Sougya : Le folio prolonge la michna de celui qui est descendu s'immerger et qui doit calculer s'il pourra remonter, se couvrir et lire le Chema avant le lever du soleil. La guemara écarte l'idée que cette michna anonyme suivrait Rabbi Eliezer : elle vise les vatikin, ces hommes scrupuleux qui achevaient le Chema au lever du soleil pour joindre la gueoula à la tefila.
Vient ensuite le problème de celui qui se couvre dans l'eau : son cœur voit sa nudité. Rabbi Elazar répond par l'eau trouble, comparable à une terre compacte, et une baraita propose de s'asseoir jusqu'au cou ou de troubler l'eau du pied.
De là se déploie la distinction centrale du folio entre voir et toucher, tranchée par Abaye et Rava : le talon qui voit est permis, le talon qui touche est interdit, car la Torah n'a pas été donnée aux anges du service. Rava sépare alors deux régimes : la souillure dépend du recouvrement, la nudité dépend de la vue, ce qui fait diverger leurs sorts dans une lanterne de verre.
La seconde moitié du folio traite du pot d'aisance et du vase d'urine, de la mesure d'eau qui annule l'urine, de la place du récipient devant ou derrière le lit, des mesures de lavoud et de dix tefahim sous le lit, et se ferme sur Rav Ahai qui trouve un sefer Torah posé dans la chambre nuptiale de son fils.
Et ici, la différence entre eux porte sur ce qui est humide au point de rendre humide.
Fin de la discussion ouverte au folio précédent sur l'urine répandue. Les deux tanaim s'accordent sur les cas extrêmes ; leur divergence se loge dans un état intermédiaire, désigné par l'expression tofeah al menat lehatpiah, littéralement humide au point de rendre humide : une surface assez mouillée pour transmettre son humidité à ce qui la touche.
Selon Rachi, le premier tana n'interdit qu'à partir de ce degré ; Rabbi Yossei est plus rigoureux et interdit dès que l'urine est encore humide, même sans transmettre son humidité.
« Il est descendu s'immerger : s'il peut remonter, etc. » Dirons-nous que le tana a enseigné cette michna anonyme selon Rabbi Eliezer, qui dit : jusqu'au lever du soleil ?
La guemara reprend la michna du folio 22b : celui qui est descendu au bain rituel après une émission séminale calcule s'il pourra remonter, se couvrir et lire le Chema avant le lever du soleil ; s'il le peut, qu'il remonte.
Cette michna est anonyme, une stama. Or une michna anonyme indique la position retenue par Rabbi. En fixant le terme du Chema au lever du soleil, elle semble donc adopter Rabbi Eliezer contre Rabbi Yehochoua, qui prolonge le temps du Chema jusqu'à la troisième heure. Rachi ajoute la portée de l'objection : la halakha suivrait alors Rabbi Eliezer.
Même si tu dis Rabbi Yehochoua : peut-être la michna parle-t-elle à la manière des vatikin, car Rabbi Yo'hanan a dit : les vatikin achevaient sa lecture avec le lever du soleil.
La guemara écarte l'objection. La michna peut suivre Rabbi Yehochoua, pour qui le temps du Chema court jusqu'à la troisième heure ; en mentionnant le lever du soleil, elle décrit la conduite des vatikin, les hommes de l'ancienne rigueur qui réglaient leur lecture de façon à la terminer exactement au lever du soleil.
Leur motif est donné par le Roch : achever le Chema à cet instant permet d'enchaîner immédiatement la bénédiction de la gueoula sur la amida, et de prier ainsi en plein jour. Le lever du soleil est donc pour eux un objectif de perfection, non un terme.
« Et sinon, qu'il se couvre dans l'eau et lise. » Mais voici que son cœur voit la nudité !
La michna permettait à celui qui ne peut pas remonter à temps de rester dans l'eau et d'y lire le Chema, la tête hors de l'eau. La guemara objecte : dans l'eau, aucun vêtement ne s'interpose entre la poitrine et le bas du corps, de sorte que son cœur voit sa nudité.
Rachi indique la logique de l'objection telle qu'on la comprend d'abord : tout membre qui n'a pas coutume de voir la nudité et qui la voit au moment de la lecture ferait tomber le verset « et qu'il ne se voie chez toi rien d'indécent ». Tossefot en tire une conséquence halakhique : puisque la guemara pose cette objection comme une évidence, le cœur qui voit la nudité est interdit.
Rabbi Elazar a dit, et certains disent Rabbi Aha bar Abba bar Aha au nom de Rabbenou : on l'a enseigné dans une eau trouble, qui ressemble à une terre compacte, de sorte que son cœur ne voie pas sa nudité.
La réponse restreint la michna à un cas précis : l'eau trouble. Une eau chargée de limon fait écran à la vue comme le ferait un sol ferme, de sorte que le cœur ne voit plus la nudité. La comparaison arka semikhta, terre compacte, donne le critère : ce qui importe est l'opacité, non la matière.
Nos maîtres ont enseigné : dans une eau claire, il s'y assied jusqu'au cou et lit. Et certains disent : il la trouble avec son pied.
La baraita traite du cas laissé ouvert : l'eau claire. Le premier tana permet de s'y asseoir jusqu'au cou et de lire ; le second avis exige de rendre l'eau trouble en remuant le fond du pied, ce qui rejoint la réponse de Rabbi Elazar.
Et le premier tana : voici que son cœur voit la nudité ! Il tient que le cœur qui voit la nudité est permis.
Mais voici que son talon voit la nudité ! Il tient que le talon qui voit la nudité est permis.
La guemara interroge la position du premier tana de la baraita, qui permet l'eau claire. Il faut lui attribuer deux permissions successives : le cœur qui voit la nudité, puis le talon qui la voit, puisque l'homme assis dans l'eau a le talon replié contre le corps.
Cette lecture ouvre la discussion suivante : la guemara va isoler le cas du talon, sur lequel les Amoraim divergent, du cas du cœur, sur lequel Tossefot a indiqué qu'on s'accorde à interdire.
Il a été dit : le talon qui voit la nudité est permis ; s'il touche, Abaye dit : interdit, et Rava dit : permis. Rav Zevid enseignait cette tradition ainsi.
Rav Hinnana fils de Rav Ika l'enseignait ainsi : s'il touche, tous s'accordent que c'est interdit ; s'il voit, Abaye dit : interdit, Rava dit : permis, car la Torah n'a pas été donnée aux anges du service. Et la halakha est : s'il touche, interdit ; s'il voit, permis.
Deux transmissions de la même tradition circulent. Selon Rav Zevid, la permission du talon qui voit est acquise et le débat porte sur le contact. Selon Rav Hinnana, l'interdiction du contact est acquise et le débat porte sur la vue.
L'argument de Rava, la Torah n'a pas été donnée aux anges du service, pose une limite générale à la rigueur : une exigence que la constitution du corps humain rend impossible à tenir ne peut pas être le sens de la Torah. Rachi le précise : les anges n'ont pas de nudité, l'homme en a une malgré lui.
La halakha combine les deux versions : le contact est interdit, la vue est permise. Tossefot explique l'interdiction du contact du talon comme un décret préventif, de crainte que l'homme n'en vienne à toucher avec les mains.
Rava a dit : des excréments dans une lanterne de verre, il est permis de lire le Chema en face. Une nudité dans une lanterne de verre, il est interdit de lire le Chema en face.
Des excréments dans une lanterne, il est permis de lire le Chema en face, car pour les excréments la chose dépend du recouvrement, et les voici recouverts. Une nudité dans une lanterne, il est interdit de lire le Chema en face : « et qu'il ne se voie chez toi rien d'indécent », a dit le Miséricordieux, et la voici visible.
Rava dégage le principe qui sépare les deux interdits. Pour la souillure, le verset commande « et tu couvriras tes excréments » : la question est celle du recouvrement, et une paroi transparente couvre. Pour la nudité, le verset dit « et qu'il ne se voie chez toi rien d'indécent » : la question est celle de la vue, et une paroi transparente ne l'empêche pas.
La achachit est une lanterne, que Rachi rend par le mot vernaculaire lanterna : une cloison de verre ou de parchemin fin, qui sépare tout en laissant voir. Le même dispositif produit donc deux résultats opposés selon l'interdit concerné.
Abaye a dit : une quantité quelconque d'excrément, on l'annule par de la salive. Rava a dit : et avec une salive épaisse.
Rava a dit : des excréments dans un creux, il pose sa sandale dessus et lit le Chema. Mar fils de Ravina a demandé : des excréments collés à sa sandale, qu'en est-il ?
La question reste sans réponse.
Trois applications du critère du recouvrement. Une trace minime se couvre d'un crachat, à condition que la salive soit épaisse et tienne. Des excréments logés dans un creux du sol se couvrent par la sandale posée dessus.
La question de Mar fils de Ravina porte sur le cas où la sandale touche directement les excréments : le recouvrement vaut-il encore quand le couvercle est en contact avec la chose et fait corps avec l'homme ? Elle reste en teikou, sans réponse. Le Roch en tire la conséquence pratique : une question sans réponse en matière d'interdit se tranche vers la rigueur.
Rav Yehouda a dit : devant un non-Juif nu, il est interdit de lire le Chema. Pourquoi préciser un non-Juif ?
Même un Juif aussi ! Pour un Juif, il lui était évident que c'est interdit ; c'est pour le non-Juif qu'il a eu besoin de le dire.
Car tu aurais pu dire : puisqu'il est écrit à leur sujet « dont la chair est chair d'ânes », dis qu'il n'est qu'un âne ordinaire ; il nous apprend qu'eux aussi sont appelés nudité, comme il est écrit : « et la nudité de leur père ils ne virent pas ».
La guemara écarte une lecture possible du verset d'Ezechiel, qui compare la chair de certaines nations à celle des ânes : on aurait pu en déduire que leur nudité n'a pas le statut de nudité, comme celle d'un animal. Le verset de la Genèse sur les fils de Noé, qui parle de « la nudité de leur père », fournit la réfutation : le terme s'applique aussi hors d'Israël.
Le Roch en tire une application pratique pour la circoncision d'un converti, où il faut couvrir la nudité au moment de la bénédiction, et rapporte la discussion sur le cas du petit enfant.
« Et il ne se couvrira ni d'une eau mauvaise ni de l'eau de rouissage, jusqu'à ce qu'il y verse de l'eau. » Et combien d'eau va-t-il donc y verser ? Il faut plutôt l'entendre ainsi : il ne se couvrira ni d'une eau mauvaise ni de l'eau de rouissage, en aucun cas ; et pour de l'urine, jusqu'à ce qu'il y verse de l'eau, et alors il lit.
La michna se lisait comme si l'ajout d'eau rachetait les trois cas. La guemara objecte par l'évidence pratique : l'eau puante et l'eau de rouissage, où l'on fait tremper le lin, sont en grande quantité, et Rachi souligne qu'il faudrait en verser une masse pour les annuler.
La michna est donc redécoupée : l'interdiction est absolue pour ces deux eaux, et la clause de l'ajout d'eau ne concerne que l'urine, qui se trouve en petite quantité dans un récipient.
Nos maîtres ont enseigné : combien d'eau y jettera-t-il ? Une quantité quelconque.
Rabbi Zakkai dit : un revi'it.
La baraita fixe la mesure de l'eau qui annule l'urine. Le premier avis se contente d'une quantité quelconque ; Rabbi Zakkai exige un revi'it, le quart de log, mesure standard de nombreuses obligations rituelles.
Rav Nahman a dit : la divergence porte sur le cas où l'eau vient en dernier ; mais lorsqu'elle est là dès le départ, tous s'accordent qu'une quantité quelconque suffit.
Rav Nahman circonscrit le débat. Quand l'urine est déjà dans le récipient et qu'on y verse l'eau ensuite, l'annulation doit vaincre une masse constituée : c'est là que Rabbi Zakkai exige un revi'it.
Quand l'eau se trouve dans le récipient avant, chaque goutte d'urine est annulée dès son entrée, et Rachi précise le raisonnement : les gouttes ont beau s'accumuler, chacune a déjà été annulée au moment de tomber. Une quantité quelconque suffit alors de l'avis de tous.
Et Rav Yossef a dit : la divergence porte sur le cas où l'eau est là dès le départ ; mais lorsqu'elle vient en dernier, tous s'accordent qu'il faut un revi'it. Rav Yossef dit à son serviteur : apporte-moi un revi'it d'eau, comme Rabbi Zakkai.
Rav Yossef renverse la répartition de Rav Nahman : selon lui, tous exigent un revi'it quand l'eau vient après, et le débat ne porte que sur le cas où elle précède.
Sa conduite personnelle tranche dans le sens le plus exigeant. Rachi relève la portée du récit : il demandait un revi'it même dès le départ, c'est-à-dire dans le cas où son propre avis laisse subsister la position permissive.
Nos maîtres ont enseigné : un pot d'aisance à excréments et un vase d'urine, il est interdit de lire le Chema en face, même s'ils ne contiennent rien. Et pour l'urine elle-même, jusqu'à ce qu'il y verse de l'eau.
Et combien d'eau y versera-t-il ? Une quantité quelconque.
Rabbi Zakkai dit : un revi'it. Et cela, aussi bien devant le lit que derrière le lit.
Rabban Chimon ben Gamliel dit : derrière le lit, il lit ; devant le lit, il ne lit pas, mais il s'éloigne de quatre coudées et lit. Rabbi Chimon ben Elazar dit : même dans une maison de cent coudées, il ne lira pas avant de les avoir sortis ou placés sous le lit.
La baraita introduit une catégorie nouvelle : le récipient affecté à la souillure. Le graf, pot de terre cuite pour les excréments, et l'avit, vase pour l'urine, sont interdits même vides, parce que leur destination les rend en eux-mêmes répugnants. Rachi le formule ainsi : puisqu'ils y sont destinés, et même s'ils ne contiennent rien.
Vient ensuite la question de la place du récipient dans la pièce. Le premier tana ne fait aucune différence entre devant le lit et derrière ; Rabban Chimon ben Gamliel distingue selon que le lit s'interpose ou non ; Rabbi Chimon ben Elazar exige de sortir le récipient ou de le placer sous le lit, quelle que soit la taille de la pièce.
Tossefot et le Roch discutent la matière du récipient : la terre cuite absorbe, le bois aussi, tandis que le verre pourrait être permis puisqu'il n'absorbe rien.
On a demandé : comment faut-il l'entendre ? Derrière le lit, il lit aussitôt, et devant le lit, il s'éloigne de quatre coudées et lit ; ou bien peut-être veut-il dire ceci : derrière le lit, il s'éloigne de quatre coudées et lit, devant le lit, il ne lit pas du tout ?
La formulation de Rabban Chimon ben Gamliel supporte deux découpages. Dans le premier, l'écran du lit dispense de tout éloignement, et les quatre coudées ne concernent que la position devant le lit. Dans le second, les quatre coudées sont exigées même derrière le lit, et la position devant le lit devient purement interdite.
L'enjeu porte sur la valeur de l'écran : le lit interposé neutralise-t-il complètement la présence du récipient, ou l'atténue-t-il seulement ?
Viens et entends, car il a été enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit : derrière le lit, il lit aussitôt ; devant le lit, il s'éloigne de quatre coudées. Rabban Chimon ben Gamliel dit : même dans une maison de cent coudées, il ne lira pas avant de les avoir sortis ou placés sous le lit.
Une seconde baraita apporte la formulation explicite : derrière le lit, il lit aussitôt. La question du segment précédent se trouve résolue dans le sens de la première lecture. Mais cette baraita attribue les positions aux deux Sages dans l'ordre inverse de la première, ce qui ouvre le problème traité ensuite.
Notre question a été résolue, mais les baraitot se contredisent l'une l'autre. Inverse la seconde.
La guemara distingue deux acquis. La question de fond est tranchée : derrière le lit, il lit aussitôt. Reste une difficulté de transmission, puisque les noms des tanaim sont échangés d'une baraita à l'autre. Rachi le formule ainsi : leurs positions ont été interverties.
La solution proposée est de corriger la seconde baraita en y rétablissant les noms selon l'ordre de la première.
Qu'as-tu vu pour inverser la seconde ? Inverse la première !
L'objection porte sur le choix de la baraita à corriger. Une correction reste arbitraire tant qu'aucun critère extérieur ne désigne laquelle des deux transmissions est fautive.
Qui as-tu entendu dire que toute la maison est comme quatre coudées ? C'est Rabbi Chimon ben Elazar.
Le critère est fourni par une position connue par ailleurs. L'avis selon lequel toute la maison compte comme quatre coudées appartient à Rabbi Chimon ben Elazar. Dans la première baraita, cet avis lui est bien attribué ; dans la seconde, il figure au nom de Rabban Chimon ben Gamliel. C'est donc la seconde dont les noms doivent être inversés.
Rachi note avec franchise qu'il ignore où se trouve cette position de Rabbi Chimon ben Elazar ; les commentateurs la rattachent aux lois du erouv.
Rav Yossef a dit : j'ai demandé à Rav Houna : un lit sous lequel il y a moins de trois tefahim, il m'est évident que c'est comme lavoud. Trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, qu'en est-il ?
Il lui répondit : je ne sais pas. Dix, assurément, je ne le demande pas.
Abaye dit : tu as bien fait de ne pas poser la question, car tout ce qui atteint dix est un autre domaine.
La question porte sur la hauteur de l'espace sous le lit, une fois le récipient placé dessous. Deux mesures encadrent le problème. En dessous de trois tefahim, le principe de lavoud tient l'intervalle pour inexistant : le lit rejoint le sol et le récipient est comme enfoui, ce que Rachi précise en parlant d'un lit à pieds courts.
À partir de dix tefahim, l'espace forme un domaine distinct, notion empruntée aux lois du chabbat : le récipient n'est plus sous le lit mais dans un autre lieu, et Rachi explique que l'intervalle est alors trop grand pour valoir recouvrement.
Entre trois et dix, Rav Houna reste sans réponse.
Rava a dit : la halakha est que moins de trois est comme lavoud, et que dix est un autre domaine ; de trois à dix, c'est ce que Rav Yossef a demandé à Rav Houna, et il ne le lui a pas résolu. Rav a dit : la halakha suit Rabbi Chimon ben Elazar.
Et de même Bali a dit au nom de Rav Yaakov fils de la fille de Chemouel : la halakha suit Rabbi Chimon ben Elazar. Et Rava a dit : la halakha ne suit pas Rabbi Chimon ben Elazar.
Rava résume les mesures et laisse ouvert l'intervalle intermédiaire ; le Roch en tire la règle pratique : une question non résolue en matière d'interdit se tranche vers la rigueur.
Sur le fond, deux traditions halakhiques s'opposent. Rav, suivi par Bali au nom de Rav Yaakov, retient Rabbi Chimon ben Elazar, pour qui toute la maison compte comme quatre coudées, ce qui oblige à sortir le récipient ou à le placer sous le lit. Rava rejette cette position, ce qui laisse subsister la distinction plus souple entre devant et derrière le lit.
Rav Ahai maria son fils dans la maison de Rav Yitshak bar Chemouel bar Marta. Il le fit entrer sous la houpa, et la chose ne réussit pas.
Il alla derrière lui pour examiner, et vit un sefer Torah qui y était posé. Il leur dit : si je n'étais pas venu maintenant, vous auriez mis mon fils en danger.
Car il a été enseigné : dans une maison où se trouve un sefer Torah ou des tefilin, il est interdit d'y avoir des relations conjugales avant de les avoir sortis ou placés dans un récipient à l'intérieur d'un récipient.
Le folio passe du recouvrement de ce qui souille au recouvrement de ce qui est saint. Le récit sert d'introduction à la baraita : la présence d'un sefer Torah ou de tefilin dans la pièce interdit l'union, et deux solutions sont données, sortir les objets ou les envelopper d'un récipient à l'intérieur d'un récipient.
Rachi explique le mot à mot du récit : la chose qui ne réussit pas désigne l'union qui ne put être consommée, et le danger annoncé est un danger de mort en châtiment de la faute. Le Roch précise la portée de la baraita : le double récipient concerne les tefilin, tandis que pour un sefer Torah il faut une cloison de dix tefahim, et seulement lorsqu'on ne dispose pas d'une autre pièce.
Abaye a dit : on ne l'a enseigné que pour un récipient qui n'est pas le leur ; mais dans un récipient qui est le leur, même dix récipients sont comme un seul récipient. Rava a dit : un manteau
Abaye restreint la solution du double récipient. Une housse destinée au sefer Torah ou l'étui destiné aux tefilin ne compte pas comme une enveloppe supplémentaire, puisqu'elle appartient à l'objet ; Rachi le formule ainsi : s'ils sont tous leur récipient propre, ils sont comme un seul.
Il faut donc une enveloppe étrangère à l'usage habituel de l'objet. La phrase de Rava, interrompue par la fin du folio, se poursuit au folio suivant : un manteau posé sur un coffre vaut récipient à l'intérieur d'un récipient.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).