Berakhot 42a — Quand le repas prend-il fin : achèvement, desserte, huile et dernières eaux ; le pain qui vient en dessert ; les enchaînements immédiats ; et la michna des bénédictions qui en dispensent d'autres

Berakhot 42a

Sougya : Le folio poursuit le chapitre Keitsad mevarkhin par une série de récits d'école qui cherchent tous le même point : à partir de quel moment un repas est terminé, de sorte qu'il faille une nouvelle bénédiction pour continuer à manger. Rav Houna mange treize pains sans réciter le birkat hamazon et Rav Nahman le reprend : tout ce sur quoi d'autres fixent un repas oblige à bénir.

Rav Yehouda tranche ensuite le statut du pat haba'a be-kisnin, le pain qui vient en dessert, et le fait dépendre de la fixation du repas. Rav Papa puis Rava opposent deux critères de clôture, l'achèvement et la desserte, et Rav ajoute l'huile parfumée pour ceux qui y sont habitués.

La Guemara écarte tous ces critères au profit d'un seul : les dernières eaux, par la règle des trois enchaînements immédiats de Rabbi Hiya bar Achi au nom de Rav, à laquelle Abaye ajoute un quatrième, la bénédiction qui suit l'entrée des talmide hakhamim. La michna qui clôt le folio passe aux bénédictions qui en dispensent d'autres : le vin, la parpéret, le pain, et la différence entre être assis et être installé en hasséba.

Quand le repas est-il terminé ? Les quatre critères proposés 1. Gmar achèvement du repas On a fini de manger, la table reste mise Rav Papa : rejeté 2. Silouk desserte de la table Pain et plats retirés de devant les convives Rava : rejeté 3. Chemen huile parfumée Seulement pour celui qui y est habitué Guemara : rejeté 4. Mayim aharonim dernières eaux Dès qu'il s'est lavé les mains, il ne mange plus Halakha retenue Ve-let hilkheta ke-khôl hane chemaateta La halakha n'est comme aucune de ces paroles, mais comme Rav : tekhef le-netilat yadayim berakha — immédiatement après la netila, la bénédiction. Rachi : c'est la seule clôture du repas.
Les quatre critères de clôture du repas discutés dans le folio, et celui que la Guemara retient.
Pat haba'a be-kisnin : le pain qui vient en dessert Une pâtisserie de pâte, sucrée ou fourrée, servie hors du corps du repas A-t-il fixé son repas dessus ? (kava seuda) Oui — il en fait son repas Bénédiction : Hamotsi Après : birkat hamazon Cas des lehmaniot : on peut même faire le erouv avec elles Non — simple dessert Bénédiction : mezonot Après : pas de birkat hamazon La halakha n'est pas comme Rabbi Mona Rav Nahman à Rav Houna : treize pains, c'est déjà ce sur quoi d'autres fixent un repas.
Le critère unique du pain qui vient en dessert : la fixation du repas, et non la nature de la pâte.
Michna : quelle bénédiction en dispense une autre Avant / après le repas Vin d'avant ==> dispense le vin d'après Parpéret d'avant ==> dispense la parpéret d'après Principal et accessoire Pain ==> dispense la parpéret Parpéret ==> ne dispense pas le pain Le pain est le ikar, la parpéret la teféla Beth Chamai ajoutent La parpéret ne dispense pas non plus le maasse kedera (plat de marmite) Assis ou installés Assis : chacun bénit pour lui-même Hasséba : un seul bénit pour tous Rabbenou Hananel : la parpéret est du pain émietté dans un plat, sur lequel on bénit mezonot — d'où l'intérêt de dire qu'elle ne dispense pas le pain.
La structure de la michna : dispenses par symétrie, dispenses par subordination, et l'effet du cadre du repas.
1
דְּגוֹרֵם בְּרָכָה לְעַצְמוֹ.

Parce qu'il provoque une bénédiction pour lui-même.

📜 Rachi (1)
דְּגוֹרֵם בְּרָכָה לְעַצְמוֹ בְּכַמָּה מְקוֹמוֹת הוּא בָּא וּמְבָרְכִין עָלָיו ואע"פ שֶׁלֹּא הָיוּ צְרִיכִים לִשְׁתִיָּיתוֹ:
En plusieurs occasions il se présente et l'on bénit dessus, bien que l'on n'ait pas besoin de le boire.
💡 Explication

Le folio s'ouvre sur la fin de la réponse précédente : le vin se distingue des autres boissons parce qu'il provoque une bénédiction pour lui-même (gorem berakha le-atsmo). Rachi précise le fait : le kiddouch, la havdala et d'autres occasions amènent la coupe de vin et l'on bénit dessus alors même que personne n'avait envie de boire.

De là sa conséquence pour notre chapitre : au sein du repas, le vin garde sa bénédiction propre et n'est pas absorbé par le Hamotsi du pain.

2
רַב הוּנָא אֲכַל תְּלֵיסַר רִיפְתֵי בְּנֵי תְּלָתָא תְּלָתָא בְּקַבָּא וְלָא בָּרֵיךְ. אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן: עֵדֵי כַּפְנָא! אֶלָּא כֹּל שֶׁאֲחֵרִים קוֹבְעִים עָלָיו סְעוּדָה, צָרִיךְ לְבָרֵךְ.

Rav Houna mangea treize pains faits à raison de trois par kav, et il ne bénit pas. Rav Nahman lui dit : cela, c'est la faim !

Or tout ce sur quoi d'autres fixent un repas, il faut bénir dessus.

📜 Rachi (3)
רַב הוּנָא אֲכַל תְּלֵיסַר רִיפְתֵי מִפַּת הַבָּאָה בְּכִסְנִין וְלֹא בֵּירַךְ אַחֲרָיו:
Du pain qui vient en dessert (pat haba'a be-kisnin) ; et il n'a pas béni après.
אָמַר רַב נַחְמָן עָדֵי כַּפְנָא גָּרְסִי':
« Rav Nahman lui dit : edei khafna » — telle est notre version du texte.
עֵדֵי אֵלּוּ. כְּלוֹמַר אֵלּוּ לִרְעָבוֹן נֶאֶכְלוּ וַאֲכִילָה מְרֻובָּה כָּזוֹ לֹא נִפְטֶרֶת מִבְּרָכָה אֶלָּא כָּל שֶׁאֲחֵרִים קוֹבְעִין אֲכִילָתָן בְּכָךְ טָעוּן בהמ"ז כָּךְ פֵּירֵשׁ רַב הַאי וְרַבּוֹתֵינוּ פֵּירְשׁוּ תְּלֵיסַר רִיפְתִּי מִפַּת שֶׁלָּנוּ וְלֹא בֵּירַךְ אַחֲרָיו מִשּׁוּם דְּלָא שָׂבַע וּקְרָא כְּתִיב (דְּבָרִים ח׳:י׳) וְאָכַלְתָּ וְשָׂבָעְתָּ וּבֵרַכְתָּ וְכָךְ פֵּירֵשׁ רַב יְהוּדַאי בה"ג וְאֵינוֹ נ"ל דְּלֵית לֵיהּ לְרַב הוּנָא וְהֵם הֶחְמִירוּ עַל עַצְמָן עַד כְּזַיִת וְעַד כְּבֵיצָה (לְעֵיל בְּרָכוֹת דַּף כ:) וּדְלֹא כר"מ וּדְלֹא כְּר' יְהוּדָה (לְקַמָּן בְּרָכוֹת דַּף מט:):
« Edei » : cela veut dire « ceux-ci ». C'est-à-dire : ceux-là ont été mangés par faim, et une consommation aussi abondante n'est pas dispensée de la bénédiction ; au contraire, tout ce sur quoi d'autres fixent leur repas exige le birkat hamazon. Ainsi a expliqué Rav Haï. Nos maîtres, eux, ont expliqué « treize pains » de notre pain ordinaire, et il n'a pas béni après parce qu'il n'était pas rassasié, le verset écrivant (Deut. 8,10) « tu mangeras, tu te rassasieras et tu béniras » ; ainsi a expliqué Rav Yehoudai dans les Halakhot Guedolot. Cela ne me paraît pas juste, car Rav Houna ne tient pas cette position, et eux se sont montrés rigoureux sur eux-mêmes ; [la michna, elle, fixe le seuil] à un kazayit et à un kabetsa (ci-dessus, Berakhot 20b), ce qui n'est ni comme Rabbi Meir ni comme Rabbi Yehouda (plus loin, Berakhot 49b).
⚖️ Rosh (1)
רַבָּה וְר' זֵירָא אִיקְּלַעוּ לְבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא וְכוּ' עַד אֲמַר לֵיהּ אֲנַן אַתַּכָּא דְּרֵישׁ גָּלוּתָא סָמְכִינַן מִכָּאן מַשְׁמַע שֶׁהָיוּ רְגִילִים לְהַגְבִּיהַּ הַשֻּׁלְחָן קֹודֶם בה"מ לְאַפּוֹקֵי מְהַנֵּהוּ שֶׁמַּקְפִּידִים לְהָסִיר הַלֶּחֶם מֵעַל הַשֻּׁולְחָן קֹודֶם בה"מ מִיהוּ אֵין רְאָיָה מִשָּׁם כִּי הָיוּ לָהֶם שֻׁולְחָנוֹת קְטַנִּים וְכָל אֶחָד שֻׁולְחָן לְפָנָיו וְלֹא הָיוּ מְסִירִין הַשֻּׁולְחָן מִלִּפְנֵי הַמְבָרֵךְ אֲבָל אָנוּ דְּאוֹכְלִין עַל שֻׁולְחָן א' אֵין לְסַלֵּק הַמַּפּוֹת וְהַלֶּחֶם עַד אַחַר בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וְיֵשׁ מְקוֹמוֹת שֶׁנּוֹהֲגִים שֶׁלּוֹקְחִין הַבָּשָׂר וְהַלֶּחֶם וּמַנִּיחִים אוֹתוֹ לִפְנֵי הַמְבָרֵךְ. וְלֵית הִלְכְתָא הָכִי אֶלָּא כ"ז שֶׁלֹּא נָטַל יָדָיו לִבְרָכָה יָכוֹל לֶאֱכֹול דְּאָמְרִי' וְלֵית הִלְכְתָא כְּכָל הָנֵי שְׁמַעְתָּתָא אֶלָּא כִּי הָא דְּאָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב שָׁלֹשׁ תְּכִיפוֹת הַן תֵּכֶף לִסְמִיכָה שְׁחִיטָה תֵּכֶף לִגְאֻולָּה תְּפִלָּה תֵּכֶף לִנְטִילַת יָדַיִם בְּרָכָה וְאִי אָמַר הַב לָן וּנְבָרֵיךְ כְּנָטַל יָדָיו דָּמֵי לפרש"י ולפרשב"ם זַ"ל שֶׁפֵּירְשׁוּ כֵּיוָן דְּאָמְרִיתוּ הַב לַן וְנִבָרֵיךְ אָסוּר לְכוּ לְמִשְׁתֵּי עַד דִּמְבָרְכִיתוּ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וְיֵשׁ מְחַלְּקִין בֵּין שְׁתִיָּה לַאֲכִילָה וְלֹא מִסְתַּבֵּר:
« Rabba et Rabbi Zera se trouvèrent à la maison du Rech Galouta, etc. », jusqu'à « il lui dit : nous nous appuyons sur la table du Rech Galouta ». De là il ressort qu'ils avaient coutume de retirer la table avant le birkat hamazon, contrairement à ceux qui tiennent à ôter le pain de la table avant le birkat hamazon. Toutefois il n'y a pas de preuve à en tirer, car ils avaient de petites tables, une devant chacun, et l'on ne retirait pas la table de devant celui qui bénissait ; mais nous, qui mangeons à une seule table, nous ne devons pas enlever les nappes ni le pain avant le birkat hamazon. Il y a des endroits où l'usage est de prendre la viande et le pain et de les poser devant celui qui bénit. Or la halakha n'est pas ainsi : tant qu'il ne s'est pas lavé les mains en vue de la bénédiction, il peut manger, car nous disons : « la halakha n'est comme aucune de ces paroles, mais comme ce qu'a dit Rav Hiya bar Achi au nom de Rav : il y a trois enchaînements immédiats — immédiatement après la semikha la chehita, immédiatement après la gueoula la tefila, immédiatement après la netilat yadayim la bénédiction ». Et s'il a dit « donne-nous et nous bénirons », c'est comme s'il s'était lavé les mains, selon l'explication de Rachi et celle du Rachbam, qui ont expliqué : puisque vous avez dit « donne-nous et nous bénirons », il vous est interdit de boire jusqu'à ce que vous ayez récité le birkat hamazon. Certains distinguent entre la boisson et la nourriture, ce qui ne paraît pas fondé.
💡 Explication

Rav Houna mange une quantité considérable — treize pains dont chacun fait un tiers de kav — sans réciter le birkat hamazon. Rav Nahman le reprend d'un mot : edei khafna, « cela, c'est la faim ». Une consommation de cette ampleur n'est plus un dessert.

La règle qui en sort est le critère de tout le passage : ce qui compte n'est pas la nature de la pâte mais l'usage social, kol che-aherim kovin alav seuda — tout ce sur quoi d'autres fixeraient un repas oblige au birkat hamazon.

Rachi rapporte deux lectures opposées du récit. Pour Rav Haï Gaon, il s'agit de pat haba'a be-kisnin, et le débat porte sur la quantité. Pour Rav Yehoudai Gaon dans les Halakhot Guedolot, il s'agit de pain ordinaire, et Rav Houna n'a pas béni parce qu'il n'était pas rassasié ; Rachi rejette cette seconde lecture, la michna ne faisant pas dépendre le birkat hamazon de la satiété.

🖼️ Schéma
Rav Houna et les treize pains : deux lectures du récit Rav Haï Gaon Il s'agit de pat haba'a be-kisnin Rav Houna : simple dessert, donc pas de birkat hamazon Rav Nahman : la quantité le trahit Retenu par Rachi Rav Yehoudai (Behag) Il s'agit de pain ordinaire Rav Houna n'était pas rassasié Verset : tu mangeras, tu te rassasieras et tu béniras Rejeté par Rachi : la michna fixe kazayit ou kabetsa Règle commune : ce sur quoi d'autres fixent un repas exige le birkat hamazon.
Les deux explications géoniques du récit de Rav Houna rapportées par Rachi.
3
רַב יְהוּדָה הֲוָה עָסֵיק לֵיהּ לִבְרֵיהּ בֵּי רַב יְהוּדָה בַּר חֲבִיבָא. אַיְיתוֹ לְקַמַּייְהוּ פַּת הַבָּאָה בְּכִסָנִין. כִּי אֲתָא, שַׁמְעִינְהוּ דְּקָא מְבָרְכִי ״הַמּוֹצִיא״. אֲמַר לְהוּ: מַאי ״צִיצֵי״ דְּקָא שָׁמַעְנָא? דִּילְמָא ״הַמּוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ״ קָא מְבָרְכִיתוּ? אָמְרִי לֵיהּ: אִין. דְּתַנְיָא, רַבִּי מוּנָא אָמַר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה: פַּת הַבָּאָה בְּכִסָנִין מְבָרְכִין עָלֶיהָ ״הַמּוֹצִיא״, וְאָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי מוּנָא.

Rav Yehouda était occupé des noces de son fils dans la maison de Rav Yehouda bar Haviva. On apporta devant eux du pain qui vient en dessert.

Lorsqu'il arriva, il les entendit réciter « Hamotsi ». Il leur dit : quel est ce « tsitsi » que j'entends ?

Peut-être bénissez-vous « Hamotsi le'hem min haarets » ? Ils lui dirent : oui.

Car il a été enseigné : Rabbi Mona a dit au nom de Rabbi Yehouda : sur le pain qui vient en dessert, on bénit « Hamotsi ». Et Chemouel a dit : la halakha est comme Rabbi Mona.

💡 Explication

Le récit met en scène une correction publique. Rav Yehouda entend de loin une formule qu'il ne reconnaît pas et la désigne par une onomatopée, tsitsi, le sifflement des mots qu'il perçoit sans les distinguer.

Les convives se défendent par une baraita nominative : Rabbi Mona au nom de Rabbi Yehouda tient que le pat haba'a be-kisnin reçoit malgré tout la bénédiction du pain, et Chemouel aurait tranché comme lui. Le segment suivant renverse précisément cette transmission.

4
אֲמַר לְהוּ: אֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי מוּנָא אִתְּמַר. אָמְרִי לֵיהּ: וְהָא מָר הוּא דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל לַחְמָנִיּוֹת מְעָרְבִין בָּהֶן, וּמְבָרְכִין עֲלֵיהֶן ״הַמּוֹצִיא״? שָׁאנֵי הָתָם דְּקָבַע סְעוֹדְתֵּיהּ עֲלַייְהוּ, אֲבָל הֵיכָא דְּלָא קָבַע סְעוֹדְתֵּיהּ עֲלַייְהוּ — לֹא.

Il leur dit : c'est « la halakha n'est pas comme Rabbi Mona » qui a été énoncé. Ils lui dirent : mais n'est-ce pas le maître lui-même qui a dit au nom de Chemouel : les lehmaniot, on fait le erouv avec elles et l'on bénit dessus « Hamotsi » ? — Là-bas c'est différent, car il a fixé son repas dessus ; mais là où il n'a pas fixé son repas dessus, non.

📜 Rachi (1)
לַחְמָנִיּוֹת אובליא"ש בְּלַעַ"ז:
« Lehmaniot » : oubliash en langue vernaculaire.
🗂️ Tossefot (1)
לַחְמָנִיּוֹת פרש"י אובליא"ש וְלָא נְהִירָא דְּא"כ אֲפִילּוּ לֹא קָבַע נָמֵי לְבָרֵיךְ הַמּוֹצִיא שֶׁהֲרֵי הוּא לֶחֶם גָּמוּר שֶׁהֲרֵי סוֹפוֹ עִיסָּה וְנִרְאֶה לְפָרֵשׁ דְּהַייְנוּ נילי"ש מִיהוּ כִּי קָבַע סְעוֹדְתֵּיהּ עָלֶיהָ מְבָרֵךְ עָלָיו הַמּוֹצִיא כְּמוֹ בְּפוּרִים מִיהוּ רַבֵּינוּ שִׁמְשׁוֹן פֵּירֵשׁ דְּאֵין לְבָרֵךְ עָלָיו הַמּוֹצִיא דְּהָוֵי כְּמוֹ דַּיְיסָא:
« Lehmaniot » : Rachi a expliqué oubliash, ce qui ne paraît pas clair ; car s'il en était ainsi, même sans avoir fixé son repas dessus il devrait bénir « Hamotsi », puisque c'est du pain véritable, sa finalité étant une pâte. Il paraît juste d'expliquer qu'il s'agit de nilich ; toutefois, lorsqu'il fixe son repas dessus, il bénit dessus « Hamotsi », comme à Pourim. Cependant Rabbenou Chimchon a expliqué qu'il ne faut pas bénir dessus « Hamotsi », car c'est comme de la bouillie.
💡 Explication

Rav Yehouda rectifie la tradition : Chemouel a dit l'inverse de ce qu'on lui prête. Ses interlocuteurs l'attaquent alors avec sa propre transmission sur les lehmaniot, ces petits pains sur lesquels il autorise à la fois le erouv — qui suppose du pain véritable — et le Hamotsi.

La réponse installe le critère central du folio : la nature de l'aliment ne décide pas seule, c'est la keviout seuda, la fixation du repas, qui fait passer une même pâtisserie du régime du dessert à celui du pain.

Les Tossafot contestent l'identification de Rachi. Si les lehmaniot sont de simples oublies de pâte cuite, elles restent du pain en toute circonstance et le critère de fixation devient inutile ; ils proposent donc un produit plus éloigné du pain, et rapportent que Rabbenou Chimchon le rapproche de la bouillie.

5
רַב פָּפָּא אִיקְּלַע לְבֵי רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן. בָּתַר דְּגָמְרִי סְעוֹדְתַּיְיהוּ אַייְתוֹ לְקַמַּיְיהוּ מִידֵּי לְמֵיכַל שָׁקֵל רַב פָּפָּא וְקָא אָכֵיל. אָמְרִי לֵיהּ: לָא סָבַר לַהּ מָר גָּמַר אָסוּר מִלֶּאֱכוֹל? אֲמַר לְהוּ: ״סַלֵּק״ אִתְּמַר.

Rav Papa se trouva à la maison de Rav Houna fils de Rav Natan. Après qu'ils eurent achevé leur repas, on apporta devant eux de quoi manger ; Rav Papa le prit et se mit à manger.

Ils lui dirent : le maître ne tient-il pas que « il a achevé » interdit de manger ? Il leur dit : c'est « on a desservi » qui a été énoncé.

📜 Rachi (2)
אָסוּר מִלֶּאֱכֹול עַד שֶׁיְּבָרֵךְ בהמ"ז וְיַחֲזֹור וִיבָרֵךְ עַל הַבָּא לְפָנָיו דְּכֵיוָן דְּגָמַר אַסַּח דַּעְתִּי' מִבְּרָכָה רִאשׁוֹנָה וּמִסְּעוֹדְתֵּיהּ:
Jusqu'à ce qu'il ait récité le birkat hamazon, puis qu'il revienne bénir sur ce que l'on apporte devant lui ; car, ayant achevé, il a détourné sa pensée de la première bénédiction et de son repas.
סַלֵּק אִתְּמַר אִם סִלֵּק הַלֶּחֶם וְכָל הָאוֹכֵל מֵעַל הַשֻּׁלְחָן וַעֲדַיִין לֹא בָּרְכוּ אָסוּר לֶאֱכֹול:
« C'est « on a desservi » qui a été énoncé » : s'il a retiré le pain et toute la nourriture de la table et qu'ils n'ont pas encore béni, il est interdit de manger.
🗂️ Tossefot (1)
סַלֵּק אִתְּמַר מַשְׁמַע שֶׁדַּרְכָּן הָיָה לְסַלֵּק הַשֻּׁלְחָן קֹודֶם בהמ"ז וְלִכְאוֹרָה קָשֶׁה לְמִנְהָג שֶׁלָּנוּ שֶׁאָנוּ מַקְפִּידִים שֶׁלֹּא לְסַלֵּק הַלֶּחֶם קֹודֶם וְשֶׁמָּא בִּימֵיהֶם נָמֵי לֹא הָיוּ מְסַלְּקִין הַשֻּׁלְחָן מִקַּמֵּי הַמְבָרֵךְ כִּי אִם מִלִּפְנֵי שְׁאָר הַמְסֻובִּין לְפִי שֶׁהָיוּ לָהֶן שֻׁלְחָנוֹת קְטַנִּים וְכָל אֶחָד לִפְנֵי עַצְמוֹ אוֹכֵל עַל שֻׁלְחָנוֹ אֲבָל אָנוּ שֶׁרְגִילִים לֶאֱכֹול כֻּולָּנוּ עַל שֻׁלְחָן אֶחָד אֵין נָאֶה לְסַלֵּק הַשֻּׁלְחָן עַד לְאַחַר בִּרְכַּת הַמָּזוֹן:
« C'est « on a desservi » qui a été énoncé » : il en ressort que leur usage était de retirer la table avant le birkat hamazon, ce qui paraît difficile au regard de notre coutume, qui tient à ne pas ôter le pain auparavant. Peut-être de leur temps non plus ne retirait-on pas la table de devant celui qui bénit, mais seulement de devant les autres convives, parce qu'ils avaient de petites tables et que chacun mangeait devant lui à sa propre table ; mais nous, qui avons l'habitude de manger tous à une seule table, il ne convient pas de retirer la table avant le birkat hamazon.
💡 Explication

Deux versions concurrentes d'une même règle sont en jeu, et un seul mot les sépare. Selon la première, c'est le gmar, l'achèvement subjectif du repas, qui ferme la séquence : celui qui a fini a détourné sa pensée et ne peut plus manger sur la bénédiction initiale. Selon la seconde, que Rav Papa tient pour authentique, c'est le silouk, le fait matériel d'avoir desservi.

La différence est pratique : entre la fin de la consommation et la desserte, la première version interdit de reprendre, la seconde l'autorise. Rav Papa mange, donc il tient la seconde.

Les Tossafot relèvent un écart de mœurs : la desserte avant le birkat hamazon suppose des tables individuelles, alors que l'usage médiéval, avec une table commune, veut que le pain reste jusqu'après la bénédiction.

6
רָבָא וְרַבִּי זֵירָא אִיקְּלַעוּ לְבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא. לְבָתַר דְּסַלִּיקוּ תַּכָּא מִקַּמַּיְיהוּ שַׁדַּרוּ לְהוּ רִיסְתָּנָא מִבֵּי רֵישׁ גָּלוּתָא. רָבָא אָכֵיל וְרַבִּי זֵירָא לָא אָכֵיל. אֲמַר לֵיהּ: לָא סָבַר לַהּ מָר סִלֵּק אָסוּר מִלֶּאֱכוֹל? אֲמַר לֵיהּ: אֲנַן אַתַּכָּא דְּרֵישׁ גָּלוּתָא סָמְכִינַן.

Rava et Rabbi Zera se trouvèrent à la maison du Rech Galouta. Après que l'on eut enlevé la table de devant eux, on leur envoya une portion (ristena) de la maison du Rech Galouta.

Rava mangea et Rabbi Zera ne mangea pas. Il lui dit : le maître ne tient-il pas que « on a desservi » interdit de manger ?

Il lui dit : nous, nous nous appuyons sur la table du Rech Galouta.

📜 Rachi (2)
רִיסְתָּנָא אמנישטרשיו"ן:
« Ristena » : amenistrasion en langue vernaculaire.
אַתַּכָּא דְּרֵישׁ גָּלוּתָא סָמְכִינַן וְאֵין סִילּוּקֵתֵנוּ סִלּוּק שֶׁדַּעְתֵּנוּ אִם יִשָּׂא מַשָּׂאוֹת מֵאֵת פָּנָיו אֵלֵינוּ נֹאכַל:
« Nous nous appuyons sur la table du Rech Galouta » : notre desserte n'est pas une vraie desserte, car notre pensée est que, s'il fait porter des parts de devant lui jusqu'à nous, nous mangerons.
🗂️ Tossefot (3)
רַבִּי זֵירָא לָא אֲכַל תֵּימַהּ לְפִי מַה שֶׁמְּפָרְשִׁים הָעוֹלָם הַב לָן וּנְבָרֵיךְ אָסוּר לְמִשְׁתֵּי בְּלֹא בְּרָכָה שֶׁלְּפָנָיו אַמַּאי לֹא אָכַל לְבָרֵיךְ עָלֶיהָ וְלֵיכוּל וְשֶׁמָּא הָיָה תַּבְשִׁיל שֶׁהָיָה בּוֹ פַּת וְהָיָה צָרִיךְ בִּרְכַּת הַמּוֹצִיא ונט"י וְטֹורַח הָיָה לַעֲשׂוֹת כָּל כָּךְ:
« Rabbi Zera ne mangea pas » : c'est étonnant. Selon ce que l'on explique communément, que « donne-nous et nous bénirons » interdit de boire sans bénédiction préalable, pourquoi n'a-t-il pas mangé ? Qu'il bénisse dessus et qu'il mange. Peut-être s'agissait-il d'un mets contenant du pain, qui aurait exigé la bénédiction « Hamotsi » et la netilat yadayim, et c'était trop de peine d'en faire autant.
אַתַּכָּא דְּרֵישׁ גָּלוּתָא סָמְכִינַן מִי שֶׁשָּׁכַח לֶאֱכֹול אֲפִיקוֹמָן וְאָמַר הַב לָן וּנְבָרֵיךְ אֵינוֹ הֶיסַּח הַדַּעַת דַּאֲנַן אַתַּכָּא דְּרַחֲמָנָא סָמְכִינַן וְאִם שָׁכַח וּבֵרַךְ וְלֹא אָכַל אֲפִיקוֹמָן א"צ לַחֲזֹור דְּכָל מַצּוֹת לְשֵׁם מִצְוָה עֲשׂוּיוֹת וְהָא דְּאָמְרִינַן כִּי אָמַר הַב לָן וּנְבָרֵיךְ אָסוּר לְמִשְׁתֵּי וְכֵן אֲסוּרִים כֻּולָּן הַייְנוּ דַּוְקָא כִּי אָמַר בַּעַל הַבַּיִת אֲבָל לֹא אוֹרֵחַ (וְכִי אֲסוּרִים כֻּולָּן הַייְנוּ כִּי אָמַר בעה"ב אֲבָל בִּשְׁבִיל אוֹרֵחַ אֵינָן נֶאֱסָרִין) וְאַף אִיהוּ גּוּפָא יָכוֹל לַחֲזֹור וְלֶאֱכֹול עִם בעה"ב:
« Nous nous appuyons sur la table du Rech Galouta » : celui qui a oublié de manger l'afikoman et a dit « donne-nous et nous bénirons » n'a pas pour autant détourné sa pensée, car nous nous appuyons sur la table du Miséricordieux. Et s'il a oublié et a béni sans avoir mangé l'afikoman, il n'a pas besoin de recommencer, car toutes les mitsvot sont accomplies en vue de la mitsva. Quant à ce que nous disons, que lorsqu'il a dit « donne-nous et nous bénirons » il est interdit de boire, et qu'ils sont tous interdits de même, cela ne vaut que lorsque c'est le maître de maison qui l'a dit, non un hôte (et lorsqu'ils sont tous interdits, c'est lorsque le maître de maison l'a dit ; par la parole d'un hôte ils ne deviennent pas interdits) ; et lui-même peut d'ailleurs revenir manger avec le maître de maison.
אַתַּכָּא דְּרֵישׁ גָּלוּתָא סָמְכִינַן וּכְשֶׁרָגִיל לֶאֱכֹול מִינֵי פֵּירוֹת וּמְבִיאִין לָהֶם בְּזֶה אַחַר זֶה יֵשׁ אוֹמֵר שֶׁצָּרִיךְ לְבָרֵךְ אָכַל חַד וְחַד לְפִי שֶׁאֵינָן יוֹדְעִים אִם יִתֵּן לָהֶם בעה"ב יוֹתֵר וְנִרְאֶה שֶׁאֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ לְפִי שֶׁסּוֹמְכִין עַל שֻׁלְחַן בעה"ב וְהַיְינוּ דְּבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא:
« Nous nous appuyons sur la table du Rech Galouta » : lorsqu'on a l'habitude de manger des espèces de fruits et qu'on les apporte l'une après l'autre, certains disent qu'il faut bénir sur chacune, parce qu'ils ne savent pas si le maître de maison leur en donnera davantage. Il paraît pourtant qu'il n'y a pas besoin de bénir, parce qu'ils s'appuient sur la table du maître de maison, et c'est bien le cas de la maison du Rech Galouta.
⚖️ Rosh (1)
בֵּירַךְ עַל הַיַּיִן שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן פָּטַר אֶת הַיַּיִן שֶׁלְּאַחַר הַמָּזוֹן בֵּירַךְ עַל הַפַּרְפֶּרֶת שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן פָּטַר אֶת הַפַּרְפֶּרֶת שֶׁלְּאַחַר הַמָּזוֹן בֵּירַךְ עַל הַפַּת פָּטַר אֶת הַפַּרְפֶּרֶת עַל הַפַּרְפֶּרֶת לֹא פָּטַר אֶת הַפַּת ב"ש אוֹמְרִים אַף לֹא מַעֲשֵׂה קְדֵרָה פִּי' רַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל זַ"ל פַּרְפֶּרֶת פַּת הַצְּנוּמָא בִּקְעָרָה דְּלֵית בָּהּ תּוֹרִיתָא דְּנַהְמָא דִּמְבָרְכִין עָלֶיהָ בּוֹרֵא מ"מ וְהַיְינוּ דְּאִיצְטְרִיךְ לְמֵימַר עַל הַפַּרְפֶּרֶת לֹא פָּטַר אֶת הַפַּת אע"ג דְּהָוֵי מִין פַּת וְכֵן מוּכָח בַּגְּמָרָא דַּחֲשִׁיב פַּרְפֶּרֶת מֵעֵין מַעֲשֵׂה קְדֵרָה שֶׁהֵן חֶלְקָא טְרָגִיס וְטָסֵנִי כִּדְאָמְרִינַן לְעֵיל (בְּרָכוֹת דַּף לז.):
« Il a béni sur le vin d'avant le repas, il a dispensé le vin d'après le repas ; il a béni sur la parperet d'avant le repas, il a dispensé la parperet d'après le repas ; il a béni sur le pain, il a dispensé la parperet ; sur la parperet, il n'a pas dispensé le pain. Beth Chamai disent : pas même le maasse kedera. » Rabbenou Hananel a expliqué : la parperet est du pain émietté dans un plat, qui n'a plus l'aspect du pain et sur lequel on bénit « bore mine mezonot ». C'est pourquoi il fallait dire que celui qui a béni sur la parperet n'a pas dispensé le pain, bien qu'elle soit une espèce de pain. Cela ressort aussi de la Guemara, qui tient la parperet pour une sorte de maasse kedera, c'est-à-dire halka, targuis et tissane, comme nous l'avons dit plus haut (Berakhot 37a).
💡 Explication

Le même critère du silouk est mis à l'épreuve d'un cas limite. Chez le Rech Galouta, la table a bien été enlevée, mais les convives restent suspendus à ce que l'exilarque leur fera envoyer. Rabbi Zera s'abstient, Rava mange.

La raison de Rava est que la desserte n'a de valeur que comme signe d'une pensée : celui qui attend encore des plats n'a pas clos son repas. Rachi le formule directement — notre desserte n'est pas une desserte, puisque nous mangerons s'il nous fait porter des parts.

Les Tossafot étendent cette logique à deux situations fréquentes : l'oubli de l'afikoman après avoir dit « donne-nous et nous bénirons », et les fruits servis successivement chez un hôte, pour lesquels une seule bénédiction suffit puisque l'on s'appuie sur la table du maître de maison.

7
אָמַר רַב: הָרָגִיל בְּשֶׁמֶן — שֶׁמֶן מְעַכְּבוֹ. אָמַר רַב אַשִּׁי: כִּי הָוֵינַן בֵּי רַב כָּהֲנָא, אָמַר לָן: כְּגוֹן אֲנַן דִּרְגִילִינַן בְּמִשְׁחָא — מִשְׁחָא מְעַכְּבָא לָן. וְלֵית הִלְכְתָא כְּכָל הָנֵי שְׁמַעְתָּתָא, אֶלָּא כִּי הָא דְּאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב: שָׁלֹשׁ תְּכִיפוֹת הֵן: תֶּכֶף לִסְמִיכָה שְׁחִיטָה, תֶּכֶף לִגְאוּלָּה תְּפִלָּה, תֵּכֶף לִנְטִילַת יָדַיִם בְּרָכָה.

Rav a dit : celui qui est habitué à l'huile, l'huile le retient. Rav Achi a dit : lorsque nous étions à la maison de Rav Kahana, il nous a dit : des gens comme nous, qui sommes habitués à l'huile, l'huile nous retient.

Or la halakha n'est comme aucune de ces paroles, mais comme ce qu'a dit Rabbi Hiya bar Achi au nom de Rav : il y a trois enchaînements immédiats — immédiatement après la semikha, la chehita ; immédiatement après la gueoula, la tefila ; immédiatement après la netilat yadayim, la bénédiction.

📜 Rachi (4)
הָרָגִיל בְּשֶׁמֶן לִמְשֹׁוחַ יָדָיו אַחַר אֲכִילָה:
« Celui qui est habitué à l'huile » : à s'oindre les mains après le repas.
שֶׁמֶן מְעַכְּבוֹ לְעִנְיַן בְּרָכָה שֶׁאֲפִילּוּ גָּמַר וְסִלֵּק וְלֹא מָשַׁח יָדָיו עֲדַיִין סְעוּדָה קַייֶּמֶת וְאוֹכֵל בְּלֹא בְּרָכָה:
« L'huile le retient » : quant à la bénédiction. Même s'il a achevé et que l'on a desservi, tant qu'il ne s'est pas oint les mains, le repas subsiste encore et il mange sans bénédiction.
וְלֵית הִלְכְתָא כְּכָל הָנֵי שְׁמַעְתָּתָא אֵין סִיּוּם סְעוּדָה תָּלוּי לֹא בִּגְמַר וְלֹא בְּסִלּוּק וְלֹא בְּשֶׁמֶן אֶלָּא בְּמַיִם אַחֲרוֹנִים כ"ז שֶׁלֹּא נָטַל מַיִם אַחֲרוֹנִים הוּא מֻותָּר לֶאֱכֹול וּמִשֶּׁנָּטַל אָסוּר לֶאֱכֹול:
« Et la halakha n'est comme aucune de ces paroles » : la fin du repas ne dépend ni de l'achèvement, ni de la desserte, ni de l'huile, mais des dernières eaux. Tant qu'il n'a pas pris les dernières eaux, il lui est permis de manger ; dès qu'il les a prises, il lui est interdit de manger.
לִנְטִילַת יָדַיִם דָּמִים אַחֲרוֹנִים בהמ"ז וְלֹא יֹאכַל כְּלוּם עַד שֶׁיְּבָרֵךְ עַל מְזוֹנוֹ:
« La netilat yadayim » : celle des dernières eaux ; [vient alors] le birkat hamazon, et il ne mangera rien avant d'avoir béni sur sa nourriture.
🗂️ Tossefot (1)
תֵּכֶף לִנְטִילַת יָדַיִם בְּרָכָה וְהִלְכָּךְ כֵּיוָן שֶׁנָּטַל יָדָיו בָּאַחֲרוֹנָה לְאַחַר סְעוּדָה אָסוּר לֶאֱכֹול עַד שֶׁיְּבָרֵךְ וְהוּא הַדִּין אִם אָמַר הַב לָן וּנְבָרֵיךְ אַפֵּי' בְּלֹא נְטִילָה:
« Immédiatement après la netilat yadayim, la bénédiction » : par conséquent, dès qu'il s'est lavé les mains en dernier, après le repas, il lui est interdit de manger avant d'avoir béni ; et il en va de même s'il a dit « donne-nous et nous bénirons », même sans ablution.
🪔 Ben Yehoyada (1)
שָׁלֹשׁ תְּכִיפוֹת הֵן: תֵּכֶף לִסְמִיכָה שְׁחִיטָה. תֵּכֶף לִגְאֻלָּה תְּפִלָּה. תֵּכֶף לִנְטִילַת יָדַיִם בְּרָכָה אָמַר אַבָּיֵי: אַף אָנוּ נֹאמַר: תֵּכֶף לְתַלְמִידֵי חֲכָמִים בְּרָכָה. נִרְאֶה לִי בס"ד הִנֵּה עִם תֵּכֶף לְתַלְמִידֵי חֲכָמִים בְּרָכָה נַעֲשׂוּ אַרְבָּעָה, וְאֵלּוּ הֵד' נִרְמְזוּ בְּחִיבּוּר אִישׁ וְאִשְׁתּוֹ שֶׁהֵם גּוּף אֶחָד וְיֵשׁ לָהֶם אַרְבָּעָה כָּתֵף שֶׁהוּא בְּהִפּוּךְ אַתָּווָן תֵּכֶף , וְנוֹדַע בְּשַׁעַר טַעֲמֵי הַמִּצְוֹת בְּאוֹתוֹ אָדָם שֶׁהָיָה לוֹ כְּאֵב בַּכָּתֵף שֶׁלּוֹ וְאָמַר לוֹ רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בִּשְׁבִיל שֶׁעָבַר עַל מַה שֶּׁאָמְרוּ תֵּכֶף לִנְטִילַת יָדַיִם בְּרָכָה יְעֻויַּן שָׁם.
« Il y a trois enchaînements immédiats : immédiatement après la semikha, la chehita ; immédiatement après la gueoula, la tefila ; immédiatement après la netilat yadayim, la bénédiction. Abaye a dit : nous aussi, nous dirons : immédiatement après les talmide hakhamim, la bénédiction. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'avec « immédiatement après les talmide hakhamim, la bénédiction » ils sont quatre ; et ces quatre sont allusionnés dans l'union de l'homme et de sa femme, qui sont un seul corps et qui ont quatre épaules — katef, qui est l'inversion des lettres de tekhef. Et il est connu, dans le Chaar Taamé haMitsvot, qu'à un homme qui souffrait de l'épaule, notre maître le Ari, que sa mémoire soit bénie, dit que c'était pour avoir transgressé ce qu'ils ont énoncé : « immédiatement après la netilat yadayim, la bénédiction » ; vois-y.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב וְאָמְרִי לַהּ בְּמַתְנִיתָא תָּנָא וְהִתְקַדִּשְׁתֶּם אֵלּוּ מַיִם רִאשׁוֹנִים וִהְיִיתֶם קְדֹושִׁים אֵלּוּ מַיִם אַחֲרוֹנִים כִּי קָדוֹשׁ זֶה שֶׁמֶן הַטּוֹב אֲנִי ה' מְקַדִּשְׁכֶם זוֹ בְּרָכָה וְתֵימַהּ דְּהָכָא מַשְׁמַע דָּמִים אַחֲרוֹנִים מִצְוָה מִשּׁוּם קְדֻושָּׁה וּבְפֶרֶק כָּל הַבָּשָׂר (חֻולִּין דַּף קה:) מַשְׁמַע שֶׁהֵן חוֹבָה מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה מִשּׁוּם מֶלַח סְדוֹמִית שֶׁמְּסַמֵּא אֶת הָעֵינַיִם וְיֵשׁ לוֹמַר מִשּׁוּם קְדֻושָּׁה אָמְרוּ שֶׁהֵן מִצְוָה וּמִשּׁוּם סַכָּנַת מֶלַח סְדוֹמִית הוֹסִיפוּ לַעֲשׂוֹתָהּ חוֹבָה אֲבָל רַב הַאי מִשָּׁם גָּאוֹן פֵּירֵשׁ דְּהָא דְּאָמְרִינַן הָכָא שֶׁהֵם מִצְוָה מִשּׁוּם קְדֻושָּׁה הַייְנוּ לִמְבָרֵךְ לְפִי שֶׁמַּזְכִּיר אֶת הַשֵּׁם צָרִיךְ לִיטֹּול יָדָיו קֹודֶם שֶׁיְּבָרֵךְ אֲבָל נְטִילַת הָאֲחֵרִים אֵינָן מִשּׁוּם קְדֻושָּׁה אֶלָּא מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה בִּלְבַד וְאִם רָצוּ אֵין נוֹטְלִין קֹודֶם בְּרָכָה מַה שֶׁלֹּא נָהֲגוּ הָאִידָּנָא בְּמַיִם אַחֲרוֹנִים אוֹתָם שֶׁאֵינָם מְבָרְכִין אֵינָם צְרִיכִין לְפִי שֶׁאֵין מֶלַח סְדוֹמִית מָצוּי אֶצְלֵנוּ וְהַמְּבָרֵךְ נָמֵי כֵּיוָן שֶׁאֵין אָנוּ עוֹשִׂין כְּמוֹ שֶׁהַפָּסוּק אוֹמֵר כִּי קָדוֹשׁ זֶה שֶׁמֶן הַטּוֹב גַּם בִּנְטִילָה נָמֵי לֹא נָהֲגוּ וְגַם לָא אִיקְּרוֹ יָדַיִם מְזֹוהָמוֹת כֵּיוָן שֶׁאֵין אָנוּ רְגִילִין לִיטֹּול וְאֵין אָנוּ מַקְפִּידִים וְהָכִי נָמֵי בְּפֶרֶק כֵּיצַד מְבָרְכִין (בְּרָכוֹת דַּף מב.) אָמַר רַב אָשֵׁי כִּי הָוֵינַן בֵּי רַב כָּהֲנָא הֲווּ אָמְרִי כְּגוֹן אֲנַן דִּרְגִילִין בְּמִשְׁחָא מִשְׁחָא מְעַכֵּב לָן אַלְמָא אוֹתָם שֶׁלֹּא הָיוּ רְגִילִין לֹא הָיוּ חוֹשְׁשִׁין בּוֹ וְלֹא הָיָה מְעַכֵּב עֲלֵיהֶן אַף עַל גַּב דְּנָפְקָא לָן הָכָא מִקְּרָא אַסְמַכְתָּא בְּעָלְמָא הוּא וּמִיהוּ אִם יֵשׁ אָדָם שֶׁהוּא אִיסְטְנִיס וְרָגִיל לִיטֹּול יָדָיו לְאַחַר סְעוּדָה לְדִידֵיהּ הָווּ יָדַיִם מְזֹוהָמוֹת וְצָרִיךְ לִיטֹּול קֹודֶם שֶׁיְּבָרֵךְ וְיֵשׁ מִן הָרִאשׁוֹנִים שֶׁאָמְרוּ שֶׁמְּבָרֵךְ עַל הַמַּיִם אַחֲרוֹנִים עַל רְחִיצַת יָדַיִם אֲבָל רַב עַמְרָם כָּתַב שֶׁאֵין מְבָרְכִין עֲלֵיהֶם לֹא בִּלְשׁוֹן נְטִילָה וְלֹא בִּלְשׁוֹן רְחִיצָה וְלֹא בִּלְשׁוֹן שְׁטִיפָה וְנָתַן סִימָן לַדָּבָר מִשְּׁמַעְתָּא דנר"ש [בְּשַׁמְתָּא נֶרֶשׁ כצ"ל חֻולִּין קכו. וְכֵן גֵּי' הב"ח:] הָדְרָן עֲלָךְ אֵלּוּ דְּבָרִים
Rav Yehouda a dit au nom de Rav — et certains l'enseignent comme une baraita : « vous vous sanctifierez », ce sont les premières eaux ; « et vous serez saints », ce sont les dernières eaux ; « car saint », c'est l'huile parfumée ; « je suis ה' qui vous sanctifie », c'est la bénédiction. Cela étonne : ici il ressort que les dernières eaux sont une mitsva au titre de la sainteté, alors qu'au chapitre Kol haBassar (Houlin 105b) il ressort qu'elles sont une obligation à cause du danger, le sel de Sodome aveuglant les yeux. On peut dire : au titre de la sainteté on a dit qu'elles étaient une mitsva, et à cause du danger du sel de Sodome on a ajouté d'en faire une obligation. Mais Rav Haï, au nom du Gaon, a expliqué que ce que nous disons ici, qu'elles sont une mitsva au titre de la sainteté, concerne celui qui bénit : puisqu'il mentionne le Nom, il doit se laver les mains avant de bénir ; l'ablution des autres, elle, n'est pas au titre de la sainteté mais seulement à cause du danger, et s'ils le veulent ils ne se lavent pas avant la bénédiction. Quant au fait qu'aujourd'hui on n'ait plus l'usage des dernières eaux : ceux qui ne bénissent pas n'en ont pas besoin, le sel de Sodome ne se trouvant pas chez nous ; et celui qui bénit non plus, puisque nous ne faisons pas ce que le verset dit, « car saint, c'est l'huile parfumée », de sorte que l'ablution n'est pas davantage d'usage ; et les mains ne sont pas non plus appelées « souillées », puisque nous n'avons pas l'habitude de nous laver et que nous n'y sommes pas attentifs. De même, au chapitre Keitsad mevarkhin (Berakhot 42a), Rav Achi a dit : lorsque nous étions à la maison de Rav Kahana, ils disaient : des gens comme nous, qui sommes habitués à l'huile, l'huile nous retient — d'où il ressort que ceux qui n'y étaient pas habitués ne s'en souciaient pas et qu'elle ne les retenait pas ; et bien que nous le tirions ici d'un verset, ce n'est qu'un asmakhta (simple appui scripturaire). Toutefois, s'il se trouve un homme délicat (istenis) qui a l'habitude de se laver les mains après le repas, pour lui les mains sont tenues pour souillées et il doit se laver avant de bénir. Certains des Richonim ont dit que l'on récite sur les dernières eaux la bénédiction « al rehitsat yadayim » ; mais Rav Amram a écrit que l'on ne récite sur elles aucune bénédiction, ni avec le terme netila, ni avec rehitsa, ni avec chetifa, et il en a donné pour signe la sougya de Nerech [lire : « en interdit soit Nerech », Houlin 126a, telle est la version, et de même la leçon du Bah]. Hadran alakh Elou devarim.
💡 Explication

Rav ajoute un troisième candidat au titre de clôture du repas : l'huile parfumée dont on s'enduit les mains à la fin. Elle ne vaut que pour celui qui en a l'habitude, ce qui en fait un critère subjectif, dépendant des usages de chacun.

La Guemara balaie l'ensemble d'une formule tranchante, ve-let hilkheta ke-khôl hane chemaateta, et substitue un critère unique et objectif : les mayim aharonim. Rachi le formule sans reste : ni l'achèvement, ni la desserte, ni l'huile, mais l'ablution finale.

Le principe qui fonde ce choix est la règle des tekhifot, ces couples d'actes qu'aucun intervalle ne doit séparer. La netilat yadayim finale et le birkat hamazon forment un tel couple ; s'alimenter entre les deux romprait l'enchaînement. Les Tossafot ajoutent que la déclaration « donne-nous et nous bénirons » produit le même effet que l'ablution.

🖼️ Schéma
Les tekhifot : ce qui doit suivre immédiatement Semikha imposition des mains Chehita abattage du sacrifice Gueoula bénédiction de la délivrance Tefila la Amida Netilat yadayim les dernières eaux Berakha le birkat hamazon Talmidé hakhamim ajout d'Abaye Berakha la maison est bénie Conséquence pour notre sougya : entre les dernières eaux et le birkat hamazon, rien ne s'intercale. C'est donc l'ablution finale, et elle seule, qui clôt le repas. Tossafot : dire "donne-nous et nous bénirons" produit le même effet.
Les trois tekhifot de Rav et le quatrième couple ajouté par Abaye au segment suivant.
8
אָמַר אַבַּיֵּי, אַף אָנוּ נֹאמַר: תֵּכֶף לְתַלְמִידֵי חֲכָמִים בְּרָכָה. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְיִבְרָכֵנִי ה׳ בִּגְלָלְךָ״. אִיבָּעֵית אֵימָא מֵהָכָא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְבָרֶךְ ה׳ אֶת בֵּית הַמִּצְרִי בִּגְלַל יוֹסֵף״.

Abaye a dit : nous aussi, nous dirons : immédiatement après les talmide hakhamim, la bénédiction. Ainsi qu'il est dit : « ה' m'a béni à cause de toi ».

Et si tu veux, dis-le d'ici, ainsi qu'il est dit : « ה' bénit la maison de l'Égyptien à cause de Yossef ».

📜 Rachi (2)
תֵּכֶף לת״ח הַמַּקְרִיבוֹ אֵלָיו וּמֵאַרְחוֹבְבֵיתוֹ:
« Immédiatement après les talmide hakhamim » : celui qui les approche de lui et les reçoit chez lui.
בְּרָכָה בְּבֵיתוֹ:
« La bénédiction » : dans sa maison.
🪔 Ben Yehoyada (1)
שֶׁנֶּאֱמַר: (בְּרֵאשִׁית ל׳:כ״ז) "וְיִבְרָכֵנִי ה' בִּגְלָלְךָ". וְאִי בָּעֵית אֵימָא מֵהָכָא: (שָׁם לט) "וַיְבָרֶךְ ה' אֶת בֵּית הַמִּצְרִי בִּגְלַל יוֹסֵף". מַקְשִׁים מַה קֻושְׁיָא מָצָא בַּפָּסוּק (שָׁם ל, כז) יְבָרְכֵנִי ה' בִּגְלָלְךָ, דִּקְדִים לְהַאי קְרָא? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּמֵהָתָם אֵין הוֹכָחָה כָּל כָּךְ יַעַן שֶׁהָיָה חֲתָנוֹ וְנֶחְשַׁב כְּמוֹ בְּנוֹ, כִּי מָצִינוּ שֶׁדָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה קְרָאוֹ לְשָׁאוּל הַמֶּלֶךְ ע"ה אָבִי, וּמָה הוֹכָחָה מַזֶּה עַל אֹורַח זָר שֶׁנִּכְנַס לְבֵית בַּעַל הַבַּיִת, לְכָךְ מֵבִיא מִן פָּסוּק יוֹסֵף הַצַּדִּיק ע"ה שֶׁהָיָה נָכְרִי בַּבַּיִת, וְעִם כָּל זֶה נִתְבָּרֵךְ, אִי נָמֵי הָתָם גַּבֵּי לָבָן לָא מִנַּכְרָה הַבְּרָכָה כָּל כָּךְ שֶׁהָיְתָה בַּצֹּאן, וּשְׁכִיחַ בְּהוּ בְּרָכָה, וְאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל שֶׁמְּעַשְּׁרוֹת אֶת בַּעֲלֵיהֶם אַךְ גַּבֵּי יוֹסֵף הַצַּדִּיק ע"ה הִיא בְּרָכָה נִגְלֵית בַּבַּיִת וּבַשָּׂדֶה וּבְכֹל אֲשֶׁר יֵשׁ לוֹ גַּם בְּמָדוּד וּמָנוּי, וְעוֹד תֵּירַצְתִּי בָּזֶה תֵּירוּצִים פְּשׁוּטִים וּמְצָאתִים בַּמְפָרְשִׁים עַל כֵּן לֹא כְּתַבְתִּים.
« Ainsi qu'il est dit (Berechit 30,27) : ה' m'a béni à cause de toi. Et si tu veux, dis-le d'ici (ibid. 39,5) : ה' bénit la maison de l'Égyptien à cause de Yossef. » On demande : quelle difficulté à-t-on trouvée dans le verset « ה' m'a béni à cause de toi », qui précède pourtant l'autre ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que de là il n'y a pas de preuve suffisante, puisque Yaakov était son gendre et comptait comme son fils — nous trouvons en effet que le roi David, la paix soit sur lui, appelait le roi Chaoul, la paix soit sur lui, « mon père ». Quelle preuve en tirer pour un hôte étranger qui entre dans la maison d'un maître de maison ? C'est pourquoi il apporte le verset de Yossef le juste, la paix soit sur lui, qui était un étranger dans cette maison, et malgré cela la maison fut bénie. On peut dire aussi : là, chez Lavan, la bénédiction ne se remarquait pas tant, car elle portait sur le petit bétail, où la bénédiction est fréquente, et nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit qu'il enrichit ses propriétaires ; tandis que chez Yossef le juste, la paix soit sur lui, la bénédiction est manifeste, dans la maison, dans les champs et dans tout ce qu'il possédait, y compris dans ce qui est mesuré et compté. J'ai encore donné sur ce point des réponses simples, que j'ai trouvées chez les commentateurs ; c'est pourquoi je ne les ai pas écrites.
💡 Explication

Abaye prolonge la série des enchaînements immédiats par un quatrième couple, d'un genre différent : les trois premiers sont des obligations rituelles, celui-ci énonce un effet. La venue d'un talmid 'hakham dans une maison y attire la bénédiction sans délai.

Deux versets soutiennent l'affirmation, tous deux tirés de la Genèse : la parole de Lavan à Yaakov, puis la bénédiction de la maison de Potifar à cause de Yossef. Rachi précise le cadre concret : il s'agit de celui qui héberge le sage chez lui.

Le Ben Ich Haï s'arrête sur la nécessité du second verset. Yaakov était le gendre de Lavan et pouvait passer pour un membre de la maison ; Yossef, lui, y était un étranger, et la bénédiction s'y voyait dans tous les domaines.

9
מַתְנֵי׳ בֵּרַךְ עַל הַיַּיִן שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן — פָּטַר אֶת הַיַּיִן שֶׁלְּאַחַר הַמָּזוֹן. בֵּרַךְ עַל הַפַּרְפֶּרֶת שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן — פָּטַר אֶת הַפַּרְפֶּרֶת שֶׁלְּאַחַר הַמָּזוֹן. בֵּרַךְ עַל הַפַּת — פָּטַר אֶת הַפַּרְפֶּרֶת. עַל הַפַּרְפֶּרֶת — לֹא פָּטַר אֶת הַפַּת. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אַף לֹא מַעֲשֵׂה קְדֵרָה.

MICHNA. S'il a béni sur le vin d'avant le repas, il a dispensé le vin d'après le repas.

S'il a béni sur la parperet d'avant le repas, il a dispensé la parperet d'après le repas. S'il a béni sur le pain, il a dispensé la parperet ; sur la parperet, il n'a pas dispensé le pain.

Beth Chamai disent : pas même le maasse kedera (plat de marmite).

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' בֵּרַךְ עַל הַיַּיִן כו' נוֹהֲגִין הָיוּ לְהָבִיא קֹודֶם אֲכִילָה כּוֹס יַיִן לִשְׁתּוֹת כִּדְתַנְיָא לְקַמָּן (בְּרָכוֹת דַּף מג.) כֵּיצַד סֵדֶר הֲסִבָּה כו' וּמְבִיאִין לִפְנֵיהֶם פַּרְפְּרָאוֹת לְהַמְשִׁיךְ אֲכִילָה כְּגוֹן פַּרְגִּיּוֹת וְדָגִים וְאַחַ"כּ מְבִיאִין הַשֻּׁלְחָן וּלְאַחַר גְּמַר סְעוּדָה יוֹשְׁבִים וְשׁוֹתִים וְאוֹכְלִים וּמָה הֵן אוֹכְלִים פַּרְפְּרָאוֹת כְּגוֹן כִּיסָנֵי דִּמְעַלּוּ לְלִבָּא וְלַחְמָנִיּוֹת וְהוּא יַיִן וּפַרְפֶּרֶת שֶׁלְּאַחַר הַמָּזוֹן וּשְׁנֵיהֶם קֹודֶם בהמ"ז:
« Michna. S'il a béni sur le vin, etc. » : ils avaient coutume d'apporter avant le repas une coupe de vin à boire, comme il est enseigné plus loin (Berakhot 43a) : « quel est l'ordre de la hasseba, etc. » ; et l'on apportait devant eux des parperaot pour ouvrir l'appétit, comme des volailles et des poissons ; ensuite on apportait la table. Et après avoir achevé le repas, ils restaient assis à boire et à manger. Et que mangeaient-ils ? Des parperaot, comme des friandises (kisnin) qui sont bonnes pour le cœur, et des lehmaniot. Voilà le vin et la parperet d'après le repas, l'un et l'autre avant le birkat hamazon.
מַעֲשֵׂה קְדֵרָה חִלְקָא טַרְגִּיס וְטִיסְנֵי:
« Maasse kedera » : halka, targuis et tissane.
🗂️ Tossefot (1)
בֵּרַךְ עַל הַפַּת פָּטַר אֶת הַפַּרְפֶּרֶת נִרְאֶה דְּמַייְרֵי בְּפַרְפֶּרֶת שֶׁבְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה דְּאִי בְּפַרְפֶּרֶת שֶׁלְּאַחַר הַסְּעוּדָה הָא פָּסַק רַב פָּפָּא דְּבָרִים הַבָּאִים לְאַחַר סְעוּדָה טְעוּנִין בְּרָכָה לִפְנֵיהֶם וּלְאַחֲרֵיהֶם וְרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ פַּרְפֶּרֶת מִינֵי דָּגִים וּפַרְגִּיּוֹת וּקְצָת קָשֶׁה א"כ מַאי קמ"ל דְּבָרְךָ עַל הַפַּרְפֶּרֶת דְּלָא פָּטַר אֶת הַפַּת וְנִרְאֶה כְּפֵירוּשׁ ר"ח דְּפֵירֵשׁ דְּפַרְפֶּרֶת פַּת צְנוּמָה בִּקְעָרָה דְּלֵית בָּהּ תּוֹרִיתָא דְּנַהְמָא דִּמְבָרְכִין עָלֶיהָ בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת וְהַשְׁתָּא נִיחָא דְּאִצְטְרִיךְ לְאַשְׁמְעִינַן בֵּרַךְ עַל הַפַּרְפֶּרֶת לֹא פָּטַר אֶת הַפַּת אע"ג דְּהוּא מִין פַּת וְכֵן מַשְׁמַע בַּגְּמָרָא דַּחֲשִׁיב פַּרְפֶּרֶת מַעֲשֵׂה קְדֵרָה וּמַעֲשֵׂה קְדֵרָה הַיְינוּ חֶלְקָא טְרָגִיס וְטִיסְנֵי כִּדְאָמְרִינַן לְעֵיל (בְּרָכוֹת לז.):
« Il a béni sur le pain, il a dispensé la parperet » : il paraît qu'il s'agit d'une parperet prise au milieu du repas ; car s'il s'agissait de la parperet d'après le repas, Rav Papa a déjà tranché que les choses qui viennent après le repas exigent une bénédiction avant et après. Rachi a expliqué que la parperet désigne des espèces de poissons et de volailles, ce qui fait une légère difficulté : s'il en est ainsi, que nous apprend-on en disant que celui qui a béni sur la parperet n'a pas dispensé le pain ? Il paraît juste d'expliquer comme Rabbenou Hananel, qui a expliqué que la parperet est du pain émietté dans un plat, qui n'a plus l'aspect du pain et sur lequel on bénit « bore mine mezonot ». Dès lors tout s'accorde : il fallait nous enseigner que celui qui a béni sur la parperet n'a pas dispensé le pain, bien qu'elle soit une espèce de pain. Cela ressort aussi de la Guemara, qui tient la parperet pour un maasse kedera, et le maasse kedera, ce sont halka, targuis et tissane, comme nous l'avons dit plus haut (Berakhot 37a).
⚖️ Rosh (2)
שָׁאֲלוּ אֶת בֶּן זוֹמָא מִפְּנֵי מֶה אָמְרוּ בָּא לָהֶם יַיִן בְּתוֹךְ הַמָּזוֹן כָּל אֶחָד מְבָרֵךְ לְעַצְמוֹ אָמַר לָהֶם הוֹאִיל וְאֵין בֵּית הַבְּלִיעָה פָּנוּי פירש"י אֵין לֵב הַמְסֻובִּין אֶל הַמְבָרֵךְ אֶלָּא לִבְלֹועַ וּבָעֵי דַּעַת שׁוֹמֵעַ וּמַשְׁמִיעַ מִתּוֹךְ טַעַם זֶה יֵשׁ שֶׁאוֹמֵר שֶׁאִם אוֹמֵר הַמְבָרֵךְ סָבְרִי רַבּוֹתַי וְהֵן מְפַנִּין בֵּית הַבְּלִיעָה כְּדֵי לִשְׁמֹועַ שַׁפִּיר דָּמֵי וּמִיהוּ לָא נְהִירָא הַאי טַעְמָא דְּאַף עַל פִּי שֶׁאוֹכְלִין יְכוֹלִין לִשְׁמֹועַ הַבְּרָכָה וְלָצֵאת בִּשְׁמִיעָה וְנִרְאֶה הַטַּעַם כְּמוֹ שֶׁמְּפָרֵשׁ בִּירוּשַׁלְמִי לְפִי שֶׁאֵינָן יְכוֹלִין לַעֲנוֹת אָמֵן דְּאֵין מְשִׂיחִין בִּסְעוּדָה שֶׁמָּא יַקְדִּים קָנֶה לְוֶשֶׁט כִּדְאִיתָא בְּתַעֲנִית דַּף ה דְּגָרְסִינַן בִּירוּשַׁלְמִי אֵין בֵּית הַבְּלִיעָה פָּנוּי א"ר מַנִּי הֲדָא אָמְרָה הַדִּין דְּעִטֵּישׁ בְּגוֹ מֵיכְלֵיהּ אָסוּר לְמֵימַר לֵיהּ אָסוּתָא בְּגִין סַכַּנְתָּא וַאֲפִילּוּ שׁוֹמֵעַ כְּעוֹנֶה וְיוֹצֵא בְּלֹא אָמֵן חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא יַעֲנֶה אָמֵן וְיָבֹא לִידֵי סַכָּנָה:
On a demandé à Ben Zoma : pourquoi a-t-on dit que si du vin leur vient au milieu du repas, chacun bénit pour lui-même ? Il leur dit : parce que le gosier n'est pas libre. Rachi a expliqué : l'attention des convives n'est pas tournée vers celui qui bénit mais vers la déglutition, alors qu'il faut l'intention de celui qui écoute comme de celui qui fait entendre. De ce motif, certains déduisent que si celui qui bénit dit « avec votre permission, mes maîtres » et qu'ils libèrent leur gosier afin d'écouter, c'est valable. Cependant ce motif ne paraît pas juste, car même en mangeant on peut entendre la bénédiction et s'en acquitter par l'écoute. Le motif paraît plutôt celui qu'explique le Yerouchalmi : parce qu'ils ne peuvent pas répondre amen, l'on ne parlant pas pendant le repas de peur que la trachée ne devance l'oesophage, comme il est dit dans Taanit (5b). Car nous lisons dans le Yerouchalmi : « le gosier n'est pas libre » — Rabbi Mani a dit : cela enseigne que celui qui éternue au milieu de son repas, il est interdit de lui dire « à ta santé », à cause du danger. Et même si « celui qui écoute est comme celui qui dit » et qu'il s'acquitte sans amen, l'on craint qu'il ne réponde amen et n'en vienne au danger.
אִתְּמַר הֵבִיאוּ לְפָנָיו תְּאֵנִים וַעֲנָבִים בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה אָמַר רַב הוּנָא טְעוּנִין בְּרָכָה לִפְנֵיהֶם וְאֵין טְעוּנִים בְּרָכָה לְאַחֲרֵיהֶם וְכֵן אָמַר רַב נַחְמָן וְרַב שֵׁשֶׁת אָמַר טְעוּנִין בְּרָכָה בֵּין לִפְנֵיהֶם בֵּין לְאַחֲרֵיהֶם שֶׁאֵין לְךָ דָּבָר שֶׁטָּעוּן בְּרָכָה לְפָנָיו וְאֵין טָעוּן בְּרָכָה לְאַחֲרָיו אֶלָּא פַּת הַבָּאָה בְּכִיסָנִין בִּלְבַד וּפְלִיגָא דְּרַבִּי חִיָּיא דְּאָמַר רַבִּי חִייָּא פַּת פּוֹטֶרֶת כָּל מִינֵי מַאֲכָל וְיַיִן פּוֹטֵר כָּל מִינֵי מַשְׁקֶה וְאַף עַל גַּב דִּפְלִיגָא עָלֶיהָ בְּפַת בְּיַיִן לֵיכָּא דִּפְלִיג עָלֶיהָ וְהִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ בְּיַיִן. אָמַר רַב פָּפָּא הִלְכְתָא דְּבָרִים הַבָּאִים מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה אֵין טְעוּנִין בְּרָכָה לֹא לִפְנֵיהֶם וְלֹא לְאַחֲרֵיהֶם שֶׁלֹּא מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה טְעוּנִין בְּרָכָה לִפְנֵיהֶם וְאֵין טְעוּנִין בְּרָכָה לְאַחֲרֵיהֶם וּלְאַחַר הַסְּעוּדָה טְעוּנִין בְּרָכָה בֵּין לִפְנֵיהֶם בֵּין לְאַחֲרֵיהֶם וקי"ל כר"פ. דְּבָרִים הַבָּאִים מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה פירש"י כְּגוֹן בָּשָׂר וּפֵירוֹת וְכָל דָּבָר שֶׁהֵבִיאוּ לְלַפֵּת בָּהֶן אֶת הַפַּת אֵין טְעוּנִין בְּרָכָה לִפְנֵיהֶם מִשּׁוּם דְּהָווּ לְהוּ טְפֵילָה וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁוֹ מַאי קָא מַשְׁמַע לַן מַתְנִיתִין הִיא מְבָרֵךְ עַל הָעִיקָּר וּפוֹטֵר אֶת הַטְּפֵילָה בֵּירַךְ עַל הַפַּת פָּטַר אֶת הַפַּרְפֶּרֶת וְעוֹד קָשֶׁה הָא דְּפָרִיךְ בְּסָמוּךְ אִי הָכִי יַיִן נָמֵי נִפְטְרֵיהּ פַּת מַאי קַשְׁיָא לֵיהּ וַהֲלֹא כְּשֶׁשּׁוֹתֶה יַיִן אֵינוֹ טָפֵל לַפַּת וְאָנוּ בְּמִידִי דְּטָפֵל לַפַּת אַיְירֵי לפירש"י וְאֵין לְפָרֵשׁ דְּפָרִיךְ לִיפְטְרֵיהּ פַּת כְּשֶׁשּׁוֹרֶה פִּתּוֹ בְּיַיִן דְּאִין הָכִי נָמֵי דְּוַדַּאי הַפַּת עִיקָּר וְאֵין לוֹמַר מִשּׁוּם דְּיַיִן בָּא לִשְׁרוֹת הָאֲכִילָה בְּמֵעָיו הָוֵי כְּאִילּוּ שׁוֹתֵהוּ עִם הַפַּת דְּמֵהֵיכָא פְּשִׁיטָא לֵיהּ כֻּולֵּי הַאי דְּמֵהַאי טַעְמָא הָוֵי כְּמוֹ דְּבָרִים שֶׁמְּלַפְּתִים בָּהֶם אֶת הַפַּת הִלְכָּךְ נִרְאֶה לְפָרֵשׁ דְּבָרִים הַבָּאִים מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה הַיְינוּ כְּגוֹן בָּשָׂר וְדָגִים וְיָרָק וְדַיְיסָא שֶׁרְגִילִין לִקְבֹּועַ עִיקַּר הַסְּעוּדָה עֲלֵיהֶם וְלֶאֱכֹול בָּהֶן אֶת הַפַּת הִלְכָּךְ אֲפִילּוּ אֲכָלָן בְּלֹא פַּת אֵין טְעוּנִין בְּרָכָה לֹא לִפְנֵיהֶם וְלֹא לְאַחֲרֵיהֶם כֵּיוָן דְּעִיקַּר הַסְּעוּדָה הֵם פּוֹטְרָן בִּרְכַּת הַפַּת וְכֵן בִּרְכַּת הַמָּזוֹן פּוֹטְרָן וְכֵן מַשְׁקִין הַבָּאִים בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה חֲשִׁיבִי בָּאִים מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה לְפִי שֶׁאֵין בְּנֵי אָדָם רְגִילִין לֶאֱכֹול בְּלֹא שְׁתִיָּה וַחֲשִׁיבִי כְּעִיקָּר סְעוּדָה וְאֵין טְעוּנִין בְּרָכָה לִפְנֵיהֶם וּלְאַחֲרֵיהֶם חוּץ מִן הַיַּיִן הוֹאִיל וְגוֹרֵם בְּרָכָה לְעַצְמוֹ טָעוּן בְּרָכָה לְפָנָיו כְּדִתְנַן בְּמַתְנִיתִין אֲבָל לֹא לְאַחֲרָיו כִּדְמוֹכַח בִּשְׁמַעְתְּתָא דְּעַרְבֵי פְּסָחִים דַּף קג: בְּעֻובְדָּא דְּתַלְמִידֵי דְּרַב דְּחַד מִינַּייְהוּ בָּרֵיךְ אַכָּסָא קַמָּא וְאַכָּסָא דְּבִרְכְּתָא וּמְפָרֵשׁ טַעְמָא בְּפֶרֶק כִּיסּוּי הַדָּם דַּף פּוֹ מִשּׁוּם דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן הָוֵי הַפְסָקָה אַלְמָא דְּלָא בֵּירַךְ לְאַחַר הַיַּיִן שֶׁבְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה דְּאִי בֵּירַךְ לְאַחֲרָיו לָמָּה לִי טַעְמָא מִשּׁוּם הַפְסָקָה דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן תִּיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם שֶׁבֵּירַךְ עַל הַיַּיִן שֶׁשָּׁתָה וְכֵן פֵּירֵשׁ בה"ג דְּבָרִים הַבָּאִים מֵחֲמַת סְעוּדָה כְּגוֹן בִּשְׂרָא וּכְוָורֵי וְכָל מִינֵי בְּשׁוּלֵי דְּדַרְכַיְיהוּ לְמֵיכַל בְּהוּ רִיפְתָּא וְכֵן יַרְקֵי וּבוּצִינֵי אֵין טְעוּנִין בְּרָכָה לֹא לִפְנֵיהֶן וְלֹא לְאַחֲרֵיהֶן. שֶׁלֹּא מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה פירש"י כְּגוֹן דַּיְיסָא כְּרוּב וּתְרָדִין שֶׁאֵינָן לְלַפֵּת וְהֵם לְמָזוֹן וּלְשֹׂובַע טְעוּנִין בְּרָכָה לִפְנֵיהֶם וְלֹא לְאַחֲרֵיהֶם וְלֹא יִתָּכֵן כְּלָל דְּעַל דַּייְסָא צָרִיךְ בְּרָכָה לְפָנָיו וְלֹא יִפָּטֵר בְּבִרְכַּת הַמּוֹצִיא דְּאֵין לְךָ מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה יוֹתֵר מִזֶּה דַּהֲוָה עִיקַּר סְעוּדָה וְאָמְרִינַן נָמֵי לְקַמָּן בְּפִירְקִין (בְּרָכוֹת דַּף מב) בֵּירַךְ עַל הַפַּת פָּטַר אֶת הַפַּרְפֶּרֶת וכ"ש מַעֲשֵׂה קְדֵרָה וְאָמְרִינַן לְעֵיל (בְּרָכוֹת דַּף לז.) וְאֵלּוּ הֵן מַעֲשֵׂה קְדֵרָה חִלְקָא טַרְגִּיס וְטִיסְנֵי דְּהַיְינוּ דַּייְסָא וְעוֹד הִקְשָׁה הָר"ר יוֹסֵף זַ"ל דִּלְעֵיל אָמְרִינַן דִּמְבָרֵךְ עַל הַצְּנוֹן וּפוֹטֵר אֶת הַזַּיִת מִשּׁוּם דִּצְנוֹן עִיקָּר כָּל שֶׁכֵּן הָכָא דְּפַת עִיקָּר וְאֵין לִדְחוֹת וְלוֹמַר דִּלְעֵיל מַייְרֵי שֶׁאָכַל אֶת הַצְּנוֹן וְהַזַּיִת יַחַד דְּלָא מַשְׁמַע הָכִי אֶלָּא שֶׁאָכַל זֶה אַחַר זֶה לְבַטֵּל מְרִירַת הַצְּנוֹן וְכֵן פֵּירֵשׁ בֶּעָרוּךְ דְּדַייְסָא אֵין טָעוּן בְּרָכָה לְפָנָיו וְלֹא לְאַחֲרָיו דְּמִמַּה נַפְשָׁךְ אִי חֲשִׁיבָא כְּנַהְמָא כִּדְאָמְרִינַן בֵּיצָה דַּף טז בַּבְלָאֵי טַפְשָׁאֵי דְּאָכְלִי נַהֲמָא בְּנַהֲמָא פַּת פּוֹטֶרֶת פַּת וְאִי לָא חֲשִׁיב כְּנַהְמָא הָווּ כִּשְׁאָר תַּבְשִׁיל דְּפַת פּוֹטְרָהּ. לְאַחַר הַסְּעוּדָה פירש"י דְּבָרִים הָרְגִילִים לָבֹא לְאַחַר הַסְּעוּדָה כְּגוֹן פֵּירוֹת אֲפִילּוּ הֵבִיאוּ בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה שֶׁלֹּא מֵחֲמַת לִיפְתָּן טְעוּנִין בְּרָכָה לִפְנֵיהֶם דְּלָאו טְפֵילָה נִינְהוּ וּלְאַחֲרֵיהֶם דְּאֵין בִּרְכַּת הַמָּזוֹן פּוֹטַרְתָּן דְּלָאו מָזוֹן נִינְהוּ וְכֵן פֵּירֵשׁ בה"ג דְּבָרִים הַבָּאִים לְאַחַר סְעוּדָה כְּגוֹן תַּמְרֵי וְרִמּוֹנֵי וּשְׁאָר מְגָדִים וְאַיְיתִינּוּן וְקָאֲכִיל לְהוּ בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה טְעוּנִין בְּרָכָה בֵּין לִפְנֵיהֶם בֵּין לְאַחֲרֵיהֶם וּלְפִי דִּבְרֵיהֶם פָּסַק רַב פָּפָּא כְּרַב שֵׁשֶׁת וְעוֹד כָּתַב בַּעַל ה"ג מַה שֶׁחֲבִיצָא וְדַיְיסָא נִפְטָרִין בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן מִשּׁוּם דְּהָווּ מִין מָזוֹן אֲבָל תַּמְרֵי וְרִמּוֹנֵי וּשְׁאָר דְּבָרִים לָאו מִין מָזוֹן הוּא הִלְכָּךְ לֹא נִפְטְרוּ בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁוֹ דְּתָלוּ הַטַּעַם מִשּׁוּם דְּמָזוֹן נִינְהוּ וּלְכָךְ נִפְטְרוּ בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן דְּאִי אִיתָא לְהַאי טַעְמָא הֲוָה לֵיהּ לַגְּמָרָא לְפָרוֹשֵׁי אֶלָּא דְּתָלֵי טַעַם הַפָּטוּר שֶׁבָּאִים בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה וְעוֹד כָּל מִילֵּי דְּזָייְנִי לְבַד מִמַּיִם שַׁייְכָא בְּהוּ בִּרְכַּת הַזָּן וּנְהִי דְּמָזוֹן לֹא שַׁייָּךְ בְּהוּ מ"מ בִּרְכַּת הַזָּן וּבִרְכַּת הָאָרֶץ וּבִרְכַּת יְרוּשָׁלַיִם דְּעָדִיף טְפֵי מִמַּעְיָן שָׁלֹשׁ לְפָטְרָן וְעוֹד דְּפֵירוֹת דִּלְאַחַר סְעוּדָה אֵינוֹ שָׁוֶה לְמַה שֶׁאָמַר בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה שֶׁהֲרֵי גַּם בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה הֵן בָּאִין אֶלָּא שֶׁרְגִילִין לָבֹא לְאַחַר סְעוּדָה וְהָעִיקָּר חָסֵר מִן הַסֵּפֶר וְעוֹד בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה גַּבֵּי מֵחֲמַת סְעוּדָה אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לְאָמְרוֹ פְּשִׁיטָא שֶׁבְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה אוֹכְלִין אוֹתָן כֵּיוָן דְּבָאִים לְלַפֵּת בָּהֶן וְעוֹד בָּשָׂר וְדָגִים וּבֵיצִים וּגְבִינָה וְכַיּוֹצֵא בָּהֶן שֶׁלֹּא בָּאוּ לְלַפֵּת אֶלָּא לֶאֱכֹול בִּפְנֵי עַצְמָם לֹא הִשְׁמִיעָנוּ רַב פָּפָּא מַה דִּינָם שֶׁהֲרֵי אֵינָם דּוֹמִים לֹא לְדָבָר הַבָּא בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה דְּהַיְינוּ מָזוֹן וְלֹא לְדָבָר הָרָגִיל אַחַר הַסְּעוּדָה דְּהַיְינוּ פֵּירוֹת דְּאֵלּוּ וַדַּאי רְגִילִים הֵן לָבֹא בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה וְאֵינָם מָזוֹן הִלְכָּךְ נִרְאֶה לְפָרֵשׁ דִּדְבָרִים הַבָּאִים שֶׁלֹּא מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה כְּגוֹן תְּאֵנִים וַעֲנָבִים וְכָל מִינֵי פֵּירוֹת וּמִקְּרֵי שֶׁלֹּא מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה לְפִי שֶׁאֵינָן כְּמוֹ בָּשָׂר וְדָגִים וּמִינִין מְלוּחִין שֶׁרְגִילִים לֶאֱכֹול וְלָבֹא לְעִיקַּר הַסְּעוּדָה לִפְנֵיהֶם טְעוּנִים בְּרָכָה לְפִי שֶׁבִּרְכַּת הַמּוֹצִיא אֵינָהּ פּוֹטַרְתָּן כֵּיוָן דְּלָאו מֵעִיקַּר סְעוּדָה הֵן וְלֹא לְאַחֲרֵיהֶם דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן פּוֹטֵר כָּל מַה שֶׁאָכְלוּ בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה וְהַיְינוּ כְּרַב הוּנָא וְרַב נַחְמָן וּדְלָא כְּרַב שֵׁשֶׁת. לְאַחַר הַסְּעוּדָה פֵּירוּשׁ דְּבָרִים שֶׁהִזְכַּרְנוּ לְמַעְלָה בֵּין הַבָּאִים מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה בֵּין הַבָּאִים שֶׁלֹּא מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה אִם הֱבִיאָן לְאַחַר הַסְּעוּדָה קֹודֶם בִּרְכַּת הַמָּזוֹן כִּי הָיוּ רְגִילִים בִּימֵיהֶם לְאַחַר גְּמַר סְעוּדָה וּכְבָר מָשְׁכוּ יְדֵיהֶם מִן הַפַּת שֶׁהָיוּ קוֹבְעִים עַצְמָם לֶאֱכֹול פֵּירוֹת וּפַרְפֶּרֶת וְלִשְׁתּוֹת יַיִן לְאַחַר הַמָּזוֹן וְהַיְינוּ דְּאָמְרִינַן בְּמָתְנֵי' בֵּירַךְ עַל הַיַּיִן שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן פָּטַר אֶת הַיַּיִן שֶׁלְּאַחַר הַמָּזוֹן וְכֵן בֵּירַךְ עַל הַפַּרְפֶּרֶת שֶׁלִּפְנֵי הַמָּזוֹן פָּטַר אֶת הַפַּרְפֶּרֶת שֶׁלְּאַחַר הַמָּזוֹן הַיְינוּ לְאַחַר שֶׁסִּילֵּק הַמָּזוֹן קֹודֶם בהמ"ז וְכֵיוָן שֶׁמָּשְׁכוּ יְדֵיהֶם מִן הַפַּת כָּל מַה שֶׁהֵבִיאוּ לְפָנָיו בֵּין דְּבָרִים הַבָּאִים מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה בֵּין דְּבָרִים הַבָּאִים שֶׁלֹּא מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה טְעוּנִים בְּרָכָה בֵּין לִפְנֵיהֶם בֵּין לְאַחֲרֵיהֶם דְּהַמּוֹצִיא וּבִרְכַּת הַמָּזוֹן אֵין פּוֹטְרִין אֶלָּא מַה שֶׁנֶּאֱכָל תּוֹךְ עִיקַּר הַסְּעוּדָה וּמַה שָׁפֵי' רַשְׁבָּ"ם בְּפֶרֶק עַרְבֵי פְּסָחִים (פְּסָחִים דַּף קג:) דְּיַיִן שֶׁבְּתוֹךְ הַמָּזוֹן א"צ בְּרָכָה לְאַחֲרָיו מִשּׁוּם דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן פּוֹטְרוֹ מִקַּל וָחֹומֶר הַשְׁתָּא בְּרָכָה אַחַת מֵעֵין שָׁלֹשׁ פּוֹטַרְתּוֹ כָּל שֶׁכֵּן ג' בְּרָכוֹת קַל וָחֹומֶר פְּרִיכָא הוּא דִּדְבָרִים הַבָּאִים מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה לְאַחַר סְעוּדָה יוֹכִיחוּ דִּטְעוּנִין בְּרָכָה לְאַחֲרֵיהֶן וְאֵין בה"מ פּוֹטַרְתָּן אֶלָּא הַייְנוּ טַעְמָא דְּאֵין טָעוּן בְּרָכָה לְאַחֲרָיו מִשּׁוּם דְּהָוֵי כִּדְבָרִים הַבָּאִים מֵחֲמַת הַסְּעוּדָה תּוֹךְ הַסְּעוּדָה וְאַף לְפָנָיו לֹא הָיָה טָעוּן בְּרָכָה אֶלָּא מִשּׁוּם דְּגוֹרֵם בְּרָכָה לְעַצְמוֹ:
Il a été dit : on a apporté devant lui des figues et des raisins au milieu du repas. Rav Houna a dit : ils exigent une bénédiction avant et n'en exigent pas après ; et ainsi a dit Rav Nahman. Rav Chechet a dit : ils exigent une bénédiction aussi bien avant qu'après, car il n'est rien qui exige une bénédiction avant et n'en exige pas après, sinon le pain qui vient en dessert (pat haba'a be-kisnin) seulement. Et cela diverge de Rabbi Hiya, car Rabbi Hiya a dit : le pain dispense toute espèce d'aliment, et le vin dispense toute espèce de boisson. Bien que l'on diverge de lui à propos du pain, à propos du vin personne ne diverge, et la halakha est comme lui pour le vin. Rav Papa a dit : la halakha est que les choses qui viennent en raison du repas, pendant le repas, n'exigent de bénédiction ni avant ni après ; celles qui ne viennent pas en raison du repas, pendant le repas, exigent une bénédiction avant et non après ; et après le repas, elles exigent une bénédiction aussi bien avant qu'après. Et nous tenons comme Rav Papa. « Les choses qui viennent en raison du repas pendant le repas » : Rachi a expliqué, par exemple la viande, les fruits et tout ce que l'on apporte pour accompagner le pain ; elles n'exigent pas de bénédiction avant, parce qu'elles sont accessoires (teféla). Son explication soulève une difficulté : que nous apprend la Guemara ? C'est une michna : « on bénit sur le principal et l'on dispense l'accessoire », « il a béni sur le pain, il a dispensé la parpéret ». Autre difficulté : ce que la Guemara demande plus loin, « s'il en est ainsi, que le pain dispense aussi le vin » — quelle difficulté y trouve-t-elle ? Lorsqu'il boit du vin, celui-ci n'est pas accessoire au pain, et nous traitons, selon Rachi, de ce qui est accessoire au pain. On ne peut pas dire que la question porte sur le cas où il trempe son pain dans le vin, car alors il est évident que le pain est le principal. On ne peut pas dire non plus que, le vin venant faire descendre la nourriture dans les entrailles, ce serait comme s'il le buvait avec le pain : d'où lui serait-il si évident que, pour ce motif, il vaudrait comme les choses avec lesquelles on accompagne le pain ? Il paraît donc qu'il faut expliquer : « les choses qui viennent en raison du repas pendant le repas », ce sont par exemple la viande, le poisson, les légumes et la bouillie (daysa), sur lesquels on a coutume de fixer l'essentiel du repas et avec lesquels on mange le pain. Aussi, même s'il les mange sans pain, elles n'exigent de bénédiction ni avant ni après, puisqu'elles sont l'essentiel du repas : la bénédiction du pain les dispense, et le birkat hamazon les dispense aussi. De même les boissons qui viennent pendant le repas sont tenues pour venant en raison du repas, parce que les gens n'ont pas coutume de manger sans boire, et elles sont tenues pour l'essentiel du repas : elles n'exigent de bénédiction ni avant ni après — sauf le vin qui, parce qu'il provoque une bénédiction pour lui-même, exige une bénédiction avant, comme nous l'avons appris dans notre michna, mais non après, comme il ressort de la sougya d'Arve Pessahim (Pessahim 103b), dans le fait rapporté des disciples de Rav dont l'un bénit sur la première coupe et sur la coupe de la bénédiction ; le motif en est expliqué au chapitre Kissouy haDam (Houlin 86a) : parce que le birkat hamazon constitue une interruption. Il en ressort que l'on ne bénissait pas après le vin bu pendant le repas ; car si l'on bénissait après, pourquoi faudrait-il le motif de l'interruption du birkat hamazon ? Il suffirait de dire qu'il a déjà béni sur le vin qu'il a bu. Ainsi a expliqué aussi le Behag : les choses qui viennent en raison du repas, comme la viande, le poisson et toutes sortes de mets cuits que l'on a l'habitude de manger avec du pain, ainsi que les légumes et les courges, n'exigent de bénédiction ni avant ni après. « Ce qui ne vient pas en raison du repas, pendant le repas » : Rachi a expliqué, par exemple la bouillie, le chou et les bettes, qui ne servent pas à accompagner le pain mais sont un aliment nourrissant et rassasiant : elles exigent une bénédiction avant et non après. Cela ne convient nullement, car il faudrait alors une bénédiction avant sur la bouillie et elle ne serait pas dispensée par le « Hamotsi » — or rien ne vient davantage « en raison du repas » que cela, puisque c'est l'essentiel du repas. Nous disons aussi plus loin dans notre chapitre (Berakhot 42a) « il a béni sur le pain, il a dispensé la parpéret », et à plus forte raison le maasse kedera ; et nous avons dit plus haut (Berakhot 37a) : voici ce qu'est le maasse kedera — halka, targuis et tissane, c'est-à-dire la bouillie. Rabbi Yossef, de mémoire bénie, a encore objecté : plus haut nous disons que l'on bénit sur le radis et que l'on dispense l'olive, parce que le radis est le principal ; à plus forte raison ici, où le pain est le principal. On ne peut écarter cela en disant que plus haut il s'agit du cas où il mange le radis et l'olive ensemble, car ce n'est pas ce qui ressort : il les mange l'un après l'autre, pour atténuer l'amertume du radis. Ainsi a expliqué aussi le Aroukh : la bouillie n'exige de bénédiction ni avant ni après, car de toute façon — si elle est tenue pour du pain, comme nous disons dans Betsa (16a) « Babyloniens sots qui mangent du pain avec du pain », le pain dispense le pain ; et si elle n'est pas tenue pour du pain, elle est comme les autres mets que le pain dispense. « Après le repas » : Rachi a expliqué, les choses que l'on a l'habitude d'apporter après le repas, comme les fruits ; même si on les a apportées pendant le repas sans que ce soit pour accompagner le pain, elles exigent une bénédiction avant, n'étant pas accessoires, et après, le birkat hamazon ne les dispensant pas, n'étant pas un aliment de subsistance. Ainsi a expliqué aussi le Behag : les choses qui viennent après le repas, comme les dattes, les grenades et les autres fruits de choix, que l'on a apportés et qu'il mange pendant le repas, exigent une bénédiction aussi bien avant qu'après. Selon leurs paroles, Rav Papa a tranché comme Rav Chechet. L'auteur des Halakhot Guedolot a encore écrit que la havitsa et la bouillie sont dispensées par le birkat hamazon parce qu'elles sont une espèce d'aliment de subsistance, tandis que les dattes, les grenades et les autres choses ne sont pas une espèce de mazon et ne sont donc pas dispensées par le birkat hamazon. Son explication fait difficulté, qui rattache le motif au fait que ce sont des aliments de subsistance et qu'elles sont pour cela dispensées par le birkat hamazon : s'il en était ainsi, la Guemara aurait dû l'expliciter ; or elle rattache le motif de la dispense au fait qu'elles viennent pendant le repas. En outre, tout ce qui nourrit, hormis l'eau, relève de la bénédiction « hazan » ; et même si le terme mazon ne leur convient pas, la bénédiction hazan, la bénédiction du pays et la bénédiction de Jérusalem valent en tout cas mieux qu'une berakha méen chalosh pour les dispenser. En outre, les fruits d'après le repas ne sont pas identiques à ce qu'il a dit du milieu du repas, puisqu'ils viennent aussi pendant le repas, si ce n'est que l'on a l'habitude de les apporter après — et l'essentiel manquerait au livre. En outre, pour le milieu du repas, à propos de ce qui vient en raison du repas, pourquoi fallait-il le dire ? Il est évident qu'on les mange pendant le repas, puisqu'elles viennent pour accompagner le pain. En outre, la viande, le poisson, les œufs, le fromage et leurs semblables, qui ne viennent pas pour accompagner mais pour être mangés pour eux-mêmes, Rav Papa ne nous a pas enseigné leur règle : ils ne ressemblent ni à ce qui vient pendant le repas, c'est-à-dire l'aliment de subsistance, ni à ce que l'on a l'habitude d'apporter après le repas, c'est-à-dire les fruits, car ceux-là, assurément, on a l'habitude de les apporter pendant le repas et ils ne sont pas mazon. Il paraît donc qu'il faut expliquer : « les choses qui viennent sans être en raison du repas », ce sont par exemple les figues, les raisins et toutes espèces de fruits ; elles sont dites « non en raison du repas » parce qu'elles ne sont pas comme la viande, le poisson et les mets salés, que l'on a l'habitude de manger et qui viennent pour l'essentiel du repas. Avant, elles exigent une bénédiction, parce que le « Hamotsi » ne les dispense pas, n'étant pas de l'essentiel du repas ; et non après, car le birkat hamazon dispense tout ce que l'on a mangé pendant le repas. C'est là l'avis de Rav Houna et de Rav Nahman, et non celui de Rav Chechet. « Après le repas » : cela signifie que les choses mentionnées plus haut, celles qui viennent en raison du repas comme celles qui n'en viennent pas, s'il les a apportées après le repas, avant le birkat hamazon — car de leur temps ils avaient coutume, après avoir achevé le repas et retiré leurs mains du pain, de se fixer pour manger des fruits et une parpéret et boire du vin après le repas. C'est ce que nous disons dans notre michna : « il a béni sur le vin d'avant le repas, il a dispensé le vin d'après le repas », et de même « il a béni sur la parpéret d'avant le repas, il a dispensé la parpéret d'après le repas », c'est-à-dire après que l'on a desservi le repas, avant le birkat hamazon. Et puisqu'ils ont retiré leurs mains du pain, tout ce que l'on apporte devant lui, aussi bien les choses qui viennent en raison du repas que celles qui n'en viennent pas, exige une bénédiction aussi bien avant qu'après, car le « Hamotsi » et le birkat hamazon ne dispensent que ce qui a été mangé dans le corps même du repas. Quant à ce qu'a expliqué le Rachbam au chapitre Arve Pessahim (Pessahim 103b), que le vin bu au milieu du repas n'exige pas de bénédiction après parce que le birkat hamazon le dispense par un kal va-homer — si une seule bénédiction méen chalosh le dispense, à plus forte raison trois bénédictions — c'est un kal va-homer réfutable, car les choses qui viennent en raison du repas après le repas le prouvent : elles exigent une bénédiction après et le birkat hamazon ne les dispense pas. Le motif est plutôt qu'il n'exige pas de bénédiction après parce qu'il vaut comme les choses qui viennent en raison du repas pendant le repas ; et même avant il n'aurait pas exigé de bénédiction, si ce n'est parce qu'il provoque une bénédiction pour lui-même.
💡 Explication

La michna organise les dispenses selon deux logiques distinctes. La première est une symétrie temporelle : le vin et la parperet pris avant le repas dispensent le vin et la parperet pris après, parce qu'il s'agit du même cadre et de la même intention.

La seconde est la subordination du tefela au ikar : le pain dispense la parperet, la parperet ne dispense pas le pain. Rachi restitue le déroulement du repas antique qui rend la michna lisible — coupe de vin, entrées, table, puis fruits et douceurs, le tout avant le birkat hamazon.

Les Tossafot préfèrent l'identification de Rabbenou Hananel : la parperet est du pain émietté dans un plat, qui reçoit la bénédiction mezonot. Cette lecture donne son intérêt à la clause négative, puisqu'il fallait apprendre qu'une chose faite de pain ne dispense pas le pain.

10
הָיוּ יוֹשְׁבִין — כָּל אֶחָד מְבָרֵךְ לְעַצְמוֹ. הֵסֵבּוּ — אֶחָד מְבָרֵךְ לְכֻולָּן.

S'ils étaient assis, chacun bénit pour lui-même. S'ils se sont installés en hasséba, un seul bénit pour tous.

📜 Rachi (2)
הָיוּ יוֹשְׁבִים בְּלֹא הֲסִבַּת מִטּוֹת שֶׁמֻּוטִּים עַל צִדֵּיהֶן שְׂמָאלִית עַל הַמִּטָּה וְאוֹכְלִין וְשׁוֹתִין בַּהֲסִבָּה:
« S'ils étaient assis » : sans l'installation sur des lits, où l'on est incliné sur le côté gauche sur le lit et où l'on mange et boit en hasséba.
כָּל אֶחָד וְאֶחָד מְבָרֵךְ לְעַצְמוֹ דְּאֵין קֶבַע סְעוּדָה בְּלֹא הֲסִבָּה:
« Chacun bénit pour lui-même » : car il n'y a pas de repas fixé sans hasséba.
🗂️ Tossefot (1)
הֵסַבּוּ אֶחָד מְבָרֵךְ לְכֻלָּן וְאָנוּ אֵין לָנוּ הֲסִבָּה אֶלָּא בְּפַת בִּלְבַד וּפַת מְהַנֵּי אַפֵּי' בְּלֹא הֲסִבָּה דְּדַוְקָא לְדִידְהוּ שֶׁהָיוּ אוֹכְלִים בַּהֲסִבָּה הָיוּ צְרִיכִים הֲסִבָּה אֶלָּא יְשִׁיבָה שֶׁלָּנוּ הָוֵי קְבִיעוּת לָנוּ כַּהֲסִבָּה דִּידְהוּ שֶׁהֵם הָיוּ רְגִילִים כָּל אֶחָד לְהָסֵב עַל מִטָּתוֹ וְעַל שֻׁלְחָנוֹ אֲבָל עַכְשָׁיו כֻּולָּנוּ אוֹכְלִים עַל שֻׁלְחָן אֶחָד וּכְשֶׁאָנוּ אוֹכְלִין יַחַד הַיְינוּ קְבִיעוּתֵינוּ וְהָכָא דְּקָאָמַר הָיוּ יוֹשְׁבִין וְכוּ' בַּגְּמָרָא מַשְׁמַע דְּמַייְרֵי בֵּין בְּבִרְכַּת הַמּוֹצִיא בֵּין בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן בבהמ"ז כְּעֻובְדָּא דְּתַלְמִידֵי דְּרַב בְּבִרְכַּת הַמּוֹצִיא מֵהַהִיא דִּפְלִיגִי בְּיַיִן אִי בָּעֵי הֲסִבָּה וּמִיהוּ בְּנֵי אָדָם הָאוֹכְלִים בַּדֶּרֶךְ וְהוֹלְכִים וְלֹא יָשְׁבוּ כָּל אֶחָד מְבָרֵךְ לְעַצְמוֹ וא"ת מַאי שְׁנָא דִּבְמֻוגְמָר אֲפִילּוּ לֹא הֵסֵבּוּ אֶחָד מְבָרֵךְ לְכֻולָּם בִּירוּשַׁלְמִי פָּרֵיךְ וּמְשַׁנֵּי מִשּׁוּם דִּבְמֻוגְמָר כֻּולָּם נֶהֱנִים בְּיַחַד אֲבָל אֲכִילָה וּשְׁתִיָּה אֵינָהּ בָּאָה אֶלָּא לְזֶה אַחַר זֶה:
« S'ils se sont installés, un seul bénit pour tous » : nous n'avons plus de hasséba, sinon pour le pain seulement, et le pain suffit même sans hasséba. Car c'est pour eux, qui mangeaient en hasséba, qu'il fallait la hasséba ; mais notre façon d'être assis constitue pour nous la fixation, comme leur hasséba pour eux, puisqu'ils avaient l'habitude de s'accouder chacun sur son lit et à sa table, tandis qu'aujourd'hui nous mangeons tous à une seule table, et manger ensemble est notre fixation. Et ce qui est dit ici, « s'ils étaient assis, etc. », il ressort de la Guemara qu'il s'agit aussi bien de la bénédiction « Hamotsi » que du birkat hamazon : du birkat hamazon, d'après le fait rapporté des disciples de Rav ; de la bénédiction « Hamotsi », d'après la controverse sur le vin, s'il exige la hasséba. Toutefois, des gens qui mangent en chemin et marchent sans s'être assis, chacun bénit pour lui-même. Et si tu demandes : en quoi le parfum (mougmar) est-il différent, puisque même sans hasséba un seul bénit pour tous ? Le Yerouchalmi pose la question et répond : parce que du parfum tous jouissent en même temps, tandis que le manger et le boire ne viennent que l'un après l'autre.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' נֵר שֶׁל עוֹבֵד כּוֹכָבִים מִשּׁוּם דְּלָא שַׁבָּת וּבְשָׂמִים שֶׁל עוֹבֵד כּוֹכָבִים מִשּׁוּם דִּסְתָם מְסִיבָּתָן לַעֲבוֹדַת כּוֹכָבִים. ת"ר אוֹר שֶׁשָּׁבַת מְבָרְכִין עָלָיו שֶׁלֹּא שָׁבַת אֵין מְבָרְכִין עָלָיו וּמַאי שֶׁלֹּא שַׁבָּת שֶׁלֹּא שָׁבַת מִמְּלֶאכֶת עֲבֵירָה אֲבָל אוּר שֶׁל חַיָּה וְשֶׁל חוֹלֶה מְבָרְכִין עָלָיו תנ"ה עֲשָׁשִׁית שֶׁהָיְתָה הוֹלֶכֶת וְדוֹלֶקֶת בְּשַׁבָּת לְמוֹצַ"שׁ מְבָרְכִין עָלֶיהָ: ת"ר יִשְׂרָאֵל שֶׁהִדְלִיק מֵעַכּוּ"ם וְעַכּוּ"ם שֶׁהִדְלִיק מִיִּשְׂרָאֵל מְבָרְכִין עָלָיו עַכּוּ"ם מֵעַכּוּ"ם אֵין מְבָרְכִין עָלָיו עַכּוּ"ם שֶׁהִדְלִיק מִיִּשְׂרָאֵל נִיחָא וְיִשְׂרָאֵל שֶׁהִדְלִיק מֵעַכּוּ"ם אע"פ שֶׁלֹּא שָׁבַת מְבָרֵךְ דְּכִי קָא מְבָרֵךְ אַתּוֹסֶפְתָּא דְּהֶיתֵּרָא קָמְבָרַךְ וְהָא דְּאֵין מְבָרְכִים עַל הָעַכּוּ"ם שֶׁהִדְלִיק מֵעַכּוּ"ם אַתּוֹסֶפְתָּא דְּהֶיתֵּרָא דְּגָזְרִינַן אַטּוּ עַכּוּ"ם רִאשׁוֹן וְעַמּוּד רִאשׁוֹן: ת"ר הָיָה מְהַלֵּךְ חוּץ לַכְּרַךְ וְרָאָה אוּר אִם רֹוב עַכּוּ"ם אֵינוֹ מְבָרֵךְ וְאִם רֹוב יִשְׂרָאֵל מְבָרֵךְ תָּנֵי חֲדָא אוּר שֶׁל כִּבְשָׁן מְבָרְכִין עָלָיו וְתַנְיָא אִידַּךְ אֵין מְבָרְכִין עָלָיו לָא קַשְׁיָא הָא לְכַתְּחִלָּה וְהָא לְבַסּוֹף דְּהָא דִּלְבַסּוֹף נַעֲשָׂה לְהָאִיר וּמְבָרְכִין עָלָיו תָּנֵי חֲדָא אוּר שֶׁל בהכנ"ס מְבָרְכִין עָלָיו וְתַנְיָא אִידַּךְ אֵין מְבָרְכִין עָלָיו לָא קַשְׁיָא הָא דְּאִיכָּא אָדָם חָשׁוּב וְהָא דְּלֵיכָּא אָדָם חָשׁוּב פירש"י כְּשֶׁיֵּשׁ אָדָם חָשׁוּב אָז עָשׂוּי לְכָבוֹד וְלֹא לְהָאִיר וי"מ אִיפְּכָא דְּאָדָם חָשׁוּב עָשׂוּי לְהָאִיר וְאִי לֵיכָּא אָדָם חָשׁוּב לִכְבוֹד בֵּית הַכְּנֶסֶת הִדְלִיקוּ וְגָרְסִינַן הָא וְהָא דְּלֵיכָּא אָדָם חָשׁוּב ת"ר הָיוּ יוֹשְׁבִים בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ וְהֵבִיאוּ אוּר לִפְנֵיהֶם ב"ש אוֹמְרִים כָּל אֶחָד מְבָרֵךְ לְעַצְמוֹ מִפְּנֵי בִּיטּוּל בֵּית הַמִּדְרָשׁ וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים אֶחָד מְבָרֵךְ לְכֻולָּן מִשּׁוּם בְּרָוב עָם הַדְרַת מֶלֶךְ וְלָא דָּמֵי לְפַת דְּאָמְרִינַן לְעֵיל פֶּרֶק כֵּיצַד מְבָרְכִין (בְּרָכוֹת דַּף מב) בְּיָשְׁבוּ שֶׁמְּבָרֵךְ לְעַצְמוֹ דְּשָׁאנֵי הָתָם כֵּיוָן דְּצָרִיךְ הֲסִיבָּה וְלֹא הֵסֵיבּוּ לָא קְבִיעִי לָצֵאת אֶחָד בְּבִרְכַּת חֲבֵירוֹ אֲבָל הָכָא הָוֵי כְּמוֹ יַיִן אַלִּיבָּא דְּרַב שָׁם דַּף מג דְּלָא בָּעֵי הֲסִיבָּה וַאֲפִילּוּ לְרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר יַיִן בָּעֵי הֲסִיבָּה ה"מ דְּחָשׁוּב וּרְגִילִין לְהָסֵב עָלָיו אֲבָל שְׁאָר בְּרָכוֹת כְּמוֹ שֶׁהֵסֵיבּוּ דָּמִי: ע"ב ת"ר גֶּחָלִים לוֹחֲשׁוֹת מְבָרְכִין עֲלֵיהֶם עוֹמְמוֹת אֵין מְבָרְכִין עֲלֵיהֶם הֵיכִי דָּמֵי לוֹחֲשׁוֹת אָמַר רַב חִסְדָּא כָּל שֶׁאִילּוּ מַכְנִיס קֵיסָם בֵּינֵיהֶם וְדוֹלֵק מֵאֵילָיו וּמַייְרֵי דְּהָנֵי גֶּחָלִים לוֹחֲשׁוֹת עִשּׂוּיַן לְהָאִיר: ע"א וְלֹא עַל הַנֵּר וְלֹא עַל הַבְּשָׂמִים שֶׁל מֵתִים אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב כֹּל שֶׁמּוֹצִיאִין לְפָנָיו בַּיּוֹם וּבַלַּיְלָה אֵין מְבָרְכִין עָלָיו וְכֹל שֶׁאֵין מוֹצִיאִין לְפָנָיו בְּיוֹם נ"א אֶלָּא בַּלַּיְלָה מְבָרְכִין עָלָיו וְאוֹתוֹ שֶׁמּוֹצִיאִין לְפָנָיו בַּיּוֹם וּבַלַּיְלָה אע"ג דְּהַשְׁתָּא מִיהָא לְהָאִיר הוּא עָשׂוּי כֵּיוָן שָׁאפֵי' בַּיּוֹם מוֹצִיאִין לְפָנָיו לְכָבוֹד אֵין מְבָרְכִין עָלָיו הִלְכָּךְ אֵין מְבָרְכִים עַל הַנֵּר שֶׁל בֵּית הַכְּנֶסֶת כֵּיוָן דִּרְגִילִין הָאִידָּנָא לְהַדְלִיקוֹ לִכְבוֹד בֵּית הַכְּנֶסֶת אֲפִילּוּ בַּיּוֹם. א"ר הוּנָא בְּשָׂמִים שֶׁל בֵּית הַכִּסֵּא וְשֶׁמֶן הֶעָשׂוּי לְהַעֲבִיר אֶת הַזֻּוהֲמָא אֵין מְבָרְכִין עָלָיו מ"ט כָּל מִידִי דְּלָאו לְרֵיחָא עֲבִיד לָא מְבָרְכִין עָלֶיהָ הָא דְּאָמְרִינַן לְעֵיל בְּפֶרֶק כֵּיצַד מְבָרְכִין (בְּרָכוֹת דַּף מג.) הָאִי מָאן דְּאֹרַח אַתְרוּגָּא אוֹ בַּחֲבוּשִׁים מְבָרֵךְ בָּרוּךְ שֶׁנָּתַן רֵיחַ טוֹב בַּפֵּירוֹת מַייְרֵי כְּגוֹן שֶׁלְּקָחוֹ לְהָרִיחַ בּוֹ אוֹ לְאָוכְלוֹ וּלְהָרִיחַ בּוֹ אֲבָל אִם לְקָחוֹ לְאָוכְלוֹ וְהָרֵיחַ בּוֹ כֵּיוָן דְּלָא נִתְכַּוֵּין לְהָרִיחַ אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ עָלָיו: תָּנוּ רַבָּנַן הַנְכַנֵּם לַחֲנוּתוֹ שֶׁל בַּשָּׂם וְהֵרִיחַ רֵיחַ אֲפִילּוּ יָשַׁב שָׁם כָּל הַיּוֹם כֻּולּוֹ אֵינוֹ מְבָרֵךְ אֶלָּא פַּעַם אַחַת נִכְנַס וְיָצָא נִכְנַס וְיָצָא מְבָרֵךְ עַל כָּל פַּעַם וּפַעַם. ת"ר הָיָה מְהַלֵּךְ חוּץ לַכְּרַךְ וְהֵרִיחַ רֵיחַ אִם רֹוב עַכּוּ"ם אֵינוֹ מְבָרֵךְ אִם רֹוב יִשְׂרָאֵל מְבָרֵךְ. אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָיָה מְהַלֵּךְ בְּשׁוּקֵי טְבֶרְיָא בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת אוֹ בְּשׁוּקֵי צִפּוֹרִי בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּתוֹת וְהֵרִיחַ רֵיחַ אֵינוֹ מְבָרֵךְ מִפְּנֵי שֶׁחֶזְקָתוֹ לְגַמֵּר אֶת הַכֵּלִים: אֵין מְבָרְכִין עַל הַנֵּר עַד שֶׁיֵּאוֹתוּ לְאוֹרוֹ וְכַמָּה עֻולָּא אָמַר כְּדֵי שֶׁיַּכִּיר בֵּין אִיסָּר לְפֻונְדְּיוֹן וְחִזְקִיָּה אָמַר כְּדֵי שֶׁיַּכִּיר בֵּין מְלוּזְמָא שֶׁל טְבֶרְיָא לִמְלוּזְמָא שֶׁל צִפּוֹרִי לְכָךְ נָהֲגוּ לְהִסְתַּכֵּל בַּצִּפָּרְנַיִם בְּשָׁעָה שֶׁמְּבָרְכִין עַל הַנֵּר לְהַרְאוֹת שֶׁיָּכוֹל לֵיהָנוֹת מִמֶּנּוּ וּלְהַכִּיר בֵּין מַטְבֵּעַ לְמַטְבֵּעַ כְּמוֹ שֶׁמַּכִּיר בֵּין צִפֹּורֶן לְבָשָׂר. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב אֵין מְחַזְּרִין עַל הָאוּר כְּדֶרֶךְ שֶׁמְּחַזְּרִין עַל כָּל הַמִּצְוֹת לְפִי שֶׁבְּרָכָה זוֹ אֵינָהּ אֶלָּא לְזֵכֶר בְּעָלְמָא שֶׁנִּבְרָא הָאוּר במו"ש דְּאִי מִשּׁוּם הֲנָאַת הָאוּר מְבָרֵךְ הָיָה צָרִיךְ לְבָרֵךְ בְּכָל פַּעַם וּפַעַם כְּשֶׁנֶּהֱנִין מִן הָאוּר מכ"ש עַל הַבְּשָׂמִים דְּאֵינָהּ אֶלָּא לַהֲשָׁבַת נַפְשׁוֹ:
Guemara. La lampe d'un idolâtre — parce qu'elle ne s'est pas reposée ; et les parfums d'un idolâtre — parce que leurs rassemblements sont ordinairement voués au culte idolâtre. Nos maîtres ont enseigné : une lumière qui s'est reposée, on bénit dessus ; qui ne s'est pas reposée, on ne bénit pas dessus. Et qu'est-ce que « ne s'est pas reposée » ? Qui ne s'est pas reposée d'un travail interdit ; mais la lumière allumée pour une femme en couches ou pour un malade, on bénit dessus. Une baraita l'enseigne de même : une lanterne restée allumée tout le chabbat, à la sortie du chabbat on bénit dessus. Nos maîtres ont enseigné : un Juif qui a allumé à partir d'un idolâtre, et un idolâtre qui a allumé à partir d'un Juif, on bénit dessus ; un idolâtre à partir d'un idolâtre, on ne bénit pas dessus. Un idolâtre qui a allumé à partir d'un Juif, cela se comprend ; et un Juif qui a allumé à partir d'un idolâtre, bien qu'elle ne se soit pas reposée, il bénit, car lorsqu'il bénit c'est sur le supplément permis qu'il bénit. Et si l'on ne bénit pas sur l'idolâtre qui a allumé à partir d'un idolâtre, même sur le supplément permis, c'est que l'on décrète à cause du premier idolâtre et de la première flamme. Nos maîtres ont enseigné : s'il marchait hors de la ville et a vu une lumière, si la majorité sont des idolâtres il ne bénit pas, et si la majorité sont des Juifs il bénit. Une baraita enseigne : la lumière d'une fournaise, on bénit dessus ; et une autre enseigne : on ne bénit pas dessus. Il n'y a pas de difficulté : l'une au début, l'autre à la fin — car à la fin elle est faite pour éclairer, et l'on bénit dessus. Une baraita enseigne : la lumière de la synagogue, on bénit dessus ; une autre enseigne : on ne bénit pas dessus. Il n'y a pas de difficulté : l'une lorsqu'il y a un homme important, l'autre lorsqu'il n'y en a pas. Rachi a expliqué : quand il y a un homme important, elle est faite pour l'honneur et non pour éclairer. D'autres expliquent l'inverse : avec un homme important elle est faite pour éclairer, et s'il n'y a pas d'homme important c'est pour l'honneur de la synagogue qu'on l'a allumée ; et nous lisons : l'une et l'autre lorsqu'il n'y a pas d'homme important. Nos maîtres ont enseigné : s'ils étaient assis à la maison d'étude et que l'on apporte une lumière devant eux — Beth Chamai disent : chacun bénit pour lui-même, à cause de l'interruption de l'étude ; et Beth Hillel disent : un seul bénit pour tous, au titre de « dans la multitude du peuple est la gloire du roi ». Cela ne ressemble pas au pain, dont nous avons dit plus haut, au chapitre Keitsad mevarkhin (Berakhot 42a), que lorsqu'ils sont assis chacun bénit pour lui-même : là, c'est différent, puisqu'il faut la hasséba et qu'ils ne se sont pas installés en hasséba, de sorte qu'ils ne sont pas fixés ensemble pour que l'un s'acquitte par la bénédiction de son compagnon. Mais ici c'est comme le vin selon Rav (43a), qui n'exige pas la hasséba ; et même selon Rabbi Yo'hanan, qui dit que le vin exige la hasséba, cela ne vaut que pour ce qui est important et pour quoi l'on a l'habitude de s'installer en hasséba ; pour les autres bénédictions, c'est comme s'ils s'étaient installés. [Verso] Nos maîtres ont enseigné : des braises qui flamboient, on bénit dessus ; éteintes (omémot), on ne bénit pas dessus. Qu'appelle-t-on « flamboyantes » ? Rav Hisda a dit : toutes celles où, si l'on approche un copeau entre elles, il s'enflamme de lui-même ; et il s'agit de braises flamboyantes faites pour éclairer. [Recto] « Ni sur la lampe ni sur les parfums des morts. » Rav Yehouda a dit au nom de Rav : tout ce que l'on porte devant lui de jour comme de nuit, on ne bénit pas dessus ; et tout ce que l'on ne porte devant lui que de nuit — autre version : sinon de nuit — on bénit dessus. Et ce que l'on porte devant lui de jour comme de nuit, bien que pour l'instant il soit fait pour éclairer, puisque même de jour on le porte devant lui pour l'honneur, on ne bénit pas dessus. Par conséquent on ne bénit pas sur la lampe de la synagogue, puisque l'usage est aujourd'hui de l'allumer pour l'honneur de la synagogue, même de jour. Rav Houna a dit : les parfums des lieux d'aisance et l'huile faite pour ôter la mauvaise odeur, on ne bénit pas dessus. Quel en est le motif ? Tout ce qui n'est pas fait pour l'odeur, on ne bénit pas dessus. Ce que nous avons dit plus haut au chapitre Keitsad mevarkhin (Berakhot 43a) : celui qui respire un etrog ou des coings bénit « béni... qui a mis une bonne odeur dans les fruits » — cela traite du cas où il l'a pris pour le respirer, ou pour le manger et le respirer ; mais s'il l'a pris pour le manger et qu'il l'a respiré, puisqu'il n'avait pas l'intention de respirer, il n'a pas besoin de bénir dessus. Nos maîtres ont enseigné : celui qui entre dans la boutique d'un parfumeur et respire une odeur, même s'il y reste assis toute la journée, ne bénit qu'une seule fois ; s'il est entré et sorti, entré et sorti, il bénit à chaque fois. Nos maîtres ont enseigné : s'il marchait hors de la ville et a respiré une odeur, si la majorité sont des idolâtres il ne bénit pas, si la majorité sont des Juifs il bénit. Rabbi Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : s'il marchait dans les marchés de Tibériade les veilles de chabbat, ou dans les marchés de Tsipori à la sortie du chabbat, et qu'il ait respiré une odeur, il ne bénit pas, parce qu'il y a présomption que c'est pour parfumer les vêtements. « On ne bénit pas sur la lampe tant que l'on n'a pas profité de sa lumière. » Et combien ? Oula a dit : de quoi distinguer entre un issar et un poundion. Hizkiya a dit : de quoi distinguer entre une monnaie de Tibériade et une monnaie de Tsipori. C'est pourquoi l'on a pris l'usage de regarder ses ongles au moment où l'on bénit sur la lampe, pour montrer que l'on peut en tirer profit et distinguer une pièce d'une autre comme on distingue l'ongle de la chair. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : on ne se met pas en quête de la lumière comme on se met en quête des autres mitsvot, parce que cette bénédiction n'est qu'un simple rappel de ce que la lumière a été créée à la sortie du chabbat ; car si c'était au titre du profit de la lumière que l'on bénissait, il faudrait bénir chaque fois que l'on en profite. À plus forte raison pour les parfums, qui ne sont que pour le repos de l'âme.
💡 Explication

La michna passe du contenu du repas à son cadre collectif. Être assis côté à côté ne crée pas un repas commun : chacun bénit pour lui-même. La hasséba, la position accoudée sur le côté gauche qui marque le repas formel, crée au contraire une unité, et un seul acquitte tous les autres.

Le principe sous-jacent est la keviout, la fixation du repas, déjà rencontrée à propos du pain qui vient en dessert. Elle décide ici non plus de la formule de la bénédiction mais de la possibilité d'un acquittement collectif.

Les Tossafot transposent la règle à un autre mode de vie : la hasséba antique supposait des lits et des tables individuels ; la table commune médiévale produit à elle seule la fixation, de sorte que le simple fait de manger ensemble suffit.

🖼️ Schéma
Assis ou installés : qui bénit pour qui Yechiva — simplement assis Pas de keviout : chacun bénit pour lui-même Rachi : il n'y a pas de repas fixé sans hasséba Hasséba — installés ensemble celui qui bénit Keviout : un seul bénit pour tous Tossafot : notre table commune y équivaut Même critère que pour le pain en dessert : c'est la fixation qui fait le repas.
L'effet du cadre du repas sur l'acquittement collectif de la bénédiction.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).