Sougya : Le daf s'ouvre sur la fin de bar Hadaya, l'interprète de rêves que Rava avait maudit : livré aux Romains, il meurt fendu en deux entre deux cèdres. Viennent ensuite quatre scènes d'interprétation qui montrent le métier à l'œuvre : Rabbi Yichmael avec son neveu Ben Dama, Rabbi avec bar Kappara, puis Rabbi Yichmael face à un min dont il lit les rêves un à un comme un acte d'accusation, et enfin le rêve de Cappadoce déchiffré par le grec.
La sougya passe alors du récit au répertoire : Rabbi Hanina, Rabbi Natan et Rava sur le puits, Rabbi Hanan sur les trois signes de paix, puis la longue règle de Rabbi Yehochoua ben Levi, qui commande de se lever tôt et de dire soi-même le verset favorable avant qu'un verset défavorable ne prenne les devants. Le daf se poursuit par les symboles animaux et végétaux — roseau, courge, bœuf, âne, chat, raisins, cheval, chameau, éléphant — et s'interrompt sur une objection encore ouverte concernant l'éléphant et le singe.
... les étoffes de soie du roi ! On lia deux cèdres ensemble par une corde, on attacha l'une de ses jambes à l'un des cèdres et l'autre jambe à l'autre cèdre, puis on relâcha la corde, jusqu'à ce que sa tête se fende.
Chaque cèdre repartit et se redressa à sa place, et il fut fendu et tomba en deux.
Fin du long récit de bar Hadaya, l'interprète de rêves qui, au daf précédent, avait systématiquement lu en mal les rêves de Rava tant que celui-ci ne le payait pas. Rava avait déclaré qu'il ne lui pardonnerait pas tant que sa tête ne serait pas fendue. Bar Hadaya, fuyant, se retrouve accusé d'avoir volé les soieries royales et subit le supplice des deux arbres.
Le détail décisif est que la mort épouse exactement les termes de la parole de Rava : la tête fendue, le corps partagé en deux. Le récit fonctionne ainsi comme la démonstration narrative du principe de la sougya : la parole prononcée sur un homme trouve sa réalisation.
Ben Dama, le fils de la sœur de Rabbi Yichmael, demanda à Rabbi Yichmael : j'ai vu mes deux joues qui tombaient. Il répondit : deux bataillons romains ont délibéré le mal contre toi, et ils sont morts.
Première des scènes d'interprétation qui composent ce daf. La lecture repose sur un déplacement du membre à sa fonction : les joues valent pour la bouche, et la bouche pour la parole prononcée contre le rêveur. Leur chute signifie donc la disparition de ceux qui ont parlé.
Le pluriel du rêve (deux joues) est rendu par le pluriel de la réalité (deux bataillons) : la structure de l'image commande la structure de l'interprétation.
Bar Kappara dit à Rabbi : j'ai vu mon nez qui tombait. Il lui répondit : la colère (haron af) s'est retirée de toi.
Il lui dit : j'ai vu mes deux mains qui étaient coupées. Il lui répondit : tu n'auras pas besoin du travail de tes mains.
Il lui dit : j'ai vu mes deux jambes qui étaient tranchées. Il lui répondit : tu iras à cheval.
J'ai vu qu'on me disait : en Adar tu mourras et tu ne verras pas Nissan. Il lui répondit : tu mourras dans la dignité (adrouta) et tu n'en viendras pas à l'épreuve (nissayon).
Quatre images de perte corporelle, quatre lectures favorables. Le procédé tient à ce que le membre est pris pour ce qu'il sert : le nez pour la colère, dont le nom hébreu est haron af ; les mains pour le travail manuel, dont la disparition signifie la richesse ; les jambes pour la marche, remplacée par la monture.
Les deux derniers mots sont traités autrement : Rabbi les entend comme des sons, non comme des mois. Adar devient adrouta, la dignité ; Nissan devient nissayon, l'épreuve. Le rêve annonçait une date, l'interprétation en fait une qualité de la mort.
Un certain min dit à Rabbi Yichmael : j'ai vu que j'arrosais des oliviers avec de l'huile. Il lui répondit : tu es venu sur ta mère.
Il lui dit : j'ai vu que je cueillais une étoile. Il lui répondit : tu as enlevé un fils d'Israël.
Il lui dit : j'ai vu que j'avalais une étoile. Il lui répondit : tu l'as vendu et tu en as mangé le prix.
Il lui dit : j'ai vu mes yeux qui s'embrassaient l'un l'autre. Il lui répondit : tu es venu sur ta sœur.
Il lui dit : j'ai vu que j'embrassais la lune. Il lui répondit : tu es venu sur une femme d'Israël.
Il lui dit : j'ai vu que je marchais dans l'ombre d'un myrte. Il lui répondit : tu es venu sur une jeune fille fiancée (naara meorassa).
Il lui dit : j'ai vu l'ombre au-dessus de moi et lui en dessous. Il lui répondit : ta couche est renversée.
Il lui dit : j'ai vu des corbeaux qui tournaient autour de mon lit. Il lui répondit : ta femme s'est livrée à de nombreux hommes.
Il lui dit : j'ai vu des colombes qui tournaient autour de mon lit. Il lui répondit : tu as rendu impures de nombreuses femmes.
Il lui dit : j'ai vu que je tenais deux colombes et qu'elles se sont envolées. Il lui répondit : tu as épouse deux femmes et tu les as renvoyées sans guet (acte de divorce).
La scène change de registre. Rabbi Yichmael ne cherche plus à annoncer un avenir : il lit dans chaque image un acte déjà commis. La séquence forme un acte d'accusation continu, où le rêveur se décrit lui-même sans le savoir.
Le ressort principal est l'analogie de la chose. L'huile provient de l'olive et lui est rendue ; les deux yeux sont deux membres issus d'un même corps ; la lune figure Israël ; le myrte renvoie au dais nuptial de la fiancée, comme l'explique Rachi. Le passage de l'ombre au-dessus à l'arbre en dessous ajoute une donnée de position, qui indique le renversement.
Les corbeaux et les colombes se distinguent par ce qu'ils désignent : les uns valent pour les hommes venus vers sa femme, les autres pour les femmes qu'il a approchées. Le nombre vu dans le rêve donne le nombre réel.
Il lui dit : j'ai vu que j'épluchais des œufs. Il lui répondit : tu dépouilles les morts.
Il lui dit : toutes ces choses sont bien en moi, sauf celle-ci qui n'y est pas. Sur ces entrefaites vint une femme qui lui dit : ce manteau dont tu es couvert appartient à un tel, qui est mort et que tu as dépouillé.
La clef de la dernière image est l'œuf, aliment du repas de consolation des endeuillés : éplucher des œufs revient à découvrir ce qui appartient aux morts.
La dénégation du min est immédiatement démentie par un témoin extérieur. Le récit valide ainsi la méthode : ce que l'interprète a lu dans l'image se vérifie dans le fait, jusqu'au vêtement porté sur lui au moment même de la conversation.
Il lui dit : j'ai vu qu'on me disait : ton père t'a laissé des biens en Cappadoce. Il lui demanda : as-tu des biens en Cappadoce ?
Il répondit : non. Ton père est-il allé en Cappadoce ?
Il répondit : non. S'il en est ainsi : kappa, c'est la poutre ; deka, c'est dix.
Va voir la poutre qui est en tête des dix, elle est pleine de zouzim. Il y alla et trouva qu'elle était pleine de zouzim.
Cette dernière scène expose la méthode de l'interprète de façon explicite. Rabbi Yichmael commence par vérifier si le rêve peut se lire au sens propre : deux questions de fait, deux réponses négatives. Le lieu géographique étant exclu, le mot cesse d'être un nom de lieu et redevient une suite de syllabes.
KAPPADOKIA se décompose alors en kappa, la poutre, et deka, dix : l'héritage se trouve dans une poutre de la maison. La vérification matérielle clôture l'épisode.
Rabbi Hanina a dit : celui qui voit un puits en rêve voit la paix, comme il est dit : « Les serviteurs d'Its'hak creusèrent dans la vallée et y trouvèrent un puits d'eaux vives ». Rabbi Natan dit : il a trouvé la Torah, comme il est dit : « car celui qui me trouve à trouvé la vie », et il est écrit ici : « un puits d'eaux vives ».
Rava dit : la vie au sens propre.
La sougya quitte le récit pour le répertoire des symboles. Trois lectures d'une même image, distinguées par ce qu'elles retiennent du verset.
Rabbi Hanina s'attache au contexte du récit d'Isaac, où le creusement des puits aboutit finalement à la paix avec les bergers de Guerar. Rabbi Natan opère une guezera chava sur le mot « vie » : la Torah est appelée vie, le puits est d'eaux vives, donc le puits vaut pour la Torah. Rava retient le mot vie sans le rapporter à autre chose : le rêve annonce la vie même.
Rabbi Hanan a dit : il y a trois signes de paix : le fleuve, l'oiseau et la marmite. Le fleuve, comme il est écrit : « Voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve ».
L'oiseau, comme il est écrit : « Comme des oiseaux qui planent, ainsi Hachem Tsevaot protégera, etc. ». La marmite, comme il est écrit : « Hachem, Tu établiras pour nous la paix ».
Rabbi Hanina a dit : et nous l'avons enseigné d'une marmite où il n'y a pas de viande, car il est dit : « Ils ont taillé en pièces comme ce qui est dans le pot et comme la chair au milieu du chaudron ».
Trois images fondées chacune sur un verset où elles figurent avec la paix. Pour la marmite, le lien passe par le verbe : tichpot, tu établiras, se dit aussi du fait de poser une marmite sur le feu.
Rabbi Hanina restreint aussitôt : la marmite ne vaut comme signe de paix qu'à vide. Le verset de Michee montre une marmite pleine de chair pour décrire un massacre, ce qui suffit à en faire un signe de malheur. La restriction annonce la règle du passage suivant, où chaque image est prise dans deux versets contraires.
Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : celui qui voit un fleuve en rêve, qu'il se lève tôt et dise : « Voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve », avant qu'un autre verset ne le devance : « car la détresse viendra comme un fleuve ». Celui qui voit un oiseau en rêve, qu'il se lève tôt et dise : « Comme des oiseaux qui planent, ainsi Il protégera, etc. », avant qu'un autre verset ne le devance : « comme un oiseau errant loin de son nid, etc. ».
Celui qui voit une marmite en rêve, qu'il se lève tôt et dise : « Hachem, Tu établiras pour nous la paix », avant qu'un autre verset ne le devance : « pose la marmite, pose-la ».
Voici la règle qui commande toute la suite du daf. Chacune des images vues en rêve figure dans deux versets de sens opposés ; le rêve reste indéterminé tant qu'aucun des deux n'a été prononcé.
Le mot décisif est ichkim, se lever tôt : la parole du rêveur, dite la première au réveil, fixe le sens dans lequel le rêve va s'accomplir. C'est l'application directe du principe énoncé au daf précédent, selon lequel tous les rêves suivent la bouche.
Celui qui voit des raisins en rêve, qu'il se lève tôt et dise : « comme des raisins dans le désert », avant qu'un autre verset ne le devance : « leurs raisins sont des raisins vénéneux ». Celui qui voit une montagne en rêve, qu'il se lève tôt et dise : « qu'ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager », avant qu'un autre verset ne le devance : « sur les montagnes j'élèverai pleurs et lamentation ».
Même structure appliquée à deux nouvelles images. Les raisins du désert (Osée) désignent la faveur portée à Israël à ses débuts ; les raisins vénéneux (Deutéronome) désignent la corruption. La montagne porte les pieds du messager de paix chez Isaie, et la lamentation chez Jérémie.
Celui qui voit un chofar en rêve, qu'il se lève tôt et dise : « et il arrivera en ce jour que l'on sonnera dans un grand chofar », avant qu'un autre verset ne le devance : « sonnez du chofar à Guiva ».
Le chofar d'Isaie annonce le rassemblement des exilés ; celui d'Osée est un signal de guerre. Le même instrument sert donc à la délivrance et à l'alarme, et seul le verset prononcé décide lequel des deux se réalise.
Celui qui voit un chien en rêve, qu'il se lève tôt et dise : « et contre aucun des enfants d'Israël un chien n'aiguisera sa langue », avant qu'un autre verset ne le devance : « et les chiens sont voraces ». Celui qui voit un lion en rêve, qu'il se lève tôt et dise : « le lion a rugi, qui ne craindrait pas ? », avant qu'un autre verset ne le devance : « un lion est monté de son fourré ».
Deux animaux dont l'ambivalence est nette. Le chien de l'Exode se tait devant Israël à la sortie d'Égypte ; celui d'Isaie désigne des gens insatiables. Le lion d'Amos figure la parole prophétique elle-même ; celui de Jérémie annonce le destructeur qui monte contre le pays.
Celui qui voit un rasage en rêve, qu'il se lève tôt et dise : « il se rasa et changea de vêtements », avant qu'un autre verset ne le devance : « si je suis rasé, ma force se retirera de moi ». Celui qui voit un puits en rêve, qu'il se lève tôt et dise : « un puits d'eaux vives », avant qu'un autre verset ne le devance : « comme un puits fait jaillir ses eaux ».
Celui qui voit un roseau en rêve, qu'il se lève tôt et dise : « il ne brisera pas le roseau écrasé », avant qu'un autre verset ne le devance : « voici que tu t'appuies sur ce bâton, ce roseau écrasé ».
Fin de la série. Le rasage de Joseph précède son élévation ; celui de Samson accompagne sa perte de force. Le puits d'eaux vives du Cantique s'oppose au puits de Jérémie, dont le jaillissement figure la méchanceté de la ville. Le roseau écrasé que l'on ne brise pas, chez Isaie, s'oppose au roseau sur lequel il ne faut pas s'appuyer, image de l'Égypte chez II Rois.
Onze images ont ainsi été traitées selon la même règle. Le roseau, dernier de la liste, fait la transition avec la baraita suivante, qui lui donne un sens favorable sans passer par ce dispositif.
Nos maîtres ont enseigné : celui qui voit un roseau (kane) en rêve, qu'il espère la sagesse, comme il est dit : « acquiers (kene) la sagesse ». Des roseaux, qu'il espère le discernement, comme il est dit : « et avec toutes tes acquisitions, acquiers le discernement ».
Rabbi Zeira a dit : kara, koura, kira, kania — tous sont favorables pour le rêve. Il a été enseigné : on ne montre des courges qu'à celui qui craint le Ciel de toute sa force.
Le roseau reçoit ici un sens fixe, par le son : kane renvoie à kene, acquiers, dans le verset des Proverbes. Le passage du singulier au pluriel suit le verset lui-même, qui parle d'acquisitions au pluriel : Rachi le note comme une expression de multiplicité.
Rabbi Zeira étend le principe à une famille de mots de même sonorité : kara (la courge), koura (la pousse tendre du palmier), kira (la cire) et kania (le roseau). La proximité phonétique suffit à les ranger du même côté.
La baraita finale ajoute une condition sur le rêveur lui-même : la courge n'est montrée qu'à celui qui craint le Ciel de toute sa force, le mot deloouin renvoyant à dalou einai lamarom.
Celui qui voit un bœuf en rêve, qu'il se lève tôt et dise : « son taureau premier-né, à lui la majesté », avant qu'un autre verset ne le devance : « si un bœuf encorne un homme ».
Retour à la règle de Rabbi Yehochoua ben Levi, appliquée au bœuf. Le verset de la bénédiction de Moché à Joseph oppose la majesté du taureau premier-né au bœuf qui encorne, cas d'école des dommages dans l'Exode.
Nos maîtres ont enseigné : cinq choses ont été dites au sujet du bœuf. Celui qui mange de sa chair s'enrichit.
S'il l'a encorné, il aura des fils qui s'affrontent dans la Torah. S'il l'a mordu, des souffrances viennent sur lui.
S'il l'a rue, un long chemin se présentera à lui. S'il l'a monté, il s'élève à la grandeur.
Cette baraita quitte le dispositif des deux versets pour un répertoire fixé : cinq actions du bœuf, cinq significations. La deuxième mérite attention : le verbe menagueah, encorner, est employé pour l'étude, où les fils s'opposent l'un à l'autre dans la discussion. L'image violente devient une annonce favorable.
Mais on a enseigné : s'il l'a monté, il meurt ! Ce n'offre pas de difficulté : ici, il s'agit du cas où c'est lui qui monte le bœuf ; là, du cas où c'est le bœuf qui le monte.
Deux baraitot s'opposent sur le même mot. La réponse tient à l'ambiguïté de rakhvo, qui peut désigner aussi bien l'homme montant la bête que la bête montant l'homme.
La distinction repose sur la position relative : au-dessus de la bête, l'homme s'élève ; en dessous, il est écrasé. Le même critère de position servait déjà plus haut, dans la lecture de l'ombre et de l'arbre chez le min.
Celui qui voit un âne en rêve, qu'il espère le salut, comme il est dit : « voici que ton roi vient à toi, juste et sauvé, humble et monté sur un âne ». Celui qui voit un chat en rêve : dans un lieu où on l'appelle chounra, un beau chant (chira naa) sera composé pour lui ; où on l'appelle chinra, un changement en mal (chinouy ra) lui arrive.
Celui qui voit des raisins en rêve : blancs, en leur saison ou hors de leur saison, ils sont favorables ; noirs en leur saison, ils sont favorables ; hors de leur saison, ils sont mauvais. Celui qui voit un cheval blanc en rêve, au pas ou au galop, cela lui est favorable ; roux, au pas, favorable ; au galop, dur.
Trois signes où le sens dépend d'une circonstance, non de l'objet seul.
Pour le chat, la circonstance est le dialecte du lieu : le mot chounra s'entend chira naa, un beau chant ; le mot chinra s'entend chinouy ra, un changement en mal. La même bête reçoit donc deux sens opposés selon la région du rêveur.
Pour les raisins, la circonstance est la couleur jointe à la saison ; pour le cheval, la robe jointe à l'allure. L'interprétation exige ainsi de reconstituer les conditions exactes de la vision avant de conclure.
Celui qui voit Yichmael en rêve, sa prière est exaucée. Et cela vaut précisément pour Yichmael fils d'Avraham, mais pour un Arabe quelconque, non.
Celui qui voit un chameau (gamal) en rêve, une mort avait été décrétée contre lui du Ciel et il en a été sauvé. Rabbi Hama fils de Rabbi Hanina a dit : quel est le verset ?
« Et moi, je descendrai avec toi en Égypte, et moi je te ferai aussi remonter (gam alo) ». Rav Nahman bar Yitshak dit : d'ici : « Hachem aussi (gam) a fait passer ta faute, tu ne mourras pas ».
Yichmael vaut comme signe parce que sa prière fut entendue dans le désert. La précision qui suit écarte toute ressemblance approximative : le signe tient à la personne du récit, non à l'appartenance d'un homme rencontré en rêve.
Le chameau est lu par notarikon, décomposition du mot en initiales. Rabbi Hama tire gamal de gam alo, « je te ferai aussi remonter », dit à Yaakov descendant en Égypte. Rav Nahman bar Yitshak préfère le verset adressé à David après la faute, où gam introduit précisément l'annonce qu'il ne mourra pas.
Celui qui voit Pinhas en rêve, un miracle (pelé) est fait pour lui. Celui qui voit un éléphant (pil) en rêve, des merveilles (pelaot) sont faites pour lui.
Des éléphants, des merveilles de merveilles sont faites pour lui.
Deux signes liés par le son. Pinhas rappelle les miracles accomplis pour lui lors de l'affaire de Zimri, énumérés dans Sanhédrin. L'éléphant, pil, est rapproché de pelé, la merveille ; le pluriel du rêve donne le pluriel de la réalité.
Mais on a enseigné : toutes les espèces d'animaux sont favorables pour le rêve, sauf l'éléphant et le singe ! Ce n'offre pas de difficulté,
Objection contre le signe favorable de l'éléphant : une baraita le range au contraire parmi les seules bêtes défavorables, avec le singe. La Guemara annonce une distinction, mais celle-ci sera formulée au début du daf suivant.
Le daf s'interrompt donc sur une réponse ouverte, procédé fréquent de la mise en page du Talmud, qui reporte la résolution à la page suivante.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).