Berakhot 11b — Le texte des bénédictions du Chema, la bénédiction sur la Torah et la bénédiction unique du Temple

Berakhot 11b

Sougya : Le folio poursuit la sougya des bénédictions qui encadrent le Chema. Il commence par la formule de la première bénédiction du matin : pourquoi dire « qui crée l'obscurité » alors que l'on remplace « qui crée le mal » par « qui fait toutes choses » ?

Rava répond qu'il faut mentionner la mesure du jour dans la nuit et la mesure de la nuit dans le jour, et Abaye montre où cette mention se trouve le soir. Vient ensuite la seconde bénédiction, Ahava raba pour Chmouel, Ahavat olam pour les Sages.

Comme cette bénédiction contient un élément de bénédiction sur la Torah, la guemara passe à la birkat haTorah : quand faut-il la réciter, et sur quel type d'étude ? Rav Houna, Rabbi Elazar, Rabbi Yo'hanan et Rava construisent une échelle à quatre degrés, du mikra jusqu'au talmud, et le témoignage de Rav Hiya bar Achi sur la pratique de Rav tranche en faveur de Rava.

Trois formules sont alors proposées par Chmouel, Rabbi Yo'hanan et Rav Hamnouna, et la guemara conclut qu'on les dit toutes. Le folio se termine sur la michna de Tamid : le memounè faisait réciter aux cohanim « une seule bénédiction ».

Laquelle ? Chmouel répond Ahava raba, Rabbi Zerika rapporte Yotser or au nom de Reich Lakich, et Rav Yits'hak bar Yossef montre que ce dernier propos a été déduit par inférence et non énoncé explicitement.

Les quatre mouvements du folio 1. Yotser or Pourquoi dire bore hochekh ? Rava : mesure du jour dans la nuit 2. La 2e bénédiction Chmouel : Ahava raba Sages : Ahavat olam Usage : Ahava raba le matin, Ahavat olam le soir 3. Birkat haTorah Quand ? Ahava raba peut en dispenser Sur quoi ? mikra à talmud Quel texte ? trois formules 4. Le Temple Michna de Tamid : berkhou berakha ahat Laquelle ? Ahava raba ou Yotser or Le fil qui relie les quatre mouvements Ahava raba contient un élément de bénédiction sur la Torah : c'est ce détail qui fait basculer la sougya du texte des bénédictions vers la birkat haTorah, puis vers la michna de Tamid. À retenir Le folio ne discute jamais du nombre des bénédictions (règle par la michna de 11a) mais toujours de leur contenu : quels mots, sur quelle étude, dans quel ordre.
Plan du folio : du texte des bénédictions du Chema à la bénédiction unique du Temple.
Sur quelle étude faut-il réciter la bénédiction sur la Torah ? Degré d'étude Rav Houna R. Elazar R. Yo'hanan Rava Mikra le texte biblique oui oui oui oui Midrach Mekhilta, Sifra, Sifri non oui oui oui Michna la halakha énoncée seule non non oui oui Talmud les raisons, les résolutions non non non oui Preuve et halakha Rav Hiya bar Achi témoigne que Rav se lavait les mains et bénissait avant d'enseigner le Sifra : la pratique appuie Rava. Le Roch rapporte que Rav Haï tranche comme lui.
Les quatre degrés d'étude et les quatre avis sur la bénédiction sur la Torah.
La berakha ahat des cohanim : deux réponses et un statut de tradition Michna de Tamid Le memounè leur dit : récitez une seule bénédiction Réponse 1 : Ahava raba Chmouel, rapporté par Rav Yehouda R. Abba et R. Yossi bar Abba interrogés : réponse absente. Rav Matna : absente. Rav Yehouda la donne au nom de Chmouel. Réponse 2 : Yotser or R. Zerika au nom de R. Ami, au nom de Reich Lakich Rav Yits'hak bar Yossef : ce propos n'a pas été énoncé explicitement. D'où vient-il alors ? De l'inférence : Reich Lakich a dit que la michna enseigne que les bénédictions ne s'empêchent pas. Enjeu de la distinction Un énoncé explicite oblige ; un énoncé déduit peut être réexaminé, et la guemara va le faire.
La berakha ahat de la michna de Tamid : deux identifications, et le statut de la seconde.
1
״יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ״.

« Celui qui forme la lumière et crée l'obscurité ».

📜 Rachi (1)
יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ (עֹושֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא רָע) לְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ אִידָךְ מַאי הִיא דְּאִילּוּ בְּרָכָה דְּיִשְׁתַּבַּח אֵינָהּ מִן הַמִּנְיָן שֶׁהִיא לְאַחֲרֵי פְּסוּקֵי דְּזִמְרָה כְּמוֹ בִּרְכַּת הַלֵּל וְאוֹמְרִים אוֹתָהּ קֹודֶם זְמַן קְרִיאַת שְׁמַע אִם יִרְצוּ:
Plus loin la guemara explique quelle est l'autre bénédiction. Car la bénédiction de Yichtabah ne fait pas partie du compte : elle vient après les pessoukei de-zimra, comme la bénédiction du Hallel, et on peut la dire avant l'heure de la lecture du Chema si on le souhaite.
💡 Explication

Le folio précédent s'était interrompu sur la question quelle bénédiction récite-t-on ?, à propos de la première des deux bénédictions qui précèdent le Chema du matin. La réponse est ici : on ouvre par les mots mêmes du verset d'Isaie 45,7, « Celui qui forme la lumière et crée l'obscurité ».

Rachi profite de ce point pour écarter une confusion de compte : la bénédiction de Yichtabah n'entre pas dans les bénédictions du Chema, puisqu'elle clôture les pessoukei de-zimra et peut être dite avant l'heure du Chema.

2
לֵימָא: ״יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא נֹוגַהּ״!

Qu'on dise donc : « Celui qui forme la lumière et crée la clarté » !

💡 Explication

La guemara objecte sur le choix du mot. Mentionner l'obscurité dans une bénédiction du matin surprend ; il serait plus convenable de dire nogah, la clarté. La question porte sur le registre du texte liturgique, pas sur son contenu théologique.

3
כְּדִכְתִיב קָאָמְרִינַן.

Nous disons selon ce qui est écrit.

📜 Rachi (1)
כְּדִכְתִיב קָאָמְרִי' כְּתִיב בִּקְרָא יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ עֹושֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא רָע:
Il est écrit dans le verset : « Celui qui forme la lumière et crée l'obscurité, qui fait la paix et crée le mal ».
💡 Explication

Première réponse : la formule reprend le verset tel qu'il est écrit. On ne modifie pas les mots d'un verset que l'on transporte dans une bénédiction.

4
אֶלָּא מֵעַתָּה ״עֹשֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא רָע״, מִי קָא אָמְרִינַן כְּדִכְתִיב?! אֶלָּא כְּתִיב ״רַע״ וְקָרֵינַן ״הַכֹּל״ לִישָּׁנָא מְעַלְּיָא, הָכָא נָמֵי לֵימָא ״נֹוגַהּ״, לִישָּׁנָא מְעַלְּיָא!

S'il en est ainsi, « qui fait la paix et crée le mal » : le disons-nous selon ce qui est écrit ? Or il est écrit « le mal » et nous lisons « toutes choses », par euphémisme ; ici aussi, qu'on dise donc « la clarté », par euphémisme !

💡 Explication

La réponse tombe sur le même verset. La suite d'Isaie 45,7 porte « qui crée le mal », et pourtant la liturgie dit « qui fait toutes choses » : le principe kidkhtiv (selon ce qui est écrit) n'est donc pas applique jusqu'au bout. Puisqu'on s'est déjà permis un lichna maalya, un terme adouci, on devrait pouvoir en faire autant pour l'obscurité.

La réfutation est interne : elle ne conteste pas la règle, elle montre que la réponse précédente ne la respecte pas elle-même.

5
אֶלָּא אָמַר רָבָא: כְּדַי לְהַזְכִּיר מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה וּמִדַּת לַיְלָה בַּיּוֹם.

Rava dit plutôt : afin de mentionner la mesure du jour dans la nuit et la mesure de la nuit dans le jour.

🪔 Ben Yehoyada (1)
כְּדַי לְהַזְכִּיר מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה וּמִדַּת לַיְלָה בַּיּוֹם. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם דִּכְתִיב (בְּרֵאשִׁית ח, כב) יוֹם וָלַיְלָה לֹא יִשְׁבְּתוּ, כִּי הָאָרֶץ הִיא כְּמוֹ כַּדּוּר עוֹמֶדֶת, וְכַאֲשֶׁר יֵשׁ יוֹם בְּשֶׁטַח זֶה שֶׁאֲנַחְנוּ יוֹשְׁבִין בּוֹ, יֵשׁ לַיְלָה בַּשֶּׁטַח שֶׁכְּנֶגְדֵּינוּ מֵעֵבֶר הַשֵּׁנִי, וְלָכֵן כְּתִיב יוֹם וָלַיְלָה לֹא יִשְׁבְּתוּ, וּלְפִי זֶה מוּבָן שַׁפִּיר הַטַּעַם דְּמַזְכִּירִין מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה וּמִדַּת לַיְלָה בַּיּוֹם. אוֹ נִרְאֶה לִי בס"ד טַעַם בָּזֶה עַל דֶּרֶךְ הַמּוּסָר, כִּי הָאוֹר רוֹמֵז לְטוֹבָה וְהַחֹשֶׁךְ לְהֵיפֶךְ, לָכֵן מַזְכִּירִין מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה, לִרְמֹוז אִם עוֹמֵד אָדָם בְּיִסּוּרִין שֶׁנִּמְשָׁלִין לְחֹשֶׁךְ לַיְלָה אַל יִתְייָאֵשׁ מִן הָרַחֲמִים, אֶלָּא יְקַוֶּה לְמִדַּת יוֹם שֶׁהוּא הַטּוֹב, וְכֵן מִדַּת לַיְלָה בַּיּוֹם, אִם עוֹמֵד בַּטּוֹבָה שֶׁהוּא מִדַּת יוֹם, אַל יִתְגָּאֶה וְיִבְעֹוט, אֶלָּא יִזְכֹּור שֶׁיָּבֹא לוֹ מִדַּת לַיְלָה שֶׁהוּא חֹשֶׁךְ ב"מ.
« Afin de mentionner la mesure du jour dans la nuit et la mesure de la nuit dans le jour. » Il me semble avec l'aide du Ciel que la raison en est qu'il est écrit (Berechit 8,22) « jour et nuit ne cesseront pas » : la terre se tient comme une sphère, et lorsqu'il fait jour sur la surface où nous habitons, il fait nuit sur la surface opposée, de l'autre côté ; c'est pourquoi il est écrit « jour et nuit ne cesseront pas ». Selon cela, on comprend bien la raison pour laquelle on mentionne la mesure du jour dans la nuit et la mesure de la nuit dans le jour. Ou bien il me semble avec l'aide du Ciel une raison selon la voie du moussar : la lumière fait allusion au bien et l'obscurité au contraire. C'est pourquoi on mentionne la mesure du jour dans la nuit, pour faire allusion à ceci : si un homme se tient dans les souffrances, comparées à l'obscurité de la nuit, qu'il ne désespère pas de la miséricorde, mais qu'il espère la mesure du jour, qui est le bien. Et de même la mesure de la nuit dans le jour : s'il se tient dans le bien, qui est la mesure du jour, qu'il ne s'enorgueillisse pas et ne se rebelle pas, mais qu'il se souvienne que lui viendra la mesure de la nuit, qui est l'obscurité, que le Ciel nous en préserve.
💡 Explication

Rava change de terrain. La mention de l'obscurité le matin n'est pas un accident de citation : elle est voulue. Chaque bénédiction doit porter la mesure (midda) du moment opposé, de sorte que le jour et la nuit soient dits comme les deux faces d'un même ordre, œuvre d'un seul Créateur.

Le mot nogah ne conviendrait donc pas : il ne dirait pas la nuit.

🖼️ Schéma
Chaque bénédiction porte la mesure de l'autre moment Le matin yotser or : la mesure du jour le moment lui-même ou-vore hochekh la mesure de la nuit, mentionnée de jour Le soir maariv aravim : la mesure de la nuit le moment lui-même golel or mipnei hochekh la mesure du jour, mentionnée de nuit Rava : la formule ne cherche pas un mot agréable, elle relie les deux moments l'un à l'autre. Abaye précise où se trouve, le soir, la mention du jour.
Le croisement voulu par Rava : chaque bénédiction nomme aussi la mesure de l'autre moment.
6
בִּשְׁלָמָא מִדַּת לַיְלָה בַּיּוֹם כִּדְאָמְרִינַן: ״יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ״, אֶלָּא מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה, הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?

Soit pour la mesure de la nuit dans le jour, puisque nous disons « Celui qui forme la lumière et crée l'obscurité » ; mais la mesure du jour dans la nuit, où la trouve-t-on ?

🪔 Ben Yehoyada (1)
אֶלָּא מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? אָמַר אַבָּיֵי גּוֹלֵל אוֹר וְכוּ. כָּתַב פֶּתַח עֵינַיִם זַ"ל מַקְשִׁים דְּקָארֵי לָהּ, מַאי קָאָרֵי לָהּ, אַטּוּ לֹא הִתְפַּלֵּל עַרְבִית? וְהָרַב זַ"ל תֵּירֵץ בְּדֹוחַק, דְּהָעִיקָּר חָסֵר בְּדִבְרֵי אַבַּיֵּי, שֶׁצָּרִיךְ לוֹמַר לוֹ שֶׁגּוֹלֵל מַשְׁמָעוּתוֹ כְּמוֹ יוֹצֵר. וְנִרְאֶה לִי בס"ד, דְּאִיתָא בְּבֵיאוּר תַּלְמִידֵי רַבֵּינוּ יוֹנָה זַ"ל בִּסְבִיבוֹת הָרִי"ף זַ"ל, שׁוֹאֲלִין לָמָּה צָרִיךְ לוֹמַר מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה וְכוּ', וְהָיָה אוֹמֵר רַבִּי אֵלִיָּהוּ הַצָּרְפָתִי זַ"ל טַעַם הַדָּבָר, דְּאָמְרִינַן בַּגְּמָרָא הַהוּא מִינָאָה אָמַר לר"ג מִי שֶׁבָּרָא אוֹר לֹא בָּרָא חֹשֶׁךְ, וּמִי שֶׁבָּרָא חֹשֶׁךְ לֹא בָּרָא אוֹר, שֶׁנֶּאֱמַר (יְשַׁעְיָה מה, ז') יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ, כְּלוֹמַר דְּלָא אָמַר יוֹצֵר אוֹר וְחֹשֶׁךְ, אָמַר לוֹ שׁוֹטֶה, שְׁפֵיל לְסֵיפֵיהּ דִּקְרָא, ה' צְבָאוֹת שְׁמוֹ, שֶׁהוּא לְבַדּוֹ בָּרָא הַכֹּל, וְעַל כֵּן אֲנַחְנוּ אוֹמְרִים מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה וּמִדַּת לַיְלָה בַּיּוֹם, לְהוֹדִיעַ שֶׁבּוֹרֵא אֶחָד בָּרָא הַכֹּל עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ, וּבִדְפוּס יֵשׁ טָעוּת לָשׁוֹן, וַאֲנִי כְּתַבְתִּיו כְּפִי מַה שֶׁכָּתְבוּ בְּתוֹסָפוֹת רַבֵּינוּ יְהוּדָא חָסִיד הַנִּדְפָּס מֵחָדָשׁ שֶׁהֵבִיא לְשׁוֹן רַבִּי אֵלִיָּהוּ הַצָּרְפָתִי זַ"ל מְתֻוקָּן כְּמוֹ שֶׁכָּתַבְתִּי. נִמְצָא לְפִי זֶה אָנוּ מַזְכִּירִין מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה וּמִדַּת לַיְלָה בַּיּוֹם, לְאַפּוֹקֵי מִדַּת הַמִּין הָרָשָׁע הַנִּזְכָּר. וְהִנֵּה כָּאן בְּעַרְבִית אוֹמְרִים בּוֹרֵא יוֹמָם וָלַיְלָה, גּוֹלֵל אוֹר מִפְּנֵי חֹשֶׁךְ וְחֹשֶׁךְ מִפְּנֵי אוֹר, וְהַשּׁוֹאֵל בַּשַּׁ"ס רָצָה לָדַעַת, מַה שֶׁצָּרִיךְ לְהַזְכִּיר מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה הוּא עַל סְמַךְ מ"ש בּוֹרֵא יוֹם וָלַיְלָה, אוֹ עַל סְמַךְ מ"ש גּוֹלֵל אוֹר מִפְּנֵי חֹשֶׁךְ וְחֹשֶׁךְ מִפְּנֵי אוֹר, וְלָזֶה אָמַר מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ בְּעַרְבִית, כְּלוֹמַר בְּאֵיזֶה דְּבָרִים הִיא רְמוּזָה, וְתֵירֵץ לָהּ אַבַּיֵּי רְמוּזָה בִּדְבָרִים אֵלּוּ, שֶׁל גּוֹלֵל אוֹר מִפְּנֵי חֹשֶׁךְ וְחֹשֶׁךְ מִפְּנֵי אוֹר, וְטַעְמוֹ שֶׁל אַבַּיֵּי הוּא, מִפְּנֵי שֶׁהַטַּעַם שֶׁצָּרִיךְ לְהַזְכִּיר מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה וְכוּ', כְּדֵי שֶׁלֹּא יִטְעֶה אָדָם לַחְשֹׁוב כְּאוֹתוֹ הַמִּין, דְּכָל הֵיכָא דְּאָמַר הַכָּתוּב יוֹצֵר בַּחֲדָא מִינָא, וּבוֹרֵא בְּחַד מִינָא, מַשְׁמַע שְׁתֵּי רָשֻׁיּוֹת, לְכָךְ מַזְכִּירִין אוֹר וְחֹשֶׁךְ בְּשַׁחֲרִית, וְאוֹר וְחֹשֶׁךְ בְּעַרְבִית, לְהוֹרוֹת דְּאֵל אֶחָד בְּרָאָם, וע"כ בְּעִיבּוּר זֹאת לֹא תַּסְפִּיק הַזְכָּרַת יוֹם וָלַיְלָה, אֶלָּא צָרִיךְ לְהַזְכִּיר אוֹר וְחֹשֶׁךְ, כְּמוֹ לִישָּׁנָא דִּקְרָא, דְּבָא לְמֵידַק שֶׁהַמִּין דִּיבֵּר שֶׁקֶר, וְלָכֵן מֻוכְרָח לוֹמַר דְּסָמְכוּ בְּהַזְכָּרַת מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה, עַל דְּבָרִים שֶׁל גּוֹלֵל אוֹר מִפְּנֵי חֹשֶׁךְ, וְחֹשֶׁךְ מִפְּנֵי אוֹר, וְלֹא עַל מ"ש בּוֹרֵא יוֹמָם וָלַיְלָה. וּבָזֶה שֶׁכָּתַבְתִּי יְתֹורַץ עוֹד קֻושְׁיָא אַחֶרֶת, לָמָּה אַבַּיֵּי נָקֵיט גּוֹלֵל אוֹר מִפְּנֵי חֹשֶׁךְ, וְלָא נָקֵיט מִתְּחִלַּת הַדְּבָרִים, בּוֹרֵא יוֹמָם וָלַיְלָה, וּבָזֶה שֶׁכָּתַבְתִּי יְתֹורַץ זֶה הֵיטֵב עַל פִּי טַעְמוֹ שֶׁל רַבֵּינוּ אֵלִיָּהוּ הַצָּרְפָתִי זַ"ל הַנִּזְכָּר, וְרָאִיתִי בְּשִׁיטַת רַבֵּינוּ בְּצַלְאֵל שֶׁנִּדְפַּס מֵחָדָשׁ, שֶׁכָּתַב עַל דִּבְרֵי אַבַּיֵּי, אֶפְשָׁר בְּזֶה הַלָּשׁוֹן הָיוּ מַתְחִילִים, דְּאִלּוּ הָיוּ אוֹמְרִים כְּמוֹתֵינוּ, הָיָה לוֹ לוֹמַר בּוֹרֵא יוֹמָם וָלַיְלָה שֶׁהוּא קֹודֶם, אִי נָמֵי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא הָיָה בְּנֻסְּחָה דִּידְהוּ בּוֹרֵא יוֹמָם וָלַיְלָה עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ, וּלְפִי מ"ש בס"ד אֵין אָנוּ צְרִיכִין לְדֻוחְקִין אֵלּוּ, דִּלְעוֹלָם נֻסְּחָתָם כְּנֻסְּחָתֵינוּ, וְאִיכָּא טַעְמָא רָבָא מַה דְּנָקֵיט אַבַּיֵּי גּוֹלֵל אוֹר ודו"ק.
« Mais la mesure du jour dans la nuit, où la trouve-t-on ? Abaye dit : Il fait rouler la lumière, etc. » Le Petah Enayim, de mémoire bénie, écrit que l'on soulève ici la difficulté du « celui qui pose la question, comment peut-il la poser ? » : n'a-t-il donc jamais récité la prière du soir ? Le Rav, de mémoire bénie, a répondu de façon forcée que l'essentiel manque dans les paroles d'Abaye, car il faudrait dire que « golel », il fait rouler, a le même sens que « yotser », il forme. Et il me semble avec l'aide du Ciel : on trouve dans le commentaire des disciples de Rabbenou Yona, de mémoire bénie, imprimé autour du Rif, de mémoire bénie, que l'on demande pourquoi il faut mentionner la mesure du jour dans la nuit, etc. Rabbi Eliyahou le Français, de mémoire bénie, en donnait la raison suivante : nous disons dans la guemara qu'un certain min dit à Rabban Gamliel que celui qui a créé la lumière n'a pas créé l'obscurité, et que celui qui a créé l'obscurité n'a pas créé la lumière, puisqu'il est dit (Yechayahou 45,7) « Celui qui forme la lumière et crée l'obscurité », c'est-à-dire qu'il n'est pas dit « Celui qui forme la lumière et l'obscurité ». Il lui répondit : insensé, descends jusqu'à la fin du verset, « ה' Tsevaot est Son nom » : c'est Lui seul qui a tout créé. C'est pourquoi nous disons la mesure du jour dans la nuit et la mesure de la nuit dans le jour, pour faire savoir qu'un seul Créateur a tout créé. Fin de citation. L'édition imprimée comporte une erreur de texte, et je l'ai écrite conformément à ce qui figure dans les Tossefot de Rabbenou Yehouda hé-Hassid, récemment imprimées, qui rapportent le propos de Rabbi Eliyahou le Français, de mémoire bénie, sous une forme correcte, telle que je l'ai écrite. Il ressort de là que nous mentionnons la mesure du jour dans la nuit et la mesure de la nuit dans le jour pour écarter la position de ce min impie. Or ici, le soir, nous disons « Celui qui crée le jour et la nuit, qui fait rouler la lumière devant l'obscurité et l'obscurité devant la lumière ». Celui qui pose la question dans le Talmud voulait savoir si l'obligation de mentionner la mesure du jour dans la nuit repose sur les mots « Celui qui crée le jour et la nuit », ou sur les mots « qui fait rouler la lumière devant l'obscurité et l'obscurité devant la lumière ». C'est pourquoi il a dit : la mesure du jour dans la nuit, où la trouve-t-on le soir, c'est-à-dire dans quels mots y est-elle contenue. Abaye lui a répondu qu'elle est contenue dans ces mots-là, « qui fait rouler la lumière devant l'obscurité et l'obscurité devant la lumière ». Et la raison d'Abaye est celle-ci : puisque le motif de la mention de la mesure du jour dans la nuit, etc., est d'éviter qu'un homme ne se trompe et ne pense comme ce min — car chaque fois que le verset dit « yotser » pour une chose et « bore » pour une autre, cela laisse entendre deux puissances —, on mentionne donc lumière et obscurité le matin, et lumière et obscurité le soir, pour enseigner qu'un seul D.ieu les a créées. Dès lors, pour ce motif, la mention du jour et de la nuit ne suffit pas : il faut mentionner la lumière et l'obscurité, selon les termes mêmes du verset, puisqu'il s'agit de montrer que le min a parlé faussement. Il faut donc nécessairement dire que l'on s'appuie, pour la mention de la mesure du jour dans la nuit, sur les mots « qui fait rouler la lumière devant l'obscurité et l'obscurité devant la lumière », et non sur les mots « Celui qui crée le jour et la nuit ». Ce que j'ai écrit résout encore une autre difficulté : pourquoi Abaye a-t-il pris « qui fait rouler la lumière devant l'obscurité » et non le début du texte, « Celui qui crée le jour et la nuit » ? Cela se résout parfaitement selon la raison de Rabbenou Eliyahou le Français, de mémoire bénie, mentionnée plus haut. J'ai vu dans la Chitta de Rabbenou Betsalel, récemment imprimée, qu'il écrit sur les paroles d'Abaye : peut-être commençaient-ils par cette formule, car s'ils avaient dit comme nous, il aurait fallu citer « Celui qui crée le jour et la nuit », qui vient avant ; ou bien peut-être que « Celui qui crée le jour et la nuit » ne figurait pas dans leur version. Fin de citation. Selon ce que j'ai écrit avec l'aide du Ciel, nous n'avons pas besoin de ces explications forcées : leur version était bien la nôtre, et il y a une bonne raison au fait qu'Abaye ait pris « qui fait rouler la lumière ». Étudie bien ceci.
💡 Explication

La guemara vérifie que le principe de Rava fonctionne dans les deux sens. Le matin, l'obscurité est bien nommée. Le soir, la bénédiction ouvre sur maariv aravim et parle de la nuit : où la lumière y est-elle mentionnée ?

7
אָמַר אַבַּיֵּי: ״גּוֹלֵל אוֹר מִפְּנֵי חֹשֶׁךְ וְחֹשֶׁךְ מִפְּנֵי אוֹר״.

Abaye dit : « Il fait rouler la lumière devant l'obscurité et l'obscurité devant la lumière ».

💡 Explication

Abaye désigne les mots exacts de la bénédiction du soir où la lumière est nommée. La formule dit le passage d'un état à l'autre et contient donc bien la mesure du jour à l'intérieur de la nuit. Le principe de Rava tient des deux côtés.

8
וְאִידָךְ מַאי הִיא? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: ״אַהֲבָה רַבָּה״. וְכֵן אוֹרִי לֵיהּ רַבִּי אֶלְעָזָר לְרַבִּי פְּדָת בְּרֵיהּ, ״אַהֲבָה רַבָּה״.

Et l'autre, quelle est-elle ? Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : « Ahava raba ».

Et c'est ainsi que Rabbi Elazar instruisit son fils Rabbi Pedat : « Ahava raba ».

💡 Explication

La guemara passe à la seconde bénédiction qui précède le Chema du matin. Deux versions circulent : Ahava raba, un amour abondant, et Ahavat olam, un amour éternel. Chmouel tranche pour la première, et l'instruction donnée par Rabbi Elazar à son fils vaut confirmation pratique.

9
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: אֵין אוֹמְרִים ״אַהֲבַת עוֹלָם״, אֶלָּא ״אַהֲבָה רַבָּה״. וְרַבָּנַן אָמְרִי אַהֲבַת עוֹלָם, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְאַהֲבַת עוֹלָם אֲהַבְתִּיךְ עַל כֵּן מְשַׁכְתִּיךְ חָסֶד״.

Une baraita enseigne de même : on ne dit pas « Ahavat olam », mais « Ahava raba ». Et les Sages disent : « Ahavat olam », et il est dit de même : « D'un amour éternel Je t'ai aimé, c'est pourquoi Je t'ai attiré avec bonté ».

🗂️ Tossefot (1)
וְרַבָּנַן אָמְרִי אַהֲבַת עוֹלָם וְכוּ' הִלְכָּךְ תַּקִּינוּ לוֹמַר בְּשַׁחֲרִית אַהֲבָה רַבָּה וּבְעַרְבִית אַהֲבַת עוֹלָם:
C'est pourquoi on a institué de dire « Ahava raba » le matin et « Ahavat olam » le soir.
💡 Explication

La baraita appuie Chmouel, puis rapporte l'avis opposé des Sages, qui s'adosse à un verset de Jérémie 31,3. La mahloket porte sur le nom même de la bénédiction.

Les Tossefot indiquent la résolution pratique retenue par l'usage : on ne choisit pas entre les deux formules, on les répartit entre le matin et le soir.

10
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הִשְׁכִּים לְשַׁנּוֹת, עַד שֶׁלֹּא קָרָא קְרִיאַת שְׁמַע — צָרִיךְ לְבָרֵךְ. מִשֶּׁקָּרָא קְרִיאַת שְׁמַע — אֵינוֹ צָרִיךְ לְבָרֵךְ, שֶׁכְּבָר נִפְטַר בְּ״אַהֲבָה רַבָּה״.

Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : celui qui s'est levé tôt pour étudier, tant qu'il n'a pas lu le Chema, doit réciter la bénédiction ; des lors qu'il a lu le Chema, il n'a pas à la réciter, puisqu'il s'en est déjà acquitté par « Ahava raba ».

📜 Rachi (1)
שֶׁכְּבָר נִפְטַר בְּאַהֲבָה רַבָּה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ מֵעֵין בִּרְכַּת הַתּוֹרָה וְתֵן בְּלִבֵּנוּ לִלְמוֹד וּלְלַמֵּד לִשְׁמֹור וְלַעֲשׂוֹת וּלְקַייֵּם אֶת כָּל דִּבְרֵי תַּלְמוּד תּוֹרָתְךָ וַתְּלַמְּדֵם חֻקֵּי רְצוֹנֶךָ:
Car elle contient quelque chose de la bénédiction sur la Torah : « Mets dans notre cœur d'étudier et d'enseigner, de garder, de pratiquer et d'accomplir toutes les paroles de l'étude de Ta Torah », et « enseigne-leur les lois de Ta volonté ».
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁכְּבָר נִפְטַר בְּאַהֲבָה רַבָּה עַד הִלְכָּךְ נֵימְרִינְהוּ לְכוּלְּהוּ. בִּירוּשַׁלְמִי יֵשׁ הָא דְּאָמְרִי' שֶׁכְּבָר נִפְטַר בְּאַהֲבָה רַבָּה וְהוּא שֶׁשָּׁנָה עַל אֲתַר פֵּירוּשׁ לְאַלְתַּר שֶׁלָּמַד מִיָּד בְּאוֹתוֹ מָקוֹם. וְנִשְׁאַל לְהָרַב ר' יִצְחָק כְּגוֹן אָנוּ שֶׁאֵין אָנוּ לוֹמְדִין מִיָּד לְאַחַר תְּפִלַּת הַשַּׁחַר שֶׁאָנוּ טָרוֹדִין וְהוֹלְכִים כָּךְ בְּלֹא לִמּוּד עַד אֶמְצַע הַיּוֹם אוֹ יוֹתֵר אַמַּאי אֵין אָנוּ מְבָרְכִין בִּרְכַּת הַתּוֹרָה פַּעַם אַחֶרֶת כְּשֶׁאָנוּ מַתְחִילִין לִלְמֹוד. וְהֵשִׁיב ר"י דְּלָא קַייְמָא לַן כְּאוֹתוֹ יְרוּשַׁלְמִי הוֹאִיל וְגָמַר' שֶׁלָּנוּ לֹא אֲמָרוֹ וְאֵין צָרִיךְ לְאַלְתַּר לִלְמֹוד. וְעוֹד אַפֵּי' לְפִי הַיְּרוּשַׁלְמִי דַּוְקָא אַהֲבָה רַבָּה דְּלָא הָוֵי עִיקַּר בְּרָכָה לְבִרְכַּת הַתּוֹרָה דְּעִיקַּר אַהֲבָה רַבָּה לק"ש נִתְקַן וּבִשְׁבִיל הִיא אֵינוֹ נִפְטַר מִבִּרְכַּת הַתּוֹרָה אֶלָּא אִם יִלְמֹוד מִיָּד וְגַם לֹא יַעֲשֶׂה הֶיסַּח הַדַּעַת. אֲבָל בִּרְכַּת אֲשֶׁר בָּחַר בָּנוּ וּבִרְכַּת לַעֲסֹוק בְּדִבְרֵי תּוֹרָה שֶׁהֵן עִיקָּר לְבִרְכַּת הַתּוֹרָה פּוֹטֶרֶת כָּל הַיּוֹם. וא"ת מַאי שְׁנָא מִסֻּוכָּה שֶׁצָּרִיךְ לְבָרֵךְ עַל כָּל סְעוּדָה וּסְעוּדָה לֵישֵׁב בַּסֻּוכָּה. וְי"ל דְּשָׁאנֵי תּוֹרָה שֶׁאֵינוֹ מִיַּיאַשׁ דַּעְתּוֹ דְּכָל שָׁעָה אָדָם מְחֻוייָּב לִלְמֹוד דִּכְתִיב וְהָגִיתָ בּוֹ יוֹמָם וָלַיְלָה וְהָוֵי כְּמוֹ יוֹשֵׁב כָּל הַיּוֹם בְּלֹא הֶפְסֵק. אֲבָל אֲכִילָה בַּסֻּוכָּה יֵשׁ שָׁעָה קְבוּעָה. וא"ת מִפְּנֵי מָה אֵין אָנוּ מְבָרְכִין לִישֹׁן בַּסֻּוכָּה. וי"ל דִּבְרָכָה דַּאֲכִילָה שֶׁמְּבָרְכִין לֵישֵׁב פּוֹטַרְתּוֹ. א"נ מִשּׁוּם שֶׁמָּא לֹא יִישַׁן וְהָוֵי בְּרָכָה לְבַטָּלָה שֶׁהֲרֵי אֵין בְּיָדוֹ לִישֹׁן כָּל שָׁעָה שֶׁיִּרְצֶה. וְהָיָה אוֹמֵר ר"ת כְּשֶׁאָדָם עוֹמֵד מִמִּטָּתוֹ בַּלַּיְלָה (בְּשַׁחֲרִית) לִלְמֹוד שא"צ לְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַתּוֹרָה מִפְּנֵי שֶׁבִּרְכַּת הַתּוֹרָה שֶׁל אֶתְמוֹל שַׁחֲרִית פּוֹטֶרֶת עַד שַׁחֲרִית אַחֶרֶת וְלָא נְהִירָא. וְהַצָּרְפָתִים נָהֲגוּ לוֹמַר פְּסוּקִים וּבִרְכַּת כֹּהֲנִים וְגַם אֵלּוּ דְּבָרִים שֶׁאֵין לָהֶם שִׁיעוּר שֶׁהִיא מִשְׁנָה (פ"א דְּפֵאָה) וְאֵלּוּ דְּבָרִים שֶׁאָדָם אוֹכֵל פֵּירוֹתֵיהֶן כו' שֶׁהִיא בָּרַייְתָא (מַס' שַׁבָּת קכז.) מִפְּנֵי הַיְרוּשַׁלְמִי דְּבָעֵי שֶׁיִּלְמֹוד עַל אֲתַר. אֲבָל א"צ כְּמוֹ שֶׁכָּתַבְתִּי כְּבָר:
Jusqu'à « donc, disons-les toutes ». Dans le Yerouchalmi il est dit que ce principe, selon lequel il s'en est déjà acquitté par « Ahava raba », ne vaut que s'il a étudié al atar, c'est-à-dire immédiatement, en apprenant sur-le-champ au même endroit. On a demandé à Rabbenou Yits'hak : nous qui n'étudions pas immédiatement après la prière du matin, parce que nous sommes occupés et allons ainsi sans étudier jusqu'au milieu de la journée ou plus tard, pourquoi ne récitons-nous pas une nouvelle fois la bénédiction sur la Torah lorsque nous commençons à étudier ? Le Ri a répondu que nous ne tranchons pas comme ce Yerouchalmi, puisque notre Talmud ne l'a pas dit, et qu'il n'est donc pas nécessaire d'étudier immédiatement. De plus, même selon le Yerouchalmi, cela ne vaut que pour « Ahava raba », qui n'est pas essentiellement une bénédiction sur la Torah : « Ahava raba » a été instituée pour le Chema, et par elle on ne s'acquitte de la bénédiction sur la Torah que si l'on étudie immédiatement et sans distraction de l'esprit. Mais la bénédiction « Acher bahar banou » et la bénédiction « laassok be-divrei Torah », qui sont essentiellement des bénédictions sur la Torah, acquittent pour toute la journée. Et si tu demandes : en quoi cela diffère-t-il de la soucca, où l'on doit réciter « leichev ba-soucca » à chaque repas ? On peut répondre que la Torah est différente, car on n'en écarte pas son esprit : à chaque instant l'homme est tenu d'étudier, comme il est écrit « tu la méditeras jour et nuit », et c'est comme s'il y siégeait toute la journée sans interruption, tandis que le repas dans la soucca a une heure fixe. Et si tu demandes : pourquoi ne récitons-nous pas de bénédiction pour dormir dans la soucca ? On peut répondre que la bénédiction du repas, « leichev », l'en acquitte. Ou bien parce qu'il se pourrait qu'il ne s'endorme pas, et ce serait une bénédiction en vain, puisqu'il n'est pas en son pouvoir de dormir à toute heure qu'il voudrait. Rabbenou Tam disait que lorsqu'un homme se lève de son lit dans la nuit pour étudier, il n'a pas à réciter la bénédiction sur la Torah, parce que la bénédiction sur la Torah de la veille au matin l'acquitte jusqu'au matin suivant ; cela ne paraît pas juste. Les Français ont pris l'usage de dire des versets, la bénédiction des cohanim, ainsi que « voici les choses qui n'ont pas de mesure », qui est une michna (Pea, chapitre 1), et « voici les choses dont l'homme mange les fruits », qui est une baraita (traite Chabbat 127a), à cause du Yerouchalmi qui exige d'étudier sur-le-champ. Mais cela n'est pas nécessaire, comme je l'ai déjà écrit.
💡 Explication

Le passage bascule vers la birkat haTorah, la bénédiction sur l'étude. Le lien est le contenu d'Ahava raba : elle demande à Hachem de mettre au cœur d'étudier et d'enseigner, ce qui en fait, selon Chmouel, l'équivalent d'une bénédiction sur la Torah.

Conclusion pratique : celui qui étudie avant la prière doit bénir, celui qui étudie après avoir dit Ahava raba en est dispensé.

🖼️ Schéma
Celui qui se lève tôt pour étudier : doit-il bénir sur la Torah ? Il se lève tôt et veut étudier Avant d'avoir lu le Chema Il doit réciter la bénédiction sur la Torah : rien ne l'en a encore acquitté. Après avoir lu le Chema Il n'a pas à la réciter : Ahava raba contient un élément de bénédiction sur la Torah et l'en a déjà acquitté. Réserve rapportée par les Tossefot et le Roch Le Yerouchalmi limite cette dispense au cas où il étudie sur-le-champ (al atar). Le Ri répond que notre Talmud ne pose pas cette condition.
Selon le moment où il ouvre son étude, il doit ou non réciter la bénédiction sur la Torah.
11
אָמַר רַב הוּנָא: לְמִקְרָא צָרִיךְ לְבָרֵךְ, וּלְמִדְרַשׁ — אֵינוֹ צָרִיךְ לְבָרֵךְ.

Rav Houna a dit : pour le mikra il faut réciter la bénédiction, et pour le midrach il n'y a pas à la réciter.

📜 Rachi (1)
מִדְרָשׁ הוּא קָרוֹב לַמִּקְרָא כְּגוֹן מְכִילְתָּא וְסָפְרָא וְסִפְרֵי שֶׁהֵם מִדְרְשֵׁי מִקְרָאוֹת:
Il est proche du mikra : ainsi la Mekhilta, le Sifra et le Sifri, qui sont des midrachim de versets.
💡 Explication

Nouvelle question : sur quel type d'étude porte la bénédiction ? Rav Houna ouvre l'échelle au degré le plus bas. Seul le mikra, le texte biblique lui-même, parole de D.ieu, exige la bénédiction. Le midrach, qui dérive les halakhot des versets, n'y est pas soumis.

12
וְרַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר: לְמִקְרָא וּלְמִדְרָשׁ צָרִיךְ לְבָרֵךְ, לַמִּשְׁנָה — אֵינוֹ צָרִיךְ לְבָרֵךְ.

Et Rabbi Elazar dit : pour le mikra et pour le midrach il faut réciter la bénédiction ; pour la michna il n'y a pas à la réciter.

💡 Explication

Rabbi Elazar monte d'un degré. Le midrach reste attaché au verset, donc il entre dans la bénédiction ; la michna, qui énonce la halakha sans son verset, en sort.

13
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אַף לְמִשְׁנָה נָמֵי צָרִיךְ לְבָרֵךְ [אֲבָל לְתַלְמוּד, אֵינוֹ צָרִיךְ לְבָרֵךְ].

Et Rabbi Yo'hanan dit : même pour la michna aussi il faut réciter la bénédiction, mais pour le talmud il n'y a pas à la réciter.

📜 Rachi (1)
לַגְּמָרָא אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ אֲפִילּוּ קֹודֶם אַהֲבָה רַבָּה קָאָמַר וְהָכִי מוּכָח מִילְּתָא בְּפֶרֶק שֵׁנִי:
Cela vaut même avant « Ahava raba » ; et la chose ressort ainsi du deuxième chapitre.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan monte encore : la michna, décision halakhique arrêtée, entre dans la bénédiction ; le talmud, qui n'est que l'analyse des raisons, en reste dehors.

14
וְרָבָא אָמַר: אַף לְתַלְמוּד צָרִיךְ (לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ) [לְבָרֵךְ].

Et Rava dit : même pour le talmud il faut réciter la bénédiction.

📜 Rachi (1)
אַף לַגְּמָרָא צָרִיךְ לְבָרֵךְ שֶׁהוּא עִיקַּר הַתּוֹרָה שֶׁמִּמֶּנּוּ הוֹרָאָה יוֹצְאָהּ. גְּמָרָא הַייְנוּ סְבָרַת טַעֲמֵי מִשְׁנָה וְתֵירוּצֵי מִשְׁנָיוֹת הַסּוֹתְרוֹת זוֹ אֶת זוֹ וְחַסּוֹרֵי מִחַסְּרָא:
Car il est l'essentiel de la Torah, celui d'où sort la décision pratique. Le talmud, c'est le raisonnement sur les raisons de la michna, la résolution des michnayot qui se contredisent l'une l'autre, et le hissourei mehassra (le texte est incomplet, et voici ce qu'il faut y lire).
💡 Explication

Rava ferme l'échelle : tous les degrés d'étude sont couverts. Sa raison, rapportée par Rachi, inverse la hiérarchie implicite des avis précédents : le talmud est l'essentiel de la Torah, puisque c'est de lui que sort la décision pratique.

15
דְּאָמַר רַב חִייָּא בַּר אָשֵׁי: זִימְנִין סַגִּיאִין הֲוָה קָאֵימְנָא קַמֵּיהּ דְּרַב לְתַנּוֹיֵי פִּרְקִין ב״סִפְרָא דְבֵי רַב״, הֲוָה מַקְדֵּים וְקָא מָשֵׁי יְדֵיהּ, וּבָרֵיךְ, וּמַתְנֵי לָן פִּרְקִין.

Ainsi Rav Hiya bar Achi a dit : bien des fois je me suis tenu devant Rav pour étudier notre chapitre dans le Sifra de l'école de Rav ; il commençait par se laver les mains, récitait la bénédiction, puis nous enseignait notre chapitre.

📜 Rachi (1)
וּמְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַתּוֹרָה:
La bénédiction sur la Torah.
💡 Explication

La position de Rava s'appuie sur une observation. L'étude du Sifra chez Rav, accompagnée de l'explication des raisons, valait étude de talmud, et Rav y récitait pourtant la bénédiction. Le lavage des mains préalable montre qu'il s'agissait d'un acte réfléchi et non d'une habitude passagère.

16
מַאי מְבָרֵךְ? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לַעֲסֹוק בְּדִבְרֵי תוֹרָה״.

Quelle bénédiction récite-t-on ? Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : « qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de nous adonner aux paroles de Torah ».

⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל הִשְׁכִּים לִשְׁנוֹת עַד שֶׁלֹּא קָרָא ק"ש צָרִיךְ לְבָרֵךְ מִשֶּׁקָּרָא ק"ש אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ. מַאי טַעְמָא שֶׁכְּבָר נִפְטַר בְּאַהֲבָה רַבָּה. בִּירוּשַׁלְמִי מַסִּיק עֲלָהּ א"ר אַבָּא וְהוּא שֶׁשִּׁנָּה עַל אֲתַר וְנִרְאֶה דְּהַיְינוּ דַּוְקָא בִּבְרָכָה שֶׁל אַהֲבָה רַבָּה דְּלָא מִיתְחֲזֵי לְשֵׁם בִּרְכַּת הַתּוֹרָה אֶלָּא בְּשׁוֹנֶה עַל אֲתַר. וְאִם שָׁנָה לְאַלְתַּר אָז נִרְאֵית בְּרָכָה לְשֵׁם עֵסֶק הַתּוֹרָה כְּמוֹ לְשֵׁם ק"ש. וְאָז לֹא יִצְטָרֵךְ לְבָרֵךְ כָּל אוֹתוֹ הַיּוֹם אֲפִילּוּ יִפְסֹוק לִלְמֹוד וְיַחֲזֹור וְיִלְמֹוד. וְכֵן הַמְבָרֵךְ עַל הַתּוֹרָה וְלָמַד אֵין צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ אִם הִפְסִיק בְּאֶמְצַע לְכָךְ הֻוצְרַךְ לוֹמַר וְהוּא שֶׁשּׁוֹנֶה עַל אֲתַר עַל הַנִּפְטָר בְּאַהֲבָה רַבָּה. וְלֹא עַל הַמְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַתּוֹרָה דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי הָיָה לוֹ לְהַשְׁמִיעֵנוּ בְּעָלְמָא דְּהַפְּסָק שֶׁבְּאֶמְצַע עֵסֶק דְּהָוֵי הֶפְסֵק וְצָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ כָּל שֶׁכֵּן הַנִּפְטָר בְּאַהֲבָה רַבָּה. וְאַף את"ל דְּאֵין חִילּוּק בֵּין הַנִּפְטָר בְּבִרְכַּת הַתּוֹרָה לַנִּפְטָר בְּאַהֲבָה רַבָּה. מִכָּל מָקוֹם מִסְתַּבֵּר שֶׁבְּנֵי אָדָם שֶׁרְגִילִין תָּמִיד לַעֲסֹוק בַּתּוֹרָה וַאֲפִילּוּ כְּשֶׁיּוֹצְאִין לְעִסְקֵיהֶן מְמַהֲרִים לַעֲשׂוֹת צָרְכֵיהֶם כְּדֵי לַחֲזֹור וְלִלְמֹוד וְתָמִיד דַּעְתָּם עַל לִימּוּדָם לָא חֲשִׁיב הֶפְסֵק לְעִנְיַן הַבְּרָכָה וְכֵן אִם לָמַד בַּלַּיְלָה הַלַּיְלָה הוֹלֵךְ אַחַר הַיּוֹם וְאֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ כָּל זְמַן שֶׁלֹּא יִישַׁן. וּלְכָךְ מִי שֶׁרָגִיל לִישֹׁן בַּיּוֹם שִׁינַת קֶבַע עַל מִטָּתוֹ הָוֵי הֶפְסֵק וְצָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ כַּיּוֹצֵא בָּזֶה שָׁאַל ר"י אֶת ר"ת אִם צָרִיךְ לְבָרֵךְ עַל הַשֵּׁינָה בַּסֻּוכָּה דְּיוֹתֵר חֲמִירָה שֵׁינָה מֵאֲכִילָה דְּמֻותָּר לֶאֱכֹול אֲכִילַת עֲרַאי חוּץ לַסֻּוכָּה וְשִׁינַת עֲרַאי אֲסוּרָה חוּץ לַסֻּוכָּה. וְהָיָה ר"י רוֹצֶה לוֹמַר דְּהָא דְּאֵין מְבָרְכִין עַל הַשֵּׁינָה הַייְנוּ מִשּׁוּם דְּשֶׁמָּא לֹא יוּכַל לִישֹׁן כְּשֶׁנִּרְדַּם בְּשֵׁינָה אֵינוֹ יָכוֹל לְבָרֵךְ. אֲבָל רַבֵּינוּ תָּם הֵשִׁיב לוֹ שֶׁכָּל מִצְוַת סֻוכָּה שֶׁחַייָּב (ס"א שֶׁמְּקַייֵּם) אָדָם מִסְּעוּדָה לִסְעוּדָה כְּגוֹן שֵׁינָה וְטִיּוּל וְשִׁנּוּן. בִּרְכַּת לֵישֵׁב בַּסֻּוכָּה שֶׁבֵּירַךְ עַל הַסְּעוּדָה פּוֹטַרְתּוֹ מִלְּבָרֵךְ עֲלֵיהֶן. וְלִדְבָרָיו אֲפִילּוּ הִסִּיחַ דַּעְתּוֹ מִלִּישֹׁן כְּגוֹן שֶׁיָּצָא לִמְלַאכְתּוֹ וְשׁוּב נִמְלַךְ אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ. כָּל שֶׁכֵּן מִי שֶׁדַּעְתּוֹ טָרוּד עַל לִימּוּדוֹ אִם יָצָא לִמְלַאכְתּוֹ וְלַעֲסָקָיו לָא הָוֵי הֶפְסֵק: וּמִי שֶׁהִשְׁכִּים לִלְמֹוד קֹודֶם שֶׁיֵּלֵךְ לְבֵית הַכְּנֶסֶת וּבֵירַךְ עַל הַתּוֹרָה. כְּשֶׁקּוֹרֵא פָּרָשַׁת קָרְבָּנוֹת בְּבֵית הַכְּנֶסֶת אֵינוֹ צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ. ואע"פ שֶׁאוֹתוֹ שֶׁקּוֹרֵא בַּתּוֹרָה חוֹזֵר וּמְבָרֵךְ אֲשֶׁר בָּחַר בָּנוּ אע"פ שֶׁכְּבָר בֵּירַךְ כָּל הַבְּרָכוֹת קֹודֶם פָּרָשַׁת קָרְבָּנוֹת לָא דָּמֵי. דְּאוֹתָהּ בְּרָכָה נִתְקְנָה עַל קְרִיאָתוֹ בְּצִבּוּר כְּמוֹ שֶׁנִּתְקְנָה בְּרָכָה לְאַחֲרֶיהָ וּכְמוֹ שֶׁתִּקְּנוּ אֲשֶׁר בָּחַר בַּנְּבִיאִים לְמַפְטִיר: אָמַר רַב הוּנָא לְמִקְרָא צָרִיךְ לְבָרֵךְ. לְמִדְרַשׁ אֵינוֹ צָרִיךְ לְבָרֵךְ ר' אֶלְעָזָר אוֹמֵר אַף לְמִדְרַשׁ צָרִיךְ לְבָרֵךְ. לַמִּשְׁנָה אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ. רַבִּי יוֹחָנָן אוֹמֵר אֲפִילּוּ לְמִשְׁנָה צָרִיךְ לְבָרֵךְ. לַגְּמָרָא אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ. וְרָבָא אָמַר אַף לַגְּמָרָא צָרִיךְ לְבָרֵךְ דְּאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אָשֵׁי זִימְנִין סַגִּיאִין הֲוָה קָאֵימְנָא קַמֵּיהּ דְּרַב לְתַנּוֹיֵי בְּפִירְקִין בְּסִיפְרָא דְּבֵי רַב וּקְדֵים וּמָשֵׁי יְדֵיהּ וּמְבָרֵךְ וּמַתְנֵי לַן פִּירְקָא. וְכָתַב רַב הַאי דְּהִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ. מַאי מְבָרֵךְ. אָמַר רַב יְהוּדָה אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל דִּבְרֵי תּוֹרָה. וְיֵשׁ מְקוֹמוֹת שֶׁאוֹמֵר לַעֲסֹוק בְּדִבְרֵי תּוֹרָה. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר הַעֲרֵב נָא ה' אֱ-לֹהֵינוּ אֶת דִּבְרֵי תוֹרָתְךָ בְּפִינוּ וּבְפִיפִיּוֹת עַמְּךָ בֵּית יִשְׂרָאֵל וְנִהְיֶה אֲנַחְנוּ וְצֶאֱצָאֵינוּ וְצֶאֱצָאֵי עַמְּךָ בֵּית יִשְׂרָאֵל כֻּלָּנוּ יוֹדְעֵי שְׁמֶךָ וְלוֹמְדֵי תּוֹרָתְךָ בָּרוּךְ אַתָּה ה' נוֹתֵן הַתּוֹרָה וְיֵשׁ מְקוֹמוֹת שֶׁחוֹתְמִין בא"י הַמְלַמֵּד תּוֹרָה לְעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל. וּלְפִי מַה שֶׁרָגִיל ר"ת לְפָרֵשׁ דְּכָל הֵיכָא שֶׁהַבְּרָכוֹת קְצָרוֹת אֲפִילּוּ בְּרָכָה הַסְּמוּכָה לַחֲבֶרְתָּהּ פּוֹתַחַת בְּבָרוּךְ כְּמוֹ בְּרָכוֹת שֶׁל הַבְדָּלָה וּבְרָכוֹת שֶׁל חֻופָּה. א"כ הָיָה צָרִיךְ לִבְרָכָה אַחֲרוֹנָה שֶׁתְּהֵא פּוֹתַחַת בְּבָרוּךְ. שֶׁאוֹתָהּ שֶׁלְּפָנֶיהָ קְצָרָה. לְכָךְ הָיָה אוֹמֵר רַבֵּינוּ תָּם שֶׁאֵין זֶה כ"א סִיּוּם בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה וְאֵינוֹ כִּי אִם שְׁתֵּי בְּרָכוֹת וְהָיָה אוֹמֵר וְהַעֲרֵב נָא. רַב הַמְנוּנָא אָמַר אֲשֶׁר בָּחַר בָּנוּ מִכָּל הָעַמִּים וְנָתַן לָנוּ אֶת תּוֹרָתוֹ בָּרוּךְ אַתָּה ה' נוֹתֵן הַתּוֹרָה. וְזוֹ הִיא הַמְעֻולָּה שֶׁבַּבְּרָכוֹת. אָמַר רַב פָּפָּא הִילְכָּךְ נֵימְרִינְהוּ לְכֻולְּהוּ. ולר"ת גָּרְסִי' נֵימְרִינְהוּ לְתַרְוַוייְהוּ:
« Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : celui qui s'est levé tôt pour étudier, tant qu'il n'a pas lu le Chema, doit réciter la bénédiction ; des lors qu'il a lu le Chema, il n'a pas à la réciter. » Pour quelle raison ? Parce qu'il s'en est déjà acquitté par « Ahava raba ». Dans le Yerouchalmi on conclut à ce sujet : Rabbi Abba a dit, à condition qu'il ait étudié sur-le-champ (al atar). Il apparaît que cela ne vaut précisément que pour la bénédiction « Ahava raba », qui n'a l'apparence d'une bénédiction sur la Torah que si l'on étudie sur-le-champ ; s'il a étudié immédiatement, alors la bénédiction apparaît comme dite pour l'étude de la Torah autant que pour le Chema, et il n'aura pas à la réciter de toute la journée, même s'il interrompt son étude et y revient. De même, celui qui récite la bénédiction sur la Torah puis étudie n'a pas à la réciter de nouveau s'il a interrompu au milieu. C'est pourquoi il a fallu dire « à condition qu'il étudie sur-le-champ » à propos de celui qui s'acquitte par « Ahava raba », et non à propos de celui qui récite la bénédiction sur la Torah. Car si tu ne dis pas ainsi, il aurait fallu nous enseigner de manière générale qu'une interruption au milieu de l'étude constitue une interruption obligeant à réciter de nouveau, et à plus forte raison pour celui qui s'acquitte par « Ahava raba ». Et même si tu voulais dire qu'il n'y a pas de différence entre celui qui s'acquitte par la bénédiction sur la Torah et celui qui s'acquitte par « Ahava raba », il est en tout cas raisonnable de dire que les gens qui ont l'habitude de s'adonner constamment à la Torah, et qui, même lorsqu'ils sortent à leurs affaires, se hâtent d'expédier ce qu'ils ont à faire afin de revenir étudier, leur esprit étant toujours tourné vers leur étude, chez ceux-là cela n'est pas considéré comme une interruption au regard de la bénédiction. De même, s'il a étudié la nuit : la nuit suit le jour, et il n'a pas à réciter la bénédiction tant qu'il n'a pas dormi. C'est pourquoi celui qui a l'habitude de dormir le jour un sommeil fixe dans son lit, cela constitue une interruption et il doit réciter de nouveau la bénédiction. À ce propos, le Ri a demandé à Rabbenou Tam s'il faut réciter une bénédiction sur le sommeil dans la soucca, le sommeil étant plus rigoureux que le repas, puisqu'il est permis de manger un repas occasionnel hors de la soucca alors qu'un sommeil occasionnel y est interdit. Le Ri voulait dire que si l'on ne récite pas de bénédiction sur le sommeil, c'est parce qu'il se pourrait qu'il ne parvienne pas à dormir, et qu'une fois endormi il ne peut plus réciter la bénédiction. Mais Rabbenou Tam lui a répondu que toutes les obligations de la soucca auxquelles l'homme est tenu d'un repas à l'autre, comme le sommeil, la promenade et l'étude, sont couvertes par la bénédiction « leichev ba-soucca » récitée sur le repas, qui le dispense de les bénir. Selon ses paroles, même s'il avait écarté de son esprit l'idée de dormir, par exemple s'il est sorti à son travail puis a changé d'avis, il n'a pas à réciter la bénédiction. À plus forte raison celui dont l'esprit est occupé de son étude : s'il sort à son travail et à ses affaires, cela ne constitue pas une interruption. Et celui qui s'est levé tôt pour étudier avant d'aller à la synagogue et a récité la bénédiction sur la Torah, lorsqu'il lit à la synagogue la section des sacrifices, il n'a pas à réciter de nouveau. Et bien que celui qui lit dans la Torah récite de nouveau « Acher bahar banou », alors qu'il a déjà récité toutes les bénédictions avant la section des sacrifices, le cas n'est pas comparable : cette bénédiction-là a été instituée pour la lecture publique, de même qu'une bénédiction a été instituée après elle, et de même qu'on a institué « Acher bahar ba-neviim » pour le maftir. « Rav Houna a dit : pour le mikra il faut réciter la bénédiction, pour le midrach il n'y a pas à la réciter. Rabbi Elazar dit : même pour le midrach il faut réciter la bénédiction ; pour la michna il n'y a pas à la réciter. Rabbi Yo'hanan dit : même pour la michna il faut réciter la bénédiction ; pour le talmud il n'y a pas à la réciter. Et Rava a dit : même pour le talmud il faut réciter la bénédiction, car Rabbi Hiya bar Achi a dit : bien des fois je me suis tenu devant Rav pour étudier notre chapitre dans le Sifra de l'école de Rav, et il commençait par se laver les mains, récitait la bénédiction, puis nous enseignait le chapitre. » Et Rav Haï a écrit que la halakha est comme lui. « Quelle bénédiction récite-t-on ? Rav Yehouda a dit : qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné sur les paroles de Torah » ; et il y a des endroits où l'on dit « de nous adonner aux paroles de Torah ». « Rabbi Yo'hanan a dit : Rends donc douces, ה' notre D.ieu, les paroles de Ta Torah dans notre bouche et dans la bouche de Ton peuple la maison d'Israël, et que nous soyons, nous, nos descendants et les descendants de Ton peuple la maison d'Israël, tous connaissant Ton nom et étudiant Ta Torah. Béni sois-Tu, ה', qui donne la Torah » ; et il y a des endroits où l'on conclut « Béni sois-Tu, ה', qui enseigne la Torah à Son peuple Israël ». Or, selon ce que Rabbenou Tam explique habituellement, que chaque fois que les bénédictions sont courtes, même une bénédiction attenante à une autre s'ouvre par « Baroukh », comme les bénédictions de la havdala et celles des noces, il aurait fallu que la dernière bénédiction s'ouvre par « Baroukh », puisque celle qui la précède est courte. C'est pourquoi Rabbenou Tam disait qu'il ne s'agit là que de la conclusion de la première bénédiction, qu'il n'y a donc que deux bénédictions, et il disait « Ve-haarev na ». « Rav Hamnouna a dit : qui nous a choisis parmi tous les peuples et nous a donné Sa Torah. Béni sois-Tu, ה', qui donne la Torah ; et celle-ci est la plus excellente des bénédictions. Rav Papa a dit : donc, disons-les toutes. » Et selon Rabbenou Tam la version est : « disons-les toutes les deux ».
💡 Explication

Troisième question sur la birkat haTorah : son texte. Chmouel propose la forme ordinaire des bénédictions de mitsva, acher kidechanou be-mitsvotav ve-tsivanou, appliquée à l'étude.

17
וְרַבִּי יוֹחָנָן מְסַיֵּים בַּהּ הָכִי ״הַעֲרֵב נָא ה׳ אֱ-לֹהֵינוּ אֶת דִּבְרֵי תוֹרָתְךָ בְּפִינוּ וּבְפִיפִיּוֹת עַמְּךָ בֵּית יִשְׂרָאֵל וְנִהְיֶה אֲנַחְנוּ וְצֶאֱצָאֵינוּ וְצֶאֱצָאֵי עַמְּךָ בֵּית יִשְׂרָאֵל כֻּלָּנוּ יוֹדְעֵי שְׁמֶךָ וְעוֹסְקֵי תוֹרָתֶךָ בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ הַמְלַמֵּד תּוֹרָה לְעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל״.

Et Rabbi Yo'hanan la conclut ainsi : « Rends donc douces, ה' notre D.ieu, les paroles de Ta Torah dans notre bouche et dans la bouche de Ton peuple la maison d'Israël ; et que nous soyons, nous, nos descendants et les descendants de Ton peuple la maison d'Israël, tous connaissant Ton nom et nous adonnant à Ta Torah. Béni sois-Tu, ה', qui enseigne la Torah à Son peuple Israël ».

📜 Rachi (3)
וְר' יוֹחָנָן מְסַיֵּים בַּהּ הָכִי דְּבָעֵי פְּתִיחָה בְּבָרוּךְ וַחֲתִימָה בְּבָרוּךְ:
Car il faut une ouverture par « Baroukh » et une conclusion par « Baroukh ».
הַעֲרֵב נָא ה' אֱ-לֹהֵינוּ יְעָרְבוּ עָלֵינוּ לַעֲסֹוק בָּהֶם מֵאַהֲבָה:
Qu'elles nous soient douces, de sorte que nous nous y adonnions par amour.
בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַמְלַמֵּד תּוֹרָה לְעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל גָּרְסִינַן. וְלָא גָּרְסִינַן לַמְּדֵנִי חֻקֶּיךָ שֶׁאֵין זוֹ בְּרָכָה וְהוֹדָאָה עַל שֶׁעָבַר אֶלָּא לְשׁוֹן בַּקָּשָׁה וְדָוִד כִּי אֲמָרָהּ (בִּתְהִילִּים קי״ט:י״ב) לֹא לְשֵׁם בְּרָכָה אֲמָרָהּ אֶלָּא בִּלְשׁוֹן בַּקָּשָׁה. וְהָכִי קָאָמַר ה' שֶׁאַתָּה בָּרוּךְ לַמְּדֵנִי חֻקֶּיךָ:
Telle est la version. On ne lit pas « enseigné-moi Tes lois », car ce n'est ni une bénédiction ni une action de grâce pour le passé, mais une formule de demande ; et lorsque David l'a dite (Tehilim 119,12), il ne l'a pas dite comme une bénédiction mais comme une demande, et voici son sens : ה', Toi qui es béni, enseigne-moi Tes lois.
🗂️ Tossefot (1)
ה"ג בָּרוּךְ אַתָּה ה' הַמְלַמֵּד תּוֹרָה לְעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל אֲבָל לֹא גָּרַס לַמְּדֵנִי חֻקֶּיךָ שֶׁאֵין זוֹ בְּרָכָה אֶלָּא בַּקָּשָׁה שֶׁאָמַר דָּוִד:
Telle est la version. Mais on ne lit pas « enseigné-moi Tes lois », car ce n'est pas une bénédiction mais une demande formulée par David.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan ajoute une demande à la formule de Chmouel : que l'étude soit douce, et qu'elle se transmette aux générations suivantes. Rachi précise la logique formelle : la bénédiction doit s'ouvrir et se conclure par Baroukh, ce qui impose la conclusion « qui enseigne la Torah à Son peuple Israël ».

Rachi et les Tossefot écartent ensemble la version « enseigne-moi Tes lois » : c'est une demande, non une action de grâce, et le verset de David où elle figure ne l'employait pas comme bénédiction.

18
וְרַב הִמְנוּנָא אָמַר: ״אֲשֶׁר בָּחַר בָּנוּ מִכָּל הָעַמִּים וְנָתַן לָנוּ אֶת תּוֹרָתוֹ. בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ נוֹתֵן הַתּוֹרָה״. אָמַר רַב הַמְנוּנָא: זוֹ הִיא מְעֻולָּה שֶׁבַּבְּרָכוֹת.

Et Rav Hamnouna dit : « qui nous a choisis parmi tous les peuples et nous a donné Sa Torah. Béni sois-Tu, ה', qui donne la Torah ».

Rav Hamnouna a dit : celle-ci est la plus excellente des bénédictions.

📜 Rachi (1)
וְזוֹ הִיא מְעֻולָּה שֶׁבַּבְּרָכוֹת הַתּוֹרָה לְפִי שֶׁיֵּשׁ בָּהּ הוֹדָאָה לְמָקוֹם וְקִילּוּס לַתּוֹרָה וּלְיִשְׂרָאֵל:
Des bénédictions sur la Torah, parce qu'elle contient une action de grâce envers Hachem, ainsi qu'un éloge de la Torah et d'Israël.
💡 Explication

Troisième formule, la plus brève. Rav Hamnouna la juge la meilleure et Rachi en donne la raison : elle réunit en peu de mots la reconnaissance envers Hachem, l'éloge de la Torah et l'éloge d'Israël.

19
הִלְכָּךְ לֵימְרִינְהוּ לְכוּלְּהוּ.

Donc, disons-les toutes.

💡 Explication

La guemara ne tranche pas entre les trois formules. Chacune apporte un élément que les autres n'ont pas, et la conclusion pratique consiste à les réciter toutes : c'est la birkat haTorah telle qu'elle figure aujourd'hui dans le sidour.

Le Roch rapporte l'avis de Rabbenou Tam, pour qui « Ve-haarev na » n'est que la conclusion de la première bénédiction, ce qui n'en laisse que deux.

🖼️ Schéma
Trois formules proposées, une seule pratique Chmouel laassok be-divrei Torah Forme ordinaire des bénédictions de mitsva : sanctifiés et ordonnés Rabbi Yo'hanan ha-arev na Une demande : que la Torah soit douce dans notre bouche et dans celle de nos enfants Rav Hamnouna acher bahar banou La plus excellente : remerciement, éloge de la Torah et éloge d'Israël Hilkakh leimrinhou le-koulhou Chacune a son avantage propre : on les récite toutes les trois.
Les trois formules proposées et la conclusion pratique de la guemara.
20
תְּנַן הָתָם: אָמַר לָהֶם הַמְמֻונֶּה: ״בָּרְכוּ בְּרָכָה אַחַת!״. וְהֵם בָּרְכוּ. וְקָרְאוּ עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת, ״שְׁמַע״, ״וְהָיָה אִם שָׁמוֹעַ״, ״וְיֹאמַר״. וּבֵרְכוּ אֶת הָעָם שָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת, ״אֱמֶת וְיַצִּיב״, וַעֲבוֹדָה, וּבִרְכַּת כֹּהֲנִים. וּבְשַׁבָּת מוֹסִיפִין בְּרָכָה אַחַת לַמִּשְׁמָר הַיּוֹצֵא.

Nous avons appris là-bas : le memounè leur dit : « Récitez une seule bénédiction ! » Et ils la récitèrent, puis lurent les Dix Paroles, « Chema », « Ve-haya im chamoa », « Va-yomer ». Et ils bénirent le peuple de trois bénédictions : « Emet ve-yatsiv », la avoda, et la bénédiction des cohanim.

Et le Chabbat on ajoute une bénédiction pour la garde sortante.

📜 Rachi (8)
תְּנַן הָתָם בְּמַסֶּכֶת תָּמִיד:
Dans le traité Tamid.
אָמַר לָהֶם הַמְמֻונֶּה וְהוּא סְגַן הַכֹּהֲנִים כְּדַאי' בְּיוֹמָא הַיְינוּ סְגַן הַיְינוּ מְמֻונֶּה (בפירש"י שָׁם טו:):
C'est le segan des cohanim, comme il est dit dans Yoma : le segan et le memounè sont une seule et même fonction.
בָּרְכוּ בְּרָכָה אַחַת לְקַמָּן מְפָרֵשׁ מַאי הִיא וּמִן הַבְּרָכוֹת שֶׁלִּפְנֵי ק"ש הִיא דְּהָתָם מְסַדֵּר לְכוּלֵּיהּ סֵדֶר עֲבוֹדַת הַשַּׁחַר וְקָאָמַר דִּלְאַחַר שֶׁסִּדְּרוּ הָאֵבָרִים ע"ג הַכֶּבֶשׂ וּמְלָחוּם יָרְדוּ וּבָאוּ לָהֶם לְלִשְׁכַּת הַגָּזִית לִקְרוֹת אֶת שְׁמַע וַהֲדַר תָּנֵי אָמַר לָהֶם הַמְמֻונֶּה בָּרְכוּ בְּרָכָה אַחַת וְהֵם בֵּרְכוּ וְקָרְאוּ עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת:
Plus loin la guemara explique laquelle. Elle fait partie des bénédictions qui précèdent le Chema. Car là-bas la michna expose tout l'ordre du service du matin, et elle dit qu'après avoir disposé les membres sur la rampe et les avoir salés, ils descendirent et vinrent à la lichkat ha-gazit pour lire le Chema ; puis elle enseigne : le memounè leur dit « Récitez une seule bénédiction », et ils la récitèrent et lurent les Dix Paroles.
וּבָרְכוּ אֶת הָעָם עִם הָעָם:
Avec le peuple.
וַעֲבוֹדָה בִּשְׁבִיל הָעֲבוֹדָה שֶׁעָשׂוּ הָיוּ מְבָרְכִין אַחֲרֶיהָ רְצֵה ה' אֱ-לֹהֵינוּ עֲבוֹדַת עַמְּךָ יִשְׂרָאֵל וְאִשֵּׁי יִשְׂרָאֵל וּתְפִלָּתָם תְּקַבֵּל בְּרָצוֹן בָּרוּךְ הַמְקַבֵּל עֲבוֹדַת עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בְּרָצוֹן. אִי נָמֵי שֶׁאוֹתְךָ לְבַדְּךָ בְּיִרְאָה נַעֲבֹוד:
Pour le service qu'ils avaient accompli, ils récitaient après lui : « Agrée, ה' notre D.ieu, le service de Ton peuple Israël ; et les feux d'Israël et leur prière, reçois-les avec faveur. Béni soit Celui qui reçoit avec faveur le service de Son peuple Israël ». Ou bien : « Toi seul, nous Te servirons avec crainte ».
וּבִרְכַּת כֹּהֲנִים לְבָרֵךְ אֶת הָעָם וּבִשְׁאָר תְּפִלָּה לֹא הָיָה לָהֶם פְּנַאי וְאַף זְמַן קְרִיאַת שְׁמַע לֹא הִגִּיעַ כִּדְאָמַר בְּמַסֶּכֶת יוֹמָא (דַּף לז ע"ב) הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע עִם אַנְשֵׁי מִשְׁמָר וְעִם אַנְשֵׁי מַעֲמָד לֹא יָצָא לְפִי שֶׁאַנְשֵׁי מִשְׁמָר מַקְדִּימִין וְכוּ':
Pour bénir le peuple. Pour le reste de la prière ils n'avaient pas le loisir, et l'heure de la lecture du Chema n'était même pas arrivée, comme il est dit dans le traité Yoma (37b) : celui qui lit le Chema avec les gens de la garde et avec les gens du maamad ne s'est pas acquitté, parce que les gens de la garde le devancent, etc.
מוֹסִיפִין בְּרָכָה אַחַת לְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ לָהּ:
Plus loin la guemara l'explique.
לַמִּשְׁמָר הַיּוֹצֵא שֶׁהַמִּשְׁמָרוֹת מִתְחַלְּפוֹת בְּיוֹם הַשַּׁבָּת כִּדְאָמְרִינַן בְּמַסֶּכֶת סֻוכָּה (דַּף נו:) מִשְׁמָר הַיּוֹצֵא עוֹשָׂה תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר וּמוּסָפִין וּמִשְׁמָר הַנִּכְנָס עוֹשָׂה תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם וּבָזִיכִין:
Car les gardes se relaient le jour du Chabbat, comme nous disons dans le traité Soucca (56b) : la garde sortante fait le sacrifice permanent du matin et les moussafim, et la garde entrante fait le sacrifice permanent de l'après-midi et les bezikhin.
🗂️ Tossefot (1)
וּבִרְכַּת כֹּהֲנִים וְאֵין זֶה דּוּכָן שֶׁהֲרֵי לֹא הָיוּ עוֹמְדִים לַדּוּכָן עַד לְאַחַר הַקְטָרַת אֲמוּרִים דְּאָמְרִי' בְּתַעֲנִית (פ"ד ד' כו:) שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים בַּיּוֹם הַכֹּהֲנִים נוֹשְׂאִין כַּפֵּיהֶם וְכוּ' וא"כ הֲוָה לֵיהּ לְמִתְנֵי ד' פְּעָמִים אֶחָד לִפְנֵי הַקְטָרָה וְאֶחָד לְאַחַר הַקְטָרָה אֶלָּא בְּלֹא נְשִׂיאוּת כַּפַּיִם אָמְרוּ בִּרְכַּת כֹּהֲנִים כְּמוֹ שֶׁאָנוּ אוֹמְרִים:
Il ne s'agit pas de la doukhan, car ils ne montaient à la doukhan qu'après la combustion des emourim. Nous disons en effet dans Taanit (chapitre 4, 26b) que les cohanim élèvent leurs mains trois fois par jour, etc. ; s'il s'agissait de la doukhan, la michna aurait dû enseigner quatre fois, une avant la combustion et une après. Il faut donc dire qu'ils récitaient la bénédiction des cohanim sans élévation des mains, comme nous la disons.
💡 Explication

La guemara revient aux bénédictions du Chema en citant la michna de Tamid, qui décrit la pratique des cohanim au Temple. Le memounè, c'est-à-dire le segan, l'adjoint du grand prêtre, leur faisait réciter une seule bénédiction avant le Chema.

Deux détails demandent explication et occuperont la suite : quelle est cette bénédiction unique, et quelle est la bénédiction ajoutée le Chabbat pour la garde sortante.

21
מַאי ״בְּרָכָה אַחַת״? כִּי הָא דְּרַבִּי אַבָּא וְרַבִּי יוֹסֵי בַּר אַבָּא אִקְּלַעוּ לְהָהוּא אַתְרָא, בָּעוּ מִנַּיְיהוּ: מַאי ״בְּרָכָה אַחַת״? לָא הֲוָה בִּידַיְיהוּ. וַאֲתוֹ שַׁייְלוּהוּ לְרַב מַתְנָה לָא הֲוָה בִּידֵיהּ. אֲתוֹ שַׁייְלוּהוּ לְרַב יְהוּדָה. אֲמַר לְהוּ: הָכִי אָמַר שְׁמוּאֵל, ״אַהֲבָה רַבָּה״.

Quelle est cette « seule bénédiction » ? Comme dans ce cas : Rabbi Abba et Rabbi Yossi bar Abba arrivèrent dans un certain endroit.

On leur demanda : quelle est cette « seule bénédiction » ? Ils ne l'avaient pas sous la main.

Ils allèrent interroger Rav Matna : il ne l'avait pas non plus. Ils allèrent interroger Rav Yehouda.

Il leur dit : ainsi a dit Chmouel, « Ahava raba ».

📜 Rachi (1)
מַאי בְּרָכָה אַחַת דְּקָתָנֵי רֵישָׁא אֵיזוֹ מִן הַבְּרָכוֹת הוּא אוֹמֵר:
Que la michna énonce au début : laquelle des bénédictions récite-t-il ?
💡 Explication

La guemara raconte la circulation de la question à travers trois étages de maîtres avant d'aboutir à Rav Yehouda, qui détient la tradition de Chmouel. Le récit vaut aussi comme témoignage sur la manière dont une tradition se retrouve : on remonte de maître en maître jusqu'à celui qui l'a reçue.

22
וְאָמַר רַבִּי זְרִיקָא, אָמַר רַבִּי אַמִּי, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: ״יוֹצֵר אוֹר״. כִּי אֲתָא רַב יִצְחָק בַּר יוֹסֵף, אֲמַר, הָא דְּרַבִּי זְרִיקָא לָאו בְּפֵירוּשׁ אִתְּמַר אֶלָּא מִכְּלָלָא אִתְּמַר. דְּאָמַר רַבִּי זְרִיקָא אָמַר רַבִּי אַמֵּי, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: זֹאת אוֹמֶרֶת בְּרָכוֹת אֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ.

Et Rabbi Zerika a dit au nom de Rabbi Ami, au nom de Rabbi Chimon ben Lakich : « Yotser or ». Quand Rav Yits'hak bar Yossef arriva, il dit : ce propos de Rabbi Zerika n'a pas été énoncé explicitement, il a été déduit par inférence.

Car Rabbi Zerika a dit au nom de Rabbi Ami, au nom de Rabbi Chimon ben Lakich : cela nous apprend que les bénédictions ne s'empêchent pas l'une l'autre.

📜 Rachi (3)
לָאו בְּפֵירוּשׁ אִתְּמַר לֹא שָׁמַע מִפִּי ר"ל שאמ' בְּפֵירוּשׁ מַאי בְּרָכָה אַחַת יוֹצֵר אוֹר:
Il n'a pas entendu de la bouche de Reich Lakich qu'il ait dit explicitement quelle est cette « seule bénédiction » : « Yotser or ».
זֹאת אוֹמֶרֶת דְּקָתָנֵי בָּרְכוּ בְּרָכָה אַחַת:
Du fait que la michna enseigne « Récitez une seule bénédiction ».
בְּרָכוֹת אֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ בֵּירַךְ אֶת הָאַחַת וְלֹא בֵּירַךְ אֶת הַשְּׁנִיָּה נָפְקָא מִיהָא יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּהַהִיא שֶׁבֵּירֵךְ וְאֵין חֲבֶרְתָּהּ מְעַכֶּבֶת לוֹמַר שֶׁאֵין זוֹ מוֹעֶלֶת בְּלֹא זוֹ. וּמֵהָכָא שְׁמַע ר' זְרִיקָא דס"ל לר"ל דְּהַךְ בְּרָכָה אַחַת יוֹצֵר אוֹר הִיא:
S'il a récité l'une et non la seconde, il s'acquitte tout de même de son obligation par celle qu'il a récitée, et l'autre ne l'en empêche pas, en ce sens que l'on ne dira pas que celle-ci ne vaut rien sans celle-là. Et c'est de là que Rabbi Zerika a déduit que Reich Lakich tenait cette « seule bénédiction » pour « Yotser or ».
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' מַאי מְבָרֵךְ. א"ר יַעֲקֹב בַּר אִידִי א"ר הוֹשַׁעְיָא יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ. וְנֵימָא יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא נֹוגַהּ. אָמַר רָבָא בַּר עֻולָּא כְּדַי לְהַזְכִּיר מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה וּמִדַּת לַיְלָה בַּיּוֹם. מִדַּת לַיְלָה בַּיּוֹם יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ. וּמִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה גּוֹלֵל אוֹר מִפְּנֵי חֹשֶׁךְ וְחֹשֶׁךְ מִפְּנֵי אוֹר. בְּרָכָה שְׁנִיָּה מַאי הִיא. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל אַהֲבָה רַבָּה אֲהַבְתָּנוּ. וְרַבָּנַן אָמְרִי אַהֲבַת עוֹלָם תַּנְיָא נָמֵי הָכִי אֵין אוֹמְרִין אַהֲבָה רַבָּה אֶלָּא אַהֲבַת עוֹלָם וְכֵן הוּא אוֹמֵר וְאַהֲבַת עוֹלָם אֲהַבְתִּיךְ. וקי"ל כְּרַבָּנָן. וְהָא דְּאָמַר לְקַמָּן אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל הִשְׁכִּים לִקְרוֹת קֹודֶם שֶׁקָּרָא קְרִיאַת שְׁמַע צָרִיךְ לְבָרֵךְ. לְאַחַר שֶׁקָּרָא קְרִיאַת שְׁמַע אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ מַאי טַעְמָא שֶׁכְּבָר נִפְטַר בְּאַהֲבָה רַבָּה. הַהִיא מֵימְרָא דִּשְׁמוּאֵל דְּהוּא מָרָא דִּשְׁמַעְתָּא קַמַּיְיתָא וְרַבָּנָן פְּלִיגִי עָלֶיהָ וּכְבָר אִדְחֵי לָהּ הָא דִּשְׁמוּאֵל דְּתַנְיָא כְּוָותַייְהוּ דְּרַבָּנָן וְכָל מַאי דְּמַשְׁכַּחַת בָּתַר הָכִי אַהֲבָה רַבָּה אַעִיקָּרָא דִּשְׁמוּאֵל גָּרִיר. וְהַגְּאוֹנִים כָּתְבוּ שֶׁיֵּשׁ לְקַייֵּם דִּבְרֵי שְׁנֵיהֶם. וְעוֹד נ"א וְכֵן בְּאַשְׁכְּנַז וּבְצָרְפַת נָהֲגוּ לוֹמַר בְּשַׁחֲרִית אַהֲבָה רַבָּה וְלוֹמַר בְּעַרְבִית אַהֲבַת עוֹלָם. וְכֵן סְתָמָא דִּגְמָ' לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין הִזְכִּיר אַהֲבָה רַבָּה בְּשֶׁל שַׁחֲרִית:
Guemara : quelle bénédiction récite-t-on ? Rabbi Yaakov bar Idi a dit au nom de Rabbi Ochaya : « Celui qui forme la lumière et crée l'obscurité ». Qu'on dise donc : « Celui qui forme la lumière et crée la clarté » ? Rava bar Oula a dit : afin de mentionner la mesure du jour dans la nuit et la mesure de la nuit dans le jour. La mesure de la nuit dans le jour : « Celui qui forme la lumière et crée l'obscurité » ; et la mesure du jour dans la nuit : « Il fait rouler la lumière devant l'obscurité et l'obscurité devant la lumière ». Quelle est la seconde bénédiction ? Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : Ahava raba ahavtanou. Et les Sages disent : Ahavat olam. Une baraita enseigne de même : on dit Ahavat olam, et non Ahava raba, et il est dit de même : « d'un amour éternel Je t'ai aimé ». Nous tenons la halakha comme les Sages. Quant à ce qui est dit plus loin, au nom de Rav Yehouda au nom de Chmouel : celui qui s'est levé tôt pour étudier avant d'avoir lu le Chema doit réciter la bénédiction, tandis qu'après avoir lu le Chema il n'a pas à la réciter, puisqu'il s'en est déjà acquitté par Ahava raba — cet enseignement vient de Chmouel, qui est l'auteur du premier énoncé, et les Sages sont en désaccord avec lui ; l'avis de Chmouel a déjà été écarté, puisqu'une baraita enseigne comme les Sages. Tout ce que l'on trouve ensuite sous le nom d'Ahava raba se rattache à l'énoncé initial de Chmouel. Les Gueonim ont écrit qu'il y a lieu de maintenir les paroles des uns et des autres. Autre version : ainsi, en Achkenaz et en France, l'usage est de dire Ahava raba le matin et Ahavat olam le soir. Et de même, l'énoncé anonyme de la guemara plus loin dans notre passage a mentionné Ahava raba pour la prière du matin.
💡 Explication

Une seconde identification circule en Babylonie au nom de Reich Lakich : la bénédiction unique serait « Yotser or ». Rav Yits'hak bar Yossef, arrivé de Terre d'Israël, corrige la transmission : Reich Lakich n'a jamais dit cela be-feirouch, explicitement ; on le lui a attribué mi-khlala, par inférence à partir d'un autre de ses propos.

Ce que Reich Lakich a dit, c'est que le mot « une seule » de la michna enseigne que les bénédictions du Chema ne s'empêchent pas l'une l'autre : réciter l'une acquitte de celle-là, même si l'autre a été omise.

🖼️ Schéma
Enoncé explicite ou déduit par inférence Be-feirouch : explicite Le maître a dit la chose elle-même. Ici : Reich Lakich aurait dit que la berakha ahat est Yotser or. Statut : la tradition est ferme. Mi-khlala : déduit Le maître a dit autre chose, et on en a tiré cette conclusion. Ici : il a dit que les bénédictions ne s'empêchent pas l'une l'autre. Statut : la déduction reste discutable. Pourquoi la distinction compte Rav Yits'hak bar Yossef arrivé de Terre d'Israël et corrige la transmission babylonienne : l'attribution à Reich Lakich vient d'un raisonnement, non d'une parole entendue. La guemara peut donc examiner si l'inférence tient, ce qu'elle entreprend aussitôt.
Enoncé explicite ou déduit : pourquoi Rav Yits'hak bar Yossef corrige la transmission.
23
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא ״יוֹצֵר אוֹר״ הֲווּ אָמְרִי, הַייְנוּ דִּבְרָכוֹת אֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ, דְּלָא קָא אָמְרִי ״אַהֲבָה רַבָּה״.

Soit, si tu dis qu'ils récitaient « Yotser or », on comprend que les bénédictions ne s'empêchent pas l'une l'autre, puisqu'ils ne disaient pas « Ahava raba ».

📜 Rachi (1)
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא יוֹצֵר אוֹר הֲווֹ אָמְרִי וְלֹא אַהֲבָה רַבָּה ואע"ג דִּמְטָא לֵיהּ זִמְנָא שֶׁאַף בַּלַּיְלָה רָאוּי לוֹמַר כָּל שֶׁכֵּן דְּכֵיוָן דְּאָמְרִי יוֹצֵר אוֹר וַדַּאי מָטְיָא זְמַנָּהּ וְאַפֵּ"ה לָא אָמְרִי אֶלָּא יוֹצֵר אוֹר וְתוּ לָא אָמְרִי לָהּ הַיְינוּ דְּקָאָמַר שְׁמַע מִינָּה בְּרָכוֹת אֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ:
Et non « Ahava raba ». Et bien que son temps fût venu — car même la nuit il conviendrait de la dire, à plus forte raison ici, puisque, du fait qu'ils disaient « Yotser or », son temps était certainement arrivé — et malgré cela ils ne disaient que « Yotser or » et ne la disaient pas, c'est bien ce qui fait dire : apprends-en que les bénédictions ne s'empêchent pas l'une l'autre.
💡 Explication

La guemara reconstruit le raisonnement de Rabbi Zerika. Si la bénédiction unique était « Yotser or », alors les cohanim omettaient « Ahava raba » et s'acquittaient malgré tout : l'enseignement selon lequel les bénédictions ne s'empêchent pas l'une l'autre en découle directement.

Rachi ajoute la précision décisive : le fait même qu'ils disaient « Yotser or » prouve que l'heure des bénédictions était arrivée, et leur omission de la seconde était donc volontaire. Le folio suivant examinera l'autre branche de l'alternative.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).