Sougya : Le folio quitte la question du chema sur le lit (le talmid 'hakham lui-même doit dire un verset de miséricorde) pour deux enseignements de Rabbi Levi bar Hama au nom de Rabbi Chimon ben Lakich : l'échelle des quatre armes contre le mauvais penchant, tirée d'un seul verset des Psaumes, puis la lecture du verset des tables qui fait tenir dans le Sinaï les cinq étages de la Torah. Rabbi Yits'hak montre ensuite la force protectrice du chema du soir : une épée à deux tranchants, des mazikim qui s'écartent.
Resh Lakich étend cette protection aux souffrances, Rabbi Yo'hanan l'objecte et déplace la règle : c'est la négligence de l'étude qui attire des souffrances laides. De là s'ouvre le grand traité des yissourim, cœur du folio : la procédure d'examen (pashpesh, puis bittul Torah, puis souffrances d'amour), la condition d'acceptation tirée du korban acham, la récompense, la mahloket sur ce qui mérite encore le nom de souffrances d'amour, et enfin leur fonction : elles décapent les fautes, comme le sel adoucit la viande.
Le folio se ferme sur la baraita de Rabbi Chimon bar Yohai : trois dons acquis par la souffrance -- la Torah, la terre d'Israël et le monde à venir.
« S'il est un talmid 'hakham (érudit), il n'a pas besoin [de lire le chema sur son lit]. » Abaye a dit : même un talmid 'hakham doit dire un verset de miséricorde, par exemple : « En Ta main je confie mon esprit ; Tu m'as délivré, ה', D.ieu de vérité » (Ps. 31, 6).
Fin de la sougya du chema sur le lit, commencée au folio précédent. La michna n'impose pas cette lecture, mais les Sages l'ont instituée comme garde de la nuit. Le talmid 'hakham en est dispensé parce qu'il s'endort dans les paroles de Torah.
Abaye refuse la dispense complète : la protection ne vient pas seulement de l'occupation de l'esprit, elle demande un acte de remise entre les mains du Ciel. Le verset choisi, beyadekha afkid rouhi, dit exactement cela : le sommeil est un dépôt de l'âme, repris au réveil.
Rabbi Levi bar Hama a dit au nom de Rabbi Chimon ben Lakich : que l'homme dresse toujours son bon penchant (yetser tov) contre le mauvais penchant (yetser hara), ainsi qu'il est dit : « Frémissez et ne fautez pas » (Ps. 4, 5).
S'il l'a vaincu, tant mieux ; sinon, qu'il s'occupe de Torah, ainsi qu'il est dit : « dites en votre cœur ». S'il l'a vaincu, tant mieux ; sinon, qu'il lise le chema, ainsi qu'il est dit : « sur votre couche ».
S'il l'a vaincu, tant mieux ; sinon, qu'il se rappelle le jour de la mort, ainsi qu'il est dit : « et taisez-vous, sela ».
Le verset Ps. 4, 5 est découpé en quatre membres, et chaque membre fournit une arme. Le verbe hirgiz ne veut pas dire ici s'irriter, mais dresser en guerre : Rachi glose « qu'il fasse la guerre au mauvais penchant ».
L'ordre est délibérément croissant. On commence par la résistance directe, puis on passe à l'étude, puis au chema qui est acceptation du joug du Ciel, et l'on ne recourt au rappel de la mort qu'en dernier. Ce rappel est l'arme la plus efficace et la plus coûteuse : elle arrête le penchant en arrêtant tout désir.
Le passage arrive ici parce que la troisième arme est justement le chema du soir dont traitait le folio.
Et Rabbi Levi bar Hama a dit au nom de Rabbi Chimon ben Lakich : que signifie ce qui est écrit, « Je te donnerai les tables de pierre, et la Torah et le commandement que J'ai écrits pour les instruire » (Ex. 24, 12) ?
« Les tables », ce sont les dix paroles ; « la Torah », c'est le mikra (le texte écrit) ; « et le commandement », c'est la michna ; « que J'ai écrits », ce sont les Prophètes et les Écrits ; « pour les instruire », c'est le talmud. Cela enseigne que tous furent donnés à Moche depuis le Sinaï.
Un seul verset porte cinq termes ; la lecture attribue à chacun un étage de la tradition. L'enjeu est le principe de la Torah orale : la michna et le talmud ne sont pas des ajouts postérieurs, ils étaient contenus dans le don du Sinaï.
Rachi souligne le rang du dernier terme : le talmud est le raisonnement sur les motifs des michnayot, et c'est de là seule que sort la décision pratique. Il renvoie à Sota 22a, où celui qui tranche à partir de la michna seule est appelé destructeur du monde.
Rabbi Yits'hak a dit : quiconque lit le chema sur son lit, c'est comme s'il tenait en main une épée à deux bouches, ainsi qu'il est dit : « Les louanges de D.ieu dans leur gorge, et une épée à deux bouches dans leur main » (Ps. 149, 6).
D'où cela ressort-il ? Mar Zoutra, et certains disent Rav Achi, a dit : du début du passage, car il est écrit « Que les hassidim exultent dans la gloire, qu'ils chantent sur leurs couches », et il est écrit après cela : « Les louanges de D.ieu dans leur gorge, et une épée à deux bouches dans leur main ».
La question mai machma demande d'où l'on sait que le verset des Psaumes parle du chema du soir. La réponse ne vient pas du verset lui-même mais de celui qui le précède : « qu'ils chantent sur leurs couches ». Le chant sur la couche, c'est le chema du soir ; l'épée de la ligne suivante est donc l'effet de ce chant.
Rachi précise l'usage de l'arme : tuer les mazikim, les forces nuisibles de la nuit. Le folio construit ainsi une continuité entre la lecture du chema et la protection.
Et Rabbi Yits'hak a dit : quiconque lit le chema sur son lit, les mazikim (forces nuisibles) s'écartent de lui, ainsi qu'il est dit : « et les fils de réchef élèvent le vol » (Job 5, 7). Or « of » (vol) ne désigne que la Torah, ainsi qu'il est dit : « Poses-tu les yeux sur elle, elle n'est plus » (Pr.
23, 5) ; et « réchef » ne désigne que les mazikim, ainsi qu'il est dit : « rongés par la faim, dévorés par le réchef et le ketev mériri » (Dt. 32, 24).
Le verset de Job est obscur : ouvné réchef yagbihou of. La lecture homilétique traite les deux mots rares comme des termes techniques : of vaut Torah, réchef vaut mazikim. Le verset dit alors que la Torah fait s'élever, donc s'écarter, les nuisibles.
Chaque identification reçoit son propre appui. Pour of, le verset des Proverbes où la richesse s'envole comme un aigle sert à montrer que la racine se dit de ce qui s'échappe. Pour réchef, le verset de Devarim où il figure à côté de ketev mériri, que Rachi identifie comme le démon de midi.
Rabbi Chimon ben Lakich a dit : quiconque s'occupe de Torah, les yissourim (souffrances) s'écartent de lui, ainsi qu'il est dit : « et les fils de réchef élèvent le vol ». Or « of » ne désigne que la Torah, ainsi qu'il est dit : « Poses-tu les yeux sur elle, elle n'est plus » ; et « réchef » ne désigne que les yissourim, ainsi qu'il est dit : « rongés par la faim, dévorés par le réchef ».
Resh Lakich reprend exactement la structure de Rabbi Yits'hak, en changeant seulement l'identification de réchef : non plus les mazikim, mais les souffrances. Rachi montre que le verset de Devarim autorise les deux lectures, car oulehouméi réchef y est placé entre la faim et les nuisibles, et se laisse donc interpréter vers l'avant comme vers l'arrière.
C'est ici que le folio bascule. Jusqu'à présent, on parlait de ce qui menace la nuit ; à partir de cette phrase et de l'objection qui la suit, on parlera des souffrances.
Rabbi Yo'hanan lui dit : cela, même les enfants de la maison du maître le savent, ainsi qu'il est dit : « Il dit : si tu écoutes bien la voix de ה' ton D.ieu, si tu fais ce qui est droit à Ses yeux, si tu prêtes l'oreille à Ses commandements et gardes tous Ses décrets, toutes les maladies que J'ai mises sur l'Égypte, Je ne les mettrai pas sur toi, car Je suis ה' ton guérisseur » (Ex. 15, 26).
Plutôt : quiconque a la possibilité de s'occuper de Torah et ne s'en occupe pas, le Saint béni soit-Il fait venir sur lui des souffrances laides qui le troublent, ainsi qu'il est dit : « Je suis resté muet dans le silence, je me suis tu loin du bien, et ma douleur s'est troublée » (Ps. 39, 3).
Or « bien » ne désigne que la Torah, ainsi qu'il est dit : « car Je vous ai donné un bon achat, ne délaissez pas Ma Torah » (Pr. 4, 2).
L'objection n'est pas que l'enseignement soit faux, mais qu'il n'apprend rien : le verset d'Exode, appris par tout enfant dans le Houmach, dit déjà que l'obéissance écarte les maladies. Un énoncé d'Amora doit ajouter quelque chose.
Rabbi Yo'hanan retourne donc la phrase : le même verset de Job ne parle plus de la protection mais de sa privation. Celui qui peut étudier et ne le fait pas reçoit des yissourim mekho'arim, des souffrances laides. Le verset des Psaumes est lu comme un aveu : je me suis tu loin du bien, c'est-à-dire loin de la Torah, et de là ma douleur.
C'est la charnière du folio : tout ce qui suit traite des souffrances, de leur diagnostic et de leur fonction.
Rabbi Zera, et certains disent Rabbi Hanina bar Papa, a dit : viens et vois, la mesure du Saint béni soit-Il n'est pas la mesure de la chair et du sang. La mesure de la chair et du sang : un homme vend un objet à son prochain, le vendeur est triste et l'acheteur est joyeux.
Mais le Saint béni soit-Il n'est pas ainsi : Il a donné la Torah à Israël et Il s'est réjoui, ainsi qu'il est dit : « car Je vous ai donné un bon achat, ne délaissez pas Ma Torah » (Pr. 4, 2).
Le passage s'accroche au mot tov du verset des Proverbes cité juste avant. Le terme lekah désigne une acquisition ; le verset présente donc le don de la Torah comme une vente, ce qui ouvre la comparaison.
La preuve du contentement divin ne vient pas du mot joie, absent du verset, mais du comportement : selon Rachi, un vendeur qui a vendu à regret garde l'œil sur son objet et n'ira pas recommander à l'acheteur de ne pas s'en séparer. Puisque D.ieu nous enjoint de ne pas délaisser la Torah et en fait l'éloge après l'avoir donnée, c'est qu'Il se réjouit de la transaction.
Rava a dit, et certains disent Rav Hisda : si un homme voit que des souffrances viennent sur lui, qu'il examine ses actes, ainsi qu'il est dit : « Sondons nos voies et examinons-les, et revenons vers ה' » (Lam. 3, 40).
S'il a examiné et n'a rien trouvé, qu'il mette la chose au compte du bittoul Torah (la négligence de l'étude), ainsi qu'il est dit : « Heureux l'homme que Tu châties, ה', et que Tu instruis de Ta Torah » (Ps. 94, 12).
Le folio passe de la souffrance qui sanctionne une faute à la souffrance qui n'en sanctionne aucune. Rava donne une procédure ordonnée : on ne saute pas d'étape et l'on ne conclut jamais d'emblée.
Premier temps, yéfachpech béma'assav : fouiller ses actes, le verbe désigne une recherche minutieuse. Second temps, si rien ne ressort, mettre en cause le bittoul Torah, la négligence de l'étude, faute qui échappe à l'examen ordinaire parce qu'elle est faite d'absences et non d'actes. Rachi tire du verset que la souffrance a pour effet d'amener l'homme à l'étude.
Et s'il a mis la chose à ce compte et n'a rien trouvé, il est acquis que ce sont des souffrances d'amour (yissourim chel ahava), ainsi qu'il est dit : « car celui que ה' aime, Il le reprend » (Pr. 3, 12).
La conclusion est formulée comme une certitude, bidoua, et non comme une hypothèse : la procédure ayant épuisé les deux causes possibles, il ne reste que la troisième.
Rachi donne la définition exacte : le Saint béni soit-Il châtie l'homme en ce monde sans aucune faute, afin d'augmenter sa récompense dans le monde à venir au-delà de ce que ses mérites lui vaudraient.
Rava a dit au nom de Rav Sehora au nom de Rav Houna : celui en qui le Saint béni soit-Il trouve Son désir, Il l'écrase par les souffrances, ainsi qu'il est dit : « et ה' a désiré l'écraser, Il l'a rendu malade » (Is. 53, 10).
On pourrait croire qu'il en va ainsi même s'il ne les a pas reçues avec amour ? Le verset dit : « si son âme se constitue en acham », de même que le korban acham est apporté en connaissance, ainsi les souffrances doivent-elles être reçues en connaissance.
La suite du même verset d'Isaie fournit la condition. Le mot acham désigne le sacrifice de culpabilité ; or un korban n'est valable que s'il est apporté volontairement, lada'at, avec la connaissance et le consentement de celui qui l'offre. Rachi glose donc les deux mots : acham est un korban, nafcho veut dire de son plein gré.
La souffrance n'expie donc pas d'elle-même : elle vaut comme offrande lorsqu'elle est acceptée. C'est ce qui distingue la souffrance subie de la souffrance reçue.
Et s'il les a reçues, quelle est sa récompense ? « Il verra une descendance, il prolongera ses jours. » Et non seulement cela, mais son étude tiendra dans sa main, ainsi qu'il est dit : « et le désir de ה' réussira par sa main ».
Le même verset d'Isaie fournit aussi la récompense, en trois temps : la descendance, la durée, et l'étude qui tient. Ce troisième point est présenté comme un surplus, vélo od ela.
Le hefets ה' du verset est lu comme la Torah, lieu où le désir divin se révèle. La force de l'énoncé tient à ce que la souffrance devrait naturellement disperser l'esprit et faire oublier l'étude ; la promesse va donc contre le cours ordinaire des choses.
Rabbi Yaakov bar Idi et Rabbi Aha bar Hanina sont en désaccord sur ce point. L'un dit : les souffrances d'amour sont toutes celles qui n'entraînent pas de bittoul Torah, ainsi qu'il est dit : « Heureux l'homme que Tu châties, ה', et que Tu instruis de Ta Torah » (Ps.
94, 12).
La mahloket ne porte plus sur le diagnostic mais sur la définition : jusqu'où une souffrance peut-elle aller et rester une souffrance d'amour ? La première position pose une limite fonctionnelle : si elle empêche l'étude, elle a cessé d'être un bienfait.
L'appui est le même verset qui servait à l'étape 2 de la procédure : sa seconde moitié, oumitoratkha telamdenou, décrit un homme que le châtiment laisse capable d'apprendre.
Et l'un dit : les souffrances d'amour sont toutes celles qui n'entraînent pas de bittoul tefila (interruption de la prière), ainsi qu'il est dit : « Béni soit D.ieu, qui n'a pas écarté ma prière ni Sa bonté de moi » (Ps. 66, 20).
Rabbi Abba, fils de Rabbi Hiya bar Abba, leur dit : ainsi a dit Rabbi Hiya bar Abba au nom de Rabbi Yo'hanan : les unes et les autres sont des souffrances d'amour, ainsi qu'il est dit : « car celui que ה' aime, Il le reprend » (Pr. 3, 12).
Alors que vient enseigner « et Tu l'instruis de Ta Torah » ? Ne lis pas telamdenou — Tu l'instruis, lui — mais telamdenou — Tu nous l'enseignes : cette chose-là, c'est de Ta Torah que Tu nous l'enseignes.
Rabbi Yo'hanan n'exclut aucune souffrance ; le verset de Ps. 94, 12 ne peut donc plus servir de critère de tri. Il le relit en changeant la vocalisation : le suffixe ne renvoie plus au souffrant mais à nous.
Le verset ne définit alors plus les souffrances d'amour, il fournit seulement la source de notre jugement : d'où savons-nous qu'un tel homme est dit heureux ? De Ta Torah, qui nous l'enseigne. Rachi ramène davar ze à la première moitié du verset, achre haguever.
Un kal vahomer (raisonnement à fortiori) à partir de la dent et de l'œil : si la dent et l'œil, qui ne sont qu'un des membres de l'homme, font sortir l'esclave en liberté, des souffrances qui décapent le corps entier de l'homme, à plus forte raison.
La Torah libère l'esclave cananéen dont le maître a fait tomber une dent ou crevé un œil (Ex. 21, 26-27). Le raisonnement transpose : un dommage porté à un seul membre suffit à donner la liberté, donc une souffrance qui atteint le corps entier obtient à plus forte raison une libération.
La liberté visée ici est l'affranchissement des fautes. Le verbe memarkin, décaper, sera repris au segment suivant : il donne le mot-clé de toute la sougya.
Et c'est là ce qu'a dit Rabbi Chimon ben Lakich. Car Rabbi Chimon ben Lakich a dit : le mot « alliance » (brit) est employé à propos du sel, et le mot « alliance » est employé à propos des souffrances.
Le mot alliance est employé à propos du sel, car il est écrit : « tu ne feras pas cesser le sel de l'alliance de ton D.ieu » (Lev. 2, 13) ; et le mot alliance est employé à propos des souffrances, car il est écrit : « voici les paroles de l'alliance » (Dt.
28, 69). De même que, dans l'alliance dite à propos du sel, le sel adoucit la viande, ainsi, dans l'alliance dite à propos des souffrances, les souffrances décapent toutes les fautes de l'homme.
La gezera chava repose sur le mot brit présent dans les deux contextes. Le verset de Devarim 28, 69 vient immédiatement après les malédictions, comme le note Rachi : c'est ce qui autorise à l'appeler l'alliance des souffrances.
Le raisonnement porte sur la fonction : le sel n'abîme pas la viande, il la rend mangeable. Les souffrances ne sont donc pas présentées comme une peine mais comme une mise en état. Le verbe mematket — adoucir — et le verbe memarkin — décaper — décrivent la même opération dans deux registres.
Il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Chimon ben Yohai dit : trois bons dons le Saint béni soit-Il a donnés à Israël, et tous ne furent donnés que par le moyen des souffrances. Les voici : la Torah, la terre d'Israël et le monde à venir.
La baraita conclut le traité des souffrances en leur donnant un rôle positif général : elles ne sont pas seulement expiation, elles sont la condition d'acquisition de ce qui a le plus de prix.
Le mot décisif est vekhoulan, et tous : aucune exception. Le Ben Yehoyada note que l'on peut recevoir l'un de ces dons sans souffrance, et lit la baraita comme portant sur leur réunion chez un même homme.
La Torah, d'où le sait-on ? De ce qu'il est dit : « Heureux l'homme que Tu châties, ה', et que Tu instruis de Ta Torah » (Ps.
94, 12).
La terre d'Israël, car il est écrit : « comme un homme châtie son fils, ה' ton D.ieu te châtie » (Dt. 8, 5), et il est écrit après cela : « car ה' ton D.ieu te fait entrer dans un bon pays » (Dt.
8, 7).
Ici la preuve ne vient pas d'un seul verset mais de l'enchaînement de deux : oukhtiv batreh, et il est écrit après cela. La proximité des versets vaut argument, le châtiment précédant l'entrée dans le pays.
Le monde à venir, car il est écrit : « car le commandement est une lampe et la Torah une lumière, et les réprimandes de la morale sont un chemin de vie » (Pr. 6, 23).
Un tana enseigna devant Rabbi Yo'hanan : quiconque s'occupe de Torah et d'actes de bonté (guemilout hassadim)
Le folio s'interrompt au milieu de la phrase ; la suite est au folio 5b. La baraita enchaîne naturellement sur ce qui précède : après les trois dons acquis par la souffrance, on va parler de celui que la souffrance épargne.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).