Berakhot 33a — Interrompre la prière devant le danger, puis les trois insertions de la Amida : pluie, demande, havdala

Berakhot 33a

Sougya : Le folio achève d'abord la section sur celui qui ne s'interrompt pas pendant la Amida : un serpent enroulé autour du talon n'arrête pas la prière, un scorpion oui, et des bœufs obligent à s'écarter. Le récit de Rabbi Hanina ben Dossa et de l'arod donne la règle de fond : la faute fait mourir, l'animal seul n'y suffit pas.

La michna ouvre ensuite un nouveau sujet : trois ajouts se glissent dans les bénédictions de la Amida — la mention de la puissance des pluies, la demande de pluie, et la havdala — chacun à une place motivée. Autour de la havdala dans la bénédiction de la connaissance s'ouvre une digression sur la grandeur de la daat, placée entre deux Noms, puis toute l'histoire de l'institution de la havdala : dans la prière, sur la coupe, et ce qu'il advient de celui qui s'est trompé.

Berakhot 33a : les cinq mouvements du folio 1. Fin du récit du hassid (seg. 0-1) Kal va-homer : si l'on ne salue pas un roi de chair et de sang, à plus forte raison devant le Roi des rois. Le gouverneur est apaisé ; le hassid rentre en paix. 2. Quand le danger interrompt (seg. 2-6) Serpent enroulé : on continue. Scorpion : on arrête. Objection de la fosse ; réponse : la pression. Bœufs : cinquante coudées, ou toute la vue. 3. L'arod de Rabbi Hanina (seg. 7-9) Il pose son talon sur le trou ; l'arod le mord et meurt. Règle donnée à la maison d'étude : la faute fait mourir. Malheur à l'homme, malheur à l'arod. 4. Michna et raisons (seg. 10-16) Trois insertions dans la Amida et leur emplacement. Rav Yossef donne la raison de chacune. Machloket Rabbi Akiva et Rabbi Eliezer sur la havdala. 5a. Digression : grande est la daat (seg. 17-22) Daat, mikdach et nekama sont placés entre deux Noms. Celui qui a la daat : comme si le Temple était bâti. La vengeance est grande dans son domaine propre. 5b. Histoire de la havdala (seg. 23-36) Prière, puis coupe, puis retour à la prière. Il faut les deux ; berakha inutile écartée par émendation. Trompé dans les deux : il revient au début. Charnière du folio La fin du sujet précédent porte sur ce qui coupe la prière ; la michna porte sur ce qu'on y ajoute. Les segments 10 à 36 forment une unité : une michna, trois raisons, une digression, puis toute la halakha de la havdala. Le Roch du dernier segment rassemble la halakha des oublis dans la Amida, y compris le recours à Chomea Tefila.
Les cinq mouvements du folio, du récit du hassid à la halakha de la havdala.
Les trois insertions de la michna et leur emplacement Chaque ajout est logé dans la bénédiction dont il partage le thème. Ce qu'on ajoute Dans quelle berakha Raison donnée par Rav Yossef Mention de la puissance des pluies (louange) 2e : résurrection des morts La pluie équivaut à la résurrection. Demande de pluie ten tal oumatar 9e : bénédiction des années La pluie est la parnassa, la subsistance. Havdala ata honantanou 4e : honen hadaat Rav Yossef : distinguer relève de la sagesse. Les rabbanim : c'est la première berakha du profane. Deux raisons pour un même emplacement. Tana kama Havdala dans honen hadaat Rabbi Akiva Une quatrième berakha à part Rabbi Eliezer Dans la berakha de hodaa
Les trois insertions de la michna, leur emplacement et la raison de chacune.
La havdala : deux lieux, une seule obligation à deux volets Institution principale : dans la Amida honen hadaat, formule ata honantanou Il a fait havdala dans la prière Il doit encore la faire sur la coupe. Rabbi Yo'hanan, Raba et Rav Yossef. Source : les hommes de la Grande Assemblée. Il a fait havdala sur la coupe Kal va-homer de Rav Nahman bar Yitshak : la coupe n'est pas l'institution principale, donc il doit aussi la dire dans la prière. La baraita de Rav Aha Arikha et sa difficulté Texte reçu : havdala dans la prière, plus louable ; dans l'une et dans l'autre, bénédictions sur sa tête. Difficulté : si l'une suffit, la seconde serait une berakha inutile, interdite par lo tissa. Émendation retenue S'il a fait havdala dans l'une et pas dans l'autre, que des bénédictions reposent sur sa tête. Trompé dans les deux Rav Chechet : il revient au début, prière et coupe.
La havdala dans la prière et sur la coupe : l obligation, la difficulté, la conclusion.
1
מַחֲזִיר לוֹ?! אָמַר לוֹ: לָאו. וְאִם הָיִיתָ מַחֲזִיר לוֹ, מֶה הָיוּ עוֹשִׂים לְךָ? אָמַר לוֹ: הָיוּ חוֹתְכִים אֶת רֹאשִׁי בְּסַיִיף. אָמַר לוֹ: וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וָחֹומֶר, וּמָה אַתָּה שֶׁהָיִיתָ עוֹמֵד לִפְנֵי מֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם, שֶׁהַיּוֹם כָּאן וּמָחָר בַּקֶּבֶר — כָּךְ אֲנִי שֶׁהָיִיתִי עוֹמֵד לִפְנֵי מֶלֶךְ מַלְכֵי הַמְּלָכִים הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, שֶׁהוּא חַי וְקַיָּים לָעַד וּלְעוֹלְמֵי עוֹלָמִים — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.

« Tu lui aurais rendu son salut ? » Il lui répondit : non. « Et si tu le lui avais rendu, que t aurait-on fait ? » Il lui répondit : on m aurait tranché la tête au glaive.

Il lui dit : mais ces choses ne forment-elles pas un kal va-homer (raisonnement à fortiori) ? Si toi, qui te tenais devant un roi de chair et de sang, qui est ici aujourd hui et demain au tombeau, tu aurais agi ainsi — moi qui me tenais devant le Roi des rois des rois, le Saint béni soit-Il, qui vit et subsiste à jamais et pour les siècles des siècles, à plus forte raison.

💡 Explication

Le folio s'ouvre sur la fin d'un récit commencé en 32b : un hassid priait, un gouverneur l'a salué, il n'a pas répondu. La réponse du hassid tient tout entière dans un kal va-homer : ce qui vaut pour le cas léger vaut à plus forte raison pour le cas grave.

Le cas léger est le roi humain, dont la durée est bornée ; le cas grave est le Roi des rois des rois, qui subsiste toujours. Puisque la crainte du premier suffit à interdire un salut, la crainte du second l'interdit d'autant plus. Le raisonnement transforme la faute apparente du hassid en conduite obligatoire.

2
מִיָּד נִתְפַּייֵּס אוֹתוֹ הֶגְמוֹן, וְנִפְטַר אוֹתוֹ חָסִיד לְבֵיתוֹ לְשָׁלוֹם.

Aussitôt ce gouverneur (hegmon) fut apaisé, et ce hassid s'en retourna chez lui en paix.

🪔 Ben Yehoyada (1)
מִיָּד נִתְפַּיֵּס אוֹתוֹ הֶגְמוֹן, וְנִפְטַר אוֹתוֹ חָסִיד לְבֵיתוֹ לְשָׁלוֹם. מַקְשִׁים אַמַּאי אִצְטְרִיךְ בַּעַל הַמַּאֲמָר לוֹמַר דְּבָרִים אֵלּוּ, מֵאַחַר שֶׁאָמַר וְנִתְפַּייֵּס אוֹתוֹ הַשַּׂר? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאָמְרוּ בַּגְּמָרָא (פְּסָחִים ח:) שָׁאֲלוּ לָרַב עַל תַּלְמִידֵי דְּבֵי רַב שֶׁבָּאִים לְבֵית הַמִּדְרָשׁ דֶּרֶךְ הַיַּעַר, שֶׁהוּא מָקוֹם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ חֲשַׁשׁ סַכָּנָה אִם רַשָּׁאִים בְּכָךְ? וְהֵשִׁיב לַיְתוֹ עָלַי וְעַל צַוָּארִי! וְחָזְרוּ וּשְׁאָלוּהוּ בַּחֲזִירָתָם מִבֵּית הַמִּדְרָשׁ לְבֵיתָם כֵּיצַד? וְאָמַר לָהֶם 'לָא יָדַעְנָא' שֶׁנִּסְתַּפֵּק בָּזֶה. וְלָכֵן בָּא בַּעַל הַמַּאֲמָר כָּאן לְלַמְּדֵנוּ רְבוּתָא, דְּלָא תַּחְשֹׁוב נֵס זֶה שֶׁנַּעֲשָׂה בְּאוֹתוֹ חָסִיד הָיָה בְּדֶרֶךְ הִילּוּכוֹ מִבֵּיתוֹ לְבֵית הַמִּדְרָשׁ, לְכָךְ הַגִּין עָלָיו זְכוּת בֵּית הַמִּדְרָשׁ שֶׁהוֹלֵךְ לְשָׁם, לָזֶה סִיֵּים וְנִפְטַר אוֹתוֹ חָסִיד לְבֵיתוֹ לְשָׁלוֹם, דְּהָיָה זֶה בְּהִילּוּכוֹ לְבֵיתוֹ, וְעִם כָּל זֶה נַעֲשָׂה הַנֵּס שֶׁנִּפְטַר לְשָׁלוֹם. אוֹ נִרְאֶה לִי בס"ד אָמַר נִפְטַר לְשָׁלוֹם, כְּלוֹמַר שֶׁנִּפְטַר מִן אוֹתוֹ הַשַּׂר בְּשִׂימַת שָׁלוֹם, שֶׁנָּתַן לוֹ הַשַּׂר שָׁלוֹם כְּשֶׁנִּפְטַר אוֹתוֹ חָסִיד מִמֶּנּוּ, שֶׁנָּתַן הקב"ה לְאוֹתוֹ חָסִיד אַהֲבָה וְחֵן בְּעֵינֵי הַשַּׂר, דְּלָא דַּי לוֹ שֶׁלֹּא הֲרָגוֹ, אֶלָּא אָהַב אוֹתוֹ וְחָזַר וְנָתַן לוֹ שָׁלוֹם שֵׁנִית כְּשֶׁנִּפְטַר מִמֶּנּוּ, שֶׁכִּיבְּדוּ בִּנְתִינַת שָׁלוֹם. אִי נָמֵי רְצוֹנוֹ לוֹמַר אַף עַל פִּי שֶׁהָיָה לְחָסִיד אוֹתוֹ שָׁעָה פַּחַד שֶׁל מָוֶת, לֹא הִזִּיק לוֹ זֶה הַפַּחַד בְּגוּפוֹ, כְּדֶרֶךְ אָדָם שֶׁנִּקְרָה לוֹ אֵיזֶה פַּחַד, לֹא נִפְטַר לְבֵיתוֹ לְשָׁלוֹם בְּלִי שׁוּם מֵיחוֹשׁ בְּגוּפוֹ כְּלָל.
« Aussitôt ce hegmon fut apaisé, et ce hassid s'en retourna chez lui en paix. » On demande : pourquoi l'auteur de l'enseignement a-t-il eu besoin de dire cela, puisqu'il a déjà dit que le gouverneur fut apaisé ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la guemara (Pessahim 8b) rapporte qu'on interrogea Rav au sujet des élèves de la maison d'étude qui se rendent au beit hamidrach en traversant la forêt, endroit où il y a un risque de danger : y sont-ils autorisés ? Il répondit : qu'ils viennent, cela retombe sur moi et sur mon cou ! On l'interrogea de nouveau sur le retour du beit hamidrach vers leur maison : qu'en est-il ? Il leur répondit « je ne sais pas », car il avait un doute à ce sujet. L'auteur de l'enseignement vient donc ici nous apprendre une chose forte : ne pense pas que ce miracle accompli pour ce hassid ait eu lieu sur le chemin qui va de sa maison à la maison d'étude, de sorte que le mérite de la maison d'étude vers laquelle il allait l'aurait protégé. C'est pourquoi il conclut « et ce hassid s'en retourna chez lui en paix » : cela se passait sur le chemin du retour vers sa maison, et malgré cela le miracle eut lieu et il s'en alla en paix. Ou bien il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'en disant « il s'en alla en paix », cela veut dire qu'il prit congé de ce gouverneur avec un salut : le gouverneur lui donna le salut lorsque le hassid le quitta, car Hachem accorda à ce hassid amour et grâce aux yeux du gouverneur. Il ne lui a pas seulement laissé la vie : il l'aima et lui rendit le salut une seconde fois lorsqu'il le quitta, l'honorant par ce salut. Ou encore, cela veut dire que même si le hassid éprouva à ce moment une frayeur de mort, cette frayeur ne lui fit aucun mal dans son corps, comme il arrive à un homme qui subit quelque frayeur : il s'en retourna chez lui en paix, sans la moindre atteinte dans son corps.
💡 Explication

La conclusion du récit paraissait superflue. Le Ben Yehoyada montre qu'elle porte une information : le miracle a eu lieu au retour, quand le mérite du beit hamidrach ne protège plus le voyageur, ce qui rend la protection plus remarquable.

3
אֲפִילּוּ נָחָשׁ כָּרוּךְ עַל עֲקֵבוֹ, לֹא יַפְסִיק. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא נָחָשׁ. אֲבָל עַקְרָב — פּוֹסֵק.

« Même si un serpent est enroulé autour de son talon, il n'interrompt pas. » Rav Chechet a dit : on n'a enseigné cela que pour un serpent ; mais pour un scorpion, il interrompt.

📜 Rachi (1)
אֲבָל עַקְרָב פּוֹסֵק וְנוֹטְלוֹ לְפִי שֶׁהָעַקְרָב מְסֻוכָּן לַעֲקֹוץ יוֹתֵר מִשֶּׁנָּחָשׁ מוּכָן לְיִשֹּׁוךְ:
et il l'écarte, car le scorpion est plus dangereux à piquer que le serpent n'est disposé à mordre.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל עַקְרָב פּוֹסֵק בִּירוּשַׁלְמִי קָאָמַר דְּאִם הָיָה נָחָשׁ מַרְתִּיעַ לָבֹא כְּנֶגְדּוֹ פּוֹסֵק לְפִי שֶׁבָּא כְּנֶגְדּוֹ בְּכַעַס מִתְכַּוֵּין לְהַזִּיקוֹ וּמִיהוּ לֹא מָצִינוּ אִם פָּסַק שֶׁיַּחֲזֹור לָרֹאשׁ מִדְּלָא קָאָמַר וְאִם פָּסַק חוֹזֵר לְרֹאשׁ אֲבָל לִתְחִלַּת בְּרָכָה מִיהָא יַחְזֹור וְאִם טָעָה בַּג' רִאשׁוֹנוֹת אוֹ בַּג' אַחֲרוֹנוֹת חוֹזֵר לִתְחִלַּת הַג' בְּאָבוֹת בָּרִאשׁוֹנוֹת וּבַעֲבוֹדָה בָּאַחֲרוֹנוֹת כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן בְּפִרְקִין (בְּרָכוֹת דַּף לד.):
Dans le Talmud de Jérusalem il est dit que si le serpent se dressait avec fureur contre lui, il interrompt, parce qu'il vient contre lui avec colère et à l'intention de lui nuire. Toutefois nous n'avons pas trouvé, dans le cas où il a interrompu, qu'il revienne au début, puisqu'il n'est pas dit « et s'il a interrompu, il revient au début » ; mais il revient en tout cas au début de la bénédiction. Et s'il s'est trompé dans les trois premières ou dans les trois dernières, il revient au début de ces trois-là : à Avot pour les premières, et à Avoda pour les dernières, comme nous le disons plus loin dans notre chapitre (Berakhot 34a).
⚖️ Rosh (1)
אַפֵּי' נָחָשׁ כָּרוּךְ עַל עֲקֵבוֹ לֹא יַפְסִיק אָמַר רַב שֵׁשֶׁת לֹא שָׁנוּ אֶלָּא נָחָשׁ אֲבָל עַקְרָב פּוֹסֵק יְרוּשַׁלְמִי קְמַרְתִּיחַ נָחָשׁ כְּנֶגְדּוֹ פּוֹסֵק וְאִם פּוֹסֵק בַּג' רִאשׁוֹנוֹת חוֹזֵר לְרֹאשׁ וְאִם בָּאַחֲרוֹנוֹת חוֹזֵר לָעֲבוֹדָה: א"ר יִצְחָק רָאָה שְׁוָורִים פּוֹסֵק דְּתָנֵי רַב יוֹסֵף מַרְחִיקִים מִשּׁוֹר תָּם חֲמִשִּׁים אַמָּה וּמִשּׁוֹר הַמּוּעָד כִּמְלֹא עֵינָיו:
« Même si un serpent est enroulé autour de son talon, il n'interrompt pas. » Rav Chechet a dit : on n'a enseigné cela que pour un serpent, mais pour un scorpion il interrompt. Talmud de Jérusalem : si un serpent bouillonne de colère contre lui, il interrompt ; et s'il interrompt dans les trois premières bénédictions, il revient au début, et si c'est dans les trois dernières, il revient à Avoda. Rabbi Yitshak a dit : s'il a vu des bœufs, il interrompt, car Rav Yossef a enseigné : on s'écarte de cinquante coudées d'un bœuf tam, et d'un bœuf mouad autant que porte le regard.
💡 Explication

La michna (30b) interdit d'interrompre la Amida même pour un serpent enroulé au talon. Rav Chechet restreint cette règle à l'animal qui ne mord que si on le dérange. Le scorpion pique de lui-même : le danger devient réel, et la prière cède.

Tossefot et le Roch ajoutent le cas du Talmud de Jérusalem, où le serpent lui-même se dresse avec colère : là aussi on interrompt. Tossefot pose alors la question pratique que la guemara laisse ouverte : où reprendre après l'interruption. La réponse suit la règle générale des erreurs dans la Amida — retour au début du groupe de trois pour les bénédictions d'ouverture et de clôture, et au début de la bénédiction pour les autres.

🖼️ Schéma
Interrompre la Amida devant un animal : la règle de Rav Chechet Un animal s'approche Serpent enroulé au talon Il ne mord pas si on ne le dérange pas. Il n'interrompt pas sa prière. Scorpion Rachi : il est plus disposé à piquer que le serpent ne l'est à mordre. Il interrompt et l'écarte. Compléments du Talmud de Jérusalem, rapportés par Tossefot et le Roch Serpent qui se dresse avec colère contre lui : il interrompt, car il vient pour nuire. S'il a interrompu : retour au début des trois premières, ou à Avoda pour les trois dernières.
Serpent et scorpion : la distinction porte sur la nature du danger, pas sur l'espèce.
4
מֵיתִיבִי: נָפַל לְגוֹב אֲרָיוֹת — אֵין מְעִידִין עָלָיו שֶׁמֵּת. נָפַל לַחֲפִירָה מְלֵאָה נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים — מְעִידִין עָלָיו שֶׁמֵּת!

On objecte : celui qui est tombé dans une fosse aux lions — on ne témoigne pas à son sujet qu'il est mort ; celui qui est tombé dans une fosse pleine de serpents et de scorpions — on témoigne à son sujet qu'il est mort !

📜 Rachi (2)
אֵין מְעִידִין עָלָיו לוֹמַר לְאִשְׁתּוֹ מֵת בַּעֲלִיךְ לְהַתִּירָהּ לִינָּשֵׂא פְּעָמִים שֶׁאֵין הָאֲרָיוֹת רְעֵבִים וְאֵין אוֹכְלִין אוֹתוֹ:
pour dire à sa femme : ton mari est mort, afin de lui permettre de se remarier ; car il arrive que les lions ne soient pas affamés et ne le mangent pas.
נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים אוֹ זֶה אוֹ זֶה מְעִידִים עָלָיו שֶׁמֵּת אַלְמָא מוּעָד הַנָּחָשׁ לֵישׁוּךְ:
l'un ou l'autre : on témoigne à son sujet qu'il est mort. Il en ressort donc que le serpent est présumé mordre (mouad).
💡 Explication

L'objection vient du droit du témoignage : pour permettre à une femme de se remarier, il faut une certitude sur la mort du mari. La Tossefta accepte le témoignage quand l'homme est tombé parmi des serpents, ce qui suppose que le serpent mord à coup sûr. Rav Chechet a pourtant dit qu'il ne mord pas si on ne le dérange pas.

5
שָׁאנֵי הָתָם, דְּאַגַּב אִיצְצָא מַזְּקִי.

Là-bas c'est différent : par l'effet de la pression (itsatsa), ils font du mal.

📜 Rachi (1)
אַגַּב אִיצְצָא כְּשֶׁנָּפַל עֲלֵיהֶם וּדְחָקָם הִזִּיקוּהוּ:
quand il est tombé sur eux et les a écrasés, ils lui ont fait du mal.
💡 Explication

La réponse maintient la règle de Rav Chechet en isolant le facteur décisif : dans la fosse, l'homme tombe sur les serpents et les écrase. Le serpent alors réagit. Le cas de la michna reste celui d'un serpent que rien ne provoque.

6
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: רָאָה שְׁווָרִים — פּוֹסֵק. דְּתָנֵי רַב הוֹשַׁעְיָה: מַרְחִיקִין מִשּׁוֹר תָּם חֲמִשִּׁים אַמָּה, וּמִשּׁוֹר מוּעָד — כִּמְלוֹא עֵינָיו.

Rabbi Yitshak a dit : s'il a vu des bœufs, il interrompt. Car Rav Hochaya a enseigné : on s'écarte de cinquante coudées d'un bœuf tam, et d'un bœuf mouad autant que porte le regard.

📜 Rachi (2)
שׁוֹר תָּם שֶׁלֹּא נָגַח אָדָם:
bœuf tam : qui n'a pas encorné d'homme.
מוֹעֵד שֶׁנָּגַח ג' פְּעָמִים:
mouad : qui a encorné trois fois.
💡 Explication

Le vocabulaire vient du droit des dommages. Un bœuf tam n'a pas encore d'antécédent d'encornement ; un bœuf mouad en a trois, ce qui établit une habitude et alourdit la responsabilité de son maître. Ici, la distinction sert à mesurer une distance de sécurité.

La conséquence pour la prière est directe : si l'on doit s'écarter d'un tel animal, on interrompt la Amida pour le faire.

🖼️ Schéma
Les distances à garder devant un bœuf L'homme en pleine Amida cinquante coudées Bœuf tam il n'a pas encore encorné autant que porte le regard Bœuf mouad il a encorné trois fois Le cas le plus grave, au nom de Rabbi Meir Tant que la tête du bœuf est dans la corbeille de paille : monte sur le toit et jette l'échelle. Chmouel : bœuf noir, aux jours de Nissan. Rachi : l'herbe nouvelle enfle son esprit.
Les distances à garder, et le cas aggravé du bœuf noir aux jours de Nissan.
7
תָּנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי מֵאִיר: רֵישׁ תּוֹרָא בְּדִקּוּלָא — סְלֵיק לְאַגְרָא וּשְׁדִי דַּרְגָּא מִתּוּתְךָ. אָמַר שְׁמוּאֵל: הָנֵי מִילֵּי בְּשׁוֹר שָׁחוֹר וּבְיוֹמֵי נִיסָן, מִפְּנֵי שֶׁהַשָּׂטָן מְרַקֵּד לוֹ בֵּין קַרְנָיו.

On a enseigné au nom de Rabbi Meir : la tête du bœuf est dans la corbeille — monte sur le toit et jette l'échelle de dessous toi. Chmouel a dit : cela vaut pour un bœuf noir et aux jours de Nissan, parce que le Satan danse entre ses cornes.

📜 Rachi (3)
בְּדִקּוּלָא סַל שֶׁתּוֹלִין בּוֹ תֶּבֶן בְּרֹאשׁוֹ וְאוֹכֵל:
dans la corbeille : une corbeille de paille suspendue à sa tête, dans laquelle il mange.
וּשְׁדֵי דַּרְגָּא לָאו דַּוְקָא אֶלָּא כְּלוֹמַר הִזָּהֵר מִמֶּנּוּ הַרְבֵּה:
« et jette l'échelle » : ce n'est pas à prendre au pied de la lettre ; cela veut dire : garde-toi de lui avec beaucoup de soin.
בְּיוֹמֵי נִיסָן מִתּוֹךְ שֶׁעָבְרוּ יְמֵי הַסְּתָיו שֶׁהָאָרֶץ יְבֵשָׁה וְעַכְשָׁיו רוֹאֶה אוֹתָהּ מְלֵאָה דְּשָׁאִים זָחָה דַּעְתּוֹ עָלָיו וְנִכְנַס בּוֹ יֵצֶר הָרָע:
aux jours de Nissan : parce que les jours d'hiver sont passés, où la terre était sèche, et qu'il la voit maintenant pleine d'herbe ; son esprit s'enfle et le penchant au mal entre en lui.
💡 Explication

La formule est volontairement excessive : profiter du moment où l'animal mange pour monter sur un toit, puis supprimer soi-même le moyen de redescendre. Rachi la lit comme une image de l'extrême prudence.

Chmouel limite la mise en garde à un cas précis : un bœuf noir au printemps. Rachi en donne la raison naturelle — l'abondance soudaine de pâture excite l'animal.

8
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּמָקוֹם אֶחָד שֶׁהָיָה עַרְוָד, וְהָיָה מַזִּיק אֶת הַבְּרִיּוֹת. בָּאוּ וְהוֹדִיעוּ לוֹ לְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא. אָמַר לָהֶם: הַרְאוּ לִי אֶת חֹורוֹ! הֶרְאוּהוּ אֶת חוֹרוֹ. נָתַן עֲקֵבוֹ עַל פִּי הַחֹור, יָצָא וּנְשָׁכוֹ — וּמֵת אוֹתוֹ עָרוֹד.

Nos maîtres ont enseigné : il arriva en un certain lieu qu'il y avait un arod, et il nuisait aux gens. On vint l'annoncer à Rabbi Hanina ben Dossa.

Il leur dit : montrez-moi son trou ! On lui montra son trou.

Il posa son talon sur l'ouverture du trou ; l'arod sortit, le mordit — et cet arod mourut.

📜 Rachi (3)
עָרוֹד מִן הַנָּחָשׁ וְהַצָּב בָּא שֶׁנִּזְקָקִין זֶה עִם זֶה וְיוֹצֵא מִשְּׁנֵיהֶם עָרוֹד:
l'arod : il vient du serpent et du tsav, qui s'accouplent l'un avec l'autre, et de ces deux sort l'arod.
אֶת חוֹרוֹ שֶׁהוּא יוֹצֵא מִשָּׁם:
son trou : celui par lequel il sort.
וּמֵת הֶעָרוֹד מָצָאתִי בה"ג אָמְרִי בְּמַעֲרָבָא כְּשֶׁהֶעָרוֹד נוֹשֵׁךְ אֶת הָאָדָם אִם הֶעָרוֹד קוֹדֵם לַמַּיִם מֵת הָאָדָם וְאִם הָאָדָם קוֹדֵם לַמַּיִם מֵת הֶעָרוֹד וְנַעֲשָׂה נֵס לֵר' חֲנִינָא וְנִקְבַּע מַעְיָן מִתַּחַת עֲקֵבוֹ:
« et l'arod mourut » : j'ai trouvé dans les Halakhot Guedolot qu'on dit en Occident que, lorsque l'arod mord un homme, si l'arod atteint l'eau le premier, l'homme meurt, et si l'homme atteint l'eau le premier, l'arod meurt. Un miracle fut fait pour Rabbi Hanina : une source jaillit sous son talon.
🪔 Ben Yehoyada (1)
יָצָא וּנְשָׁכוֹ, וּמֵת אוֹתוֹ עָרוֹד. נְטָלוֹ עַל כְּתֵפוֹ וְהוֹלִיכוֹ לְבֵית הַמִּדְרָשׁ. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה נְטָלוֹ עַל כְּתֵפוֹ, וְלֹא נָשְׂאוּ וְגֵירְרוּ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי בְּוַדַּאי הָיָה בְּאוֹתוֹ עָרוֹד אֵיזֶה נֶפֶשׁ אָדָם מְגֻולְגֶּלֶת בּוֹ וְנִתְקְנָה עַתָּה, יַעַן כִּי מָצִינוּ שֶׁנַּעֲשָׂה בָּזֶה הֶעָרוֹד קְדוֹשׁ הַשֵּׁם, וְגַם עוֹד נַעֲשָׂה תּוֹכְחוֹת מוּסָר לִבְנֵי אָדָם, וְנַעֲשָׂה גְּרָמָא לִבְנֵי אָדָם לְהִתְעוֹרֵר בִּתְשׁוּבָה, לָכֵן וַדַּאי הָיָה בּוֹ אֵיזֶה נֶפֶשׁ מְגֻולְגֶּלֶת וְנִתְקְנָה בָּזֶה, וּכְמוֹ שֶׁכָּתוּב בִּשְׁתֵּי פָּרִים שֶׁאֶחָד יָצָא גּוֹרָלוֹ לִהְיוֹת קָרְבָּן לָהּ' בְּיַד אֵלִיָּהוּ זָכוּר לַטּוֹב, וְאֶחָד קָרְבָּן לַבַּעַל, וְלֹא הָיָה זֶה רוֹצֶה לָזוּז מִמְּקוֹמוֹ אַף עַל פִּי שֶׁנִּקְבְּצוּ אֵלָיו ת' אִישׁ, עַד שֶׁבָּא אֵלִיָּהוּ זָכוּר לַטּוֹב וְלַחַשׁ לוֹ כְּשֵׁם שֶׁמִּתְקַדֵּשׁ שֵׁם שָׁמַיִם בַּפָּר שֶׁלִּי כָּךְ מִתְקַדֵּשׁ שֵׁם שָׁמַיִם בְּךָ, וְאָז קָם, וְאָמַר רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל (בְּסֵפֶר לִקּוּטִים פ' קֹרַח), כִּי אֵלּוּ הַשְּׁנֵי פָּרִים הָיוּ גִּלְגּוּל דָּתָן וַאֲבִירָם, וְאַף עַל פִּי שֶׁנִּשְׂרְפוּ לֹא נִגְמַר תִּיקּוּנָם, וְעַתָּה נִגְמַר בִּשְׁנֵי פָּרִים אֵלּוּ, וַאֲבִירָם הָיָה מְגֻולְגָּל בְּפַר שֶׁל בַּעַל , וְלֹא רָצָה לָקוּם כִּי חָשַׁב לֹא יְתֻוקַּן מֵאַחַר שֶׁהוּא בְּחֵלֶק הַבַּעַל, וְאָמַר לוֹ אֵלִיָּהוּ זָכוּר לַטּוֹב שֶׁגַּם הוּא יְתֻוקַּן, יַעַן כִּי מִתְקַדֵּשׁ שֵׁם שָׁמַיִם בּוֹ, יְעַייֵּן שָׁם. וְכֵן כָּאן וַדַּאי הָיָה בֶּעָרוֹד הַהוּא נֶפֶשׁ אָדָם מְגֻולְגֶּלֶת, וּלְכָךְ זָכָה שֶׁיִּתְקַדֵּשׁ שֵׁם שָׁמַיִם עַל יָדוֹ, וּכְשֶׁמֵּת הֶעָרוֹד נִתְקְנָה, לְכָךְ נְטָלוֹ עַל כְּתֵפוֹ, לוֹמַר נִתְעַלָּה זֶה עַתָּה בְּקִדּוּשׁ שֵׁם שָׁמַיִם, וְרָאוּי לְנָשְׂאוּ עַל כְּתִיף כְּמוֹ גְּוִיַּית אָדָם, מִפְּנֵי שֶׁנִּתְקַן הַנֶּפֶשׁ הַמְגֻולְגֶּלֶת בּוֹ. אוֹ נִרְאֶה לִי בס"ד לְפָרֵשׁ נְטָלוֹ עַל כְּתֵפוֹ כְּדֵי לְשַׁלְשְׁלוֹ לַאֲחוֹרָיו, לִרְמֹוז לִבְנֵי אָדָם שֶׁהַחֵטְא מֵמִית שֶׁהָאָדָם מַשְׁלִיךְ דְּבַר תּוֹרָה וַעֲבוֹדַת שָׁמַיִם אַחֲרֵי גֵּווֹ, וּכְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (מְלָכִים א' יד, ט) וְאֹתִי הִשְׁלַכְתָּ אַחֲרֵי גַוֶּךָ. וּבְאֹופֶן אַחֵר נִרְאֶה לִי בס"ד רֶמֶז בָּזֶה מוּסָר גָּדוֹל וְלִימּוּד יָקָר , וְהוּא כִּי הַחוֹטֵא עוֹשֶׂה שְׁתַּיִם רָעוֹת, דִּכְתִיב (יִרְמְיָהוּ ב, יג) כִּי שְׁתַּיִם רָעוֹת עָשָׂה עַמִּי, הָא' אֹתִי עָזְבוּ מְקוֹר מַיִם חַיִּים, וְהַב' לַחְצֹב לָהֶם בֹּארוֹת בֹּארֹת נִשְׁבָּרִים, דְּהַייְנוּ שֶׁהוּא מוֹצִיא מִמֶּנּוּ חֲלָקִים טוֹבִים וּמַכְנִיס חֲלָקִים רָעִים, נִמְצָא שְׁתַּיִם רָעוֹת הֵם א' שֶׁל יְצִיאָה וְא' שֶׁל הַכְנָסָה, וְלָכֵן כְּתִיב (אֵיכָה א' ח') חֲטָא חָטְאָה יְרוּשָׁלִַם, וְדָרְשׁוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל 'חָטְאוּ בְּכִפְלַיִם', וְלָכֵן בָּא הֶעָרוֹד הַהוּא לִנְקֹום מִן הַחוֹטֵא שֶׁעָשָׂה שְׁתַּיִם רָעוֹת, כִּי נִרְמַז זֶה בְּשֵׁם ה עָרוֹד לְמַפְרֵעַ הוּא נִקְרָא דּוּ רַע , וְתֵיבַת 'דּוּ' רְצוֹנוֹ לוֹמַר 'שְׁתַּיִם' כְּמוֹ טָב לְמֵיתַב טַן דּוּ מִלְּמֵיתַב אַרְמְלוּ, וְהוֹאִיל וְהַחוֹטֵא הוֹלֵךְ לְאָחוֹר לָכֵן נִרְמַז דָּבָר זֶה שֶׁל 'דּוּ רָע' לְאָחוֹר, וּכְדֵי לְהַשְׂכִּיל אֶת בְּנֵי אָדָם בְּמוֹסֵר זֶה, שֶׁכָּל כָּךְ קָשֶׁה הַחֵטְא שֶׁגּוֹרֵם דּוּ רַע א' שֶׁל כְּנִיסָה וְא' שֶׁל יְצִיאָה, שֶׁדָּבָר זֶה נִרְמַז בְּעָרוֹד עַצְמוֹ, לְכָךְ נְטָלוֹ עַל כְּתֵפוֹ בְּגָלוּי לְעֵינֵי הַכֹּל, וְדֶרֶךְ הַנּוֹטֵל עַל כְּתֵפוֹ חֶבֶל אוֹ דָּבָר אַחֵר שֶׁרֹאשׁוֹ אֶחָד דַּק וְרֹאשׁוֹ אֶחָד עָב, הִנֵּה תּוֹפֵשׂ רֹאשׁ הַדַּק בְּיָדוֹ וּמְשַׁלְשֵׁל רֹאשׁ הָעָב לַאֲחוֹרָיו, וְכֵן הֶעָרוֹד שֶׁהוּא מִין נָחָשׁ שֶׁיֵּשׁ לוֹ זָנָב שֶׁהוּא דַּק, כְּשֶׁנְּטָלוֹ ר' חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא עַל כְּתֵיפוֹ, אֶחָד בְּיָדוֹ הַזָּנָב וְשִׁלְשֵׁל אֶת רֹאשׁוֹ הָעָב עַל כְּתֵיפוֹ לַאֲחוֹרָיו, רֶמֶז לָרוֹאִין 'תַּבִּיטוּ בְּאוֹתִיּוֹת עָרוֹד מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה', דְּהַייְנוּ שֶׁתִּקְרְאוּ אוֹתִיּוֹתָיו לְאָחוֹר שֶׁאָז הֶעָרוֹד נִקְרָא 'דּוּ רָע', שֶׁבָּזֶה תֵּדְעוּ וְתָבִינוּ שֶׁהֶעָרוֹד מֵמִית, בַּעֲבוּר הַחֵטְא שֶׁעוֹשֶׂה דּוּ רַע, א' בַּהַכְנָסָה וְא' בִּיצִיאָה. אוֹ יוּבָן בס"ד עָרוֹד [280] גֵּי' ר"ף, וְרֹאשׁ ח נֵינֶא שֶׁהוּא כָּתֵף אֶחָד מִשְּׁמוֹ הוּא ח' צֵירוּף, שְׁנֵיהֶם חֵרֵף [288] רְצוֹנוֹ לוֹמַר, נְטָלוֹ בְּגָלוּי שֶׁבָּזֶה חֵרֵף הַקְּלִיפָּה שֶׁל הֶעָרוֹד.
« Il sortit, le mordit, et cet arod mourut. Il le prit sur son épaule et l'amena à la maison d'étude. » On peut demander : pourquoi l'a-t-il porte sur son épaule plutôt que de le traîner ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il y avait certainement dans cet arod une âme humaine en guilgoul (transmigration), réparée à ce moment ; car nous voyons que par cet arod il y eut sanctification du Nom, qu'il en résulta une leçon de moussar pour les hommes, et que cela devint une cause d'éveil à la techouva. Il y avait donc en lui une âme en guilgoul, réparée par là. Il en va comme des deux taureaux dont l'un fut tiré au sort pour être offert à ה' par la main d'Eliyahou, que son souvenir soit en bien, et l'autre pour le Baal : celui-ci refusait de bouger de sa place, bien que quatre cents hommes se fussent rassemblés autour de lui, jusqu'à ce qu'Eliyahou vint lui chuchoter : de même que le Nom du Ciel est sanctifié par mon taureau, ainsi le Nom du Ciel est sanctifié par toi — et alors il se leva. Notre maître le Ari, de mémoire bénie, a dit (Sefer Likoutim, parachat Korah) que ces deux taureaux étaient le guilgoul de Datan et Aviram : bien qu'ils eussent été brûlés, leur tikoun n'était pas achevé, et il s'acheva alors par ces deux taureaux. Aviram était en guilgoul dans le taureau du Baal, et il refusait de se lever, car il pensait qu'il ne serait pas réparé puisqu'il se trouvait du côté du Baal ; Eliyahou, que son souvenir soit en bien, lui dit que lui aussi serait réparé, puisque le Nom du Ciel était sanctifié par lui — voir là-bas. De même ici, il y avait certainement dans cet arod une âme humaine en guilgoul, et c'est pourquoi il mérita que le Nom du Ciel fût sanctifié par lui ; à la mort de l'arod, elle fut réparée. Voilà pourquoi il le prit sur son épaule : pour dire que celui-ci vient d'être élevé par la sanctification du Nom du Ciel, et qu'il mérite d'être porté sur l'épaule comme le corps d'un homme, parce que l'âme en guilgoul qui était en lui a été réparée. Ou bien il me semble, avec l'aide du Ciel, d'expliquer qu'il le prit sur son épaule afin de le laisser pendre derrière lui, pour faire allusion aux hommes que la faute fait mourir, l'homme rejetant la parole de Torah et le service du Ciel derrière son dos, comme il est dit (I Rois 14,9) « et Moi, tu M as rejeté derrière ton dos ». D'une autre manière, il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il y a là une grande leçon de moussar et un enseignement précieux : le fauteur commet deux maux, comme il est écrit (Jérémie 2,13) « car Mon peuple a commis deux maux » — le premier, « ils M ont abandonné, Moi, source d'eaux vives », et le second, « pour se creuser des citernes, des citernes fendues » ; c'est-à-dire qu'il fait sortir de lui des parts bonnes et y fait entrer des parts mauvaises. Il se trouve que les deux maux sont l'un de sortie et l'autre d'entrée. C'est pourquoi il est écrit (Lamentations 1,8) « het hat à Yerouchalaim », et nos maîtres, de mémoire bénie, ont exposé : « ils ont fauté doublement ». Cet arod est donc venu tirer vengeance du fauteur qui a commis deux maux, car cela est mis en allusion dans le nom arod : lu à l'envers, il se lit dou ra, le mot dou signifiant « deux », comme dans « mieux vaut siéger à deux que de siéger en veuve ». Et puisque le fauteur va en arrière, cette chose de dou ra est mise en allusion à l'envers. Pour instruire les hommes de ce moussar — que la faute est si grave qu'elle cause un dou ra, l'un d'entrée et l'autre de sortie, chose déjà inscrite dans l'arod lui-même — il le prit sur son épaule au vu de tous. Or celui qui porte sur son épaule une corde ou une autre chose dont une extrémité est fine et l'autre épaisse tient l'extrémité fine dans sa main et laisse pendre l'extrémité épaisse derrière lui. Ainsi l'arod, espèce de serpent dont la queue est fine : lorsque Rabbi Hanina ben Dossa le prit sur son épaule, il tenait la queue dans sa main et laissait pendre sa tête épaisse derrière lui sur son épaule, pour faire signe à ceux qui regardaient : « regardez les lettres de arod de bas en haut », c'est-à-dire lisez ses lettres à rebours, et alors arod se lit dou ra ; par là vous saurez et comprendrez que l'arod fait mourir à cause de la faute, qui produit un dou ra, l'un à l'entrée et l'autre à la sortie. Ou bien on comprendra, avec l'aide du Ciel : arod vaut en guematria 280, soit raf ; et la tête de Hanina, qui est l'une des épaules de son nom, est la lettre het par combinaison ; les deux ensemble font haref (288), c'est-à-dire qu'il le prit au vu de tous, et par là il outragea la kelipa de l'arod.
💡 Explication

L arod est décrit par Rachi comme un croisement de serpent et de tsav, tenu pour particulièrement dangereux. Le sage ne combat pas l'animal : il s'expose volontairement, ce qui rend la démonstration possible.

Rachi rapporte, au nom des Halakhot Guedolot, une croyance sur la course à l'eau après la morsure, et situe le miracle dans la source qui jaillit sous le talon. Le Ben Yehoyada lit l'épisode selon le sod : une âme en guilgoul était enfermée dans l'animal et se trouve réparée par la sanctification du Nom qui en résulte.

9
נְטָלוֹ עַל כְּתֵפוֹ וֶהֱבִיאוֹ לְבֵית הַמִּדְרָשׁ. אָמַר לָהֶם: רְאוּ בָּנַי, אֵין עָרוֹד מֵמִית, אֶלָּא הַחֵטְא מֵמִית.

Il le prit sur son épaule et l'amena à la maison d'étude. Il leur dit : voyez, mes fils, l'arod ne fait pas mourir ; la faute fait mourir.

💡 Explication

La démonstration se fait dans la maison d'étude, avec l'animal mort comme pièce à conviction. La règle énoncée vaut pour toute la section précédente : le danger animal agit comme un instrument, et la faute en est la cause première.

Cet enseignement fonde la michna qui interdit d'interrompre la Amida pour un serpent : celui qui se tient devant Hachem a moins à craindre de l'animal que de sa propre conduite.

🖼️ Schéma
Rabbi Hanina ben Dossa et l'arod : ce que le récit démontre Le problème Un arod nuit aux habitants du lieu. Le geste Il pose son talon sur l'ouverture du trou. L'issue L'arod sort, le mord, et c'est l'arod qui meurt. La leçon Voyez, mes fils : la faute fait mourir. Rachi, au nom des Halakhot Guedolot Celui qui atteint l'eau le premier survit. Une source jaillit sous le talon du sage : le miracle est dans la source, pas dans la morsure. Lien avec la michna La michna dit de ne pas interrompre pour un serpent. Le récit en donne le fondement : celui qui est net de faute n'a rien à craindre de l'animal. La formule des Sages Malheur à l'homme qu'un arod a rencontré, malheur à l'arod qu'a rencontré Rabbi Hanina ben Dossa.
Le récit de l'arod : geste, issue, et règle énoncée à la maison d'étude.
10
בְּאוֹתָהּ שָׁעָה אָמְרוּ: אוֹי לוֹ לָאָדָם שֶׁפָּגַע בּוֹ עַרְוָד, וְאוֹי לוֹ לָעַרְוָד שֶׁפָּגַע בּוֹ רַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא.

À cette heure-là, ils dirent : malheur à l'homme qu'un arod a rencontré, et malheur à l'arod qu'a rencontré Rabbi Hanina ben Dossa.

🪔 Ben Yehoyada (1)
בְּאוֹתָהּ שָׁעָה אָמְרוּ: אוֹי לוֹ לָאָדָם שֶׁפָּגַע בּוֹ עַרְוָד, וְאוֹי לוֹ לָעַרְוָד שֶׁפָּגַע בּוֹ רַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא. קַשָּׁא חֲלֻוקָּה זוֹ, דְּאוֹי לוֹ לָאָדָם לָאו כְּהַהִיא שַׁעְתָּא אִתְּמַר, אֶלָּא מֵעִיקָּרָא אִתְּמַר, מֵעֵת שֶׁהָיָה הֶעָרוֹד קַייָּם וְהָיָה מֵמִית הָאָדָם, וּבְאוֹתָהּ שָׁעָה הָיָה חֲלֻוקָּה הַב' בִּלְבַד, לוֹמַר אוֹי לוֹ לָעַרְוָד שֶׁפָּגַע בּוֹ רַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּבֶאֱמֶת גַּם חֲלֻוקָּה זוֹ דְּאוֹי לוֹ לָאָדָם בְּהַהִיא שַׁעְתָּא אִתְּמַר, וְלָאו בְּעוֹד הֶעָרוֹד קַייָּם, יַעַן כִּי תְּחִלָּה בְּעֵת שֶׁהָיָה הֶעָרוֹד מֵמִית בְּנֵי אָדָם לֹא יֹאמְרוּ אוֹי לָאָדָם מֵאַחַר דְּהֶעָרוֹד הוּא שָׁלוּחַ מִן הַשָּׁמַיִם בִּשְׁבִיל הַחֵטְא, אִם כֵּן אָדָם שֶׁנְּשָׁכוֹ עָרוֹד וּמֵת, טוֹב לוֹ שֶׁקִּבֵּל עָנְשׁוֹ בָּעוֹלָם הַזֶּה וְהָלַךְ נָקִי לָעוֹלָם הַבָּא, וְאֵין אוֹמְרִים אוֹי אֶלָּא לָרָשָׁע שֶׁמֵּת בִּזְמַנּוֹ עַל מִטָּתוֹ וְלֹא נִתְכַּפֵּר לוֹ, שֶׁאָז הוֹלֵךְ לְגֵיהִנָּם , אַךְ אַחַר שֶׁרָאוּ שֶׁאוֹתוֹ עָרוֹד הִכִּישׁוּ לֵר' חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא, אָז נִתְבָּרֵר שֶׁאֵינוֹ שָׁלוּחַ מִן הַשָּׁמַיִם, אֶלָּא רַע וּמַזִּיק מֵאֵלָיו שֶׁלֹּא בִּרְשׁוּת שֶׁל מַעְלָה, כִּי יִמָּצֵא כָּךְ בָּעוֹלָם, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ בְּיַלְקוּט רְאוּבֵנִי עַל פָּסוּק (בְּרֵאשִׁית לז, לג) חַיָּה רָעָה אֲכָלַתְהוּ, שֶׁהוּא רְצוֹנוֹ לוֹמַר אֵינָהּ שְׁלוּחָה מִן הַשָּׁמַיִם, אֶלָּא הִיא חַיָּה רָעָה לְהַזִּיק בְּלֹא מִשְׁפָּט, וְכֵן הָעִנְיָן כָּאן, כִּי אֵיךְ מִן הַשָּׁמַיִם לְחִשׁוּ לָהּ לִנְשֹׁוךְ לֵר' חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא אִם כֵּן זֶה מַזֶּקֶת מֵאֵילֶיהָ, וְלָכֵן אוֹי לָהֶם לְאוֹתָם שֶׁמֵּתוּ עַל יָדָהּ כֵּיוָן דְּאֵינָהּ שְׁלוּחָהּ מִשָּׁמַיִם, הִנֵּה הַנֶּהֱרָג עַל יָדָהּ עָלָיו נֶאֱמַר (מִשְׁלֵי יג, כג) יֵשׁ נִסְפֶּה בְּלֹא מִשְׁפָּט, לְכָךְ אוֹתָהּ שָׁעָה כְּשֶׁרָאוּ הֶעָרוֹד הַהוּא נֶשֶׁךְ לֵר' חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא גַּם כֵּן, אָז אָמְרוּ אוֹי לוֹ לָאָדָם שֶׁפָּגַע בּוֹ עַרְוָד מִקֹּודֶם לְנִסְפֶּה בְּלֹא מִשְׁפָּט, וְאוֹי לוֹ לָעַרְוָד שֶׁפָּגַע בּוֹ רַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא.
« À cette heure-là, ils dirent : malheur à l'homme qu'un arod a rencontré, et malheur à l'arod qu'a rencontré Rabbi Hanina ben Dossa. » Cette première partie fait difficulté : « malheur à l'homme » n'a pas été dit à cette heure-là, mais depuis toujours, du temps où l'arod existait et faisait mourir des hommes ; à cette heure-là, seule la seconde partie aurait été dite, « malheur à l'arod qu'a rencontré Rabbi Hanina ben Dossa ». Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'en vérité cette partie aussi, « malheur à l'homme », fut dite à cette heure-là, et non du vivant de l'arod. Car auparavant, au temps où l'arod faisait mourir des hommes, on ne disait pas « malheur à l'homme », puisque l'arod est envoyé du Ciel à cause de la faute ; ainsi, un homme mordu par un arod et qui en meurt, il vaut mieux pour lui qu'il ait reçu son châtiment en ce monde et s'en soit allé pur vers le monde à venir. On ne dit « malheur » qu'au racha qui meurt en son temps dans son lit sans que sa faute lui soit expiée, car il s'en va alors au guehinom. Mais après qu'ils virent que cet arod avait mordu Rabbi Hanina ben Dossa, il devint clair qu'il n'était pas envoyé du Ciel, mais mauvais et nuisible de lui-même, sans permission d'en haut, car il s'en trouve ainsi dans le monde. Comme il est dit dans le Yalkout Reouveni sur le verset (Genèse 37,33) « une bête mauvaise l'a dévoré » : cela veut dire qu'elle n'est pas envoyée du Ciel, mais qu'elle est une bête mauvaise qui nuit sans jugement. Il en va de même ici : comment le Ciel lui aurait-il soufflé de mordre Rabbi Hanina ben Dossa ? C'est donc qu'elle nuisait d'elle-même. Aussi, malheur à ceux qui sont morts par elle, puisqu'elle n'était pas envoyée du Ciel : de celui qui est tué par elle il est dit (Proverbes 13,23) « il en est qui périssent sans jugement ». C'est pourquoi, à cette heure-là, quand ils virent que cet arod avait mordu aussi Rabbi Hanina ben Dossa, ils dirent : malheur à l'homme qu'un arod avait rencontré auparavant, qui a péri sans jugement ; et malheur à l'arod qu'a rencontré Rabbi Hanina ben Dossa.
💡 Explication

La formule tient les deux faces du récit : l'animal reste redoutable pour les gens ordinaires, et il se brise devant un homme sans faute. Le Ben Yehoyada explique pourquoi les deux moitiés ont pu être dites au même moment : c'est la morsure infligée au sage qui révèle rétrospectivement que cet arod agissait de lui-même.

11
מַתְנֵי׳ מַזְכִּירִין גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים בִּתְחִייַּת הַמֵּתִים, וּשְׁאֵלָה בְּבִרְכַּת הַשָּׁנִים, וְהַבְדָּלָה בְּחוֹנֵן הַדַּעַת. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אוֹמְרָהּ בְּרָכָה רְבִיעִית בִּפְנֵי עַצְמָהּ. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בְּהוֹדָאָה.

MICHNA. On mentionne la puissance des pluies dans la bénédiction de la résurrection des morts, la demande dans la bénédiction des années, et la havdala dans « qui accorde gracieusement la connaissance ».

Rabbi Akiva dit : il la dit dans une quatrième bénédiction à part. Rabbi Eliezer dit : dans la bénédiction de reconnaissance.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' מַזְכִּירִין גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים מַשִּׁיב הָרוּחַ שֶׁאֵינוֹ לְשׁוֹן בַּקָּשָׁה אֶלָּא לְשׁוֹן הַזְכָּרָה וְשֶׁבַח:
michna, « on mentionne la puissance des pluies » : « Il fait souffler le vent » est une formule de mention et de louange, et non une demande.
וְשׁוֹאֲלִין וְתֵן טַל וּמָטָר לְשׁוֹן בַּקָּשָׁה:
« et l'on demande » : « et donne rosée et pluie », qui est une formule de demande.
וְהַבְדָּלָה בְּחוֹנֵן הַדַּעַת בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת אַתָּה חוֹנַנְתָּנוּ:
« et la havdala dans qui accorde gracieusement la connaissance » : à l'issue du Chabbat, ata honantanou.
💡 Explication

La michna distingue trois ajouts à la Amida et deux registres. La mention (hazkara) de la pluie est une louange, elle se dit tout l'hiver ; la demande (cheela) est une requête, placée dans la bénédiction de la subsistance. La havdala à l'issue du Chabbat forme le troisième ajout.

Sur ce troisième point, trois avis : le tana kama la place dans la quatrième bénédiction, celle de la connaissance ; Rabbi Akiva en fait une bénédiction autonome ; Rabbi Eliezer la renvoie à la bénédiction de reconnaissance (hodaa), vers la fin de la Amida.

12
גְּמ׳ מַזְכִּירִין גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים: מַאי טַעְמָא?

GUEMARA. « On mentionne la puissance des pluies » : quelle en est la raison ?

⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' מַזְכִּירִין גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים בִּתְחִייַּת הַמֵּתִים וְשׁוֹאֲלִים אֶת הַגְּשָׁמִים בְּבִרְכַּת הַשָּׁנִים וְהַבְדָּלָה בְּחוֹנֵן הַדָּעַת. ר"ע אוֹמֵר אוֹמְרָהּ בְּרָכָה רְבִיעִית בִּפְנֵי עַצְמָהּ ר"א אוֹמֵר בְּהוֹדָאָה:
Michna. On mentionne la puissance des pluies dans la résurrection des morts, on demande les pluies dans la bénédiction des années, et la havdala dans « qui accorde gracieusement la connaissance ». Rabbi Akiva dit : il la dit dans une quatrième bénédiction à part. Rabbi Eliezer dit : dans la bénédiction de reconnaissance.
13
אָמַר רַב יוֹסֵף: מִתּוֹךְ שֶׁשְּׁקוּלָה כִּתְחִיַּית הַמֵּתִים לְפִיכָךְ קְבָעוּהָ בִּתְחִיַּית הַמֵּתִים.

Rav Yossef a dit : parce qu'elle équivaut à la résurrection des morts, on l'a fixée dans la résurrection des morts.

💡 Explication

La raison est thématique : la pluie rend à la terre une vie qui semblait perdue, ce qui la rapproche de la tehiyat hametim. L'emplacement de la mention suit donc le contenu de la bénédiction qui l'accueille.

14
וּשְׁאֵלָה בְּבִרְכַּת הַשָּׁנִים: מַאי טַעְמָא?

« Et la demande dans la bénédiction des années » : quelle en est la raison ?

15
אָמַר רַב יוֹסֵף: מִתּוֹךְ שֶׁהִיא פַּרְנָסָה, לְפִיכָךְ קְבָעוּהָ בְּבִרְכַּת פַּרְנָסָה.

Rav Yossef a dit : parce qu'elle est subsistance, on l'a fixée dans la bénédiction de la subsistance.

💡 Explication

La bénédiction des années demande une année de récolte. Puisque la pluie est le moyen de la parnassa, la demande de pluie trouve là sa place naturelle.

16
הַבְדָּלָה בְּ״חוֹנֵן הַדַּעַת״: מַאי טַעְמָא?

« La havdala dans qui accorde gracieusement la connaissance » : quelle en est la raison ?

17
אָמַר רַב יוֹסֵף: מִתּוֹךְ שֶׁהִיא חָכְמָה, קְבָעוּהָ בְּבִרְכַּת חָכְמָה. וְרַבָּנָן אָמְרִי: מִתּוֹךְ שֶׁהִיא חוֹל, לְפִיכָךְ קְבָעוּהָ בְּבִרְכַּת חוֹל.

Rav Yossef a dit : parce qu'elle est sagesse, on l'a fixée dans la bénédiction de la sagesse. Et les rabbanim disent : parce qu'elle relève du profane, on l'a fixée dans la bénédiction du profane.

📜 Rachi (1)
גְּמ' מִתּוֹךְ שֶׁהִיא חָכְמָה הֶחָכָם יוֹדֵעַ לְהַבְדִּיל בֵּין קֹדֶשׁ לְחֹול וּבֵין טָמֵא לְטָהוֹר:
guemara, « parce qu'elle est sagesse » : le sage sait distinguer entre le sacré et le profane, entre l'impur et le pur.
💡 Explication

Deux justifications d'un même emplacement. Pour Rav Yossef, distinguer est un acte de sagesse, et la havdala revient donc à la bénédiction de la connaissance. Pour les rabbanim, l'argument est structurel : « qui accorde gracieusement la connaissance » est la première bénédiction qui ne se dit qu'en semaine, et la havdala marque précisément l'entrée dans la semaine.

La nafka mina apparaît dans la manière de comprendre les avis de la michna : selon la première raison, le contenu de la bénédiction commande ; selon la seconde, c'est sa place dans la série.

18
אָמַר רַב אַמִּי: גְּדוֹלָה דֵּעָה, שֶׁנִּתְּנָה בִּתְחִלַּת בְּרָכָה שֶׁל חוֹל.

Rav Ami a dit : grande est la connaissance (daat), qui a été placée au début d'une bénédiction du jour ouvrable.

🪔 Ben Yehoyada (1)
גְּדוֹלָה דֵּעָה שֶׁנֶּאֶמְרָה בִּתְחִלַּת בְּרָכוֹת שֶׁל חוֹל. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה נָקֵיט דֵּעָה וְלֹא אָמַר חָכְמָה אוֹ בִּינָה, דְּהָא שְׁלָשְׁתָּם אִיתְנַייְהוּ בְּהַאי בְּרָכָה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד מִפְּנֵי שֶׁרָצָה לְלַמְּדֵנוּ לְפִי דַּרְכּוֹ דְּנֻוסָּח הָאֲמִיתִּי הוּא כְּמוֹ שֶׁכָּתַב רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל, שֶׁצָּרִיךְ לִהְיוֹת 'וְחָנֵּנוּ מֵאִתְּךָ חָכְמָה בִּינָה וְדַעַת', וְלֹא כְּגָרְסָה שֶׁגּוֹרְסִין חָכְמָה בִּינָה וְהַשֵּׂכֶל.
« Grande est la daat, qui a été dite au début des bénédictions du jour ouvrable. » On peut demander : pourquoi retient-il la daat et ne dit-il pas la 'hokhma ou la bina, puisque les trois figurent dans cette bénédiction ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il a voulu nous apprendre en passant que la formule authentique est celle qu'a écrite notre maître le Ari, de mémoire bénie : il faut dire « et accorde-nous de Ta part 'hokhma, bina et daat », et non selon la version de ceux qui lisent « 'hokhma, bina et haskel ».
💡 Explication

La guemara quitte un instant la halakha pour une série d'enseignements sur la daat. Le premier argument est positionnel : la connaissance ouvre la première des bénédictions propres au jour ouvrable, ce qui marque son rang.

19
וְאָמַר רַב אַמִּי: גְּדוֹלָה דֵּעָה, שֶׁנִּתְּנָה בֵּין שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר ״כִּי אֵל דֵּעוֹת ה׳״. וְכָל מִי שֶׁאֵין בּוֹ דֵּעָה — אָסוּר לְרַחֵם עָלָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לֹא עַם בִּינוֹת הוּא עַל כֵּן לֹא יְרַחֲמֶנּוּ עֹושֵׂהוּ״.

Et Rav Ami a dit : grande est la daat, qui a été placée entre deux lettres, ainsi qu'il est dit « car ה' est un D.ieu de connaissances ». Et quiconque n'a pas de daat, il est interdit d'avoir pitié de lui, ainsi qu'il est dit : « car c'est un peuple sans intelligence ; c'est pourquoi Celui qui l'a fait n'aura pas pitié de lui ».

📜 Rachi (1)
בֵּין שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת בֵּין שְׁתֵּי הַזַּכְרוּת:
entre deux lettres : entre deux mentions du Nom.
🪔 Ben Yehoyada (2)
כָּל מִי שֶׁאֵין בּוֹ דֵּעָה, אָסוּר לְרַחֵם עָלָיו. הִנֵּה אֵין לִלְמֹוד מִכָּאן דְּאָסוּר לְרַחֵם עַל שׁוֹטֶה יִשְׂרָאֵל, דִּדְבָרִים אֵלּוּ אֵינָם כִּפְשׁוּטָם, וְגִילָּה סוֹדָם רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זלה"ה, שֶׁדָּבָר זֶה קָאֵי עַל עַכּוּ"ם שֶׁאֵין לִקְלִיפָּתָם חֵלֶק בְּדַעַת בְּסוֹד גַּם בְּלֹא דַעַת נֶפֶשׁ לֹא טוֹב, שֶׁהַזָּכָר דִּקְלִיפָּה יֵשׁ בּוֹ מוֹחַ חָכְמָה וּבִינָה וְהוּא חֲסַר דַּעַת, וְכַמְפֹורָשׁ כָּל זֶה הֵיטֵב בְּשַׁעַר מַאַמְרֵי רַשְׁבִּ"י פָּרָשַׁת מִשְׁפָּטִים, יְעַייֵּן שָׁם, וְאַף עַל גַּב דְּגַם בְּלָאו הָכִי כְּתִיב בְּעַכּוּ"ם (דְּבָרִים ז' ב') לֹא תְּחָנֵּם, וְדָרְשׁוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל 'לֹא תִּתֵּן לָהֶם מַתָּנוֹת חִינָּם', עִנְיַן 'מַתָּנָה' וְ'חֲנִינָה' לְחוּד וְעִנְיַן 'רַחֲמָנוּת' לְחוּד, וּרְבוּתָא גְּדוֹלָה אַשְׁמְעִינַן הָכָא בְּרַחֲמָנוּת. אַךְ יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת דִּקְרָא אָמַר (יְשַׁעְיָהוּ כז, יא) לֹא עַם בִּינוֹת הוּא וְאֵיךְ יָלֵיף מֵהַאי קְרָא לְדַעַת? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהַתַּנָּא אָמַר (אָבוֹת פֶּרֶק ג' מִשְׁנָה יז) אִם אֵין דַּעַת אֵין בִּינָה, וּלְהָכִי אֲמַר קְרָא לֹא עַם 'בֵּינוֹת' וְלֹא אָמַר לֹא עִם 'דֵּעוֹת', לוֹמַר לָא מִבָּעֲיָא שֶׁהֵם לֹא עִם דֵּעוֹת כִּי אֵין מוֹחַ דַּעַת בִּקְלִיפָה, אֶלָּא גַּם בִּינָה דְּנִרְאֶה דְּאִית לְהוּ גַּם כֵּן לְפוּם קוּשְׁטָא לֵית לְהוּ, יַעַן דְּאִם אֵין דַּעַת אֵין בִּינָה, וְאִם כֵּן גַּם הַבִּינָה הִיא חֲסֵרָה מֵהֶם וּכְאִלּוּ אֵינָהּ כַּנַ"ל, וְעַיֵּין בְּשַׁעַר מַאַמְרֵי ר' שִׁמְעוֹן בַּר יוֹחַאי (דַּף טז) בְּבֵיאוּר אִם אֵין דַּעַת אֵין בִּינָה וְכוּ', וּבָזֶה יִתְיַישֵּׁב בֵּיאוּרֵינוּ הֵיטֵב.
« Quiconque n'a pas de daat, il est interdit d'avoir pitié de lui. » On ne saurait apprendre d'ici qu'il est interdit d'avoir pitié d'un chote (dément) d'Israël, car ces paroles ne sont pas à prendre au sens simple. Notre maître le Ari, de mémoire bénie, en a dévoilé le sod (secret) : cela se rapporte aux idolâtres, dont la kelipa n'a aucune part dans la daat, selon le sod du verset « même sans daat, l'âme n'est pas bonne » ; car le mâle de la kelipa possède le moah de 'hokhma et de bina et manque de daat, comme cela est expliqué en détail dans le Chaar Maamarei Rachbi, parachat Michpatim — voir là-bas. Et bien que même sans cela il soit écrit au sujet des idolâtres (Deutéronome 7,2) « lo tehonem », que nos maîtres, de mémoire bénie, ont exposé « ne leur donne pas de dons gratuits », la question du don et de la grâce est une chose, et celle de la pitié en est une autre : on nous apprend ici une chose forte au sujet de la pitié. Mais on peut demander : le verset dit (Isaie 27,11) « un peuple sans binot » — comment en tirer une preuve pour la daat ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que le tana a dit (Avot 3,17) « s'il n'y a pas de daat, il n'y a pas de bina » ; c'est pourquoi le verset dit « un peuple sans binot » et ne dit pas « un peuple sans deot », pour dire : il va de soi qu'ils ne sont pas un peuple de deot, puisqu'il n'y a pas de moah de daat dans la kelipa ; mais la bina elle-même, qu'ils semblent posséder, en vérité ils ne l'ont pas, puisque s'il n'y a pas de daat il n'y a pas de bina ; ainsi la bina leur manque aussi et c'est comme si elle n'était pas, comme il a été dit plus haut. Voir le Chaar Maamarei Rabbi Chimon bar Yohai (p. 16) dans l'explication de « s'il n'y a pas de daat il n'y a pas de bina », et notre explication s'accordera bien.
גדולה דעה שנתנה בין שתי אותיות שנאמר: (ש"א ב) "כי אל דעות ה'". הא דלא אמר בין שתי שמות, רמז כי מלבד שנתנה בין שני שמות הקדושים, נתנה גם כן בין אותיות ' לי ', אשר מורים על הקיום כנודע, והם למ"ד של א ל , ויו"ד דשם י י. אי נמי לשמות קרי להו אותיות, מפני שכל שם מורה על דבר פרטי ממשלתו יתברך וכנזכר ברעיא מהימנא, ונראה לי לכך נאמרה דעה בין שם אל ושם הוי"ה, יען כי שם אל ה' עולה מספרם ז"ן [57] , וכתיב (משלי כד, ד) ובדעת חדרים ימלאו כל הון יקר ונעים. ברם איכא למידק אמאי לא אמר גדולה הגדולה שנתנה בין שתי שמות, דכתיב (תהלים צה, ג) כי אל גדול ה' ומלך גדול על כל א-להים? ונראה לי בס"ד דנקיט דעה ומקדש בלבד, כדי ללמדנו דחביבין הם, וצריכים אנחנו לרדוף אחריהם ונטרח להשיגם אך הגדולה אף על פי שבאמת יש לה מעלה שנתנה בין ב' שמות, עם כל זה לא לנו היא שנרדוף אחריה, אלא היא שלו יתברך כי לו לבדו נאה הגדולה. אי נמי נראה לי בס"ד הוצרך ללמדנו על דעת ומקדש בלבד, כדי לדרוש בזה כל אדם שיש בו דעה, כאלו נבנה בית־המקדש בימיו. ועדיין יש להקשות אמאי לא אמר 'גדולה שמיעה', וכן גדולה סליחה דכתיב (דניאל ט, יט) אדני שמעה אדני סלחה אדני הקשיבה? ונראה לי דהתם לא הוה אפשר למנקט בדרך אחר, כיון דרוצה להזכיר השם בכל אחת מהם, ואם כן כיון דהלשון נופל כך אין ראיה לגדולת השמיעה והסליחה שנתנו בין שני שמות, מה שאין כן בדעה קשיא ליה דהוה ליה למימר כי ה' אל דעות ולו נתכנו עללות, וכן במקדש הוה ליה למימר לשבתך פעלת מקדש אדני כוננו ידיך, אלא ודאי כיון דנקיט להו הכי בין שני שמות, בא להורות על גדולתם ומעלתם.
« Grande est la daat, qui a été placée entre deux lettres, ainsi qu'il est dit (I Samuel 2) : car ה' est un D.ieu de connaissances. » S'il n'a pas dit « entre deux Noms », c'est pour faire allusion au fait que, outre qu'elle a été placée entre deux Noms saints, elle a aussi été placée entre les lettres li, qui indiquent la permanence, comme on le sait : le lamed de El et le youd du Nom. Ou bien il appelle les Noms « lettres » parce que chaque Nom indique un aspect particulier de Son gouvernement, béni soit-Il, comme il est rappelé dans le Raaya Mehemna. Et il me semble que la daat a été dite entre le Nom El et le Nom Havaya parce que El et ה' font ensemble le nombre 57, zan, « il nourrit », et il est écrit (Proverbes 24,4) « par la daat les chambres se remplissent de tout bien précieux et agréable ». Mais on peut s'interroger : pourquoi n'a-t-il pas dit « grande est la guedoula, qui a été placée entre deux Noms », comme il est écrit (Psaumes 95,3) « car ה' est un grand D.ieu et un grand roi au-dessus de toutes les puissances » ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il retient seulement la daat et le mikdach afin de nous apprendre qu'ils sont précieux et qu'il nous faut courir après eux et peiner pour les atteindre ; quant à la guedoula, bien qu'elle ait en vérité cette qualité d'avoir été placée entre deux Noms, elle est à Lui, béni soit-Il, et nous n'avons pas à courir après elle, car à Lui seul convient la grandeur. Ou encore, il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il lui fallait nous enseigner sur la daat et le mikdach seulement, afin d'en tirer que tout homme qui possède la daat, c'est comme si le Temple avait été bâti de ses jours. On peut encore demander : pourquoi n'a-t-il pas dit « grande est l'écoute », ou « grand est le pardon », comme il est écrit (Daniel 9,19) « Seigneur, écoute ; Seigneur, pardonne ; Seigneur, sois attentif » ? Il me semble que là-bas il n'était pas possible de formuler autrement, puisqu'il veut mentionner le Nom auprès de chacune d'elles ; des lors que la langue tombe ainsi, il n'y a pas de preuve d'une grandeur de l'écoute et du pardon du fait qu'elles se trouvent entre deux Noms. Il n'en va pas de même pour la daat, où il lui faisait difficulté qu'on aurait pu dire « car ה' est un D.ieu de connaissances, et c'est à Lui que les actes sont comptés », de même que pour le mikdach on aurait pu dire « pour Ta demeure Tu as fait un sanctuaire, Seigneur, Tes mains l'ont établi ». C'est donc bien que, les ayant placés ainsi entre deux Noms, l'Écriture vient indiquer leur grandeur et leur élévation.
💡 Explication

Le procédé est une lecture de la position du mot dans le verset : « car ה' est un D.ieu de connaissances » place le mot deot entre deux mentions du Nom, ce que Rachi précise. Rav Ami en tire un rang élevé pour la daat.

La seconde partie tire une conséquence sévère d'Isaie 27,11. Le Ben Yehoyada restreint cette règle : elle ne vise pas le dément d'Israël, mais un niveau de sod concernant la kelipa, qui manque du moah de daat.

🖼️ Schéma
Ce qui est placé entre deux Noms divins Rav Ami et Rabbi Elazar tirent une grandeur de la position du mot dans le verset. La daat I Samuel 2,3 Nom, deot, Nom Rav Ami : elle ouvre aussi la première berakha du profane. Le mikdach Exode 15,17 Nom, mikdach, Nom Rabbi Elazar : les deux mots se tiennent donc ensemble. La nekama Psaumes 94,1 Nom, nekamot, Nom Objection de Rav Aha Karhinaa au procédé. Réponse : dans son domaine, la vengeance est grande Oulla : deux vengeances dans le verset. Pour le bien, Il a resplendi depuis le mont Paran. Pour le mal, D.ieu des vengeances, resplendis. Le procédé tient donc, sans annuler la grandeur de la daat. Conséquence énoncée par Rabbi Elazar Tout homme qui possède la daat, c'est comme si le Temple avait été bâti de ses jours.
Trois mots placés entre deux Noms, et l'objection qui met le procédé à l'épreuve.
20
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: גָּדוֹל מִקְדָּשׁ שֶׁנִּתַּן בֵּין שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״פָּעַלְתָּ ה׳ מִקְּדָשׁ ה׳״.

Rabbi Elazar a dit : grand est le mikdach (Sanctuaire), qui a été placé entre deux lettres, ainsi qu'il est dit : « Tu as fait, ה', le Sanctuaire, ה' ».

21
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כָּל אָדָם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ דֵּעָה כְּאִילּוּ נִבְנָה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בְּיָמָיו. דֵּעָה נִתְּנָה בֵּין שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת, מִקְדָּשׁ נִתַּן בֵּין שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת.

Et Rabbi Elazar a dit : tout homme qui possède la daat, c'est comme si le Temple avait été bâti de ses jours. La daat a été placée entre deux lettres, le mikdach a été placé entre deux lettres.

🪔 Ben Yehoyada (1)
כל אדם שיש בו דעה, כאלו נבנה בית־המקדש בימיו. נראה לי בס"ד כי המוחין הם חכמה בינה ודעת, ומי שיש בו דעת יודע לעשות המשכת המוחין, כל היום וכל הלילה בכל עת שירצה, אף על פי שאינו זמן תפילה ונמצא שדומה כאלו בית־המקדש בנוי בימיו, דידוע שבזמן בית המקדש קיים יש המשכת המוחין תמיד דלא פסיק, מה שאין כן בחורבן אין המשכת המוחין אלא רק בעת תפילה, ונראה לי בס"ד כי התמדה זו נרמזה באותיות דעת , שהיא ד' עת , דידוע היום והלילה נחלקים לארבע עתים, חצי ראשון של יום הוא מ"ה דמ"ה, וחצי השני הוא ב"ן דמ"ה, וחצי ראשון של לילה הוא ב"ן דב"ן, וחצי הב' של לילה הוא מ"ה דב"ן, נמצא הם ד' עתים חלוקים בבחינתם, ומי שיש בו דעת לעשות יחודים יוכל לעשות כל ארבעה עת הנזכר עת רצון, וזה שנאמר (משלי כד, ד) ובדעת חדרים ימלאו כל הון יקר ונעים, ועיין להרב פתח עינים ז"ל מה שהקשה על הרשב"א ז"ל ודעימיה דכתבו אל מדת הדין, דלזוהר הקדוש 'אל' הוא חסד, עיין שם, ואשתמיט מיניה דמר מה שכתב רבינו האר"י ז"ל בספרו מבוא שערים, אל שדי בבריאה, ואל הוי"ה ביצירה, ואל אדני בעשיה, והן אמת כי שם 'אל' הוא חסד, אך שם אל דיצירה ועשיה הם בגבורה, ועליהם נאמר ואל זעם, וכן ואל גבור, עד כאן דבריו זלה"ה.
« Tout homme qui possède la daat, c'est comme si le Temple avait été bâti de ses jours. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que les mohin sont 'hokhma, bina et daat ; celui qui possède la daat sait faire l'attraction des mohin tout le jour et toute la nuit, à chaque heure qu'il veut, même hors du temps de la prière. Il se trouve ainsi semblable à celui dont le Temple serait bâti de ses jours, car on sait qu'au temps où le Temple subsistait l'attraction des mohin était continuelle et sans interruption, tandis que dans la destruction il n'y a d'attraction des mohin qu'au temps de la prière. Et il me semble, avec l'aide du Ciel, que cette continuité est mise en allusion dans les lettres de daat, qui se lisent dalet et, « quatre temps » : on sait que le jour et la nuit se divisent en quatre temps — la première moitié du jour est MaH de MaH, la seconde moitié BaN de MaH, la première moitié de la nuit BaN de BaN, et la seconde moitié de la nuit MaH de BaN ; ce sont donc quatre temps distincts par leur aspect, et celui qui possède la daat pour faire des yihoudim peut faire de chacun de ces quatre temps un et ratson, un temps de faveur. C'est ce qui est dit (Proverbes 24,4) « par la daat les chambres se remplissent de tout bien précieux et agréable ». Voir ce que le Rav Petah Enayim, de mémoire bénie, a objecté au Rachba et a ceux qui suivent son avis, qui ont écrit que El est la midat hadin, alors que pour le saint Zohar El est le 'hessed — voir là-bas. Il lui a échappé ce qu'a écrit notre maître le Ari, de mémoire bénie, dans son livre Mevo Chearim : El Chadai dans la Beria, El Havaya dans la Yetsira, El Adnout dans l'Assiya. Il est vrai que le Nom El est 'hessed, mais les Noms El de la Yetsira et de l'Assiya sont dans la guevoura, et c'est à leur sujet qu'il est dit « et El s'irrite », ainsi que « El le puissant ». Fin de ses paroles, que son souvenir soit une bénédiction.
💡 Explication

L'énoncé joint les deux enseignements précédents par un trait commun : les deux mots occupent la même position dans leurs versets respectifs. De cette identité formelle, Rabbi Elazar tire une équivalence de valeur entre l'homme qui possède la daat et la génération du Temple.

22
מַתְקִיף לַהּ רַב אַחָא קַרְחִינָאָה: אֶלָּא מֵעַתָּה, גְּדוֹלָה נְקָמָה שֶׁנִּתְּנָה בֵּין שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר ״אֵל נְקָמוֹת ה׳״!

Rav Aha Karhinaa objecte : s'il en est ainsi, grande est la vengeance, qui a été placée entre deux lettres, ainsi qu'il est dit « D.ieu des vengeances, ה' » !

💡 Explication

L'objection porte sur la méthode. Si la position entre deux Noms suffit à établir une grandeur, elle établirait aussi celle de la vengeance, ce qui paraît inacceptable. L'objecteur teste la règle sur un cas où elle donne un résultat gênant.

23
אֲמַר לֵיהּ: אִין, בְּמִילְּתַהּ מִיהָא גְּדוֹלָה הִיא. וְהַיְינוּ דְּאָמַר עֻולָּא שְׁתֵּי נְקָמוֹת הַלָּלוּ לָמָּה? אַחַת לְטוֹבָה, וְאַחַת לְרָעָה. לְטוֹבָה — דִּכְתִיב: ״הוֹפִיעַ מֵהַר פָּארָן״. לְרָעָה — דִּכְתִיב: ״אֵל נְקָמוֹת ה׳ אֵל נְקָמוֹת הוֹפִיַע״.

Il lui dit : oui — dans son domaine, elle est en tout cas grande. Et c'est ce qu'a dit Oulla : pourquoi ces deux vengeances ?

L'une pour le bien et l'une pour le mal. Pour le bien, comme il est écrit : « Il a resplendi depuis le mont Paran » ; pour le mal, comme il est écrit : « D.ieu des vengeances, ה', D.ieu des vengeances, resplendis ».

📜 Rachi (4)
בְּמִילְּתַהּ מִיהָא גְּדוֹלָה הִיא בְּמָקוֹם שֶׁצְּרִיכָה נְקָמָה דָּבָר גָּדוֹל הוּא:
dans son domaine elle est en tout cas grande : là où une vengeance est nécessaire, c'est une grande chose.
שְׁתֵּי נְקָמוֹת הַלָּלוּ לָמָּה אַחַת לְרָעָה לְהִנָּקֵם מִן הָעַכּוּ"ם שֶׁלֹּא קִבְּלוּ אֶת הַתּוֹרָה:
pourquoi ces deux vengeances : l'une pour le mal, pour tirer vengeance des idolâtres qui n'ont pas accepté la Torah.
וְאַחַת לְטוֹבָה כִּדְאָמְרִינַן בב"ק (דַּף לח.) מִפָּארָן הוֹפִיעַ וְהִפְקִיר מָמוֹנָן לְיִשְׂרָאֵל שׁוֹר שֶׁל יִשְׂרָאֵל שֶׁנָּגַח שׁוֹר שֶׁל עַכּוּ"ם פָּטוּר:
et l'une pour le bien : comme nous le disons dans Baba Kama 38a, « depuis Paran Il a resplendi » — Il a rendu leurs biens sans maître au profit d'Israël ; le bœuf d'un Juif qui a encorné le bœuf d'un idolâtre est exempt.
הוֹפִיעַ גִּלָּה וְהִפְקִיר כְּשֶׁלֹּא קִבְּלוּ אֶת הַתּוֹרָה:
« Il a resplendi » : Il a dévoilé et rendu sans maître, lorsqu'ils n'ont pas accepté la Torah.
🪔 Ben Yehoyada (1)
וְהַיְנוּ דְּאָמַר עֻולָּא: שְׁתֵּי נְקָמוֹת הַלָּלוּ לָמָּה? אַחַת לְטוֹבָה, וְאַחַת לְרָעָה. הָא דְּהֻוצְרַךְ לְהָבִיא הָא דְּעֻולָּא נִרְאֶה לִי בס"ד, דְּמַה שֶׁאָמַר ר' אַמֵּי גְּדוֹלָה דֵּעָה שֶׁנִּתְּנָה בֵּין ב' שֵׁמוֹת, הַייְנוּ א' דִּין וְא' רַחֲמִים, לְהוֹרוֹת בְּרִבּוּי הַדַּעַת בָּאָדָם יֵשׁ צַד רַחֲמִים שֶׁעַל יְדֵי כֵּן יַשִּׂיג הָאָדָם הַשָּׂגָה גְּדוֹלָה בַּדְּבָרִים הָעֶלְיוֹנִים וְהַנִּסְתָּרִים, וּכְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (קֹהֶלֶת א, יח) יוֹסִיף דַּעַת יוֹסִיף מַכְאוֹב, וְכֵן מִקְדָּשׁ נִיתָּן בֵּין שֵׁם דִּין וְשֵׁם רַחֲמִים, וְהַייְנוּ שֶׁיֵּשׁ בּוֹ דִּין שֶׁמְּדַקְדְּקִין עִם הַנִּכְנָסִים שָׁם כְּחוּט הַשַּׂעֲרָה, שֶׁצָּרִיךְ הָאָדָם לַעֲמֹוד שָׁם בְּמוֹרָא וּפַחַד דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא יט, ל) וּמִקְדָּשִׁי תִּירָאוּ, וְיֵשׁ בּוֹ רַחֲמִים שֶׁבּוֹ תִּהְיֶה סְלִיחַת הֶעָוֹן, וּמַקְשֵׁי רַב אֲחָא אִם כֵּן גְּדוֹלָה נְקָמָה וְכוּ' שֶׁעוֹמֶדֶת בֵּין שֵׁם הֲוָיָ"ה שֶׁהוּא רַחֲמִים, וּבֵין שֵׁם אֵל שֶׁהוּא דִּין, וּבִנְקָמָה מַה יֵשׁ הַפְכִּיִּים, וַהֲלֹא לֵיכָּא אֶלָּא דִּין בִּלְבַד, וּמְשַׁנֵּי בְּמִלְּתֵיהּ מִיהָא גְּדוֹלָה הִיא כִּדְעֻולָּא וְכוּ', שֶׁבַּנְּקָמָה עַצְמָהּ יֵשׁ בָּהּ דִּין לְעַכּוּ"ם שׂוֹנְאֵי יִשְׂרָאֵל, וְרַחֲמִים לְיִשְׂרָאֵל שֶׁיִּתְרַבֶּה הַשֶּׁפַע.
« Et c'est ce qu'a dit Oulla : pourquoi ces deux vengeances ? L'une pour le bien et l'une pour le mal. » S'il a fallu apporter ici l'enseignement d'Oulla, il me semble, avec l'aide du Ciel, que c'est parce que ce qu'a dit Rav Ami — grande est la daat, qui a été placée entre deux Noms — vise un Nom de din et un Nom de rahamim, pour indiquer que dans l'abondance de daat chez l'homme il y a un côté de rahamim, par lequel l'homme atteint une grande compréhension des choses d'en haut et des choses cachées, et un côté de din, comme il est dit (Ecclésiaste 1,18) « qui ajoute de la daat ajoute de la douleur ». De même, le mikdach a été placé entre un Nom de din et un Nom de rahamim : il y a en lui du din, car on est pointilleux à l'égard de ceux qui y entrent jusqu'à l'épaisseur d'un cheveu, et l'homme doit s'y tenir dans la crainte et le tremblement, comme il est écrit (Lévitique 19,30) « et vous craindrez Mon sanctuaire » ; et il y a en lui du rahamim, car par lui se fait le pardon de la faute. Rav Aha objecte : s'il en est ainsi, grande est la vengeance, etc., qui se tient entre le Nom Havaya, qui est rahamim, et le Nom El, qui est din — or dans la vengeance, quels contraires y a-t-il ? Il n'y a là que du din. Et il répond : dans son domaine elle est en tout cas grande, comme l'a dit Oulla, etc. : dans la vengeance elle-même il y a du din pour les idolâtres qui haïssent Israël, et du rahamim pour Israël, dont l'abondance s'accroît.
💡 Explication

La réponse accepte l'objection et la désamorce : la vengeance est grande dans son domaine propre, là où elle est nécessaire. L'enseignement d'Oulla en fournit la preuve, en lisant le double emploi du mot dans Psaumes 94,1 comme deux orientations distinctes.

Rachi précise le versant favorable à partir de Baba Kama : « depuis Paran Il a resplendi » désigne une conséquence juridique du refus de la Torah par les nations. La vengeance sert donc aussi à protéger, ce qui justifie sa place entre deux Noms.

24
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אוֹמְרָהּ בְּרָכָה רְבִיעִית כּוּ׳.

« Rabbi Akiva dit : il la dit dans une quatrième bénédiction à part », etc.

25
אֲמַר לֵיהּ רַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן: מִכְּדִי אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה תִּקְּנוּ לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל בְּרָכוֹת וּתְפִלּוֹת, קְדוֹשׁוֹת וְהַבְדָּלוֹת. נֶחְזֵי הֵיכָן תִּקּוּן.

Rav Chemen bar Abba dit à Rabbi Yo'hanan : puisque les hommes de la Grande Assemblée ont institué pour Israël les bénédictions et les prières, les kedouchot et les havdalot, voyons donc où ils ont institué la havdala.

📜 Rachi (1)
קְדוֹשׁוֹת קָדוֹשׁ הַיּוֹם:
les kedouchot : le kidouch du jour.
💡 Explication

La question suppose que toutes ces formules ont un auteur unique, les hommes de la Grande Assemblée. Si tel est le cas, la place de la havdala devrait être déterminée dès l'origine, et la machloket de la michna devient étonnante.

26
אֲמַר לֵיהּ: בַּתְּחִילָּה קְבָעוּהָ בִּתְפִלָּה. הֶעֱשִׁירוּ — קְבָעוּהָ עַל הַכּוֹס. הֶעֱנוּ — חָזְרוּ וּקְבָעוּהָ בִּתְפִלָּה. וְהֵם אָמְרוּ: הַמַּבְדִּיל בִּתְפִלָּה צָרִיךְ שֶׁיַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס.

Il lui dit : au début, on l'a fixée dans la prière. Ils se sont enrichis — on l'a fixée sur la coupe.

Ils se sont appauvris — on est revenu la fixer dans la prière. Et eux ont dit : celui qui fait havdala dans la prière doit faire havdala sur la coupe.

📜 Rachi (3)
בַּתְּחִלָּה כְּשֶׁעָלוּ מִן הַגּוֹלָה וְהָיוּ דְּחוּקִים:
au début : quand ils sont montés de l'exil et qu'ils vivaient à l'étroit.
הֶעֱשִׁירוּ לִקְנוֹת יַיִן:
ils se sont enrichis : au point de pouvoir acheter du vin.
קְבָעוּהָ עַל הַכּוֹס וְאָז נִשְׁתַּכַּח תַּקָּנַת עֶזְרָא וּכְשֶׁחָזְרוּ וְהֶעֱנוּ קְבָעוּהָ בִּתְפִלָּה וְנֶחְלְקוּ הֵיאַךְ יֹאמְרוּהָ:
on l'a fixée sur la coupe : et alors l'institution d'Ezra fut oubliée ; et lorsqu'ils se sont de nouveau appauvris, on l'a fixée dans la prière, et ils ont divergé sur la manière de la dire.
💡 Explication

La réponse est historique. L'institution a changé trois fois d'état selon les moyens matériels de la communauté : dans la prière quand le vin manquait, sur la coupe quand il devint accessible, puis de nouveau dans la prière.

La dernière phrase fixe l'état présent : celui qui a dit la havdala dans la Amida reste tenu de la dire sur la coupe. Rachi explique par là l'origine des avis divergents de la michna : le souvenir de l'institution première s'était perdu pendant la période intermédiaire.

🖼️ Schéma
Les trois états successifs de l'institution de la havdala Au début Retour de l'exil, gens à l'étroit. Havdala fixée dans la prière. Rachi : ils manquaient de vin. Ils se sont enrichis Havdala fixée sur la coupe. L'institution première s'oublie. Ils se sont appauvris Retour de la havdala dans la prière. Et ils ont dit : il faut aussi la coupe. Ce que cette histoire explique Les avis de la michna sur la place de la havdala tiennent aux étapes successives de son institution.
Les trois états de l'institution, et ce qu'ils expliquent des avis de la michna.
27
אִיתְּמַר נָמֵי: אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה תִּקְּנוּ לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל בְּרָכוֹת וּתְפִלּוֹת, קְדוֹשׁוֹת וְהַבְדָּלוֹת. בַּתְּחִלָּה קְבָעוּהָ בִּתְפִלָּה. הֶעֱשִׁירוּ — קְבָעוּהָ עַל הַכּוֹס. חָזְרוּ וְהֶעֱנוּ — קְבָעוּהָ בִּתְפִלָּה. וְהֵם אָמְרוּ: הַמַּבְדִּיל בִּתְפִלָּה — צָרִיךְ שֶׁיַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס.

On a dit aussi : Rabbi Hiyya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : les hommes de la Grande Assemblée ont institué pour Israël les bénédictions et les prières, les kedouchot et les havdalot. Au début, on l'a fixée dans la prière.

Ils se sont enrichis — on l'a fixée sur la coupe. Ils se sont de nouveau appauvris — on l'a fixée dans la prière.

Et eux ont dit : celui qui fait havdala dans la prière doit faire havdala sur la coupe.

⚖️ Rosh (1)
גמ' א"ר חַייָּא בַּר אַבָּא אַנְשֵׁי כנה"ג תִּקְּנוּ לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל בְּרָכוֹת וּתְפִלּוֹת קְדֻושּׁוֹת וְהַבְדָּלוֹת בַּתְּחִלָּה קְבָעוּהָ בַּתְּפִלָּה הֶעֱשִׁירוּ קְבָעוּהָ עַל הַכּוֹס חָזְרוּ וְהֶעֱנוּ חָזְרוּ וְקָבְעוּ בַּתְּפִלָּה וְהֵם אָמְרוּ הַמַּבְדִּיל בַּתְּפִלָּה צָרִיךְ שֶׁיַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס אִיתְּמַר נָמֵי א"ר בִּנְיָמִין בַּר יֶפֶת שָׁאַל ר' יוֹסֵי אֶת ר' יוֹחָנָן בְּצִידָּן וַאֲנִי שָׁמַעְתִּי הַמַּבְדִּיל בִּתְפִלָּה מַהוּ שֶׁיַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס א"ל צָרִיךְ שֶׁיַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס א"ל רָבִינָא לְרָבָא הִלְכְתָא מַאי א"ל כִּי קִידּוּשָׁא מַה קִידּוּשָׁא אע"ג דִּמְקַדֵּשׁ בִּצְלוֹתָא מְקַדֵּשׁ אַכָּסָא אַף הַבְדָּלָה נָמֵי אע"ג דְּמַבְדֵּיל בִּצְלוֹתָא מַבְדֵּיל אַכָּסָא וכ"ש אִם הִבְדִּיל עַל הַכּוֹס שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיַּבְדִּיל בִּתְפִלָּה דְּעִיקַּר הַתַּקָּנָה הָיְתָה בִּתְפִלָּה: בְּעָא מִינֵּיהּ רַב חִסְדָּא מֵרַב שֵׁשֶׁת טָעָה בְּזוֹ וּבָזוֹ מַהוּ כְּגוֹן שֶׁאָכַל קֹודֶם שֶׁהִבְדִּיל אע"ג דְּאָמְרִי' בִּפְסָחִים דַּף קה טָעַם מַבְדִּיל מ"מ בְּאִיסּוּר אָכַל. א"ל חוֹזֵר לְרֹאשׁ וְהִלְכְתָא כת"ק דְּאָמַר הַבְדָּלָה בְּחוֹנֵן הַדָּעַת וביו"ט שֶׁחָל בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת קי"ל כְּרַב וּשְׁמוּאֵל דְּתַקִּינוּ לַן מַרְגָּנִיתָא בְּבָבֶל וַתּוֹדִיעֵנוּ:
Guemara. Rabbi Hiyya bar Abba a dit : les hommes de la Grande Assemblée ont institué pour Israël les bénédictions et les prières, les kedouchot et les havdalot. Au début on l'a fixée dans la prière ; ils se sont enrichis, on l'a fixée sur la coupe ; ils se sont de nouveau appauvris, on est revenu la fixer dans la prière. Et eux ont dit : celui qui fait havdala dans la prière doit faire havdala sur la coupe. On a dit aussi : Rabbi Binyamin bar Yefet a dit : Rabbi Yossi a interrogé Rabbi Yo'hanan à Sidon, et moi je l'ai entendu : celui qui fait havdala dans la prière, qu'en est-il de faire havdala sur la coupe ? Il lui dit : il doit faire havdala sur la coupe. Ravina dit à Rava : quelle est la halakha ? Il lui répondit : comme pour le kidouch. De même que pour le kidouch, bien que l'on sanctifie dans la prière, on sanctifie sur la coupe, ainsi pour la havdala : bien que l'on fasse havdala dans la prière, on fait havdala sur la coupe. Et à plus forte raison, s'il a fait havdala sur la coupe, doit-il faire havdala dans la prière, car l'institution principale était dans la prière. Rav Hisda demanda à Rav Chechet : s'il s'est trompé dans l'une et dans l'autre, qu'en est-il ? — par exemple s'il a mangé avant d'avoir fait havdala ; et bien que nous disions dans Pessahim 105 qu'ayant goûté il fait havdala, il a de toute façon mangé dans l'interdit. Il lui répondit : il revient au début. Et la halakha est comme le tana kama, qui dit que la havdala se fait dans « qui accorde gracieusement la connaissance ». Et pour un yom tov qui tombe un dimanche, nous tenons comme Rav et Chmouel, qui ont institué pour nous à Babel la perle vatodienou.
💡 Explication

La même tradition est rapportée par une seconde chaîne de transmission, ce qui la renforce. Le Roch rassemble ici toute la conclusion pratique : la comparaison avec le kidouch, l'obligation dans les deux lieux, la règle en cas d'erreur, et la formule vatodienou pour un yom tov qui suit immédiatement le Chabbat.

28
אִיתְּמַר נָמֵי: רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַייְהוּ: הַמַּבְדִּיל בִּתְפִלָּה — צָרִיךְ שֶׁיַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס.

On a dit aussi : Raba et Rav Yossef ont dit tous deux : celui qui fait havdala dans la prière doit faire havdala sur la coupe.

29
אָמַר רָבָא, וּמוֹתְבִינַן אַשְּׁמַעְתִּין: טָעָה וְלֹא הִזְכִּיר גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים בִּתְחִיַּית הַמֵּתִים וּשְׁאֵלָה בְּבִרְכַּת הַשָּׁנִים — מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, וְהַבְדָּלָה בְּ״חוֹנֵן הַדַּעַת״ — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאָומְרָהּ עַל הַכּוֹס.

Rava a dit : et nous objectons à notre enseignement — celui qui s'est trompé et n'a pas mentionné la puissance des pluies dans la résurrection des morts, ni la demande dans la bénédiction des années, on le fait revenir ; mais la havdala dans « qui accorde gracieusement la connaissance », on ne le fait pas revenir, parce qu'il peut la dire sur la coupe !

📜 Rachi (1)
מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל מַשְׁמַע אִם יִרְצֶה שֶׁלֹּא לַחֲזֹור וּלְהִתְפַּלֵּל הָא אִם אֲמָרָהּ בִּתְפִלָּה א"צ לְאוֹמְרָהּ עַל הַכּוֹס:
« parce qu'il peut » : cela indique que c'est s'il veut ne pas recommencer sa prière ; il en ressort que, s'il l'a dite dans la prière, il n'a pas besoin de la dire sur la coupe.
💡 Explication

L'objection se fonde sur un mot. La baraita dit « parce qu'il peut la dire sur la coupe », ce qui présente la coupe comme une possibilité offerte à celui qui a oublié, et donc comme facultative pour celui qui n'a rien oublié. Cela contredit l'obligation posée par Rabbi Yo'hanan, Raba et Rav Yossef.

30
לָא תֵּימָא: ״מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאָומְרָהּ עַל הַכּוֹס״, אֶלָּא אֵימָא: ״מִפְּנֵי שֶׁאוֹמְרָהּ עַל הַכּוֹס״.

Ne dis pas « parce qu'il peut la dire sur la coupe », mais dis plutôt « parce qu'il la dit sur la coupe ».

💡 Explication

La réponse corrige la formulation de la baraita. Au lieu d'une faculté, le texte énonce un fait : celui qui a oublié la havdala dans la prière ne recommence pas, puisque de toute façon il la dira sur la coupe. L'obligation des deux lieux est ainsi préservée.

31
אִיתְּמַר נָמֵי, אָמַר רַבִּי בִּנְיָמִין בַּר יֶפֶת: שָׁאַל רַבִּי יוֹסֵי אֶת רַבִּי יוֹחָנָן בְּצִידָּן, וְאָמְרִי לַהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יַעֲקֹב דְּמִן צוּר אֶת רַבִּי יוֹחָנָן, וַאֲנָא שְׁמַעִית: הַמַּבְדִּיל בִּתְפִלָּה, צָרִיךְ שֶׁיַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס, אוֹ לֹא? וְאָמַר לֵיהּ: צָרִיךְ שֶׁיַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס.

On a dit aussi : Rabbi Binyamin bar Yefet a dit : Rabbi Yossi a interrogé Rabbi Yo'hanan à Sidon — et certains disent que c'est Rabbi Chimon ben Yaakov de Tyr qui a interrogé Rabbi Yo'hanan, et moi je l'ai entendu : celui qui fait havdala dans la prière doit-il faire havdala sur la coupe, ou non ? Il lui répondit : il doit faire havdala sur la coupe.

📜 Rachi (1)
וַאֲנָא שְׁמַעִית אֲנִי שָׁמַעְתִּי:
« et moi, j'ai entendu » : moi, je l'ai entendu.
32
אִיבַּעְיָא לְהוּ: הַמַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס, מַהוּ שֶׁיַּבְדִּיל בִּתְפִלָּה?

On leur a demandé : celui qui fait havdala sur la coupe, qu'en est-il de faire havdala dans la prière ?

💡 Explication

La question inverse le cas précédent. Jusqu'ici, la guemara a traité de celui qui a commencé par la prière. Reste à savoir si celui qui a commencé par la coupe est encore tenu de la dire dans la Amida.

33
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: קַל וָחֹומֶר מִתְּפִלָּה. וּמַה תְּפִלָּה דְּעִיקַּר תַּקַּנְתָּא הִיא, אָמְרִי: הַמַּבְדִּיל בִּתְפִלָּה — צָרִיךְ שֶׁיַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס. הַמַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס, דְּלָאו עִיקַּר תַּקַּנְתָּא הִיא — לֹא כָל שֶׁכֵּן!

Rav Nahman bar Yitshak a dit : c'est un kal va-homer à partir de la prière. Si pour la prière, qui est l'institution principale, on a dit que celui qui fait havdala dans la prière doit faire havdala sur la coupe, alors celui qui fait havdala sur la coupe, qui n'est pas l'institution principale — à plus forte raison !

💡 Explication

Le kal va-homer repose sur une échelle d'importance : la prière est l'institution première, la coupe une addition ultérieure. Puisque le lieu fort ne dispense pas du lieu faible, le lieu faible dispense encore moins du lieu fort.

🖼️ Schéma
Le kal va-homer de Rav Nahman bar Yitshak Point de départ, déjà établi La prière est l'institution principale. Et pourtant, celui qui y a fait havdala doit encore la faire sur la coupe. Conclusion tirée La coupe est un ajout, non l'institution principale. Celui qui n'a fait havdala que là doit à plus forte raison la dire dans la prière. Comment lire un kal va-homer 1. Le cas léger et le cas grave partagent une même mesure : ici, l'importance de l'institution. 2. La règle est connue pour le cas fort : la prière, principale, ne dispense pas de la coupe. 3. Elle vaut donc d'autant plus pour le cas faible : la coupe, secondaire, ne dispense pas de la prière.
Le raisonnement a fortiori applique aux deux lieux de la havdala.
34
תָּנֵי רַב אַחָא אֲרִיכָא קַמֵּיהּ דְּרַב חִינָּנָא: הַמַּבְדִּיל בַּתְּפִלָּה מְשֻׁובָּח יוֹתֵר מִמִּי שֶׁיַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס. וְאִם הִבְדִּיל בְּזוֹ וּבָזוֹ — יָנוּחוּ לוֹ בְּרָכוֹת עַל רֹאשׁוֹ.

Rav Aha Arikha, le grand, enseigna devant Rav Hinena : celui qui fait havdala dans la prière est plus louable que celui qui la fait sur la coupe ; et s'il a fait havdala dans l'une et dans l'autre, que des bénédictions reposent sur sa tête.

35
הָא גוּפָא קַשְׁיָא: אָמְרַתְּ הַמַּבְדִּיל בַּתְּפִלָּה מְשֻׁובָּח יוֹתֵר מִמִּי שֶׁיַּבְדִּיל עַל הַכּוֹס, אַלְמָא תְּפִלָּה לְחוּדַהּ סַגִּי. וַהֲדַר תָּנֵי אִם הִבְדִּיל בְּזוֹ וּבָזוֹ — יָנוּחוּ לוֹ בְּרָכוֹת עַל רֹאשׁוֹ. וְכֵיוָן דְּנָפֵיק לֵיהּ בַּחֲדָא — אֶפָּטֵר, וְהָוְיָא בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה, וְאָמַר רַב וְאִיתֵּימָא רֵישׁ לָקִישׁ, וְאָמְרִי לַהּ רַבִּי יוֹחָנָן וְרֵישׁ לָקִישׁ דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: כָּל הַמְבָרֵךְ בְּרָכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה — עוֹבֵר מִשּׁוּם ״לֹא תִּשָּׂא״!

Ce texte lui-même fait difficulté : tu as dit que celui qui fait havdala dans la prière est plus louable que celui qui la fait sur la coupe — il apparaît donc que la prière seule suffit ; et ensuite il enseigne : s'il a fait havdala dans l'une et dans l'autre, que des bénédictions reposent sur sa tête. Or puisqu'il s'acquitte par l'une, il est quitte, et cela devient une bénédiction inutile ; et Rav a dit, et certains disent Rech Lakich, et d'autres disent Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich ont dit tous deux : quiconque récite une bénédiction inutile transgresse « tu ne prendras pas le Nom en vain » !

💡 Explication

La baraita se contredit. Sa première moitié suppose qu'un seul lieu acquitte l'obligation ; sa seconde moitié loue celui qui fait les deux. Si le premier acquitte déjà, le second devient une berakha cheena tsrikha, une bénédiction sans objet.

La gravité tient à la règle citée : prononcer une bénédiction inutile revient à prendre le Nom en vain. La contradiction ne peut donc rester en l'état.

🖼️ Schéma
La baraita contre elle-même, et son émendation Première moitié Celui qui fait havdala dans la prière est plus louable que sur la coupe. Sous-entendu : la prière seule suffit. Seconde moitié S'il a fait havdala dans l'une et dans l'autre, bénédictions sur sa tête. Sous-entendu : la seconde ajoute quelque chose. La contradiction et son coût Si la première suffit, la seconde est une berakha inutile, interdite par lo tissa. Émendation du texte Lire : dans l'une et pas dans l'autre, que des bénédictions reposent sur sa tête.
Les deux moitiés de la baraita, la difficulté qu'elles produisent, et l'émendation.
36
אֶלָּא, אֵימָא הָכִי: אִם הִבְדִּיל בְּזוֹ וְלֹא הִבְדִּיל בָּזוֹ — יָנוּחוּ לוֹ בְּרָכוֹת עַל רֹאשׁוֹ.

Dis plutôt ainsi : s'il a fait havdala dans l'une et n'a pas fait havdala dans l'autre, que des bénédictions reposent sur sa tête.

💡 Explication

La guemara émende le texte de la baraita. Selon la nouvelle lecture, l'éloge vise celui qui a fait la havdala dans un seul des deux lieux, ce qui supprime la bénédiction superflue.

37
בְּעָא מִינֵּיהּ רַב חִסְדָּא מֵרַב שֵׁשֶׁת: טָעָה בָּזוֹ וּבָזוֹ, מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: טָעָה בָּזוֹ וּבָזוֹ — חוֹזֵר לָרֹאשׁ.

Rav Hisda demanda à Rav Chechet : s'il s'est trompé dans l'une et dans l'autre, qu'en est-il ? Il lui répondit : s'il s'est trompé dans l'une et dans l'autre, il revient au début.

📜 Rachi (1)
חוֹזֵר לְרֹאשׁ לִתְפִלָּה וּלְכוֹס:
il revient au début : à la prière et à la coupe.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם אָמַר רַב אַסִּי טָעָה וְלֹא אָמַר שְׁאֵלָה בְּבִרְכַּת הַשָּׁנִים אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאָומְרָהּ בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה מֵיתִיבִי טָעָה וְלֹא אָמַר שְׁאֵלָה בְּבִרְכַּת הַשָּׁנִים וּגְבוּרַת גְּשָׁמִים בִּתְחִייַּת הַמֵּתִים מַחֲזִירִין אוֹתוֹ הַבְדָּלָה בְּחוֹנֵן הַדַּעַת אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאָומְרָהּ עַל הַכּוֹס ל"ק הָא בְּיָחִיד וְהָא בְּצִבּוּר בְּצִבּוּר מ"ט מִשּׁוּם דְּשַׁמְּעָהּ לָהּ מש"צ אִי הָכִי מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאָומְרָהּ בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה מִפְּנֵי שֶׁשּׁוֹמְעָהּ מש"צ מִיבַּעְיָא לֵיהּ אֶלָּא אִידֵּי וְאִידֵּי בְּיָחִיד אֲבָל בְּצִבּוּר אַפֵּי' נִזְכַּר אַחַר שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה אֵינוֹ חוֹזֵר דְּהָא שֹׁמֵיעַ לֵיהּ מש"ץ וְכֵן כָּתַב בה"ג שֶׁאִם שָׁכַח אָדָם יַעֲלֶה וְיָבֹא אוֹ כָּל דָּבָר שֶׁצָּרִיךְ לַחֲזֹור וּלְהִתְפַּלֵּל יְכַוֵּין דַּעְתּוֹ וְיִשְׁמַע מִפִּי ש"צ כָּל י"ח בְּרָכוֹת מֵרֹאשׁ וְעַד סוֹף וְיָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ כִּדְאָמְרִינַן בְּשִׁילְהֵי ר"ה דַּף לד: כְּשֵׁם שֶׁהוּא מוֹצִיא אֶת שֶׁאֵינוֹ בָּקִי כָּךְ מוֹצִיא אֶת הַבָּקִי ואע"ג דְּאָמְרִינַן הָתָם דְּלָא פָּטַר ר"ג אֶלָּא עַם שֶׁבַּשָּׂדוֹת אֲרִיסֵי דְּאִנִּיסִי וּטְרִידִי אֲבָל דְּעִיר לֹא הַיְינוּ הֵיכָא דְּלָא הִתְפַּלֵּל כְּלָל אֲבָל הֵיכָא שֶׁכְּבָר הִתְפַּלֵּל מוֹצִיא אֶת הַבָּקִי וְכֵן פִּי' בִּשְׁאִלְתּוֹת דְּרַב אַחַאי פָּרָשַׁת וְיָצָא. ל"ק הָא דְּאַדְּכַר מִקַּמֵּיהּ שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה הָא דְּאַדְּכַר לְבָתַר שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה וּמְפָרֵשׁ בִּירוּשַׁלְמִי חוֹזֵר לְשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה וְאֵין צָרִיךְ לַחֲזֹור לְבִרְכַּת הַשָּׁנִים דְּגָרְסִינַן בִּירוּשַׁלְמִי בְּפֶרֶק אֵין עוֹמְדִין רַבִּי זֵירָא בְּשֵׁם רַב הוּנָא אָמַר אִם לֹא שָׁאַל בְּבִרְכַּת הַשָּׁנִים אוֹמֵר בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה דִּכְוָותֵיהּ אִם לֹא הִזְכִּיר גְּבוּרַת גְּשָׁמִים בִּתְחִייַּת הַמֵּתִים אוֹמֵר בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה וּמָה אִם שְׁאֵלָה שֶׁהִיא מִדֹּוחַק אוֹמֵר בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה אַזְכָּרָה שֶׁהִיא מֵרֶיוַח לכ"ש וְהָא תָּנֵי אִם לֹא שָׁאַל בְּבִרְכַּת הַשָּׁנִים אוֹ שֶׁלֹּא הִזְכִּיר בִּתְחִייַּת הַמֵּתִים מַחֲזִירִין אוֹתוֹ א"ר אַבָּא מָרִי אַחֲוָה דְּרַב יוֹסֵף בְּשֶׁלֹּא אָמַר בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה לְהֵיכָן חוֹזֵר ר"ש בַּר בָּא בְּשֵׁם רַבִּי יוֹחָנָן בר"ח אִם עָקַר רַגְלָיו חוֹזֵר לָרֹאשׁ וְאִם לָאו חוֹזֵר לָעֲבוֹדָה אַף הָכָא אִם עָקַר רַגְלָיו חוֹזֵר לָרֹאשׁ וְאִם לָאו חוֹזֵר לְשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה וְכֵן פָּסַק ה"ר יוֹסֵף זַ"ל בְּשֵׁם ר"ח שֶׁחוֹזֵר לְשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה וּמִיהוּ בגמ' דִּידַן לֹא הִזְכִּיר לוֹמַר גְּבוּרַת גְּשָׁמִים בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה וְאֶפְשָׁר דִּפְלִיג אַיְּרוּשַׁלְמִי בְּהָא אוֹ שֶׁמָּא פָּשׁוּט הָיָה לוֹ הק"ו כִּדְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי מִיהוּ מָצָאתִי בְּרוֹב הַסְּפָרִים שֶׁכָּתוּב בָּהֶן טָעָה וְלֹא אָמַר הַזְכָּרָה בִּתְחִיַּית הַמֵּתִים מַחֲזִירִין אוֹתוֹ שְׁאֵלָה בְּבִרְכַּת הַשָּׁנִים אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאָומְרָהּ בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה וְגַם רַב אִלְפָּס זַ"ל הֵבִיא כֵּן אַלְמָא פְּלִיג אַיְּרוּשַׁלְמִי וא"ת הָא אָמְרִינַן לְקַמָּן בְּפֶרֶק אֵין עוֹמְדִין (בְּרָכוֹת דַּף לג.) בְּעוֹ מִינֵּיהּ מֵרַב שֵׁשֶׁת טָעָה בְּזוֹ וּבָזוֹ מַהוּ אֲמַר לְהוּ חוֹזֵר לְרֹאשׁ פִּי' שֶׁתִּיקְּנוּ הַבְדָּלָה בִּתְפִלָּה וְעַל הַכּוֹס כְּשֶׁטָּעָה בַּתְּפִלָּה אוֹמְרָהּ עַל הַכּוֹס וא"צ לַחֲזֹור וּלְהִתְפַּלֵּל וְאִי טָעָה עַל הַכּוֹס חוֹזֵר וּמִתְפַּלֵּל הָכָא נָמֵי כֵּיוָן שֶׁטָּעָה וְלֹא הִזְכִּיר בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה הָיָה לוֹ לַחֲזֹור לְרֹאשׁ לְבִרְכַּת הַשָּׁנִים וְשֶׁמָּא יֵשׁ לְחַלֵּק דְּשָׁאנֵי הָכָא די"ח בְּרָכוֹת כֻּולָּן כִּתְפִלָּה אַחַת הֵן וְלָא אַטְרְחוּהוּ רַבָּנָן לַחֲזֹור לְרֹאשׁ כְּמוֹ גַּבֵּי הַבְדָּלָה שֶׁנִּתְקְנָה בִּתְפִלָּה וְעַל הַכּוֹס דִּתְרֵי עִנְיְנֵי נִינְהוּ ובה"ג כָּתַב דְּאִי אִידְּכַר קַמֵּי שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה אוֹמְרָהּ בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה וְאִי לָא הָדַר לָרֹאשׁ וּמַשְׁמַע שר"ל אִם לֹא אֲמָרָהּ בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה חוֹזֵר לְבִרְכַּת הַשָּׁנִים דְּהַיְינוּ רֵישָׁא דִּידְהוּ וְלִישָּׁנָא לָא מַשְׁמַע דְּאַיְירֵי כְּשֶׁסִּייֵּם כָּל י"ח בְּרָכוֹת וְאָז חוֹזֵר לְרֹאשׁ י"ח וְנִרְאֶה דְּסָבְרִי ה"ג דִּגְמָ' דִּידַן פְּלִיג אַיְּרוּשַׁלְמִי מֵהַהִיא דְּפֶרֶק אֵין עוֹמְדִין טָעָה בָּזוֹ וּבָזוֹ וְכָל דִּבְרֵיהֶם דִּבְרֵי קַבָּלָה וְיֵשׁ לִסְמֹוךְ עֲלֵיהֶם וְכֵן כָּתַב הָרָאָבָ"ד זַ"ל עוֹד כָּתַב שָׁם בִּירוּשַׁלְמִי א"ר זֵירָא בְּשֵׁם רַבִּי חֲנִינָא הָיָה עוֹמֵד בְּטַל וְהִזְכִּיר גֶּשֶׁם מַחֲזִירִין אוֹתוֹ בְּגֶשֶׁם וְהִזְכִּיר טַל אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ בְּטַל וְהִזְכִּיר שֶׁל גֶּשֶׁם מַחֲזִירִין אוֹתוֹ וְהָתַנְיָא בְּטַל וּבְרוּחוֹת לֹא חִיְּיבוּהוּ חֲכָמִים לְהַזְכִּיר וְאִם רָצָה לְהַזְכִּיר מַזְכִּיר וקס"ד דְּהָא דְּקָאָמַר בְּטַל וְהִזְכִּיר שֶׁל גֶּשֶׁם מַחֲזִירִין אוֹתוֹ מִשּׁוּם דְּלָא הִזְכִּיר טַל הוּא דְּמַחֲזִירִין אוֹתוֹ וּלְהָכִי פָּרֵיךְ כֵּיוָן דְּלָא חִיְּיבוּהוּ חֲכָמִים לְהַזְכִּיר אַמַּאי מַחֲזִירִין אוֹתוֹ וּמְשַׁנֵּי דְּלָא דָּמֵי הַהוּא דִּמְצַלֵּי וּמֵיקֵל לְהַהוּא דְּלָא מְצַלֵּי וְלָא מֵיקֵל כְּלוֹמַר הָא דְּמַחֲזִירִין לֹא בִּשְׁבִיל שֶׁלֹּא הִזְכִּיר טַל אֶלָּא לְפִי שֶׁעוֹמֵד בְּשָׁעָה שֶׁאֵין מַזְכִּירִין אֶלָּא טַל דְּהַיְינוּ בַּקַּיִץ וְהִזְכִּיר גֶּשֶׁם שֶׁהוּא סִימַן קְלָלָה וְהַייְנוּ דְּלָא דָּמֵי הַהוּא דִּמְצַלֵּי וּמֵיקֵל כְּלוֹמַר שֶׁהִזְכִּיר גְּשָׁמִים שֶׁלֹּא בְּעוֹנָתָם לְהַהוּא דְּלָא מְצַלֵּי וְלֹא מֵיקֵל פֵּירוּשׁ שֶׁלֹּא אָמַר לֹא טַל וְלֹא מָטָר וְתוּ פָּרֵיךְ בַּיְּרוּשַׁלְמִי בְּגֶשֶׁם וְהִזְכִּיר שֶׁל טַל אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ וְהָתַנְיָא אִם לֹא שָׁאַל בְּבִרְכַּת הַשָּׁנִים וְלֹא הִזְכִּיר בְּבִרְכַּת הַמֵּתִים מַחֲזִירִין אוֹתוֹ בְּהַהוּא דְּלָא אִידְּכַר לֹא טַל וְלֹא מָטָר כְּלוֹמַר אִם לֹא הִזְכִּיר כְּלָל מַחֲזִירִין אֲבָל אִם הִזְכִּיר טַל אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ כָּל זֶה בְּהַזְכָּרַת גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים וְהָא דְּקָאָמַר מָטָר לָאו דַּוְקָא דַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר וְלֹא גֶּשֶׁם אֲבָל לְעִנְיַן שְׁאֵלָה שֶׁהוּא תְּפִלָּה אִם לֹא הִזְכִּיר מָטָר מַחֲזִירִין אוֹתוֹ:
Rabbi Tanhoum a dit au nom de Rav Assi : celui qui s'est trompé et n'a pas dit la demande dans la bénédiction des années, on ne le fait pas revenir, parce qu'il peut la dire dans Chomea Tefila. On objecte : celui qui s'est trompé et n'a pas dit la demande dans la bénédiction des années, ni la puissance des pluies dans la résurrection des morts, on le fait revenir ; la havdala dans « qui accorde gracieusement la connaissance », on ne le fait pas revenir, parce qu'il peut la dire sur la coupe. Cela ne fait pas difficulté : l'un parle d'un particulier, l'autre de la prière en assemblée. En assemblée, quelle en est la raison ? Parce qu'il l'entend de l'officiant. S'il en est ainsi, au lieu de « parce qu'il peut la dire dans Chomea Tefila », il aurait fallu dire « parce qu'il l'entend de l'officiant ». Il faut donc dire que l'un et l'autre parlent d'un particulier ; en assemblée, en revanche, même s'il s'en souvient après Chomea Tefila, il ne revient pas, puisqu'il l'entend de l'officiant. Ainsi ont écrit les Halakhot Guedolot : si un homme a oublié yaale veyavo, ou toute autre chose qui oblige à recommencer la prière, qu'il concentre son attention et entende de la bouche de l'officiant les dix-huit bénédictions du début à la fin, et il sera quitte de son obligation, comme nous le disons à la fin de Roch Hachana 34b : de même qu'il acquitte celui qui n'est pas expert, ainsi acquitte-t-il l'expert. Et bien que nous disions là-bas que Rabban Gamliel n'a acquitté que les gens des champs, métayers empêchés et affaires, mais non les gens de la ville, cela vaut lorsqu'ils n'ont pas prié du tout ; mais lorsqu'il a déjà prié, l'officiant acquitte même l'expert. Ainsi l'a expliqué le Cheiltot de Rav Ahai, parachat Vayetse. Cela ne fait pas difficulté : l'un parle de celui qui s'en est souvenu avant Chomea Tefila, l'autre de celui qui s'en est souvenu après Chomea Tefila. Le Talmud de Jérusalem explique qu'il revient à Chomea Tefila et n'a pas besoin de revenir à la bénédiction des années. Nous apprenons en effet dans le Talmud de Jérusalem, chapitre Ein Omdin : Rabbi Zeira au nom de Rav Houna a dit : s'il n'a pas demandé dans la bénédiction des années, il le dit dans Chomea Tefila ; de même, s'il n'a pas mentionné la puissance des pluies dans la résurrection des morts, il le dit dans Chomea Tefila. Et si la demande, qui vient d'une nécessité pressante, se dit dans Chomea Tefila, la mention, qui est dite à l'aise, à plus forte raison. Mais il a été enseigné : s'il n'a pas demandé dans la bénédiction des années, ou s'il n'a pas mentionné dans la résurrection des morts, on le fait revenir ! Rabbi Abba Mari, frère de Rav Yossef, a dit : il s'agit du cas où il ne l'a pas dit dans Chomea Tefila. Et jusqu'où revient-il ? Rabbi Chimon bar Ba au nom de Rabbi Yo'hanan : à Roch Hodech, s'il a déjà bougé ses pieds, il revient au début, et sinon il revient à Avoda. Ici de même : s'il a bougé ses pieds, il revient au début, et sinon il revient à Chomea Tefila. Ainsi a tranché Rabbi Yossef, de mémoire bénie, au nom de Rabbenou Hananel : il revient à Chomea Tefila. Toutefois, notre Talmud n'a pas mentionné que l'on dise la puissance des pluies dans Chomea Tefila ; il est possible qu'il diverge du Talmud de Jérusalem sur ce point, où peut-être le kal va-homer lui était-il évident, comme il figure dans le Talmud de Jérusalem. J'ai cependant trouvé dans la plupart des livres qu'il est écrit : s'il s'est trompé et n'a pas dit la mention dans la résurrection des morts, on le fait revenir ; la demande dans la bénédiction des années, on ne le fait pas revenir, parce qu'il peut la dire dans Chomea Tefila. Rav Alfas, de mémoire bénie, a rapporté de même ; il diverge donc du Talmud de Jérusalem. Et si tu objectes : nous disons plus loin, au chapitre Ein Omdin (Berakhot 33a), qu'on demanda à Rav Chechet — s'il s'est trompé dans l'une et dans l'autre, qu'en est-il ? Il leur répondit : il revient au début. C'est-à-dire que l'on a institué la havdala dans la prière et sur la coupe : lorsqu'il s'est trompé dans la prière, il la dit sur la coupe et n'a pas besoin de recommencer la prière ; et s'il s'est trompé sur la coupe, il revient et prie. Ici de même, puisqu'il s'est trompé et n'a pas mentionné dans Chomea Tefila, il aurait dû revenir au début, c'est-à-dire à la bénédiction des années. On peut peut-être distinguer : ici c'est différent, car les dix-huit bénédictions forment toutes une seule prière, et les Sages ne l'ont pas obligé à revenir au début, à la différence de la havdala, instituée dans la prière et sur la coupe, qui sont deux sujets distincts. Les Halakhot Guedolot ont écrit que, s'il s'en est souvenu avant Chomea Tefila, il le dit dans Chomea Tefila, et sinon il revient au début ; il semble qu'ils veuillent dire que s'il ne l'a pas dit dans Chomea Tefila il revient à la bénédiction des années, qui est leur début, car la formulation n'indique pas qu'il s'agisse du cas où il a achevé les dix-huit bénédictions et revient alors au début des dix-huit. Il apparaît que les Halakhot Guedolot tiennent que notre Talmud diverge du Talmud de Jérusalem, à partir du passage du chapitre Ein Omdin « s'il s'est trompé dans l'une et dans l'autre ». Toutes leurs paroles sont paroles de tradition et l'on peut s'appuyer sur elles ; ainsi a écrit le Raavad, de mémoire bénie. Il est encore écrit là-bas dans le Talmud de Jérusalem : Rabbi Zeira a dit au nom de Rabbi Hanina : s'il se tenait dans la saison de la rosée et qu'il a mentionné la pluie, on le fait revenir ; dans la saison de la pluie et qu'il a mentionné la rosée, on ne le fait pas revenir. Dans la rosée et qu'il a mentionné la pluie, on le fait revenir — mais il a été enseigné : pour la rosée et les vents, les Sages ne l'ont pas obligé à mentionner, et s'il veut mentionner il mentionne ! On a d'abord pensé que « dans la rosée et qu'il a mentionné la pluie, on le fait revenir » tenait à ce qu'il n'a pas mentionné la rosée, d'où l'objection : puisque les Sages ne l'ont pas obligé à mentionner, pourquoi le fait-on revenir ? Et l'on répond que celui qui prie et maudit ne ressemble pas à celui qui ne prie ni ne maudit ; c'est-à-dire qu'on le fait revenir non parce qu'il n'a pas mentionné la rosée, mais parce qu'il se tient à une saison où l'on ne mentionne que la rosée, l'été, et qu'il a mentionné la pluie, laquelle est alors un signe de malédiction. Voilà le sens de « celui qui prie et maudit », c'est-à-dire qui a mentionné les pluies hors de leur temps, « ne ressemble pas à celui qui ne prie ni ne maudit », c'est-à-dire qui n'a dit ni rosée ni pluie. Le Talmud de Jérusalem objecte encore : « dans la pluie et qu'il a mentionné la rosée, on ne le fait pas revenir » — mais il a été enseigné : s'il n'a pas demandé dans la bénédiction des années et n'a pas mentionné dans la bénédiction des morts, on le fait revenir ! Il s'agit de celui qui n'a mentionné ni rosée ni pluie ; c'est-à-dire que s'il n'a rien mentionné du tout on le fait revenir, mais s'il a mentionné la rosée on ne le fait pas revenir. Tout cela concerne la mention de la puissance des pluies ; et lorsqu'il est dit « matar », ce n'est pas exact, il aurait fallu dire « guechem ». Mais pour la demande, qui est une prière, s'il n'a pas mentionné matar, on le fait revenir.
💡 Explication

La dernière question du folio porte sur le cumul des oublis : la havdala manque dans la prière et sur la coupe. Rav Chechet répond que l'homme revient au début des deux, comme le précise Rachi.

Le Roch attache à ce passage un long développement sur toutes les erreurs de la Amida : la possibilité de rattraper une demande oubliée dans Chomea Tefila, le cas de celui qui prie en assemblée et entend l'officiant, la divergence entre notre Talmud et le Talmud de Jérusalem, et la règle des mentions de rosée et de pluie hors saison. Sa raison de distinguer notre cas est nette : les dix-huit bénédictions forment une seule prière, tandis que la prière et la coupe sont deux institutions distinctes.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).