Berakhot 22b — Combien d'eau pour le baal keri : quarante seah, neuf kabin, ou rien ; puis la michna des empêchements pendant l'amida

Berakhot 22b

Sougya : La première moitié du folio achève la sougya de la takana d'Ezra sur le baal keri. Quatre cas se croisent : l'homme bien portant ou malade, et l'émission provoquée (marguil) ou subie par contrainte (leonso).

Rav Assi dispense entièrement le malade par contrainte, Abaye puis Rava reconstruisent l'histoire de la mesure, et Rava tranche : quarante seah pour tout marguil, neuf kabin pour le bien portant par contrainte, rien pour le malade par contrainte. Une baraita ajoute une distinction : neuf kabin suffisent pour lui-même, mais quarante seah sont requises pour autrui.

Deux paires de Sages divergent, l'une sur la première partie de la baraita, l'autre sur la seconde : les quarante seah de Rabbi Yehouda valent-elles aussi dans des récipients, ou seulement dans le sol, l'ajout « en tout état de cause » servant alors à inclure l'eau puisée ? Suivent l'anecdote des trois Sages qui rompent le pain ensemble et le cas de Rav Hama, dont la halakha s'écarte.

La seconde moitié ouvre la michna des empêchements pendant la prière : celui qui se souvient en pleine amida qu'il est baal keri abrège sans interrompre ; celui qui est descendu s'immerger et que le lever du soleil presse lit le Chema dans l'eau ; il faut quatre coudées d'écart des excréments. La guemara y ajoute la lecture de la Torah, les excréments aperçus devant soi ou trouvés après coup, et l'urine qui coule pendant l'amida, avec la question ouverte de savoir où l'on reprend.

Quelle purification pour le baal keri : les quatre cas croisés Marguil = émission provoquée, recherchée. Leonso = émission subie, involontaire. Marguil (provoqué) Leonso (par contrainte) Bien portant bari 40 seah immersion complète, la takana d'Ezra 9 kabin eau versée sur lui, ajout des Sages Malade holé 40 seah tranché par Rava contre l'autre avis dispensé de tout Rav Assi : patour miklum La halakha de Rava Marguil, bien portant comme malade : 40 seah. Bien portant par contrainte : 9 kabin. Malade par contrainte : rien du tout. Ce que Rachi ajoute Rava tranche à l'intérieur de l'avis des Sages ; dans les faits nous suivons Rabbi Yehouda ben Betera, pour qui les paroles de Torah ne contractent pas d'impureté.
Le folio ne discute jamais une règle unique : il croise deux axes, l'état du corps et le caractère voulu ou subi de l'émission, et chaque case reçoit une mesure d'eau propre.
La baraita des neuf kabin et ses deux points de divergence Le texte de la baraita Reicha : un baal keri sur qui on a versé 9 kabin est pur. Quand ? pour lui-même ; mais pour autrui, 40 seah. Seifa : Rabbi Yehouda dit : 40 seah en tout état de cause. Divergence sur la reicha Que vise l'exigence de 40 seah pour autrui ? Avis A : seulement le malade marguil ; le malade par contrainte se contente de 9 kabin même pour autrui. Avis B : tout ce qui est fait pour autrui exige 40 seah, même pour un malade par contrainte. Divergence sur la seifa Que veut dire en tout état de cause chez R. Yehouda ? Avis A : dans le sol seulement ; un récipient ne vaut pas. L'ajout sert alors à inclure de l'eau puisée. Avis B : même dans des récipients. L'ajout se lit alors au pied de la lettre : de quelque manière que ce soit. Quatre Sages, deux paires : R. Yo'hanan et R. Yehochoua ben Levi d'un côté, R. Elazar et R. Yossi berabbi Hanina de l'autre. Un de chaque paire sur chaque point.
Le même groupe de quatre Sages se répartit sur deux questions distinctes, ce qui explique la formule répétée un de cette paire et un de cette paire.
Ce qui survient pendant l'amida et ce qu'il faut en faire Il se souvient qu'il est baal keri Il continue et abrège chaque bénédiction. Rachi : il dit toutes les bénédictions, mais en raccourci. Il voit des excréments devant lui Il avance jusqu'à les laisser quatre coudées derrière lui. Si avancer est impossible, une rivière par exemple, il s'écarte de quatre coudées sur le côté. Il découvre après coup des excréments à l'endroit où il a prié Rabba : il a fauté, mais sa prière est valide. Rava, par le verset sur le sacrifice des méchants : sa prière est une abomination. Le Ri limite cela à un lieu suspect. De l'urine coule sur ses genoux Il interrompt jusqu'à la fin de l'écoulement, puis reprend. Rav Hisda et Rav Hamnouna : reprendre au début, ou reprendre à l'endroit de l'arrêt. La question de fond : cet homme était-il écarté de la prière pendant l'écoulement, ou restait-il apte à prier ?
La seconde moitié du folio empile quatre situations dont la logique est la même : ce qui survient pendant la prière impose-t-il une interruption, un déplacement, ou une reprise ?
1
בְּקִילְעָא דְּרַב אוֹשַׁעְיָא, אֲתוֹ וּשְׁאִלוּ לְרַב אַסִּי. אֲמַר לְהוּ: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְחוֹלֶה הַמַּרְגִּיל, אֲבָל לְחוֹלֶה לְאָונְסוֹ פָּטוּר מִכְּלוּם. אָמַר רַב יוֹסֵף: אִצְטְמִיד חַצְבֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן.

dans l'antichambre de Rav Ocha'ya. Ils vinrent poser la question à Rav Assi.

Il leur dit : on n'a enseigné cela que pour un malade qui a provoqué son émission (marguil) ; mais un malade qui l'a subie par contrainte (leonso) est dispensé de tout. Rav Yossef dit : la cruche de Rav Nahman s'est ressoudée.

📜 Rachi (2)
בְּקִילְעָא כְּנִיסַת הַבַּיִת חֶדֶר שֶׁלִּפְנֵי הַטְּרַקְלִין שֶׁקּוֹרִין פורטיג"ו בְּלַעַז:
Bekil'a — l'entrée de la maison, la pièce qui précède le grand salon, que la langue vernaculaire appelle portico.
אֶצְטַמֵּיד נִתְחַזְּקוּ שְׁבָרָיו וְנִצְמְדוּ כְּלוֹמַר צֹורֶךְ לָנוּ עוֹד בּוֹ:
Itstemid — ses morceaux brisés se sont raffermis et ressoudés ; autrement dit, nous en avons encore besoin.
💡 Explication

Fin de la discussion ouverte au folio précédent. Rav Assi tranche par une distinction : chez le malade, tout dépend du caractère provoqué ou subi de l'émission. Le malade marguil garde une obligation ; le malade leonso n'a plus rien à accomplir, ni immersion ni aspersion.

L'image de Rav Yossef est technique : une cruche brisée dont les morceaux se ressoudent redevient utilisable. La position de Rav Nahman, que la discussion avait fissurée, retrouve sa solidité grâce à la réponse de Rav Assi.

2
מִכְּדִי כֻּולְּהוּ אָמוֹרָאֵי וְתַנָּאֵי בִּדְעֶזְרָא קָמִיפַּלְגִי, וְנֶחְזֵי עֶזְרָא הֵיכִי תַּקֵּן.

Or, tous ces Amoraim et Tanaim divergent sur ce qu'a institué Ezra ; voyons donc comment Ezra a institué sa mesure.

🗂️ Tossefot (1)
וְנֶחֱזֵי עֶזְרָא הֵיכָן תִּקֵּן בְּהַרְבֵּה מְקוֹמוֹת גַּבֵּי שְׁאָר תַּקָּנוֹת לָא פָּרֵיךְ גְּמָרָא הָכִי אֶלָּא שָׁאנֵי הָכָא דְּדָבָר הָרָגִיל בְּכָל יוֹם הוּא עַל כֵּן אָנוּ זְכוּרִים:
Et voyons où Ezra a institué — en bien des endroits, à propos d'autres institutions, la guemara ne pose pas cette question. Ici c'est différent, car il s'agit d'une chose courante chaque jour, et c'est pourquoi nous nous en souvenons.
💡 Explication

La guemara change de méthode. Au lieu de continuer à comparer les avis, elle remonte à la source : quelle a été exactement la takana (institution) d'Ezra ? Une fois son périmètre précisé, chaque divergence trouvera sa place, soit dans la takana elle-même, soit dans ce que les générations postérieures y ont ajouté.

3
אָמַר אַבַּיֵּי: עֶזְרָא תַּקֵּן לְבָרִיא הַמַּרְגִּיל אַרְבָּעִים סְאָה, וּבָרִיא לְאָונְסוֹ תִּשְׁעָה קַבִּין. וַאֲתוֹ אָמוֹרָאֵי וּפְלִיגִי בְּחוֹלֶה. מָר סָבַר חוֹלֶה הַמַּרְגִּיל כְּבָרִיא הַמַּרְגִּיל וְחוֹלֶה לְאָונְסוֹ כְּבָרִיא לְאָונְסוֹ. וּמַר סָבַר חוֹלֶה הַמַּרְגִּיל כְּבָרִיא לְאָונְסוֹ, וְחוֹלֶה לְאָונְסוֹ פָּטוּר מִכְּלוּם.

Abaye a dit : Ezra a institué pour le bien portant qui a provoqué son émission quarante seah, et pour le bien portant qui l'a subie par contrainte, neuf kabin. Puis les Amoraim sont venus et ont divergé à propos du malade.

Un maître tient que le malade marguil est comme le bien portant marguil, et le malade leonso comme le bien portant leonso. Et un maître tient que le malade marguil est comme le bien portant leonso, et que le malade leonso est dispensé de tout.

💡 Explication

Abaye répartit la matière en deux étages. Ezra lui-même aurait fixé les deux mesures pour l'homme bien portant : quarante seah pour l'émission provoquée, neuf kabin pour l'émission subie. Le cas du malade serait resté ouvert, et c'est là que les Amoraim se sont divisés.

Le premier avis aligne le malade sur le bien portant, cas par cas. Le second décale d'un cran : la maladie allège, si bien que le malade marguil descend au régime des neuf kabin et que le malade leonso sort entièrement de l'obligation.

4
אָמַר רָבָא: נְהִי דְּתַקֵּן עֶזְרָא טְבִילָה, נְתִינָה מִי תִּקֵּן?! וְהָאָמַר מָר עֶזְרָא תִּקֵּן טְבִילָה לְבַעֲלֵי קְרָיִין. אֶלָּא אָמַר רָבָא: עֶזְרָא תַּקֵּן טְבִילָה לְבָרִיא הַמַּרְגִּיל אַרְבָּעִים סְאָה. וַאֲתוֹ רַבָּנַן וְהַתְקִינוּ לְבָרִיא לְאָונְסוֹ תִּשְׁעָה קַבִּין. וַאֲתוֹ אָמוֹרָאֵי וְקָא מִיפַּלְגִי בְּחוֹלֶה, מָר סָבַר חוֹלֶה הַמַּרְגִּיל כְּבָרִיא הַמַּרְגִּיל, וְחוֹלֶה לְאָונְסוֹ — כְּבָרִיא לְאָונְסוֹ, וּמַר סָבַר לְבָרִיא הַמַּרְגִּיל אַרְבָּעִים סְאָה, וְחוֹלֶה הַמַּרְגִּיל כְּבָרִיא לְאָונְסוֹ — תִּשְׁעָה קַבִּין. אֲבָל לְחוֹלֶה לְאָונְסוֹ פָּטוּר מִכְּלוּם.

Rava a dit : admettons qu'Ezra ait institué une immersion (tevila) ; a-t-il institué une aspersion (netina, le fait de verser l'eau sur soi) ? Le Maître n'a-t-il pas dit : Ezra a institué une immersion pour les baalei keri !

Rava dit donc plutôt : Ezra a institué quarante seah d'immersion pour le bien portant marguil. Puis les Sages sont venus et ont institué neuf kabin pour le bien portant leonso.

Puis les Amoraim sont venus et ont divergé à propos du malade. Un maître tient que le malade marguil est comme le bien portant marguil, et le malade leonso comme le bien portant leonso.

Et un maître tient que le bien portant marguil requiert quarante seah, que le malade marguil est comme le bien portant leonso et requiert neuf kabin, mais que le malade leonso est dispensé de tout.

📜 Rachi (2)
דְּאָמַר מַר גַּבֵּי עֶשֶׂר תַּקָּנוֹת בב"ק בְּפֶרֶק מְרֻובֶּה:
Comme l'a dit le Maître — à propos des dix institutions d'Ezra, dans Bava Kama, chapitre Meroubé.
וְקָא מִיפַּלְגִי אָמוֹרָאֵי רַב דִּימֵי וְרָבִין:
Et les Amoraim divergent — Rav Dimi et Ravin.
💡 Explication

Rava conteste un détail de la reconstruction d'Abaye. La tradition ne connaît à Ezra qu'une seule mesure, la tevila, l'immersion. Les neuf kabin sont une netina, de l'eau versée sur le corps, ce qui constitue un autre acte : Ezra ne peut donc pas en être l'auteur.

Rava propose alors trois étages au lieu de deux. Ezra fixe l'immersion pour le bien portant marguil ; les Sages d'après lui créent le régime allégé des neuf kabin pour le bien portant leonso ; les Amoraim discutent enfin du malade. La divergence finale reste la même, mais elle porte désormais sur une couche clairement identifiée.

🖼️ Schéma
Les trois étages de la mesure selon Rava 1. Ezra Immersion de 40 seah pour le bien portant marguil. Une tevila, jamais une netina. 2. Les Sages après lui 9 kabin versés sur le corps pour le bien portant leonso. Un allègement ajouté. 3. Les Amoraim Rav Dimi et Ravin divergent sur le sort du malade. Deux lectures possibles. L'objection qui impose ce découpage La tradition sur les dix institutions d'Ezra ne mentionne qu'une immersion. Verser 9 kabin est un autre acte, donc une autre main. Différence avec Abaye Abaye attribuait les deux mesures à Ezra. Rava rend les 9 kabin aux Sages postérieurs, et la structure passe de deux étages à trois.
Rava sépare ce qu'Abaye avait réuni : l'objection sur la nature de l'acte, immersion ou aspersion, crée un étage intermédiaire dans l'histoire de la mesure.
5
אָמַר רָבָא הִלְכְתָא: בָּרִיא הַמַּרְגִּיל וְחוֹלֶה הַמַּרְגִּיל — אַרְבָּעִים סְאָה. וּבָרִיא לְאָונְסוֹ — תִּשְׁעָה קַבִּין. אֲבָל לְחוֹלֶה לְאָונְסוֹ — פָּטוּר מִכְּלוּם.

Rava a dit : la halakha est la suivante. Le bien portant marguil et le malade marguil, quarante seah.

Le bien portant leonso, neuf kabin. Mais le malade leonso est dispensé de tout.

📜 Rachi (1)
אָמַר רָבָא הִלְכְתָא וְכוּ' אַפְּלוּגְתָּא דְּאָמוֹרָאֵי הוּא דְּפָסַק רָבָא דִּפְלִיגִי אַלִּיבָּא דְּרַבָּנָן מִיהוּ הַשְׁתָּא אֲנַן כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא נָהֲגִינַן כִּדְאָמַר רַב נַחְמָן לְעֵיל וְרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק בָּתְרָא הֲוָה:
Rava a dit : la halakha est, etc. — c'est sur la divergence des Amoraim que Rava a tranché, eux qui divergent selon l'avis des Sages. Toutefois, aujourd'hui, nous nous conduisons comme Rabbi Yehouda ben Betera, ainsi que l'a dit Rav Nahman plus haut ; et Rav Nahman bar Yitshak était postérieur.
💡 Explication

Rava tranche en faveur du premier avis pour ce qui concerne le malade marguil, qu'il aligne sur le bien portant marguil : quarante seah dans les deux cas. Il retient en revanche la dispense complète pour le malade leonso, sur laquelle les deux avis se rejoignaient déjà.

6
תָּנוּ רַבָּנַן: בַּעַל קֶרִי שֶׁנָּתְנוּ עָלָיו תִּשְׁעָה קַבִּין מַיִם — טָהוֹר. בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים — לְעַצְמוֹ, אֲבָל לַאֲחֵרִים אַרְבָּעִים סְאָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַרְבָּעִים סְאָה מִכָּל מָקוֹם.

Nos maîtres ont enseigné : un baal keri sur lequel on a versé neuf kabin d'eau est pur. En quel cas cela est-il dit ?

Pour lui-même ; mais pour autrui, quarante seah. Rabbi Yehouda dit : quarante seah en tout état de cause.

📜 Rachi (2)
לְעַצְמוֹ לַעֲסֹוק בַּתּוֹרָה לְעַצְמוֹ אֲבָל לְלַמֵּד לַאֲחֵרִים מ' סְאָה:
Pour lui-même — pour s'occuper de Torah pour lui-même ; mais pour enseigner à autrui, quarante seah.
ור"י אוֹמֵר מ' סְאָה מ"מ מ' סְאָה שֶׁאָמְרוּ בְּכָל עִנְיָן שֶׁהֵן וּלְקַמָּן מְפָרֵשׁ לָהּ:
Et Rabbi Yehouda dit : quarante seah en tout état de cause — les quarante seah dont ils ont parlé, de quelque manière qu'elles se trouvent ; et plus loin la guemara l'explique.
💡 Explication

Nouvel axe, distinct de celui du corps. La baraita distingue selon la destination de l'étude ou de la parole sainte : celui qui étudie pour lui-même se contente des neuf kabin, celui qui enseigne à autrui doit s'immerger dans quarante seah.

Rabbi Yehouda refuse cet allègement et impose quarante seah dans tous les cas. Son expression mikol makom, en tout état de cause, sera le point d'appui de la discussion des segments suivants.

7
רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי וְרַבִּי אֶלְעָזָר וְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא. חַד מֵהַאי זוּגָא וְחַד מֵהַאי זוּגָא אַרֵישָׁא, חַד אָמַר: הָא דְּאָמְרַתְּ בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים לְעַצְמוֹ, אֲבָל לַאֲחֵרִים אַרְבָּעִים סְאָה, לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְחוֹלֶה הַמַּרְגִּיל, אֲבָל לְחוֹלֶה לְאָונְסוֹ תִּשְׁעָה קַבִּין. וְחַד אָמַר: כֹּל לַאֲחֵרִים, אֲפִילּוּ חוֹלֶה לְאָונְסוֹ עַד דְּאִיכָּא אַרְבָּעִים סְאָה.

Rabbi Yo'hanan et Rabbi Yehochoua ben Levi, Rabbi Elazar et Rabbi Yossi berabbi Hanina. Un de cette paire et un de cette paire divergèrent sur la première partie.

L'un dit : ce que tu as énoncé, « en quel cas cela est-il dit ? pour lui-même ; mais pour autrui, quarante seah », on ne l'a enseigné que pour le malade marguil ; mais pour le malade léonso, neuf kabin suffisent. Et l'un dit : tout ce qui est fait pour autrui, même chez un malade léonso, exige qu'il y ait quarante seah.

📜 Rachi (1)
חַד מֵהַאי זוּגָא וְחַד מֵהַאי זוּגָא פְּלִיגִי אַרֵישָׁא בְּפֵירוּשָׁא דְּמִילְּתָא דת"ק:
Un de cette paire et un de cette paire — ils divergent sur la première partie, dans l'explication du propos du premier Tana.
💡 Explication

Quatre Sages forment deux paires, et la guemara indique qu'un membre de chaque paire s'exprime sur chaque partie de la baraita, sans préciser lequel. Ici, la question porte sur la reicha, la première partie.

Le premier avis croise les deux axes du folio : l'exigence de quarante seah pour autrui ne vaut que là où une obligation réelle subsiste, donc chez le malade marguil ; le malade léonso reste au régime allégé même lorsqu'il enseigne. Le second avis rend la destination décisive à elle seule : dès lors qu'il s'agit d'autrui, quarante seah, quel que soit l'état du corps.

8
וְחַד מֵהַאי זוּגָא וְחַד מֵהַאי זוּגָא אַסֵּיפָא. חַד אָמַר: הָא דְּאָמַר רַבִּי יְהוּדָה אַרְבָּעִים סְאָה מִכָּל מָקוֹם — לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּקַרְקַע, אֲבָל בְּכֵלִים — לֹא. וְחַד אָמַר: אֲפִילּוּ בְּכֵלִים נָמֵי.

Et un de cette paire et un de cette paire divergèrent sur la seconde partie. L'un dit : ce que Rabbi Yehouda a dit, « quarante seah en tout état de cause », on ne l'a enseigné que dans le sol, mais dans des récipients, non.

Et l'un dit : même dans des récipients également.

📜 Rachi (2)
אַסֵּיפָא דְּר' יְהוּדָה:
Sur la seconde partie — celle de Rabbi Yehouda.
ל"ש אֶלָּא בְּקַרְקַע לָא תֵּימָא מ"מ דְּר' יְהוּדָה לְאַכְשׁוֹרֵי בִּכְלִי אֲתָא דְּאֵין כָּשֵׁר אֶלָּא מ' סְאָה בְּקַרְקַע וּלְקַמָּן בָּעֵי א"כ מַאי מ"מ:
On ne l'a enseigné que dans le sol — ne dis pas que le « en tout état de cause » de Rabbi Yehouda vient valider une immersion dans un récipient, car seules quarante seah dans le sol sont valables ; et plus loin la guemara demande : s'il en est ainsi, que vient dire « en tout état de cause » ?
💡 Explication

La seifa, la seconde partie, porte sur Rabbi Yehouda. Le droit de la Torah exige que le mikve soit une eau réunie dans le sol, non dans un ustensile. La question est de savoir si l'expression « en tout état de cause » vient rompre cette exigence.

Le premier avis maintient la règle du sol : l'expression porte sur autre chose. Le second la lit littéralement et valide même des quarante seah contenues dans des récipients, pour cette purification-ci qui reste d'institution rabbinique.

9
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר אֲפִילּוּ בְּכֵלִים — הַייְנוּ דְּקָתָנֵי רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: ״אַרְבָּעִים סְאָה מִכָּל מָקוֹם״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר בְּקַרְקַע — אִין, בְּכֵלִים — לֹא, ״מִכָּל מָקוֹם״ לַאֲתוּיֵי מַאי?

Passe encore selon celui qui dit « même dans des récipients » : c'est ainsi que s'explique l'enseignement « Rabbi Yehouda dit : quarante seah en tout état de cause ». Mais selon celui qui dit : dans le sol, oui ; dans des récipients, non — « en tout état de cause » vient inclure quoi ?

💡 Explication

La guemara mesure le prix de chaque lecture. Le second avis donne à l'expression un contenu immédiat. Le premier doit expliquer ce que ces mots ajoutent, car une formule d'ajout reste sans emploi si la règle du sol demeure entière.

10
לַאֲתוּיֵי מַיִם שְׁאוּבִין.

Cela vient inclure de l'eau puisée.

💡 Explication

Réponse brève et suffisante. Un mikve ordinaire est invalidé par de l'eau puisée (mayim chéouvin), c'est-à-dire recueillie à la main puis versée. Rabbi Yehouda maintient l'exigence des quarante seah réunies dans le sol, et son « en tout état de cause » autorise que cette eau ait été puisée.

🖼️ Schéma
Ce que couvre en tout état de cause chez Rabbi Yehouda 40 seah réunies dans le sol, eau de source Valable valable même pour un mikve ordinaire 40 seah dans le sol, mais de l'eau puisée Valable ici c'est l'apport du mot mikol makom : un mikve ordinaire s'en trouverait invalide 40 seah contenues dans des récipients Invalide selon le premier avis seulement Selon le second avis, la ligne du bas devient valable elle aussi, et le mot mikol makom n'a plus besoin de l'eau puisée pour trouver un emploi.
L'allègement porte sur la provenance de l'eau, pendant que l'exigence du sol demeure entière.
11
רַב פָּפָּא וְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ וְרָבָא בְּרַבִּי בַּר שְׁמוּאֵל כְּרִיכוּ רִיפְתָּא בַּהֲדֵי הֲדָדֵי. אֲמַר לְהוּ רַב פָּפָּא: הַבוּ לִי לְדִידִי לִבְרוֹךְ, דִּנְפוּל עִילָּוַאי תִּשְׁעָה קַבִּין. אֲמַר לְהוּ רָבָא בְּרַבִּי בַּר שְׁמוּאֵל: תְּנֵינָא, בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים — לְעַצְמוֹ, אֲבָל לַאֲחֵרִים — אַרְבָּעִים סְאָה. אֶלָּא, הַבוּ לִי לְדִידִי לִבְרוֹךְ, דִּנְפוּל עִילָּוַאי אַרְבָּעִים סְאָה. אֲמַר לְהוּ רַב הוּנָא: הַבוּ לִי לְדִידִי לִבְרוֹךְ, דְּלֵיכָּא עִילָּוַאי לָא הַאי וְלָא הַאי.

Rav Papa, Rav Houna fils de Rav Yehochoua et Rava berabbi bar Chmouel rompirent le pain ensemble. Rav Papa leur dit : laissez-moi bénir, car neuf kabin sont tombés sur moi.

Rava berabbi bar Chmouel leur dit : nous avons appris « en quel cas cela est-il dit ? pour lui-même ; mais pour autrui, quarante seah ». Laissez-moi donc plutôt bénir, car quarante seah sont tombées sur moi.

Rav Houna leur dit : laissez-moi bénir, car il n'est tombé sur moi ni ceci ni cela.

📜 Rachi (3)
אֲבָל לַאֲחֵרִים מ' סְאָה וְהָכָא נָמֵי דִּלְאַפּוֹקֵי אֲחֵרִים יְדֵי חוֹבָתָן כְּלַאֲחֵרִים דָּמֵי:
Mais pour autrui, quarante seah — et ici aussi, acquitter autrui de son obligation relève du registre « pour autrui ».
דִּנְפוּל עִילָּוַאי לָאו דַּוְקָא אֶלָּא טָבַלְתִּי במ' סְאָה:
Qui sont tombées sur moi — à ne pas prendre au pied de la lettre : je me suis immergé dans quarante seah.
לָא הַאי וְלָא הַאי לֹא הֻוצְרַכְתִּי לֹא לָזוֹ וְלֹא לָזוֹ שֶׁלֹּא רָאִיתִי קֶרִי:
Ni ceci ni cela — je n'ai eu besoin ni de l'un ni de l'autre, car je n'ai pas eu de keri.
💡 Explication

La règle passe à l'usage. Celui qui récite le birkat hamazon pour la table acquitte les autres de leur obligation, ce qui relève du registre « pour autrui » : Rachi le dit expressément. Rav Papa avance ses neuf kabin ; Rava berabbi bar Chmouel objecte que ce régime ne vaut que pour soi-même, et produit ses quarante seah.

Rav Houna clôt l'échange par un argument d'un autre ordre : il n'a eu besoin d'aucune des deux mesures, faute de keri. La pureté conservée vaut mieux que la pureté rendue.

12
רַב חָמָא טָבֵיל בְּמַעֲלֵי יוֹמָא דְּפִסְחָא לְהוֹצִיא רַבִּים יְדֵי חוֹבָתָן. וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ.

Rav Hama s'immergeait la veille de Pessa'h afin d'acquitter le public de son obligation. Et la halakha ne suit pas son avis.

📜 Rachi (2)
טֶבֶל וּבֵירַךְ רָגִיל הָיָה לַעֲשׂוֹת כֵּן דהו"ל לְלַמֵּד אֲחֵרִים וּבִשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה לֹא הָיָה טוֹבֵל אֶלָּא נוֹתֵן עָלָיו ט' קַבִּין:
Il s'immergeait — et il bénissait. Il avait coutume d'agir ainsi, car il lui fallait enseigner à autrui ; le reste de l'année, il ne s'immergeait pas, mais versait sur lui neuf kabin.
וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דְּכִי הֵיכִי דִּלְעַצְמוֹ בִּנְתִינָה לַאֲחֵרִים נָמֵי בִּנְתִינָה אִי נָמֵי דקיי"ל כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא:
Et la halakha ne suit pas son avis — car de même que pour lui-même l'aspersion suffit, pour autrui aussi l'aspersion suffit. Ou bien parce que nous tenons comme Rabbi Yehouda ben Betera.
🗂️ Tossefot (1)
וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דִּטְבִילָה בְּכָל יוֹם אַרְבָּעִים סְאָה אֶלָּא אֲפִילּוּ לַאֲחֵרִים נָמֵי סַגִּי בְּתִשְׁעָה קַבִּין אִי נָמֵי הָכִי פֵּירוּשׁוֹ וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ אֶלָּא כַּר' יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא דְּאָמַר דִבְרֵי תוֹרָה אֵין מְקַבְּלִין טֻומְאָה וי"מ דַּוְקָא לַתּוֹרָה אֲבָל לִתְפִלָּה צָרִיךְ טְבִילָה וּפִי' ר"י דְּלָא שְׁנָא וְהַטּוֹבֵל בְּעֶרֶב יוה"כ אֵין לוֹ לְבָרֵךְ וְהַמְּבָרֵךְ הֲוָה בְּרָכָה לְבַטָּלָה:
Et la halakha ne suit pas son avis — quant à une immersion quotidienne de quarante seah ; au contraire, même pour autrui neuf kabin suffisent. Ou bien voici le sens : la halakha ne suit pas son avis, mais celui de Rabbi Yehouda ben Betera, qui a dit que les paroles de Torah ne contractent pas d'impureté. Certains expliquent que cela vaut précisément pour la Torah, mais que la prière requiert une immersion ; et le Ri a expliqué qu'il n'y a là aucune différence. Celui qui s'immerge la veille de Yom Kippour ne doit pas réciter de bénédiction, et celui qui bénit prononce une bénédiction en vain.
💡 Explication

Rav Hama appliquait à la lettre la distinction entre soi-même et autrui : les jours ordinaires il se contentait des neuf kabin, et la veille de Pessa'h, où il devait acquitter la communauté, il s'immergeait.

La guemara écarte cette conduite. Rachi donne deux raisons possibles : soit l'aspersion suffit aussi pour autrui, soit nous suivons Rabbi Yehouda ben Betera, pour qui les paroles de Torah ne contractent pas d'impureté, ce qui supprime toute la question. Tossefot en tire une conséquence pratique sur la bénédiction de l'immersion.

13
מַתְנֵי׳ הָיָה עוֹמֵד בִּתְפִלָּה וְנִזְכַּר שֶׁהוּא בַּעַל קֶרִי, לֹא יַפְסִיק, אֶלָּא יְקַצֵּר.

MICHNA. Celui qui se tenait en prière et s'est souvenu qu'il était baal keri n'interrompt pas, mais abrège.

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' לֹא יַפְסִיק תְּפִלָּתוֹ לְגַמְרֵי אֶלָּא יְקַצֵּר כָּל בְּרָכָה וּבְרָכָה וְאוֹמֵר כָּל הַבְּרָכוֹת בְּקֹוצֶר:
Michna. Il n'interrompt pas — sa prière tout entière ; il abrège plutôt chaque bénédiction et dit toutes les bénédictions en raccourci.
💡 Explication

Le chapitre passe à une nouvelle série de michnayot sur les empêchements pendant la prière. Le premier cas suppose l'avis selon lequel le baal keri ne prie pas : ayant commencé de bonne foi, il ne quitte pas sa prière.

La solution retenue tient la mesure entre deux exigences : il conserve la structure complète de l'amida et dit toutes les bénédictions, mais chacune sous une forme abrégée.

14
יֵרֵד לִטְבֹּול, אִם יָכוֹל לַעֲלוֹת וּלְהִתְכַּסּוֹת וְלִקְרוֹת עַד שֶׁלֹּא תְּהֵא הָנֵץ הַחַמָּה — יַעֲלֶה וְיִתְכַּסֶּה וְיִקְרָא, וְאִם לָאו — יִתְכַּסֶּה בַּמַּיִם וְיִקְרָא. וְלֹא יִתְכַּסֶּה לֹא בַּמַּיִם הָרָעִים וְלֹא בְּמֵי הַמִּשְׁרָה, עַד שֶׁיָּטִיל לְתוֹכָן מַיִם. וְכַמָּה יַרְחִיק מֵהֶן וּמִן הַצּוֹאָה — אַרְבַּע אַמּוֹת.

Celui qui est descendu s'immerger : s'il peut remonter, se couvrir et lire avant le lever du soleil, qu'il remonte, se couvre et lise ; sinon, qu'il se couvre dans l'eau et lise. Mais qu'il ne se couvre ni dans une eau malodorante ni dans l'eau de rouissage, tant qu'il n'y a pas versé de l'eau.

Et de combien doit-on s'écarter d'elles et des excréments ? De quatre coudées.

📜 Rachi (4)
בְּמַיִם הָרָעִים מַיִם סְרוּחִים:
Dans une eau mauvaise — une eau putride.
מֵי הַמִּשְׁרָה שֶׁשּׁוֹרִים שָׁם הַפִּשְׁתָּן וְהַקַּנַּבּוֹס וְהֵם מַסְרִיחִים:
L'eau de rouissage — celle où l'on fait tremper le lin et le chanvre, et qui devient fétide.
עַד שֶׁיִּתֵּן לְתוֹכָן מַיִם וּבַגְּמָרָא (ד' כה:) מְפָרֵשׁ כַּמָּה מַיָּא רָמֵי וְאָזֵיל וּמְפָרֵשׁ לָהּ בְּחַסּוֹרֵי מִחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי לֹא יִקְרָא אֵצֶל מֵי רַגְלַיִם עַד שֶׁיִּתֵּן לְתוֹכָן מַיִם:
Tant qu'il n'y a pas versé de l'eau — et dans la guemara (25b) elle explique quelle quantité d'eau il y verse ; elle poursuit et l'explique par un « il manque quelque chose » (hissoureï mehsera), et voici ce qui est enseigné : qu'il ne lise pas auprès d'urine (mei raglayim) tant qu'il n'y a pas versé de l'eau.
וְכַמָּה יַרְחִיק מֵהֶם מִמֵּי רַגְלַיִם:
Et de combien doit-on s'en écarter — de l'urine.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' תְּנָא בֵּין תְּכֵלֶת שֶׁבָּהּ לְלָבָן שֶׁבָּהּ. פֵּירוּשׁ מִשֶּׁיַּכִּיר בְּצִיצִית בֵּין חֻולְיָא שֶׁל לָבָן שֶׁבָּהּ לְחֻולְיָא שֶׁל תְּכֵלֶת שֶׁבָּהּ דְּאָמְרִינַן בִּמְנָחוֹת פֶּרֶק הַתְּכֵלֶת (מְנָחוֹת דַּף מג:) וּרְאִיתֶם אוֹתוֹ וּזְכַרְתֶּם רְאֵה מִצְוָה זוֹ וּזְכֹור מִצְוָה אַחֶרֶת וְאֵיזוֹ זוֹ ק"ש כְּדִתְנַן מֵאֵימָתַי קוֹרִין אֶת שְׁמַע בְּשַׁחֲרִית מִשֶּׁיַּכִּיר בֵּין תְּכֵלֶת לְלָבָן גָּרְסִינַן בִּירֻושַּׁל' דְּפִרְקִין תָּנֵי מַתְנִי' בֵּין תְּכֵלֶת שֶׁבּוֹ לְלַבֵּן שֶׁבּוֹ. מ"ט דְּרַבָּנָן וּרְאִיתֶם אוֹתוֹ וּזְכַרְתֶּם מִן הַסָּמוּךְ לוֹ. מ"ט דר"א וּרְאִיתֶם אוֹתוֹ כְּדֵי שֶׁיְּהֵא נִיכָּר בֵּין הַצְּבָעִים פִּי' בֵּין שְׁנֵי צְבָעִים הַדּוֹמִים זֶה לָזֶה כְּגוֹן תְּכֵלֶת וּכְרֵתִי. תַּנְיָא ר"מ אוֹמֵר כְּדֵי שֶׁיַּכִּיר בֵּין זְאֵב לְכֶלֶב. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר כְּדֵי שֶׁיַּכִּיר בֵּין חֲמוֹר לְעָרוֹד. אֲחֵרִים אוֹמְרִים כְּדֵי שֶׁיִּרְאֶה אֶת חֲבֵירוֹ בְּרִחוּק ד' אַמּוֹת וְיַכִּירֵהוּ. יְרוּשַׁלְמִי בַּמֶּה אֲנַן קַייָּמִין. אִי רָגִיל הוּא אֲפִילּוּ רַחִיק כַּמָּה חַכִּים לֵיהּ. וּכְשֶׁאֵינוֹ רָגִיל. אֲפִילּוּ קָרוֹב גַּבֵּיהּ לָא חַכִּים לֵיהּ אֶלָּא כָּךְ אֲנַן קָייְמִין בְּרָגִיל וְאֵינוֹ רָגִיל כְּהַךְ דְּאָזֵיל לְאַכְסְנָיָא וְאָתֵי לְקִיצִּין. אָמַר רַב הוּנָא הֲלָכָה כַּאֲחֵרִים. אָמַר אַבָּיֵי לִתְפִלִּין כַּאֲחֵרִים לק"ש כְּוָותִיקִין דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן ווָתִיקִין הָיוּ גּוֹמְרִין אוֹתָהּ עִם הָנֵץ הַחַמָּה. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי וָותִיקִין הָיוּ גּוֹמְרִין אוֹתָהּ עִם הָנֵץ הַחַמָּה כְּדֵי שֶׁיִּסְמֹוךְ גְּאֻולָּה לִתְפִלָּה וְנִמְצָא מִתְפַּלֵּל בַּיּוֹם א"ר זֵירָא מַאי קְרָא יִירָאוּךָ עִם שָׁמֶשׁ. לִקְרִיאַת שְׁמַע כְּוָותִיקִין פִּי' מִצְוָה מִן הַמֻּובְחָר לְהַתְחִיל לִקְרוֹת שְׁמַע כְּדֵי שֶׁיִּגְמֹור עִם הָנֵץ הַחַמָּה כְּדֵי לִסְמֹוךְ גְּאֻולָּה לִתְפִלָּה מִיָּד בְּהָנֵץ הַחַמָּה. וּמוֹדֶה אַבַּיֵּי דִּתְחִלַּת זְמַן קְרִיאָה הוּא מִשֶּׁיַּכִּיר בֵּין תְּכֵלֶת לְלָבָן כִּסְתָמָא דְּמַתְנִיתִין וְנִמְשַׁךְ הַזְּמַן בְּשָׁלֹשׁ שָׁעוֹת כִּדְמוֹכַח לְקַמָּן בְּסוֹף מִי שֶׁמֵּתוּ (בְּרָכוֹת דַּף כב:) דְּקָתָנֵי מַתְנֵי' יָרַד לִטְבֹּול אִם יָכוֹל לַעֲלוֹת וּלְהִתְכַּסּוֹת וְלִקְרוֹת עַד שֶׁלֹּא יְהֵא הָנֵץ הַחַמָּה יַעֲלֶה וְיִתְכַּסֶּה וְיִקְרָא. וְאָמְרִינַן עֲלָהּ בגמ' דַּף כֹּה: לֵימָא תְּנַן סְתָמָא כר"א דְּאָמַר עַד הָנֵץ הַחַמָּה. אַפֵּי' תֵּימָא כְּר' יְהוֹשֻׁעַ וּכְוָותִיקִין דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן ווָתִיקִין כו'. אַלְמָא מַשְׁמַע בְּהֶדְיָא דְּווָתִיקִין סָבְרִי כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אֶלָּא דִּמְמַהֲרִים לִקְרוֹתָהּ עִם הָנֵץ הַחַמָּה כְּדֵי לִסְמֹוךְ גְּאֻולָּה לִתְפִלָּה בְּהָנֵץ הַחַמָּה. וְכֵן מַשְׁמַע בַּיְּרוּשַׁלְמִי דְּפִירְקִין. דְּגָרַס בַּיְּרוּשַׁלְמִי מ"ד כְּדֵי שֶׁיְּהֵא רָחוֹק מֵחֲבֵירוֹ ד' אַמּוֹת וּמַכִּירוֹ כמ"ד בֵּין תְּכֵלֶת לְלָבָן אֲבָל אָמְרוּ מִצְוָתָהּ עִם הָנֵץ הַחַמָּה כְּדֵי שֶׁיִּסְמֹוךְ גְּאֻולָּה לִתְפִלָּה וְנִמְצָא מִתְפַּלֵּל בַּיּוֹם. אָמַר ר' זֵירָא אֲנָא אִמְּרִיתָא טַעְמָא יִירָאוּךָ עִם שֶׁמֶשׁ. אָמַר מַר עוּקְבָא וָותִיקִין הָיוּ מַשְׁכִּימִין וְקוֹרִין אוֹתוֹ כְּדֵי שֶׁיִּסְמֹוךְ תְּפִלָּתוֹ עִם הָנֵץ הַחַמָּה וְהָא דְּאָמַר בְּיוֹמָא בְּפֶרֶק אָמַר לָהֶם הַמְמֻונֶּה (יוֹמָא דַּף לז:) אַף הִיא עָשְׂתָה נִבְרֶשֶׁת שֶׁל זָהָב בְּשָׁעָה שֶׁחַמָּה זוֹרַחַת עָלֶיהָ נִיצוֹצוֹת יוֹצְאוֹת הֵימֶנָּה וְיֵדְעוּ הַכֹּל שֶׁהִגִּיעַ זְמַן ק"ש וְאָמַר אַבַּיֵּי לִשְׁאָר עַמָּא דְּבִירוּשָׁלַיִם אַלְמָא מַשְׁמַע שֶׁתְּחִילַּת זְמַן קְרִיאָתָהּ אַחַר הָנֵץ הַחַמָּה. י"ל דְּהַךְ זִימְנָא נִקְבַּע לַהֲמוֹן הָעָם שֶׁאֵינָם יְכוֹלִין לְהַקְדִּים וּלְמַהֵר כְּווָתִיקִין וְאִם תֹּאמַר וְהָא לְעֵיל אָמַר ר"ש בֶּן יוֹחַי מִשּׁוּם ר"ע פְּעָמִים שֶׁאָדָם קוֹרֵא קְרִיאָה אַחַת קֹודֶם הָנֵץ הַחַמָּה וְאַחַת אַחַר הָנֵץ הַחַמָּה וּפְסִיק רִיבָּ"ל הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ אַלְמָא תְּחִלַּת זְמַן קְרִיאָה שֶׁל יוֹם הָוֵי אַחַר הָנֵץ הַחַמָּה כְּמַתְנִי' דְּיוֹמָא. וְי"ל דַּאֲפִילּוּ פְּלִיג רִיבָּ"ל אַאַבַּיֵּי הֲלָכָה כְּאַבַּיֵּי דִּפְסִיק כְּוָותִיקִין דְּהוּא בָּתְרָאָה. אִי נָמֵי לָא פְּסִיק רִיבָּ"ל כְּר' שִׁמְעוֹן אֶלָּא בְּמַה שֶׁסּוֹבֵר שֶׁקֹּודֶם הָנֵץ הַחַמָּה יוֹצֵא בְּשֶׁל לַיְלָה כִּדְאָמַר לְעֵיל דְּלָאו בְּפֵירוּשׁ אִיתְּמַר אֶלָּא מִכְּלָלָא אִיתְּמַר דְּהָהוּא זוּגָא דְּרַבָּנַן דְּאִישְׁתַּכּוּר וְכוּ'. אֲבָל בְּמַאי דְּקָאָמַר דִּתְחִלַּת זְמַן ק"ש שֶׁל יוֹם אַחַר הָנֵץ הַחַמָּה לָא פְּסִיק כְּוָותֵיהּ. אִי נָמֵי י"ל דר"ש גּוּפֵיהּ מוֹדֶה דִּזְמַן קְרִיאַת שְׁמַע שֶׁל יוֹם קֹודֶם הָנֵץ הַחַמָּה. וְהָא דְּלָא נְקַט פְּעָמִים שֶׁאָדָם קוֹרֵא ק"ש ב"פ קֹודֶם הָנֵץ הַחַמָּה וְיוֹצֵא בְּשֶׁל יוֹם וּבְשֶׁל לַיְלָה דְּהָוֵי רְבוּתָא טְפֵי. אִיכָּא לְמֵימַר דַּאֲתָא לְאַשְׁמְעִינַן שֶׁאֵינוֹ יוֹצֵא בְּשֶׁל לַיְלָה אַחַר הָנֵץ הַחַמָּה. אִי נָמֵי כִּדְפֵי' לְעֵיל שֶׁאִם הָיָה אָנוּס בְּפַעַם אַחַת עַל שֶׁל עַרְבִית וְעַל שֶׁל שַׁחֲרִית אֵינוֹ יָכוֹל לִקְרוֹת שְׁנֵיהֶם. ור"ח זַ"ל פֵּירֵשׁ דְּהַאי גּוֹמְרִין ר"ל קוֹרִין וּפָסַק דִּזְמַן ק"ש מֵהָנֵץ הַחַמָּה עַד שָׁלֹשׁ שָׁעוֹת כְּרִיבָּ"ל דִּפְסִיק הִלְכְתָא כר"ש שֶׁאָמַר מִשּׁוּם ר"ע כְּמַתְנִי' דְּיוֹמָא. וּפִי' יִירָאוּךָ עִם שֶׁמֶשׁ הַיְינוּ ק"ש כְּלוֹמַר יְקַבְּלוּ עֲלֵיהֶם עֹול מַלְכוּת שָׁמַיִם. וְלָא נְהִירָא מִדְּקָאָמַר כְּדֵי שֶׁיְּהֵא סוֹמֵךְ גְּאֻולָּה לִתְפִלָּה וּמַייְתִי עָלֶיהָ קְרָא דְּיִירָאוּךָ עִם שֶׁמֶשׁ מַשְׁמַע דִּקְרָא בִּתְפִלָּה אַיְירֵי. וְכֵן לְקַמָּן בְּפֶרֶק תְּפִלַּת הַשַּׁחַר (בְּרָכוֹת דַּף כט:) מַיְיתֵי לָהּ אַתְּפִלָּה דְּדָרֵישׁ מִינֵּיהּ דִּתְפִלַּת הַמִּנְחָה עִם דִּמְדּוּמֵי חַמָּה מִדִּכְתִיב וְלִפְנֵי יָרֵחַ דּוֹר דּוֹרִים וְעִם מַשְׁמָע אוֹ לְפָנָיו אוֹ לְאַחֲרָיו. עִם הָנֵץ הַחַמָּה אַיְירֵי קֹודֶם הָנֵץ הַחַמָּה. וְעִם שֶׁמֶשׁ מַשְׁמַע אַחַר זְרִיחַת הַשֶּׁמֶשׁ. וְגַם לִישָּׁנָא דְּגוֹמְרִין אוֹתוֹ לָא מַשְׁמַע כְּפֵירוּשׁוֹ. וְגַם רַב אִלְפָּס זַ"ל פָּסַק כִּדְפָרֵישִׁית. שכ' עֲלָהּ דְּאַבַּיֵּי וְכֵן הִלְכְתָא. אֶלָּא מִיהוּ לֵית כָּל אִינִישׁ יָכוֹל לְכַוּוֹנֵי וּלְמֶעְבַּד כִּי הַאי מִילְּתָא אֲפִילּוּ הָכֵי מִצְוָה לְמִקְרֵי קֹודֶם הָנֵץ הַחַמָּה מְעַט כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְפַּלֵּל אֶלָּא אַחַר הָנֵץ הַחַמָּה שֶׁנִּמְצָא שֶׁמִּתְפַּלֵּל עִם הַיּוֹם ואע"פ שֶׁאֵינוֹ מִתְפַּלֵּל עִם הָנֵץ הַחַמָּה דַּוְקָא. הֵעִיד רַבִּי יוֹסֵי בֶּן אֶלְיָקִים מִשּׁוּם קְהָלָא קַדִּישְׁתָּא שֶׁבִּירוּשָׁלַיִם כָּל הַסּוֹמֵךְ גְּאֻולָּה לִתְפִלָּה אֵינוֹ נִיזּוֹק כָּל אוֹתוֹ הַיּוֹם פִּי' כְּעֵין וָותִיקִין. וְכֵן מַשְׁמַע לְקַמָּן זִימְנָא חֲדָא סְמַךְ גְּאֻולָּה לִתְפִלָּה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בַּתְּחִלָּה אוֹמֵר ה' שְׂפָתַי תִּפְתָּח וּלְבַסּוֹף אוֹמֵר יִהְיוּ לְרָצוֹן אִמְרֵי פִי:
Guemara. Il a été enseigné : entre le bleu (tekhelet) qui s'y trouve et le blanc qui s'y trouve. Explication : à partir du moment où il distingue, dans les tsitsit, entre l'anneau de blanc et l'anneau de tekhelet, car nous disons dans Menahot, chapitre HaTekhelet (Menahot 43b) : « et vous le verrez et vous vous souviendrez » — vois cette mitsva et souviens-toi d'une autre mitsva ; et laquelle ? le Chema, comme nous l'avons appris : à partir de quand récite-t-on le Chema du matin ? à partir du moment où l'on distingue entre le tekhelet et le blanc. Nous lisons dans le Yerouchalmi de notre chapitre : on a enseigné dans la michna « entre le tekhelet qui s'y trouve et le blanc qui s'y trouve ». Quelle est la raison des Sages ? « Et vous le verrez et vous vous souviendrez » — à partir de ce qui lui est contigu. Quelle est la raison de Rabbi Eliezer ? « Et vous le verrez » — de sorte qu'il se distingue parmi les couleurs. Explication : entre deux couleurs voisines l'une de l'autre, comme le tekhelet et le vert poireau. Il a été enseigné : Rabbi Meir dit : assez de jour pour distinguer entre un loup et un chien. Rabbi Akiva dit : pour distinguer entre un âne et un onagre. D'autres disent : pour voir son compagnon à quatre coudées de distance et le reconnaître. Yerouchalmi : de quel cas parlons-nous ? S'il lui est familier, il le reconnaît de quelque distance que ce soit ; et s'il ne lui est pas familier, il ne le reconnaît pas même de près. Nous parlons donc de quelqu'un qui lui est familier sans l'être tout à fait, comme celui qui va loger à l'auberge et revient de loin en loin. Rav Houna a dit : la halakha suit les « autres ». Abaye a dit : pour les téfilines, comme les « autres » ; pour le Chema, comme les vatikin (les hommes scrupuleux), car Rabbi Yo'hanan a dit : les vatikin achevaient le Chema au lever du soleil. Cela a également été enseigné : les vatikin achevaient le Chema au lever du soleil, afin d'enchaîner la gueoula à la tefila, si bien qu'il se trouve prier de jour. Rabbi Zeira a dit : quel est le verset ? « Ils Te craindront avec le soleil » (Psaumes 72, 5). Pour la lecture du Chema, comme les vatikin. Explication : la mitsva accomplie de la meilleure manière consiste à commencer la lecture du Chema de façon à l'achever au lever du soleil, afin d'enchaîner la gueoula à la tefila dès le lever du soleil. Et Abaye admet que le début du temps de la lecture commence dès que l'on distingue entre le tekhelet et le blanc, conformément à la michna anonyme, et que ce temps se prolonge jusqu'à la troisième heure, comme il ressort plus loin, à la fin du chapitre Mi Chemeto (Berakhot 22b), où la michna enseigne : celui qui est descendu s'immerger, s'il peut remonter, se couvrir et lire avant le lever du soleil, qu'il remonte, se couvre et lise. Et nous disons à ce sujet dans la guemara (25b) : dirons-nous que notre michna anonyme suit Rabbi Eliezer, qui dit « jusqu'au lever du soleil » ? Tu peux même dire qu'elle suit Rabbi Yehochoua, et qu'elle parle à la manière des vatikin, ainsi que l'a dit Rabbi Yo'hanan : les vatikin, etc. Il en ressort clairement que les vatikin tiennent comme Rabbi Yehochoua, et qu'ils se hâtent seulement de lire le Chema au lever du soleil afin d'enchaîner la gueoula à la tefila à ce moment-là. C'est également ce qui ressort du Yerouchalmi de notre chapitre, où nous lisons : celui qui dit « de sorte qu'il soit à quatre coudées de son compagnon et le reconnaisse » est du même avis que celui qui dit « entre le tekhelet et le blanc » ; mais ils ont dit que sa mitsva se situe au lever du soleil, afin d'enchaîner la gueoula à la tefila, si bien qu'il se trouve prier de jour. Rabbi Zeira a dit : c'est moi qui en ai donné la raison, « ils Te craindront avec le soleil ». Mar Oukva a dit : les vatikin se levaient tôt et lisaient le Chema afin de joindre leur prière au lever du soleil. Quant à ce qui est dit dans Yoma, chapitre Amar lahem hamemouné (Yoma 37b) : elle fit aussi un candélabre d'or ; à l'heure où le soleil brillait dessus, des étincelles en jaillissaient, et tous savaient que le temps du Chema était arrivé — et Abaye a dit : pour le reste du peuple de Jérusalem. Il en ressortirait que le début du temps de la lecture se situe après le lever du soleil. On peut répondre que ce moment a été fixé pour la masse du peuple, qui ne peut pas devancer l'heure et se hâter comme les vatikin. Et si tu objectes : plus haut, Rabbi Chimon ben Yohai a dit au nom de Rabbi Akiva qu'il arrive qu'un homme fasse une lecture avant le lever du soleil et une autre après le lever du soleil, et Rabbi Yehochoua ben Levi a tranché la halakha comme lui ; il en ressortirait que le début du temps de la lecture du jour se situe après le lever du soleil, comme dans la michna de Yoma. On peut répondre que même si Rabbi Yehochoua ben Levi diverge d'Abaye, la halakha suit Abaye, qui a tranché comme les vatikin, car il est postérieur. Ou bien : Rabbi Yehochoua ben Levi n'a tranché comme Rabbi Chimon que sur ce qu'il soutient, à savoir qu'avant le lever du soleil on s'acquitte encore de la lecture de la nuit, comme il est dit plus haut que cela n'a pas été énoncé explicitement mais déduit par implication, à partir de ces deux Sages qui s'étaient enivrés, etc. Mais sur ce qu'il dit, que le début du temps du Chema du jour se situe après le lever du soleil, il n'a pas tranché comme lui. Ou bien on peut dire que Rabbi Chimon lui-même admet que le temps du Chema du jour commence avant le lever du soleil. Et s'il n'a pas formulé « il arrive qu'un homme lise le Chema deux fois avant le lever du soleil » et s'acquitte ainsi de celui du jour et de celui de la nuit, ce qui serait un enseignement plus fort, on peut dire qu'il vient nous apprendre qu'on ne s'acquitte pas de celui de la nuit après le lever du soleil. Ou bien, comme je l'ai expliqué plus haut : s'il a été empêché une seule fois, pour celui du soir et pour celui du matin, il ne peut pas lire les deux. Et Rabbenou Hananel, de mémoire bénie, a expliqué que ce mot « achevaient » signifie « lisaient », et il a tranché que le temps du Chema va du lever du soleil jusqu'à la troisième heure, comme Rabbi Yehochoua ben Levi, qui a tranché la halakha comme Rabbi Chimon au nom de Rabbi Akiva, conformément à la michna de Yoma. Il a expliqué que « ils Te craindront avec le soleil » vise le Chema, c'est-à-dire qu'ils accepteront sur eux le joug du royaume des cieux. Cela ne paraît pas exact, puisqu'il est dit « afin d'enchaîner la gueoula à la tefila » et que l'on apporte à ce sujet le verset « ils Te craindront avec le soleil », ce qui indique que le verset traite de la prière. De même, plus loin, au chapitre Tefilat hachahar (Berakhot 29b), on l'apporte à propos de la prière, puisqu'on en déduit que la prière de minha se fait au déclin du soleil, du fait qu'il est écrit « et devant la lune, de génération en génération », le mot « avec » signifiant soit avant, soit après. « Avec le lever du soleil » vise le moment qui précède le lever du soleil, et « avec le soleil » indique un moment postérieur au lever du soleil. En outre, l'expression « ils l'achevaient » s'accorde mal avec son explication. Et le Rif, de mémoire bénie, a tranché comme je l'ai exposé, car il a écrit à propos d'Abaye : et telle est la halakha. Toutefois, tout homme n'est pas capable de viser aussi juste et d'agir de cette manière ; malgré cela, c'est une mitsva de lire un peu avant le lever du soleil, afin de ne prier qu'après le lever du soleil, de sorte qu'il se trouve prier de jour, même s'il ne prie pas exactement au lever du soleil. Rabbi Yossi ben Elyakim a témoigné au nom de la sainte communauté de Jérusalem : quiconque enchaîne la gueoula à la tefila ne subit aucun dommage tout ce jour-là — explication : à la manière des vatikin. C'est également ce qui ressort plus loin : une fois, il enchaîna la gueoula à la tefila. Rabbi Yo'hanan a dit : au début on dit « Hachem, ouvre mes lèvres », et à la fin on dit « que les paroles de ma bouche soient agréées ».
💡 Explication

Cas de l'homme déjà dans le bain rituel au moment où l'heure du Chema presse. La priorité va au vêtement : s'il a le temps de sortir et de se couvrir avant le lever du soleil, il le fait. Sinon, l'eau elle-même tient lieu de couverture pour le bas du corps.

Deux eaux sont écartées : l'eau putride et l'eau de rouissage, celle où l'on fait tremper le lin, à cause de leur odeur. Rachi signale que le membre de phrase sur l'ajout d'eau se rapporte en réalité à l'urine, la michna étant elliptique, et que la guemara le rétablira plus loin. La distance de quatre coudées ferme la michna et commandera toute la suite du chapitre.

15
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: הָיָה עוֹמֵד בִּתְפִלָּה וְנִזְכַּר שֶׁהוּא בַּעַל קֶרִי — לֹא יַפְסִיק, אֶלָּא יְקַצֵּר. הָיָה קוֹרֵא בַּתּוֹרָה וְנִזְכַּר שֶׁהוּא בַּעַל קֶרִי — אֵינוֹ מַפְסִיק וְעוֹלֶה, אֶלָּא מְגַמְגֵּם וְקוֹרֵא. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אֵין בַּעַל קֶרִי רַשַּׁאי לִקְרוֹת בַּתּוֹרָה יוֹתֵר מִשְּׁלֹשָׁה פְּסוּקִים.

GUEMARA. Nos maîtres ont enseigné : celui qui se tenait en prière et s'est souvenu qu'il était baal keri n'interrompt pas, mais abrège.

Celui qui lisait dans la Torah et s'est souvenu qu'il était baal keri n'interrompt pas pour se retirer, mais lit en bredouillant. Rabbi Meir dit : un baal keri n'a pas le droit de lire dans la Torah plus de trois versets.

📜 Rachi (2)
גְּמ' מְגַמְגֵּם בִּמְרוּצָה:
Guemara. Il bredouille — à toute vitesse.
יוֹתֵר מג' פְּסוּקִים כְּגוֹן בְּבֵית הַכְּנֶסֶת דְּאִי אֶפְשָׁר לְפָחוֹת כְּדִתְנַן (מְגִילָּה פ"ג ד' כג:) הַקּוֹרֵא בַּתּוֹרָה לֹא יִפְחֹות מִשְּׁלֹשָׁה פְּסוּקִים:
Plus de trois versets — par exemple à la synagogue, où l'on ne peut pas en lire moins, comme nous l'avons appris (Meguila 23b) : celui qui lit dans la Torah ne lit pas moins de trois versets.
💡 Explication

La baraita reprend la michna et lui adjoint un second cas, la lecture publique de la Torah. Le principe reste le même : celui qui a commencé poursuit, en réduisant sa part. Pour la prière, la réduction porte sur la longueur des bénédictions ; pour la lecture, elle porte sur la diction, qui devient rapide et négligée.

Rabbi Meir fixe une limite chiffrée. Rachi la rattache à la règle de la lecture publique : descendre en dessous de trois versets est interdit, si bien que trois versets constituent le minimum autant que le maximum pour le baal keri.

16
תַּנְיָא אִידָךְ: הָיָה עוֹמֵד בִּתְפִלָּה וְרָאָה צוֹאָה כְּנֶגְדּוֹ — מְהַלֵּךְ לְפָנָיו עַד שֶׁיִּזְרְקֶנָּה לַאֲחוֹרָיו אַרְבַּע אַמּוֹת. וְהָתַנְיָא לִצְדָדִין. לָא קַשְׁיָא, הָא, דְּאֶפְשָׁר, הָא, דְּלָא אֶפְשָׁר.

On a enseigné par ailleurs : celui qui se tenait en prière et a vu des excréments en face de lui avance devant lui jusqu'à les rejeter quatre coudées derrière lui. Mais n'a-t-on pas enseigné « sur les côtés » ?

Ce n'est pas une difficulté : ici, là où c'est possible ; là, là où ce n'est pas possible.

📜 Rachi (3)
וְהָתַנְיָא לִצְדָדִין א"צ לְהַלֵּךְ עַד שֶׁתְּהֵא לַאֲחוֹרָיו:
Mais n'a-t-on pas enseigné « sur les côtés » — il n'a pas besoin d'avancer jusqu'à ce qu'ils soient derrière lui.
דְּאֶפְשָׁר לֵילֵךְ לְפָנָיו יֵלֵךְ לְפָנָיו עַד שֶׁתְּהֵא לַאֲחוֹרָיו:
Là où c'est possible — d'avancer devant lui, qu'il avance devant lui jusqu'à ce qu'ils soient derrière lui.
לֹא אֶפְשָׁר כְּגוֹן יֵשׁ נָהָר לְפָנָיו מִסְתַּלֵּק לַצְּדָדִים:
Là où ce n'est pas possible — par exemple s'il y a une rivière devant lui : il s'écarte sur les côtés.
💡 Explication

Deux baraitot donnent deux gestes différents pour un même incident. La guemara les répartit selon les circonstances : l'avancée vers l'avant est la conduite ordinaire, l'écart latéral la solution de repli.

Rachi donne l'exemple concret qui rend l'avancée impossible : une rivière barre le chemin. Dans les deux cas, la mesure reste la même, quatre coudées, et seule la direction du déplacement change.

🖼️ Schéma
Des excréments aperçus pendant l'amida : deux gestes selon le terrain Terrain libre devant lui au départ après la souillure 4 coudées derrière lui Il avance jusqu'à laisser la souillure quatre coudées en arrière. Un obstacle lui coupe la route rivière Il s'écarte de quatre coudées sur le côté. La distance requise ne change pas ; seule la direction du déplacement s'adapte à ce que le lieu permet.
Les deux baraitot décrivent le même écart de quatre coudées, l'une en profondeur, l'autre sur le côté.
17
הָיָה מִתְפַּלֵּל וּמָצָא צוֹאָה בִּמְקוֹמוֹ, אָמַר רַבָּה: אַף עַל פִּי שֶׁחָטָא — תְּפִלָּתוֹ תְּפִלָּה. מַתְקִיף לֵיהּ רָבָא: וְהָא: ״זֶבַח רְשָׁעִים תּוֹעֵבָה״! אֶלָּא אָמַר רָבָא: הוֹאִיל וְחָטָא, אַף עַל פִּי שֶׁהִתְפַּלֵּל — תְּפִלָּתוֹ תּוֹעֵבָה.

S'il priait et a trouvé des excréments à l'endroit où il se tenait, Rabba a dit : bien qu'il ait fauté, sa prière est une prière valide. Rava lui objecte : mais il est écrit « le sacrifice des méchants est une abomination » !

Rava dit donc plutôt : puisqu'il a fauté, bien qu'il ait prié, sa prière est une abomination.

🗂️ Tossefot (2)
וְהָא זֶבַח רְשָׁעִים תּוֹעֵבָה פר"י דְּדַוְקָא בְּמָקוֹם שֶׁהָיָה יָכוֹל לְהִסְתַּפֵּק וְלִתְלוֹת שֶׁיֵּשׁ שָׁם צוֹאָה:
Mais « le sacrifice des méchants est une abomination » — le Ri a expliqué qu'il s'agit précisément d'un endroit où il pouvait avoir un doute et supposer qu'il s'y trouvait des excréments.
אע"פ שֶׁהִתְפַּלֵּל תְּפִלָּתוֹ תּוֹעֵבָה וְהָוֵי מְעֻווָּת לֹא יוּכַל לִתְקֹן ור"י פִּי' דְּיַחֲזֹור וְיִתְפַּלֵּל:
Bien qu'il ait prié, sa prière est une abomination — et c'est là une chose faussée qui ne peut être redressée ; le Ri a expliqué qu'il doit reprendre sa prière.
💡 Explication

Le cas est celui d'une découverte après coup. Rabba distingue la faute et le résultat : l'homme a manqué à son devoir de vérifier le lieu, mais l'acte accompli tient.

Rava refuse cette séparation en s'appuyant sur Proverbes 21, 27. Une offrande faite dans la négligence perd sa qualité d'offrande, et la prière subit le même sort. Tossefot limite aussitôt la portée de la règle : elle ne vise que le lieu où un doute était raisonnable, ce qui rend la négligence réelle. Le Ri en tire l'obligation de reprendre la prière.

18
תָּנוּ רַבָּנַן: הָיָה עוֹמֵד בִּתְפִלָּה וּמַיִם שׁוֹתְתִין עַל בִּרְכָּיו — פּוֹסֵק עַד שֶׁיִּכְלוּ הַמַּיִם וְחוֹזֵר וּמִתְפַּלֵּל. לְהֵיכָן חוֹזֵר? רַב חִסְדָּא וְרַב הַמְנוּנָא, חַד אָמַר חוֹזֵר לָרֹאשׁ, וְחַד אָמַר: לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק.

Nos maîtres ont enseigné : celui qui se tenait en prière alors que de l'urine coulait sur ses genoux interrompt jusqu'à ce que l'écoulement cesse, puis reprend sa prière. Où reprend-il ?

Rav Hisda et Rav Hamnouna : l'un dit qu'il reprend au début, et l'un dit : à l'endroit où il s'est interrompu.

🗂️ Tossefot (1)
מַמְתִּין עַד שֶׁיִּכְלוּ הַמַּיִם בְּמַשְׁתִּין עַל גַּבֵּי קַרְקַע אוֹ ע"ג בְּגָדִים וְאֵין שָׁם טוֹפֵחַ ע"מ לְהַטְפִּיחַ כִּדְמַשְׁמַע לְקַמָּן (בְּרָכוֹת ד' כה.) כְּגוֹן דַּעֲבִיד טִיף טִיף שֶׁנִּבְלָעִין מְהֵרָה כֵּן פֵּי' הָרַב רַבִּי יוֹסֵף וּמִיהוּ נִרְאֶה אֲפִילּוּ אִם יֵשׁ בָּהֶן טוֹפֵחַ עַל מְנָת לְהַטְפִּיחַ מֻותָּרִין כֵּיוָן דְּמִדְּאוֹרַייְתָּא אֵינָן אֲסוּרִין אֶלָּא כְּנֶגֶד הָעַמּוּד בִּלְבַד וְרַבָּנָן הוּא דִּגְזוּר וְכֵיוָן שֶׁעוֹמֵד כְּבָר בִּתְפִלָּתוֹ לָא אַטְרְחוּהוּ רַבָּנָן לַחֲזֹור בַּתְּפִלָּה:
Il attend que l'écoulement cesse — il s'agit de celui qui urine sur le sol ou sur ses vêtements, sans qu'il y ait là de quoi mouiller au point de mouiller à son tour (tofeah al menat lehatpiah), comme cela ressort plus loin (Berakhot 25a), par exemple lorsque cela tombe goutte à goutte et se trouve vite absorbé ; ainsi l'a expliqué Rabbenou Yossef. Toutefois il semble que même s'il y a de quoi mouiller au point de mouiller à son tour, cela reste permis, puisque selon la Torah l'interdiction ne porte que sur le jet lui-même et que ce sont les Sages qui ont décrété au-delà ; des lors qu'il se tient déjà dans sa prière, les Sages ne lui ont pas imposé la peine de la reprendre.
⚖️ Rosh (2)
גְּמ' ת"ר הָיָה עוֹמֵד בִּתְפִלָּה וְרָאָה צוֹאָה כְּנֶגְדּוֹ מְהַלֵּךְ לְפָנָיו כְּדֵי שֶׁיִּזְרְקֶנָּה לְאַחֲרָיו ד' אַמּוֹת וְהָתַנְיָא לִצְדָדִין לָא קַשְׁיָא הָא דְּאֶפְשָׁר הָא דְּלָא אֶפְשָׁר. פֵּירוּשׁ שֶׁיֵּשׁ נָהָר לְפָנָיו. ת"ר הַמִּתְפַּלֵּל וּמָצָא צוֹאָה בִּמְקוֹמוֹ אָמַר רַבָּה אע"פ שֶׁחָטָא תְּפִלָּתוֹ תְּפִלָּה אָמַר רָבָא הַאי זֶבַח רְשָׁעִים תּוֹעֵבָה הוּא. נִרְאֶה לְרִ"י דְּמַיְירֵי בְּמָקוֹם שֶׁרָאוּי לְהִסְתַּפֵּק וְלִתְלוֹת שֶׁיֵּשׁ שָׁם צוֹאָה הִלְכָּךְ פָּשַׁע מִתְּחִלָּה וּלְכָךְ תְּפִלָּתוֹ תּוֹעֵבָה. אֲבָל אִם אֵינוֹ מָקוֹם שֶׁרָאוּי לְהִסְתַּפֵּק לָא מִיקְּרֵי זֶבַח רְשָׁעִים וְאִם הִתְפַּלֵּל תְּפִלָּתוֹ תְּפִלָּה וְאֵין צָרִיךְ לַחֲזֹור לְבָרֵךְ וּלְהִתְפַּלֵּל וְהֵבִיא ה"ר יוֹנָה זַ"ל רְאָיָה לִדְבָרָיו מִבָּרַייְתָא דִּלְעֵיל הָיָה עוֹמֵד בִּתְפִלָּה וְרָאָה צוֹאָה כְּנֶגְדּוֹ מְהַלֵּךְ לְפָנָיו עַד שֶׁיִּזְרְקֶנָּה לְאַחֲרָיו אַרְבַּע אַמּוֹת. וְלָא אָמְרִינַן שֶׁיִּתְפַּלֵּל פַּעַם אַחֶרֶת כִּי בְּאוֹתוֹ מָקוֹם לֹא הָיָה רָאוּי לְהִסְתַּפֵּק לִתְלוֹת שֶׁיֵּשׁ שָׁם צוֹאָה:
Guemara. Nos maîtres ont enseigné : celui qui se tenait en prière et a vu des excréments en face de lui avance devant lui de façon à les rejeter quatre coudées derrière lui. Mais n'a-t-on pas enseigné « sur les côtés » ? Ce n'est pas une difficulté : ici, là où c'est possible ; là, là où ce n'est pas possible — explication : lorsqu'il y a une rivière devant lui. Nos maîtres ont enseigné : celui qui priait et a trouvé des excréments à l'endroit où il se tenait, Rabba a dit : bien qu'il ait fauté, sa prière est une prière valide. Rava a dit : cela relève du « sacrifice des méchants est une abomination ». Il paraît au Ri qu'il s'agit d'un endroit où il était raisonnable d'avoir un doute et de supposer qu'il s'y trouvait des excréments ; il a donc été négligent dès le départ, et c'est pourquoi sa prière est une abomination. Mais dans un endroit où le doute ne s'imposait pas, cela ne reçoit pas le nom de « sacrifice des méchants » : s'il a prié, sa prière est une prière valide, et il n'a pas besoin de reprendre pour bénir et prier. Rabbenou Yona, de mémoire bénie, a apporté une preuve à ses paroles depuis la baraita citée plus haut : celui qui se tenait en prière et a vu des excréments en face de lui avance devant lui jusqu'à les rejeter quatre coudées derrière lui — et nous ne disons pas qu'il doit prier une seconde fois, car en cet endroit le doute ne s'imposait pas.
ת"ר הָיָה עוֹמֵד בִּתְפִלָּה וּמַיִם שׁוֹתְתִים לוֹ עַל בִּרְכָּיו מַמְתִּין עַד שֶׁיִּכְלוּ הַמַּיִם וְחוֹזֵר. פָּסַק ה"ר יוֹסֵף ב"ר מֹשֶׁה זַ"ל דַּאֲפִילּוּ נָפְלוּ עַל בְּגָדָיו כֵּיוָן דַּעֲבִיד טִיף טִיף נִבְלָעִים מְהֵרָה. כִּדְאָמַר לְקַמָּן (בְּרָכוֹת דַּף כֹּה.) מֵי רַגְלַיִם שֶׁנִּבְלְעוּ בַּבֶּגֶד אוֹ בַּקַּרְקַע וְאֵין בָּהֶם טוֹפֵחַ כְּדֵי לְהַטְפִּיחַ מֻותָּרִין. וְנִרְאֶה דַּאֲפִילּוּ יֵשׁ בָּהֶם טוֹפֵחַ כְּדֵי לְהַטְפִּיחַ מֻותָּר. דְּמִדְּאוֹרַייְתָּא אֵינוֹ אָסוּר אֶלָּא כְּנֶגֶד הָעַמּוּד בִּלְבַד כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן שָׁם וְרַבָּנָן הוּא דִּגְזוּר וְכֵיוָן שֶׁכְּבָר הוּא עוֹמֵד בִּתְפִלָּה לָא גְּזוּר וְאוֹקְמוּהָ אַדְּאוֹרָיְיתָא. לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר. רַב חִסְדָּא וְרַב הַמְנוּנָא חַד אָמַר חוֹזֵר לָרֹאשׁ וְחַד אָמַר חוֹזֵר לְמָקוֹם שֶׁפָּסַק לֵימָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי מ"ס אִם שָׁהָה כְּדֵי לִגְמוֹר אֶת כֻּולָּהּ חוֹזֵר לָרֹאשׁ ומ"ס לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק. אָמַר רַב אָשֵׁי הַאי שָׁהָה וְלֹא שָׁהָה מִיבְּעֵי לֵיהּ אֶלָּא דכ"ע אִם שָׁהָה כְּדֵי לִגְמוֹר אֶת כֻּולָּהּ חוֹזֵר לָרֹאשׁ. והב"ע בִּדְלָא שָׁהָה וּבְהָא קָמִיפַּלְגִי מ"ס גַּבְרָא דָּחוּי הוּא וּלְכָךְ יַחֲזֹור לָרֹאשׁ. וְלָא דָּמֵי לִמְהַלֵּךְ בִּמְבוֹאוֹת הַמְטֻונָּפוֹת דְּאָמַר לְקַמָּן (בְּרָכוֹת דַּף כֹּד:) שֶׁחוֹזֵר לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק הֵיכָא דְּלָא שָׁהָה דְּהָתָם גַּבְרָא לָאו דָּחוּי הוּא אֶלָּא שֶׁהַמָּקוֹם גּוֹרֵם. ומ"ס גַּבְרָא חֲזִי הוּא דַּאֲפִילּוּ בְּשָׁעָה שֶׁהַמַּיִם שׁוֹתְתִין הוּא רָאוּי לְהִתְפַּלֵּל דְּלָא אָסְרָה תּוֹרָה בְּמֵי רַגְלַיִם אֶלָּא כְּנֶגֶד הָעַמּוּד וְשׁוֹתֵת לָא חֲשִׁיב כְּנֶגֶד הָעַמּוּד וְרַבָּנָן הוּא דְּאַחְמוּר הֵיכָא דְּלָא הָיָה עוֹמֵד בִּתְפִלָּה. דכ"ע שָׁהָה חוֹזֵר לְרֹאשׁ. אֲבָל לָא הֲוָה מָצֵי לְמֵימַר דכ"ע לֹא שָׁהָה אֵין חוֹזֵר לָרֹאשׁ וּבִדְשָׁהָה קָמִיפַּלְגִי וּמַאן דס"ל חוֹזֵר לָרֹאשׁ מִשּׁוּם גַּבְרָא דָּחוּי הוּא מִשּׁוּם דלכ"ע הָוֵי גַּבְרָא חֲזִי כֵּיוָן דְּאֵין חוֹזֵר לְרֹאשׁ דְּכֵיוָן דע"י שׁוּם הֶפְסֵק אֵינוֹ צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְהִתְפַּלֵּל מַה שֶׁהִתְפַּלֵּל כְּבָר אִם כֵּן שַׁפִּיר מָצֵי לְהִתְפַּלֵּל אע"פ שֶׁלֹּא הָיָה יוֹדֵעַ שֶׁהָיָה יָכוֹל לְהַעֲמִיד עַצְמוֹ מִלְּהָטִיל מַיִם עַד שֶׁיִּגְמֹור אֶת תְּפִלָּתוֹ. אֲבָל אִם הֲוָה מָצֵי לְמֵימַר הָכִי הֲוָה מְשַׁנֵּי לֵיהּ דְּקַיְימָא לָן אֲפִילּוּ שָׁהָה בָּהּ כְּדֵי לִגְמֹור אֶת כֻּולָּהּ אֵינוֹ חוֹזֵר לָרֹאשׁ דְּאָמְרִינַן בְּפֶרֶק ב' דִּמְגִילָּה דַּף יח: אֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי מַנִּי שֶׁאָמַר מִשּׁוּם ר' יְהוּדָה גַּבֵּי מְגִילָּה שֶׁאִם שָׁהָה כְּדֵי לִגְמוֹר אֶת כֻּולָּהּ חוֹזֵר לָרֹאשׁ. וְר' יוֹחָנָן נָמֵי קָאָמַר בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּר"ה דַּף לד: שָׁמַע תֵּשַׁע תְּקִיעוֹת בְּתֵשַׁע שָׁעוֹת בַּיּוֹם יָצָא וּמַסִּיק הָתָם דִּפְלִיג אֶדֶר' אָבָהוּ דְּאָמַר חוֹזֵר לָרֹאשׁ וַהֲלָכָה כַּר' יוֹחָנָן בְּכָל מָקוֹם. וְעוֹד שַׂר' אָבָהוּ תַּלְמִידוֹ הֲוָה וְאֵין הֲלָכָה כְּתַלְמִיד בִּמְקוֹם הָרַב וְהָכִי אִיתָא לְקַמָּן בְּפִירְקִין (בְּרָכוֹת דַּף כֹּד:) גַּבֵּי ר' אֱבֵהוּ דַּהֲוָה אָזֵיל בִּמְבוֹאוֹת הַמְטֻונָּפוֹת וּבְעָא מִינָּהּ דר"י לְהֵיכָא לֶיהְדַּר. וַאֲמַר לֵיהּ ר' יוֹחָנָן לְדִידִי לָא סְבִירָא לִי לְמִיפְסַק וְאַף אִם שָׁהָה כְּדֵי לִגְמֹור אֶת כֻּולָּהּ אֵין צָרִיךְ לַחֲזֹור לָרֹאשׁ. אֲבָל לְדִידָךְ דִּסְבִירָא לָךְ דְּצָרִיךְ לְהַפְסִיק וּסְבִירָא לָךְ דְּהֵיכָא דְּשָׁהָה כְּדֵי לִגְמֹור אֶת כֻּולָּהּ חוֹזֵר לָרֹאשׁ הָכָא נָמֵי חוֹזֵר לָרֹאשׁ. וְהִקְשָׁה רַבֵּינוּ שִׁמְשׁוֹן זַ"ל מִקּוּצִי חֲדָא דְּאֵין זֶה דֶּרֶךְ שֶׁיָּשִׁיב הָרַב לְתַלְמִיד לְפִי מַה שֶׁסּוֹבֵר הַתַּלְמִיד כֵּיוָן שֶׁהוּא מְסֻופָּק וְשׁוֹאֵל מִמֶּנּוּ. וְעוֹד מנ"ל הָא דְּרַבִּי אָבָהוּ ס"ל הֵיכָא דְּשָׁהָה בָּאֶמְצַע כְּדֵי לִגְמֹור אֶת כֻּולָּהּ חוֹזֵר לָרֹאשׁ וּפִי' הוּא דְּוַדַּאי דְּהֵיכָא דְּשָׁהָה בָּאֶמְצַע כְּדֵי לִגְמֹור אֶת הַכֹּל בְּלֹא דָּחוּי וְאֹונֶס אֶלָּא שָׁהָה מֵעַצְמוֹ וְאִם הָיָה רוֹצֶה הָיָה יָכוֹל לִגְמֹור כה"ג אֵין חוֹזֵר לָרֹאשׁ כִּי הַהִיא דִּמְגִילָּה כְּשֶׁקּוֹרֵא לְסֵירוּגִין וְכֵן הַהִיא דר"ה דְּשָׁמַע תֵּשַׁע תְּקִיעוֹת בְּתֵשַׁע שָׁעוֹת בַּיּוֹם יָצָא אֲבָל הֵיכָא דְּשָׁהָה מֵחֲמַת שֶׁהָיוּ מַיִם שׁוֹתְתִים עַל בִּרְכָּיו לֹא הָיָה יָכוֹל לְהִתְפַּלֵּל בְּאוֹתָהּ שָׁעָה דכ"ע אִם שָׁהָה כְּדֵי לִגְמוֹר אֶת כֻּולָּהּ חוֹזֵר לָרֹאשׁ. וְהַשְׁתָּא נִיחָא הָא דְּרַבִּי אֱבֵהוּ לְקַמָּן דה"ק לֵיהּ לְדִידִי לָא סְבִירָא לִי לְהַפְסִיק הִלְכָּךְ לֹא הָיָה צָרִיךְ לַחֲזֹור לְרֹאשׁ אֲבָל לְדִידָךְ שֶׁהִפְסַקְתָּ דִּסְבִירָא לָךְ שֶׁאֵין הַמָּקוֹם רָאוּי לִקְרוֹת אִם שָׁהָה כְּדֵי לִגְמוֹר אֶת כֻּולָּהּ חוֹזֵר לָרֹאשׁ. כָּתַב רַב הַאי דְּהִלְכְתָא כמ"ד שֶׁחוֹזֵר לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק וְאִם שָׁהָה כְּדֵי לִגְמֹור אֶת כֻּולָּהּ חוֹזֵר לָרֹאשׁ: גָּרְסִינַן בְּפֶרֶק בְּנֵי הָעִיר (מְגִילָּה דַּף כז:) תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק הַמִּתְפַּלֵּל מַרְחִיק אַרְבַּע אַמּוֹת וּמַשְׁתִּין וְהַמַּשְׁתִּין מַרְחִיק אַרְבַּע אַמּוֹת וּמִתְפַּלֵּל. אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן בִּשְׁלָמָא מַשְׁתִּין מַרְחִיק אַרְבַּע אַמּוֹת וּמִתְפַּלֵּל דִּתְנַן כַּמָּה יַרְחִיק מֵהֶם וּמִן הַצּוֹאָה אַרְבַּע אַמּוֹת. אֶלָּא הַמִּתְפַּלֵּל מַרְחִיק אַרְבַּע אַמּוֹת וּמַשְׁתִּין אִי הָכִי קַדֵּישְׁתִּינְהוּ לְכֻולְּהוּ שְׁבִילֵי דִנְהַרְדְּעָא. תָּנֵי יִשְׁהֶה כְּלוֹמַר הָא דְּקָתָנֵי יַרְחִיק יִשְׁהֶה הוּא וְאָמְרִינַן בִּשְׁלָמָא מַשְׁתִּין יִשְׁהֶה כְּדֵי הִילּוּךְ אַרְבַּע אַמּוֹת וְאַחַ"כּ יִתְפַּלֵּל מִשּׁוּם נִיצוֹצוֹת אֶלָּא הַמִּתְפַּלֵּל יִשְׁהֶה כְּדֵי הִילּוּךְ אַרְבַּע אַמּוֹת וְאַחַר כָּךְ יַשְׁתִּין מַאי טַעְמָא. אָמַר רַב אַסִּי כָּל אַרְבַּע אַמּוֹת תְּפִלָּתוֹ שֶׁל אָדָם שְׁגוּרָה בְּפִיו וְרַחֵישׁ מְרַחֲשָׁן שִׂפְוָותֵיהּ:
Nos maîtres ont enseigné : celui qui se tenait en prière alors que de l'urine coulait sur ses genoux attend que l'écoulement cesse, puis reprend. Rabbenou Yossef bar Moche, de mémoire bénie, a tranché que même si cela est tombé sur ses vêtements, des lors que cela tombe goutte à goutte, cela est vite absorbé, comme il est dit plus loin (Berakhot 25a) : de l'urine absorbée dans un vêtement ou dans le sol, sans qu'il y reste de quoi mouiller au point de mouiller à son tour, est permise. Et il paraît que même s'il y reste de quoi mouiller au point de mouiller à son tour, cela est permis, car selon la Torah l'interdiction ne porte que sur le jet lui-même, comme nous le disons plus loin là-bas, et ce sont les Sages qui ont décrété au-delà ; des lors qu'il se tient déjà en prière, ils n'ont pas décrété, et ils l'ont laissé sur la loi de la Torah. Où reprend-il ? Rav Hisda et Rav Hamnouna : l'un dit qu'il reprend au début, et l'un dit qu'il reprend à l'endroit où il s'est interrompu. Dirons-nous qu'ils divergent sur ceci : un maître tient que s'il a attendu le temps d'achever toute la prière, il reprend au début, et un maître tient qu'il reprend à l'endroit où il s'est interrompu. Rav Achi a dit : il aurait fallu formuler « s'il a attendu » et « s'il n'a pas attendu ». Plutôt, tous s'accordent que s'il a attendu le temps d'achever toute la prière, il reprend au début ; ici il s'agit d'un cas où il n'a pas attendu, et ils divergent sur ceci : un maître tient que cet homme est écarté (guavra dahouy), et c'est pourquoi il reprend au début. Cela ne ressemble pas au cas de celui qui marche dans des ruelles souillées, dont il est dit plus loin (Berakhot 24b) qu'il reprend à l'endroit où il s'est interrompu lorsqu'il n'a pas attendu, car là l'homme demeure apte et c'est le lieu qui en est cause. Et un maître tient que cet homme est apte (guavra hazi), car même au moment où l'urine coule il reste apte à prier, la Torah n'ayant interdit l'urine qu'en face du jet, un simple écoulement n'étant pas tenu pour « en face du jet » ; ce sont les Sages qui ont été sévères là où il ne se tenait pas déjà en prière. De l'avis de tous, s'il a attendu, il reprend au début. La guemara ne pouvait pas dire que, de l'avis de tous, celui qui n'a pas attendu ne reprend pas au début, et qu'ils divergent dans le cas où il a attendu, celui qui tient qu'il reprend au début le tenant parce que l'homme est écarté ; car alors, de l'avis de tous, cet homme serait apte, puisqu'il ne reprend pas au début : des lors qu'aucune interruption ne l'oblige à redire ce qu'il a déjà prié, il pouvait donc valablement prier, même sans savoir s'il pourrait se retenir d'uriner jusqu'à la fin de sa prière. Mais si elle avait pu parler ainsi, elle aurait répondu que nous tenons que même s'il a attendu le temps d'achever toute la prière, il ne reprend pas au début, car nous disons au deuxième chapitre de Meguila (18b) que la halakha ne suit pas Rabbi Mani, qui a dit au nom de Rabbi Yehouda, à propos de la meguila, que s'il a attendu le temps de l'achever entièrement, il reprend au début. Rabbi Yo'hanan dit également, au dernier chapitre de Roch Hachana (34b) : s'il a entendu neuf sonneries en neuf heures dans la journée, il s'est acquitté ; et l'on conclut là-bas qu'il diverge de Rabbi Abbahou, qui dit qu'il reprend au début. Or la halakha suit Rabbi Yo'hanan en tout lieu ; de plus, Rabbi Abbahou était son disciple, et la halakha ne suit pas le disciple en présence du maître. Et c'est ainsi qu'il en est plus loin dans notre chapitre (Berakhot 24b), à propos de Rabbi Abbahou qui marchait dans des ruelles souillées et demanda à Rabbi Yo'hanan où il devait reprendre. Rabbi Yo'hanan lui répondit : quant à moi, je ne tiens pas qu'il faille interrompre, et même s'il a attendu le temps d'achever toute la prière, il n'a pas besoin de reprendre au début ; mais quant à toi, qui tiens qu'il faut interrompre et que celui qui a attendu le temps d'achever toute la prière reprend au début, ici aussi il reprend au début. Rabbenou Chimchon de Coucy, de mémoire bénie, a soulevé deux difficultés. D'abord, il n'est pas d'usage que le maître réponde au disciple selon ce que le disciple soutient, puisque celui-ci est dans le doute et l'interroge. Ensuite, d'où sait-on que Rabbi Abbahou tient que là où il a attendu au milieu le temps d'achever toute la prière, il reprend au début ? Il a donc expliqué ainsi : assurément, la où il a attendu au milieu le temps de tout achever sans être écarté ni empêché, mais qu'il a attendu de lui-même et qu'il aurait pu achever s'il l'avait voulu, dans un tel cas il ne reprend pas au début, comme dans le cas de la meguila lue par intermittence, et comme dans le cas de Roch Hachana où celui qui a entendu neuf sonneries en neuf heures dans la journée s'est acquitté. Mais là où il a attendu parce que de l'urine coulait sur ses genoux et qu'il ne pouvait pas prier à ce moment-là, de l'avis de tous, s'il a attendu le temps d'achever toute la prière, il reprend au début. Dès lors, le propos tenu à Rabbi Abbahou plus loin s'éclaire : voici ce que Rabbi Yo'hanan lui a dit : quant à moi, je ne tiens pas qu'il faille interrompre, et il n'y avait donc pas lieu de reprendre au début ; mais quant à toi, qui as interrompu parce que tu tiens que ce lieu n'est pas propre à la lecture, s'il a attendu le temps d'achever toute la prière, il reprend au début. Rav Haï a écrit que la halakha suit celui qui dit qu'il reprend à l'endroit où il s'est interrompu, et que s'il a attendu le temps d'achever toute la prière, il reprend au début. Nous lisons au chapitre Bnei ha'ir (Meguila 27b) : un Tana enseigna devant Rav Nahman bar Yitshak : celui qui prie s'écarte de quatre coudées et urine, et celui qui urine s'écarte de quatre coudées et prie. Rav Nahman lui dit : passe encore pour celui qui urine, qu'il s'écarte de quatre coudées et prie, car nous avons appris « de combien doit-on s'écarter d'elles et des excréments ? de quatre coudées » ; mais « celui qui prie s'écarte de quatre coudées et urine » — s'il en est ainsi, tu as sanctifié toutes les ruelles de Nehardea ! Enseigne plutôt « il attend », c'est-à-dire que ce qui est enseigné « il s'écarte » signifie « il attend ». Et nous disons : passe encore pour celui qui urine, qu'il attende le temps de parcourir quatre coudées et prie ensuite, à cause des éclaboussures ; mais celui qui prie, qu'il attende le temps de parcourir quatre coudées et urine ensuite — quelle en est la raison ? Rav Assi a dit : pendant quatre coudées, la prière de l'homme demeure fluente dans sa bouche et ses lèvres continuent de la murmurer.
💡 Explication

Dernier cas du folio, et le plus discuté. L'écoulement impose une interruption, contrairement aux cas précédents où l'on poursuivait en abrégeant ou en se déplaçant.

La question porte sur la reprise. Le Roch formule l'enjeu de fond : pendant l'écoulement, cet homme était-il guavra dahouy, un homme écarté de la prière, auquel cas ce qu'il avait dit ne compte plus et il recommence ; ou bien guavra hazi, un homme apte, l'empêchement venant seulement d'un décret des Sages, auquel cas il reprend la où il s'est arrêté.

🖼️ Schéma
De l'urine coule pendant l'amida : où reprend-on ? Le point acquis Il interrompt jusqu'à la fin de l'écoulement. La divergence porte seulement sur le point de reprise. Il reprend au début Raison : pendant l'écoulement, cet homme était guavra dahouy, écarté de la prière. Ce qu'il avait dit avant l'incident perd sa valeur, et l'amida recommence entièrement. Le défaut tient à la personne. Il reprend la où il s'est arrêté Raison : cet homme reste guavra hazi, apte à prier, la Torah n'interdisant que le jet lui-même. L'obstacle vient d'un décret des Sages, et ce qui a été dit auparavant demeure valide. Le défaut tient à la situation. Le point de comparaison retenu par le Roch Celui qui marche dans des ruelles souillées reprend la où il s'est arrêté, car le lieu seul fait obstacle. Toute la question est de savoir si l'écoulement se compare à ce cas.
Deux façons de qualifier le même homme pendant l'interruption, et deux conséquences opposées sur la partie de prière déjà dite.
19
לֵימָא בְהָא קָמִיפַּלְגִי:

Dirons-nous qu'ils divergent sur ceci :

💡 Explication

Le folio s'arrête sur l'amorce d'une tentative de réduction. La guemara va proposer de ramener la divergence de Rav Hisda et Rav Hamnouna à une question déjà connue, celle de savoir si une attente de la durée de toute la prière oblige à reprendre au début. La suite, avec l'objection de Rav Achi, appartient au folio suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).