Sougya : Le daf enchaîne sur les bénédictions que l'on dit devant ce que l'on voit. Il commence par la foule : six cent mille d'Israël appellent « Sage des secrets », parce que les pensées et les visages y diffèrent sans se répéter, tandis qu'une foule de nations appelle un verset de honte.
Ben Zoma en tire deux enseignements sur la reconnaissance : les onze travaux d'Adam pour un pain et les cinq pour un vêtement, puis le partage entre le bon hôte et le mauvais hôte. La suite passe aux sages et aux rois, avec une formule différente pour Israël et pour les nations, et la consigne de Rabbi Yo'hanan de courir au-devant des rois.
Deux récits occupent la fin : Rav Chechet, aveugle, qui reconnaît la venue du roi au silence et non au bruit, et Rabbi Chila traduit devant le pouvoir perse, sauvé par le verset « À Toi, Hachem, la grandeur ». Le daf se ferme sur deux lectures de ce verset, celle de Rabbi Chila et celle de Rabbi Akiva.
Rabbi Yirmeya ben Elazar a dit : Bavel a été maudite, ses voisines ont été maudites ; Chomron a été maudite, ses voisines ont été bénies. Bavel a été maudite, ses voisines ont été maudites, car il est écrit : « J'en ferai une possession du hérisson, et des marécages d'eau. » Chomron a été maudite, ses voisines ont été bénies, car il est écrit : « Je ferai de Chomron un tas de pierres dans le champ, un lieu de plantation de vignes, etc. »
Le daf s'ouvre sur une comparaison entre deux villes frappées par la prophétie. La question porte sur le voisinage : la ruine d'une ville rejaillit-elle en mal ou en bien sur ce qui l'entoure ? La réponse tient à la forme que prend la ruine dans le verset. Pour Bavel, Yechayahou annonce des marécages et des animaux nuisibles, c'est-à-dire un lieu qui continue de nuire après sa destruction. Pour Chomron, Mikha annonce un champ de pierres et des vignes, c'est-à-dire un terrain rendu à l'agriculture.
Rachi résume la première moitié par un adage : malheur au racha, malheur à son voisin. Le Ben Yehoyada précise le détail matériel : l'eau stagnante produit moustiques, air corrompu et humidité, donc maladies ; le terrain pierreux, lui, produit l'herbe grasse dont vit le bétail.
Et Rav Hamnouna a dit : celui qui voit des foules d'Israël dit : « Béni... le Sage des secrets. » Des foules de nations, il dit : « Votre mère est couverte de honte, etc. »
La bénédiction ne porte pas sur le nombre en tant que tel, mais sur ce que ce nombre rend visible. Rachi fixe le seuil de l'okhlossa à six cent mille, et explique la formule : celui qui bénit reconnaît que Hachem connaît le contenu de chaque cœur dans cette foule. Devant une foule de nations, le verset de Yirmeya sur la honte de la mère remplace la bénédiction.
Nos maîtres ont enseigné : celui qui voit des foules d'Israël dit : « Béni... le Sage des secrets », parce que leurs pensées ne se ressemblent pas l'une l'autre et que leurs visages ne se ressemblent pas l'un l'autre. Ben Zoma vit une foule depuis une marche, au mont du Temple.
Il dit : « Béni... le Sage des secrets », et « Béni... qui a créé tous ceux-là pour me servir ».
La baraita donne la raison de la formule : dans une foule de six cent mille, ni les pensées ni les visages ne se répètent. La bénédiction porte donc sur une connaissance qui atteint chaque intérieur séparément, ce que le mot razim (secrets) désigne.
Ben Zoma ajoute une seconde bénédiction, qui devient le point de départ des deux enseignements suivants. Rachi en donne le sens simple : les autres travaillent la terre, et lui trouve le résultat prêt. Le Ben Yehoyada tient à écarter la lecture orgueilleuse : la formule sert à se rappeler la dette et l'obligation d'étude qui en découle.
Il avait coutume de dire : combien de peines à peinées Adam le premier homme avant de trouver du pain à manger : il a labouré, semé, moissonné, mis en gerbes, battu, vanné, trié, moulu, tamisé, pétri, cuit, et ensuite il a mangé. Et moi, je me lève au matin et je trouve tout cela préparé devant moi.
Et combien de peines à peinées Adam le premier homme avant de trouver un vêtement à porter : il a tondu, blanchi, cardé, filé, tissé, et ensuite il a trouvé un vêtement à porter. Et moi, je me lève au matin et je trouve tout cela préparé devant moi.
Toutes les nations s'empressent et viennent à la porte de ma maison, et moi je me lève au matin et je trouve tout cela devant moi.
Ben Zoma décompose la chaîne du travail pour rendre sensible ce que recouvre un pain posé sur la table. Les onze opérations vont du labour à la cuisson, les cinq de la tonte au tissage. Le raisonnement repose sur la division du travail : ce qu'un seul homme devait faire entièrement, une société le répartit, de sorte que chacun reçoit le résultat de tous.
Rachi ajoute une donnée biographique qui explique la dernière phrase : Ben Zoma était riche, et les marchands venaient à sa porte.
Il avait coutume de dire : le bon hôte, que dit-il ? Combien de peines à prises le maître de maison pour moi, combien de viande il a apportée devant moi, combien de vin il a apporté devant moi, combien de pains fins il a apportés devant moi ; et tout ce qu'il a peiné, il ne l'a peiné que pour moi.
Le mauvais hôte, en revanche, que dit-il ? Quelle peine à donc prise ce maître de maison ?
J'ai mangé un seul pain, j'ai mangé un seul morceau, j'ai bu une seule coupe ; toute la peine qu'a prise ce maître de maison, il ne l'a prise que pour sa femme et ses enfants.
Ben Zoma passe de la dette envers la société entière à la dette envers un seul homme. Les deux hôtes assistent au même repas ; leur différence tient à ce qu'ils comptent. Le bon hôte compte la peine prise par l'hôte qui reçoit ; le mauvais hôte compte la quantité consommée par lui-même, et en conclut que la peine visait quelqu'un d'autre.
Le Ben Yehoyada s'arrête sur la répétition de l'expression « devant moi ». Il l'explique par un cas où de la nourriture est bien posée sur la table mais placée hors de portée de l'hôte, de sorte que la louange doit préciser que ce qui fut apporté fut apporté à sa portée.
Au sujet du bon hôte, que dit-on ? « Souviens-toi d'exalter son œuvre, que les hommes ont chantée. » Au sujet du mauvais hôte il est écrit : « C'est pourquoi les hommes le craignent, etc. »
Les deux versets de Iyov servent ici de sentences sur les deux attitudes. Le premier commande de se souvenir et d'exalter l'œuvre d'un autre ; le second décrit un homme que l'on craint et qui ne regarde aucun sage de cœur. Le Ben Yehoyada tire du premier un raisonnement de kal va-homer : si l'usage entre hommes est de louer l'œuvre de son prochain, la reconnaissance envers Hachem l'exige à plus forte raison.
« Et l'homme, aux jours de Chaoul, était vieux, venu parmi les hommes. » Rava a dit, et certains disent Rav Zvid, et certains disent Rav Ochaya : c'est Yichai, père de David, qui sortait avec une foule, entrait avec une foule et enseignait devant une foule. Oulla a dit : nous tenons qu'il n'y a pas de foule à Bavel.
Un tanna a enseigné : une foule est d'au moins six cent mille.
La sougya revient sur le mot okhlossa pour en fixer la mesure. Le verset de Chmouel décrit Yichai « venu parmi les hommes », lu comme une habitude de vie entourée d'une multitude. Oulla ajoute une donnée géographique : la mesure ne se rencontre pas à Bavel. La baraita fixe enfin le seuil à six cent mille, ce qui explique aussi la bénédiction du début du daf.
Nos maîtres ont enseigné : celui qui voit des sages d'Israël dit : « Béni... qui a partagé de Sa sagesse à ceux qui Le craignent. » Des sages des nations du monde, il dit : « Béni... qui a donné de Sa sagesse à chair et sang. » Celui qui voit des rois d'Israël dit : « Béni... qui a partagé de Sa gloire à ceux qui Le craignent. » Des rois des nations du monde, il dit : « Béni... qui a donné de Sa gloire à chair et sang. »
La baraita construit quatre formules sur deux axes : l'objet vu (sagesse ou gloire) et celui chez qui on le voit (Israël ou les nations). La variation porte sur un seul verbe. Halak, partager, se dit d'une part prélevée sur un ensemble qui demeure ; natan, donner, se dit d'un transfert achevé. Le second membre varie de même : « ceux qui Le craignent » d'un côté, « chair et sang » de l'autre.
Rabbi Yo'hanan a dit : que l'homme s'efforce toujours de courir au-devant des rois d'Israël. Et non pas seulement au-devant des rois d'Israël, mais même au-devant des rois des nations du monde : ainsi, s'il en est digne, il distinguera entre les rois d'Israël et les rois des nations du monde.
La consigne surprend : pourquoi courir au-devant d'un roi des nations ? Rachi donne la réponse en deux temps. « S'il en est digne » vise le monde à venir et la vue de la gloire du Machiah ; « il distinguera » veut dire qu'il pourra alors mesurer l'écart, ayant vu de ses yeux ce que valait la gloire des rois de ce monde.
Rav Chechet était aveugle. Tout le monde allait à la rencontre du roi, et Rav Chechet se leva et alla avec eux.
Un certain min le trouva et lui dit : les cruches entières vont au fleuve ; les brisées, où vont-elles ? Il lui dit : viens voir que j'en sais plus que toi.
La première troupe passa. Comme le bruit s'élevait, ce min lui dit : le roi arrive.
Rav Chechet lui dit : il n'arrive pas. La deuxième troupe passa.
Comme le bruit s'élevait, ce min lui dit : maintenant le roi arrive. Rav Chechet lui dit : le roi n'arrive pas.
La troisième passa. Comme le silence se fit, Rav Chechet lui dit : maintenant, certainement, le roi arrive.
Le min attaque par une image de proverbe, que Rachi explicite : on porte au fleuve les cruches qui peuvent contenir de l'eau, et la cruche brisée n'a rien à y faire. Appliquée à un aveugle qui va voir le roi, la pointe est claire.
La réponse de Rav Chechet se fait par une démonstration et non par un argument. Deux fois le min se fie au bruit et se trompe ; la troisième fois, c'est le silence qui annonce. Le Ben Yehoyada nomme la faculté en jeu : l'œil intellectuel, qui juge par la règle, contre l'œil des sens, qui peut prendre un dignitaire pour le roi.
Ce min lui dit : d'où tiens-tu cela ? Il lui dit : parce que la royauté de la terre est à l'image de la royauté du firmament, ainsi qu'il est écrit : « Sors et tiens-toi sur la montagne devant Hachem.
Et voici, Hachem passait, et un vent grand et fort fendait les montagnes et brisait les rochers devant Hachem ; Hachem n'était pas dans le vent. Et après le vent, une secousse ; Hachem n'était pas dans la secousse.
Et après la secousse, un feu ; Hachem n'était pas dans le feu. Et après le feu, une voix de fin silence. »
Rav Chechet donne la source de sa règle. Le récit d'Eliyahou au Horev énumère trois manifestations bruyantes, chacune suivie d'une négation, et se conclut par une kol demama daka, une voix de fin silence. La règle qu'il en tire : ce qui précède et fait du bruit annonce, sans être la venue elle-même.
Le principe général est énoncé d'abord : la royauté d'en bas est faite à l'image de la royauté d'en haut. Il autorise à transposer du récit prophétique à un cortège royal perse.
Quand le roi arriva, Rav Chechet commença et le bénit. Ce min lui dit : celui que tu ne vois pas, tu le bénis ?
Et qu'advint-il de ce min ? Certains disent : ses compagnons lui crevèrent les yeux ; et certains disent : Rav Chechet posa les yeux sur lui, et il devint un tas d'ossements.
Le récit se conclut par deux traditions sur le sort du min, toutes deux liées à l'œil, puisque c'est par la vue qu'il avait attaque. Le Ben Yehoyada les tient ensemble : d'abord l'aveuglement par les compagnons, ensuite la mort. Il explique aussi pourquoi la punition passe par des hommes plutôt que par une maladie, afin qu'on ne l'attribue pas au cours naturel.
Il rattache enfin le personnage à Bava ben Bouta, aveugle par Hordos et pourtant attentif à l'honneur de la royauté, ce qui rend compte de l'insistance de Rav Chechet à sortir malgré sa cécité.
Rabbi Chila fit flageller un certain homme qui avait eu commerce avec une non-Juive. Cet homme alla le dénoncer à la cour royale et dit : il y a chez les Juifs un homme qui rend des jugements sans l'autorisation du roi.
On envoya contre lui un messager. Quand il arriva, on lui dit : pourquoi as-tu fait flageller cet homme ?
Il leur dit : parce qu'il a eu commerce avec une ânesse. Ils lui dirent : as-tu des témoins ?
Il leur dit : oui. Eliyahou vint, se présenta à lui sous l'apparence d'un homme, et témoigna.
Ils lui dirent : s'il en est ainsi, il est passible de mort ! Il leur dit : depuis le jour où nous avons été exilés de notre terre, nous n'avons plus l'autorité de mettre à mort.
Vous, faites de lui ce que vous voulez.
La sougya passe du principe à son épreuve : la royauté d'en bas étant à l'image de celle d'en haut, comment un juge d'Israël se tient-il devant elle ? Rabbi Chila a puni un homme, et l'homme le dénonce pour avoir jugé sans harmana, l'autorisation royale.
Sa réponse déplace le grief : il présente l'acte comme relevant du droit perse, où l'accusation est capitale, et Eliyahou vient témoigner. Il conclut en rappelant que depuis l'exil les tribunaux d'Israël n'appliquent plus la peine capitale, et remet la suite entre leurs mains.
Pendant qu'ils examinaient son cas, Rabbi Chila commença et dit : « À Toi, Hachem, la grandeur et la force, etc. » Ils lui dirent : que dis-tu ? Il leur dit : voici ce que je dis : « Béni soit le Miséricordieux, qui a donné une royauté sur la terre à l'image de la royauté du firmament, et qui vous a donné le pouvoir et l'amour du droit. » Ils dirent : l'honneur de la royauté lui est cher à ce point !
Ils lui donnèrent un bâton et lui dirent : rends la justice.
Le verset de Divrei haYamim est prononcé comme une louange en hébreu ; les juges ne le comprennent pas et demandent une traduction. Rabbi Chila leur en donne une version en araméen où le verset devient un éloge de leur propre pouvoir, fondé sur le principe déjà posé : la royauté terrestre à l'image de la royauté céleste.
Le résultat est une inversion complète de sa situation : accusé d'avoir jugé sans autorisation, il reçoit le koulpa, le bâton qui marque la licence de juger.
Comme il sortait, cet homme lui dit : le Miséricordieux fait-Il de tels miracles pour les menteurs ? Il lui dit : racha !
Ne sont-ils pas appelés ânes ? Ainsi qu'il est écrit : « dont la chair est comme la chair des ânes ».
Il vit qu'il allait leur rapporter qu'il les avait appelés ânes. Il dit : cet homme est un rodef, et la Torah a dit : si quelqu'un vient pour te tuer, devance-le et tue-le.
Il le frappa du bâton et le tua.
La scène finale reprend le bâton qui vient d'être remis. L'homme comprend que le témoignage était un procédé et que le miracle a servi une parole inexacte ; Rabbi Chila lui répond par le verset de Ye'hezkel qui applique aux nations le terme d'ânes, de sorte que sa déclaration se soutient.
Le dénouement relève d'une règle bien définie : celui qui va provoquer la mort d'un autre a le statut de rodef, poursuivant, et Rachi rattache la règle au cas du voleur qui perce un mur, où la Torah autorise à devancer.
Il dit : puisqu'un miracle m'a été fait par ce verset, je vais l'expliquer. « À Toi, Hachem, la grandeur » : c'est l'œuvre de la création, et ainsi il est dit : « Il fait de grandes choses insondables. » « Et la force » : c'est la sortie d'Égypte, ainsi qu'il est dit : « Israël vit la grande main, etc. » « Et la splendeur » : ce sont le soleil et la lune qui se sont arrêtés pour Yehochoua, ainsi qu'il est dit : « Le soleil s'arrêta et la lune se tint, etc. » « Et la victoire » : c'est la chute de Rome, et ainsi il est dit : « Leur sang a jailli sur mes vêtements, etc. » « Et la majesté » : c'est la guerre des torrents d'Arnon, ainsi qu'il est dit : « C'est pourquoi il est dit dans le livre des guerres de Hachem : Vahev en Soufa, etc. » « Car tout ce qui est aux cieux et sur la terre » : c'est la guerre de Sissera, ainsi qu'il est dit : « Du haut des cieux on a combattu, les étoiles depuis leurs orbites, etc. » « À Toi, Hachem, la royauté » : c'est la guerre d'Amalek, et ainsi il est dit : « Car la main est sur le trône de Ya. » « Et Celui qui s'élève » : c'est la guerre de Gog et Magog, et ainsi il est dit : « Me voici contre toi, Gog, prince en chef de Mechekh et Touval. » « Au-dessus de tout, comme tête » : Rav Hanan bar Rava a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : même le préposé au réservoir, on le nomme depuis les cieux.
Rabbi Chila revient au verset qui l'a sauvé et en donne une lecture suivie. Chacune de ses huit clauses reçoit un événement, dans un ordre qui va de la création jusqu'à la guerre de Gog et Magog, c'est-à-dire de l'origine à la fin. La dernière expression, lekhol lerosh, quitte la grande histoire pour la plus petite charge : même le préposé au réservoir d'irrigation, précise Rachi, tient sa nomination du Ciel.
Le lien avec le récit est direct : Rabbi Chila vient d'éprouver que le pouvoir d'un roi perse et sa propre licence de juger relèvent de la même désignation d'en haut.
Il a été enseigné dans une baraita au nom de Rabbi Akiva : « À Toi, Hachem, la grandeur » : c'est l'ouverture de la mer des Joncs. « Et la force » : c'est la plaie des premiers-nés.
« Et la splendeur » : c'est le don de la Torah. « Et la victoire » : c'est Yerouchalayim.
« Et la majesté » : c'est le Temple.
La baraita propose une seconde lecture du même verset, limitée à cinq clauses. La différence d'ensemble est nette : Rabbi Chila lit une série d'interventions dans l'histoire, y compris des guerres et la chute de Rome ; la baraita au nom de Rabbi Akiva lit une série de dons faits à Israël, de la mer des Joncs jusqu'au Temple.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).