Berakhot 44b — Jusqu'où s'étend la bénédiction finale, et le grand passage sur les aliments qui nourrissent ou qui nuisent

Berakhot 44b

Sougya : Le folio s'ouvre sur une controverse à trois étages au nom de Rav : sur quels aliments récite-t-on une bénédiction après coup ? Rav Yitshak bar Avdimi s'arrête à l'œuf et à la viande, Rabbi Yitshak ajoute les légumes, Rav Papa ajoute encore l'eau.

La pratique de trois maîtres et un signe mnémotechnique illustrent la controverse, puis une michna de Nidda est opposée à Rav Papa : s'il faut bénir après tout aliment, que reste-t-il qui exige une bénédiction avant sans en exiger après ? La réponse passe par les mitsvot, puis par l'usage des gens d'Erets Israël qui bénissaient en ôtant leurs tefilin, et se résout sur les parfums.

La suite du folio quitte le registre des bénédictions pour celui de la nourriture : la supériorité de l'œuf, la tige de chou de Rabbi Akiva, et surtout une longue baraita médicale détaillant ce qui est bon ou nuisible pour les dents, les intestins, le teint et la vigueur. Chacune de ses clauses est ensuite reprise et précisée : la rate, les poireaux, le légume cru avant la quatrième heure, l'animal trop jeune, le cou de la bête, le chou, le navet et le petit poisson salé.

Sur quoi récite-t-on une bénédiction APRÈS ? Trois seuils au nom de Rav Rav Yitshak bar Avdimi au nom de Rabbenou (Rav) oui : œuf oui : viande (koupra) non : légume non : eau Pratique : Mar Zoutra (un nom) suit deux noms Rabbi Yitshak seuil intermédiaire oui : œuf oui : viande oui : légume non : eau Pratique : Rav Chimi bar Achi (deux noms) suit un nom Rav Papa seuil le plus large oui : œuf oui : viande oui : légume oui : eau Rav Achi : quand j'y pense, je fais comme eux tous Objection à Rav Papa : la michna dit qu'il existe des choses bénies AVANT sans l'être APRÈS. Si tout aliment et toute boisson sont bénis après, que reste-t-il dans cette catégorie ?
Les trois seuils de la bénédiction finale et la pratique des maîtres.
Que vient exclure la michna : « on bénit avant, on ne bénit pas après » ? Michna (Nidda) : tout ce qui exige une bénédiction après exige une bénédiction avant ; l'inverse n'est pas vrai. Rav Yitshak bar Avdimi exclut : le légume Rabbi Yitshak exclut : l'eau Rav Papa exclut quoi ? problème Réponse 1 : les mitsvot (tefilin, tsitsit, chofar, loulav) Mais les gens d'Erets Israël bénissent en ôtant les tefilin Réponse 2 : les parfums (rehani) on bénit avant de sentir, jamais après
Le va-et-vient de la guemara pour sauver l'avis de Rav Papa.
La baraita des aliments et ses huit clauses reprises une à une Clause de la baraita Précision de la guemara Rate : bonne pour les dents, dure pour les intestins la mâcher, puis la recracher Poireaux : durs pour les dents, bons pour les intestins les faire bouillir et les avaler sans mâcher Tout légume cru fait pâlir au premier repas après une saignée Tout ce qui est petit rapetisse même un chevreau de valeur, s'il n'a pas son quart Tout ce qui est nefech restitue le nefech même les petits poissons des roseaux, adultes Ce qui est proche du nefech restitue le nefech le cou, lieu de la chehita, dit le lieu du baroukh Chou pour la nourriture, bettes pour le remède corrige : le chou aussi pour la nourriture Malheur à la maison où passe le navet sans viande, sans vin ou sans bois de cuisson
La baraita médicale et le commentaire clause par clause.
1
אָמַר רַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי מִשּׁוּם רַבֵּינוּ: עַל הַבֵּיעָא וְעַל מִינֵי קֻופְרָא, בַּתְּחִלָּה מְבָרֵךְ ״שֶׁהַכֹּל״, וּלְבַסּוֹף ״בּוֹרֵא נְפָשׁוֹת רַבּוֹת וְכוּ׳״. אֲבָל יַרְקָא לֹא. וְרַבִּי יִצְחָק אָמַר: אֲפִילּוּ יַרְקָא, אֲבָל מַיָּא — לָא. וְרַב פָּפָּא אָמַר: אֲפִילּוּ מַיָּא.

Rav Yitshak bar Avdimi a dit au nom de notre maître (Rav) : sur l'œuf et sur les diverses sortes de viande (koupra), on récite d'abord « chehakol » et à la fin « bore nefachot rabbot, etc. ». Mais un légume, non.

Et Rabbi Yitshak a dit : même un légume ; mais l'eau, non. Et Rav Papa a dit : même l'eau.

📜 Rachi (2)
קֻופְרָא כָּל מִינֵי בָּשָׂר:
Koupra : toutes les sortes de viande.
אֲבָל יַרְקָא לֹא צָרִיךְ לְבָרוֹכֵי אַחֲרֶיהָ:
« Mais un légume, non » : c'est-à-dire qu'il n'y a pas lieu de réciter une bénédiction après l'avoir mangé.
💡 Explication

La michna précédente a établi qu'on récite une bénédiction avant de manger. Reste la question de la berakha aharona, la bénédiction finale, pour les aliments qui ne relèvent ni du pain ni des sept espèces. Trois avis se succèdent, chacun élargissant le précédent d'un cran.

Le premier limite la bénédiction finale à ce qui nourrit vraiment : l'œuf et la viande. Le deuxième y ajoute le légume. Le troisième y ajoute l'eau, qui ne nourrit pas du tout. Toute la sougya va se jouer sur ce dernier seuil, car plus on élargit, moins il reste d'aliments bénis avant sans l'être après.

🖼️ Schéma
Sur quoi récite-t-on une bénédiction APRÈS ? Trois seuils au nom de Rav Rav Yitshak bar Avdimi au nom de Rabbenou (Rav) oui : œuf oui : viande (koupra) non : légume non : eau Pratique : Mar Zoutra (un nom) suit deux noms Rabbi Yitshak seuil intermédiaire oui : œuf oui : viande oui : légume non : eau Pratique : Rav Chimi bar Achi (deux noms) suit un nom Rav Papa seuil le plus large oui : œuf oui : viande oui : légume oui : eau Rav Achi : quand j'y pense, je fais comme eux tous Objection à Rav Papa : la michna dit qu'il existe des choses bénies AVANT sans l'être APRÈS. Si tout aliment et toute boisson sont bénis après, que reste-t-il dans cette catégorie ?
Les trois seuils et la pratique de leurs tenants.
2
מָר זוּטְרָא עָבֵיד כְּרַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי, וְרַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי עָבֵיד כְּרַבִּי יִצְחָק. וְסִימָנְךָ: חַד כִּתְרֵי, וּתְרֵי כְּחַד.

Mar Zoutra agissait comme Rav Yitshak bar Avdimi, et Rav Chimi bar Achi agissait comme Rabbi Yitshak. Et ton signe (mnémotechnique) : un comme deux, et deux comme un.

📜 Rachi (2)
חַד כִּתְרֵי מַר זוּטְרָא שֶׁהֻוזְכַּר כָּאן יָחִיד בְּלֹא שֵׁם אָבִיו עָבֵיד כְּרַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי שֶׁהֻוזְכַּר בִּשְׁמוֹ וּבְשֵׁם אָבִיו:
« Un comme deux » : Mar Zoutra, mentionné ici seul, sans le nom de son père, agissait comme Rav Yitshak bar Avdimi, mentionné par son nom et par celui de son père.
וּתְרֵי כְּחַד מָר בַּר רַב אָשֵׁי שֶׁהֻוזְכַּר בִּשְׁמוֹ וּבְשֵׁם אָבִיו עֲבִיד כַּר' יִצְחָק שֶׁהֻוזְכַּר יָחִיד:
« Et deux comme un » : Mar bar Rav Achi, mentionné par son nom et par celui de son père, agissait comme Rabbi Yitshak, mentionné seul.
💡 Explication

La guemara donne un procédé de mémorisation fondé sur le nombre de noms de chaque maître. Mar Zoutra est nommé seul, sans le nom de son père : un seul nom. Il suit Rav Yitshak bar Avdimi, qui en porte deux. Rav Chimi bar Achi en porte deux et suit Rabbi Yitshak, nommé seul. D'où la formule : un comme deux, deux comme un.

3
אָמַר רַב אַשִּׁי: אֲנָא, זִמְנָא דְּכִי מַדְכַּרְנָא, עָבֵידְנָא כְּכוּלְּהוּ.

Rav Achi a dit : moi, chaque fois que je m'en souviens, je fais comme eux tous.

📜 Rachi (1)
כְּכוּלְּהוּ אַף כְּרַב פָּפָּא:
« Comme eux tous » : y compris comme Rav Papa.
🗂️ Tossefot (1)
עָבֵידְנָא כְּכוּלְּהוּ וְכֵן אָנוּ נוֹהֲגִין כְּרַב אַשִּׁי דִּמְבָרְכִינַן בָּתַר מַיָּא וּבָתַר יַרְקָא בּוֹרֵא נְפָשׁוֹת רַבּוֹת:
« Je fais comme eux tous » — et telle est notre pratique, comme Rav Achi : nous récitons après l'eau et après le légume « bore nefachot rabbot ».
💡 Explication

Rav Achi ne tranche pas la controverse : il adopte la conduite la plus large, celle qui satisfait les trois avis à la fois. Puisque Rav Papa est le plus englobant, bénir après l'eau revient à bénir aussi après le légume et après la viande. Les Tossefot y voient l'usage établi.

4
תְּנַן: כָּל שֶׁטָּעוּן בְּרָכָה לְאַחֲרָיו — טָעוּן בְּרָכָה לְפָנָיו, וְיֵשׁ שֶׁטָּעוּן בְּרָכָה לְפָנָיו, וְאֵין טָעוּן בְּרָכָה לְאַחֲרָיו. בִּשְׁלָמָא לְרַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי, לְאַפּוֹקֵי יַרְקָא. לְרַבִּי יִצְחָק, לְאַפּוֹקֵי מַיָּא, אֶלָּא לְרַב פָּפָּא, לְאַפּוֹקֵי מַאי?

Nous avons appris (dans une michna) : tout ce qui exige une bénédiction après exige une bénédiction avant ; et il y a ce qui exige une bénédiction avant et n'exige pas de bénédiction après. Soit, pour Rav Yitshak bar Avdimi, c'est pour exclure le légume ; pour Rabbi Yitshak, pour exclure l'eau ; mais pour Rav Papa, pour exclure quoi ?

📜 Rachi (2)
כָּל שֶׁטָּעוּן בְּרָכָה מִשְׁנָה הִיא בְּמַסֶּכֶת נִדָּה:
« Tout ce qui exige une bénédiction » : c'est une michna dans le traité Nidda.
לִמְעוּטֵי יַרְקָא וכ"ש מַיָּא:
« Pour exclure le légume » : et à plus forte raison l'eau.
💡 Explication

La michna pose une règle à sens unique : la bénédiction finale entraîne toujours la bénédiction initiale, mais l'inverse n'est pas vrai. Elle affirme donc l'existence d'une catégorie intermédiaire : ce qui se bénit avant seulement.

Chaque avis remplit cette catégorie avec ce qu'il exclut de la bénédiction finale. Rav Papa, qui n'exclut rien, se retrouve avec une catégorie vide, ce qui contredirait la michna. C'est la difficulté que la guemara va devoir résoudre.

🖼️ Schéma
Que vient exclure la michna : « on bénit avant, on ne bénit pas après » ? Michna (Nidda) : tout ce qui exige une bénédiction après exige une bénédiction avant ; l'inverse n'est pas vrai. Rav Yitshak bar Avdimi exclut : le légume Rabbi Yitshak exclut : l'eau Rav Papa exclut quoi ? problème Réponse 1 : les mitsvot (tefilin, tsitsit, chofar, loulav) Mais les gens d'Erets Israël bénissent en ôtant les tefilin Réponse 2 : les parfums (réhani) on bénit avant de sentir, jamais après
Le contenu de la catégorie intermédiaire selon chaque avis.
5
לְאַפּוֹקֵי מִצְוֹת.

Pour exclure les mitsvot.

📜 Rachi (1)
לִמְעוּטֵי מִצְוֹת אֵין מְבָרְכִין כְּשֶׁמְּסַלְּקִין תְּפִילִּין וְצִיצִית וְאַחַר תְּקִיעַת שׁוֹפָר וְלוּלָב:
« Pour exclure les mitsvot » : on ne récite pas de bénédiction lorsqu'on ôte les tefilin et les tsitsit, ni après la sonnerie du chofar et le loulav.
💡 Explication

La réponse déplace la catégorie hors du domaine alimentaire. Les mitsvot se bénissent avant leur accomplissement et jamais après : mettre les tefilin, les tsitsit, sonner du chofar, prendre le loulav. La michna garde donc un contenu, même pour Rav Papa.

6
וְלִבְנֵי מַעֲרָבָא, דְּבָתַר דִּמְסַלְּקִי תְּפִילַּייְהוּ מְבָרְכִי ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לִשְׁמוֹר חֻקָּיו״, לְאַפּוֹקֵי מַאי?

Et selon les gens de l'Occident (Erets Israël), qui, après avoir ôté leurs tefilin, récitent « qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de garder Ses lois », pour exclure quoi ?

🗂️ Tossefot (1)
וְלִבְנֵי מַעֲרָבָא דִּמְבָרְכִין הָכֵי בָּתַר וְכוּ' וַאֲנַן לָא עָבְדִינַן כִּבְנֵי מַעֲרָבָא דְּדַוְקָא לְדִידְהוּ שֶׁהָיָה דַּרְכָּם לְסַלְּקָם בַּלַּיְלָה שַׁייְכָא בְּרָכָה דְּלִשְׁמוֹר חֻקָּיו כְּדִכְתִיב וְשָׁמַרְתָּ אֶת הַחֻקָּה הַזֹּאת לְמוֹעֲדָהּ מִיָּמִים וְגוֹ' אֲבָל אָנוּ שֶׁמְּסַלְּקִין אוֹתָן בַּחֲצִי הַיּוֹם אוֹ אַפֵּי' נִסְלָקָן בַּלַּיְלָה לֹא שַׁיָּיךְ חֻקָּה וְדַוְקָא לְדִידְהוּ דְּקָסָבְרִי לַיְלָה לָאו זְמַן תְּפִילִּין הוּא וּמִיָּמִים יָמִימָה אֲתָא לְמַעוּטֵי לֵילוֹת שָׁיְיכָא בְּרָכָה דָּחֲקָה אֲבָל אֲנַן דקי"ל דְּלַיְלָה זְמַן תְּפִילִּין הוּא וַאֲנַן מְשִׂימִין הַפָּסוּק וְשָׁמַרְתָּ הַחֻקָּה וְגוֹ' בְּפֶסַח וּמַה שֶׁאֵין אָנוּ מַנִּיחִים אוֹתָן בַּלַּיְלָה מִפְּנֵי שֶׁמָּא יָפִיחַ בָּהֶן אַפֵּי' נַמְתִּין לְסַלְּקָן עַד הַלַּיְלָה לָא מְבָרְכִינַן אע"ג דַּאֲנַן קַיְימָא לַן דְּשַׁבָּת וי"ט לָאו זְמַן תְּפִילִּין אַפֵּ"ה לָא מְבָרְכִינַן דְּדַוְקָא לְדִידְהוּ דִּסְבִירָא לְהוּ חֻקָּה קָאֵי אַתְּפִילִּין מְבָרְכִי' וְתֵדַע שֶׁהֲרֵי אִינְהוּ נָמֵי לֹא הָיוּ מְבָרְכִין אֶלָּא אַתְּפִילִּין לְחוּדַייְהוּ מִשּׁוּם דִּכְתִיב בְּהוּ חֻקָּה אֲבָל אַשְּׁאָר מִצְוֹת כְּגוֹן צִיצִית וְלוּלָב וְסֻוכָּה לֹא הָיוּ מְבָרְכִין (וה"ה הָכָא) וְקָשֶׁה דְּהָוֵי מָצֵי לְשַׁנּוּיֵי הָכִי לְאַפּוֹקֵי שְׁאָר מִצְוֹת אַפֵּי' לִבְנֵי מַעֲרָבָא:
« Et selon les gens de l'Occident, qui bénissent ainsi après, etc. » — Et nous, nous n'agissons pas comme les gens de l'Occident : cette bénédiction « de garder Ses lois » ne convient qu'à eux, dont l'usage était d'ôter les tefilin la nuit, ainsi qu'il est écrit « tu garderas cette loi en son temps, de jour en jour, etc. ». Mais nous, qui les ôtons au milieu du jour — et même si nous attendions la nuit pour les ôter — le terme « loi » (houka) ne s'y applique pas. Et cela ne vaut que pour eux, qui tiennent que la nuit n'est pas un temps de tefilin et que « de jour en jour » vient exclure les nuits : chez eux la bénédiction de la « loi » a sa place. Mais nous, qui tenons pour établi que la nuit est un temps de tefilin et qui rapportons le verset « tu garderas cette loi, etc. » à Pessa'h — si nous ne les mettons pas la nuit, c'est par crainte d'un relâchement du corps —, même si nous attendions la nuit pour les ôter, nous ne réciterions pas de bénédiction. Et bien que nous tenions que le chabbat et les jours de fête ne sont pas un temps de tefilin, nous ne bénissons pas pour autant : seuls eux, qui tiennent que le terme « loi » se rapporte aux tefilin, bénissaient. La preuve : eux non plus ne bénissaient que sur les tefilin seuls, parce que le terme « loi » est écrit à leur sujet, mais sur les autres mitsvot, comme les tsitsit, le loulav et la souka, ils ne bénissaient pas (et il en va de même ici). Et il y a une difficulté : la guemara aurait pu répondre ainsi, « pour exclure les autres mitsvot », même selon les gens de l'Occident.
💡 Explication

La réponse précédente supposait qu'aucune mitsva ne reçoit de bénédiction après coup. Or les maîtres d'Erets Israël, appelés ici bnei maarava, les gens de l'Occident, récitaient bien une formule en ôtant les tefilin. Pour eux, les mitsvot ne remplissent plus la catégorie, et la difficulté contre Rav Papa revient.

Les Tossefot expliquent longuement pourquoi cet usage ne s'est pas imposé chez nous : il tient à une lecture particulière du verset « tu garderas cette loi en son temps » et à la position selon laquelle la nuit n'est pas un temps de tefilin.

7
לְאַפּוֹקֵי רֵיחָנֵי.

Pour exclure les parfums.

💡 Explication

Réponse finale : les réhani, les senteurs. On récite une bénédiction avant de humer un parfum, jamais après. Même pour les gens d'Erets Israël, la catégorie intermédiaire de la michna garde donc un contenu, et l'avis de Rav Papa tient.

8
אָמַר רַבִּי יַנַּאי אָמַר רַבִּי: כָּל שֶׁהוּא כַּבֵּיצָה — בֵּיצָה טוֹבָה מִמֶּנּוּ. כִּי אֲתָא רָבִין אֲמַר: טָבָא בֵּיעֲתָא מְגֻולְגַּלְתָּא מִשִּׁיתָּא קְיָיסֵי סֻולְתָּא. כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר: טָבָא בֵּיעֲתָא מְגֻולְגַּלְתָּא — מְשִׁיתָא, מְטַוִּיתָא — מֵאַרְבַּע, מְבוּשַּׁלְתָּא — כָּל שֶׁהוּא כַּבֵּיצָה, בֵּיצָה טוֹבָה הֵימֶנּוּ, לְבַר מִבִּשְׂרָא.

Rabbi Yannaï a dit au nom de Rabbi : tout ce qui a le volume d'un œuf, l'œuf est meilleur que cela. Quand Ravin est venu (d'Erets Israël), il a dit : un œuf mollet vaut mieux que six kaysséi de fleur de farine.

Quand Rav Dimi est venu, il a dit : un œuf mollet vaut mieux que six ; rôti, que quatre ; cuit dans l'eau — tout ce qui a le volume d'un œuf, l'œuf est meilleur que cela, sauf la viande.

📜 Rachi (6)
כָּל שֶׁהוּא כַּבֵּיצָה אֵין לְךָ מִין מַאֲכָל שִׁיעוּר כַּבֵּיצָה שֶׁלֹּא תְּהֵא בֵּיצָה טוֹבָה לַגּוּף מִמֶּנּוּ:
« Tout ce qui a le volume d'un œuf » : il n'existe aucune espèce d'aliment, pris en quantité d'un œuf, dont l'œuf ne soit meilleur pour le corps.
מְגֻולְגַּלְתָּא צְלוּיָה לַחָה וְרַכָּה שֶׁשּׂוֹרְפִין אוֹתָהּ:
Megulgelet : passé au feu, humide et mou, qu'on brûle légèrement.
מְגֻולְגַּלְתָּא מְשִׁיתָא טוֹבָה מְשִׁיתָא קְיָיסֵי:
« Megulgelet, plus que six » : il est meilleur que six kaysséi.
קְייָסֵי מִדּוֹת מַחֲזִיקוֹת לוֹג:
Kaysséi : des mesures contenant un log.
מְטַוִּיתָא צְלוּיָה קָשָׁה טוֹבָה מֵאַרְבַּע קְיָיסֵי:
Metavita : rôti ferme — il est meilleur que quatre kaysséi.
מְבוּשַּׁלְתָּא בְּמַיִם עָלָה א"ר יַנַּאי כֹּל שֶׁהוּא כְּבֵיצָה בֵּיצָה טוֹבָה מִמֶּנּוּ:
Mevouchalta : cuit dans l'eau — à son sujet s'applique ce qu'a dit Rabbi Yannaï : tout ce qui a le volume d'un œuf, l'œuf est meilleur que cela.
🪔 Ben Yehoyada (3)
טָבָא בֵּיעֲתָא מְגֻולְגַּלְתָּא, מְשִׁיתָא קִיסִּי סֻולְתָּא. נִרְאֶה לִי בס"ד בֵּיצָה מְגֻולְגֶּלֶת שֶׁהִיא לַחָה וְרַכָּה נֹחַ לָאָדָם בַּאֲכִילָתָהּ, וְהִיא רוֹמֶזֶת לְחֵלֶק הַסּוֹד שֶׁלִּימּוּדוֹ נָח לְאָדָם שֶׁאֵין בּוֹ קֻושְׁיוֹת אֶלָּא הוּא דְּבָרִים בְּרוּרִים , מִפְּנֵי שֶׁאֵין הָאָדָם יָכוֹל לְחַדֵּשׁ בּוֹ דָּבָר מִסְּבָרַת הָרֹאשׁ, וְכַנִּזְכָּר בַּזֹּוהַר הַקָּדוֹשׁ, וְזֶה שֶׁנֶּאֱמַר טוֹב דָּבָר אֶחָד שֶׁל לִימּוּד הַסּוֹד שֶׁנִּמְשַׁל לְבֵיצָה מְגֻולְגֶּלֶת, מְשִׁיתָא קְיָיסֵי סֻולְתָּא, רְצוֹנוֹ לוֹמַר מִשִּׁשָּׁה סִדְרֵי מִשְׁנָה שֶׁהָאָדָם נִסְבַּךְ בָּהֶם בְּקֻושְׁיַת וַהֲוָיוֹת דְּאַבַּיֵּי וְרָבָא.
« Un œuf mollet vaut mieux que six kaysséi de fleur de farine. » Il me semble, avec l'aide du Ciel : l'œuf mollet, humide et mou, est aisé à manger, et il fait allusion à la partie du sod (secret), dont l'étude est aisée pour l'homme, car elle ne comporte pas de difficultés mais des choses claires, puisque l'homme n'y peut rien innover par le raisonnement de sa tête, comme il est rapporté dans le saint Zohar. Et c'est ce qui est dit : meilleure est une seule parole de l'étude du sod, comparée à l'œuf mollet, que six kaysséi de fleur de farine, c'est-à-dire que les six ordres de la Michna, dans lesquels l'homme se trouve enchevêtré parmi les difficultés et les développements d'Abaye et de Rava.
כָּל שֶׁהוּא כַּבֵּיצָה, בֵּיצָה טוֹבָה הֵימֶנּוּ. נִרְאֶה לִי בס"ד בֵּיצָה אֵין לָהּ פֶּה לְכָךְ הִיא מַאֲכַל אֲבֵלִים בַּר מִינָן, וְזֶה שֶׁאָמַר כָּל שֶׁהוּא מִתְנַהֵג בְּדִבְרֵי תּוֹרָה כַּבֵּיצָה שֶׁאֵין לָהּ פֶּה כֵּן הוּא פִּיו סָתוּם בְּדִבְרֵי תּוֹרָה, אֲפִילּוּ בֵּיצָה שֶׁהִיא בְּזוֹל וּמְצוּיָה אֵצֶל הַכֹּל הִיא טוֹבָה הֵימֶנּוּ , כִּי זוֹ אֵין לָהּ פֶּה מֵעִיקָּרָא אֲבָל זֶה בָּרָא לוֹ הקב"ה פֶּה לְדַבֵּר בּוֹ בְּדִבְרֵי תּוֹרָה וְהוּא סוֹתְמוֹ בְּיָדַיִם. אוֹ יוּבָן בס"ד יֵשׁ תַּרְנְגֹולֶת עוֹשָׂה בְּצִים מִזֶּרַע הַתַּרְנְגוֹל שֶׁבָּא עָלֶיהָ, וְיֵשׁ סִפְנָא מֵאַרְעָא, וְכָתְבוּ הָרִאשׁוֹנִים זַ"ל בַּגְּמָרָא דְּבֵיצָה דְּאִם הַבֵּיצָה הִיא מֵאוֹתָהּ דְּסָפֵנָא מֵאַרְעָא אֵין בֵּיצָה זוֹ מְגַדֶּלֶת אֶפְרוֹחַ, יְעַיֵּין שָׁם, וְלָזֶה יְדַמֶּה הַלּוֹמֵד תּוֹרָה שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ שֶׁאֵין דִבְרֵי תוֹרָה שֶׁלּוֹמֵד עוֹשִׂים פְּרִי, כִּי הוּא לִמְּדָם בִּשְׁבִיל הֲנָאַת הַחֹומֶר הַמִּתְייַחֵס לְאַרְעָא, אַךְ הַלּוֹמֵד תּוֹרָה לִשְׁמָהּ מַחְכִּים בְּדִבְרֵי תּוֹרָה שֶׁלּוֹמֵד עוֹשִׂים פְּרִי, כִּי הוּא לִמְּדָם בִּשְׁבִיל הֲנָאַת הַחֹומֶר הַמִּתְייַחֵס לְאַרְעָא, אַךְ הַלּוֹמֵד תּוֹרָה לִשְׁמָהּ מַחְכִּים בְּדִבְרֵי תּוֹרָה אֵלּוּ שֶׁלּוֹמֵד וְעוֹשֶׂה פְּרִי לְהָבִין דָּבָר מִתּוֹךְ דָּבָר וּלְאַסּוֹקֵי שְׁמַעְתָּתָא אַלִּיבָּא דְּהִלְכְתָא, וְזֶה יִדְמֶה לְבֵיצָה שֶׁבָּאָה מִזֶּרַע הַתַּרְנְגוֹל וְלֹא דְּסָפֵנָא מֵאַרְעָא. וְהִנֵּה אֵלּוּ וְאֵלּוּ מְכַוְּנִים בְּשֵׁם בֵּיצָה, אַךְ אוֹתָם דְּאָתוּ מִסִּפְנָא מֵאַרְעָא שֶׁאֵין מְגַדְּלִים אֶפְרוֹחִים נִקְרֵאת בֵּיצָה, הַצָּדִי' בְּדָגֵשׁ, כְּמוֹ (אִיּוֹב ח, יא) הֲיִגְאֶה גֹּמֶא בְּלֹא בִצָּה, שֶׁהוּא רְצוֹנוֹ לוֹמַר טִיט וְחוֹל, וְכֵן (שָׁם מ, כא) בַּסֵּתֶר קָנֶה וּבִצָּה שֶׁהוּא לְשׁוֹן טִיט וְחוֹל, וְאֵלּוּ הֵם בֵּיצָה הַצִּדִּי' בְּדָגֵשׁ, כִּי כֵן זוֹ שֶׁאֵינָהּ מְגַדֶּלֶת אֶפְרוֹחִים מֵחֲמַת דְּאִימָּא סִפְנָא מֵאַרְעָא הִנֵּה כִּי כְּמוֹ טִיט וְחוֹל לָכֵן נִקְרֵאת הַצָּדִי' בְּדָגֵשׁ, אֲבָל הַמְגַדֶּלֶת אֶפְרוֹחִים נִקְרֵאת בֵּיצָה בְּלֹא דָּגֵשׁ, כִּי בֵּיצָה בְּלֹא דָּגֵשׁ הוּא לְשׁוֹן בִּצְבּוּץ, שֶׁהוּא עִנְיַן הַפְרָחָה, כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב מְבַצְבֵּץ וְעוֹלֶה, כִּי בֵּיצָה זוֹ מְבַצְבֵּץ מִמֶּנָּה אֶפְרוֹחַ וְעַל שֵׁם כָּךְ נִקְרֵאת בֵּיצָה, וְזֶה שֶׁאָמַר כָּל שֶׁהוּא בֵּיצָה , הַצָּדִי' בְּדָגֵשׁ, רְצוֹנוֹ לוֹמַר שֶׁלּוֹמֵד שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, שֶׁלִּימּוּדוֹ כְּמוֹ אוֹתָהּ דְּאָתְייָא מִסִּפְנָא מֵאַרְעָא שֶׁאֵינָהּ מְגַדֶּלֶת אֶפְרוֹחִים, כֵּן הוּא הַחֹומֶר הַמִּתְייַחֵס לְאַרְעָא חִמֵּם אוֹתוֹ לְלִימּוּד זֶה, הִנֵּה בֵּיצָה בְּלֹא דָּגֵשׁ שֶׁהִיא מְגַדֶּלֶת אֶפְרוֹחִים טוֹבָה הֵימֶנּוּ , כִּי זוֹ מְגַדֶּלֶת אֶפְרוֹחִים אֲבָל לִימּוּדוֹ אֵינוֹ מְגַדֵּל אֶפְרוֹחִים, שֶׁאֵינוֹ מַחְכִּים לַעֲשׂוֹת מִמֶּנּוּ פְּרִי.
« Tout ce qui a le volume d'un œuf, l'œuf est meilleur que cela. » Il me semble, avec l'aide du Ciel : l'œuf n'a pas de bouche, c'est pourquoi il est l'aliment des endeuillés, que cela nous soit épargné. Et voici ce qui est dit : quiconque se conduit dans les paroles de Torah comme un œuf, qui n'a pas de bouche, sa propre bouche étant fermée aux paroles de Torah, même l'œuf, qui est bon marché et se trouve chez tous, est meilleur que lui : car l'œuf n'a pas de bouche des l'origine, tandis que celui-là, le Saint béni soit-Il lui a créé une bouche pour dire par elle des paroles de Torah, et il la ferme de ses mains. On peut aussi le comprendre ainsi, avec l'aide du Ciel : il y a une poule qui pond des œufs à partir de la semence du coq qui l'a couverte, et il y a l'œuf issu de la terre (safna me-ara) ; les Richonim, de mémoire bénie, ont écrit dans la guemara de Betsa que si l'œuf provient de ceux qui sont issus de la terre, cet œuf ne fait pas éclore de poussin — vois-y. À cela ressemble celui qui étudie la Torah non pour elle-même : les paroles de Torah qu'il étudie ne portent pas de fruit, car il les a étudiées pour la jouissance de la matière, qui se rattache à la terre. Mais celui qui étudie la Torah pour elle-même s'assagit par ces paroles de Torah qu'il étudie, et elles portent du fruit, pour comprendre une chose à partir d'une autre et conclure la halakha ; celui-là ressemble à l'œuf venu de la semence du coq et non de la terre. Or les deux sont appelés du nom de betsa ; mais ceux qui viennent de la terre et ne font pas éclore de poussins sont appelés betsa avec le tsadé fort (daguech), comme dans « le jonc croît-il sans marais (bitsa) ? » (Iyov 8, 11), ce qui veut dire boue et sable, et de même « dans le secret des roseaux et du marais (bitsa) » (ibid. 40, 21), qui est un terme de boue et de sable — ceux-là sont betsa avec le tsadé fort : car cet œuf, qui ne fait pas éclore de poussins parce que sa mère est issue de la terre, est comme boue et sable, et c'est pourquoi on le nomme avec le tsadé fort. Mais celui qui fait éclore des poussins est appelé betsa sans daguech, car betsa sans daguech est un terme de bourgeonnement, qui désigne l'éclosion, comme il est écrit « bourgeonnant et montant » : de cet œuf en effet le poussin bourgeonne, et c'est pour cela qu'il est appelé betsa. Et voici ce qui est dit : quiconque est betsa avec le tsadé fort — c'est-à-dire qui étudie non pour elle-même, son étude ressemblant à l'œuf venu de la terre qui ne fait pas éclore de poussins, la matière rattachée à la terre l'ayant échauffé pour cette étude —, voici que la betsa sans daguech, qui fait éclore des poussins, est meilleure que lui : car celle-ci fait éclore des poussins, tandis que son étude n'en fait pas éclore, puisqu'elle ne l'assagit pas au point d'en tirer du fruit.
טָבָא בֵּיעֲתָא מְגֻולְגַּלְתָּא מִשִּׁיתָּא מִטְּוִיתָא, מֵאַרְבַּע מְבוּשַּׁלְתָּא. נִרְאֶה לִי בס"ד בֵּיצָה מְגֻולְגֶּלֶת רֶמֶז לְחַלֵּק הַסּוֹד, כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ לְעֵיל שִׁיתָּא מְטַוִּיתָא הוּא סֵדֶר טְהָרוֹת שֶׁהוּא חֵלֶק שִׁשִּׁי מִשִּׁשָּׁה סְדָרִים, וְאַרְבַּע מְבוּשַּׁלְתָּא הֵם סֵדֶר זְרָעִים מוֹעֵד נָשִׁים נְזִיקִין, כִּי אֵלּוּ הָאַרְבַּע לִימּוּדָם קַל מִסֵּדֶר טְהָרוֹת שֶׁהוּא סֵדֶר הַשִּׁישִּׁי, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ בַּגְּמָרָא דְּאָמַר לוֹ אֵלִיָּהוּ זָכוּר לַטּוֹב לְאוֹתוֹ חָכָם לָא תָּנֵי מַר סֵדֶר נְגָעִים, וְהֵשִׁיב לוֹ בְּאַרְבְּעָה לָא מָצֵינָא בְּשִׁיתָּא מָצֵינָא, וְכֵן הַטֶּבַע שֶׁל בְּצִים בֵּיצָה מְגֻולְגֶּלֶת קַלָּה הִיא מְאֹד, אַךְ מְבֻושֶּׁלֶת הִיא כְּבֵידָה מִמֶּנָּה, וְהַצְּלוּיָה כְּבֵדָה יוֹתֵר מִן הַמְבֻושֶּׁלֶת.
« Un œuf mollet vaut mieux que six ; rôti, que quatre ; cuit dans l'eau. » Il me semble, avec l'aide du Ciel : l'œuf mollet fait allusion à la partie du sod, comme on l'a dit plus haut. « Six », le rôti, c'est l'ordre de Taharot, qui est la sixième partie des six ordres ; et « quatre », le cuit dans l'eau, ce sont les ordres Zeraïm, Moed, Nachim et Nezikin, car l'étude de ces quatre-là est plus légère que celle de l'ordre Taharot, qui est le sixième. Ainsi qu'il est dit dans la guemara, où Eliyahou, que son souvenir soit en bien, dit à ce sage : le maître n'a-t-il pas étudié l'ordre des Negaïm ? Et il lui répondit : dans les quatre je ne m'en tire pas, dans les six m'en tirerais-je ? Et telle est aussi la nature des œufs : l'œuf mollet est très léger, le cuit dans l'eau est plus lourd que lui, et le rôti plus lourd encore que le cuit dans l'eau.
💡 Explication

Le folio quitte les bénédictions pour la valeur nutritive des aliments, sujet qui a servi de transition puisque l'œuf ouvrait la controverse. La règle de Rabbi Yannaï compare à volume égal : l'œuf l'emporte sur tout.

Rav Dimi affine selon le mode de cuisson. Le kayssa est une mesure d'un log. L'œuf à peine passé au feu vaut six mesures de fleur de farine, l'œuf bien rôti quatre seulement, et l'œuf cuit dans l'eau retombe à la règle générale. Une exception subsiste : la viande.

🖼️ Schéma
L'échelle de Rav Dimi : plus l'œuf est peu cuit, plus il vaut Megulgelet à peine passé au feu, mou vaut 6 kaysséi Metavita rôti ferme vaut 4 kaysséi Mevouchalta cuit dans l'eau règle générale de R. Yannai 1 kayssa = 1 log Règle de Rabbi Yannai : à volume égal, l'œuf l'emporte sur tout aliment — sauf la viande.
L'échelle de Rav Dimi selon la cuisson de l'œuf.
9
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר אֲפִילּוּ אָכַל שֶׁלֶק כּוּ׳: וּמִי אִיכָּא מִידֵּי דְּהָוֵה שֶׁלֶק מְזוֹנֵי? אָמַר רַב אַשִּׁי: בְּקֶלַח שֶׁל כְּרוּב שָׁנוּ.

« Rabbi Akiva dit : même s'il a mangé un légume bouilli, etc. » : y a-t-il une chose telle qu'un légume bouilli soit une nourriture (mazon) ? Rav Achi a dit : on a enseigné cela à propos d'une tige de chou.

📜 Rachi (1)
בְּקֶלַח שֶׁל כְּרוּב שָׁנוּ שֶׁהוּא מָזוֹן דְּתַנְיָא לְקַמָּן כְּרוּב לְמָזוֹן:
« On a enseigné cela à propos d'une tige de chou » : parce qu'elle est une nourriture (mazon), comme il est enseigné plus loin : le chou pour la nourriture.
💡 Explication

Retour à la michna du chapitre. Rabbi Akiva admet qu'un repas de légume bouilli pris comme aliment principal entraîne le birkat hamazon. La guemara s'étonne : un légume n'est pas une nourriture au sens plein.

Rav Achi restreint le cas à la tige de chou, seul légume que la baraita citée plus loin classe dans la nourriture.

10
תָּנוּ רַבָּנַן: טְחוֹל יָפֶה לַשִּׁינַּיִם וְקָשֶׁה לִבְנֵי מֵעַיִם. כְּרֵישִׁין קָשִׁין לַשִּׁינַּיִם וְיָפִין לִבְנֵי מֵעַיִם. כָּל יָרָק חַי מוֹרִיק, וְכָל קָטָן מַקְטִין, וְכָל נֶפֶשׁ מֵשִׁיב אֶת הַנֶּפֶשׁ, וְכָל קָרוֹב לַנֶּפֶשׁ מֵשִׁיב אֶת הַנֶּפֶשׁ. כְּרוּב לְמָזוֹן, וּתְרָדִין לִרְפוּאָה. אוֹי לוֹ לַבַּיִת שֶׁהַלֶּפֶת עוֹבֶרֶת בְּתוֹכוֹ.

Nos maîtres ont enseigné : la rate est bonne pour les dents et dure pour les intestins ; les poireaux sont durs pour les dents et bons pour les intestins. Tout légume cru fait pâlir ; tout ce qui est petit rapetisse ; tout ce qui est nefech restitue le nefech ; et tout ce qui est proche du nefech restitue le nefech.

Le chou pour la nourriture, les bettes pour le remède. Malheur à la maison dans laquelle passe le navet.

📜 Rachi (6)
כְּרֵישִׁין כָּרַתִּי:
Krichin : des poireaux (karti).
כָּל יָרָק חַי מוֹרִיק נוֹטֵל תֹּואַר הַפָּנִים:
« Tout légume cru fait pâlir » : il ôte l'éclat du visage.
כָּל קָטָן שֶׁלֹּא גָּדֵל כָּל צָרְכּוֹ וּלְקַמָּן מְפָרֵשׁ כַּמָּה כָּל צָרְכּוֹ:
« Tout ce qui est petit » : qui n'a pas grandi autant qu'il le faut ; plus loin on explique ce qu'est « autant qu'il le faut ».
כָּל נֶפֶשׁ דָּבָר חַי הַנֶּאֱכָל שָׁלֵם כְּגוֹן דָּגִים קְטַנִּים שֶׁגָּדְלוּ כָּל צָרְכָן:
« Tout ce qui est nefech » : une chose vivante que l'on mange entière, comme de petits poissons ayant atteint toute leur croissance.
הַקָּרוֹב לַנֶּפֶשׁ הָאוֹכֵל מִן הַבְּהֵמָה בִּמְקוֹם חַיּוּת שֶׁלָּהּ וּלְקַמָּן מְפָרֵשׁ לָהּ:
« Ce qui est proche du nefech » : ce qu'on mange de l'animal à l'endroit de sa vitalité ; plus loin on l'explique.
אוֹי לְבֵית לַכָּרֵס הָאוֹכֵל לֶפֶת:
« Malheur à la maison » : au ventre de celui qui mange du navet.
🪔 Ben Yehoyada (3)
כָּל יָרָק חַי מוֹרִיק. קָשֶׁה עִנְיָן זֶה אֵינוֹ נוֹגֵעַ לִבְרִיאוּת הַגּוּף, אֶלָּא הוּא לְנוֹי הַפָּנִים, וְאַמַּאי נִכְתַּב דָּבָר זֶה בַּתַּלְמוּד? וְנִרְאֶה לִי בס"ד שֶׁבָּא לְלַמְּדֵנוּ אִם תִּרְאֶה תַּלְמִיד חָכָם פָּנָיו מוֹרִיקוֹת, אַל תְּהַרְהֵר אַחֲרָיו לוֹמַר אֵין זֶה לוֹמֵד תּוֹרָה לִשְׁמָהּ, שֶׁהַלּוֹמֵד תּוֹרָה לִשְׁמָהּ פָּנָיו מְאִירוֹת, דִּכְתִיב (קֹהֶלֶת ח' א') חָכְמַת אָדָם תָּאִיר פָּנָיו, אוֹ שֶׁמָּא בַּעַל עֲבֵירָה הוּא חָס וְחָלִילָה ד'סִימָן לַעֲבֵירָה הִדְרוֹקָן', לְכָךְ לִמּוּד אוֹתָנוּ דָּבָר זֶה בַּתַּלְמוּד, לִתְלוֹת בַּאֲכִילַת יָרָק. אִי נָמֵי לְלַמְּדֵנוּ שֶׁלֹּא יַאֲכִיל אֶת בְּנוֹתָיו יָרָק תָּמִיד שֶׁאָז פְּנֵיהֶם מוֹרִיקוֹת וְלָא קָפְצִי עֲלַיְהוּ אֱנָשֵׁי. אִי נָמֵי נָפְקָא מִינַּהּ שֶׁאִשְׁתּוֹ אִם יַאֲכִילֶנָּה יָרָק בְּכָל יוֹם תּוּכַל לְעַכֵּב, מִפְּנֵי שֶׁמְּקַלְקֵל יָופְיָהּ. וְעַל דֶּרֶךְ הָרֶמֶז נִרְאֶה לִי בס"ד דְּאִיכָּא בְּשַׁבָּת (דַּף קמ) דְּאָמַר ר' חִסְדָּא אֲנָא לָא בַּעֲנִיּוּתִי אֲכַלִי יַרְקָא מִשּׁוּם דְּגָרִיר, וְלֹא בְּעַתִּירוּתִי דְּאָמֵינָא הֵיכִי דְּעָיֵיל יַרְקָא לֵיעוּל בִּשְׂרָא וְכַווְרֵי, וְעוֹד אַר' חִסְדָּא הַאי בַּר בֵּי רַב לָא לֵיכוֹל יַרְקָא מִשּׁוּם דְּגָרֵיר לָבֹא, וּפֵירֵשׁ רַשִׁ"י יָרָק חַי כְּרֵישִׁים וְשֶׁחֻלְיוֹת מִשּׁוּם דְּגָרִיר לָבֹא וּמַאֲכִילוֹ הַרְבֵּה, וְכָתַב רַבֵּינוּ מהרח"ו זַ"ל דְּלָאו עַל עֲנִיּוּת וַעֲשִׁירוֹת קָאָמַר, אֶלָּא כַּוָּנָתוֹ עַל אוֹתוֹ זְמַן שֶׁהָיָה עַם הָאָרֶץ, דְּאֵינוֹ יוֹדֵעַ לְכַוֵּין לְתַקֵּן נֶפֶשׁ הַמְגֻולְגֶּלֶת בְּיָרָק שֶׁהוּא צוֹמֵחַ וְגִלְגּוּלוֹ קָשֶׁה שֶׁצָּרִיךְ לוֹ ב' מַדְרֵגוֹת, וְעָושְׁרוֹ קָאֵי עַל אֶחָד שֶׁלּוֹמֵד תּוֹרָה וְיֵשׁ לוֹ יְדִיעָה בְּכַוָּנָה וְסוֹד ה', שֶׁיּוּכַל לְתַקֵּן וּלְהַעֲלוֹת נֶפֶשׁ הַמְגֻולְגָּלִים בַּמַּאֲכָל וְהַבָּשָׂר שֶׁהוּא בַּעַל חַי אֵין גִּלְגּוּלוֹ קָשֶׁה כְּיָרָק, כִּי צָרִיךְ לוֹ מַדְרֵיגָה אַחַת בְּעָלֶיהָ. וְכָתַב עוֹד רַבֵּינוּ מהרח"ו זַ"ל לִפְעָמִים הָאָדָם אוֹכֵל מַאֲכָל שֶׁמְּגֻולְגָּל בּוֹ נֶפֶשׁ רָשָׁע שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְתַקְּנוֹ, וְאָז אַדְּרַבָּא זֹאת הַנֶּפֶשׁ שֶׁל הָרָשָׁע תִּתְעָרֵב עִמּוֹ וּתְחַטְּאֵהוּ וְתִדְרְכֵהוּ בְּדֶרֶךְ לֹא טוֹב עַד שֶׁתִּגְרוֹם לוֹ רָעָה שֶׁלֹּא יוּכַל לְהֵרָפֵא, וְזֶה סוֹד הָעִנְיָן שֶׁל כַּמָּה בְּנֵי אָדָם, שֶׁתִּרְאֶה לִפְעָמִים פֶּתַע פִּתְאוֹם יִשְׁתַּנּוּ לְהָרַע עַד שֶׁמַּמְרִים דָּתָם חָס וְחָלִילָה שֶׁיּוֹצְאִין מִכְּלַל הַדָּת , וּכְהַהוּא עֻובְדָּא דְּיוֹחָנָן כֹּהֵן גָּדוֹל שֶׁנַּעֲשָׂה צָדוֹקִי, וְכַיּוֹצֵא בָּזֶה, וְהַכֹּל הוּא כְּפִי בְּחִינַת נֶפֶשׁ הַמְגֻולְגָּל הַמְעֹורָב בּוֹ עַד כָּאן דְּבָרָיו, עוֹד כָּתַב רַבֵּינוּ מהרח"ו זַ"ל וְזַ"ל וְכֵן עַל דֶּרֶךְ זֶה בְּעִנְיַן הָאֲכִילָה, אִם הָאֹוכֶל הַהוּא יִהְיֶה עַם הָאָרֶץ, וִיאֻונֶּה לְפִיו מַאֲכָל שֶׁבּוֹ אֵיזֶה מְגֻולְגָּל אֲפִילּוּ שֶׁיִּהְיֶה מִבַּעֲלֵי חַיִּים שֶׁאֵינוֹ רַק מַדְרֵיגָה אַחַת וְאֵינוֹ יָכוֹל לְתַקְּנוֹ, אוֹ אִם הָאוֹכֵל תַּלְמִיד חָכָם וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ בְּחָכְמַת הָאֱמֶת, וְיֹאכַל הַיְרָקוֹת הַצִּמּוּחִין הַבָּאִים בָּהֶם נֶפֶשׁ הַמְגֻולְגֶּלֶת וְאֵין בְּיָדוֹ לְתַקְּנוֹ, אֶפְשָׁר שֶׁיִּתְעַבְּרוּ בּוֹ וְיַחְטִיאֵהוּ כַּנִּזְכָּר, כִּי לָכֵן מִזְדַּמְּנִים מִקְרִיִּים וּמְאֹורָעוֹת רָעוֹת וְקָשׁוֹת לָאָדָם בְּפֶתַע פִּתְאוֹם וְעוֹשֶׂה אֵיזֶה עֲבֵירוֹת גְּדוֹלוֹת וְכוּ' עַד כָּאן דְּבָרָיו, עַייֵּן שָׁם, וְיָדוּעַ שֶׁהַיָּרָק לִהְיוֹתוֹ יוֹצֵא מִן הָאֲדָמָה עַצְמָהּ יֵשׁ בּוֹ סִיגִים יוֹתֵר, מַה שֶׁאֵין כֵּן הַבָּשָׂר. וּבָזֶה יוּבָן מַה שֶׁאָמַר ר' חִסְדָּא הַאי בַּר בֵּי רַב לָא לֵיכוֹל יַרְקָא מִשּׁוּם דְּגָרֵיר, רְצוֹנוֹ לוֹמַר כֵּיוָן שֶׁיֵּשׁ בּוֹ סִיגִים יוֹתֵר, אֶפְשָׁר אוֹתָהּ נֶפֶשׁ הַמְגֻולְגֶּלֶת בּוֹ גּוֹרֶרֶת אֶת הָאֹוכֶל לְחֵלֶק הָרַע וּמַחֲטִיאָתוֹ, וְאַף עַל פִּי שֶׁהוּא עוֹסֵק בַּתּוֹרָה אֶפְשָׁר דְּלָא לֵיכוֹל לוֹ, וְכָל זֶה בְּיָרָק שֶׁגּוּפוֹ יוֹצֵא מִן הָאֲדָמָה עַצְמָהּ, מַה שֶׁאֵין כֵּן פֵּירוֹת הָאִילָן שֶׁאֵין יוֹצְאִין מִגּוּף הָאֲדָמָה אֶלָּא מִן הָאִילָן, כֵּיוָן שֶׁיֵּשׁ חוֹצֵץ בְּנֵיהֶם אֵין בָּהֶם סִיגִים קָשִׁים הַרְבֵּה שֶׁיִּצְטָרְפוּ עִם נֶפֶשׁ הַמְגֻולְגֶּלֶת שָׁם לִגְרֹור אֶת אֹוכֶל לְצַד הָרַע, וְנִרְאֶה לִי לָכֵן אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל עַל חִזְקִיָּהוּ הַמֶּלֶךְ ע"ה שֶׁהָיָה אוֹכֵל יָרָק בְּכָל יוֹם וְזוֹ הָיְתָה סְעֻודָּתוֹ, וְהוּא כִּי הָיָה יוֹדֵעַ בְּעַצְמוֹ שֶׁיֵּשׁ לוֹ כֹּחַ גָּדוֹל וְחָזָק שֶׁיּוּכַל לְהִתְגַּבֵּר גַּם בָּזֶה. וְהִנֵּה יָדוּעַ שֶׁכָּל דָּבָר הַמִּתְבַּשֵּׁל בָּאֵשׁ יִהְיֶה נָקִי מִן הָאֶרֶס וְהַסִּיגִים, שֶׁהָאֵשׁ דּוֹחֶה הָאֶרֶס, וּכְמוֹ שֶׁכָּתַב הַגָּאוֹן מוהר"י זַ"ל בי"ד, וְזֶה שֶׁכָּתוּב כָּל יָרָק חַי שֶׁלֹּא נִתְבַּשֵּׁל וְלֹא נִטְהַר מִן הַסִּיגִים וְהָאֲרָסִים אָז הוּא מוֹרִיק, רְצוֹנוֹ לוֹמַר אֶפְשָׁר אִם יִמָּצֵא בּוֹ נֶפֶשׁ שֶׁל רָשָׁע מְגֻולְגֶּלֶת שֶׁיִּצְרְפוּ הַסִּיגִים עִם אוֹתָהּ נֶפֶשׁ הָרָשָׁע הַמְגֻולְגֶּלֶת בְּיָרָק הַהוּא, וּבָזֶה מוֹרִיק מִן הָאֹוכֶל כּוֹחוֹת הַטּוֹב שֶׁבּוֹ וּמַכְנִיס בּוֹ כּוֹחוֹת הָרַע עַד שֶׁיַּרְשִׁיעַ הַרְבֵּה וכמ"ש מהרח"ו זַ"ל.
« Tout légume cru fait pâlir. » Difficulté : cette affaire ne touche pas à la santé du corps, mais à la beauté du visage ; pourquoi une telle chose est-elle écrite dans le Talmud ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il vient nous enseigner ceci : si tu vois un talmid 'hakham au visage pâle, ne le soupçonne pas en disant qu'il n'étudie pas la Torah pour elle-même, car celui qui étudie la Torah pour elle-même a le visage lumineux, ainsi qu'il est écrit « la sagesse de l'homme illumine son visage » (Kohelet 8, 1) ; ni qu'il serait, à D.ieu ne plaise, un homme de faute, puisque « l'hydropisie est le signe de la faute ». C'est pourquoi on nous a enseigné cette chose dans le Talmud : pour l'imputer à la consommation de légumes. On peut aussi dire qu'il nous enseigne de ne pas nourrir constamment ses filles de légumes, car leur visage pâlirait et les hommes ne s'empresseraient pas vers elles. On peut encore dire qu'il en découle une conséquence pratique : si un homme nourrit sa femme de légumes chaque jour, elle peut s'y opposer, parce que cela abîme sa beauté. Selon la voie de l'allusion, il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il y a dans Chabbat (140b) ce qu'a dit Rav Hisda : moi, dans ma pauvreté je n'ai pas mangé de légumes, parce qu'ils creusent l'appétit ; et dans ma richesse non plus, car je me disais : là où entre le légume, qu'entrent plutôt la viande et le poisson. Et Rav Hisda a dit encore : que l'étudiant de la maison d'étude ne mange pas de légumes, parce qu'ils creusent le cœur. Rachi explique : le légume cru, poireaux et cresson, parce qu'ils creusent le cœur et le font manger beaucoup. Notre maître Rabbi Haïm Vital, de mémoire bénie, a écrit qu'il ne parle pas de pauvreté et de richesse matérielles, mais qu'il vise le temps où il était un am ha-arets, ne sachant pas diriger l'intention pour réparer le nefech réincarné (meguelgal) dans le légume, qui relève du végétal et dont le guilgoul (transmigration) est difficile, puisqu'il lui faut deux degrés ; et sa richesse se rapporte à celui qui étudie la Torah et possède la connaissance de l'intention et du secret de Hachem, de sorte qu'il peut réparer et élever les nefachot réincarnées dans l'aliment. La viande, qui relève du vivant, n'a pas un guilgoul aussi difficile que le légume, car il ne lui faut qu'un seul degré d'élévation. Notre maître Rabbi Haïm Vital, de mémoire bénie, a encore écrit que parfois l'homme mange un aliment dans lequel est réincarné le nefech d'un rachaa (impie) qu'il ne peut pas réparer ; alors, au contraire, ce nefech d'impie se mêle à lui, le fait fauter et le conduit sur une voie qui n'est pas bonne, jusqu'à lui attirer un mal dont il ne pourra guérir. Et c'est le secret de ce qui arrive à bien des hommes que tu vois parfois changer soudain en mal, au point de renier leur foi, à D.ieu ne plaise, et de sortir du cadre de la religion — comme dans le fait de Yo'hanan le grand prêtre, devenu sadducéen, et d'autres semblables ; et tout cela est selon la nature du nefech réincarné mêlé en lui. Fin de ses paroles. Notre maître Rabbi Haïm Vital, de mémoire bénie, a encore écrit, voici ses termes : de même en matière de nourriture, si celui qui mange est un am ha-arets et qu'il lui échoit un aliment dans lequel se trouve un réincarné — même provenant du vivant, qui n'exige qu'un seul degré — et qu'il ne peut pas le réparer ; ou si celui qui mange est un talmid 'hakham mais ignorant de la sagesse de vérité, et qu'il mange les végétaux poussant de la terre, dans lesquels sont venues des nefachot réincarnées, sans avoir en main de quoi les réparer : il se peut qu'elles s'attachent à lui (ibbour) et le fassent fauter, comme il a été dit ; c'est pourquoi surviennent à l'homme, soudainement, des accidents et des événements mauvais et durs, et il commet quelques grandes fautes, etc. Fin de ses paroles, vois-y. Et il est connu que le légume, sortant de la terre elle-même, comporte davantage de scories (siguim), ce qui n'est pas le cas de la viande. Par là se comprend ce qu'a dit Rav Hisda : que l'étudiant de la maison d'étude ne mange pas de légumes, parce qu'ils creusent — c'est-à-dire : puisqu'il s'y trouve davantage de scories, il se peut que le nefech qui y est réincarné entraîne celui qui mange vers le côté du mal et le fasse fauter ; et bien qu'il s'occupe de Torah, il se peut qu'elle ne prévale pas en sa faveur. Tout cela concerne le légume, dont le corps sort de la terre elle-même ; ce qui n'est pas le cas des fruits de l'arbre, qui ne sortent pas du corps de la terre mais de l'arbre : puisqu'il y a entre eux un écran, ils n'ont pas de scories dures et nombreuses qui se joindraient au nefech qui y est réincarné pour entraîner celui qui mange vers le côté du mal. Et il me semble que c'est pourquoi nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit du roi Hizkiyahou, la paix sur lui, qu'il mangeait des légumes chaque jour et que c'était son repas : car il savait de lui-même qu'il avait une force grande et solide, capable de l'emporter même en cela. Or il est connu que toute chose cuite au feu se trouve nettoyée du venin et des scories, car le feu repousse le venin, comme l'a écrit le Gaon Moharaï, de mémoire bénie, dans le Yore Dea. Et c'est ce qui est écrit : tout légume cru, qui n'a pas été cuit et n'a pas été purifié des scories et des venins, alors il fait pâlir (morik) — c'est-à-dire : il se peut, s'il s'y trouve le nefech d'un impie réincarné, que les scories se joignent à ce nefech d'impie réincarné dans ce légume, et qu'ainsi il vide de celui qui mange les forces du bien qui sont en lui et y introduise les forces du mal, au point qu'il devienne très mauvais, comme l'a écrit Rabbi Haïm Vital, de mémoire bénie.
וְכָל קָטָן מַקְטִין. נִרְאֶה לִי בס"ד עַל דֶּרֶךְ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל אִם אָדָם מַשְׁפִּיל עַצְמוֹ הקב"ה מַגְבִּיהוֹ, וְכֵן אָמְרוּ בַּזֹּוהַר הַקָּדוֹשׁ מַאן דְּאִיהוּ זְעֵיר אִיהוּ רַב, וְזֶה שֶׁאָמְרוּ כָּל קָטָן שֶׁמַּשְׁפִּיל עַצְמוֹ הֲרֵי זֶה מַקְטִין לַאֲחֵרִים שֶׁהָיוּ גְּדוֹלִים מִמֶּנּוּ, כִּי הקב"ה מַגְבִּיהוֹ עַל הַגְּדוֹלִים וְאָז יִהְיוּ הַגְּדוֹלִים נֶחְשָׁבִים קְטַנִּים בְּעֶרְכּוֹ, אוֹ יוּבָן כָּל קָטָן רְצוֹנוֹ לוֹמַר עָנָיו, הִנֵּה זֶה מַקְטִין כֹּחַ הַקְּלִיפָּה, כִּי הֶעָנָיו יֵשׁ לוֹ כֹּחַ בָּזֶה יוֹתֵר.
« Et tout ce qui est petit rapetisse. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, selon ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie : si l'homme s'abaisse, le Saint béni soit-Il l'élève ; et il est dit de même dans le saint Zohar : celui qui est petit, celui-là est grand. Et voici ce qu'ils ont dit : tout « petit », qui s'abaisse lui-même, voici qu'il rapetisse les autres, qui étaient plus grands que lui, car le Saint béni soit-Il l'élève au-dessus des grands, et alors les grands sont tenus pour petits à son égard. On peut aussi le comprendre ainsi : « tout petit », c'est-à-dire l'humble ; voici que celui-là rapetisse la force de la kelipa (écorce), car l'humble a en cela plus de force.
כָּל נֶפֶשׁ מֵשִׁיב אֶת הַנֶּפֶשׁ. וְכָל קָרוֹב לַנֶּפֶשׁ מֵשִׁיב אֶת הַנֶּפֶשׁ. נִרְאֶה לִי בס"ד כָּל אָדָם שֶׁיֵּשׁ לוֹ נֶפֶשׁ קְדֻושָּׁה הוּא מֵשִׁיב אֶת הַנֶּפֶשׁ הַמְגֻולְגֶּלֶת בְּדוֹמֵם צוֹמֵחַ חַי מְדַבֵּר, שֶׁיֵּשׁ לוֹ כֹּחַ לְבָרֵר וּלְתַקֵּן הַנְּפָשׁוֹת, לְאַפּוֹקֵי מִי שֶׁאֵין לוֹ נֶפֶשׁ קְדֻושָּׁה שֶׁהִיא חֵלֶק אֱלוֹהַּ מִמַּעַל, אֶלָּא רַק יֵשׁ לוֹ נֶפֶשׁ הַבְּהֵמִית הַנִּקְרֵאת 'כֹּחַ הַגּוּף', אֵין לוֹ יְכֹולֶת לַעֲשׂוֹת תִּיקּוּן לְהָשִׁיב הַנְּפָשׁוֹת, וְלָא מִבַּעְיָיא שֶׁיָּשִׁיב חֲלָקִים הַשַּׁייָּכִים לְנַפְשׁוֹ מַמָּשׁ, אֶלָּא יוּכַל לְהָשִׁיב גַּם אוֹתָם שֶׁהֵם מִשָּׁרְשׁוֹ וּקְרוֹבִים אֵלָיו, כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ בְּבַקָּשָׁה נר"ן וְהַקְּרוֹבִים לָהֶם, וְלָזֶה אָמַר וְכָל קָרוֹב לַנֶּפֶשׁ מֵשִׁיב אֶת הַנֶּפֶשׁ. אוֹ נִרְאֶה לִי בס"ד אוֹמְרוֹ כָּל נֶפֶשׁ מֵשִׁיב אֶת הַנֶּפֶשׁ כִּי נֶפֶשׁ רָאשֵׁי תֵּיבוֹת נ ר פ תִּילָּהּ ש מִן, וְהַייְנוּ נֵר זוֹ מִצְוָה, דִּכְתִיב (מִשְׁלֵי ו, כג) נֵר מִצְוָה וְתוֹרָה אוֹר, וּפְתִילָה זוֹ תּוֹרָה בַּחֵלֶק הַנִּגְלֶה שֶׁבָּהּ, וְשֶׁמֶן זֶה חֵלֶק הַסּוֹד שֶׁבָּהּ, כָּל אֵלּוּ יֵשׁ בָּהֶם כֹּחַ לְהָשִׁיב אֶת הַנְּפָשׁוֹת הַמְגֻולְגָּלִים. אוֹ יוּבָן בס"ד עַל פִּי מַה שֶּׁכָּתַב רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּשַׁעַר מַאַמְרֵי ר' שִׁמְעוֹן בַּר יוֹחַאי (דַּף טו"ב), אַחַר שֶׁהִשְׁלִים הַצַּדִּיק מַה שֶּׁצָּרִיךְ לוֹ אִי אֶפְשָׁר לָבֹא לָעוֹלָם הַזֶּה לְזַכּוֹת אַנְשֵׁי הַדּוֹר לְתַקְּנָם וּלְהַשְׁלִימָם, אֶלָּא דַּוְקָא בִּבְחִינַת נַפְשׁוֹ בִּלְבַד וְלֹא בִּבְחִינַת רוּחוֹ אוֹ נִשְׁמָתוֹ, עַיֵּין שָׁם, וְזֶה שֶׁאָמְרוּ כָּל נֶפֶשׁ רְצוֹנוֹ לוֹמַר חֵלֶק הַנֶּפֶשׁ, הִנֵּה זֶה תָּמִיד מֵשִׁיב אֶת הַנֶּפֶשׁ שֶׁל הַתַּחְתּוֹנִים אַף עַל פִּי שֶׁהוּא הִשְׁלִים כָּל צָרְכּוֹ, וְגַם זֶה נַעֲשָׂה רַק עִם אוֹתָם שֶׁהֵם מִשָּׁרְשׁוֹ, וּכְמוֹ שֶׁכָּתַב רַבֵּינוּ זַ"ל שָׁם, וְלָזֶה אָמַר וְכָל הַקָּרוֹב לַנֶּפֶשׁ מֵשִׁיב הַנֶּפֶשׁ.
« Tout ce qui est nefech restitue le nefech, et tout ce qui est proche du nefech restitue le nefech. » Il me semble, avec l'aide du Ciel : tout homme qui possède un nefech saint restitue le nefech réincarné dans le minéral, le végétal, l'animal et le parlant, car il a la force de trier et de réparer les nefachot ; à l'exclusion de celui qui n'a pas de nefech saint, laquelle est une part divine d'en haut, mais seulement le nefech animal, appelé « force du corps » : celui-là n'a pas le pouvoir d'opérer une réparation pour restituer les nefachot. Et non seulement il restitue les parts qui appartiennent proprement à son nefech, mais il peut aussi restituer celles qui sont de sa racine et lui sont proches, comme il est dit dans la demande « nefech, roua'h, nechama et ceux qui leur sont proches » ; c'est pourquoi il est dit : et tout ce qui est proche du nefech restitue le nefech. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que ce qui est dit « tout ce qui est nefech restitue le nefech » tient à ceci : nefech est l'acronyme de ner (lampe), petila (mèche), chemen (huile). La lampe, c'est la mitsva, ainsi qu'il est écrit « car la mitsva est une lampe et la Torah une lumière » (Michle 6, 23) ; la mèche, c'est la Torah dans sa partie révélée ; et l'huile, c'est la partie du sod qui s'y trouve. Toutes ont la force de restituer les nefachot réincarnées. On peut encore le comprendre, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'a écrit notre maître le Ari, de mémoire bénie, dans le Chaar Maamarei Rachbi (page 15b) : après que le juste a achevé ce qu'il lui fallait, il ne peut venir en ce monde pour donner du mérite aux gens de sa génération, les réparer et les compléter, que selon l'aspect de son nefech seulement, et non selon l'aspect de son roua'h ou de sa nechama — vois-y. Et voici ce qu'ils ont dit : « tout ce qui est nefech », c'est-à-dire la part du nefech, celle-là restitue toujours le nefech de ceux d'en bas, bien qu'il ait achevé tout ce qu'il lui fallait ; et cela ne se fait qu'avec ceux qui sont de sa racine, comme l'a écrit notre maître, de mémoire bénie, là-bas. C'est pourquoi il est dit : et tout ce qui est proche du nefech restitue le nefech.
💡 Explication

Cette baraita est la charnière du folio : huit clauses brèves, que la guemara va reprendre une par une dans l'ordre. Le vocabulaire est physiologique. Nefech désigne ici le principe vital ; un animal mangé entier, ou un morceau pris près des organes vitaux, restitue la vigueur de celui qui le mange.

« Tout ce qui est petit rapetisse » vise l'animal qui n'a pas achevé sa croissance. Le terme morik pour le légume cru signifie que le visage perd son éclat. La dernière clause, sur le navet, sera aussitôt mise en difficulté par une conduite de Rava.

🖼️ Schéma
La baraita des aliments et ses huit clauses reprises une à une Clause de la baraita Précision de la guemara Rate : bonne pour les dents, dure pour les intestins la mâcher, puis la recracher Poireaux : durs pour les dents, bons pour les intestins les faire bouillir et les avaler sans mâcher Tout légume cru fait pâlir au premier repas après une saignée Tout ce qui est petit rapetisse même un chevreau de valeur, s'il n'a pas son quart Tout ce qui est nefech restitue le nefech même les petits poissons des roseaux, adultes Ce qui est proche du nefech restitue le nefech le cou, lieu de la chehita, dit le lieu du baroukh Chou pour la nourriture, bettes pour le remède corrige : le chou aussi pour la nourriture Malheur à la maison où passe le navet sans viande, sans vin ou sans bois de cuisson
Les huit clauses et leur reprise dans la guemara.
11
אָמַר מָר: טְחוֹל יָפֶה לַשִּׁינַּיִם וְקָשֶׁה לִבְנֵי מֵעַיִם. מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? נִלְעָסֶיהָ וְנִשְׁדְּיֵיהּ.

Le Maître a dit : la rate est bonne pour les dents et dure pour les intestins. Quel est son remède ?

Qu'on la mâche et qu'on la rejette.

📜 Rachi (1)
נִלְעָסֶיהָ כּוֹסְסוֹ וּמַשְׁלִיכוֹ:
Nelaassei : il la mâche et la rejette.
💡 Explication

Première clause reprise. Le procédé consiste à garder le bénéfice de la mastication tout en évitant l'ingestion : on tire l'effet sur les dents et on renonce à l'aliment.

12
כְּרֵישִׁין קָשִׁין לַשִּׁינַּיִם וְיָפִין לִבְנֵי מֵעַיִם. מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? לִשְׁלְקִינְהוּ וְנַבְלְעִינְהוּ.

Les poireaux sont durs pour les dents et bons pour les intestins. Quel est leur remède ?

Qu'on les fasse bouillir et qu'on les avalé.

📜 Rachi (1)
לִשְׁלְקִינְהוּ בִּקְדֵרָה הַרְבֵּה שֶׁלֹּא יִצְטָרֵךְ לְכוֹסְסוֹ בְּשִׁינָּיו:
Lechalkinhou : dans une marmite, longuement, pour n'avoir pas à les mâcher avec les dents.
💡 Explication

Le procédé est exactement inverse du précédent. Ici c'est l'ingestion qu'on veut et la mastication qu'on évite : la cuisson les amollit assez pour qu'ils soient avalés sans passer par les dents.

13
כָּל יָרָק חַי מוֹרִיק, אָמַר רַבִּי יִצְחָק: בִּסְעוּדָה רִאשׁוֹנָה שֶׁל אַחַר הַקָּזָה.

« Tout légume cru fait pâlir » : Rabbi Yitshak a dit : lors du premier repas qui suit une saignée.

💡 Explication

La clause est restreinte à un cas précis. Après une hakaza, une saignée, le corps est affaibli et demande un aliment substantiel ; c'est alors seulement que le légume cru fait perdre le teint.

14
וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק: כָּל הָאוֹכֵל יָרָק קֹודֶם אַרְבַּע שָׁעוֹת אָסוּר לְסַפֵּר הֵימֶנּוּ. מַאי טַעְמָא? מִשּׁוּם רֵיחָא. וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק: אָסוּר לְאָדָם שֶׁיֹּאכַל יָרָק חַי קֹודֶם אַרְבַּע שָׁעוֹת.

Et Rabbi Yitshak a dit : quiconque mange un légume avant la quatrième heure, il est interdit de parler avec lui. Pour quelle raison ?

À cause de l'odeur. Et Rabbi Yitshak a dit : il est interdit à un homme de manger un légume cru avant la quatrième heure.

📜 Rachi (1)
קֹודֶם אַרְבַּע שָׁעוֹת שֶׁאֵינוֹ זְמַן סְעוּדָה וְהָרֵיחַ קָשֶׁה לִבְנֵי אָדָם הַמְסַפְּרִים עִמּוֹ קֹודֶם אֲכִילָה שֶׁהַגּוּף רֵיקָן:
« Avant la quatrième heure » : car ce n'est pas l'heure du repas, et l'odeur est pénible pour ceux qui parlent avec lui avant d'avoir mangé, le corps étant vide.
💡 Explication

Deux enseignements distincts du même maître, et c'est de leur distinction que dépendra l'anecdote suivante. Le premier porte sur autrui : l'odeur incommode celui qui est encore à jeun. Le second porte sur celui qui mange : la quatrième heure est le début de l'heure du repas.

15
אָמֵימָר וּמַר זוּטְרָא וְרַב אָשֵׁי הֲווֹ יָתְבִי, אַיְיתוֹ קַמַּייְהוּ יָרָק חַי קֹודֶם אַרְבַּע שָׁעוֹת. אַמֵּימָר וְרַב אָשֵׁי אֲכוּל וּמָר זוּטְרָא לָא אֲכַל. אָמְרוּ לֵיהּ: מַאי דַּעְתָּיךְ? דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק כָּל הָאוֹכֵל יָרָק קֹודֶם אַרְבַּע שָׁעוֹת אָסוּר לְסַפֵּר הֵימֶנּוּ מִשּׁוּם רֵיחָא? וְהָא אֲנַן דְּקָא אָכְלִינַן וְקָא מִשְׁתָּעֵית בַּהֲדַן!

Ameimar, Mar Zoutra et Rav Achi étaient assis. On apporta devant eux du légume cru avant la quatrième heure.

Ameimar et Rav Achi mangèrent, et Mar Zoutra ne mangea pas. Ils lui dirent : quel est ton raisonnement ?

Est-ce parce que Rabbi Yitshak a dit : quiconque mange un légume avant la quatrième heure, il est interdit de parler avec lui à cause de l'odeur ? Mais voici que nous mangeons et que tu parles avec nous !

💡 Explication

L'objection est une réduction à l'absurde tirée de la scène elle-même. Si Mar Zoutra s'abstenait au nom du premier enseignement, sa conduite serait incohérente : il continue de converser avec ceux qui viennent de manger.

16
אֲמַר לְהוּ: אֲנָא כְּאִידַּךְ דְּרַבִּי יִצְחָק סְבִירָא לִי. דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק: אָסוּר לְאָדָם שֶׁיֹּאכַל יָרָק חַי קֹודֶם אַרְבַּע שָׁעוֹת.

Il leur dit : moi, je tiens comme l'autre enseignement de Rabbi Yitshak, car Rabbi Yitshak a dit : il est interdit à un homme de manger un légume cru avant la quatrième heure.

📜 Rachi (1)
כְּאִידָךְ דְּר' יִצְחָק סְבִירָא לִי אֲבָל אָסוּר לְסַפֵּר לָא סְבִירָא לִי:
« Je tiens comme l'autre enseignement de Rabbi Yitshak » : mais quant à l'interdiction de parler avec lui, je ne la tiens pas.
💡 Explication

Mar Zoutra retient le second enseignement et rejette le premier. Il s'abstient donc de manger, mais ne voit aucun empêchement à parler avec ceux qui ont mangé. Sa conduite est cohérente une fois la source correctement identifiée.

17
כָּל קָטָן מַקְטִין, אָמַר רַב חִסְדָּא: אֲפִילּוּ גַּדְיָא בַּר זוּזָא. וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלֵית בֵּיהּ רִבְעָא, אֲבָל אִית בֵּיהּ רִבְעָא — לֵית לַן בַּהּ.

« Tout ce qui est petit rapetisse » : Rav Hisda a dit : même un chevreau valant un zouz. Et nous n'avons dit cela que lorsqu'il n'a pas atteint son quart ; mais s'il a atteint son quart, cela ne nous pose pas de problème.

📜 Rachi (2)
בַּר זוּזָא כְּלוֹמַר שָׁמֵן וְטוֹב שֶׁשָּׁוֶה זוּז:
Bar zouza : c'est-à-dire gras et bon, valant un zouz.
דְּלֵית בֵּיהּ רִבְעָא שֶׁלֹּא גָּדַל עַד רְבִיעִית שֶׁלּוֹ כְּגוֹן טָלֶה רְבִיעִית שֶׁל אַיִל גְּדִי כְּדֵי רְבִיעִית שֶׁל שָׂעִיר גָּדוֹל וְכֵן כָּל דָּבָר:
« Qui n'a pas atteint son quart » : qui n'a pas grandi jusqu'au quart de sa taille — par exemple un agneau au quart d'un bélier, un chevreau au quart d'un grand bouc, et ainsi de toute chose.
💡 Explication

Le critère est développemental et non commercial. Un chevreau peut valoir un zouz, donc être gras et de bonne qualité, et rester nuisible parce qu'il n'a pas atteint le quart de la taille adulte de son espèce. Rachi donne l'échelle : l'agneau se mesure au bélier, le chevreau au grand bouc.

18
כָּל נֶפֶשׁ מֵשִׁיב נֶפֶשׁ, אָמַר רַב פָּפָּא: אֲפִילּוּ גִּילְדָּנֵי דְּבֵי גִילֵי.

« Tout ce qui est nefech restitue le nefech » : Rav Papa a dit : même les gildanei de-vei gilei (les petits poissons des roseaux).

📜 Rachi (1)
גִּילְדָּנֵי דְּבֵי גִּילֵי דָּגִים קְטַנִּים מְאֹד וּמְצֻוייָּן בֵּין הַקָּנִים בַּאֲגַם וְאֵין דַּרְכָּן לְגַדֵּל יוֹתֵר אֲבָל דָּג קָטָן מִמִּין דָּג גָּדוֹל וְלֹא גָּדֵל רֹובַע זֶה הוּא קָטָן מַקְטִין:
Gildanei de-vei gilei : de très petits poissons, qu'on trouve parmi les roseaux de l'étang et qui n'ont pas coutume de grandir davantage. Mais un petit poisson d'une espèce de grand poisson, qui n'a pas atteint son quart, celui-là relève du « petit qui rapetisse ».
💡 Explication

Le critère du segment précédent trouve ici sa contrepartie. Ces poissons sont minuscules, mais leur espèce ne grandit pas davantage : ils sont donc adultes et rentrent dans la catégorie du nefech mangé entier, non dans celle du « petit qui rapetisse ». Rachi souligne le contraste avec un alevin d'une grande espèce.

19
כָּל הַקָּרוֹב לַנֶּפֶשׁ מֵשִׁיב אֶת הַנֶּפֶשׁ, אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: עֻונְקָא. אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְשַׁמָּעֵיהּ: כִּי מַיְיתֵית לִי אֻומְצָא דְּבִשְׂרָא, טְרַח וְאַייְתִי לִי מֵהֵיכָא דִּמְקָרַב לְבֵי ״בָּרוּךְ״.

« Tout ce qui est proche du nefech restitue le nefech » : Rav Aha bar Yaakov a dit : le cou (ounka). Rava dit à son serviteur : quand tu m'apportes un morceau de viande, prends la peine de m'apporter de l'endroit proche du lieu du « baroukh ».

📜 Rachi (2)
עֻונְקָא צַוַּאר מְקוֹם בֵּית הַשְּׁחִיטָה וְסָמוּךְ לַלֵּב וְלַמֵּעַיִם:
Ounka : le cou, l'endroit du lieu de la chehita, proche du cœur et des entrailles.
לִבִּי בָּרוּךְ לַמָּקוֹם שֶׁבֵּרְכוּ שָׁם עַל הַשְּׁחִיטָה:
Le-vei baroukh : l'endroit où l'on a récité la bénédiction sur la chehita.
💡 Explication

Le cou est l'endroit où passe la chehita, l'abattage, et il est voisin du cœur et des entrailles, sièges de la vitalité de la bête. C'est donc le morceau « proche du nefech ».

Rava le désigne par une périphrase d'étude : le lieu du baroukh, c'est-à-dire l'endroit où le chohet a récité la bénédiction sur l'abattage. La formule identifie le morceau par l'acte religieux qui s'y est accompli.

🖼️ Schéma
« Proche du nefech » : pourquoi Rava demande le morceau du cou Tête Cou (ounka) lieu de la chehita Poitrine : cœur et entrailles Rav Aha bar Yaakov : « proche du nefech » désigne le cou, voisin du cœur et des organes vitaux. Rava à son serviteur : apporte-moi de la viande du côté du « lieu du baroukh ». Rachi : le lieu du baroukh est l'endroit où l'on a récité la bénédiction sur la chehita, donc le cou.
Le cou, lieu de la chehita et morceau proche du nefech.
20
כְּרוּב לְמָזוֹן וּתְרָדִין לִרְפוּאָה. כְּרוּב לְמָזוֹן אִין, וְלִרְפוּאָה לָא? וְהָא תַּנְיָא: שִׁשָּׁה דְּבָרִים מְרַפְּאִין אֶת הַחוֹלֶה מֵחָלְיוֹ וּרְפוּאָתָן רְפוּאָה, וְאֵלּוּ הֵן: כְּרוּב וּתְרָדִין וּמֵי סִיסִין דְּבַשׁ וְקֵיבָה וְהֶרֶת וְיוֹתֶרֶת הַכָּבֵד! אֶלָּא אֵימָא ״כְּרוּב אַף לְמָזוֹן״.

« Le chou pour la nourriture et les bettes pour le remède » : le chou pour la nourriture, oui, et pour le remède, non ? Mais on a enseigné : six choses guérissent le malade de sa maladie et leur remède est un remède efficace, et les voici : le chou, les bettes, l'eau de sissin, le miel, l'estomac, la matrice et le lobe du foie !

Dis plutôt : le chou même pour la nourriture.

📜 Rachi (3)
וּמֵי סִיסִין תַּבְשִׁיל שֶׁל פוליאו"ל:
Mei sissin : un bouillon de pouliot.
וְהֶרֶת ולדיר"א שֶׁהַוָּלָד נוֹצַר בּוֹ:
Ve-harat : la matrice, où le foetus se forme.
יוֹתֶרֶת הַכָּבֵד טַרְפְּשָׁא דְּכַבְדָּא שֶׁקּוֹרִין אייבר"ש:
Yoteret ha-kaved : le diaphragme du foie, qu'on appelle aiverch.
💡 Explication

La formulation de la baraita suggérait une répartition exclusive : au chou la nourriture, aux bettes le remède. Une autre baraita range pourtant le chou parmi les six remèdes efficaces.

La correction porte sur un seul mot. Il faut lire « le chou même pour la nourriture » : sa vertu curative est acquise, et la baraita ajoute qu'il nourrit aussi, ce que les bettes ne font pas.

21
אוֹי לוֹ לַבַּיִת שֶׁהַלֶּפֶת עוֹבֶרֶת בְּתוֹכוֹ, אֵינִי?! וְהָא אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְשַׁמָּעֵיהּ: כִּי חָזֵית לִיפְתָּא בְּשׁוּקָא לָא תֵּימָא לִי ״בְּמַאי כְּרַכַּת רִיפְתָּא״!

« Malheur à la maison dans laquelle passe le navet » : est-ce ainsi ? Mais Rava a dit à son serviteur : quand tu vois du navet au marché, ne me demande pas « avec quoi accompagneras-tu le pain ? »

💡 Explication

La conduite de Rava contredit la baraita. Sa consigne signifie : achète le navet sans me consulter, il fera l'accompagnement du repas. Le navet est donc traité comme un aliment convenable, alors que la baraita en fait un malheur pour la maison.

22
אָמַר אַבַּיֵּי: מִבְּלִי בָּשָׂר. וְרָבָא אָמַר: מִבְּלִי יַיִן. אִיתְּמַר רַב אָמַר: מִבְּלִי בָּשָׂר. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: מִבְּלִי עֵצִים. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: מִבְּלִי יַיִן.

Abaye a dit : sans viande. Et Rava a dit : sans vin.

Il a été dit : Rav a dit : sans viande ; et Chmouel a dit : sans bois ; et Rabbi Yo'hanan a dit : sans vin.

📜 Rachi (3)
מִבְּלִי בָּשָׂר הִיא קָשָׁה אֲבָל כְּשֶׁמְּבַשְּׁלָהּ עִם בָּשָׂר שָׁמֵן מַתִּישׁ כֹּחָהּ:
« Sans viande » : il est nocif ; mais quand on le cuit avec de la viande grasse, cela affaiblit sa force.
מִבְּלִי יַיִן כְּשֶׁאֵין שׁוֹתֶה אַחֲרֶיהָ יַיִן:
« Sans vin » : quand on ne boit pas de vin après lui.
מִבְּלִי עֵצִים שֶׁאֵינוֹ שׁוֹלְקָהּ הַרְבֵּה:
« Sans bois » : quand on ne le fait pas bouillir longuement.
💡 Explication

La contradiction se résout en restreignant la baraita. Le navet ne nuit que dans certaines conditions, et trois sont proposées : mangé sans viande grasse, bu sans vin après, ou cuit sans bois en quantité suffisante. Les Amoraim de Babylonie et ceux d'Erets Israël se répartissent entre ces trois positions.

🖼️ Schéma
Comment « briser » la force du navet : quatre avis, deux cuisines Le navet nuit quand il est... sans viande Abaye Rav sans vin Rava Rabbi Yo'hanan sans bois Chmouel cuisson insuffisante Babylonie du vin (Rava) on brise le navet par la viande et le vin Région de la bière (Rav Papa) on le brise par le bois : quatre-vingts bûches perses sous la marmite
Les trois conditions qui rendent le navet nuisible.
23
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַב פָּפָּא: סוּדָנִי, אֲנַן תָּבְרִינַן לַהּ בְּבִשְׂרָא וְחַמְרָא, אַתּוּן דְּלָא נְפִישׁ לְכוּ חַמְרָא בְּמַאי תָּבְרִיתוּ לַהּ? אֲמַר לֵיהּ: בְּצִיבֵי, כִּי הָא דְּבֵיתְהוּ דְּרַב פָּפָּא בָּתַר דִּמְבַשְּׁלָא לַהּ, תָּבְרָא לַהּ בִּתְמָנָן אוּפֵי פָּרְסְיָיתָא.

Rava dit à Rav Papa : Soudani, nous, nous la brisons par la viande et le vin ; vous, qui n'avez pas beaucoup de vin, par quoi la brisez-vous ? Il lui dit : par le bois.

Ainsi la femme de Rav Papa, après l'avoir cuit, le brisait avec quatre-vingts bûches perses.

📜 Rachi (4)
סוּדָנִי בַּעַל שֵׁכָר תְּמָרִים וְר' פָּפָּא מוֹכֵר שֵׁכָר הָיָה כִּדְאָמַר בְּאֵיזֶהוּ נֶשֶׁךְ (ד' סה.) טְרָשָׁא דְּרַב פָּפָּא שֶׁכִּרְאִי לָא פְּסִיד וְאָמַר רַב פָּפָּא אִי לָאו דִּרְמַאי שִׁכְרָא לָא אִיעַתַּרִי (פְּסָחִים קיג.) וְהוּא נִקְרָא סוּדָנִי כִּדְאָמְרִינַן תַּמְרֵי בְּחִלּוּזָךְ לְבֵי סוּדָנָא רְהוּט (שָׁם):
Soudani : maître d'une bière de dattes. Rav Papa était marchand de bière, comme il est dit dans Eizehou Nechekh (Baba Metsia 65a) : « le crédit de Rav Papa : ma bière n'a pas perdu » ; et Rav Papa a dit : « si je n'avais pas brassé de la bière, je ne me serais pas enrichi » (Pessahim 113a). Et il est appelé soudani, comme nous disons : « les dattes dans ton panier, cours chez le soudani » (ibid.).
דְּלָא נְפִישׁ לְכוּ חַמְרָא שֶׁשּׁוֹתֵי שָׂכָר אַתֶּם:
« Qui n'avez pas beaucoup de vin » : car vous êtes des buveurs de bière.
בְּמַאי תָּבְרִיתוּ לָהּ לְכֹחוֹ שֶׁל לֶפֶת:
« Par quoi la brisez-vous » : la force du navet.
אוֹפֵי פָּרְסְיָיתָא בְּקָעִיּוֹת שֶׁל עֵצִים גְּדוֹלוֹת הָיְתָה שׂוֹרֶפֶת תַּחַת קְדֵרַת הַלֶּפֶת:
Oufei parssaïata : de grandes bûches de bois qu'elle brûlait sous la marmite de navets.
💡 Explication

Soudani désigne le brasseur de bière de dattes : Rachi rappelle que Rav Papa vendait de la bière et s'était enrichi de ce commerce. L'apostrophe situe la différence de régions, là où l'on boit du vin et là où l'on boit de la bière.

La solution de Rav Papa reprend l'avis de Chmouel : à défaut de vin, on neutralise le navet par une cuisson prolongée. Les quatre-vingts bûches sont la mesure concrète de cette cuisson.

24
תָּנוּ רַבָּנַן: דָּג קָטָן מָלִיחַ פְּעָמִים שֶׁהוּא מֵמִית בְּשִׁבְעָה, בְּשִׁבְעָה עָשָׂר, וּבְעֶשְׂרִים וְשִׁבְעָה. וְאָמְרִי לָהּ: בְּעֶשְׂרִים וּשְׁלֹשָׁה. וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּמִטְּוֵי וְלָא מִטְּוֵי, אֲבָל מִטְּוֵי שַׁפִּיר — לֵית לַן בַּהּ. וּדְלָא מִטְּוֵי שַׁפִּיר, לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא שְׁתָה בָּתְרֵיהּ שִׁכְרָא, אֲבָל שְׁתָה בָּתְרֵיהּ שִׁכְרָא — לֵית לַן בַּהּ.

Nos maîtres ont enseigné : un petit poisson salé, parfois il tue au septième, au dix-septième et au vingt-septième (jour) ; et certains disent : au vingt-troisième. Et nous n'avons dit cela que lorsqu'il est à demi rôti ; mais s'il est bien rôti, cela ne nous pose pas de problème.

Et pour celui qui n'est pas bien rôti, nous n'avons dit cela que lorsqu'on n'a pas bu de bière après ; mais si l'on a bu de la bière après, cela ne nous pose pas de problème.

📜 Rachi (1)
פְּעָמִים שֶׁהוּא מֵמִית וְאֵלּוּ הֵן בְּיוֹם שִׁבְעָה יָמִים לִמְלִיחָתוֹ אוֹ בְּיוֹם שִׁבְעָה עָשָׂר אוֹ בְּיוֹם שִׁבְעָה וְעֶשְׂרִים:
« Parfois il tue » : à savoir le septième jour à compter de sa salaison, ou le dix-septième, ou le vingt-septième.
💡 Explication

Les jours se comptent à partir de la salaison, précise Rachi. Le danger n'est donc pas lié au poisson en lui-même mais à un moment de son évolution.

La baraita restreint ensuite deux fois : d'abord au poisson mal rôti, ensuite à celui qui n'est pas suivi de bière. Les deux conditions se cumulent, et il suffit que l'une tombe pour que le danger disparaisse.

🖼️ Schéma
Le petit poisson salé : jours dangereux et deux échappatoires salaison 7e 17e 23e 27e variante 1re échappatoire le poisson est bien rôti 2e échappatoire on boit de la bière après Le danger n'existe que pour le poisson à demi rôti et non suivi de bière : deux conditions cumulées, chacune suffit à l'écarter.
Les jours dangereux et les deux conditions cumulées.
25
וְהַשּׁוֹתֶה מַיִם לִצְמָאוֹ וְכוּ׳: לְאַפּוֹקֵי מַאי? אָמַר רַב אִידִי בַּר אָבִין: לְאַפּוֹקֵי לְמָאֵן

« Et celui qui boit de l'eau pour sa soif, etc. » : pour exclure quoi ? Rav Idi bar Avin a dit : pour exclure celui qui...

💡 Explication

Le folio revient à la michna, qui distingue celui qui boit de l'eau pour sa soif. La précision est superflue si toute consommation d'eau est concernée, d'où la question sur ce qu'elle exclut.

La réponse de Rav Idi bar Avin commence ici et s'achève au début du folio suivant : elle vise celui qui boit pour une raison autre que la soif, par exemple pour faire descendre un aliment resté dans la gorge.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).