Bekhorot 59b — le 9e et le 11e appelés 'dixième', et le principe du compte apte (minyan ha-ra'ui) au maaser behema

Bekhorot 59b

Sougya : Fin de la braita sur le maaser behema (dîme du bétail) : de même que le 11e agneau appelé par erreur 'dixième' n'est saint que si l'on a arraché le nom 'dixième' du 10e (en l'appelant 'neuvième'), la Guemara discute par un raisonnement (din) si le 9e appelé 'dixième' exige lui aussi cet arrachement — et conclut que oui. Puis Rava énonce et prouve son principe majeur : minyan ha-ra'ui poter, un compte apte à atteindre dix exempte du maaser les bêtes déjà comptées.

Il le tire d'abord de la michna (l'anima qui ressaute dans le parc), puis, cette preuve rejetée, du verset 'tout ce qui passe (yaavor) sous le bâton' (Lev 27,32) : ce qui va passer, non ce qui a déjà passé. Une braita le confirme, et Rava applique la règle à des cas de 14 agneaux sortant par deux portes (compte certain vs compte douteux), puis enseigne qu'avec 15 agneaux on ne peut pas pré-sélectionner dix.

Le 9e et le 11e mal nommés "dixième" : quand y a-t-il sainthete ? 11e appelé "dixième" 9e appelé "dixième" Sainthete LOURDE : il est offert (chelamim) - cf. plus loin Sainthete LEGÈRE : non offert, mangé seulement avec un défaut Saint SEULEMENT si le nom "dixième" a été arraché au 10e (ex: 10e appelé "neuvième") Question : faut-il aussi arracher le nom "dixième" du 10e ? Conclusion : OUI, il le faut Le raisonnement (din) : "heya ha-notenet" (c'est cela même qui le donne) On aurait pu dire : le 9e (léger) est saint même sans arrachement. La Guemara renverse : le 11e (déjà choisi le 10e) exige l'arrachement ; le 9e (10e pas encore sorti) l'exige aussi.
Le raisonnement (din) sur le 9e et le 11e appelés 'dixième' (segments 1-4).
Le principe de Rava : "minyan ha-ra'ui poter" (un compte apte [à dix] exempte) Règle Des bêtes déjà comptées (mais non encore dîmées) sont EXEMPTÉES du maaser si, au moment du compte, il restait de quoi atteindre dix dans le parc. Source (verset) "tout ce qui passe (yaavor) sous le bâton" (Lev 27,32) = ce qui VA passer, non ce qui a DÉJA passé Exemple type 10 agneaux ; il en compte 5 ; un des NON comptés meurt. Les 5 comptés -> exemptés (le reste rejoint un autre lot).
Le principe de Rava : un compte apte à dix exempte du maaser (segments 5-10).
14 agneaux, deux portes : compte certain vs compte douteux On ne peut dîmer que si un groupe de dix est sorti par UNE même porte 6 par la porte A, 4 par la porte B, 4 restent Les 4 restants sortent par A -> 10 par A : on prélève 1 (le reste -> autre lot). Sinon (restent / sortent par B) -> les 6 sont EXEMPTÉS (compte apte) ; les 4+4 -> autre lot. 4 par la porte A, 6 par la porte B, 4 restent Les 4 restants sortent par la porte des 6 -> 10 : on prélève 1 ; les 4 (porte A) EXEMPTÉS. Sinon -> 4 (A) et 6 (B) EXEMPTÉS (il restait assez pour dix) ; les 4 derniers -> autre lot. 4 par A, 4 par B, 6 restent (compte DOUTEUX) Les 6 sortent par une seule porte -> on prélève 1 ; les 4 de l'autre porte EXEMPTÉS. Sinon -> 4 et 4 EXEMPTÉS malgré le doute ; les 6 -> autre lot. (Innovation : même le doute exempte.)
Les cas des 14 agneaux et des deux portes : compte certain vs douteux (segments 11-15).
1
אַף הַתְּשִׁיעִי אֵינוֹ קָדוֹשׁ אֶלָּא אִם כֵּן נֶעֱקַר שֵׁם עֲשִׂירִי הֵימֶנּוּ, וְהַדִּין נוֹתֵן.

Même le neuvième n'est pas saint, à moins que le nom 'dixième' n'ait été arraché de lui (du dixième) ; et le raisonnement (ha-din) le donne.

📜 Rachi (1)
אַף הַתְּשִׁיעִי דְּכִי הֵיכִי דְּאִם קָרָא לְאֶחָד עָשָׂר עֲשִׂירִי אֵינוֹ קָדוֹשׁ אֶלָּא א"כ נֶעֱקַר שֵׁם מַעֲשֵׂר מִן הָעֲשִׂירִי שֶׁלֹּא קָרָא לָעֲשִׂירִי עֲשִׂירִי אֶלָּא תְּשִׁיעִי וְכִדְאָמְרִינַן לְקַמָּן בְּמַתְנִיתִין זֶה הַכְּלָל כֹּל שֶׁלֹּא נֶעֱקַר וְכוּ' וּבְסֵיפָא דְּהַךְ בָּרַיְיתָא מְפָרֵשׁ טַעְמָא מִשּׁוּם דְּאֶחָד עָשָׂר עוֹשֶׂה קְדֻושָּׁה לִיקְרַב א"נ אַחַד עָשָׂר דְּאִיבָּרַר כּוּ' אַף תְּשִׁיעִי אִם קְרָאוֹ עֲשִׂירִי לֹא יְהֵא נֶאֱכָל אֶלָּא בְּמוּמוֹ אא"כ נֶעֱקַר שֵׁם הָעֲשִׂירִי מִן הָעֲשִׂירִי כְּגוֹן שֶׁקָּרְאוּ תְּשִׁיעִי וּלְהָכִי הָכָא דְּלָא נֶעֱקַר אָמְרִינַן דְּהַתְּשִׁיעִי חֻולִּין וְהַדִּין נוֹתֵן גַּבֵּי תְּשִׁיעִי נָמֵי בָּעֵינַן דְּלֶיהֱוֵי נֶעֱקַר שֵׁם עֲשִׂירִי מִמֶּנּוּ כְּלוֹמַר מִן הָעֲשִׂירִי עַצְמוֹ:
Même le neuvième — car de même que, si l'on a appelé le onzième 'dixième', il n'est pas saint à moins que le nom 'maaser' n'ait été arraché du dixième (c'est-à-dire qu'on n'a pas appelé le dixième 'dixième' mais 'neuvième'), comme on le dit plus loin dans la michna 'telle est la règle : tout ce dont [le nom] n'a pas été arraché, etc.', et dans la fin de cette braita on explique la raison : parce que le onzième produit une sainteté pour être offert ; autre version : le onzième, [le dixième] ayant déjà été distingué, etc. — de même le neuvième, si on l'a appelé 'dixième', ne sera mangé qu'avec son défaut, à moins que le nom du dixième n'ait été arraché du dixième, par exemple si on l'a appelé 'neuvième'. C'est pourquoi ici, où il n'y a pas eu d'arrachement, on dit que le neuvième est profane ; et 'le raisonnement le donne' : à propos du neuvième aussi, nous exigeons que le nom 'dixième' ait été arraché de lui, c'est-à-dire du dixième lui-même.
💡 Explication

Fin de la braita sur le maaser behema. Comme pour le 11e appelé 'dixième' (qui n'est saint que si l'on a d'abord arraché au vrai 10e son nom 'dixième', en l'appelant 'neuvième'), on énonce ici que même le 9e appelé 'dixième' ne devient saint (mangé seulement s'il a un défaut) qu'à la même condition : que le nom 'dixième' ait été arraché du 10e lui-même. Ici, où cet arrachement n'a pas eu lieu, le 9e reste profane (houlin). Et 'le raisonnement le donne' introduit la démonstration qui suit.

2
וּמָה אַחַד עָשָׂר שֶׁהוּא עוֹשֶׂה קְדֻושָּׁה לִיקְרַב, אֵינוֹ קָדוֹשׁ אֶלָּא אִם כֵּן נֶעֱקַר שֵׁם ״עֲשִׂירִי״ הֵימֶנּוּ, תְּשִׁיעִי שֶׁאֵין עוֹשֶׂה קְדֻושָּׁה לִיקְרַב — אֵינוֹ דִּין שֶׁאִם נֶעֱקַר שֵׁם ״עֲשִׂירִי״ הֵימֶנּוּ — אִין, אִי לָא — לֹא?

Et si le onzième, qui produit une sainteté pour être offert, n'est saint que si le nom 'dixième' a été arraché de lui, le neuvième, qui ne produit pas de sainteté pour être offert — n'est-il pas logique (eino din) que, si le nom 'dixième' a été arraché de lui, oui [il est saint], et sinon, non ?

📜 Rachi (4)
לִיקָּרֵב כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן שֶׁאִם קָרָא לָאַחַד עָשָׂר עֲשִׂירִי קָרֵב שְׁלָמִים וּמַפְּקִינַן מִקְּרָא ואע"פ שֶׁהוּא חָמוּר כָּל כָּךְ אֵינוֹ קָדוֹשׁ אֶלָּא א"כ נֶעֱקַר מִן הָעֲשִׂירִי שֵׁם עֲשִׂירִי כְּגוֹן שֶׁקָּרָא לָעֲשִׂירִי תְּשִׁיעִי וְכִדְאָמְרִי' לְקַמָּן זֶה הַכְּלָל כו':
Pour être offert — comme on le dit plus loin : si l'on a appelé le onzième 'dixième', il est offert comme chelamim, et on le déduit d'un verset ; et bien qu'il soit d'un degré si grave, il n'est saint que si le nom 'dixième' a été arraché du dixième, par exemple si l'on a appelé le dixième 'neuvième', comme on le dit plus loin 'telle est la règle, etc.'.
תְּשִׁיעִי שֶׁהוּא קַל כָּל כָּךְ:
Le neuvième — qui est d'un degré si léger.
שֶׁאֵינוֹ עוֹשֶׂה קְדֻושָּׁה לִיקְרַב אע"פ שֶׁקְּרָאוֹ עֲשִׂירִי אֵינוֹ קָרֵב אֶלָּא קָדוֹשׁ לְהָא מִלְּתָא גְּרֵידָא דְּאֵינוֹ נֶאֱכָל אֶלָּא בְּמוּמוֹ כְּדִלְקַמָּן אֵינוֹ דִּין וְכוּ':
Qui ne produit pas de sainteté pour être offert — bien qu'on l'ait appelé 'dixième', il n'est pas offert, mais saint seulement pour ceci : qu'il n'est mangé qu'avec son défaut, comme plus loin ; n'est-il pas logique, etc.
אִי לָא לָא לֶיהֱוֵי קָדוֹשׁ כְּלָל:
Sinon, non — [alors] il ne serait pas saint du tout.
💡 Explication

Le raisonnement à fortiori (kal va-homer) dans un sens : le 11e a une sainteté lourde (il est offert comme chelamim) et n'est pourtant saint que si le nom 'dixième' a été arraché du 10e ; alors le 9e, dont la sainteté est légère (il n'est pas offert, seulement mangé avec un défaut), ne devrait-il pas exiger, lui aussi, cet arrachement — donc être profane si l'arrachement n'a pas eu lieu ?

3
הִיא הַנּוֹתֶנֶת! אַחַד עָשָׂר שֶׁהוּא עוֹשֶׂה קְדֻושָּׁה לִיקְרַב, אִי נֶעֱקַר שֵׁם עֲשִׂירִי הֵימֶנּוּ — אִין, אִי לָא — לֹא; תְּשִׁיעִי שֶׁאֵינוֹ עוֹשֶׂה קְדֻושָּׁה לִיקְרַב, אַף עַל גַּב דְּלָא נֶעֱקַר שֵׁם עֲשִׂירִי הֵימֶנּוּ.

C'est cela même qui le donne (heya ha-notenet) ! Le onzième, qui produit une sainteté pour être offert : si le nom 'dixième' a été arraché de lui, oui, sinon, non ; [mais] le neuvième, qui ne produit pas de sainteté pour être offert, [est saint] même si le nom 'dixième' n'a pas été arraché de lui.

📜 Rachi (2)
הִיא הַנּוֹתֶנֶת מַהְדַּר הַשַּׁ"ס דְּוַדַּאי גַּבֵּי תְּשִׁיעִי דִּין הוּא דאע"ג דְּלָא נֶעֱקַר שֵׁם עֲשִׂירִי הֵימֶנּוּ דְּלֶהֱוֵי חָל עָלֶיהָ קְדֻושָּׁה שֶׁלּוֹ מִשּׁוּם דְּגַבֵּי אַחַד עָשָׂר דִּין הוּא דְּאִי נֶעֱקַר אִין אִי לָא לָא מִשּׁוּם דִּקְדֻושָּׁה שֶׁלּוֹ חֲמוּרָה הִיא שֶׁהֲרֵי קָרֵב כְּדִלְקַמָּן וּלְכָךְ דִּין הוּא דְּבָעֵינַן עֲקִירָה עַד דְּתֵיחוּל עַל הַהִיא קְדֻושָּׁה חֲמוּרָה:
C'est cela même qui le donne — la Guemara rétorque : à propos du neuvième, il est certes logique que, même si le nom 'dixième' n'a pas été arraché de lui, sa sainteté prenne sur lui ; car à propos du onzième, il est logique que, s'il y a eu arrachement, oui, sinon, non — parce que sa sainteté est lourde, puisqu'il est offert comme plus loin ; c'est pourquoi il est logique d'exiger un arrachement pour que cette sainteté lourde prenne effet.
אֲבָל תְּשִׁיעִי דִּקְדֻושָּׁתוֹ קַלָּה דְּאֵינוֹ קָדוֹשׁ לְקָרֵב אֶלָּא שֶׁלֹּא יְהֵא נֶאֱכָל אֶלָּא בְּמוּמוֹ דִּין הוּא דְּהַהִיא קְדֻושָּׁה קַלָּה תֵּיחוּל בְּדָבָר קַל כְּגוֹן דִּקְרָאוֹ עֲשִׂירִי ואע"ג דְּלָא נֶעֱקַר שֵׁם מַעֲשֵׂר מִן הָעֲשִׂירִי עַצְמוֹ:
Mais le neuvième — dont la sainteté est légère, car il n'est pas saint pour être offert mais seulement pour n'être mangé qu'avec son défaut : il est logique que cette sainteté légère prenne par une chose légère, comme le fait de l'appeler 'dixième', et cela bien que le nom 'maaser' n'ait pas été arraché du dixième lui-même.
💡 Explication

La Guemara renverse le raisonnement ('heya ha-notenet' = c'est justement cela qui prouve l'inverse). Précisément parce que la sainteté du 11e est lourde (il est offert), il faut un arrachement pour la faire prendre ; mais la sainteté légère du 9e (non offert) peut prendre par un acte léger — le seul fait de l'appeler 'dixième' — même sans arrachement du nom du 10e.

4
אִי נָמֵי, אַחַד עָשָׂר, דְּאִיבָּרַר לֵיהּ עֲשִׂירִי — אִי נֶעֱקַר שֵׁם עֲשִׂירִי הֵימֶנּוּ — אִין, אִי לָא — לֹא.

Autre argument : le onzième, [pour lequel] le dixième a déjà été distingué (de-ibrar) — si le nom 'dixième' a été arraché de lui, oui, sinon, non.

📜 Rachi (1)
אִי נָמֵי אִיכָּא לְמֵימַר טַעְמָא אַחַרְיַנָא:
Autre argument — on peut donner une autre raison.
💡 Explication

Une seconde distinction entre les deux cas. Le 11e ne devient saint que après que le vrai 10e a été distingué (de-ibrar), c'est-à-dire déjà sorti et fixé comme dixième. Puisqu'un véritable 10e existe déjà, le 11e ne peut devenir 'dixième' que si l'on a d'abord arraché au 10e son nom.

5
תְּשִׁיעִי, דְּאַכַּתִּי לָא אִיבָּרַר לֵיהּ עֲשִׂירִי, וְאַף עַל גַּב דְּלָא נֶעֱקַר שֵׁם ״עֲשִׂירִי״ הֵימֶנּוּ, תּוּ לָא מִידִּי.

[Mais] le neuvième, pour lequel le dixième n'a pas encore été distingué, [devient saint] même si le nom 'dixième' n'a pas été arraché de lui — et il n'y a rien de plus [à objecter].

📜 Rachi (3)
י"א דְּאִיבָּרַר לֵיהּ עֲשִׂירִי שֶׁכְּבָר יָצָא הָעֲשִׂירִי קֹודֶם שֶׁיָּצָא הָאֶחָד עָשָׂר וְנִבְרַר מֵעַצְמוֹ שֶׁהוּא מַעֲשֵׂר וּלְהָכִי דִּין הוּא דְּלָא לֶיהֱוֵי אַחַד עָשָׂר קָדוֹשׁ אע"פ שֶׁקְּרָאוֹ עֲשִׂירִי אא"כ נֶעֱקַר שֵׁם מַעֲשֵׂר מִן הָעֲשִׂירִי דִּלְאַחַר עֲשִׂירִי גָּמוּר הֵיכִי אֶפְשָׁר עֲשִׂירִי אַחֵר בְּסָמוּךְ לוֹ:
Il y a lieu de dire : le dixième a déjà été distingué — car le dixième est déjà sorti avant que ne sorte le onzième, et il s'est distingué de lui-même comme étant le maaser ; c'est pourquoi il est logique que le onzième ne soit pas saint, même si on l'a appelé 'dixième', à moins que le nom 'maaser' n'ait été arraché du dixième : car après un dixième accompli, comment un autre 'dixième' serait-il possible juste après lui ?
אע"ג דְּלָא נֶעְקְרֵיהּ וְאָזֵיל וּקְרָאוֹ עֲשִׂירִי לָזֶה:
Même s'il n'a pas été arraché — et qu'il aille appeler celui-ci 'dixième'.
תּוּ לָא מִידִּי לֵיכָּא לְמֵימַר בְּהַאי דִּינָא דְּקָאָמַר הִיא הַנּוֹתֶנֶת דְּוַדַּאי דִּין הוּא דְּתֶיהֱוֵי קָדוֹשׁ אע"ג דְּלָא נֶעֱקַר:
Il n'y a rien de plus — on ne peut pas dire, dans ce raisonnement, le 'c'est cela même qui le donne' qu'on a dit [plus haut] ; car il est certain qu'il est logique qu'il soit saint même si [le nom] n'a pas été arraché.
💡 Explication

Le 9e, lui, devient saint à un moment où le 10e n'est pas encore sorti (donc pas encore distingué). Si le propriétaire l'appelle par erreur 'dixième', il devient saint même sans arrachement du nom du 10e — puisqu'il n'y a pas encore de vrai 10e face à lui. La Guemara conclut : 'il n'y a rien de plus à dire' — l'opinion opposée est écartée.

6
אָמַר רָבָא: מִנְיָן הָרָאוּי פּוֹטֵר. מְנָא לֵיהּ לְרָבָא הָא? אִילֵּימָא מֵהָא דִּתְנַן: קָפַץ אֶחָד מִן הַמְּנוּיִין לְתוֹכָן — כֻּולָּן פְּטוּרִין. מְנוּיִין גּוּפַיְיהוּ דְּאִיפְּטַרוּ — לָאו בַּמִּנְיָן הָרָאוּי?

Rava dit : un compte apte [à atteindre dix] (minyan ha-ra'ui) exempte. D'où Rava [tient-il] cela ?

Si l'on dit [que c'est] de ce que nous avons appris (michna) : 'l'une des bêtes déjà comptées ressaute parmi elles [les non comptées] — toutes sont exemptées' — les comptées elles-mêmes, qui sont exemptées, n'est-ce pas par un compte apte ?

📜 Rachi (2)
מִנְיָן הָרָאוּי פּוֹטֵר שֶׁאִם הָיָה לוֹ עֲשָׂרָה טְלָאִים וְהִכְנִיסָן לַדִּיר וּמָנֶה תִּשְׁעָה אוֹ שְׁמוֹנָה וּמֵת אֶחָד מִן הַנִּשְׁאָרִים בַּדִּיר אוֹ יָצָא בְּפֶתַח אַחֵר שֶׁלֹּא נִתְקַדֵּשׁ הָעֲשִׂירִי פְּטוּרִין אֵלּוּ שְׁמֹנָה כְּבָר מִשּׁוּם דְּהָווּ מִנְיָן הָרָאוּי דִּבְשָׁעָה שֶׁמְּנָאָן הָיוּ רְאוּיִין אֵלּוּ שֶׁבַּדִּיר לָצֵאת וּלְהִתְעַשֵּׂר הָעֲשִׂירִי עִם אֵלּוּ לְמִנְיָן דְּהַשְׁתָּא מַשְׁמַע לָן דְּהַיְינוּ מֵאוֹתוֹ מִנְיָן שֶׁלֹּא גָּמַר עֲדַייִן שֶׁלֹּא מָנָה אֶלָּא תִּשְׁעָה אוֹ שְׁמֹנָה כִּדְפָרֵישְׁנָא לְעֵיל:
Un compte apte exempte — car s'il avait dix agneaux, les fit entrer dans le parc, en compta neuf ou huit, puis que l'un des restants dans le parc mourut, ou sortit par une autre porte avant que le dixième n'ait été sanctifié — ceux qu'il a déjà comptés sont exemptés, parce qu'ils formaient un compte apte : au moment où il les comptait, ceux du parc étaient aptes à sortir et à être dîmes, le dixième [se comptant] avec eux. 'Pour ce compte-là' signifie : de ce compte qu'il n'a pas encore achevé, n'ayant compté que neuf ou huit, comme on l'a expliqué plus haut.
לְתוֹכָן בַּדִּיר כֻּולָּן פְּטוּרִין מִשּׁוּם דְּאִיעָרַב דְּהָנְהוּ שֶׁמְּנוּיָן כְּבָר פְּטוּרִין אע"פ שֶׁעֲדַיִין לֹא עִישֵּׂר עֲלֵיהֶן:
Parmi elles — dans le parc, toutes sont exemptées parce qu'il y a eu mélange : celles qui étaient déjà comptées sont exemptées, bien qu'il n'ait pas encore prélevé le maaser sur elles.
💡 Explication

Rava énonce son grand principe : minyan ha-ra'ui poter — un compte apte à atteindre dix exempte du maaser les bêtes déjà comptées. La Guemara cherche sa source. Première tentative : la michna où une bête déjà comptée ressaute dans le parc parmi les non comptées, rendant toutes les bêtes exemptes. Les comptées seraient exemptées parce qu'elles ont été comptées par un compte apte à dix.

7
וְדִלְמָא דְּעֶשֶׂר עִילָּוַייְהוּ!

Mais peut-être [s'agit-il] du cas où l'on a dîme sur elles (de-issar ilavaihou) ?

📜 Rachi (1)
וְדִילְמָא דְּעִישֵּׂר עֲלַיְיהוּ וְהַייְנוּ מִן הַמְּנוּיִין כְּלוֹמַר מֵאוֹתָן שְׁמֹנָה וְעִישֵּׂר עֲלֵיהֶן:
Mais peut-être a-t-on dîme sur elles — et c'est [alors] parmi les comptées, c'est-à-dire parmi celles qu'il a comptées et sur lesquelles il a dîme.
💡 Explication

La Guemara rejette cette preuve : peut-être l'exemption ne vient-elle pas du 'compte apte', mais du fait que le vrai 10e est sorti et qu'on a effectivement dîme sur ces bêtes-là. Alors elles seraient exemptes parce qu'elles ont été dîmées, non parce qu'elles ont été comptées.

8
הַהִיא לָא מָצֵית אָמְרַת, הָא תָּנֵי: מִן הַמְעֻושָּׂרִין לְתוֹכָן!

Cela, tu ne peux pas le dire, car [la michna] enseigne [dans la clause suivante] : 'l'une des bêtes déjà dîmées ressaute parmi elles' [— signe que dans la première clause elles étaient comptées, non dîmées].

💡 Explication

Réfutation : on ne peut pas interpréter la première clause comme parlant de bêtes déjà dîmées, car la clause suivante de la michna parle expressément du cas où une bête déjà dîmée ressaute. La distinction montre que, dans la première clause, les bêtes étaient seulement comptées (et non encore dîmées).

9
וְדִלְמָא מַאי ״מְעֻושָּׂרִין״? מַעֲשֵׂר דַּוְקָא, דִּיקָא נָמֵי דְּקָתָנֵי ״יִרְעוּ״!

Mais peut-être que signifie 'dîmées' ? [Cela veut dire] le maaser précisément (le dixième lui-même) ; et le langage [de la michna] est aussi précis, puisqu'il enseigne 'qu'elles paissent' !

📜 Rachi (2)
מַעֲשֵׂר כְּלוֹמַר מִן הַמַּעַשְׂרוֹת עַצְמָן:
Le maaser — c'est-à-dire l'une des dîmes elles-mêmes.
יִרְעוּ מִשּׁוּם דְּכֹל חַד וְחַד אִיכָּא לְסַפּוֹקֵי דְּהַייְנוּ הוּא הַמַּעֲשֵׂר:
Qu'elles paissent — parce que, pour chacune, il y a un doute : c'est peut-être elle le maaser.
💡 Explication

Nouveau rejet : le terme 'dîmées' (me'ussarin) de la clause suivante pourrait désigner spécifiquement le 10e — la bête qui est elle-même le maaser — qui a ressauté. Preuve textuelle : la michna dit 'qu'elles paissent' (jusqu'à avoir un défaut) — car chacune pourrait être le maaser mélangé. Donc la première preuve tombe : on n'a pas encore de source pour Rava.

10
אֶלָּא אָמַר רָבָא: אֲמַר קְרָא ״יַעֲבֹור״, וְלֹא שֶׁכְּבָר עָבַר. מַאי שֶׁכְּבָר עָבַר? אִי דְּעֶשֶׂר עִילָּוַייְהוּ — צְרִיכָא לְמֵימְרָא? אֶלָּא לָאו דְּאִיפְּטַרוּ לְהוּ בְּמִנְיָן הָרָאוּי? שְׁמַע מִינָּה.

Plutôt, Rava dit : le verset dit 'passera' (yaavor) — et non 'ce qui a déjà passé'. Que signifie 'ce qui a déjà passé' ?

Si [c'est] qu'on a dîme sur elles, faut-il [un verset] pour le dire ? Plutôt, n'est-ce pas [le cas] où elles ont été exemptées par un compte apte ?

Apprends-en [que c'est bien la source].

📜 Rachi (1)
אֶלָּא לָאו דְּאִיפְּטַרוּ וְכוּ' דְּהָכִי מַשְׁמַע וְלֹא שֶׁכְּבָר עָבַר בְּרָאוּי דִּבְשָׁעָה שֶׁעָבַר הָיָה רָאוּי לְהִתְעַשֵּׂר מֵאֵלּוּ שֶׁבַּדִּיר דְּהַהוּא וַדַּאי מִשּׁוּם דְּאִיפְּטַר בְּמִנְיָן הָרָאוּי:
Plutôt, n'est-ce pas [le cas] où elles ont été exemptées, etc. — car voici le sens : 'et non ce qui a déjà passé' [en étant] apte : au moment où il est passé, il était apte à être dîme avec ceux du parc — celui-là, certainement, [est exempté] parce qu'il a été exempté par un compte apte.
💡 Explication

Rava donne alors la vraie source : un verset. 'Tout ce qui passe (ya'avor) sous le bâton, le dixième sera consacré' (Lev 27,32) — le futur 'ya'avor' vise ce qui va passer, non ce qui a déjà passé. Que serait 'ce qui a déjà passé' ? Pas les bêtes déjà dîmées (évident, sans besoin de verset), mais bien celles exemptées par un compte apte. Le verset enseigne donc le principe de Rava.

11
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרָבָא: הָיוּ לוֹ עֲשָׂרָה טְלָאִים וְהִכְנִיסָן לַדִּיר, וּמָנָה חֲמִשָּׁה, וּמֵת אֶחָד מֵהֶם — אִם מִן הַמְּנוּיִים מֵת — מוֹנֶה וּמַשְׁלִים עֲלֵיהֶם, וְאִם מִשֶּׁאֵינָן מְנוּיִים מֵת — מְנוּיִים פְּטוּרִין, וְשֶׁאֵינָן מְנוּיִים מִצְטָרְפִין לַגֹּורֶן אַחֵר.

On a enseigné [une braita] conforme à Rava : s'il avait dix agneaux et les fit entrer dans le parc, en compta cinq, et que l'un d'eux mourut — si c'est l'un des comptés qui est mort, il continue de compter et complète [le maaser] sur eux ; et si c'est l'un des non comptés qui est mort, les comptés sont exemptés, et les non comptés se joignent à une autre aire (goren aher).

📜 Rachi (2)
וּמָנָה חֲמִשָּׁה לָאו דַּוְקָא נְקַט ה':
Et compta cinq — il ne dit pas 'cinq' au sens strict.
מְנוּיִין פְּטוּרִין מִשּׁוּם דְּהָווּ מִנְיָן הָרָאוּי:
Les comptés sont exemptés — parce qu'ils formaient un compte apte.
💡 Explication

Une braita confirme Rava. Dix agneaux, cinq comptés, puis une mort : (a) si un compté meurt, il n'y a pas de problème — il poursuit le compte et achèvera le maaser sur les autres ; (b) si un non compté meurt, il n'y a plus dix pour dîmer, mais les cinq déjà comptés sont exemptés (compte apte), et les non comptés restants seront joints à un autre lot (goren aher) le moment venu.

12
וְאָמַר רָבָא: הָיוּ לוֹ אַרְבָּעָה עָשָׂר טְלָאִים וְהִכְנִיסָן לְדִיר, וְיָצְאוּ שִׁשָּׁה בְּפֶתַח זֶה, וְאַרְבָּעָה בְּפֶתַח זֶה, וְאַרְבָּעָה נִשְׁתַּיְּירוּ שָׁם. אוֹתָם אַרְבָּעָה, אִם בְּפֶתַח הַשִּׁשָּׁה יָצְאוּ — נוֹטֵל אֶחָד מֵהֶם, וְהַשְּׁאָר מִצְטָרְפִין לְגֹורֶן אַחֵר;

Et Rava dit : s'il avait quatorze agneaux et les fit entrer dans le parc, et que six sortirent par cette porte-ci et quatre par cette porte-là, et que quatre restèrent là. Ces quatre-là : s'ils sont sortis par la porte des six — il en prend un [comme maaser], et le reste se joint à une autre aire ;

📜 Rachi (3)
בְּפֶתַח זֶה שֶׁהָיָה לַדִּיר שְׁנֵי פְּתָחִים:
Par cette porte-ci — car le parc avait deux portes.
נוֹטֵל אֶחָד מֵהֶם דְּהוֹאִיל וְיָצְאוּ עֲשָׂרָה בְּאוֹתוֹ פֶּתַח:
Il en prend un — puisque dix sont sortis par cette même porte.
וְהַשְּׁאָר הָאַרְבָּעָה שֶׁיָּצְאוּ בְּפֶתַח אַחֵר מִצְטָרְפִין לְגֹורֶן אַחֵר דִּבְמִנְיַן הָרָאוּי לֹא אֶפְשָׁר לְמִפְטְרִינְהוּ לְהָנֵי מִשּׁוּם שֶׁבְּשָׁעָה שֶׁיָּצְאוּ בְּפֶתַח אֶחָד לֹא הָיָה מִנְיָן רָאוּי דְּלָא נִשְׁתַּיְּירוּ בַּדִּיר אֶלָּא ד' וְד' לֹא אֶפְשָׁר לְאִיצְטְרוֹפֵי לד' דְּלֶיהֱווֹ בְּנֵי עִשּׂוּרַי:
Et le reste — les quatre sortis par l'autre porte se joignent à une autre aire ; car par un compte apte il est impossible de les exempter, ceux-là, parce qu'au moment où ils sont sortis par une porte il n'y avait pas de compte apte : il ne restait dans le parc que quatre, et quatre ne peuvent se joindre à quatre pour être 'de quoi dîmer'.
💡 Explication

Rava applique le principe à un cas de deux portes. 14 agneaux : 6 sortent par la porte A, 4 par la porte B, 4 restent dans le parc. Si les 4 restants sortent par la même porte que les six (A), cela fait dix par A : il prélève le maaser (le dixième sorti). Les 4 sortis par B (n'atteignant pas dix par leur porte) se joignent à un autre lot.

13
וְאִם לָאו — שִׁשָּׁה פְּטוּרִין, וְאַרְבָּעָה אַרְבְּעָה מִצְטָרְפִין לְגֹורֶן אַחֵר.

Et sinon — les six sont exemptés, et les quatre et les quatre se joignent à une autre aire.

📜 Rachi (2)
וְאִם לָאו שֶׁלֹּא יָצְאוּ הָאַרְבָּעָה בְּפֶתַח הַשִּׁשָּׁה אֶלָּא אוֹ נִשְׁתַּיְּירוּ בַּדִּיר אוֹ יָצְאוּ בְּפֶתַח הָאַרְבָּעָה אֲחֵרִים:
Et sinon — que les quatre ne soient pas sortis par la porte des six, mais soient restés dans le parc, ou sortis par la porte des quatre autres.
אַרְבָּעָה רִאשׁוֹנִים וְהַשִּׁשָּׁה פְּטוּרִין מִשּׁוּם דְּכִי יָצְאוּ הָאַרְבָּעָה תְּחִלָּה הָווּ מִנְיָן רָאוּי דְּאַכַּתִּי אִישְׁתַּייַּר בַּדִּיר עֲשָׂרָה שֶׁרָאוְיָן לְהִצְטָרֵף לָהֶם וּלְעַשֵּׂר עֲלֵיהֶם וְאַרְבָּעָה אַחֲרוֹנִים שֶׁנִּשְׁתַּיְּירוּ אוֹ יָצְאוּ בְּפֶתַח שְׁלִישִׁי מִצְטָרְפִין לְגֹורֶן אַחֵר:
Les quatre premiers et les six sont exemptés — parce que, lorsque les quatre sont sortis d'abord, ils formaient un compte apte, car il restait encore dans le parc dix aptes à se joindre à eux et à être dîmes avec eux ; et les quatre derniers, qui sont restés ou qui sont sortis par une troisième porte, se joignent à une autre aire.
💡 Explication

Suite du même cas (6 par A, 4 par B). Sinon — si les 4 restants ne sortent pas par la porte des six (ils restent, ou sortent par la porte des autres quatre) — alors les six sortis d'abord sont exemptés (au moment de leur sortie, il restait assez dans le parc pour atteindre dix : compte apte). Les 4 (porte B) et les 4 derniers se joignent à un autre lot.

14
יָצְאוּ אַרְבָּעָה בְּפֶתַח זֶה, וְשִׁשָּׁה בְּפֶתַח זֶה, וְנִשְׁתַּייְּרוּ שָׁם אַרְבָּעָה — אִם אוֹתָם אַרְבָּעָה בְּפֶתַח הַשִּׁשָּׁה יָצְאוּ — נוֹטֵל מֵהֶם אֶחָד, וְהַשְּׁאָר פְּטוּרִים; וְאִם לָאו — אַרְבָּעָה וְשִׁשָּׁה פְּטוּרִים, וְאַרְבָּעָה מִצְטָרְפִין לְגֹורֶן אַחֵר.

[Si] quatre sont sortis par cette porte-ci, et six par cette porte-là, et que quatre restèrent là — si ces quatre-là sont sortis par la porte des six, il en prend un, et le reste est exempt ; et sinon, les quatre et les six sont exemptés, et les quatre [derniers] se joignent à une autre aire.

💡 Explication

Cas symétrique : 4 sortent par A, 6 par B, 4 restent. Si les 4 restants sortent par la porte des six (B), cela fait dix par B : il prélève un, et le reste (les 4 de A) est exempt. Sinon (les 4 restants sortent par la porte des premiers quatre, A) — les 4 (A) et les 6 (B) sont exemptés (il restait assez pour compléter dix à chaque sortie), et les 4 derniers se joignent à un autre lot.

15
יָצְאוּ אַרְבָּעָה בְּפֶתַח זֶה, וְאַרְבָּעָה בְּפֶתַח זֶה, וְנִשְׁתַּייְּרוּ שָׁם שִׁשָּׁה — אִם אוֹתָן שִׁשָּׁה יָצְאוּ בְּפֶתַח אֶחָד — נוֹטֵל מֵהֶם אֶחָד וְהַשְּׁאָר פְּטוּרִים; וְאִם לָאו — אַרְבָּעָה פְּטוּרִים, וְשִׁשָּׁה מִצְטָרְפִין לְגֹורֶן אַחֵר.

[Si] quatre sont sortis par cette porte-ci, et quatre par cette porte-là, et que six restèrent là — si ces six-là sont sortis par une seule porte, il en prend un, et le reste est exempt ; et sinon, les quatre sont exemptés, et les six se joignent à une autre aire.

📜 Rachi (4)
אִם אוֹתָן שִׁשָּׁה שֶׁנִּשְׁתַּייְּרוּ יָצְאוּ בְּפֶתַח אֶחָד מֵהֶן כְּלוֹמַר בְּפֶתַח הָאַרְבָּעָה הָרִאשׁוֹנִים אוֹ בְּפֶתַח הֵד' הָאַחֲרוֹנִים:
Si ces six qui sont restés sont sortis par une seule de ces portes — c'est-à-dire par la porte des quatre premiers ou par la porte des quatre derniers.
נוֹטֵל אֶחָד מֵהֶם דְּהָווּ י' בְּפֶתַח אֶחָד:
Il en prend un — car [alors] il y a dix par une seule porte.
וְאִם לָאו שֶׁלֹּא יָצְאוּ לֹא בְּפֶתַח אֵלּוּ ד' וְלֹא בְּפֶתַח אֵלּוּ ד' אֶלָּא בִּפְנֵי עַצְמָן אוֹ נִשְׁתַּיְּירוּ בַּדִּיר:
Et sinon — qu'ils ne soient sortis ni par la porte de ces quatre-ci ni par celle de ces quatre-là, mais à part, ou qu'ils soient restés dans le parc.
אַרְבָּעָה רִאשׁוֹנִים וְאַרְבָּעָה אַחֲרוֹנִים פְּטוּרִין דְּכָל ד' וְד' שֶׁיָּצְאוּ הִנִּיחוּ אֲחֵרִים כְּדֵי לְהִצְטָרֵף לָהֶן וּלְהִתְעַשֵּׂר עֲלֵיהֶן דְּהָנְהוּ שִׁשָּׁה שֶׁנִּשְׁתַּיְּירוּ שָׁדֵינַן בֵּין לְהָכָא בֵּין לְהָכָא:
Les quatre premiers et les quatre derniers sont exemptés — car chaque groupe de quatre qui est sorti a laissé [derrière lui] d'autres [bêtes] en nombre suffisant pour se joindre à eux et être dîmées avec eux, puisque ces six restants, on les rattache aussi bien à l'un qu'à l'autre.
💡 Explication

Cas du compte douteux : 4 par A, 4 par B, 6 restent. Si les six restants sortent par une seule et même porte (l'une des deux), cela fait dix par cette porte : il prélève un, le reste (les 4 de l'autre porte) est exempt. Sinon (les six ne sortent pas groupés par une porte) — les 4+4 déjà sortis sont exemptés, et les six se joignent à un autre lot. C'est ici que se pose la question du compte douteux (segment suivant).

16
מַאי קָא מַשְׁמַע לַן, דְּמִנְיָן הָרָאוּי פּוֹטֵר? וְהָאַמְרַהּ רָבָא חֲדָא זִמְנָא! מַהוּ דְתֵימָא: וַדַּאי מִנְיָן הָרָאוּי אָמְרִינַן, סָפֵק מִנְיָן הָרָאוּי, דַּחֲזֵי לְהָכָא וְדַחֲזֵי לְהָכָא — לָא אָמְרִינַן, קָא מַשְׁמָע לַן.

Que nous apprend-il [par là] — que le compte apte exempte ? Mais Rava l'a déjà dit une fois !

[C'est nécessaire] de peur que tu ne dises : un compte certainement apte, nous le disons [exemptant] ; un compte apte douteux, [où les bêtes] étaient aptes à [sortir] par ici et aptes à [sortir] par là, nous ne le disons pas — il nous apprend [que même celui-là exempte].

📜 Rachi (2)
וַדַּאי מִנְיָן הָרָאוּי כְּגוֹן שְׁמֹנָה ה' אוֹ ו' וְנִשְׁתַּייְּרוּ בַּדִּיר כְּדֵי לְצָרֵף לָהֶן וְלֵיכָּא בַּדִּיר אֶלָּא אוֹתוֹ פֶּתַח דְּוַודַּאי הוּא דְּאוֹתָן שֶׁנִּשְׁתַּייְּרוּ רְאוּיִין לָצֵאת דֶּרֶךְ אוֹתוֹ פֶּתַח עַצְמוֹ וּלְהִתְעַשֵּׂר עִם אֵלּוּ שְׁמֹנָה כְּבָר:
Un compte certainement apte — par exemple s'il a compté cinq ou six et qu'il en est resté dans le parc de quoi les joindre, le parc n'ayant que cette seule porte : il est alors certain que les restants sont aptes à sortir par cette même porte et à être dîmes avec ceux qu'il a déjà comptés.
אֲבָל סָפֵק מִנְיָן הָרָאוּי כְּגוֹן שֶׁיָּצְאוּ בִּשְׁנֵי פְּתָחִים אַרְבָּעָה בְּפֶתַח זֶה וְאַרְבָּעָה בְּפֶתַח זֶה דְּהָנָךְ שִׁשָּׁה שֶׁנִּשְׁתַּיְּירוּ לֵיכָּא לְמֵיקַם עֲלַייְהוּ אִי יָצְאוּ בְּפֶתַח זֶה אוֹ בְּפֶתַח זֶה וְכֵיוָן דְּסָפֵק הוּא אֵימָא דְּלָא אָמְרִינַן מִנְיָן הָרָאוּי לְמִישְׁדִּינְהוּ בֵּין לְהָכָא בֵּין לְהָכָא לִפְטוֹר אֶת כֻּולָּן קָמַשְׁמַע לַן. עִנְיָן אַחֵר הָא דַּחֲזוּ הָנָךְ לְהָכָא וּלְהָכָא דְּשָׁדֵינַן לְהוּ בֵּין לְהָנָךְ אַרְבַּע בֵּין לְהָנָךְ אַרְבַּע הַיְינוּ חָשׁוּב סָפֵק. וּמִפִּי הַמּוֹרֶה:
Mais un compte apte douteux — par exemple s'ils sont sortis par deux portes, quatre par cette porte-ci et quatre par cette porte-là : ces six restants, on ne peut déterminer s'ils sortiront par cette porte-ci ou par cette porte-là ; et puisqu'il y a doute, [tu aurais dit] qu'on ne dit pas 'compte apte' pour les rattacher aux uns comme aux autres et exempter le tout — il nous apprend [que si]. Autre explication : le fait que ces bêtes soient aptes [à sortir] par ici et par là, de sorte qu'on les rattache aussi bien à ces quatre-ci qu'à ces quatre-là, c'est cela même qui est considéré comme un doute. [Reçu] de la bouche du Maître.
💡 Explication

La Guemara demande : ces cas n'ajoutent-ils rien, puisque Rava a déjà énoncé que le compte apte exempte ? Réponse : l'innovation porte sur le compte douteux. On aurait pu croire que seul un compte certainement apte (les restants ne peuvent sortir que par une porte) exempte, mais pas un compte douteux (les restants pouvaient aller par l'une ou l'autre porte). Rava enseigne que même le compte douteux exempte.

17
וְאָמַר רָבָא: הָיוּ לוֹ חֲמִשָּׁה עָשָׂר טְלָאִים, לֹא יֹאמַר: אֶבְרֹור עֲשָׂרָה וְאַכְנִיסֵם לַדִּיר וְאֶטֹּול מֵהֶם אֶחָד, וְהַשְּׁאָר פְּטוּרִים, אֶלָּא כּוֹנְסָן לַדִּיר, וּמוֹצִיא עֲשָׂרָה, וְנוֹטֵל מֵהֶם אֶחָד, וְהַשְּׁאָר מִצְטָרְפִין לְגֹורֶן אַחֵר. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הָיוּ לוֹ חֲמִשָּׁה עָשָׂר טְלָאִים,

Et Rava dit : s'il avait quinze agneaux, il ne dira pas : 'je vais en choisir dix, les faire entrer dans le parc et en prendre un, et le reste sera exempt' ; plutôt, il les fait entrer [tous] dans le parc, en fait sortir dix, en prend un, et le reste se joint à une autre aire. On a aussi enseigné ainsi [une braita] : s'il avait quinze agneaux,

📜 Rachi (1)
ט"ו טְלָאִים לָא נְקַט מִשּׁוּם דַּווְקָא אֶלָּא אוֹרְחָא דְמִילְּתָא לְצָרוֹפֵי חֲמִשָּׁה בַּהֲדֵי חֲמִשָּׁה:
Quinze agneaux — il ne dit pas 'quinze' au sens strict, mais c'est la manière ordinaire de la chose : joindre cinq à cinq [pour arriver à dix ou quinze].
💡 Explication

Dernier enseignement de Rava : avec quinze agneaux, on ne peut pas pré-sélectionner dix pour les dîmer et exempter les cinq autres d'office. Il faut tous les faire entrer dans le parc, en faire sortir dix (le dixième sorti est le maaser), et le reste se joindra à un autre lot. Une braita confirme (la suite est sur 60à).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).