Bekhorot 7b — ce qui sort de l'animal impur : urine d'âne, miel d'abeilles, sécrétions, et le poisson pur avalé

Bekhorot 7b

Sougya : Suite de la sougya sur le principe 'ce qui sort de l'impur est impur, ce qui sort du pur est pur'. Selon la seconde version (ikka de-amri), la question ne porte que sur l'urine d'âne, que les gens boivent contre la jaunisse : Rav Chechet l'interdit car elle vient d'un animal impur.

On objecte depuis le miel d'abeilles, permis parce qu'il n'est pas sécrété du corps de l'abeille ; Rav Chechet répond selon R. Yaakov, qui dérive le miel d'un verset (décret scripturaire), et distingue le miel d'abeilles (sans nom accessoire) du miel de guizin et de guêpes.

La Guemara traite ensuite des morceaux issus de la biche, de la peau qui enveloppe l'âne nouveau-né (simple sécrétion, pircha), puis de la nouvelle michna : un poisson pur avalé par un poisson impur est permis, mais s'il n'a pas été vu avalé, on craint qu'il n'ait été engendré (machritz) ; Rav Achi tranche que la plupart des poissons engendrent selon leur espèce, donc c'est comme s'il avait été avalé devant nous.

Ce qui sort d'un animal impur est-il permis ? La règle et ses exceptions Interdit (sort de l'impur = impur) Permis / exception Urine d'âne (min tamei : trouble,semblable au lait interdit) Miel d'abeilles : gzerat ha-katouv Miel de guizin et de guêpes(pour R. Yaakov : interdit) Peau enveloppant l'âne (chelya)= simple sécrétion (pircha) Poisson pur trouvé dans un poissonimpur (si non avalé : engendré) Poisson pur avalé par un impur :permis (ce n'est pas son croît) Principe (michna) : ha-yotse min ha-tamei tamei / min ha-tahor tahor. Le miel et la peau sortent bien de l'impur, mais ne proviennent pas de son corps.
Le principe 'sort de l'impur = impur' et ses exceptions (miel, peau, poisson avalé).
Pourquoi le miel d'abeilles est-il permis ? Deux raisons opposées Baraita (raison du bon sens) permis car les abeilles font ENTRER le nectar dans leur corps, sans le SÉCRÉTER de leur corps => logique valable pour l'urine d'âne R. Yaakov (raison scripturaire) permis car la Tora l'a permis explicitement (dovcha rahmana chariyeh) : c'est un décret => l'urine d'âne reste interdite (Rav Chechet)
Deux justifications de la permission du miel : le bon sens (baraita) contre le décret scripturaire (R. Yaakov).
Poisson pur trouvé dans un poisson impur : avalé ou engendré ? Poisson pur dans un poisson impur avalé (permis) ou engendré (interdit) ? Rav Chechet / Rav Papa trouvé par les selles ou dans le gosier => avalé Rav Nahman trouvé entier (forme achevée) => il a été avalé Rav Achi (halakha) la plupart des poissons engendrent selon leur espèce Règle biologique : poisson IMPUR engendre des vivants (machritz) ; poisson PUR pond des œufs. Exception : la chauve-souris pond mais allaite.
Le poisson pur trouvé dans un poisson impur : les critères pour trancher entre avalé et engendré.
1
הַטָּמֵא״, וְהָנֵי נָמֵי מִינָא דְּטָמֵא הוּא.

[...] l'impur' — or ces [liquides] aussi sont une espèce d'impur (min tamei).

📜 Rachi (1)
וְהָנֵי נָמֵי מְטַמֵּא קָאָתוּ שֶׁבְּתוֹךְ הַטָּמֵא הָיוּ ואע"ג דְּלָאו מִגּוּפֵיהּ מִימְּצָן אֲסִירִי:
Or ces [liquides] aussi — c'est de l'impur qu'ils viennent : ils étaient à l'intérieur de l'impur ; et bien qu'ils ne soient pas pressés (extraits) de son corps même, ils sont interdits.
💡 Explication

Fin de la sougya précédente : le verset 'ha-tamei' (l'impur) inclut toute espèce d'impur (min tamei). L'urine d'âne, trouble et semblable au lait d'âne (interdit), est aussi une espèce d'impur ; elle est donc interdite.

2
וְאִיכָּא דְּאָמְרִי, דְּסוּסִים וּגְמַלִּים לָא קָא מִיבַּעְיָא לְהוּ, דְּלָא שָׁתוּ אִינָשֵׁי. כִּי קָמִיבַּעְיָא לְהוּ דַּחֲמוֹר, דְּשָׁתוּ אִינָשֵׁי וּמְעַלּוּ לְיַרְקוֹנָא, מַאי?

Et certains disent [une autre version] : [l'urine] des chevaux et des chameaux, [les élèves] ne la mettaient pas en question, car les gens n'en boivent pas ; ils la mettaient en question à propos [de l'urine] de l'âne, que les gens boivent et qui est bénéfique contre la jaunisse (yerakona) — quelle [est la halakha] ?

💡 Explication

La seconde version (ikka de-amri) restreint la question : on ne s'interroge pas sur l'urine de cheval ou de chameau (personne n'en boit), mais seulement sur l'urine d'âne, que les gens boivent comme remède contre la jaunisse (yerakona). Est-elle permise ?

3
אֲמַר לְהוּ רַב שֵׁשֶׁת, תַּנִּיתוּהָ: הַיּוֹצֵא מִן הַטָּמֵא טָמֵא, וְהַיּוֹצֵא מִן הַטָּהוֹר טָהוֹר — וְהָנֵי נָמֵי מִטָּמֵא קָאָתֵי.

Rav Chechet leur dit : vous l'avez appris [dans la michna] : 'ce qui sort de l'impur est impur, ce qui sort du pur est pur' — or ces [liquides] aussi viennent de l'impur.

🗂️ Tossefot (1)
תְּנֵיתוּהָ הַיּוֹצֵא מִן הַטָּמֵא טָמֵא הָא דְּמַשְׁמַע לְסִימָן נַקְטֵיהּ לָא קָשֶׁה מִידֵּי כִּדְפָרֵישִׁי' לְעֵיל (בְּכוֹרוֹת דַּף ו. ד"ה לָמָּה):
'Vous l'avez appris : ce qui sort de l'impur est impur' — le fait que [la michna] semble [parler] du signe (siman, pour identifier l'espèce pure ou impure) et qu'il [Rav Chechet] l'invoque [pour l'interdit] ne pose aucune difficulté, comme nous l'avons expliqué plus haut (Bekhorot 6a, s.v. 'lama').
⚖️ Rosh (1)
שֶׁהַיּוֹצֵא מִן הַטָּמֵא טָמֵא. בְּעוֹ מִינֵּיהּ מֵרַב שֵׁשֶׁת מֵי רַגְלַיִם שֶׁל חֲמוֹר מַהוּ. וְתִיבְעֵי לְהוּ דְּסוּסִים וּגְמַלִּים. דְּסוּסִים וּגְמַלִּים לָא קָמִיבַּעְיָא לְהוּ דְּלָא שָׁתוּ אִינָשֵׁי. כִּי קָמִיבַּעְיָא לְהוּ דַּחֲמוֹר דְּעָבְדִי אִינָשֵׁי דְּשָׁתוּ דִּמְעַלֵּי לְיַרְקוֹנָא אֲמַר לְהוּ רַב שֵׁשֶׁת תְּנֵיתוּהָ שֶׁהַיּוֹצֵא מִן הַטָּמֵא טָמֵא. וְהָנֵי נָמֵי מְטַמֵּא קָאָתוּ. מֵיתִיבִי מִפְּנֵי מֶה אָמְרוּ דְּבַשׁ דְּבוֹרִים טָהוֹר מִפְּנֵי שֶׁמַּכְנִיסוֹת אוֹתָן לְגוּפָן וְאֵין מִמִּצְוֹת אוֹתָן מִגּוּפָן. הוּא דְּאָמַר כַּר' יַעֲקֹב דְּאָמַר דֻּובְשָׁא רַחֲמָנָא שַׁרְייֵהּ. דְּתַנְיָא אַךְ אֶת זֶה תֹּאכְלוּ מִכֹּל שֶׁרֶץ הָעוֹף זֶה אַתָּה אוֹכֵל וְאִי אַתָּה אוֹכֵל שֶׁרֶץ עוֹף טָמֵא. עוֹף טָמֵא בְּהֶדְיָא כְּתִיב. אֶלָּא שֶׁרֶץ עוֹף טָמֵא אִי אַתָּה אוֹכֵל אֲבָל אַתָּה אוֹכֵל מַה שֶּׁעוֹף טָמֵא מַשְׁרִיץ וְאֵי זֶה זֶה דְּבַשׁ דְּבוֹרִים. יָכוֹל אַף הֲגִיזִין וְהַצִּירְעִין אָמַרְתָּ לֹא. וּמֶה רָאִיתָ לְרַבּוֹת דְּבַשׁ דְּבוֹרִים וּלְהוֹצִיא דְּבַשׁ גִּיזִּין וּצִירָעִין. מְרַבֶּה אֲנִי דְּבַשׁ דְּבוֹרִים שֶׁאֵין לוֹ שֵׁם לְוַוי. וּמוֹצִיא אֲנִי דְּבַשׁ הֲגִיזִין וְצִירָעִין שֶׁיֵּשׁ לוֹ שֵׁם לְוַוי. כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּתַנְיָא דְּבַשׁ הֲגִיזִין וְהַצִּירְעִין טָהוֹר וּמֻותָּר בַּאֲכִילָה דְּלָא כַּר' יַעֲקֹב. ר"ת זַ"ל פָּסַק בְּסֵפֶר הַיָּשָׁר דְּלָא כְּר' יַעֲקֹב מִשּׁוּם דִּסְתָם דְּמַס' מַכְשִׁירִין דְּלָא כְּוָותֵיהּ. דִּתְנַן הָתָם פ"ו מ"ד דְּבַשׁ צִירְעָה טָהוֹר וּמֻותָּר בַּאֲכִילָה. וְהָא דְּלָא מַיְיתֵי לָהּ הָכָא מִשּׁוּם דִּדְבַשׁ גִּיזִּין אֵינוֹ שָׁנוּי בַּמִּשְׁנָה כְּמוֹ בַּבָּרַיְיתָא. וְתֵימַהּ הוּא שֶׁפָּסַק כְּמוֹ מַתְנֵי' דְּמַס' מַכְשִׁירִין כֵּיוָן דְּרַב שֵׁשֶׁת לֹא סָבַר כְּווָתֵהּ דְּהָא אִיהוּ סָבַר כְּר' יַעֲקֹב. מִיהוּ מַצִּיעַ לְמֵימַר דְּלָא אִצְטְרִיךְ לְמֵימַר הוּא דְּאָמַר כַּר' יַעֲקֹב אֶלָּא לְלִישָּׁנָא בָּתְרָא. אֲבָל לְלִישָּׁנָא קַמָּא דְּלָא אָסַר אֶלָּא בְּשֶׁל חֲמוֹר דְּמִינָא טָמֵא הוּא אֲבָל בְּשֶׁל סוּסִים שָׁרְיָא לֹא קָשֶׁה מִידִי. דִּדְבַשׁ דְּבוֹרִים לָא דָּמֵי לְמֵי רַגְלַיִם שֶׁל חֲמוֹר דַּעֲכִירִי וְדָמוּ לְחָלָב אֲבָל דְּבַשׁ דְּבוֹרִים אֵין מִתְמַצֶּה מִגּוּפוֹ. וה"ה דְּבַשׁ גִּיזִּין וְצִירָעִין. מִיהוּ לְפִי מַה שֶׁרָגִיל ר"ת לִפְסֹוק כְּאִיכָּא דְּאָמְרִי אֵין לְהַתִּיר מִשּׁוּם לִישָּׁנָא קַמָּא וּבְשֶׁל תּוֹרָה הַלֵּךְ אַחַר הַמַּחְמִיר. וְכֵן הִלְכְתָא דִּדְבַשׁ גִּיזִּין וְצִירָעִין אָסוּר: הָנֵי יָאלֵי דְּיַחְמוּרְתָּא סְבוּר רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַב סָפְרָא בֵּיעֵי נִינְהוּ וַאֲסוּרִין אֲמַר לְהוּ רַב סָפְרָא זַרְעָא דְּאַיָּלָא הוּא דְּאָזֵיל בָּתַר אַיָּלְתָּא וְאַייְּדֵי דְּרַחְמָהּ צַר לָא מִזְדַּקְקָא לֵיהּ וְאָזֵיל בָּתַר יַחְמוּרְתָּא וְנָתְרִי: אָמַר רַב הוּנָא עוֹר הַבָּא כְּנֶגֶד פָּנָיו שֶׁל חֲמוֹר מֻותָּר. מ"ט פִּירְשָׁא בְּעָלְמָא הוּא. א"לְרַב חִסְדָּא תַּנְיָא דִּמְסַייַּע לָךְ עוֹר הַבָּא כְּנֶגֶד פָּנָיו שֶׁל אָדָם בֵּין הוּא חַי וְאִמּוֹ חַיָּה בֵּין הוּא מֵת וְאִמּוֹ מֵתָה טָהוֹר:
'Car ce qui sort de l'impur est impur.' On demanda à Rav Chechet : l'urine (mei raglayim) d'un âne, qu'en est-il ? — Et qu'on pose donc la question sur celle des chevaux et des chameaux ! — Sur celle des chevaux et des chameaux ils ne posent pas la question, car les gens n'en boivent pas ; ils la posent à propos de l'âne, dont les gens ont coutume de boire [l'urine] parce qu'elle est bénéfique contre la jaunisse. Rav Chechet leur dit : vous l'avez appris, 'ce qui sort de l'impur est impur', or ceux-ci aussi viennent de l'impur. On objecte : pour quelle raison a-t-on dit que le miel des abeilles est pur ? Parce qu'elles [le] font entrer dans leur corps et ne le sécrètent pas de leur corps. [Rav Chechet], c'est selon R. Yaakov qu'il a parlé, qui dit que le miel, le Miséricordieux l'a permis, comme il est enseigné : 'seulement ceci vous mangerez de tout insecte volant' (Lev 11:21) — celui-ci tu manges, mais tu ne manges pas un insecte volant impur. [Objection :] l'insecte volant impur est écrit explicitement ! Plutôt : un insecte volant impur, tu ne le manges pas, mais tu manges ce que l'insecte volant impur produit (machritz), et qu'est-ce ? Le miel des abeilles. On aurait pu [inclure] aussi le miel des guizin et des guêpes ; tu dis : non. Et qu'as-tu vu pour inclure le miel des abeilles et exclure le miel des guizin et des guepes ? J'inclus le miel des abeilles, qui n'a pas de nom accessoire (chem lavvai), et j'exclus le miel des guizin et des guêpes, qui a un nom accessoire. Selon qui va ce qui est enseigné : 'le miel des guizin et des guêpes est pur et permis à la consommation' ? Ce n'est pas selon R. Yaakov. Rabbenou Tam a tranché dans le Sefer ha-Yachar : non selon R. Yaakov, car la michna anonyme (setam) du traité Makhchirin n'est pas selon lui, comme nous avons appris là-bas (ch. 6, m. 4) : 'le miel de guêpe est pur et permis à la consommation'. Et si [la Guemara] ne l'invoque pas ici, c'est parce que le miel des guizin n'est pas énoncé dans une michna, mais dans une baraita. Et il est étonnant qu'il ait tranché selon la michna de Makhchirin, puisque Rav Chechet n'est pas de son avis, car lui pense comme R. Yaakov. Toutefois on peut dire qu'il n'était besoin de dire 'c'est selon R. Yaakov qu'il a parlé' que pour la seconde version ; mais pour la première version, qui n'interdit que [l'urine] de l'âne, parce qu'elle est d'une espèce impure, alors que celle des chevaux est permise, il n'y a aucune difficulté : car le miel des abeilles ne ressemble pas à l'urine d'âne, qui est trouble et semblable au lait, tandis que le miel des abeilles n'est pas pressé de son corps — et de même le miel des guizin et des guêpes. Toutefois, selon la coutume de Rabbenou Tam de trancher comme la version 'certains disent' (ikka de-amri), il n'y a pas lieu de permettre en s'appuyant sur la première version ; et dans une [affaire] de Tora, on suit le plus rigoureux. Ainsi est la halakha : le miel des guizin et des guêpes est interdit. — Ces yaalei (morceaux) de la biche : les Sages devant Rav Safra pensaient que c'étaient des ovules (beitzim) et [donc] interdits. Rav Safra leur dit : c'est la semence du cerf (aila), qui poursuit la biche (ailta), mais comme sa matrice est étroite elle ne s'accouple pas à lui, et il poursuit la biche (yahmourta) et [la semence] tombe. — Rav Houna dit : la peau qui vient face à la face de l'âne est permise. Quelle en est la raison ? C'est une simple sécrétion (pircha). Rav Hisda lui dit : il est enseigné [une baraita] qui te soutient : la peau qui vient face à la face de l'homme, qu'il soit vivant et sa mère vivante, ou lui mort et sa mère morte, est pure.
💡 Explication

Rav Chechet tranche : la michna énonce déjà la réponse — 'ce qui sort de l'impur est impur' — et l'urine d'âne vient d'un animal impur. Elle est donc interdite.

4
מֵיתִיבִי: מִפְּנֵי מֶה אָמְרוּ דְּבַשׁ דְּבוֹרִים מֻותָּר? מִפְּנֵי שֶׁמַּכְנִיסוֹת אוֹתוֹ לְגוּפָן, וְאֵין מְמַצּוֹת אוֹתוֹ מִגּוּפָן.

On objecte : pour quelle raison a-t-on dit que le miel des abeilles est permis ? Parce qu'elles font entrer [le nectar] dans leur corps, mais ne le sécrètent pas de leur corps.

📜 Rachi (2)
שֶׁמַּכְנִיסוֹת אוֹתָן לְגוּפָן שֶׁאוֹכְלִין מִפִּרְחֵי הָאִילָן וּמֵהֶן נַעֲשָׂה הַדְּבַשׁ בְּמֵעֵיהֶן:
Parce qu'elles [le] font entrer dans leur corps — car elles mangent des fleurs de l'arbre, et de là se forme le miel dans leurs entrailles.
וְאֵין מְמַצִּים אוֹתוֹ דֻּובְשָׁנוֹ מִגּוּפוֹ וְקַשְׁיָא לְרַב שֵׁשֶׁת דְּהָא הָכָא כֵּיוָן דְּלָאו מִגּוּפַיְיהוּ מִימְּצוּ שָׁרִי: רַב שֵׁשֶׁת אָמַר כֹּל שֶׁהָיָה בְּתוֹךְ הַטָּמֵא דְּאָמַר כַּר' יַעֲקֹב בְּטַעֲמָא דִּדְבַשׁ לָאו מִשּׁוּם שֶׁמַּכְנִיסוֹת אוֹתָן לְגוּפָן הוּא אֶלָּא דְּרַחֲמָנָא שַׁרְיֵיהּ בְּהֶדְיָא וּגְזֵירַת הַכָּתוּב הִיא:
Et ne sécrètent pas — leur miel de leur corps ; et cela pose difficulté à Rav Chechet, car ici, puisque [le miel] n'est pas pressé de leur corps, il est permis. [Réponse :] Rav Chechet a dit 'tout ce qui était à l'intérieur de l'impur' [est interdit] en parlant selon R. Yaakov : la raison [de la permission] du miel n'est pas parce que les abeilles le font entrer dans leur corps, mais parce que le Miséricordieux l'a permis explicitement — c'est un décret de l'Écriture (gzerat ha-katouv).
💡 Explication

Objection contre Rav Chechet : le miel d'abeilles est permis parce que les abeilles font entrer le nectar sans le sécréter de leur corps ; l'urine d'âne non plus n'est pas produite par le corps de l'âne — elle devrait donc être permise.

5
הוּא דְּאָמַר כְּרַבִּי יַעֲקֹב, דְּאָמַר: דֻּובְשָׁא רַחֲמָנָא שַׁרְיָיה.

C'est selon R. Yaakov qu'il [Rav Chechet] a parlé, qui dit : le miel, le Miséricordieux l'a permis (dovcha rahmana chariyeh).

💡 Explication

Réponse : Rav Chechet parle selon R. Yaakov, pour qui le miel est permis non par un raisonnement (il n'est pas sécrété du corps), mais parce que la Tora l'a explicitement permis — une exception décrétée (dovcha rahmana chariyeh). Donc le raisonnement de la baraita ne vaut pas pour l'urine d'âne.

6
דְּתַנְיָא, רַבִּי יַעֲקֹב אוֹמֵר: ״אַךְ אֶת זֶה תֹּאכְלוּ מִכֹּל שֶׁרֶץ הָעוֹף״ — זֶה אַתָּה אוֹכֵל, וְאִי אַתָּה אוֹכֵל שֶׁרֶץ עוֹף טָמֵא.

Comme il est enseigné : R. Yaakov dit : 'seulement ceci vous mangerez de tout insecte volant' (Lev 11:21) — celui-ci tu manges, mais tu ne manges pas un insecte volant impur (cheretz of tamei).

💡 Explication

Source de R. Yaakov : le verset 'seulement ceci vous mangerez de tout insecte ail (cheretz ha-of)' (Lev 11:21) enseigne, par le mot 'ceci', ce qui est permis, et exclut à contrario l'insecte volant impur.

7
שֶׁרֶץ עוֹף טָמֵא בְּהֶדְיָא כְּתִיב! אֶלָּא שֶׁרֶץ עוֹף טָמֵא אִי אַתָּה אוֹכֵל, אֲבָל אַתָּה אוֹכֵל מַה שֶּׁעוֹף טָמֵא מַשְׁרִיץ, וְאֵיזֶה זֶה? זֶה דְּבַשׁ דְּבוֹרִים.

[Mais l'interdiction de manger] l'insecte volant impur est écrite explicitement ! Plutôt : un insecte volant impur, tu ne le manges pas, mais tu manges ce que l'insecte volant impur produit (machritz) — et qu'est-ce ?

C'est le miel des abeilles.

📜 Rachi (2)
שֶׁרֶץ הָעוֹף טָמֵא הַווָּלָד מַמָּשׁ בְּהֶדְיָא כְּתִיב בּוֹ (וַיִּקְרָא י״א:י״ג) אֶת אֵלֶּה תְּשַׁקְּצוּ מִן הָעוֹף:
L'insecte volant impur — la créature elle-même (le petit) : c'est écrit explicitement à son sujet (Lev 11:13) 'ceux-ci vous aurez en horreur parmi les oiseaux'.
אֶלָּא שֶׁרֶץ עוֹף טָמֵא שֶׁאַתָּה אֵין אוֹכֵל דִּלְהָכִי דַּייְקָא וְאִי אַתָּה דְּתֶיהְדַּר וְתֵידוּק מִינֵּיהּ אֲבָל אַתָּה אוֹכֵל מַה שֶּׁעוֹף טָמֵא מַשְׁרִיץ שֶׁאֵינוֹ וָלָד דֻּוגְמָתוֹ כְּגוֹן דְּבַשׁ. ל"א אֶלָּא שֶׁרֶץ עוֹף טָמֵא אִי אַתָּה אוֹכֵל וּמֵאִידָךְ קְרָא נָסֵיב לָהּ מִכָּל שֶׁרֶץ הָעוֹף וְגוֹ':
Plutôt : un insecte volant impur, tu ne manges pas — c'est pour cela que [l'Écriture] est précise et [dit] 'et tu ne [manges pas]', pour que tu reviennes et déduises : mais tu manges ce que l'insecte volant impur produit et qui n'est pas un petit à son image, comme le miel. Autre version : plutôt 'un insecte volant impur tu ne manges pas', et il tire cela de l'autre verset 'de tout insecte volant [ail]', etc.
💡 Explication

Objection : l'interdit de l'insecte volant impur est déjà écrit ailleurs (Lev 11:20). Le verset doit donc enseigner autre chose : tu ne manges pas l'insecte impur lui-même, mais tu manges ce qu'il produit (machritz) sans que ce soit son croît — à savoir le miel des abeilles.

8
יָכוֹל אַף דְּבַשׁ הַגַּזִּין וְהַצִּירְעִין? אָמַרְתָּ: לֹא. וּמֶה רָאִיתָ לְרַבּוֹת דְּבוֹרִים, וּלְהוֹצִיא הַגַּזִּין וְהַצִּירְעִין? מְרַבֶּה אֲנִי דְּבַשׁ דְּבוֹרִים שֶׁאֵין לוֹ שֵׁם לְוַוי, וּמוֹצִיא אֲנִי דְּבַשׁ הַגַּזִּין וְהַצִּירְעִין שֶׁיֵּשׁ לוֹ שֵׁם לְוַוי.

On aurait pu [inclure] aussi le miel des guizin et des guêpes (guezin ve-tsiraïn) ? Tu dis : non.

Et qu'as-tu vu pour inclure [le miel] des abeilles et exclure [celui] des guizin et des guêpes ? J'inclus le miel des abeilles, qui n'a pas de nom accessoire (chem lavvai), et j'exclus le miel des guizin et des guêpes, qui a un nom accessoire.

📜 Rachi (2)
הַגַּזִּין וְהַצִּירְעִין מִין אַרְבֶּה:
Les guizin et les guêpes — une espèce de sauterelle.
דְּבַשׁ דְּבוֹרִים דְּבַשׁ סְתָמָא (הָווּ) קָרוּ לֵיהּ. דְּבַשׁ הַגַּזִּין הָכִי הוּא דְּמִיקְּרוּ:
Le miel des abeilles — on l'appelle 'miel' sans qualificatif ; le miel des guizin, on l'appelle ainsi [avec un nom accessoire].
🗂️ Tossefot (1)
הַגַּזִּין וּצְרָעִין גָּרְסִינַן וְלָא גָּרְסִינַן חֲגָבִים שֶׁזֶּה עוֹף כְּמוֹ גָּזִּי דְּכַלְּתָא דְּנִדָּה (דַּף יז.) לְפִי' ר"ת:
'Les guizin et les guêpes' — on lit ainsi, et on ne lit pas 'sauterelles (hagavim)', car celle-ci est un [insecte] volant, comme 'gouzei di-khalta' de [Nidda] (17a), selon l'explication de Rabbenou Tam.
💡 Explication

Distinction : le miel des abeilles se dit simplement 'miel' (davach), sans nom accessoire (chem lavvai) ; le miel des guizin et des guêpes (tsiraïn, espèces de sauterelles/hyménoptères) exige toujours un qualificatif. Seul le premier est visé par la permission.

9
כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּתַנְיָא: דְּבַשׁ הַגַּזִּין וְהַצִּירְעִין טָהוֹר וּמֻותָּר בַּאֲכִילָה? דְּלָא כְּרַבִּי יַעֲקֹב.

Selon qui va ce qui est enseigné : 'le miel des guizin et des guêpes est pur et permis à la consommation' ? Ce n'est pas selon R.

Yaakov.

📜 Rachi (1)
טָהוֹר מִלְּקַבֵּל טֻומְאַת אוֹכְלִין דִּסְתָמֵיהּ לָאו לַאֲכִילָה עַד שֶׁיֵּחָשֵׁב עָלָיו:
Pur — [au sens où il ne peut] recevoir l'impureté des aliments (toumat okhelin), car normalement il n'est pas [destiné] à la consommation tant qu'on n'y a pas pensé (ma'hchava).
💡 Explication

Cette baraita — 'le miel des guizin et des guêpes est pur et permis' — contredit R. Yaakov (qui, lui, l'interdit). Elle n'est donc pas selon R. Yaakov.

10
טָהוֹר — אַלְמָא בָּעֵי מַחְשָׁבָה. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: דְּבַשׁ בְּכַוַּורְתּוֹ מְטַמֵּא טֻומְאַת אֳוכָלִין שֶׁלֹּא בְּמַחְשָׁבָה.

[Il dit] 'pur' — donc [ce miel] requiert une intention (ma'hchava, pour recevoir l'impureté). Cela aussi est enseigné ainsi : le miel [d'abeilles] dans sa ruche reçoit l'impureté des aliments sans [besoin d']intention.

📜 Rachi (2)
טָהוֹר אַלְמָא בָּעֵי מַחְשָׁבָה בְּנִיחוּתָא:
'Pur' — donc il requiert une intention : [à lire] avec assentiment (bi-nihouta, ce n'est pas une question mais une affirmation).
דְּבַשׁ בְּכַוַּורְתּוֹ וְאַכַּתִּי לָא חֲשִׁיב עָלֶיהָ שֶׁהֲרֵי הוּא בְּכַוַּורְתּוֹ. וּבִדְבַשׁ דְּבוֹרִים מַיְירֵי דְּאֵין כַּווֶּרֶת אֶלָּא לִדְבוֹרִים:
Le miel dans sa ruche — et il n'a pas encore été pensé [comme aliment], puisqu'il est [encore] dans sa ruche ; et il s'agit du miel des abeilles, car il n'y a de ruche que pour les abeilles.
💡 Explication

De 'pur' on infère que le miel des guizin et des guêpes exige une intention (ma'hchava, penser à le consommer) pour devenir susceptible d'impureté. À l'opposé, le miel d'abeilles dans sa ruche reçoit l'impureté sans intention, car il sert habituellement d'aliment.

11
חֹלִי דְּיַחְמוּרְתָּא, סָבוּר רַבָּנָן לְמֵימַר: בֵּיעֵי נִינְהוּ וַאֲסִירָן. אָמַר רַב סָפְרָא: זַרְעָא דְּאִילָא הוּא, דְּאָזֵיל בָּתַר אַיַּלְתָּא, וְאַייְּדֵי דְּרַחְמָהּ צַר לָא מִזְדַּקְקָא, וְאָזֵיל בָּתַר יַחְמוּרְתָּא וְנָתְרִי.

Les morceaux (halei) de la biche (yahmourta) : les Sages pensaient dire que c'étaient des ovules (beitzim) et [donc] interdits. Rav Safra dit : c'est la semence du cerf (aila), qui poursuit la biche (ailta), mais comme sa matrice est étroite elle ne s'accouple pas [à lui], et il poursuit la biche (yahmourta) et [la semence] tombe [en morceaux durcis].

📜 Rachi (4)
חֹלִי דְּיַחְמוּרְתָּא כְּעֵין בֵּיצֵי זָכָר שֶׁהַיְּחֻמּוֹרוֹ' מוֹצִיאוֹת מֵרַחְמָן:
Les morceaux de la biche — comme des ovules de mâle que les biches expulsent de leur matrice.
וַאֲסוּרִין מִשּׁוּם אֵבֶר מִן הַחַי שֶׁנֶּעֶקְרוּ מִן הַזָּכָר בָּרֶחֶם:
Et interdits — à cause de [l'interdit] du membre arraché du vivant (ever min ha-hai), [ces ovules] ayant été arrachés du mâle dans la matrice.
דְּאָזֵיל בָּתַר אַיָּילְתָּא לְהִיזָּקֵק לָהּ:
Qui poursuit la biche [de son espèce] — pour s'accoupler à elle.
וְנָתְרִי שׁוֹפֵךְ זֶרַע הַרְבֵּה וְנִקְרָשׁ:
Et [cela] tombe — il épanche une abondante semence, qui se coagule.
💡 Explication

Autres sécrétions : des morceaux (halei) trouvés dans la biche ; on les croit des ovules (donc interdits comme membre arraché du vivant). Rav Safra explique : c'est la semence du cerf durcie — la matrice de la femelle de son espèce étant étroite, il s'accouple à la biche et sa semence tombe en morceaux. Permis.

12
אָמַר רַב הוּנָא: עוֹר הַבָּא כְּנֶגֶד פָּנָיו שֶׁל חֲמוֹר — מֻותָּר, מַאי טַעְמָא? פִּירְשָׁא בְּעָלְמָא הוּא.

Rav Houna dit : la peau qui vient face à la face de l'âne (or ha-ba ke-neged panav chel hamor) — est permise. Quelle en est la raison ?

C'est une simple sécrétion (pircha).

📜 Rachi (1)
עוֹר הַבָּא כְּנֶגֶד פְּנֵי חֲמוֹר כְּעֵין שָׁלְיָא שֶׁהַחֲמוֹר נוֹלַד בּוֹ:
La peau qui vient face à la face de l'âne — comme une sorte de poche foetale (chelya) dans laquelle l'âne naît.
🗂️ Tossefot (1)
עוֹר הַבָּא נֶגֶד פָּנָיו שֶׁל חֲמוֹר פִּי' כְּדִלְעֵיל:
'La peau qui vient face à la face de l'âne' — explication comme ci-dessus.
💡 Explication

Rav Houna : la peau (poche foetale, chelya) qui enveloppe l'âne nouveau-né est permise à la consommation, car ce n'est pas une partie de la mère ni du petit — une simple sécrétion (pircha be-alma).

13
אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא: תַּנְיָא דִּמְסַיֵּעַ לָךְ: עוֹר הַבָּא כְּנֶגֶד פָּנָיו שֶׁל אָדָם, בֵּין חַי בֵּין מֵת — טָהוֹר. מַאי לָאו בֵּין הוּא חַי וְאִמּוֹ חַיָּה, בֵּין הוּא מֵת וְאִמּוֹ מֵתָה?

Rav Hisda lui dit : il est enseigné [une baraita] qui te soutient : la peau qui vient face à la face de l'homme (nouveau-né), qu'il soit vivant ou mort — est pure. N'est-ce pas [le cas] : qu'il soit vivant et sa mère vivante, ou qu'il soit mort et sa mère morte ?

📜 Rachi (2)
טָהוֹר מִלְּטַמֵּא בְּמַגָּע וּבְמַשָּׂא:
Pure — [au sens où elle ne] transmet pas l'impureté par contact (magga) ni par portage (massa).
מַאי לַָאו אֲפִילּוּ הַוָּלָד וְהָאֵם מֵתִים אַפֵּ"ה הָעוֹר אֵין מְטַמֵּא אַלְמָא דְּאָמַר שַׁלְיָא לֹא מִן הַוָּלָד וְלֹא מִן הָאֵם אֶלָּא פִּירְשָׁא בְּעָלְמָא הִיא:
N'est-ce pas — [que] même si le petit et la mère sont morts, la peau ne transmet pas l'impureté ? Preuve qu'on dit que la poche foetale n'est ni du petit ni de la mère, mais une simple sécrétion (pircha be-alma).
🗂️ Tossefot (1)
מַאי לָאו בֵּין הוּא וְאִמּוֹ מֵתָה פִּי אַלְמָא לָא הָוֵי הָעוֹר לֹא מִן הַוָּלָד וְלֹא מִן הָאֵם אֶלָּא הַזֶּרַע שֶׁנִּתְקַדֵּשׁ:
'N'est-ce pas : qu'il soit [mort] et sa mère morte' — explication : preuve que la peau n'est ni du petit ni de la mère, mais [provient] de la semence qui a été formée (nitkadech).
💡 Explication

Rav Hisda étaie Rav Houna : une baraita dit que la peau enveloppant le nouveau-né humain ne transmet pas l'impureté du cadavre, qu'il soit vif ou mort. Même lorsque les deux sont morts, elle reste pure — preuve que ce n'est qu'une sécrétion, ni du petit ni de la mère.

14
לֹא, בֵּין הוּא חַי וְאִמּוֹ מֵתָה, בֵּין הוּא מֵת וְאִמּוֹ חַיָּה. וְהַתַּנְיָא: בֵּין הוּא חַי וְאִמּוֹ חַיָּה, בֵּין הוּא מֵת וְאִמּוֹ מֵתָה! אִי תַּנְיָא, תַּנְיָא.

Non : [cela veut dire] qu'il soit vivant et sa mère morte, ou qu'il soit mort et sa mère vivante. — Mais il est enseigné : qu'il soit vivant et sa mère vivante, ou qu'il soit mort et sa mère morte ! — Si c'est enseigné [ainsi], c'est enseigné (je ne le conteste pas).

📜 Rachi (1)
ה"ג לָא בֵּין הוּא חַי וְאִמּוֹ חַיָּה בֵּין הוּא מֵת וְאִמּוֹ חַיָּה שֶׁמִּגּוּף הָאֵם הוּא וַהֲרֵי הִיא חַיָּה אֲבָל לְגַבֵּי אֲכִילָה כִּי שָׁדֵית לֵיהּ בָּתַר אֵם נָמֵי אָסוּר:
On lit ainsi : 'Non, qu'il soit vivant et sa mère vivante, ou qu'il soit mort et sa mère vivante' — car [la peau] provient du corps de la mère, et celle-ci est vivante ; mais quant à la consommation, même si on la rattache à la mère, elle est [malgré tout] interdite [autrement].
🗂️ Tossefot (1)
לָא בֵּין הוּא חַי וְאִמּוֹ מֵתָה בֵּין הוּא מֵת וְאִמּוֹ חַיָּה שֶׁהָעוֹר בָּא בֵּין שְׁנֵיהֶם מִן הָאֵם וּמִן הַוָּלָד וּלְפִיכָךְ טָהוֹר עַד שֶׁיָּמוּתוּ שְׁנֵיהֶם וּבַקּוּנְטְרֵס פֵּירֵשׁ כָּךְ בֵּין הוּא וְאִמּוֹ חַיָּה בֵּין הוּא מֵת וְאִמּוֹ חַיָּה [אֲבָל] אִמּוֹ חַיָּה לְעוֹלָם בָּעֵינַן וּכְמוֹ שַׁפִּיר' נִרְאֶה דְּמִדִּנְקַט רַב חִסְדָּא בֵּין הוּא מֵת וְאִמּוֹ מֵתָה מַשְׁמַע דְּאֵין לוֹ סִיַּיעְתָּא אֶלָּא מֵהָא דִּמְטַהֲרִינַן בִּשְׁנֵיהֶם מֵתִים אֲבָל אִם הָאֶחָד חַי אֵין כָּאן סִיַּיעְתָּא:
'Non : qu'il soit vivant et sa mère morte, ou qu'il soit mort et sa mère vivante' — car la peau provient des deux, de la mère et du petit, et c'est pourquoi elle est pure [tant que] les deux [ne sont pas morts]. Le Commentaire (Rachi) a expliqué ainsi : 'qu'il soit [vivant] et sa mère vivante, ou lui mort et sa mère vivante' — [donc] il faut toujours que la mère soit vivante. Et selon ce qu'il a expliqué, il apparaît que, du fait que Rav Hisda emploie 'qu'il soit mort et sa mère morte', on comprend qu'il n'a de soutien que du fait qu'on déclare pure [la peau] quand les deux sont morts ; mais si l'un est vivant, il n'y a là aucun soutien.
💡 Explication

Rav Houna repousse la preuve : la baraita pourrait viser le cas où l'un des deux est vivant (peu importe lequel). Mais Rav Hisda cite une version explicite : 'les deux morts' — la peau reste pure. Rav Houna concède : 'si c'est enseigné, c'est enseigné' (je ne peux le contester).

15
מַתְנִי׳ דָּג טָמֵא שֶׁבָּלַע דָּג טָהוֹר, מֻותָּר בַּאֲכִילָה, וְטָהוֹר שֶׁבָּלַע דָּג טָמֵא, אָסוּר בַּאֲכִילָה, לְפִי שֶׁאֵינוֹ גִּידּוּלוֹ.

MICHNA. Un poisson impur qui a avalé un poisson pur — [ce dernier] est permis à la consommation ; et un [poisson] pur qui a avalé un poisson impur — [ce dernier] est interdit à la consommation, parce qu'il n'est pas son croît (gidoulo).

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' שֶׁבָּלַע מַשְׁמַע דְּיָדְעִי וַדַּאי שֶׁבָּלְעוּ:
Michna : 'qui a avalé' — cela implique qu'on sait avec certitude qu'il l'a avalé.
לְפִי שֶׁאֵינוֹ גִּידּוּלָיו אֶלָּא כְּשֶׁהוּא חַי בְּלָעוֹ אֲבָל גִּידּוּלָיו שָׁרִי שֶׁהַיּוֹצֵא מִן הַטָּהוֹר טָהוֹר:
Parce qu'il n'est pas son croît — mais il l'a avalé alors qu'il était vivant ; en revanche son croît (ce qu'il engendre) est permis, car 'ce qui sort du pur est pur'.
🗂️ Tossefot (1)
דָּג טָהוֹר שֶׁבָּלַע דָּג טָמֵא אָסוּר בַּאֲכִילָה תֵּימַהּ בְּמַסֶּכֶת אֹהָלוֹת (פי"א מ"ז) תְּנוּ כֶּלֶב שֶׁאָכַל בְּשַׂר הַמֵּת כַּמָּה תִּשְׁהֶה בְּמֵעָיו שְׁלֹשָׁה יָמִים מֵעֵת לְעֵת וּבָעוֹפוֹת וּבַדָּגִים כְּדֵי שֶׁתִּפֹּול לָאוּר וְתִשָּׂרֵף אַלְמָא חֲשִׁיב עִכּוּל וְהָכָא נָמֵי לִישְׁתְּרֵי וְלֹא מִסְתַּבֵּר לְחַלֵּק בֵּין בְּשַׂר הַמֵּת לִשְׁאָר דְּבָרִים דִּשְׁלֹשָׁה יָמִים דְּכֶלֶב מַשְׁמַע בְּכָל דָּבָר דְּמִדְּמַייְתֵי עֲלָהּ בְּמַסֶּכֶת שַׁבָּת פֶּרֶק הַשּׁוֹאֵל (דַּף קָנֶה:) יוֹדֵעַ הקב"ה בְּכֶלֶב שֶׁמְּזוֹנוֹתָיו מוּעָטוֹת לְפִיכָךְ מַשְׁהֶה אֲכִילָתוֹ בְּמֵעָיו שְׁלֹשָׁה יָמִים וְיֵשׁ לְחַלֵּק בֵּין אִיסּוּר לְטֻומְאָה וְיֵשׁ רוֹצִים לְהַתִּיר מִתּוֹךְ מִשְׁנָה זוֹ חִטָּה שֶׁנִּמְצֵאת בְּפֶסַח בִּמְעֵי תַּרְנְגֹולֶת וּלְפִי מַה שֶׁחִלַּקְתִּי בֵּין אִיסּוּר לְטֻומְאָה אֵין זֶה רְאָיָה עוֹד פֵּירֵשׁ ר"ת דְּשֶׁמָּא יֵשׁ לְהַחְמִיר כְּר' יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָה דְּבָעֵי מֵעֵת לְעֵת וְאִם בָּאנוּ לוֹמַר דְּאֵין חִילּוּק בֵּין אִיסּוּר לְטֻומְאָה צ"ל דִּשְׁמַעְתָּא אָתְיָא בְּלֹא שָׁהָה כְּדֵי עִיכּוּל וא"ת אִי לֹא שָׁהָה כְּדֵי עִיכּוּל הֵיכִי פָּרֵיךְ בגמ' כִּי חָזֵינָא דְּבָלַע נֵימָא הַאי אֵיעָכֵל וְהַאי אַשְּׁרוּצֵי אַשְׁרִיץ י"ל פַּעַם מְמַהֵר לְהִתְעַכֵּל קֹודֶם וְלָא הָוֵי כַּכֶּלֶב דִּלְעוֹלָם ג' יָמִים:
'Un poisson pur qui a avalé un poisson impur est interdit à la consommation' — c'est étonnant : au traité Ohalot (ch. 11, m. 7) on a appris [au sujet d']un chien qui a mangé la chair d'un mort, combien de temps [celle-ci] reste dans ses entrailles ? Trois jours pleins (me-et le-et) ; et pour les oiseaux et les poissons, le temps qu'[elle] tomberait dans le feu et brûlerait — preuve qu'[après ce délai] on la considère digérée ; et ici aussi qu'[le poisson impur] soit donc permis ! Et il ne paraît pas raisonnable de distinguer entre la chair d'un mort et les autres choses, car les 'trois jours' du chien s'entendent pour toute chose, comme le montre ce qu'on apporte à ce sujet au traité Chabbat, ch. 'ha-Choel' (155b) : le Saint béni soit-Il sait que la nourriture du chien est maigre, c'est pourquoi Il retarde de trois jours [la digestion de] sa nourriture dans ses entrailles. Et l'on peut distinguer entre l'interdit (issour) et l'impureté (toumea). Certains veulent [d'ailleurs] permettre, à partir de cette michna, un grain de blé trouvé à Pessa'h dans les entrailles d'une poule ; mais selon la distinction que j'ai faite entre interdit et impureté, ce n'est pas une preuve. Rabbenou Tam a en outre expliqué qu'il faut peut-être être rigoureux comme R. Yehouda ben Beteira, qui exige [le délai d']un jour plein. Et si l'on veut dire qu'il n'y a pas de distinction entre interdit et impureté, il faut dire que notre sougya vise le cas où [le poisson] n'a pas séjourné le temps de la digestion. Et si tu objectes : s'il n'a pas séjourné le temps de la digestion, comment la Guemara demande-t-elle 'quand nous voyons qu'il l'a avalé, disons [encore] : celui-ci a été digéré et celui-là a été engendré' ? — On peut répondre : parfois [la nourriture] se digère plus vite [qu'en trois jours], et ce n'est pas comme le chien, qui [prend] toujours trois jours.
⚖️ Rosh (2)
מַתְנִי' דָּג טָמֵא שֶׁבָּלַע דָּג טָהוֹר מֻותָּר בַּאֲכִילָה וְטָהוֹר שֶׁבָּלַע דָּג טָמֵא אָסוּר בַּאֲכִילָה לְפִי שֶׁאֵין גִּדּוּלָיו. וא"ת תִּקְשֶׁה לְרַב שֵׁשֶׁת דְּאָסַר מֵי רַגְלַיִם שֶׁל חֲמוֹר מִשּׁוּם דְּיוֹצְאִין מִן הַטָּמֵא וְהָכָא שָׁרֵינַן דָּג טָמֵא שֶׁבָּלַע דָּג טָהוֹר. וי"ל דְּמִפְּשָׁטָא דְּמַתְנִי' לָא קָשֶׁה מִידִי דְּמַתְנִי' לֹא יָצָא מִן הַטָּמֵא תְּנַן אֶלָּא נִמְצָא בְּתוֹכוֹ. וְאַפֵּי' יָצָא נָמֵי לָא דָּמֵי דְּדָג עָיֵיל דָּג נָפֵיק. אֲבָל מַיִם שֶׁהַבְּהֵמָה שׁוֹתָה לַחְלוּחִית הַגּוּף מִתְעָרֵב עִמָּהֶם. ובת"כ תַּנְיָא גַּבֵּי דָּגִים תֹּאכֵלוּ לְרַבּוֹת הַטָּהוֹר שֶׁבִּמְעֵי טָמֵא. יָכוֹל אַף הַטָּמֵא שֶׁבִּמְעֵי טָהוֹר. ת"ל אוֹתָם מֶה רָאִיתָ לוֹמַר בִּבְהֵמָה שֶׁבִּמְעֵי טָמֵא טָמֵא וְשֶׁבִּמְעֵי טָהוֹר טָהוֹר וּבְדָגִים אֵינוֹ כֵּן לְפִי שֶׁאֵין גִּדּוּלָן. וְאֵין מִשָּׁם רְאָיָה לֶאֱכֹול לֶאֱסֹור דָּג טָמֵא שֶׁבָּלַע דָּג טָהוֹר אִם יָצָא לַחוּץ מִדִּנְקַט שֶׁבִּמְעֵי טָמֵא. די"ל דְּלָאו דַּוְקָא אֶלָּא מִשּׁוּם טָמֵא שֶׁבִּמְעֵי טָהוֹר נַקְטֵיהּ. דְּהַהוּא שָׁרֵינַן בְּיָצָא לַחוּץ מִשּׁוּם עִיכּוּל וַחֲשִׁיב כְּעַפְרָא. וְטָהוֹר שֶׁבָּלַע דָּג טָמֵא אָסוּר בַּאֲכִילָה. תֵּימַהּ דִּבְמַס' אֹהָלוֹת פי"א מ"ז תְּנַן גַּבֵּי כֶּלֶב שֶׁאָכַל בְּשַׂר הַמֵּת וּמֵת כַּמָּה תִּשְׁהֶה בְּמֵעָיו. שְׁלֹשָׁה יָמִים מֵעֵת לְעֵת. וּבָעוֹפוֹת וּבַדָּגִים כְּדֵי שֶׁתִּפֹּול לָאוּר וְתִשָּׂרֵף. אַלְמָא חֲשִׁיב כִּמְעֻוכָּל וא"כ ה"נ תִּשְׁתְּרֵי. וְאֵין לְחַלֵּק בֵּין בָּשָׂר לִשְׁאָר דְּבָרִים. דָּג' יָמִים דְּכֶלֶב אַייְרֵי בְּכָל דָּבָר מִדְּמַיְיתֵי עֲלָהּ בְּמַסֶּכֶת שַׁבָּת בְּפֶרֶק מִי שֶׁהֶחְשִׁיךְ (שַׁבָּת דַּף קָנֶה:) יוֹדֵעַ הקב"ה שֶׁמְּזוֹנוֹתָיו שֶׁל כֶּלֶב מִעוּטִין לְפִיכָךְ מַשְׁהֶה אֲכִילָתוֹ בְּמֵעָיו ג' יָמִים. וְיֵשׁ לְחַלֵּק בֵּין אִיסּוּר לְטֻומְאָה. וְיֵשׁ שֶׁהָיוּ רוֹצִים לְהַתִּיר מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה חִטָּה שֶׁנִּמְצֵאת בִּמְעֵי תַּרְנְגֹולֶת בְּפֶסַח שֶׁנָּפַל לִקְדֵירָה. וּלְפִי מַה שֶׁחִלַּקְנוּ בֵּין אִיסּוּר לְטֻומְאָה אֵין רְאָיָה מִשָּׁם. וה"ר מֹשֶׁה זַ"ל מִפוֹנְטֵייזא הָיָה מְחַלֵּק בֵּין הֵיכָא שֶׁאָכַל וְלוֹעֵס בְּשִׁינָּיו וּבֵין הֵיכָא שֶׁבְּלָעוֹ שָׁלֵם כִּי הַךְ דְּמַתְנִיתִין דִּבְהָכִי לָא חֲשִׁיב עִיכּוּל וְכַיּוֹצֵא בָּזֶה מָצִינוּ בְּפֶרֶק ח' שְׁרָצִים הָאִי מָאן דְּבָלַע דִּיבּוּרָא מִיִּחְיָיא לָא חָיֵי וּמַאן דְּאָכִיל דִּיבּוּרָא מְפָרֵשׁ מַאי אָסוּתֵיהּ. כִּי דָּבָר הַנֶּאֱכָל וְנִלְעַס קָרוֹב לְעִיכּוּל קֹודֶם שֶׁיַּגִּיעַ לְתוֹךְ מֵיעָיו וּלְפִי זֶה אֵין רְאָיָה לְחִטָּה שֶׁנִּמְצֵאת שְׁלֵימָה בְּתַרְנְגֹולֶת בְּפֶסַח. ור"ת זַ"ל הָיָה אוֹמֵר דְּשֶׁמָּא יֵשׁ לְהַחְמִיר כְּר' יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא דְּבָעֵי שְׁהִיָּיה מֵעֵת לְעֵת בְּמַס' אֹהָלוֹת:
Michna : 'un poisson impur qui a avalé un poisson pur est permis à la consommation, et un [poisson] pur qui a avalé un poisson impur est interdit à la consommation, parce qu'il n'est pas son croît.' — Et si tu objectes : cela ferait difficulté à Rav Chechet, qui interdit l'urine d'âne parce qu'elle sort de l'impur, alors qu'ici on permet le poisson pur qu'un poisson impur a avalé ! On peut répondre : du sens simple de la michna il n'y a aucune difficulté, car la michna n'enseigne pas 'ce qui est sorti de l'impur', mais 'ce qui a été trouvé à l'intérieur'. Et même s'il en était sorti, ce n'est pas comparable, car [là] c'est du poisson qui entre et du poisson qui sort ; tandis que l'eau que boit la bête, l'humidité du corps s'y mélange. Et dans le Torat Kohanim il est enseigné à propos des poissons : 'vous mangerez' — pour inclure le [poisson] pur [trouvé] dans les entrailles d'un [poisson] impur ; on aurait pu [inclure] aussi l'impur dans les entrailles d'un pur — l'Écriture dit 'eux' (otam). Qu'as-tu vu de dire, pour la bête, que [ce qui est] dans les entrailles d'un impur est impur et [ce qui est] dans celles d'un pur est pur, mais que pour les poissons il n'en va pas ainsi ? Parce qu'il n'est pas leur croît. Et de là il n'y a pas de preuve pour interdire un poisson impur qu'un poisson pur a avalé une fois sorti, du fait que [le texte] emploie 'dans les entrailles de l'impur' : car on peut dire que ce n'est pas au sens strict, mais qu'il l'emploie à cause du [cas de l']impur dans les entrailles du pur — celui-là, on le permet [même] une fois sorti, à cause de la digestion, et il est considéré comme de la poussière.
גְּמ' דָּג טָמֵא שֶׁבָּלַע דָּג טָהוֹר מֻותָּר בַּאֲכִילָה טַעְמָא דחזיני' דְּבָלְעִי הָא לָא חָזֵינַן דְּבָלַע אָמְרִי' אַשְּׁרוּצֵי אַשְׁרִיץ. דְּתַנְיָא דָּג טָמֵא מַשְׁרִיץ דָּג טָהוֹר מֵטִיל בֵּיצִים. אִי הָכִי כִּי חֲזֵינֵיהּ דְּבָלַע נָמֵי אָמְרִינַן הַאֵיךְ קַמָּא אִיעַכּוּל לֵיהּ וְהַאי אַשְּׁרוּצֵי אַשְׁרִיץ. וְאַסִּיקְנָא אָמַר רַב אַשִּׁי אֵימוֹר רֹוב דָּגִים בְּמִינָן מַשְׁרִיצִין ואע"ג דְּלָא חָזֵינַן דְּבָלַע נָמֵי. וְהַאי דְּקָאָמַר שֶׁבָּלַע כֵּיוָן דְּרֹוב דָּגִים בְּמִינָן מַשְׁרִיצִין כְּמִי שֶׁבָּלַע בְּפָנֵינוּ דָּמֵי. וְכֵן הִלְכְתָא וּמִכָּאן מַתִּירִין הרנג"ש הַנִּמְצָאִין בִּמְעֵי דָּג גָּדוֹל הַנִּקְרָא בלונ"א אע"ג דְּלָא חָזֵינַן דְּבָלַע נָמֵי וְגַם אֵין יָדוּעַ אִם נִמְצְאוּ דֶּרֶךְ הָרֵיעִי אוֹ דֶּרֶךְ בֵּית הַבְּלִיעָה:
Guemara : 'un poisson impur qui a avalé un poisson pur est permis à la consommation.' La raison [de la permission] est que nous voyons qu'il l'a avalé ; mais si nous ne voyons pas qu'il l'a avalé, on dit : peut-être l'a-t-il engendré (achrotsei achritz). Comme il est enseigné : le poisson impur engendre des [vivants] (machritz), le poisson pur pond des œufs. Si c'est ainsi, même quand nous voyons qu'il l'a avalé, disons : ce premier [avalé] a été digéré, et celui-ci il l'a engendré ! On conclut : Rav Achi dit : dis que la plupart des poissons engendrent selon leur espèce, [donc] même si nous n'avons pas vu qu'il l'a avalé [c'est permis]. Et ce que [la michna] dit 'qui a avalé' — puisque la plupart des poissons engendrent selon leur espèce, c'est comme s'il avait avalé devant nous. Ainsi est la halakha. Et de là on permet les [petits poissons] qu'on appelle 'harengs' (herring) trouvés dans les entrailles d'un grand poisson nommé 'baleine', bien que nous n'ayons pas vu qu'il les a avalés, et bien qu'on ne sache pas s'ils ont été trouvés par la voie des selles ou par la voie du gosier.
💡 Explication

Nouvelle michna : le statut de l'aliment avalé suit sa propre espèce, non celle de l'hôte. Un poisson pur avalé par un impur reste permis ; un poisson impur avalé par un pur reste interdit — car il n'est pas le croît (gidoul) de l'hôte, il a simplement été avalé vivant.

🖼️ Schéma
Poisson pur trouvé dans un poisson impur : avalé ou engendré ? Poisson pur dans un poisson impur avalé (permis) ou engendré (interdit) ? Rav Chechet / Rav Papa trouvé par les selles ou dans le gosier => avalé Rav Nahman trouvé entier (forme achevée) => il a été avalé Rav Achi (halakha) la plupart des poissons engendrent selon leur espèce Règle biologique : poisson IMPUR engendre des vivants (machritz) ; poisson PUR pond des œufs. Exception : la chauve-souris pond mais allaite.
Poisson avalé : le statut suit l'espèce de l'avalé, pas de l'hôte.
16
גְּמָ׳ טַעְמָא דַּחֲזֵינֵיהּ דִּבְלַע, הָא לָא חֲזֵינֵיהּ דִּבְלַע — אָמְרִי: אַשְּׁרוּצֵי אַשְׁרִיץ.

GUEMARA. La raison [du permis], c'est qu'on l'a vu l'avaler ; mais si on ne l'a pas vu l'avaler — on dit : peut-être [le poisson impur] l'a-t-il engendré (achrotsei achritz).

📜 Rachi (1)
גְּמ' אַשְּׁרוּצֵי אַשְׁרִיץ דָּג טָהוֹר זֶה שֶׁנִּמְצָא בְּתוֹךְ הַטָּמֵא נִשְׁרַץ בְּגוּפוֹ וְעֻובָּרוֹ הוּא וְאָסוּר:
Guemara : 'il l'a engendré' — ce poisson pur trouvé à l'intérieur de l'impur a été engendré dans son corps : c'est son embryon, et il est interdit.
💡 Explication

La Guemara infère de 'qui a avalé' : le permis suppose qu'on ait vu l'ingestion. Si on n'a pas vu, on craint que le poisson pur trouvé à l'intérieur n'ait été engendré (achritz) par le poisson impur — et soit donc son croît, interdit.

17
מִנָּלַן? דְּתַנְיָא: דָּג טָמֵא מַשְׁרִיץ, דָּג טָהוֹר מֵטִיל בֵּיצִים. אִי הָכִי, כִּי חָזֵינָא דִּבְלַע אָמְרִינַן: הַאי אִיעַכְּלָא, וְהַאי אַשְּׁרוּצֵי אַשְׁרִיץ!

D'où [le dérivons-]nous ? Comme il est enseigné : le poisson impur engendre des [vivants] (machritz), le poisson pur pond des œufs.

Si c'est ainsi, [même] quand nous voyons qu'il l'a avalé, disons : celui-ci [l'avalé] a été digéré, et celui-là [le trouvé], il l'a engendré !

📜 Rachi (3)
דָּג טָמֵא מַשְׁרִיץ בְּגוּפוֹ עֻובָּרוֹ כִּשְׁאָר בְּהֵמָה וְחַיָּה:
Le poisson impur engendre — dans son corps [naît] son embryon, comme les autres bêtes et animaux.
דָּג טָהוֹר מֵטִיל בֵּיצִים וְיוֹשֵׁב עֲלֵיהֶן וּמְחַמְּמָן עַד שֶׁיּוֹצִיאֵם מִן הַקְּלִיפָּה כְּעוֹפוֹת:
Le poisson pur pond des œufs — et il se pose dessus et les réchauffe jusqu'à les faire sortir de la coquille, comme les oiseaux.
אִי הָכִי דְּדָג טָמֵא מַשְׁרִיץ הַאי דְּבָלַע אֵיעָכֵל וְהָוֵי רֵיעִי וְזֶה שֶׁנִּמְצָא בְּתוֹכוֹ אַשְּׁרוּצֵי אַשְׁרְיצֵיהּ וְעֻובָּרוֹ הוּא וְלִיתְּסַר:
Si c'est ainsi — [si] le poisson impur engendre, celui qu'il a avalé a été digéré et devenu excrément, et celui qui est trouvé à l'intérieur, il l'a engendré : c'est son embryon, [et il devrait] être interdit.
🪔 Ben Yehoyada (1)
דָּג טָהוֹר מֵטִיל בֵּיצִים. נִרְאֶה לִי בס"ד 'בֵּיצָה בֵּיצָה' [214] עוֹלֶה מִסְפַּר טָהַר [214] פֵּירוּשׁ אִם תִּרְאֵהוּ מֵטִיל בֵּיצָה בֵּיצָה תְּטַהֵר אוֹתוֹ כִּי הוּא דָּג טָהוֹר.
'Le poisson pur pond des œufs (beitzim).' Il me paraît, avec l'aide du Ciel : [le mot répété] 'beitza beitza' (œuf, œuf) [214] à la même valeur numérique que le mot 'tehar' (sois pur) [214] ; c'est-à-dire : si tu le vois pondre œuf par œuf, déclare-le pur, car c'est un poisson pur.
💡 Explication

Fondement : baraita — le poisson impur engendre des vivants (machritz), le poisson pur pond des œufs. Objection : alors, même quand on a vu l'ingestion, le poisson avalé a pu être digéré et celui qu'on trouve être l'embryon engendré — donc interdit !

18
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: כְּגוֹן שֶׁמְּצָאוֹ דֶּרֶךְ הָרֶיעִי. רַב פָּפָּא אָמַר: כְּגוֹן שֶׁמְּצָאוֹ דֶּרֶךְ בֵּית הַבְּלִיעָה. רַב נַחְמָן אָמַר: כְּגוֹן שֶׁמְּצָאוֹ שָׁלֵם.

Rav Chechet dit : par exemple lorsqu'on l'a trouvé par la voie des selles (derech ha-re'i). Rav Papa dit : par exemple lorsqu'on l'a trouvé par la voie du gosier (beit ha-beli'a).

Rav Nahman dit : par exemple lorsqu'on l'a trouvé entier (chalem).

📜 Rachi (2)
דֶּרֶךְ בֵּית הָרֵיעִי וְאִי עֻובָּרוֹ הוּא בְּבֵית הָרֶחֶם מִיבְּעֵי לֵיהּ לְאִישְׁתְּכוֹחֵי:
Par la voie des selles — [preuve qu'il a été avalé,] car s'il était son embryon, il aurait dû se trouver dans la matrice.
שֶׁמְּצָאוֹ שָׁלֵם שֶׁנִּגְמְרָה כָּל צוּרָתוֹ וְגָדוֹל הוּא וְאִי עֻובָּרוֹ לָא הָוֵי מִשְׁתַּהֵי בָּרֶחֶם כֻּולֵּי הַאי:
Trouvé entier — dont toute la forme est achevée, [donc] grand : si c'était son embryon, il n'aurait pas [autant] séjourné dans la matrice.
💡 Explication

Comment savoir qu'il a été avalé et non engendré ? Rav Chechet : quand on le trouve du côté des selles (ce n'est pas là que naissent les embryons). Rav Papa : dans le gosier. Rav Nahman : quand on le trouve entier, de forme achevée (un embryon n'aurait pas tant séjourné).

19
רַב אַשִּׁי אָמַר: רֹוב דָּגִים בְּמִינָן מַשְׁרִיצִין, וּכְמִי שֶׁבָּלַע לְפָנֵינוּ דָּמֵי.

Rav Achi dit : la plupart des poissons engendrent selon leur espèce (be-minan machritzin), et [le poisson pur trouvé dans l'impur] est comme s'il [l'impur] l'avait avalé devant nous.

📜 Rachi (1)
רַב אָשֵׁי אָמַר מַתְנֵי' לָאו כְּדַחֲזֵינֵיהּ דְּבָלַע אֶלָּא שֶׁנִּמְצָא בְּתוֹכוֹ וְהַאי דְּקָתָנֵי שֶׁבָּלַע כֵּיוָן דְּרֹוב דָּגִים בְּמִינָן מַשְׁרִיצִים וְזֶה הִשְׁרִיץ מִין אַחֵר כְּמוֹ שֶׁבָּלַע בְּפָנֵינוּ דָּמֵי:
Rav Achi dit — la michna [ne parle] pas d'un cas où on l'a vu l'avaler, mais [d'un cas] où il a été trouvé à l'intérieur ; et si elle enseigne 'qui a avalé', c'est parce que la plupart des poissons engendrent selon leur espèce, et [donc] celui-ci, qui a engendré une autre espèce [que la sienne], c'est comme s'il l'avait avalé devant nous.
🗂️ Tossefot (1)
רֹוב דָּגִים בְּמִינָם מַשְׁרִיצִים הִלְכְתָא כְּרַב אַשִּׁי דְּהוּא בָּתְרָאָה וְיֵשׁ לְהַתִּיר אוֹתָן דָּגִים שֶׁקּוֹרִין מרנ"ש הַנִּמְצָא תּוֹךְ דָּג בלינ"א ואע"ג דְּלָא חָזֵינַן דְּבָלַע וְאֵין לְהַקְשׁוֹת מִמַּתְנִי' דְּשָׁרְיָא דָּג טָמֵא שֶׁבָּלַע דָּג טָהוֹר לְרַב שֵׁשֶׁת דְּאָסַר מֵי רַגְלַיִם שֶׁל חֲמוֹר דְּאַפֵּי' לְלִישָּׁנָא בָּתְרָא דְּרַב שֵׁשֶׁת דְּאָסַר אַף שֶׁל סוּסִים וְגָמָל לָא דָּמֵי חֲדָא דְּמַתְנִי' לָא אַיְירֵי אֶלָּא נִמְצָא תּוֹכוֹ דָּג טָהוֹר וַאֲפִילּוּ יָצְאוּ הָכָא פְּשִׁיטָא דְּדָגִים עָיֵיל דָּגִים נָפֵיק אֲבָל מַיִם שֶׁהַבְּהֵמָה שׁוֹתָה לַחְלוּחִית הַגּוּף מִתְעָרֵב עִמָּהֶם ובת"כ תָּנֵי גַּבֵּי דָּגִים תֹּאכֵלוּ לְרַבּוֹת הַטָּהוֹר שֶׁבִּמְעֵי טָמֵא יָכוֹל אַף הַטָּמֵא שֶׁבִּמְעֵי טָהוֹר ת"ל אוֹתָם מֶה רָאִיתָ לוֹמַר בִּבְהֵמָה שֶׁבִּמְעֵי טָמֵא טָמֵא וְשֶׁבִּמְעֵי טָהוֹר טָהוֹר (מִטָּמֵא שֶׁבִּמְעֵי הַטָּהוֹר טָהוֹר) וּבְדָגִים אֵינוֹ כֵּן לְפִי שֶׁאֵין גִּדּוּלָיו וְאֵין רְאָיָה מִשָּׁם לֶאֱסֹור דָּג טָמֵא שֶׁבָּלַע דָּג טָהוֹר אַחַר שֶׁיָּצָא מִשּׁוּם דִּנְקַט שֶׁבִּמְעֵי הַטָּמֵא דְּלָאו דַּוְקָא אֶלָּא מִשּׁוּם טָמֵא שֶׁבִּמְעֵי טָהוֹר דְּדִילְמָא הַהִיא דְּשָׁרֵינַן בְּיָצָא לַחוּץ מִשּׁוּם דַּחֲשִׁיב עִיכּוּל:
'La plupart des poissons engendrent selon leur espèce' — la halakha est selon Rav Achi, qui est le dernier [des Amoraim], et il y a lieu de permettre ces poissons qu'on appelle 'meranch' (petits poissons), trouvés dans le poisson 'blina' (baleine), bien que nous n'ayons pas vu qu'il les a avalés. Et il ne faut pas objecter depuis notre michna, qui permet un poisson pur qu'un impur a avalé, contre Rav Chechet, qui interdit l'urine d'âne : car même selon la seconde version de Rav Chechet, qui interdit aussi [l'urine] des chevaux et des chameaux, ce n'est pas comparable ; d'une part parce que la michna ne parle que d'un [poisson] pur trouvé à l'intérieur, et même s'ils en sont sortis, ici c'est évident — du poisson entre et du poisson sort ; tandis que l'eau que boit la bête, l'humidité du corps s'y mélange. Et dans le Torat Kohanim il est enseigné à propos des poissons : 'vous mangerez' — pour inclure le pur [trouvé] dans les entrailles de l'impur ; on aurait pu [inclure] aussi l'impur dans les entrailles du pur — l'Écriture dit 'eux' (otam). Qu'as-tu vu de dire, pour la bête, que [ce qui est] dans les entrailles de l'impur est impur et [ce qui est] dans celles du pur est pur, mais que pour les poissons il n'en va pas ainsi ? Parce qu'il n'est pas leur croît. Et il n'y a pas de preuve de là pour interdire un poisson impur qu'un pur a avalé une fois sorti, du fait que [le texte] emploie 'dans les entrailles de l'impur' : car ce n'est pas au sens strict, mais à cause de [l'impur] dans les entrailles du pur, celui-là peut-être le permet-on une fois sorti parce qu'on le considère digéré.
💡 Explication

Rav Achi (halakha) : pas besoin d'avoir vu l'ingestion. Puisque la plupart des poissons engendrent selon leur propre espèce, un poisson pur trouvé dans un impur ne peut être son embryon — c'est comme s'il avait été avalé devant nous. Permis.

20
תָּנוּ רַבָּנַן: דָּג טָמֵא — מַשְׁרִיץ, דָּג טָהוֹר — מֵטִיל בֵּיצִים, כָּל הַמּוֹלִיד — מֵנִיק, וְכָל הַמַּטִּיל בֵּיצִים — מְלַקֵּט, חוּץ מֵעֲטַלֵּף שֶׁאַף עַל פִּי שֶׁמֵּטִיל בֵּיצִים — מֵנִיק.

Nos maîtres ont enseigné : le poisson impur engendre des [vivants], le poisson pur pond des œufs ; tout ce qui enfante (molid) allaite (menik), et tout ce qui pond des œufs picore (melaket, ramasse la nourriture pour ses petits) — sauf la chauve-souris (atallef) qui, bien qu'elle ponde des œufs, allaite.

📜 Rachi (3)
כָּל הַמּוֹלִיד שֶׁיִּוָּלֵד עֻובָּר מַמָּשׁ:
Tout ce qui enfante — qui met bas un embryon réel [vivant].
מֵנִיק שֶׁיֵּשׁ לוֹ דַּדִּים וְכָל הַמַּטִּיל בֵּיצִים אֵין לוֹ דַּדִּים וּמְלַקֵּט פֵּירוּרִים וּמְפַרְנֵס בָּנָיו:
Allaite — qui a des mamelles ; et tout ce qui pond des œufs n'a pas de mamelles : il ramasse des miettes et nourrit ses petits.
עֲטַלֵּף קלב"א שורי"ץ דּוֹמֶה לְעַכְבָּר וְיֵשׁ לוֹ כְּנָפַיִם:
La chauve-souris — [en langue vernaculaire] 'kalba chourits' ; elle ressemble à une souris et a des ailes.
🗂️ Tossefot (1)
דָּג טָמֵא מַשְׁרִיץ דָּג טָהוֹר מֵטִיל בֵּיצִים בע"ז פֶּרֶק אֵין מַעֲמִידִין (עֲבוֹדָה זָרָה דַּף מ.) מְפָרֵשׁ תַּרְוַייְהוּ מְטִילֵי בֵּיצִים נִינְהוּ זֶה מַשְׁרִיץ מִבַּחוּץ וְזֶה מַשְׁרִיץ מִבִּפְנִים:
'Le poisson impur engendre des [vivants], le poisson pur pond des œufs' — au traité Avoda Zara, ch. 'Ein maamidin' (40a), on explique que tous deux pondent des œufs : l'un [l'impur] les fait éclore au-dehors [de son corps... en fait] engendre au-dehors, et l'autre engendre au-dedans.
💡 Explication

Baraita complète : règle biologique — engendrer des vivants (machritz) va avec allaiter (menik) ; pondre des œufs va avec picorer (melaket, nourrir à la becquée). L'exception est la chauve-souris (atallef), qui pond des œufs mais allaite.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).