Berakhot 34a — L'officiant qui se trompe : le refus d'usage, le point où l'on reprend la amida, la place des demandes personnelles et les inclinaisons

Berakhot 34a

Sougya : Le folio s'ouvre sur la réponse d'Abaye à Rav Papa, qui clôt la sougya du folio précédent : la répétition du verset ne se justifie pas par un défaut d'intention, car on ne traite pas le Ciel avec familiarité. La michna passe ensuite à l'officiant qui se trompe au milieu de la amida : un autre prend sa place sans se faire prier, et il reprend au début de la bénédiction manquée ; l'officiant ne répond pas amen après les kohanim et ne monte pas au douhan, sauf s'il est sur de retrouver le fil.

La guemara étudie d'abord le refus d'usage, qui doit rester mesuré comme le sel dans un plat, puis ouvre la question centrale du folio : de quel point reprend-on ? Rav Houna découpe la amida en trois blocs et fait revenir au début du bloc, Rav Assi tient que les treize bénédictions intermédiaires n'ont pas d'ordre.

Rav Chechet objecte depuis la michna, Rav Houna répond que les intermédiaires forment une seule bénédiction. Viennent ensuite la règle de Rav Yehouda sur la place des demandes personnelles, avec l'image du serviteur devant son maître chez Rabbi Hanina, les deux anecdotes des élèves de Rabbi Eliezer sur la longueur de la prière, l'enseignement de Rav Hisda sur la prière pour un malade, et enfin la baraita des quatre inclinaisons de la amida.

Plan du folio 34a un seul sujet traverse le folio : l'officiant et la conduite de la amida Fin de 33b réponse d'Abaye : pas de familiarité segment 0 Michna le remplaçant ; amen après les kohanim segments 1-2 Le refus d'usage trois temps ; le sel et le levain segments 3-4 Où reprendre ? Rav Houna contre Rav Assi segments 5-8 La place des demandes ni dans les 3 premières, ni dans les 3 dernières segment 9 Long et court les deux élèves devant Rabbi Eliezer ; prier pour un malade segments 10-12 Les inclinaisons Avot et Hodaa, début et fin ; l'homme ordinaire, puis 34b segments 13-14 Fil conducteur : la amida est un ordre fixe, et chaque question du folio demande jusqu'où cet ordre oblige. Ordre des mots, ordre des bénédictions, ordre des demandes, ordre des gestes du corps.
Les sept blocs du folio et le fil qui les relie.
La amida en trois blocs et le point de retour selon Rav Houna 3 premières Avot / Guevourot / Kedouchat haChem le serviteur ordonne la louange 13 intermédiaires Ata honen ... Chomea tefila le serviteur demande une gratification 3 dernières Avoda / Hodaa / Sim chalom le serviteur prend congé Erreur dans un bloc : où revient-on ? retour au tout début de la amida retour à Ata honen, première des intermédiaires retour à Avoda, première des dernières Principe de Rav Houna : chaque bloc est une unité ; on ne reprend pas au milieu d'une unité. C'est ce principe que Rav Assi conteste pour le bloc du milieu, et que la michna vient éprouver.
Le découpage de la amida en trois blocs et les trois points de retour de Rav Houna.
Où l'on s'incline dans la amida quatre inclinaisons pour un homme ordinaire, aux deux extrémités de deux bénédictions Avot début et fin : on s'incline Hodaa Modim et ve-lekha nae lehodot toutes les autres bénédictions : on n'ajoute pas d'inclinaison Celui qui veut s'incliner partout, on lui enseigne de s'en abstenir. Motif de Tossefot : ne pas déraciner l'institution des sages, et éviter l'ostentation. Le folio 34b élargira ensuite la règle au grand prêtre et au roi.
Les quatre points d'inclinaison de la amida pour un homme ordinaire.
1
חַבְרוּתָא כְּלַפֵּי שְׁמַיָּא מִי אִיכָּא?! אִי לָא כַּוֵּון דַּעְתֵּיהּ מֵעִיקָּרָא — מָחֵינַן לֵיהּ בְּמַרְזַפְתָּא דְּנַפָּחָא עַד דִּמְכַוֵּין דַּעְתֵּיהּ.

Y a-t-il une familiarité à l'égard du Ciel ?! S'il n'a pas dirigé son intention au début, nous le frappons avec le marteau du forgeron jusqu'à ce qu'il dirige son intention.

📜 Rachi (3)
חַבְרוּתָא כְּלַפֵּי שְׁמַיָּא מִנְהָג שֶׁנּוֹהֵג אָדָם בַּחֲבֵרוֹ יִנְהַג אֵצֶל הַמָּקוֹם וְלֹא יִזָּהֵר בִּתְפִלָּתוֹ:
Une familiarité à l'égard du Ciel : la manière dont un homme se conduit avec son compagnon, la conduira-t-il devant l'Omniprésent, sans prendre garde à sa prière ?
מָחֵינַן לֵיהּ כְּלוֹמַר מְלַמְּדִין אוֹתוֹ שֶׁיְּכַוֵּין וּמַכִּין אוֹתוֹ אִם יַרְגִּיל בְּכָךְ:
Nous le frappons : c'est-à-dire qu'on lui enseigne à diriger son intention, et on le frappe s'il prend cette habitude.
מַרְזַפְתָּא קוּרְנָס וַתָּשֶׂם אֶת הַמַּקֶּבֶת בְּיָדָהּ מְתַרְגְּמִינַן מַרְזַפְתָּא (שׁוֹפְטִים ד׳:כ״א):
Marzafta : un maillet. « Elle mit le marteau dans sa main » (Juges 4, 21), que nous traduisons marzafta.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אִי לָא כַּוֵּן דַּעְתֵּיהּ מֵעִיקָּרָא, מָחֵינַן לֵיהּ בְּמַרְזַפְתָּא דְּנַפָּחָא עַד דִּמְכַוֵּין דַּעְתֵּיהּ. פֵּירוּשׁ קוּרְנָס וְנִרְאֶה לִי בס"ד הָא דְּנָקֵיט קוּרְנָס וְלֹא דָּבָר אַחֵר, כִּי הַכַּוָּנָה בָּאָה בַּלֵּב אִם יִהְיֶה הַלֵּב מָלֵא יִרְאָה, וְיָדוּעַ שֶׁהַיִּרְאָה הִיא אֵשׁ שֶׁנִּמְשֶׁכֶת מִיְּסוֹד הָאֵשׁ, וְהַקּוּרְנָס אֵינוֹ יָכוֹל לִשְׁלֹוט בַּבַּרְזֶל לְפָשְׁטוֹ וּלְהַרְחִיבוֹ אֶלָּא אִם כֵּן הַבַּרְזֶל חַם וְנַעֲשָׂה אֵשׁ יוֹקֶדֶת, וְכֵן הָעִנְיָן בַּלֵּב אִם הוּא קָשֶׁה כַּבַּרְזֶל, אֵינוֹ מִתְרַכֵּךְ אֶלָּא עַל יְדֵי הָאֵשׁ שֶׁהוּא הַיִּרְאָה.
« S'il n'a pas dirigé son intention au début, on le frappe avec le marteau du forgeron jusqu'à ce qu'il dirige son intention » — il s'agit d'un maillet. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la guemara mentionne le marteau plutôt qu'un autre objet parce que l'intention naît dans le cœur, à condition que le cœur soit rempli de crainte. Il est connu que la crainte est un feu, tiré de l'élément du feu. Or le marteau ne peut agir sur le fer, l'étendre et l'élargir, que si le fer est chaud et devenu un feu ardent. Il en va de même du cœur : lorsqu'il est dur comme le fer, il s'attendrit par le feu, qui est la crainte.
💡 Explication

Abaye répond à l'hypothèse de Rav Papa, restée ouverte à la fin du folio précédent : l'homme qui redouble le verset du Chema le ferait parce que la kavana (l'intention dirigée) lui a manqué la première fois. Abaye refuse cette lecture indulgente. Traiter la prière comme une chose que l'on recommence à loisir suppose une hevrouta, une familiarité de compagnon à compagnon, et ce registre ne convient pas devant le Ciel.

L'image du marteau du forgeron (marzafta de-napha) donne la mesure de la réponse : l'homme est repris et corrigé, jusqu'à ce que l'intention soit présente dès le premier mot. Rachi précise que la formule signifie d'abord un enseignement, la contrainte physique ne venant que pour celui qui prend cette habitude.

2
מַתְנֵי׳ (הָאוֹמֵר: ״יְבָרְכוּךָ טוֹבִים״ — הֲרֵי זֶה דַּרְכֵי מִינוּת). הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה וְטָעָה — יַעֲבֹור אַחֵר תַּחְתָּיו, וְלֹא יְהֵא סָרְבָן בְּאוֹתָהּ שָׁעָה. מֵהֵיכָן הוּא מַתְחִיל? מִתְּחִלַּת הַבְּרָכָה שֶׁטָּעָה זֶה.

Michna. (Celui qui dit : « que les bons Te bénissent » — voilà des voies d'hérésie.) Celui qui passe devant la tevah (le pupitre de l'officiant) et s'est trompé — un autre passera à sa place, et il ne se fera pas prier à ce moment-là.

À partir d'où commence-t-il ? Depuis le début de la bénédiction dans laquelle celui-ci s'est trompé.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' וְלֹא יְהֵא סָרְבָן בְּאוֹתָהּ שָׁעָה לְפִי שֶׁשְּׁאָר יוֹרְדִין לִפְנֵי הַתֵּיבָה כְּשֶׁאוֹמְרִים לוֹ לֵךְ רֵד צָרִיךְ לְסָרֵב פַּעַם אַחַת כְּלוֹמַר אֵינִי כְּדַאי לְכָךְ כִּדְאָמְרִי' לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין אֲבָל זֶה לֹא יְסָרֵב מִפְּנֵי שֶׁגְּנַאי הוּא שֶׁתְּהֵא הַתְּפִלָּה מֻופְסֶקֶת כָּל כָּךְ:
Et il ne se fera pas prier à ce moment-là : car les autres, lorsqu'ils descendent devant la tevah et qu'on leur dit « va, descends », doivent refuser une première fois, c'est-à-dire : je n'en suis pas digne, comme nous le disons plus loin dans notre sougya. Celui-ci en revanche ne refusera pas, parce qu'il est indigne que la prière reste interrompue si longtemps.
מִתְּחִלַּת הַבְּרָכָה שֶׁטָּעָה זֶה אִם דִּלֵּג אַחַת מִן הַבְּרָכוֹת וְאָמַר אַחֶרֶת וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ לָשׁוּב וְלֶאֱחֹוז סִדְרוֹ יַתְחִיל הָעֻובָּר תַּחְתָּיו אוֹתָהּ בְּרָכָה שֶׁדִּלֵּג זֶה וְאוֹמֵר מִשָּׁם וּלְהַלָּן:
Depuis le début de la bénédiction dans laquelle celui-ci s'est trompé : s'il a sauté l'une des bénédictions et en a dit une autre, et qu'il ne sait pas revenir et reprendre son ordre, celui qui passe à sa place commencera par la bénédiction que le premier a sautée, et dira à partir de là et plus loin.
🗂️ Tossefot (1)
מֵהֵיכָן הוּא מַתְחִיל מִתְּחִלַּת הַבְּרָכָה שֶׁטָּעָה בָּהּ יְרוּשַׁלְמִי בְּטִיטֵי אִשְׁתַּתַּק בָּאוֹפַנִּים אַתּוּן שֶׁייִּלּוֹן לֵר' בְּוַן אֲמַר לְהוּ בְּשֵׁם רִיבָּ"ל זֶה שֶׁעָבַר תַּחְתָּיו יַתְחִיל מִמָּקוֹם שֶׁפָּסַק וּפָרִיךְ וְהִתְנָן מַתְחִיל מִתְּחִלַּת הַבְּרָכָה שֶׁטָּעָה בָּהּ אָמַר לְהוּ מִכֵּיוָן דַּעֲנֵיתוּן קְדֻושַּׁת הַשֵּׁם כְּמִי שֶׁהוּא תְּחִלַּת הַבְּרָכָה דָּמֵי:
Talmud de Yerouchalayim : Batiti resta muet à la bénédiction des ofanim. Ils vinrent interroger Rabbi Boun, qui leur dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Levi : celui qui passe à sa place commence à l'endroit où le premier s'est arrêté. La guemara objecte : mais nous avons appris dans la michna qu'il commence depuis le début de la bénédiction dans laquelle il s'est trompé. Il leur dit : puisque vous avez répondu la kedoucha du Nom, cela vaut comme si l'on se trouvait au début de la bénédiction.
⚖️ Rosh (2)
מַתְנִי' הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה וְטָעָה יַעֲבוֹר אַחֵר תַּחְתָּיו וְלֹא יְהֵא סָרְבָן בְּאוֹתָהּ שָׁעָה מֵהֵיכָן הוּא מַתְחִיל מִבְּרָכָה שֶׁטָּעָה זֶה. יְרוּשַׁלְמִי בְּטָטֵי אֶישְׁתֹּק בָּאוֹפַנִּים אַתּוּן שֶׁיִּילּוֹן לֵר' אִייְּבוּן אֲמַר לוֹן ר' אֲייָבוּן בְּשֵׁם רִיבָּ"ל זֶה שֶׁעוֹבֵר תַּחְתָּיו יַתְחִיל מִמָּקוֹם שֶׁפָּסַק וְהָא תְּנֵינָא מַתְחִיל בִּתְחִלַּת בְּרָכָה שֶׁטָּעָה זֶה אֲמַר לְהוּ מִכֵּיוָן דַּעֲנֵיתוּן קְדֻושְׁתָּא כְּמוֹ שֶׁהִיא תְּחִלַּת בְּרָכָה וא"צ לַחֲזֹור לְרֹאשׁ בִּרְכַּת יוֹצֵר.
Michna : celui qui passe devant la tevah et s'est trompé, un autre passe à sa place, et il ne se fera pas prier à ce moment-là ; à partir d'où commence-t-il ? Depuis la bénédiction dans laquelle celui-ci s'est trompé. Talmud de Yerouchalayim : Batiti resta muet à la bénédiction des ofanim. Ils vinrent interroger Rabbi Ayvoun, qui leur dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Levi : celui qui passe à sa place commence à l'endroit où le premier s'est arrêté. Mais nous avons appris : il commence au début de la bénédiction dans laquelle celui-ci s'est trompé ! Il leur dit : puisque vous avez répondu la kedoucha, c'est comme si l'on se trouvait au début d'une bénédiction, et il n'a pas besoin de revenir au début de la bénédiction de Yotser.
אָמַר רַב הוּנָא הַנִּכְנָס לְבֵית הַכְּנֶסֶת וּמָצָא צִבּוּר שֶׁמִּתְפַּלְּלִים אִם יָכוֹל לְהַתְחִיל וְלִגְמֹור עַד שֶׁלֹּא יַגִּיעַ ש"צ לְמוֹדִים יִתְפַּלֵּל וְאִם לָאו לֹא יִתְפַּלֵּל לְפִי שֶׁצָּרִיךְ לִשְׁחוֹת עִם הַצִּבּוּר בְּמוֹדִים שֶׁלֹּא יֵרָאֶה כְּכוֹפֵר לְמִי שֶׁחֲבֵרָיו מִשְׁתַּחֲוִים לוֹ. וה"ה אִם יַגִּיעַ לְמוֹדִים אוֹ לְאַחַת מִן הַבְּרָכוֹת שֶׁשּׁוֹחִין בָּהֶן כשש"ץ מַגִּיעַ לְמוֹדִים שַׁפִּיר דָּמֵי כֵּיוָן שֶׁהוּא מִשְׁתַּחֲוֶה עִם חֲבֵרָיו. אֲבָל הַגְּמָרָא לָא פְּסִיק לֵיהּ לְמִינְקַט כה"ג וְלֹא מִסְתַּבֵּר לְפָרוֹשֵׁי דְּמִשּׁוּם מוֹדִים דְּרַבָּנָן צָרִיךְ שֶׁיִּגְמֹור תְּפִלָּתוֹ קֹודֶם מוֹדִים. ור"ת זַ"ל כְּשֶׁהָיָה עוֹמֵד בְּאֶמְצַע הַתְּפִלָּה וְהָיָה מַגִּיעַ לְמוֹדִים הָיָה מִשְׁתַּחֲוֶה עִם הַצִּבּוּר בְּאֶמְצַע הַבְּרָכָה אֲבָל לֹא בַּתְּחִלָּה וְסוֹף דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן (בְּרָכוֹת דַּף לד.) אֵין לָשׂוּחַ בִּתְחִלַּת הַבְּרָכָה וְסוֹף אֶלָּא בְּאָבוֹת וּבְמוֹדִים מִיהוּ לְכַתְּחִלָּה אֵין לַעֲשׂוֹת כֵּן אִם לֹא שֶׁיִּצְטָרֵךְ אָדָם לְהִתְפַּלֵּל וְלִסְמֹוךְ גְּאֻולָּה לִתְפִלָּה. וְכֵן לְעִנְיַן קְדֻושָּׁה אִם יַגִּיעַ לש"ץ כְּשֶׁאוֹמֵר נַקְדִּישָׁךְ יֹאמַר עִם הש"ץ מִלָּה בְּמִלָּה כָּל מַה שֶׁהוּא אוֹמֵר. וְאֵין זֶה קָרוּי הֶפְסֵק וְאִם הִתְפַּלֵּל וְצִבּוּר אוֹמְרִים קְדֻושָּׁה אוֹ יְהֵא שְׁמֵיהּ רַבָּא כָּתַב רַשִׁ"י בְּסֻוכָּה פֶּרֶק לוּלָב הַגָּזוּל (סֻוכָּה דַּף לח:) בְּשֵׁם ה"ג וְכֵן פר"ח זַ"ל שֶׁיִּשְׁתֹּוק וִיכַוֵּין לְמַה שֶׁהַצִּבּוּר אוֹמְרִים וְהָוֵי כְּעוֹנֶה. אֲבָל ר"ת ור"י זַ"ל אוֹמְרִים דְּכֵיוָן דְּשׁוֹמֵעַ כְּעוֹנֶה הָוֵי הַפְסָקָה אִם יִשְׁתֹּוק וּקְצָת יֵשׁ רְאָיָה מִכָּאן דְּאִי שׁוֹמֵעַ כְּעוֹנֶה אַמַּאי קָאָמַר הָכָא דְּלָא יַתְחִיל אִם לֹא יוּכַל לִגְמֹור עַד שֶׁלֹּא יַגִּיעַ ש"ץ לִקְדֻושָּׁה למנ"מ יִשְׁתֹּוק וִיכַוֵּין וְיִהְיֶה כְּעוֹנֶה. מִיהוּ נוּכַל לוֹמַר דַּעֲנִייָּה חֲשִׁיבָא טְפֵי. וְעוֹד מוֹסִיף בִּירוּשַׁלְמִי דְּבָרִים אֲחֵרִים דְּגָרְסִינַן בִּירוּשַׁלְמִי בְּפֶרֶק תְּפִלַּת הַשַּׁחַר לֹא הִתְפַּלֵּל שַׁחֲרִית וּבָא וּמְצָאָן שֶׁמִּתְפַּלְּלִין שֶׁל מוּסָף אִם הָיָה יוֹדֵעַ שֶׁאִם יַתְחִיל יִגְמֹור עַד שֶׁלֹּא יַתְחִיל ש"צ כְּדֵי לַעֲנוֹת אַחֲרָיו אָמֵן יִתְפַּלֵּל. וְאִם לָאו אַל יִתְפַּלֵּל. בְּאֵיזֶה אָמֵן אָמְרוּ חַד אָמַר בְּאֻמָּן שֶׁל הָאֵל הַקָּדוֹשׁ. וְחַד אָמַר בְּאֻמָּן שֶׁל שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה מ"ד בְּהָאֵל הַקָּדוֹשׁ בְּשַׁבָּת ומ"ד בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה בְּחוֹל. וּמַשְׁמַע מִתּוֹךְ יְרוּשַׁלְמִי זֶה שֶׁהָיוּ מִתְפַּלְּלִים בְּמוּסָף שֶׁבְּחוֹל כְּגוֹן בר"ח וּבְחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד י"ח בְּרָכוֹת וְהָיָה תָּמֵיהַּ רַבִּי חַיִּים הַכֹּהֵן זַ"ל עַל מִנְהָג שֶׁלָּנוּ שֶׁאֵין אָנוּ מִתְפַּלְּלִים בָּהֶם רַק שֶׁבַע בְּרָכוֹת. וְגַם בגמ' דִּידַן לֹא הֻוזְכַּר שֶׁבַע בְּרָכוֹת כִּי אִם בְּשַׁבָּתוֹת וי"ט דְּחָייְשִׁינַן לְטִירְחָא אֲבָל בְּרָאשֵׁי חֳדָשִׁים וּבְחוֹל הַמּוֹעֵד דְּלָא חָייְשִׁינַן לְטִירְחָא שֶׁהֲרֵי מִתְפַּלְּלִים בְּשַׁחֲרִית עַרְבִית וּמִנְחָה י"ח בְּרָכוֹת א"כ אַף בְּמוּסָף יִהְיֶה רָאוּי לָנוּ לְהִתְפַּלֵּל י"ח וְהָרַב אֶלְחָנָן זַ"ל הָיָה אוֹמֵר כִּי בגמ' דִּידַן יִהְיֶה מוּכָח שֶׁאֵין לְהִתְפַּלֵּל בְּשׁוּם מוּסָף י"ח בְּרָכוֹת שֶׁאִם הָיָה מִתְפַּלֵּל י"ח בְּרָכוֹת הָיָה אוֹמֵר גַּם בִּרְכוֹת מוּסָף אָז יִהְיֶה י"ט בְּרָכוֹת וְאָמְרִינַן לְקַמָּן בְּפֶרֶק תְּפִלַּת הַשַּׁחַר (בְּרָכוֹת דַּף כ"ט.) תְּמָנֵי סְרֵי תִּיקּוּן תְּשַׁסְרֵי לָא תִּיקּוּן. וְלָא תִּיקְשֵׁי מֵעִנְיָנוֹ דְּדַוְקָא ש"ץ הוּא שֶׁאוֹמְרָהּ בְּרָכָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ אֵבֶל יָחִיד כּוֹלְלָהּ בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה. וְאֵין לוֹמַר נִכְלֹול תְּפִלַּת מוּסָף בַּעֲבוֹדָה כְּמוֹ בִּתְפִלַּת שַׁחֲרִית. דא"כ בְּפֶרֶק בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף כד) הֲוָה לֵיהּ לְמִיתְנֵי מוּסָף בַּהֲדֵי עַרְבִית וְשַׁחֲרִית וּמִנְחָה שֶׁמִּתְפַּלְּלִין שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה וְאוֹמֵר מֵעֵין הַמְאֹורָע בָּעֲבוֹדָה. וְעוֹד כֵּיוָן דְּלָא נִתְקְנָה הַתְּפִלָּה אֶלָּא בִּשְׁבִיל הַמּוּסָף דַּי לָנוּ בַּז' בְּרָכוֹת. גַּם נִרְאֶה שֶׁאֵין לִגְרֹוס בִּירוּשַׁלְמִי בָּא וּמְצָאָן מִתְפַּלְּלִין שֶׁל מוּסָף דְּלָמָּה לוֹ לְהַזְכִּיר בִּתְפִלַּת הַמּוּסָף דִּין זֶה בִּתְפִלָּה שֶׁל חוֹל נָמֵי הָיָה יָכוֹל לְהַשְׁמִיעֵנוּ. וּבַתּוֹסֶפְתָּא דִּבְרָכוֹת נָמֵי יֵשׁ סֶמֶךְ לַמִּנְהָג שֶׁלָּנוּ. דְּקָתָנֵי כֹּל שֶׁאֵין בּוֹ מוּסָף כְּגוֹן חֲנֻוכָּה וּפוּרִים עַרְבִית וְשַׁחֲרִית וּמִנְחָה מִתְפַּלֵּל י"ח וְאוֹמֵר מֵעֵין הַמְאֹורָע בַּהוֹדָאָה וְאִם לֹא אָמַר אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ. וּבְיָמִים שֶׁהָיָה בָּהֶן קָרְבַּן מוּסַף כְּגוֹן ר"ח וְחוֹל הַמּוֹעֵד עַרְבִית שַׁחֲרִית וּמִנְחָה מִתְפַּלֵּל י"ח וְאוֹמֵר מֵעֵין הַמְאֹורָע בָּעֲבוֹדָה וְאִם לֹא אָמַר מַחֲזִירִין אוֹתוֹ וּבַמּוּסָפִין מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע וְאוֹמֵר קְדֻושַּׁת הַיּוֹם בָּאֶמְצַע. וְרִיבָּ"ל אוֹמֵר אִם יָכוֹל לְהַתְחִיל וְלִגְמֹור עַד שֶׁלֹּא יַגִּיעַ ש"צ לִקְדֻושָּׁה יִתְפַּלֵּל וְאִם לָאו לֹא יִתְפַּלֵּל בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי רַב הוּנָא סָבַר הַיָּחִיד אוֹמֵר קְדֻושָּׁה. וְר' יְהוֹשֻׁעַ ב"ל סָבַר אֵין הַיָּחִיד אוֹמֵר קְדֻושָּׁה. וְכֵן אָמַר רַבִּי יִצְחָק אֵין הַיָּחִיד אוֹמֵר קְדֻושָּׁה. אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה מִנַּיִן שֶׁאֵין הַיָּחִיד אוֹמֵר קְדֻושָּׁה שֶׁנֶּאֱמַר וְנִקְדַּשְׁתִּי בְּתוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל כָּל דָּבָר שֶׁבִּקְדֻושָּׁה לֹא יְהֵא פָּחוֹת מִי'. אֲבָל קָדוֹשׁ שֶׁל סֵדֶר קְדֻושָּׁה יָחִיד אוֹמְרָהּ שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא כְּמִי שֶׁקּוֹרֵא הַפָּסוּק וּמְתַרְגְּמוֹ. וּקְדֻושָּׁה שֶׁבְּיוֹצֵר י"מ שֶׁאֵין הַיָּחִיד אוֹמְרָהּ אֶלָּא יֹאמַר וְאוֹמְרִים בְּיִרְאָה קָדוֹשׁ וּבָרוּךְ. וי"א שֶׁיָּחִיד אוֹמֵר וְכֵן יֵרָאֶה כִּי אֵינוֹ אֶלָּא סִיפּוּר דְּבָרִים בְּעָלְמָא הֵיאַךְ הַמַּלְאָכִים הֵן מַקְדִּישִׁין אֲבָל כְּשֶׁאָנוּ אוֹמְרִים נַקְדִּישָׁךְ וְנַעֲרִיצָךְ כְּמוֹ שֶׁהַמַּלְאָכִים מַקְדִּישִׁין אֵין לוֹמַר בְּפָחוֹת מִי'. וכ"ע מִיהָא מִיפְסָק לָא פָּסֵיק אִיבַּעְיָא לְהוּ מַהוּ שֶׁיַּפְסִיק לִיהֵא שְׁמֵיהּ רַבָּא וּמַסִּיק דְּלָא פְּסִיק:
Rav Houna a dit : celui qui entre à la synagogue et trouve l'assemblée en train de prier, s'il peut commencer et achever avant que l'officiant n'arrive à « Modim », qu'il prie ; sinon, qu'il ne prie pas, car il doit s'incliner avec l'assemblée à « Modim », afin de ne pas paraître renier Celui devant qui ses compagnons se prosternent. Il en va de même s'il arrive à « Modim », ou à l'une des bénédictions dans lesquelles on s'incline, au moment où l'officiant arrive à « Modim » : cela convient, puisqu'il s'incline avec ses compagnons. Mais la guemara n'a pas jugé bon de formuler ainsi le cas, et il n'est pas raisonnable d'expliquer qu'à cause du « Modim » des rabbins il faudrait achever sa prière avant « Modim ». Rabbenou Tam, sa mémoire est une bénédiction, lorsqu'il se tenait au milieu de la prière et que l'officiant arrivait à « Modim », s'inclinait avec l'assemblée au milieu de la bénédiction, mais non au début ni à la fin, car nous disons plus loin (Berakhot 34a) qu'on ne s'incline au début et à la fin d'une bénédiction qu'à « Avot » et à « Modim ». Toutefois, a priori on n'agira pas ainsi, sauf si l'on doit prier et joindre la délivrance à la prière. De même pour la kedoucha : si l'officiant y arrive quand il dit « Nakdichekha », il dira avec l'officiant, mot à mot, tout ce que celui-ci dit, et cela ne s'appelle pas une interruption. Et s'il a prié et que l'assemblée dit la kedoucha ou « Yehe chemeh raba », Rachi a écrit dans Souka, chapitre Loulav ha-gazoul (38b), au nom des Halakhot Guedolot, et de même Rabbenou Hananel, qu'il se taira et dirigera son attention vers ce que dit l'assemblée, et il est comme celui qui répond. Mais Rabbenou Tam et Rabbenou Yits'hak disent que, puisque celui qui écoute est comme celui qui répond, se taire constitue une interruption. On peut tirer d'ici une légère preuve : si celui qui écoute est comme celui qui répond, pourquoi dit-on ici qu'il ne commencera pas s'il ne peut achever avant que l'officiant n'arrive à la kedoucha ? Qu'il se taise et dirige son attention, et il sera comme celui qui répond. On peut cependant répondre que la réponse effective a plus de valeur. Le Yerouchalmi ajoute d'autres éléments, car nous lisons au Yerouchalmi, chapitre Tefilat ha-chahar : s'il n'a pas prié chaharit, qu'il vient et les trouve en train de prier moussaf, s'il sait qu'en commençant il achèvera avant que l'officiant ne commence, de manière à pouvoir répondre amen après lui, qu'il prie ; sinon, qu'il ne prie pas. De quel amen ont-ils parlé ? L'un dit : l'amen de « ha-El ha-kadoch » ; l'autre dit : l'amen de « Chomea tefila ». Celui qui dit « ha-El ha-kadoch » parle du chabbat, et celui qui dit « Chomea tefila » parle d'un jour ordinaire. Il ressort de ce Yerouchalmi que l'on priait dix-huit bénédictions au moussaf des jours ordinaires, comme roch hodech et hol ha-moed. Rabbi Haim ha-Cohen s'étonnait de notre coutume, selon laquelle nous n'y prions que sept bénédictions. Dans notre guemara également, les sept bénédictions ne sont mentionnées que pour les chabbats et les jours de fête, où l'on craint la peine imposée au public ; mais à roch hodech et à hol ha-moed, où l'on ne craint pas cette peine, puisque l'on prie dix-huit bénédictions le soir, le matin et l'après-midi, il conviendrait de prier dix-huit au moussaf aussi. Rabbi Elhanan disait que notre guemara prouve qu'on ne prie à aucun moussaf dix-huit bénédictions : car s'il priait dix-huit bénédictions, il dirait aussi la bénédiction du moussaf, et il y en aurait alors dix-neuf, or nous disons plus loin, chapitre Tefilat ha-chahar (29a) : « dix-huit ont été instituées, dix-neuf n'ont pas été instituées ». Et l'on n'objectera pas depuis « Aneinou », car c'est l'officiant seul qui en fait une bénédiction à part, tandis que l'individu l'inclut dans « Chomea tefila ». On ne dira pas non plus d'inclure la prière du moussaf dans « Avoda », comme on le fait à chaharit ; car alors, au chapitre Bame madlikin (Chabbat 24a), il aurait fallu enseigner le moussaf avec le soir, le matin et l'après-midi, où l'on prie dix-huit bénédictions et l'on dit la mention de la circonstance dans « Avoda ». En outre, puisque cette prière n'a été instituée qu'à cause du moussaf, sept bénédictions nous suffisent. Il semble aussi qu'il ne faut pas lire au Yerouchalmi « il vint et les trouva priant moussaf », car pourquoi mentionner ce cas dans la prière de moussaf ? Il aurait pu nous l'apprendre aussi dans une prière de jour ordinaire. La Tossefta de Berakhot appuie également notre coutume, car il y est enseigné : tout jour où il n'y a pas de moussaf, comme 'Hanouka et Pourim, on prie dix-huit le soir, le matin et l'après-midi, et l'on dit la mention de la circonstance dans « Hodaa », et si on ne l'a pas dite on ne le fait pas recommencer ; et les jours où il y avait un sacrifice de moussaf, comme roch hodech et hol ha-moed, on prie dix-huit le soir, le matin et l'après-midi, et l'on dit la mention de la circonstance dans « Avoda », et si on ne l'a pas dite on le fait recommencer ; et aux moussafim on prie sept et l'on dit la sainteté du jour au milieu. Et Rabbi Yehochoua ben Levi dit : s'il peut commencer et achever avant que l'officiant n'arrive à la kedoucha, qu'il prie ; sinon, qu'il ne prie pas. Sur quoi portent-ils ? Rav Houna tient que l'individu dit la kedoucha, et Rabbi Yehochoua ben Levi tient que l'individu ne dit pas la kedoucha. De même Rabbi Yits'hak a dit : l'individu ne dit pas la kedoucha. Rav Ada bar Ahava a dit : d'où sait-on que l'individu ne dit pas la kedoucha ? Il est dit « et Je serai sanctifié au milieu des enfants d'Israël » : toute parole de sainteté ne se dira pas à moins de dix. Mais le « kadoch » de l'ordre de la kedoucha, l'individu le dit, car il n'est là que comme quelqu'un qui lit le verset et le traduit. Quant à la kedoucha de « Yotser », certains expliquent que l'individu ne la dit pas, mais qu'il dira « et ils disent avec crainte : kadoch » et « baroukh ». D'autres disent que l'individu la dit, et cela paraît juste, car il n'y a là qu'un simple récit de la manière dont les anges sanctifient ; en revanche, lorsque nous disons « Nous Te sanctifierons et Te vénérerons » comme les anges sanctifient, on ne le dit pas à moins de dix. Quoi qu'il en soit, tous s'accordent qu'il n'interrompt pas. On a demandé : interrompt-il pour « Yehe chemeh raba » ? Et l'on conclut qu'il n'interrompt pas.
💡 Explication

La michna traite du cheliah tsibbour, l'officiant qui acquitte l'assemblée de son obligation. Deux règles y sont posées. D'abord, le remplaçant renonce au sirouv, ce refus poli d'usage que la guemara détaillera au segment 3 : la prière de l'assemblée est suspendue, et la faire attendre serait indigne.

Ensuite le point de reprise : « depuis le début de la bénédiction dans laquelle celui-ci s'est trompé ». Cette formule paraîtra simple, et elle deviendra la pièce maîtresse du débat entre Rav Houna et Rav Assi aux segments 5 à 8, chacun lisant différemment le mot bénédiction.

3
הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה לֹא יַעֲנֶה ״אָמֵן״ אַחַר הַכֹּהֲנִים, מִפְּנֵי הַטֵּרוּף. וְאִם אֵין שָׁם כֹּהֵן אֶלָּא הוּא — לֹא יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו. וְאִם הַבְטָחָתוֹ שֶׁהוּא נוֹשֵׂא אֶת כַּפָּיו, וְחוֹזֵר לִתְפִלָּתוֹ — רַשַּׁאי.

Celui qui passe devant la tevah ne répondra pas « amen » après les kohanim, à cause du trouble. Et s'il n'y a là de kohen que lui — il ne lèvera pas ses paumes.

Et si son assurance est telle qu'il lèvera ses paumes et reviendra à sa prière — il en a le droit.

📜 Rachi (5)
לֹא יַעֲנֶה אָמֵן אַחַר הַכֹּהֲנִים הש"צ בְּסוֹף כָּל בְּרָכָה וּבְרָכָה:
Il ne répondra pas amen après les kohanim : l'officiant, à la fin de chacune des bénédictions.
מִפְּנֵי הַטֵּירוּף שֶׁלֹּא תִּטָּרֵף דַּעְתּוֹ וְיִטְעֶה לְפִי שש"צ הוּא צָרִיךְ לְהַתְחִיל בְּרָכָה שְׁנִיָּה וְלוֹמַר לִפְנֵי הַכֹּהֲנִים כָּל תֵּיבָה וְתֵיבָה כִּדְאָמְרִינַן בְּמַס' סוֹטָה (דַּף לט:) וּבַעֲנוֹתוֹ אָמֵן לֹא יוּכַל לְכַוֵּין מַהֵר וּלְהַתְחִיל בַּבְּרָכָה שֶׁלְּאַחֲרָיו:
À cause du trouble : pour que son esprit ne se trouble pas et qu'il ne se trompe pas ; car l'officiant doit commencer la deuxième bénédiction et dire devant les kohanim chaque mot, comme nous le disons dans le traité Sota (39b) ; et en répondant amen il ne pourra pas se concentrer assez vite pour commencer la bénédiction suivante.
אִם אֵין שָׁם כֹּהֵן אֶלָּא הוּא הַחַזָּן:
S'il n'y a là de kohen que lui : le hazan.
לֹא יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו שֶׁמָּא לֹא יוּכַל לַחֲזֹור לִתְפִלָּתוֹ לָדַעַת לְכַוֵּין לְהַתְחִיל בְּשִׂים שָׁלוֹם שֶׁדַּעְתּוֹ מְטֹורֶפֶת מֵאֵימַת הַצִּבּוּר:
Il ne lèvera pas ses paumes : de peur qu'il ne puisse revenir à sa prière et savoir enchaîner sur « Sim chalom », son esprit étant troublé par la crainte de l'assemblée.
וְאִם הַבְטָחָתוֹ כְּלוֹמַר אִם בָּטוּחַ הוּא שֶׁאֵין דַּעְתּוֹ מְטֹורֶפֶת מֵאֵימַת הַצִּבּוּר:
Et si son assurance : c'est-à-dire s'il est sur que son esprit ne se trouble pas devant la crainte de l'assemblée.
🗂️ Tossefot (1)
לֹא יַעֲנֶה אָמֵן אַחַר הַכֹּהֲנִים מִפְּנֵי הַטֵּרוּף תֵּימַהּ תִּיפּוֹק לֵיהּ דְּמַפְסִיק תְּפִלָּה אִם עוֹנֶה אָמֵן וי"ל מֵאַחַר שֶׁלֹּא אָמַר הַאי טַעְמָא ש"מ דַּעֲנִיַּית אָמֵן לָא חֲשִׁיב לֵיהּ הַפְסָקָה מֵאַחַר שֶׁצֹּורֶךְ תְּפִלָּה הוּא אֲבָל לִקְרוֹת כֹּהֲנִים לַדּוּכָן אוֹמֵר ר"ת שֶׁאֵין ש"צ יָכוֹל לְקוֹרְאָם דַּחֲשִׁיב הַפְסָקָה לִתְפִלָּה אִם קוֹרְאָם אֶלָּא אֶחָד מִבְּנֵי הַקָּהָל קוֹרְאָם וְהָא דְּאָמְרִינַן בְּסוֹטָה פ' אֵלּוּ נֶאֱמָרִים (סוֹטָה ד' לח.) לִשְׁנַיִם קוֹרֵא כֹּהֲנִים וְכוּ' לָאו אַשְּׁלִיחַ צִבּוּר קָאֵי אֶלָּא אַחַזָּן כִּדְתַנְיָא בְּסִפְרֵי (פָּרָשַׁת נָשֹׂא) אֱמֹור לָהֶם מְלַמֵּד שֶׁהַחַזָּן אוֹמֵר לָהֶם אִמְרוּ וְחַזָּן לָאו הַיְינוּ שְׁלִיחַ צִבּוּר דְּחַזָּן הַייְנוּ הַמִּתְעַסֵּק בְּצָרְכֵי צִבּוּר וְכֵן מַשְׁמַע נָמֵי בְּסוֹטָה (ד' לט:) דְּלָאו אַשְּׁלִיחַ צִבּוּר קָאֵי דְּמֵעִיקָּרָא קָאָמַר אֵין הַכֹּהֲנִים רַשָּׁאִין לְהַתְחִיל בִּבְרָכָה עַד שֶׁיִּכְלֶה הַדִּבּוּר מִפִּי הַקּוֹרֵא פִּי' הַקּוֹרֵא כֹּהֲנִים וְאַחַ"כּ אוֹמֵר אֵין שְׁלִיחַ צִבּוּר רַשַּׁאי וְכוּ' מַשְׁמַע דִּשְׁנַיִם הֵם וְיֵשׁ שֶׁהָיוּ רוֹצִים לוֹמַר דִּכְמוֹ כֵּן אֵין ש"צ רַשַּׁאי לְהַקְרוֹת יְבָרֶכְךָ לַכֹּהֲנִים דִּכְמוֹ כֵּן הָוֵי הַפְסָקָה אָמְנָם רַבֵּינוּ יְהוּדָה פִּי' דִּבְהֶדְיָא יֵשׁ בַּמִּדְרָשׁ טַעְמֵי יְתֵרוֹת וַחֲסֵרוֹת אֱמֹור לָהֶם מְלַמֵּד שֶׁשְּׁלִיחַ צִבּוּר אוֹמֵר לָהֶם עַל כָּל דִּבּוּר וְדִבּוּר וְכֵן יֵשׁ שֶׁרוֹצִים לְהַתִּיר לִשְׁלִיחַ צִבּוּר עַצְמוֹ לִקְרוֹת כֹּהֲנִים אֲפִילּוּ לְפִי' ר"ת דְּמַה דְּפִי' דְּהָוְיָא הַפְסָקָה הַיְינוּ דַּוְקָא בִּימֵיהֶם מִיָּד כְּשֶׁסִּייְּמוּ בִּרְכַּת הוֹדָאָה לֹא הָיוּ אוֹמְרִים או"א בָּרְכֵנוּ בִּבְרָכָה כִּדְמַשְׁמַע בְּסוֹטָה (שָׁם) דְּקָאָמַר אֵין הַקּוֹרֵא רַשַּׁאי לִקְרוֹת כֹּהֲנִים עַד שֶׁיִּכְלֶה אָמֵן מִפִּי הַצִּבּוּר פִּי' אָמֵן שֶׁעוֹנִין בְּסִיּוּם בִּרְכַּת הוֹדָאָה אַלְמָא מַשְׁמַע שֶׁלֹּא הָיוּ אוֹמְרִים אֶלָּא כֹּהֲנִים מִיָּד אֲבָל עַכְשָׁיו שֶׁהֻורְגְּלוּ לוֹמַר אֱ-לֹהֵינוּ בִּלְשׁוֹן בְּרָכָה וּתְפִלָּה אֵין זוֹ הֶפְסֵק דְּלָא גָּרַע מֵעֲנִיַּית אָמֵן דְּהָכָא דְּלָא חֲשִׁיבָא הֶפְסֵק כִּדְפָרֵישִׁית:
Il ne répondra pas amen après les kohanim, à cause du trouble : c'est étonnant, car la raison devrait plutôt être que répondre amen interrompt sa prière. On peut répondre : puisque la michna n'a pas donné cette raison, il faut en déduire que répondre amen n'est pas tenu pour une interruption, étant un besoin de la prière. En revanche, pour appeler les kohanim au douhan, Rabbenou Tam dit que l'officiant ne peut pas les appeler, car les appeler serait une interruption de la prière ; c'est plutôt l'un des membres de l'assemblée qui les appelle. Et ce que nous disons dans Sota, chapitre Elou neemarim (38a), « pour deux on appelle kohanim », etc., ne se rapporte pas à l'officiant mais au hazan, comme il est enseigné au Sifri (parachat Nasso) : « dis-leur » enseigne que le hazan leur dit : dites. Or le hazan est autre que l'officiant : le hazan est celui qui s'occupe des besoins de la communauté. Cela ressort aussi de Sota (39a), où il est dit d'abord : les kohanim ne peuvent commencer la bénédiction avant que la parole ne soit achevée dans la bouche de celui qui appelle — c'est-à-dire celui qui appelle « kohanim » — puis : l'officiant ne peut, etc. Il en ressort qu'il s'agit de deux personnes. Certains voulaient dire que, de même, l'officiant ne peut faire dire aux kohanim « Yevarekhekha », puisque ce serait pareillement une interruption. Toutefois Rabbenou Yehouda a expliqué qu'il y a explicitement, dans le midrach des raisons des lettres surabondantes et manquantes : « dis-leur » enseigne que l'officiant leur dit chaque parole. De même, certains veulent permettre à l'officiant lui-même d'appeler les kohanim, même selon l'explication de Rabbenou Tam : car ce qu'il a expliqué comme une interruption ne valait que de leur temps, où, dès qu'ils achevaient la bénédiction de Hodaa, ils ne disaient pas « Elokenou et D.ieu de nos pères, bénis-nous... », comme il ressort de Sota, où il est dit : celui qui appelle ne peut appeler les kohanim avant que le amen ne soit achevé dans la bouche de l'assemblée — c'est-à-dire le amen que l'on répond à la fin de la bénédiction de Hodaa. Il en ressort qu'ils ne disaient que « kohanim », immédiatement. Aujourd'hui en revanche, où l'on a pris l'habitude de dire « Elokenou » sous forme de bénédiction et de prière, cela ne constitue pas une interruption, car cela vaut au moins la réponse amen dont il est question ici, laquelle n'est pas tenue pour une interruption, comme je l'ai expliqué.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה לֹא יַעֲנֶה אַחַר הַכֹּהֲנִים אָמֵן מִפְּנֵי הַטֵּירוּף וְאִם אֵין שָׁם כֹּהֵן אֶלָּא הוּא לֹא יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו וְאִם הַבְטָחָתוֹ שֶׁהוּא נוֹשֵׂא אֶת כַּפָּיו וְחוֹזֵר לִתְפִלָּתוֹ רַשַּׁאי אֲבָל אִם לָאו מִפְּנֵי הַטֵּירוּף לָא חֲשִׁיב הַפְסָקָה מַה שֶׁעוֹנֶה אָמֵן שֶׁצֹּורֶךְ תְּפִלָּה חֲשִׁיב לֵיהּ וה"נ אָמְרִי' בַּמִּדְרָשׁ בְּטַעְמֵי חֲסֵרוֹת וִיתֵרוֹת אֱמֹור לָהֶם מָלֵא וָי"ו מְלַמֵּד שש"ץ אוֹמֵר לַכֹּהֲנִים עַל כָּל דִּבּוּר וְדִבּוּר וְלָא חֲשִׁיב הֶפְסֵק דְּצֹורֶךְ תְּפִלָּה הוּא וְרַבֵּינוּ תָּם זַ"ל הָיָה אוֹמֵר דְּאֵין ש"ץ יָכוֹל לְהַפְסִיק וְלִקְרוֹת כֹּהֲנִים שֶׁיַּעֲלוּ לַדּוּכָן דְּהַפְסָקָה הִיא וְאַפֵּי' לִיהֵא שְׁמֵיהּ רַבָּא אָסוּר לְהַפְסִיק וְאַפֵּי' הַמֶּלֶךְ שׁוֹאֵל בִּשְׁלוֹמוֹ וְאַפֵּי' נָחָשׁ כָּרוּךְ עַל עֲקֵבוֹ לֹא יַפְסִיק וְהָא דְּאָמְרִי' בְּסוֹטָה פ' וְאֵלּוּ נֶאֱמָרִים (סוֹטָה דַּף לח) דְּלִשְׁנַיִם קוֹרִין כֹּהֲנִים אַחַזָּן קָאֵי וְלֹא אַשְּׁלִיחַ צִבּוּר כֵּן תַּנָּא בְּסִפְרֵי אֱמֹור לָהֶם מְלַמֵּד שֶׁהַחַזָּן אוֹמֵר לָהֶם אִמְרוּ וּבַיְּרוּשַׁלְמִי דְּפִירְקִין קָאָמַר וּבִלְבַד שֶׁיְּהֵא הַחַזָּן יִשְׂרָאֵל וְכֵן כָּתוּב בפר"ח זַ"ל לִשְׁנַיִם קוֹרֵא הַחַזָּן כֹּהֲנִים אֲבָל ש"ץ הַמַּפְסִיק עֲבֵירָה הִיא בְּיָדוֹ וּבֶעָרוּךְ פִּי' חַזָּן ש"ץ וְטָעוּת הוּא דְּחַזָּן הוּא הַמִּתְעַסֵּק בְּצָרְכֵי בהכ"נ וש"ץ הוּא הַמּוֹצִיא אֶת הַצִּבּוּר יְדֵי חוֹבָתָם בִּתְפִלָּה וְעוֹד אָמְרִי' בְּסוֹטָה דַּף לט אֵין הַכֹּהֲנִים רַשָּׁאִין לְהַתְחִיל בִּבְרָכָה עַד שֶׁיִּכְלֶה הַדִּבּוּר מִפִּי הַקּוֹרֵא וּבַסּוֹף קָאָמַר אֵין ש"ץ רַשַּׁאי לְהַתְחִיל שִׂים שָׁלוֹם עַד שֶׁיִּכְלֶה אָמֵן מִפִּי הַקָּהָל אַלְמָא ש"ץ לָאו הַיְינוּ הַחַזָּן הַקּוֹרֵא:
Michna : celui qui passe devant la tevah ne répondra pas amen après les kohanim, à cause du trouble ; et s'il n'y a là de kohen que lui, il ne lèvera pas ses paumes ; et si son assurance est telle qu'il lèvera ses paumes et reviendra à sa prière, il en a le droit ; mais sinon, non, à cause du trouble. Répondre amen n'est pas compté comme une interruption, car cela est tenu pour un besoin de la prière. De même disons-nous au midrach sur les raisons des lettres manquantes et surabondantes : « dis-leur », écrit plein avec un vav, enseigne que l'officiant dit aux kohanim chaque parole, et cela n'est pas compté comme une interruption, car c'est un besoin de la prière. Rabbenou Tam, sa mémoire est une bénédiction, disait que l'officiant ne peut pas interrompre pour appeler les kohanim à monter au douhan, car c'est une interruption ; et même pour « Yehe chemeh raba » il est interdit d'interrompre, et même si le roi le salue, et même si un serpent est enroulé autour de son talon, il n'interrompra pas. Et ce que nous disons dans Sota, chapitre Ve-elou neemarim (38a), que pour deux kohanim on appelle « kohanim », se rapporte au hazan et non à l'officiant ; ainsi est-il enseigné au Sifri : « dis-leur » enseigne que le hazan leur dit : dites. Et au Yerouchalmi de notre chapitre il est dit : à condition que le hazan soit un Israël. Ainsi est-il écrit chez Rabbenou Hananel : pour deux, le hazan appelle « kohanim » ; mais l'officiant qui interrompt commet une faute. Dans le Aroukh il est expliqué que hazan signifie officiant, et c'est une erreur : le hazan est celui qui s'occupe des besoins de la synagogue, tandis que l'officiant est celui qui acquitte l'assemblée de son obligation de prière. Nous disons encore dans Sota (39a) que les kohanim ne peuvent commencer la bénédiction avant que la parole ne soit achevée dans la bouche de celui qui appelle, et il est dit à la fin que l'officiant ne peut commencer « Sim chalom » avant que le amen ne soit achevé dans la bouche de l'assemblée. Il en ressort que l'officiant est autre que le hazan qui appelle.
💡 Explication

La michna poursuit avec deux mesures de protection pour l'officiant qui récite la amida de mémoire. Répondre « amen » après chaque bénédiction des kohanim lui ferait perdre le fil, alors qu'il doit enchaîner immédiatement en dictant aux kohanim le mot suivant de la birkat kohanim. Le mot tirouf désigne ici cet égarement de l'esprit.

Pour la même raison, un officiant kohen ne monte pas au douhan lorsqu'il est le seul kohen présent : il risquerait de ne pas retrouver l'entrée de « Sim chalom ». La michna réserve le cas de celui dont l'assurance est établie, et l'autorise alors.

4
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: הָעֻובָּר לִפְנֵי הַתֵּיבָה — צָרִיךְ לְסָרֵב. וְאִם אֵינוֹ מְסָרֵב — דּוֹמֶה לְתַבְשִׁיל שֶׁאֵין בּוֹ מֶלַח. וְאִם מְסָרֵב יוֹתֵר מִדַּאי — דּוֹמֶה לְתַבְשִׁיל שֶׁהִקְדִּיחַתּוּ מֶלַח. כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה: פַּעַם רִאשׁוֹנָה — יְסָרֵב, שְׁנִיָּה — מְהַבְהֵב, שְׁלִישִׁית — פּוֹשֵׁט אֶת רַגְלָיו וְיוֹרֵד.

Guemara. Nos maîtres ont enseigné : celui qui passe devant la tevah doit refuser.

S'il ne refuse pas — il ressemble à un plat sans sel. Et s'il refuse plus que de mesure — il ressemble à un plat que le sel a brûlé.

Comment fait-il ? La première fois — il refuse ; la deuxième — il fait mine de se lever ; la troisième — il étend ses jambes et descend.

📜 Rachi (3)
גְּמ' יְסָרֵב כְּשֶׁאוֹמְרִים לוֹ לֵךְ יַעֲשֶׂה עַצְמוֹ כְּלֹא רוֹצֶה כְּלוֹמַר אֵינִי כְּדַאי:
Il refusera : lorsqu'on lui dit d'y aller, il se comporte comme quelqu'un qui ne veut pas, c'est-à-dire : je n'en suis pas digne.
שֶׁהִקְדִּיחַתּוּ לְשׁוֹן שְׂרֵפָה כְּמוֹ כִּי אֵשׁ קָדְחָה בְאַפִּי (דְּבָרִים ל״ב:כ״ב):
Que le sel a brûlé : un terme de brûlure, comme dans « car un feu s'est allumé dans ma colère » (Deutéronome 32, 22).
מְהַבְהֵב כְּלוֹמַר מַזְמִין עַצְמוֹ כְּמוֹ נִנְעָר לַעֲמֹוד:
Mehavhev : c'est-à-dire qu'il se prépare, comme quelqu'un qui s'ébranle pour se lever.
💡 Explication

La guemara reprend le mot sarvan de la michna et expose la règle générale du sirouv : celui à qui l'on demande de mener la prière commence par se récuser, pour ne pas paraître avide de la fonction. La baraita fixe une progression en trois temps : refus, puis mouvement d'acceptation, puis descente effective vers la tevah.

L'image du sel donne la mesure. Sans refus, la conduite manque de goût ; avec un refus prolongé, le plat est gâté. La michna précisait qu'au moment où l'on remplace un officiant en difficulté, le refus tombe entièrement.

🖼️ Schéma
Les trois temps du refus d'usage 1. On lui demande il refuse je n'en suis pas digne 2. On insiste il fait mine de se lever mehavhev 3. On insiste encore il étend ses jambes et descend Aucun refus un plat sans sel il paraît avide de la fonction Refus prolongé un plat que le sel a brûlé il fait attendre l'assemblée
La progression du refus et les deux excès que la baraita écarte.
5
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה רֻובָּן — קָשֶׁה, וּמִיעוּטָן — יָפֶה, וְאֵלּוּ הֵן: שְׂאוֹר, וּמֶלַח, וְסַרְבָנוּת.

Nos maîtres ont enseigné : trois choses dont l'excès est mauvais et dont la faible quantité est bonne, les voici : le levain, le sel et le refus.

💡 Explication

La baraita généralise l'image du segment précédent. Le levain et le sel agissent tous deux par petite mesure sur une masse ; au-delà, ils la ruinent. Le sirouv est rangé dans la même classe, ce qui donne à la règle du refus son statut : une conduite bonne dans une mesure exacte.

6
אָמַר רַב הוּנָא: טָעָה בְּשָׁלֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת — חוֹזֵר לָרֹאשׁ. בָּאֶמְצָעִיּוֹת — חוֹזֵר לְ״אַתָּה חוֹנֵן״. בָּאַחֲרוֹנוֹת — חוֹזֵר לְ״עֲבוֹדָה״.

Rav Houna a dit : s'il s'est trompé dans les trois premières — il revient au début. Dans les intermédiaires — il revient à « Ata honen ».

Dans les dernières — il revient à « Avoda ».

⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב הוּנָא טָעָה בְּשָׁלֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת חוֹזֵר לָרֹאשׁ בְּאֶמְצָעִיּוֹת חוֹזֵר לְאַתָּה חוֹנֵן בְּאַחֲרוֹנוֹת חוֹזֵר לָעֲבוֹדָה רַב אַסִּי אָמַר אֶמְצָעִיּוֹת אֵין לָהֶם סֵדֶר פירש"י אִם דִּילֵּג בְּרָכָה וְאַחַ"כּ נִזְכַּר בָּהּ אוֹמְרָהּ אַף שֶׁלֹּא בִּמְקוֹמָהּ וְלָא נְהִירָא דְּהָא אָמְרִינַן לְעֵיל בְּפֶ' תְּפִלַּת הַשַּׁחַר (בְּרָכוֹת דַּף כֹּח) שִׁמְעוֹן הַפָּקוֹלֵי תִּקֵּן י"ח בְּרָכוֹת עַל הַסֵּדֶר לִפְנֵי רַבָּן גַּמְלִיאֵל בְּיַבְנֶה ובפ"ב דִּמְגִילָּה דַּף יז מְפָרֵשׁ טַעְמָא לְכֻולְּהוּ לָמָּה נִסְדְּרוּ כַּסֵּדֶר הַזֶּה וְעוֹד תְּנַן בִּמְגִילָּה הַקּוֹרֵא אֶת הַמְּגִילָּה לְמַפְרֵעַ לֹא יָצָא וּתְנָא וְכֵן בְּהַלֵּל וק"ש וּתְפִלָּה ופרשב"ם זַ"ל אֵין לָהֶם סֵדֶר שֶׁאִם טָעָה וְדִילֵּג בְּרָכָה אַחַת וּלְבַסּוֹף נִזְכַּר שֶׁשָּׁכַח יַתְחִיל מֵאוֹתָהּ בְּרָכָה שֶׁטָּעָה בָּהּ וְיֹאמַר מִכָּאן וְאֵילָךְ הַכֹּל עַל הַסֵּדֶר וא"צ לַחֲזֹור לְאַתָּה חוֹנֵן כְּמוֹ שֶׁחוֹזֵר בָּרִאשׁוֹנוֹת בְּרֹאשׁ וּבַג' אַחֲרוֹנוֹת לַעֲבוֹדָה וּרְאָיָה לַדָּבָר מִדְּתַנְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא דִּמְכִילְתִּין בפ"ב הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע וְטָעָה וְהִשְׁמִיט בָּהּ פָּסוּק אֶחָד לֹא יַתְחִיל וְיִקְרָא אוֹתוֹ פָּסוּק עַצְמוֹ אֶלָּא מַתְחִיל מֵאוֹתוֹ פָּסוּק וְגוֹמֵר עַד סוֹף וְכֵן בְּהַלֵּל וְכֵן בִּמְגִילָּה וְכֵן בִּתְפִלָּה וְתַנְיָא נָמֵי בפ"ב דִּמְגִילָּה דַּף יח שֶׁאִם הִשְׁמִיט פָּסוּק אֶחָד בִּמְגִילָּה חוֹזֵר וְקוֹרֵא כָּל הַסֵּדֶר מֵאוֹתוֹ פָּסוּק וְאֵילָךְ וְהָתָם מַשְׁוֶה יַחַד סֵדֶר תְּפִלָּה וּמְגִילָּה וק"ש ונ"מ לְהַךְ פֵּירוּשָׁא בְּתַעֲנִית צִבּוּר שש"ץ קוֹבֵעַ בְּרָכָה לְעַצְמוֹ וְאוֹמֵר עֲנֵנוּ בֵּין גּוֹאֵל לְרוֹפֵא אִם שִׁכְחָה וְלֹא אֲמָרָהּ בִּמְקוֹמָהּ אֵינוֹ אוֹמְרָהּ כִּי הָיָה צ"ל אַחַ"כּ כָּל הַבְּרָכָה עַל הַסֵּדֶר וְהָוְיָא בְּרָכָה לְבַטָּלָה אֲבָל לפירש"י אוֹמְרָהּ בְּמָקוֹם שֶׁהוּא נִזְכַּר וְאֵין כָּאן בְּרָכָה לְבַטָּלָה וְכֵן אִם שָׁכַח וְלֹא אָמַר הַמֶּלֶךְ הַמִּשְׁפָּט בֵּין ר"ה ליוה"כ דְּאָמְרִינַן לְעֵיל ספ"ק דְּמַחֲזִירִין אוֹתוֹ לפירש"י יֹאמַר אוֹתָהּ בְּרָכָה בַּמָּקוֹם שֶׁנִּזְכַּר וּלְפִי' רַשְׁבָּ"ם זַ"ל יַתְחִיל הָשִׁיבָה שׁוֹפְטֵנוּ וְיֹאמַר עַל הַסֵּדֶר ובה"ג פָּסַק כְּרַב אַסִּי דְּאָמַר אֵין לָהֶם סֵדֶר חֲדָא דְּרַב הוּנָא הָוֵי כְּמוֹ תַּלְמִיד חָבֵר לְגַבֵּי רַב אַסִּי וְעוֹד דְּפָרְכִינַן לְרַב הוּנָא מִמַּתְנִי' וּדְחֵיק לְשַׁנּוֹיֵי אַלִּיבֵּיהּ דְּכוּלְּהוּ אֶמְצָעִיּוֹת כַּחֲדָא בְּרָכָה דָּמְייָן וְעוֹד דִּבְשֶׁל סוֹפְרִים הַלֵּךְ אַחַר הַמֵּיקֵל וְכֵן פָּסַק ר"ח זַ"ל:
Rav Houna a dit : s'il s'est trompé dans les trois premières, il revient au début ; dans les intermédiaires, il revient à « Ata honen » ; dans les dernières, il revient à « Avoda ». Rav Assi a dit : les intermédiaires n'ont pas d'ordre. Rachi a expliqué : s'il a sauté une bénédiction et s'en est souvenu ensuite, il la dit même hors de sa place. Cela ne paraît pas juste, car nous disons plus haut, chapitre Tefilat ha-chahar (28b), que Chimon ha-Pakouli a ordonné les dix-huit bénédictions selon leur ordre devant Rabban Gamliel à Yavne, et au deuxième chapitre de Meguila (17b) on explique pour chacune la raison de son rang. De plus, nous avons appris dans Meguila : celui qui lit la meguila a l'envers ne s'est pas acquitté, et il est enseigné : de même pour le Hallel, le Chema et la prière. Le Rachbam, sa mémoire est une bénédiction, a expliqué : « elles n'ont pas d'ordre » signifie que, s'il s'est trompé et a sauté une bénédiction et qu'à la fin il s'est souvenu de son oubli, il commencera par la bénédiction dans laquelle il s'est trompé et dira à partir de là tout dans l'ordre, sans avoir à revenir à « Ata honen », comme il revient au début pour les trois premières et à « Avoda » pour les trois dernières. La preuve en vient de ce qui est enseigné dans la Tossefta de notre traité, chapitre 2 : celui qui lit le Chema et s'est trompé en omettant un verset ne recommencera pas ce verset seul, mais il commence à ce verset et achève jusqu'à la fin ; de même pour le Hallel, de même pour la meguila, de même pour la prière. Il est enseigné aussi au deuxième chapitre de Meguila (18b) que s'il a omis un verset de la meguila, il revient et lit tout l'ordre à partir de ce verset ; et là, on met sur le même plan l'ordre de la prière, de la meguila et du Chema. La conséquence pratique de cette explication concerne le jeûne communautaire, où l'officiant fait de « Aneinou » une bénédiction à part et la dit entre « Goel » et « Rofe » : s'il l'a oubliée et ne l'a pas dite à sa place, il ne la dit pas, car il devrait ensuite dire toute la bénédiction dans l'ordre, et ce serait une bénédiction en vain ; selon Rachi en revanche, il la dit à l'endroit où il s'en souvient, et il n'y a là aucune bénédiction en vain. De même, s'il a oublié de dire « ha-Melekh ha-michpat » entre Roch Hachana et Yom Kippour, cas où nous avons dit plus haut, à la fin du premier chapitre, qu'on le fait recommencer : selon Rachi il dira cette bénédiction à l'endroit où il s'en souvient, et selon le Rachbam, sa mémoire est une bénédiction, il commencera « Hachiva chofetenou » et dira dans l'ordre. Les Halakhot Guedolot ont tranché comme Rav Assi, qui dit qu'elles n'ont pas d'ordre : d'abord parce que Rav Houna est comme un élève-collègue par rapport à Rav Assi ; ensuite parce que nous objectons à Rav Houna depuis la michna et qu'il faut forcer la réponse en sa faveur, en disant que toutes les intermédiaires sont comme une seule bénédiction ; enfin parce que, dans une matière d'ordre rabbinique, on suit l'avis indulgent. Ainsi a tranché Rabbenou Hananel, sa mémoire est une bénédiction.
💡 Explication

Rav Houna lit la amida comme trois unités : les trois bénédictions de louange, les treize demandes, les trois de conclusion. L'erreur dans une unité oblige à reprendre l'unité entière depuis son début, chaque bloc formant un ensemble indivisible.

Les trois points de retour sont donc le tout début de la amida, Ata honen (première des intermédiaires) et Avoda (première des trois dernières). Le segment suivant ouvre l'avis contraire de Rav Assi, et le segment 7 confrontera Rav Houna à la michna.

7
וְרַב אַסִּי אָמַר: אֶמְצָעִיּוֹת אֵין לָהֶן סֵדֶר.

Et Rav Assi a dit : les bénédictions intermédiaires n'ont pas d'ordre.

📜 Rachi (1)
אֵין לָהֶן סֵדֶר וְאִם דִּלֵּג בְּרָכָה אַחַת וְאַחַ"כּ נִזְכַּר בָּהּ אוֹמְרָהּ אַף שֶׁלֹּא בִּמְקוֹמָהּ:
N'ont pas d'ordre : et s'il a sauté une bénédiction et s'en est souvenu ensuite, il la dit même hors de sa place.
🗂️ Tossefot (1)
אֶמְצָעִיּוֹת אֵין לָהֶן סֵדֶר פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס וְאִם דִּלֵּג בְּרָכָה אַחַת וְאַחַר כָּךְ נִזְכַּר בָּהּ שֶׁלֹּא בִּמְקוֹמָהּ אוֹמְרָהּ בַּמָּקוֹם שֶׁנִּזְכַּר. וְלָא נְהִירָא דְּהָא תְּנַן בִּמְגִילָּה (פ"ב ד' יז.) הַקּוֹרֵא אֶת הַמְּגִילָּה לְמַפְרֵעַ לֹא יָצָא וְתַנְיָא (שָׁם) וְכֵן בְּהַלֵּל וְכֵן בק"ש וְכֵן בִּתְפִלָּה לְכָךְ נִרְאֶה כְּפֵירוּשׁ רַשְׁבָּ"ם וְרַב אִלְפָּס דְּאֵין לָהֶן סֵדֶר דְּקָאָמַר הַייְנוּ שֶׁיַּתְחִיל בַּמָּקוֹם שֶׁדִּלֵּג הַבְּרָכָה וּמִשָּׁם וְאֵילָךְ יֹאמַר הַכֹּל עַל הַסֵּדֶר אֲבָל וַדַּאי לֹא יַתְחִיל בְּאַתָּה חוֹנֵן כְּמוֹ בַּג' רִאשׁוֹנוֹת וְג' אַחֲרוֹנוֹת שֶׁחוֹזֵר לְרֹאשׁ וּרְאָיָה מִדְּתַנְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא דִּמְכִילְתִּין הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע וְהִשְׁמִיט בָּהּ פָּסוּק אֶחָד לֹא יִקְרָא אוֹתוֹ פָּסוּק בִּפְנֵי עַצְמוֹ אֶלָּא מַתְחִיל מֵאוֹתוֹ פָּסוּק וְאֵילָךְ וְגוֹמֵר עַד סוֹפָהּ וְתַנְיָא נָמֵי בפ"ב דִּמְגִילָּה (ד' יח:) שֶׁאִם הִשְׁמִיט פָּסוּק א' בִּמְגִילָּה שֶׁקּוֹרֵא עַל הַסֵּדֶר מֵאוֹתוֹ פָּסוּק וְאֵילָךְ וְהָתָם מְשַׁוֵּי תְּפִלָּה לִמְגִילָּה לְעִנְיַן הַךְ מִילְּתָא כִּדְפָרֵישִׁית ובה"ג פָּסַק כְּרַב אַסִּי דְּאָמַר אֶמְצָעִיּוֹת אֵין לָהֶן סֵדֶר חֲדָא דְּרַב הוּנָא כְּתַלְמִיד לְגַבֵּי רַב אַסִּי כִּדְאָמְרִינַן בְּכַמָּה מְקוֹמוֹת אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב אַסִּי וְעוֹד דִּלְרַב הוּנָא צָרִיךְ לִדְחֹוק וּלְשַׁנּוֹיֵי מַתְנֵי' דְּכוּלְּהוּ חֲדָא בִּרְכְּתָא נִינְהוּ וְאַשִּׁנּוּיֵי דְּחִיקִי לָא נֵיקוּם וְנִסְמוֹךְ וְעוֹד דְּרַב אַסִּי וְרַב שֵׁשֶׁת קָייְמִי בְּחַד שִׁיטְתָא וְעוֹד דִּבְשֶׁל סוֹפְרִים הַלֵּךְ אַחַר הַמֵּיקֵל וא"כ אָדָם שֶׁטָּעָה וְדִלֵּג בְּרָכָה אַחַת בָּאֶמְצָעִיּוֹת אוֹ שֶׁלֹּא אָמַר הַמֶּלֶךְ הַמִּשְׁפָּט בֵּין ר"ה ליוה"כ דקי"ל בפ"ק (דַּף יב:) דְּמַחֲזִירִין אוֹתוֹ לֹא יַחְזֹור לְאַתָּה חוֹנֵן אֶלָּא לְאוֹתָהּ בְּרָכָה שֶׁדִּלֵּג וּמִשָּׁם וְאֵילָךְ יֹאמַר עַל הַסֵּדֶר כִּדְפֵי' רַשְׁבָּ"ם וְהֵיכָא שֶׁטָּעָה בַּג' רִאשׁוֹנוֹת כְּגוֹן שֶׁטָּעָה בַּחֲתִימָתָן אוֹ לֹא הִזְכִּיר בֵּין ר"ה ליוה"כ בְּבִרְכַּת אָבוֹת זָכְרֵנוּ אוֹ בִּתְחִייַּת הַמֵּתִים מִי כָּמוֹךָ אוֹ שֶׁלֹּא אָמַר הַמֶּלֶךְ הַקָּדוֹשׁ חוֹזֵר לָרִאשׁוֹנָה וְהֵיכָא שֶׁטָּעָה בְּשָׁלֹשׁ אַחֲרוֹנוֹת כְּגוֹן שֶׁטָּעָה כְּמוֹ כֵן בַּחֲתִימָתָן אוֹ שֶׁלֹּא הִזְכִּיר בֵּין רֹאשׁ הַשָּׁנָה ליוה"כ בְּשִׂים שָׁלוֹם בְּסֵפֶר חַיִּים טוֹבִים אוֹ וְכָתוּב לְחַיִּים טוֹבִים בְּהוֹדָאָה חוֹזֵר לָעֲבוֹדָה וְטַעֲמָא דְּכֵיוָן שֶׁכֻּולָּהּ שֶׁבַח הָוֵי כִּבְרָכָה א'. וְתַעֲנִית צִבּוּר שש"צ קוֹבֵעַ בְּרָכָה לְעַצְמוֹ שֶׁאוֹמֵר עֲנֵנוּ בֵּין גּוֹאֵל לְרוֹפֵא אִם שִׁכְחָה וְנִזְכַּר בָּהּ קֹודֶם סִיּוּם תְּפִלָּה אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ כֵּיוָן שֶׁהָיָה צָרִיךְ לַחֲזֹור וְלוֹמַר עַל הַסֵּדֶר כְּפִי' רַשְׁבָּ"ם א"כ הָוְיָא בְּרָכָה לְבַטָּלָה אִם מַחֲזִירִין אוֹתוֹ אֲבָל לְפִי' הַקּוּנְטְרֵס הָיָה אוֹמְרָהּ בְּמָקוֹם שֶׁנִּזְכַּר וְאֵין כָּאן בְּרָכָה לְבַטָּלָה:
Les intermédiaires n'ont pas d'ordre : le Kountress a expliqué que s'il a sauté une bénédiction et s'en est souvenu ensuite, hors de sa place, il la dit à l'endroit où il s'en souvient. Cela ne paraît pas juste, car nous avons appris dans Meguila (17a) : celui qui lit la meguila a l'envers ne s'est pas acquitté, et il est enseigné là : de même pour le Hallel, de même pour le Chema, de même pour la prière. Il paraît donc juste d'expliquer comme le Rachbam et le Rif : « elles n'ont pas d'ordre » signifie qu'il commencera à l'endroit où il a sauté la bénédiction, et qu'à partir de là il dira tout dans l'ordre ; mais il ne commencera certainement pas à « Ata honen », comme pour les trois premières et les trois dernières où il revient au début. La preuve vient de ce qui est enseigné dans la Tossefta de notre traité : celui qui lit le Chema et en omet un verset ne lira pas ce verset seul, mais il commence à ce verset et achève jusqu'à la fin. Il est enseigné aussi au deuxième chapitre de Meguila (18b) que s'il a omis un verset de la meguila, il lit dans l'ordre à partir de ce verset ; et là, on met la prière sur le même plan que la meguila pour cette question, comme je l'ai expliqué. Les Halakhot Guedolot ont tranché comme Rav Assi, qui dit que les intermédiaires n'ont pas d'ordre : d'abord parce que Rav Houna est comme un élève par rapport à Rav Assi, comme nous le disons en plusieurs endroits « Rav Houna a dit au nom de Rav Assi » ; ensuite parce que, selon Rav Houna, il faut forcer la réponse à la michna en disant qu'elles sont toutes une seule bénédiction, et sur des réponses forcées nous ne nous appuyons pas ; ensuite parce que Rav Assi et Rav Chechet tiennent la même ligne ; enfin parce que, dans une matière d'ordre rabbinique, on suit l'avis indulgent. Ainsi, un homme qui s'est trompé et a sauté une bénédiction parmi les intermédiaires, ou qui n'a pas dit « ha-Melekh ha-michpat » entre Roch Hachana et Yom Kippour, cas où nous tenons, au premier chapitre (12b), qu'on le fait recommencer, ne reviendra pas à « Ata honen », mais à la bénédiction qu'il a sautée, et à partir de là il dira dans l'ordre, selon l'explication du Rachbam. Et lorsqu'il s'est trompé dans les trois premières, par exemple s'il s'est trompé dans leur formule de clôture, ou s'il n'a pas mentionné entre Roch Hachana et Yom Kippour « Zokhrenou » dans la bénédiction des Patriarches, ou « Mi khamokha » dans celle de la résurrection des morts, ou s'il n'a pas dit « ha-Melekh ha-kadoch », il revient à la première. Et lorsqu'il s'est trompé dans les trois dernières, par exemple de même dans leur formule de clôture, ou s'il n'a pas mentionné entre Roch Hachana et Yom Kippour « be-sefer haïm tovim » dans « Sim chalom », ou « oukhtov le-haïm tovim » dans « Hodaa », il revient à « Avoda ». La raison en est que, l'ensemble étant louange, cela vaut comme une seule bénédiction. Et lors du jeûne communautaire, ou l'officiant fait de « Aneinou » une bénédiction à part qu'il dit entre « Goel » et « Rofe », s'il l'a oubliée et s'en souvient avant la fin de la prière, on ne le fait pas recommencer : puisqu'il devrait revenir et dire dans l'ordre selon l'explication du Rachbam, ce serait une bénédiction en vain si on le faisait recommencer ; selon l'explication du Kountress en revanche, il la disait à l'endroit où il s'en souvient, et il n'y a là aucune bénédiction en vain.
💡 Explication

Rav Assi retire au bloc du milieu le caractère d'unité ordonnée. Rachi comprend la formule au sens large : la bénédiction sautée se dit à l'endroit où l'on s'en souvient, même hors de son rang. Le Rachbam, suivi par les Tossefot et le Rif, restreint la portée : on revient à la bénédiction sautée et l'on repart de là dans l'ordre, sans remonter jusqu'à Ata honen.

La nafka mina apparaît au jeûne communautaire, pour la bénédiction « Aneinou » que l'officiant insère entre Goel Israël et Rofe. Selon Rachi, celui qui l'a oubliée la dit plus loin. Selon le Rachbam, il faudrait reprendre toute la suite dans l'ordre, et l'on s'en abstient pour ne pas prononcer une bénédiction en vain.

🖼️ Schéma
Rav Houna et Rav Assi sur les bénédictions intermédiaires Rav Houna Les 13 intermédiaires forment une unité ordonnée. Erreur : retour à Ata honen Raison : les 13 sont comme une seule bénédiction (segment 8) Appui : la michna dit "depuis le début de la bénédiction", lu comme Ata honen Objection de Rav Chechet au segment 7 Rav Assi Les 13 intermédiaires n'ont pas d'ordre. Deux lectures de cette formule Rachi : il la dit là où il s'en souvient Rachbam, Tossefot, Rif : il revient à la bénédiction sautée et repart dans l'ordre Preuve du Rachbam : Chema, Hallel et meguila Halakha des Halakhot Guedolot : comme Rav Assi Nafka mina : au jeûne communautaire, l'officiant qui a oublié Aneinou entre Goel et Rofe. Rachi : il la dit plus loin. Rachbam : il s'en abstient.
Les deux positions, les deux lectures de Rav Assi et la conséquence pratique.
8
מֵתִיב רַב שֵׁשֶׁת: מֵהֵיכָן הוּא חוֹזֵר — מִתְּחִלַּת הַבְּרָכָה שֶׁטָּעָה זֶה. תְּיוּבְתָּא דְּרַב הוּנָא.

Rav Chechet objecte : « à partir d'où revient-il ? Depuis le début de la bénédiction dans laquelle celui-ci s'est trompé. » Réfutation de Rav Houna.

📜 Rachi (1)
מִתְּחִלַּת הַבְּרָכָה שֶׁטָּעָה זֶה וּמִמֵּילָא מִשְׁתְּמַע דְּגוֹמֵר מִמֶּנָּה וָהָלְאָה אַלְמָא עַל סִדְרָהּ צָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְאָומְרָהּ:
Depuis le début de la bénédiction dans laquelle celui-ci s'est trompé : et il s'entend de soi qu'il achève à partir de là et plus loin. Il en ressort qu'il doit revenir et la dire selon son ordre.
💡 Explication

Rav Chechet oppose à Rav Houna les termes mêmes de la michna. « Depuis le début de la bénédiction dans laquelle celui-ci s'est trompé » désigne la bénédiction manquée elle-même, et non le début du bloc. La guemara enregistre une teyouvta, une réfutation, ce qui range Rav Chechet du côté de Rav Assi.

Rachi ajoute une précision de lecture : la michna ne dit pas seulement par où l'on commence, elle implique que l'on poursuit ensuite selon la suite régulière. La notion d'ordre est donc bien maintenue, et le désaccord porte uniquement sur le point de départ.

9
אָמַר לְךָ רַב הוּנָא: אֶמְצָעִיּוֹת כֻּולְּהוּ חֲדָא בִּרְכְתָא נִינְהוּ.

Rav Houna peut te dire : les bénédictions intermédiaires sont toutes une seule bénédiction.

📜 Rachi (1)
חֲדָא בִּרְכְּתָא נִינְהוּ וּדְקָתָנֵי מַתְנֵי' מִתְּחִלַּת הַבְּרָכָה שֶׁטָּעָה זֶה הַיְינוּ אַתָּה חוֹנֵן:
Elles sont une seule bénédiction : et ce que la michna enseigne, « depuis le début de la bénédiction dans laquelle celui-ci s'est trompé », désigne « Ata honen ».
💡 Explication

Rav Houna maintient sa position en redéfinissant le mot de la michna. Le terme bénédiction y désigne l'ensemble des treize demandes, tenues pour une unité ; « le début de la bénédiction » vaut donc Ata honen.

Les Tossefot et le Roch comptent cette réponse parmi les raisons de trancher comme Rav Assi : une réponse qui contraint ainsi le sens de la michna reste une réponse forcée, et l'on ne s'appuie pas dessus, d'autant que la matière est d'institution rabbinique.

10
אָמַר רַב יְהוּדָה: לְעוֹלָם אַל יִשְׁאַל אָדָם צְרָכָיו לֹא בְּשָׁלֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת, וְלֹא בְּשָׁלֹשׁ אַחֲרוֹנוֹת, אֶלָּא בָּאֶמְצָעִיּוֹת. דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: רִאשׁוֹנוֹת — דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁמְּסַדֵּר שֶׁבַח לִפְנֵי רַבּוֹ. אֶמְצָעִיּוֹת — דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁמְבַקֵּשׁ פְּרָס מֵרַבּוֹ. אַחֲרוֹנוֹת — דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁקִּבֵּל פְּרָס מֵרַבּוֹ, וְנִפְטָר וְהוֹלֵךְ לוֹ.

Rav Yehouda a dit : jamais un homme ne demandera ses besoins ni dans les trois premières, ni dans les trois dernières, mais dans les intermédiaires. Car Rabbi Hanina a dit : les premières ressemblent à un serviteur qui ordonne la louange devant son maître ; les intermédiaires, à un serviteur qui demande une gratification à son maître ; les dernières, à un serviteur qui a reçu une gratification de son maître, prend congé et s'en va.

📜 Rachi (1)
וְנִפְטָר נוֹטֵל רְשׁוּת:
Prend congé : il demande la permission de se retirer.
🗂️ Tossefot (1)
אַל יִשְׁאַל אָדָם צְרָכָיו לֹא בַּג' רִאשׁוֹנוֹת וְלֹא בַּג' אַחֲרוֹנוֹת פֵּי' רַ"ח וְרַבֵּינוּ הַאי דַּוְקָא לְיָחִיד אֲבָל צָרְכֵי צִבּוּר שׁוֹאֲלִין וּלְכָךְ אָנוּ אוֹמְרִים זָכְרֵנוּ וּקְרוֹבֵץ וְיַעֲלֶה וְיָבֹא בָּהֶם וְתֵדַע דְּדַוְקָא יָחִיד קָאָמַר שֶׁהֲרֵי עִיקַּר בְּרָכוֹת אַחֲרוֹנוֹת צָרְכֵי צִבּוּר הֵם:
Un homme ne demandera pas ses besoins ni dans les trois premières, ni dans les trois dernières : Rabbenou Hananel et Rabbenou Haï ont expliqué que cela vise uniquement l'individu, tandis que les besoins de la collectivité se demandent. C'est pourquoi nous disons « Zokhrenou », les kerovets et « Yaalé ve-yavo » dans ces bénédictions. Et sache qu'il parle uniquement de l'individu, puisque l'essentiel des dernières bénédictions consiste en besoins de la collectivité.
⚖️ Rosh (2)
אָמַר רַב יְהוּדָה לֹא יִשְׁאַל אָדָם צְרָכָיו לֹא בְּשָׁלֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת וְלֹא בְּשָׁלֹשׁ אַחֲרוֹנוֹת ופר"ת ור"ח זַ"ל דְּהַייְנוּ דַּוְקָא בְּצָרְכֵי יָחִיד אֲבָל בְּצָרְכֵי רַבִּים שָׁרִי דְּהָא כּוּלְּהוּ ג' אַחֲרוֹנוֹת צָרְכֵי צִבּוּר נִינְהוּ וְעִם מַה שֶׁעָבַד מְסַדֵּר שִׁבְחוֹ לְרַבּוֹ יָכוֹל לִשְׁאֹל צָרְכֵי צִבּוּר דְּשֶׁבַח וְכָבוֹד הוּא לָרַב שֶׁהָרַבִּים צְרִיכִין לוֹ וְכֵן נָהֲגוּ לוֹמַר זָכְרֵנוּ וּמִי כָּמוֹךָ וּבְכֵן בָּרִאשׁוֹנוֹת וּמִטַּעַם זֶה נָהֲגוּ לוֹמַר קרוב"ץ בַּג' רִאשׁוֹנוֹת וְכֵן ר' אֱלִיעֶזֶר הַקָּלִיר זַ"ל שֶׁהָיָה מא"י מִקִּרְיַית סֵפֶר וּבְיָמָיו הָיוּ מְקַדְּשִׁים ע"פ הָרְאָיָה שֶׁהֲרֵי לֹא תִּיקֵּן שׁוּם קרוב"ץ לְיוֹם שֵׁנִי וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁתַּנָּא הוּא כִּדְאָמַר בַּפְּסִיקְתָּא כַּד דְּמִיךְ ר"א בַּר' שִׁמְעוֹן קָרְאוּ עָלָיו דּוֹרוֹ מִכָּל אַבְקַת רוֹכֵל דְּהוּא תַּנָּא קרוב"ץ דְּרָשָׁן וּפַיְיטָן וְהוּא תִּיקֵּן קרוב"ץ לְאוֹמְרָהּ בַּג' רִאשׁוֹנוֹת וְעוֹד שֶׁאָנוּ אוֹמְרִים יַעֲלֶה וְיָבֹא וְעַל הַנִּסִּים בַּג' אַחֲרוֹנוֹת אַלְמָא צָרְכֵי צִבּוּר שָׁאנֵי:
Rav Yehouda a dit : un homme ne demandera pas ses besoins ni dans les trois premières, ni dans les trois dernières. Rabbenou Tam et Rabbenou Hananel, leur mémoire est une bénédiction, ont expliqué qu'il s'agit uniquement des besoins d'un individu, tandis que pour les besoins de la collectivité c'est permis, puisque les trois dernières sont elles-mêmes toutes des besoins de la collectivité. Et en même temps que le serviteur ordonne la louange de son maître, il peut demander les besoins de la collectivité, car il y a là louange et honneur pour le maître, du fait que la multitude a besoin de lui. C'est ainsi que l'on a pris l'usage de dire « Zokhrenou », « Mi khamokha » et « Ouvekhèn » dans les premières. Pour cette même raison on a pris l'usage de dire les kerovets dans les trois premières. Ainsi fit Rabbi Eliezer ha-Kalir, sa mémoire est une bénédiction, qui était de la terre d'Israël, de Kiryat Sefer ; de son temps on sanctifiait le mois d'après l'observation, puisqu'il n'a composé aucun kerovets pour le second jour de fête. Certains disent qu'il était un tana, comme il est dit dans la Pesikta : lorsque Rabbi Eliezer fils de Rabbi Chimon s'endormit, sa génération appliqua sur lui « de toutes les poudres du marchand », car il était tana, auteur de kerovets, prédicateur et poète ; et c'est lui qui a institué les kerovets pour qu'on les dise dans les trois premières. En outre, nous disons « Yaalé ve-yavo » et « Al ha-nissim » dans les trois dernières : il en ressort que les besoins de la collectivité sont différents.
יָכוֹל יִתְפַּלֵּל אָדָם כָּל הַיּוֹם כֻּולּוֹ כְּבָר מְפֹורָשׁ ע"י דָּנִיֵּאל שֶׁנֶּאֱמַר וְזִימְנִין תְּלָתָא בְיוֹמָא הוּא בָּרֵךְ עַל בִּרְכוֹהִי וּמְצַלֵּא וּמוֹדֵא קֳדָם אֱלָהֵהּ יָכוֹל מִשֶּׁבָּא דָּנִיֵּאל לַגּוֹלָה הוּחֲלָה ת"ל כָּל קֳבֵל דִּי הֲוָא עָבֵד מִן קַדְמַת דְּנָה יָכוֹל יִתְפַּלֵּל אָדָם לְכָל רוּחַ שֶׁיִּרְצֶה ת"ל וְכַוִּין פְּתִיחָן לֵיהּ בְּעִלִּיתֵהּ נֶגֶד יְרוּשְׁלֶם יָכוֹל יְהֵא כּוֹלְלָן בְּבַת אַחַת כְּבָר מְפֹורָשׁ ע"י דָּוִד עֶרֶב וָבֹקֶר וְצָהֳרַיִם אָשִׂיחָה וְאֶהֱמֶה יָכוֹל יַשְׁמִיעַ קוֹלוֹ בִּתְפִלָּתוֹ כְּבָר מְפֹורָשׁ ע"י חַנָּה שֶׁנֶּאֱמַר וְקוֹלָהּ לֹא יִשָּׁמֵעַ יָכוֹל יִשְׁאַל אָדָם צְרָכָיו וְאַחַ"כּ יִתְפַּלֵּל כְּבָר מְפֹורָשׁ ע"י שְׁלֹמֹה לִשְׁמֹועַ אֶל הָרִנָּה וְאֶל הַתְּפִלָּה רִנָּה זוֹ תְּפִלָּה תְּפִלָּה זוֹ בַּקָּשָׁה אֵין אוֹמֵר דְּבָרִים לְאַחַר אֱמֶת וְיַצִּיב כְּדֵי שֶׁיְּהֵא סוֹמֵךְ גְּאֻולָּה לִתְפִלָּה אֲבָל אִם בָּא לוֹמַר אַחַר תְּפִלָּתוֹ אַפֵּי' כְּסֵדֶר יוֹם הַכִּפּוּרִים אוֹמֵר: גָּרְסִי' לְקַמָּן (בְּרָכוֹת דַּף לד) א"ר יְהוּדָה אַל יִשְׁאַל אָדָם צְרָכָיו לֹא בַּג' רִאשׁוֹנוֹת וְלֹא בַּג' אַחֲרוֹנוֹת אֶלָּא בָּאֶמְצָעִיּוֹת אָמַר רַב הוּנָא רִאשׁוֹנוֹת דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁמְּסַדֵּר שֶׁבַח לְרַבּוֹ אֶמְצָעִיּוֹת דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁמְבַקֵּשׁ פְּרָס מֵרַבּוֹ אַחֲרוֹנוֹת דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁקִּבֵּל פְּרָס מֵרַבּוֹ וְנִפְטָר וְהוֹלֵךְ לוֹ: דָּרַשׁ ר' שִׂמְלַאי לְעוֹלָם יְסַדֵּר אָדָם שִׁבְחוֹ שֶׁל מָקוֹם וְאַחַר כָּךְ יִתְפַּלֵּל מְנָא לַן מִמֹּשֶׁה דִּכְתִיב ה' אֱ-לֹהִים אַתָּה הַחַלּוֹת לְהַרְאוֹת וְגוֹ' וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ אֶעְבְּרָה נָּא וְאֶרְאֶה:
« Pourrait-on croire qu'un homme prie toute la journée ? » Cela a déjà été exposé par Daniel, comme il est dit : « et trois fois par jour il fléchissait les genoux, priait et rendait grâce devant son D.ieu ». Pourrait-on croire que ce soit depuis que Daniel vint en exil ? L'Écriture dit : « comme il faisait auparavant ». Pourrait-on croire qu'un homme prie vers la direction qu'il veut ? L'Écriture dit : « et il avait dans sa chambre haute des fenêtres ouvertes en direction de Yerouchalayim ». Pourrait-on croire qu'il les réunisse toutes en une seule fois ? Cela a déjà été exposé par David : « soir, matin et midi je médite et je gémis ». Pourrait-on croire qu'il fasse entendre sa voix dans sa prière ? Cela a déjà été exposé par Hanna, comme il est dit : « et sa voix ne s'entendait pas ». Pourrait-on croire qu'un homme demande ses besoins et prie ensuite ? Cela a déjà été exposé par Chelomo : « pour écouter le chant et la prière » — « le chant », c'est la prière ; « la prière », c'est la requête. On ne dit pas de paroles après « Émet ve-yatsiv », afin de joindre la délivrance à la prière ; mais s'il vient à dire des paroles après sa prière, même comme l'ordre de Yom Kippour, il peut le dire. Nous lisons plus loin (Berakhot 34a) : Rav Yehouda a dit : un homme ne demandera pas ses besoins ni dans les trois premières, ni dans les trois dernières, mais dans les intermédiaires. Rav Houna a dit : les premières ressemblent à un serviteur qui ordonne la louange de son maître ; les intermédiaires, à un serviteur qui demande une gratification à son maître ; les dernières, à un serviteur qui a reçu une gratification de son maître, prend congé et s'en va. Rabbi Simlai a exposé : toujours un homme ordonnera la louange de l'Omniprésent, et ensuite il priera. D'où le savons-nous ? De Moche, dont il est écrit : « Hachem D.ieu, Tu as commencé à montrer, etc. », et il est écrit ensuite : « que je passe donc et que je voie ».
💡 Explication

Le découpage en trois blocs, jusqu'ici argument technique sur le point de reprise, reçoit ici sa raison de fond. Rabbi Hanina décrit une audience en trois temps : la louange, la demande, le congé. Chaque bloc a une fonction propre, et une demande personnelle placée hors du bloc du milieu rompt cette progression.

Les Tossefot, au nom de Rabbenou Hananel et de Rav Haï Gaon, limitent la règle aux besoins d'un individu. Les besoins de la collectivité trouvent place partout, ce qui autorise « Zokhrenou » dans la première bénédiction, « Yaalé ve-yavo » et « Al ha-nissim » dans les dernières. La preuve est interne : les trois dernières bénédictions sont elles-mêmes des demandes communautaires.

🖼️ Schéma
L'image de Rabbi Hanina : le serviteur devant son maître 3 premières le serviteur ordonne la louange de son maître on entre, on ne demande pas 13 intermédiaires le serviteur demande une gratification place des besoins personnels 3 dernières le serviteur a reçu, prend congé et s'en va on sort, on ne demande plus Restriction des Tossefot au nom de Rabbenou Hananel et de Rav Haï La règle vise les besoins d'un individu. Les besoins de la collectivité se demandent aussi dans les blocs extrêmes. D'où Zokhrenou et Mi khamokha dans les premières, Yaalé ve-yavo et Al ha-nissim dans les dernières.
Les trois moments de l'audience et la limite posée par les Tossefot.
11
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּתַלְמִיד אֶחָד שֶׁיָּרַד לִפְנֵי הַתֵּיבָה בִּפְנֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְהָיָה מַאֲרִיךְ יוֹתֵר מִדַּאי. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: כַּמָּה אָרְכָן הוּא זֶה! אָמַר לָהֶם: כְּלוּם מַאֲרִיךְ יוֹתֵר מִמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ, דִּכְתִיב בֵּיהּ: ״אֵת אַרְבָּעִים הַיּוֹם וְאֶת אַרְבָּעִים הַלַּיְלָה וְגוֹ׳״?!

Nos maîtres ont enseigné : il arriva qu'un élève descendit devant la tevah en présence de Rabbi Eliezer, et il prolongeait plus que de mesure. Ses élèves lui dirent : comme celui-ci est long !

Il leur dit : prolonge-t-il plus que Moche notre maître, dont il est écrit : « les quarante jours et les quarante nuits, etc. » (Deutéronome 9, 25) ?

💡 Explication

La guemara passe de l'ordre de la amida à sa durée. Les élèves attendent une norme, Rabbi Eliezer répond en produisant un précédent extrême : quarante jours et quarante nuits de prière chez Moche. La longueur, prise en elle-même, ne fournit donc pas de critère d'invalidité.

Le segment suivant apporte le précédent symétrique, et les deux ensemble encadrent la question : la mesure de la prière se prend à l'état de celui qui prie, non à la durée affichée.

12
שׁוּב מַעֲשֶׂה בְּתַלְמִיד אֶחָד שֶׁיָּרַד לִפְנֵי הַתֵּיבָה בִּפְנֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְהָיָה מְקַצֵּר יוֹתֵר מִדַּאי. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: כַּמָּה קַצְרָן הוּא זֶה! אָמַר לָהֶם: כְּלוּם מְקַצֵּר יוֹתֵר מִמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ, דִּכְתִיב: ״אֵל נָא רְפָא נָא לָהּ״.

Il arriva de nouveau qu'un élève descendit devant la tevah en présence de Rabbi Eliezer, et il abrégeait plus que de mesure. Ses élèves lui dirent : comme celui-ci est bref !

Il leur dit : abrège-t-il plus que Moche notre maître, dont il est écrit : « De grâce, D.ieu, guéris-la donc » (Nombres 12, 13) ?

💡 Explication

Le second récit répond au premier avec le même argument et le même personnage. La prière de Moche pour Miriam tient en cinq mots, et elle a été exaucée. Rabbi Eliezer écarte ainsi les deux reproches que les élèves adressaient à l'officiant.

Le verset cité ici sert de charnière : il fournit au segment suivant la preuve de l'enseignement de Rav Hisda sur la prière faite pour un malade.

13
אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב אָמַר רַב חִסְדָּא: כָּל הַמְבַקֵּשׁ רַחֲמִים עַל חֲבֵירוֹ — אֵין צָרִיךְ לְהַזְכִּיר שְׁמוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֵל נָא רְפָא נָא לָהּ״, וְלָא קָמַדְכַּר שְׁמַהּ דְּמִרְיָם.

Rabbi Yaakov a dit au nom de Rav Hisda : quiconque demande miséricorde pour son compagnon n'a pas besoin de mentionner son nom, comme il est dit : « De grâce, D.ieu, guéris-la donc », et le nom de Miriam n'est pas mentionné.

📜 Rachi (1)
א"צ לְהַזְכִּיר שְׁמוֹ שֶׁל חוֹלֶה:
N'a pas besoin de mentionner son nom : celui du malade.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כָּל הַמְבַקֵּשׁ רַחֲמִים עַל חֲבֵרוֹ אֵין צָרִיךְ לְהַזְכִּיר שְׁמוֹ. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת מִמַּה שֶׁאָמְרוּ בְּתַעֲנִית (דַּף כג) גַּבֵּי רַבִּי מַנִּי שֶׁבִּקֵּשׁ מֵרַבִּי יִצְחָק בֶּן אֶלְיָשִׁיב שֶׁיִּתְפַּלֵּל בְּעַד אִשְׁתּוֹ שֶׁתִּתְיַפֶּה, וְשָׁאֲלוּ מַה שְׁמָהּ? וְאָמַר לוֹ חַנָּה, וְהִתְפַּלֵּל תִּתְיַפֶּה חַנָּה. וְאִם תֹּאמַר שָׁאנֵי הָתָם שֶׁלֹּא הָיְתָה לְפָנָיו וְלֹא הָיְתָה מְכִירָה, הִנֵּה מָצִינוּ עוֹד שָׁם (בְּדַף כה) בְּשִׁיבָבָתָא דְּרַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא דְּקָא בָּנְיָא בֵּיתָא וְלָא מְטוֹ כְּשׁוּרֵי, וְשָׁאַל לָהּ מַה שִׁמְךָ? אָמְרָה לוֹ אִיכּוּ וְהִתְפַּלֵּל אִיכּוּ לִימְטוֹ כְּשׁוּרָיךְ! נִמְצָא דְּקָפֵיד לִזְכֹּור אֶת הַשֵּׁם בִּתְפִילָּה, וְכֵן מַשְׁמַע בְּיַלְקוּט פָּרָשַׁת חֻוקַּת בַּפָּסוּק (בַּמִּדְבָּר כא, ב) אִם נָתֹן תִּתֵּן אֶת הָעָם הַזֶּה בְּיָדִי, שֶׁאִם לֹא הָיוּ רוֹאִין בָּהֶם ב' דְּבָרִים הַפְכִּיִּים שֶׁבָּזֶה נִסְתַּפְּקוּ מִי הֵם, הָיוּ מַזְכִּירִים שְׁמָם לַהֲדֵיהּ בִּתְפִילָּה וְאַף עַל פִּי שֶׁהָיוּ לִפְנֵיהֶם, נִמְצָא טוֹב שֶׁיַּזְכִּיר שֵׁם הָאָדָם בִּתְפִילָּתוֹ עָלָיו? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאִם הָאָדָם מִתְפַּלֵּל לְהַמְשִׁיךְ לַחֲבֵירוֹ שֶׁפַע טוֹבָה, אָז טוֹב שֶׁיַּזְכִּיר שְׁמוֹ כְּדֵי שֶׁיִּהְיוּ אוֹתִיּוֹת שְׁמוֹ צִינּוֹרוֹת לְהַמְשִׁיךְ בָּהֶם שֶׁפַע הַטּוֹבָה הַהִיא, לָכֵן ר' חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא וְרַבִּי יִצְחָק בֶּן אֶלְיָשִׁיב שָׁאֲלוּ עַל הַשֵּׁם וְהִזְכִּירוּ בִּתְפִלָּתָם, אַךְ אִם הַתְּפִילָּה הִיא עַל חוֹלֶה לְהָסִיר הַחֹולִי מִמֶּנּוּ וְכַיּוֹצֵא בָּזֶה, טוֹב שֶׁלֹּא יַזְכִּיר שְׁמוֹ , יַעַן כִּי כָּל חֹולִי וְיִסּוּרִין שֶׁל צָרָה הַבָּאָה עַל הָאָדָם הוּא מִכֹּחַ הַקְּלִיפָּה הַדְּבוּקָה בָּאָדָם, שֶׁהוֹסִיף בָּהּ כֹּחַ עַל יְדֵי עֲוֹנֹותָיו, וּכְמוֹ שֶׁכָּתַב רַבֵּינוּ מָהָרָ"ם אַלְשֵׁיךְ זַ"ל בְּפָרָשַׁת תַּזְרִיעַ בְּעִנְיַן הַצָּרַעַת, וְאִם יִתְפַּלֵּל עַל חוֹלֶה וּבַעַל יִסּוּרִין שֶׁעוֹמֵד בְּצָרָה וְיַזְכִּיר שְׁמוֹ, אָז הַמְקַטְרְגִים וּמַשְׂטִינִים יִתְקַנְּאוּ, וּבִפְרָט כִּי רֹועַ מַזָּלֵיהּ, וְאָז יִמְצְאוּ לוֹ עֲלִילוֹת קִטְרוּגִים מִצַּד עֲוֹנֹותָיו לְעַכֵּב רְפוּאָתוֹ וְהַצָּלָתוֹ, וְלָכֵן כָּל כְּהָא הַמִּתְפַּלֵּל לֹא יִזְכֹּר אֶת הַשֵּׁם, כְּדֵי שֶׁלֹּא יַרְגִּישׁוּ הַמְקַטְרְגִים וְלֹא יָדְעוּ עַל מִי מִתְפַּלֵּל, וְעַל זֶה קָאָמַר ר' חֲנִינָא הַמְבַקֵּשׁ רַחֲמִים עַל חֲבֵרוֹ אֵין צָרִיךְ לְהַזְכִּיר שְׁמוֹ, וְיָלֵיף זֶה מִתְּפִלָּה שֶׁהִתְפַּלֵּל מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה עַל מִרְיָם, וְלֹא הֻוצְרַךְ לְפָרֵשׁ שְׁמָהּ, וּבָזֶה נִיחָא לְיַשֵּׁב דִּקְדּוּק אַחֵר דְּאָמַר הַשַּׁ"ס וְלָא קָא מִדְּכַר שְׁמָהּ דְּמִרְיָם, וְקַשָּׁא דְּדַי לוֹמַר וְלָא קָמַדְכַּר שְׁמָהּ, אַךְ פֵּירֵשׁ דְּמִרְיָם, לוֹמַר אַף עַל פִּי שֶׁהִיא מִרְיָם הַצַּדֶּקֶת הַיְּדוּעָה שֶׁאֵין עָלֶיהָ פַּחַד מִצַּד הַמְקַטְרְגִים שֶׁהִיא צַדֶּקֶת גְּדוֹלָה, עִם כָּל זֶה נִזְהָר שֶׁלֹּא לִזְכֹּור שְׁמָהּ.
« Quiconque demande miséricorde pour son compagnon n'a pas besoin de mentionner son nom. » Il y a lieu d'objecter depuis ce qui est dit dans Taanit (23b) à propos de Rabbi Mani, qui demanda à Rabbi Yits'hak ben Elyachiv de prier pour que sa femme devienne belle : celui-ci lui demanda quel était son nom, il lui répondit Hanna, et il pria : que Hanna devienne belle. Et si tu dis que le cas y est différent, parce qu'elle ne se trouvait pas devant lui et qu'il ne la connaissait pas, voici que nous trouvons encore là (25a) le cas de la voisine de Rabbi Hanina ben Dossa, qui bâtissait une maison et dont les poutres n'atteignaient pas : il lui demanda quel était son nom, elle lui dit Ikou, et il pria : Ikou, que tes poutres atteignent ! Il en ressort qu'il tenait à mentionner le nom dans la prière. De même il ressort du Yalkout, parachat Houkat, sur le verset « si Tu livres ce peuple entre mes mains » (Nombres 21, 2), que s'ils n'avaient pas vu chez eux deux traits contradictoires, qui les firent douter de qui ils étaient, ils auraient mentionné leur nom explicitement dans la prière, bien qu'ils fussent devant eux. Il ressort donc qu'il est bon de mentionner le nom de l'homme dans la prière que l'on dit pour lui. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que si un homme prie pour attirer sur son compagnon un flux de bien, il est bon alors qu'il mentionne son nom, afin que les lettres de son nom soient des canaux par lesquels attirer ce flux de bien ; c'est pourquoi Rabbi Hanina ben Dossa et Rabbi Yits'hak ben Elyachiv ont demandé le nom et l'ont mentionné dans leur prière. Mais si la prière porte sur un malade, pour écarter de lui la maladie, ou sur un cas semblable, il est bon de ne pas mentionner son nom. Car toute maladie et toute souffrance de détresse qui vient sur l'homme provient de la force de la kelipa (l'écorce, la force d'impureté) attachée à l'homme, dont la puissance s'est accrue par ses fautes, comme l'a écrit notre maître le Maharam Alchikh, sa mémoire est une bénédiction, dans la parachat Tazria à propos de la tsaraat. Or s'il prie pour un malade ou pour un homme en souffrance qui se tient dans la détresse et qu'il mentionne son nom, alors les accusateurs et les dénonciateurs s'irritent, d'autant plus que sa constellation est mauvaise ; ils trouveront alors contre lui des prétextes d'accusation tirés de ses fautes, pour retarder sa guérison et son salut. C'est pourquoi, dans un tel cas, celui qui prie ne mentionnera pas le nom, afin que les accusateurs ne s'en aperçoivent pas et ne sachent pas pour qui il prie. Sur quoi Rabbi Hanina dit : celui qui demande miséricorde pour son compagnon n'a pas besoin de mentionner son nom, et il l'apprend de la prière que Moche notre maître, sur lui la paix, dit pour Miriam sans avoir eu besoin de préciser son nom. Par là se résout un autre point de détail : la guemara dit « et le nom de Miriam n'est pas mentionné », alors qu'il aurait suffi de dire « et son nom n'est pas mentionné » ; mais elle précise « de Miriam » pour dire que, bien qu'il s'agisse de Miriam la juste, dont la justice est si grande qu'elle n'a rien à craindre des accusateurs, il a malgré tout pris garde de ne pas mentionner son nom.
💡 Explication

Du même verset, la guemara tire une règle de conduite pour la prière faite au profit d'un autre : la mention du nom n'est pas requise. Rachi précise qu'il s'agit du nom du malade.

Le Ben Ich Haï confronte cet enseignement à deux récits du traité Taanit où le nom est au contraire demandé, et il distingue selon l'objet de la prière : pour attirer un bien, les lettres du nom servent de canal ; pour écarter une souffrance, le silence sur le nom vaut mieux.

14
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵלּוּ בְּרָכוֹת שֶׁאָדָם שׁוֹחֶה בָּהֶן: בְּ״אָבוֹת״, תְּחִלָּה וְסוֹף. ב״הוֹדָאָה״, תְּחִלָּה וְסוֹף. וְאִם בָּא לָשׁוּחַ בְּסוֹף כָּל בְּרָכָה וּבְרָכָה, וּבִתְחִלַּת כָּל בְּרָכָה וּבְרָכָה — מְלַמְּדִין אוֹתוֹ שֶׁלֹּא יִשְׁחֶה.

Nos maîtres ont enseigné : voici les bénédictions dans lesquelles un homme s'incline : à « Avot », au début et à la fin ; à « Hodaa », au début et à la fin. Et s'il vient à s'incliner à la fin de chaque bénédiction et au début de chaque bénédiction — on lui enseigne de ne pas s'incliner.

📜 Rachi (1)
תְּחִלָּה וְסוֹף בְּמוֹדִים וּלְךָ נָאֶה לְהוֹדוֹת:
Au début et à la fin : à « Modim » et à « ve-lekha nae lehodot ».
🗂️ Tossefot (1)
מְלַמְּדִין אוֹתוֹ שֶׁלֹּא יִשְׁחֶה וא"ת וְיִשְׁחֶה וּמַה בְּכָךְ וי"ל שֶׁלֹּא יָבֹא לַעֲקֹור דִּבְרֵי חֲכָמִים שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ כָּל אֶחָד מַחְמִיר כְּמוֹ שֶׁהוּא רוֹצֶה וְאֵין כָּאן תַּקָּנַת חַכְמֵי' וְחָיְישִׁינַן לְיֻוהֲרָא:
On lui enseigne de ne pas s'incliner : si tu demandes, qu'il s'incline, quel mal y a-t-il ? On peut répondre : pour qu'il n'en vienne pas à déraciner les paroles des sages, en sorte qu'on ne dise pas que chacun ajoute des rigueurs comme il le veut et qu'il n'y a plus là d'institution des sages ; et l'on craint aussi l'ostentation.
⚖️ Rosh (3)
גְּמ' ת"ר הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה צָרִיךְ לְסָרֵב וְאִם אֵינוֹ מְסָרֵב דּוֹמֶה לְתַבְשִׁיל שֶׁאֵין בּוֹ מֶלַח וְאִם מְסָרֵב בְּיוֹתֵר מִדַּאי דּוֹמֶה לְתַבְשִׁיל שֶׁהִקְדִּיחַתּוּ מֶלַח כֵּיצַד יַעֲשֶׂה רִאשׁוֹנָה מְסָרֵב בַּשְּׁנִיָּה מְהַבְהֵב שְׁלִישִׁית פּוֹשֵׁט אֶת רַגְלָיו וְיוֹרֵד:
Guemara. Nos maîtres ont enseigné : celui qui passe devant la tevah doit refuser ; s'il ne refuse pas, il ressemble à un plat sans sel ; et s'il refuse plus que de mesure, il ressemble à un plat que le sel a brûlé. Comment fait-il ? La première fois il refuse, la deuxième il fait mine de se lever, la troisième il étend ses jambes et descend.
ת"ר אֵלּוּ הַבְּרָכוֹת שֶׁאָדָם שׁוֹחֶה בָּהֶן בְּאָבוֹת תְּחִלָּה וָסוֹף בַּהוֹדָאָה תְּחִלָּה וָסוֹף אִם בָּא לִשְׁחוֹת בְּסוֹף כָּל בְּרָכָה וּבְרָכָה וּבִתְחִלַּת כָּל בְּרָכָה וּבְרָכָה מְלַמְּדִים אוֹתוֹ שֶׁלֹּא יִשְׁחֶה פ' ת"ה דַּף כֹּח ע"ב א"ר תַּנְחוּם א"ר יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי הַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ שֶׁיִּכְרַע עַד שֶׁיִּתְפַּקְּקוּ כָּל חֻולְיוֹת שֶׁבַּשִּׁדְרָה כְּלוֹמַר שֶׁיְּהוּ בּוֹלְטִים הַחֻולְיוֹת שֶׁבַּשִּׁדְרָה לְאַחֲרָיו מִלְּשׁוֹן פְּקַק הַגֶּפֶן שֶׁהוּא קֶשֶׁר שֶׁבַּגֶּפֶן שֶׁבּוֹלֵט לַחוּץ עֻולָּא אָמַר עַד שֶׁיִּרְאֶה אִיסָּר כְּנֶגֶד לִבּוֹ פִּי' רַב הַאי זַ"ל שֶׁאִם הָיָה אִיסָּר מֻונָּח בַּקַּרְקַע כְּנֶגֶד לִבּוֹ שֶׁיִּרְאֶה אוֹתוֹ ר' חֲנִינָא אָמַר כֵּיוָן שֶׁמְּנַעְנֵעַ רֹאשׁוֹ שׁוּב אֵינוֹ צָרִיךְ וְאָמַר רָבָא וְהוּא דִּמְצַעַר נַפְשֵׁיהּ וְאִתְחֲזַי כְּמַאן דְּכָרַע אֶלָּא שֶׁאֵינוֹ בָּרִיא וְאֵינוֹ יָכוֹל לִכְרֹועַ כָּרָאוּי: יְרוּשַׁלְמִי בְּפֶרֶק מֵאֵימָתַי קוֹרִין הַכֹּל שׁוֹחִין עִם ש"ץ בְּהוֹדָאָה ר' זֵירָא אוֹמֵר וּבִלְבַד בְּמוֹדִים תַּנְיָא הַכּוֹרֵעַ בְּהוֹדָאָה שֶׁל הַלֵּל וּבְהוֹדָאָה שֶׁל בִּרְכַּת הַמָּזוֹן ה"ז מְגֻונֶּה:
Nos maîtres ont enseigné : voici les bénédictions dans lesquelles un homme s'incline : à « Avot », au début et à la fin ; à « Hodaa », au début et à la fin ; s'il vient à s'incliner à la fin de chaque bénédiction et au début de chaque bénédiction, on lui enseigne de ne pas s'incliner. Chapitre Tefilat ha-chahar (28b) : Rabbi Tanhoum a dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Levi : celui qui prie doit s'incliner jusqu'à ce que toutes les vertèbres de la colonne se dénouent, c'est-à-dire que les vertèbres de la colonne fassent saillie vers l'arrière, du langage de « pekek ha-gefen », le nœud de la vigne qui fait saillie au-dehors. Oula a dit : jusqu'à ce qu'il voie un issar en face de son cœur ; Rav Haï, sa mémoire est une bénédiction, a expliqué que si un issar était posé à terre en face de son cœur, il le verrait. Rabbi Hanina a dit : dès lors qu'il remue la tête, il n'a plus besoin de davantage. Et Rava a dit : à condition qu'il se fasse violence et paraisse comme quelqu'un qui s'incline, sauf qu'il n'est pas bien portant et ne peut s'incliner comme il faut. Talmud de Yerouchalayim, chapitre Meematay korin : tous s'inclinent avec l'officiant à « Hodaa » ; Rabbi Zeira dit : à condition que ce soit à « Modim ». Il est enseigné : celui qui s'incline à la « Hodaa » du Hallel et à la « Hodaa » du birkat hamazon, voilà qui est blâmable.
ת"ר הַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ שֶׁיְּכַוֵּין אֶת לִבּוֹ אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר סִימָן לַדָּבָר תָּכִין לִבָּם תַּקְשִׁיב אָזְנֶךָ אָמַר רַב חָנָא בַּר בִּיזַּנָא א"ר שִׁמְעוֹן חֲסִידָא סַנְהֶדְרִין דַּף כב הַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ שֶׁיִּרְאֶה אֶת עַצְמוֹ כְּאִלּוּ שְׁכִינָה שְׁרוּיָה כְּנֶגְדּוֹ שֶׁנֶּאֱמַר שִׁוִּיתִי ה' לְנֶגְדִּי תָמִיד גָּרְסִי' בְּפָ' מִצְוַת חֲלִיצָה (יְבָמוֹת דַּף קה) ר' חַיָּיא ור"ש הֲווּ יָתְבִי וְנָפֵיק מִלְּתָא מִבֵּינַייְהוּ פָּתַח חַד וַאֲמַר הַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ שֶׁיִּתֵּן עֵינָיו לְמַטָּה שֶׁנֶּאֱמַר וְהָיוּ עֵינַי וְלִבִּי שָׁם כָּל הַיָּמִים פָּתַח אִידָךְ וְאָמַר הַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ שֶׁיְּכַוֵּין אֶת לִבּוֹ לְמַעְלָה שֶׁנֶּאֱמַר נִשָּׂא לְבָבֵנוּ אֶל כַּפָּיִם אֶל אֵל בַּשָּׁמָיִם אַדְּהָכֵי וְהָכֵי אֲתָא ר' יִשְׁמָעֵאל בַּר' יוֹסֵי לְגַבַּיְיהוּ אֲמַר לְהוּ בְּמַאי עָסְקִיתוּ אֲמַרוּ לֵיהּ בִּתְפִלָּה אֲמַר לְהוּ כָּךְ אָמַר אַבָּא הַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ שֶׁיִּתֵּן עֵינָיו לְמַטָּה וְלִבּוֹ לְמַעְלָה כְּדֵי שֶׁיִּתְקַייְּמוּ שְׁנֵי מִקְרָאוֹת הַלָּלוּ. אָמַר רַב יְהוּדָה כָּךְ הָיָה מִנְהָגוֹ שֶׁל ר"ע כְּשֶׁהָיָה מִתְפַּלֵּל עִם הַצִּבּוּר הָיָה מְקַצֵּר וְעוֹלֶה וּכְשֶׁהָיָה מִתְפַּלֵּל בֵּינוֹ לְבֵין עַצְמוֹ אָדָם מַנִּיחוֹ בְּזָוִית זוֹ וּמוֹצְאוֹ בְּזָוִית אַחֶרֶת מִפְּנֵי כְּרִיעוֹת וְהִשְׁתַּחֲוָאוֹת וא"ת הָא אָמְרִינַן לְקַמָּן בְּסוֹף פִּירְקִין (בְּרָכוֹת דַּף לד) אִם בָּא לִשְׁחוֹת בְּסוֹף כָּל בְּרָכָה וּבְרָכָה מְלַמְּדִים אוֹתוֹ שֶׁלֹּא יִשְׁחֶה וְאֵין לוֹמַר דְּהָכָא אַיְירֵי בְּתַחֲנוּנִים שֶׁהוּא אוֹמֵר אַחַר תְּפִלָּתוֹ וְלֹא בי"ח בְּרָכוֹת דְּמַשְׁמַע דְּמַייְרֵי דֻּומְיָא שֶׁהָיָה מִתְפַּלֵּל עִם הַצִּבּוּר וְי"ל דְּוַדַּאי בְּסוֹף כָּל בְּרָכָה וּבְרָכָה אֵין לִשְׁחוֹת אֶלָּא בָּאֶמְצַע מֻותָּר לִשְׁחוֹת וּכְשֶׁהָיָה מַגִּיעַ לְסוֹף הַבְּרָכָה הָיָה זוֹקֵף וּלְכָךְ יֵשׁ נוֹהֲגִין בר"ה ויוה"כ כְּשֶׁמִּתְפַּלְּלִים זָכְרֵנוּ וּבְכֵן תֵּן פַּחְדְּךָ שֶׁשּׁוֹחִין וּכְשֶׁמַּגִּיעִים לְסוֹף הַבְּרָכָה זוֹקְפִים שֶׁאֵין לִשְׁחוֹת בְּסוֹף הַבְּרָכָה אֶלָּא הֵיכָא דְּתִיקּוּן וְהָעִיקָּר נ"ל דְּמַייְרֵי בְּתַחֲנוּנִים שֶׁהָיָה אוֹמֵר אַחַר י"ח בְּרָכוֹת דְּאִי בְּתוֹךְ י"ח הֵיכִי קָאָמַר אָדָם מַנִּיחוֹ בְּזָוִית זוֹ וּמוֹצְאוֹ בְּזָוִית אַחֶרֶת וַהֲלֹא אָסוּר לָצֵאת מִמְּקוֹמוֹ עַד שֶׁיִּגְמֹור אֶת תְּפִלָּתוֹ:
Nos maîtres ont enseigné : celui qui prie doit diriger son cœur. Abba Chaoul dit : le signe de la chose est « Tu affermiras leur cœur, Tu tendras Ton oreille ». Rav Hana bar Bizna a dit au nom de Rabbi Chimon Hassida (Sanhédrin 22a) : celui qui prie doit se voir lui-même comme si la Chekhina se tenait en face de lui, comme il est dit : « J'ai placé Hachem devant moi constamment ». Nous lisons au chapitre Mitsvat halitsa (Yevamot 105b) : Rabbi Hiya et Rabbi Chimon étaient assis, et une parole sortit d'entre eux. L'un commença et dit : celui qui prie doit diriger ses yeux vers le bas, comme il est dit : « et Mes yeux et Mon cœur y seront tous les jours ». L'autre commença et dit : celui qui prie doit diriger son cœur vers le haut, comme il est dit : « élevons notre cœur avec nos mains vers D.ieu dans les cieux ». Sur ces entrefaites, Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi vint auprès d'eux et leur dit : de quoi vous occupez-vous ? Ils lui dirent : de la prière. Il leur dit : ainsi a dit mon père, celui qui prie doit diriger ses yeux vers le bas et son cœur vers le haut, afin que ces deux versets s'accomplissent. Rav Yehouda a dit : telle était la conduite de Rabbi Akiva : lorsqu'il priait avec l'assemblée, il abrégeait et montait ; et lorsqu'il priait seul à seul, un homme le laissait dans un coin et le retrouvait dans un autre, à cause de ses agenouillements et de ses prosternations. Si tu demandes : n'avons-nous pas dit plus loin, à la fin de notre chapitre (Berakhot 34a), que s'il vient à s'incliner à la fin de chaque bénédiction on lui enseigne de ne pas s'incliner ? Et l'on ne dira pas qu'il s'agit ici des supplications qu'il dit après sa prière et non des dix-huit bénédictions, car il ressort qu'il s'agit d'un cas semblable à celui où il priait avec l'assemblée. On peut répondre qu'à la fin de chaque bénédiction il ne faut certes pas s'incliner, mais qu'au milieu c'est permis, et que lorsqu'il arrivait à la fin de la bénédiction il se redressait. C'est pourquoi certains ont l'usage, à Roch Hachana et à Yom Kippour, lorsqu'ils prient « Zokhrenou » et « Ouvekhen ten pahdekha », de s'incliner, et de se redresser lorsqu'ils arrivent à la fin de la bénédiction, car on ne s'incline à la fin d'une bénédiction que là où cela a été institué. L'essentiel me paraît cependant qu'il s'agit des supplications qu'il disait après les dix-huit bénédictions : car s'il s'agissait de l'intérieur des dix-huit, comment dire qu'un homme le laissait dans un coin et le retrouvait dans un autre ? Il est pourtant interdit de quitter sa place avant d'achever sa prière.
💡 Explication

La baraita fixe quatre points d'inclinaison dans la amida : l'ouverture et la clôture de la première bénédiction, l'ouverture et la clôture de Hodaa. Rachi identifie ces deux dernières à « Modim » et à « ve-lekha nae lehodot ».

Celui qui veut s'incliner partout est repris. Les Tossefot donnent deux motifs : l'institution des sages perdrait sa forme si chacun ajoutait des rigueurs à sa guise, et l'on craint la yohara, l'ostentation. La règle du corps rejoint ainsi la règle des mots posée dans tout le folio.

🖼️ Schéma
Les quatre inclinaisons et la limite posée Ce qui est institué Avot : au début et à la fin Hodaa : à Modim et à ve-lekha nae lehodot Ce que l'on écarte s'incliner au début et à la fin de chaque bénédiction : on lui enseigne de s'en abstenir Deux motifs donnés par les Tossefot ne pas déraciner l'institution des sages, chacun ajoutant à sa guise ; et la crainte de la yohara, l'ostentation.
Ce que la baraita institué, ce qu'elle écarte, et les motifs de cette limite.
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אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מִשּׁוּם בַּר קַפָּרָא: הֶדְיוֹט, כְּמוֹ שֶׁאָמַרְנוּ.

Rabbi Chimon ben Pazi a dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Levi, au nom de Bar Kappara : un homme ordinaire, comme nous l'avons dit.

💡 Explication

Le terme hedyot désigne l'homme ordinaire, par opposition aux fonctions publiques. La baraita du segment précédent vaut telle quelle pour lui : quatre inclinaisons, ni plus.

La phrase ouvre une gradation que le folio 34b poursuit avec le grand prêtre, puis le roi : plus la fonction est haute, plus le nombre des inclinaisons augmente.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).