'on dîme. Et ces Tanaim n'admettent pas [la notion de] 'pros'.
💡 Explication

Opinion de R. Eliezer et R. Chimon. Le 1er goren au 1er Nissan : conforme à RCbG, qui commence l'étude des lois de Pessa'h deux semaines avant (et c'est alors qu'on dîme). Le 2e au 1er Sivan : même raison que pour ben Azzai (peu de bêtes nées, on attend). Ces Tanaim n'admettent pas la notion de 'pros' (quinze jours).

11
בְּעֶשְׂרִים וְתִשְׁעָה בֶּאֱלוּל — רַבִּי אֶלְעָזָר וְרַבִּי שִׁמְעוֹן לְטַעְמַיְיהוּ, דְּאָמְרִי: בְּאֶחָד בְּתִשְׁרִי רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְמַעְשַׂר בְּהֵמָה.

Le vingt-neuf Eloul — Rabbi Eliezer et Rabbi Chimon [suivent] leur [propre] raisonnement, eux qui disent : le premier Tichri est le nouvel-an du maaser behema.

💡 Explication

Le 3e goren au 29 Eloul : R. Eliezer et R. Chimon tiennent que le nouvel-an du maaser behema est le 1er Tichri. Toutes les bêtes nées avant appartiennent à l'année écoulée (et se dîmement ensemble) ; celles nées après à l'année suivante — d'où la distinction. On dîme donc juste avant, le 29 Eloul.

12
וְלָמָה אָמְרוּ בְּעֶשְׂרִים וְתִשְׁעָה בֶּאֱלוּל, וְלֹא אָמְרוּ בְּאֶחָד בְּתִשְׁרִי? מִפְּנֵי שֶׁהוּא יוֹם טוֹב וְכוּ׳. וְתִיפּוֹק לֵיהּ, דְּבָעֵינַן לְמֶעְבַּד הֶכֵּירָא בְּחָדָשׁ וְיָשָׁן!

Et pourquoi ont-ils dit le vingt-neuf Eloul, et n'ont-ils pas dit le premier Tichri ? Parce que c'est un jour de fête, etc.

Mais qu'on [le] déduise du fait que nous avons besoin de faire une distinction entre le neuf et l'ancien !

📜 Rachi (1)
בְּאֶחָד בְּתִשְׁרֵי וְכוּ' וּלְהָכִי לָא מָצֵי לַאֲחוֹרֵי מִלְּעַשֵּׂר טְפֵי מִיּוֹם אַחֲרוֹן שֶׁל אֱלוּל דְּבָעֵינַן הֶיכֵּירָא בֵּין חָדָשׁ לְיָשָׁן. וּבְמַס' ר"ה (דַּף ח.) מְפָרֵשׁ טַעְמַיְיהוּ דר' אֶלְעָזָר וְר"ש וְטַעֲמָא דר"מ:
Le premier Tichri, etc. — et c'est pourquoi il ne peut retarder le dîme au-delà du dernier jour d'Eloul, car nous avons besoin d'une distinction entre le neuf et l'ancien. Et au traité Roch Hachana (8a) sont expliquées les raisons de R. Eliezer et R. Chimon, ainsi que la raison de R. Meir.
💡 Explication

La michna demande : pourquoi le 29 Eloul et non le 1er Tichri ? Parce que le 1er Tichri est Roch Hachana (jour de fête, on ne dîme pas). Objection de la Guemara : il y a une raison plus fondamentale — il faut de toute façon un hekker (distinction) entre le neuf (Tichri) et l'ancien (Eloul) ! Pourquoi la michna donne-t-elle la raison de la fête plutôt que celle-ci ?

13
חֲדָא וְעוֹד קָאָמַר, חֲדָא — דְּבָעֵינַן לְמִיעְבַּד הֶכֵּירָא בְּחָדָשׁ וְיָשָׁן, וְעוֹד — מִפְּנֵי שֶׁהוּא יוֹם טוֹב, וְאִי אֶפְשָׁר לְעַשֵּׂר בְּיוֹם טוֹב מִשּׁוּם סְקַרְתָּא.

[La michna] énonce une raison et [en] ajoute une autre : une [raison] — parce que nous avons besoin de faire une distinction entre le neuf et l'ancien ; et une autre — parce que c'est un jour de fête, et il est impossible de dîmer un jour de fête à cause de la sikra (peinture rouge).

📜 Rachi (1)
סַקְרְתָא בְּלַעַ"ז מצו"א שֶׁצּוֹבְעִין הָעֲשִׂירִי:
Sikra — en langue vernaculaire 'mtsu'a' (rouge minium), dont on peint la dixième [bête].
🗂️ Tossefot (1)
וְאִי אֶפְשָׁר לְעַשֵּׂר ביו"ט מִשּׁוּם סַקְרְתָא [וא"ת] תִּיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם דְּאֵין מַקְדִּישִׁין בי"ט י"ל לֹא הָיִיתִי אוֹסֵר לְהַקְרִיבוֹ שֶׁמָּא יָבֹא לְהַקְדִּישׁוֹ דְּהַיְינוּ גְּזֵירָה לִגְזֵירָה דְּהִיא גּוּפָהּ לֹא אָסוּר לְהַקְדִּישׁ בי"ט אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן כִּדְאָמְרִינַן הָתָם (בֵּיצָה דַּף לו:) דְּאֵין רוֹכְבִין ע"ג בְּהֵמָה וּמְפָרֵשׁ טַעְמָא שֶׁמָּא יֵצֵא חוּץ לַתְּחוּם וְקָאָמַר ש"מ תְּחוּמִין דְּאוֹרָיְיתָא לֹא גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַחְתֹּוךְ זְמוֹרָה וְעוֹד מָצֵי לְמֵימַר דַּאֲפִילּוּ לְהַקְדִּישׁוֹ הָיָה יָכוֹל בי"ט מִשּׁוּם שַׁלְמֵי שִׂמְחָה כִּדְאָמַר פ' שׁוֹאֵל (שַׁבָּת דַּף קֶמַח:) מַקְדִּישׁ אָדָם פִּסְחוֹ בְּשַׁבָּת וַחֲגִיגָתוֹ בָּרֶגֶל וּמִיהוּ הָא דְּאָמַר הָתָם וּבְרֵישׁ (תָּמִיד נִשְׁחָט) הַיְינוּ דַּוְקָא חוֹבוֹת הַקָּבוּעַ לָהֶם זְמַן אֲבָל אֵין קָבוּעַ לָהֶם זְמַן אֵין מַקְדִּישִׁין וְלֹא מִסְתַּבֵּר שֶׁיְּהֵא מַעֲשֵׂר כְּתֻובּוֹת הַקָּבוּעַ לָהֶן זְמַן כְּשֶׁיַּצְרִיךְ לְהוּ לְשַׁלְמֵי שִׂמְחָה דא"כ נְדָרִים וּנְדָבוֹת נָמֵי שֶׁהֲרֵי יוֹצְאִין בִּנְדָרִים וּנְדָבוֹת מִשּׁוּם שַׁלְמֵי שִׂמְחָה כִּדְאָמַר בְּמַס' חֲגִיגָה (ד' ז:) ומ"מ כָּאן מַשְׁמַע דְּלָא שָׁיְיכִי הָנָךְ שִׁינּוּיֵי דביו"ט שֶׁל ר"ה קָייְמִי וְי"ל כֵּיוָן דַּעֲשִׂירִי מֵאֵילָיו קָדוֹשׁ אֲפִילּוּ לֹא קָרָא עֲשִׂירִי וְלֹא שַׁיָּיךְ לְאִיסּוּר הֶקְדֵּשׁ כָּזֶה ביו"ט:
Et il est impossible de dîmer un jour de fête à cause de la sikra — [et si tu objectes :] qu'on [le] déduise du fait qu'on ne consacre pas un jour de fête ! On peut répondre : je n'interdirais pas de l'offrir de crainte qu'il n'en vienne à le consacrer, car ce serait une gezera pour une gezera — la consécration elle-même n'étant interdite un jour de fête que de rabbanan, comme nous disons là-bas (Beitsa 36b) qu'on ne monte pas sur une bête [un jour de fête], et l'on explique la raison : de crainte qu'il ne sorte hors de la tehoum ; et l'on dit : apprends de là que les tehoumin sont d'ordre toraique — non, [c'est] de crainte qu'il ne coupe une branche. Et de plus on peut dire que même le consacrer serait permis un jour de fête au titre des chalmei simha (offrandes de réjouissance de la fête), comme il est dit au chapitre 'Choel' (Chabbat 148b) : un homme consacre son [sacrifice] pascal le Chabbat et son [offrande] festive (haguiga) durant la fête. Toutefois, ce qui est dit là-bas et au début de [Tamid Nichhat] vise uniquement les obligations qui ont un temps fixe ; mais celles qui n'ont pas de temps fixe, on ne les consacre pas [un jour de fête]. Et il n'est pas raisonnable que le maaser soit [rattaché aux] obligations à temps fixe du fait qu'on en aurait besoin pour les chalmei simha, car si tel était le cas, les vœux (nedarim) et les dons volontaires (nedavot) [le seraient] aussi, puisqu'on s'acquitte des chalmei simha par des nedarim et des nedavot, comme il est dit au traité Haguiga (7b). Quoi qu'il en soit, il apparaît ici que ces réponses ne s'appliquent pas, puisqu'on se tient un jour de fête de Roch Hachana ; et l'on peut répondre : puisque le dixième [animal] est sanctifié de lui-même, même si l'on n'a pas [expressément] appelé 'dixième', il n'y a pas lieu à un interdit de consécration de ce genre un jour de fête.
💡 Explication

Réponse : la michna donne deux raisons cumulées. La première : le besoin de distinction (hekker) entre le neuf et l'ancien. La seconde : le 1er Tichri est un jour de fête, et l'on ne peut dîmer une fête à cause de la sikra (peinture rouge à base de plomb servant à marquer chaque dixième bête — cf. 58b) — peindre étant interdit un jour de fête.

14
רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: בְּאֶחָד בֶּאֱלוּל רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְמַעְשַׂר בְּהֵמָה. בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר וְכוּ׳. תַּנְיָא, אָמַר בֶּן עַזַּאי: הוֹאִיל וְהַלָּלוּ אוֹמְרִים כָּךְ, וְהַלָּלוּ אוֹמְרִים כָּךְ — הָאֱלוּלִין מִתְעַשְּׂרִין לְעַצְמָן.

Rabbi Meir dit : le premier Eloul est le nouvel-an du maaser behema. Ben Azzai dit, etc.

Il a été enseigné : ben Azzai a dit : puisque ceux-ci disent ainsi et ceux-là disent ainsi — les bêtes d'Eloul se dîment à part.

📜 Rachi (1)
הוֹאִיל וְהַלָּלוּ אוֹמְרִים כָּךְ דר"מ אוֹמֵר בְּאֶחָד בֶּאֱלוּל ור"א ור"ש אוֹמְרִים בְּאֶחָד בְּתִשְׁרֵי אֲנִי אֵינִי יוֹדֵעַ הֲלָכָה כְּמִי הִילְכָּךְ הָאֱלוּלִיִּים כו':
Puisque ceux-ci disent ainsi — [c'est-à-dire] que R. Meir dit 'le premier Eloul' et R. Eliezer et R. Chimon disent 'le premier Tichri', et moi je ne sais pas comme qui est la halakha ; c'est pourquoi celles d'Eloul, etc.
💡 Explication

R. Meir : le nouvel-an du maaser behema est le 1er Eloul (et non le 1er Tichri). Face au désaccord (R. Meir : 1er Eloul ; R. Eliezer et R. Chimon : 1er Tichri), ben Azzai tranche par le doute : puisque les uns disent ceci et les autres cela, les bêtes nées en Eloul se dimement à part, pour ne les rattacher à aucune des deux années.

15
וְלִיחְזֵי טַעְמֵיהּ דְּמַאן מִסְתַּבַּר! וְכִי תֵּימָא: לָא מָצֵי קָאֵי אַטַּעְמַייְהוּ, וְהַתַּנְיָא: בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר: כָּל חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל דּוֹמִין עָלַי כִּקְלִיפַּת הַשּׁוּם חוּץ מִן הַקֵּרֵחַ הַזֶּה!

Mais qu'il voie le raisonnement de qui est le plus [convaincant] ! Et si tu disais : il ne peut se prononcer sur leur raisonnement — mais n'a-t-il pas été enseigné : ben Azzai dit : tous les Sages d'Israël me paraissent comme une pelure d'ail (keklipat ha-choum), hormis ce chauve-ci (ha-koreah ha-ze) !

📜 Rachi (1)
חוּץ מִן הַקֵּרֵחַ הַזֶּה הַייְנוּ ר"ע וְהָא דְּגָרְסִינַן בְּכוּלֵּיהּ הַשַּׁ"ס רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קָרְחָה הַייְנוּ בֵּן שֶׁל ר"ע כִּדְגָרְסִינַן הָתָם (שְׁבוּעוֹת דַּף ו.) אָמַר לוֹ ר' יְהוֹשֻׁעַ בְּנוֹ שֶׁל ר"ע לר"ע אַלְמָא דְּבֶן עַזַּאי הָיָה חָכָם גָּדוֹל וְהָיָה יוֹדֵעַ לְהַבְחִין אֵיזֶה טַעַם יָפֶה וה"נ הָוֵי מָצֵי לְמֵיקַם אַטַּעְמַיְיהוּ הֵי מִיסְתַּבֵּר שַׁפִּיר:
Hormis ce chauve-ci — c'est-à-dire R. Akiva. Et lorsqu'on lit dans tout le Talmud 'Rabbi Yehochoua ben Korha', c'est le fils de R. Akiva, comme nous lisons là-bas (Chevouot 6a) : 'R. Yehochoua, fils de R. Akiva, dit à R. Akiva'. Il ressort [donc] que ben Azzai était un grand sage et savait discerner quelle raison était la meilleure ; ici aussi il aurait pu se prononcer sur leur raisonnement [pour savoir] laquelle est convaincante.
🗂️ Tossefot (1)
חוּץ מִן הַקֵּרֵחַ הַזֶּה פ"ה הַייְנוּ ר"ע וְר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קָרְחָה הוּא ר' יְהוֹשֻׁעַ בְּנוֹ שֶׁל ר"ע וְקָשֶׁה מִי סָנֵי לֵיהּ לְהַזְכִּיר ר"ע בִּשְׁמוֹ שֶׁמַּזְכִּירוֹ בִּלְשׁוֹן גְּנַאי כְּדִכְתִיב (מְלָכִים ב ב׳:כ״ג) עָלָה קֹרַח וּבְפֶ' שׁוֹאֵל (שַׁבָּת ד' קנב.) אָמַר מֵהָכָא לְקַרְחִינָאָה כַּמָּה וְלִגְנַאי נִתְכַּוֵּין וּבְמַס' מְגִילָּה (דַּף כֹּח.) רַבִּי שָׁאַל אֶת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קָרְחָה בַּמָּה הֶאֱרַכְתָּ יָמִים [וְכוּ'] וְאָמַר לוֹ רַבִּי בָּרְכֵנִי וְאָמַר לוֹ יְהִי רָצוֹן שֶׁתַּגִּיעַ לַחֲצִי שֵׁנִי וְאִילּוּ ר"ע כְּשֶׁנָּשָׂא בַּת כַּלְבָּא שָׁבוּעַ בֶּן מ' שָׁנָה הָיָה וְקִבֵּל עָלָיו לַעֲסֹוק בַּתּוֹרָה וְעָסַק מ' שָׁנִים וּמ' שָׁנָה פַּרְנָס יִשְׂרָאֵל וּבְסִפְרֵי (פָּרָשָׁה בְּרָכָה) תַּנְיָא ד' חָיוּ ק"כ שָׁנָה מֹשֶׁה וְהִלֵּל וְרַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי ור"ע וּבְיוֹם שֶׁמֵּת ר"ע (קִדּוּשִׁין דַּף עב.) נוֹלַד רַבִּי וַאֲפִילּוּ נוֹלַד ר' יְהוֹשֻׁעַ בְּשָׁנָה רִאשׁוֹנָה שֶׁנָּשָׂא בַּת כַּלְבָּא שָׁבוּעַ לֹא הָיָה כִּי אִם שְׁמוֹנִים כְּשֶׁנּוֹלַד רַבִּי וּלְכָל הַפָּחוֹת הָיָה ר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן ק"מ שָׁנָה כְּשֶׁבֵּירַךְ רַבִּי דִּבְפָחוֹת מֵע' שָׁנָה לֹא הָיָה מְבָרְכוֹ שֶׁהֵן חַיֵּי שְׁנוֹת סְתָם אָדָם דִּכְתִיב (תְּהִילִּים צ׳:י׳) יְמֵי שְׁנוֹתֵינוּ ע' וְאָז הָיָה רַבִּי בֶּן ס' שָׁנָה נִמְצָא כְּשֶׁבֵּרְכוּ לְהַגִּיעַ לַחֲצִי יָמָיו לֹא בֵּרְכוּ רַק י' שָׁנָה וּמַה בְּרָכָה הָיְתָה זוֹ וְעוֹד לִכְאוֹרָה מִסְתַּבֵּר שֶׁלֹּא נוֹלַד עַד שֶׁעָשָׂה בֵּי רַב תַּרְתֵּי סְרֵי וְתַרְתֵּי סְרֵי שְׁנִין נִמְצָא כְּשֶׁהָיָה ר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן ק"מ שָׁנָה הָיָה רַבִּי יוֹתֵר מֵחֲצִי שָׁנָיו וְרַבֵּינוּ נִסִּים פִּי' (קָרְחָה) רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה דְּאָמַר בַּיְּרוּשַׁלְמִי שֶׁהָיָה קֹרַח (וא"ר יְהוֹשֻׁעַ מֵהָכָא לְקַרְחִינָא) ור"ת מְפָרֵשׁ שֵׁם אָדָם:
Hormis ce chauve-ci — [selon] l'explication [de Rachi], c'est R. Akiva, et R. Yehochoua ben Korha est R. Yehochoua fils de R. Akiva. Or c'est difficile : pourquoi lui répugnerait-il de mentionner R. Akiva par son nom, [au point] de le désigner en termes méprisants, comme il est écrit (II Rois 2:23) 'monte, chauve !', et [comme] au chapitre 'Choel' (Chabbat 152a) il dit 'd'ici jusqu'au chauve, combien [y a-t-il] ?' — et il visait le mépris ? Et au traité Meguila (28a) : Rabbi demanda à R. Yehochoua ben Korha : 'par quel [mérite] as-tu prolongé tes jours ?', etc., et il lui dit : 'Rabbi, bénis-moi', et il lui dit : 'que ce soit [Sa] volonté que tu atteignes la moitié de mes années' — or R. Akiva, quand il épousa la fille de Kalba Savoua, avait quarante ans et prit sur lui d'étudier la Torah, et il étudia quarante ans et dirigea Israël quarante ans ; et dans le Sifri (parachat Berakha) il est enseigné que quatre [hommes] vécurent cent vingt ans : Moché, Hillel, Rabban Yo'hanan ben Zakai et R. Akiva ; et le jour où mourut R. Akiva (Kidouchin 72a) naquit Rabbi. Même si R. Yehochoua était né la première année où [R. Akiva] épousa la fille de Kalba Savoua, il n'avait que quatre-vingts ans à la naissance de Rabbi, et [donc] R. Yehochoua avait au moins cent quarante ans lorsque Rabbi le bénit — car à moins de soixante-dix ans on ne le bénirait pas [de la sorte], puisque telle est la durée ordinaire de la vie d'un homme, comme il est écrit (Ps 90:10) 'les jours de nos années [sont] soixante-dix [ans]' ; et Rabbi avait alors soixante ans. Il se trouve qu'en le bénissant d'atteindre la moitié de ses jours, il ne le bénissait que de dix ans — quelle bénédiction serait-ce ? De plus, il est vraisemblable que [R. Yehochoua] ne naquit qu'après que [R. Akiva] eut passé douze ans [puis] douze ans [d'étude] chez son maître ; il se trouve que lorsque R. Yehochoua avait cent quarante ans, Rabbi avait passé plus de la moitié de ses années. Et Rabbeinou Nissim a expliqué que [le chauve] est R. Elazar ben Azaria, dont il est dit dans le Yerouchalmi qu'il était chauve (et R. Yehochoua [aurait] dit : d'ici jusqu'au chauve). Et Rabbeinou Tam explique [que 'Korha'] est un nom d'homme.
🪔 Ben Yehoyada (1)
בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר: כָּל חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל דּוֹמִים עָלַי כִּקְלִפַּת הַשּׁוּם, חוּץ מִן הַקֵּרֵחַ הַזֶּה. נִרְאֶה לִי בס"ד דְּיָדוּעַ דְּחַכְמֵי יִשְׂרָאֵל הָיוּ מִתְרַעֲמִים עַל בֶּן עַזַּאי שֶׁלֹּא נָשָׂא אִשָּׁה לְהַרְבּוֹת זֶרַע בְּיִשְׂרָאֵל כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ בַּגְּמָרָא דְּאָמְרוּ עַל זֶה אַתָּה נָאֶה דּוֹרֵשׁ וְאֵין נָאֶה מְקַיֵּים (יְבָמוֹת סג:) וְיָדוּעַ דְּהַשּׁוּם מַרְבֶּה הַזֶּרַע אֲבָל לֹא קְלִיפָּתוֹ וְלָזֶה אָמַר ' כָּל חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל דּוֹמִים עָלַי ' לֹא אָמַר דּוֹמִים בְּעֵינַי אֶלָּא אָמַר דּוֹמִין עָלַי, כְּלוֹמַר דּוֹמִין בְּדַעְתָּם לוֹמַר עָלַי שֶׁאֲנִי דּוֹמֶה ' לִקְלִפַּת הַשּׁוּם ' כְּמוֹ דִּקְלִיפַּת הַשּׁוּם אֵינוֹ מַרְבֶּה הַזֶּרַע כִּי אִם רַק הַשּׁוּם מַרְבֶּה הַזֶּרַע כֵּן אֲנִי דּוֹמֶה לִקְלִיפָּתוֹ שֶׁאֵין אֲנִי מְרַבֶּה זֶרַע בְּיִשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא נָשָׂאתִי אִשָּׁה כְּדֵי שֶׁאָבִיא בָּנִים וְיִרְבֶּה זֶרַע יִשְׂרָאֵל, וְהֵם טוֹעִין בְּדָבָר זֶה שֶׁבֶּאֱמֶת אֲנִי מְרַבֶּה זֶרַע בְּיִשְׂרָאֵל שֶׁאֲנִי מוֹלִיד נְשָׁמוֹת עַל יְדֵי לִימּוּד שֶׁלִּי שֶׁהֵם אֵין יְכוֹלִים לַעֲשׂוֹת כְּמוֹתִי בְּדָבָר זֶה ' חוּץ מִן הַקֵּרֵחַ הַזֶּה ' הוּא רַבִּי עֲקִיבָא שֶׁהוּא יוֹדֵעַ וּמֵבִין בְּדָבָר זֶה שֶׁגַּם הוּא עוֹסֵק כָּמוֹנִי וּמוֹלִיד כָּמוֹנִי יוֹדֵעַ הוּא שֶׁאֵין אֲנִי כִּקְלִיפַּת הַשּׁוּם אֶלָּא כְּמוֹ הַשּׁוּם שֶׁמַּרְבֶּה הַזֶּרַע כֵּן אֲנִי מוֹלִיד נְשָׁמוֹת הַרְבֵּה וּמַרְבֶּה זֶרַע יִשְׂרָאֵל. וְהָא דִּקְרָאוֹ 'קֹרַח' שֶׁזָּכָה לְהַשִּׂיג כָּל תּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה שֶׁהִיא ח' דַּרְגִין וְלַעֲשׂוֹת לָהּ קֵירוּי וְזֶהוּ קֹרַח - קַר ח' הִיא תּוֹרָה שֶׁבְּעַל אֲשֶׁר פֶּה מוֹצְאָהּ מָצָא חַיִּים .
💡 Explication

Objection : que ben Azzai tranche selon le raisonnement le plus solide ! Et si l'on répond qu'il en était incapable, cela contredit une autre baraita où ben Azzai déclare : tous les Sages d'Israël me paraissent comme une pelure d'ail (insignifiants à côté de moi), hormis 'ce chauve' — c'est-à-dire R. Akiva. Or, s'il était si perspicace, il aurait su choisir la meilleure raison.

16
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִפִּי הַשְּׁמוּעָה אֲמָרוּהָ, מִפִּי חַגַּי זְכַרְיָה וּמַלְאָכִי.

Rabbi Yo'hanan a dit : c'est par tradition (mipi ha-chemoua) qu'ils l'ont dit — de la bouche de Haggai, Zacharie et Malachie.

📜 Rachi (1)
מִפִּי שְׁמוּעָה אֲמָרוּהָ דְּבֵין ר"מ ור"א ור"ש אָמְרִי מִילְּתַייְהוּ מִפִּי הַשְּׁמוּעָה מִפִּי חַגַּי זְכַרְיָה וּמַלְאָכִי וְלָכֵן לֹא הָיָה רוֹצֶה בֶּן עַזַּאי לִסְמֹוךְ עַל מַעֲשָׂיו וְלִקְבֹּועַ הֲלָכָה בְּהַכְרָעָתוֹ:
C'est par tradition qu'ils l'ont dit — car [le différend] entre R. Meir, R. Eliezer et R. Chimon [portait sur des positions] énoncées par tradition, de la bouche de Haggai, Zacharie et Malachie ; c'est pourquoi ben Azzai ne voulait pas s'appuyer sur son propre jugement pour fixer la halakha par sa décision.
🗂️ Tossefot (1)
מִפִּי חַגַּי זְכַרְיָה וּמַלְאָכִי פ"ה וְכֵיוָן דִּנְבוּאָה הִיא כְּהִילְכְתָא בְּלֹא טַעְמָא הִיא וְלֵיכָּא לְמֵיקַם עֲלָהּ ע"י טַעַם אֵיזֶה מֵהֶם עִיקָּר וְלֹא הָיָה לוֹ לְהַזְכִּיר נְבוּאָה דְּאֵין נָבִיא רַשַּׁאי לְחַדֵּשׁ דָּבָר מֵעַתָּה אֶלָּא הָיָה לוֹ לוֹמַר הִלְכְתָא גְּמִירִי לָהּ וּפֶרֶק כֹּהֵן גָּדוֹל (נָזִיר דַּף נג.) גַּבֵּי רֹובַע הַקַּב עֲצָמוֹת וַחֲצִי לֹוג דָּם נָמֵי אָמַר מִפִּי הַשְּׁמוּעָה אָמְרָה מִפִּי חַגַּי זְכַרְיָה וּמַלְאָכִי וּמִיהוּ קָשֶׁה מֵהָא דְּדָרֵישׁ בפ"ק דר"ה (דַּף ח.) מִקְּרָא עַשֵּׂר תְּעַשֵּׂר מַקִּישׁ מַעְשַׂר בְּהֵמָה לְמַעֲשֵׂר דָּגָן ר"מ סָבַר בַּא' בֶּאֱלוּל מַה מַעֲשֵׂר דָּגָן סָמוּךְ לִגְמָרוֹ עִשּׂוּרוֹ כו' ר"א ור"ש סָבְרִי מַה מַּעְשַׂר דָּגָן ר"ה שֶׁלּוֹ תִּשְׁרֵי כּוּ' וְי"ל דְּאַפֵּ"ה כֵּיוָן דְּהָנָךְ דְּרָשׁוֹת מִפִּי הַשְּׁמוּעָה חַגַּי וּזְכַרְיָה וּמַלְאָכִי לֹא הָיָה יָכוֹל לְבָרֵר אֵיזֶה עִיקָּר:
De la bouche de Haggai, Zacharie et Malachie — [selon] l'explication [de Rachi] : puisque c'est une prophétie, c'est comme une halakha sans raisonnement, et l'on ne peut se prononcer par le raisonnement [pour savoir] laquelle est l'essentielle. Mais il n'aurait pas dû mentionner la prophétie, car un prophète n'a pas le droit d'innover quoi que ce soit désormais ; il aurait dû dire 'ils l'ont appris par tradition (halakhta gemiri lah)'. Et au chapitre 'Cohen Gadol' (Nazir 53a), à propos d'un quart de kav d'ossements et d'un demi-log de sang, il dit également 'c'est par tradition qu'il l'a dit, de la bouche de Haggai, Zacharie et Malachie'. Toutefois, cela fait difficulté avec ce qui est exposé au premier chapitre de Roch Hachana (8a) : du verset 'tu dîmeras (asser te'asser)' on rapproche le maaser behema du maaser dagan — R. Meir estime [que le nouvel-an est] au 1er Eloul : de même que le maaser dagan, son dîme [se fait] à l'approche de son achèvement, etc. ; R. Eliezer et R. Chimon estiment : de même que le maaser dagan, son nouvel-an est Tichri, etc. On peut répondre : même ainsi, puisque ces exégèses [proviennent] de la tradition [de] Haggai, Zacharie et Malachie, il ne pouvait déterminer laquelle est l'essentielle.
💡 Explication

Réponse de R. Yo'hanan : ben Azzai ne pouvait pas trancher par le raisonnement, car R. Meir, R. Eliezer et R. Chimon énonçaient leurs positions par tradition (mipi ha-chemoua), remontant aux derniers prophètes Haggai, Zacharie et Malachie. Chacun tenait sa tradition pour la bonne ; un tel différend, fondé sur la tradition, ne se résout pas par la logique.

17
תַּנְיָא: בְּאֵיזֶה צַד אָמַר בֶּן עַזַּאי הָאֱלוּלִים מִתְעַשְּׂרִין לְעַצְמָן? נוֹלְדוּ לוֹ חֲמִשָּׁה בְּאָב וַחֲמִשָּׁה בֶּאֱלוּל — אֵין מִצְטָרְפִין, חֲמִשָּׁה בֶּאֱלוּל וַחֲמִשָּׁה בְּתִשְׁרִי — אֵין מִצְטָרְפִין, חֲמִשָּׁה בְּתִשְׁרִי וַחֲמִשָּׁה בְּאָב מִצְטָרְפִין.

Il a été enseigné : de quelle manière ben Azzai a-t-il dit que les bêtes d'Eloul se dimement à part ? [Si] cinq lui sont nées en Av et cinq en Eloul — elles ne se combinent pas ; cinq en Eloul et cinq en Tichri — elles ne se combinent pas ; cinq en Tichri et cinq en Av [suivant] — elles se combinent.

📜 Rachi (1)
ה' בְּתִשְׁרֵי וָהּ' בְּאָב שֶׁאַחֲרָיו מִצְטָרְפִין אע"פ שֶׁיֵּשׁ גְּרָנוֹת בֵּינְתַיִים:
Cinq en Tichri et cinq en Av [suivant] — se combinent, bien qu'il y ait des gornot entre-temps.
💡 Explication

Application concrète de la règle de ben Azzai. Le seuil du dîme est de dix bêtes. Or : 5 en Av + 5 en Eloul ne se combinent pas (Eloul est 'à part') ; 5 en Eloul + 5 en Tichri non plus ; mais 5 en Tichri + 5 en Av suivant se combinent (elles relèvent de la même année de dîme, malgré les gornot intermédiaires).

🖼️ Schéma
Règle de ben Azzai : "les bêtes d'Eloul se dimеnt à part" se combinent-elles pour atteindre le seuil de 10 ? (mitstarfin / ein mitstarfin) Av Eloul Tichri Av (suivant) 5 en Av + 5 en Eloul ne se combinent PAS (ein mitstarfin) 5 en Eloul + 5 en Tichri ne se combinent PAS 5 en Tichri + 5 en Av (suivant) SE COMBINENT (mitstarfin) Pourquoi Tichri+Av se combinent malgré les gornot intermédiaires ? Ce qui sépare deux lots, c'est le nouvel-an (ratrancher une année), PAS le goren. Michna : "5 avant Roch Hachana + 5 après" ne se combinent pas ; "5 avant le goren + 5 après le goren" se combinent.
Les paires de mois qui se combinent ou non selon ben Azzai.
18
פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְתֵימָא, כִּי הֵיכִי דְּמַפְסְקִי שָׁנִים, מַפְסְקִי גְּרָנוֹת, קָא מַשְׁמָע לַן.

C'est évident ! [Non :] tu aurais pu dire que, de même que les années séparent, [de même] les gornot séparent — [c'est pourquoi] il nous [l']apprend.

💡 Explication

Objection : que 5 de Tichri et 5 d'Av suivant se combinent est évident (même année) ! Réponse : on aurait pu croire que, tout comme le passage d'une année sépare les lots (les rend non-combinables), le passage d'un goren les sépare aussi. La baraita nous apprend qu'il n'en est rien : seul le nouvel-an sépare, pas le goren.

19
כְּדִתְנַן: חֲמִשָּׁה לִפְנֵי רֹאשׁ הַשָּׁנָה וַחֲמִשָּׁה לְאַחַר רֹאשׁ הַשָּׁנָה — אֵין מִצְטָרְפִין, חֲמִשָּׁה לִפְנֵי הַגֹּורֶן וַחֲמִשָּׁה לְאַחַר הַגֹּורֶן — הֲרֵי אֵלּוּ מִצְטָרְפִין.

Comme nous avons appris [dans la michna] : cinq avant Roch Hachana et cinq après Roch Hachana — elles ne se combinent pas ; cinq avant le goren et cinq après le goren — celles-ci se combinent.

💡 Explication

Preuve tirée de la michna : 5 avant Roch Hachana + 5 après ne se combinent pas (le nouvel-an sépare) ; mais 5 avant le goren + 5 après le goren se combinent (le goren, lui, ne sépare pas). Cela confirme la règle du segment précédent.

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אָמַר רָבָא: לְדִבְרֵי בֶּן עַזַּאי, נוֹלְדוּ לוֹ חֲמִשָּׁה בְּאָב וַחֲמִשָּׁה בֶּאֱלוּל וַחֲמִשָּׁה בְּתִשְׁרִי, כּוֹנְסָן לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר,

Rava a dit : selon les paroles de ben Azzai, [si] cinq lui sont nées en Av, cinq en Eloul et cinq en Tichri, il les rassemble dans l'enclos (dir) pour [les] dîmer,

💡 Explication

Précision de Rava selon ben Azzai : si le propriétaire a 5 bêtes d'Av, 5 d'Eloul et 5 de Tichri, il les rassemble toutes dans l'enclos (dir) pour la procédure du dîme — bien qu'elles relèvent d'années et de statuts distincts. La suite du raisonnement se poursuit sur 58b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).