Berakhot 2b — Quand la nuit commence : ouva hachémech ve-taher et les seuils du Chema du soir

Berakhot 2b

Sougya : Le folio poursuit la recherche du point de départ du Chema du soir. Il achève d'abord l'exégèse du verset « ouva hachémech ve-taher » : Rabba bar Rav Chila montre par la forme grammaticale que « ve-taher » parle du jour qui se retire, non de l'homme qui se purifie ; en terre d'Israël, où cet enseignement n'était pas connu, la question est tranchée par une baraita qui donne pour signe la sortie des étoiles.

La sougya confronte ensuite trois repères concrets du soir : les cohanim qui mangent la terouma, le pauvre qui mange son pain au sel, les gens ordinaires qui s'attablent. Une baraita à cinq opinions (Rabbi Eliezer, Rabbi Yehochoua, Rabbi Meir, Rabbi Hanina, Rabbi Ahai) oblige à distinguer la mesure du pauvre de celle du cohen et à établir que celle du pauvre est la plus tardive.

Le folio se clôt sur l'échange entre Rabbi Yehouda et Rabbi Meir au sujet de l'immersion des cohanim, qui repose sur deux définitions opposées du bein hachemachot.

Le fil du folio : du verset au repère concret Comment fixer l'heure exacte où commence le temps du Chema du soir. Mouvement 1 (seg. 0-1) -- la forme du mot tranche Hypothèse restante : ouva hachémech = venue de sa lumière, et ve-taher = l'homme devient pur. Rabba bar Rav Chila : si l'homme était le sujet, le verset écrirait ve-yithar. Donc c'est le jour qui se retire. Appui de langue courante : le soleil s'est couché et le jour s'est nettoyé. Mouvement 2 (seg. 2-3) -- la même question en terre d'Israël L'enseignement de Rabba bar Rav Chila ne leur était pas parvenu : ils posent la question ouverte. Ils la tranchent par une baraita : le signe de la chose est la sortie des étoiles. Même résultat, autre voie : le verset parle du coucher achevé, et ve-taher = le jour s'est retiré. Mouvement 3 (seg. 4-6) -- première contradiction : le pauvre Une baraita fixe le début au repas du pauvre, et la fin quand il quitte son repas. La fin contredit la michna à coup sûr. Le début : peut-être pauvre et cohen désignent le même instant. Réponse provisoire : une seule mesure, la sortie des étoiles. Mouvement 4 (seg. 7-11) -- Rabbi Meir contre les Sages Rabbi Meir : le repas des veilles de Chabbat. Les Sages : les cohanim, signe la sortie des étoiles. Deux versets de Nehemie : le second établit que le temps de travail est encore appelé jour. Test : si pauvre = gens, et pauvre = cohen, les Sages disent la même chose que Rabbi Meir. Donc on sépare. Mouvement 5 (seg. 12-18) -- la baraita à cinq opinions Rabbi Hanina (pauvre) et Rabbi Yehochoua (cohen) y figurent côte à côte : les deux mesures diffèrent. Celle du pauvre est la plus tardive, sinon Rabbi Hanina rejoindrait Rabbi Eliezer. Fin : Rabbi Meir répond à Rabbi Yehouda en changeant de définition du bein hachemachot. Idée centrale Un même instant, la sortie des étoiles, se lit dans un verset, dans une règle de pureté et dans une habitude de table.
Le fil du folio en cinq mouvements, du verset au repère de table.
Frise du soir : les repères en jeu dans la sougya De la disparition du disque solaire au repas ordinaire. jour nuit Début de la chkia biat oro (Tossefot) Coucher achevé biat chimchô Sortie des étoiles tsété hakokhavim = ve-taher Repas du pauvre Les gens s'attablent environ cinq mil de jour restant, selon Tossefot zone du bein hachemachot Bein hachemachot selon Rabbi Yehouda Durée d'une marche d'un demi-mil avant la sortie des étoiles. Un intervalle mesurable, en doute. Conséquence : l'immersion du cohen tombe en plein jour. Bein hachemachot selon Rabbi Yossi Comme un clin d'œil : l'un entre, l'autre sort, et il est impossible de le saisir. Conséquence : l'immersion touche déjà l'obscurité.
Les instants du soir et les deux définitions du bein hachemachot.
La baraita à cinq opinions (segment 12) rangée dans le temps Chaque Tana désigne un instant différent comme début du temps du Chema. plus tôt plus tard Rabbi Eliezer Quand le jour est sanctifié, veille de Chabbat. Rachi : le bein hachemachot, sanctifié par doute. Rabbi Meir Quand les cohanim s'immergent pour manger la terouma. Objection de Rabbi Yehouda : c'est encore le jour. Rabbi Yehochoua Quand les cohanim sont purs pour manger la terouma. Position de notre michna : la sortie des étoiles. Rabbi Hanina Quand le pauvre entre manger son pain avec du sel. Il n'a pas de lampe : il mange tôt, mais après. Rabbi Ahai Quand la plupart des gens entrent pour s'attabler. Certains lisent Rabbi Aha. La mesure la plus tardive. Les deux leviers de la Guemara 1. Rabbi Hanina et Rabbi Yehochoua figurent tous deux dans la liste : la mesure du pauvre diffère de celle du cohen. 2. Si celle du pauvre était plus précoce, Rabbi Hanina rejoindrait Rabbi Eliezer. Donc elle est plus tardive.
Les cinq opinions de la baraita rangées du plus tôt au plus tard.
1
דִּילְמָא בִּיאַת אוֹרוֹ הוּא, וּמַאי ״וְטָהֵר״ — טָהַר גַּבְרָא?!

Peut-être s'agit-il de la venue de sa lumière (biat oro), et que signifierait alors « ve-taher » (et il sera pur) ? Que l'homme (gavra) devient pur !

📜 Rachi (1)
דִּילְמָא בִּיאַת אוֹרוֹ שֶׁיֵּאוֹר הַשֶּׁמֶשׁ בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי וְיִטְהַר הָאִישׁ עַצְמוֹ בַּהֲבָאַת קָרְבְּנוֹתָיו וְאַחַר יֹאכַל:
Que le soleil se lève le huitième jour, et que l'homme lui-même devienne pur par l'apport de ses offrandes ; ensuite il mangera.
🗂️ Tossefot (1)
דִּילְמָא בִּיאַת אוֹרוֹ הוּא פֵּי' רַשִׁ"י עַד שֶׁיִּזְרַח אוֹרוֹ שֶׁל יוֹם הַשְּׁמִינִי וּמַאי וְטִהַר טָהַר גַּבְרָא שֶׁיִּטְהַר הָאִישׁ בַּהֲבָאַת קָרְבְּנוֹתָיו. וְתֵימָא לְפֵירוּשׁוֹ לִפְרֹוךְ אַהַהִיא דְּהֶעָרֵל (דַּף עַד:) דְּהֶעֱרִיב שִׁמְשׁוֹ אוֹכֵל בִּתְרוּמָה וְכוּ' מִנָּלַן דְּבִיאַת שִׁמְשׁוֹ הוּא. וְעוֹד הֵיכִי מָצֵי לְמֵימַר דְּמַיְירֵי בִּזְרִיחָה דְּאִי בִּזְרִיחָה הוּא הֲוָה מָצֵי לְמִכְתַּב בִּקְרָא וְזָרַח הַשֶּׁמֶשׁ וְטָהַר כְּמוֹ מִמִּזְרַח הַשֶּׁמֶשׁ (בַּמִּדְבָּר כ״א:י״א) אוֹ לְשׁוֹן יְצִיאָה כְּמוֹ הַשֶּׁמֶשׁ יָצָא עַל הָאָרֶץ (בְּרֵאשִׁית י״ט:כ״ג) וּנְקַט בִּקְרָא וּבָא הַשֶּׁמֶשׁ אַלְמָא דְּהַייְנוּ שְׁקִיעַת הַחַמָּה. וְעוֹד דִּבְסָמוּךְ קָא מִבַּעְיָא לֵיהּ הַאי וּבָא הַשֶּׁמֶשׁ אִי בִּיאַת אוֹרוֹ הוּא וּפְשִׁיט מִבָּרַייְתָא זֵכֶר לַדָּבָר וְכוּ' תִּפְשׁוֹט מִמַּתְנִיתִין (דִּנְגָעִים פי"ד) הֶעֱרִיב שִׁמְשׁוֹ אוֹכֵל בַּתְּרוּמָה אַלְמָא דְּהַייְנוּ בִּיאַת שֶׁמֶשׁ. וְי"ל דְּה"פ מִמַּאי דְּהַאי וּבָא הַשֶּׁמֶשׁ וְטָהֵר בִּיאַת שֶׁמֶשׁ הוּא מַמָּשׁ וּמַאי וְטָהַר טָהַר יוֹמָא דְּהַיְינוּ צֵאת הַכּוֹכָבִים דִּילְמָא בִּיאַת אוֹרוֹ הוּא דְּהַייְנוּ תְּחִלָּתָהּ שֶׁל שְׁקִיעַת הַחַמָּה וְהוּא תְּחִלַּת הַכְנָסָתָהּ בָּרָקִיעַ וַעֲדַייִן יֵשׁ שְׁהוּת בַּיּוֹם חָמֵשׁ מִילִין עַד צֵאת הַכּוֹכָבִים וּמַאי וְטָהַר טָהַר גַּבְרָא וְהַשְׁתָּא לְמַתְנִיתִין דְּהֶעָרֵל לֹא קָשֶׁה מִידִי דְּמָצֵי לְמֵימַר הֶעֱרִיב שִׁמְשׁוֹ דְּהָתָם הַיְינוּ בִּיאַת אוֹרוֹ וְאַף מֵהָתָם לֹא תִּפְשׁוֹט דְּהַיְינוּ צֵאת הַכּוֹכָבִים. מִשּׁוּם הָכִי אִיצְטְרִיךְ לְאֵתוּיֵי הָכָא הַבָּרַיְיתָא דְּצֵאת הַכּוֹכָבִים:
Rachi a expliqué : jusqu'à ce que se lève la lumière du huitième jour ; et que signifie « ve-taher » ? Que l'homme (gavra) devienne pur par l'apport de ses offrandes. Son explication fait difficulté. [D'abord,] il faudrait objecter à partir de ce qui est dit dans Hé-arel (Yevamot 74b) : « dès que son soleil s'est couché, il mange la terouma », etc. — d'où savons-nous qu'il s'agit du coucher de son soleil ? Ensuite, comment peut-on dire que le verset parlerait du lever ? S'il s'agissait du lever, le verset aurait pu écrire « ve-zarah hachémech ve-taher », comme « mi-mizrah hachémech » (Nombres 21:11), ou employer une expression de sortie, comme « hachémech yatsa al ha-arets » (Genèse 19:23) ; or le verset a pris « ouva hachémech » — signe qu'il s'agit du coucher du soleil. En outre, plus loin la Guemara pose la question : ce « ouva hachémech », est-ce la venue de sa lumière ? et elle la tranche par une baraita, « évocation de la chose », etc. ; qu'elle la tranche donc par la michna (Negaim, chapitre 14) « dès que son soleil s'est couché, il mange la terouma » — signe qu'il s'agit du coucher du soleil ! Et l'on peut dire que voici l'explication : d'où [savons-nous] que ce « ouva hachémech ve-taher » désigne le coucher du soleil au sens propre, et que « ve-taher » veut dire que le jour s'est purifié, à savoir la sortie des étoiles ? Peut-être est-ce la venue de sa lumière, c'est-à-dire le commencement de la chkia, quand le soleil commence à s'engager dans le firmament, alors qu'il reste encore du jour la durée de cinq mil jusqu'à la sortie des étoiles, et « ve-taher » signifie que l'homme devient pur. Dès lors la michna de Hé-arel ne fait aucune difficulté, car on peut dire que « son soleil s'est couché » y désigne la venue de sa lumière ; et de là non plus on ne peut trancher qu'il s'agit de la sortie des étoiles. C'est pourquoi il a fallu apporter ici la baraita de la sortie des étoiles.
💡 Explication

Le folio précédent cherchait ce que désigne « ouva hachémech ve-taher » (Lévitique 22:7), verset qui autorise le cohen devenu pur à manger la terouma. Deux lectures restent ouvertes : biat chimchô (le coucher achevé du soleil), et alors « ve-taher » parle du jour qui se retire ; ou biat oro (la venue de sa lumière), et alors « ve-taher » parle de l'homme qui devient pur.

Rachi entend biat oro comme le lever du soleil du huitième jour, l'homme se purifiant par l'apport de ses offrandes. Tossefot objectent longuement et proposent d'y voir le tout début de la chkia, quand il reste encore du jour. L'enjeu pratique est direct : le début du temps du Chema du soir est calé sur l'heure où le cohen mange sa terouma.

🖼️ Schéma
Deux lectures de ouva hachémech ve-taher Lévitique 22:7, verset qui autorise le cohen purifié à manger la terouma. Lecture retenue ouva hachémech = biat chimchô Le disque solaire a entièrement disparu. ve-taher = taher yoma Le jour lui-même s'est retiré. Sujet du verbe : le jour. Instant visé : la sortie des étoiles. Appuis : la forme ve-taher plutôt que ve-yithar (Rabba bar Rav Chila), la langue courante, et la baraita du signe des étoiles. Le cohen mange dès la sortie des étoiles. Lecture écartée ouva hachémech = biat oro La venue de sa lumière. ve-taher = taher gavra C'est l'homme qui devient pur. Sujet du verbe : la personne. Deux façons de comprendre biat oro : Rachi : le lever du soleil du huitième jour, l'homme se purifiant par ses offrandes. Tossefot : le tout début de la chkia, alors qu'il reste encore environ cinq mil de jour. La sougya doit écarter la colonne de droite pour ancrer le Chema du soir à la sortie des étoiles.
Les deux lectures du verset et ce que chacune fixe comme instant.
2
אָמַר רַבָּה בַּר רַב שִׁילָא: אִם כֵּן, לֵימָא קְרָא: ״וְיִטְהַר״, מַאי ״וְטָהֵר״ — טָהַר יוֹמָא, כִּדְאָמְרִי אִינָשֵׁי: ״אִיעֲרַב שִׁמְשָׁא וְאִדַּכִּי יוֹמָא״.

Rabba bar Rav Chila a dit : s'il en est ainsi, que le verset dise « ve-yithar » (et il se purifiera) ! Que signifie donc « ve-taher » ?

Le jour s'est purifié (taher yoma), comme disent les gens : « le soleil s'est couché et le jour s'est nettoyé ».

📜 Rachi (2)
אִם כֵּן דְּהַאי קְרָא וְטִהַר לְשׁוֹן צִוּוּי הוּא נֵימָא קְרָא וְיִטְהָר מַאי וְטָהֵר:
Si ce « ve-taher » du verset était une forme d'injonction [adressée à l'homme], que le verset dise « ve-yithar » ; que signifie donc « ve-taher » ?
אַדְּכִי לְשׁוֹן עָבַר נִתְפַּנָּה מִן הָעוֹלָם הַשֶּׁמֶשׁ:
« Adki » : forme du passé — le soleil s'est retiré du monde.
🗂️ Tossefot (1)
אִם כֵּן לֵימָא קְרָא וְיִטְהָר אַף עַל גַּב דִּבְכַמָּה מְקוֹמוֹת כְּתִיב וְטִהַר. הָתָם לֵיכָּא לְמִיטְעֵי אֲבָל הָכָא דְּאִיכָּא לְמִיטְעֵי הֲוָה לֵיהּ לְמִכְתַּב וְיִטְהַר:
Bien qu'en plusieurs endroits il soit écrit « ve-taher », là-bas il n'y a pas matière à se tromper ; mais ici, où il y a matière à se tromper, il aurait fallu écrire « ve-yithar ».
💡 Explication

L'argument est de forme verbale. Si le sujet de la purification était l'homme, le verset emploierait ve-yithar, qui vise un acte à accomplir. Le verset écrit ve-taher, forme qui constate un état acquis : le sujet est le jour, qui s'est retiré de lui-même.

Rabba bar Rav Chila renforce sa lecture par la langue courante araméenne : iaarév chimcha ve-adki yoma, le soleil s'est couché et le jour s'est nettoyé. Tossefot précisent que la forme « ve-taher » se rencontre ailleurs sans ambiguïté ; ici, où l'on risque de se tromper de sujet, le choix du mot devient significatif.

🖼️ Schéma
L'argument de forme de Rabba bar Rav Chila Le choix du verbe désigne son sujet. Si le sujet était l'homme Le verset aurait écrit ve-yithar : et il se purifiera, forme qui vise un acte encore à accomplir. Or ce mot ne figure pas dans le verset. Le verset écrit ve-taher Forme qui constate un état acquis : le jour s'est retiré de lui-même, sans acte de la part de personne. Donc taher yoma : le jour s'est nettoyé. Appui tiré du parler courant On dit couramment : le soleil s'est couché et le jour s'est nettoyé. Le sujet y est le jour.
Ve-yithar contre ve-taher : le verbe désigne son sujet.
3
בְּמַעֲרָבָא, הָא דְּרַבָּהּ בַּר רַב שֵׁילָא לָא שְׁמִיעַ לְהוּ, וּבָעוּ לָהּ מִיבַּעְיָא: הַאי ״וּבָא הַשֶּׁמֶשׁ״ בִּיאַת שִׁמְשׁוֹ הוּא, וּמַאי ״וְטָהֵר״ — טָהַר יוֹמָא, אוֹ דִּילְמָא בִּיאַת אוֹרוֹ הוּא, וּמַאי ״וְטָהֵר״ — טָהַר גַּבְרָא.

En Occident (en terre d'Israël), cet enseignement de Rabba bar Rav Chila ne leur était pas parvenu, et ils posaient la question ainsi : ce « ouva hachémech » désigne-t-il le coucher de son soleil, et « ve-taher » signifie-t-il que le jour s'est purifié ; ou bien peut-être désigne-t-il la venue de sa lumière, et « ve-taher » signifie-t-il que l'homme devient pur ?

💡 Explication

« Bémaarava », en Occident, désigne la terre d'Israël vue depuis la Babylonie. La Guemara signale que la tradition de Rabba bar Rav Chila n'y avait pas circulé : la même question y restait entière, posée sous forme de ibaya (question ouverte à deux branches).

Le passage montre une pratique fréquente du Talmud : deux centres d'étude atteignent la même conclusion par des chemins indépendants, l'un par la forme du mot, l'autre par une source enseignée.

4
וַהֲדַר פָּשְׁטוּ לָה מִבָּרָיְיתָא. מִדְּקָתָנֵי בַּבָּרַייְתָא, סִימָן לַדָּבָר — צֵאת הַכּוֹכָבִים. שְׁמַע מִינָּה — בִּיאַת שִׁמְשׁוֹ הוּא, וּמַאי ״וְטָהֵר״ — טָהַר יוֹמָא.

Puis ils l'ont tranchée à partir d'une baraita. Du fait que la baraita enseigne : « le signe de la chose, la sortie des étoiles » — apprends-en que c'est le coucher de son soleil, et que « ve-taher » signifie que le jour s'est purifié.

📜 Rachi (1)
מִבָּרַיְיתָא דְּקָתָנֵי לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים נִכְנָסִין לֶאֱכֹול בִּתְרוּמָתָן וּרְאָיָה לְדַבַּר צֵאת הַכּוֹכָבִים שְׁמַע מִינַהּ אֵין כַּפָּרָתָן מְעַכַּבְתָּן:
D'une baraita : celle qui enseigne plus loin dans notre sougya « depuis l'heure où les cohanim entrent pour manger leur terouma », et la preuve de la chose est la sortie des étoiles. Apprends-en que leur kapara (l'apport de leurs offrandes) ne les retient pas.
💡 Explication

La baraita fixe pour signe (siman) la sortie des étoiles. Or les étoiles apparaissent bien après le coucher achevé du soleil, et cette baraita parle du moment où les cohanim mangent leur terouma. La lecture « venue de sa lumière » se trouve donc écartée.

Rachi tire de cette même baraita un second enseignement : la kapara (l'apport des offrandes exigé de certains impurs le huitième jour) ne retient pas le cohen. Seule la tombée de la nuit conditionne la consommation de la terouma.

5
אָמַר מָר מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים נִכְנָסִין לֶאֱכֹול בִּתְרוּמָתָן. וּרְמִינְהוּ: מֵאֵימָתַי קוֹרִין אֶת שְׁמַע בָּעֲרָבִין — מִשֶּׁהֶעָנִי נִכְנָס לֶאֱכוֹל פִּתּוֹ בְּמֶלַח, עַד שָׁעָה שֶׁעוֹמֵד לִיפָּטֵר מִתּוֹךְ סְעֻודָּתוֹ.

Le Maître a dit : « depuis l'heure où les cohanim entrent pour manger leur terouma ». Et l'on oppose : à partir de quand récite-t-on le Chema le soir ?

Depuis l'heure où le pauvre entre pour manger son pain avec du sel, jusqu'à l'heure où il se lève pour quitter son repas.

📜 Rachi (1)
מִשֶּׁהֶעָנִי שֶׁאֵין לוֹ נֵר לְהַדְלִיק בִּסְעֻודָּתוֹ:
Depuis que le pauvre : car il n'a pas de lampe à allumer pour son repas.
🗂️ Tossefot (1)
מִשָּׁעָה שֶׁהֶעָנִי נִכְנָס לֶאֱכֹול פִּתּוֹ בְּמֶלַח תֵּימָא עָנִי גּוּפֵיהּ מָתַי יִתְפַּלֵּל דְּהָא אֲמַרְתְּ זְמַן אֲכִילָתוֹ הַייְנוּ זְמַן ק"ש וְכֵיוָן שֶׁבָּא זְמַן ק"ש אָסוּר לְהַתְחִיל בִּסְעוּדָה עַד שֶׁיִּתְפַּלֵּל בְּרֵישָׁא כִּדְתַנְיָא לְקַמָּן (בְּרָכוֹת דַּף ד:) וְקוֹרֵא ק"ש וּמִתְפַּלֵּל וְאוֹכֵל פִּתּוֹ וּמְבָרֵךְ וְכָל הָעוֹבֵר עַל דִּבְרֵי חֲכָמִים חַיָּיב מִיתָה וְיֵשׁ לוֹמַר דִּזְמַן תְּפִלָּה הָוֵי קֹודֶם לִזְמַן סְעוּדָה דְּלָאו דַּוְקָא מִשֶּׁעָנִי נִכְנָס לֶאֱכֹול אֶלָּא פּוּרְתָּא מֵעִיקָּרָא קָאָמַר שֶׁעַד שֶׁיָּכִינוּ לוֹ סְעֻודָּתוֹ יִקְרָא וְיִתְפַּלֵּל:
Difficulté : le pauvre lui-même, quand priera-t-il ? Car tu as dit que le temps de son repas est le temps du Chema ; or dès lors que le temps du Chema est arrivé, il est interdit de commencer un repas avant d'avoir prié d'abord, comme il est enseigné plus loin (Berakhot 4b) : « il récite le Chema, prie, mange son pain et bénit », et quiconque transgresse les paroles des Sages est passible de mort. Et l'on peut dire que le temps de la prière précède le temps du repas : ce n'est pas exactement « depuis que le pauvre entre pour manger » qui est visé, mais un peu avant — pendant qu'on lui prépare son repas, il récite [le Chema] et prie.
💡 Explication

Nouvelle étape : la Guemara confronte la michna à une baraita qui donne un tout autre repère, le repas du pauvre. Rachi explique le choix de ce repère : le pauvre n'a pas de lampe à allumer pour son repas, il mange donc dès la tombée de la nuit.

Le terme ourminhou (« et l'on oppose ») annonce une contradiction formelle entre deux sources tannaitiques, qu'il faudra résoudre en distinguant les instants ou en admettant un désaccord.

6
סֵיפָא, וַדַּאי פְּלִיגָא אַמַּתְנִיתִין. רֵישָׁא, מִי לֵימָא פְּלִיגִי אַמַּתְנִיתִין?

La fin [de la baraita] est certainement en désaccord avec notre michna. Le début : dirons-nous qu'il est en désaccord avec notre michna ?

📜 Rachi (1)
סֵיפָא וַדַּאי פְּלִיגָא אַמַּתְנִי' דְּקָתָנֵי הָכָא עַד שָׁעָה שֶׁעוֹמֵד לִיפָּטֵר מִתּוֹךְ הַסְּעוּדָה וְהַייְנוּ לֹא כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְלֹא כְּרַבָּנָן וְלֹא כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל. דְּדָרֵישׁ וּבְשָׁכְבְּךָ תְּחִלַּת זְמַן שְׁכִיבָה וּבְמַתְנִי' תְּנַן עַד סוֹף הָאַשְׁמוּרָה הָרִאשׁוֹנָה:
La seifa est certainement en désaccord avec notre michna : car ici on enseigne « jusqu'à l'heure où il se lève pour quitter le repas », ce qui ne correspond ni à Rabbi Eliezer, ni aux Sages, ni à Rabban Gamliel. Car il expose « ou-vechokhbekha » comme désignant le début du temps du coucher, alors que dans notre michna on a enseigné « jusqu'à la fin de la première veille ».
💡 Explication

La Guemara sépare les deux membres de la baraita. La seifa (« jusqu'à ce qu'il se lève de son repas ») fixe une fin de temps beaucoup plus précoce que la michna, qui va jusqu'à la fin de la première veille : le désaccord y est acquis.

La recha (le début) reste discutable, car « le pauvre » et « les cohanim » pourraient désigner le même instant sous deux descriptions. Rachi note que ce tana lit « ou-vechokhbekha » (« quand tu te couches ») comme visant le seul commencement du temps du coucher.

7
לֹא, עָנִי וְכֹהֵן חַד שִׁיעוּרָא הוּא.

Non : le pauvre et le cohen, c'est une seule et même mesure.

📜 Rachi (2)
עָנִי וְכֹהֵן עָנִי כָּל לֵילוֹתָיו וְכֹהֵן טָמֵא לֶאֱכֹול בִּתְרוּמָה:
Le pauvre et le cohen : le pauvre, toutes ses nuits ; et le cohen qui était impur, pour manger la terouma.
חַד שִׁעוּרָא הוּא– צֵאת הַכּוֹכָבִים:
C'est une seule mesure : la sortie des étoiles.
🪔 Ben Yehoyada (1)
וְהָא קָא מַשְׁמַע לַן דְּכַפָּרָה לָא מְעַכְּבָא. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה חָזַר וְאָמַר וְהָא קָא מַשְׁמַע לַן פַּעַם שֵׁנִית מֵאַחַר דְּאָמַר קָא מַשְׁמָע לַן בַּתְּחִלָּה הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר וְכַפָּרָה לֹא מְעַכְּבָה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי שִׁיטַת הצל"ח זַ"ל הַנִּזְכָּר לְעֵיל, שֶׁכָּתַב כֵּיוָן דַּאֲכִילַת תְּרוּמָה מִצְוָה כַּעֲבוֹדַת עֲבוֹדָה בַּמִּקְדָּשׁ, יְכוֹלִים לֶאֱכֹול תְּרוּמָה בִּזְמַן קְרִיאַת שְׁמַע, וּמוּכָח לָהּ מִן דַּף ט' בִּפְסָחִים, וְלָזֶה אָמַר קָא מַשְׁמַע לַן ב' הֲלָכוֹת, חֲדָא קָא מַשְׁמַע לַן, כֹּהֲנִים אֵימָתַי אָכְלִי מִשְּׁעַת צֵאת הַכּוֹכָבִים, דְּאֵין מְחֻוייָּבִים לְהַקְדִּים קְרִיאַת שְׁמַע לַאֲכִילַת תְּרוּמָה, כֵּיוָן דַּאֲכִילַת תְּרוּמָה נָמֵי הִיא מִצְוָה גְּדוֹלָה, וְהַב' קָא מַשְׁמָע לַן, דְּכַפָּרָה לָא מְעַכְּבָא, וַהֲלָכָה זוֹ שָׁיְיכָה לִשְׁאָר מִילֵּי נָמֵי, וְלָכֵן חָזַר וְאָמַר בָּהּ קָא מַשְׁמָע לַן פַּעַם שֵׁנִית.
« Et cela nous enseigne que la kapara ne retient pas. » Il y a lieu de demander : pourquoi revient-il dire « et cela nous enseigne » une seconde fois ? Puisqu'il a déjà dit « cela nous enseigne » au début, il aurait suffi de dire « et la kapara ne retient pas ». Il me semble, avec l'aide du Ciel, selon la voie du Tsela'h (que sa mémoire soit bénie) mentionnée plus haut, qui a écrit que, puisque la consommation de la terouma est une mitsva comparable au service du Temple, on peut manger la terouma pendant le temps du Chema — il le prouve depuis le folio 9 de Pessahim. C'est pourquoi il dit « cela nous enseigne » pour deux halakhot. La première : quand les cohanim mangent-ils ? Depuis l'heure de la sortie des étoiles ; car ils ne sont pas tenus de faire précéder le Chema à la consommation de la terouma, puisque manger la terouma est aussi une grande mitsva. La seconde : que la kapara ne retient pas ; et cette halakha vaut aussi pour d'autres sujets. C'est pourquoi il a répété « cela nous enseigne » une seconde fois.
💡 Explication

Réponse provisoire : les deux sources décrivent le même instant, la sortie des étoiles. Rachi précise chaque terme : le pauvre, toutes les nuits de l'année ; le cohen qui était impur, pour manger la terouma.

Le mot chioura (mesure, seuil temporel) devient le mot clé des paragraphes suivants : toute la discussion consiste à savoir combien de seuils distincts la tradition tannaitique reconnaît pour le début du Chema du soir.

8
וּרְמִינְהוּ: מֵאֵימָתַי מַתְחִילִין לִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע בְּעַרְבִית — מִשָּׁעָה שֶׁבְּנֵי אָדָם נִכְנָסִין לֶאֱכֹול פִּתָּן בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים זַכָּאִין לֶאֱכֹול בִּתְרוּמָתָן. סִימָן לַדָּבָר: צֵאת הַכּוֹכָבִים. וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר, זֵכֶר לַדָּבָר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַאֲנַחְנוּ עֹשִׂים בַּמְּלָאכָה וְחֶצְיָם מַחֲזִיקִים בָּרְמָחִים מֵעֲלוֹת הַשַּׁחַר עַד צֵאת הַכּוֹכָבִים״, וְאוֹמֵר: ״וְהָיוּ לָנוּ הַלַּיְלָה מִשְׁמָר וְהַיּוֹם מְלָאכָה״.

Et l'on oppose : à partir de quand commence-t-on a réciter le Chema le soir ? Depuis l'heure où les gens entrent pour manger leur pain les veilles de Chabbat — paroles de Rabbi Meir.

Et les Sages disent : depuis l'heure où les cohanim ont le droit de manger leur terouma ; le signe de la chose : la sortie des étoiles. Et bien qu'il n'y ait pas de preuve à la chose, il y a une évocation de la chose, car il est dit : « Et nous faisions l'ouvrage, et la moitié d'entre eux tenaient les lances depuis la montée de l'aube jusqu'à la sortie des étoiles » (Nehemie 4:15), et il dit : « Ainsi la nuit nous servira de garde, et le jour de travail » (Nehemie 4:16).

📜 Rachi (2)
בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת מְמַהֲרִין לַסְּעוּדָה שֶׁהַכֹּל מוּכָן:
Les veilles de Chabbat : on se hâte vers le repas, car tout est déjà prêt.
שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר שֶׁהַיּוֹם כָּלֶה בְּצֵאת הַכּוֹכָבִים זֵכֶר לַדָּבָר אִיכָּא:
Qu'il n'y a pas de preuve à la chose — que le jour s'achève à la sortie des étoiles ; mais il y a une évocation de la chose.
🗂️ Tossefot (1)
אע"פ שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר רְאָיָה גְּמוּרָה אֵינָהּ דְּהָא לָא מַיְירֵי הָתָם לְעִנְיַן ק"ש:
Ce n'est pas une preuve complète, car le passage ne traite pas du Chema.
💡 Explication

Troisième source, avec un troisième repère : le repas des veilles de Chabbat, selon Rabbi Meir. Rachi explique qu'on s'y hâte vers la table, tout étant déjà préparé avant l'entrée de Chabbat.

Les Sages campent sur la position de la michna et donnent la sortie des étoiles pour signe. La formule « bien qu'il n'y ait pas de preuve, il y a une évocation » (zekher la-davar) marque un appui scripturaire de rang faible : le passage de Nehemie porte sur la construction des murailles de Jérusalem, pas sur le Chema.

9
מַאי ״וְאוֹמֵר״?

Que vient [ajouter] « et il dit » ?

💡 Explication

Question de méthode : la formule « ve-omer » introduit un second verset. La Guemara demande ce qu'il apporte, puisque le premier semblait suffire. Ce type de question suppose qu'aucun élément d'une source enseignée ne se trouve là sans raison.

10
וְכִי תֵּימָא מִכִּי עָרְבָא שִׁמְשָׁא, לֵילְיָא הוּא, וְאִינְהוּ דִּמְחַשְּׁכִי וּמְקַדְּמִי, תָּא שְׁמַע ״וְהָיוּ לָנוּ הַלַּיְלָה מִשְׁמָר וְהַיּוֹם מְלָאכָה״.

Et si tu disais : dès que le soleil se couche c'est déjà la nuit, et eux veillaient tard et se levaient tôt — viens et entends : « Ainsi la nuit nous servira de garde, et le jour de travail ».

📜 Rachi (3)
דִּמְחַשְּׁכִי וְעוֹשִׂין מְלָאכָה בַּלַּיְלָה מִשְּׁקִיעַת הַחַמָּה עַד צֵאת הַכּוֹכָבִים:
Qu'ils veillaient tard : et faisaient l'ouvrage de nuit, depuis le coucher du soleil jusqu'à la sortie des étoiles.
וּמְקַדְּמִי וּמַשְׁכִּימִין קֹודֶם הַיּוֹם דְּאֵימָא יוֹם לָא הָוֵי עַד הָנֵץ הַחַמָּה וְהֵם מַקְדִּימִין מַעֲלוֹת הַשַּׁחַר דְּהָוֵי כְּמוֹ מַהֲלַךְ ה' מִילִין (פְּסָחִים צג:):
Et se levaient tôt : ils commençaient avant le jour, car on pourrait dire que le jour ne commence qu'au lever du soleil, alors qu'eux commençaient dès la montée de l'aube, ce qui représente environ la distance de cinq mil (Pessahim 93b).
תָּא שְׁמַע וְהָיָה לָנוּ הַלַּיְלָה מִשְׁמָר מִדְּקָאָמַר וְהַיּוֹם מְלָאכָה אַלְמָא הַאי דְּעָבַר מֵעֲלוֹת הַשַּׁחַר עַד צֵאת הַכּוֹכָבִים יְמָמָא הוּא. וְזֵכֶר לַדָּבָר אִיכָּא דְּכָל עֵת מְלָאכָה קוֹרֵא הַכָּתוּב יוֹם:
Viens et entends « ainsi la nuit nous servira de garde » : puisqu'il dit « et le jour de travail », il en ressort que le temps qui s'écoule depuis la montée de l'aube jusqu'à la sortie des étoiles est du jour. Et il y a là une évocation de la chose, car le verset appelle « jour » tout le temps du travail.
💡 Explication

Le premier verset seul se laisse contourner : on pourrait dire que la nuit commence dès le coucher du soleil, et que les bâtisseurs prolongeaient simplement leur ouvrage dans la nuit, du fait de l'urgence du chantier.

Le second verset ferme cette échappatoire : il qualifie expressément de jour tout le temps de travail, c'est-à-dire l'intervalle allant de la montée de l'aube à la sortie des étoiles. Rachi rappelle au passage que la distance entre alot hachahar et le lever du soleil vaut environ cinq mil.

11
קָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ דְּעָנִי וּבְנֵי אָדָם חַד שִׁעוּרָא הוּא. וְאִי אָמְרַתְּ עָנִי וְכֹהֵן חַד שִׁעוּרָא הוּא, חֲכָמִים הָיִינוּ רַבִּי מֵאִיר?

Il te vient à l'esprit que le pauvre et les gens sont une seule mesure. Or si tu dis que le pauvre et le cohen sont une seule mesure, les Sages sont donc identiques à Rabbi Meir ?

📜 Rachi (1)
קס"ד רֹוב בְּנֵי אָדָם הַייְנוּ עֲנִיִּים כְּלוֹמַר בְּנֵי אָדָם בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וַעֲנִיִּים בִּימוֹת הַחֹול חַד שִׁעוּרָא הוּא:
Il te vient à l'esprit : que la plupart des gens équivalent aux pauvres, c'est-à-dire que les gens les veilles de Chabbat et les pauvres les jours de semaine, c'est une seule mesure.
💡 Explication

La Guemara enchaîne deux équations : pauvre = gens (les uns et les autres mangent tôt, faute d'éclairage supplémentaire), et pauvre = cohen (l'hypothèse du segment 6). Les deux ensemble effacent le désaccord entre Rabbi Meir et les Sages, ce qui rend la baraita incohérente.

Le raisonnement repose sur un principe constant : lorsqu'une source oppose deux Tanaim, leurs positions doivent différer effectivement.

🖼️ Schéma
Trois repères, deux hypothèses à tester Le pauvre, le cohen, les gens des veilles de Chabbat. Le pauvre Pain avec du sel, sans lampe pour éclairer son repas. Toutes les nuits de l'année. Le cohen Devenu pur, il mange la terouma. Repère : la sortie des étoiles. Les gens Repas des veilles de Chabbat, où tout est déjà prêt. Position de Rabbi Meir. Hypothèse 1, réfutée pauvre = gens, et pauvre = cohen. Alors les Sages disent exactement ce que dit Rabbi Meir, et leur désaccord s'efface. Une baraita ne peut pas opposer deux fois la même chose. Hypothèse 2, retenue ici pauvre = cohen, mais pauvre différent de gens. Le désaccord porte alors sur le seul repas des veilles de Chabbat, plus précoce. Cette hypothèse tombera au segment 13. La méthode : refuser toute lecture qui ferait dire la même chose à deux Tanaim opposés. C'est ce test qui va conduire, avec la baraita à cinq noms, à séparer pauvre et cohen.
Les trois repères et les deux hypothèses mises à l'épreuve.
12
אֶלָּא, שְׁמַע מִינַּהּ עָנִי שִׁעוּרָא לְחוּד וְכֹהֵן שִׁעוּרָא לְחוּד. לֹא, עָנִי וְכֹהֵן חַד שִׁעוּרָא הוּא, וְעָנִי וּבְנֵי אָדָם לָאו חַד שִׁעוּרָא הוּא.

Plutôt, apprends-en que la mesure du pauvre est distincte et que celle du cohen est distincte. [Réfutation :] non, le pauvre et le cohen sont une seule mesure, et le pauvre et les gens ne sont pas une seule mesure.

💡 Explication

Deux issues s'ouvrent pour sauver la baraita. Première issue : séparer pauvre et cohen. Seconde issue, retenue ici : garder leur identité et séparer plutôt pauvre et gens, le repas des veilles de Chabbat étant plus précoce que les autres.

La sougya conserve pour l'instant la seconde issue. Elle tombera au segment 13, devant une baraita où le pauvre et le cohen figurent côte à côte sous deux noms différents.

13
וְעָנִי וְכֹהֵן חַד שִׁעוּרָא הוּא? וּרְמִינְהוּ: מֵאֵימָתַי מַתְחִילִין לִקְרוֹת שְׁמַע בָּעֲרָבִין — מִשָּׁעָה שֶׁקָּדַשׁ הַיּוֹם בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים מְטֹוהָרִים לֶאֱכֹול בִּתְרוּמָתָן. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר, מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים טוֹבְלִין לֶאֱכֹול בִּתְרוּמָתָן. אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוּדָה: וַהֲלֹא כֹּהֲנִים מִבְּעוֹד יוֹם הֵם טוֹבְלִים? רַבִּי חֲנִינָא אוֹמֵר מִשָּׁעָה שֶׁעָנִי נִכְנָס לֶאֱכֹול פִּתּוֹ בְּמֶלַח. רַבִּי אַחַאי וְאָמְרִי לַהּ רַבִּי אַחָא אוֹמֵר: מִשָּׁעָה שֶׁרֹוב בְּנֵי אָדָם נִכְנָסִין לְהָסֵב.

Et le pauvre et le cohen seraient une seule mesure ? Et l'on oppose : à partir de quand commence-t-on a réciter le Chema le soir ?

Depuis l'heure où le jour est sanctifié les veilles de Chabbat — paroles de Rabbi Eliezer. Rabbi Yehochoua dit : depuis l'heure où les cohanim sont purifiés pour manger leur terouma.

Rabbi Meir dit : depuis l'heure où les cohanim s'immergent pour manger leur terouma. Rabbi Yehouda lui dit : mais les cohanim ne s'immergent-ils pas alors qu'il fait encore jour ?

Rabbi Hanina dit : depuis l'heure où le pauvre entre pour manger son pain avec du sel. Rabbi Ahai — et certains disent Rabbi Aha — dit : depuis l'heure où la plupart des gens entrent pour s'attabler.

📜 Rachi (4)
מִשָּׁעָה שֶׁקָּדַשׁ הַיּוֹם בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת הַייְנוּ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת סָפֵק יוֹם סָפֵק לַיְלָה וְכֵיוָן דְּסָפֵק הוּא קָדַשׁ הַיּוֹם מִסָּפֵק:
Depuis l'heure où le jour est sanctifié les veilles de Chabbat : c'est le bein hachemachot, doute jour et doute nuit ; et puisqu'il y a doute, le jour est sanctifié par doute.
מִשָּׁעָה שֶׁהַכֹּהֲנִים טוֹבְלִים הַייְנוּ קֹודֶם בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת כְּדֵי שֶׁיְּהֵא לָהֶם קֹודֶם בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ וְהָכִי אָמְרִינַן בְּבַמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת לה.) דִּזְמַן הַטְּבִילָה קֹודֶם בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת מְעַט:
Depuis l'heure où les cohanim s'immergent : c'est avant le bein hachemachot, afin qu'ils aient, avant le bein hachemachot, le coucher du soleil requis ; et ainsi disons-nous dans Bame madlikin (Chabbat 35a) que le temps de l'immersion se place un peu avant le bein hachemachot.
וַהֲלֹא כֹּהֲנִים מִבְּעוֹד יוֹם הֵם טוֹבְלִים רַבִּי יְהוּדָה לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר בְּבַמֶּה מַדְלִיקִין בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת כְּדֵי מַהֲלַךְ חֲצִי מִיל קֹודֶם צֵאת הַכּוֹכָבִים קָרוּי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת וְהָוֵי סָפֵק הִלְכָּךְ טְבִילָה דְּמִקַּמֵּי הָכִי מִבְּעוֹד יוֹם הוּא וְלָאו זְמַן שְׁכִיבָה הוּא וּלְקַמָּן מְפָרֵשׁ מַאי אַהְדַּר לֵיהּ רַבִּי מֵאִיר:
Mais les cohanim s'immergent alors qu'il fait encore jour : Rabbi Yehouda suit son opinion, lui qui a dit dans Bame madlikin que la durée d'une marche d'un demi-mil avant la sortie des étoiles s'appelle bein hachemachot et constitue un doute. Dès lors une immersion antérieure à cela se fait en plein jour, et ce n'est pas le temps du coucher ; plus loin on expliquera ce que Rabbi Meir lui a répondu.
נִכְנָסִין לְהָסֵב אִית דְּאָמְרִי בִּימוֹת הַחֹול וְאִית דְּאָמְרִי בְּשַׁבָּתוֹת מִכָּל מָקוֹם מְאֻוחָר הוּא (לְכֻולָּם):
Entrent pour s'attabler : certains disent qu'il s'agit des jours de semaine, et certains disent des Chabbats ; en tout cas, c'est la mesure la plus tardive de toutes.
💡 Explication

Cette baraita aligne cinq positions, ce qui donne à la Guemara l'échelle complète des seuils envisagés. Rachi les situe : la sanctification du jour correspond au bein hachemachot, tenu pour un doute entre jour et nuit ; l'immersion des cohanim se fait un peu avant le bein hachemachot, afin qu'il leur reste le coucher du soleil requis.

L'objection de Rabbi Yehouda à Rabbi Meir suit sa propre définition du bein hachemachot, exposée dans Bame madlikin (Chabbat 34b-35a). Elle recevra sa réponse au dernier segment du folio.

14
וְאִי אָמְרַתְּ עָנִי וְכֹהֵן חַד שִׁעוּרָא הוּא, רַבִּי חֲנִינָא הַיְינוּ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ!

Or si tu dis que le pauvre et le cohen sont une seule mesure, Rabbi Hanina est donc identique à Rabbi Yehochoua !

💡 Explication

Le test d'identité frappe cette fois l'hypothèse conservée au segment 11. Rabbi Yehochoua parle des cohanim, Rabbi Hanina du pauvre : les deux noms figurent séparément dans la même baraita, et rien ne les opposerait si les deux repères désignaient le même instant.

15
אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ שִׁעוּרָא דְּעָנִי לְחוּד וְשִׁעוּרָא דְּכֹהֵן לְחוּד, שְׁמַע מִינָּה.

Plutôt, n'en faut-il pas apprendre que la mesure du pauvre est distincte et que la mesure du cohen est distincte ? Apprends-en effet [qu'il en est ainsi].

💡 Explication

La Guemara conclut par la formule chema mina répétée, qui scelle un acquis. Les deux repères désignent bien deux instants différents : la réponse du segment 6 se trouve abandonnée.

16
הֵי מִינַּייְהוּ מְאֻוחָר? מִסְתַּבְּרָא דְּעָנִי מְאֻוחָר דְּאִי אָמַרְתָּ דְּעָנִי מֻוקְדָּם רַבִּי חֲנִינָא הַייְנוּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ דְּעָנִי מְאֻוחָר. שְׁמַע מִינָּה.

Laquelle des deux est la plus tardive ? Il est logique que celle du pauvre soit la plus tardive ; car si tu disais que celle du pauvre est la plus précoce, Rabbi Hanina serait identique à Rabbi Eliezer.

Plutôt, n'en faut-il pas apprendre que celle du pauvre est la plus tardive ? Apprends-en [qu'il en est ainsi].

📜 Rachi (2)
וְהֵי מִינַּייְהוּ מְאֻוחָר (לְכֻולָּם) דְּעָנִי אוֹ דְּכֹהֵן:
Et laquelle des deux est la plus tardive : celle du pauvre ou celle du cohen ?
ה"ג אִי ס"ד דְּעָנִי קוֹדֵם רַבִּי חֲנִינָא הַיְינוּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר:
Telle est la version du texte : « si tu pensais que celle du pauvre est antérieure, Rabbi Hanina serait identique à Rabbi Eliezer ».
🗂️ Tossefot (1)
וְאִי ס"ד דְּעָנִי קָדִים רַבִּי חֲנִינָא הַיְינוּ ר' אֱלִיעֶזֶר וְלָא מָצֵי לְמֵימַר דְּעָנִי קָדִים לִקְדוֹשׁ הַיּוֹם אוֹ קְדוֹשׁ הַיּוֹם קְדֵים לְשִׁעוּרָא דְּעָנִי. דְּלָא מִסְתַּבְּרָא לְחַלֵּק כָּל כָּךְ בְּשִׁעוּרֵי זְמַן שְׁכִיבָה דְּכָל זְמַנִּים הַלָּלוּ אִית בֵּיהּ:
On ne peut pas dire que [la mesure] du pauvre précède la sanctification du jour, ni que la sanctification du jour précède la mesure du pauvre : il n'est pas plausible de fractionner autant les mesures du temps du coucher, dans lequel tous ces moments sont déjà compris.
💡 Explication

Une fois les deux mesures séparées, reste à les ordonner. Le même test tranche : placer le pauvre avant le cohen le ferait descendre au créneau de la sanctification du jour, seul instant disponible plus tôt, et Rabbi Hanina se confondrait avec Rabbi Eliezer.

Tossefot verrouillent l'argument : on ne peut pas inventer un instant intermédiaire entre la sanctification du jour et la sortie des étoiles, car il n'est pas plausible de fractionner autant les mesures du temps du coucher.

🖼️ Schéma
Laquelle des deux mesures est la plus tardive ? Le même test d'identité décide de l'ordre. Si le pauvre était plus tôt Sa mesure devrait se placer avant celle du cohen, donc avant la sortie des étoiles. Le seul créneau disponible plus tôt est la sanctification du jour. Alors Rabbi Hanina rejoindrait Rabbi Eliezer, et la baraita citerait deux fois la même position. Conclusion : le pauvre est plus tard Le cohen mange dès la sortie des étoiles. Le pauvre entre un peu après. Chaque Tana de la baraita occupe ainsi un instant qui lui est propre. Tossefot ajoutent : on ne fractionne pas davantage les mesures du temps du coucher. Ordre établi sanctification du jour, puis immersion des cohanim, puis sortie des étoiles, puis repas du pauvre, puis les gens s'attablent.
Pourquoi la mesure du pauvre se place après celle du cohen.
17
אָמַר מַר. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוּדָה: וַהֲלֹא כֹּהֲנִים מִבְּעוֹד יוֹם הֵם טוֹבְלִים!

Le Maître a dit : Rabbi Yehouda lui dit : mais les cohanim s'immergent alors qu'il fait encore jour !

🗂️ Tossefot (1)
אֲמַר לֵיהּ ר' יְהוּדָה וַהֲלֹא כֹּהֲנִים מִבְּעוֹד יוֹם הֵם טוֹבְלִים תֵּימָא תִּיקְשֵׁי לֵיהּ לְנַפְשֵׁיהּ שֶׁהֲרֵי פְּלַג הַמִּנְחָה מִבְּעוֹד יוֹם הִיא וְהוּא אוֹמֵר (לְקַמָּן בְּרָכוֹת דַּף כז.) מִיָּד כְּשֶׁיַּעֲבֹור פְּלַג הַמִּנְחָה הָוֵי זְמַן עַרְבִית. וְיֵשׁ לוֹמַר דִּלְדִידֵיהּ לָא קַשְׁיָא דְּלָא דְּרֵישׁ בְּשָׁכְבְּךָ וּבְקוּמֶךָ אֲבָל לְרַבָּנָן דְּדָרְשִׁי קַשְׁיָא דְּאֵינוֹ זְמַן שְׁכִיבָה:
Difficulté : l'objection devrait se retourner contre lui-même, car le plag hamminha se situe alors qu'il fait encore jour, et il dit lui-même (plus loin, Berakhot 27a) que dès que le plag hamminha est passé, c'est le temps de la prière du soir. Et l'on peut dire que pour lui il n'y a pas de difficulté, car il n'expose pas « quand tu te couches et quand tu te lèves » ; mais pour les Sages, qui l'exposent, il y a difficulté, puisque ce n'est pas le temps du coucher.
💡 Explication

La Guemara revient sur un élément laissé en suspens dans la baraita, selon la formule amar mar qui signale la reprise d'un passage cité. L'objection de Rabbi Yehouda vise le repère proposé par Rabbi Meir : une immersion diurne ne peut pas marquer l'entrée dans le temps du coucher.

Tossefot relèvent que l'objection pourrait se retourner contre Rabbi Yehouda lui-même, qui fixe le début de la prière du soir dès le passage du plag hamminha, en plein jour ; ils répondent qu'il n'expose pas le verset « quand tu te couches et quand tu te lèves ».

18
שַׁפִּיר קָאָמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוּדָה לְרַבִּי מֵאִיר?

Rabbi Yehouda a-t-il bien parlé à Rabbi Meir ?

💡 Explication

Formule d'étonnement : l'objection semble décisive, et la Guemara demande comment Rabbi Meir peut y répondre. La réponse tiendra à un désaccord antérieur sur la durée du bein hachemachot, l'intervalle qui sépare le coucher du soleil de la nuit pleine.

19
וְרַבִּי מֵאִיר הָכִי קָאֲמַר לֵיהּ: מִי סָבְרַתְּ דַּאֲנָא אַבֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דִּידָךְ קָא אָמֵינָא? אֲנָא אַבֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דְּרַבִּי יוֹסֵי קָא אָמֵינָא, דְּאָמַר רַבִּי יוֹסִי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת כְּהֶרֶף עַיִן, זֶה — נִכְנָס, וְזֶה — יוֹצֵא, וְאִי אֶפְשָׁר לַעֲמֹוד עָלָיו.

Et Rabbi Meir lui a dit ceci : penses-tu que je parle de ton bein hachemachot ? Je parle du bein hachemachot de Rabbi Yossi, car Rabbi Yossi a dit : le bein hachemachot est comme un clin d'œil — celui-ci entre et celui-là sort, et il est impossible de le saisir.

📜 Rachi (1)
בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דְּרַבִּי יְהוּדָה מְהַלֵּךְ חֲצִי מִיל לִפְנֵי צֵאת הַכּוֹכָבִים וּדְרַבִּי יוֹסֵי כְּהֶרֶף עַיִן לִפְנֵי צֵאת הַכּוֹכָבִים וְרַבִּי מֵאִיר כְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר לֵיהּ וְכִי טְבִיל מִקַּמֵּי הָכִי סָמוּךְ לַחֲשֵׁכָה הוּא וּזְמַן שְׁכִיבָה קָרֵינַן בֵּיהּ:
Le bein hachemachot de Rabbi Yehouda est la durée d'une marche d'un demi-mil avant la sortie des étoiles ; celui de Rabbi Yossi est comme un clin d'œil avant la sortie des étoiles. Rabbi Meir tient comme Rabbi Yossi : et lorsque le cohen s'immerge avant cela, il se trouve tout proche de l'obscurité, et nous appelons cela le temps du coucher.
💡 Explication

Rabbi Meir répond en changeant d'échelle. Pour Rabbi Yehouda, le bein hachemachot occupe la durée d'une marche d'un demi-mil avant la sortie des étoiles : l'immersion, qui le précède, tombe alors nettement dans le jour. Pour Rabbi Yossi, il se réduit à un instant insaisissable, juste avant la sortie des étoiles.

En adoptant la définition de Rabbi Yossi, Rabbi Meir place l'immersion des cohanim tout contre l'obscurité. Elle mérite alors le nom de temps du coucher, et son repère pour le Chema du soir tient.

🖼️ Schéma
La réponse de Rabbi Meir : changer de bein hachemachot L'immersion du cohen se place juste avant l'entre-deux, quel qu'il soit. Échelle de Rabbi Yehouda un demi-mil de marche sortie des étoiles immersion du cohen l'immersion tombe nettement dans le jour Échelle de Rabbi Yossi, invoquée par Rabbi Meir comme un clin d'œil sortie des étoiles immersion du cohen l'immersion touche déjà l'obscurité : temps du coucher Rabbi Yossi : celui-ci entre et celui-là sort, et il est impossible de le saisir.
Deux échelles du bein hachemachot et la place de l'immersion.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).